Le roi alpha déchu – Nakamura Makino

le roi alpha dechu nakamura makino
NAKAMURA Makino 中村まきの
ISBN: 9782382760840
Hana, 2021
ISBN: ‎9784801968820 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Deux alphas ne peuvent néanmoins se lier, mais le corps de Rai commence à réagir comme celui d’un oméga…?! »

Nakamura Makino sensei personnalise l’univers omegaverse en proposant la transformation d’un alpha en oméga. Elle alterne la narration entre Rai et Keisuke. Elle permet ainsi de développer deux réflexions différentes sur la question de l’âme sœur et de la place des sentiments face à l’instinct. Le prince, épris de compassion pour les personnes abandonnées par des alphas ayant trouvé leur âme sœur, déteste l’idée d’une suprématie du destin. Il refuse également d’accepter les changements qu’il ressent dans son corps. Bien qu’étant un alpha supérieur, Sakaki désire un rapport consenti et essaie de se contrôler. Il s’interroge sérieusement sur l’origine de ses sentiments. Après avoir débuté par quelques clichés classiques de l’omegaverse, l’auteure se rattrape par la suite en abordant la question du marquage et de la lutte contre le destin. A la fin du tome dans l’histoire bonus, elle dévoile le futur proche du couple.

La mangaka a un trait plutôt épuré et anguleux, légèrement léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés mais n’hésite pas à transformer Sakaki en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques, renforcent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, mais surtout consacrée à la mise en avant de la sensualité des personnages. Nakamura sensei ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Elle inclut également beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle révèle quelques secrets sur la construction de son récit dans sa postface.

En résumé

Rai Zaravant, 15ème prince du royaume de Rohmer, promet au jeune Sakaki Keisuke de le prendre dans son harem quand il sera plus grand. Dix ans plus tard, il se rend au Japon mais au lieu d’un mignon jeune homme timide qu’il s’était imaginé, il se retrouve face à un lycéen baraqué plus grand que lui. Complètement excité par ces retrouvailles avec son premier amour, le jeune alpha ne peut s’empêcher de mordre la nuque du prince tout en le câlinant. Déçu et choqué par son attirance pour un alpha encore plus dominant que lui, Rai demande à ses gardes de l’éliminer. Mais quand il va en ville chercher un autre éphèbe, Sakaki intervient et le punit, profitant des surprenantes réactions du corps du prince à ses phéromones…

En conclusion

Attention, les premières scènes pourraient choquer la sensibilité de certains lecteurs (consentement gris, différence d’âge). Le graphisme de Nakamura sensei n’est pas encore totalement stable mais cela reste un plaisir pour les yeux. La relation alpha x alpha m’intéressait énormément. Je suis donc un peu déçue par l’idée de transformation. Par contre, je trouve très intéressant que Kei, alpha supérieur, conserve tout de même son côté un peu soumis envers son bien-aimé, désirant avant tout le satisfaire. De même, j’apprécie le changement d’orientation du récit pour mettre en avant la question des sentiments et du respect de l’oméga. Et puis, j’aurais aimé découvrir un peu plus Nadia, une femme alpha garde du corps.

Romantic lament – Sato Sanayuki

romantic lament sato sanayuki
SATO Sanayuki 佐藤さなゆき
ISBN: 9782382762981
Hana, 2022
ISBN: 9784796414043 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il s’était pourtant promis de ne plus tomber amoureux d’un Alpha! »

Sato Sanayuki sensei installe un univers omegaverse devenu équitable grâce au développement des inhibiteurs. Elle offre une romance confrontant le destin et l’amour. Ainsi, elle interroge les lecteurs sur la force des sentiments, l’influence des phéromones confondue avec l’instinct et la croyance des âmes sœurs. La narration alterne entre les deux héros. Asahi, prisonnier de ses souvenirs, éprouve des difficultés à surmonter le traumatisme de sa séparation. Akiomi, quant à lui, avait des préjugés sur les intentions des omégas et pense qu’il faut lutter contre le destin, préférant la sincérité des sentiments aux simples réactions physiologiques. Alors que leur relation débute par un accord tacite de simulation, leurs sentiments évoluent au fur à mesure. Par ailleurs, l’auteure pointe les détails peu abordés dans l’omegaverse comme les difficultés rencontrées dans un couple prédestiné, la culpabilité ressentie par l’oméga prédestiné, la possibilité d’une même réaction pour des jumeaux.

La mangaka a un trait fin et anguleux assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont assez variées. De même, les décors plutôt simples alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Sato sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne s’attarde pas non plus sur les détails. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre. La couverture a obtenu la cinquième place au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Le jour de son anniversaire, l’oméga Aïzawa Asahi abuse un peu trop de l’alcool. Depuis que son ex, Hirose Masaomi, l’a quitté pour son âme sœur, il rejette toutes les avances des alphas. Mais alors qu’il se rendait aux toilettes, l’esprit complètement embrumé par l’alcool, il croit reconnaître son ex avec une fille insistante. Ce dernier l’utilise pour s’en débarrasser. Toutefois, trop ivre, l’oméga lui vomit dessus et le sosie le ramène alors dans un hôtel. A cause des phéromones d’Asahi, l’alpha réagit malgré ses inhibiteurs et les deux hommes finissent par coucher ensemble. Le lendemain, l’oméga préfère fuir discrètement. Mais ce coup d’un soir le retrouve grâce à sa carte étudiant perdue sur place. Ban Akiomi s’avère être le frère jumeau de Masaomi et il lui propose alors de continuer à faire semblant de sortir avec lui.

En conclusion

Sato sensei s’éloigne des clichés habituels du genre pour offrir une relation consensuelle et saine, et même interroger sur quelques détails incohérents de cet univers. Les personnages sont attachants et provoquent donc la sympathie du lecteur. Ainsi, j’ai apprécié la lecture de ce one-shot, certes plutôt classique, mais très entrainant.

Megumi & Tsugumi 3 – Si Mitsuru

megumi and tsugumi 3 si mitsuru
SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375063132
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784801972513 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On est bien devenus partenaires, non? »

Si Mitsuru sensei aborde la question de la morsure comme contrat de partenaires dans l’omegaverse. En s’appuyant également sur le chapitre consacré à Harutsugu et Kuroji, elle interroge sur ce lien particulier entre un alpha et un oméga ainsi que les différences avec le mariage et la relation amoureuse. Avec ses personnages peu stéréotypés au genre, elle développe encore une relation consensuelle. Ainsi, Megumi réalise la difficulté à obtenir l’accord des parents avant tout engagement. Par ailleurs, la naïveté de Tsugumi apporte toujours une touche d’humour, enchainant les quiproquos. En plus du lien d’amitié brisé avec Subaru, l’auteure introduit un rival, Sakashita Inami, et oblige l’alpha à gérer divers sentiments entre jalousie, manque de confiance et doute. Elle reprend ces mêmes thèmes dans le chapitre des parents de l’oméga. L’histoire bonus en fin de tome offre une touche érotique, continuant directement un des chapitres.

La mangaka a un trait épuré au contour très épais qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, son style s’est légèrement adouci mais conserve une petite touche shônen appréciable. Les décors alternent avec les trames d’ambiance souvent très graphiques. Le thème des vacances d’été est prétexte à quelques cases fan service. Malgré une mise en page plutôt classique, Si sensei varie souvent les angles de vue et gère très bien le rythme. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, même si parfois elle omet quelques détails. En fin de chapitre, les personnages en SD apportent une touche mignonne. Sous la jaquette, deux planches proposent de découvrir les réactions des personnages face à des histoires effrayantes.

En résumé

Yamada Tsugumi (oméga) et Kokonoe Megumi (alpha) sortent enfin ensemble, partageant des sentiments réciproques. L’oméga est venu voir un dessin-animé chez l’alpha qui interprète cela comme un rendez-vous amoureux. Au bout de trois heures, Tsugumi montre enfin quelques signes romantiques en appuyant sa tête sur l’épaule de son bien-aimé. Ce dernier répond donc à ses avances, malgré quelques protestations de l’oméga qui se laisse pourtant faire. Tandis que l’alpha est heureux de cet échange sans l’influence des chaleurs, le rebelle s’interroge alors sur leur relation. En effet, croyant former déjà une paire, il n’éprouve aucun changement. Megumi décide donc d’officialiser clairement leur relation en demandant l’autorisation à leurs parents pour le mordre…

En conclusion

Comme à son habitude, Si sensei s’amuse à déstructurer les thèmes chers à l’omegaverse pour les transformer en comédie romantique bienveillante. Elle met en avant la volonté humaine et le respect sur un comportement presque animal. La stupidité de Tsugumi me déstabilise parfois mais c’est ce qui fait tout le charme du récit. Et puis quel plaisir de découvrir l’histoire de Kuroji et Harutsugu. Ils vont finir par devenir mon couple préféré!

L’oméga abandonné gémit deux fois – Isaka Jugoro

l omega abandonne gemit deux fois isaka jugoro
ISAKA Jugoro いさか十五郎
ISBN: 9782382760703
Hana, 2021
ISBN: 9784815501303 (JP)
Sankousha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Histoire de la passion compliquée d’un oméga rejeté de 40 ans. »

Isaka Jugoro sensei narre une romance dramatique omegaverse interrogeant sur la place de l’alpha. Elle aborde la difficulté de contrôle face à une âme sœur, le relation père-fils qui s’étiole, le doute sur les sentiments et le consentement à cause de l’influence des phéromones. L’ombre du géniteur de Neon plane sur les rapports avec son père adoptif, entre peur de reproduire le passé ou de ne pas être à la hauteur. Par ailleurs, la dominance de l’alpha qui n’hésite pas à abuser de sa force semble être la norme dans cet univers où l’oméga ne sert qu’à procréer. Ainsi, l’auteure dépeint une hiérarchie plutôt toxique entre alphas, bêtas et omégas. En revanche, elle surprend le lecteur avec un grand retournement de situation vers la fin du récit, révélant les réelles circonstances de la séparation entre Takane et Kyôichi.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé mais anguleux et marqué par les pleins et déliés. Elle dédouble les contours, conservant ainsi un aspect croqué. Par ailleurs, elle indique le rut des alphas en colorant la sclérotique des yeux en noir. Les décors situent l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Toutefois, Isaka sensei ne transcrit pas clairement certaines transitions de temps, donnant une impression de précipitation. De même, elle censure certaines scènes érotiques par des caches blancs ou des points blancs. Mais elle dessine parfois des coupes intérieures détaillées. Un yonkoma amusant sur Takane accompagne la postface.

En résumé

Le célèbre et égoïste mannequin Ôtori Takane (alpha) s’est constitué un harem d’omégas dont Kyôichi faisait partie jusqu’à ce que lassé, il le jette. La star ayant également abandonné l’enfant né d’une autre oméga, Kyôichi recueille alors Neon et l’élève comme son fils. Maintenant, le jeune alpha va bientôt avoir 16 ans mais souhaite d’abord fêter son anniversaire avec son père adoptif. Toutefois, alors qu’il n’avait plus eu de chaleurs depuis sa séparation avec Takane, Kyôichi se retrouve complètement subjugué par les fortes phéromones que dégage Neon.

En conclusion

Je trouve étrange que Isaka sensei n’aborde même pas la question de la différence d’âge. Évidemment, certaines scènes pourront choquer les lecteurs, vu le synopsis. J’ai eu du mal avec le début du récit mais il s’améliore au fil des chapitres et le retournement apporte vraiment une plus-value.

A mon tour de pleurer β 3 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 3 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782382760598
Hana, 2021
ISBN: 9784801971356 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番;β 3
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Même s’il faut défier le monde ou s’opposer à son instinct, nous voulons pouvoir choisir l’être aimé. »

Kusabi Keri sensei décortique l’univers de l’omegaverse en interrogeant les lecteurs sur la force de l’amour et de l’instinct. Elle aborde ainsi la violence conjugale et la fragilité d’une relation construite uniquement sur une attirance chimique, en s’appuyant sur différents couples. Sasabe est prisonnier des contradictions entre les réactions de son corps et ce que ressent son cœur. En revanche, Utô s’affirme un peu plus, ayant compris ses sentiments profonds, même s’il continue à faire passer le bonheur de ceux qui l’entourent en priorité. Par ailleurs, l’auteure développe les secrets entourant Shiratori, révélant ainsi une personnalité beaucoup plus complexe et sombre. Elle met en avant l’importance du soutien de l’entourage dans les moments difficiles et les hésitations. De même, le couple se construit grâce à la communication et consolide ses sentiments en traversant des épreuves ensemble. En fin de tome, un chapitre bonus présente ce que devient Tobinaga.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a tendance à dessiner la même forme de visage, ses personnages étant reconnaissable grâce à leur coupe de cheveux. Les décors soignés, très présents, apportent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance, bien que discrètes, renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. D’ailleurs, quelques pages ont une composition originale, légèrement poétique. Par exemple, Kusabi sensei représente les souvenirs de Shiratori et Utô par des flash-back à travers des morceaux de verre brisé. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes blanches. Sous la jaquette, elle offre des fiches sur les personnages ainsi que quelques dessins donnant des anecdotes sur l’avenir des protagonistes. Il vaut donc mieux les lire à la fin pour éviter le spoil.

En résumé

Etant devenus partenaires, Shiratori Yuu (34 ans, alpha) propose à Sasabe Sumito (22 ans, oméga) de vivre ensemble, mais l’oméga hésite encore. Pour le festival d’été, Takaba Keisuke (26 ans, alpha) organise l’évènement annuel de l’entreprise et demande à Utô Shingo (34 ans, bêta) de désigner des volontaires pour l’aider. Sasabe accepte volontiers ce nouveau défi. Il arrive ainsi à réserver une brasserie avec une vue sur le feu d’artifice grâce à ses connexions avec le bar à hôtes. Il s’occupe personnellement de Shiratori à son arrivée, mais les deux hommes restent coincés dans l’ascenseur quelques instants suite à un problème technique. L’alpha profite d’un petit malaise pour marquer à nouveau l’oméga alors qu’il prévenait son supérieur. Toutefois, Sumito remarque que l’alpha exhibe toujours leur relation en présence d’Utô. En effet, malgré son attirance physique pour son partenaire, ses sentiments pour le bêta restent intacts…

En conclusion

L’auteure me surprend agréablement avec la conclusion de sa romance entre un bêta et un oméga, dont je n’aurais pu deviner le dénouement après la fin du tome précédent. Les passages érotiques sont peu nombreux pour laisser la place au développement de l’histoire. Et pourtant, ce tome est bien épais. Un récit émouvant avec un merveilleux couple!

A mon tour de pleurer β 2 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 2 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776810
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801965270 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番;β 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Pour pouvoir survivre, il me faut plus qu’un amour éphémère… »

Kusabi Keri sensei plonge ses deux héros complexés dans le désespoir. Elle met en avant la discrimination que subissent les omégas, par exemple avec les manipulations de Hio. Elle installe aussi un personnage ambivalent avec l’alpha Shiratori. En effet, il semble à la fois attiré par Sumi et épris de pitié pour lui. D’ailleurs, Sasabe commence à perdre pied, tiraillé entre ses sentiments pour son supérieur et le harcèlement sexuel qu’il subit. Par ailleurs, Utô qui aime prendre soin des personnes, réalise que sa gentillesse peut devenir blessante. Il semble se voiler la face par rapport à Sumito. L’auteure accumule les quiproquos entre le bêta et son jeune employé. Ainsi, elle met en avant la force du lien entre deux âmes sœurs, la difficulté à reprendre confiance après des échecs ou des traumatismes. Comme dans le tome précédent, le couple de Karasuma et Takaba apporte un peu de tendresse.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle construit ses visages sur la même base, même la forme des yeux et des sourcils, et joue donc sur les coiffures pour distinguer ses personnages. Elle simplifie encore plus son trait dans les passages humoristiques. Les décors sont présents et les trames variées. Quelques trames d’ambiance illustrent les émotions. Par contre, des vignettes plus claires et hachurées indiquent les flash-back. La mise en page est dynamique avec quelques angles de vue recherchés. Dans les scènes érotiques, Kusabi sensei censure les parties intimes par des hachures. Sous la jaquette, elle donne deux planches faisant suite aux chapitres 7 et 8.

En résumé

Comme Sasabe Sumito ne donnait plus de nouvelles, Utô Shingo lui a rendu visite et est resté à ses côtés. En effet, les inhibiteurs de l’oméga ne lui font presque plus d’effet. En plus, le jeune salaryman n’ose pas dire à son patron ce qui lui est arrivé. Le soir, il se rend à son travail dans le bar à hôtes et y croise par hasard l’alpha qui l’a sauvé à la réunion de travail. Shiratori Yuu lui propose alors de continuer à travailler ensemble, curieux de voir ses capacités. Lors d’un séminaire marketing, Sasabe découvre qu’Utô et Karasuma Miyabi connaissent Shiratori. En entendant leur conversation, il réalise alors que les sentiments que nourrissaient le bêta pour Karasuma influencent peut-être la gentillesse de son supérieur à son égard. Ne supportant pas l’idée d’être un remplaçant, il s’éclipse…

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Je suis surprise par l’orientation qu’a choisie l’auteure et j’ai hâte de découvrir comment elle développera la suite. Les arguments avancés pour l’instant se tiennent. Par contre, j’ai étrangement du mal avec Shiratori. Pourtant, il a l’air sérieux et gentil. Une histoire émouvante avec des personnages attachants!

A mon tour de pleurer β 1 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 1 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782368776247
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801961173 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番 ;β 1
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si seulement tu étais un alpha… »

Kusabi Keri sensei s’intéresse à la romance d’Utô avec Sasabe, un oméga ambitieux mais traumatisé suite à une terrible trahison. Elle s’attarde donc sur les complexes de ses personnages, leurs désirs et la relation bancale qu’ils développent. En effet, issu d’une famille nombreuse, Shingo a tendance à prendre soin des personnes en difficulté. Or, Sumi a des chaleurs intenses avec des inhibiteurs peu efficaces. D’ailleurs, il recherche un alpha pour se lier. En parallèle, l’auteure met en avant le manager Hio, un alpha qui n’hésite pas à prostituer ses employés omégas pour obtenir des contrats, sans tenir compte des refus. Elle continue également de développer l’histoire de Karasuma et Takaba. Elle présente ainsi la famille Takaba et la question de la stérilité. Les histories bonus permettent d’en découvrir un peu plus sur les personnages.

Comparé au tome précédent, la mangaka a tendance à uniformiser son trait épuré, fin et anguleux, ainsi que la forme des visages. Parfois, les personnages se ressemblent et deviennent donc difficiles à distinguer. La dynamique des pages est principalement portée par les changements de forme et les emboitements des cadrages. De même, les décors apparaissent dès que le plan s’élargit. Les trames d’ambiance sont discrètes. D’ailleurs, Kusabi sensei préfère jouer sur les contrastes des bulles en alternant leur fond par du noir ou de la transparence. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures. Elle offre des fiches de personnages en début de tome. Sous la jaquette, il y a une illustration.

En résumé

A un voyage d’entreprise, Karasuma Miyabi (oméga) a du mal à contenir sa jalousie en voyant son petit ami en bonne compagnie. Il l’emmène alors dans la chambre pour le punir à sa manière. Mais Utô Shingo (bêta), qui partage la chambre avec Takaba Keisuke (alpha), les surprend en pleins ébats. Désirant prendre sa serviette pour aller aux bains, le voilà obligé de patienter. Quand l’alpha le rejoint, il en profite pour discuter et réalise alors qu’il n’a plus besoin de protéger son supérieur. Quand il reçoit une offre de promotion, il accepte donc de devenir chef de service de la section commerciale 2. Il repère, parmi les nouveaux, Sasabe Sumito, un oméga qu’il avait croisé dans un club d’hôtes et avec qui il s’était disputé. D’ailleurs, l’étudiant d’honneur de l’université ne cache pas son dégoût de travailler pour un bêta…

En conclusion

Cet tome obtient la neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. L’auteure structure son récit comme le précédent, donnant l’impression d’une répétition, avec des conflits entre le bêta et l’oméga. En plus, l’histoire prend une tournure un peu plus dramatique. Attention, comme la relation entre Utô et Sasabe n’est pas très consentie, ce tome pourra gêner les lecteurs sensibles. Heureusement, Karasuma et Takaba apportent un peu de douceur. J’aime beaucoup les relations entre bêta et oméga. Je suis donc curieuse de découvrir la suite de leurs aventures.

A mon tour de pleurer – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN:9782368776001
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956612 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comment transformer la discrimination en force de manipulation… »

Kusabi Keri sensei maîtrise déjà bien son scénario pour un premier manga. Elle installe rapidement le contexte pour se consacrer ensuite à l’évolution de la relation entre Takaba et Karasuma. Elle développe également la psychologie de ses personnages. Ainsi, Keisuke a un comportement différent des autres alphas suite à un traumatisme qu’il a eu durant l’enfance. Karasuma parle crûment, sans détours et assume complètement l’image donnée aux omégas pour en faire une force. Toutefois, en introduisant Tobinaga Wataru (40 ans, alpha), l’auteure dévoile au fur et à mesure les raisons de son comportement extrême. Elle révèle le passé de ses deux protagonistes petit à petit. Elle dépeint avec finesse le changement de leurs sentiments ainsi que leur attirance. Les deux salarymen se découvrent en jouant sur les provocations. Une autre histoire complète le tome offrant un threesome amusant avec pour thème les désillusions face à un idéal fantasmé.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et fin, assez classique. Mais elle apporte une touche particulière à son graphisme, permettant de reconnaître son style. Elle varie les trames et n’utilise que quelques trames d’ambiance pour souligner les sensations. Les décors sont assez réalistes mais minimalistes, en particulier les environnements d’entreprise. La mise en page est dynamique. Kusabi sensei censure les scènes érotiques par des hachures ou esquisse à peine les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente en détails les personnages et donne quelques anecdotes sur le couple, à lire de préférence à la fin pour ne pas gâcher la surprise.

En résumé

A mon tour de pleurer / A mon tour de pleurer (bonus): Takaba Keisuke (25 ans) a quitté son entreprise trop élitiste avec des employés alphas pour un nouveau poste au département vente de la société Kaiei, plus mixte. En effet, bien qu’il soit alpha, son comportement et sa personnalité ne le reflètent pas du tout. Il est accueilli par Utô Shingo (40 ans), un bêta qui s’occupera de sa formation. A sa surprise, son chef de service, Karasuma Miyabi (30 ans), est un oméga. Ce dernier tire profit de la discrimination qu’il subit pour en fin de compte monter les échelons, quitte à coucher avec des alphas qu’il déteste. D’ailleurs, il soupçonne Takaba de détester les omégas. Un soir, alors qu’il avait un meeting de dernière minute, il emmène le nouveau à la place d’Utô, déjà parti. Mais la réunion de travail se transforme vite en orgie. Alors que les clients alphas l’invitent à participer, Keisuke refuse de coucher avec son patron…
Tamaranai deshô: Aoi Itsuki admire l’artiste Tsukumo Ryûji et fait tout pour intégrer l’université où ce dernier enseigne. Mais son idole s’avère être cassante et railleuse. Un jour, par hasard dans les toilettes de l’université, il découvre que Tsukumo couche avec Konno Kazu…

En conclusion

Ce manga obtient la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2017. Pour un premier tome, l’auteure arrive à nous offrir un omegaverse passionnant qui exploite plutôt bien le format one-shot. Elle trouve des astuces pour fournir des informations supplémentaires, graphiquement ou au gré des discussions, permettant de faire avancer rapidement l’histoire. Les personnages sont en plus attachants. Même si au premier abord, les relations non consenties et les viols dominent, les caractères des personnages et la relation du couple permet d’équilibrer les émotions ressenties à la lecture. Tout pour me plaire!

Megumi & Tsugumi 2 – Si Mitsuru

megumi and tsugumi 2 si mitsuru
SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375062661
Taifu comics, 2021
ISBN:‎ 9784801968127 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Y’a plus qu’une solution, je dois le liquider. »

Si Mitsuru sensei continue sa comédie romantique en jouant sur les chamailleries entre Megumi et Tsugumi. Elle alterne entre quiproquos, incompréhension entre les deux héros, ignorance de Tsugumi et situation cocasses. Elle développe également les parents des deux héros. Ainsi, le père de Megumi prône la suprématie des alphas. Bien que bienveillant, Harutsugu était un alpha sournois et stalker tandis que Kuroji ressemble à son fils. L’auteure introduit un triangle amoureux avec l’ami de Megumi, Subaru. A travers ses personnages, elle invite les lecteurs à réfléchir sur les relations amoureuses. Par exemple, elle rappelle l’image de la possessivité d’un suçon. Megumi se remet en question et s’interroge sur sa condition, en particulier face aux autres alphas qui prennent l’influence des phéromones pour excuser leur mauvais comportement. Avec son incompréhension face à l’amour, son sang chaud, Tsugumi affiche un petit côté animal amusant.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux avec son propre style. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Au contraire, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. La mise en page est dynamique mais les scènes d’action sont vites expédiées. Pourtant, Tsugumi qui a le sang chaud cherche tout le temps la confrontation. Si sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre deux planches humoristiques sur l’écart de l’idée du romantisme, que se font Megumi et Tsugumi puis Harutsugu et Kuroji.

En résumé

Yamada Tsugumi (oméga) se rend chez Kokonoe Megumi (alpha) lorsqu’il n’arrive plus à contrôler ses chaleurs par sa seule volonté. En fin de compte, ils se retrouvent à souvent coucher ensemble. Mais l’alpha qui pense qu’ils sortent ensemble, aimerait bien passer des moments plus romantiques. Il organise donc un rendez-vous en amoureux. Toutefois, l’oméga ne comprenant rien à l’amour, considère Megumi principalement comme une solution pour satisfaire ses besoins et le lui dit clairement…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Kokonoe Megumi est classé dixième meilleur seme et Yamada Tsugumi, huitième meilleur uke. Malgré une approche intéressante de l’omegaverse, l’auteure aborde certains sujets avec quelques maladresses. Comme l’humour prédomine, cela peut passer sans problèmes. Je trouve un peu dommage la répétition de certains gags déjà vu durant le premier tome mais l’histoire reste toujours divertissante.

Laisse-moi te détester 1 – Hijiki

laisse moi te detester 1 hijiki
Hijiki ひじき
ISBN: 9782375062890
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784799743515 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je te protégerai. Je n’ai pas besoin d’un alpha! »

Hijiki sensei offre un omegaverse original mettant en avant l’amour et la volonté. Elle utilise cet univers pour dénoncer les vices humains. Par exemple, elle aborde la discrimination qui se base sur les différences, le jugement extérieur, la culpabilisation des victimes de viol. Naoto va apprendre petit à petit à surmonter son traumatisme et à accepter l’amour de Hazuki qui se montre franc et bienveillant envers lui. Même si Shizuku paraît un peu trop mûre et précoce pour son âge, son environnement permet de l’accepter facilement. Comme l’auteure s’intéresse beaucoup à l’évolution des sentiments, elle alterne la narration entre Naoto et Hazuki. Elle questionne sur le traumatisme, le dépassement de la peur et l’engagement sur l’avenir. Les relations sont plutôt consentantes, les deux héros débordant de gentillesse.

Bien que ce soit sa première œuvre éditée, la mangaka a déjà un style personnel. Elle donne une forme particulière aux yeux qui sont d’ailleurs très expressifs. De même, elle courbe les nez avec grâce. Son trait est épuré, plutôt léché. Les décors situent surtout l’action. De même, les trames d’ambiance illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Hijiki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures et les détails. Sous la jaquette, elle offre quelques anecdotes sous forme d’épilogue.

En résumé

L’oméga Koga Naoto (21 ans) élève seul sa fille Shizuku (5 ans). Au lycée, il est tombé enceint suite au viol de plusieurs alphas, mais il a décidé de garder l’enfant. Maintenant, il cherche activement un travail même si il essuie beaucoup de refus à cause de son genre, n’étant pas lié à une âme sœur. D’ailleurs, sa mère l’a inscrit à une soirée de rencontre pour célibataires. Soudain, un lycéen alpha, Tsuchiya Hazuki (17 ans), lui déclare être son âme sœur. Quelques jours plus tard, Naoto trouve enfin un emploi de concierge dans un lycée. Toutefois, il y retrouve Hazuki qui y est inscrit. Depuis, le lycéen lui déclare son amour à chaque rencontre. Mais Naoto qui déteste les alphas, le rejette, même si son comportement l’intrigue. En effet, l’alpha préfère fuir quand l’oméga émet des phéromones. Kyosuke informe alors Koga que Tsuchiya se fait passer pour un bêta…

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme et son scénario. En plus, elle apporte un peu d’originalité à l’univers omegaverse. Il y a encore de petites maladresses mais elles ne se remarquent pas immédiatement. Ses personnages sont attachants, la relation est plutôt saine, Hazuki s’excusant quand il se montre trop lourd ou acceptant sa punition. D’ailleurs, il communique beaucoup. Shizuku apporte également beaucoup de fraîcheur. Un couple mignon que l’on n’a pas envie de quitter aussi vite!