Black or white 4 – Sachimo

black or white 4 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368777589
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784041094792 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shige perd ses repères tandis que Shin s’ouvre de plus en plus.

Sachimo sensei recentre son récit sur le couple. Elle présente de nouvelles facettes des deux héros. Elle dénonce en parallèle l’influence des critiques du public qui juge sévèrement l’acteur. Ainsi, Shige sombre dans la frustration et le désarroi. En effet, sa jalousie exacerbe sa possessivité et une certaine violence. En plus de perdre confiance en lui, il devient presque paranoïaque en voyant des rivaux partout. De même, il perd sa motivation principale en réalisant que Shin a d’autres protecteurs. Heureusement, divers soutiens discrets tentent de l’orienter. Comparé au tome précédent, l’humour se fait plus discret, plutôt porté par Hanasaki. L’auteure dévoile encore quelques brides du passé des deux amants. Elle aborde les difficultés à se plonger dans un nouveau rôle et l’impact que cela peut avoir sur la personnalité. Ainsi, les deux acteurs sont amenés à sortir de leur zone de confort en interprétant des rôles contraires à leur habitude.

La mangaka a un trait épuré assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et n’hésite pas à transformer les personnages en semi super deformed. Les visages très ovales s’arrondissent alors, donnant un côté trop mignon. Les trames d’ambiance appuient parfaitement les émotions et alternent avec les décors. De même, les flash-back sont facilement repérables avec leur fond noir. La mise en page oscille entre classique et dynamique. Sachimo sensei censure les scènes érotiques avec des caches blancs recouvrant les parties génitales. Les onomatopées viennent même les recouvrir.

En résumé

Suite à la mauvaise audience du dernier drama dans lequel il a joué, Ôsawa Shige voit sa popularité chuter. Le président de son agence, Asakusa, le réprimande sur sa mauvaise performance mais cherche d’autres moyens pour exploiter son beau physique autant que possible, sans tenir compte de ses compétences. Mais pour la prochaine série, l’acteur joue avec Tatara Kengo. Ce dernier, remarquant sa perte de motivation et de confiance, le menace de révéler sa relation avec Washimiya Shin. Quand SHige rentre à la maison, il trouve son petit ami dans les bras de Hanasaki Tôri. Fou de rage, il décide alors de le punir dès le départ de l’idole…

En conclusion

Malgré son comportement, Shige devient touchant. Il semble considérer son amour pour son petit-ami comme un sacrifice. Par conséquent, il n’arrive plus à ressentir l’affection que lui porte son bien-aimé, aveuglé par sa piètre opinion de lui-même. J’ai l’impression qu’à force de jouer un rôle même dans la vie courante, il se trouve complètement perdu. Pourtant, il semble cacher un réel potentiel pour la suite. Tout comme Shin, j’ai envie de le soutenir et l’encourager. L’auteure arrive à provoquer beaucoup d’empathie pour ses personnages. Un réel bonheur à suivre leurs aventures!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 2 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 2 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062395
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664830 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je me reflète dans tes yeux. Mais c’est comme si tu ne me voyais pas. »

Shimizu Yuki sensei continue de présenter ses personnages ainsi que leur passé. Elle introduit Tsujimoto Yômei et Sano Hizuru, des yakuzas qui se sont mis au vert. Elle dévoile un peu leur passé très glauque et met en avant leur relation étrange de maître et chien. En effet, Yômei a reçu une éducation particulière et possède donc une vision tronquée des relations humaines. Hizuru, quant à lui, nourrit un amour à sens unique et semble très dépendant du clan. L’auteure présente la vie quotidienne du village, entre entraide et partage de savoir-faire avec les anciens. Elle s’intéresse un peu plus à la rencontre entre Sawato et Daiki. Elle donne une image peu reluisante de Kanze avant son accident. Par ailleurs, Sawato manquait de confiance, supportant mal la comparaison avec sa grand-mère qui était cheffe du village. En revanche, la relation entre Itokawa et Hitomi se concrétise doucement mais sûrement.

Le trait épuré, fin et anguleux de la mangaka permet de varier la forme des visages et des yeux, rendant les personnages facilement reconnaissables. L’équilibre des trames donne du volume au dessin. En plus, les trames d’ambiance se font discrètes. Par ailleurs, les décors soignés sont plutôt présents. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Shimizu sensei censure à peine les scènes érotiques, jouant sur les cadrages et les trames. Elle évite ainsi de montrer trop de détails. Les profils des personnages en fin de tome permettent de se familiariser un peu plus rapidement avec ces derniers. La couverture, magnifique, fait suite à celle du premier tome. D’ailleurs, les caractères japonais dorés et les teintes légères rehaussent la douceur de l’image en lui donnant une touche classique.

En résumé

La veille de la saison des pluies, Kanze Daiki demande à Itokawa Kazuto de l’aider à rentrer ses poteries dans l’atelier avant une grosse averse. Mais le nouveau ne s’attarde pas, gêné, lorsqu’il découvre que le potier est déjà au courant de sa relation avec Masataka Hitomi. Sur le chemin du retour, il croise Sano Hizuru, un de ses clients, au stand de légumes vide. Apeuré par une chenille dans son sac de choux, il panique mais Hizuru tombe dans une rizière en le rattrapant. Le soir, Ito demande des explications à son petit ami avant de fondre sous ses caresses. Malgré la pluie, Daiki va réclamer son baiser quotidien auprès de Kuroi Sawato, se demandant pourquoi il préfère son ancienne personnalité…

En conclusion

Attention, malgré la douceur des couvertures, le passé des personnages est plutôt sombre, surtout celui de Yômei et Hizuru. Certains passages peuvent être difficiles pour certains lecteurs. Mais comme à son habitude, l’auteure arrive à nous charmer avec ses protagonistes attachants, leur force, leurs caractères et l’évolution de leurs sentiments. Maintenant que le contexte est posé, il ne reste plus qu’à découvrir leur histoire. J’adore beaucoup la patience de Daiki envers Ito pour l’initier.

Queen and the tailor – Scarlet Beriko

queen and the tailor scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061107
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665042 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Plus l’amour est fort et moins on peut se détacher. »

Scarlet Beriko sensei présente une romance amusante entre un jeune décorateur d’intérieur arrogant et un froid tailleur. Elle s’intéresse à la différence d’âge et à l’évolution des personnages grâce à l’amour. En effet, Ôumi cache son manque de confiance derrière son arrogance. Fils de bonne famille, couvé par sa sœur surprotectrice, il commence à se rebeller pour réaliser enfin ce qu’il aime. Cependant, il se confronte à des désillusions sur son travail. Shida le remet à sa place gentiment mais l’écoute et l’encourage. Ainsi, les deux hommes se découvrent petit à petit et tombent amoureux. Le jeu de séduction entre eux prend d’abord l’aspect d’une joute verbale. L’auteure alterne la narration entre les deux héros. Elle fait évoluer ses personnages qui s’ouvrent peu à peu. Elle dépeint une relation qui se développe dans le consentement avec un amour simplement pur.

La mangaka a un trait épuré jouant beaucoup sur les pleins et les déliés. Elle le déforme ou simplifie dans les passages humoristiques. Par exemple, la tête d’Ôumi devient presque SD quant il est énervé ou gêné, lui donnant un côté tellement mignon. Les trames donnent du volume. Il y a aussi quelques trames d’ambiance. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur le style ancien de la boutique. La mise en page est dynamique. Scarlet sensei censure à peine les parties intimes dans les scènes érotiques, supprimant juste des détails. D’ailleurs, elle rend bien la sensualité entre les héros. En outre, les illustrations en début de chapitre révèlent l’ambiance à venir. Entre les chapitres, quelques yonkoma donnent des anecdotes amusantes. Sous la couverture, elle offre deux planches pour essayer de découvrir le secret de la cicatrice de Shida.

En résumé

Sur les recommandations de sa supérieure Okazaki, Ôumi Jôno se rend chez le tailleur Shida Tetsuya (37 ans). Selon les rumeurs, ses costumes permettraient à leur porteur de réaliser leur projet. Mais se montrant pressé et arrogant, leur premier contact se passe mal. Pourtant, le décorateur d’intérieur manque d’inspiration sur le projet d’exposition qu’il doit rendre. Un mois plus tard, il revient à la boutique et accepte un rendez-vous à condition de pouvoir venir voir travailler le tailleur. En effet, il envie le sourire de Shida qui semble apprécier son métier. Mais Ôumi ayant perdu sa passion pour son travail, ne pense plus qu’au tailleur.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la neuvième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. A noter que l’auteure a également Jackass! dans le top 10 de ce classement. Ce titre fait aussi partie de mes préférés de l’auteure. La romance mignonne et douce déborde de tendresse. J’aime beaucoup les récits avec des uke plus âgés.

Jackass! – Scarlet Beriko

jackass scarlet beriko
SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061015
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665288 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Comment distinguer le sentiment amoureux lorsque le fantasme d’un fétichisme se réalise?

Scarlet Beriko sensei propose de suivre trois romances homosexuelles différentes de trois lycéens. Elle traite avec subtilité le sujet du fétichisme, en prenant en compte le refus de devenir un objet. De même, elle développe différents questionnements selon les couples. Ainsi, Keisuke et Masayuki s’interrogent énormément sur leur attirance mutuelle et leur rapprochement suite à la découverte d’un secret. Toutefois, tous deux ont peur de perdre définitivement leur forte amitié et s’inquiètent de l’influence de leur différence sociale sur leur possible couple. Avec Aramaki et Katsumi, l’auteure aborde la différence d’âge, les doutes dans une relation entre homosexuel et hétérosexuel. Elle présente également l’homophobie d’un gay refoulé avec Miyoshi qui trouvera conseil auprès de Hosoka. Elle dévoile au fur et à mesure la fragilité de ses personnages, leurs sentiments. Ainsi, après avoir tâtonné, chacun apprend à se confier, communiquer et s’accepter.

La mangaka a un trait épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à déformer ou simplifier ses traits, exagérant certaines expressions pour les renforcer. Les trames servent principalement à ombrer et colorer. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont rares, laissant la place aux décors. Scarlet sensei met en avant les petits gestes et les expressions, proposant un découpage précis des angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties trop intimes par de fines bandelettes blanches. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre présentent des moments tendres des couples. Sous la jaquette, deux planches conclusives permettent de découvrir ce que deviennent Katsumi et Miyoshi, à lire donc à la fin.

En résumé

Tous les matins, Shinohara Katsumi passe prendre son ami, Hara Keisuke, chez lui pour ensuite aller au lycée. En chemin, ils croisent Shimoda Masayuki qui arrive au lycée en bicyclette. Ce dernier, délégué de classe, est très proche de Kei, qui le seconde comme sous-délégué. Pourtant, les deux garçons n’ont pas vraiment le même caractère et les mêmes goûts. Alors qu’il se changeait pour aller au cours de sport, Keisuke enfile le collant noir que sa sœur, Akiko, a laissé par mégarde dans son survêtement qu’elle avait emprunté. Remarquant sa gêne, Masa lui vient en aide et l’emmène à l’infirmerie. Ils surprennent sans le vouloir, Katsu qui allait embrasser l’infirmier scolaire, Aramaki. Mais avant que Kei se déshabille, son ami lui fait une demande particulière. En effet, Shimoda est fétichiste des collants noirs sur les belles jambes…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place au classement du Chill Chill BL award 2017. Shimoda Masayuki est classé 25ème meilleur seme et Hara Keisuke 29ème meilleur uke. En effet, l’auteure arrive à insuffler beaucoup de sentiments dans son œuvre, avec une touche d’humour. Alors que le sujet du fétichisme aurait pu devenir un simple prétexte, elle préfère au contraire le développer. Parmi les œuvres traduites en français de la mangaka, c’est mon manga préféré. Bien qu’elle n’ait pas encore la maîtrise que l’on retrouve dans ses autres titres, j’aime l’approche des différents questionnements avec trois couples attachants. C’est mignon et touchant.

Goodbye irony dress – Miyoshi Ayato

goodbye irony dress miyoshi ayato
MIYOSHI Ayato みよしあやと
ISBN: 9782375062357
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784758073585 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le combat d’un lycéen pour faire accepter son orientation sexuelle à sa mère.

Miyoshi Ayato sensei s’intéresse aux dégâts que peut engendrer une vision tronquée de l’homosexualité sur un adolescent en pleine période charnière de construction de l’identité. Avec la mère de Keiichi, elle dénonce les clichés que certaines personnes portent sur la communauté LGBTQ. Le lycéen, complètement déboussolé, trouve en Meguru un soutien avec qui partager ses angoisses. Il s’interroge sur sa situation et son avenir. De même, Asaoka ayant clairement conscience de sa différence d’âge avec Amano, tente de retenir ses sentiments naissants. L’auteure alterne la narration entre les deux héros, présentant les réflexions de chacun. Elle met en avant les réactions différentes face au coming out: Keiichi, qui a osé le faire, affronte courageusement les problèmes. Au contraire, Meguru regrette de s’être tu en réalisant que sa mère aurait pu l’accepter. Ainsi, la relation qui se crée entre eux leur permet d’évoluer.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux rappelant beaucoup le style shôjo. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique et aérée, jouant sur les vides et les blancs. De même, comme Miyoshi sensei utilise peu de trames, les pages paraissent d’autant plus claires. D’ailleurs, elle ne montre aucun détail dans les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle dessine une postface et présente ses personnages en de mignons SD.

En résumé

Suite au décès de sa mère, l’écrivain Asaoka Meguru (29 ans) revient s’installer dans l’appartement familial. Il croise alors Amano Keiichi (17 ans), habillé d’un uniforme de fille, qui souhaite brûler de l’encens pour la défunte. Le lycéen s’entendait bien avec cette dernière qui l’avait surnommé Megumi. Un peu plus tard, en rendant visite aux voisins pour les remercier de l’aide apportée pour les funérailles, il rencontre la mère de Keiichi et comprend alors que son travestissement lui a été imposé suite à son coming out. Face à la situation familiale complexe de l’adolescent, Meguru révèle alors à ce dernier qu’il est également gay.

En conclusion

Malgré le format court, l’auteure arrive à intégrer divers sujets tout en évitant de s’éparpiller. Elle tient compte de l’évolution des mentalités en jouant sur la différence d’âge de ses personnages. La romance peut sembler un peu rapide. J’ai adoré cette histoire qui aborde un sujet souvent survolé. J’espère donc que vous l’apprécierez autant que moi!

J’en croque pour toi – Iragi Nanori

j en croque pour toi iragi nanori
IRAGI Nanori いらぎなのり
ISBN: 9782369748755
Akata, 2020
ISBN: 9784047357235 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Titre original: きみはマシェリ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Aimer quelqu’un quand il mange, l’embêter pour attirer son attention: est-ce les prémices de l’amour?

Iragi Nanori sensei nous plonge dans une « romance adulte et gourmande » pointant le harcèlement comme moyen de séduction. Elle alterne la narration entre Itô et Kawai permettant de partager leurs ressentis. Ainsi, même si Itô est conscient de son comportement immature, il prend un certain temps avant de réaliser que ses piques et moqueries sont en réalité du harcèlement. A cause des remarques, Kawai n’a aucune confiance en son charme. Pourtant, en discutant ouvertement et franchement, ils vont pourvoir évoluer et avancer dans leur relation. L’auteure met en avant les efforts de chacun. En introduisant Nakahara, un collègue bisexuel de Kawai qui assume pleinement sa sexualité, elle oblige Itô à réfléchir sur le coming out et sa relation. Alors qu’Itô passe pour un tombeur égoïste, il se montre pourtant prévenant et à l’écoute de son partenaire durant les ébats, cherchant avant tout à le satisfaire.

La mangaka a un trait épuré très fin avec de belles courbes et des déliés. Elle dessine différentes morphologies. De même, elle ancre un univers réaliste mais n’hésite pas à simplifier les expressions dans les passages humoristiques. Ainsi, les décors alternent avec quelques trames d’ambiance. En revanche, une large palette de trames donne du volume, ombrant et colorant les vignettes. La mise en page est aussi dynamique. Toutefois, Iragi sensei censure les scènes érotiques en occultant les détails des parties génitales mais elle compense ce manque en mettant en avant la tendresse entre ses personnages. Sous la jaquette, elle donne des croquis de Kawai, avec son côté mignon, et Itô, avec son charme d’ikemen.

En résumé

Itô n’arrête pas d’embêter le nouvel employé, Kawai Mahiro, se moquant de ses rondeurs et sa gourmandise. Pourtant, en réalité, il ressent de l’attirance pour le jeune homme, le trouvant particulièrement mignon quand il mange. Son supérieur, Yoshioka, le rappelle souvent à l’ordre, en vain. Mais quand Kawai se met au régime, le harceleur ne le supporte pas et s’empresse de le nourrir. Un soir, en échange d’aide pour boucler un travail et pour se faire pardonner de s’être moqué de sa virginité, il invite son subalterne à boire un verre avec des filles. En le voyant se lâcher, il réalise alors que même son caractère le séduit…

En conclusion

Une fois commencé, je n’ai pas lâché ce one-shot, transportée par l’histoire. En effet, le graphisme a une certain charme et la romance entre les deux protagonistes est parfaitement menée. L’auteure aborde avec finesse le problème du harcèlement à cause du surpoids, l’acceptation de soi et l’importance de la communication quand il y a un problème. Ce titre est frais, agréable à lire et prenant. Serez-vous charmé comme moi?

High school Lala love – Haruta

high school lala love haruta
Haruta 春田
ISBN: 9782368777541
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784861238130 (JP)
Brite, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

A force de rêver au grand amour, Hinata finira bien par le trouver!

Haruta sensei s’amuse des clichés romantiques avec son héros fleur bleue à l’imagination débordante. Elle offre une comédie romantique basée sur le comique de répétition et de situation. Par exemple, elle commence presque tous ses chapitres par un rêve. La narration se concentre principalement sur Hinata. Ce doux rêveur qui se montre constamment positif, cache toutefois un manque de confiance en lui, suite à une mauvaise expérience. L’auteure dévoile donc son passé par brides, approfondissant sa psychologie. Elle met en avant l’ouverture d’esprit de son héros, renforcé par son premier ami, un yankee au cœur d’or, Fukami Ryû. Elle aborde indirectement le sentiment amoureux, la difficulté à se déclarer, la peur d’un second échec, l’influence des rumeurs, le jugement sur l’apparence. Toutefois, ces thématiques sont peu approfondies, l’humour primant. Le collégien Oono Haru, au caractère manipulateur contrastant avec son visage d’ange, permet de bousculer un peu le lycéen.

La mangaka a un trait shôjo épuré. Elle le simplifie totalement dans les passages humoristiques. Sa mise en page très dynamique met en avant les ikemen qui entourent le héros. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent le comique de situation, rappelant les codes graphiques des shôjo. De même, les décors sont discrets. En outre, Haruta sensei montre peu de détails dans les scènes érotiques.

En résumé

Hino Hinata emménage chez les amis de ses parents suite à la mutation de son père en Italie. Il rayonne de bonheur à la seule idée de trouver enfin l’amour dans un lycée pour garçons. A peine arrivé chez ses hôtes, il a le coup de foudre pour le fils aîné de la famille Oono, Aki. Débordant d’imagination, son bas-ventre réagit déjà alors qu’il s’installait dans sa nouvelle chambre. Mais Aki le surprend et lui propose de le soulager. Pourtant, le lendemain, il se montre à nouveau indifférent.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les mangas profonds comme un titre qui apporte de la lumière aux fujoshi avec son côté constamment mignon et fantasque. Même si l’histoire est simple et classique, je m’amuse des délires de Hinata. J’ai donc lu ce titre d’une traite, sans m’en rendre compte, absorbée par la force positive du héros. Ce titre pourra déplaire à certains qui trouveront le héros fade et l’histoire trop clichée, mais pour moi, c’est un rafraichissement bien venu.

Glare at you, because I love you 2 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 2 yukue moegi
YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368772638
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796406376 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Deux voyous uke à la merci de leurs petits amis respectifs manipulateurs.

Yukue Moegi sensei continue à développer l’histoire d’amour entre Shima et Ryûnosuke en les confrontant à divers obstacles. Un autre couple apparaît, avec un seme un peu sadique: Akira et Reiji. Comparé au premier tome, l’humour se fait discret. Par ailleurs, la maîtrise de la narration rend la lecture agréable. L’auteure approfondit ses personnages et leur environnement. Elle met surtout en avant les moments tendres et de partage du couple qui communique et se découvre, présentant un peu plus l’intimité des héros. D’ailleurs, Shima mûrit, essayant de concilier ses nouvelles activités et sa relation. Leurs amis sont également plus présents et donnent des conseils. En revanche, le consentement n’est pas clair dans la relation entre Reiji et Akira, ce dernier abusant de la naïveté de l’uke. En plus, le frère jumeau d’Osamu cède complètement à sa jalousie.

La mangaka a un graphisme simple mettant en avant les lignes déliées de la plume. Elle dessine des visages assez réalistes avec des yeux fins. Le trait épuré est anguleux. Même dans les passages humoristiques, les déformations restent discrètes, conservant l’esprit réaliste de la scène. Les trames servent principalement à colorer et ombrer. Les décors se remarquent lors des grands angles, situant surtout l’action. Toutefois, l’utilisation des aplats donne des pages à dominance blanche. Dans les scènes érotiques, le choix des cadrages et des angles de vue permet d’éviter la censure, même si quelques points blancs cachent les parties génitales. D’ailleurs, Yukue sensei privilégie les sentiments durant les préliminaires. En début de tome, elle présente succinctement les personnages.

En résumé

Glare at you, because I love you / Ryû-san, montre-moi: Shima se rend dans le salon de coiffure où travaille Kajimoto Toranosuke pour discuter de la relation qu’il entretient avec son petit frère Ryônosuke. Il ne cède pas aux menaces de l’aîné et apprend même quelques secrets sur son petit ami. En effet, ce dernier n’a été au salon qu’une seule fois, de peur de faire fuir la clientèle. Alors Shima le convainc d’y retourner…
Comment prendre conscience de ses sentiments: Depuis que Shima et Ryûnosuke sortent ensemble, Reiji se sent abandonné. Il passe son temps à pleurnicher auprès de son ami d’enfance, Akira. Mais ce dernier qui cache ses sentiments profonds pour son ami, regrette de ne plus être l’objet de son admiration.

En conclusion

Quel plaisir de retrouver le regard de tueur de Ryûnosuke quand il est gêné! J’adore ce couple un peu mièvre mais attachant. L’auteure arrive vraiment à dépeindre les sentiments et l’évolution d’une relation. Je pourrais même me passer des quelques ébats tellement je suis subjuguée!

Glare at you, because I love you 1 – Yukue Moegi

glare at you because I love you 1 yukue moegi
YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368771419
Boy’s love IDP, 2014
ISBN: 9784796404440 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Ne jamais juger sur les apparences.

Yukue Moegi sensei développe une romance mettant en avant le jugement sur l’apparence et les différences de goût. Ainsi, Shima trouve un certain charme à certains visages jugés disgracieux. Par exemple, il s’attache au chat Busamen. De part le passé de son frère aîné délinquant Kajimoto Toranosuke (25 ans), Ryûnosuke est considéré comme un voyou, impliqué souvent dans des bagarres à cause de son regard de tueur et sa manie à répondre aux provocations. Pourtant, il dégage en réalité beaucoup de douceur, étant attentionné avec sa famille et ses amis. Heta Reiji apporte une touche humoristique avec son admiration pour Ryûnosuke. L’auteure s’amuse à jouer sur les contrastes. Elle développe doucement l’attirance entre ses deux héros qui apprennent à se connaître peu à peu. Elle aborde encore le regard acéré dans une histoire bonus narrant une romance entre un ancien voyou et un gosse de riche devenu délinquant par admiration.

La mangaka a un trait épuré mais les contours jouent sur les épaisseurs. Elle les simplifie dans les passages humoristiques. Les trames et les décors sont équilibrés. D’ailleurs, les trames d’ambiance sont discrètes. La mise en page paraît plutôt classique, pourtant les angles de vue, les ellipses et les cadrages la dynamisent. Les scènes érotiques évitent de montrer les détails. Yukue sensei offre des préliminaires peu romantiques mais elles correspondent au caractère direct des personnages. Elle met en avant le consentement, même si les demandes sont parfois insistantes, sauf dans « The dragon of memories ». Les illustrations en début de chapitre résument ce qui s’y passe.

En résumé

Glare at you, beacause I love you / After glaring: Shima (en première), membre du conseil des élèves, a remarqué que Kajimoto Ryûnosuke (en terminale) le fusille du regard. Mais alors qu’il est invité chez Eigo, le président du conseil des élèves, pour voir les chatons de Busako, il découvre que le prétendument voyou est un ami d’enfance d’Ayame, la petite soeur d’Eigo. A force de l’observer, il remarque sa gentillesse et son discret sourire. Il comprend alors que son aspect un peu sévère n’a rien à voir avec son caractère. Le trouvant mignon, il ne peut s’empêcher de toucher sa ride entre ses sourcils froncés. Mais Ryûnosuke lui demande froidement de ne pas le toucher.
The dragon of memories: Kisaki Eiko saute les cours pour fumer ou draguer les filles. Mais le nouveau gardien de l’école remplaçant Kawada hospitalisé, Nishida Tetsurô, a reçu la mission de s’occuper des délinquants. Il lui confisque donc ses cigarettes et lui en donne en chocolat à la place. Néanmoins, le lycéen a la vague impression de déjà le connaître.

En conclusion

Malgré un thème assez classique avec une romance entre bon élève et yankee, ce récit met en scène un couple original et touchant. D’ailleurs, l’auteure préfère développer l’évolution des sentiments de ses personnages. J’apprécie la relation entre les deux héros, dans l’observation, la découverte et la discussion. En revanche, l’histoire bonus est assez anecdotique, d’autant plus que le consentement y est inexistant.

La vie en rose 1 – Katsura Komachi

la vie en rose 1 katsura komachi
KATSURA Komachi 桂小町
ISBN: 9782368777503
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796412803 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation respectueuse malgré un univers dramatique.

Après deux histoires courtes, Katsura Komachi sensei développe un récit plus long sur plusieurs chapitres. Elle alterne la narration entre Nagato et Ai. Le couple se confronte à divers obstacles influencés par leur passé. Ainsi, de nouveaux personnages sont introduits: l’ancien camarade de Nagato, Chinatsu Mutsu, représente l’adolescent paumé qu’aurait pu devenir Ai. En plus, il gère mal ses sentiments en découvrant l’homosexualité de son ami. Rongé par la jalousie, Shinano semble encore plus instable que le chef de gang Tone qui en a après Mutsu. Pour l’instant, l’auteure met en place le contexte. Elle révèle par brides le passé des protagonistes. Nagato reste toujours aussi prévenant avec son partenaire, retenant ses pulsions. Sa sœur, Sakura, devient même un soutien. Le couple est constamment dans la communication, Kaga s’ouvrant de plus et plus et exprimant un peu mieux ses désirs. Une anecdote mignonne sur leur relation conclut ce tome.

Comparé à Rouge, le trait épuré de la mangaka est moins anguleux. Elle se focalise surtout sur les regards et les petits gestes. Les décors et les trames d’ambiance sont plutôt discrets. Par ailleurs, la mise en page au premier abord classique est dynamisée principalement par les découpages. Katsura sensei évite de montrer les parties intimes dans les scènes érotiques, en ne dessinant qu’une forme tramée. Elle arrive même à donner beaucoup de sensualité durant les discussions, les préliminaires et les ébats. La couverture a obtenu la quatrième place au classement du Chill Chill BL award 2020. En effet, le romantisme qui s’en dégage est renforcé par la palette des tons crépusculaires.

En résumé

Nagato invite Kaga Ai chez lui pendant les vacances. Mais le temps de prendre à boire, il trouve son petit ami nu dans sa chambre. Il essaie alors de lui faire comprendre qu’il veut aussi passer du temps avec lui à le câliner sans pour autant coucher ensemble…

En conclusion

Quel bonheur de retrouver ce couple débordant d’amour. Un bel exemple d’une relation saine! Toutefois, le cliffhanger en fin de tome laisse présager un futur tome plus violent et dur. Mais pour l’instant, je savoure avec plaisir le sublime trait de l’auteure qui continue encore à s’embellir et la tendresse entre Ai et Nagato!