Aishiteru nante dasa sugiru – Narusaka Rin

Couverture de Aishiteru nante dasa sugiru de Narusaka Rin, éditions GOT

NARUSAKA Rin 鳴坂リン
ISBN: 9784823608780 (JP)
Got, 2026 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Ne m’impose pas tes sentiments unilatéraux. »

Narusaka Rin sensei narre une romance adulte de sex friend à amant, interrogeant sur l’engagement et la différence entre combler un désir sexuel ou juste le dissiper. Elle dévoile par brides le petit traumatisme du premier amour de Shiiba, s’intéressant à la douleur d’un amour blessant. Avec le caractère de « reine » de Yuki, qui aime dominer et donner des ordres malgré sa position passive sexuellement, le consentement devient souvent gris puisque Yoshitaka l’écoute rarement. Ainsi, le couple se retrouve souvent dans un jeu de provocations. Leur ami commun, Takatsu Ryô (27 ans), leur apporte soutien et conseil, étant à la fois un confident et un copain de beuverie. L’autrice aborde donc l’acceptation des sentiments et la peur d’aimer. A travers Ayato, elle montre la difficulté à assumer son homosexualité ainsi que la pression de la société en générale.

La mangaka a un trait fin et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Parfois, elle transforme les personnages en SD, avec des têtes toutes rondes et mignonnes. Les trames équilibrées sont en aplat tandis que les ombres jouent souvent sur les dégradés. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Au contraire, les décors situent principalement l’action et s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger. La mise en page reprend le style très dynamique du shôjo. Dans les scènes érotiques, Narusaka sensei censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Shiiba Yuki (27 ans) trouve l’amour inutile et préfère simplement satisfaire son désir sexuel. Il entretient donc une relation de sex friend avec son collègue Sera Yoshitaka, à la base hétérosexuel, qui a quitté sa petite amie après sept ans de fréquentation. Mais un jour, ce dernier lui déclare être tombé amoureux de lui. Shiiba rejette d’abord ces sentiments. Il souhaite toutefois continuer leur relation, ayant une grande compatibilité sexuelle. De toute façon, Sera est persuadé de le faire tomber amoureux un jour…

En conclusion

Narusaka Rin sensei narre une classique romance de bureau mais avec un joôsama uke au caractère très dominant, créant ainsi une dynamique entraînante dans le couple. Elle alterne tension et scènes épicées, ajoutant quelques révélations légèrement dramatiques qui étoffent alors le récit. Son graphisme sensuel est agréable. J’ai énormément apprécié les passages dans lesquels Shiiba est ébranlé à chacune de ses émotions. Une lecture divertissante.

Minato’s coin laundry 1 – Tsubaki Yuzu et Kanzume Sawa

Couverture de Minato's coin laundry 1 de Tsubaki Yuzu et Kanzume Sawa, éditions Vega

TSUBAKI Yuzu 椿ゆず
KANZUME Sawa 缶爪さわ
ISBN: 9782379507472
Vega, 2025
ISBN: 9784040646237 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Moi aussi, le sexe m’intéresse, Monsieur Minato. »

Tsubaki Yuzu sensei propose des petites tranches de vie autour d’une laverie automatique. Elle développe différents thèmes, par chapitre ou tout au long du récit. Ainsi, elle analyse l’évolution d’une amitié malgré des caractères opposés puis des sentiments entre un adolescent et un adulte. Shintarô se montre franc, audacieux et essaie tout le temps de séduire Akira. Le gérant de la laverie recadre le lycéen, n’hésitant pas à retourner la stratégie de ce dernier contre lui. D’ailleurs, superposant son expérience passée, il a tendance à mettre en doute la sincérité de Shin. Minato se montre par ailleurs fuyant. La scénariste questionne sur les limites du jeu de séduction, la bonne distance à garder entre adulte et mineur et l’amour à sens unique. Elle aborde donc la différence d’âge et le coming out. En bonus, elle offre une petite nouvelle. La famille nombreuse des Katsuki apporte une note amusante.

Kanzume Sawa sensei a un trait épuré plutôt rond qui apporte de la douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement par le fond noir. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Dans les illustrations en début de chapitre, la mangaka présente le quotidien des personnages, en lien avec leur titre. D’ailleurs, certains chapitres s’achèvent sur un slogan de la laverie automatique. La couverture se classe deuxième au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Minato Akira a quitté son travail à Tokyo pour reprendre la laverie automatique de son grand-père. Un jour, un jeune lycéen, Katsuki Shintarô, l’interpelle sur un problème de séchoir. Bien que les caractéristiques de l’étudiant correspondent à son idéal, Minato se refuse toute relation avec un mineur. Pourtant, Shintarô le drague ouvertement depuis qu’il a appris l’homosexualité d’Akira.

En conclusion

Tsubaki Yuzu sensei aborde avec pudeur la question de la différence d’âge, analysant l’évolution des sentiments mais également les réactions des personnages. Elle offre une tranche de vie avec un rythme pourtant parfaitement maîtrisé. Le doux graphisme de Kanzume Sawa sensei renforce l’atmosphère agréable générale. D’ailleurs, on ressent presque l’ambiance des laveries automatiques. J’aime beaucoup l’alchimie qui se construit entre Minato et Katsuki. Une lecture apaisante!

Enomoto n’est pas un ange – Setsu Kouji

Couverture d'Enomoto n'est pas un ange de Setsu Kouji, éditions Taifu

SETSU Kouji せつこうじ
ISBN: 9782375066072
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526829 (JP)
Shucream, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je ne suis pas un fantôme, mais un ange. »

Setsu Kouji sensei offre un triangle amoureux avec une touche fantastique. Elle alterne la narration entre les deux protagonistes. Ainsi, elle questionne sur la vie et la mort et s’intéresse principalement à l’amour tu et au jugement sur l’apparence. En cohabitant avec Enomoto, Hagino se rapproche de Haruna, qu’il a toujours aimé secrètement. Mais il apprend également à mieux connaître son asocial « colocataire ». Ses sentiments évoluent alors peu à peu. Par ailleurs, Sôma réalise l’importance de profiter du moment présent et de mieux communiquer. Les quiproquos s’enchaînent pour mieux se dénouer au fil des efforts de communication des trois adolescents. Entre déprime, culpabilité et soutien, l’autrice aborde le sacrifice pour celui qu’on aime ainsi que la détermination de vivre. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sur la relation entre Haruna, Enomoto et Hagino.

La mangaka a un trait épuré, au contour épais. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond gris ou noir. Malgré une mise en page plutôt classique, Setsu sensei propose quelques pages plus dynamiques. Comme elle s’arrête au baiser, il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

Dernièrement, Hagino Sôma semble épuisé avec des cernes sous les yeux. Effectivement, il est hanté par un ange de la mort, Enomoto Ren. Or, ce dernier est dans le coma à l’hôpital suite à un accident de la route. Le corps spectral explique alors n’avoir que 49 jours pour se venger de Haruna Shô, son ami d’enfance qu’il a sauvé de l’accident. Mais Hagino refuse de l’aider, nourrissant un amour secret pour Haruna.

En conclusion

Setsu Kouji sensei offre un triangle amoureux plutôt original avec une note fantastique. Elle cherche à bien exploiter ses thèmes en proposant une analyse plutôt détaillée. Néanmoins, à cause du format one-shot, les enchaînements semblent parfois un peu précipité. L’émotion ressenti au fil de la lecture dépendra donc entièrement de la sensibilité de chacun, car les sentiments des personnages sont bien présents et palpables au cours du récit mais peuvent paraître survolés. Les contours plus épais donne un aspect un petit peu brut au graphisme, très appréciable. J’ai beaucoup aimé les petites surprises et les notes positives disséminées au fil du récit ainsi que la relation qui évolue entre les trois protagonistes. Une lecture touchante!

Pick a papa 1 – Tsurukame Mayo

Couverture de Pick a papa 1 de Tsurukame Mayo, éditions Taifu

TSURUKAME Mayo 鶴亀まよ
ISBN: 9782375066140
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784403669507 (JP)
Shinshokan, 2024 (JP)
Titre original: 堕落家族論 上
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ça ne peut pas être ma fille, impossible!! »

Tsurukame Mayo sensei narre une cohabitation originale entre deux anciens rivaux amoureux aux caractères opposés et une fillette plutôt mûre pour son âge qui a de la répartie. Elle dévoile leur passé au fur et à mesure. Ainsi, le rêveur Sentarô a perdu confiance en lui et reste prisonnier du passé. Le malchanceux Tôma, désabusé par la vie, se laisse finalement vivre. Et pourtant, les deux hommes changent et évoluent au contact de la renfermée Meguru. Bien qu’ils soient persuadés de ne pas pouvoir lui apporter une éducation saine, ils lui donnent quelques conseils. L’autrice aborde donc le jugement sur l’apparence et les sentiments refoulés. Elle questionne également sur la famille, introduisant quelques exemples avec les personnages secondaires ou même tertiaires. Par ailleurs, à travers Yanagi Yôsuke, elle s’intéresse au métier de sous-compositeur.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont plutôt en aplat tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir ou gris. Il y a par ailleurs quelques pages en couleurs. Les décors apparaissent sur les plans larges et s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger. La mise en page est plutôt classique. Toutefois, Tsurukame sensei apporte un peu de dynamisme avec l’absence de cadre et des ellipses. Comme elle installe pour l’instant l’histoire, il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

Kotani Sentarô (26 ans), compositeur, est convoqué par la mère de son ex petite amie suite au décès de cette dernière. Il y a sept ans, il sortait avec Kakehashi Ririko mais leur idylle n’a pas duré car il l’a surprise une semaine après avec Tsuga Tôma, barman. D’ailleurs, son rival (27 ans) est également présent à la convocation. Effectivement, Ririko a eu une fille, Kakehashi Meguru (6 ans). Afin qu’elle puisse choisir son père, elle devra vivre avec eux pendant trois mois. Installés chez Sentarô, la cohabitation s’annonce mouvementée.

En conclusion

Tsurukame Mayo sensei nous plonge dans une tranche de vie mignonne et amusante avec une cohabitation originale tout en nous questionnant sur l’image de la famille. Pour l’instant, elle installe les personnages et le contexte, dévoilant des personnalités assez complexes. Son graphisme est à la fois expressif et dynamique. J’adore les remarques souvent piquantes de Meguru. Et j’ai hâte de découvrir la suite. Une lecture prenante!

Snip, snail & dog tail – Yamashita Tomoko

Couverture de Snip, snail & dog tail de Yamashita Tomoko, éditions Naban

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782380601794
Naban, 2026
ISBN:‎ 9784396783396 (JP)
Shodensha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Coup de ciseaux et escargots et queue de chiots ainsi sont faits les petits garçons »

Yamashita Tomoko sensei propose une tranche de vie entre deux hommes aux caractères opposés qui se lient d’abord d’amitié. Toutefois, elle ne suit pas la chronologie habituelle, proposant des instantanés qui semblent s’enchaîner en suivant à chaque fois un thème, tel un souvenir ou un sujet de conversation. Ainsi, elle navigue constamment entre passé et présent, le premier chapitre étant en fin de compte la fin du récit. Le chauffeur de bus Anjô, un peu frivole et détaché, a du mal à accepter son attirance. Au contraire, le sérieux et réfléchi traducteur Mine prend rapidement conscience de ses sentiments mais nourrit de l’incertitude face à l’avenir de leur relation. Leurs sentiments évoluent à travers les quiproquos, discussions et interrogations. Ainsi l’autrice s’intéresse aux interactions humaines. A travers l’observatrice Michiko, la petite amie de Fumie, elle montre l’impuissance face au rapprochement des deux hommes.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames utilisées avec parcimonie apportent quelques touches de couleurs ou des motifs. Les ombres fortes sont en aplat. De même, les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. Par ailleurs, les décors situent l’action. La mise en page classique utilise quelques ellipses et absences de cadre, apportant des respirations. D’ailleurs, le découpage des mouvements crée de faux ralentis, rythmant ainsi la lecture. Yamashita sensei porte attention aux petits détails. Elle ne dessine pas de scènes érotiques, montrant juste le début et la fin. Dans les chapitres bonus, elle offre quelques recettes avec de l’origan. Les titres des chapitres permettent de se repérer dans le temps tandis que le sommaire en fin de tome donne la chronologie. Les chapitres sont d’ailleurs courts.

En résumé

27 juin 2012. Anjô Fumie, chauffeur de bus, réalise qu’il a laissé la marjolaine qu’il cultive en pot dans son appartement. Mine Ôtsuki, traducteur, lui propose alors d’emménager chez lui vu que la majorité de ses affaires y sont déjà…

En conclusion

Bien que non classée au Chill chill BL award 2014, les lecteurices ont apprécié le mélange des couleurs douces et flashy de la couverture. A savoir que le fond blanc de la version française est rose fuschia au Japon! Yamashita Tomoko sensei dépeint avec finesse le rapprochement presque naturel entre deux hommes. Malgré le thème classique d’amis à amants, elle offre une narration originale nous faisant naviguer dans le temps au fil des discussions des personnages. D’ailleurs, ce style narratif ne plaira pas à tout le monde. Son graphisme un peu dépouillé colle parfaitement à l’ambiance. J’ai adoré ma lecture, le style graphique, la narration mais également le caractère des personnages. C’est donc un énorme coup de cœur!

Les noces de Lala 3 – Tamekou

Couverture de Les noces de Lala 3 de Tamekou, éditions Noeve grafx

Tamekou ためこう
ISBN: 9782383165644
Noeve grafx, 2026
ISBN: 9784799749579 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je me retrouve à aimer un homme cruel… »

Tamekou sensei aborde la question de la prostitution, en particulier les risques ainsi que les amours impossibles. Elle dévoile par ailleurs une autre facette de la famille Brooktine qui, en plus du commerce, a développé un vaste réseau d’information. Tomar apporte une note comique. Comme dans le tome précédent, Bullock, le père de Wolsey, continue ses manipulations, obsédé à l’idée d’avoir un héritier. Arianna Bruasc, l’amie d’enfance de Wolsey, joue également les intrigantes. La tension entre Yahn, la servante de Ramdane, et Elin, celle d’Arianna, se répercute sur leur entourage. Wolsey, quant à lui, se retrouve débordé par plusieurs problèmes à gérer entre vie privée et professionnelle mais également rattrapé par ses manigances. Ainsi, l’autrice s’intéresse encore au mariage arrangé et à la pression familiale. A travers le couple de Rosan et Lala, elle interroge sur la perte de confiance dans un couple malgré des sentiments réciproques.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant également les expressions. Les trames très variées mettent en valeur les motifs des vêtements ainsi que les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Tamekou sensei censure les parties intimes par des points ou des languettes blanches. Elle présente les personnages et leurs relations en début de tome. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre. Il y a même quelques pages couleurs. Sur la couverture, un vernis donne du relief au texte.

En résumé

Arrivé à Minsin, Ramdane entreprend des recherches pour retrouver sa sœur. Importuné par un homme, il est sauvé grâce au jeune voyou Tomar qui détrousse habituellement les visiteurs imprudents. Ramdane trouve alors refuge chez le jeune garnement. Toutefois, profitant de l’absence de Tomar, l’agresseur kidnappe Ramdane pour le vendre à une maison close tenue par le mystérieux Jargal.

En conclusion

Tamekou sensei continue les révélations tout en questionnant encore sur le mariage arrangé, en particulier la place des sentiments. Elle interroge encore sur la femme-objet, à travers la prostitution, dans ce tome. Par ailleurs, elle détend l’atmosphère avec des surprises et des notes comiques. Le consentement dans les relations s’installe tout doucement. Son graphisme magnifique exprime avec finesse les émotions des personnages. J’apprécie beaucoup les facéties surprenantes de Badma. Une lecture entraînante!

Notre genèse 3 – Ichinose Yuma

Couverture de Notre genèse 3 d'Ichinose Yuma, éditions Taifu

ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782375065822
Taifu comics, 2026
ISBN:‎ 9784799762257 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Titre original: 神様なんか信じない僕らのエデン 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« J’ai l’impression de suffoquer de bonheur, mais ça ne me suffit pas. »

Ichinose Yuma sensei approfondit la relation entre les premiers alphas et omégas. Elle alterne la narration entre les deux lycéens, partageant leurs réflexions. Comme dans le tome précédent, elle analyse leurs émotions. Ainsi, Takai, dont l’aura de leader augmente, réalise que ses ordres ont un impacte sur son entourage. Nishio, quant à lui, dégage une beauté de plus en plus saisissante. Les deux amants ressentent une jalousie possessive réciproque mais tentent de la canaliser. Par ailleurs, ils s’interrogent sur leurs pulsions, l’alpha ne comprenant pas son envie de mordre la nuque de l’oméga. Les interactions avec Minegishi Ichirô et Itô apportent quelques tensions. Avec le camp de révision, l’autrice aborde la gestion des chaleurs, le contrôle des pulsions, l’intervention extérieure. Elle apporte une touche d’humour avec le père de Shikito. Elle détend l’atmosphère dans les histoires bonus.

La mangaka a un trait épuré et fin qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle représente les phéromones par des métaphores graphiques telles que des volutes vaporeuses ou met en image l’imagination des personnages. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors, parfois retravaillés à partir de photographie, apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions et l’absence de cadre. Dans les scènes érotiques Ichinose sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle dessine la suite de l’illustration en quatrième de couverture, apportant une anecdote amusante. Par ailleurs, elle sème des indices accompagnés d’une demi-pomme dans les illustrations en début de chapitre. La postface est aussi en manga.

En résumé

Takai Shikito (alpha) et Nishio Ririto (oméga) sortent secrètement ensemble. Mais depuis leurs premières chaleurs, ils ne font que s’embrasser. En effet, difficile de trouver un endroit intime pour des lycéens. En plus, ils passent bientôt en terminale. Pour réviser, Takai invite son petit ami chez lui…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Ichinose Yuma sensei apporte une analyse complémentaire sur les réactions des alphas et des omégas. Elle s’attarde particulièrement sur le contrôle des pulsions. Son graphisme déborde de sensualité. J’aime beaucoup le père de Takai et j’ai hâte de découvrir la suite! Une lecture prenante!

Ne lâche pas ma main 2 – Sakimoto Saki

Couverture de Ne lâche pas ma main 2 de Sakimoto Saki, éditions Taifu

SAKIMOTO Saki 咲本﨑
ISBN: 9782375065907
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526379 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre:hot
Recommandation: beaucoup

« Je n’ai plus envie d’être aussi faible. »

Sakimoto Saki sensei continue de développer la romance entre Ichijô et Kitahara. Elle s’intéresse à la cohabitation, la gestion entre vie privée et études, le partage des tâches ménagères. Comme dans le tome précédent, elle interroge sur la surprotection qui entraîne possessivité, jalousie, complexe d’infériorité et manque d’assurance. Bien que l’alpha désire construire un équilibre dans son couple, il monopolise les décisions sans se concerter avec l’oméga. En effet, Haruto contrôle de moins en moins ses pulsions alors que son petit ami s’ouvre enfin à ses camarades d’université. Leur ami Mishima Tsubasa n’hésite pas à faire remarquer leurs comportements problématiques. Ainsi, l’autrice aborde la question des incompréhensions et l’importance de la discussion dans un couple, en particulier lorsque la relation s’est rapidement développée. Elle s’attarde également sur la signification de « paire ».

La mangaka a un trait épuré légèrement fin. Elle exagère un peu les expressions dans les passages humoristiques, conservant ainsi une note réaliste renforcée, par ailleurs, par des décors soignés et très présents. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance discrètes apparaissent plutôt en fond des phylactères. De même, un fond noir indique les flash-back. La mise en page simplement dynamique utilise principalement des cadres avec des formes selon leur contenu ainsi que des ellipses. Dans les scènes érotiques, Sakimoto sensei gomme les détails des parties intimes grâce à un contour flou et des trames. Sous la jaquette, elle présente une journée du couple en dessinant des instantanés de leur quotidien en tant que paire.

En résumé

Kitahara Miyabi (oméga) et Ichijô Haruto (apha) ont emménagé ensemble. Ils se partagent les tâches ménagères. Mais entre les petits boulots et les cours, ils ont du mal à se créer des moments intimes. D’ailleurs, Miyabi ne sait pas quoi offrir pour l’anniversaire de son petit ami. Pourtant, Ichijô se contenterai juste d’une journée en amoureux…

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Sakimoto Saki sensei aborde des sujets plus classiques autour de l’omegaverse tels que la possessivité de l’alpha ou la question de paire. Elle décortique les causes de tension au sein du couple, mettant en avant la construction difficile d’une relation équilibrée. Son graphisme détaillé et fin est rafraîchissant. J’aime beaucoup Mishima et j’espère qu’il interviendra encore par la suite. Une lecture charmante!

Unlikely lovers 2 – Hirokawa Kou

Couverture de Unlikely lovers 2 de Hirokawa Kou, éditions Taifu

HIROKAWA Kou 弘川コウ
ISBN: 9782375066034
Taifu comics, 2026
ISBN:‎ 9784910526805 (JP)
Shucream, 2025 (JP)
Titre original: 俺たちは恋人に向いていない 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu vas déménager? Ok, je viens avec toi. »

Hirokawa Kou sensei continue de développer la relation entre Kô-ichi et Dai, s’intéressant à la cohabitation. Elle nous amuse avec leurs quiproquos, mettant en avant l’importance de la discussion dans un couple. Par ailleurs, elle dévoile le contexte familial de Kumazawa, apportant une réflexion sur le coming out à la famille et aux amis. En effet, le mécanicien ne fréquente plus sa famille pour préserver le secret de son orientation sexuelle. Au contraire, le trop franc Kô-ichi n’a toujours pas conscience des dangers de partager sa vie privée en ligne. En introduisant Fuji, une amie du lycée de Kashima, l’autrice s’intéresse au comportement parfois problématique et obsessionnel des fans. Ainsi, comme dans le tome précédent, elle aborde les dangers d’Internet, le jugement sur l’apparence, les compromis pour concilier vie privée et diffusion en ligne ainsi que le travail de monteur. Dans l’histoire, bonus, elle analyse les comportements différents des abonnés.

La mangaka a un trait léché plutôt épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Kô-ichi apparaît parfois en wanko. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance parfois graphiques, accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page alterne à la fois des compositions dynamiques et classiques. Dans les scènes érotiques, Hirokawa sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme tramée. En début de tome, elle présente les personnages et offre un résumé.

En résumé

Suite à une tentative d’intrusion chez lui, Kashima Kô-ichi a emménagé avec son petit ami Kumazawa Dai. Le couple file le parfait amour. Par ailleurs, le youtubeur rencontre de plus en plus de succès. Alors que son monteur, Chûya, lui demande de réfléchir à leur prochain projet vidéo, Kô-ichi n’arrête pas de lui parler de son petit ami. D’ailleurs, Chûya est frappé par la description fort ressemblante avec son frère. Et si?

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure comédie romantique au Chill chill BL award 2026. Hirokawa Kou sensei apporte quelques compléments à son récit ayant pour thème les youtubeurs. Ainsi, elle approfondit les questions effleurées précédemment. Toutefois, elle délaisse un peu la dynamique portée par les chamailleries du couple qui faisaient tout le sel de l’histoire. Le graphisme est toujours aussi agréable. J’ai beaucoup aimé la partie avec la famille de Kumazawa. Une lecture attrayante!

Queutard légendaire VS Cul d’acier 4 – Totofumi

Couverture de Queutard légendaire VS Cul d'acier 4 de Totofumi, éditions Taifu

Totofumi ととふみ
ISBN: 9782375066171
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784799769157 (JP)
Libre, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je veux qu’on reste ensemble pour toujours. Après le lycée, à l’âge adulte et même au-delà. »

Totofumi sensei s’intéresse à la cohabitation, la réconciliation après une dispute, à la vie de famille ainsi qu’au partage des tâches ménagères. Elle alterne la narration entre les deux amoureux, présentant ainsi leur vision différente. Ainsi, Sena privilégie la famille tandis que Iori donne la priorité à l’amour. Le couple règle souvent les tensions dans le lit, Minami exprimant plus facilement son désir et prenant des initiatives. Les sœurs Mikagura, en particulier les jumelles Saori et Kaori qui sont de vraies tornades autoritaires, apportent une note amusante avec leurs taquineries. L’autrice aborde également la différence du milieu social, la question de l’avenir ainsi que le choix des études universitaires. Elle met en avant la pression familiale, la responsabilité d’un riche héritier et la question de la succession. Elle termine le récit sur un suspense insoutenable et détend l’atmosphère avec une histoire bonus sexy.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames variées, soignant les motifs des vêtements. Les hachures soulignent également les ombres fortes. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadrage, les formes selon le contenu ainsi que des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Totofumi sensei censure les parties intimes par un cache blanc, avec parfois des languettes blanches. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. Elle présente le quotidien des protagonistes dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, deux planches apportent des détails amusants. Comme dans le tome précédent, les croquis en fin de chapitre donnent une anecdote amusante.

En résumé

Mikagura Iori invite Minami Sena dans une auberge de luxe. Ils profitent ainsi d’un peu d’intimité pour essayer quelques jeux coquins. Mais de retour chez les Minami, un imprévu dans la famille oblige la mère de Sena et Wataru à s’absenter. Toutefois, le lycéen ne souhaite pas les accompagner ayant son petit boulot. Alors Mikagura l’invite à loger chez lui.

En conclusion

Totofumi sensei alterne avec aisance tension, humour et moments sexy tout en abordant des sujets d’actualités tels que la famille, les choix d’avenir et l’influence du milieu social. Elle termine ce tome sur un suspense insoutenable. Son graphisme très expressif et facilement reconnaissable est un bonheur pour les yeux. J’aime beaucoup les personnages en SD sur la quatrième de couverture qui portent les tenues des chapitres. Une lecture saisissante!