Deadlock 4 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 4 aida saki takashina yuh

AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782375062586
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199608162 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Dick, même si on ne devait plus jamais se revoir, je m’en souviendrais toute ma vie. »

Aida Saki sensei amène Yûto à s’interroger sur ses sentiments et à l’homosexualité. Elle montre la difficulté de concilier relation et travail, de se projeter dans un avenir incertain malgré les sentiments. Pour Lenix, la famille reste importante et ne se sacrifie pas au nom de l’amour. Pourtant, sa rencontre avec Banford lui permet d’évoluer et de reprendre en main son destin. D’ailleurs la narration se concentre toujours sur l’enquêteur du FBI. L’auteure met également en avant l’incohérence des projets politiques sur les prisons, les annonces fortes pour rassurer la population incompatibles avec les réelles conditions carcérales. En effet, la modernisation des systèmes de sécurité et les investissements courts priment sur les réels manques à combler. Deux chapitres bonus permettent d’en découvrir plus sur Dick, dont son enfance. De même, le bonus en roman présente la version du récit selon le point de vue de l’agent de la CIA.

Le trait léché légèrement épuré de Takashina Yuh sensei dégage beaucoup de sensualité. Elle porte attention aux détails et aux petits gestes. Les décors situent principalement l’action. Comparé au tome précédent, la mise en page dynamique est plus aérée, traduisant graphiquement l’esprit de liberté qui s’installe. La mangaka tire profit des vides et des ellipses pour renforcer la suspension des sentiments. Elle joue également sur les trames d’ambiance pour ajouter une sensation de rêve ou de doux souvenirs. Dans les scènes érotiques, elle censure les organes sexuels en ne les dessinant pas. De même, le choix des angles de vue permet d’en montrer moins. La couverture avec Yûto donne un indice sur le dénouement. Par ailleurs, la postface révèle quelques anecdotes sur la création.

En résumé

Pendant l’émeute, Dick Banford et Yûto Lenix ont trouvé refuge dans la réserve. Infiltré pour la CIA, Dick projette de s’enfuir lors de l’intervention de la garde nationale afin de poursuivre Corbus. Il propose alors à Yûto de l’accompagner mais ce dernier refuse. Contrairement à son codétenu, il a un casier judiciaire et ne souhaite pas le gêner dans sa quête de vengeance. Cependant, il réalise qu’il est amoureux de Dick, éprouvant même de la jalousie quand il parle de son défunt partenaire. En partageant leur peine et réalisant que leur séparation sera sûrement définitive, les deux hommes se rapprochent et finissent par céder à leur attirance mutuelle.

En conclusion

La fin de ce tome donne envie de découvrir la suite dans les romans. On se retrouve à la fois frustré et heureux. La romance apporte un plus mais n’est pas vraiment le cœur de l’histoire. Cette série plaira donc à tous ceux qui aiment les récits policiers.

Deadlock 3 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 3 aida saki takashina yuh

AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782375062418
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199608148 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le doute s’installe après la découverte d’un nouveau suspect non répertorié…

Aida Saki sensei dépeint avec finesse le sentiment de culpabilité d’une victime de viol, les émotions contradictoires et la difficulté à surmonter ce traumatisme. Elle montre également comment une émeute peut se déclencher facilement dans une prison. Par ailleurs, elle révèle un peu le passé de Dick. Alors que Lenix résiste à l’esprit de vengeance, Banford reste prisonnier de l’engrenage de ce sentiment. L’enquête sur Corbus est remise en cause avec l’apparition d’un suspect non répertorié dans la liste. Les pièces du puzzle s’assemblent peu à peu. Toutefois, l’auteure conclut rapidement l’enquête en révélant son visage. A travers l’organisation terroriste White heaven, elle interroge les motivations de Corbus. Elle dénonce aussi la concurrence entre le FBI et la CIA qui, en ne partageant pas leurs informations, se gênent dans leurs enquêtes. De même, les deux organisations ne déploient pas les mêmes moyens.

Takashina Yuh sensei a un trait léché légèrement épuré. Elle dessine bien les musculatures. L’équilibre des trames renforce le réalisme du récit. De même, les décors sont présents dès que le cadrage s’élargit. En revanche, les scènes d’action, plutôt bien rendues, se résume à l’essentiel. La mise en page est dynamique. La mangaka occulte quelques traits des parties intimes dans les scènes érotiques. Elle joue sur la vapeur de la douche pour éviter de donner trop de détails. D’ailleurs, elle se focalise plutôt sur les sensations et les sentiments des personnages. En début de tome, une présentation des protagonistes permet de se repérer rapidement dans le récit. Comparé au tome précédent qui se focalisait sur le duo d’amis, la couverture met en avant Dick tout en posant quelques indices.

En résumé

Piégé par BB, avec la complicité de Hose et du gardien Owen, Yûto Lenix a été violé dans les douches. Quand il se réveille à l’infirmerie, Dick Banford se trouve à ses côtés. Malgré la rage et la proposition de son codétenu, l’ancien policier refuse de se venger. Toutefois, il demande une analyse sanguine. Allant mieux, Michael Ronini et Nathan Clarke lui rendent visite. En revanche, lors de sa déposition, Lenix feint ne pas avoir vu son agresseur. Suivent alors Rivera Ernesto et Tonya, mais Neto ne supportant pas de voir son ami blessé, s’éclipse. Yûto apprend alors que suite au décès de Choker, la tension est palpable entre le gang Loco Hermano et celui des Black soldiers. Quatre jours plus tard, Lenix, allant mieux, est autorisé à prendre une douche. Dick l’accompagne. Mais les souvenirs affluant, l’ancien policier panique…

En conclusion

Ce tome intense en émotions arrive à créer la surprise jusqu’au bout. Même si les sentiments entre Yûto et Dick évoluent, ils ne sont pas centraux. Cette histoire met réellement en avant l’enquête policière. Connaissant le roman, je n’ai pas eu la grande surprise attendue mais je trouve que cela est parfaitement bien amené dans le manga. Je regretterai presque d’avoir déjà lu le roman!

Lovenest 2 – Minaduki Yuu

lovenest 2 minaduki yuu

MINADUKI Yuu 南月ゆう
ISBN: 9782368777640
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784403666834 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Fais gaffe de ne pas te faire poignarder dans le dos par tous les couples que tu as brisés dans le passé. »

Minaduki Yuu sensei continue à développer la romance entre Asahi et Masato. Elle approfondit leurs personnalités et s’intéresse à l’influence du passé sur leur relation. En introduisant Kôsei, elle oblige ainsi Hozumi à se confronter à sa lâcheté et à son sentiment de culpabilité. En effet, il a la mauvaise habitude de fuir les obstacles, quitte à être malheureux. Grâce au soutien de son amie Kuroda Marié mais également d’Itô Yôsuke et Arimura Ikuo, il va changer et se battre pour protéger celui qu’il aime sincèrement. En revanche, Naru (38 ans) s’avère être un fieffé manipulateur difficile à cerner. L’auteure met en avant la discussion et la réflexion au sein du couple, les efforts à fournir pour être digne de confiance, mais également le sacrifice de son bonheur pour celui de l’autre. Elle dévoile encore quelques éléments du passé. Les évènements et les révélations s’enchainent avec naturel.

La mangaka a un trait épuré assez fin. Elle arrondit les visages dans les passages humoristiques, rappelant les codes des personnages SD. Elle donne un air effronté à Masato en lui ajoutant des canines, avec un aspect un peu félin. Les décors très soignés renforcent le réalisme, avec des pièces en désordre, des décorations recherchées, des paysages agréables. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Minaduki sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Mais elle se focalise surtout sur les sensations des personnages. En fin de chapitre, elle offre des croquis avec des petites anecdotes. Sous la couverture, des fiches présentent les personnages secondaires. La postface explique la naissance de la série.

En résumé

Hozumi Masato est de plus en plus dingue de Yajima Asahi. Pourtant, l’architecte ne cède pas facilement à ses incitations et préfère le taquiner comme avant. Comme ils ont des goûts différents, Masato n’ose pas trop s’imposer. Mais alors qu’il souhaitait inviter son colocataire à une soirée pour voir les feux d’artifice d’été, il apprend qu’Asahi part en mission pour une semaine à Ôsaka. En effet, ce dernier est sur un gros projet. Toutefois, avant de partir, il prévient Masato qu’il désire lui parler de quelque chose d’important à son retour. Incité par Naru, le petit frère de Yajima qui vit à Los Angeles, Kôsei, débarque dans l’appartement. Mais Masato réalise qu’il le connaît bien…

En conclusion

Alors que le premier tome finissait bien, l’auteure nous rappelle que le bonheur et la confiance se construisent et que les mauvaises actions finissent toujours par être punies. Elle arrive encore à nous surprendre avec le chapitre bonus. Elle maîtrise son scénario, les enchainements narratifs et son graphisme. Ce titre me procure beaucoup d’émotions. J’aime beaucoup retrouver les personnages des autres séries. En revanche, en lisant le profil de Naru, j’aimerais bien découvrir un jour son histoire. Pour l’instant, Asahi et Masato sont décidément mon couple préféré.

Je préfère que tu sois sage – Niyama

je prefere que tu sois sage niyama

Niyama にやま
ISBN: 9782382760192
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801969117 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: ごほうびは躾のあと
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que j’ai raté dans ton éducation? »

Niyama sensei narre une comédie romantique entre Godai Minoru et le jeune homme qu’il a élevé, Fûtarô. Dans ce spin-off de Je préfère en nature, elle met en avant la reconversion du créancier, mais également celle de Manami. Par ailleurs, elle aborde l’évolution des sentiments ainsi que la difficulté à bien les cerner quand les rapports changent. En effet, Fûtarô passe d’une admiration pour son sauveur à un amour passionné. Minoru, quant à lui, considère encore Toi comme un enfant naïf et maladroit à protéger. L’auteure oblige ses personnages à évoluer en semant quelques obstacles. Le comique joue donc sur des situations assez rocambolesques et des contrastes. Par exemple, Godai cache son grand cœur derrière son regard sévère. L’entourage du couple les soutient, en particulier Ruri qui résout tous les problèmes avec sa douce autorité. Le chapitre « Badass » présente les motivations un peu futiles de Moriyama Tetsurô pour sa carrière.

La mangaka a un trait épuré. Elle dessine des hommes virils. Par ailleurs, elle joue sur les contrastes. Par exemple, Fûtarô a un visage très doux par rapport à sa carrure. Il devient même un wanko dans certaines vignettes humoristiques. Les spitz ajoutent une énorme touche de « mignonnerie ». Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Niyama sensei ne censure pas ses scènes érotiques. Malgré la consigne d’inclure une scène par chapitre, elle arrive à varier les situations ou à présenter d’autres couples. Elle termine par une postface en images.

En résumé

Abandonné par ses parents endettés, Toi Fûtarô a été adopté par leur créancier, Godai Minoru. Maintenant, à 21 ans, il prend soin de la maisonnée aidé par Ruri, la gouvernante, et s’occupe de la meute de spitz. L’étudiant aimerait montrer sa reconnaissance envers son bienfaiteur en travaillant à ses côtés mais Minoru refuse catégoriquement. Le jeune homme est en réalité secrètement amoureux de Godai et souhaite rester auprès de lui. Mais un soir, l’ancien créancier, devenu patron de bar à hôtes, le surprend en train de se masturber dans sa chambre. Devant le regard froid de son sauveur, Toi s’enfuit.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place des meilleurs mangas profonds au Chill Chill BL award 2021. L’auteure présente son tome comme le « paradis des petits chiens ». En effet, les adorables spitz nains participent réellement au récit. En plus, j’adore les toutous donc, je suis conquise d’avance. J’admire beaucoup la maîtrise de Niyama sensei qui équilibre parfaitement comédie, érotisme et romance, sans lasser. Je suis heureuse de découvrir également ce que sont devenus Tetsu et Manami. Une histoire mignonne et agréable à lire.

Two sides of the same coin 2 – Nishimoto Rou

two sides of the same coin 2 nishimoto rou

NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782368777428
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784829686294 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Dites, vous savez ce que c’est, le bonheur? »

Nishimoto Rou sensei base maintenant la narration du point de vue de Kôsuke. Elle dévoile au fur et à mesure le passé traumatisant du boxeur tout en posant des indices sur son projet de vengeance. En parallèle, elle oblige son héros à s’interroger sur ses sentiments naissants mais immoraux. Yoshida Takahiro révèle son vrai visage, utilisant les deux garçons pour son profit personnel. Toutefois, Yûji qui s’est pris en mains, agit maintenant et se bat pour changer les choses. L’auteure continue à dépeindre la perversion du père qui s’avère être un véritable monstre violent, abusif et dont l’ego démesuré l’entraîne dans le déni total de ce qui l’entoure. Minase et Hishiya vont évoluer, mûrir suite aux chocs et aux décisions qu’ils vont prendre pour leur bonheur commun.

La mangaka a un trait magnifique. Elle varie beaucoup les expressions du visage jouant sur les nuances. D’ailleurs, les émotions de Kôsuke se devinent immédiatement. L’utilisation des trames est équilibrée. De même, les décors sont soignés. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des coupes intérieures. Elle donne sa postface sous la jaquette avec une planche révélant ce que sont devenus les deux héros. Les couvertures du premier et du second tome mises côte à côte forment une seule illustration.

En résumé

Pendant son sommeil, Hishiya Kôsuke se souvient de son enfance. Il ne fait plus confiance aux gens depuis qu’il a failli se faire violer par un homme qui lui avait proposé le logis pendant que son père était avec sa mère. Le lendemain matin, Minase Yûji réitère encore ses sentiments envers le boxeur. Durant une pause sur le chantier d’archéologie, Miki aborde Kô et lui explique alors que l’étudiant, plutôt asocial, est souvent mis à part dans l’équipe. Sa présence étonne donc tout le monde car il est difficile d’obtenir un tel poste. Alors quand des élèves médisent sur son bienfaiteur, Kôsuke le défend. Mais, touché par la gentillesse de Yûji, il commence à culpabiliser de son rapprochement avec celui qu’il a pris en réalité pour cible…

En conclusion

Attention! Ce tome peut choquer car il est question d’inceste (avec un père abusif et une relation entre demi-frères). Sa lecture demande donc de prendre une certaine distance. Je suis émue par ce récit où deux familles sont détruites à cause d’un seul individu à l’ego démesuré. Les deux jeunes adultes ne peuvent que constater leur impuissance et cherche à évacuer leur sentiment de culpabilité en trouvant un bouc émissaire. Pourtant, en affrontant leurs peurs, ils vont réussir à évoluer et trouver enfin le bonheur.

Two sides of the same coin 1 – Nishimoto Rou

two sides of the same coin 1 nishimoto rou

NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782368777411
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784829686287 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Quelle est cette force capable de rapprocher inexorablement deux êtres ignorants de leur existence mutuelle? »

Nishimoto Rou sensei narre un drame sentimental avec un étudiant passif, complexé par rapport à son père, mais qui évolue grâce à l’amour. La narration donne le point de vue de Yûji. Même si il apparaît au premier abord comme un fils modèle, il subit en réalité la pression de son paternel qui l’a rejeté depuis qu’il ne répond plus à ses attentes. De même, Kôsuke qui semble frivole et fort cache en réalité ses faiblesses. Son masochisme traduit sûrement un certain mal-être. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de Yûji ainsi que les liens qui relient ses personnages. Par ailleurs, elle pose des indices tout en maintenant le suspense. L’image du père de Yûji, parfaite aux yeux de la société, se dégrade au fil du récit. Son fils éprouve une attirance sans borne pour Kô même si cela n’est pas forcément réciproque.

La mangaka a un trait légèrement épuré assez réaliste. Elle dessine des personnages plutôt musclés. Elle travaille particulièrement les expressions du visage. Les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, l’usage des trames est équilibré entre ombres et colorations. Par contre, les décors situent principalement l’action en restant tout de même assez précis. La mise en page simplement dynamique rythme la lecture et ménage le suspense. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décrit même avec beaucoup de détails.

En résumé

Deux semaines après l’enterrement de sa mère, Yûji découvre que son père entretient une relation adultère. Comme sa mère s’est sacrifiée pour satisfaire ce commissaire autoritaire et soucieux de sa réputation, l’étudiant d’abord chamboulé, enrage. Il décide alors de rejoindre son senpai, Yoshida Takahiro, à une soirée. Dans sa précipitation, il bouscule un beau boxeur qui lui vole un baiser pour s’excuser. Mais après un verre d’alcool, Yûji sombre rapidement. Quand il reprend conscience, il réalise que la soirée entre étudiants a dégénéré en partouse. En plus, Yoshida le photographie en plein ébats. Redoutant les réactions de son père, il fuit. Mais en allant aux toilettes, il est embarqué de force dans un match de boxe illégal qui se déroule au sous-sol et se retrouve aux pieds de Hishiya Kôsuke. Est-ce un hasard?

En conclusion

Attention, certaines scènes peuvent choquer! Les relations ne sont pas forcément très consenties au début. En plus, la relation qui se lie entre Kô et Yûji n’est pas des plus saines au départ. Mais pour ma part, j’apprécie beaucoup le dessin de la mangaka, le récit et la tournure que prend les évènements. J’ai hâte de lire la suite. Nous avons heureusement la chance d’avoir les deux tomes publiés en même temps, comme au Japon.

Dear Gene 1 – Azuma Kaya

dear gene 1 azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782382760000
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784778129361 (JP)
Shinkosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La rencontre salvatrice entre deux hommes qui ont abandonné leur famille.

Azuma Kaya sensei offre un spin-off de My rumspringa en s’intéressant à Gene Walker, l’amish qui a quitté sa communauté. Elle aborde son récit à travers la lecture du journal intime de Trevor Edwards par son neveu. Les deux héros de cette romance dissimulent une part sombre au fond de leur cœur. En effet, Trevor cache son homosexualité et garde ses distances avec sa famille adoptive pour ne pas les blesser. Par ailleurs, Gene culpabilise d’avoir abandonner les siens. Leur cohabitation leur permettra donc d’évoluer, de s’ouvrir et même de s’épanouir. L’auteure a un ton très réaliste. Elle ajoute également des références culturelles pour les différentes époques. En parallèle, elle montre la vision de la sexualité dans les années 70 à travers divers regards. Par ailleurs, Gene apporte une touche d’humour et de mignonnerie en découvrant le monde moderne.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Son graphisme particulier, qui dégage une certaine sensualité, s’exprime surtout dans le traitement des regards et des cheveux. Il y a peu de trames d’ambiance. Par contre, les décors sont soignés et réalistes. Azuma sensei rend bien le style vestimentaire selon les époques ainsi que l’architecture de New-York. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures. En fin de chapitre, des dessins donnent des anecdotes. A noter, chaque chapitre débute par une vue du bureau sauf dans le chapitre 5, où la pièce apparaît alors à la fin. Sous la jaquette, se trouvent des illustrations monochromes et la postface, à découvrir à la fin de la lecture du tome de préférence.

En résumé

Gene passe ses vacances d’été à New-York chez son oncle, Trevor Edwards. En échange, il doit ranger le bureau de l’avocat célibataire. Il trouve alors le journal intime de son oncle narrant sa relation avec un certain Gene. Un jour d’hiver en 1973, Trevor (34 ans) perd l’enveloppe de documents d’une de ses affaires. Après l’avoir cherchée en vain, il se repose dans un parc. Un jeune homme de ménage du cabinet où il travaille, les lui rapporte alors. En apprenant que son sauveur, Gene Walker (19 ans), n’a plus de travail et dort dans une chaufferie, il l’invite à venir chez lui pour se protéger de la neige. Comme il a récemment déménagé, l’avocat lui propose alors de ranger ses cartons et même de faire le ménage en échange du logis et du couvert.

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2021. Il est impossible de rester indifférent à cette histoire touchante. Les deux héros sont très attachants. Comme à son habitude, l’auteure arrive à passionner en partageant simplement leur quotidien. Par contre, je suis à la fois pressée de découvrir la suite mais redoute également que cela soit dramatique. Et avez-vous reconnu Oz?

Blue summer 1 – Furuya Nagisa

blue summer 1 furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382760079
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758077446 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: 君は夏のなか
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Comment réagir quand ton meilleur ami te déclare ses sentiments mais n’attend rien en retour?

Furuya Nagisa sensei s’intéresse au développement du sentiment amoureux à l’adolescence. Elle décrit le malaise qui s’installe entre les deux amis suite à la déclaration. Elle base la narration du point de vue de Wataru. Le lycéen s’interroge sur les raisons de l’attirance de son ami tout en réfléchissant à ses sentiments. Leur pèlerinage sur le cinéma leur permettra d’évoluer. De même, une certaine poésie se dégage à travers cette excursion filmique. Comme dans Les deux lions, l’auteure aborde avec finesse la différence entre amour et amitié. Elle a un ton réaliste. Elle révèle petit à petit le passé de Saeki en semant des indices. Les personnages ont des personnalités plutôt opposées: Wataru est franc tandis que Saeki a tendance à s’effacer. Les deux amis discutent facilement de leur passion mais également de leurs réflexions et de leurs interrogations.

La mangaka a un trait fin épuré plutôt shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et porte attention aux petits gestes. De même, elle soigne les décors, en particulier les paysages qui utilisent des trames très variées. Au contraire, pour le reste, les trames apparaissent avec parcimonie. Par exemple, pour les visages, elles représentent seulement les contre-jours et les ombres fortes. L’ambiance estivale se ressent dans les moindres détails. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue qui se démarquent dans certaines vignettes. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei concentrant son récit sur les sentiments naissants. Elle donne un plan de l’excursion en début de tome ainsi que deux magnifiques illustrations couleurs sur le thème de l’été. Sous la jaquette se trouve la postface en image.

En résumé

Toda Wataru et Saeki Chiharu sont passionnés de cinéma. Ils se sont rencontrés par hasard alors que Wataru achetait un film et depuis, ils passent souvent du temps ensemble ou vont au cinéma. Une amie de Wataru essaie alors de savoir si Saeki a une petite amie car il rejette toutes les demandes en prétextant être amoureux de quelqu’un. Alors après une sortie, le lycéen tente d’interroger son ami. Mais Chiharu lui déclare alors ses sentiments…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. L’auteure maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Son graphisme est agréable et colle parfaitement à l’histoire. Plutôt que la pré-romance, je suis séduite par la découverte des paysages qui me donnent envie de visiter cette région l’été.

Hitorijime my hero 4 – Arii Memeco

hitorijime my hero 4 arii memeco

ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760123
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758074087 (JP)
Ichijinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le bonheur peut être une souffrance.

Arii Memeco sensei aborde quelques évènements un peu dramatiques. Elle arrive à détendre l’atmosphère avec équilibre en intégrant quelques moments humoristiques. Ainsi, elle révèle un peu l’enfance de Masahiro. Le lycéen ressent constamment une certaine peur en parallèle de son bonheur, ayant l’habitude d’enchaîner les désillusions. Même s’il s’ouvre de plus en plus, il a encore du mal à partager ses angoisses. De même, Hasekura n’arrive pas à exprimer ses frustrations envers Kensuke dont le comportement, encore immature, empêche d’approfondir leur relation. A la suite du tome précédent, l’auteure continue à présenter les réactions de rejet de Fukushige qui cible maintenant Kôsuke. Elle installe également une aura de mystère autour du comportement de Natsuo. Dans les chapitres bonus, elle donne des anecdotes sur le quotidien ou développe les personnages secondaires. Par exemple, Matsuzawa Monika, complexée depuis l’enfance et obnubilée par l’apparence, est fascinée par Ayaka.

La mangaka n’hésite pas à déformer son trait déjà simple pour exagérer certaines expressions. L’humour devient percutant avec ces métaphores graphiques. Les trames d’ambiance également sont plutôt graphiques. Pour ne pas surcharger la page, les décors sont parfois réduits à l’essentiel et mettent donc en avant les personnages. La mise en page est d’ailleurs très dynamique. Arii sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant souvent aux préliminaires. Pourtant, elle transcrit bien la passion entre les deux amants qui ont des relations charnelles plus intenses. Sous la jaquette, elle présente deux dessins humoristiques avec encore un cosplay de Setagawa.

En résumé

Setagawa Masahiro rêve de son enfance, quand sa mère s’écroulait ivre à la maison et que ses amies lui demandaient de se comporter en homme en la protégeant. Il se demandait alors qui le protègerait, lui. Au matin, Ôshiba Kôsuke trouve son petit ami blotti dans ses bras. Bien qu’appelé par sa mère pour le petit déjeuner, il attend patiemment que Masahiro se réveille. Le lycéen prépare le petit déjeuner avec l’aide de la famille Ôshiba. Il se rappelle déjà les goûts de chacun, pour leur plus grand plaisir. Mais face à ce bonheur extrême, il ne peut s’empêcher de ressentir aussi une certaine inquiétude…

En conclusion

L’histoire gagne en intensité mais prend son temps. J’ai aussi envie de chouchouter Masahiro. L’auteure installe doucement les évènements à venir. Les passages tranches de vie sont vraiment agréables à suivre et permettent de voir la réaction de l’entourage.

Hitorijime my hero 3 – Arii Memeco

hitorijime my hero 3 arii memeco

ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760116
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758073073 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Réactions quand le secret de Kôsuke et Masahiro est éventé.

Arii Memeco sensei commence par un flash-back introduisant Hôjô avant de reprendre directement le cours de l’histoire. Comme dans le tome précédent, elle continue à explorer le regard extérieur sur une relation professeur et élève en montrant deux réactions différentes. D’abord, Ayaka se focalise surtout sur la différence d’âge et le statut social. Puis, parmi le groupe d’amis, Fukushige réagit violemment, dégouté à l’idée qu’un ami qu’il considère viril puisse être passif. D’ailleurs, le lycéen a une personnalité plutôt complexe, s’inspirant des clichés de la virilité, mais se fait rabrouer par ses amis quand il devient trop indélicat. L’auteure insère des demi-chapitres, apportant des anecdotes supplémentaires. Elle montre l’inquiétude des adolescents face à l’incertitude des changements de classes ou des relations au sein d’un groupe, la difficulté à se réconcilier suite à une violente dispute. De même, Masahiro et Kôsuke expriment plus facilement leur jalousie.

La mangaka a un trait simple qui colle parfaitement au style humoristique du récit. En plus, elle n’hésite pas à déformer complètement les visages en exagérant les expressions. Par ailleurs, elle introduit Kaide, la nouvelle assistante de Kôsuke, qui, de par sa poitrine opulente, apporte une série de gags visuels. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Arii sensei ne montre pas les détails des scènes érotiques, se contentant des baisers et câlins préliminaires. Elle donne des anecdotes amusantes dans des croquis en fin de chapitre. De même, elle offre, au début de certains chapitres, de magnifiques illustrations du quotidien avec un ton festif comme sur la couverture. Sous la jaquette, il y a deux dessins humoristiques.

En résumé

Le dernier jour des vacances d’été, Ôshiba Kensuke et ses amis essaient de finir leurs devoirs sous l’œil railleur de Kôsuke. Désespérés face à la montagne de travail, les garçons commencent à réfléchir aux méthodes de triche, incités par le professeur. Mais Setagawa Masahiro tente de recentrer les esprits qui se dispersent. Kôsuke se rappelle alors ses frasques de jeunesse avec Hôjô Tsunehito, le mari d’Ayaka, la sœur ainée de Hasekura. Quand les lycéens apprennent que Masahiro a déjà rencontré l’ami du professeur, ils réclament plus de détails. Mais Setagawa, trop honteux, refuse de parler du policier farfelu qui aime les sous-vêtements.

En conclusion

J’aime beaucoup le côté « mère-poule » de Setagawa. Je trouve dommage que les raisons de la violente réaction de Fukushige ne soient pas plus approfondie, mais l’essentiel est là. L’humour et les échanges entre amis priment donc sur la romance. Cette série permet de passer un agréable moment de lecture.