Disparais de ma vue! 2 – Hinako

disparais de ma vue 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382762257
Hana, 2024
ISBN: 9784813033301 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Titre original: 何でもいいから消えてくれ 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Depuis l’instant où je l’ai rencontré, j’ai considéré que Riku était « à moi ». »

Hinako sensei continue de resserrer le piège de l’emprise de Shigihara sur Yatsudo. Comparé au tome précédent, elle base la narration principalement du point de vue du harceleur, mais partage tout de même les réflexions de sa victime. Ainsi, elle suggère par brides le passé assez troublant, peut-être même traumatisant, de Yôji. Entre chantage, manipulation, harcèlement, possessivité, le détestable lycéen semble pourtant fournir quelques efforts et montrer certaines faiblesses, obligeant le lecteur à s’interroger constamment sur ses desseins. Muromachi Koharu et Osugi Yoshiharu font basculer l’équilibre relatif de la relation de leurs amis. Les relations sont de moins en moins consensuelles, Riku cédant. D’ailleurs, les sentiments de ce dernier deviennent de plus en plus ambivalents au point de le dégoûter de lui-même. L’auteure offre un court répit avant de plonger le lecteur dans une vague de plus en plus violente. Elle augmente l’antipathie de Shigihara en le faisant parler crûment.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, porté principalement par les réactions de Koharu. Elle joue beaucoup sur le contraste noir et blanc pour installer une ambiance sombre. Ainsi, les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les émotions. Pour se distinguer, les flash-back se repèrent à des vignettes recouvertes d’une trame grise. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure à peine les parties intimes avec de fines languettes. Pourtant, elle dessine également des coupes intérieures. Elle suggère l’ambiance du récit à travers les illustrations en début de chapitre. Les premières pages du tome sont en couleur.

En résumé

Shigihara Yôji ne trouve pas Yatsudo Riku en classe et s’interroge sur la personne qui intéresse sa « cible ». Aux toilettes, il croise « Kozaru », alias Muromachi Koharu, et entame la discussion avec ce dernier en découvrant qu’il est dans la classe de Riku. Mais quand Riku les aperçoit dans le couloir, il s’interpose immédiatement et lui conseille de l’éviter. Shigihara suit Riku jusque chez lui en essayant de lui faire comprendre que son nouvel ami couche avec Osugi Yoshiharu. Arrivé devant chez Riku, Yôji s’éclipse.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Prévu d’abord en deux tomes, Hinako sensei annonce dans sa postface qu’il y a une suite. En effet, elle prend le temps de bien décrypter l’évolution des sentiments de ses personnages ainsi que leur rapport de force. Son graphisme transcrit bien l’ambiance malsaine du récit. A noter que certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des lecteurs. Yôji est le personnage le plus odieux que j’ai pu voir jusqu’à présent. Et pourtant, avec un sentiment coupable, j’attends encore la suite…

Disparais de ma vue! 1 – Hinako

disparais de ma vue 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382762240
Hana, 2024
ISBN: 9784813033059 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Titre: 何でもいいから消えてくれ 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Il n’a jamais été amoureux de moi. »

Hinako sensei narre une romance sombre avec une relation malsaine et toxique entre deux lycéens. Elle base principalement la narration du point de vue de Riku mais partage parfois les réflexions de Shigahara. D’ailleurs, Yôji a tout pour être détestable: manipulateur, harceleur, il impose sa manière « d’aimer », bien que son comportement ne dégage aucune empathie envers autrui. Son égoïsme démesuré donne l’impression que les autres individus ne sont que des objets. Riku se débat et résiste du mieux qu’il peut et a conscience de tomber dans les pièges montés par son ex. Les relations sont donc non consenties. L’auteure analyse les différents sentiments de Riku et Yôji, la dualité qui s’installe entre amour et haine, la difficulté à se soustraire d’une emprise. En introduisant Muromachi Koharu et Osugi, elle permet la comparaison avec une relation certes conflictuelle mais plus saine.

La mangaka a un trait légèrement épuré, un peu anguleux. Elle dessine des personnages à la silhouette longiligne, renforcée par une tête ovale. Elle travaille particulièrement les regards. Ainsi, Yôji paraît constamment froid et même inquiétant. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, sombres ou graphiques, accompagnent les émotions. D’ailleurs, le contraste noir et blanc augmente la sensation de malaise. Par conséquent, les flash-back se distinguent par une trame grise recouvrant simplement les vignettes. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par de fines languettes blanches ou noires. Elle donne l’ambiance du récit dans les illustrations en débit de chapitre. Les premières pages sont en couleur.

En résumé

Quand Yatsudo Riku rencontre pour la première fois Shigihara Yôji, d’un an plus âgé, il ne fait pas trop attention à ce dernier, habitué à ce que les amis de sa sœur fassent semblant de sympathiser avec lui. Mais à sa surprise, Yôji fait tout pour lui parler de tout et de rien au collège dès qu’ils se croisent. Se montrant affectueux, l’asocial collégien finit même par lui accorder sa confiance. Mais un jour, Shigihara l’emmène dans une maison abandonnée et l’oblige à observer en cachette un couple gay en plein ébat. Par la suite, il lui propose alors d’essayer. Les deux collégiens entament donc une relation très charnelle, Riku tombant fou amoureux. Mais ce dernier découvre par hasard que celui qu’il considérait comme son petit ami le trompe ouvertement avec des filles et n’éprouve aucun sentiment. A son entrée au lycée, il décide alors de l’ignorer totalement.

En conclusion

Ce tome se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Hinako sensei précise, dans sa postface, que cette série est un spin-off de Nanika iino mitsuketa (non traduit en français), qui met en avant Koharu et Osugi. Ici, elle donne le ton de son récit dès la première page. Ainsi, le lecteur est averti de l’ambiance sombre et peut se préparer aux scènes choquantes. D’ailleurs, la mangaka joue sur les trames sombres pour renforcer le malaise de certains passages. Elle excelle dans le développement de personnages irrécupérables, fourbes, au comportement inacceptable. J’ai beau détester Shigihara, j’ai envie de connaître la suite pour savoir comment Riku va évoluer.

La bête qui voulait être domptée 2 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 2 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762189
Hana, 2024
ISBN: 9784861238727 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu n’aimes pas quand je te provoque? »

Yuitsu sensei continue d’analyser les émotions de ses deux héros qui se découvrent au fur et à mesure. Elle s’intéresse à la gestion de la jalousie, l’immaturité, les premières fois. Malgré une possessivité grandissante, Arata s’efforce à garder le contrôle et se montre prévenant durant les ébats avec son petit ami novice. En effet, Junta a tendance à céder facilement aux demandes de son amant. Pourtant, leurs relations restent consensuelles. Chiaki et Eiji, inquiets pour le couple, n’hésitent pas à intervenir. Ainsi, l’auteure aborde la question de la confiance et de la communication au sein d’un couple, la gestion des inquiétudes. Avec le gang de Kyôya et les interventions de Taiga, elle développe l’influence des rumeurs et la question de la réputation. Elle crée la surprise en révélant sur la fin les secrets autour de Minase et Minamoto. Les amis de Junta, Ryô et Gaku, ajoutent une note comique.

La mangaka a un trait léché presque réaliste. Elle le simplifie ou exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, très variées. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques, avec des angles de vue variés. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une magnifique illustration en dégradé de gris et des dessins d’Eiji. En mettant les couvertures du tome 1 et du tome 2 côte à côte, on obtient une seule illustration. L’inversion des couleurs entre rose et blanc complète le diptyque.

En résumé

Depuis que Minase Arata a arrêté son travail de grand-frère à louer, il sort avec Minamoto Junta. Mais le lycéen inexpérimenté a encore du mal à exprimer ses sentiments. En plus, il ne sait pas trop comment se comporter vis à vis des regards extérieurs. Les deux amoureux s’organisent alors une sortie au parc d’attraction. Mais le soir, en voyant Junta discuter familièrement avec son collègue Kizaki Eiji, Arata réalise que sa possessivité grandit.

En conlusion

Yuitsu sensei excelle à décrypter les émotions de ses personnages. Elle retient le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Pourtant, elle ne partage qu’une simple tranche de vie. Son magnifique graphisme, en particulier les expressions des visages et les scènes érotiques, sont un bonheur pour les yeux. La surprise finale permet d’apprécier la subtilité du titre. Je confirme mon coup de cœur pour cet adorable couple.

La bête qui voulait être domptée 1 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 1 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762172
Hana, 2024
ISBN: 9784861238710 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Tu veux bien… me caresser la tête? »

Yuitsu sensei offre une belle romance entre un aîné d’une fratrie qui a envie qu’on prenne soin de lui et un benjamin d’une autre fratrie qui souhaite qu’on s’appuie sur lui. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, elle joue principalement sur les quiproquos et les dissemblances. Bien que faisant parti d’une fratrie, les deux jeunes hommes ressentent une certaine solitude de part leur position différente de leur aspiration. Ils vont rapidement construire une relation amicale particulière d’abord fraternelle puis qui se transforme rapidement en attirance amoureuse. L’ami d’Arata, Chiaki, joue les confidents. L’auteure s’intéresse aux différentes responsabilités qui pèsent sur les frères aînés. De même, elle aborde le jugement sur l’apparence et l’influence des rumeurs, Junta se retrouvant souvent la cible de bagarre. Par ailleurs, elle offre un peu de fan service avec l’histoire bonus amusante.

La mangaka a un trait léché et détaillé. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Ainsi, elle arrive à rendre mignon l’air renfrogné de Junta quand il est gêné ou touché. Les décors soignés et très présents renforcent le réalisme. De même, il y a beaucoup de trames rendant les dégradés, les ombres, les motifs et les couleurs. Pourtant, les ombres fortes sont marquées par des hachures. En plus, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. La mise en page plutôt classique propose parfois quelques pages plutôt dynamiques. Yuitsu sensei s’attarde sur les détails et décompose certains mouvements. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et offre même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre diverses illustrations des deux héros.

En résumé

L’étudiant Mizuse Arata finance ses études en travaillant comme « grand frère à louer ». Bien que sa clientèle soit majoritairement féminine, il se contente de réconforter les clients. Pourtant, un jour, il reçoit une requête d’un lycéen, Minamoto Junta (18 ans), qui voudrait qu’on lui caresse la tête. En effet, grand et musclé, il paraît intimidant et attire souvent les voyous bagarreurs. Mais l’échange entre les deux jeunes hommes dérape rapidement, les caresses d’Arata excitant Junta. Trouvant le lycéen trop craquant, l’étudiant propose alors de le soulager.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Pour son premier manga en deux tomes, Yuitsu sensei maîtrise toujours aussi bien le format. Comme à son habitude, elle analyse avec finesse les émotions de ses personnages, rendant attrayant un scénario pourtant classique. Son graphisme toujours aussi sublime est un régal pour les yeux en plus des corps musclés. Je craque complètement pour cet adorable couple. Un petit coup de cœur!

Kabukichô bad trip 2 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 2 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375064061
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799755006 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je veux essayer plein de choses avec toi. Jusqu’à ce que, même sans lire dans tes pensées, j’arrive à comprendre ce que tu attends de moi. »

Nagisa Eiji sensei continue d’expliquer certaines pratiques sadomasochistes, mettant en avant la communication et la confiance au sein du couple. Elle alterne la narration entre les amoureux. De même, elle met en avant les contraintes et la sensualité des piercings aux tétons. Mizuki s’avérant toujours prévenant lors de leurs rapports, le docile Tôru montre une curiosité de plus en plus grandissante pour le SM. Ainsi, il prend parfois des initiatives et partage plus facilement ses sensations. Le couple construit une relation au quotidien équilibrée, refusant la dépendance. L’auteure aborde donc les difficultés à coordonner son emploi du temps, les risques avec les paparazzis, les désagréments de pouvoir lire les pensées, la gestion délicate d’un scandale. Elle met en avant le soutien des amis de Miyama et Hikawa, Jun, Rio et Kaede. De même, elle s’intéresse au sentiment de culpabilité qui s’installe dans le couple quand des problèmes prévisibles surgissent.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De fines hachures marquent les rougissements, restant pourtant discrètes bien qu’envahissantes. De même, les ombres fortes sont hachurées. Ainsi, les trames bien que variées, colorent en aplat. Les trames d’ambiance graphiques accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent par des trames grises recouvrant les vignettes. Les décors soignés apportent une note réaliste par leur présence. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Comme dans le tome précédent, les phylactères participent à la narration en changeant de forme. Dans les scènes érotiques, Nagisa sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle dessine toutefois des coupes intérieures.

En résumé

Miyama Tôru a quitté son travail d’hôte et cherche activement un métier plus conventionnel, soucieux des possibles scandales qu’il pourrait provoquer par rapport à son petit ami. Hikawa Mizuki rechigne aussi à accepter une opportunité qui propulserait sa carrière. En effet, il a reçu une offre pour tourner dans une série télévisée réalisée par un grand producteur. Son ex et amie Hashimoto Kaede, coach sportif, essaie pourtant de le convaincre d’accepter. Mais le mannequin ne souhaite pas que sa célébrité montante blesse un jour son petit ami. En plus de leur relation homosexuelle, leur pratique sexuelle représente un autre point faible supplémentaire…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Nagisa Eiji sensei s’attarde un peu plus sur la relation du couple au quotidien. Elle maîtrise parfaitement le développement de son récit, bien que certains évènements sont facilement prévisibles. Son graphisme sensuel rend parfaitement les émotions des personnages. Je suis complètement sous le charme de ce couple qui travaille à un bel équilibre de leur relation. Si vous êtes intrigué par la complicité entre le manager de café, Ikeda Tôya, et Rio, un spin-off raconte leur histoire. J’espère qu’il aura également droit à une traduction. Une lecture toujours aussi tendre et mignonne!

Kabukichô bad trip 1 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 1 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063750
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748886 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Chaque fois que je croise le regard de Mizuki, je sais ce qu’il veut faire de moi. »

Nagisa Eiji sensei narre une romance abordant l’initiation au sadomasochisme. Elle joue principalement sur le contraste entre imagination et comportement prévenant et consensuel. Par ailleurs, elle base la narration principalement du point de vue de Miyama. Ressentant de l’attirance pour Hikawa, l’hôte s’interroge rapidement sur sa sexualité et sur la pratique SM. Le sadique Miyuki, rejeté auparavant à cause de ses penchants, se retient du mieux qu’il peut mais en souffre. Le couple construit une relation de confiance, dans la discussion même pendant les ébats. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux efforts réciproques dans un couple, à la communication, à l’image incorrecte de certaines pratiques sexuelles. D’ailleurs, elle interroge sur la difficulté à assumer sa nature et à la découvrir. Elle utilise les personnages secondaires pour apporter un regard extérieur sur le couple et quelques notes d’humour.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur les hachures pour les rougissements qui peuvent se faire aussi bien discrètes qu’envahissantes. Les deux héros ont des corps finement musclés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Nagisa sensei joue tout de même beaucoup sur la lumière avec des contre-jours marqués. De même, elle s’attarde sur les détails. Elle indique les pensées avec des phylactères au fond noir. La mise en page très dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Toutefois, la sensualité des relations SM sont bien retranscrites.

En résumé

Miyama Tôru, hôte d’un bar de Kabukichô, travaille sous le pseudonyme de Mizuki, étant un fan inconditionnel du mannequin Hikawa Mizuki. Il utilise secrètement son don pour satisfaire les clientes. En effet, il peut lire dans les pensées des gens en un échange de regard. Un jour, alors qu’il achetait un magazine dont Hikawa fait la une dans un magazine, il bouscule son idole. Remarquant que ce dernier peine à trouver un taxi, il lui propose alors de le déposer à sa destination. Les deux hommes sympathisent rapidement et quelques jours plus tard, ils se retrouvent pour dîner ensemble. Mais en lisant les pensées de Mizuki, Tôru découvre que son nouvel ami s’imagine l’attacher et le fesser lors de jeux érotiques…

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Hikawa Mizuki se classe quatorzième meilleur seme tandis que Miyama Tôru est seizième meilleur uke. Malgré un sujet affriolant, Nagisa Eiji sensei offre une romance mignonne et instructive. Son graphisme sensuel met en valeur les sensations des personnages. La dynamique du couple est également adorable. J’attendais ce titre depuis longtemps, l’ayant lu en japonais, et suis donc aux anges de le redécouvrir dans la langue de Molière! Un coup de cœur qui se confirme. J’espère que la série trouvera son public. Une lecture pleine de tendresse!

The world’s end – Akagawa Sagan

the word s end akagawa sagan

AKAGAWA Sagan 赤河左岸
ISBN: 9782375064016
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748077 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Un recueil d’histoires longues, atmosphériques et marquantes. »

Akagawa Sagan sensei offre un recueil de trois tranches de vie mettant en avant l’amour qui s’affranchit des apparences. Elle développe ce thème à travers trois genres narratifs différents: fantastique, romance lycéenne et science-fiction. Dans la première histoire, elle crée le suspense en ne révélant les informations qu’au fil des pages, interrogeant sur un amour répétitif dans une boucle temporelle. La deuxième histoire, plus classique aborde la question du jugement sur l’apparence, la difficulté à dépasser ses complexes et le temps de construction d’un amour sincère. Les deux lycéens se découvrent et analysent leurs sentiments naissants. Dans la troisième histoire, l’auteure donne la version de Shin puis celle de Rukiya sur leur relation à distance et leurs sentiments tus. Elle crée la surprise avec une conclusion inattendue, questionnant sur l’amour virtuel.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle détaille les décors, permettant d’immédiatement appréhender le milieu. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page très dynamique met en valeur les métaphores poétiques. Ainsi, Akagawa sensei utilise les petits détails des décors et s’attarde sur les petits gestes pour transcrire les émotions des personnages. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes en jouant sur les angles de vue.

En résumé

Ils vécurent heureux: Au cœur de la forêt, Magnolia vit dans une cabane avec le jeune Emil. L’enfant adore le conte que lui lit chaque soir son tuteur: un monstre vivant seul dans la forêt recueille un jour un nourrisson qu’il décide d’élever pour le manger plus tard. Mais il finit par s’attacher à l’enfant qui grandit. Depuis quelques temps, alors qu’il entre dans l’adolescence, Emil fait toujours le même rêve dans lequel il voit Magnolia coucher avec un inconnu. Qui est-il?
Le prince grenouille: Nishino Yui ne supporte plus la beauté de son visage au point de vomir quand on lui montre la moindre affection. Toutefois, au lycée, il se sent bien à côté de son voisin de table, Iida un passionné d’insectes qui reste indifférent à son physique. Travaillant en tant que mascotte au musée des sciences, Nishino aime ainsi découvrir d’autres facettes de son camarade.
The world’s end / Générique de fin: Shin teste l’habitabilité d’une planète depuis presque trois ans. Mais la solitude commence à lui peser et il prend plaisir à discuter avec son ami Rukiya lors de ses rapports journaliers. Ce dernier lui a créé une intelligence artificielle sous la forme d’un cube d’assistance qui peut créer un robot biologique. Alors la nuit venue, il demande à Cupe de prendre la forme de Rukiya…

En conclusion

Ce recueil obtient la treizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Akagawa Sagan sensei maîtrise parfaitement le format court et propose trois récits émouvants avec des personnages attachants. Elle va à l’essentiel et utilise le graphisme pour appuyer sa narration. Je suis complètement conquise par les trois histoires. J’apprécie d’ailleurs la richesse de la narration pour parler d’un même sujet. Une lecture pleine de finesse!

Country diary 2 – Isino Aya

country diary 2 isino aya

ISINO Aya イシノアヤ
ISBN: 9782385316471
Akata, 2024
ISBN:‎ 9784863498051 (JP)
Akaneshinsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Donc l’année prochaine, j’utiliserai mon propre bois. »

Isino Aya sensei continue les aventures de Kurumizawa et Usa en s’attardant sur leur vie à la campagne durant l’automne et l’hiver. Elle met en avant l’entraide, le rythme de vie soumis à celui des récoltes et des saisons, l’évolution des techniques. Elle délaisse un peu la relation entre l’ancien citadin et son ami pour développer un peu plus leurs interactions avec les autres villageois. D’ailleurs, les deux hommes se rapprochent naturellement. Les enfants et la chienne Sayaka apportent une touche de tendresse et d’humour, jouant les professeurs pour l’ancien enseignant. L’auteure aborde également l’inconvénient de la solitude avec par exemple l’éloignement entre voisins ou lorsque l’on tombe malade. Elle montre la consommation raisonnée et le prélèvement des produits non cultivés en adéquation avec les animaux sauvages. Par ailleurs, elle conclut avec le magnifique travail de Giichi.

La mangaka a un trait épuré anguleux. Bien qu’elle détaille les décors, elle conserve son style graphique simple tout en représentant l’essentiel pour rendre reconnaissable les plantes de saison. D’ailleurs, elle utilise une palette restreinte de trames, en aplat. Les ombres fortes sont donc noires. Ainsi, l’équilibre entre croquis et détail rend le graphisme agréable. Les flash-back apparaissent dans un ton plus clair, presque en transparence. La mise en page classique propose tout de même quelques pages plus dynamiques. Isino sensei reprend les thèmes du récit dans les illustrations en début de chapitre. Elle continue de présenter des instants de la vie à la campagne en automne et hiver sur la couverture et l’illustration en frontispice. Comparé au tome précédent, l’encre d’impression a une jolie teinte marron foncée.

En résumé

Kurumizawa Junnosuke a récolté des citrouilles dans son champ et en offre un peu à Inagaki, qui lui prête sa scierie pour couper du bois afin de préparer l’hiver. Quand Usa Giichi arrive pour le former, il trouve son ami dans les pattes de la chienne Sayaka, complètement excitée par le nouveau. Kurumizawa rate malheureusement ses premiers essais mais persévère. Pendant ce temps, Usa confie à Inagaki avoir laissé de côté son projet d’atelier de meubles artisanaux, consacrant son temps libre à la restauration de la maison de l’ancien citadin…

En conclusion

Isino Aya sensei continue de promener les lecteurs à la campagne en automne et en hiver. Elle délaisse un peu la relation du couple qui se rapproche naturellement pour s’attarder aux interactions avec le voisinage. Un titre toujours aussi enrichissant qui fait sourire et apaise le cœur. Un coup de cœur confirmé!

Nagahama to be, or not tobe – Scarlet Beriko

nagahama to be or not to be scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375063996
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668968 (JP)
Shinshokan, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Et mince… J’arrive plus à le regarder dans les yeux. »

Scarlet Beriko sensei propose de suivre une tranche de vie de deux lycéens, amis d’enfance et un peu rebelles. Elle base la narration du point de vue de Nagisa. Elle analyse l’évolution de la relation d’une amitié complice jusqu’à l’éveil de leurs sentiments amoureux. Ainsi, Issa qui est long à la détente exprime maladroitement son affection. Nagisa, quant à lui, s’interroge sur son attachement, prenant un certain temps avant de réussir à le définir par des mots. Les deux amis en terminale se confrontent également à leur choix d’avenir, l’un fonçant tête baissée pour réaliser son rêve tandis que l’autre hésite tiraillé entre amour et séparation. L’auteure aborde donc le manque de communication, les compromis à faire entre amour et formation, les interrogations adolescentes. Elle joue principalement sur les quiproquos, apportant humour et dynamisme. Les garnements du club de football ajoute aussi une note comique.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et représente parfois Issa en wanko. Elle utilise les trames avec parcimonie mais marque néanmoins les ombres et les contrastes. Par ailleurs, les décors détaillés alternent avec les trames d’ambiance. De même, des trames grises recouvrant les vignettes indiquent les flash-back. La mise en page dynamique joue principalement avec les grandes vignettes et les angles de vue variés. D’ailleurs, Scarlet Beriko sensei détaille les petits gestes et décompose certains mouvements. Sous la jaquette, elle offre une anecdote amusante en deux planches, à lire de préférence à la fin. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente un instantané du quotidien. De même, l’illustration couleur du frontispice représente un magnifique lever de soleil avec un jeu d’ombre et lumière soigné.

En résumé

Le CPE Abe confie une lettre à Minato Nagisa pour son ami Minato Issa, concernant son orientation scolaire. En effet, Issa préfère travailler à la poissonnerie du marché au lieu de venir en cours. D’ailleurs, Nagisa le retrouve là-bas après les cours pour déguster son encas préféré: des crevettes. Un jour, alors que les deux amis se reposent dans leur terrain vague préféré après avoir joué au ballon, Nagisa réalise qu’il apprécie particulièrement ces petits moments de complicité et souhaiterait qu’ils durent toujours. Mais sa joie est de courte durée quand une fille vient chercher Issa. Serait-ce sa petite amie?

En conclusion

Ce one-shot a bénéficié d’une sortie internationale simultanée: il est sorti dans 10 pays le même jour. Une grande première! Scarlet Beriko sensei offre une petite fresque des classiques interrogations de l’adolescence. Toutefois, elle décortique avec beaucoup de sensibilité les sentiments presque palpables des deux protagonistes. En plus, son magnifique graphisme accompagne avec justesse les différentes expressions mais également l’ambiance général du récit. On a l’impression de sentir l’embrun de cette ville côtière en tournant simplement les pages. Je suis complètement conquise par la dynamique entre les deux lycéens, séduite par leur relation complice, bercée par cette parenthèse. Une romance qui dégage une douceur presque brute, chaleureuse. Un énorme coup de cœur!

Dites au chat noir de ne pas sortir cette nuit 2 – Taino Nikke

dites au chat noir de ne pas sortir cette nuit 2 taino nikke

TAINO Nikke 鯛野ニッケ
ISBN: 9782382762264
Hana, 2024
ISBN: 9784199608759 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Titre original: 寄宿舎の黒猫は夜をしらない 下
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Quand les crocs d’un hématophage touchent la peau d’un humain, ils ont un effet hypnotique. »

Taino Nikke sensei continue de développer sa tranche de vie lycéenne tout en résolvant au fur et à mesure les mystères du lycée. Elle dévoile les derniers secrets sur les hématophages. Par ailleurs, elle met en avant les difficultés rencontrées par les couples humain et vampire. En effet, la dépendance vitale au sang implique sacrifice, sentiment de culpabilité, confiance au sein du couple et risque. L’influence des écailles d’étoile ajoute également une grande souffrance, la réaction ne touchant que les êtres aimés et entrainant une perte de contrôle. Le professeur Wechsler, bien que prisonnier de son passé, s’avère de bon conseil avec ses élèves. L’auteure aborde différentes formes d’amour, l’acceptation des différences, le partage des secrets et des risques dans un couple. Elle révèle le devenir des couples dans l’histoire bonus. D’ailleurs, elle met en avant la résolution des adolescents à prendre leur avenir en main face aux traditions.

La mangaka a un trait épuré anguleux mais doux, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle donne d’ailleurs un aspect plus mignon en arrondissant les visages. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Taino sensei ne montre pas les parties intimes en jouant sur les angles de vue ou les phylactères. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages dans leur quotidien dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Les enseignants ont convoqué tous les élèves hématophages suite à la nouvelle attaque sur Aura Agrell pour leur rappeler les règles. Suite à la suggestion de Jean Michel, le professeur d’histoire Serge Wechsler décide de laisser le conseil des élèves mener l’enquête durant un temps limité. Hasegawa Yuki, distrait par les interrogations qui se bousculent dans sa tête, sèche alors les cours. Mais en rentrant, il entend par hasard une étrange conversation entre Aura et Pavel Hagen…

En conclusion

Taino Nikke sensei conclut avec brio son récit, augmentant les moments dramatiques et les tensions. Malgré une fin au premier abord conventionnelle, elle crée quelques surprises en développant certains questionnements spécifiques à son univers, mettant en valeur la recherche d’un équilibre dans un amour à risque, mêlé de partages et de « petits » sacrifices. J’apprécie particulièrement le style narratif de la mangaka et suit curieuse de découvrir d’autres de ses œuvres. Une lecture entraînante avec une enquête simple mais agréable à suivre. Un petit coup de cœur!

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