Mon cher roi démon – Soutome Emu

Couverture de Mon cher roi démon de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065525
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526584 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Titre original: 親愛なるわが魔王へ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je vais devoir vérifier la magie qui contrôle les sentiments. »

Soutome Emu sensei narre une douce romance entre un roi démon et un griffon qu’il a d’abord élevé. Ainsi elle interroge sur l’amour parental, amical et amoureux. Elle installe rapidement son univers et dévoile les détails à travers les discussions. D’ailleurs, la narration alterne entre Topaze et Rubis. Malgré son puissant pouvoir, le roi démon a la fâcheuse tendance à se surmener, faisant passer les autres avant lui. Le griffon, quant à lui, prend soin de son père adoptif et préfère cacher ses sentiments amoureux. Leurs amis, le magicien Jade et son compagnon Perle, les soutiennent, devenant leurs confidents. Le comportement violent et avide des humains se confronte à des êtres fantastiques qui n’aspirent qu’à la paix. Par ailleurs, l’autrice montre le double tranchant de la pression. Elle aborde le sacrifice de soi, les choix douloureux parfois nécessaires. Avec la forme animale de Topaze, elle s’attarde sur l’influence de l’instinct.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames sont très variées. Toutefois, des hachures soulignent également les ombres fortes. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page très dynamique joue sur les absences de cadre et les angles de vue variés. Soutome sensei s’attarde sur les petits détails, semant des indices au fil des pages. Elle s’inspire de différents costumes, monstres et univers fantastiques pour créer son propre monde. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sur l’île des démons et des pierres précieuses, il y a quarante ans, le très puissant roi des démons Rubis a recueilli un œuf de griffon abandonné. Grâce à sa magie, Topaze a alors pris une forme humaine. Maintenant adulte, il prend soin du roi des démons qui s’épuise à ressusciter les démons morts durant la guerre contre les humains. Il réprime au mieux ses sentiments amoureux mais aimerait ne plus être considéré comme un enfant…

En conclusion

Bien que Soutome Emu sensei aille à l’essentiel avec quelques raccourcis, les explications contées collent parfaitement au récit. Elle alterne tension, humour et émotions. En effet, elle dépeint avec finesse les sentiments des personnages. D’ailleurs, le couple avance à son rythme respectant le consentement entre eux. Le graphisme est expressif et agréable. J’aime beaucoup la dynamique entre Rubis et Topaze. Une lecture charmante!

Filled by twilight 1 – Uno Yukiaki

Couverture de Filled by twilight 1 d'Uno Yukiaki, éditions Taifu

UNO Yukiaki 宇野ユキアキ
ISBN: 9782375065211
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526607 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: si on s'ennuie

« Si moi, je ne te pardonne pas, qui d’autre le pourra? »

Uno Yukiaki sensei narre une romance dramatique, sur fond d’enquête et de vengeance. Elle ajoute une touche fantastique avec des techniques ancestrales plus proches de la magie. Pour l’instant, elle installe principalement le contexte et les protagonistes. Ainsi, les deux anciens amis ont un caractère opposé, mais également des techniques qui se complètent. Shen Feng recherche pénitence tout en menant l’enquête. Xiao Xing semble mettre de côté son ressentiment et détend au passage l’atmosphère souvent tendue. Leurs sentiments d’abord suspendus suite à leur séparation, reprennent comme si de rien n’était et évoluent vers une attirance mutuelle. L’autrice sème au fil des chapitres des indices permettant aux lecteurices de faire leurs propres conjectures.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors situent principalement l’action. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est simplement dynamique. Uno Yukiaki sensei s’inspire vaguement du style chinois ancien pour les vêtements et l’architecture.

En résumé

Shen Feng admire depuis l’enfance Xiao Xing. Doué pour les arts martiaux, il améliore ses techniques auprès de son maître et ami. Mais quelques années plus tard, sur les ordres de son père, Shen Feng élimine toute la famille de Xiao Xing. Toutefois, il ne peut se résoudre à éliminer son ami. Cinquante ans plus tard, le chef de famille des Shen meurt assassiné. Et les indices semblent désigner les techniques de la famille Xiao…

En conclusion

Uno Yukiaki sensei propose un scénario intéressant mais se perd un peu dans la narration. Elle enchaîne les évènements et fait des raccourcis un peu précipités, alors que ce tome est plutôt introductif. L’univers est par ailleurs peu développé. Le graphisme reste agréable, avec des personnages aux physionomies variées. Je trouve le lien entre les deux héros un peu léger surtout après leur passé dramatique. Mais je suis tout de même curieuse de découvrir la suite.

The night beyond the tricornered window 10 – Yamashita Tomoko

Couverture de The night beyond the tricornered window 10 de Yamashita Tomoko, éditions Taifu

YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375064139
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799751664 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« On est liés par le destin, toi et moi. C’est obligé. »

Yamashita Tomoko sensei révèle enfin le passé du professeur et la nature de son pouvoir. Ainsi, elle montre différentes utilisations de la haine. Le professeur dévoile d’autres facettes derrière sa puissance, entre lâcheté et amour possessif. Mikado s’avère, quant à lui, plus confiant, trouvant la force à travers sa mère et ses amis. Il prend aussi conscience de ses sentiments pour Hiyakawa. D’abord prisonnier de ses souvenirs, Rihito réalise sa souffrance et trouve le moyen de combler le vide qu’il ressent grâce au soutien et à l’affection de son entourage. Par ailleurs, Sakaki détend l’atmosphère plutôt tendue par son style bourrin. Comme dans le tome précédent, l’autrice interroge sur le lien familial. Ainsi, elle aborde les efforts pour se comprendre et construire la confiance à deux ainsi que la question du destin. Elle met également en avant le travail d’équipe des exorcistes, chacun mettant en œuvre ses spécialités.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames équilibrées, plutôt en aplat et joue sur les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Ainsi, cela fluidifie la lecture. Yamashita sensei donne l’ambiance du récit à travers des indices dans les portraits et bustes des personnages des illustrations en début de chapitre. Par ailleurs, elle présente succinctement les protagonistes en début de tome.

En résumé

Mikado Kôsuke fait face au professeur. Mais ce dernier essaie de le tuer en le plongeant dans un désespoir sans fin. Toutefois, Hiura Erika tente de l’aider. Son pouvoir qui s’étend à travers toute la maison, soulage également Mukae Keita. D’ailleurs, le voyant cherche désespérément à libérer Hiyakawa Rihito, enchaîné à une malédiction.

En conclusion

Yamashita Tomoko sensei conclut son récit avec un tome intense empli de révélations. Elle maintient le suspense jusqu’à la fin. Son graphisme, en particulier les expressions du visage, permet d’immédiatement comprendre les émotions des personnages. J’étais totalement absorbée par ce dernier tome. Bien qu’il n’y ait aucune scène érotique durant toute la série, les sentiments sont pourtant bien présents et se construisent au fil du récit. Un titre idéal pour ceux qui apprécient les romances au second plan. Une lecture envoûtante!

Fangs 3 – Billy Balibally

Couverture de Fangs 3 de Billy Balibally, éditions Taifu

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782375065587
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784344853744 (JP)
Gentosha, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« La couleur du destin est le rouge. »

Billy Balibally sensei révèle le passé d’Ichii. Avec l’introduction du cruel Megi, elle explique l’origine des Fangs ainsi que des vampires. Elle analyse également les autres croyances autour des vampires. En effet, Megi représente l’image classique du vampire manipulateur et immortel qui abuse de son pouvoir tandis qu’Ichii, qui a tendance à culpabiliser, cherche à expier ses fautes passées. En apporte une note de fraîcheur par son innocence mais s’affirme de mieux en mieux. Comme dans le tome précédent, Sugi, Masaki et Mariko apportent conseil et soutien. Ainsi, l’autrice interroge sur l’influence du sang et de l’envoutement sur les sentiments. Elle aborde la difficulté à avancer lorsque l’âme est blessée, l’importance de la famille même recomposée et la nécessité de parler franchement. Elle conclut l’arc sur le couple d’Ichii et En mais éveille la curiosité des lecteurs sur de possibles suites. Par ailleurs, les histoires bonus détendent un peu l’atmosphère.

La mangaka a un trait fin avec des contours parfois dédoublés. Dans les passages humoristiques, elle le simplifie et l’arrondit. D’ailleurs, En se transforme en adorable SD et Ichii en wanko. Les trames équilibrées ont une dominante claire qui contraste avec le noir des costumes. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page dynamique met en avant l’esthétique générale des tenues, des positions recherchées et la plastique des corps. Ainsi, Billy Balibally sensei s’attarde sur les détails comme les gestes et les réactions. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc ou des trames. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. La décomposition des mouvements intensifie la sensualité des corps. Les illustrations en début de chapitre donnent des indices. En fin de tome, il y a des fiches personnages avec leurs liens.

En résumé

L’apparition de Megi perturbe énormément Ichii qui prend alors des risques. Inquiet, En essaie désespérément de le faire parler. Le vampire se confie alors à demi-mots. Mais il refuse de lui dire le plus important. N’arrivant pas à le comprendre, En fuit…

En conclusion

Ce tome obtient la vingtième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Billy Balibally sensei conclut avec intensité l’arc d’Ichii et En. Elle maintient le suspense jusqu’au bout tout en alternant entre tension, humour et érotisme. Son graphisme est tout simplement magnifique. J’ai hâte de découvrir la suite! En reprenant les droits de la série, les éditions Taifu comics ont également réédité les deux premiers tomes, idéal pour harmoniser sa collection ou découvrir cette excellent série sur les vampires. Une merveilleuse lecture!

Le serpent et l’oiseau – Natsuo Nna

Couverture de Le serpent et l'oiseau de Natsuo Nna, éditions Taifu

NATSUO Nna 夏生んな
ISBN: 9782375065174
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784829686492 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Titre original: スズヘビ求愛論
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mais as-t-on déjà vu un oiseau amoureux d’un serpent? »

Natsuo Nna sensei propose de suivre une romance surprenante entre un serpent et un moineau. Elle mêle les caractéristiques animales au folklore japonais, reprenant les croyances autour des serpents blancs. Ainsi, elle interroge sur la place de proie et de prédateur, le rapport à la nourriture, l’influence de l’instinct. L’impulsif moineau Komazu a tendance à agir sans réfléchir au contraire du réfléchi serpent Shiratô qui cherche toujours à comprendre avant toute action. Malgré leurs différences, les deux amis voient leurs sentiments se transformer en amour. Ils cherchent également à dépasser leur incompatibilité sexuelle pour s’aimer. L’autrice aborde entre autres la découverte du corps, l’acception du partenaire tel qu’il est, la peur de perdre le contrôle de soi ainsi que la culpabilité. Par ailleurs, elle met en avant le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle s’inspire des caractéristiques animales pour les motifs des kimonos ainsi que les habitats. Les pages chargées utilisent beaucoup de trames mais dans des tons plutôt clairs. De même, les décors très travaillés et présents rendent parfois la vignette confuse par la profusion de détails. Par ailleurs, les trames d’ambiance sont graphiques. Un fond noir indique les rêves. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, avec des superpositions, l’absence de cadre, des vignettes aux formes variées. Dans les scènes érotiques, Natsuo sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. A noter qu’elle reprend les spécificités animales des organes génitaux. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène les deux héros dans leur quotidien. Sous la jaquette, il y a une illustration et un poème amusant.

En résumé

Le moineau Komazu cherche des ingrédients dans la forêt. Il évite alors de justesse de se faire écraser par un kaki grâce à un serpent. Ce dernier lui vient même en aide lorsqu’une horde de sangliers passe, risquant de le piétiner. Pourtant, malgré la gentillesse du serpent, le moineau doute de la sincérité du prédateur. Lors de leur seconde rencontre, ils se disputent…

En conclusion

Pour son premier manga, Natsuo Nna sensei maîtrise déjà bien son style graphique, chatoyant et mignon. D’ailleurs, elle n’hésite pas à ajouter des transformations en animal toutes mignonnes. Malgré un contenu dense, elle développe l’essentiel des sujets dans ce format one-shot, proposant un récit rythmé, mêlant suspense, humour et romance. J’espère découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Un énorme coup de cœur!

Lullaby of the dawn 5 – Yuno Ichika

Couverture de Lullaby of the dawn 5 de Yuno Ichika, éditions Taifu

YUNO Ichika ユノイチカ
ISBN: 9782375065112
Taifu comics, 2025
ISBN: ‎9784910526461 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« S’il n’est plus que l’eau noire… S’il me le confirme… Je n’aurai pas d’autres choix que de le tuer. »

Yuno Ichika sensei dévoile enfin comment le système d’exploitation des chamans s’est établi au fil des ans. Comme dans le tome précédent, elle dénonce les côtés très sombres du pouvoir, analysant encore les différents comportements humains ainsi que les effets de foule et la désignation d’un bouc émissaire. Elva se retrouve tiraillé entre son devoir et le doute provoqué par des souvenirs traumatisants, révélés par brides. La spécificité de Mikaël, en plein conflit intérieur, permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’eau noire. Les actions du chaman chamboulent complètement la hiérarchie établie de l’île. Ainsi, à travers le regard des chamans du passé et du présent, l’autrice aborde la violence, l’avidité et la perversité humaine, exacerbées par les conflits. Elle confronte les chamans à leur résignation et un sentiment naissant de révolte, partageant leurs réflexions, leurs attentes. L’histoire bonus apporte un peu de tendresse et de légèreté.

La mangaka a un trait léché et fin, légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance qui jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise des sorties de vignettes, l’absence de cadre et des formes selon le contenu. Comme indiqué dans l’avertissement du sommaire, il y a des scènes de violence sexuelle sur mineur. Néanmoins, Ichika sensei ne montre pas les parties intimes, préférant cadrer de loin. Ainsi, elle s’attarde plutôt sur la souffrance des victimes. En début de tome, elle présente les personnages.

En résumé

Depuis qu’Arnór a découvert ses origines, il hésite à se confier à Elva. Il s’interroge également sur sa propre conscience. Mais lorsqu’un chaman s’attaque aux familles nobles, Elva est chargé de les protéger par le Seigneur de l’île, Seán. Lors d’un assaut, il croit alors reconnaître Mikaël, décédé huit ans auparavant. Pendant ce temps, Arnór prend soin de Dana qui a reçu l’ordre de protéger le Sud en l’absence de son chaman.

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Yuno Ichika sensei plonge les lecteurs dans les révélations, créant ainsi énormément de tension et de suspense. Les évènements s’enchaînent mais quelques passages plus calmes permettent de souffler, le tout restant tout à fait cohérent et maîtrisé. Le graphisme participe à la narration, transcrivant parfaitement l’ambiance. Attention, quelques scènes pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. Je suis complètement happée par le récit. Une lecture intense!

Mon amour secret 2 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 2 de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065297
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979833 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je vais faire en sorte qu’il devienne un adversaire digne de vous. »

Soutome Emu sensei développe un peu plus la romance entre le renard et le dragon. Comme dans le tome précédent, elle présente le folklore japonais. De même, elle détaille un peu la vie au sein d’un ryokan. D’ailleurs, les yôkai semblent rencontrer les mêmes soucis que les humains dans leur quotidien, entre travail, rites, santé. Le passé de Kokufû se révèle au fil des chapitres. De même, un chapitre entier narre le passé des ogres Benimaru et Yûgen. Ces derniers jouent les intrigants et créent énormément de tension. Leur relation pourtant malsaine, entre soumission, sacrifice, dévouement et provocation, surprend au fur et à mesure que les explications se dévoilent. Par ailleurs, l’autrice apporte une légère réflexion écologique à travers les loutres et les dégâts sur la cascade. Elle aborde également la question de la destinée, la confiance et la communication au sein d’un couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les loutres ajoutent un côté mignon au récit. Les trames variées ont une dominante de tons clairs tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent grâce à un cadre dédoublé. Ainsi, le fond noir indique plutôt les moments tendus ou dramatiques. Par ailleurs, les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page très dynamique reprend les codes des mangas shôjo. Dans les scènes érotiques, Soutome sensei recouvre intégralement les parties intimes par des hachures noires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Les couvertures des deux tomes mise côte à côte forment une belle illustration.

En résumé

Dans la forêt, le dragon Kokufû sauve le renard Ryôya d’un ours. Le renard avoue alors connaître son secret à propos de son statut divin et lui déclare clairement ses sentiments. Touché, le dragon le rassure également. Tandis que les deux amoureux filent le parfait amour, les ogres trament quelque chose…

En conclusion

Emu Soutome sensei mêle avec succès fantastique, romance et folklore japonais. Elle maintient le suspense tout au long du récit. Par ailleurs, elle dépeint avec finesse les émotions. Son graphisme magnifique passe du mignon avec les loutres à un trait très dynamique durant les scènes d’action. Avertissement: la relation entre les deux ogres pourra déranger certains lecteurs. Pour ma part, je trouve que les explications données confortent le côté malsain et toxique, mais cela dépend de la sensibilité de chacun. Un coup de cœur confirmé!

Les secrets brillent dans la nuit – Nojiro Guri

couverture de Les secrets brillent dans la nuit de Nojiro Guri, éditions Taifu

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782375065150
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784344852808 (JP)
Gentosha, 2023 (JP)
Titre original: 金銀ささめくひみつは夜
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Personne ne doit savoir ce qu’il y a entre nous. »

Nojiro Guri sensei narre une romance dans un monde de fantaisie, autour d’un amour secret teinté de culpabilité et de dépendance. D’ailleurs, elle maintient constamment le suspense en alternant le présent et les révélations sur le passé des deux amoureux. Ainsi, elle s’intéresse à la pression d’être découvert, la peur d’être séparé et aux compromis même douloureux pour préserver un amour réciproque. Malgré des caractères opposés, Alloy et Mikado ont construit une relation forte et consensuelle, toujours dans la communication. Toutefois, ils arrivent de moins en moins à cacher leurs sentiments. Les membres du bureau des comptes et de l’équipe de la prospection minière détendent l’atmosphère. A travers la stricte marquise Makito Aram, l’autrice aborde la question de la différence sociale et la pression familiale. Elle interroge sur la peur du rejet, l’incompréhension et les similitudes entre relation amoureuse et très amicale. Dans l’histoire bonus, elle dévoile l’avenir du couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle varie beaucoup les trames. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés mettent en valeur la splendeur des bâtiments. La mise en page très dynamique reprend souvent les codes graphiques du shôjo. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei ne montre pas les détails, jouant habilement avec les cadrages, les positions ainsi que les phylactères bien placés. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

Le leader de l’équipe de prospection minière, Alloy, revient d’une expédition avec son équipe. Mais la beauté de l’héritier de la marquise de Fraubourg, Makito Aram, provoque l’admiration des femmes, et même de certains hommes, qui s’attroupent autour de lui. Au prétexte de le saluer, les membres du bureau des comptes quittent même leur service. Toutefois, seul l’imperturbable Mikado reste de marbre devant l’héritier, n’hésitant pas à lui présenter des réclamations sur ses dépenses excessives. Pourtant, les deux hommes partagent un secret: le soir, le comptable retrouve le capitaine de l’équipe de prospection minière dans sa chambre…

En conclusion

Ce one-shot se classe neuvième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Nojiro Guri sensei maintient constamment le suspense grâce à se narration particulière entre présent et passé. Elle dévoile l’essentiel, tout en laissant libre court à l’imagination des lecteurices. En plus son graphisme qui dégage beaucoup de douceur rend la lecture agréable. Je suis conquise par ce récit dans lequel la magie reste discrète, paraissant presque naturelle. Un coup de cœur qui confirme mon intérêt grandissant pour cette mangaka.

Sweet blood – Shakeda Nene

couverture de Sweet blood de Shakeda Nene, éditions Hana

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382767634
Hana, 2025
ISBN: 9784861239571 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Celui qui l’a acheté au Marché Noir est un beau et jeune vampire. »

Shakeda Nene sensei revisite un peu l’univers des vampires en créant un monde hiérarchisé, dans lequel les humains n’ont qu’un rôle d’esclave ou de « vermine » qui survivent tant bien que mal. Elle installe une étrange cohabitation entre un vampire curieux de culture humaine et un potier-céramiste qui accepte de devenir un casse-croûte en échange d’une certaine sécurité. Ainsi, Jinosuke s’interroge énormément sur sa relation avec Noi qui prend plus des airs de couple amoureux. Néanmoins, le jeu érotique autour de la morsure installe un consentement plutôt gris. Avec le policier Amill, l’autrice ajoute une nouvelle note positive dans son univers plutôt violent. Elle dévoile au fur et à mesure les secrets autour du vampire maintenant ainsi un certain suspense.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais. Elle dessine parfois les personnages en SD, ou juste la tête toute en rondeur, apportant une note mignonne et comique. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Même si les morsures dégoulinent un peu de sang, Shakeda sensei évite de détailler les passages trop violents. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Le monde actuel est dominé par les vampires. Mais depuis quelques temps, des tensions apparaissent avec les humains. Le potier-céramiste Fukura Jinosuke (36 ans) voit son projet d’exposition brusquement annulé et se retrouve alors endetté. Sans passe pour justifier sa présence auprès des vampires, il est soudain kidnappé puis vendu aux enchères. Son acquéreur, le vampire Noi, lui fait alors signer un contrat consistant à le nourrir de son sang. Mais ses morsures ont un drôle d’effet sur Jinosuke…

En conclusion

Shakeda Nene sensei crée un univers vampirique plutôt original avec une cohabitation d’abord déstabilisante mais une relation intrigante. Son graphisme qui devient mignon dans certains passages apporte une touche particulière mais agréable, détendant l’atmosphère souvent sombre et tendue. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages. Une lecture divertissante.

Mon amour secret 1 – Soutome Emu

Couverture de Mon amour secret 1 de Soutome Emu, éditions Taifu

Soutome Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065068
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801979826 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: 我が恋はしのぶれど 上
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quand j’aperçois une lune si belle dans le ciel étoilé, je suis pris d’une irrésistible envie de hurler au vent. »

Soutome Emu sensei mêle enquête et folklore japonais, partageant le quotidien de Kokufû et Ryôga. Elle dévoile au fur et à mesure les pouvoirs des yôkai ainsi que leurs spécificités. Ainsi, elle alterne entre courtes intrigues résolues en quelques chapitres avec une romance qui se développe sur le long terme. Kokufû aime prendre soin des autres et nourrit un amour à sens unique pour le renard. Ryôga, quant à lui, s’interroge sur son attirance aussi bien pour le peintre que pour son garde du corps, hésitant entre admiration et amour. Les belliqueux ogres Yûgen et Benimaru apportent suspense et action. Par ailleurs, l’autrice aborde le manque de communication, les sentiments tus, le deuil.

La mangaka a un trait légèrement épuré mis en valeur par les pleins et déliés. Elle joue sur les expressions à travers les détails des différentes métamorphoses des yôkai. Les trames sont à la fois nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, un fond noir renforce les moments dramatiques. Les décors soignés mettent particulièrement en valeur l’architecture japonaise traditionnelle. De même, les plis des kimonos sont travaillés. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo, tels que les fleurs, les sorties de cadre. Soutome sensei met en avant la plastique des personnages finement musclés. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes, sans contour, par des hachures.

En résumé

Kokufû travaille en tant que cuisinier du célèbre ryokan Mikeneko, fréquenté aussi bien par des humains que des yôkai. Parmi les habitués, il s’entend à merveille avec le renard gourmand mais fauteur de trouble Ryôga. Ce dernier est d’ailleurs à la recherche d’un tableau qu’un peintre humain amateur aurait créé en le prenant pour modèle. L’ogre Benimaru semble le posséder mais ne se montre pas conciliant en affaire. Acceptant de devenir le garde du corps de Ryôga, Kokufû l’accompagne à une nouvelle négociation. Toutefois, Benimaru exige que le renard lui offre son corps…

En conclusion

Soutome Emu sensei offre surtout une aventure fantastique, prenant le temps de développer la romance entre les deux héros. Elle maintient le lecteur en haleine en dévoilant par brides certains éléments. Son magnifique graphisme semble ancrer dans la réalité les yôkai. Avertissement: la relation particulière entre les frères ogres pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Quête, romance et yôkai: tout ce que j’aime! J’ai donc un coup de cœur pour ce récit et attends la suite avec impatience.