Kachô fûgetsu – beauties of nature 5 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062852
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403665196 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je vous en supplie… Rien qu’une fois… Est-ce que vous voudriez bien m’embrasser? »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse aux circonstances de la mort de Katsuya, le frère de Yômei. Elle délaisse un petit peu la romance, intégrant beaucoup d’actions. Elle montre le côté sombre de l’univers des yakuzas à travers le comportement de Niwa, qui n’hésite pas à impliquer Itokawa Kazuto dans son chantage. De même, Kiriya semble chercher une reconnaissance à travers la violence. Par ailleurs, les flash-back sèment quelques indices. En revanche, la perversité de Hitomi Masataka, qui s’exprime de plus en plus ouvertement, vient détendre un peu l’atmosphère. D’ailleurs, l’auteure aborde sans détailler les liens amicaux entre le médecin, le yakuza et l’avocat Zaizen. Elle développe l’évolution des liens entre les protagonistes. Ainsi, Yômei et Hizuru se rapprochent. De même, Ito exprime plus naturellement ses désirs, acceptant le côté pervers de son petit ami. Par contre, Zaizen et Kiriya semble entretenir une relation complexe.

La mangaka a un trait épuré anguleux mais fin. Elle détaille les petits gestes, portant surtout attention aux humeurs et sentiments des personnages. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle détaille peu les parties intimes.

En résumé

Tsujimoto Yômei ayant deviné que les tags sur la maison de Tôko était une diversion fomentée par Kiriya, demande des comptes. Ce dernier finit donc par lui révéler le nom de l’assassin de son frère. De son côté, Niwa ordonne à Sano Hizuru d’éliminer le tueur, un membre du clan, avant son maître. Mais quand le jeune homme se rend au bureau principal, il y croise Yômei, hagard. Après avoir été ensemble au restaurant, ils retournent ensemble à l’hôtel. Prêt à donner sa vie pour son maître, Hizuru lui demande alors deux faveurs: quitter le clan et un baiser d’adieu.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Sano Hizuru est classé vingt-quatrième meilleur uke. Shimizu sensei termine son récit sur un suspense intenable. Comme à son habitude, elle développe les psychologies de ses personnages avec finesse. D’ailleurs, j’adore leur évolution. Beaucoup de tensions dans ce volume, mais quel plaisir!

Proposition idéale – Tsurukame Mayo

proposition ideale tsurukame mayo
TSURUKAME Mayo 鶴亀まよ
ISBN: 9782382760604
Hana, 2021
ISBN: 9784796413831 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu m’as oublié, hein? Tu m’avais pourtant promis de m’épouser. »

Tsurukame Mayo sensei reprend le thème classique de la romance entre amis d’enfance perdus de vue. Toutefois, elle y ajoute une touche originale en s’intéressant au surmenage, au harcèlement au travail et à la perte de confiance en soi. Elle concentre la narration sur Hirokuni qui réfléchit beaucoup et analyse ses moindres émotions. La colocation entre les deux amis leur permet ainsi de redécouvrir les qualités et les défauts de chacun. Kaï respecte le rythme de Hiro et se montre prévenant malgré un caractère parfois impertinent. D’ailleurs, l’auteure le rend très attachant en révélant son passé difficile et son caractère un peu résigné. Elle met également en avant l’influence du moindre soutien sur la motivation, à travers le chef de projet Kaneko ou le restaurateur Kenji. La relation s’établit sur des discussions et l’acceptation des sentiments. Le chapitre bonus permet de voir ce que sont devenus les personnages.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Certes, son style paraît assez commun mais dégage tout de même un charme agréable. L’utilisation des trames est équilibrée. De même, quelques trames d’ambiance viennent renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back s’entremêlent au présent mais restent facile à deviner. La mise en page est efficace. Tsurukame sensei évite de montrer les parties intimes dans les scènes érotiques. Par ailleurs, elle intègre bien le rendu de la durée en développant principalement une certaine complicité.

En résumé

Surexploité par le patron de son entreprise de développement d’applications numériques, Itari Hirokuni cumule les heures supplémentaires, travaillant même le dimanche. Un samedi soir, il s’effondre dans la rue mais est pris en charge par Fukaya Kaï, un ami d’enfance qui venait justement à sa rencontre. Bien qu’il ne l’ait pas vu depuis 10 ans, ce dernier lui demande de l’héberger temporairement, ayant récemment perdu son emploi. D’ailleurs, la mère de Hiro, inquiète pour son fils, lui a même confié le double des clés. Enfant, Kaï avait promis à Itari de se fiancer avec lui. Et maintenant, il lui avoue être gay et lui promet de ne pas le séduire pour l’instant. D’abord hésitant, le salaryman cède rapidement aux bons petits plats que lui prépare son ami qui s’amuse à prendre soin de lui…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place au classement du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. J’apprécie énormément la chaleur humaine qui se dégage de ce titre, comme des personnages. Cela donne envie de leur faire des câlins, de les encourager. La romance s’installe doucement, presque naturellement. Pour ma part, c’est un coup de cœur qui m’invite à suivre l’auteure.

No doubt lilac – Kuki Wakame

no doubt lilac kuki wakame
KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782382760628
Hana, 2021
ISBN: 9784801971110 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ces deux pièces dépareillées commencent à s’assembler. »

Kuki Wakame sensei offre une romance entre deux amis d’enfance aux caractères opposés. Pour son deuxième manga, elle maîtrise mieux l’enchainement des évènements et insuffle beaucoup de sentiments. Ce spin-off de Inside full bloom permet également de découvrir ce que sont devenus Keigo et Kanaru, à travers plusieurs chapitres qui leur sont consacrés. D’ailleurs, les relations, plus tendres, se déroulent dans le consentement, la discussion. L’auteure dépeint avec finesse l’amour pesant et douloureux de Kyôsuke. Elle alterne la narration entre ses héros, partageant leurs questionnements. Ainsi, elle aborde divers sujet comme la différence entre amour et amitié, la difficulté à se déclarer, la peur du changement dans une relation harmonieuse. Le côté fonceur et un peu naïf d’Ataru le rend très attachant comparé à la lâcheté de Kyôsuke.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, plutôt de style shôjo. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques et n’hésite pas à le déformer. Par exemple, elle dessine des bouilles amusantes toutes arrondies avec des yeux écarquillés qui occupent plus de la moitié du visage. Ses personnages ont en plus la larme facile. Le travail des trames est équilibré et les trames d’ambiance se font très discrètes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique s’attarde sur les détails. Kuki sensei ne censure par les scènes érotiques. Elle marque la fin des chapitres par des décorations fleuries stylées, avec parfois un des personnages posant avec des lunettes. En fin de tome, un yonkoma offre une anecdote amusante avec Keigo et Kana. La couverture est classée quatrième au classement du Chill chill BL award 2021.

En résumé

Ono Kyôsuke attend son ami Shibusawa Ataru après les cours. Depuis qu’il l’a aidé à finir ses grues en origami, ils sont devenus inséparables malgré quelques disputes. Pourtant, en grandissant, Kyôsuke réalise qu’il est de plus en plus attiré sexuellement par son ami. Mais il préfère garder ses sentiments secrets. A la fin du lycée, il pense choisir une université éloignée pour prendre de la distance. Toutefois, comme Shibu refuse de se séparer de son ami, il lui demande alors de l’aider à réviser…

En conclusion

Je suis complètement sous le charme de ce couple. Je trouve que les évènements s’enchainent bien et apprécie le style de l’auteure. En plus, l’évolution positive du couple de Keigo et Kana fait plaisir à voir. Un coup de cœur! Alors n’hésitez pas à découvrir ce titre!

Old fashion cupcake – Sagan Sagan

old fashion cupcake sagan sagan
SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382125120
Akata, 2021
ISBN: 9784813032472 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Les regrets, parfois, c’est le carburant de la vie, ce qui attise l’envie de devenir heureux. »

Sagan Sagan sensei narre une douce romance entre deux salarymen. Elle s’appuie principalement sur le point de vue de Nozue qui a un peu perdu goût à la vie. Elle s’intéresse donc à la lourdeur répétitive du quotidien, l’étiolement des passions, la peur du changement quand on est pris dans une routine rassurante. Notre héros porte un regard pessimiste sur sa vie. Togawa, amoureux de son supérieur, va chambouler petit à petit ses habitudes. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments de Nozue, ses hésitations. Elle aborde les questionnements du quadragénaire, comme la différence d’âge, le cadre rigide hiérarchique ainsi que l’image de la société sur l’homosexualité. Elle met également en avant les freins qu’un adulte se crée lui-même, la témérité perdue de la jeunesse et la nécessité de construire soi-même le bonheur.

La mangaka a un trait anguleux et fin, assez particulier. En effet, elle le dédouble parfois et il conserve un aspect tracé, légèrement tremblant. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. De même, les décors sont présents et soignés. D’ailleurs, les chapitres débutent sur l’introduction de l’environnement par de petites vignettes souvent silencieuses, plutôt rares. Cet aspect puzzle se retrouve également dans la mise en page, avec des cases aux formes strictes. Cette absence de fantaisie apporte en réalité un plus au récit, renforçant son réalisme et rappelant la rigueur de la vie adulte. Un fond gris signale discrètement les flash-back. Par ailleurs, Sagan sensei découpe les mouvements en jouant sur les zooms, les plongées et contre-plongées tout en insufflant une touche cinématographique. Elle représente les scènes érotiques de loin, ne montrant donc pas les parties intimes grâce aux angles de vue.

En résumé

Nozue (39 ans) mène actuellement une vie de célibataire monotone entre le travail et la maison. Il porte même un regard indifférent à sa carrière, ne s’investissant plus dans les projets qui pourraient lui procurer une promotion. Pourtant, ses collègues apprécient son efficacité et sa bienveillance. Sa supérieure, Kirishima, essaie de le remotiver en l’invitant à une soirée de rencontres. Mais Nozue refuse, trouvant les échanges avec des inconnues trop fatiguant. Un jour, Togawa Minoru (29 ans) l’invite à manger des pancakes dans un salon de thé à la mode, suite à une remarque du futur quadragénaire qui admirait la joie de vivre des lycéennes. En fait, le jeune subordonné souhaite lui redonner le sourire en jouant les adolescentes qui parlent de tout et de rien et s’amusent à faire des selfies…

En conclusion

Ce titre a obtenu la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Tagawa occupe la neuvième place du meilleur seme tandis que Nozue est classé troisième meilleur uke. Cette histoire d’amour adulte et criante de réalisme, d’abord prévue en un one-shot, a eu droit à une suite. Sagan sensei a un style narratif personnel basé sur la suggestion et l’observation. Elle laisse donc l’imaginaire du lecteur interpréter les petits gestes et mots, le guidant en douceur vers la conclusion du récit. Un petit chef-d’œuvre tout doux qui nous invite à profiter des choses simples.

Le théâtre des fleurs 5 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 5 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375062982
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667145 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Titre orignal: 花恋つらね5
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Gensuke se retrouve pour la première fois face à un mur.

Natsume Isaku sensei s’intéresse à Gensuke qui n’arrive pas à cerner ce qui manque à son jeu. Elle met en évidence les sentiments complexes qui apparaissent lorsqu’un écart de niveau se creuse, que le doute s’installe jusqu’à en déprimer. De même, elle montre l’impuissance de l’entourage pour le soutenir. En effet, l’acteur se retrouve face à ses propres limites et ne peut que se surpasser. Ainsi, l’auteure s’intéresse à l’endurance et au mental des acteurs, à la pression qu’ils subissent constamment. Comme dans le tome précédent, elle continue à présenter les spécificités du kabuki comme le style de jeu, les préparatifs en coulisses, certains classiques. Elle dévoile un peu le passé de Kikuemon et Arai Juichirô, à travers le regard de Kumonosuke. D’ailleurs, son ancienne rivalité se répercute un peu sur la jeune génération. Les histoires bonus donnent des anecdotes amusantes sur l’état d’esprit du couple après leur première fois.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle lui donne du relief avec des pleins et déliés. De même, elle le simplifie dans les passages humoristiques. L’exagération des expressions et les personnages en SD apportent un côté mignon supplémentaire. La mise en page accompagne le regard et rythme la lecture. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, présents sur les plans larges, sont soignés. D’ailleurs, Natsume sensei travaille également avec précision les costumes et les maquillages particuliers du kabuki. Dans les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes. Pour introduire ses chapitres, elle dessine des illustrations représentant le quotidien des héros, au théâtre ou à la maison.

En résumé

Le grand acteur de kabuki Takamura Kumonosuke rend visite aux jeunes artistes pendant leur répétition. En réalité, Matsukawa Kikuemon lui a demandé de surveiller secrètement le bon développement du jeu d’Arai Gensuke. L’acteur, qui se montre déjà sévère avec tout le monde, juge alors durement le jeu de Shûgo. D’abord choqué et peu habitué à des critiques cinglantes, le jeune talent lui demande alors des détails. Le vétéran l’invite donc à un cours mais ne lui donne pas de réels conseils d’amélioration ou de travail. Alors pour se remonter le moral, Gensuke se confie auprès de son petit ami, Matsukawa Sôgorô. Les deux amoureux arrivent ensuite à se motiver pour doubler d’efforts.

En conclusion

Cette série va vous faire adorer le kabuki. L’univers est tellement bien transcrit que la romance, pourtant bien développée et présente, semble passer au second plan. Avec son merveilleux dosage entre petit drame et humour, l’auteure nous éblouit et nous fait vibrer à chaque chapitre. En plus, le couple s’épanouit dans le consentement et la bienveillance. Du pur bonheur! Mais je crois que je me répète…

Anti romance 1 – Hidaka Shoko

anti romance 1 hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782382760369
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784344846258 (JP)
Gentosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Pourquoi démêler ses sentiments quand la situation actuelle convient?

Hidaka Shoko sensei revisite le classique thème de la romance entre amis d’enfance avec son style narratif réaliste et incisif. Elle alterne entre passé et présent, révélant au fil des chapitres, l’étrange lien tacite qui s’installe entre les deux héros. L’intervention de leur entourage, en particulier de Towada Atsushi (32 ans) et de Sakuma (35 ans), va bousculer le fragile équilibre qu’ils préservaient farouchement. Ryô réalise rapidement ses sentiments mais préfère les taire face à son ami fuyant. En revanche, Suô reste dans le déni malgré sa jalousie évidente. Ainsi, les sentiments deviennent presque palpables. L’auteure s’intéresse donc à la différence ténue entre amour et amitié et à la peur du changement. Elle alterne la narration entre Kakitani et Hiroki, partageant ainsi leurs points de vue. Elle installe doucement une tension entre eux, décortiquant leur malaise et pourtant le besoin presque vital d’être ensemble.

Le trait épuré et discontinu de la mangaka adoucit les angles. Elle donne un peu de volume avec des contours parfois épais. Elle distingue les flash-back marqués par l’habituel fond noir, des souvenirs qui sont introduits par diverses méthodes plus subtiles, comme par exemple un regard dans le vide, des trames vaporeuses. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font discrètes tandis que les autres trames ont une dominante claire. De même, les décors apparaissent dans les plans larges. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Hidaka sensei joue beaucoup sur les emboitements de case, les disparitions de cadres, les ellipses. En fin de chapitre, elle donne des renseignements complémentaires sur les personnages. Un livret proposé en supplément permet d’admirer les magnifiques illustrations couleurs de l’artiste.

En résumé

Kakitani Ryô (24 ans) vit depuis déjà 6 ans, en colocation avec son ami d’enfance. Il travaille comme rédacteur dans une petite entreprise tandis que Suô Hiroki (24 ans) est devenu coiffeur pour reprendre un jour le salon de sa mère. Leur entourage se pose des questions sur leur relation, les deux hommes étant inséparables. Pourtant, tous deux cachent au plus profond de leur cœur des sentiments qui commencent petit à petit à s’éveiller…

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Comme d’habitude, Hidaka sensei prend son temps. Mais ce n’est pas pour me déplaire. Je craque pour tous les protagonistes, avec chacun des caractères qui se dévoilent au fur et à mesure. J’adore le style graphique de l’auteure ainsi que sa manière de développer ses scénarios. Vous l’aurez compris, c’est encore un énorme coup de cœur pour ce titre.

Black or white 5 – Sachimo

black or white 5 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782382760239
Hana, 2021
ISBN: 9784041098028 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu n’es pas un prince, Shige. »

Sachimo sensei inverse petit à petit le rapport de force dans le couple. Elle dépeint les diverses émotions que ressentent les personnages, durant une absence, un doute. Par exemple, Tatara, n’étant pas homosexuel, s’interroge de plus en plus sur ses sentiments envers Washimiya. Les managers et les confidents apportent à la fois un soutien psychologique et un soutien logistique. Par ailleurs, l’auteure montre la pression que subissent les célébrités dans leur quotidien. Elle aborde les petits gestes qui peuvent être mal interprétés, le comportement de certains fans, les risques de l’exposition publique malgré des déguisements. Elle s’intéresse également à la perte de personnalité à force de jouer des rôles différents. Ainsi, Hanasaki qui était idole, gère plus facilement les groupies intrusives contrairement aux acteurs. De même, Tatara et Shin frisent la paranoïa. L’histoire bonus offre un moment à la fois torride et mignon du couple.

La mangaka simplifie à l’extrême son trait fin et épuré dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés et des SD tous mignons. Par exemple, les super deformed de la postface sont à croquer. Ils sont d’ailleurs plus petits que dans le tome précédent. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les décors situent surtout l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Pourtant, une sensualité se dégage encore des images.

En résumé

Ôsawa Shige commence à perdre confiance en lui, son nouveau rôle étant très éloigné de ce qu’il joue d’habitude. Il redoute que l’on découvre son manque de talent. Mais Washimiya Shin lui propose de répéter ensemble, comme lorsqu’ils étaient au lycée. En endossant le rôle de Tatara pour l’aider, il comprend alors que son petit ami n’arrive plus à se montrer tel qu’il est, à force de se cacher sous son masque de prince. En lui citant tous ses défauts, il arrive ainsi à remotiver Shige. Ensuite, les deux amoureux profitent de leur dernière nuit ensemble, devant se séparer longuement pour leur tournage. Le lendemain, le jeu de Ôsawa fait sensation auprès de ses collègues. De son côté, Shin demande à Hanasaki d’arrêter d’être trop tactile avec lui en public, ayant peur d’être pris pour des homosexuels…

En conclusion

L’auteure prend son temps pour faire évoluer ses personnages donnant une touche très réaliste. En parallèle, elle dénonce indirectement la pression que le métier d’acteur entraîne. Ce couple est tellement adorable que j’ai envie de le protéger. Comme suggéré dans la postface de l’auteure, j’avoue que j’aimerais bien découvrir les couples Tatara et Hanasaki ou les deux managers. Ce serait explosifs.

Twilight outfocus overlap – Jyanome

twilight outfocus overlap jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382760529
Hana, 2021
ISBN: 9784065206034 (JP)
Kodansha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Le BL c’est une question d’amour! »

Jyanome sensei propose des petites tranches de vie à la suite de Twilight outfocus. Elle alterne la narration entre Mao et Hisashi. Elle développe la relation du jeune couple qui s’épanouit, discute et teste. Ainsi, leur lien presque fusionnel permet de découvrir de nouvelles facettes. Hisashi s’ouvre de plus en plus aux autres tandis que Mao essaie de prendre maladroitement des initiatives. Par ailleurs, l’auteure aborde encore la vie du club de cinéma, entre concours, réception différente des projets par le public extérieur, les doutes provoqués par les commentaires. De même, elle met en avant les différentes interrogations du couple sur l’avenir, le coming out auprès des proches. L’histoire bonus présente l’enregistrement du drama CD. De même, un petit prologue introduit le spin-off concernant Ichikawa.

La mangaka mêle les traits anguleux et les courbes voluptueuses. Elle dédouble parfois les contours, donnant du relief à la finesse du trait épuré. Ainsi, elle découpe bien les profils, avec des lèvres pulpeuses. Les trames d’ambiance sont plutôt en fond. Les décors, présents, apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique offre quelques enchainements de cases avec un découpage cinématographique. De même, Jyanome sensei détaille les regards et les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes tramées, donnant peu de détails. En arrière plan, deux peluches apportent une touche humoristique. Sous la jaquette, il y a des fiches sur les personnages principaux.

En résumé

Malgré l’insistance d’Ichikawa Giichi, Ôtomo Hisashi décide de rejoindre le club de théâtre. Depuis que le tournage est terminé, Tsuchida Mao rentre plus tôt, le film du club étant encore en post-production. Il aime discuter de sa journée dans les bras de son bien-aimé. Les deux garçons s’encouragent et se motivent mutuellement. Mais dès qu’ils sont trop collés l’un contre l’autre, ils ne résistent plus à leur désir…

En conclusion

Ce tome est beaucoup plus érotique que le premier, pour notre plus grand plaisir. Avec toujours autant de délicatesse et de tendresse, Jyanome sensei met en avant la confiance en l’amour. C’est un réel plaisir de pouvoir continuer les aventures de Mao et Hisashi!

Notre paradis – Uehara Ari

notre paradis uehara ari
UEHARA Ari 上原あり
ISBN: 9782375062920
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784801959408 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Deux hommes dépendants à la recherche d’un nouveau paradis.

Uehara Ari sensei nous présente une étrange cohabitation entre deux jeunes hommes qui dépendent des autres et se laissent vivre. Elle aborde avec une certaine pudeur la peur de la solitude, le corps comme objet de consommation ainsi que la prostitution. Nos deux héros ont une vision différente du bonheur amoureux: l’otaku développe une dépendance affective tandis que le gigolo évite de s’attacher pour profiter surtout de la tendresse qu’il reçoit. L’auteure maintient le suspense en ne montrant pas le visage de Nahoko. En tardant à nommer ses deux héros, elle montre en parallèle l’évolution de leur relation. De même, elle révèle au compte-gouttes des brides de leur passé, plutôt sombre. La narration alterne entre les deux hommes et revêt un style particulier, en partageant leur dialogue intérieur avec leur hôtesse. En plus, le destin offre des connexions surprenantes, renforçant l’effet de limite à leur petit paradis.

La mangaka a un trait fin et épuré. Même si son style un peu shôjo ne se démarque pas, il dégage beaucoup de douceur. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions. Le reste des trames est équilibré. Par contre, les décors sont détaillés et très présents, ajoutant une touche réaliste. La mise en page est dynamique. Uehara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même en détail les coupes intérieures. Pourtant, la sensualité domine. Sous la jaquette, un dessin mignon est en lien avec le chapitre bonus final.

En résumé

Dans un cybercafé, un otaku (25 ans) est dérangé par les gémissements d’un couple en pleins ébats dans le box voisin. Excité par leurs voix, il finit même par se masturber. Mais le gigolo (22 ans) qui a fini son affaire l’interrompt. Il entame alors la conversation en remarquant un tatouage de papillon au bas du dos du solitaire, puis lui montre fièrement son tatouage d’un quetzal dans le dos. Depuis, les deux hommes logent chez la généreuse Nahoko qui les entretient en échange de quelques câlins. Ils se chamaillent souvent à cause de leur caractère opposé. Pourtant, un jour, alors que le gigolo taquinait l’otaku qui avait reçu les faveurs de leur hôtesse, ce dernier réagit à ses caresses…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la seizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Dur de parler du titre sans nommer les personnages! Mais j’ai voulu respecter le choix de l’auteure, car cela a de l’importance dans le déroulé de l’histoire. Un petit coup de cœur pour ce titre mais beaucoup d’attachement. Je suis subjuguée par le style narratif qu’a adopté Uehara sensei pour approfondir la personnalité des personnages, chapitre par chapitre, en révélant beaucoup avec peu. Toutefois, cela pourra désorienter certains lecteurs. En plus, l’effet se perd lors des relectures. De même, vu le contexte du récit, le consentement n’est pas forcément au rendez-vous mais cela correspond (malheureusement) au caractère des protagonistes.

Let’s be together 2 – Kurahashi Tomo

let s be together 2 kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375062937
Taifu comics, 2021
ISBN:‎ 9784801967489 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Après les premiers émois, la réalité rattrape le jeune couple.

Kurahashi Tomo sensei continue de développer l’évolution de la relation entre Chiaki et Kazuma qui s’engagent petit à petit vers l’âge adulte. Elle s’intéresse également à leur première fois, à leurs interrogations. Elle offre une relation qui s’épanouit dans la discussion et le respect du partenaire. La narration donne principalement le point de vue de Kazuma. Les deux amis avancent à leur rythme, avec parfois quelques tensions. Ils prennent vite conscience de la pression sociale, de l’attente des parents et du poids des secrets. Ainsi, Chiaki ressent de la culpabilité tandis que Kazuma préfère fuir. En plus, ils arrivent dans la période des choix d’avenir, tiraillés entre incertitude et rêve. Par ailleurs, l’auteure montre comment le couple mûrit grâce à quelques soutiens compréhensifs. Elle développe suffisamment les personnages secondaires comme la perspicace Honjô ou le gay assumé Kanda pour déclencher l’attachement des lecteurs.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dédouble parfois les contours, apportant un peu de relief fort agréable. Comme dans le tome précédent, les trames claires dominent. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, la mise en page dynamique offre des respirations bien venues après l’intensité de certains passages. D’autant plus que Kurahashi sensei ne censure pas les scènes érotiques, très sensuelles.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis plusieurs mois, la relation entre Chiaki et Kazuma n’a pas beaucoup évolué. Ils continuent à se fréquenter comme avant et seuls les petites attentions et les cadeaux mutuels marquent discrètement leur amour. Au restaurant, pendant que Chiaki va aux toilettes, Kazuma découvre par inadvertance un site de vidéos érotiques gay sur le smartphone de son petit ami. Il se met alors à réfléchir sérieusement à la suite de leur relation. Pour le nouvel an, Chiaki, dont les parents sont partis en voyage à l’étranger, loge chez Kazuma. La sœur de ce dernier, Miki, est également de passage avec Tomoe. En prenant leur bain ensemble, l’adolescent tente maladroitement de cacher la réaction de son bas-ventre mais son petit ami lui fait comprendre qu’il est enfin prêt…

En conclusion

Ce second tome laisse la part belle à la confiance en l’amour et à la réflexion sur la nature des sentiments. Je trouve également que Kurahashi sensei effleure avec justesse les préoccupations adolescentes. Une histoire tendre et pleine de douceur.