Sweet pool 1 – Kurumazaki Mayu et Nitro+CHiRAL

sweet pool 1 kurumazaki mayu
KURUMAZAKI Mayu 車折まゆ
Nitro+CHiRAL
ISBN: 9784862638694 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre hallucinations et attirance, Yôji semble perdre la raison…

Kurumazaki Mayu sensei offre une adaptation manga du jeu vidéo sur PC Sweet pool développé par Nitro+CHiRAL, dans lequel elle s’occupe du character design. Elle mêle à la fois suspense, surnaturel et horreur. Elle installe d’abord le contexte, révélant petit à petit les situations familiales complexes des personnages ainsi que leurs personnalités plutôt tordues. Yôji, qui vit seul depuis le mariage de sa sœur, s’avère être un « hôte femelle », soit le sujet expérimental d’une organisation secrète qui manipule son destin. De même, Tetsuo semble faire partie du projet malgré lui. D’ailleurs, les deux lycéens sont manifestement attirés l’un par l’autre. L’auteure base la narration sur Sakiyama, partageant ses troubles d’identité, ses peurs et ses sensations. Dans un chapitre bonus, elle met en avant Makoto, qui cache en réalité un attachement obsessionnel derrière son air enjoué.

Le graphisme de la mangaka sied bien à l’histoire: des traits légèrement épurés, plutôt réalistes. Elle maîtrise également les jeux de trames et les noirs pour créer des planches sombres et rendre l’ambiance dramatique. Toutefois, elle joue sur les cadrages pour réduire la violence de certaines scènes. L’arrière-plan semble parfois se fondre avec le dessin. La mise en page est très dynamique. Néanmoins, l’enchainement des cases paraît parfois brusque mais transcrit avec finesse les troubles de Yôji. Kurumazaki sensei censure les scènes érotiques par des bandelettes blanches. Elle sépare les chapitres par une illustration. En début de tome, un poster à déplier en couleurs regroupe deux illustrations: celle du recto, réalisée par Onitsuka Seiji, illustrateur du light novel, a un trait plus seinen et mêle à la fois érotisme et gore. Au contraire, celle de Kurumazaki Mayu au verso offre une tranche de vie scolaire avec un trait doux.

En résumé

Sakiyama Yôji, à la santé fragile, reprend les cours au lycée après une longue absence. Il a toujours eu du mal à s’intégrer dans sa classe mais son ami Mita Makoto l’accueille joyeusement. En revanche, Shironuma Tetsuo, un élève plutôt froid, l’intrigue. En effet, il dégage un étrange parfum qui affole ses sens. D’ailleurs, les deux lycéens sont de corvée de ménage ensemble. Par contre, Makoto le prévient de se méfier d’Okinaga Zen’ya, fils de yakuza, qui a un comportement instable et étrange. A la fin de la journée, Yôji fait un malaise mais un homme le soutient. A peine conscient, il croit alors reconnaître le parfum de Tetsuo. N’osant l’interroger le lendemain, les deux garçons continuent à discuter uniquement pendant leurs tâches ménagères. Mais un soir dans son bain, Sakiyama croit voir ses bras recouvert de sang et ressent une forte excitation…

En conclusion

Le manga se suffit à lui-même, le lecteur n’étant pas obligé de jouer au jeu pour comprendre le déroulement du récit. D’ailleurs, le scénario promet d’être aussi palpitant et glauque que l’original. Les passages érotiques sont bien intégrés et semblent naturels, suivant les hallucinations de Yôji. Ma couardise m’empêche d’avancer rapidement sur le jeu mais il est disponible (en version censurée) sur Steam en anglais. J’ai hâte de connaître la suite!

Entre tes griffes 2 – Kureno Mataaki

entre tes griffes 2 kureno mataaki
KURENO Mataaki くれの又秋
ISBN: 9782382760062
Hana, 2021
ISBN: 9784865545401 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Titre original: 手中に落していいですか2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Alors qu’il lui suffirait de me mentir en me disant qu’il me déteste… »

Kureno Mataaki sensei continue de développer la romance compliquée entre Nitta et Mikajima. Elle développe un peu plus leur background en présentant leur famille et leur passé. De même, elle montre les difficultés de l’industrie pornographique. Ainsi, à travers Arima (21 ans), Nitta découvre la réputation et l’influence du « recruteur magicien qui fait tomber même les hétéros ». Il s’interroge de plus en plus sur le sentiment amoureux. L’introduction de Mikajima Megumi (34 ans), cousin du rabatteur, apporte une touche humoristique et rafraichissante avec sa spontanéité. L’auteure étoffe son histoire en présentant la vision de l’amour à travers différentes orientations sexuelles, en particulier avec Mikajima qui est bisexuel, Megumi hétérosexuel et Arima homosexuel. Elle décrypte comment les liens se tissent autour du partage des passions et révèle de nouvelles facettes des personnages. Elle offre également deux bandes-dessinées amusantes résumant ses impressions sur l’enregistrement du drama CD.

Comparé au tome précédent, la mangaka a un trait épuré qui s’affirme, avec maintenant des pleins et des déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, avec parfois des têtes au format SD aux traits presque dépouillés mais avec un côté mignon. Les décors apparaissent dans les plans larges. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique utilise parfois un découpage filmique décomposant certains passages importants. Kureno sensei n’intègre pas de scènes érotiques dans l’histoire principale. Elle se rattrape en offrant deux histoires bonus en fin de tome dans la continuité d’un chapitre chacun, montrant en détail et sans censure la masturbation de Nitta puis Mikajima. Elle change alors son découpage habituel alternant les images d’action et imaginaires avec un bel effet. En début de chapitre, une illustration présente un personnage qui pose.

En résumé

Nitta Suguru ne veut plus voir Mikajima mais il a du mal à oublier les sensations qu’il a ressenties quand ils ont couché ensemble. Néanmoins, sa réaction le dégoûte. Suite à l’appel de sa sœur aînée Akane, qui lui a envoyé un colis, il essaie de se renseigner sur le sentiment amoureux, désirant mieux le comprendre. Mais leur conversation est interrompue par leur petite sœur Mio qui leur fait remarquer l’heure tardive. A la librairie pour acheter un livre de Mikoshiba qu’il a abîmé, il rencontre un jeune homme, Arima, qui souhaitait le même roman et lui cède le dernier exemplaire. Il surprend alors des voleurs à la tir et les arrête. Impressionné par son courage, Arima l’invite alors à discuter à la terrasse d’un café. Mais ils sont interrompus par Mikajima…

En conclusion

Mikajima se classe à la treizième place du meilleur seme au Chill chill BL award 2020. Par contre, Nitta Suguru est cité parmi les autres uke qui n’ont pu se classer. De même, les lecteurs citent ce tome hors classement, parmi les meilleures séries au scénario captivant appréciant la jalousie générée par cet amour naissant qui ne décolle pas. En effet, l’histoire prend son temps et maintient la question du consentement. D’ailleurs, Kureno sensei rappelle le malaise ressenti lorsque quelqu’un impose ses idées à travers le comportement de Megumi. J’adhère complètement à l’histoire qui devient par contre plus bavarde. Un style qui ne plaira pas à tout le monde mais qui me charme totalement.

Entre tes griffes 1 – Kureno Mataaki

entre tes griffes 1 kureno mataaki
KURENO Mataaki くれの又秋
ISBN: 9782382760055
Hana, 2021
ISBN: 9784865542639 (JP)
Overlap, 2017 (JP)
Titre original: 手中に落としていいですか1
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’essaie toujours d’obtenir ce que je veux… Sans relâche, jusqu’à ce que je puisse mettre le grappin dessus. »

Kureno Mataaki sensei offre une romance tendue entre un policier et un recruteur d’acteurs pornos gays. A travers Nitta, elle interroge sur le point de vue négatif de certains métiers considérés comme dépravés. Ainsi, le naïf policier pétri de bonnes intentions, réalise petit à petit que son jugement est biaisé par des clichés diffusés par la société. Au contact de Mikajima, il découvre de nouveaux sentiments et de nouvelles sensations. En effet, le rabatteur assume complètement sa sexualité, a conscience de forcer la relation et pourtant, son amour pour Nitta est sincère. D’ailleurs, à travers le jeu de séduction de Mikajima, l’auteure aborde la question du consentement. Elle montre également la difficulté de Nitta à décrypter ses sentiments ambivalents, entre joie de trouver un ami avec qui partager des passions et peur de l’homosexualité.

La mangaka a un trait épuré qui conserve un aspect croquis, avec le dédoublement des contours. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à déformer les têtes pour les rendre cubiques. Elle dessine des corps finement musclé. De même, l’air sournois de Mikajima s’affiche dans les traits de son visage. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que le reste des trames est équilibré malgré une palette restreinte. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue beaucoup avec un découpage presque filmique, décomposant certains moments. En plus, Kureno sensei ne censure pas les scènes érotiques, détaillant même les sensations. Et dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser ses personnages avec une touche sensuelle.

En résumé

Mikajima, recruteur d’acteurs pornos gays, repère dans la rue Nitta (26 ans) qui, malgré un corps sculpté, a un joli visage juvénile. Remarquant qu’il lit un roman de Mikoshiba Kikka dans un café, il utilise alors leur passion commune pour l’aborder. Trop heureux de rencontrer quelqu’un avec qui discuter, Nitta accepte immédiatement l’invitation de ce potentiel nouvel ami. Mais ayant abusé de l’alcool, il se laisse doucement prendre aux délices des attouchements de Mikajima…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2018. Même si l’érotisme prime, Kureno sensei arrive à construire une dynamique intéressante entre les deux personnages. D’ailleurs, j’apprécie l’approche de l’auteure qui oblige le lecteur à se questionner sur le consentement souvent gris des relations décrites dans le BL. Ainsi, Nitta ne développe pas de sentiments amoureux pour l’instant même si son corps réagit et qu’il cède consciemment. En revanche, à cause de ce manque de consentement, certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des lecteurs. Pour ma part, c’est un coup de cœur!

Le bonheur du démon 3 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 3 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782382760512
Hana, 2021
ISBN: 9784813032649 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« C’est parce que tu es là que je suis capable de m’accrocher. »

Yamamoto Kotetsuko sensei conclut sa série avec toujours autant d’humour et de légèreté. Elle fait évoluer le couple positivement, réduisant de plus en plus l’écart entre le bosseur Emu et l’écervelé Nenji. Par ailleurs, elle introduit encore de nouveaux personnages, dont un couple homosexuel (Hatayama Kôhei et Yoneda Kôji) qui se démarque et permet aux deux héros de progresser dans leur relation. Malgré ses premiers emplois, Fukutomi ne mûrit pas vraiment et continue à vivre, mu uniquement par ses sentiments. Le franc parlé d’Ikariya devient carrément cru lors des ébats avec Fukutomi, brisant l’effet romantique des scènes avec humour. Malgré tout, l’auteure installe des échanges consentis avec des discussions dans le couple. A la fin, elle présente ce que sont devenus les personnages, arrivant encore à surprendre les lecteurs.

La mangaka a un trait épuré qui paraît simple au premier abord. Elle apporte un peu plus d’humour en exagérant les expressions. Par exemple, Emu a une tête à la fois mignonne et amusante quand il mange du melon, fruit de luxe au Japon, pour la première fois. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les autres trames utilisées avec parcimonie donnent une dominante claire aux pages. En plus, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique et efficace est surtout au service du récit. Dans les scènes érotiques, Yamamoto sensei ne montre pas les parties intimes. Elle offre des anecdotes sur Nenji en fin de tome avec deux yonkoma. Comme pour la couverture précédente, l’illustration se détache sur un fond uni.

En résumé

Fukutomi Nenji veut arrêter l’université pour aider Ikariya Emu. Comme il n’a pas réfléchi aux conséquences de sa décision, il provoque l’ire de son petit ami. Heureusement, Gonzô raisonne son petit-fils, en lui faisant comprendre l’enjeu de son avenir. Les deux amoureux se réconcilient donc, mais l’étudiant souhaite tout de même participer au remboursement de la dette en prenant un petit boulot. Après quelques prospections, il réalise que les jobs étudiants ne sont pas bien rémunérés et confie alors son désarroi à ses amis. En entendant la somme qu’il souhaite récolter, ces derniers lui suggère de tenter de jouer à la loterie. De son côté, Emu a obtenu un travail de mascotte pour le festival de la ville grâce à Gonzô. Mais en voyant le jeune homme discuter avec son petit-fils, il remarque que leurs sentiments sont réciproques. A la surprise d’Emu, le vieil homme les encourage.

En conclusion

Cette comédie se termine sur un happy end rassurant et plaisant pour mon plus grand bonheur. Voir les compétences d’Emu reconnues plutôt que ses diplômes fait chaud au cœur. J’adore la dynamique qui se dégage du couple, avec un uke direct qui déstabilise son seme. Une lecture divertissante!

Le bonheur du démon 2 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 2 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368777145
Hana, 2020
ISBN: 9784813032441 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une romance entre un garçon malchanceux et un étudiant gentleman. »

Yamamoto Kotetsuko sensei accélère un peu la romance entre Emu et Nenji. Après avoir installé les personnages dans le tome précédent, elle développe leurs différents desseins. Fukutomi a choisi d’aller à l’université pour trouver sa voie mais n’a toujours rien décidé. L’étudiant, un peu trop surprotecteur, a de plus en plus de mal à contenir ses pulsions. Il apporte d’ailleurs une touche comique. Ikariya, quant à lui, accepte un peu mieux ses sentiments et s’ouvre petit à petit à son entourage. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux différents liens qui se tissent entre les gens. Elle met en avant la construction d’un réseau de connaissances, l’esprit d’entraide et les opportunités qui se créent. A travers Tazawa, elle dénonce les dragueurs usant de la force et des menaces. Kuzumi d’Agatsuma loan dévoile un peu son côté sombre. Ce personnage ambivalent devient alors très intéressant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. En début de chapitre, Yamamoto sensei présente le quotidien d’Emu à travers des illustrations. Elle ne développe pas les scènes érotiques, se limitant à des préliminaires mignonnes. Toutefois, elle se rattrape dans l’histoire bonus en fin de tome. Ainsi, elle censure à peine les parties intimes par de petits points blancs qui ne cachent pas grand chose.

En résumé

Ikariya Emu s’adapte petit à petit à sa nouvelle vie chez Fukutomi Genzô. Alors qu’il pensait avoir préparé un petit-déjeuner de roi, son bienfaiteur réclame un ingrédient plus luxueux pour agrémenter sa soupe miso. Il lui donne également un nouveau travail: testeur de médicaments dans un laboratoire. Durant la séance, Emu se fait lourdement draguer par Tazawa Shinobu, un étudiant à l’université de Seito. Il décide donc de l’éviter au mieux. A l’université, Fukutomi refuse d’aller à un gôkon. Tazawa essaie de s’incruster, en vain, sa mauvaise réputation le précédant. Après un remplacement le soir dans un restaurant, Ikariya est accueilli chez les Fukutomi par Asuka, la sœur de Nenji. Elle révèle alors que leur grand-père aime aider les gens pour se créer des relations. Complètement ivre, Nenji finit par embrasser son ami mais ne se rappelle de rien le lendemain…

En conclusion

Un récit sans prétention mais qui diffuse de belles valeurs. Emu donne vraiment envie de le soutenir. J’apprécie particulièrement l’équilibre entre humour et sujets plus sérieux.

Le bonheur du démon 1 – Yamamoto Kotetsuko

le bonheur du demon 1 yamamoto kotetsuko
YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782368776964
Hana, 2020
ISBN: ‎9784813032076 (JP)
Taiyohtosho, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Est-ce de la charité ou de l’amour?

Yamamoto Kotetsuko sensei propose de suivre une tranche de vie de Emu et de l’accompagner dans ses efforts pour rembourser sa dette. Elle alterne avec finesse des moments dramatiques et humoristiques, jouant principalement sur les réactions imprévisibles de la famille Fukutomi. Ainsi, elle présente un jeune homme malchanceux à qui la vie sourit enfin petit à petit grâce à des personnes bienveillantes. En effet, bien qu’Emu accepte sa condition, il se débrouille avec courage et fierté, possédant donc un fort caractère. Il est mûr et réfléchi, ce qui contraste totalement avec le caractère de Nenji qui a tendance à agir instinctivement plutôt que de réfléchir. D’ailleurs, sa franchise apporte beaucoup de fraicheur dans le récit. En introduisant Gonzô, le grand-père de Fukutomi, l’auteure présente ainsi les différences générationnelles. Elle aborde aussi la pauvreté, le jugement extérieur et les bienfaits d’une main secourable.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle met en avant la fine musculature de Nenji. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées mais équilibrées. De même, les trames d’ambiance transmettent les émotions. La mise en page dynamique joue par ailleurs sur les superpositions de cases. Pour l’instant, Yamamoto sensei se contente d’un baiser volé immédiatement critiqué. Elle met en avant Emu dans les illustrations en début de chapitre. Elle propose en fin de tome des histoires bonus au format yonkoma mais non vertical.

En résumé

Trop pauvre, Ikariya Emu a abandonné le lycée pour travailler. Mais suite au décès de son père, il reçoit la visite d’un chasseur de dettes qui lui réclame alors 5 millions de yens. En effet, le père d’Emu s’était endetté pour lui payer ses études. Après avoir vidé le compte bancaire et le porte-feuille du jeune homme, le créancier lui propose alors un travail bien rémunéré dans un bar gay. Ikariya refuse catégoriquement. Alors que le prêteur insistait, Fukutomi Nenji vient à son secours en proposant de l’acheter. Ce fils de bonne famille qui a tendance à toujours venir en aide, était également intervenu en la faveur d’Emu au lycée quand il était soupçonné d’un vol dans leur classe. Mais le fier Ikariya ne supporte pas d’être pris en pitié…

En conclusion

Emu est tellement craquant avec son regard à la fois légèrement triste mais fier. La traductrice Laurie Asin pense aux petites annotations pour expliquer les jeux de mots sur les noms, permettant de bien les comprendre. Une lecture distrayante qui nous rappelle que tout le monde a droit à l’amour.

Melty kiss more – Takasaki Bosco

melty kiss more takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782382763018
Hana, 2022
ISBN: 9784801971646 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je le vois plus à la télé qu’en vrai, c’est dingue! »

Takasaki Bosco sensei continue de développer les difficultés rencontrées par Aihara et Amamiya pour concilier travail et vie amoureuse. Elle analyse leurs différents sentiments, comme l’impuissance, la culpabilité, la peur du jugement externe. D’ailleurs, la différence d’âge crée des attentes différentes de leur relation. Ainsi, Ryô espère beaucoup plus de moments romantiques à deux, tandis que Riku se contente de ce qu’il peut avoir. La distance entre eux se transforme alors en solitude, renforcée par la peur de gêner ou d’interférer sur la carrière de l’autre. De même, le manque de communication provoque des quiproquos. La narration alterne entre les deux héros partageant leurs réflexions. Par ailleurs, l’auteure montre comment les soucis personnels influent sur le travail. Comme dans le tome précédent, elle met en avant la nécessité d’afficher une image extérieure. En fin de tome, elle présente quelques aventures amusantes et sexy des héros de Tadoru yubi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère à peine les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Par contre, Hanamura Naoya expose souvent un visage rougissant de honte, recouvert parfois intégralement de hachures. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Toutefois, les décors qui apparaissent sur les plans larges ajoutent une touche réaliste en étant précis. La mise en page dynamique met parfaitement en avant la sensualité et les expressions changeantes des personnages. Takasaki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les détaille même avec des coupes intérieures et des transparences. Il y a d’ailleurs presque une scène à chaque chapitre. En fin de chapitre, les personnages en SD ou une case apportent des anecdotes amusantes.

En résumé

Aihara Ryô (31 ans), PDG d’une agence de production, et Amamiya Riku (24 ans), acteur, sortent ensemble mais leur emploi du temps surchargé ne leur permet pas de se voir. En apprenant qu’il a un tournage dans le même studio que son petit ami, Ryô se surprend à se préparer comme pour un rendez-vous amoureux. Et lorsqu’il le croise au détour d’un couloir, il ne peut s’empêcher de lui voler un baiser langoureux. Excité, Riku le rejoint le soir. Il découvre alors sur la table des billets pour une exposition que Aihara avait pris pour eux et décide de tout de même s’y rendre. Réalisant que le cadre avait renoncé à ce rendez-vous sans même lui en parler, il l’incite alors à plus communiquer pour qu’ils puissent s’organiser ensemble…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Takasaki sensei arrive à allier scènes très sexy avec un récit tout de même abouti et empli d’émotions. Le couple touchant nous entraine donc dans leurs aventures avec facilité. Je suis également heureuse de retrouver Hanamura, d’autant plus quand il se montre entreprenant. J’adore les uke qui prennent l’initiative et je suis donc comblée par cette série.

Melty kiss – Takasaki Bosco

melty kiss takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782382762929
Hana, 2022
ISBN: 9784801964174 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Renoncer à ses rêves n’est pas renoncer au bonheur.

Takasaki Bosco sensei propose une comédie romantique sexy et entrainante. Elle dépeint parfaitement les contraintes des emplois chronophages et les désillusions de la vie adulte. Ainsi, elle aborde les difficultés à concilier travail et vie privée, à choisir constamment entre plaisir et compromis ainsi que les sacrifices et les efforts invisibles fournis pour réaliser un projet. D’ailleurs, Aihara a abandonné beaucoup de ses rêves pour réussir. Bisexuel mais échaudé par plusieurs échecs amoureux, il a depuis peur de s’attacher malgré sa solitude. Amamiya, au contraire, se surpasse pour atteindre ses objectifs. Les deux hommes cachent pourtant leur vraie personnalité en affichant constamment un masque avenant en société. La narration s’attarde d’abord sur Ryô puis alterne ensuite avec Riku. Malgré une relation d’abord physique, l’auteure sème quelques embûches provoquant l’évolution des sentiments. Elle s’intéresse à la gestion de la célébrité, la solitude dans la réussite, la différence d’âge.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle représente parfois les personnages en SD, leur donnant une bouille adorable. Les décors alternent avec les trames d’ambiance plutôt graphiques. Par ailleurs, les autres trames sont très variées. La mise en page est dynamique. Takasaki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle les détaille, ajoutant des coupes intérieures et des transparences pour renforcer le côté sexy. En plus, il y a une scène par chapitre.

En résumé

Aihara Ryô travaille sans compter pour développer au mieux son entreprise de design. Mais la solitude lui pèse de plus en plus. Un soir, après un rendez-vous d’affaires trop arrosé, il croise un homme ressemblant à l’acteur Amamiya Riku qui lui propose son aide alors qu’il dégrisait dans une ruelle. Quand il se réveille le lendemain chez lui, Ryô découvre via la télévision qu’il s’est montré impoli envers le véritable acteur. En plus, ce dernier a un nouveau contrat publicitaire dans sa boîte et vient en rendez-vous. Prétextant un objet oublié, Amamiya s’invite chez Aihara qui se confond d’abord en excuse. Mais face aux provocations de l’acteur gay, le PDG finit par coucher avec lui.

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Même si Takasaki sensei ne le présente pas comme un spin-off de Tadoru yubi, on y retrouve Aihara et Takase Shûji. Elle développe une dynamique entrainante entre le sadisme de Riku et la manie de Ryô de céder aux provocations. Je suis complètement conquise par le couple. Voir deux hommes autant attentionnés, c’est tout simplement du bonheur! Et j’apprécie les notes positives qui se dégagent à travers tout le tome. Bref, un récit à la fois sexy et mignon!

La couleur de l’eau – Maki Ebishi

la couleur de l eau maki ebishi
MAKI Ebishi 槇えびし
ISBN: 9782382763070
Hana, 2022
ISBN: 9784813031024 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Mon sang était de la couleur de l’eau. »

Maki Ebishi sensei propose un drame psychologique empreint de suspense. Elle révèle donc au fur et à mesure le passé des personnages ainsi que leurs desseins. Elle aborde entre autres la confiance, la manipulation, l’amour déviant. La ville de Paradis regroupe tous les travers de la noirceur humaine, entre meurtre, prostitution même de mineurs, trafic, violence. Les personnages survivent et s’adaptent à ce milieu sans foi ni loi. Setsu cumule les traumatismes ainsi qu’un handicap invisible qui perturbe un peu son quotidien. Il reste d’ailleurs prisonnier de son passé, malgré les efforts de ceux qui l’aiment pour le sauver. A travers ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir sur le concept de bonheur. Ainsi, elle construit des psychologies complexes et profondes. De même, elle s’attarde principalement sur les sentiments vacillants des protagonistes.

La mangaka a un trait très épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, renforçant ainsi les moments dramatiques. La mise en page dynamique rythme la lecture entre action, passage rapide et intense puis calme. Maki sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant aux préliminaires.

En résumé

Il y a deux ans, le tueur à gages Setsu a recueilli un jeune enfant amnésique. Il l’a alors appelé Lithia. Tout deux vivent dans la ville Paradis, une zone de non droit où les crimes restent impunis. Étant souvent la cible de vengeance, le tueur protège Lithia mais n’hésite pas à l’utiliser pour éliminer ses assaillants. Comme son bienfaiteur parle peu de lui, l’enfant ne sait pas grand chose sur lui, à part qu’il est recouvert de cicatrices et qu’il a très peur des ciseaux. Mais un jour, un certain Romanée qui semble bien connaître Setsu, s’impose dans la maisonnée et ne ménage pas Lithia.

En conclusion

Maki sensei traite ses lecteurs avec égard en suggérant la violence, même si quelques images restent marquantes. Pourtant le récit continue d’être bouleversant car les personnages sont attachants. Le one-shot comporte beaucoup de pages (289 pages) permettant ainsi de bien développer l’histoire. Si vous aimez les drames psychologiques, ce BL pourra vous plaire.

A fool’s love song – Jyanome

a fool s love song jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382762882
Hana, 2022
ISBN: 9784863496828 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Y’a-t-il quelqu’un pour me sauver et m’aimer? »

Jyanome sensei présente une romance prenant la forme d’une quête amoureuse. Elle confronte des caractères complètement opposés, créant une dynamique entre les personnages. Ainsi, Tamizô se laisse porter par les évènements. Son côté naïf et superstitieux renforce son esprit libre et sa solitude profonde qu’il n’affiche pourtant pas. Même s’il se pose beaucoup de questions, il a besoin d’expérimenter les choses pour les comprendre. Yachiyo, quant à lui, vient d’une famille nombreuse et a donc tendance à prendre soin de Tomita. Il fuit alors ses sentiments changeants. L’auteure décortique ainsi avec finesse la période charnière de la fin de l’adolescence, interrogeant sur le sentiment de responsabilité. Elle aborde également l’amitié, la durée des relations, la pression familiale et sociale, la difficulté de se lancer dans la musique entre loisir et avenir. Les deux héros, prisonniers de leurs sentiments et leurs obligations, acceptent peu à peu de changer.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle les simplifie dans les passages humoristiques, dessinant également quelques personnages au style caricatural. Par ailleurs, elle joue beaucoup sur les contrastes noir et blanc. Ainsi, les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Jyanome sensei censure à peine les parties intimes mais évite de les détailler. D’ailleurs, elle utilise surtout les cadrages pour ne pas les montrer.

En résumé

Kiki Yachiyo, le guitariste du groupe de rock Choucas, a trouvé Tomita Tamizô affalé dans les poubelles en train de chanter. Séduit par sa voix, il lui a proposé de rejoindre son groupe. Et depuis, il prend souvent soin du jeune homme malchanceux. Aujourd’hui, il punit le chanteur arrivé en retard. Ce dernier s’est fait arnaquer par une voyante croisée en chemin. En plus, il croit à sa prédiction lui annonçant l’apparition de son âme sœur et se laisse donc facilement séduire par Misaki, le barman de la salle de concert. Mais le batteur Yoshi alerte alors Yachiyo, le barman étant déjà l’amant du propriétaire de la salle, peu recommandable…

En conclusion

Comme à son habitude, Jyanome sensei décortique les sentiments de ses personnages avec brio. Le graphisme ne dégage pas autant de sensualité que ses œuvres récentes mais on y retrouve déjà son style marqué et sa poésie. La naïveté de Tamizô est déconcertante. J’avais envie de le secouer mais en même temps, cela colle parfaitement à sa manière de voir la vie et les relations. Une lecture intéressante qui nous rappelle que le destin est parfois juste à portée sous notre nez.