Take over zone 2 – Minase Masara

take over zone 2 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806876
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784199604515 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je trouve ça génial de courir en équipe! »

Minase Masara sensei continue à développer la relation amoureuse entre Hashimoto et Konno. Elle sème quelques difficultés à surmonter, comme l’entrainement intensif ou des triangles amoureux. Elle s’intéresse au manque de communication, à l’installation du doute dans un jeune couple. Bien que Mizuki ait surmonté son traumatisme, sa peur surgit selon certaines circonstances. En se confiant petit à petit, il permettra à son entourage de s’adapter et de le soutenir. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence du moral sur la concentration et les résultats sportifs. Elle met surtout en avant l’importance de la cohésion de l’équipe dans le relais. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre une anecdote amusante sur les personnages secondaires: Yamauchi fait les frais de l’enthousiasme d’Ogasawara.

La mangaka a un trait léché, anguleux et épuré. Elle dessine des personnages sveltes. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les passages humoristiques, aplatissant ses longs mentons. Les décors situent principalement l’action. De même, les trames servent surtout à colorer ou à indiquer les contre-jours. Toutefois, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique, en particulier dans les séquences de sport, avec des angles de vue très variés. Dans les scènes érotiques, Minase sensei évite de montrer les parties intimes en jouant sur les cadrages. Par ailleurs, elle représente des scènes de camaraderie dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Après les qualifications pour le tournoi, Hashimoto Mizuki, fiévreux, se lie corps et âme avec Konno Eishi, surmontant sa peur. Son partenaire d’abord hésitant, reste à son écoute. Depuis le rapprochement des deux amoureux, Yamauchi et Ogasawara se sentent alors un peu délaissés. Pour préparer le tournoi du Kantô, le club d’athlétisme ira en camp d’entraînement avec l’université Hakuhô, profitant au passage de leur équipement ainsi que des conseils de leur coach spécialisé. Mais parmi les étudiants, Nashida se montre très familier avec Konno. Mizuki a donc du mal à contenir son inquiétude.

En conclusion

L’alternance entre romance et sport donne un ton particulier à ce BL. Une lecture agréable et distrayante procurant de belles émotions!

Take over zone 1 – Minase Masara

take over zone 1 minase masara
MINASE Masara 水名瀬雅良
ISBN: 9782351806722
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784199604171 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Surmonter un traumatisme grâce à la passion et l’amour.

Minase Masara sensei offre une romance dans le milieu sportif scolaire. Elle intègre la possible formation d’autres couples autour des deux héros. Elle développe également des personnalités intéressantes. Par exemple, Yamauchi est à la fois manipulateur et bienveillant. Les entrainements intensifient les sentiments entre rivalité, admiration, attirance. De même, les quelques explications sur les spécificités de l’athlétisme apportent un plus à l’histoire. Ainsi, l’auteure utilise les ficelles classiques du récit sportif: le surpassement de soi, l’esprit d’équipe. A travers Mizuki, elle montre l’influence, sur les sportifs en devenir, d’une ambiance différente entre une équipe soudée, bienveillante et une équipe privilégiant les performances entrainant l’isolement. Par ailleurs, elle aborde la difficulté à se reconstruire après un traumatisme. L’histoire bonus apporte une anecdote amusante sur les autres membres de l’équipe.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des mentons longs et proéminents. Elle varie les angles de vue, surtout dans les illustrations en début de chapitre. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors sont présents. Par contre, les lignes d’action restent discrètes. La mise en page est dynamique. Pour l’instant, Minase sensei ne détaille pas les scènes érotiques. Elle reste même pudique sur les attouchements qui apparaissent en flash-back.

En résumé

En cours de sport, Hashimoto Mizuki se fait remarquer par un bon chrono au 100 mètres. Sentant qu’il cache ses capacités, le professeur Wada lui demande alors de refaire une course avec Ogasawara, membre du club d’athlétisme. Mais le lycéen bat l’athlète sans difficulté. Depuis, Ogasawara essaie de le recruter dans le club. Wada, responsable du club d’athlétisme, et le capitaine du club Takashima, tentent également de le convaincre. Sur le terrain, Mizuki semble reconnaître Konno Eishi qui s’entraine au saut en hauteur. Effectivement, il pratiquait le sprint au collège et avait même participé à un tournoi national mais il a arrêté brusquement. Le taquin Yamauchi lance alors un défi au nouveau: si il bat Konno, il intègrera le club. Pourtant, frustré d’avoir perdu, Mizuki ne peut s’empêcher de provoquer à nouveau son adversaire…

En conclusion

Je trouve Mizuki trop adorable dans ses réactions. Minase sensei reste pudique dans le traitement du traumatisme mais rend parfaitement le malaise ressenti. Les BL en milieu sportif étant rares, c’est une lecture appréciable d’autant plus que l’aspect sportif prime sur la romance.

La forêt aux lapins 2 – Enjo

la foret aux lapins 2 enjo
Enjo 苑生
ISBN: 9782382760802
Hana, 2021
ISBN: 9784813032731 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les tourments de l’amour de deux amis d’enfance.

Enjo sensei décortique la relation qui se transforme entre Tamaki et Shunta. Elle alterne la narration entre les deux adolescents, partageant leurs réflexions. Yuminaga a clairement conscience de céder constamment aux demandes de son ami. D’ailleurs, Shunta en profite sciemment pour le forcer, regrettant à chaque fois d’imposer ses pulsions. Comme son ami a développé une aversion de tout ce qui a trait au sexe, le consentement dans leurs rapports semble constamment en équilibre sur un fil tendu, souvent à la limite du tolérable. Ainsi, l’auteure pose un regard assez large sur la sexualité. Elle installe une frontière entre le sentiment amoureux considéré comme pur et l’acte sexuel ressenti comme négatif. Plus que l’homosexualité, elle interroge sur l’attirance entre hommes. D’ailleurs, les personnages secondaires, comme le sex friend de Shun, Takumi, et les salarymen Yamanobe et Matsuyama apportent un regard différent.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle dessine des corps finement musclés. De même, elle détaille les petits gestes et les regards. Le trait se simplifie dans les passages humoristiques: par exemple, les yeux se résument à deux points mais cela donne une bouille trop mignonne aux personnages. L’utilisation des trames est équilibrée. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture, avec parfois des passages très séquencés. Dans les scènes érotiques, Enjo sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Comme dans le tome précédent, l’illustration couleurs de la couverture utilise une gamme dominante de tons, du plus bel effet.

En résumé

Même s’ils ont décidé de sortir ensemble pendant un an, Yuminaga Tamaki s’interroge sur sa relation avec Shii Shunta. En effet, il remarque que ses sentiments avec son ex, Hanaoka, ont complètement changé dès qu’elle devenait plus charnelle. Prisonnier de ses promesses depuis l’enfance, il ressent du dégoût pour le sexe en général. Quand Shii vient le chercher à la sortie du travail pour un rencart improvisé, il réalise que le terme le dérange plus que la situation-même, peu différente de leurs habituelles sorties. Son ami l’invite donc à réfléchir au sentiment amoureux et à profiter simplement du délai fixé. Mais quand il lui impose un baiser langoureux au lieu de leur bécot habituel, Yuminaga prend peur. Shunta essaie donc immédiatement de se faire pardonner.

En conclusion

L’auteure a une approche narrative merveilleusement bien maîtrisée. En plus son graphisme est un délice pour les yeux. Je me retrouve à la fois à détester et apprécier Shii, réprouvant son comportement, puis lui pardonnant en constatant ses profonds regrets. Un récit à lire et relire.

Your story I have known – Suzuki Tsuta

your story I have known suzuki tsuta
SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782351807385
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784812470282 (JP)
Takeshobo, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Un recueil de tranches de vie mettant en avant les réactions face à une déclaration d’amour.

Suzuki Tsuta sensei explore les réactions lors d’une déclaration d’amour d’un homme envers un autre homme. Elle aborde la réflexion sur l’amour homosexuel, les hésitations, le rejet ou l’acceptation, l’évolution des sentiments. Le premier récit qui donne son titre au manga présente par tranches de vie l’évolution de la relation entre Shibusawa et Matsumoto. Malgré sa tête d’ange, Haato arrive à imposer petit à petit ses sentiments à Shibusawa qui semble s’accrocher désespérément à l’hétérosexualité. Pourtant, il réalise parfaitement son attirance. L’homme de main, Toshi, apporte une touche d’humour. Par la suite, l’auteure développe des histoires courtes en un chapitre. « Oignons sautés » met en scène deux crétins amoureux qui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs désirs. Le troisième récit, avec sa touche fantastique, aborde la peur de l’influence de la solitude sur les sentiments. « Vole les yeux de dieu » questionne sur l’amour et la peur du regard des autres.

La mangaka dessine des personnages sveltes finement musclés. Elle a un trait légèrement fin et anguleux, qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques. De même, elle marque parfaitement l’âge des protagonistes par quelques rides. Les décors situent l’action mais sont soignés. Les trames d’ambiance renforcent surtout les émotions fortes. Par ailleurs, le travail général des trames est équilibré. La mise en page est simplement dynamique. Suzuki sensei ne censure pas réellement les scènes érotiques, mais elle évite de montrer les parties intimes en détail. De plus, avec le format court, ces passages sont très succincts. La postface révèle quelques secrets de création. Sous la jaquette, une illustration répond à la couverture. Au verso, un questionnaire amusant pour les lecteurs les invite à fantasmer sur la création de couples.

En résumé

Your story I have known / Our story I have known / My story you have known: Matsumoto Haato demande à Shibusawa de l’intégrer dans le clan de yakuza quand il aura fini ses études. Le lycéen, maltraité par sa mère, s’est attaché à cet homme qui s’occupait de lui quand il fréquentait sa mère. Mais le mafieux refuse catégoriquement. Néanmoins, il l’autorise à se réfugier chez lui quand cela ne va pas, n’arrivant pas à se détacher de l’adolescent. Quand ce dernier l’embrasse fou de joie, il décide de revoir également son éducation…
Oignons sautés: Negishi Taku (17 ans) a déclaré son amour à son ami d’enfance Wada Tamao (17 ans). Mais depuis, Tama le trouve beaucoup trop entreprenant…
Si ma voix te parvient: Saitô Zengo, le fantôme d’un samouraï, veille sur Shôta, un lycéen bagarreur…
Vole les yeux de dieu / Bonus: Depuis que Wakatsuki lui a fait une déclaration d’amour, de douloureux souvenirs hantent Narasaki. En effet, au lycée, ce dernier avait eu des paroles blessantes envers son ami d’enfance, amoureux de lui.

En conclusion

Avec ce recueil, l’auteure arrive malgré le format court à présenter différentes questions sur l’amour homosexuel. Même si elle n’approfondit pas le sujet, elle montre l’essentiel des premières réactions, souvent blessantes ou équivoques. J’aime particulièrement le récit principal et « Vole les yeux de dieu ». Une lecture divertissante, agréable mêlant romance et humour.

Jealousy 4 – Scarlet Beriko

jealousy 4 scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375062913
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667480 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Quand la jalousie oscille avec la haine.

Scarlet Beriko sensei met maintenant en avant Matsumi. Elle dépeint avec finesse la noirceur du yakuza qui n’a aucune considération pour ses hommes. Sous son visage plutôt doux, il cache une personnalité froide et cruelle. Son complexe envers Akitora semble le consumer. Ce tome, plus violent que le précédent, expose les diverses méthodes de manipulation utilisées par les mafieux, comme par exemple la torture, le kidnapping, les tournantes. De même, il y a beaucoup d’action et de suspense. Par ailleurs, l’auteure décortique les différentes manifestations et causes de la jalousie à travers Asoda, Akitora et Matsumi. Elle fait également évoluer Uichi, qui prend conscience des conséquences de son comportement immature. Elle continue aussi à dévoiler les sentiments profonds des protagonistes, interrogeant sur la loyauté, l’ouverture d’esprit, la haine et les relations. L’histoire bonus détend l’atmosphère pesante avec une anecdote sur la conception de la couverture.

Le trait léché de la mangaka conserve une touche réaliste. Elle varie les trames avec beaucoup d’équilibre. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Scarlet sensei ajoute quelques effets intéressants. Par exemple, la représentation des rêves illustre graphiquement le caractère des personnages. Ainsi, le style doux et vaporeux du rêve de Rogi contraste avec celui très réaliste d’Akitora. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. On peut admirer la finesse du tatouage de Matsumi au dos de la couverture.

En résumé

Le patron du clan Ôyamato se meurt, mais son fils essaie de le maintenir en vie de force. Même si Matsumi a kidnappé Rogi Uichi, ce dernier obéit docilement à ses demandes, trop content de pouvoir se venger d’Akitora. De retour à la résidence Hanamura, l’homme farfelu tente de prouver son innocence grâce à un enregistrement audio. Mais malgré les preuves, son amant refuse de punir Asoda, le considérant comme un membre de la famille. Vexé par la différence de traitement d’Akitora qui ne l’intègre toujours pas, Rogi trouve à nouveau refuge auprès d’Ôyamato Matsumi. Mais alors qu’ils se promenaient ensemble, Akitora laisse exploser sa jalousie en les croisant. Son frère jubile à l’idée d’avoir enfin trouvé son point faible…

En conclusion

En révélant d’autres facettes de ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à reconsidérer leur approche envers eux. Pour ma part, j’apprécie de plus en plus Asoda qui semble très humain malgré ses contradictions. L’analyse de Scarlet sensei des relations humaines et des sentiments est d’une telle finesse! Attention, les passages violents pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Ce tome se termine sur un suspense insoutenable, ne laissant rien transparaître du développement à venir.

I hate – Natsume Kazki

I hate natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775714
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784864422178 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des retrouvailles entre des amis qui se sont perdus de vue.

Natsume Kazki sensei suit deux couples d’amis qui s’étaient perdus de vue et se retrouvent après quelques années. Pour un premier manga, elle maîtrise déjà son scénario et son graphisme. Elle s’intéresse à la nostalgie, aux sentiments suspendus, à la définition de l’amour. Les deux récits se basent au départ sur une même intrigue, avec un des partenaires amoureux depuis le début et l’autre qui n’arrive pas à cerner ou admettre ses sentiments. De même, la narration alterne entre les personnages. Toutefois, l’auteure diversifie les caractères des personnages et s’attarde sur leurs sensibilités pour offrir des relations différentes. Elle met en avant des collègues taquins et protecteurs qui permettent aux héros d’avancer et de réfléchir à leurs sentiments. Ainsi, Aoe a peur du changement et Hirose a du mal à assumer son homosexualité. En fin de tome, elle regroupe les deux couples d’amis pour ajouter des anecdotes amusantes.

La mangaka a un trait reconnaissable, épuré, anguleux, fin mais avec une touche presque brute et acérée. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue sur les contrastes blanc et noir. Malgré une utilisation des trames équilibrée, les pages paraissent plutôt claires, presque dépouillées. Les décors sont pourtant présents. Par ailleurs, les cadres sont épais mais cela colle au style car les pages semblent parfois chargées. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques, avec des caches blancs sur les détails des parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages et donne une postface développant la création de ses récits.

En résumé

I hate / I love: A 27 ans, Hirose Nozomi est encore puceau. Il n’a même jamais embrassé une fille. Pourtant au lycée, il appréciait les baisers de son kiss friend Kiriya Kaoru. Mais un jour, son ami se montrant trop entreprenant, il a pris peur. Traumatisé, il a donc fui à Tokyo dès son diplôme obtenu et travaille maintenant dans un magasin d’ameublement. Devant s’occuper de la décoration d’un bar à hôtes, il retrouve par hasard Kiriya qui est devenu escort boy. Même s’il n’a pas envie de renouer avec lui, il ne l’a pourtant pas oublié depuis ces dix années…
No where, now here: Itsuki Aoe (27 ans) et Hinomoto Akaya (27 ans) sont amis d’enfance. Un peu asocial, Aoe est fonctionnaire dans sa région natale. Akaya, quant à lui, est devenu designer à Tokyo et commence à avoir du succès. Mais quand il revient dans sa région après cinq ans d’absence, Aoe n’hésite pas à prendre des congés pour passer du temps avec son ami. Alors que tout change autour de lui, le jeune homme a l’impression de stagner. Et il panique quand son ami l’embrasse bien que ce dernier ait toujours clamé son amour pour lui.
Love is here…? / About them: Dans le magasin de Hirose, Kiriya demande les goûts de son petit ami sur les oreillers, lui proposant au passage de s’installer ensemble. Ils croisent alors leurs amis du lycée Aoe et Akaya, également venus acheter une nouvelle literie…

En conclusion

Ce one-shot se classe huitième meilleure création de nouvel auteur au Chill chill BL award 2016. Je trouve très intéressant de partir d’un même plot pour proposer deux développements différents. Les personnages sont en plus attachants, leurs réactions réalistes. J’adore particulièrement le trait de l’auteure.

Akamatsu et Seven 3 – Shoowa et Okujima Hiromasa

akamatsu et seven 3 shoowa okujima hiromasa
SHOOWA
OKUJIMA Hiromasa 奥嶋ひろまさ
ISBN: 978238276307
Hana, 2021
ISBN: 9784253155373 (JP)
Akita publishing, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Une coloc entre mecs qui fait des étincelles! »

Dans la continuité du tome précédent, Shoowa sensei révèle enfin le lourd passé de Seven avant de recentrer sa série sur la colocation. Elle préfère donc s’attarder sur les relations humaines plutôt que l’action, ainsi que sur l’influence des liens tissés entre nos deux bagarreurs. D’ailleurs, les ambiances se mélangent donnant l’impression d’une fin précipitée. En effet, après des évènements tendus et dramatiques, l’atmosphère se détend grâce à une comédie délirante puis l’histoire d’amour reprend sa place avec un peu de romantisme. D’autre part, l’auteure arrive à rendre réaliste l’improbable. Elle montre la noirceur des trafiquants qui privilégient leur affaires avant tout et l’emprise qu’ils ont sur les membres de leur gang. Elle ajoute un peu d’humanité avec certains personnages qui conservent un bon fond, comme par exemple Sachiko.

Okujima Hiromasa sensei a un trait légèrement épuré mais léché. Il privilégie les stries et les hachures pour les ombres fortes. Par contre, il détaille les décors, très présents. Certains d’entre eux semblent même basés sur des photos. Les trames sont variées. La mise en page est dynamique grâce à la variation des angles de vue. Dans les scènes érotiques, le mangaka ne détaille pas les parties intimes. Il préfère se concentrer sur les sensations mais ajoute également une touche d’humour avec des métaphores. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre reprennent le thème principal développé sans pour autant révéler le contenu.

En résumé

Quand Akamatsu Aisuke se réveille le lendemain de son agression par Eight, Kanzaki Seven a disparu. Ce dernier a rejoint la bande de trafiquants pour qui il travaillait avant, suite aux menaces de son frère. Depuis, Aisuke, ne sachant pas où se trouve son colocataire, se morfond de son absence. Même si Seven a demandé de ne pas être mêlé au trafic de drogue, on l’oblige à jouer les gardes du corps durant les transactions. Il ne rêve donc que de s’enfuir à nouveau, mais craignant pour son ami, il finit par renoncer à vivre normalement. Un certain Sachiko vient, quelques jours plus tard, chercher les affaires du jeune homme chez Akamatsu. Mais devant sa mine déconfite, il se résout à lui révéler le passé de Kanzaki, espérant lui faire comprendre le danger. Toutefois, après avoir écouté son interlocuteur, le lycéen décide de sauver son colocataire.

En conclusion

Okujima sensei apporte vraiment une plus-value au récit, aussi bien graphiquement avec son style plus shônen que dans la sensibilité des personnages. C’est un crève-cœur de quitter cet adorable couple aussi tôt. Mais je recommande cette série à tout le monde.

L’étranger du zéphyr 4 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 4 kii kanna
KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782382760437
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784396785048 (JP)
Shodensha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Des beaux-parents et un adolescent en crise à gérer.

Kii Kanna sensei effectue un bon de cinq ans après le tome précédent. Elle s’intéresse principalement à la crise d’adolescence de Fumi. L’adolescent gère mal ses sentiments et déverse sa colère sur son frère. En effet, l’homosexualité de Shun étant devenue publique, les répercussions sur l’entourage se font sentir. L’écrivain a un passage à vide et manque encore plus confiance en lui. En plus, Mio se retrouve surchargé. Ainsi, l’auteure développe les difficultés d’un couple à entretenir la passion sur la durée, d’autant plus quand les activités quotidiennes dévorent les moments intimes. De même, elle met en avant l’influence de la cohabitation avec la belle-famille, entrainant des responsabilités supplémentaires. Pourtant, Mio et Shun semblent endurer sans trop de problèmes l’espacement des câlins grâce à la communication.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable, avec un trait épuré. Elle privilégie les stries et hachures pour les volumes, en plus de quelques trames, qui renforcent ainsi les contrastes noir et blanc. Elle exagère les expressions et apporte une touche d’humour. D’ailleurs, les animaux actifs en arrière-plan y contribuent également. Les décors sont tracés à la main, donnant un aspect chaleureux au dessin. La mise en page est dynamique. Kii sensei n’inclut pas de scènes érotiques car elle se concentre surtout sur Fumi et les problèmes de couple.

En résumé

Cela fait 5 ans que Hashimoto Shun (32 ans) est rentré chez ses parents à Hokkaido accompagné de son petit ami Chibana Mio. L’écrivain, qui fait une pause dans sa carrière, passe ses journées désœuvrées à ne rien faire. Il patiente tranquillement dans un game center lorsque Mio vient le chercher, chargé des sacs de courses. Depuis que Hashimoto Yuriko souffre de fatigue à cause de la ménopause, Chibana l’aide aux tâches ménagères en plus de son travail dans un garage. Comme il a encore préparé un curry pour le dîner, Fumi (13 ans) préfère aller à la supérette. En pleine crise d’adolescence, le jeune garçon s’énerve souvent contre le couple, en particulier Shun qu’il accuse de tous ses malheurs. Mais Sakurako, dont il est amoureux, arrive à le calmer. Elle le rassure même pour sa décoloration de cheveux ratée…

En conclusion

Toujours aussi précise et délicate sur les tranches de vie, l’auteure continue à s’intéresser à toute la famille Hashimoto et son interaction avec le couple de Shun et Mio. Les purs fans d’histoire de BL pourront être un peu frustrés par ce tome. Pour ma part, j’apprécie les différents sujets abordés, très ancrés dans la réalité.

Let’s be a family – Kurahashi Tomo

let s be a family kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375060865
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784801957398 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Qu’est-ce qu’une famille? Quand devient-on parent?

Kurahashi Tomo sensei explore les différents liens familiaux ainsi que la notion de famille à travers ses deux héros mais également leur entourage, avec Tomoe et Ayumi. Elle alterne entre humour et petits drames du quotidien, présentant des tranches de vie. En plus de l’organisation pour élever un enfant, elle aborde différents sujets comme l’homoparentalité, l’adoption, la relation à distance, la monoparentalité, les notions de père et mère. Ayumi est élevée dans un environnement bienveillant, ouvert et tolérant, entre ses parents de substitution homosexuels, l’ami de la famille travesti Shigeo, des grands-mères non liées par le sang mais présentes. Elle a le même caractère fort que sa mère. Kazuma et Chiaki se soutiennent mutuellement, communiquent et s’investissent dans l’éducation de la petite. L’auteure met en avant l’explication et la patience pour se faire accepter. Elle présente un peu le passé des trois amis d’enfance qui a donc forgé leur caractère.

La mangaka a un trait épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Comme elle utilise les trames avec parcimonie, les pages paraissent plutôt claires. En plus, les décors apparaissent principalement sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Dans les scènes érotiques, Kurahashi sensei censure les parties génitales par de grands caches blancs. Mais comme elle privilégie les sentiments et les discussions entre les personnages, ces passages sont peu nombreux et apportent même souvent une touche d’humour.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis déjà 8 ans, Kazuma ne veut pas habiter avec son petit ami Chiaki. Il essaie de ne pas se disputer avec lui alors qu’ils attendent leur amie d’enfance, Tomoe, dans un café. Ne l’ayant pas vue depuis plus d’un an, qu’elle n’est pas leur surprise de la trouver enceinte. Ayant toujours son esprit de liberté, elle leur annonce en plus ne pas connaître le père. Les garçons lui proposent alors de l’aider et accueillent avec bonheur la petite Ayumi. Un an après, Chiaki est tellement gaga de la petite qu’il n’arrête pas de lui acheter des vêtements. Mais un jour, Tomoe débarque, une valise à la main. La photographe de guerre veut repartir sur le terrain et confie donc sa fille à ses deux frères de cœur. Ils découvrent alors les difficultés à élever un enfant tout en travaillant tous les deux…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2018. Il est une ode à la famille en général. L’auteure reste constamment bienveillante avec ses personnages et pousse les lecteurs à réfléchir aux liens familiaux qui prennent diverses formes. Elle annonce dans sa postface qu’il y a même une adaptation en drama CD. J’adore ce titre réaliste qui est du pur bonheur à lire.

The monster exposed 1 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 1 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062531
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403666087 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Comment construire un couple solide quand le passé empêche d’avancer?

Ogeretsu Tanaka sensei développe un peu plus la romance de Shûna et Hayashida débutée dans The proper way to write love. Elle questionne sur le basculement de la violence, entre maltraitance, harcèlement moral, pression familiale et traumatisme. En parallèle, elle approfondit la psychologie de ses personnages. Ainsi, Ayumu s’avère plus fragile qu’il n’y paraît. Attirant les filles superficielles à cause de sa beauté, il effaçait sa véritable personnalité pour répondre à leur idéal. Mais pour Kan, il souhaite réellement s’investir et devenir un soutien. L’auteure aborde la peur de blesser son partenaire physiquement ou psychologiquement, la difficulté d’une relation à distance, l’inquiétude sur l’avenir. Elle offre un chapitre sur Mayama et Yumi. Dans le livret Azami, elle décrit avec plus de précision comment et pourquoi Hayashida a basculé dans la violence. Malgré des sentiments palpables, le couple a du mal à avancer pour l’instant.

La mangaka a un trait épuré qu’elle n’hésite pas à simplifier dans les passages humoristiques, allant jusqu’à représenter ses personnages en SD. Elle dessine des corps finement musclés qui contrastent un peu avec la douceur des visages ovales. Ses contours sont parfois très épais. Il y a beaucoup plus de trames et de décors que dans Love whispers, even in the rusted night. Les flash-back se repèrent facilement avec leur fond noir. Toutefois, les souvenirs s’intercalent souvent au récit, demandant un petit peu de concentration à la lecture. La mise en page est dynamique. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. D’ailleurs, elle ajoute parfois un mignon visage au pénis. Le lettrage de JF Leyssène respecte bien le rendu de la violence des mots dans les pages où le texte envahit l’image.

En résumé

Shûna Ayumu couche régulièrement avec son supérieur Hayashida Kannosuke, depuis qu’ils sont devenus sex friends après une soirée arrosée. Toutefois, le jeune salaryman s’étonne de s’attacher de plus en plus à Kan. Mais quand il essaie de montrer ses sentiments, son partenaire préfère fuir. En effet, ce dernier cache de lourdes blessures psychologiques ayant, par le passé, violenté son ex petit ami Yumi. Shûna, de plus en plus curieux du passé de Hayashida, n’ose pourtant pas l’interroger alors qu’il souhaite de tout son cœur le soutenir. Mais voilà que la société le mute pendant deux ans à Ôsaka.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. Shûna Ayumu est classé cinquième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. L’auteure continue à aborder le thème de la violence conjugale en s’intéressant à la reconstruction difficile de Hayashida, hanté par son passé. Je trouve intéressant de développer également la vision du responsable des actes de violence. J’ai maintenant envie d’encourager Shûna. Vivement la suite!