Our love language 1 – Rinteku

Couverture de Our love language 1 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385690359
Akata, 2025
ISBN: 9784757587519 (JP)
Square enix, 2023 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je connais très bien la frustration de ne pas réussir à communiquer ce que je veux… »

Rinteku sensei narre une romance entre deux étudiants, avec pour thème principal la question de la surdité. Elle base principalement la narration du point de vue de Fujinaga mais dévoile la version de Keito dans le chapitre bonus. De même, à travers les conversations du « Monde de Keito », elle attire l’attention sur le ressenti et les différentes manières de percevoir les sons. D’ailleurs, la communication est au cœur du récit, avec les quiproquos, la franchise de la langue des signes, l’iconicité et l’expression corporelle du théâtre qui diffère de celle de l’audiovisuel. Grâce à Maejima, Aoi n’hésite pas à remettre en question ses projets d’avenir. Il prend d’ailleurs conscience au fur et à mesure des difficultés rencontrées par son ami dans son quotidien. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle montre également comment des communications ardues provoquent une perte de confiance en soi.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage une certaine souplesse. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les superpositions. Néanmoins, les décors soignés s’estompent parfois pour ne pas surcharger la page. D’ailleurs, Rinteku sensei décompose les mouvements de la langue des signes, superposant parfois les différentes formes des mains dans une mème case. De même, le lettreur Tom « spAde » Bertrand effectue un gros travail pour transmettre la compréhension difficile de Keito. A la fin de certains chapitres, il y a aussi des conversations entre Aoi et Maejima expliquant le monde ressenti par l’étudiant sourd. Sous la jaquette se trouve la présentation des personnages.

En résumé

Étudiant en lettres modernes, Aoi Fujinaga rêve de devenir acteur mais il échoue à la majorité de ses auditions car il surjoue trop. Un jour, il rencontre Maejima Keito, en sciences de l’éducation, un étudiant sourd, oraliste et signant. Les deux jeunes hommes sympathisent rapidement, cherchant à se comprendre. D’ailleurs, Fujinaga s’intéresse rapidement à la langue des signes. Keito, quant à lui, trouve que son nouvel ami a du talent pour exprimer ses émotions…

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Rinteku sensei fait découvrir aux lecteurices les spécificités de la surdité, ainsi que les différents dispositifs pour aider les malentendants. Grâce à Fujinaga, elle fait le lien entre la langue des signes et le langage corporel, mettant en avant les efforts nécessaires pour communiquer. Son graphisme est magnifique et très expressif. Malgré un tome très épais, j’ai dévoré d’une traite ce récit émouvant. J’adore les deux protagonistes mais également les personnages secondaires, même si ces derniers sont peu développés. Une lecture que je vous recommande grandement! Énorme coup de cœur!

Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

Therapy game restart 4 – Hinohara Meguru

Couverture de Therapy game restart 4 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064450
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668647 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je pourrais briser complètement ta vie si j’étais encore plus zinzin. »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse aux difficultés rencontrées par les couples homosexuels lorsqu’ils recherchent un appartement. Elle confronte les deux amoureux à leurs points de vue contraires, les obligeant à discuter pour prendre une décision. De même, elle montre différentes réactions à travers le propriétaire Saitô et l’agente immobilière Fujita. Minato culpabilise de faire subir de la discrimination homophobe à son petit ami. Shizuma, quant à lui, réfléchit à la présentation à la famille ainsi qu’au coming out. Le couple s’interroge par ailleurs sur la démonstration d’affection en public et la pression familiale. L’autrice présente un peu le métier de Minato, entre contraintes et plaisirs. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer vie privée et travail chronophage. Elle ajoute beaucoup d’humour dans les derniers chapitres. Un épisode bonus met également en avant les deux peluches lapins à l’effigie des deux héros, qui sont sorties au Japon.

La mangaka a un trait léché, légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées, détaillant les différentes ombres. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Toutefois, un fond gris avec des halos lumineux indique la projection de rêves ou de fantasmes. La mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle présente les protagonistes en début tome. A la fin de quelques chapitres, elle propose des anecdotes avec les personnages en SD. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Après une nuit de réconciliation torride sur l’oreiller, Ikushima Shizuma et Mito Minato discutent enfin à cœur ouvert de leurs contrariétés. Rassuré par la prévenance de son petit ami prêt à tout pour lui, Minato repart sur une séance torride. D’ailleurs, il a maintenant hâte d’emménager en couple pour prouver à Onodera, la cheffe de Shizuma, la force de leur amour.

En conclusion

Shinohara Meguru sensei approfondit divers thèmes abordés, décortiquant les comportements et les émotions des personnages. Elle offre un tome plus détendu, empli d’humour et de tendresse. Son magnifique graphisme devient presque caricatural dans les passages comiques. J’ai beaucoup aimé la scène qui se passe dans le parc lors de la recherche d’appartement ainsi que le délire avec les ours dans le dernier chapitre. Une lecture désopilante!

Therapy game restart 3 – Hinohara Meguru

couverture de Therapy game restart 3 de Hinohara Meguru, éditions Taifu

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375064283
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784403668609 (JP)
Shinshokan, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Lorsque l’amour grandit, certains pas en avant se font plus difficiles à franchir. »

Hinohara Meguru sensei continue de développer la question de l’installation en couple à travers Mito Itsuki et Ikushima Shôhei. Par ailleurs, elle sème quelques indices autour de la sexualité d’Onodera et développe également les différents problèmes rencontrés par un vétérinaire. Elle interroge sur la jalousie avec Minato qui n’arrive pas à gérer sa possessivité, s’intéressant ainsi à la peur d’interférer dans le bonheur de l’autre, de ne pas aimer normalement. En effet, le photographe a encore du mal à surmonter son traumatisme face à l’amour destructeur de sa mère. Shizuma, quant à lui, essaie d’éliminer les comportements provoquant de l’incertitude. La narration alterne entre les deux amoureux, permettant de découvrir leurs points de vue. Ainsi, l’autrice montre que malgré les mêmes inquiétudes, il peut y avoir une vision différente des problèmes. Elle aborde donc les difficultés à se comprendre malgré des discussions, les efforts pour se réconcilier et parler ouvertement.

La mangaka a un trait épuré mais anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit légèrement dans les passages humoristiques. Elle varie les trames. Toutefois, des hachures soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose parfois des agencements plus dynamiques. Contrairement au tome précédent, Hinohara sensei censure les parties intimes par des languettes blanches dans les scènes érotiques. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

De retour à la clinique pour récupérer ses vêtements à sécher, Ikushima Shizuma croise sa supérieure. Devant leur complicité, Miho Minato prend la fuite. Depuis, il refuse de voir son petit ami qui ne sait comment se réconcilier. Il ne comprend même pas ce qui aurait provoqué sa colère…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Hinohara Meguru sensei replonge le couple de Minato et Shizuma dans une relation polluée par la jalousie, relançant le suspense. Ainsi, elle peut aborder de nouveaux sujets. Par ailleurs, elle alterne avec dextérité humour, tension et tendresse. Son graphisme maîtrisé avec des traits physiques bien déterminés permet d’immédiatement reconnaître les personnages ou comprendre leurs émotions. Quelques passages au consentement gris pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’adore voir le couple se rapprocher encore plus à chaque dispute, résolvant un à un leurs problèmes. Et j’aime beaucoup le mystère autour d’Onodera, même si le lecteur découvre quelques secrets en fin de tome! Une lecture haletante!

Ménage à deux – Aruku Joe

Couverture de Ménage à deux d'Aruku Joe, éditions Taifu

ARUKU Joe あるくジョー
ISBN: 9782375065204
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526423 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Titre original: ゴミ屋敷の鎌倉さん
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que c’est que ce dépotoir? »

Aruku Joe sensei propose une romance plutôt classique entre deux voisins: le solaire Arai et l’asocial Kamakura. Elle maintient un certain suspense en dévoilant leur passé au fur et à mesure. Ainsi, elle s’intéresse à la dépression, au retrait social et au traumatisme. Epuisé psychologiquement, Satoshi prend conscience de sa situation critique grâce à son voisin qui lui apporte soins, chaleur humaine et écoute. Leur cohabitation leur permet de se découvrir, leur amitié naissante se transformant peu à peu. Les deux hommes se remettent en question et surmontent ainsi leurs petits traumatismes. L’autrice montre l’influence des remarques blessantes, des comportements désobligeants et du jugement sur l’apparence sur le mental. Elle aborde donc la fragilité d’une relation et la difficulté à maintenir le lien. Néanmoins, elle n’échappe pas à certains clichés de la vie en commun pour faciliter l’évolution de la relation.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées sont pourtant peu variées, avec des teintes qui privilégient les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Aruku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Elle joue également sur un contour fin translucide ainsi que les cadrages pour gommer les détails.

En résumé

Harcelé au travail, Kamakura Satoshi (30 ans) finit par craquer et insulte alors son supérieur. Depuis, il vit reclus dans son appartement. Lorsque des enfants cassent un carreau de sa fenêtre avec une balle, il ne réagit même pas. Mais son voisin, Arai Katsuyoshi (26 ans), remarque les dégâts et tente donc de le contacter, inquiet. Sans réponse, il se risque à passer par le balcon. Découvrant l’appartement couvert d’immondices, la propriétaire menace alors Kamakura d’expulsion. Mais Arai propose d’abord de nettoyer l’appartement, prenant ainsi soin de son voisin.

En conclusion

Ce one-shot se classe dix-huitième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Aruku Joe sensei propose des sujets intéressants. Toutefois, leurs développements rencontrent quelques problèmes de rythmes, avec certains enchaînements trop rapides. Malgré un graphisme classique, la mangaka maîtrise bien les expressions, facilitant la compréhension. La relation du couple est attendrissante. Une lecture sympathique!

Un assistant de rêve 3 – White Eared

couverture de Un assistant de rêve 3 de White Eared, éditions Kbl

White Eared
ISBN: 9782382881200
Kbooks, 2024
Polarfox (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« De retour dans le monde réel, Yibeom et Jeong-oh vont-ils parvenir à s’avouer leurs sentiments? »

White Eared détaille les dangers du germe onirique, en particulier lors d’une possession et d’un exorcisme. Le passé du chaman dévoile ses motivations ainsi que sa dure formation. La narration alterne entre les deux héros, présentant leurs réflexions. En effet, Shin se montre constamment fuyant tandis que son assistant fait des efforts pour le comprendre. Comme dans le tome précédent, la relation entre Yibeom et Jeong-oh semble régresser à chaque avancée. Le couple évolue grâce au soutien des amis et de la famille. D’ailleurs, le père de Shin ajoute une touche de tendresse amusante. L’auteurice aborde le poids de la culpabilité, l’impuissance et la jalousie. Le suspense se maintient jusqu’à la fin.

White Eared a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs aux tons réalistes jouent toutefois sur des contrastes marqués clairs et obscurs. Par ailleurs, pour les ambiances, des trames colorées appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme le récit était plutôt sain jusqu’à présent, il y a un avertissement au début des chapitres contenant des scènes non consenties.

En résumé

A la fin de la mission, Shin Yibeom constate que leur client ne voulait pas que son rêve se termine. Il confie alors sa peine à son assistant. Mais Han Jeong-oh trouve immédiatement les mots pour le réconforter. Le chaman, réalisant enfin ses sentiments amoureux envers son assistant, décide donc de le rejoindre pour lui faire sa déclaration…

En conclusion

White Eared conclut son récit avec beaucoup d’intensité. L’humour contrebalance les moments dramatiques et la tension. Le graphisme très expressif peut passer de la sensualité au mignon en une case. Comme ce tome contient énormément de révélations, il m’est impossible de vous détailler mon avis. Mais n’hésitez pas à découvrir cette merveilleuse romance qui procure beaucoup d’émotions. J’adore le père de Yibeom qui croit en la force des câlins! Une lecture captivante!

Monster & ghost 1 – Himemiko

Couverture de Monster & ghost 1 de Himemiko, éditions Hana

Himemiko ヒメミコ
ISBN: 9782382765159
Hana, 2025
ISBN: 9784861239960 (JP)
Brite, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Depuis le début, personne n’a jamais rien espéré de moi… »

Himemiko sensei installe pour l’instant les personnages et le contexte de sa romance. Elle crée une amitié un peu particulière entre un lycéen sombre et un fantôme solaire et bavard, jouant sur leurs caractères opposés. Par ailleurs, elle sème des indices au fil du récit, maintenant un suspense constant. Malgré son apparence plutôt brute, Tsubaki déborde de gentillesse et a tendance à faire tous les caprices de Kabuto. Pour l’instant, les deux amis n’arrivent pas à définir clairement leurs sentiments. L’autrice aborde le jugement sur l’apparence, l’influence des rumeurs et des clichés. Avec l’introduction de Hawatari Ibitsu et Narahisa Aya, elle ajoute quelques tensions. Pour décontracter un peu l’ambiance, elle offre une histoire bonus amusante sur le quotidien des deux héros.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à effacer les détails pour transmettre les émotions. Par exemple, Koton a des dents de requins qui renforcent son aspect soi-disant monstrueux. Les nombreuses trames jouent sur les dégradés, avec des volumes soutenus par des hachures. De même, les trames d’ambiance se font plutôt discrètes. Un fond noir indique les flash-back. Par ailleurs, les décors qui apparaissent sur les plans larges exploitent souvent les pleines pages. Ainsi, la mise en page assez classique propose néanmoins quelques agencements plus dynamiques. Pour l’instant, il n’y a pas de scènes érotiques. Mais Himemiko sensei compense notre frustrations en mettant particulièrement en avant la plastique de Koton. D’ailleurs, son graphisme rappelle parfois le style des comics ou des bandes-dessinées franco-belges.

En résumé

De part sa carrure imposante et son regard dur caché derrière sa frange, Koton Tsubaki est souvent pris dans des bagarres. D’ailleurs, il se fait déjà remarquer le jour de son transfert dans un nouveau lycée. Mais en réalité, les gens se méprennent sur ses intentions. Un jour, Kabuto Yûki, un lycéen fantôme, décide de le suivre et sympathise avec lui. Il remarque alors rapidement que Tsubaki sauve souvent les gens…

En conclusion

Ce tome obtient la première place au classement du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2024. Pour sa première œuvre publiée, Himemiko sensei maîtrise déjà bien son graphisme de toute beauté qui rappelle plus le style occidental. Par contre, son récit comporte encore quelques petits problèmes de rythme qui ne gênent en rien son appréciation. J’ai hâte de découvrir la suite. Une mise en bouche intrigante!

My beautiful boy 4 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

Couverture de My beautiful boy 4 de NagiraYuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382765319
Hana, 2025
ISBN: 9784199609930 (JP)
Tokuma shoten, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Hira me rend à la fois heureux et triste… ça ne tourne pas rond chez moi. »

Nagira Yuu sensei continue d’analyser les étranges liens qui se construisent entre Kiyoi, Koyama Kazuki et Hira, mettant en avant la persévérance dans une relation sans avenir. Contrairement au tome précédent, elle base principalement la narration du point de vue du jeune acteur. Elle révèle alors son passé ainsi que ses sentiments contradictoires. En effet, Sô aime être admiré mais éprouve du dégoût pour son propre égocentrisme. Même s’il semble conscient de son homosexualité, il s’exprime maladroitement. Les quiproquos s’enchaînent, renforçant les incompréhensions. L’autrice aborde l’acceptation de l’autre, même de ses travers et des inconvénients, la différence entre admiration et amour, les risques d’un amour trop exclusif et possessif. Elle montre des logiques et des visions différentes d’une relation amoureuse, déséquilibrée et problématique.

Kitano Megumi sensei a un trait léché légèrement épuré. Elle s’attarde sur les détails, les petits gestes et les expressions. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors soignés apportent un touche réaliste. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés. Par ailleurs, la mangaka donne l’ambiance ou met en avant un point important dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Invité à une soirée par Sô Kiyoi, après une représentation, Hira Kazunari s’inquiète en voyant celui qu’il admire depuis le lycée, être très proche de l’acteur Iruma. Mais en rentrant, Kiyoi le rassure en démentant les rumeurs. Tout en parlant de banalités, il explique alors chercher un endroit où répéter. Hira lui propose donc d’utiliser la maison de sa tante, désirant se rapprocher à nouveau. Toutefois, comme Kiyoi se montre parfois gentil, froid ou boudeur, Hira n’arrive toujours pas à le comprendre…

En conclusion

Nagira Yuu sensei révèle enfin la complexité du caractère de Kiyoi, développant un portrait plutôt différent de ce que les lecteurs pouvaient imaginer au début. Elle continue d’analyser des relations perdues d’avance et l’ambiguïté de certains comportements. Kitano Megumi sensei transcrit avec finesse les ambiances changeantes entre les personnages. L’histoire prend un tournant intéressant, éveillant ma curiosité. Hâte de découvrir la suite!

My beautiful boy 3 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

couverture de My beautiful boy 3 de Nagira Yuu et Kitano Megumi, éditions Hana

NAGIRA Yuu 凪良 ゆう
KITANO Megumi 北野 仁
ISBN: 9782382764848
Hana, 2024
ISBN: 9784199609626 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je l’aime et je souffre à en mourir. Je suis incapable de renoncer à l’amour que j’ai pour Kiyoi. »

Nagira Yuu sensei s’attarde principalement sur l’évolution de Hira qui découvre enfin des comportements plus bienveillants avec le club de photographie universitaire. En introduisant les frères Koyama, en particulier Kazuki, elle analyse les différentes émotions auxquelles sont confrontées les personnes bègues, en particulier un complexe d’infériorité. De même, elle apporte un regard extérieur sur la relation toxique entre Hira et Kiyoi. Ainsi, comme dans le tome précédent, la narration se base principalement du point de vue de Kazu. L’étudiant s’interroge enfin sur ses relations, son attirance ainsi que son sentiment de culpabilité face à sa nouvelle amitié. L’installation d’un triangle amoureux permet d’aborder d’autres sujets tels que l’homosexualité, la peur de perdre une amitié à cause de l’amour. Les comportements négatifs se confrontent sans cesse à ceux plus prévenants. L’autrice analyse des amours obsessionnels qui ne provoquent que souffrance, jouant avec les limites des convenances.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle dessine des corps longilignes aux visages bien ovales. Bien qu’elle utilise de nombreuses trames, les tons clairs dominent. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. La mangaka préfère suggérer les scènes érotiques à travers quelques détails. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre, souvent au format de trois cases silencieuses.

En résumé

Sô Kiyoi et Hira Kazu ont pris l’habitude de se retrouver secrètement dans la salle de musique. Ils se parlent plus franchement et Hira en profite pour photographier son modèle. Mais en terminale, les deux lycéens se retrouvent dans des classes différentes. Leurs rencontres deviennent sporadiques. Après les vacances d’été, lorsque Hira apprend que Kiyoi est recruté par une agence de talents artistiques, il ne peut alors que constater leur éloignement au fur et à mesure que la popularité de son ami augmente. Pourtant lors de la remise des diplômes, Kiyoi lui vole un baiser marquant leurs adieux.

En conclusion

Nagira Yuu sensei continue de décrypter des relations obsessionnelles, à la limite malsaines. Elle dépeint parfaitement la souffrance que procurent ces amours, analysant avec finesse les émotions. Par ailleurs, le graphisme de Kitano Megumi sensei sublime les expressions des personnages. J’aime beaucoup Koyama Kazuki qui apporte un nouveau souffle dans le récit. Une lecture troublante qu’on n’arrive pas à lâcher!

Black or white 8 – Sachimo

couverture de Black or white 8 de Sachimo, édité par Hana

Sachimo さちも
ISBN: 9782382765258
Hana, 2025
ISBN: 9784041124635 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je n’avais pas compris à quel point le monde du spectacle est un monde de requins. »

Sachimo sensei s’intéresse aux conséquences des scandales, présentant deux gestions différentes du problème. A travers l’actrice Fukui, elle montre l’influence des relations et l’exploitation des personnes aux talents fragiles. Ainsi, elle dévoile petit à petit les manigances du directeur de l’agence de Shige. De nouvelles intrigues se mettent en place et créent beaucoup de suspense. Hanasaki et Tatara apportent une note d’humour en jouant les protecteurs de Washimiya. D’ailleurs, Shin et Shige ont de plus en plus de mal à cacher leurs sentiments. L’autrice révèle un peu le passé entre Umejima et Washimiya, mettant en avant le travail d’un agent. Comme dans le tome précédent, elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus sexy et surprenante.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle dessine des corps longilignes mais finement musclés. Par ailleurs, elle arrondit et simplifie son trait dans les passages humoristiques, se rapprochant ainsi du style SD. Des rayures envahissantes marquent les rougissements. Les décors alternent avec les trames d’ambiance souvent graphiques (fleurs, scintillement, pois…). De même, les trames équilibrées utilisent pourtant une palette de teintes restreintes, privilégiant les aplats et les contrastes noir et blanc. Un fond gris indique les souvenirs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle présente le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Washimiya Shin profite enfin d’un jour de congé avec son petit ami Ôsawa Shige. Toutefois, ils finissent par s’envoyer en l’air toute la journée. Durant un simple câlin plus calme, Shige laisse même échapper une demande en mariage avant de se raviser et de faire croire à une blague. Le lendemain, après le tournage d’une série, Shin n’arrive pas à éviter un dîner entre collègues, son manager Umejima étant en congé. Mais l’idole Hanasaki veille sur lui en s’invitant à leur table. Néanmoins, lors d’un moment d’inattention, Shin se fait photographier dans une ruelle avec sa collègue Fukui par un paparazzi.

En conclusion

Sachimo sensei ralentit le rythme de son récit pour poser de nouvelles intrigues. Ainsi, elle maintient une certaine tension. Par ailleurs, elle aborde de nouveaux sujets en lien avec la vie des acteurs, ajoutant une petite note réaliste. Son graphisme reste expressif malgré l’impression d’un trait plus simplifié. J’adore les bouilles des personnages dans les moments humoristiques. De même, je tourne fébrilement les pages, m’inquiétant sans cesse pour les personnages. J’ai hâte de découvrir la suite! Une lecture toujours aussi passionnante.