Comme un adieu 3 – Shimura Takako

comme un adieu 3 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120729
Akata, 2021
ISBN: 9784799747957 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ3
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je veux qu’il sache tout de mon histoire empreinte d’égoïsme… »

Shimura Takako sensei invite les lecteurs à suivre l’introspection de ses héros qui remettent tout à plat. Elle dévoile encore des brides de leur passé. Par ailleurs, elle dilue les réponses aux questions soulevées dans le tome précédent, au fil des chapitres. Malgré une petite touche fantastique, le récit semble très ancré dans la réalité. Le mystère de la transformation résolu, Kanade et Yuhki réfléchissent à leur relation, à leurs sentiments et surmontent petit à petit tout ce qui les freinait. Tout en les accompagnant, l’auteure aborde l’acceptation de soi et de sa sexualité, la prostitution adolescente, le coming out et la fuite de la réalité. Elle met également en avant l’influence bienveillante de confidents ou de soutiens. De même, elle s’intéresse à la nécessité d’équilibrer une relation, surtout quand elle repose sur un lien déjà bancal. Ainsi, Haijima et Kuwata se remettent en question, discutent et reconstruisent leur personnalité.

Le trait épuré et léché de la mangaka apporte beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Toutefois, la différence subtile entre les deux héros se faisant grâce à la forme des yeux, cela porte parfois à confusion. Les trames sont très variées. De même, le choix des trames d’ambiance joue beaucoup sur l’intensité des émotions à transmettre. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement par leur fond noir. La dynamique de la mise en page rythme la lecture. D’ailleurs, Shimura sensei glisse des détails permettant d’anticiper certaines actions. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes. En plus, elles sont très sommaires, développées en peu de cases. Le vernis qui donne du relief à la fenêtre sur la couverture sublime l’illustration.

En résumé

Haijima Kanade a enfin retrouvé sa taille adulte. Il a réintégré la troupe de théâtre de Kawasaki Suzume en tant qu’apprenti. Recommençant à zéro, il travaille donc avec Kuwata Yûta, le petit frère de son petit ami. Yuhki, de son côté, a deviné qui était l’homme mystérieux que seuls Kanade et lui pouvaient voir. Grâce à Suzume, Haijima Joe prend discrètement des nouvelles de son fils…

En conclusion

La révélation de l’identité de l’homme mystérieux fait tomber à l’eau toutes mes suppositions. Mais quelle surprise et quel retournement de situation! Un récit instructif et intéressant. Certains passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Par ailleurs je conseille de lire cette série à tête reposée, au calme pour pleinement l’apprécier.

A tes côtés… 2 – Yukue Moegi

a tes cotes 2 yukue moegi
YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782382760581
Hana, 2021
ISBN:‎ 9784796413992 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: 白刃と黒牡丹2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Est-ce de la pitié ou de l’amour?

Yukue Moegi sensei s’intéresse aux sentiments de Kuroi. Elle dévoile également l’origine de sa cicatrice, introduisant le futur lieutenant du clan Benio, Akabane Tokiya. Ce dernier vient perturber l’équilibre fraichement atteint du couple. En effet, ce chien fou aime relever les défis et répond aux provocations. Pour lui, l’amour devient surtout un simple jeu. Par ailleurs, Handa continue à apporter une touche humoristique. L’auteure s’intéresse à la différence entre simple voyou et yakuza. Elle montre aussi l’écart qui existe entre les jeunes recrues et les anciens, ainsi que la formation qui se fait par transmission. Par exemple, Akabane s’intéresse aux nouvelles technologies pour développer son business mais a du mal à trouver des soutiens dans le clan. La gentillesse de Kuroi entraîne des doutes, Shirakaba ayant clairement conscience que son amour obsessionnel l’a fait céder. Pourtant, le yakuza admet enfin ses sentiments et prend donc des initiatives.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dédouble parfois les contours, donnant un peu de volume. Malgré un trait déjà sommaire, elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Les corps musclés siéent parfaitement aux tatouages. Par ailleurs, le travail particulier des yeux, avec un point pour les pupilles, reste tout de même très expressif. Les décors s’estompent dès que les cadrages se resserrent, jusqu’à être réduits à l’essentiel. Les trames, équilibrées, ont une dominante claire. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Yukue sensei censure à peine les parties intimes en les détaillant peu et en usant de traits discontinus. Elle n’hésite pas à représenter Akabane en wanko. Comme dans le tome précédent, il y a un jeu pour retrouver Busamen. Les réponses se trouvent sous la jaquette, accompagnées de la postface.

En résumé

Kuroi Kengô réveille Shirakaba Tôma qui faisait un cauchemar. Sous la douche, l’avocat déborde de joie car ses sentiments sont enfin réciproques. Mais sa joie disparaît immédiatement pour laisser place à la peur de devenir trop étouffant. Même s’il manque d’endurance, il craque tellement pour le yakuza qu’il se relance dans une partie de jambes en l’air avec son amant. Toutefois, Kuroi essaie de connaître ce qui a perturbé son ami dans le cauchemar…

En conclusion

Je fond complètement pour ce couple. J’apprécie beaucoup le changement de Kuroi qui, une fois ses sentiments acceptés, fonce avec droiture et loyauté. La dynamique du couple prend le dessus sur l’histoire. L’auteure arrive clairement à transmettre leurs émotions. Du bonheur à lire tout simplement.

Gift 3 Le ciel rouge pâle, la spirale sinueuse, le rivage rougeoyant – Ichinose Yuma

gift 3 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776711
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344843585 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si Kei a voulu mourir, c’est parce qu’il a été abandonné. »

Ichinose Yuma sensei offre un final mouvementé, continuant à révéler quelques secrets et à maintenir le suspense jusqu’au bout. Elle s’intéresse d’abord au rétablissement de Kei et détaille le processus de son changement. Ainsi, Shiraishi s’ouvre peu à peu à l’amour, redécouvre les émotions et les sentiments, soutenu par son nouvel entourage, sa nouvelle famille. Il trouve alors un équilibre petit à petit jusqu’à réussir à exprimer par lui-même ses désirs et envies. L’auteure montre aussi bien son évolution extérieure qu’intérieure. Par ailleurs, elle s’intéresse à la différence entre monde professionnel et amateur dans la boxe. A travers Hirota Yasushi, elle met en avant les difficultés et hésitations d’un ancien boxeur champion du monde à retrouver motivation et projet professionnel. De même, Yutaka s’affirme un peu plus.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste. Elle simplifie ses traits dans les rares passages humoristiques. Elle privilégie le jeu de contraste clair et sombre, même dans le choix de ses trames. Comme dans le tome précédent, l’inconscient de Kei prend la forme d’une salle de jeu vidéo avec plusieurs personnalités aux sentiments différents qui se confrontent, évoluent et prennent des décisions. Les décors soignés sont présents dans les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei cache les parties intimes grâce aux choix des angles de vue et des cadrages. Elle représente la fin de son récit comme un générique de film, avec quelques extraits montrant ce que sont devenus les personnages par la suite.

En résumé

En échange de l’arrêt du projet de destruction du club de boxe Mikoshiba, Shiraishi Kei accepte d’être poignardé, espérant faire plaisir à Yutaka. Malgré ses blessures, il veut absolument se rendre à son rendez-vous avec son petit ami sous le pont de Misegawa. Cela provoque alors l’hilarité de Che Sebom car le jeune homme ne comprend pas l’amour. Il demande donc à Sensei, 8 et Kô d’accompagner Kei. Quand Yutaka trouve son amant ensanglanté, le poignard encore dans le ventre, il tente désespérément d’appeler les secours. Mais Miké a infecté le numéro d’urgence avec un virus. En effet, il accompagne le docteur Daitômiya en hélicoptère. Sous le pont, Yutaka appelle au secours, en vain…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Il est une ode à l’amour et à la joie de vivre tout simplement. L’auteure arrive à insuffler un style particulier à sa narration et à transmettre les émotions de ses personnages. En plus, les personnages sont attachants, même les plus vils. J’avais l’impression d’être sur un ring, dans un match de boxe, avec les informations qui viennent donner des coups pour me happer dans les aventures de Kei et Yutaka. Un titre à ne pas rater!

Gift 2 Les liens écarlates, le lieu promis, la croix espérée – Ichinose Yuma

gift 2 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776490
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784344839205 (JP)
Gentosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je te donnerai tout ce dont tu auras envie… »

Ichinose Yuma sensei révèle le passé de Kei ainsi que l’environnement dans lequel il vivait. Elle aborde l’influence psychologique des sectes, mettant en avant les méthodes du manipulateur Che Sebom sur les personnes instables. D’ailleurs, elle détaille particulièrement les liens particuliers qu’il tisse avec son entourage pour mener son organisation criminelle. Par ailleurs, l’auteure interroge sur la notion de famille et d’amour quand la violence, la haine et la folie dominent. Elle installe un rythme narratif particulier, baladant le lecteur entre Kei et Yutaka. Elle montre les différentes expressions de la noirceur humaine dans ces deux milieux et la difficulté de l’innocent à y survivre ou à garder ses principes. Sous l’emprise de son frère Kô, Kei se comporte comme une poupée vide de sentiments mais son attachement à Yutaka lui permet d’exprimer un peu sa volonté. Il a développé une certaine dépendance envers son amant.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle porte attention au regard terne de Kei qui ne s’illumine qu’à l’évocation de Yutaka. Elle continue à représenter les différentes émotions du jeune homme sous la forme d’enfants. Étonnamment, l’affection a un aspect démoniaque. Comparé au tome précédent, les trames choisies sont un peu plus sombres, accompagnant l’ambiance générale du récit. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue parfois recherchés. L’agencement des scènes accompagne un rythme de narration, avec une alternance entre les actions ou les réflexions de Kei et celles de Yutaka, donnant l’impression d’une réponse en résonance. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei ne montre pas les détails en jouant sur le cadrage et les angles de vue. Elle garde également une certaine réserve dans les scènes violentes, restant plutôt dans la suggestion.

En résumé

Durant son premier match, Shiraishi Kei se retrouve en difficulté. En effet, ses douloureux souvenirs affluent et le perturbent. En plus, il craint plus que tout d’être rejeté par son amant Mikoshiba Yutaka, s’il perd. Au salon de thé Ichiume, Hikita, un collègue de Honda Tomoya, déteste les sportifs et fait part de ses soupçons d’une relation homosexuelle entre le jeune boxeur et son entraineur. Intrigué depuis par ces propos, Tomoya ne cesse d’espionner Yutaka et Kei. Comme Shiraishi a accepté de participer à un tournoi national, il suit un entrainement éprouvant accompagné d’un régime. Mais durant le match, il s’effondre dans en état de faiblesse. En effet, à cause du stress et la peur de perdre Yutaka, le jeune espoir vomit tout ce qu’il avale. Pour le rassurer, l’entraineur lui avoue son amour. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, Tomoya les surprend et vire Kei du dortoir…

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. Un tome sombre qui nous plonge dans les vices humains les plus abjects. Malgré la précaution de l’auteure pour atténuer la violence de son propos, certaines personnes pourront être choquées par certains passages. Mais je n’ai qu’une envie, c’est que cette histoire se termine bien et que Kei trouve enfin le bonheur.

Gift 1 La bête blanche ne voit rien et n’entend rien – Ichinose Yuma

gift 1 ichinose yuma
ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782368776308
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784344834798 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Une bête triste en manque d’amour avec une âme d’enfant. »

Ichinose Yuma sensei plonge ses lecteurs dans une romance dramatique remplie de suspense. Elle alterne la narration entre Yutaka et Kei. Ainsi, elle présente comme un puzzle à reconstruire les souvenirs d’enfance de Shiraishi, abordant indirectement le traumatisme, l’inceste, la prostitution enfantine et la violence. Le jeune homme a développé des personnalités intérieures qui se confrontent dans son esprit selon les situations. De même, il a acquis un chemin de réflexion particulier, prenant la vie comme un jeu vidéo. Il apparaît alors comme une poupée vide sans libre arbitre réagissant uniquement à ses émotions. Sa froideur et son insensibilité commencent à faillir au contact de l’affection de Yutaka. L’entraineur s’attache vite au jeune homme, intrigué par son côté parfois innocent. L’auteure s’attarde un peu sur l’univers de la boxe, s’intéressant par exemple au transfert des champions entre clubs ou au quotidien des sportifs.

La mangaka a un trait fin et léché plutôt réaliste. Elle rend parfaitement les petits changements sur le visage impassible de Kei en jouant sur de petits détails comme l’écarquillement des yeux. De même, elle représente les souvenirs de Kei de manière un peu fantastique, comme le déroulement d’un jeu vidéo, avec ses émotions qui prennent différentes formes de Kei enfant, au commande de ce jeu. Ces souvenirs sont facilement repérables par leur fond noir. Les lignes d’actions, en phase avec les mouvements, ne brouillent pas les images. Les décors, parfois minimalistes, situent principalement l’action. Les trames d’ambiance sont plutôt rares et discrètes. Ichinose sensei privilégie les contrastes blanc et noir. Sa mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes en cachant les détails et en jouant sur les angles de vue.

En résumé

L’entraineur de boxe Mikoshiba Yutaka (23 ans) cache son homosexualité à son père, un ancien boxeur champion. Mais son petit ami actuel, Kamijô Shinichi, lui met la pression pour faire son coming out. Un jour, alors que ce dernier essayait de le forcer à l’embrasser dans une ruelle, ils sont interrompus par une bagarre. Yutaka remarque alors le talent d’un jeune délinquant aux cheveux blancs et lui propose de rejoindre son club. Shiraishi Kei (19 ans) fait d’abord bonne figure durant l’initiation au gymnase. Mais une fois dans le dortoir, il avoue ensuite à Mikoshiba vouloir seulement profiter du logis jusqu’à sa majorité, en échange de son silence sur son homosexualité. Comme son chantage ne fonctionne pas, il finit par le violer…

En conclusion

Certaines scènes pourront heurter la sensibilité des lecteurs même si l’auteure essaie de suggérer le drame sans trop en montrer. Ce tome obtient la septième place du meilleur manga original au Chill chill BL award 2016. La mangaka dépeint avec finesse et de manière métaphorique les différentes émotions que ressent Kei. Son style narratif oblige le lecteur à réfléchir et reconstruire ce qu’il découvre au fil de sa lecture pour analyser et comprendre Shiraishi. Je trouve que cette méthode est très efficace, provoquant beaucoup d’émotions.

The dog and waning moon 2 – Unohana

the dog and waning moon 2 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776643
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423182 (JP)
Tokyo mangasha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Les boxeurs qui ne savent pas pour quoi ils se battent ne font que se démolir. »

Unohana sensei continue son récit sur la boxe, prévu au début en un tome. Elle développe encore un peu cet univers en intégrant un nouvel entraîneur et ancien champion, Yanai Kôji. Ainsi, elle met en avant les tensions entre anciens rivaux, mais aussi dans l’usage de méthodes différentes, et survole la gestion de la célébrité. Comme dans le tome précédent, Shôji a tendance à forcer son partenaire, rendant le consentement flou. Pourtant, au côté de Kazuya, Gaku découvre de nouveaux sentiments comme la jalousie et la possessivité. Son bonheur affecte directement sa motivation. D’ailleurs, le couple a de plus en plus de mal à se détacher. L’auteure s’intéresse un peu plus à l’évolution de la romance. Elle introduit également la famille Shôji. Elle présente le passé de Gaku à travers ses souvenirs qui affluent. La narration alterne entre le boxeur et l’entraineur.

La mangaka a un trait épuré anguleux, avec un style reconnaissable surtout dans le traitement particulier des yeux. Elle simplifie même le regard par deux points dans les passages humoristiques. Comme Gaku rougit souvent, elle transcrit sa timidité et sa gêne dans les moments intimes par de légères hachures sous les yeux. Cela renforce même son air constamment bougon. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance soutiennent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Unohana sensei simplifie les traits des parties intimes ou les cache à peine par quelques points lumineux. Sous la jaquette, elle donne encore une postface illustrée.

En résumé

Alors que le club de boxe Yamaura va au restaurant, Kurogo Gaku refuse l’invitation. En effet, Shôji Kazuya a enfin le droit de recevoir des visites à l’hôpital depuis son opération à l’œil. Le jeune boxeur réalise alors la solitude qu’il a ressentie durant deux semaines sans voir son entraîneur. Il est même fébrile de le retrouver. A peine sorti de l’hôpital, Kazuya se rend au gymnase et se fait sermonner par le patron Yamaura. Le soir Gaku essaie d’être utile auprès de son amant mais ce dernier lui fait comprendre qu’il a du mal à se retenir en sa présence. Le jeune boxeur prend alors l’initiative de le soulager…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas dans le Chill chill BL award 2018, pourtant les lecteurs citent Shôji Kazuya parmi les meilleurs seme superdarling accessibles et Kurogo Gaku parmi les meilleurs uke braves et déterminés. D’ailleurs, le couple commence à trouver un certain équilibre avec la confirmation de leurs sentiments. Mais des zones d’ombres persistes, tenant en haleine le lecteur. Je me laisse facilement transportée par les aventures de Gaku et Kazuya, en souhaitant que le bonheur continue à les prendre sous leurs ailes. Une lecture agréable et prenante.

The dog and waning moon 1 – Unohana

the dog and waning moon 1 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368775721
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864421973 (JP)
Tokyo mangasha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une bête sauvage pure et innocente qui n’obéit et n’appartient qu’à moi. »

Unohana sensei plonge les lecteurs dans l’univers de la boxe. Elle détaille un peu les entrainements, le système des compétitions et met en avant les salaires bas qui obligent les boxeurs et même les entraîneurs à travailler en parallèle. Les deux héros ont un passé difficile qui influence encore leurs décisions actuelles. Ainsi, l’admiration de Gaku pour son entraineur s’est vite transformée en amour. Par contre, les sentiments de Kazuya paraissent plus complexes, freinés par sa responsabilité sur l’avenir du jeune boxeur. Toutefois, il cède facilement à son tempérament sadique. L’auteure montre l’influence des sentiments sur un sportif en préparation entre freins et motivations. Elle base la narration principalement sur le point de vue de Shôji. Comme elle l’explique dans sa postface, l’histoire prend un ton plus sérieux après un chapitre plutôt érotique qui devait être un one-shot au départ.

La mangaka a un trait épuré, anguleux, et plutôt simple qui paraît parfois incisif. Elle dessine des personnages longilignes, avec des lèvres épaisses. Elle simplifie encore plus son trait dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Unohana sensei ne dessine pas les détails des parties intimes et simplifie leur contour. Sous la jaquette, elle donne des explications sur la création du manga dans une postface illustrée.

En résumé

Suite à une blessure à l’œil gauche, le boxeur Shôji Kazuya est devenu entraineur au club de boxe Yamaura. Il travaille aussi le soir comme barman dans un bar pour sportifs. Actuellement, il prend particulièrement soin de Kurogo Gaku (20 ans) qui essaie de perdre du poids. Le jeune boxeur prometteur admire Kazuya et vise le titre de champion poids plume. Après l’entrainement, pour perdre les 80 grammes restants, Kazuya propose alors de raser intégralement le jeune homme. En réalité, il aime taquiner l’impassible et obéissant boxeur. Mais excité par le rasage des parties intimes, il finit par le masturber…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2016. Certaines scènes pourront choquer certains lecteurs selon leur sensibilité. En effet, Kazuya a tendance à profiter de son emprise sur son poulain pour satisfaire sa libido, ce qui entraîne des rapports au consentement non clair. Je trouve les personnages attachants et je prends plaisir à suivre leurs aventures.

Comme un adieu 2 – Shimura Takako

comme un adieu 2 shimura takako
SHIMURA Takako 志村貴子
ISBN: 9782382120064
Akata, 2021
ISBN: 9784799740927 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Titre original: さよなら、おとこのこ 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’avais peur d’affronter la réalité… »

Shimura Takako sensei brouille la perception du lecteur en mêlant réalité et fiction, donnant ainsi une touche fantastique à son récit. Elle interroge sur le destin, cumulant les coïncidences dans la vie de ses personnages. C’est comme si elle posait des pièces de puzzle éloignées les unes des autres mais révélant déjà quelques formes. Kanade réalise sa lâcheté et commence à se remettre en question. Il se confronte enfin à la réalité. Toutefois, ses petites tranches de vie semblent se mêler à ses écrits. Son interaction avec Yûta permet de révéler sa perception de lui-même et son art. L’auteure plonge ses personnages et le lecteur dans un « périple à la recherche de l’amour ». Elle dévoile les failles de la relation entre les deux personnages et laisse présager des évènements dramatiques. Comme l’homme mystérieux semble également lié à Kanade, elle maintient le suspense en poussant le lecteur dans des conjonctures.

Le trait très épuré au style cursif apporte de la douceur. La mangaka le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. De même, les grands yeux, très expressifs, ont des formes variées. Les décors apparaissent sur les plans larges. Shimura sensei travaille avec précision les trames. D’ailleurs, les trames d’ambiance participent totalement à la narration. La mise en page dynamique accompagne le regard. Par ailleurs, il n’y a pas de scènes érotiques. Ainsi, l’ambiance particulière et mystérieuse du récit est préservée. Comme sur le tome précédent, une fenêtre en vernis recouvre l’illustration de la couverture.

En résumé

Kuwata Yuhki croit devenir fou lorsqu’il remarque que sa voix intérieure s’est matérialisée en un homme mystérieux. Mais il retrouve vite son calme, admettant la situation après quelques échanges. Haijima Kanade s’est réfugié chez Kawasaki Suzume après avoir dit des paroles blessantes à son petit ami. Il lui révèle alors la vérité sur son identité. Toutefois, le chef de la troupe de théâtre reste sceptique, même en découvrant que le garçonnet connaît pourtant le nom de sa femme. Kanade se souvient alors avoir souhaité, lors d’un clair de lune, à redevenir enfant pour vivre avec celui qu’il a toujours aimé. Regrettant son comportement odieux envers Yuhki, il n’ose pas rentrer. Il croise alors Kuwata Yûta qui lui propose de l’accompagner pour qu’il s’excuse…

En conclusion

J’adore la tournure que prend le récit. Je m’amuse à essayer de deviner où l’auteure souhaite nous mener. En effet, plusieurs pistes s’ouvrent à nous. La psychologie des personnages paraît complexe. Pour moi, l’homme mystérieux pourrait représenter l’homosexualité, car Yuhki le perçoit comme sa voix intérieure mais Kanade le voit comme une entrave à sa créativité et ses amours. Comme ses écrits semblent manquer de profondeur, je pense qu’il cherche à se préserver et que cela s’en ressent. Et vous, qu’en déduisez-vous? En tout cas, hâte de vérifier mes suppositions dans le prochain tome!

The monster exposed 2 – Ogeretsu Tanaka

the monster exposed 2 ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375062708
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403667107 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Avancer sans oublier ni recommencer les mêmes erreurs.

Ogeretsu Tanaka sensei conclut son récit réaliste sur le repentir d’un auteur de violence conjugale. Elle alterne la narration entre Hayashida, Shûna et Yumi, détaillant leurs réflexions. Ainsi, elle permet au lecteur de mieux cerner l’évolution progressive de ses personnages. Shûna se sent impuissant mais comprend que son amant ne peut avancer que par lui-même. En effet, Yumi et Hayashida, marqués physiquement et psychologiquement, garderont toujours leurs souvenirs douloureux. L’auteure dépeint avec finesse les divers sentiments de ses protagonistes. Elle montre le malaise qui s’installe dans le couple ainsi que les difficultés à communiquer sur ce passé traumatisant. Elle distingue clairement la position de chacun, entre victime, bourreau et nouveau partenaire ignorant du passé. La volonté de trouver une solution se détache particulièrement. En fin de tome, des histoires bonus apportent une petite touche d’humour détendant l’atmosphère dramatique générale.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés. Les détails des petits gestes et des regards transmettent indirectement les émotions ressenties par les personnages. Les décors, présents, renforcent le réalisme du récit. Ogeretsu sensei varie les nombreuses trames pour jouer principalement sur la luminosité. Elle ne censure pas les scènes érotiques, d’ailleurs très détaillées. Les couleurs des couvertures contrastent avec le caractère des personnages avec pour le premier tome, une dominante bleue pour Shûna et pour ce volume, du rouge chaleureux avec Hayashida.

En conclusion

Shûna Ayumu fait le rapprochement entre Yumi et le garçon visible sur la photographie accrochée dans la chambre de Hayashida Kannosuke. Mais il ne sait pas comment aborder le sujet avec le barman. Quand il réussit enfin à se lancer, Yumi reste vague dans ses réponses. Toutefois Shûna devine qu’ils sortaient ensemble. Alors que Hayashida se montre habituellement distant, il a envoyé des dorayaki à son amant, surpris. Lors de sa visite à Tokyo, Shûna lui propose alors un jeu érotique que son petit ami accepte. Le lendemain, il essaie de discuter de la photo avec Hayashida mais abandonne devant son air triste. En effet, ce dernier a encore du mal à se confier, persuadé d’être incompris.

En résumé

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Shûna Ayumu est classé huitième meilleur seme et Hayashida troisième meilleur uke. Une petite merveille malgré l’ambiance dramatique. Je trouve vraiment le couple de Shûna et Hayashida touchant. Ils acceptent leurs faiblesses, luttent contre leurs pulsions et cherchent à progresser. D’ailleurs, Hayashida comprend enfin qu’il a le droit d’être heureux tant qu’il résiste et se souvient du « monstre » enfoui au fond de lui. C’est très intéressant de voir ce bourreau se remettre en cause. Un titre à lire et relire sans fin.

Les couloirs de l’abîme 1 – Nagai Saburo

les couloirs de l abime 1 nagai saburo
NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782382760321
Hana, 2021
ISBN: 9784865896022 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La rencontre entre un vagabond complètement perdu et un adolescent audacieux.

Nagai Saburo sensei construit son récit doucement, en maintenant le suspense sur l’identité du vagabond. Il révèle peu à peu le background des personnages. A la fin du tome, il donne un récapitulatif de l’origine de la rumeur sur Mossan. Ainsi, le lecteur qui aura lu Smells like green spirit devinera assez rapidement l’identité de Yamada. De même, Ozaki Nagisa apparaît comme un adolescent au caractère particulier. L’auteur dépeint avec finesse la psychologie de ses personnages qui sont intérieurement torturés, leurs sentiments et leurs sensations. Il aborde indirectement la prostitution des mineurs et la pédophilie. Il base la narration du point de vue de Yamada. Ce dernier, attiré par certains jeunes garçons, se sent monstrueux et tente de résister à ses pulsions.

Le mangaka a un trait très fin, parfois dédoublé pour les contours mais qui conserve une certaine fermeté. Il varie les styles graphiques dans les physionomies, allant du réalisme au caricatural, en particulier dans les passages humoristiques avec des expressions exagérées. D’ailleurs, il représente les pensées négatives graphiquement, avec par exemple des fils noirs ou le monstre. Les décors situent principalement l’action. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Mais Nagai sensei privilégie plutôt les contrastes noir et blanc. Il travaille également la dynamique de la mise en page, avec beaucoup d’ellipses et d’emboîtements de cases. En plus, les contours épais donnent du relief. Les scènes érotiques ne montrent pas les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre présentent toujours un personnage avec un chat.

En résumé

Dans un village sur une île, un jeune garçon aime sauter de la falaise dans la mer, complètement nu. Une rumeur court parmi les élèves: Mossan, un homme poilu et monstrueux s’attaquerait aux enfants pour les dévorer. Le marginal Yamada se rend alors chez le barbier pour avoir une tête plus convenable espérant ainsi ne plus soulever des soupçons et rester plus longtemps dans le village où il s’est installé. Ce solitaire ne se comprend plus lui-même. En effet, alors qu’il cherchait un endroit où mourir, il s’adapte aux autres, les maudissant discrètement au passage…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Le sujet délicat est abordé pour l’instant avec finesse. Il en ressort un récit plutôt sombre, à la fois dur et doux. Certaines scènes pourront choquer les lecteurs les plus sensibles. Hâte de découvrir la suite!