Disparais de ma vue! 2 – Hinako

disparais de ma vue 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382762257
Hana, 2024
ISBN: 9784813033301 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Titre original: 何でもいいから消えてくれ 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Depuis l’instant où je l’ai rencontré, j’ai considéré que Riku était « à moi ». »

Hinako sensei continue de resserrer le piège de l’emprise de Shigihara sur Yatsudo. Comparé au tome précédent, elle base la narration principalement du point de vue du harceleur, mais partage tout de même les réflexions de sa victime. Ainsi, elle suggère par brides le passé assez troublant, peut-être même traumatisant, de Yôji. Entre chantage, manipulation, harcèlement, possessivité, le détestable lycéen semble pourtant fournir quelques efforts et montrer certaines faiblesses, obligeant le lecteur à s’interroger constamment sur ses desseins. Muromachi Koharu et Osugi Yoshiharu font basculer l’équilibre relatif de la relation de leurs amis. Les relations sont de moins en moins consensuelles, Riku cédant. D’ailleurs, les sentiments de ce dernier deviennent de plus en plus ambivalents au point de le dégoûter de lui-même. L’auteure offre un court répit avant de plonger le lecteur dans une vague de plus en plus violente. Elle augmente l’antipathie de Shigihara en le faisant parler crûment.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, porté principalement par les réactions de Koharu. Elle joue beaucoup sur le contraste noir et blanc pour installer une ambiance sombre. Ainsi, les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les émotions. Pour se distinguer, les flash-back se repèrent à des vignettes recouvertes d’une trame grise. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure à peine les parties intimes avec de fines languettes. Pourtant, elle dessine également des coupes intérieures. Elle suggère l’ambiance du récit à travers les illustrations en début de chapitre. Les premières pages du tome sont en couleur.

En résumé

Shigihara Yôji ne trouve pas Yatsudo Riku en classe et s’interroge sur la personne qui intéresse sa « cible ». Aux toilettes, il croise « Kozaru », alias Muromachi Koharu, et entame la discussion avec ce dernier en découvrant qu’il est dans la classe de Riku. Mais quand Riku les aperçoit dans le couloir, il s’interpose immédiatement et lui conseille de l’éviter. Shigihara suit Riku jusque chez lui en essayant de lui faire comprendre que son nouvel ami couche avec Osugi Yoshiharu. Arrivé devant chez Riku, Yôji s’éclipse.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Prévu d’abord en deux tomes, Hinako sensei annonce dans sa postface qu’il y a une suite. En effet, elle prend le temps de bien décrypter l’évolution des sentiments de ses personnages ainsi que leur rapport de force. Son graphisme transcrit bien l’ambiance malsaine du récit. A noter que certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des lecteurs. Yôji est le personnage le plus odieux que j’ai pu voir jusqu’à présent. Et pourtant, avec un sentiment coupable, j’attends encore la suite…

Disparais de ma vue! 1 – Hinako

disparais de ma vue 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382762240
Hana, 2024
ISBN: 9784813033059 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Titre: 何でもいいから消えてくれ 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Il n’a jamais été amoureux de moi. »

Hinako sensei narre une romance sombre avec une relation malsaine et toxique entre deux lycéens. Elle base principalement la narration du point de vue de Riku mais partage parfois les réflexions de Shigahara. D’ailleurs, Yôji a tout pour être détestable: manipulateur, harceleur, il impose sa manière « d’aimer », bien que son comportement ne dégage aucune empathie envers autrui. Son égoïsme démesuré donne l’impression que les autres individus ne sont que des objets. Riku se débat et résiste du mieux qu’il peut et a conscience de tomber dans les pièges montés par son ex. Les relations sont donc non consenties. L’auteure analyse les différents sentiments de Riku et Yôji, la dualité qui s’installe entre amour et haine, la difficulté à se soustraire d’une emprise. En introduisant Muromachi Koharu et Osugi, elle permet la comparaison avec une relation certes conflictuelle mais plus saine.

La mangaka a un trait légèrement épuré, un peu anguleux. Elle dessine des personnages à la silhouette longiligne, renforcée par une tête ovale. Elle travaille particulièrement les regards. Ainsi, Yôji paraît constamment froid et même inquiétant. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, sombres ou graphiques, accompagnent les émotions. D’ailleurs, le contraste noir et blanc augmente la sensation de malaise. Par conséquent, les flash-back se distinguent par une trame grise recouvrant simplement les vignettes. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par de fines languettes blanches ou noires. Elle donne l’ambiance du récit dans les illustrations en débit de chapitre. Les premières pages sont en couleur.

En résumé

Quand Yatsudo Riku rencontre pour la première fois Shigihara Yôji, d’un an plus âgé, il ne fait pas trop attention à ce dernier, habitué à ce que les amis de sa sœur fassent semblant de sympathiser avec lui. Mais à sa surprise, Yôji fait tout pour lui parler de tout et de rien au collège dès qu’ils se croisent. Se montrant affectueux, l’asocial collégien finit même par lui accorder sa confiance. Mais un jour, Shigihara l’emmène dans une maison abandonnée et l’oblige à observer en cachette un couple gay en plein ébat. Par la suite, il lui propose alors d’essayer. Les deux collégiens entament donc une relation très charnelle, Riku tombant fou amoureux. Mais ce dernier découvre par hasard que celui qu’il considérait comme son petit ami le trompe ouvertement avec des filles et n’éprouve aucun sentiment. A son entrée au lycée, il décide alors de l’ignorer totalement.

En conclusion

Ce tome se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Hinako sensei précise, dans sa postface, que cette série est un spin-off de Nanika iino mitsuketa (non traduit en français), qui met en avant Koharu et Osugi. Ici, elle donne le ton de son récit dès la première page. Ainsi, le lecteur est averti de l’ambiance sombre et peut se préparer aux scènes choquantes. D’ailleurs, la mangaka joue sur les trames sombres pour renforcer le malaise de certains passages. Elle excelle dans le développement de personnages irrécupérables, fourbes, au comportement inacceptable. J’ai beau détester Shigihara, j’ai envie de connaître la suite pour savoir comment Riku va évoluer.

Comment lier nos destins 1 – Yoshio Akira

comment lier nos destins 1 yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782382762462
Hana, 2024
ISBN: 9784866535210 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 結んだ恋の伝え方 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je veux l’aimer pour le reste de ma vie. »

Yoshio Akira sensei offre quelques tranches de la vie de couple de Hara et Kamisawa, s’intéressant à leurs petits tracas du quotidien. Elle aborde un thème par chapitre, comme la vie de famille, le coming out, l’entraide entre couples homosexuels. Dans le premier chapitre, elle conclut directement Comment réaliser nos destins. Les jumeaux Hinata et Kanata apportent une note mignonne, avec leurs caractères opposés. D’ailleurs, la dynamique entre les personnages s’appuient principalement sur les différences de caractères, entre les démonstratifs Obata Hiroki et Kazunari et les vives réactions des timides Arako Keiji et Kaoru. Les deux héros de Le fil du destin permettent ainsi d’échanger sur l’installation de la routine dans un couple. Par ailleurs, l’auteure met en avant les techniques de Hara pour maintenir la communication au sein de son couple. Elle dévoile également un peu son passé ainsi que sa relation tendue avec ses parents.

La mangaka a un trait épuré, plutôt fin et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, l’arrondissant et transformant presque les personnages en de mignons SD. Ainsi, elle exagère parfois leurs expressions. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, assez graphiques, renforcent les émotions. Les décors sont très présents et soignés. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoshio sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou noires. Elle reprend le thème du récit dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle offre des illustrations en dégradé de gris, sous forme de photographies.

En résumé

Hara Kazunari rejette poliment la déclaration de sa supérieure, Kawana. Il profite de la présence cachée de Kamisawa Kaoru, venu couper le fil entre son petit ami et la jeune femme, pour complimenter les attentions et l’amour de ce dernier. Par la suite, il continue de couvrir d’amour son bien aimé qui considère encore son don comme une malédiction.

En conclusion

Décidément, Yoshio Akira sensei ne lâche plus le couple de Hara et Kamisawa, pour notre plus grand plaisir. Ainsi, elle aborde encore quelques sujets intéressants sur les tracas d’un couple gay. En plus, son graphisme empreint de sensualité est un pur délice. Je craque complètement pour les jumeaux Hinata et Kanata, avec leurs interactions spontanées et innocentes envers leur oncle et son petit ami. Une lecture toujours aussi réjouissante!

La bête qui voulait être domptée 2 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 2 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762189
Hana, 2024
ISBN: 9784861238727 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu n’aimes pas quand je te provoque? »

Yuitsu sensei continue d’analyser les émotions de ses deux héros qui se découvrent au fur et à mesure. Elle s’intéresse à la gestion de la jalousie, l’immaturité, les premières fois. Malgré une possessivité grandissante, Arata s’efforce à garder le contrôle et se montre prévenant durant les ébats avec son petit ami novice. En effet, Junta a tendance à céder facilement aux demandes de son amant. Pourtant, leurs relations restent consensuelles. Chiaki et Eiji, inquiets pour le couple, n’hésitent pas à intervenir. Ainsi, l’auteure aborde la question de la confiance et de la communication au sein d’un couple, la gestion des inquiétudes. Avec le gang de Kyôya et les interventions de Taiga, elle développe l’influence des rumeurs et la question de la réputation. Elle crée la surprise en révélant sur la fin les secrets autour de Minase et Minamoto. Les amis de Junta, Ryô et Gaku, ajoutent une note comique.

La mangaka a un trait léché presque réaliste. Elle le simplifie ou exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, très variées. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques, avec des angles de vue variés. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une magnifique illustration en dégradé de gris et des dessins d’Eiji. En mettant les couvertures du tome 1 et du tome 2 côte à côte, on obtient une seule illustration. L’inversion des couleurs entre rose et blanc complète le diptyque.

En résumé

Depuis que Minase Arata a arrêté son travail de grand-frère à louer, il sort avec Minamoto Junta. Mais le lycéen inexpérimenté a encore du mal à exprimer ses sentiments. En plus, il ne sait pas trop comment se comporter vis à vis des regards extérieurs. Les deux amoureux s’organisent alors une sortie au parc d’attraction. Mais le soir, en voyant Junta discuter familièrement avec son collègue Kizaki Eiji, Arata réalise que sa possessivité grandit.

En conlusion

Yuitsu sensei excelle à décrypter les émotions de ses personnages. Elle retient le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Pourtant, elle ne partage qu’une simple tranche de vie. Son magnifique graphisme, en particulier les expressions des visages et les scènes érotiques, sont un bonheur pour les yeux. La surprise finale permet d’apprécier la subtilité du titre. Je confirme mon coup de cœur pour cet adorable couple.

La bête qui voulait être domptée 1 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 1 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762172
Hana, 2024
ISBN: 9784861238710 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Tu veux bien… me caresser la tête? »

Yuitsu sensei offre une belle romance entre un aîné d’une fratrie qui a envie qu’on prenne soin de lui et un benjamin d’une autre fratrie qui souhaite qu’on s’appuie sur lui. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, elle joue principalement sur les quiproquos et les dissemblances. Bien que faisant parti d’une fratrie, les deux jeunes hommes ressentent une certaine solitude de part leur position différente de leur aspiration. Ils vont rapidement construire une relation amicale particulière d’abord fraternelle puis qui se transforme rapidement en attirance amoureuse. L’ami d’Arata, Chiaki, joue les confidents. L’auteure s’intéresse aux différentes responsabilités qui pèsent sur les frères aînés. De même, elle aborde le jugement sur l’apparence et l’influence des rumeurs, Junta se retrouvant souvent la cible de bagarre. Par ailleurs, elle offre un peu de fan service avec l’histoire bonus amusante.

La mangaka a un trait léché et détaillé. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Ainsi, elle arrive à rendre mignon l’air renfrogné de Junta quand il est gêné ou touché. Les décors soignés et très présents renforcent le réalisme. De même, il y a beaucoup de trames rendant les dégradés, les ombres, les motifs et les couleurs. Pourtant, les ombres fortes sont marquées par des hachures. En plus, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. La mise en page plutôt classique propose parfois quelques pages plutôt dynamiques. Yuitsu sensei s’attarde sur les détails et décompose certains mouvements. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et offre même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre diverses illustrations des deux héros.

En résumé

L’étudiant Mizuse Arata finance ses études en travaillant comme « grand frère à louer ». Bien que sa clientèle soit majoritairement féminine, il se contente de réconforter les clients. Pourtant, un jour, il reçoit une requête d’un lycéen, Minamoto Junta (18 ans), qui voudrait qu’on lui caresse la tête. En effet, grand et musclé, il paraît intimidant et attire souvent les voyous bagarreurs. Mais l’échange entre les deux jeunes hommes dérape rapidement, les caresses d’Arata excitant Junta. Trouvant le lycéen trop craquant, l’étudiant propose alors de le soulager.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Pour son premier manga en deux tomes, Yuitsu sensei maîtrise toujours aussi bien le format. Comme à son habitude, elle analyse avec finesse les émotions de ses personnages, rendant attrayant un scénario pourtant classique. Son graphisme toujours aussi sublime est un régal pour les yeux en plus des corps musclés. Je craque complètement pour cet adorable couple. Un petit coup de cœur!

Je te donne la moitié de moi – Arima Arashi

je te donne la moitie de moi arima arashi

ARIMA Arashi 有馬嵐
ISBN: 9782382762660
Hana, 2024
ISBN: 9784845859979 (JP)
Leed publishing, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je suis sans doute le seul à trouver qu’il a un regard effrayant. »

Arima Arashi sensei narre une romance dramatique qui commence par une fuite puis une séparation. Elle aborde la maltraitance, la culpabilité qui se transforme en regret avec le temps, l’impuissance, la pédophilie. Ainsi, elle dévoile le passé de Shin par brides, maintenant un certain suspense. Les deux adolescents s’interrogent sur leur attirance et leur relation, à la limite entre amis et amants. Bien que Shiraki comprend vite son sentiment amoureux, il prend des précautions pour les exprimer à Kurokawa dont les émotions s’exacerbent avec la tension. Malgré une relation consensuelle, la culpabilité et l’impuissance perturbent l’harmonie du couple. L’auteure effectue un saut de le temps, suspendant les sentiments et analysant par la suite leur évolution. Elle s’attarde sur la différence des réactions et des émotions entre adulte et adolescent, qui changent en mûrissant. Par ailleurs, elle met en avant la difficulté à assumer son passé.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Par ailleurs, elle simplifie parfois son trait à l’extrême dans les passages humoristiques. Les contours parfois plus épais donnent du relief. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Arima sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle joue également sur les cadrages et les angles de vue pour éviter de trop les montrer. Par ailleurs, elle ménage les lecteurs en ne détaillant pas les scènes choquantes. Les illustrations en début de chapitre offrent un instantané de la relation. Sous la jaquette, deux planches concluent le récit, à lire donc à la fin.

En résumé

Kurokawa Makoto conserve une certaine retenue face à Shiraki Shin qui attire pourtant l’admiration de toute la classe. Il est à la fois fasciné et intrigué par le sourire que ce dernier affiche constamment. Mais un jour, en rentrant des courses, il croise son camarade de classe à moitié nu, la chemise tâchée de sang, dans la rue. Surpris, il l’aide alors à fuir son poursuivant enragé. Shin lui révèle donc que sa mère le prostitue pour gagner de l’argent. Aîné d’une fratrie de six enfants et habitué à prendre soin des autres, Kuro décide par conséquent de fuguer avec lui. Mais jusqu’à quand tiendront-ils avec ses maigres économies?

En conclusion

Ce one-shot se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Arima Arashi sensei enchaîne un peu rapidement certains évènements. Néanmoins, elle dépeint avec finesse les émotions de ses personnages. En plus, son graphisme dégage une certaine douceur très agréable. Malgré les efforts de la mangaka pour ménager son public, certaines scènes peuvent toutefois choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’ai été surprise par l’intensité du récit qui pourtant se suffit amplement à ce tome. Une lecture touchante!

Soleil d’hiver – Nagisa Ayumu

soleil d hiver nagisa ayumu

NAGISA Ayumu 渚アユム
ISBN: 9782382762547
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784758023528 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Titre original: 愛日と花嫁
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il me donne l’impression qu’une autre vie s’offre à moi. »

Nagisa Ayumu sensei offre une romance mêlant fantastique et omegaverse, les alphas étant des dieux à la fois craints et vénérés. Elle s’inspire de différentes légendes pour construite son propre univers, le révélant à travers les découvertes de Lucas. Elle s’intéresse également à l’harmonie avec la nature et aux différentes techniques agricoles. La narration alterne entre les deux héros. Au contact de Crow, Lucas s’ouvre au monde et s’interroge de plus en plus sur sa condition d’oméga en tant que fiancé, sacrifice ou offrande. Le dieu, quant à lui, résiste du mieux qu’il peut aux phéromones. Ainsi, leurs sentiments évoluent durant leur cohabitation. L’auteure aborde la place des sentiments sous l’influence des phéromones, la recherche de la facilité des humains, le sacrifice de soi. Elle ajoute quelques tensions avec les secrets autour de Crow. Le dieu Noé et Kei, le frère de Lucas, soutiennent le couple.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, avec de grands yeux expressifs. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, rendant ainsi les couleurs, les ombres mais aussi les dégradés. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés s’estompent autour des personnages ou se simplifie pour ne pas surcharger les vignettes. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Nagisa sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Toutefois, elle dessine des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre une illustration ainsi qu’une planche amusante révélant quelques secrets sur Noé.

En résumé

Lucas vit dans un village menacé par la famine à cause de mauvaises récoltes. Trop gentil, il vient souvent en aide à tous ceux dans le besoin. Mais un jour, après une forte fièvre, on lui apprend qu’il est devenu un oméga et qu’il devra donc se fiancer au dieu protecteur du village. D’abord apeuré, le jeune homme accepte finalement de se sacrifier pour apporter de meilleures récoltes. En réalité, le dieu Crow rassemble les omégas dans un village isolé et fournit en échange des plants. Touché par sa prévenance, Lucas propose alors de l’aider dans ses tâches.

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Nagisa Ayumu sensei offre un scénario intense dans lequel les évènements s’enchaînent. De même, le récit paraît bien bavard entre les réflexions des personnages, les explications et les conversations. Le graphisme contemporain reste agréable. J’ai passé une excellent moment de lecture, appréciant cet univers rafraîchissant pour un omegaverse. En plus, les relations restent consenties malgré les chaleurs. J’attends la suite avec grand intérêt.

Happy of the end 2 – Ogeretsu Tanaka

happy of the end 2 ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382762073
Hana, 2024
ISBN: 9784801976160 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Votre salon ressemble à un love hotel… »

Ogeretsu Tanaka sensei offre une parenthèse de douceur dans son récit, maintenant néanmoins une certaine tension, comme une épée de Damoclès prête à tomber sur ses deux héros. Elle s’attarde sur l’évolution des sentiments de ses personnages, Haoren se confiant de plus en plus à Chihiro et montrant également plus facilement son affection. D’ailleurs, le jeune homme expérimente de nouvelles émotions comme la jalousie, la peur de perdre un être cher. Ainsi, son passé se révèle par brides, laissant l’imaginaire du lecteur compléter les éléments les plus durs. Chihiro qui se montre compréhensif se prend également en main. L’introduction de Maya vient briser ce quotidien rassurant proche de la normalité. L’auteure aborde la difficulté à discuter et partager des souvenirs traumatisants, les dégâts causés par la drogue, la fuite presque impossible de son passé. Elle marque le passage du temps à travers divers évènements. L’histoire bonus apporte une note humoristique.

La mangaka a un trait léché. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle varie beaucoup les physionomies, rendant ses personnages facilement reconnaissables. Les trames très variées transcrivent les couleurs, les motifs, les ombres et même les dégradés. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés ajoutent une note réaliste, apparaissant dans les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique varie souvent les plans et s’attarde sur les détails. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages devant un décor reprenant le thème principal du récit. Comme dans le tome précédent, elle présente deux autres personnages sous la jaquette.

En résumé

Kaji Ryôhei constate que Keito, alias Haoren, et Kashiwagi Chihiro transforment petit à petit leur intérieur en nid d’amour, vivant ensemble comme un couple. D’ailleurs lors d’une sortie au restaurant, Haoren officialise ses sentiments envers son partenaire. Il accepte même plus facilement de se déshabiller et d’exhiber son corps couvert de cicatrices durant leurs ébats…

En conclusion

Ce tome se classe huitième meilleure série au Chill chill BL award 2023. Ogeretsu Tanaka sensei maîtrise parfaitement le rythme de son récit, maintenant une tension constante et proposant quelques respirations romantiques ou amusantes aux lecteurs. Elle fait côtoyer avec finesse désespoir et petits bonheurs du quotidien. Son graphisme presque réaliste facilite l’immersion dans le récit. Une lecture pleine d’émotions qui nous invite à réfléchir sur le bonheur!

Notre chemin – Amamiya

notre chemin amamiya

Amamiya アマミヤ
ISBN: 9782382762080
Hana, 2024
ISBN: 9784866534060 (JP)
Core magazine, 2020 (JP)
Titre original: ぼくらのつづき
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pour le moment, on recommence depuis la case départ. »

Amamiya sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue qui se retrouvent quelques années plus tard. Elle base la narration principalement du point de vue de Yôsuke. Par ailleurs, elle met en avant la vie des rues commerçantes, avec l’entraide et les échanges entre les gérants de boutiques. Les deux héros ont des caractères assez marqués. A cause de sa timidité, Shû a un petit côté fuyant et tsundere. Yôsuke, quant à lui, a tendance à suivre ses pulsions mais communique parfois maladroitement. Les deux adolescents ressentent une attirance mutuelle mais prennent du temps avant de l’accepter. Ainsi, l’auteure aborde les premiers émois amoureux de l’adolescence, analysant leurs réactions. Elle maintient un certain suspense en révélant au gré des souvenirs le passé entre les deux lycéens. De même, elle joue principalement sur la dynamique entre eux.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle s’attarde sur les détails des regards et des petits gestes. Son graphisme conserve un trait à main levé avec des pleins et déliés nombreux et des petites hachures qui marquent les volumes. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. De même, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique, très aérée avec de grandes ellipses et des vides. Amamiya sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle joue sur les cadrages pour en montrer le moins. De même, elle dessine des hachures ou des contours blancs sur les parties intimes.

En résumé

Enfants, Sakurai Yôsuke avait sympathisé avec Nanase Shû qui venait d’emménager dans le quartier. Mais en jouant, ils ont eu un accident qui a brisé leur relation naissante. En plus, la mère de Shû, surprotectrice, n’a même pas laissé Yô s’excuser. Par conséquent, les deux amis se sont alors éloignés. Mais depuis son entrée au lycée, Sakurai croise souvent Nanase, même si tous deux s’ignorent. Pourtant, il vient à son secours quand un professeur embête un peu trop Shû sur sa couleur de cheveux. Un jour, alors qu’il aide ses parents à livrer des légumes, il découvre son ancien ami en train de travailler chez Chiyo qui tient une boutique de bentô.

En conclusion

Bien qu’Amamiya sensei propose une comédie romantique assez classique, elle maîtrise plutôt bien le format one-shot et enchaîne les évènements en alternant tension, romance, souvenirs et même quelques scènes sexy. Son graphisme mignon est un atout supplémentaire à l’appréciation de ce récit. Une lecture agréable avec des moments craquants!

La cage de la mante religieuse 5 – Psyche Delico

le cage de la mante religieuse 5 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782382762714
Hana, 2024
ISBN: 9784396785413 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Des destins brisés par la vie, la folie et la malchance. »

Psyche Delico sensei continue de révéler les secrets de la famille Tôma à travers le regard de Sachiko et Iida. Comme dans le tome précédent, elle plonge le lecteur dans la noirceur humaine, abordant le pardon, la folie, l’inceste et les manipulations. Elle interroge également sur la diversité du bonheur, la pression sociale ainsi que la construction d’une image d’un bonheur unique. En effet, bien que libéré de ses obligations, Ikurô continue à se sentier prisonnier, son amour déviant et sa vision du bonheur ne correspondant pas aux conventions sociales. Il a clairement conscience de ne pas se sentir à l’aise dans une vie « normale ». Sachiko, quant à elle, prend en main son avenir. Ranzô évolue également. Ainsi, l’auteure s’attarde sur la fragilité de l’estime de soi, la contiguïté entre bonheur et malheur, la difficulté à sortir d’une relation toxique et dépendante. Elle aborde également le sentiment de culpabilité.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle retranscrit l’ambiance dramatique du récit en jouant principalement sur les contrastes noir et blanc, en particulier avec les trames d’ambiance très sombres qui semblent envahir les espaces. En plus, un fond noir marque également les flash-back. Par ailleurs, les trames sont très variées. Les décors soignés qui apparaissent sur les plans larges ajoutent une note réaliste. Psyche Delico sensei propose une mise en page très dynamique, avec des superpositions, des sorties de cadres et des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes mais utilise des contours discontinus et des cadrages pour limiter leur exposition.

En résumé

Iida Yukinari qui enquête sur l’affaire de corruption de Honda Kôzô, recueille en fin de compte Tôma Ranzô et Ikurô qui fuyaient leur manoir en flamme. Le journaliste se trouvait sur les lieux car son ami d’université semble impliqué dans l’affaire. Dans la voiture, Ikurô, complètement sonné, se souvient alors de ses sentiments ambivalents pour Miyama Norihiko. Il réalise qu’il apprécie les mains du majordome au point d’accepter que ce dernier lui donne la mort. Soudain, il panique de l’avoir repoussé dans la cage en flamme et cherche désespérément à le rejoindre. Pendant ce temps-là, au manoir, Nishimura Ken’ichi tente de sauver Norihiko qui a réussi à sortir de sa prison mais ce dernier le poignarde avant de disparaître…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Psyche Delico sensei conclut sa série avec brio en révélant les derniers secrets de la famille Tôma. Elle incite les lecteurs à s’interroger sur le bonheur et le déroulement de la vie en oscillant constamment entre espoir et noirceur. D’ailleurs, elle offre un tome très sombre dans lequel les moments les plus lumineux semblent soudain se détacher. Ainsi, son graphisme retranscrit parfaitement l’ambiance générale. Je suis subjuguée par le style narratif de l’auteure ainsi que sa capacité à créer de la curiosité envers des personnages aussi sinistres. Une lecture intrigante!

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