Laisse-moi te détester 6 – Hijiki

Couverture de Laisse-moi te détester 6 de Hijiki, éditions Taifu

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375066027
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784799767580 (JP)
Libre, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« J’ai confiance en ceux en qui tu as confiance. »

Hijiki sensei s’intéresse à l’éducation des enfants ainsi qu’à l’organisation entre parents pour gérer les difficultés. Ainsi, elle aborde le manque de confiance en soi mais aussi envers les autres, la difficulté à choisir entre la multitude de méthodes existantes lorsque l’on est un jeune parent. En effet, Naoto préfère laisser Hazuki trouver ses propres techniques tout en le soutenant. D’ailleurs, l’oméga n’hésite pas à recadrer son mari lorsque rongé par la jalousie, il se comporte en alpha possessif. L’introduction d’Otoha, alias le bassiste Otoya (bêta, 23 ans), et de son groupe de musique apporte une touche comique. L’autrice introduit également un potentiel couple alpha*bêta, à travers les confidences du musicien. Par ailleurs, avec les vacances chez Yuki, la mère de Naoto, elle montre les diverses complicités qui se construisent entre les enfants et leur entourage. Elle s’attarde aussi sur les accidents domestiques.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Elle utilise plutôt les trames en aplat mais conserve un certain équilibre. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est assez classique. Dans les scènes érotiques, Hijiki sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, la postface se trouve sous la jaquette. Les explications sur l’omegaverse sont en début de tome. Les bouilles d’Aoi très expressives apportent une note mignonne.

En résumé

Dernièrement, Tsuchiya Minato est dans sa phase de contestation, ne voulant pas lâcher sa mère Naoto (26 ans). Son père Hazuki (23 ans) ne sait plus comment faire, d’autant plus qu’il emmènera bientôt seul les enfants à un festival, Naoto ayant peut-être ses chaleurs. Alors, il n’hésite pas à demander à sa mère, à consulter internet et même observer d’autres parents qu’ils croisent…

En conclusion

Ce tome se classe onzième meilleure série au Chill chill BL award 2025. Hijiki sensei continue de nous surprendre avec des protagonistes remettant en cause les clichés de l’omegaverse tout en offrant une tranche de vie familiale instructive. Elle alterne avec dextérité les moments tendres et comiques, les tensions et les scènes érotiques. Avec ses physionomies variées, on reconnaît immédiatement les personnages et les bouilles des enfants ajoutent une touche de mignonnerie fondante. D’ailleurs, ils ne sont pas totalement sages, ce qui les rend encore plus attachants. J’ai hâte de découvrir l’histoire d’Otoha, qui fait l’objet d’un spin-off. Une lecture enrichissante!

Kuroneko – Le pas chaloupé 1 – Sakyo Aya

Couverture de Kuroneko Le pas chaloupé 1 de Sakyo Aya, éditions Taifu

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782375065815
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784403666391 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Titre original: クロネコ彼氏のあるき方 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« C’est un doux et langoureux poison qui s’écoule de la bague de Kagami… »

Sakyo Aya sensei nous plonge dans une ambiance familiale, mettant en avant l’ambiance que le couple de félidés instaure avec son entourage. Elle aborde l’harmonie du couple malgré la jalousie excessive ainsi que l’importance des compromis et des discussions. D’ailleurs, le consentement est encore flou à cause de l’égoïsme de Kagami. Ce dernier n’hésite pas à exprimer publiquement sa possessivité même devant le jeune Rio. Ainsi, Shingo négocie constamment. L’introduction du félidé Kokonoe Ryôta, de Nekoka kareshi no ayashikata (non traduit en français), permet également de développer une autre relation inégale, interrogeant sur le lien maître et chat. L’autrice s’intéresse à la pression du choix d’avenir. Dans l’histoire bonus, elle donne la version de Keiichi et Shingo pour la mesure du doigt, faisant lien avec le tome précédent. La jalousie de Kagami et de Takamigawa apporte quelques tensions, avec leur maîtrise différente.

La mangaka a un trait à peine épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Ainsi, Rio affiche une bouille trop mignonne avec ses grands yeux pétillants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques (fleurs, scintillement, cœur…) appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique varie les angles de vues. Sakyo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle cache les détails avec les onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages de manière esthétique ou dans leur quotidien. Le tome débute sur une scène sexy avec quelques pages couleurs.

En résumé

Malgré un emploi du temps chargé, Kagami Keiichi déborde d’amour pour Shingo. Même si le chat noir râle beaucoup, il essaie toujours de satisfaire son petit ami. Un jour, alors qu’il gardait Rio, l’enfant trouve un chat dans un parc et demande à l’adopter. Comme Takamizawa et son père refusent, Shingo propose alors de garder le chat chez lui mais…

En conclusion

Sakyo Aya sensei montre l’évolution des différents couples ainsi que celle des personnages secondaires, installant une ambiance familiale et amicale. Elle continue également d’alterner son récit entre tension et érotisme. Par ailleurs, son graphisme déborde de sensualité. J’adore lorsque Keiichi utilise un langage cru qui casse totalement sa belle image de bel acteur, laissant ainsi paraître son côté très pervers. Quel bonheur de retrouver ces adorables félidés! Une lecture nostalgique.

Senpai, this can’t be love! Brush up 1 – Harekawa Shinta

Couverture de Senpai, this can't be love! Brush up 1 de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375065778
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784040648583 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Titre original: 先輩、断じて恋では!Brush up
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« J’aime tellement Yanase qu’il occupe toutes mes pensées… »

Harekawa Shinta sensei continue les aventures de Kaneda et Yanase, s’intéressant à l’équilibre entre travail et vie privé. Ainsi, elle aborde la cohabitation, la gestion du manque et la conciliation entre amour et carrière. Malgré une relation bien établie, le jeune apprenti ressent encore de la gêne face aux démonstrations intimes. A cause de quiproquos, l’harmonie du couple se fragilise. Pourtant, entre doutes, tensions, disputes et réconciliations, Yanase provoque toujours la communication. Le designer 3D soutient au mieux son petit ami. Comme dans le tome précédent, l’autrice présente les spécificités du milieu artistique de la 3D, s’attardant sur le quotidien des graphistes et des studios. Elle met en avant la passion dans ces métiers, les inspirations et motivations, les opportunités grâce au détachement, les différentes techniques. L’histoire bonus offre une anecdote amusante sur le couple.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. Toutefois, des hachures soulignent les ombres fortes et les volumes ou marquent les rougissements. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement par leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page plutôt classique propose parfois quelques pages plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Harekawa sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle présente les personnages secondaires dans sa postface, inspirés par des professionnels 3D qui lui ont servi de modèles.

En résumé

Muté pendant un an au Canada, Yanase Jun continue de former Kaneda Yûki qui l’a rejoint. Toutefois, ce dernier éprouve toujours autant de gêne dès que son petit ami se montre affectueux. En plus, ils logent ensemble. Comme Yanase rentre plus tôt au Japon, Kaneda s’ouvre petit à petit à ses collègues et continue ainsi de progresser grâce à eux. Mais dès son retour au Japon, le jeune apprenti réalise qu’il n’arrive plus à se concentrer lorsqu’il travaille aux côtés de son petit ami.

En conclusion

Harekawa Shinta sensei approfondit à la fois la relation des deux héros ainsi que l’univers des studios 3D. Elle alterne entre tension, scènes sexy et notes comiques. Son graphisme très expressif dépeint avec finesse les émotions des personnages. J’aime beaucoup la dynamique qui s’installe dans le couple. Si vous avez apprécié le tome précédent, foncez, car il comble justement ce qu’il manquait à ce dernier! Une lecture attendrissante!

I cannot reach you 9 – Mika

Couverture de I cannot reach you 9 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505143376
Kana, 2026
ISBN: 9784046842244 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Profiter de cette dernière année en m’amusant ne dépend que de moi! »

Mika sensei introduit de nouveaux personnages, permettant ainsi de développer de nouveaux sujets. Elle montre l’évolution d’Oohara qui s’ouvre de plus en plus à son entourage mais également les efforts d’Ashiya pour être plus positif. Ainsi, elle aborde la gestion du manque et de l’inquiétude et les différentes façons de se lier d’amitié. Comme le groupe d’amis se retrouve dans des classes différentes, leurs liens évoluent. Hosoka veille sur le couple, portant également conseil. Fujino et Amamiya, quant à eux, apportent une note comique par leurs réactions parfois exagérées. Les nouveaux amis de Kakeru, Mizukawa Sora, Kitamura Taisei et Washimi Haruka semblent avoir des tempéraments bien trempés. Avec l’introduction de la peste Fujiwara Azusa, manipulatrice, l’autrice s’intéresse aux rumeurs, à la pression des ami.e.s, à l’influence des réseaux sociaux, à la différence entre apparence et personnalité. Elle crée ainsi des tensions, confrontant Ashiya à des sentiments complexes.

La mangaka a un trait doux et épuré. Comme dans le tome précédent, elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Ces dernières reprennent d’ailleurs les codes du shôjo avec des scintillements, des pois ou des fleurs, et envahissent même les phylactères. Par ailleurs, les décors très présents apportent une note réaliste. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Mika sensei présente les personnages secondaires à la fin de certains chapitres. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. Le chapitre bonus donne une série d’anecdotes au format yonkoma.

En résumé

Durant les vacances de printemps, une partie de la classe 6 de deuxième année pique-nique sous les cerisiers en fleurs une dernière fois. En effet, à la rentrée, ils seront peut-être dans des classes séparées. Alors que les élèves discutent de leur avenir, Ashiya Kakeru constate qu’il ne sait rien des projets d’Oohara Yamato. En plus, son petit ami interagit de mieux en mieux avec ses camarades. Profitant du passage d’Oohara Mikoto, venue rapporter le smartphone oublié de son frère, les deux amoureux se promènent dans le parc. Mais quand Kurosawa demande à voir Oohara en tête à tête , Kakeru a du mal à réprimer son inquiétude.

En conclusion

Mika sensei aborde de nouveaux sujets en introduisant de nouveaux personnages, s’intéressant par ailleurs à l’influence des réseaux sociaux. Elle décortique les sentiments complexes dans de nouvelles relations amicales ainsi que la différence entre apparence et réel caractère. Son graphisme doux devient très expressif lors des passages comiques malgré un trait extrêmement simplifié. J’ai hâte de découvrir comment la mangaka va faire évoluer Kakeru, sa gentillesse naturelle devenant, dans ce tome, la cible de dénigrement. Une lecture apaisante!

Ne lâche pas ma main 1 – Sakimoto Saki

Couverture de Ne lâche pas ma main 1 de Sakimoto Saki, éditions Taifu

SAKIMOTO Saki 咲本﨑
ISBN: 9782345065860
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526133 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Avant, je détestais mes chaleurs plus que tout, mais maintenant… »

Sakimoto Saki sensei narre un omegaverse avec deux lycéens opposés par leurs statuts et leurs visions du monde mais qui sont attirés irrésistiblement l’un par l’autre. Ainsi, elle aborde l’acceptation de soi, la discrimination et la maltraitance. En effet, Kitahara subit un rejet de sa famille parce qu’il est un oméga et se dénigre à cause d’un complexe d’infériorité. Ichijô, quant à lui, déteste la discrimination et se montre surprotecteur envers les personnes fragiles. Ainsi, les deux lycéens vont d’abord se lier d’amitié avant de voir évoluer leurs sentiments. Luttant contre leurs pulsions, ils développent une relation consentie respectant le rythme de chacun. A travers les alphas Yamato, le frère de Miyabi, et Ichiya, l’autrice dénonce le poids des rumeurs ainsi que l’influence des préjugés, entraînant parfois des comportements violents. Elle s’intéresse par ailleurs à la culpabilité, la prise de conscience nécessaire pour se prendre en main et se surpasser.

La mangaka a un trait fin légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant également les expressions. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakimoto sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une trame reprenant leurs formes précises. Sous la jaquette, elle présente la routine matinale des deux lycéens.

En résumé

Suite à des problèmes dans son lycée d’élite réservé aux alphas, Ichijô Haruto (alpha) est transféré dans un lycée ordinaire. Le délégué de classe Kitahara Miyabi (oméga) l’accueille durement, ne cachant pas sa haine envers les alphas aisés. Pourtant, lorsqu’il fait un malaise, Ichijô ne peut s’empêcher de prendre soin de lui. D’ailleurs, l’alpha s’inquiète sans cesse pour l’oméga frêle et isolé qui vit seul. Lorsque Miyabi s’absente à cause de ses chaleurs, Haruto lui rend alors visite.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Pour son premier manga relié, Sakimoto Saki sensei maîtrise déjà le rythme de son récit. Contrairement aux thèmes classiques de l’omegaverse, elle préfère mettre en avant l’effort personnel et le travail sur soi pour s’en sortir. Son graphisme très détaillé et de toute beauté apporte une note réaliste. Malgré un tome suffisamment complet et dense, j’ai hâte de découvrir la suite. J’aime particulièrement l’évolution de Kitahara qui découvre une douce ambiance familiale avec la famille d’Ichijô. Un coup de cœur!

Sign 4 – Ker

Couverture de Sign 4 de Ker, éditions KBL

Ker
ISBN: 9782382883884
Kbooks, 2025
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Qu’est-ce que je peux aimer chez lui? »

Ker conclut son récit avec l’évolution de la relation entre Jihae et Hyoon, développant en parallèle les choix d’avenir de Yohan et Soohwa. Iel révèle également les derniers secrets autour de Hyun-oh et So. Les rôles s’inversent avec le gérant de café et l’étudiant qui conseillent alors leurs deux amis en pleine dispute. Des comportements maladroits viennent détendre l’atmosphère tendue. Comme dans le tome précédent, la libido débordante de Go vient pimenter sa relation avec Kang qui prend de plus en plus d’initiatives. Les amis de Soohwa, Hye-Young et Hae-Young, apportent leur soutien. L’auteurice met en avant la communication au sein du couple, les relations consenties même dans des situations critiques (alcool, jalousie contenue). Iel aborde encore quelques problématiques rencontrées par les personnes sourdes comme par exemple l’accès à l’audiodescription dans les cinémas.

Ker a un trait épuré, exagérant les expressions dans les passages humoristiques. Les couleurs réalistes sont plutôt sobres tandis que les couleurs d’ambiance appuient les émotions. De même, les décors très présents en arrière-plan, deviennent flous lors des plans rapprochés pour ne pas surcharger les vignettes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Par ailleurs, les phylactères carrés indiquent l’utilisation de la langue des signes. En fin de tome, le.a manhwaga apporte des réponses aux questions des lecteurices par des illustrations.

En résumé

Cha Jihae s’interroge sur ses sentiments pour Oh Gyoon. Il se souvient alors des rumeurs qui courraient sur ce dernier à la fac. Pourtant, contrairement à ses camarades, il n’a jamais éprouvé la moindre peur. Bien qu’ils aient rendez-vous au cinéma, Gyoon tarde à venir. Jihae tente de le joindre par téléphone mais entend sa voix. En se rapprochant d’une ruelle, il surprend alors Gyoon embrasser So Nam-woo.

En conclusion

Ker conclut son récit avec toujours autant de surprises, alternant humour, scènes sexy et tension. D’ailleurs, ses scènes coquines sont en réalité mignonnes et amusantes avec les maladresses, tâtonnements et gênes des personnages. Le graphisme épuré apporte beaucoup de fraîcheur. Même si la question du handicap tombe rapidement au second plan, j’aime beaucoup les personnages aux caractères bien trempés. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde sur toute la série. Une lecture distrayante!

Takatora et les omégas 1 – Asada Nemui

Couverture de Takatora et les omégas 1 d'Asada Nemui, édité par Taifu

ASADA Nemui 朝田ねむい
ISBN: 9782375065532
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784829686997 (JP)
France Shoin, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Et bienvenue dans le monde du bétail. Celui des omégas! »

Asada Nemui sensei offre un omegaverse tout en y transposant les problématiques féminines. Ainsi, elle aborde le refus de la maternité, la discrimination, les mariages arrangés, l’engagement dans la lutte pour le bien-être. Bien qu’oméga, Takatora continue d’être arrogant tout en apportant un regard toujours critique sur les contraintes et la vie des omégas. En effet, il refuse d’être passif fasse à son destin et de se soumettre au système établi. Pourtant, il conserve encore un esprit conservateur et des préjugés. Autour de lui gravitent divers omégas qui apportent chacun des thèmes souvent abordés dans l’omegaverse. Arisaka qui subit l’influence des phéromones cumule les relations charnelles tandis que le délégué de classe militant Kameyama nourrit des sentiments ambigus envers Takatora. Avec l’introduction de Ryûgasaki Tatsumi, représentant en médicaments pour omégas, l’autrice apporte un peu de bienveillance avec un alpha plutôt innocent.

La mangaka a un trait anguleux marqué et épais. D’ailleurs, elle a un style graphique particulier et reconnaissable. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames en aplat sont équilibrées mais dans la même palette de tons, privilégiant les contrastes noir et blanc. Les décors très présents s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger les vignettes. La mise en page classique colle parfaitement au style graphique. Asada Nemui sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle explique les règles de l’omegaverse en cours de tome, intégrant également les particularités de son univers telles que la carrure différente entre oméga, alpha et bêta.

En résumé

Kumajishi Takatora profite de l’influence de sa famille pour s’imposer au lycée d’alphas qu’il fréquente. Il prend plaisir à sermonner les alphas qui cèdent facilement à leurs pulsions mais méprise également les omégas qu’il considère comme du bétail. Toutefois, un jour, il découvre qu’il est en réalité un oméga. Alors qu’il allait être agressé par l’alpha Wanibuchi et sa bande, l’oméga Arisaka Uzuki lui vient en aide. Mais Takatora refuse d’être considéré comme du bétail!

En conclusion

Asada Nemui sensei propose un omegaverse particulier avec un oméga au caractère plutôt désagréable et ambivalent, entre alpha dominant et conservateur et oméga rebelle. Elle introduit des thèmes plutôt féministes qui pourront déranger certains fans du genre. Son graphisme particulier est très expressif. J’apprécie particulièrement la vision de différents omégas qui défendent chacun leurs convictions tout en respectant celles des autres. Un coup de cœur!

L’écume d’un ancien conte – Jyanome

Couverture de L'écume d'un ancien conte de Jyanome, éditions Taifu

Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782375065181
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784344847880 (JP)
Gentosha, 2021 (JP)
Titre original: お伽噺は泡と消え
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« J’avais envie de toi, même si je savais que tu disparaîtrais telle l’écume d’une vague dans la mer. »

Jyanome sensei développe une relation déséquilibrée, dans laquelle les sentiments réciproques n’effacent pas pour autant les craintes sur l’avenir. Elle alterne la narration entre les deux amants. A travers Suruga, elle s’intéresse au coming out et au premier amour. D’ailleurs, Sei apporte une note amusante tout en étant le moteur des changements d’Oka. Bien que froid et secret, Shinkai se montre pourtant possessif envers son petit ami. Alors que Yukiya et Akemi ont développé une dépendance qu’ils ont du mal à gérer, ils communiquent difficilement malgré une excellente compatibilité sexuelle. Par ailleurs, la révélation du passé du fils de yakuza permet de comprendre ses réticences. Ainsi, l’autrice aborde la pression familiale, la difficulté à choisir entre l’amour et la famille. Elle crée un peu de suspense sur l’identité du premier amour d’Oka.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte qui privilégie les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions et ajoutent même une touche poétique supplémentaire quand elles sont graphiques. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apportent une note réaliste malgré un trait parfois simplifié. Par ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture. Jyanome sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer entièrement les parties intimes. Néanmoins, elle met en avant la sensualité des corps. Sous la jaquette se trouve la postface. L’illustration couleur du frontispice reprend l’ambiance de la couverture.

En résumé

Oka Yukiya (26 ans) travaille dans un restaurant de ramen. Il entretient une relation purement charnelle avec Shinkai Akemi, un ami d’enfance, fils de yakuza qui gère un bar à hôtesses. A la fin du lycée, les deux adolescents se sentant seuls, avaient commencé à tromper leur ennui en couchant ensemble. Toutefois, leur relation s’enlise actuellement. Par ailleurs, Oka rêve d’une relation plus sérieuse. Mais un soir, il croise Suruga Sei, qui lui rappelle son premier amour…

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-neuvième meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Jyanome sensei offre une romance avec une note dramatique et mélancolique. Elle maintient un certain suspense durant tout le tome. Elle dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, rendant palpable la tension entre Oka et Akemi ainsi que la fragilité de leur relation pourtant emplie de passion. Son graphisme met en avant la sensualité des corps. J’aime beaucoup la double facette assumée de Suruga. Une lecture poignante!

Sign 3 – Ker

Couverture de Sign 3 de Ker, éditions KBL

Ker
ISBN: 9782382882795
Kbooks, 2025
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Si vous avez ruiné la vie d’une personne… vous devriez risquer la vôtre en retour. »

Ker s’intéresse un peu plus à la romance entre Jihae et Gyoon, mettant en avant leurs difficultés pour faire évoluer leur relation. En effet, Oh passe en mode séduction tandis que Cha s’interroge sur ses sentiments. Par ailleurs, les deux jeunes hommes continuent de soutenir le couple principal qui enchaîne encore les quiproquos. La libido infatigable de Go Yohan entraîne souvent des situations cocasses. Ainsi, les deux amoureux tentent quelques jeux érotiques. Soohwa, qui reprend ses études, rencontre de nouveaux amis, Hae-Young et Hye-Young, qui apportent une note amusante. Cela permet ainsi à l’auteurice d’aborder de nouveaux thèmes tels que le jugement sur l’apparence, l’abstinence, le poids des rumeurs, la jalousie et le travail de groupe. A travers des étudiants apprenant la langue des signes, iel s’intéresse également aux préjugés sur le handicap, l’influence de l’ego et la curiosité de certains pratiquants. Le pervers So Nam-Woo ajoute de nouvelles tensions.

Ker a un trait épuré, exagérant les expressions dans les passages humoristiques. Les tons plutôt réalistes sont sobres tandis que les trames d’ambiance plus colorées se font toutefois discrètes. Par ailleurs, lesflash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Comme dans le tome précédent, les phylactères rectangulaires marquent les moments dans lesquels les personnages utilisent aussi la langue des signes.

En résumé

Quatre ans auparavant, Cha Jihae et Oh Gyoon se sont rencontrés dans une rue enneigée. Ivre, Gyoon a d’abord repoussé l’aide proposée par Jihae. Toutefois, le jeune étudiant a essayé de le comprendre puis lui a même donné des conseils pour surmonter sa peine: entre autres, dédier sa vie à la personne dont il a ruiné l’avenir…

En conclusion

Ker apporte de nouveaux thèmes en intégrant de nouveaux personnages. Les quiproquos s’enchaînent, alternant constamment entre tension, humour et scènes torrides, pour notre plus grand plaisir. Le graphisme très expressif est efficace. J’ai hâte de découvrir l’évolution de la relation entre Jihae et Gyoon. Une lecture sexy et amusante!

Sign 2 – Ker

Couverture de Sign 2 de Ker, édité par Kbl

Ker
ISBN: 9782382882788
Kbooks, 2024
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Il doit être sur ses gardes à cause du petit frère de Gyoon… »

Ker dévoile le passé de Go Yohan, révélant au passage le caractère presque psychopathe d’Oh Byung. Ainsi, iel aborde le harcèlement, le chantage, le complexe d’infériorité et la violence. D’ailleurs, une certaine tension s’installe avec les différents pions à la botte de Byung, dont Koo Hyun-ho qui n’hésite pas à jouer sur les deux tableaux. Par ailleurs, la relation entre Soohwa et Yohan évolue petit à petit, entre les sentiments naissants mais tus et les jeux érotiques. Malgré la libido élevée du patron de café, le serveur essaie de le satisfaire. Ji-hae, quant à lui, joue les confidents. L’auteurice met en avant la communication, en particulier avec la langue des signes. Ainsi, iel interroge sur le sentiment d’exclusion, la facilité à éviter une discussion, la complicité qui se crée entre les interlocuteurs. Iel s’intéresse également à la cohabitation et à la gestion de la jalousie et la possessivité.

Ker a un trait épuré qui se simplifie parfois à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, des déformations accentuent l’aspect comique. Les couleurs réalistes utilisent des tons plutôt sobres. Les trames d’ambiance ayant des couleurs en aplat, l’incrustation de motifs saute alors immédiatement aux yeux. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent principalement sur les plans larges. La mise en page classique propose toutefois quelques pages plus dynamiques. Comme dans le tome précédent, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc dans les scènes érotiques. Malgré des chapitres courts, le tome est bien épais.

En résumé

Kang Soohwa vit chez Go Yohan depuis un mois et demi déjà. Pourtant, son patron reste constamment collé à lui. Soohwa devine toutefois la cause de ce comportement: Yohan semble redouter une action de Oh Byung, le petit frère violent de Gyoon. Depuis, Soohwa meurt d’envie de découvrir le secret que lui cache son petit ami…

En conclusion

Ker continue de s’intéresser à la surdité tout en développant la romance entre Soohwa et Yohan ainsi que leur entourage. Iel alterne avec dextérité entre tension, humour et scènes sexy. Son graphisme très expressif conserve un aspect mignon même lorsque le trait se simplifie à l’extrême. J’aime beaucoup l’imprévisible Koo Hyun-oh, qui nous surprend toujours au moment qu’on attend le moins. Une lecture entraînante!