Lovenest 1 – Minaduki Yuu

lovenest 1 minaduki yuu
MINADUKI Yuu
ISBN: 9782368777633
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784403666827 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une colocation d’abord difficile, une amitié qui se développe et peut-être plus, si affinités.

Minaduki Yuu sensei propose de suivre les aventures de Masato dans ce spin-off de Change world. Elle décrit avec précision les différents stades d’une colocation: la découverte des défauts, la discussion et le partage pour apprendre à se connaître puis l’évolution des sentiments au fil du rapprochement. Ainsi, Hozumi et Yajima ont vécu une expérience similaire qui a profondément blessé leur cœur. Toutefois, ils n’ont pas du tout réagi de la même manière: Masato va devenir un briseur de couple alors qu’Asahi vit plutôt en reclus. L’auteure dépeint avec finesse les différentes émotions. Elle installe Naru comme un cupidon. Elle présente d’abord le passé de Hozumi, qui joue le narrateur. Les personnages ont des caractères intéressants. Ainsi, la franchise de Yajima oblige la discussion directe dès qu’il y a quelques tensions. De même, sa maturité entraîne Masato vers plus de sagesse.

La mangaka simplifie légèrement son trait épuré dans les passages humoristiques. Elle donne un petit air effronté à Hozumi avec ses canines saillantes. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par contre, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Minaduki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des yonkoma en fin de chapitre sur le thème de la place des colocataires dans le canapé qui varie selon leur rapprochement. Par ailleurs, elle intègre les illustrations en début de chapitre dans la continuité de l’histoire. Sous la couverture se trouvent des fiches détaillées sur les personnages.

En résumé

Hozumi Masato (30 ans) ne supporte plus ses nouveaux voisins très bruyants. Sur les conseils de son ami Naruse (38 ans), propriétaire d’un bar, il décide de déménager dans sa résidence secondaire, appâté par les équipements de haute technologie. Mais Naru a omis de lui préciser qu’il partagera l’appartement avec un colocataire, Yajima Asahi (38 ans). Comme l’architecte, gros fumeur, travaille dans les pièces communes et laisse la femme de ménage ranger quand elle vient tous les vendredi, Masato finit par craquer. Il lui demande alors de faire quelques efforts pour au moins ranger. Asahi accepte à condition qu’ils boivent de l’alcool ensemble. Réticent à l’idée de se faire manipuler, l’ingénieur système est surpris en découvrant que son colocataire aime juste discuter franchement et qu’il s’endort facilement, ne supportant pas l’alcool…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. Yajima Asahi est classé sixième meilleur seme et Hozumi Masato septième meilleur uke. L’auteure prend son temps pour développer son récit. Je suis complètement envoutée par cette romance réaliste et douce. Le couple est émouvant, en particulier lorsque l’on découvre leurs blessures d’amour. Si vous n’avez pas apprécié Masato dans Change world, vous devriez maintenant être conquis. Vivement la suite!

Les caprices du jaguar 3 – Unohana

les caprices du jaguar 3 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368777268
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784866692289 (JP)
J Publishing, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

De la formation de Peg à son apogée.

Unohana sensei, dans la continuité du tome précédent, développe la formation de Peg, de leurs débuts jusqu’à la maladie de Shiina. Elle change un peu le ton narratif, toujours avec Asô, mais dont les commentaires rappellent son métier de critique musical. Elle partage avec finesse la découverte de nouvelles sensations de Sôjun et Arata. D’ailleurs, le couple a trouvé un équilibre dans sa relation qui a mûri. En effet, chacun s’épanouit dans leurs nouvelles activités. Toutefois, l’auteure met en avant le manque de communication entre eux. Elle décrit la fragilité de leurs sentiments face à l’angoisse de la maladie, la peur de perdre la passion de l’être aimé et la souffrance qui en découle. Ainsi, le guitariste s’interroge sur sa relation avec Arata, leur amour étant lié à la musique. En fin de tome, un chapitre amusant de cosplay d’idole vient un peu dédramatiser le final du récit.

La mangaka a un trait épuré avec des contours jouant sur les épaisseurs, les pleins et les déliés. Elle simplifie les expressions dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. De même, les décors plutôt présents ne surchargent pas les pages. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. Unohana sensei exprime parfaitement les sauts dans le temps par une image ou une remarque, en plus d’une ellipse large. Elle dynamise avec simplicité la mise en page. Elle censure les scènes érotiques en ne montrant aucun organe sexuel. De même, des bulles, des caches blancs, des onomatopées s’ajoutent au cadrage pour en montrer encore moins. A la fin de quelques chapitres se trouvent des illustrations amusantes du couple.

En résumé

Après avoir écouté le guitariste Shiina Sôjun qui fait des remplacements dans des groupes, le bassiste Yamamoto Shizuka, le batteur Sakai Yûya et le chanteur Jinza Masaki lui proposent de rejoindre leur groupe en formation. Mais comme ils prennent la musique trop au sérieux, le guitariste refuse. Toutefois, Shizuka lui demande au moins d’écouter leur chanson en lui donnant un CD. Une fois rentré, Sôjun se couche sans même se doucher, trop fatigué. Il se réveille à peine lorsqu’Asô Arata le secoue d’enthousiasme, conquis par la chanson qu’il a écoutée. Pourtant le lendemain, quand le groupe revient à la salle de concert, Shiina accepte de jouer cette chanson avec eux, l’ayant écoutée trois fois le matin. Jinza demande alors de les programmer le soir-même pour vérifier leur compatibilité. En effet, le guitariste a tendance à ne pas accorder son jeu aux autres, ce qui pourrait nuire au groupe…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas dans le Chill Chill BL award 2020, mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries au scénario captivant. J’adore comment Shiina mène à la baguette Maki. Ce tome, très riche en émotions, laisse le lecteur dans l’angoisse de la suite. Mais j’en redemande encore!

Akamatsu et Seven 2 – Shoowa et Okujima Hiromasa

akamatsu et seven 2 shoowa okujima hiromasa
SHOOWA
OKUJIMA Hiromasa 奥嶋ひろまさ
ISBN: 9782368777565
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784253155366 (JP)
Akita publishing, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Comment gérer la crise provoquée par un baiser entre colocataires?

Alors que le premier tome présentait un peu Akamatsu, Shoowa sensei s’intéresse maintenant à Seven. Toutefois, elle ne dévoile pas directement son passé et préfère laisser deviner l’enfance sombre du jeune homme à travers les actions d’Eight. Pour cela, elle sème divers indices, entre trafics de drogue ou d’animaux exotiques, prostitution de mineurs. Le lecteur comprend également avec subtilité que Seven est recherché. Par ailleurs, la relation entre les deux héros évolue. Ils s’interrogent, réfléchissent à leurs sentiments et communiquent à ce sujet. Ainsi, l’auteure construit une relation saine et réaliste. Elle ajoute des touches d’humour avec les réactions amusantes ou incongrues des deux garçons.

Le trait ferme d’Okujima Hiromasa sensei conserve une touche réaliste. Les fines musculatures sont saillantes et détaillées, même dans les bras ou les jambes. Le graphisme garde un style un peu shônen, très agréable. Les décors sont présents et soignés. Même si la mise en page est plutôt classique, les jeux d’angles de vue, les cadrages et les ellipses rythment la lecture. Cette dynamique se remarque également dans la décomposition des mouvements clés, en particulier durant les bagarres. Le mangaka censure les scènes érotiques en cachant les organes sexuels par un halo blanc. Mais cela reste tout de même explicite. Les illustrations en début de chapitre présentent le quotidien du couple tout en suggérant l’ambiance du chapitre.

En résumé

Depuis que Kanzaki Seven a embrassé Akamatsu Aisuke, une certaine gêne s’est installée entre eux. Perdu dans ses réflexions, le lycéen a tendance à se donner à fond dans ses activités ou au contraire à rêvasser. A son grand soulagement, il peut éviter de croiser Seven depuis que ce dernier a pris un travail de nuit à la boulangerie. Un soir, invité par des amis, Akamatsu sympathise avec Eight, un jeune homme qui travaille dans une animalerie et qui lui avait offert à boire quand il était embêté devant un konbini. Kanzaki pense aussi de plus en plus à Aisuke, qui lui manque. Alors qu’il avait demandé à ce dernier de le réveiller quand il était trop fatigué, les deux garçons arrivent enfin à discuter et faire le point sur leurs émotions. En partant travailler, Seven ne peut alors s’empêcher d’embrasser son colocataire.

En conclusion

Toujours aussi passionnant de suivre les aventures de ces deux yankees. Je trouve le couple touchant et naturel. Leur amour conserve une touche innocente et douce malgré l’environnement glauque dans lequel a vécu Seven. La personnalité d’Eight semble vraiment complexe. A lire absolument!

I recollect love 2 – Yukue Moegi

I recollect love 2 yukue moegi
YUKUE Moegi
ISBN: 9782368776100
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409995 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Quand la fierté empêche de déclarer ses sentiments.

Malgré une déclaration d’amour enfin réciproque dans le premier tome, Yukue Moegi sensei continue à développer les chamailleries entre Toranosuke et Tetsuya. En effet, elle donne un côté un peu tsundere à Tora qui se montre trop fier pour se laisser aller à ses sentiments. De même, il a peur de se dévoiler tel qu’il est à son amant. Ainsi, les deux héros continuent à enchaîner maladresse et embarras, évitant de discuter de leurs difficultés, désirs ou appréhensions. Ces petits quiproquos deviennent amusants. En introduisant Mayu, une jeune fille au caractère pétillant et passionné, l’auteure va secouer un peu le couple. En effet, la franchise et la spontanéité de la motarde inspirent les deux amants qui communiqueront par la suite avec plus de franchise. La place sur la moto prend un sens presque symbolique.

La mangaka a un trait épuré qui se dédouble dans les contours, leur conférant une certaine épaisseur. Elle dessine des personnages masculins, n’hésitant pas à présenter les jambes poilues de Tetsu. Sa virilité contraste avec Tora qui rougit constamment. Les décors permettent surtout de situer les actions. De même, les trames sont plutôt dans des tons légers, renforçant l’aspect clair des pages. En plus, les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. Beaucoup de sorties de cadre dynamisent la mise en page. Yukue sensei censure les scènes érotiques en évitant de montrer trop de détails en jouant sur les cadrages. Elle débute ses chapitres par une illustration du quotidien. Par ailleurs, elle dessine de belles illustrations aux couleurs aussi tendres que la romance.

En résumé

Toranosuke et Mori Tetsuya sortent enfin ensemble. Pourtant Tora a encore du mal à s’habituer à la situation et ne se laisse pas facilement câliner. Son amant essuie même des coups à chaque abus trop intime. Les anciens membres du groupe de bikers, Tomoki et Makio, veillent sur le couple qui se chamaillent comme par le passé et encouragent Tetsu à reconquérir celui qu’il aime depuis 10 ans…

En conclusion

Une histoire tendre et mignonne avec un couple qui se chamaille pour des broutilles, la gêne et la honte les empêchant d’être naturel. J’adore la conclusion et j’apprécie vraiment que l’auteure ait pris son temps pour développer son scénario.

I recollect love 1 – Yukue Moegi

I recollect love 1 yukue moegi
YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368774892
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407847 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Entre excitation des courses de motos et premiers émois amoureux, difficile de distinguer ses sentiments.

Dans ce spin-off de Glare at you because I love you, Yukue Moegi sensei narre la romance chaotique de Toranosuke, le frère aîné de Ryônosuke. Elle s’intéresse au développement du sentiment amoureux entre Tetsuya et Tora, à la pression du groupe et aux compromis qu’ils trouvent pour rester ensemble. Ainsi, même si leurs sentiments sont réciproques, les deux hommes ont des difficultés à les gérer et à en discuter. En plus, diverses émotions ajoutent du trouble dans leur appréhension comme la possessivité ou la jalousie contenues. La peur de briser une amitié et de détruire un gang prime sur leur amour. L’auteure décrit avec délicatesse la confusion dans laquelle se trouve Toranosuke. Elle met en avant le manque de communication entre les deux amis. Même si Tetsu semble forcer leur relation physique, Tora a clairement conscience de se laisser faire.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, donnant une certaine épaisseur. Elle utilise quelques trames d’ambiance. Les décors sont plutôt précis. De même, la mise en page est dynamique grâce à beaucoup d’absence de cadre et des angles de vue variés. En plus, Yukue sensei intègre bien les flash-back. Elle censure les scènes érotiques par des caches blancs sur les parties génitales. D’ailleurs, elle joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails.

En résumé

Toranosuke travaille dans le salon de coiffure Flower avec Mori Tetsuya. Ils se sont rencontrés il y a déjà 10 ans. A l’époque, Tora s’ennuyait au lycée et, en croisant le groupe de motards mené par Tetsu, il a été immédiatement subjugué par leur classe. Il a alors tout fait pour monter un jour avec lui à l’arrière de sa moto. Mais comme il ne faisait pas parti du gang, il a également attiré l’animosité de pas mal de membres, en particulier les filles. Néanmoins, maintenant, Tetsuya souhaiterait régler un problème resté en suspens entre eux depuis cette époque…

En conclusion

L’auteure promène le lecteur entre passé et présent, mettant en avant la constance des sentiments de ses personnages. Elle arrive comme toujours à nous séduire avec des histoires réalistes, simples mais tendres. Aussi, je suis heureuse de découvrir l’histoire du frère aîné qui était si protecteur avec son petit frère. De faux voyous au grand cœur qui ne laissent pas indifférents!

Les caprices du jaguar 2 – Unohana

les caprices du jaguar 2 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776582
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691275 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

On dit que l’amour rend aveugle, mais pour ces deux musiciens, leur amour les rendrait plutôt sourd…

Après un premier tome introductif, Unohana sensei dévoile le passé entre Shiina et Asô jusqu’à leur rencontre avec les membres de Peg. Elle centre la narration sur Arata. Comme ce dernier réfléchit constamment, il analyse beaucoup ses sentiments et finit par complexer par rapport à son petit ami. Au contraire, Sôjun semble fonctionner surtout à l’instinct. Ainsi, tous deux admirent réciproquement le talent musical de l’autre, mais à cause d’un manque de maturité, n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments. D’ailleurs, l’auteure dépeint parfaitement leurs émotions, les rendant presque palpables: entre culpabilité, jalousie, possessivité, souffrance, monopolisation, leur amour semble désespéré mais profond. Elle pense également à montrer en quelques cases l’évolution du groupe dans le présent.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et épuré. Elle dédouble les contours, parfois très épais, mais cela correspond parfaitement à son style graphique. Elle simplifie ses traits pour les fortes expressions. Dans les passages humoristiques, les personnages deviennent à moitié super deformed, avec une tête ronde ou carré sur un corps tout fin. Le défilement du temps se repère facilement grâce à des petits changements comme la taille, la coupe de cheveux. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Aussi, la mise en page est dynamique. Unohana sensei ne censure pas les scènes érotiques mais les phylactères ou certains angles de vue cachent tout de même quelques détails.

En résumé

Bien que populaire auprès des filles, Shiina Sôjun (16 ans) rejette toujours leurs déclarations. En effet, il est fou amoureux d’Asô Arata (18 ans) qui lui donne des cours de soutien. Mais ce dernier visant une université à Tokyo et voyant ses notes baisser, essaie de le fréquenter moins. Refusant d’aller trop loin dans leur relation, il s’inquiète de voir Sôjun prêt à abandonner ses études pour le suivre. D’ailleurs, l’adolescent ne rêve que de former un groupe de musique avec lui. Il lui donne même à écouter une chanson qu’il a composée lui-même. Pourtant, Arata, jaloux du talent de son petit ami, délaisse la guitare. Et son sentiment de culpabilité augmente face à l’inquiétude du père de Shiina pour l’avenir de son fils insouciant.

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries palpitantes. J’adore cette série! Le couple est attachant. J’apprécie également l’univers musical décrit qui englobe aussi bien les musiciens que la production, les salles de concert. Certains lecteurs seront tentés de comparer cette série à Given de Katsuki Kizu. Pour ma part, je trouve que les registres sont totalement différents. Je classerais plus Given dans les romances lycéennes et jeunes adultes avec, au centre, un chanteur de talent qui permet à un groupe de percer, alors que Les caprices du jaguar se rapproche plus de la tranche de vie de trentenaires dans le monde musical en général avec un groupe dans l’expectative du retour de leur guitariste de génie.

Les caprices du jaguar 1 – Unohana

les caprices du jaguar 1 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776575
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784908757594 (JP)
J publishing, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Découvrez la légende de Peg et de son talentueux guitariste.

Unohana sensei présente une relation tortueuse entre deux anciens membres d’un groupe de rock. Elle alterne entre le passé et le présent, permettant de découvrir au fil des chapitres ce que sont devenus les anciens membres mais également comment la relation a débuté entre Shiina et Arata. Elle décrit assez bien l’univers musical et donne divers exemples de reconversions. Malgré leur succès, les membres restent humbles. En effet, le talent de Sôjun semble fragilisé par son inconstance. Il fonctionne de manière cyclique. L’auteure centre la narration sur Asô. Elle dépeint avec finesse la complexité des sentiments de ses personnages, leurs questionnements et leurs hésitations. Elle développe également l’évolution des sentiments entre ses deux héros, entre jalousie, possessivité, attirance. Ainsi, Arata devient le point de stabilisation de Shiina mais le manque de communication franche entre eux pollue leur relation.

La mangaka a un trait anguleux, légèrement épuré. Elle le simplifie pour renforcer les expressions. Elle représente également les personnages en semi SD, comme des poupées aux têtes arrondies et des corps tous fins dans les passages humoristiques. On les retrouve également en fin de chapitre. Les petits gestes et les regards sont détaillés. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Unohana sensei utilisent des angles de vue plutôt recherchés, rendant la mise en page dynamique. En plus, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Après trois mois d’absence, le musicien Shiina Sôjun débarque chez Asô Arata, rédacteur du magazine Rock et people, en lui réclamant de la nourriture et des câlins. Il y a trois ans, le talentueux guitariste a mis brusquement fin à leur groupe Peg et depuis, il erre à travers le monde, jouant parfois dans des groupes. Cependant, il revient toujours recharger ses batteries auprès de son amant. Arata n’ose pas le priver de sa liberté, malgré ses sentiments, mais s’inquiète pour sa carrière.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. La balance entre le présent et le passé est équilibré, rendant la lecture agréable. De même, la relation entre Shiina et Arata prend aux tripes. Et j’adore le caractère versatile de Jinza Masaki. J’ai l’impression de ressentir la passion musicale de Peg. Cette série fait palpiter mon cœur!

Jealousy 3 – Scarlet Beriko

jealousy 3 scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375062371
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666889 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La jalousie peut également mener à la trahison.

Comme le laisse supposer la jaquette, Scarlet Beriko sensei consacre ce tome à Asoda. Elle révèle son passé, sa relation ambigüe avec Rogi et dépeint avec finesse sa jalousie grandissante prête à exploser à tout moment. En plus, la rigueur et le respect de la hiérarchie de l’homme de main l’empêchent de faire des compromis avec Uichi. Ainsi, à cause d’une logique différente et une apparente facilité, personne ne remarque le travail effectué derrière les efforts du marginal. L’auteure introduit un autre yakuza au caractère particulier, avec un sens aigu de l’observation, Matsumi. Par ailleurs, elle bouscule un peu Akitora qui s’interroge sur les différences entre son attirance pour sa femme et celle pour Rogi. Elle arrive également à transcrire la noirceur humaine en quelques remarques.

Malgré un trait épuré, la mangaka conserve un style très réaliste. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Elle utilise rarement les trames d’ambiance qui se font discrètes. Toutefois, comparé au tome précédent, les décors situent principalement l’action. La mise en page est également plus dynamique. Scarlet sensei découpe toujours les actions principales. Et elle n’hésite pas à mettre en avant ses personnages en les sortant des cadres. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, toutefois moins nombreuses.

En résumé

Quand il a débuté dans la pègre, Asoda était assigné aux tâches ingrates comme nettoyer les toilettes. Pourtant, il est devenu l’homme de confiance d’Akitora un peu par hasard, en lui donnant un bon conseil pour faire fortune dans le trafic de cartes téléphoniques. Depuis que son patron s’est disputé avec Rogi, il est chargé de s’en occuper mais son comportement l’énerve. Pourtant, le jeune homme fait preuve d’efficacité en proposant un plan audacieux de placement en bourse. Malgré les réserves d’Asoda, Akitora décide de faire confiance au nouveau. Espérant faire comprendre à Rogi que son caractère est un frein à son intégration, il lui demande de convaincre une personne âgée à vendre son terrain. Cependant, à sa surprise, ce dernier réussit. De son côté, Akitora rend visite à son père, sorti récemment de prison, mais leur vision trop différente du business ne fait qu’augmenter la tension entre eux.

En conclusion

Ce tome aborde un tournant dans le récit tout en continuant à décrypter les différents liens entre les personnages. J’ai été très surprise par l’image totalement différente d’Asoda comparé à Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Mais précisément, cela me donne encore plus envie de découvrir la suite.

Jealousy 2 – Scarlet Beriko

jealousy 2 scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061596
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666438 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Toi et moi, on vibre au même rythme. »

Scarlet Beriko sensei continue à s’intéresser aux différentes formes de la jalousie: possessivité, peur de perdre sa place, solitude. Après un premier tome installant les liens, elle décrit l’évolution des différentes relations entre ses personnages. Ainsi, elle aborde le désir et un amour érotique. Les sentiments oscillent entre passion et instabilité, haine et admiration. Par exemple, Rogi se retrouve désarmé face à Asami qui l’a immédiatement cerné. Elle le considère comme un enfant esseulé en quête de reconnaissance et d’amour. Par ailleurs, l’auteure met en avant Akitora. Elle montre les différentes méthodes des yakuzas pour faire du chiffre: chantage, bourse, manipulation, investissement, pot de vin. Elle approfondit également un peu plus la psychologie de ses personnages. Akitora et Rogi sont irrémédiablement attirés car ils ont à peu près le même caractère: foncer sans réfléchir, aimer le danger.

La mangaka a un trait épuré et joue sur les pleins et les déliés, donnant un peu d’épaisseur aux contours. Elle simplifie les expressions ajoutant une touche humoristique. Malgré un style réaliste, elle varie les trames et détaille les décors mais les efface pour mettre en avant l’action. Bien que la mise en page semble plutôt classique, son découpage cinématographique décortique les mouvements. Scarlet sensei utilise les cadrages et les angles de vue pour éviter de trop censurer les scènes érotiques. Les fines bandelettes blanches cachent à peine les parties génitales. A la fin du chapitre 8, 4 yonkoma présentent avec humour comment Rogi, Tora et Asami essaient de tuer le temps durant leur cohabitation.

En résumé

Poignardé par Handa Futoshi du clan Yayoi qui avait laissé exploser sa jalousie, Ôyamato Akitora le tue à coups de poing. Averti par son ami coiffeur, il retrouve ensuite Rogi Uichi (21 ans) qui s’est réfugié dans le salon de coiffure. Bien que le désinvolte amant ait utilisé le nom de la famille Hanamura, entraînant cette chasse à l’homme, le yakuza préfère le garder dans un appartement. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, ayant cédé à leurs pulsions, Asami, la femme d’Akitora, débarque avec leur fils Tatsuyuki…

En conclusion

Ce tome n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs l’ont cité parmi les meilleures séries palpitantes. Décidément, Rogi est un vrai nid à problèmes. A cause de son comportement marginal, je n’arrive pas à deviner ce qu’il prépare, ni ses réactions. L’auteure arrive vraiment à me surprendre à chaque fois. Par ailleurs, j’adore Asami et j’admire sa force de caractère. La mangaka déploie tout son talent dans cette série!

Jealousy 1 – Scarlet Beriko

jealousy 1 scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061213
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665875 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Rogi est prêt à tout pour devenir membre du clan Ôyamato.

Scarlet Beriko sensei développe le passé du yakuza Rogi, permettant de comprendre son comportement actuel. Par moment, elle revient dans le présent pour montrer l’évolution de la famille et faire un petit parallèle avec la situation de Médor. Ce dernier apporte justement un peu d’humour. De même, le comportement puéril et extrême d’Uichi entraîne des situations amusantes. Le manipulateur a une personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il semble tromper son ennui en suivant uniquement ses instincts, n’obéissant qu’à ses propres principes. Il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs et ne respecte pas les limites. Ainsi, l’auteure encadre son héros d’autres personnalités fortes. Elle s’intéresse à la jalousie, décrivant avec finesse comment ce sentiment naît mais également comment il s’exprime. De même, elle dépeint parfaitement les sentiments complexes et contrastées qui touchent les personnes fréquentant le marginal.

La mangaka a un trait légèrement plus doux que dans Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Elle conserve tout de même un style réaliste malgré un trait fin épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors s’effacent pour mettre en avant les personnages ou les actions. La mise en page alterne entre classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle met en avant le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Alors que Rogi Uichi accompagnait sa fille Reika à son cours de danse, un jeune homme se jette devant la voiture. Le yakuza décide de l’éliminer mais face à son monologue pour survivre, il l’épargne à condition qu’il s’excuse auprès de la fillette. Comme Hachi demande à être appelé Médor, la jeune fille souhaite alors le garder à la maison comme chien. Cette mésaventure rappelle alors au yakuza sa rencontre avec Ôyamato Akitora. Alors qu’il avait une relation sado-masochiste avec un écrivain, Akitora les avait surpris en train de jouer à la roulette russe en venant réclamer de l’argent emprunté. Rogi reconnaissant son ami d’enfance, Asoda Takashi, lui demande alors de le détacher…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. J’ai du mal avec la personnalité de Rogi mais j’apprécie tellement la narration et les aventures créées par l’auteure que j’arrive à passer outre. En plus, le dessin est magnifique.