Vampire and pleasant companions 3 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 3 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218630 (JP)
Hakusensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je suis le colocataire d’Akira, pas son petit ami. »

Ragawa Marimo sensei débute par un spin-off sur le vampire Kieft qui, malgré son principe de ne pas se mêler de la vie des humains, va s’attacher à un gamin. Dans le récit principal, elle introduit un nouvel assistant, Muroi Ikumi (23 ans), qui apporte divers questionnements comme par exemple les préjugés sur les homosexuels et l’asexualité. Curieux et direct, le jeune homme gay s’intéresse à son supérieur. L’auteure dévoile donc le passé d’Akira. Elle fait évoluer tout doucement la relation et les sentiments entre l’embaumeur et le vampire qui réalise qu’il peut perdre son nouveau foyer à tout moment. Par ailleurs, Albert détend l’atmosphère en cumulant les quiproquos. Dans la petite nouvelle en fin de tome, Konohara Narise sensei narre avec humour la passion d’Al pour les T-shirt avec des kanjis. Contrairement au tome précédent, l’histoire bonus s’intéresse à Kieft.

La mangaka a un trait épuré. Elle dédouble parfois les contours. Elle dessine des carrures plutôt carrées, donnant une certaine virilité aux personnages masculins. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei décompose même quelques mouvements en détails, insistant sur des regards ou gestes. Elle n’hésite pas à représenter les sentiments de manières métaphoriques, donnant un aspect poétique à certaines pages. Au dos de la couverture, elle reprend toutes les bouilles d’Al en chauve-souris.

En résumé

Inspired spinoff NOTICE: Le jeune Curtis White s’est endormi en classe et rêve d’un étrange homme aux cheveux longs debout sous la pluie devant une jeune femme ensanglantée. Il réalise alors qu’il ressemble au petit ami de sa voisine Grace. Cette coïncidence le perturbe d’autant plus qu’il trouve l’homme, un certain Kieft, devant sa porte le soir en rentrant.
Vampire and pleasant companions: Depuis que Maruyama a quitté l’Old memorial center, Albert Irving, sous le nom de Kain Bartz, se retrouve à y faire plus souvent le ménage. Mais un soir, Tono lui demande de poser comme mannequin pour sa sœur qui cherche un modèle étranger. Toutefois, quand il demande l’autorisation à Akira, l’embaumeur refuse catégoriquement et les deux hommes finissent par se disputer. Après s’être enfui en pestant, Al commence à regretter son geste, se rappelant de la gentillesse de son hôte. Il croise alors Nukariya qui venait remettre une invitation pour une rencontre d’anciens élèves à son ami. Le vampire confie donc sa peine au policier. Akira, venu le chercher peu après, refuse d’aller à la fête en découvrant qu’elle est organisée par Sakairi, devenu producteur.

En conclusion

Une grande surprise sur la sexualité d’Akira qui se dit « apathique » mais dont les explications se rapprochent de l’asexualité. D’ailleurs, l’auteure confronte deux approches différentes de l’amour entre Muroi, qui pense qu’il faut essayer de changer, et Al qui préfère accepter l’embaumeur comme il est, partant sur le principe que l’amour est une question de cœur et non de rapports physiques. Quel bonheur de suivre les facéties du vampire qui devient de plus en plus câlin avec son hôte!

Vampire and pleasant companions 2 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 2 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真里茂
ISBN: 9784592218623 (JP)
Hakusensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Le sang d’Akira est particulièrement délicieux. »

Ragawa Marimo sensei révèle par brides le passé d’Albert. Elle détaille donc ses différentes émotions, expliquant au passage ses difficultés actuelles. En effet, l’américain, issu d’une famille aimante, originaire du Nebraska, a subi des traumatismes, lui faisant perdre son côté optimiste. Pourtant, il continue à exprimer facilement ses sentiments. Il incite même Akira à s’ouvrir un peu plus. Ainsi, le vampire retrouve petit à petit un peu d’humanité au contact de l’embaumeur. Nukariya montre son vrai visage, se révèlant être un véritable tortionnaire sous son air angélique. L’auteure présente un peu plus l’environnement de travail d’Akira, avec ses collègues, mettant en avant le stagiaire Tsuno. En parallèle, elle développe également l’enquête de Nukariya. D’ailleurs, elle pointe indirectement quelques failles du système policier japonais. L’humour vient détendre les passages tendus. La nouvelle présente la suite de l’histoire du tome précédent, du point de vue d’Akira.

La mangaka dessine des corps finement musclés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus, son trait épuré légèrement anguleux se simplifie un peu dans les dessins de la chauve-souris. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les autres trames, variées, chargent pourtant peu les pages. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei masque légèrement les scènes très violentes par des trames sombres ou en resserrant le cadrage sur les détails. Par ailleurs, elle préfère suggérer les actions les plus dures. Toutefois, elle rend avec finesse la souffrance. Il y a encore toutes les bouilles mignonnes d’Al en chauve-souris au dos du manga sous la jaquette.

En résumé

Takatsuka Akira (30 ans) trouve Albert Irving gravement blessé à l’arme blanche, réfugié sous un banc dans un parc. Même si ses blessures se referment vite, le vampire, très affaibli à cause d’une grave hémorragie, reste alité durant plusieurs jours. L’embaumeur décide donc de lui faire boire son sang, mais Al n’arrive pas à s’arrêter, entrainant l’évanouissement de son sauveur. Paniqué, l’américain fonce nu demander de l’aide au voisin. A l’hôpital, le médecin se méprend en entendant ses explications confuses et pense alors avoir affaire à un couple gay sado-masochiste. Il entame donc divers examens. Nukariya Seiji, en visite, prend en charge le vampire. Mais en découvrant l’agression d’Al, il pense alors que l’américain a croisé le tueur en série qui sévit actuellement dans le parc et lui demande donc son aide.

En conclusion

Les histoires bonus apportent une véritable respiration après un tome assez tendu. Certaines scènes peuvent choquer la sensibilité de certains lecteurs, malgré les précautions prises par la mangaka. Heureusement, Al en chauve-souris offre une bonne dose de « mignonitude ». D’ailleurs, Ragawa sensei le déguise dans la postface. La nouvelle de Konohara Narise sensei donne envie de découvrir les romans. Je trouve son écriture agréable.

Vampire and pleasant companions 1 – Konohara Narise et Ragawa Marimo

vampire and pleasant companions 1 konohara narise ragawa marimo
KONOHARA Narise 木原音瀬
RAGAWA Marimo 羅川真理茂
ISBN: 9784592218616 (JP)
Hakusensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Même affamé, je ne meurs pas. Je le sais bien mais c’est tellement insupportable. »

Ragawa Marimo sensei adapte la série de romans BL de Konohara Narise sensei tout en conservant son style narratif. Pour l’instant, elle installe le contexte, un mélange entre policier et fantastique. L’humour joue d’abord sur la mésentente entre Akira et Albert qui, malgré des caractères très opposés, vont devoir cohabiter. Le taciturne embaumeur oblige le dolent vampire à se prendre en main. En effet, l’américain qui a tendance à se laisser porter par son malheur, ne se sent plus vraiment humain. Nukariya vient temporiser les conflits entre les deux têtes de mule. Par ailleurs, l’auteure permet de découvrir le métier d’embaumeur. Elle dévoile le passé de ses héros par brides. Elle offre une petite anecdote amusante en fin de tome. En plus, une nouvelle de la romancière, en fin de volume, développe la vie d’Al avant sa transformation.

La mangaka a un trait épuré et léché, légèrement anguleux. Elle varie les morphologies, permettant d’identifier immédiatement les personnages. De même, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Ainsi, Akira transpire la sobriété à travers son style, tandis qu’Albert possède un petit air polisson qui lui va à ravir. De même, la chauve-souris possède un visage très expressif. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Ragawa sensei évite de détailler les scènes violentes. Elle cache les parties génitales par un cache en forme de chauve-souris. Elle reprend même les bouilles mignonnes de l’animal au dos du manga sous la jaquette.

En résumé

Dans une usine de transformation de viande de bœuf importé des États-Unis, Kitahara Shikayo trouve une chauve-souris qu’elle jette à la poubelle. Albert Irving (21 ans) se réveille nu et affamé, dans les toilettes des femmes de cette usine mais est surpris par un vigile. L’américain termine donc en cellule au poste de police. Toutefois, le lendemain, les policiers ne trouvent qu’une chauve-souris à sa place dans la geôle. L’inspecteur Nukariya Seiji emmène alors l’animal chez son ami, Takatsuki Akira, un embaumeur fan de ces bestioles. En réalité, Al est un vampire imparfait qui n’a pas de crocs et qui ne contrôle pas sa transformation. Il vit donc en humain la nuit et en chauve-souris le jour. Donc quand Akira rentre du travail le soir, il surprend l’homme nu dans son appartement…

En conclusion

Le roman se compose de 5 tomes, publiés entre 2006 et 2011. Il y a même une adaptation en deux drama CD. Konohara sensei a été publiée en France, avec le manga Castel mango (Taifu comics) dont elle s’occupe du scénario. Mais elle a également publié un roman. Par ailleurs, elle a obtenu la quatrième place de la meilleure romancière au Chill chill BL award 2011, pour d’autres titres. En effet, elle est surtout connue pour sa série Cold. J’adore la dynamique entre les trois personnages. Akira cache sa gentillesse derrière sa maladresse dans les contacts humains. Par ailleurs, les bouilles d’Al en chauve-souris donnent envie d’en découvrir plus sur cet animal. Ce tome se termine sur une scène en plein suspense! Quelle souffrance pour patienter!

Red hood – Haji

red hood haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776353
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685938 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un chaperon rouge et un homme-loup contre une sorcière dévoreuse de petites filles.

Haji sensei revisite le conte Le petit chaperon rouge, offrant une aventure riche en actions dans un univers de fantaisie. Dès l’introduction, elle présente sa version du conte, installant immédiatement le contexte. Elle introduit beaucoup de personnages, nommant certains loups en leur conférant un caractère tranché. Ainsi, le loup foufou Léo apporte une touche humoristique. De même, le contraste entre la bonne fée Skullfinna et la démone Belzedra permet de détendre l’atmosphère. L’auteure joue également sur le comique de situation avec la différence de taille de Fen en homme-loup et Golda. Elle prend son temps pour développer l’histoire. Elle révèle peu à peu le passé des protagonistes. Les sentiments se développent entre les deux combattants, non sans mal. En effet, suite à un traumatisme, Goldericks ne sait pas aimer mais le découvre grâce à Fenrirwolf.

La mangaka a un trait épuré plutôt ferme. Elle met en avant les corps musculeux ou pulpeux avec des vêtements moulants. D’ailleurs, elle n’hésite pas à exagérer les positions. Par contre, les oreilles sont sans relief. Les protagonistes ont des styles graphiques très variés. Haji sensei simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Néanmoins, elle pense à respecter les attitudes des loups. Elle indique les flash-back par des fonds noirs et ajoute quelques trames d’ambiance pour renforcer les émotions. La mise en page est dynamique. Toutefois, des cadrages trop étroits et des pages chargées rendent certains combats difficile à suivre. Les scènes érotiques ne sont pas censurées. En fin de tome et sous la jaquette, une présentation des personnages permet de découvrir les secrets de création. Et Golda reprend la même pose que la couverture mais en plus dénudé.

En résumé

Le pourfendeur de sorcières Goldiroks, surnommé Golda, a été engagé par un villageois pour retrouver sa petite sœur perdue dans la forêt. En chemin, ils sont attaqués par une meute de loups menée par Fenrirwolf, alias Fen, un homme-loup. En effet, ce dernier cherche à se venger de la sorcière qui a tué sa famille; or les goules de la sorcière portent habituellement un capuchon rouge comme Golda. Après un violent combat, ils arrivent enfin à discuter mais le mage embrasse soudain le loup pour prendre un peu de sa capacité de régénération. Effectivement, il a le pouvoir de voler la capacité d’un partenaire en absorbant certains fluides. Golda propose alors à Fen de le rejoindre pour éliminer ensemble leur ennemie commune.

En conclusion

Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2018. L’épaisseur de ce tome aurait pu permettre le développement de l’histoire. Pourtant, l’action alterne avec l’humour, dominant le récit. La violence de certaines scènes, avec des membres coupés, et la relation presque zoophile peuvent déranger certains lecteurs. Je regrette que les sentiments soient peu abordés, mais je trouve l’innocence de Fen vraiment adorable.

Smoky nectar – Minazuki Akira

smoky nectar minazuki akira
MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382760772
Hana, 2021
ISBN: 9784813032670 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’enquête d’un journaliste pour innocenter son ami d’enfance.

Minazuki Akira sensei revisite le mythe du vampire, mélangeant enquêtes et actions. Elle construit un univers différent avec des clans, des règles pour les régir et leur permettre de vivre avec les humains, mais surtout un sang particulier, le nectar, qui attire irrésistiblement les mordeurs. Ainsi, elle utilise Annaka et ses confrères pour révéler au lecteur les spécificités de leur espèce. La salive fonctionnant comme un aphrodisiaque, le consentement devient flou dans les rapports charnels. De même, les vampires affichent une nature très possessive envers leur partenaire sexuel. L’auteure s’intéresse à la différence entre amitié et amour à travers Mitsuru. Elle questionne sur les sentiments lorsque l’instinct influence les émotions. Pareillement, elle aborde indirectement la pression familiale quand l’unique héritier est homosexuel et ne peut donner une descendance.

La mangaka a un trait léché et épuré. Elle dessine de grands yeux expressifs. D’ailleurs, Mitsuru a un petit air niais à cause des ses yeux qui semblent constamment écarquillés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les scènes d’action sont claires et dynamique, également mise en valeur par la mise en page. Dans les scènes érotiques, Minazuki sensei ne détaille pas les parties intimes.

En résumé

Le journaliste Hasegawa Mitsuru enquête sur un étrange meurtre attribué à un vampire: la victime, Chika, a des traces de morsures dans le cou et son sang aurait coagulé. Annaka Yûsei, l’ami d’enfance de Hasegawa, le met en garde et s’inquiète pour lui. Mais le journaliste refuse d’abandonner l’affaire. En effet, il cherche en réalité à innocenter son ami, également suspecté, car les immeubles autour du lieu du crime lui appartiennent. En plus, il a réussi à obtenir un entretien avec Kudô, un autre suspect proche de la victime. Justement, ce dernier lui donne rendez-vous dans un parc. Cela n’arrange pas Mitsuru dont le sang attire les moustiques. D’ailleurs, intrigué par son parfum, Kudô l’attaque, lui arrachant son amulette offerte par son ami. Alors qu’il allait se faire mordre, Anna vient à sa rescousse, soulevant le « mordeur » d’une seule main…

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. A cause des particularités des mordeurs, la question des sentiments entre les deux personnages est plutôt vite expédiée. Toutefois, l’univers original ainsi que le graphisme magnifique offrent une histoire intéressante et divertissante. Elle plaira sûrement aux fans de vampires!

Fangs 1 – Billy Balibally

fangs 1 billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760376
Hana, 2021
ISBN: 9784344846821 (JP)
Gentosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Mordu par malchance, survécu par malchance… »

Billy Balibally sensei crée son propre univers sur les vampires, modernisant le sujet tout en conservant les bases. Elle installe pour l’instant le contexte, présentant les différents protagonistes à travers le travail d’Ichii. Toutefois, elle aborde déjà plusieurs thèmes comme la solitude, l’infidélité, la possessivité, l’amour, confrontés à la longévité de la vie. La narration prend une forme originale avec En qui s’adresse directement aux lecteurs. Le nouveau vampire a du mal à supporter les changements dans son corps et à réfréner ses pulsions. Le « charme » des vieux vampires prend une connotation érotique en plus de la domination, posant la question du consentement dans les ébats. D’ailleurs, En est complètement perdu au contact d’Ichii, ressentant à la fois un sentiment de sécurité et de peur. L’auteure présente diverses formes d’amour questionnant le lien entre les gens. Elle met aussi en place une réelle organisation de prise en charge des vampires.

La mangaka a un trait très fin et épuré gardant tout de même une touche réaliste. Elle dessine des corps finement musclés. Elle tient compte des petits détails, comme les cicatrices, les morsures et les changements. Dans les passage humoristiques, les traits simplifiés donnent un côté mignon aux personnages. Les décors sont présents dans les plans larges. L’utilisation avec parcimonie des trames renforce l’aspect claire des pages, avec surtout des contrastes noir et blanc. D’ailleurs, les trames servent avant tout pour les ombres fortes ou pour colorer. La mise en page est discrètement dynamique. Billy sensei censure les parties intimes par des formes blanches dans les scènes érotiques. Elle récapitule les liens des personnages dans une fiche en fin de tome. Des yonkoma donnent également des anecdotes amusantes. Les illustrations en début de chapitre présentent les vampires qui posent comme dans des magazines de mode.

En résumé

A 19 ans, En s’est transformé en vampire après avoir été mordu lors d’une attaque dans une boîte de nuit. Ichii qui travaille pour la section Protection du département santé et sécurité de Fangs, l’a pris sous sa protection et l’emmène à une soirée des partenaires. En effet, afin de vivre en harmonie avec les humains, le système de partenaires permet aux vampires de se fournir mutuellement en sang. Parfois ces partenariats se transforment en romance mais le plus souvent l’odorat domine sur le cœur. Le petit nouveau au sang encore frais et pur attire donc la convoitise des vampires, dont Utsugi qui se montre vulgaire et la froide Umesaki. Apeuré, En déclare alors choisir Ichii comme partenaire.

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. L’auteure arrive à rendre les personnages secondaires aussi intéressants et attachants que ses héros. Je suis complètement subjuguée par le couple de Masaki et Mariko. J’aime beaucoup Sugi également. En plus, le graphisme est magnifique. Par ailleurs, Billy sensei aborde ses différents sujets avec finesse. N’hésitez pas à vous plonger dans ce merveilleux récit!

Your dream – Aruku et Kouki

your dream aruku kouki
ARUKU
Kouki コウキ
ISBN: 9782375060544
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784344835863 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Titre original: 君の夢を見ている
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Se battre contre le destin pour rester avec son bien-aimé.

Aruku sensei narre une romance basée sur l’amour destiné. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle confronte deux personnalités différentes. A cause de ses prédictions, Amamori a développé un amour obsessionnel et panique dès que les évènements diffèrent. Au contraire, Yui pense que le destin se construit par soi-même. Quand ses sentiments se développent, il doute alors d’une possible influence de l’écrivain, éprouvant même de la jalousie envers sa propre image fantasmée. Les deux hommes habitués à la solitude vont alors développer une certaine dépendance l’un envers l’autre. D’ailleurs, l’auteure interroge sur la naissance du sentiment amoureux et l’incertitude de l’avenir. Elle met leur amour à l’épreuve en basculant totalement dans un univers fantastique. En effet, après les rêves prémonitoires, elle s’intéresse à l’influence du voyage temporel. La différence entre rêve et réalité donne une touche poétique au récit.

Kouki sensei a un trait épuré de style shôjo. Elle représente ses personnages en SD dans les passages humoristiques, leur donnant un aspect très mignon. Les trames d’ambiance viennent appuyer les émotions. De même, les décors détaillés sont très présents. La mangaka met en avant l’esthétique des images avec une mise en page dynamique, ajoutant une touche poétique. Elle renforce ainsi le flou entre rêve et réalité. Par ailleurs, elle montre peu de détails dans les scènes érotiques en choisissant bien les angles de vue. Les illustrations en début de chapitre résument les évènements à venir, mais avec une touche très romantique. En fin de tome, un yonkoma se moque avec finesse des rêves prémonitoires.

En résumé

Yui Hisashi se fait draguer par un bel homme qui lui annonce qu’ils étaient destinés à s’aimer. Il le retrouve le lendemain et devra même être son responsable éditorial. En effet, l’écrivain Amamori Ken lui explique alors qu’il a toujours rêvé de leur rencontre. Pour le convaincre, il lui révèle même leur futur: ils s’embrasseront dans une semaine et coucheront ensemble dans un mois. Hétérosexuel, Yui est mal à l’aise face à cet homme plutôt intrusif et connaissant déjà ses goûts. Pourtant, il apprécie sa verve et ses récits de voyages. Il est même surpris de découvrir le sobre mode de vie de ce voyageur sans attaches, logeant dans un hôtel délabré. Mais il commence également à rêver d’Amamori. Alors quand l’écrivain vient le gêner pendant une sortie avec une fille, il s’énerve contre lui. Pourtant, en le voyant partir le lendemain, il ne peut s’empêcher de le retenir…

En conclusion

J’ai été surprise par la fin mais j’apprécie le développement de cette histoire. Ce one-shot est à la fois triste et beau, malgré un happy end. Le récit est touchant mais certains lecteurs auront peut-être du mal à accrocher à cause du brusque basculement dans l’univers fantastique. Pour ma part, c’est un coup de cœur.

Calendula of limbo 2 – Haji

calendula of limbo 2 haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776384
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570990 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Braver la volonté divine pour l’amour.

Haji sensei donne une tournure dramatique à son récit. Elle met en avant les anges et les gardiens. Ainsi, elle aborde la peur de l’incertitude, de la mort imminente, de la séparation. En effet, en plus des batailles contre les dévoreurs, Calen recherche surtout un moyen d’empêcher l’inévitable pour sauver celui qu’il aime. D’ailleurs, alors que l’ange inspecteur manipule nos héros pour faire bouger les choses, la justice divine de cet univers ne semble pas si équitable. L’auteure renforce la cohérence de son univers, ajoutant quelques explications. Elle interroge les lecteurs sur la rédemption, la force de l’amour et les conséquences du comportement humain dans le cycle des réincarnations. Elle développe également le caractère de ses personnages. Par exemple, Calen a changé et dégage beaucoup plus de douceur, devenant un vrai protecteur. Le chapitre final permet de découvrir ce que le couple devient après un final très intense.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Par ailleurs, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses personnages ont des corps musclés. Comparé au tome précédent, les Grandes-oreilles sont plus discrets. Haji sensei soigne les décors. De même, elle varie les trames, privilégie les aplats noirs mais utilise parfois quelques trames d’ambiance. Toutefois, certains pages semblent très sombres. La mise en page dynamique rythme la lecture. Des bandelettes blanches censurent les détails des scènes érotiques. Les illustrations de la couverture et de la première page mettent en scène le couple avec romantisme. Sous la couverture se trouvent la postface et un yonkoma amusant sur Makoto et Calen.

En résumé

Maintenant, Calen forme les nouveaux gardiens sous l’œil admiratif de son petit ami, Onodera Makoto. Mais ce dernier remarque que son père, qui apporte également son aide à la formation, semble fatigué depuis quelques temps. D’ailleurs, sur le chemin du retour, Seishin s’effondre. En effet, il aurait dû se réincarner il y a déjà un an mais refuse de le faire. Comme son âme est liée à celle de son fils, même l’ange inspecteur ne sait pas si le golem survivra. Or Seishin ne souhaite pas priver Makoto du bonheur qu’il a enfin trouvé avec son bien-aimé. Préférant disparaître sans l’inquiéter, il se laisse donc aller et s’évapore…

En conclusion

L’auteure intensifie les évènements dans ce tome conclusif, plongeant le lecteur dans l’action et le drame. Pourtant, elle arrive à nous surprendre avec un happy end. J’aime beaucoup cette romance fantastique où l’amour devient le catalyseur de la vie après la mort. Moi aussi, j’ai envie de couver cet adorable couple.

Calendula of limbo 1 – Haji

calendula of limbo 1 haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776049
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349089 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour apportera-t-il la rédemption dans une vie après la mort?

Haji sensei réinterprète le monde des morts ainsi que la mission des shinigami. Elle crée un univers riche et cohérent, jouant sur le contraste entre un milieu dynamique et vivant accueillant les âmes des morts. Le séjour dans les limbes est une étape avant la réincarnation permettant d’expier ses péchés pour obtenir la rédemption. Ici, le shinigami guide les âmes des morts vers la réincarnation et élimine les dévoreurs, des monstres mangeurs d’âme. Ainsi, l’auteure mêle à la fois action, romance et mystère. En effet, elle révèle au compte-gouttes le secret touchant Golem et son père Seishin. Onodera a rapidement le coup de foudre pour l’ancien soldat et le partage directement. Mais leur relation se développe doucement. D’ailleurs, Calen perçoit en l’amour plus un désespoir qu’un bonheur, conscient de la séparation à venir. En fin de tome et sous la jaquette, des fiches présentent les personnages et les créatures.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et discontinu. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle ne dessine pas le relief des oreilles. Les grandes-oreilles, sorte de lapin cyclope, apporte une petite touche mignonne. Les créatures sont variées, mignonnes ou effrayantes. De même, les habitants du pays des morts ont différents styles, selon leur époque et leur origine. Haji sensei utilise beaucoup de trames, mais peu pour l’ambiance. Elle soigne ses décors. Toutefois, les scènes d’actions deviennent parfois difficile à distinguer, la page étant surchargée. La mise en page dynamique permet tout de même de se repérer facilement. Les scènes érotiques sont censurées par un point lumineux. Les illustrations de début de chapitre montrent les personnages dans un quotidien tranquille, comme sur la couverture et la première page illustrée en couleurs. Sous la jaquette, un yonkoma donne une anecdote amusante sur l’amour paternel.

En résumé

A son décès, le soldat Dürbhein est condamné à perdre ses souvenirs et se réveille donc amnésique dans les limbes. Le gardien Onodera Makoto, alias Golem, l’accueille et lui explique alors qu’il est devenu un shinigami. Complètement perdu, l’ancien soldat a du mal à accepter sa nouvelle condition. Mais la gentillesse et la sollicitude de Golem le touchent petit à petit. Ce dernier lui donne même un nom: Calem. Ainsi, il redémarre une nouvelle vie dans ce pays où les âmes des défunts demeurent en paix.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, le scénario surprend car sur une base simple, l’auteure introduit des révélations approfondissant le côté dramatique du récit. En plus, elle a une approche des anges assez peu commune. J’adore Calen, avec ses cicatrices et sa maturité. Et le grandes-oreilles Poire est tellement adorable. Une fantaisie très sympathique qui interroge sur l’amour après la mort.

Comment défier le destin – Yoshio Akira

comment defier le destin yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782368777688
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784866532097 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Titre original: 叶わぬ恋の結び方
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Le don de couper les fils du destin liant chaque être humain interdit-il de s’unir à quelqu’un?

Yoshio Akira sensei remet en cause l’image de l’amour prédestiné abordé dans Le fil du destin tout en conservant le même message. Elle s’intéresse ici à la romance de Kaoru qui a peur de s’attacher mais surtout d’être abandonné. Elle alterne la narration entre les deux héros, exposant ainsi leurs visions différentes de l’amour. En effet, alors que Kamisawa perçoit le destin comme une fatalité que l’on subit, Hara pense que le bonheur dans une relation se construit et s’entretient. Par ailleurs, l’auteure introduit le frère jumeau de Kaoru, Kakeru, qui apporte son soutien aux deux amoureux. Elle développe beaucoup la psychologie de ses personnages. Ainsi, Kamisawa, traumatisé par plusieurs déceptions amoureuses, culpabilise tout de même de fuir ses sentiments. Au contraire, le gentil mais maladroit salaryman cherche avant tout à comprendre et satisfaire physiquement et moralement son partenaire.

La mangaka dessine des yeux effilés mais très expressifs. Elle a un trait épuré, anguleux et très fin. Les passages humoristiques se font discrets et les personnes, représentés presque en SD, ont des traits simplifiés. Les trames sont variées. De même, les décors, assez présents, donnent une touche réaliste. Par ailleurs, Yoshio sensei joue beaucoup sur les angles de vue. Elle équilibre sa mise en page avec des ellipses uniquement pour les sauts dans le temps et varie la forme des cadres quand cela est nécessaire. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches et en ne dessinant pas les contours. Les illustrations en début de chapitre débordent de tendresse ou de sensualité.

En résumé

Kamisawa Kaoru (26 ans) a le don de voir et couper les fils du destin reliant les gens. Il en a d’ailleurs fait son métier. Un soir, il rencontre un client, Hara (32 ans), qui est harcelé par une femme. Pour être sûr de l’efficacité de son travail, il lui redonne rendez-vous une semaine après pour le paiement. Mais à ce moment, Hara l’invite au restaurant et lui avoue être tombé amoureux après lui avoir volé un baiser. Néanmoins, comme Kamisawa n’a pas de fil rouge à son petit doigt, il évite de se lier aux personnes de peur de souffrir. Alors même s’il trouve l’homme charmant avec sa droiture mais ses petits défauts, il cherche à lui faire renoncer en se montrant détestable. Pourtant, Hara accepte de devenir juste son sex friend

En conclusion

Ce spin-off se classe quatrième parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2019. Avec son message clair incitant à prendre en main son destin pour construire son bonheur, l’auteure y présente un bel amour attendrissant, érotique et touchant. J’apprécie particulièrement les deux héros qui assument leur bisexualité. Je trouve donc le récit rafraichissant car le fantastique est très bien ancré dans la réalité. En plus le graphisme est de toute beauté. J’espère que nous aurons également la suite!