Si tu insistes… 3 – Niyama

Couverture de Si tu insistes 3 de Niyama, éditions Hana

NIYAMA にやま
ISBN: 9782382765524
Hana, 2025
ISBN: 9784801983915 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Titre original: そんなに言うなら抱いてやる 3
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tout se passe bien pour le ninja et le prince, jusqu’à ce qu’un… rival (?) se présente! »

Niyama sensei concentre son récit sur la vie professionnelle en introduisant le roi Ôsuke. Elle aborde la gestion de la jalousie, la question de la confiance et, comme dans le tome précédent, le coming out et l’influence des rumeurs. Ainsi, elle dévoile de nouvelles facettes de Shinobu qui se montre possessif et boudeur. En effet, une rivalité s’installe peu à peu car Ikurumi idéalise et surprotège Omoteya. Hikaru s’interroge alors sur sa relation avec Nin Nin. Le couple communique mieux, aussi bien par les mots que par des petits gestes d’affection. Par ailleurs, l’autrice joue beaucoup sur les quiproquos pour nous amuser. Elle crée également du suspense grâce aux prises de risque du couple qui dissimule de plus en plus mal leur attirance. Elle s’intéresse donc au jugement sur l’apparence, la remise en question de soi, la différence entre relation charnelle et amoureuse.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, à peine épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à dessiner Hikaru en adorable petit poussin. Les trames sont équilibrées et des hachures envahissantes soulignent les rougissements. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page dynamique joue sur l’absence de cadre, les sorties de cases et les ellipses. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre deux illustrations qui résument bien l’ambiance du manga, à découvrir de préférence à la fin.

En résumé

Le meilleur vendeur de l’entreprise, Ikurumi Ôsuke, surnommé le roi, revient d’une mission de cinq ans à l’étranger. Omoteya Hikaru qui l’admire, est tellement impatient de le retrouver qu’il abandonne Urakawa Shinobu dès le matin en plein câlin. D’abord confiant, Nin Nin commence pourtant à s’inquiéter face à autant de complicité entre le roi et le prince. Il entraîne même Hikaru dans les toilettes du bureau pour lui voler un baiser…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2025. Niyama sensei approfondit ses sujets abordés précédemment tout en nous amusant. Elle maîtrise toujours l’alternance entre tension, érotisme et humour. Son graphisme est un régal pour les yeux, aussi bien le mignon poussin Hikaru que la musculature de Nin Nin. D’ailleurs, Ôsuke dégage un charme fou, même en mode fan ardu manipulateur. Une lecture captivante!

Sign 1 – Ker

couverture de Sign 1 de Ker, éditions Kbl

Ker
ISBN: 9782382882771
Kbooks, 2024
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Soyez pas pingres et embauchez-moi! »

Ker installe rapidement le ton de son récit en enchaînant les quiproquos et les situations comiques. Toutefois, iel questionne sur la surdité, mettant en avant les comportements bienveillants mais dénonçant également les clichés et les difficultés rencontrées. Ainsi, Soohwa trouve une grande motivation dans l’apprentissage de la langue des signes à cause de l’effet dévastateur de la voix de son patron sur lui. Bien que fuyant, il fait des efforts pour établir une conversation à égalité et n’hésite pas à se remettre en cause. Yohan se montre maladroit dans la gestion des situations ambiguës ou conflictuelles suite à un traumatisme. Les deux hommes entament une relation purement charnelle mais les sentiments s’en mêlent très rapidement. Gyoon joue les trouble-fêtes et dégage un certain mystère. L’auteurice maintient le suspense constamment, dévoilant des indices au fil des chapitres. Iel aborde avec humour la perversité, l’homosexualité, l’amour, la cohabitation.

Ker a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques, exagérant ainsi les expressions. Les couleurs sont plutôt sobres mais contrastent avec les couleurs d’ambiance très colorées. De même, un fond noir indique les flash-back ou les rêves. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique. Toutefois, les chapitres plutôt courts se concluent généralement sur une note amusante ou un petitcliffhanger. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Malade, fauché et sans emploi, Kang Soohwa (26 ans) cherche désespérément à se connecter au Wifi gratuit pour chercher du travail. Mais il se fait arroser dans la rue et s’évanouit. Recueilli par les responsables de cette douche froide imprévue, le patron malentendant du café Goyo, Go Yohan, et son employé nonchalant, Yo Gyoon, le jeune homme demande alors à être embauché en dédommagement…

En conclusion

Ker aborde la question délicate du handicap avec beaucoup d’humour tout en dénonçant les clichés et les comportements blessants. Le récit oscille constamment entre situations comiques, passages érotiques et suspense. Le graphisme qui a l’air simple au premier abord, est pourtant très expressif et renforce d’ailleurs les effets comiques. Je suis intriguée par l’étudiant et livreur Cha Ji-hae. Une histoire craquante!

Hate my Mia! 2 – Hitotori Penguin

couverture de Hate my Mia! 2 de Hitotori Penguin, éditions Hana

HITOTORI Penguin 人鳥ぺんぎん
ISBN: 9782382765234
Hana, 2025
ISBN: 9784865897142 (JP)
Fusion product, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Les frères de Miya issu d’une célèbre famille de top models entrent en scène! »

Hitotori Penguin sensei propose quelques tranches de vie du couple, toujours en exagérant certaines situations qui en deviennent loufoques. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle aborde la différence entre fantasme et réalité, l’addiction numérique et les risques des réseaux sociaux. Le passé de Maizawa et de Miya se révèle par brides. D’ailleurs, l’introduction de la famille d’Akihito, dont ses frères Kyôgoku Hinohito et Kanohito, crée des situations encore plus rocambolesques tout en s’intéressant à la pression familiale et au mannequinat. De même, le chanteur Tsuzuki Tatsuya, la cousine de Mia, Kyôgoku Nadeshiko, et le salaryman Yasuda Korekiyo dépeignent différentes visions d’une passion exacerbée. L’autrice questionne également sur la perfection de la beauté, l’attirance et le jugement par le physique. Elle joue avec les clichés des BL, transformant Kôji en pervers et Miya en amoureux transi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions, alternant avec les décors. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page simplement dynamique met souvent en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, Hitotori sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. Comme dans le tome précédent, à la fin des chapitres, elle apporte une anecdote, dessinant les protagonistes en SD ou présente les personnages secondaires

En résumé

Bien que Maizawa Kôji et Miya Akihito sortent ensemble, leur rivalité perdure au travail. Ayant atteint son objectif, Mia ne voit plus l’utilité d’entretenir son réseau social. Mais Maizawa refuse de perdre son idole, se proposant d’ailleurs en tant que photographe. Ainsi, il fait une démonstration de son talent alors qu’ils travaillent sur la refonte d’un site de bar, mettant en avant les serveuses anciennes championnes de combats clandestins.

En conclusion

Hitotori Penguin sensei continue les aventures de Miya et Maizawa, enchaînant les situations rocambolesques tout en introduisant de nouveaux personnages encore plus loufoques que nos deux héros. Le graphisme est toujours aussi mignon et expressif. L’histoire fait toujours sourire et même rire. Toutefois, cet humour ne plaira pas à tout le monde. Une lecture divertissante!

Tashiro est un peu… 3 – Yamada

couverture de Tashiro est un peu... 3 de Yamada, éditions Taifu

Yamada ヤマダ
ISBN: 9782375064160
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799758113 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Titre original: 鯛代くん、君ってやつは。3
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Brise ta carapace et reprenons tout depuis le début. »

Yamada sensei fait progresser la relation entre Tashiro et Ebihara. Comme dans le tome précédent, elle interroge sur le consentement et détourne avec humour les poncifs des romances. Ainsi, elle met en avant les difficultés et les tentatives que le couple rencontre pour équilibrer leur relation. En effet, Keima passe son temps à tester les limites de son camarade qui refuse de se laisser dominer. D’ailleurs, Yûta s’interroge de plus en plus sur ses sentiments tandis que son asocial ami fait des efforts pour se dépasser et contenir ses pulsions. Les surréactions d’Ebihara apportent beaucoup d’humour. Avec l’introduction de Sashinami Mei, le manager de Riku, l’autrice présente d’autres comportements problématiques, provoqués d’abord par l’alcool mais assumés par l’intéressé. Par ailleurs, elle met en avant Sega qui n’hésite pas à recadrer vertement le manager. Ainsi, elle aborde le déni des sentiments. L’histoire bonus offre une anecdote amusante.

La mangaka a un trait épuré parfois caricatural. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère également les expressions. D’ailleurs, elle représente souvent Ebihara en crevette et Tashiro en dorade. Les trames sont variées et nombreuses tandis que les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond dégradé du noir vers le gris avec un contour blanc autour des vignettes. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques. Yamada sensei arrête les scènes érotiques aux préliminaires, cadrant toujours au niveau du buste. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec la série du club de recherche sur les mangas. En plus de la présentation des personnages en début de tome, il y a des fiches personnages au dos sous la jaquette.

En résumé

Dans un café, l’actrice Mitsuzuni Riku, essaie de convaincre son frère, Tashiro Keima, de remplacer l’acteur blessé qui devait jouer le rôle de petit ami dans un shooting. Mais son frère asocial refuse catégoriquement. Bannai Momofuku, Maru, Shikaku et Ebihara Yûta tentent en vain de les écouter en douce. Toutefois, Tashiro et Riku les repèrent vite lorsque Sega Mitsuki rejoint le groupe en parlant fort. La mannequin propose alors à Sega de participer également au shooting, subjuguée par la beauté de l’étudiant…

En conclusion

Ce tome se classe onzième meilleure série au Chill chill BL award 2023. Yamada sensei joue constamment avec les limites du consentement, rappelant toutefois les comportements problématiques. Elle présente par ailleurs des otaku tout à fait intégrés dans la société ou qui font des efforts pour l’être, les rendant plutôt réalistes malgré leur style graphique caricatural. D’ailleurs, le graphisme accompagne parfaitement les moments comiques. Je suis curieuse de découvrir les interactions entre Mei et Sega. Une lecture plaisante!

Dick fight island 2 – Ike Reibun

couverture de Dick fight island 2 d'Ike Reibun, éditions Taifu

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782375065242
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784799751299 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 8人の戦士 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Ce n’est pas devenir un guerrier qui m’intéresse, mais être ton petit ami! »

Ike Reibun sensei délaisse les combats pour dévoiler les romances des guerriers. Elle reprend les schémas récurrents du BL tels que les amis d’enfance, la cohabitation, d’ennemis à amants, la différence d’âge, l’inversion dominant/dominé. Ainsi, elle nous surprend avec une évolution inattendue des sentiments. L’histoire de Harto et Matthew aborde la question de l’écart culturel et apporte beaucoup d’humour entre les quiproquos et les situations amusantes. Les autres romances se déroulent après le tournoi et permettent de découvrir plus en profondeur les caractères des guerriers. Par ailleurs, l’autrice continue de développer les traditions particulières des îles de Pulau Yang Indah. Elle s’intéresse également à divers sujets plus classiques comme le mariage homosexuel, l’influence des clans et des familles, les amours secrets, la communication dans le couple.

La mangaka a un trait léché assez réaliste. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle met en avant la plastique des personnages, en particulier les magnifiques fessiers musclés. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés semblent travaillés à partir de photographies. La mise en page très dynamique varie les angles de vue. Ainsi, Ike Reibun sensei joue beaucoup sur l’absence de cadre, des cases dont les formes s’adaptent au contenu, des superpositions et des ellipses. Contrairement au tome précédent, dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et de larges languettes blanches. Sous la jaquette, elle offre une mignonne histoire bonus en deux planches.

En résumé

Admis à l’université Oxbridge, Harto préfère emménager dans une colocation dans laquelle il pourra se balader les fesses à l’air, comme sur son île. D’ailleurs, il sympathise très vite avec Matthew, son colocataire originaire du Japon. Ce dernier se montre ouvert et curieux de découvrir les traditions de Pulau Yang Indah. Homosexuel, il craque rapidement pour son beau et innocent camarade. Et Harto trouve également que le fessier de son ami est aussi digne que celui d’un guerrier. Toutefois, malgré des sentiments réciproques, il refuse de sortir avec lui tant qu’il n’aura pas participé au tournoi des serpents. Néanmoins, il lui propose à la place de devenir son partenaire d’entraînement.

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Ike Reibun sensei maîtrise parfaitement son scénario, allant à l’essentiel. Elle propose un développement plus classique avec des romances. Toutefois, elle surprend les lecteurices par ses univers et ses thèmes abordés. En plus, son graphisme est un bonheur pour les yeux. Je craque pour tous les couples. J’ai adoré ma lecture. Un énorme coup de cœur!

vs.Love 1 – Ogawa Chise

couverture de vs.Love 1 d'Ogawa Chise, éditions Taifu

OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782375064894
Taifu comics, 2025
ISBN:‎ 9784799760055 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Quand la romance de Roméo et Juliette s’invite dans un manga de baston! »

Ogawa Chise sensei mélange les genres avec une comédie romantique, de la bagarre, du suspense et une pointe de drame. Elle révèle au fur et à mesure le passé traumatisant d’Ibuki. Ainsi, le chef de gang a tendance à se montrer très protecteur, prisonnier d’une promesse. Au contraire, Tsuzumi, fraîchement arrivé dans la ville, s’avère un véritable électron libre qui s’impose par la force. Les affrontements entre lycéens prennent différentes formes, du simple jeu à des actions délictueuses. Ainsi, l’autrice s’intéresse à la violence des adolescents, analysant avec finesse leurs émotions à fleur de peau. Par ailleurs, elle aborde avec humour des sujets d’actualités tels que le déclin démographique en province, l’influence intergénérationnelle, la vision différente des jeunes par rapport aux plus âgés. Pour l’instant, elle installe le contexte ainsi que les différents personnages.

La mangaka a un trait épuré et anguleux au style particulier reconnaissable. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Pour l’instant, il n’y a pas de scènes érotiques, malgré quelques tensions câlines. Ogawa sensei varie souvent les angles de vue, notamment les plongées et les contre-plongées dans les scènes d’action, dynamisant ainsi une mise en page un peu classique. Elle représente l’essentiel dans les bastons. Par ailleurs, elle montre le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Il y a vingt ans, la ville de Fûrai, souvent touchée par le vent et la foudre, est née de la fusion des villes Raiden et Fûun. Toutefois, les dissensions persistent entre les habitants des deux anciennes villes. Ainsi, les élèves des lycées Raiden et Fûun s’affrontent fréquemment pour s’accaparer des lieux intéressants en ville. Alors que Gôdon et Miruki de Fûun, sous la supervision de Nagi, se battent face à plusieurs lycéens de Raiden pour un nouveau restaurant, le légendaire Ibuki Marin les rejoint et met rapidement fin au combat. Mais le lendemain, Gôdon est terrassé par un certain Tsuzumi Nikoru, nouvel élève de Raiden…

En conclusion

Ogawa Chitose sensei offre une romance à la Roméo et Juliette, ponctuée de « bastons », qui aborde pourtant des sujets d’actualités. Elle dépeint des adolescents sensibles capables néanmoins d’une violence extrême pour arriver à leur fin. Ainsi, l’action et le drame côtoient constamment l’amour et l’humour. Son graphisme très expressif offre des bagarres dynamiques même si elles ne sont pas aussi détaillées qu’un shônen. Avec une belle palette de beaux garçons, j’imagine déjà le potentiel de couples secondaires très intéressants. Une lecture surprenante qui donne envie de découvrir la suite!

Tashiro est un peu… 2 – Yamada

couverture de Tashiro est un peu 2 de Yamada, éditions Taifu

Yamada ヤマダ
ISBN: 9782375063927
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799742846 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 鯛代くん、君ってやつは。2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je peux très bien te sauter dessus, là, tout de suite, si je veux. »

Yamada sensei oscille constamment entre sérieux et comique tout en interrogeant sur le consentement. Elle continue également de détourner avec humour les poncifs des romances. Ainsi, elle décortique le malaise qui s’installe dans une amitié après une déclaration d’amour et analyse les différents sentiments et réactions. Ebihara s’interroge sur l’amour homosexuel. Son imagination débordante crée des quiproquos hilarants. Tashiro fait des efforts pour se contrôler et n’hésite pas à exprimer ses limites. Bannai apporte une note bienveillante. Sega s’installe de plus en plus en tant que rival de Tashiro tout en dévoilant sa maladresse. Ainsi, l’autrice développe un peu plus les personnages secondaires. Par ailleurs, elle s’intéresse à l’univers otaku, avec entre autres, la sexualisation des cosplayeurs, la passion et l’investissement dans les loisirs. Elle termine ce tome sur un suspense insoutenable et une histoire bonus amusante sur le camp d’écriture.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle passe d’un visage sérieux à une expression complètement loufoque en une case, les personnages surréagissant. Ainsi, tout les membres du club de recherches sur les mangas ont une physionomie caricaturale. Cela contraste avec les décors soignés et très détaillés qui apparaissent sur les plans larges. En plus, les nombreuses trames ajoutent une note réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance souvent graphiques participent à la narration. Contrairement au tome précédent, la mise en page est plus classique avec quelques pages plus dynamiques. Bien qu’il n’y ait pour l’instant pas de scènes érotiques, Yamada sensei joue sur la censure des parties intimes durant le bain de manière comique. Elle donne également des anecdotes amusantes sous la jaquette.

En résumé

A son réveil, Tashiro Keima se souvient avoir touché Ebihara sans son consentement. Empli de remord, il part à sa rencontre. Il trouve alors Ebihara sous un abri de bus, attendant la fin de la pluie. Ce dernier s’est par ailleurs légèrement blessé après avoir fui un chien errant. Malgré des excuses sincères, Tashiro réitère sa déclaration d’amour…

En conclusion

Yamada sensei semble insister sur les situations de drague à risque et le consentement, questionnant les éléments scénaristiques classiques des BL. Son graphisme participe également aux scènes comiques. Toutefois, son humour ne plaira peut-être pas à tout le monde. Pour ma part, j’aime les échanges houleux entre Tashiro qui craque facilement et Ebihara qui le recadre tout aussi sec. Et j’apprécie de plus en plus Bannai qui a toujours le mot pour réconforter tout le monde. Une lecture réjouissante!

Happy shitty life 5 – Harada

couverture de Happy shitty life 5 de Harada, éditions Hana

Harada はらだ
ISBN: 9782382765012
Hana, 2025
ISBN: 9784801981706 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« A défaut de cerveau, les pénis ont-ils une conscience? »

Harada sensei offre une présentation rapide de tous les personnages secondaires à travers le regard critique et innocent de Hiyori. Elle développe un peu plus Yokoshima, révélant quelques secrets croustillants sur l’origine de sa rivalité avec Kasuya. Elle introduit deux nouveaux personnages, renouvelant ainsi les sujets abordés au fil du récit: le mangaka Kuriyama Kukuri et Yurikawa, l’amie d’enfance de Leo et Kuzuya. Les deux idiots continuent à se lancer des défis débiles, résistant mieux aux manipulations car se connaissant de mieux en mieux. Le pouvoir du Dieu, à double tranchant, crée la surprise en chamboulant à chaque fois les prévisions du lecteur. Ainsi, l’autrice aborde avec humour les problèmes de voisinage lorsque des ébats sont trop bruyants, la difficulté à consulter un spécialiste médical lors de la perte de libido, les quiproquos faciles qui naissent au travail. Elle joue sur les clichés des films policiers.

La mangaka a un trait légèrement épuré au style facilement reconnaissable. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle soigne l’expressivité des personnages. Par exemple, Hiyori a de grands yeux noirs sans pupille qui renforce ainsi son air candide. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames utilisent une palette variée, en aplat, avec quelques ombres fortes. Un fond noir indique les flash-back. Comme dans le tome précédent, la mise en page paraît classique mais Harada sensei maîtrise parfaitement l’agencement dynamique, insérant respirations et sorties de case. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Hiyori Yui (20 ans) travaille à mi-temps dans le restaurant de Yajima Botan et Leo. Efficace, elle a néanmoins beaucoup de préjugés. En plus, elle a tendance à prendre le moindre compliment pour de la drague. Alors elle se méfie de son pervers collègue, Kuzuya Yoshiyuki, qui a essayé de s’introduire dans le vestiaire pendant qu’elle se changeait. Mais surtout, elle ne comprend pas comment ce grossier serveur puisse s’entendre et vivre avec le poli et agréable gentleman Kasuya Kyôtarô.

En conclusion

Ce tome se classe onzième meilleure série au Chill chill BL award 2024. Harada sensei arrive encore à nous surprendre avec des délires complètement loufoques tout en abordant des sujets d’actualités. Son graphisme très expressif et efficace devient plus sensuel durant les scènes érotiques, mettant en valeur la beauté des personnages. J’adore ces deux idiots qui ne pensent qu’à arriver à leurs fins, qui retournent leur veste immédiatement pour leur propre intérêt et qui se compliquent en fin de compte la vie en cherchant pourtant la simplicité. Des éclats de rire garantis!

Dick fight island 1 – Ike Reibun

couverture de Dick fight island 1 de Ike Reibun édité par taifu

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782375064375
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799742518 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Titre original: 8人の戦士 1
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Mais… J’ai appris une technique secrète pour gagner ce tournoi! »

Ike Reibun sensei plonge directement les lecteurs dans son univers loufoque avec huit guerriers qui s’affrontent pour être roi. Elle présente les personnages rapidement, tel un reportage TV, via un narrateur, mais développe les spécificités et les traditions des clans au fur et à mesure du récit. Ainsi, les détails des règles de combat se dévoilent au fil des chapitres, présentant avec humour différentes techniques pour jouir. Par ailleurs, la vision de Harto, influencé par le monde extérieur, ainsi que les réactions des autres guerriers ajoutent une note comique supplémentaire. Entre rivalité et affinité, l’apparition de couples vient interroger sur la place de la fidélité et de l’amour dans ces combats. D’ailleurs, l’auteure aborde les différences culturelles à travers le regard de Matthew Manami, le petit ami de Harto.

La mangaka a un trait léché assez réaliste. Elle varie les morphologies et met en valeur les musculatures saillantes ainsi que la beauté des fessiers. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les décors soignés, parfois inspirés de photographie, renforcent le côté réaliste. De même, l’utilisation d’une large palette de trames permet de rendre les dégradés, les effets d’ombres et de lumière. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. La mise en page très dynamique joue sur les angles variés mais surtout les plongées et contre-plongées. Ike Reibun sensei dessine d’impressionnantes armures originales. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle tourne en dérision les combats qui jouent sur la limite du fan service. En début de tome, une illustration en couleur présente les huit guerriers en armure.

En résumé

Sur chaque île de l’archipel Pulau Yang Indah vit une tribu avec sa propre culture. Pour se protéger des invasions extérieures, un tournoi organisé tous les quatre ans désigne le futur roi et ses conseillers. Affublé d’une impressionnante armure pénienne, le dernier guerrier à jouir sera déclaré vainqueur. Harto, qui étudie à l’étranger, revient sur l’île en tant que représentant du clan des pierres précieuses. Mais à peine arrivé, il dévoile déjà sa nouvelle technique secrète lors d’un combat contre Taring du clan des crocs, aiguisant ainsi la curiosité des autres guerriers.

En conclusion

Ce tome se classe dixième meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2020. A partir d’un scénario farfelu, Ike Reibun sensei construit un univers cohérent, avec différentes cultures qui se côtoient, et qui paraît même vraisemblable. D’ailleurs, ses armures semblent s’inspirer des étuis péniens de certaines tribus. Son magnifique graphisme flirte avec le fan service pour le bonheur de nos yeux. Je craque complètement pour tous les guerriers avec leurs caractères surprenants. Un énorme coup de cœur!

Queutard légendaire VS Cul d’acier 2 – Totofumi

couverture queutard legendaire vs cul d acier 2 totofumi taifu comics

Totofumi ととふみ
ISBN: 9782375064337
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799761212 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le préservatif a beau faire 0.01 mm d’épaisseur, il me soûle. J’aimerais trop jouir directement en lui… »

Totofumi sensei s’attarde sur le quotidien et les petits tracas du couple Mikagura et Minami. Elle construit une relation très consensuelle, dans le respect du partenaire, entre effort et retenue d’effusion en public. Ainsi, Iori se remet en question quand il éprouve un désir violent. De même, Sena a conscience de sa possessivité et de sa jalousie. Les deux lycéens découvrent des facettes différentes à travers de nouvelles expériences. Ils expriment de plus en plus leurs sentiments grandissants, assumant leur homosexualité même en public. Les trois sœurs Mikagura, Shiori, Kaori et Saori, apportent une note comique, à surprotéger et manipuler leur frère. L’auteure s’intéresse donc à la peur du jugement extérieur, le coming out indirect, le soutien de la famille. D’ailleurs, elle développe un peu plus les environnements familiaux de ses deux héros. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sexy faisant suite au chapitre sur le matsuri.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant son trait. Par exemple, en fin de chapitre, elle dessine des anecdotes avec des personnages SD. Les trames très variées apportent une note réaliste, renforcée par des décors également soignés qui s’estompent parfois autour des personnages pour ne pas surcharger la page. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis qu’un fond noir marque les flash-back. La mise en page est très dynamique. Totofumi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détourne avec humour les petits passages fan service. Sous la jaquette, elle offre une histoire à lire à la fin. L’introduction reprend celle du tome précédent, tout en résumant le récit avec humour. En quatrième de couverture, les personnages en SD portent les différents costumes du manga.

En résumé

Admirant le physique soigné de son petit ami Mikagura Iori, Minami Sena, surnommé le Cul d’acier, essaie de se raser un peu l’entrejambe. Mais il finit par éliminer tous ses poils pubiens. Confus, il n’ose plus depuis se déshabiller devant son petit ami. Toutefois, alors qu’il se cachait dans les toilettes, il entend Iori expliquer à ses amis tous les efforts qu’il fournit actuellement pour retenir sa libido, s’éloignant ainsi de sa réputation de Queutard légendaire. Sena décide donc, lors d’une sortie en amoureux, de combler son insatiable petit ami autrement.

En conclusion

Ce tome se classe vingt-cinquième meilleure série au Chill chill BL award 2024. Totofumi sensei narre une comédie romantique certes sexy, comme le titre le laisse entendre, mais également emplie de sentiments purs. Ainsi, elle construit une belle relation consensuelle, à la fois tendre et vigoureuse. Les deux héros évoluent entourés par leur famille bienveillante. Une lecture amusante avec un couple tellement mignon!