Sweet pool 1 – Kurumazaki Mayu et Nitro+CHiRAL

sweet pool 1 kurumazaki mayu
KURUMAZAKI Mayu 車折まゆ
Nitro+CHiRAL
ISBN: 9784862638694 (JP)
Libre, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Entre hallucinations et attirance, Yôji semble perdre la raison…

Kurumazaki Mayu sensei offre une adaptation manga du jeu vidéo sur PC Sweet pool développé par Nitro+CHiRAL, dans lequel elle s’occupe du character design. Elle mêle à la fois suspense, surnaturel et horreur. Elle installe d’abord le contexte, révélant petit à petit les situations familiales complexes des personnages ainsi que leurs personnalités plutôt tordues. Yôji, qui vit seul depuis le mariage de sa sœur, s’avère être un « hôte femelle », soit le sujet expérimental d’une organisation secrète qui manipule son destin. De même, Tetsuo semble faire partie du projet malgré lui. D’ailleurs, les deux lycéens sont manifestement attirés l’un par l’autre. L’auteure base la narration sur Sakiyama, partageant ses troubles d’identité, ses peurs et ses sensations. Dans un chapitre bonus, elle met en avant Makoto, qui cache en réalité un attachement obsessionnel derrière son air enjoué.

Le graphisme de la mangaka sied bien à l’histoire: des traits légèrement épurés, plutôt réalistes. Elle maîtrise également les jeux de trames et les noirs pour créer des planches sombres et rendre l’ambiance dramatique. Toutefois, elle joue sur les cadrages pour réduire la violence de certaines scènes. L’arrière-plan semble parfois se fondre avec le dessin. La mise en page est très dynamique. Néanmoins, l’enchainement des cases paraît parfois brusque mais transcrit avec finesse les troubles de Yôji. Kurumazaki sensei censure les scènes érotiques par des bandelettes blanches. Elle sépare les chapitres par une illustration. En début de tome, un poster à déplier en couleurs regroupe deux illustrations: celle du recto, réalisée par Onitsuka Seiji, illustrateur du light novel, a un trait plus seinen et mêle à la fois érotisme et gore. Au contraire, celle de Kurumazaki Mayu au verso offre une tranche de vie scolaire avec un trait doux.

En résumé

Sakiyama Yôji, à la santé fragile, reprend les cours au lycée après une longue absence. Il a toujours eu du mal à s’intégrer dans sa classe mais son ami Mita Makoto l’accueille joyeusement. En revanche, Shironuma Tetsuo, un élève plutôt froid, l’intrigue. En effet, il dégage un étrange parfum qui affole ses sens. D’ailleurs, les deux lycéens sont de corvée de ménage ensemble. Par contre, Makoto le prévient de se méfier d’Okinaga Zen’ya, fils de yakuza, qui a un comportement instable et étrange. A la fin de la journée, Yôji fait un malaise mais un homme le soutient. A peine conscient, il croit alors reconnaître le parfum de Tetsuo. N’osant l’interroger le lendemain, les deux garçons continuent à discuter uniquement pendant leurs tâches ménagères. Mais un soir dans son bain, Sakiyama croit voir ses bras recouvert de sang et ressent une forte excitation…

En conclusion

Le manga se suffit à lui-même, le lecteur n’étant pas obligé de jouer au jeu pour comprendre le déroulement du récit. D’ailleurs, le scénario promet d’être aussi palpitant et glauque que l’original. Les passages érotiques sont bien intégrés et semblent naturels, suivant les hallucinations de Yôji. Ma couardise m’empêche d’avancer rapidement sur le jeu mais il est disponible (en version censurée) sur Steam en anglais. J’ai hâte de connaître la suite!

La couleur de l’eau – Maki Ebishi

la couleur de l eau maki ebishi
MAKI Ebishi 槇えびし
ISBN: 9782382763070
Hana, 2022
ISBN: 9784813031024 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Mon sang était de la couleur de l’eau. »

Maki Ebishi sensei propose un drame psychologique empreint de suspense. Elle révèle donc au fur et à mesure le passé des personnages ainsi que leurs desseins. Elle aborde entre autres la confiance, la manipulation, l’amour déviant. La ville de Paradis regroupe tous les travers de la noirceur humaine, entre meurtre, prostitution même de mineurs, trafic, violence. Les personnages survivent et s’adaptent à ce milieu sans foi ni loi. Setsu cumule les traumatismes ainsi qu’un handicap invisible qui perturbe un peu son quotidien. Il reste d’ailleurs prisonnier de son passé, malgré les efforts de ceux qui l’aiment pour le sauver. A travers ses personnages, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir sur le concept de bonheur. Ainsi, elle construit des psychologies complexes et profondes. De même, elle s’attarde principalement sur les sentiments vacillants des protagonistes.

La mangaka a un trait très épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, renforçant ainsi les moments dramatiques. La mise en page dynamique rythme la lecture entre action, passage rapide et intense puis calme. Maki sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant aux préliminaires.

En résumé

Il y a deux ans, le tueur à gages Setsu a recueilli un jeune enfant amnésique. Il l’a alors appelé Lithia. Tout deux vivent dans la ville Paradis, une zone de non droit où les crimes restent impunis. Étant souvent la cible de vengeance, le tueur protège Lithia mais n’hésite pas à l’utiliser pour éliminer ses assaillants. Comme son bienfaiteur parle peu de lui, l’enfant ne sait pas grand chose sur lui, à part qu’il est recouvert de cicatrices et qu’il a très peur des ciseaux. Mais un jour, un certain Romanée qui semble bien connaître Setsu, s’impose dans la maisonnée et ne ménage pas Lithia.

En conclusion

Maki sensei traite ses lecteurs avec égard en suggérant la violence, même si quelques images restent marquantes. Pourtant le récit continue d’être bouleversant car les personnages sont attachants. Le one-shot comporte beaucoup de pages (289 pages) permettant ainsi de bien développer l’histoire. Si vous aimez les drames psychologiques, ce BL pourra vous plaire.

Faker – Chiyozaki

faker chiyozaki
Chiyozaki 千代崎
ISBN: 9782382762875
Hana, 2022
ISBN: 9784813032809 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si vous m’aimez, je vous ferai mourir de plaisir. »

Chiyozaki sensei propose une comédie alliant romance et drame. Elle concentre d’abord la narration sur Segawa durant deux chapitres puis alterne ensuite avec le point de vue de Mikami. Elle installe donc un jeu de séduction entre les deux salarymen, dévoilant au fur et à mesure leur passé et leur psychologie complexe. Ainsi, Mikami qui a une forte confiance en lui, aime manipuler les gens pour obtenir ce qu’il désire mais se lasse rapidement une fois une proie conquise. Il fuit également les conflits. Segawa, quant à lui, s’attache désespérément à une relation qu’il sait déjà perdue. Le chantage et les attentions de Mikami vont l’obliger à réfléchir sur ses réels sentiments. Par ailleurs, l’auteure interroge sur le jugement du physique, surtout quand il ne semble pas correspondre au caractère. Elle aborde également la fragilité de la confiance, l’adultère.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle dessine des corps finement musclés qu’elle met en avant. Elle varie beaucoup les trames, donnant un aspect réaliste. De même, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Toutefois, quelques trames d’ambiance viennent discrètement renforcer les émotions des personnages. Un chapitre entier présente le passé de Sagawa, Abe et Mikami, évitant ainsi le classique fond noir. Par ailleurs, Chiyozaki sensei alterne entre une mise en page classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches, sans pour autant détailler l’enchainement des actions.

En résumé

Malgré son beau visage, Segawa Hiroki (28 ans), responsable adjoint de la section publicité n°2, se montre pourtant cassant envers les nouveaux. Ces derniers l’évitent donc au mieux, sauf Mikami Rui (24 ans) qui travaille dans la section publicité n°1. D’ailleurs, ce jeune talentueux arrivé il y a deux ans, n’hésite pas à partager sa vision différente du management avec lui. Alors Hiroki ne l’apprécie guère. En plus, il entretient une liaison secrète avec le chef de secteur publicité, Abe (38 ans), déjà marié. Même s’ils ne se fréquentent plus depuis six mois, il croient encore au partage de leurs sentiments. Mais lors d’une soirée trop arrosée, Segawa, complètement ivre, couche avec Mikami. Et le lendemain, tandis qu’il essaie de fuir en douce, son jeune collègue lui montre soudain une photo de lui et son amant et lui propose alors de sortir avec lui…

En conclusion

Ce one-shot propose une histoire plutôt classique mais très intéressante malgré quelques problèmes de rythme. Malgré le prétexte du chantage, Chiyozaki sensei évite de montrer les relations non consenties jouant sur les limites. J’apprécie particulièrement le caractère espiègle de Mikami et celui effronté de Segawa. Je trouve que la dynamique entre eux correspond parfaitement. J’ai donc beaucoup aimé cette histoire.

Under grand hotel 2 – Sadahiro Mika

under grand hotel 2 sadahiro mika
SADAHIRO Mika 定広美香
ISBN: 9782351805503
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784575727135 (JP)
Futabasha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je ne fais plus la différence entre l’amour et la haine. »

Sadahiro Mika sensei décrypte les fluctuations de la relation entre Sword et Sen. Elle aborde donc la trahison, la manipulation, l’influence des rumeurs, l’incompréhension et le manque de communication. Comme dans le tome précédent, elle montre le mécanisme des trafics de drogue et les meurtres ainsi que la complicité des gardiens. Bien que les personnages soient emprisonnés à vie, ils dégagent une certaine soif de vivre et ont des ébats charnels très intenses malgré la promiscuité. Les sentiments exaspérés poussent à des réactions extrêmes et parfois violentes. Pourtant, l’amour naît tout de même dans cette ambiance où le bonheur côtoie sans cesse le désespoir. L’auteure révèle les secrets de Sen, suscitant des revirements. Par ailleurs, elle installe volontairement une fin ambiguë à son récit, transcrivant parfaitement la dualité des personnages. Elle offre une histoire bonus sur Walter O’Brian et Norman Haze, qui ont pris de l’importance dans ce tome.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, rappelant parois le style des mangas comiques des années 90. Elle détaille les musculatures des personnages, offrant quelques images fan service. Les décors plutôt détaillés alternent avec quelques trames d’ambiance. Par ailleurs, comme il y a beaucoup de trames variées, seules les ombres fortes sont marquées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Sadahiro sensei censure à peine les parties intimes en y ajoutant quelques points blancs. Elle précise quelques choix de création dans son commentaire final, laissant la postface à une romancière qu’elle apprécie, Kurimoto Kaoru. Il y a une galerie d’illustrations en fin de tome.

En résumé

Sen Owari travaille pour le directeur de la prison Travis Mutô et a l’impression de retrouver un peu une vie normale. Il arrive même à parler facilement de son passé avec son nouveau patron. Mais Sword Fish, influencé par les remarques de Norman Haze, n’apprécie pas leur rapprochement. Mutô refuse toutefois de céder aux menaces du shut-call. Lors d’une fouille de cellule, les gardiens retrouvent la photo de la mère de Mutô dans les affaires de Sen. Choqué, le directeur l’envoie donc à l’isolement. Mais la nuit, un gardien masqué rend visite au Japonais prisonnier et le viole avant de lui laisser un étrange message…

En conclusion

Comme l’histoire se déroule dans le milieu carcéral, la violence est constamment présente. Certaines scènes pourront donc choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, j’aime beaucoup cette romance. Nos héros partagent leur soif de soleil aux lecteurs. Je trouve également intriguant de voir leur envie de liberté passer après leur amour. Le suspense se maintient jusqu’à la fin et j’apprécie particulièrement la conclusion laissant libre court à l’imagination. Un classique passionnant!

Under grand hotel 1 – Sadahiro Mika

under grand hotel 1 sadahiro mika
SADAHIRO Mika 定広美香
ISBN: 9782351805169
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784575727128 (JP)
Futabasha, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une relation sauvage et intense » entre deux condamnés enfermés jusqu’à la fin de leur vie.

Sadahiro Mika sensei narre une romance sexy mais violente dans le milieu carcéral. Elle instaure un jeu de provocations entre ses deux héros, oscillant entre haine et amour. Ainsi, elle s’intéresse aux émotions et réactions exacerbées dans ce lieu clos, entre peur, jalousie, possessivité et attirance. Sen et Sword s’affirmant hétérosexuel malgré leurs ébats charnels, luttent constamment contre l’amour. La narration se base sur le point de vue de Sen. Les indices semés au fil des chapitres permettent de découvrir le passé sombre ainsi que la psychologie des protagonistes. De même, certains personnages secondaires se détachent particulièrement. Par exemple, l’introduction du nouveau directeur, Travis Mutô, ajoute quelques tensions. Par ailleurs, à travers Norman Haze, l’auteure aborde la prostitution. Elle ne ménage pas les lecteurs, décrivant la violence constante entre viol, tournante, lynchage, bagarre, dispute, trafic, vengeance et racisme. Les histoires bonus, publiées d’abord en dôjinshi, apportent quelques informations supplémentaires.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Par ailleurs, elle met en valeur la plastique des hommes finement musclés. Les carrures sont variées ainsi que la représentation des différentes ethnies présentes dans le milieu carcéral américain. Les décors très détaillés renforcent le réalisme du récit. De même, les trames sont variées. Toutefois, quelques trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page très dynamique utilise les superpositions de cases. En plus, Sadahiro sensei estompent les images qui se chevauchent, sans pour autant brouiller la lecture. D’ailleurs, elle utilise beaucoup cette technique pour censurer à peine les scènes érotiques. Toutefois, un cache blanc recouvre parfois les parties intimes.

En résumé

L’étudiant japonais Sen Owari (22 ans) a écopé de 80 ans ferme pour le meurtre du mari de son enseignante avec qui il entretenait une relation adultère. Il se retrouve donc incarcéré au niveau 3 de l’Under ground hotel, la prison fédérale souterraine américaine, qui rassemble les pires criminels. A peine arrivé, il s’oppose déjà à son voisin de cellule, Swordfish (21 ans), qui faisait trop de bruit en couchant avec son colocataire. Cet ancien chef de gang de Brooklin, dealer et meurtrier, a pris le pouvoir dans le pénitencier. Mais Sen ne se méfie pas de son compagnon de cellule, Lane Brody, un gay qui n’hésite pas à lui faire des avances…

En conclusion

Malgré des scènes érotiques à chaque chapitre, Sadahiro sensei arrive à construire une intrigue haletante, avec un couple qui rencontre constamment des hauts et des bas. Elle aborde les thèmes habituels sur le milieu carcéral, sans filtres. Pourtant, le lecteur ressent de l’empathie pour certains protagonistes touchants. Une série à ne pas mettre entre toutes les mains, mais passionnante.

3 minutes de silence – Ichinashi Kimi

3 minutes de silence ichinashi kimi
ICHINASHI Kimi 市梨きみ
ISBN: 9782382760277
Hana, 2022
ISBN: 9784865541847 (JP)
Overlap, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Refuser l’amour désespérément malgré des sentiments forts et réciproques.

Ichinashi Kimi sensei propose une romance dramatique entre deux demi-frères, sans lien de sang, qui luttent désespérément contre leur sentiment amoureux pour ne pas briser leur fort lien fraternel. Elle centre principalement la narration sur Aki avant de basculer à la fin sur la version de Saku. Ainsi, elle aborde le poids du lien familial même dans une famille recomposée, la douleur d’admettre des sentiments jugés inconvenants, la peur du jugement extérieur. Malgré des sentiments réciproques, les deux frères construisent une relation bancale, ne communiquant pas. Aki ressent énormément de culpabilité à entrainer son cadet hétérosexuel dans l’homosexualité. Pourtant, il cache difficilement sa jalousie. Saku, quant à lui, préfère fuir à chaque confrontation. Par ailleurs, l’auteure développe particulièrement le background d’Aki en révélant petit à petit son passé complexe, expliquant ainsi ses traumatismes. Avec l’intervention de son ex Takahashi, elle relance les réflexions sur cette relation presque incestueuse.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique. Elle exagère les expressions et utilise des trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Le style graphique évolue un peu au fil des chapitres. Par exemple, Ichinashi sensei exprime de deux manières différentes les flash-back: un fond noir pour les souvenirs sombres, un double cadrage pour les moments heureux. De même, elle tire profit de toutes les techniques du shôjo pour dynamiser sa mise en page. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques tout en évitant tout de même de trop détailler les parties intimes.

En résumé

Tôjô Aki et Saku sont devenus demi-frères suite au remariage de leurs parents. Ils s’entendent très bien malgré des caractères opposés: introverti, Aki a peur des femmes tandis que le frivole Saku cumule les conquêtes. Le cadet, à l’université, vit maintenant avec son frère devenu salaryman. Toutefois, Aki ne supporte plus ses absences, Saku découchant souvent sans prévenir. Depuis ses remontrances, ce dernier, plus présent, participe même aux tâches ménagères. Pour le remercier, Aki lui achète alors des gâteaux. Interpellé dans la rue par deux conquêtes de Saku qui le taquinent, il commence à paniquer. Alerté, Saku vole à son secours puis s’éclipse avec les filles, provoquant la colère de son aîné. A son retour, le cadet tente de s’expliquer et finit même par l’embrasser langoureusement. Cédant à leurs pulsions, les deux hommes couchent alors ensemble mais bien qu’amoureux, l’aîné regrette déjà cet élan…

En conclusion

Ichinashi sensei offre une romance sans prétention mais plutôt bien traitée. En plus, son graphisme reste agréable. J’ai néanmoins passé un bon moment de lecture.

Le cri du désespoir 2 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 2 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761120
Hana, 2022
ISBN: 9784396785192 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Cette fausse relation est terminée. »

Shinou Ryo sensei continue directement les révélations laissées en suspens suite au tome précédent. Elle dénoue d’abord les secrets autour de la corruption dans l’entreprise pour ensuite s’attarder sur le changement des sentiments des deux héros. Elle développe également un peu plus Saeki. L’ancien chef de section est aussi égoïste qu’Akamine mais son côté sombre transparaît beaucoup moins. En plus, étant fuyant, il est difficile à saisir réellement. Utsumi et Akamine s’interrogent sur leurs réels sentiments, développant une relation de plus en plus saine. Ainsi, l’auteure aborde la trahison, le sentiment de solitude à cause de l’incompréhension, la douleur d’un amour à sens unique, la difficulté à se comprendre malgré des discussions, la fragilité de la confiance. Elle décortique également les sentiments contradictoires d’Utsumi lorsqu’il réalise son amour pour son ancien bourreau.

La mangaka a un trait anguleux et un travail très fin et précis des expressions du visage. Elle soigne les décors qui apparaissent sur les plans larges. Les sauts dans le temps sont indiqués subtilement, à travers les dialogues. Les trames sont variées et équilibrées. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure à peine les parties intimes. Elle y ajoute un effet de transparence gommant ainsi les détails. Par ailleurs, elle dessine des corps sensuels et des regards langoureux. En fin de tome, des fiches révèlent quelques secrets sur les deux héros.

En résumé

Utsumi Eito travaille en réalité pour le président directeur général et enquêtait secrètement sur le vrai traitre qu’il piège en diffusant une vidéo compromettante dans le service. Le PDG convoque donc le suspect mais il a en fin de compte l’intention de le faire définitivement disparaître. Le chef de section a d’abord du mal à croire à la trahison de son adjoint mais, refusant de dénoncer son complice, il préfère alors renoncer à la vie. Les sbires du PDG forcent Akamine Eito à ingurgiter une grande quantité d’alcool avant de l’abandonner dans une forêt dans un état comateux. Toutefois, nourrissant des regrets, Utsumi vient à sa rescousse. Quand le chef de section reprend ses esprits à l’hôpital, il trouve Utsumi qui a veillé sur lui. Troublé, il s’interroge donc de plus en plus sur les desseins de son subordonné.

En conclusion

Énorme coup de cœur pour ce récit qui mêle à la fois suspense et psychologie. Le viol n’est pas du tout romancé. Shinou sensei analyse d’ailleurs les changements et les sentiments ressentis par les personnages, rappelant que le traumatisme sera toujours présent. J’adore son style graphique et je trouve qu’elle a acquis une excellente maîtrise de narration. J’espère découvrir encore d’autres de ses œuvres.

Le cri du désespoir 1 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 1 shinou ryo
SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761113
Hana, 2022
ISBN:978-4396785185 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Arriverai-je un jour à oublier la douleur que tu m’as infligée ce jour-là?

Shinou Ryo sensei entraine les lecteurs dans une vengeance entre deux salarymen sur fond d’intrigues dans une entreprise corrompue et cible d’une fusion. Elle reconstitue au fur et à mesure les évènements du passé grâce à des flash-back. Ainsi, elle maintient un suspense intense en alternant bouleversement et révélation. Akamine, prisonnier de son passé, assume complètement son mauvais côté malgré quelques regrets. Utsumi quant à lui, encore traumatisé par son passé, semble instable. L’auteure décortique ainsi les différents sentiments qui se mêlent durant une vengeance. Elle aborde également les méthodes peu orthodoxes des entreprises pour mettre la pression sur les employés. En introduisant un ancien cadre, Saeki, elle relance complètement les suppositions élaborées par le lecteur. D’ailleurs, l’histoire bonus apporte des révélations qui annulent complètement les conjectures précédentes.

La mangaka a un trait anguleux avec un style marqué. Elle travaille particulièrement les expressions du visage, proposant une riche palette d’émotions. En plus, elle dessine des corps musclés. En revanche, depuis Nyu boy, les visages se sont arrondis. Les trames variées sont équilibrées. Les décors soignés apportent une touche réaliste, apparaissant sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir toutefois, ceux qui représentent des souvenirs furtifs sont traités autrement: intégrés directement au récit, ils se distinguent par des transitions au fond noir ou des trames sombres recouvrant en totalité les vignettes. La mise en page dynamique utilise toutes les techniques confondues. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure les parties intimes en effaçant les détails par transparence ou avec des points blancs.

En résumé

Utsumi Eito rejoint le service d’Akamine Eito en tant qu’adjoint, alors que des rumeurs de fusion avec une grande entreprise circulent. Akamine n’apprécie pas la familiarité du nouveau qui semble le connaître. Le soir, au pot d’accueil d’Utsumi, il abuse un peu trop de l’alcool. Le nouvel employé en profite alors pour le ramener chez lui. Malgré quelques indices, le chef de service ne se rappelle toujours pas de leur première rencontre. Exaspéré, Utsumi finit par le violer, désireux de se venger, car six ans auparavant, Akamine avait abusé de lui dans une ruelle après l’avoir saoulé. Le lendemain, l’ambiance entre les deux hommes est électrique mais ils sont convoqués chez le directeur. Ce dernier leur demande alors d’enquêter sur la disparition d’un employé, Watanabe Yûichi, soupçonné d’avoir divulgué des informations à la concurrence…

En conclusion

Shinou sensei crée souvent des personnages à l’air innocent qui peuvent être de vraies ordures. D’ailleurs elle maîtrise parfaitement les expressions de ses personnages, glissant discrètement des regards sournois, des rictus nerveux entre deux phrases de dialogue. Ce récit se lit donc en observant attentivement les vignettes. Attention, pour les personnes sensibles, il y a des scènes de viol. D’ailleurs nos deux héros assument totalement leurs actes. Je suis totalement conquise par cette histoire. J’aime beaucoup le graphisme et les personnages cabossés par la vie et leurs défauts.

Hotaru mourra demain – Saikawa Fuyu

hotaru mourra demain saikawa fuyu
SAIKAWA Fuyu 斉川冬
ISBN: 9782382761052
Hana, 2022
ISBN: 9784813032243 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est parce qu’il ressemblait à Hotaru que je suis tombé amoureux de lui. »

Saikawa Fuyu sensei propose une romance lycéenne abordant l’amour pour un personnage de fiction. Elle base la narration principalement du point de vue d’Asada. Elle commence par un synopsis au premier abord simple, baladant le lecteur avant de le surprendre complètement sur la fin. Bien que conscient de son amour perturbant son jugement, Asada ne peut s’empêcher de s’attacher à toutes les ressemblances de Nimiya avec Hotaru, aussi bien le physique, le caractère, les goûts que des évènements se développant comme dans le roman. Il accepte petit à petit les dissemblances qui apparaissent, ses sentiments évoluant. L’auteure joue beaucoup sur les petits secrets de chacun des protagonistes. Par ailleurs, elle montre comment un amour se transforme avec la jalousie et la possessivité. En fin de tome, elle offre une histoire bonus révélant quelques secrets de l’ami de Nimiya, Ohno Yuuta.

La mangaka a un trait épuré. Elle utilise un graphisme très actuel mais qui se distingue peu. Elle met en avant la sensualité de ses personnages. D’ailleurs, certains passages deviennent très poétiques, utilisant des analogies et rappelant l’univers romantique. Par exemple, la mort d’une cigale accompagne symboliquement celle de Hotaru. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. Les trames sont équilibrées et les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Saikawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques. Toutefois, elle utilise des angles de vue pour cacher les parties intimes.

En résumé

Saneatsu Asada est tombé amoureux de Hotaru, l’héroïne d’un roman. Cette lycéenne fictive a les cheveux roses, des piercings rouges, un grain de beauté au coin de la bouche et des yeux de chat. Il a beau savoir que cet amour est vain, il craque pour les filles ressemblant à ce fantasme, même s’il se fait rapidement plaquer. A la bibliothèque, Asada s’endort à force de réfléchir à cette attirance irrationnelle. Quand Nimiya le réveille, il est frappé par sa ressemblance parfaite avec son idéal. Subjugué, il l’embrasse alors puis, réalisant son geste, s’empresse de s’excuser. Pourtant, le lycéen accepte de devenir son petit ami. Asada ne contient plus sa passion en découvrant au fur et à mesure tous les points communs que possède Nimiya avec Hotaru. Un jour de pluie, il invite son petit ami chez lui et ils finissent par coucher ensemble, comme dans le récit du roman.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Le graphisme de Saikawa sensei évolue encore durant ce tome, perturbant un peu la reconnaissance des personnages. Toutefois, elle maîtrise plutôt bien son scénario avec une grande révélation peu avant la fin qui sublime ce récit au premier abord classique. Je me suis d’ailleurs complètement laissée happer par l’histoire.

Happy of the end – Ogeretsu Tanaka

happy of the end ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382761038
Hana, 2022
ISBN: 9784801973404 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Félicitations, t’es toujours en vie! »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une romance dramatique entre deux hommes désespérés. Elle révèle leur passé douloureux par de courts flash-back, conservant à chaque fois un peu de suspense. Ainsi, elle aborde différents thèmes comme l’homophobie, le rejet familial, le manque d’affection et la pédophilie. Suite à plusieurs rejets affectifs, Chihiro vivote en se vengeant du monde, cherchant désespérément un peu d’amour. Keito, quant à lui, se contente du peu de bonheur qu’on lui offre, même factice. Les deux hommes vont développer leurs sentiments durant leur cohabitation, reprenant petit à petit goût à la vie. Ainsi, l’auteure s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages et décortique leurs émotions. Elle dépeint un amour désespéré, bancal mais qui s’équilibre petit à petit. Elle s’intéresse également à l’influence des mots et des comportements humains.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle détaille les petits gestes, regards mais également les signes de négligence comme la barbe naissante, les tenues débraillées. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Il y a beaucoup de trames, renforçant le réalisme. De même, les décors sont plutôt présents et détaillés. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. Et les fonds noirs indiquent les flash-back. Le découpage et la mise en page sont très dynamiques. Ogeretsu sensei suggère les scènes violentes en ne les détaillant pas. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente ses personnages.

En résumé

Rejeté par sa famille, Kashiwagi Chihiro (23 ans) a perdu son logement quand son petit ami, Maeda Shun’ichi, s’est marié. Affamé et fauché, il ose même voler le sandwich d’un enfant dans un parc. Il se rend alors dans un bar en pensant escroquer un homme riche et sympathise rapidement avec le beau Keito. Mais à l’hôtel, sa cible l’agresse subitement puis le jette aux ordures. Toutefois, son agresseur le récupère plus tard car il recherche une carte noire que Chihiro aurait dérobée à une de ses victimes. Avec l’aide du chauffeur Kaji, il le ramène chez lui. Kashiwagi ayant jeté la carte, il le renvoie chez lui mais ce dernier lui avoue ne plus avoir de domicile.

En conclusion

Ogeretsu sensei nous plonge dans la noirceur humaine et la recherche du bonheur. Elle arrive à transmettre le désespoir des différents personnages et invite le lecteur à réfléchir sur la dureté de la vie, la déchéance qu’elle entraîne parfois ainsi que le droit à un peu de bonheur. Ce one-shot procure énormément d’émotions à la lecture et ne laisse donc pas indifférent. Mise à jour: Ce tome obtient la première place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022.