Your dream – Aruku et Kouki

your dream aruku kouki

ARUKU
Kouki コウキ
ISBN: 9782375060544
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784344835863 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Titre original: 君の夢を見ている
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Se battre contre le destin pour rester avec son bien-aimé.

Aruku sensei narre une romance basée sur l’amour destiné. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle confronte deux personnalités différentes. A cause de ses prédictions, Amamori a développé un amour obsessionnel et panique dès que les évènements diffèrent. Au contraire, Yui pense que le destin se construit par soi-même. Quand ses sentiments se développent, il doute alors d’une possible influence de l’écrivain, éprouvant même de la jalousie envers sa propre image fantasmée. Les deux hommes habitués à la solitude vont alors développer une certaine dépendance l’un envers l’autre. D’ailleurs, l’auteure interroge sur la naissance du sentiment amoureux et l’incertitude de l’avenir. Elle met leur amour à l’épreuve en basculant totalement dans un univers fantastique. En effet, après les rêves prémonitoires, elle s’intéresse à l’influence du voyage temporel. La différence entre rêve et réalité donne une touche poétique au récit.

Kouki sensei a un trait épuré de style shôjo. Elle représente ses personnages en SD dans les passages humoristiques, leur donnant un aspect très mignon. Les trames d’ambiance viennent appuyer les émotions. De même, les décors détaillés sont très présents. La mangaka met en avant l’esthétique des images avec une mise en page dynamique, ajoutant une touche poétique. Elle renforce ainsi le flou entre rêve et réalité. Par ailleurs, elle montre peu de détails dans les scènes érotiques en choisissant bien les angles de vue. Les illustrations en début de chapitre résument les évènements à venir, mais avec une touche très romantique. En fin de tome, un yonkoma se moque avec finesse des rêves prémonitoires.

En résumé

Yui Hisashi se fait draguer par un bel homme qui lui annonce qu’ils étaient destinés à s’aimer. Il le retrouve le lendemain et devra même être son responsable éditorial. En effet, l’écrivain Amamori Ken lui explique alors qu’il a toujours rêvé de leur rencontre. Pour le convaincre, il lui révèle même leur futur: ils s’embrasseront dans une semaine et coucheront ensemble dans un mois. Hétérosexuel, Yui est mal à l’aise face à cet homme plutôt intrusif et connaissant déjà ses goûts. Pourtant, il apprécie sa verve et ses récits de voyages. Il est même surpris de découvrir le sobre mode de vie de ce voyageur sans attaches, logeant dans un hôtel délabré. Mais il commence également à rêver d’Amamori. Alors quand l’écrivain vient le gêner pendant une sortie avec une fille, il s’énerve contre lui. Pourtant, en le voyant partir le lendemain, il ne peut s’empêcher de le retenir…

En conclusion

J’ai été surprise par la fin mais j’apprécie le développement de cette histoire. Ce one-shot est à la fois triste et beau, malgré un happy end. Le récit est touchant mais certains lecteurs auront peut-être du mal à accrocher à cause du brusque basculement dans l’univers fantastique. Pour ma part, c’est un coup de cœur.

Deadlock 2 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 2 aida saki takashina yuh

AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782351809846
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784199606373 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Sa gentillesse me touche plus que celle des autres. »

Aida Saki sensei met en avant les intrigues politiques qui se trament entre les gangs. Elle dénonce l’industrie carcérale avec la privatisation des prisons. Elle fait avancer l’enquête de Yûto en parallèle, maintenant le suspense. L’ancien policier s’attache de plus en plus à son compagnon de cellule et aimerait mieux le connaître. Toutefois, leur relation n’est pas stable. Lenix va également trouver un allié de poids avec Neto. Élevé dans une famille multiculturelle, il s’interroge sur sa place dans ce milieu qui se divise selon les ethnies. De même, il réalise sa rapide adaptation aux nouvelles règles carcérales. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence de l’environnement carcéral et de l’isolation sur les psychologies, ainsi que les différentes réactions selon le caractère. Alors que Yûto perd patience et a tendance à réfléchir sur lui-même, Neto semble parfaitement maitriser ses états d’âme et Dick, résigné, voit l’isolement comme des vacances.

Takashina Yuh sensei a un trait épuré léché. Elle porte attention aux petits gestes, aux regards. Elle varie les angles de vue. Quelques trames d’ambiance viennent appuyer les émotions. En revanche, les fonds noirs et les trames sombres renforcent les moments dramatiques. De même, les décors rappellent constamment l’enfermement. La mise en page est donc dynamique et très esthétique. Les scènes d’action, rapides, se concentrent sur les mouvements clés. Par ailleurs, la mangaka ne détaille pas les scènes érotiques mais exprime clairement la violence des viols.

En résumé

Gayren, le chef des ABL, a tué son petit ami Lindsay Scott qui le trompait. Yûto Lenix ne comprend pas pourquoi Dick Banford et Nathan Clark l’empêchent de le dénoncer aux gardiens et préfèrent retourner en cellule. D’ailleurs, l’alarme sonne rapidement. Face à la colère de son compagnon de cellule, l’ancien policier se calme. Après 24h d’enquête, le pénitencier reprend son train-train, n’ayant pas trouvé de coupable. En effet, tous les détenus se sont tus, redoutant les représailles du gang. Alors que Hose cherchait Matthew Cain, Michael Ronini s’inquiète de la longue absence de son jeune protégé. Quand un détenu l’informe l’avoir vu avec Bernard, un pédophile sadique, il panique et fonce à sa recherche. Mais, il arrive trop tard et trouve le jeune homme gravement blessé. Fou de rage, Mickey décide de le venger malgré les risques.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’histoire devient plus dramatique. Takashina Yuh sensei arrive parfaitement à suggérer la violence sans entrer dans les détails, marquant tout de même les esprits à la lecture. Le suspense, constamment au rendez-vous, s’efface lors des petits échanges quotidiens. La fin du tome transforme l’attente de la suite en véritable torture.

Deadlock 1 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 1 aida saki takashina yuh

AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782351809808
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784199605284 (JP)
Tokuma shoten, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Enquête dans le milieu carcéral.

Après avoir introduit une intrigue autour de Yûto, Aida Saki sensei ajoute une enquête parallèle avec la recherche d’un terroriste surnommé Corbus. Pour l’instant, elle présente principalement les personnages ainsi que les liens qui se forment. Bien que Dick se montre secret et distant, il s’ouvre petit à petit à Yûto. L’ancien policier, quant à lui, découvre le microcosme que représente la prison, avec les tensions ethniques exacerbées, les psychologies déviantes, la pression explosive. D’ailleurs, l’auteure dépeint avec un certain réalisme le milieu carcéral américain. Elle montre la corruption, le marché noir, le fonctionnement des gangs, la violence latente. Elle aborde également l’injustice générée par les règles internes qui se construisent au sein du pénitencier. Malgré des tensions avec les détenus, Yûto trouve également des amis. En fin de tome, un chapitre romancé donne une anecdote amusante sur Dick.

Takashina Yuh sensei a un trait épuré plutôt léché avec quelques pleins et déliés. Elle varie les styles, les morphologies, permettant d’identifier rapidement les personnages même de loin. En revanche, certains hommes ressemblent beaucoup plus à des gravures de mode qu’à des criminels. Les trames d’ambiance se font très discrètes pour ne pas trop casser l’ambiance réaliste. D’ailleurs, les décors sont présents, mais pas envahissants, dès que l’angle de vue s’élargit un peu. Pour l’instant, la mangaka suggère, avec subtilité, la violence sans montrer les détails. Et il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

Yûto Lenix (28 ans), ancien agent de la brigade des stups de New York, est transféré au pénitencier de Schelger. Bien qu’il clame son innocence, il a été condamné pour le meurtre de son collègue Paul Mc Lane. Dès son arrivée, il attire l’attention du chef des Black soldiers, Bob Trankler, alias BB, qui compte faire de lui sa femme. Il sympathise d’abord avec le jeune Matthew Cain, arrivé en même temps que lui. Ce dernier, malchanceux, se retrouve au bloc ouest A qui rassemble des criminels violents, à cause du manque de place dans la section des peines légères. Michael Ronini et son compagnon de cellule, Nathan Clarke, les emmènent alors au réfectoire. En effet, Mickey dirige une partie du marché noir et prend soin des nouveaux et potentiels futurs clients. Mais alors que BB agresse déjà Yûto, Dick Banford, le codétenu de Lenix, intervient.

En conclusion

L’adaptation du roman d’Aida Saki sensei en manga respecte bien le scénario. Le suspense côtoie constamment les moments du quotidien. J’apprécie cette adaptation du roman. Alors, même si je rate quelques tensions connaissant déjà la fin, j’aime voir l’interaction entre les personnages, leurs réactions, les petits gestes, les réflexions.

Blue lust 3 – Hinako

blue lust 3 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061411
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784866570556 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Reconquérir son bien-aimé en se montrant sincère et patient.

Après un tome plutôt dramatique, Hinako sensei développe le long cheminement vers la réconciliation entre Hayato et Sôma. Elle met en avant la sincérité des sentiments, la nécessité des discussions et la force de l’honnêteté. La narration alterne entre Sôma, Noboru et Hayato, permettant de comprendre leurs interrogations intérieures. Les liens entre eux trois évoluent. Ainsi, Noboru devient un soutien. Hayato respecte les décisions de Sôma qui a décidé de fréquenter un homme homosexuel, qui le comprendrait mieux, mais se bat pour reconquérir sa confiance. Hitokawa l’incite également à réfléchir sur les difficultés rencontrées par les homosexuels dans l’intimité et dans la société. L’auteure met également en avant l’influence des amis, le partage. Elle dévoile les circonstances de l’isolement de Sôma et sa brusquerie quand il se sent acculé. En fin de tome, elle révèle ce que sont devenus les personnages un peu plus tard.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste et classique. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. De même, elle dessine les personnages en SD quand ils sont gênés, ajoutant un côté mignon. La force des différents regards graphiquement expressifs permet de se passer des dialogues Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique grâce aux découpages, ellipses et emboitements. Hinako sensei censure légèrement les scènes érotiques par des points et des bandelettes blanches. Elle donne le ton du récit à travers les illustrations en début de chapitre ainsi que dans ses illustrations couleurs. Sous la jaquette, se trouvent encore des croquis ainsi que la postface.

En résumé

Katahira Sôma confie à Miyazawa Noboru ses doutes sur sa relation avec Iokawa Hayato. Le lycéen lui révèle alors qu’il est le meilleur ami d’Iokawa, qui a tenté de se suicider. Tout son amour s’était transformé en haine suite aux brimades des autres élèves et à l’inaction de son ami. En voulant sciemment blesser ce dernier, il a donc sauté devant lui. Sôma réalise alors que Hayato a complètement changé suite à ce traumatisme. Comprenant les sentiments profonds de Katahira, Noboru décide de discuter avec Hayato avant de l’encourager. En effet, l’amour de ce dernier lui paraît sincère et profond.

En conclusion

Ce tome n’a pas réussi à être classé dans les meilleures séries au Chill Chill BL award 2018, mais les lecteurs apprécient le suspense jusqu’à la fin. Les sentiments explosent dans ce final. L’auteure a pris soin de développer le chemin réflexif des personnages sur leurs sentiments et leur relation. Son style narratif permet de comprendre leurs évolutions. Le happy end est bienvenu après toute ces péripéties. J’adore le couple principal mais apprécie également les personnages secondaires. Je les trouve adorables sur la couverture au verso. De même, j’aime les respirations apportées par la présence de Mâ et Itô. Une excellente série que je ne peux que recommander.

Blue lust 2 – Hinako

blue lust 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061275
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348822 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Affronter son passé pour faire face à son bien-aimé.

Hinako sensei approfondit sa thématique du traumatisme et d’un amour mélancolique en dévoilant le passé de ses protagonistes. Elle développe l’influence du passé sur les émotions. Noboru a donc du mal à contenir son ressentiment encore présent envers Hayato. Ce dernier, au contraire, arrive à éclaircir ses sentiments alors qu’il doutait de leur sincérité polluée par son envie de repentance, grâce à sa discussion avec son ancien ami. L’auteure aborde parallèlement la perte de confiance, le doute, la remise en question et la culpabilité. Elle décrit avec clarté les émotions de ses personnages, le malaise qui s’installe entre Sôma et Hayato ainsi que le désir de ne rien laisser paraître. Elle montre également les réactions parfois extrêmes dues à la tension psychique. Comme dans le premier tome, la narration est toujours concentrée sur Iokawa.

La mangaka a un trait fin et épuré, légèrement léché. Elle donne une touche réaliste en se focalisant sur les regards changeants. Néanmoins, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. Les trames d’ambiance plutôt graphiques illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques, le récit se concentrant sur les sentiments des personnages. Hinako sensei dessine de magnifiques illustrations couleurs, simples mais dégageant une certaine douceur. Sous la jaquette, elle présente quelques croquis.

En résumé

Iokawa Hayato retrouve comme prévu Katahira Sôma à la sortie de la gare mais il est accompagné de son ami Miyazawa Noboru. Or, ce dernier était le meilleur ami de Hayato au collège jusqu’à ce que ce dernier déclare ses sentiments. Encore immature, il en avait parlé à toute la classe, entrainant des conséquences graves. Mal à l’aise de feindre les inconnus, Hayato s’éclipse durant la nuit, oppressé par les regrets. Mais Sôma remarquant son trouble le suit et l’embrasse pour le réconforter. Toutefois, Noboru les observe de loin. Le lendemain, alors que Katahira a attrapé froid, Iokawa raccompagne Miyazawa à la gare. Mais son ancien ami lui demande des explications…

En conclusion

L’auteure offre un tome fort en émotions où l’espoir s’effondre tandis que les héros deviennent honnêtes envers eux-mêmes. Pourtant, elle réussit à ne pas tomber dans le mélodrame, dosant avec justesse les moments dramatiques et plus positifs, partageant les réflexions de ses personnages. J’aime beaucoup le style de la mangaka qui arrive à décrire avec justesse les réactions de ces personnages. Je suis complètement happée par ce récit.

Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

Calendula of limbo 2 – Haji

calendula of limbo 2 haji

Haji ハジ
ISBN: 9782368776384
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570990 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Braver la volonté divine pour l’amour.

Haji sensei donne une tournure dramatique à son récit. Elle met en avant les anges et les gardiens. Ainsi, elle aborde la peur de l’incertitude, de la mort imminente, de la séparation. En effet, en plus des batailles contre les dévoreurs, Calen recherche surtout un moyen d’empêcher l’inévitable pour sauver celui qu’il aime. D’ailleurs, alors que l’ange inspecteur manipule nos héros pour faire bouger les choses, la justice divine de cet univers ne semble pas si équitable. L’auteure renforce la cohérence de son univers, ajoutant quelques explications. Elle interroge les lecteurs sur la rédemption, la force de l’amour et les conséquences du comportement humain dans le cycle des réincarnations. Elle développe également le caractère de ses personnages. Par exemple, Calen a changé et dégage beaucoup plus de douceur, devenant un vrai protecteur. Le chapitre final permet de découvrir ce que le couple devient après un final très intense.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Par ailleurs, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses personnages ont des corps musclés. Comparé au tome précédent, les Grandes-oreilles sont plus discrets. Haji sensei soigne les décors. De même, elle varie les trames, privilégie les aplats noirs mais utilise parfois quelques trames d’ambiance. Toutefois, certains pages semblent très sombres. La mise en page dynamique rythme la lecture. Des bandelettes blanches censurent les détails des scènes érotiques. Les illustrations de la couverture et de la première page mettent en scène le couple avec romantisme. Sous la couverture se trouvent la postface et un yonkoma amusant sur Makoto et Calen.

En résumé

Maintenant, Calen forme les nouveaux gardiens sous l’œil admiratif de son petit ami, Onodera Makoto. Mais ce dernier remarque que son père, qui apporte également son aide à la formation, semble fatigué depuis quelques temps. D’ailleurs, sur le chemin du retour, Seishin s’effondre. En effet, il aurait dû se réincarner il y a déjà un an mais refuse de le faire. Comme son âme est liée à celle de son fils, même l’ange inspecteur ne sait pas si le golem survivra. Or Seishin ne souhaite pas priver Makoto du bonheur qu’il a enfin trouvé avec son bien-aimé. Préférant disparaître sans l’inquiéter, il se laisse donc aller et s’évapore…

En conclusion

L’auteure intensifie les évènements dans ce tome conclusif, plongeant le lecteur dans l’action et le drame. Pourtant, elle arrive à nous surprendre avec un happy end. J’aime beaucoup cette romance fantastique où l’amour devient le catalyseur de la vie après la mort. Moi aussi, j’ai envie de couver cet adorable couple.

Calendula of limbo 1 – Haji

calendula of limbo 1 haji

Haji ハジ
ISBN: 9782368776049
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349089 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour apportera-t-il la rédemption dans une vie après la mort?

Haji sensei réinterprète le monde des morts ainsi que la mission des shinigami. Elle crée un univers riche et cohérent, jouant sur le contraste entre un milieu dynamique et vivant accueillant les âmes des morts. Le séjour dans les limbes est une étape avant la réincarnation permettant d’expier ses péchés pour obtenir la rédemption. Ici, le shinigami guide les âmes des morts vers la réincarnation et élimine les dévoreurs, des monstres mangeurs d’âme. Ainsi, l’auteure mêle à la fois action, romance et mystère. En effet, elle révèle au compte-gouttes le secret touchant Golem et son père Seishin. Onodera a rapidement le coup de foudre pour l’ancien soldat et le partage directement. Mais leur relation se développe doucement. D’ailleurs, Calen perçoit en l’amour plus un désespoir qu’un bonheur, conscient de la séparation à venir. En fin de tome et sous la jaquette, des fiches présentent les personnages et les créatures.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et discontinu. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle ne dessine pas le relief des oreilles. Les grandes-oreilles, sorte de lapin cyclope, apporte une petite touche mignonne. Les créatures sont variées, mignonnes ou effrayantes. De même, les habitants du pays des morts ont différents styles, selon leur époque et leur origine. Haji sensei utilise beaucoup de trames, mais peu pour l’ambiance. Elle soigne ses décors. Toutefois, les scènes d’actions deviennent parfois difficile à distinguer, la page étant surchargée. La mise en page dynamique permet tout de même de se repérer facilement. Les scènes érotiques sont censurées par un point lumineux. Les illustrations de début de chapitre montrent les personnages dans un quotidien tranquille, comme sur la couverture et la première page illustrée en couleurs. Sous la jaquette, un yonkoma donne une anecdote amusante sur l’amour paternel.

En résumé

A son décès, le soldat Dürbhein est condamné à perdre ses souvenirs et se réveille donc amnésique dans les limbes. Le gardien Onodera Makoto, alias Golem, l’accueille et lui explique alors qu’il est devenu un shinigami. Complètement perdu, l’ancien soldat a du mal à accepter sa nouvelle condition. Mais la gentillesse et la sollicitude de Golem le touchent petit à petit. Ce dernier lui donne même un nom: Calem. Ainsi, il redémarre une nouvelle vie dans ce pays où les âmes des défunts demeurent en paix.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, le scénario surprend car sur une base simple, l’auteure introduit des révélations approfondissant le côté dramatique du récit. En plus, elle a une approche des anges assez peu commune. J’adore Calen, avec ses cicatrices et sa maturité. Et le grandes-oreilles Poire est tellement adorable. Une fantaisie très sympathique qui interroge sur l’amour après la mort.

Our house love trouble – Owal

our house love trouble owal

Owal おわる
ISBN: 9782368776025
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959682 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« La vie en communauté n’est pas toujours facile, alors si en plus l’amour s’en mêle… »

Owal sensei offre une comédie érotique avec des seme sadiques et des uke naïfs. Elle expédie les sentiments pour inclure des scènes érotiques à chaque chapitre. Le scénario léger joue surtout sur les quiproquos et les situations comiques. Le consentement n’existe pas mais les uke réagissent également très passivement, cédant immédiatement au plaisir. D’ailleurs, l’auteure alterne la narration entre les personnages et installe trois couples. Elle développe cependant beaucoup plus la romance entre Hibiki et Nonohiko, décrivant la naissance de leurs sentiments. En outre, elle dépeint des caractères extrêmes. Ainsi la naïveté et la pureté des uke leur donnent un côté un peu benêt adorable. Chacun a des complexes qui deviennent le jeu des seme pervers. Par ailleurs, l’esprit familial de la share house est bien mis en valeur.

La mangaka a un trait épuré et fin, rappelant le style shôjo. Elle dessine des ikemen, pour certains musclés, avec des visages légèrement ovales aux grands yeux. Les personnages rougissent facilement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors assez détaillés. Cependant les pages ont une dominance blanche car les trames d’ombres et de couleurs sont claires. Par ailleurs, la mise en page très dynamique utilise parfois des angles de vue originaux. Owal sensei censure ses scènes érotiques en cachant les parties génitales par des hachures et des masques blancs. Pourtant, elle fait de gros plans sur les détails, augmentant tout de même l’impression sensuelle de certaines vignettes. Des illustrations en fin de chapitres présentent les personnages ou donnent des anecdotes. Sous la jaquette, il y a deux yonkoma amusants sur ce qu’aime Hibiki et une planche très chaude sur l’hôte qui a arnaqué Yûsuke.

En résumé

Nojima Nonohiko travaille dur pour payer ses études. Mais la résidence étudiante où il logeait ferme pour vétusté. Il trouve alors une chambre dans une magnifique share house tenue par un travesti, Kitora Kaoru. Le jour de son déménagement, après avoir visité le quartier, il réalise qu’il n’a pas encore les clés et ne peut rentrer. Arrive un des locataires, Kaido Hibiki. Ce dernier lui propose alors de prendre un bain ensemble. Complexé par ses tétons inversés, Nonohiko se cache comme il peu. Toutefois, Hibiki détend l’atmosphère en le complimentant, puis commence à le tripoter sans pudeur…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2018. Même si je recommande seulement un peu le titre, sachant que la légèreté du scénario sur les viols peut choquer, j’aime beaucoup ce titre. L’auteure joue sur les contrastes entre les statures des héros. Elle arrive à émouvoir en quelques cases. En plus, j’adore les trois couples. D’abord, le grand et fort Nonohiko qui se sous-estime mais se prend en main, arrivant à calmer la libido débordante de Hibiki. Ensuite, le couple surprenant entre Kaoru et l’étudiant Tatsuki Kotarô qui déteste les travestis. Enfin, le taciturne sculpteur Isurugi Kaname qui craque pour le côté innocent et inexpérimenté de l’hôte Sasaura Yûsuke. Je suis heureuse de les voir heureux, même si les uke sont clairement manipulés par leur seme! Et le chapitre final en rajoute, dévoilant leur coopération pour assouvir leurs fantasmes!

Same difference !!! 6 Secret play – Hiiragi Nozomu

same difference 6 secret play hiiragi nozomu

HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368776094
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409964 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les deux seme continuent à se chamailler mais Ozaki cède de plus en plus au courroux de son amant…

Après un tome sérieux, Hiiragi Nozomu sensei nous replonge dans les chamailleries de notre couple fétiche en s’intéressant à leur quotidien. Un nouvel employé, Nutahara, apporte une touche rafraichissante avec son admiration pour Ozaki et sa candeur le rendant trop franc. En effet, bien que casé, le salaryman bisexuel continue à jouer les charmeurs en participant à des gôkon. Entre jalousie, fantasmes et possessivité, l’auteure s’amuse à bousculer le « quotidien d’adorables pervers ». Elle développe un peu plus le personnage de Shiba, durant deux chapitres, le rendant un peu plus sympathique. En fin de tome, elle offre un peu de fan service avec nos deux salarymen d’élite déguisés en prince lors d’une fête au bureau. Tous les personnages évoluent. Ainsi, Tsuburaya applique des punitions ressemblant plus à des jeux érotiques et se montre plus entreprenant quand il est ivre. Katsumata, quant à lui, devient le protecteur du couple.

Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. Le jeu des ellipses, des emboîtements de vignettes et l’absence de certains cadrages dynamise la mise en page. De même, les flash-back sont bien intégrés dans le récit, reconnaissables par un fond noir. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais évitent de donner trop de détails grâce aux cadrages et aux angles de vue. En fin de tome, une planche conclut la confrontation entre Shiba et Katsumata.

En résumé

Ayant été pris pour un fumeur à cause de l’odeur de tabac sur ses vêtements, Tsuburaya exige qu’Ozaki (39 ans) arrête de fumer. Ce dernier accepte en échange d’un cosplay sexy de son partenaire. Mais cela s’avère plus difficile qu’il ne croyait. Katsumata lui confie alors sa technique: compenser le manque en mangeant des sucreries. Ozaki, qui a le bec sucré, apprécie d’autant plus en réalisant que les chocolats de luxe lui apportent également du succès auprès des filles. Mais lors d’un câlin, Tsuburaya lui fait remarquer sa prise d’embonpoint. Ozaki tente de résister au mieux en machouillant ses crayons. Mais excédé, il finit par craquer face aux provocations de Shiba qui laisse tomber exprès son paquet de cigarettes après l’avoir nargué en fumant. Ce dernier en informe immédiatement Tsuburaya. Le salaryman surprend donc son amant en pause cigarette…

En conclusion

Ozaki, penaud et tout obéissant devant son amant, est adorable à craquer. Il a failli devenir uke mais a réussi à s’en sortir cette fois. Combien de tomes tiendra-t-il encore? Vivement la suite!