Happy of the end 2 – Ogeretsu Tanaka

happy of the end 2 ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382762073
Hana, 2024
ISBN: 9784801976160 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Votre salon ressemble à un love hotel… »

Ogeretsu Tanaka sensei offre une parenthèse de douceur dans son récit, maintenant néanmoins une certaine tension, comme une épée de Damoclès prête à tomber sur ses deux héros. Elle s’attarde sur l’évolution des sentiments de ses personnages, Haoren se confiant de plus en plus à Chihiro et montrant également plus facilement son affection. D’ailleurs, le jeune homme expérimente de nouvelles émotions comme la jalousie, la peur de perdre un être cher. Ainsi, son passé se révèle par brides, laissant l’imaginaire du lecteur compléter les éléments les plus durs. Chihiro qui se montre compréhensif se prend également en main. L’introduction de Maya vient briser ce quotidien rassurant proche de la normalité. L’auteure aborde la difficulté à discuter et partager des souvenirs traumatisants, les dégâts causés par la drogue, la fuite presque impossible de son passé. Elle marque le passage du temps à travers divers évènements. L’histoire bonus apporte une note humoristique.

La mangaka a un trait léché. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. D’ailleurs, elle varie beaucoup les physionomies, rendant ses personnages facilement reconnaissables. Les trames très variées transcrivent les couleurs, les motifs, les ombres et même les dégradés. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés ajoutent une note réaliste, apparaissant dans les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique varie souvent les plans et s’attarde sur les détails. Ogeretsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages devant un décor reprenant le thème principal du récit. Comme dans le tome précédent, elle présente deux autres personnages sous la jaquette.

En résumé

Kaji Ryôhei constate que Keito, alias Haoren, et Kashiwagi Chihiro transforment petit à petit leur intérieur en nid d’amour, vivant ensemble comme un couple. D’ailleurs lors d’une sortie au restaurant, Haoren officialise ses sentiments envers son partenaire. Il accepte même plus facilement de se déshabiller et d’exhiber son corps couvert de cicatrices durant leurs ébats…

En conclusion

Ce tome se classe huitième meilleure série au Chill chill BL award 2023. Ogeretsu Tanaka sensei maîtrise parfaitement le rythme de son récit, maintenant une tension constante et proposant quelques respirations romantiques ou amusantes aux lecteurs. Elle fait côtoyer avec finesse désespoir et petits bonheurs du quotidien. Son graphisme presque réaliste facilite l’immersion dans le récit. Une lecture pleine d’émotions qui nous invite à réfléchir sur le bonheur!

La cage de la mante religieuse 5 – Psyche Delico

le cage de la mante religieuse 5 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782382762714
Hana, 2024
ISBN: 9784396785413 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Des destins brisés par la vie, la folie et la malchance. »

Psyche Delico sensei continue de révéler les secrets de la famille Tôma à travers le regard de Sachiko et Iida. Comme dans le tome précédent, elle plonge le lecteur dans la noirceur humaine, abordant le pardon, la folie, l’inceste et les manipulations. Elle interroge également sur la diversité du bonheur, la pression sociale ainsi que la construction d’une image d’un bonheur unique. En effet, bien que libéré de ses obligations, Ikurô continue à se sentier prisonnier, son amour déviant et sa vision du bonheur ne correspondant pas aux conventions sociales. Il a clairement conscience de ne pas se sentir à l’aise dans une vie « normale ». Sachiko, quant à elle, prend en main son avenir. Ranzô évolue également. Ainsi, l’auteure s’attarde sur la fragilité de l’estime de soi, la contiguïté entre bonheur et malheur, la difficulté à sortir d’une relation toxique et dépendante. Elle aborde également le sentiment de culpabilité.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle retranscrit l’ambiance dramatique du récit en jouant principalement sur les contrastes noir et blanc, en particulier avec les trames d’ambiance très sombres qui semblent envahir les espaces. En plus, un fond noir marque également les flash-back. Par ailleurs, les trames sont très variées. Les décors soignés qui apparaissent sur les plans larges ajoutent une note réaliste. Psyche Delico sensei propose une mise en page très dynamique, avec des superpositions, des sorties de cadres et des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes mais utilise des contours discontinus et des cadrages pour limiter leur exposition.

En résumé

Iida Yukinari qui enquête sur l’affaire de corruption de Honda Kôzô, recueille en fin de compte Tôma Ranzô et Ikurô qui fuyaient leur manoir en flamme. Le journaliste se trouvait sur les lieux car son ami d’université semble impliqué dans l’affaire. Dans la voiture, Ikurô, complètement sonné, se souvient alors de ses sentiments ambivalents pour Miyama Norihiko. Il réalise qu’il apprécie les mains du majordome au point d’accepter que ce dernier lui donne la mort. Soudain, il panique de l’avoir repoussé dans la cage en flamme et cherche désespérément à le rejoindre. Pendant ce temps-là, au manoir, Nishimura Ken’ichi tente de sauver Norihiko qui a réussi à sortir de sa prison mais ce dernier le poignarde avant de disparaître…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Psyche Delico sensei conclut sa série avec brio en révélant les derniers secrets de la famille Tôma. Elle incite les lecteurs à s’interroger sur le bonheur et le déroulement de la vie en oscillant constamment entre espoir et noirceur. D’ailleurs, elle offre un tome très sombre dans lequel les moments les plus lumineux semblent soudain se détacher. Ainsi, son graphisme retranscrit parfaitement l’ambiance générale. Je suis subjuguée par le style narratif de l’auteure ainsi que sa capacité à créer de la curiosité envers des personnages aussi sinistres. Une lecture intrigante!

La punition 3 – Hinako

la punition 3 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382764497
Hana, 2024
ISBN: 9784866536705 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je crois que j’aime bien ma vie actuelle, en fait. »

Hinako sensei fait évoluer la relation entre Sujima et Yôsuke qui montrent plus facilement leur affection l’un pour l’autre. Elle délaisse donc un peu le « dressage » pour installer une intrigue avec Ryûji. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure ses manipulations et ses intentions, créant la surprise. De plus en plus honnête envers son partenaire et ses propres sentiments, Yôsuke continue tout de même à faire des cachoteries mais dans le but d’éviter les conflits. Sujima quant à lui, s’interroge de plus en plus sur son attachement pour son « chien » et ne cache plus sa possessivité. Makoto se montre toujours surprotecteur mais fait des efforts pour respecter les choix de son ami. Ainsi, l’auteure dévoile les derniers secrets autour de Takumi. Par ailleurs, elle développe un peu plus les sentiments des personnages. Elle apporte également une note d’humour discrète avec les personnages secondaires.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages longilignes avec des visages ovales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches, un contour blanc ou tout simplement l’absence de trames. Elle dessine également des coupes intérieures. Comme dans le tome précédent, elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé.

Yôsuke décline la proposition de colocation de son ami Sawashiro Makoto, appréciant sa vie actuelle avec Sujima Takumi. Alors qu’il a apporté des hamburgers pour le dîner, le gérant d’établissement de prostitution le soupçonne d’abord de chercher de l’argent ou ses faveurs. Malgré la simple envie de faire plaisir de l’ancien gigolo, les deux hommes finissent tout de même par coucher ensemble. D’ailleurs, Yôsuke ne cache plus à son partenaire ce qu’il aime durant les ébats. Un soir, alors qu’il se rend dans un bar pour continuer à s’enivrer après avoir quitté ses amis, il est abordé par un jeune homme, Ryûji, avec qui il sympathise très vite.

En conclusion

Hinako sensei ajoute enfin un peu de sentiments entre ses deux héros. Elle maintient bien le suspense avec les intrigues de Ryûji, même si certains indices permettent au lecteur d’anticiper les révélations. Il y a toutefois encore quelques scènes choquantes (viol) pour le public sensible. J’ai l’impression de souffler un peu avec ce tome mais je suis toujours sous son charme. Je me délecte vraiment d’un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Le périple des cendres – Conro

le periple des cendres conro

Conro こん炉
ISBN: 9782382762127
Hana, 2024
ISBN: 9784829686577 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Un triangle amoureux et un voyage à deux initié par un frère défunt. »

Conro sensei narre un triangle amoureux avec deux frères dont l’aîné est décédé et l’ami de ce dernier. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, maintenant un peu le suspense sur les circonstances du décès de Hajime. De même, elle distingue la vision différente de chacun des deux héros sur le défunt. Ainsi, l’aîné des Kasuga dégage d’abord une image de perfection qui s’effrite au fil des révélations. Alors que Tokio complexe par rapport à son frère, il réalise la pression que ce dernier subissait. Durant le voyage les menant sur les traces de Hajime, Tokio et Ren se rapprochent en partageant leurs ressentis face au désarroi de cette disparition. Ainsi l’auteure aborde le deuil, les regrets et le sentiment de culpabilité qui naissent face au suicide d’un être aimé, la pression familiale qui pèse sur l’aîné. Elle interroge également sur la différence entre amitié et amour.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des personnages longilignes aux corps finement musclés. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise des cadres épais qui mettent en relief certaines vignettes, ainsi que des sorties de case ou des absences de cadre. Dans les scènes érotiques, Conro sensei joue sur les trames et les lumières pour gommer les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente succinctement les deux héros. Par ailleurs, elle offre des illustrations avec une note plutôt poétique en début de chapitre.

En résumé

Kasuga Hajime, le frère de Tokio, est décédé dans des circonstances troublantes, en chutant de la fenêtre de son dortoir. Depuis, Tokio regrette d’avoir évité de discuter avec lui lors de sa dernière visite, se sentant trop oppressé par ce dernier. Lorsqu’un cambrioleur s’introduit dans la maison et dérobe l’urne contenant les cendres du défunt, il le poursuit et le rattrape. En fin de compte, le voleur, Kuroki Ren, s’avère être un tendre ami du défunt. N’acceptant pas la mort de ce dernier, il souhaite au moins emporter une partie de ses cendres avec lui dans un voyage qu’ils s’étaient promis de faire ensemble. Intrigué par cette facette inconnue de son frère, Tokio accepte sa demande à condition de l’accompagner.

En conclusion

Conro sensei reprend une récurrence scénaristique classique du BL avec un triangle amoureux dont l’un des protagonistes est décédé mais apporte une note originale avec le périple alliant recherches et révélations. Toutefois, à cause du format one-shot, elle précipite un peu certains évènements, en particulier la fin qui fait brusquement un bon de cinq ans, et n’exploite pas assez certains questionnements posés. Par contre, son style graphique retranscrit bien l’ambiance et les émotions des personnages. J’ai tout de même apprécié cette lecture mêlant drame, mélancolie et tendresse. Et j’aimerai découvrir d’autres œuvres de la mangaka.

Cœur de chardon – Kiyuhiko

coeur de chardon kiyuhiko

Kiyuhiko きゆひこ
ISBN: 9782382762578
Hana, 2024
ISBN: 9784866570365 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Titre original: 野アザミの恋
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je veux vivre le bonheur avec Saku. »

Kiyuhiko sensei narre une romance dramatique entre deux amis d’enfance qui se retrouvent 10 ans plus tard. Elle alterne la narration entre les deux héros, donnant d’abord le point de vue de Motoya puis celui de Sakuya avant de jongler entre les deux. Ainsi, elle révèle leur passé au fur et à mesure. Le salaryman analyse ses sentiments et s’interroge sur son attirance pour son ami. A cause de sa vie chaotique et douloureuse, le prostitué qui a perdu son estime de soi, fuit donc la bonté qu’il reçoit. Les deux hommes essaient alors de faire face à leur impuissance. L’auteure aborde les dangers de la prostitution et le manque de chaleur humaine, à travers les mésaventures de Saku mais également de ses deux collègues féminines. Par ailleurs, elle analyse l’évolution des deux solitaires qui découvrent le plaisir de la cohabitation et le bonheur simple du quotidien.

La mangaka a un trait épuré assez basique mais agréable. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente l’évolution des deux héros. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges et conservent un style tracé à la main. Les trames équilibrées utilisent une palette de tons plutôt proches, donnant un rendu uniforme. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Malgré une mise en page classique, Kiyuhiko sensei offre quelques pages plus dynamiques jouant principalement sur les superpositions de vignettes et les absences de cadre. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes avec des languettes blanches. Elle simplifie également les membres virils.

En résumé

Le misanthrope Motoya Hibiki croise par hasard Azami Sakuya, un ami de collège qui avait soudainement disparu durant l’été de leur troisième. Le jeune homme a bien changé depuis et ne cache pas travailler dans la prostitution. Pourtant, le salaryman accepte de l’héberger. Au fil des jours, il remarque apprécier sa présence et lui préparer des petits plats, admirant la sensualité de ses gestes.

En conclusion

Kiyuhiko sensei offre une belle romance au développement plutôt conventionnel, mêlant drame et douceur. Toutefois, elle peine un peu à enchaîner certains évènements et à bien transmettre les émotions de ses personnages. Cela pourra d’ailleurs refroidir certains lecteurs. Pour ma part, j’ai été touchée par ce récit, simple et sympathique. J’apprécie particulièrement la construction de la relation entre Motoya et Saku.

Gimme heaven – Mogako

gimme heaven mogako

Mogako モガ子
ISBN: 9782382764039
Hana, 2023
ISBN: 9784796415194 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le trouble de Kaïri serait-il dû à un traumatisme d’ordre sexuel? »

Mogako sensei narre un drame psychologique abordant en particulier le trouble dissociatif de l’identité. Elle prend le temps de présenter les différentes personnalités cohabitant en Kaïri et crée du suspense en remontant au fur et à mesure son passé traumatisant. Ainsi, elle alterne la narration entre les personnages. Par amour, Masaki fait beaucoup d’efforts pour comprendre et aider son partenaire, s’adaptant aux circonstances et construisant un lien particulier avec ses autres personnalités. D’ailleurs, Kakeru, Amane, Misa et Aoï apportent soit une touche humoristique, soit de la tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au traumatisme suite à des abus sexuels, la difficulté à se reconstruire, à affronter son passé et à le surmonter. Elle montre le besoin de reconnaissance et le bienfait de l’acceptation de ses problèmes pour avancer.

La mangaka a un trait léché. Elle dessine des corps musclés mais n’hésite pas à ajouter une note mignonne en représentant ses personnages en SD. D’ailleurs, elle retranscrit parfaitement les différentes personnalités de Kaïri à travers des détails, dans l’expression des visages et les positions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique offre quelques planches dynamiques. Mogako sensei ajoute également quelques touches esthétiques lors des discussions des différentes personnalités. De même, elle atténue, grâce à un jeu d’ombres et de trames, les images trop choquantes. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Les illustrations en début de chapitre traduisent l’ambiance du récit.

En résumé

Le sommelier Ichinose Masaki sort avec le comédien Tadano Kaïri depuis trois mois mais ils n’ont jamais couché ensemble. Ils se sont rencontrés devant un bar et ont très vite sympathisé. Pourtant, Kaïri souffre d’un trouble dissociatif de l’identité. Il cohabite avec quatre autres personnalités avec lesquelles Masaki a réussi à nouer des liens amicaux. Toutefois, Aoï qui apparaît à chaque fois qu’ils se câlinent, le rejette…

En conclusion

Mogako sensei offre un drame psychologique émouvant avec des personnages très attachants. Son graphisme est en plus charmant. Bien qu’elle ne censure pas les scènes érotiques, elle évite tout de même de confronter directement les lecteurs aux quelques images violentes du passé de Kaïri, en prenant de la distance ou en jouant sur les ombres. J’ai d’ailleurs été surprise de m’attacher énormément à Kakeru et à Aoï qui sont pourtant des personnalités du comédien. Un coup de cœur!

Les vestiges d’un parfum 2 – Nakamura Asumiko

les vestiges d un parfum 2 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382762158
Hana, 2023
ISBN: 9784799726365 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Profite bien de la vue. »

Nakamura Asumiko sensei continue de révéler les frasques de la famille Hiraki. Elle met en avant les réactions des femmes, en particulier Mariko, ainsi que les dommages collatéraux touchant l’entourage. Elle alterne la narration entre les différents personnages, permettant de découvrir leurs réflexions. Kaname continue d’assumer son côté voyeur et manipulateur, reproduisant les fantasmes de son père. D’ailleurs, les deux frères acceptent petit à petit leurs sentiments et leurs comportements immoraux. Les métaphores et l’influence du parfum continuent de semer des indices sur les émotions. Par ailleurs, des révélations précipitent la fin. Ainsi, l’auteure conclut son récit en laissant volontairement le lecteur dans le flou, l’incitant à deviner ce qu’il s’est passé à travers des indices. Elle aborde encore l’amour incestueux et torturé, impossible à réfréner.

La mangaka a un trait épuré réduit à l’essentiel mais toujours très expressif, jouant sur les angles et les courbes pour transcrire les émotions. Elle décompose les mouvements, mettant en avant leur sensualité. Comme dans le tome précédent, elle joue sur les métaphores graphiques. Par exemple, les cadrages ne montrent jamais les yeux de Mariko suggérant son ignorance sur l’infidélité de son mari et quand elle le constate enfin, ses yeux restes pourtant fermés. De même, les silences pesants se ressentent sur l’absence des phylactères et des onomatopées. Les trames utilisées avec parcimonie, privilégient les contrastes noir et blanc. Les décors très présents s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger la page. La mise en page reste dynamique malgré un agencement des cases assez classique. Dans les scènes érotiques, Nakamura sensei censure les partie intime par des languettes.

En résumé

Hiraki Shinobu et son beau-frère Takezô continuent leur relation malsaine, ayant trouvé un certain équilibre. Mais Mariko, la femme de Shinobu, vient troubler cette harmonie en invitant une amie d’université, Misono Haruka, à un week-end entre adultes dans la maison secondaire familiale. En effet, cette dernière ne semble pas insensible aux charmes de Takezô. Sur les recommandations de Takezô, Haruka se lève la nuit pour admirer les étoiles se reflétant sur le lac, mais aperçoit également les deux frères en pleins ébats.

En conclusion

Nakamura Asumiko sensei dépeint une relation sombre, dépravée et malsaine telle qu’elle est, incitant les lecteurs à s’interroger. Ses métaphores graphiques et ses indices guident ces derniers. Sa maîtrise rend la lecture très agréable malgré le sujet malaisant. Attention, cette histoire peut choquer la sensibilité de certains lecteurs. D’ailleurs, l’éditeur a ajouté un avertissement au dos de la couverture et même sur le frontispice. Malgré leurs défauts, je m’étonne de m’attacher à tous les personnages. Une lecture sombre, à la fois délectable et malaisante.

Les vestiges d’un parfum 1 – Nakamura Asumiko

les vestiges d un parfum 1 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782382762141
Hana, 2023
ISBN: 9784799726358 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne supporte pas ton visage larmoyant! »

Nakumura Asumiko sensei propose de suivre les relations très malsaines et tordues des hommes de la riche famille Hikari. Elle alterne la narration entre Kaname, Shinobu et Takezô. Elle développe son récit en tranches de vie sur plusieurs années, semant des indices en début de chapitre pour repérer les changements. Ainsi, le suspense se maintient tout au long du récit, le passé et le contexte se révélant au fur et à mesure. Le caractère pervers et manipulateur de Kaname met volontairement mal à l’aise le lecteur. De même, le jeu érotique qui s’installe entre les deux frères qui cèdent à leurs pulsions, incite à la réflexion. Ainsi, l’auteure aborde la pédophilie, l’inceste, les comportements déviants, la solitude. Elle construit son histoire autour des odeurs, comme par exemple, celle d’un parfum qui identifie une personne, une émotion (culpabilité, peur, excitation). Elle montre également comment un secret tacite permet de se dédouaner.

La mangaka a un trait anguleux très épuré presque tortueux qui contraste avec celui tout en rondeur pour Kaname, encore enfant. Elle dessine de grands yeux effilés et des corps élancés. Par ailleurs, elle exagère certaines expressions. Les trames utilisées avec parcimonie, privilégient les contrastes noir et blanc. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger la page. Des vignettes recouvertes d’une trame grise indiquent les flash-back furtifs. Par ailleurs, la mise en page très dynamique s’attarde sur la sensualité des gestes, même dans le quotidien. Nakamura sensei s’amuse avec les gros plans pour détailler les réactions. Elle joue également sur les métaphores graphiques. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des bandelettes.

En résumé

Takezô, dont la mère est devenu la nouvelle épouse du chef de la riche famille Hikari, est secrètement amoureux de son beau-frère aîné Hikari Shinobu. Mais ce dernier n’arrête pas de le rabaisser et le critiquer. Comme Takezô rencontre des difficultés de gestion dans son restaurant français, il souhaite emprunter de l’argent à Shinobu en vain. Son neveu Kaname remarque ses sentiments et élabore alors un plan pour que son oncle puisse réaliser ses fantasmes. Profitant d’une blessure aux yeux de son père, il confie à Takezô les gants et le parfum de sa mère, Mariko. Et ce dernier, emporté par les réactions de son frère, finit par le violer sous le regard curieux de son neveu.

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2016. La couverture se classe également quatrième. Nakamura Asumiko sensei met volontairement mal à l’aise le lecteur, l’obligeant à s’interroger sur les relations dépravées. Son graphisme presque tortueux et son jeu de contrastes subliment le côté sombre du scénario. Attention, cette histoire peut choquer la sensibilité de certains lecteurs. D’ailleurs, l’éditeur a mis un avertissement au verso de la couverture et sur la deuxième page, une initiative notable. J’apprécie la maîtrise de la mangaka pour les récits psychologiques et torturés. Je suis donc complètement fascinée par ce récit.

Color recipe 2 – Harada

color recipe 2 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782375061671
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784403666353 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Si je ne l’étais pas, si tu ne pensais pas tout le temps à moi, ça n’avait aucun intérêt. »

Harada sensei continue de développer la relation toxique qu’entretiennent Fukusuke et Shôkichi. Elle révèle au fur et à mesure tous les méfaits du coiffeur manipulateur, remontant même aux évènements du tome précédent, avant de dévoiler son vrai visage. Ainsi, elle décortique en détail l’amour égoïste, avide et pervers de Fuku, dont le harcèlement se transforme en torture psychologique puis physique. En effet, le psychopathe utilise tous les moyens les plus viles pour arriver à ses fins mais découvrira également les failles de son comportement. Le lecteur accompagne alors Shô dans sa chute. Fragilisé puis brisé, il oscille entre remise en question, culpabilité, résistance et acceptation de l’emprise. Riku, avec son franc parler, tape où cela fait mal, analysant parfaitement la situation. L’auteure aborde donc le harcèlement, les différentes méthodes de manipulation, l’amour déviant. Avec Kazunori, elle dénonce les comportements homophobes blessants et irréfléchis.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec une touche graphique immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. De même, des hachures envahissent les visages rougissants ou soulignent les ombres fortes. D’ailleurs, la balance des noirs et blancs domine l’usage des trames pourtant équilibrées. Ce contraste marqué se retrouve également dans les premières pages, en couleurs. Par contre, les trames d’ambiance parfois graphiques alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose tout de même quelques agencements plus audacieux. Harada sensei décompose justement les gestes sensuels et s’attarde sur les détails. Elle dessine également des corps finement musclés. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Même si Shôkichi couche avec Fukusuke, il ne le considère pas pour autant comme son petit ami. Ce dernier n’est d’ailleurs pas totalement satisfait de leur relation car il n’occupe toujours pas la première place des pensées du trop sérieux coiffeur. Pourtant, il n’hésite pas à se confondre en excuses dès que son partenaire s’énerve contre lui lorsqu’il essaie d’obtenir ses faveurs sexuelles. Mais Shô ne le laisse pas pour autant mener la danse, quitte à mordre là où cela fait très mal. En plus, devenu responsable du nouvel apprenti coiffeur Kazunori, il se montre souvent trop sévère avec ce dernier à cause de son comportement trop insouciant. En effet, Kazu a tendance à ne jamais reconnaître ses erreurs. Par conséquent, Shôkichi commence même à douter de son propre travail et à perdre confiance en lui-même. Et voir l’apprenti se rapprocher de Fuku semble également l’irriter.

En conclusion

Harada sensei plonge les lecteurs dans un suspense intense, les accompagnant au gré des révélations, et provoquant ainsi des sentiments contradictoires. Elle transcrit parfaitement le comportement pernicieux d’un pervers et ses conséquences. En plus, son magnifique graphisme exprime parfaitement les émotions des personnages. Attention, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs (pas de consentement). Si vous êtes fan de thriller psychologique et de manipulation, foncez sans hésiter! J’apprécie cette immersion dans une relation malsaine avec le pire des seme manipulateur.

Color recipe 1 – Harada

color recipe 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782375062517
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403666292 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ha, ha! On va pas bien tous les deux! »

Harada sensei nous entraîne dans un thriller psychologique avec un psychopathe pervers prêt à tout pour arriver à ses fins. Elle joue sur les caractères opposés de Shôkichi et Fukusuke pour ajouter quelques touches d’humour. Elle chamboule leur rivalité par des évènements qui les rapprocheront petit à petit. D’ailleurs, le côté asocial et naïf de Shôkichi lui fait perdre confiance en lui. Et Fukusuke, très possessif, joue avec ce dernier en lui faisant éprouver diverses émotions. De même, la franchise et l’impartialité de Riku ajoutent quelques tensions. Entre manipulation et harcèlement, l’auteure transcrit parfaitement les sentiments de ses personnages, la pression et la tension. Elle dévoile peu à peu les réelles intentions de Fukusuke. Par ailleurs, le comportement insistant et provocateur du coiffeur pervers entraîne des relations au consentement mitigé. En fin de tome, les chapitres bonus offre des anecdotes complémentaires.

La mangaka a un trait épuré et délié, légèrement anguleux. Elle porte une attention particulière sur la sensualité de la gestuelle des coiffeurs, décomposant leurs mouvements pour le lavage, la coupe, la couleur ou le massage. Elle simplifie les traits des expressions dans les passages humoristiques. Les visages sont plutôt ronds et les personnages rougissent facilement. Les premières planches, en couleurs, jouent beaucoup sur les contrastes forts. De même, les contrastes noir et blanc se dégagent des trames équilibrées. Par contre, les trames d’ambiance très graphiques alternent avec les décors. La mise en page, au premier abord classique, se révèle en réalité discrètement dynamique. Harada sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle détaille les préliminaires, jouant sur les cadrages et les gros plans, mettant en avant l’érotisme des personnages.

En résumé

Shôkichi (25 ans) travaille dans le salon de coiffure de M. Mikado, qu’il admire. En distribuant des tracts, il se dispute et frappe un passant qui se moquait de son patron. Mais il retrouve ce dernier au salon. Car Fukusuke (26 ans) est le nouveau coiffeur qui rejoint l’équipe. Originaire d’un salon prestigieux, il privilégie la communication avec les clients tandis que l’asocial Shô, bien que doué techniquement, peine à fidéliser sa clientèle à cause de son caractère taciturne. Un soir, M. Mikado, souhaitant qu’ils collaborent, leur demande de s’évaluer l’un l’autre. Mais passant plus de temps à se chamailler, Fukusuke rate le dernier train. Shôkichi lui propose donc de dormir chez lui. Cependant, quand il se réveille dans la nuit, il surprend alors son nouveau collègue en train de se masturber sur lui…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Fukusuke est classé dixième meilleur seme. En revanche, Shôkichi ne se classe pas mais est cité parmi les meilleurs uke admirables débordant de mignonitude. A noter que l’auteure a changé d’éditeur au cours de la série. Pourtant, publié en 2016 chez Kadokawa au départ, ce tome avait été classé premier meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Le changement n’a en rien entamé son succès. En effet, Harada sensei maintient le suspense jusqu’au bout, ne révélant le caractère psychopathe de Fukusuke et ses desseins qu’à la fin. Elle offre comme à son habitude, une belle palette de caractères déviants. J’apprécie beaucoup ce récit malgré mes difficultés à apprécier Fukusuke dont la possessivité semble sans limite. Je recommande donc absolument cette série aux fans du genre.

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