Bride of Ignat 1 – Mori Moyori

Couverture de Bride of Ignat 1 de Mori Moyori, éditions Taifu

MORI Moyori もりもより
ISBN: 9782375065952
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526720 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ma vie n’avait aucun sens… »

Mori Moyori sensei propose une romance avec une note fantastique, entre un dragon solitaire et un jeune homme esseulé. Elle construit doucement leur relation, dévoilant par brides les blessures de leur vie passée. Ainsi, elle aborde la cohabitation, la solitude, le rejet. La narration alterne entre les deux héros. Ignat est résolu à rester seul, représentant un danger pour les épouses qu’on lui envoie en sacrifice. Rita, quant à lui, cherche la personne qui l’acceptera enfin malgré ses cicatrices et se rend donc constamment utile pour éviter le rejet. Bien qu’il ait envie de vivre, il n’a pas peur de mourir en tentant la dragonification, s’accrochant au moindre espoir. Sa positivité va petit à petit briser la carapace du dragon. L’autrice enchaîne les intrigues et les petits évènements du quotidien, analysant l’évolution des sentiments des personnages. Elle s’intéresse au harcèlement et au jugement sur l’apparence.

La mangaka a un trait très fin parfois dédoublé, qui garde un léger style croqué. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie et exagère légèrement les expressions. Elle souligne les volumes, les ombres fortes et les rougissements par des hachures. Les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. Les trames très nombreuses utilisent la même palette de tons tandis que les trames d’ambiance, parfois graphiques, renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadre, les formes des vignettes selon leur contenu. Par ailleurs, Mori sensei ajoute des respirations avec des ellipses. Sous la jaquette, elle présente la dot de Rita. Yona apporte une touche mignonne malgré son réalisme. Il n’y a pas de scènes érotiques, la relation débutant.

En résumé

Orphelin, Rita est envoyé en offrande au dragon en tant qu’épouse. Alors qu’il s’évanouissait de froid et de fatigue, le dragon Ignat du mont enneigé le recueille et soigne sa jambe cassée. Toutefois, las de cette tradition, il refuse que le jeune homme devienne son épouse. Mais Rita, aussi esseulé que le dragon, ne veut pas perdre ce nouveau refuge et décide de prendre son destin en main.

En conclusion

Ce tome se classe deuxième manga profond au Chill chill BL award 2025. Pour son deuxième manga, Mori Moyori sensei maîtrise déjà le développement de son récit ainsi que son graphisme fin et détaillé. Elle dépeint avec sensibilité les émotions des personnages. Pour l’instant, elle introduit son univers, installant les personnages et le contexte. J’adore les interactions entre Ignat et Rita qui se découvrent petit à petit. Vivement la suite! Une lecture touchante.

Kuroneko – Le pas chaloupé 2 – Sakyo Aya

Couverture de Kuroneko Le pas chaloupé 2 de Sakyo Aya, éditions Taifu

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782375066102
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784403666605 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Titre original: クロネコ彼氏のあるき方 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Shingo perd la bague que Keiichi lui avait offerte après l’avoir recueilli, alors qu’il n’était encore qu’un petit chaton abandonné de tous… »

Sakyo Aya sensei conclut son récit après avoir confronté les personnages à quelques tensions. Elle s’intéresse aux différentes significations que représente une bague dans un couple, dont le symbole du mariage. Ainsi, Shingo qui souhaite construire une relation égalitaire, nourrit de l’attachement pour sa bague qui lui procure des souvenirs forts tandis que le possessif Keiichi considère l’objet comme un simple moyen de marquage de propriété. D’ailleurs, le consentement est encore gris avec le têtu acteur qui fait semblant de négocier avec son petit ami. Yûjin apporte conseil au couple. A travers les interactions entre Kagami et Kokonoe, l’autrice montre le comportement presque harceleur de l’acteur. Elle apporte une touche mignonne avec Shingo dont la queue et les oreilles de chat sortent facilement dès qu’il s’excite.

La mangaka a un trait légèrement épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames variées sont en aplat tandis que les trames d’ambiance, plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise beaucoup les superpositions. Toutefois, la lecture reste fluide. Dans les scènes érotiques, Sakyo sensei censure à peine les parties intimes, cachant les détails par des onomatopées. Elle met toujours en avant la plastique et la sensualité des corps et offre presque une scène par chapitre. En début de tome, elle donne un résumé du tome précédent ainsi que des fiches personnages. Il y a une illustration couleur sexy en frontispice. Par contre, dans les illustrations en début de chapitre, le couple pose souvent durant un moment intime. A la fin des chapitres, une vignette reprend un moment amusant.

En résumé

Avec le manque d’intimité dans la location de vacances, Shingo et Kagami Keiichi n’arrêtent pas de se chamailler. D’autant plus que le léopard cherche les câlins au lieu de dormir alors qu’il travaille tôt. Le lendemain, Rio réveille Shingo avec lequel il a préparé une surprise à son père Yûjin. Comme Kokonoe Ryôta est toujours en froid avec son petit ami Natsume, le chat noir lui propose de rentrer avec lui. Mais cela ne plaît guère à Kagami, bien décidé à profiter enfin de son petit ami…

En conclusion

Sakyo Aya sensei conclut enfin l’intrigue autour des bagues tout en montrant l’évolution des personnages, même secondaires. Elle diffuse encore quelques tensions entre les nombreuses scènes sexy. Le graphisme sensuel est un plaisir pour les yeux. Une série qui ne plaira pas à tout le monde mais que j’adore! Une lecture palpitante!

Le gardien de phare et l’enfant-mouette 1 – Azuma Kaya

Couverture de Le gardien de phare et l'enfant-mouette 1 d'Azuma Kaya, éditions Taifu

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782375065976
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784813033912 (JP)
Taiyohtosho, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« N’aies pas peur… Enfant amené ici par le dieu de la mer. »

Azuma Kaya sensei nous plonge dans une sorte de conte fantastique présentant la vie quotidienne d’un gardien de phare. Pour l’instant, elle installe son univers, les personnages et quelques mystères. Par ailleurs, elle s’inspire de la Bretagne. La narration faite par Evan prend la forme d’un journal. René s’intègre petit à petit au village grâce à ses efforts et sa spontanéité. D’ailleurs, son interaction avec Camille, qui le rejette d’abord, apporte quelques tensions. Simon, quant à lui, ajoute une note comique par ses réactions. Ainsi, l’autrice aborde la cohabitation, la solitude, l’acceptation. Elle met également en avant la vie quotidienne d’un village côtier. Elle se contente de semer des indices sur le rajeunissement d’Evan, maintenant constamment le suspense. L’histoire bonus donne des anecdotes amusantes sur la croissance accélérée de René.

La mangaka a un trait léché, avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, même celles du chat Bato. Elle utilise de très nombreuses trames aux tons variés. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions fortes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés et présents apportent une touche réaliste. La mise en page classique propose quelques pages plus dynamiques. Néanmoins, Azuma sensei varie beaucoup les angles de vue. Elle ajoute également des notes poétiques dans certaines scènes intenses et des notes comiques avec les « transformations » de René selon les remarques. Sous la jaquette, il y a une petite carte de l’île. Pour l’instant, le récit développant la croissance de René à l’âge adulte, il n’y a aucune romance.

En résumé

Sur l’île Claire, le gardien de phare Evan trouve, un soir de tempête, une barque échouée dans laquelle gît une jeune mouette. Il la soigne mais le lendemain, l’oiseau s’est transformé en un enfant avec des ailes. Evan décide alors de recueillir et élever René. Mais alors que l’enfant grandit très vite, Evan semble rajeunir…

En conclusion

Azuma Kaya sensei propose un récit fantastique empreint de mystères. Elle installe pour l’instant son univers et les personnages, s’attardant principalement sur la cohabitation entre le gardien de phare et l’enfant-mouette, de son enfance à l’âge adulte. Il n’y a donc aucune romance. Toutefois, le suspense côtoie sans cesse l’humour, l’action et la bienveillance. Le graphisme de la mangaka, très détaillé, apporte une note réaliste. J’ai hâte de découvrir la suite de l’histoire. Une merveilleuse lecture!

Kuroneko – Le pas chaloupé 1 – Sakyo Aya

Couverture de Kuroneko Le pas chaloupé 1 de Sakyo Aya, éditions Taifu

SAKYO Aya 左京亜也
ISBN: 9782375065815
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784403666391 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Titre original: クロネコ彼氏のあるき方 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« C’est un doux et langoureux poison qui s’écoule de la bague de Kagami… »

Sakyo Aya sensei nous plonge dans une ambiance familiale, mettant en avant l’ambiance que le couple de félidés instaure avec son entourage. Elle aborde l’harmonie du couple malgré la jalousie excessive ainsi que l’importance des compromis et des discussions. D’ailleurs, le consentement est encore flou à cause de l’égoïsme de Kagami. Ce dernier n’hésite pas à exprimer publiquement sa possessivité même devant le jeune Rio. Ainsi, Shingo négocie constamment. L’introduction du félidé Kokonoe Ryôta, de Nekoka kareshi no ayashikata (non traduit en français), permet également de développer une autre relation inégale, interrogeant sur le lien maître et chat. L’autrice s’intéresse à la pression du choix d’avenir. Dans l’histoire bonus, elle donne la version de Keiichi et Shingo pour la mesure du doigt, faisant lien avec le tome précédent. La jalousie de Kagami et de Takamigawa apporte quelques tensions, avec leur maîtrise différente.

La mangaka a un trait à peine épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Ainsi, Rio affiche une bouille trop mignonne avec ses grands yeux pétillants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques (fleurs, scintillement, cœur…) appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique varie les angles de vues. Sakyo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle cache les détails avec les onomatopées. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages de manière esthétique ou dans leur quotidien. Le tome débute sur une scène sexy avec quelques pages couleurs.

En résumé

Malgré un emploi du temps chargé, Kagami Keiichi déborde d’amour pour Shingo. Même si le chat noir râle beaucoup, il essaie toujours de satisfaire son petit ami. Un jour, alors qu’il gardait Rio, l’enfant trouve un chat dans un parc et demande à l’adopter. Comme Takamizawa et son père refusent, Shingo propose alors de garder le chat chez lui mais…

En conclusion

Sakyo Aya sensei montre l’évolution des différents couples ainsi que celle des personnages secondaires, installant une ambiance familiale et amicale. Elle continue également d’alterner son récit entre tension et érotisme. Par ailleurs, son graphisme déborde de sensualité. J’adore lorsque Keiichi utilise un langage cru qui casse totalement sa belle image de bel acteur, laissant ainsi paraître son côté très pervers. Quel bonheur de retrouver ces adorables félidés! Une lecture nostalgique.

My fluffy moody crush – Nago Nayuta

Couverture de My fluffy moody crush de Nago Nayuta, éditions Taifu

NAGO Nayuta 那梧なゆた
ISBN: 9782375065839
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526508 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un loup-vampire farouche VS un humain déterminé à l’apprivoiser! »

Nago Nayuta sensei développe une romance plutôt classique mais ajoute une touche originale avec le vampirisme. Ainsi, elle intègre dans le récit les explications spécifiques à son univers. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, dévoilant ainsi l’évolution de leurs sentiments. A force de se côtoyer, les deux amis perdus de vue réalisent au fur et à mesure leur attirance mutuelle. Toutefois, le doute persiste avec l’influence du lien affectif et du pouvoir des vampires. Le vampire redoute de perdre le contrôle lorsqu’il suce le sang d’Itsuki tandis que l’humain, volontaire, le guide. Mitsu, la mère de Kô et la collègue du café apportent une note comique. Par ailleurs, l’autrice construit une relation consensuelle. Elle aborde la peur de blesser l’autre, le poids du passé, la fuite des responsabilités.

La mangaka a un trait épuré plutôt contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère les expressions. D’ailleurs, Kô affiche parfois une tête de loup toute mignonne. Les trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes et les volumes. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nago sensei ne détaille pas les parties intimes. Elle utilise des trames plus sombres reprenant vaguement leurs formes, ainsi que des languettes blanches ou un flou au niveau des pénétrations. Néanmoins, les détails se devinent par transparence lors des gros plans.

En résumé

L’ajin Kô, mi-vampire, mi-loup-garou, déteste les humains. Il travaille à la préparation des repas dans le café de sa mère, pour éviter au mieux les contacts. Pourtant, un jour, un humain lui saute dans les bras. Il s’agit en fait de son ami d’enfance Itsuki qui était à sa recherche depuis le primaire. Embauché dans le café, tous deux se côtoient donc quotidiennement. Mais le loup-garou ne comprend pas pourquoi Itsuki reste toujours aussi souriant alors qu’il le rejette sans cesse.

En conclusion

Nago Nayuta sensei offre une romance sans prétention, avec un scénario maîtrisé qui va à l’essentiel. Elle crée une dynamique intéressante entre les deux protagonistes, entre fuite et attirance. Son graphisme dégage beaucoup de douceur. J’aime beaucoup le développement de la relation entre Kô et Itsuki. Une lecture plaisante.

Radio storm 1 – Lee Sun-Ui et Seo-Kyung

Couverture de Radio storm 1 de Lee Sun-Ui et Seo-Kyung, éditions Kbl

LEE Sun-Ui
SEO-KYUNG
ISBN: 9782382882689
Kbooks, 2024
D&C media, 2022 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Si j’étais mort, je ne t’aurais pas entraîné dans cet enfer… »

Lee Sun-Ui narre une romance dans un monde post apocalyptique, avec une touche de science-fiction. L’univers et les explications sur la relation déséquilibrée entre émetteur et noyau se révèlent au fil des chapitres, maintenant constamment un certain suspense. Toutefois, la narration se base principalement sur le point de vue de Sak. D’ailleurs, sa personnalité paraît ambivalente, pouvant passer de l’empathie à la cruauté. Ainsi, le jeune homme fait tout pour plaire à son émetteur, Lima. Malgré des rapports au consentement gris, les deux hommes développent une attirance mutuelle. La scénariste confronte d’abord deux vies différentes: la survie pour Lima et une enfance « normale » entre école et parents aimants pour Sak. Mais elle installe doucement le doute en semant divers indices laissant entrevoir les manipulations subies par les deux héros. Par ailleurs, elle aborde la question de destinée.

Seo-Kyung a un trait fin qui joue sur les pleins et déliés. Il se simplifie dans les passages humoristiques, les personnages se transformant parfois presque en SD. Les décors soignés s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger les vignettes. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. Bien que le tome soit en noir et blanc, il y a quelques vignettes colorées et même juste quelques touches de couleurs qui font ressortir les détails. D’ailleurs, le contraste noir et blanc domine malgré des trames variées et équilibrées. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page classique propose quelques pages plus dynamiques. Toutefois, le format vertical s’oublie complètement. Dans les scènes érotiques, les cadrages et le choix des angles de vue permettent de cacher les parties intimes. A noter que les chapitres sont plutôt courts.

En résumé

Dans un monde ravagé par la guerre, certains individus ont développé des pouvoirs. Les enfants possédant ainsi un noyau sont pour les plus chanceux admis dans une école les prenant totalement en charge. Mais Sak, dont le noyau n’est pas puissant, subit un harcèlement scolaire. En effet, son pouvoir consiste seulement en un odorat sur-développé. Pourtant, lorsqu’une épidémie se déclare, Sak est envoyé à la recherche de son émetteur…

En conclusion

Lee Sun-Ui offre un tome introductif posant l’univers et directement le passé des deux héros, permettant de mieux comprendre la complexité de leurs caractères. Ainsi, elle analyse également l’évolution de leur relation. Par ailleurs, le graphisme de Seo-Kyung est très expressif, les touches de couleurs apportant un véritable appui à la narration. A noter que certaines scènes pourront heurter la sensibilité de quelques lecteurs, vu que le récit se déroule dans un monde en guerre. J’ai été rapidement happée par la relation particulière entre Sak et Lima. J’ai donc hâte de lire la suite. Une lecture troublante!

Mon cher roi démon – Soutome Emu

Couverture de Mon cher roi démon de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065525
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526584 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Titre original: 親愛なるわが魔王へ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je vais devoir vérifier la magie qui contrôle les sentiments. »

Soutome Emu sensei narre une douce romance entre un roi démon et un griffon qu’il a d’abord élevé. Ainsi elle interroge sur l’amour parental, amical et amoureux. Elle installe rapidement son univers et dévoile les détails à travers les discussions. D’ailleurs, la narration alterne entre Topaze et Rubis. Malgré son puissant pouvoir, le roi démon a la fâcheuse tendance à se surmener, faisant passer les autres avant lui. Le griffon, quant à lui, prend soin de son père adoptif et préfère cacher ses sentiments amoureux. Leurs amis, le magicien Jade et son compagnon Perle, les soutiennent, devenant leurs confidents. Le comportement violent et avide des humains se confronte à des êtres fantastiques qui n’aspirent qu’à la paix. Par ailleurs, l’autrice montre le double tranchant de la pression. Elle aborde le sacrifice de soi, les choix douloureux parfois nécessaires. Avec la forme animale de Topaze, elle s’attarde sur l’influence de l’instinct.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames sont très variées. Toutefois, des hachures soulignent également les ombres fortes. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page très dynamique joue sur les absences de cadre et les angles de vue variés. Soutome sensei s’attarde sur les petits détails, semant des indices au fil des pages. Elle s’inspire de différents costumes, monstres et univers fantastiques pour créer son propre monde. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sur l’île des démons et des pierres précieuses, il y a quarante ans, le très puissant roi des démons Rubis a recueilli un œuf de griffon abandonné. Grâce à sa magie, Topaze a alors pris une forme humaine. Maintenant adulte, il prend soin du roi des démons qui s’épuise à ressusciter les démons morts durant la guerre contre les humains. Il réprime au mieux ses sentiments amoureux mais aimerait ne plus être considéré comme un enfant…

En conclusion

Bien que Soutome Emu sensei aille à l’essentiel avec quelques raccourcis, les explications contées collent parfaitement au récit. Elle alterne tension, humour et émotions. En effet, elle dépeint avec finesse les sentiments des personnages. D’ailleurs, le couple avance à son rythme respectant le consentement entre eux. Le graphisme est expressif et agréable. J’aime beaucoup la dynamique entre Rubis et Topaze. Une lecture charmante!

Filled by twilight 1 – Uno Yukiaki

Couverture de Filled by twilight 1 d'Uno Yukiaki, éditions Taifu

UNO Yukiaki 宇野ユキアキ
ISBN: 9782375065211
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526607 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

« Si moi, je ne te pardonne pas, qui d’autre le pourra? »

Uno Yukiaki sensei narre une romance dramatique, sur fond d’enquête et de vengeance. Elle ajoute une touche fantastique avec des techniques ancestrales plus proches de la magie. Pour l’instant, elle installe principalement le contexte et les protagonistes. Ainsi, les deux anciens amis ont un caractère opposé, mais également des techniques qui se complètent. Shen Feng recherche pénitence tout en menant l’enquête. Xiao Xing semble mettre de côté son ressentiment et détend au passage l’atmosphère souvent tendue. Leurs sentiments d’abord suspendus suite à leur séparation, reprennent comme si de rien n’était et évoluent vers une attirance mutuelle. L’autrice sème au fil des chapitres des indices permettant aux lecteurices de faire leurs propres conjectures.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors situent principalement l’action. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est simplement dynamique. Uno Yukiaki sensei s’inspire vaguement du style chinois ancien pour les vêtements et l’architecture.

En résumé

Shen Feng admire depuis l’enfance Xiao Xing. Doué pour les arts martiaux, il améliore ses techniques auprès de son maître et ami. Mais quelques années plus tard, sur les ordres de son père, Shen Feng élimine toute la famille de Xiao Xing. Toutefois, il ne peut se résoudre à éliminer son ami. Cinquante ans plus tard, le chef de famille des Shen meurt assassiné. Et les indices semblent désigner les techniques de la famille Xiao…

En conclusion

Uno Yukiaki sensei propose un scénario intéressant mais se perd un peu dans la narration. Elle enchaîne les évènements et fait des raccourcis un peu précipités, alors que ce tome est plutôt introductif. L’univers est par ailleurs peu développé. Le graphisme reste agréable, avec des personnages aux physionomies variées. Je trouve le lien entre les deux héros un peu léger surtout après leur passé dramatique. Mais je suis tout de même curieuse de découvrir la suite.

The night beyond the tricornered window 10 – Yamashita Tomoko

Couverture de The night beyond the tricornered window 10 de Yamashita Tomoko, éditions Taifu

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375064139
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799751664 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« On est liés par le destin, toi et moi. C’est obligé. »

Yamashita Tomoko sensei révèle enfin le passé du professeur et la nature de son pouvoir. Ainsi, elle montre différentes utilisations de la haine. Le professeur dévoile d’autres facettes derrière sa puissance, entre lâcheté et amour possessif. Mikado s’avère, quant à lui, plus confiant, trouvant la force à travers sa mère et ses amis. Il prend aussi conscience de ses sentiments pour Hiyakawa. D’abord prisonnier de ses souvenirs, Rihito réalise sa souffrance et trouve le moyen de combler le vide qu’il ressent grâce au soutien et à l’affection de son entourage. Par ailleurs, Sakaki détend l’atmosphère plutôt tendue par son style bourrin. Comme dans le tome précédent, l’autrice interroge sur le lien familial. Ainsi, elle aborde les efforts pour se comprendre et construire la confiance à deux ainsi que la question du destin. Elle met également en avant le travail d’équipe des exorcistes, chacun mettant en œuvre ses spécialités.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames équilibrées, plutôt en aplat et joue sur les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Ainsi, cela fluidifie la lecture. Yamashita sensei donne l’ambiance du récit à travers des indices dans les portraits et bustes des personnages des illustrations en début de chapitre. Par ailleurs, elle présente succinctement les protagonistes en début de tome.

En résumé

Mikado Kôsuke fait face au professeur. Mais ce dernier essaie de le tuer en le plongeant dans un désespoir sans fin. Toutefois, Hiura Erika tente de l’aider. Son pouvoir qui s’étend à travers toute la maison, soulage également Mukae Keita. D’ailleurs, le voyant cherche désespérément à libérer Hiyakawa Rihito, enchaîné à une malédiction.

En conclusion

Yamashita Tomoko sensei conclut son récit avec un tome intense empli de révélations. Elle maintient le suspense jusqu’à la fin. Son graphisme, en particulier les expressions du visage, permet d’immédiatement comprendre les émotions des personnages. J’étais totalement absorbée par ce dernier tome. Bien qu’il n’y ait aucune scène érotique durant toute la série, les sentiments sont pourtant bien présents et se construisent au fil du récit. Un titre idéal pour ceux qui apprécient les romances au second plan. Une lecture envoûtante!

Fangs 3 – Billy Balibally

Couverture de Fangs 3 de Billy Balibally, éditions Taifu

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375065587
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784344853744 (JP)
Gentosha, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« La couleur du destin est le rouge. »

Billy Balibally sensei révèle le passé d’Ichii. Avec l’introduction du cruel Megi, elle explique l’origine des Fangs ainsi que des vampires. Elle analyse également les autres croyances autour des vampires. En effet, Megi représente l’image classique du vampire manipulateur et immortel qui abuse de son pouvoir tandis qu’Ichii, qui a tendance à culpabiliser, cherche à expier ses fautes passées. En apporte une note de fraîcheur par son innocence mais s’affirme de mieux en mieux. Comme dans le tome précédent, Sugi, Masaki et Mariko apportent conseil et soutien. Ainsi, l’autrice interroge sur l’influence du sang et de l’envoutement sur les sentiments. Elle aborde la difficulté à avancer lorsque l’âme est blessée, l’importance de la famille même recomposée et la nécessité de parler franchement. Elle conclut l’arc sur le couple d’Ichii et En mais éveille la curiosité des lecteurs sur de possibles suites. Par ailleurs, les histoires bonus détendent un peu l’atmosphère.

La mangaka a un trait fin avec des contours parfois dédoublés. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie et l’arrondit. D’ailleurs, En se transforme en adorable SD et Ichii en wanko. Les trames équilibrées ont une dominante claire qui contraste avec le noir des costumes. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page dynamique met en avant l’esthétique générale des tenues, des positions recherchées et la plastique des corps. Ainsi, Billy Balibally sensei s’attarde sur les détails comme les gestes et les réactions. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. La décomposition des mouvements intensifie la sensualité des corps. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices. En fin de tome, il y a des fiches personnages avec leurs liens.

En résumé

L’apparition de Megi perturbe énormément Ichii qui prend alors des risques. Inquiet, En essaie désespérément de le faire parler. Le vampire se confie alors à demi-mots. Mais il refuse de lui dire le plus important. N’arrivant pas à le comprendre, En fuit…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Billy Balibally sensei conclut avec intensité l’arc d’Ichii et En. Elle maintient le suspense jusqu’au bout tout en alternant entre tension, humour et érotisme. Son graphisme est tout simplement magnifique. J’ai hâte de découvrir la suite! En reprenant les droits de la série, les éditions Taifu comics ont également réédité les deux premiers tomes, idéal pour harmoniser sa collection ou découvrir cette excellent série sur les vampires. Une merveilleuse lecture!