Ze – kami no hon – Shimizu Yuki

ze kami no hon shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351808986
Taifu comics, 2015
ISBN:‎ 9784403663475 (JP)
Shinshokan, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour débordant entre maîtres kotodama et kamis.

Shimizu Yuki sensei offre un recueil d’histoires regroupant les bonus dessinés spécialement pour les fans, pour les séances de dédicaces ou d’autres évènements spéciaux comme les drama CD. Elle allie à la fois la comédie et l’érotisme. Elle dévoile encore quelques facettes des caractères de ses personnages, leurs sentiments. Ce tome se divise en trois parties. Même si tous les couples sont représentés, « Intérieur » s’intéresse surtout à Shôi et Asari tandis que « Extérieur » met en scène Genma, Himi, Ryûsei et Moriya. L’auteure maîtrise parfaitement le format court et présente donc des petites tranches de vie et des anecdotes amusantes ou coquines, ou la suite de certains chapitres. Par exemple, elle montre les aventures de Magane qui se déroulent après le dernier tome. Elle s’amuse aussi sur certains thèmes comme le cosplay, des interviews, le réveillon de Noël. L’histoire bonus finale présente le quotidien pendant une semaine de Moriya et Ryûsei.

Le recueil regroupant des travaux s’étalant de 2005 à 2012, on remarque immédiatement l’évolution du trait de la mangaka. Elle maîtrise parfaitement le format court, développant des gags sur une page ou en yonkoma. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. D’ailleurs, l’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei offre beaucoup plus de scènes érotiques. Par ailleurs, elle censure à peine les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou en jouant sur les cadrages.

En résumé

Après leur première nuit d’amour au love hotel, Raizô reste pantois devant le sourire de Kon endormi. Quand son kami se réveille, ils décident alors de prendre leur bain ensemble. En effet, Kon se montre de plus en plus audacieux. Et Raizô a du mal à contenir sa gêne et son excitation. Toutefois, quand son partenaire s’évanouit dans le bain parce qu’ils y ont passé trop de temps à se faire des câlins, il lui promet de prendre encore plus soin de lui…

En conclusion

Ce recueil obtient la douzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2012. C’est un pur bonheur car les couples étant déjà formés, leurs rapports débordent d’amour et de sentiments. Je suis d’ailleurs très heureuse de découvrir encore plus d’histoires sur mon couple fétiche Moriya et Ryûsei. Quelle satisfaction de pouvoir lire tous les bonus distribués dans les différentes librairies ou évènements spéciaux! Une conclusion aux autres tomes indispensables pour avoir sa dose de romance.

Ze 11 – Shimizu Yuki

ze 11 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806746
Taifu comics, 2012
ISBN:‎ 9784403663178 (JP)
Shinshokan, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Etait-ce de l’amour? De la passion? De la pitié? Ou bien tout simplement de l’attachement?

Shimizu Yuki sensei plonge les lecteurs dans l’histoire dramatique de la formation du clan Mitô. Elle dévoile d’abord le passé de Hozumi et Takamitsu, ainsi que la transformation du clan qui s’agrandit. Elle s’intéresse particulièrement aux sentiments de Waki. En effet, ce dernier n’arrive pas à cerner les nuances entre amour, passion, attirance et attachement. En réalité, sa relation avec Magane et Rikiichi prend la forme d’un polyamour. Prisonnier de son passé, il va enfin réussir à avancer en acceptant ses sentiments, poussé par son entourage. Après beaucoup d’actions intenses, l’auteure reboucle avec subtilité sur la fin du premier chapitre du tome précédent. Elle conclut sa série en mettant ainsi en valeur l’amour qui naît à partir de différents liens. Elle offre donc un happy end rempli d’émotions.

La mangaka maîtrise les pleins et déliés qui renforcent l’impact de son trait épuré. Elle équilibre les trames, utilisant des tons plus sombres dans les passages dramatiques. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique utilise pleinement les grandes vignettes pour les scènes d’action. Shimizu sensei ne dessine presque pas de scènes érotiques pour ne pas briser l’ambiance générale dramatique du récit. Toutefois, certaines cases explicites apportent en fin de compte une petite touche humoristique, comme si le lecteur surprenait les protagonistes dans leur intimité.

En résumé

Uta a trouvé un homme gravement blessé sur les rives de la rivière. Entendant son appel, Magane fonce en sa direction, suivi par Waki. A la demande de la maîtresse kotodama, le kami embrasse le blessé pour le soigner, après lui avoir retiré un couteau planté dans le ventre. Devant cette scène, Waki a du mal à cacher sa colère. Il réalise alors son attachement envers Magane, tolérant de le partager uniquement avec Rikiichi. De retour à la maison avec Endô Hozumi, le petit groupe découvre un autre homme blessé, les ongles arrachés. Yukino et Shirahase ont trouvé Takamitsu au pied de la cascade. Devant les supplications de ce dernier pour rester dans cet havre de paix avec son frère, Rikiichi accepte de les accueillir. En effet, Yukino, habituellement discrète, s’est totalement attachée à Takamitsu. Mais les Mitô ne pensaient pas que ces deux frères allaient chambouler leur paradis…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatorzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2011. M’étant attachée aux personnages, je n’ai donc pu retenir mes larmes en lisant les dernières pages. J’aime beaucoup le travail de l’auteure qui analyse les différents liens qui se créent et se transforment en amour.

Ze 10 – Shimizu Yuki

ze 10 shimizy yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806395
Taifu comics, 2010
ISBN: 9784403662959 (JP)
Shinshokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« La solitude et le renoncement… J’étais à la dérive, puis j’ai fini par m’échouer quelque part… »

Shimizu Yuki sensei attaque l’arc final de son récit en plongeant le lecteur dans le passé de Waki. Elle se focalise particulièrement sur sa rencontre avec Rikiichi, qui va l’inciter à devenir marionnettiste, et sur la naissance des premiers kamis. Elle introduit plein de nouveaux personnages, en particulier Uta la sœur du maître kotodama ainsi que le troisième kami Magane. D’ailleurs, le côté loup de ce dernier ajoute une touche mignonne et humoristique. La narration se base principalement sur Waki. Ce dernier va développer une certaine complicité avec Rikiichi, étant sur la même longueur d’ondes. La personnalité flamboyante du maître kotodama, qui peut se montrer aussi accueillant qu’impitoyable, va adoucir le désabusé Waki. L’auteure révèle ainsi tous les secrets autour du marionnettiste, son passé très sombre, sa longévité hors norme, son manque de confiance en l’humain, son sentiment de solitude qui persiste même entouré de ceux qu’il aime.

La mangaka maîtrise sont trait épuré et anguleux. Toutefois, la structure de ses visages s’uniformise et l’on distingue maintenant les personnages grâce à la forme de leurs sourcils et leur coiffure. Les trames sont équilibrées. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, Shimizu sensei censure les parties intimes par des points blancs dans les scènes érotiques. Toutefois, pour compenser le manque de scènes dans le récit principal, elle offre en bonus la suite du chapitre 1 avec Genma et Himi en mode amour fou.

En résumé

Yoshiwara Waki a du mal à admettre qu’Asari ait pu conserver ses souvenirs et sa personnalité. Il passe donc sa mauvaise humeur sur les autres kamis, convoquant même Himi pour d’abord l’interroger puis lui reprocher son incapacité à faire de même. Mais Yashiro Genma le défend ardemment face à ses remarques acerbes. Le marionnettiste essaie même de s’en prendre à Raizô. Toutefois l’éblouissant larbin garde sa bonne humeur et son innocence, calmant légèrement son hôte. Waki se souvient alors de sa rencontre avec Rikiichi, à la chevelure flamboyante…

En conclusion

Shimizu sensei offre un tome plein de révélations, interrogeant toujours sur les liens entre les gens. Plus j’en apprend sur Waki, plus je le trouve détestable. Pourtant, j’aimerais qu’il trouve enfin le bonheur. Ce tome prend un ton plus sérieux mais c’est un plaisir de découvrir l’origine des kamis.

Ze 9 – Shimizu Yuki

ze 9 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351806005
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662713 (JP)
Shishokan, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ne disparais pas. Vis et protège… »

Shimizu Yuki sensei développe l’arc sur Asari et Shôi. Elle présente leur passé par tranches de vie jusqu’à reboucler sur la fin du tome précédent. Elle décortique l’évolution de leur relation, d’abord conflictuelle pour se transformer en un amour profond et réciproque. En fin de compte, les deux héros ont plusieurs points communs comme leur sentiment d’être prisonnier et le rejet de leur condition. La narration se base principalement sur le point de vue d’Asari. L’auteure interroge sur la vie et la mort à travers le kami dont le pouvoir s’affaiblit. Elle questionne également sur l’utilisation des kamis, particulièrement quand les sentiments n’existent pas. Ainsi, le premier rapport entre les deux héros est clairement défini en viol. Par ailleurs, le lien qui se crée entre Shôi et Asari traverse les différents crises que subit le couple en se renforçant.

Le trait anguleux et épuré de la mangaka semble plus marqué avec les pleins et les déliés. Elle soigne les décors assez présents. De même, quelques trames d’ambiance appuient les émotions fortes. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais évite de détailler celles sans consentement. Elle introduit toujours son tome par des fiches personnages.

En résumé

Asari, le plus vieux des kamis, a fini par redevenir une page blanche. Mitô Shôi demande alors à Waki de le faire revenir, persuadé qu’un miracle peut se produire. En effet, il a cru entendre son kami souhaiter rester auprès de lui avant de disparaître. Mais Waki, las, refuse de s’exécuter, provoquant l’ire du chef de clan. Waki se souvient alors que lors de son premier travail, Asari avait refusé de rejoindre Shôi qui l’appelait parce qu’il le détestait. L’adolescent a endossé les blessures, ne voulant pas blesser ce kami qu’il n’avait jamais vu malgré les recommandations de Waki. Désespéré de sa condition, il souhaitait mourir pour se libérer, ne supportant pas la folie de la famille Mitô. En l’entendant appeler au secours, Asari finit par apparaître devant lui et l’embrasse.

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga au Chill chill BL award 2010. Asari est classé troisième meilleur uke. Ce volume est une ode à l’amour qui s’installe lentement mais tendrement. L’image des deux frères qui coopèrent a un impact fort et émouvant. La série a toujours droit à une adaptation en drama CD. La surprise finale rend insoutenable l’attente du prochain tome.

Ze 8 – Shimizu Yuki

ze 8 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805732
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784403662522 (JP)
Shishokan, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le jour est venu pour Kotoha de quitter sa cage. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc concernant Kotoha sur son adolescence et son intronisation à la tête de la famille Mitô. Elle s’intéresse au changement de la relation entre le jeune maître kotodama et son kami. En effet, Konoe accepte peu à peu ses sentiments et passe donc de père à amant, forcé par les conjonctures. Suite à un traumatisme, Kotoha va encore évoluer et prendre des décisions lourdes de conséquence. Après un ton sérieux et dramatique, l’auteure détend l’atmosphère avec un chapitre tendre et humoristique sur Shichikawa Raizô et Kon, mettant en avant l’esprit de famille. Elle plonge ensuite les lecteurs dans un suspense insoutenable en commençant l’histoire de Mitô Shôi et Asari. Ainsi, elle approfondit la personnalité de ses personnages au fil des chapitres. Waki s’avère être un manipulateur et les jumeaux Mitô Tsukito et Seiji adorent taquiner Kotoha. Par ailleurs, les rapports non consentis ont toujours une explication.

La mangaka maîtrise son trait épuré, anguleux et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées, avec une dominance sombre pour les moments dramatiques. Quelques trames d’ambiance illustrent également les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique utilise les chevauchements de vignettes, les ellipses, l’absence de cadre et les angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle ne les développe pas dans les rapports non consentis. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages en début de tome.

En résumé

Suite au décès de Takamitsu, Yoshiwara Waki convoque Konoe et Mitô Shôi pour les prévenir qu’une cérémonie de présentation du nouveau chef de clan se prépare. Depuis que Konoe a rejeté la déclaration d’amour de Kotoha, ce dernier se montre plus sage. Grâce à la cérémonie, le maître kotodama pourra enfin sortir de sa cage. Mais comme les anciens se montrent sceptiques face à l’adolescent timoré, Waki demande au nouveau chef de clan de faire une démonstration. Toutefois, n’ayant jamais utilisé sciemment son pouvoir, Kotoha reçoit un énorme choc en découvrant ensuite le corps de son kami déchiqueté.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. Le drama CD se classe en troisième place. Asari est classé troisième meilleur uke. L’auteure va au fond des sentiments de ses personnages. Au verso, l’éditeur signale la présence des scènes sensibles. En effet, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs. Pourtant, Shimizu sensei présente les relations immorales comme telles et préfère mettre en avant les sentiments et le consentement. Elle insiste particulièrement sur les efforts de Konoe pour protéger le lien presque paternel qu’il a noué avec Kotoha pour lui permettre de grandir.

Ze 7 – Shimizu Yuki

ze 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805510
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403662270 (JP)
Shinshokan, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le maître kotodama le plus puissant du clan Mitô finit toujours placé à sa tête. »

Shimizu Yuki sensei s’intéresse maintenant à l’enfance de Kotoha. Elle met encore en avant la noirceur de la famille Mitô, pour laquelle le pouvoir prime sur tout. De même, elle révèle la spécificité des deux kamis Asari et Konoe, expliquant leur esprit d’indépendance envers Waki et leur maître kotodama. Traité comme un animal sauvage, Kotoha se retrouve isolé malgré son jeune âge. En s’occupant de lui, Konoe développe un amour paternel et découvre les sentiments contradictoires ressentis quand un enfant grandit. Il se transforme presque en père gâteux et surprotecteur. L’auteure met en avant la différence d’âge entre le maître kotodama et son kami ainsi que l’évolution de leurs sentiments. Dès qu’un comportement indécent se produit, elle fait toujours intervenir un personnage pour rappeler la morale. En fin de tome se trouvent les résultats d’un classement de popularité des couples, des seme et des uke.

Comparé au tome précédent, la mangaka adoucit son trait anguleux et épuré. Elle ne surcharge pas ses pages, malgré des décors soignés. De même, les trames sont équilibrées. Les trames d’ambiance sont également discrètes. La mise en page dynamique joue sur les variations des angles de vue et le découpage des scènes importantes. Par exemple, quand Kotoha va pleurer, son visage se déforme case par case. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Comme elle développe la jeunesse de Kotoha, elle compense le manque de passages érotiques avec l’histoire bonus sur Shôi et Asari. En début de tome, elle donne des fiches personnages permettant de se resituer dans le récit.

En résumé

A sa naissance, le pouvoir de Mitô Kotoha était tellement puissant que ses cris de nourrisson ont détruit la maison. Comme sa mère Yukino mourut en couches, sa kami Shirahaze s’est occupée du petit. Quand elle redevint page blanche, Kotoha avait quatre ans. Waki confia donc l’enfant à Konoe, libéré de ses obligations par son maître kotodama malade, Rekiichi. Le kami trouve alors le garçon enfermé dans une pièce spartiate, complètement isolé. Étrangement, il ne parle pas. Konoe tente alors de le faire parler mais même apeuré, Kotoha ne crie pas. Quand le kami fait semblant de mourir, l’enfant finit par pleurer. Mais une corde autour de son cou se ressert immédiatement pour l’étrangler…

En conclusion

Selon votre sensibilité, certains passages peuvent choquer. Même si l’auteure pense toujours à recadrer les problèmes, l’humour qui s’en dégage peuvent déranger. Pour ma part, j’aime beaucoup ce récit qui permet de mieux comprendre la personnalité de Kotoha. Avec tous les couples différents, impossible de ne pas en trouver un qui vous plaît!

Les écailles d’un dieu 2 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 2 hinohara meguru
HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063170
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667060 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je ne veux pas que vous partiez! »

Hinohara Meguru sensei s’intéresse au passé de Rin après avoir développé celui de Chiharu dans le tome précédent. Elle ajoute une touche dramatique en dévoilant l’implacable impact de la légende et de son oubli sur le pouvoir et la vie de la divinité. Par ailleurs, elle montre l’influence de l’entourage bienveillant sur l’évolution de la relation entre les deux héros. Ainsi, Chiharu met du temps à réaliser ses sentiments, ayant également des difficultés à les exprimer. Rin, qui n’a connu que peur et rejet, désire plus que tout être aimé. Conscient de la fragilité des humains, il redoute constamment de blesser celui qu’il aime. D’ailleurs, l’auteure installe entre l’écrivain et le dragon une relation très consensuelle, mettant en avant l’acceptation de l’autre tel qu’il est ainsi que le partage du plaisir et des sensations. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le devenir du couple.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a son propre style, facilement reconnaissable avec les oreilles pointues des personnages. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, arrondissant les têtes comme des SD. D’ailleurs, Urara, en arrière-plan, ajoute une touche mignonne. Les renards ont un traitement graphique varié, contrastant parfois avec le reste par leur simplicité mais renforçant le côté humoristique et fantastique. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les autres trames sont très variées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Hinohara sensei rend parfaitement les métamorphoses des divinités en quelques cases. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En début de tome, elle propose des petites fiches de présentation des personnages. Les illustrations en début de chapitre rappellent l’ambiance du récit sans pour autant en faire partie.

En résumé

Le renard céleste Tenko ayant blessé Izunome Chiharu, Rin perd le contrôle et le bombarde d’éclairs. Chiharu tente alors de calmer le dragon. Avertie par la chienne Urara, la divinité Inari interrompt leur combat, détruisant au passage une partie de la maison. Rin emmène immédiatement Chiharu, avec Urara et Kôta, chez lui à sa source pour soigner le blessé. Il regrette d’avoir mis en danger son bien-aimé, d’autant plus qu’il lui a infligé un énorme bleu avec sa patte. Inari amène alors Tenko pour qu’il s’explique. Mais Chiharu n’arrive pas à répondre à ses questions, impliquant une réflexion sur son avenir. Après avoir déposé Kôta, fiévreux, chez ses parents, l’écrivain rentre chez lui avec le dieu de l’eau. Toutefois, Rin, trop accablé, repousse son hôte qui souhaitait le consoler…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Cette lecture apporte bonheur et émotions. A croire que Hinohara sensei s’améliore à chaque nouveau titre pour encore mieux dépeindre la sensibilité de ses personnages. J’adore le couple, j’aime Urara et même les autres personnages secondaires. C’était un réel plaisir de partager quelques moments de leur vie, et je referme donc ce « conte » en espérant encore qu’il y aura peut-être une suite un jour…

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.

Ze 5 – Shimizu Yuki

ze 5 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805060
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661723 (JP)
Shinshokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Me voilà obligé de supplier à genoux ce rustre grossier et obscène…! »

Shimizu Yuki sensei présente un nouveau couple qui a développé un lien forgé par leur volonté commune. Elle utilise les méconnaissances de Ryûsei pour apporter des détails sur les fonctions des kamis. Par ailleurs, elle base la narration principalement sur le point de vue de Moriya. Le kami, qui a connu une mauvaise expérience avec son ancien maître, s’attache à la vie et ne supporte pas la hiérarchie qui existe entre humain et kami. Au contact de Ryûsei, il découvre donc petit à petit les qualités cachées de son nouveau maître derrière ses défauts. En plus, il s’éveille peu à peu aux sentiments en travaillant comme un humain. L’auteure met en avant l’emprise de la famille Mitô, même sur un enfant illégitime. Elle maintient un certain suspense en révélant peu à peu le passé traumatisant de Ryûsei. Par ailleurs, elle alterne entre ton sérieux et touche d’humour.

Avec son trait anguleux et épuré, la mangaka a un style immédiatement reconnaissable. Elle dessine des lèvres pulpeuses et des yeux effilés. Comparé au tome précédent, elle varie énormément les trames, pour travailler surtout les ombres car les scènes se déroulent souvent la nuit. De même, les flash-back sont encore bien intégrés. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, Shimizu sensei compense le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus sur Genma et Himi. Elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et aux angles de vue. Elle présente les personnages dans des fiches en début de tome.

En résumé

L’entretien étant annulé, Kitamura Ryûsei et Moriya se retrouvent à enterrer des preuves sur un chantier sur ordre de Yashiro Genma. Pendant que Moriya s’absente pour récupérer les cigarettes de son maître, Ryûsei se fait agresser. De retour, le kami le retrouve ensanglanté et l’embrasse langoureusement pour le soigner. En effet, son maître refuse catégoriquement d’utiliser son kotodama. Moriya se rappelle alors des circonstances de leur rencontre. A la mort de son premier maître kotodama, il ne voulait pas redevenir une page blanche. Et Waki lui a alors donné une chance unique: persuader un des rejetons Mitô qui a vécu à l’écart du clan, de le prendre. Mais Ryûsei est vulgaire, immoral et couche avec n’importe qui…

En conclusion

Suite au succès de la série, l’auteure annonce dans sa postface son adaptation en drama CD. J’adore le couple formé par Moriya et Ryûsei. Je trouve leur relation magnifique. De même, j’aime l’évolution de Moriya qui s’attache à ce gamin blessé. Comme ils se provoquent mutuellement, il est difficile de déterminer qui dominera qui.

Ze 4 – Shimizu Yuki

ze 4 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351804735
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784403661549 (JP)
Shinshokan, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une pâle imitation du corps, sans l’esprit.

Shimizu Yuki sensei conclut la romance entre Himi et Genma. Elle explique la méthode de fabrication des kamis ainsi que leur mort. Elle centre la narration sur Himi, décortiquant ses interrogations. Au contact de son entourage, le « nouveau » kami va se confronter à différentes réactions, violentes ou bienveillantes. Par ailleurs, Genma prend enfin conscience de la non humanité de son amant. L’auteure montre aussi une facette sombre de Genma, qui passe par plusieurs phases, reproduisant d’abord le viol de son amant pour forcer la renaissance de leur lien. Elle introduit ensuite des nouveaux maîtres kotodama et leur kami, dont les jumeaux capricieux Mitô Seiji et Tsukito accompagnés de leur kami qui a un sacré caractère, Hatsuhi. Elle aborde encore la rivalité des maîtres kotodama dans la famille Mitô. Cette touche d’humour détend l’atmosphère dramatique du tome précédent. Le chapitre bonus révèle l’état d’esprit de Himi deux mois après son acceptation.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui s’affine de plus en plus. Les trames d’ambiance renforcent principalement les émotions fortes. Les décors sont soignés et très présents. La transition entre le passé et le présent s’intègre bien, permettant de facilement se repérer dans le déroulement du récit. D’ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, en supprimant quelques détails. Toutefois, elle joue aussi sur les ombres ou des phylactères bien placés quand l’image risque d’être trop explicite. Elle apporte également une touche d’érotisme avec le magnifique threesome des jumeaux et de leur kami. De même, la famille d’Ôka offre une note fan service amusante.

En résumé

En protégeant Yashiro Genma, Himi a été poignardé. Hélas, comme son nucleus s’est brisé, il est redevenu une page blanche. Genma demande alors à Waki de le faire revenir, allant jusqu’à le menacer. Il accepte même de travailler comme maître kotodama, seul sans kami pour guérir ou transférer ses blessures. Mais quand Himi revient enfin à la vie, il ne le reconnaît pas…

En conclusion

Beaucoup de révélations dans ce tome, avec un chapitre délirant qui permet de souffler un peu après autant d’émotions. Les jumeaux sont surprenants et je n’aimerais pas devenir la cible de leurs taquineries. Bien que Genma se montre clairement infâme, aussi bien avec l’ancien que le nouveau Himi, j’ai l’impression que l’auteure essaie d’expliquer comment l’amour peut (re)naître malgré une relation violente. Heureusement, elle n’excuse pas le comportement du maître kotodama même si elle suggère quelques uns de ses motifs. Je trouve intéressant cette interrogation sur un thème classique des BL.