Nomi & Shiba 2 – Tagura Tohru

nomi et shiba 2 tagura tohru
TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782382125502
Akata, 2022
ISBN: 9784088551777 (JP)
Shueisha, 2021 (JP)
Titre original: のみxしば2
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Surpasser les obstacles qui se dressent sur le chemin de l’amour.

Tagura Tohru sensei continue d’explorer les premiers émois de l’adolescence. Elle analyse un amour innocent et développe une relation consensuelle entre Nomiya et Mikoshiba. Les deux lycéens se rapprochent en surmontant divers obstacles qui se dressent face à leur amour. Ils apprennent aussi à gérer l’affolement de leurs hormones. L’introduction du stricte Onitsuka apporte également un peu de tension. Toutefois, les élèves peuvent compter sur le soutien du médecin de l’école, M Kumada. Ainsi, l’auteure offre des tranches de vie quotidienne à l’internat, comme par exemple le voyage scolaire, le grand ménage, les examens. Elle met en avant Miyai ainsi que Satô, le camarade de chambre de Nakaôji. La romance du couple naïf avance lentement mais déborde d’émotions.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie toutefois les morphologies, les coiffures et la forme des yeux, permettant d’identifier facilement les personnages. Les décors, travaillés, alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les sorties de case. Tagura sensei n’hésite pas à ajouter des décorations végétales en fond. Les passages érotiques n’étant qu’aux balbutiements, elle reste pudique mais exprime tout de même la sensualité de certaines scènes. Comme dans le tome précédent, elle dessine des croquis amusants sur les personnages secondaires, en fin de chapitre. Les illustrations en début chapitre mettent surtout le couple en avant. Des fiches personnages se trouvent en début de tome.

En résumé

En échangeant un baiser langoureux, Nomiya et Mikoshiba réalisent enfin leurs sentiments réciproques et décident de déclarer leur amour. Mais Morishita les coupe dans leur élan en leur annonçant une mauvaise nouvelle: suite à un couple surpris en pleins ébats, le surveillant adjoint Onitsuka interdit aux garçons en couple de partager la même chambre. Alors que l’enseignant interroge Nomiya et Mikoshiba, Miyai vient à leur rescousse prétextant que leur relation est factice. Mais durant le voyage scolaire à Kyoto, Onitsuka surveille étroitement les deux lycéens. Il fait même des remontrances à Mikoshiba parce qu’il s’était habillé en fille le temps d’une photo, manipulé par ses camarades. Le « trio de crétins », alias Mimura, Nikaidô et Ichinose, propose alors de tirer les prédictions au sanctuaire Jishu, spécialisé dans les liens amoureux. Mais Shiba a l’impression que les catastrophes s’accumulent depuis qu’il a eu un mauvais augure.

En conclusion

Ce second tome continue d’interroger le sentiment amoureux avec humour et douceur. Malgré un petit côté fleur bleue, j’adore voir le couple évoluer dans cet univers bienveillant et tout mignon. Une série idéale pour mettre du baume au cœur. Mise à jour: Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Par ailleurs, Mikoshiba est classé quinzième meilleur uke.

Blue sky complex 6 – Ichikawa Kei

blue sky complex 6 ichikawa kei
ICHIKAWA Kei
ISBN: 9782382761014
Hana, 2022
ISBN: 9784864423946 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Nouveaux amours, révélations inattendues et changements. »

Ichikawa Kei sensei continue de développer quelques tranches de la vie de Motochika et Natsuki. Par ailleurs, elle s’intéresse à Towa et à une de ses révélations qui apporte alors le trouble dans le groupe d’amis. Ainsi, elle aborde la difficulté à gérer la déception amoureuse, la délicatesse de parler d’un proche décédé et les contrariétés qu’entraine une dispute entre de nouveaux amis. Confronté à la situation de Harukawa, Natsuki prend conscience des différences qu’implique l’acceptation ou non de l’homosexualité. Faisant suite au tome précédent, l’auteure aborde encore la question du coming out, mais à la famille. Elle s’intéresse également aux souvenirs et à l’attachement matériel malgré la nécessité du changement. De même, elle dépeint avec finesse les différentes émotions et questions qui touchent le couple avançant vers l’âge adulte.

Le trait de la mangaka s’adoucit. Elle n’hésite pas à le simplifier ou même à le déformer dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine les personnages en SD avec un style qui lui est propre, au profil mignon avec des joues saillantes. Les contours plus épais donnent du relief grâce aux pleins et déliés. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Ichikawa sensei censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur Chika et Natsuki au primaire.

En résumé

En stage en Australie pour la troisième année consécutive dans la même famille d’accueil, Terashima Natsuki finit par parler de son petit ami à Daniel après qu’il l’ait taquiné sur sa vie sentimentale. A peine de retour au Japon, il reçoit un appel de sa mère qui lui annonce qu’elle est enceinte. A l’université, ses amis Kurisu Haruomi et Harukawa Noriyasu le harcèlent de questions en apprenant la nouvelle. Connaissant les sentiments de Haru pour Towa, Natsuki l’invite alors à son rendez-vous avec Towa, mais son ami refuse. Le soir, en route pour le salon de coiffure de Kaihô Takumi, l’ami de Towa, il confie à Narasaki Motochika ne pas comprendre la réserve de Haru. Chika, au contraire, trouve ce comportement mignon et provoque donc un peu la jalousie de son petit ami. Mais devant le salon, ils restent perplexes en apercevant Towa discuter plutôt amicalement avec une femme…

En conclusion

Ce tome obtient la septième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Narasaki Motochika est classé quatrième meilleur seme tandis que Terashima Natsuki occupe la première place du meilleur uke. Ichikawa sensei prend son temps pour développer son récit et s’attarde particulièrement sur les émotions. Le récit devient donc très touchant et réaliste. En plus, le graphisme sublime rend la lecture encore plus douce et agréable. J’adore particulièrement les bouilles de Haru.

Wolf pack – Billy Balibally

wolf pack billy balibally
BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760994
Hana, 2022
ISBN: 9784866572475 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je ferais tout pour toi. Alors ne l’oublie pas… Partenaire. »

Billy Balibally sensei revisite les légendes nordiques pour nous offrir une romance fantastique avec des hommes-loups. Elle alterne la vie normale de l’animal comme la chasse, la protection de la meute et du territoire, l’éducation des petits, avec des discussions sur des sujets humains comme la paix, la place de l’amour. Garmr et Hati se chamaillent souvent pour le poste d’alpha. De même, les louveteaux apportent des touches d’humour par leurs bêtises. Les deux loups alphas faisant passer la meute avant eux, s’interrogent sur leurs sentiments naissants et leur sensibilité humaine. A travers Ghir, l’auteure introduit l’histoire de Fenrir et de ses descendants. Elle dénonce également quelques points de tension avec les humains. Dans sa postface, elle confie ses inspirations.

Malgré un trait fin, la mangaka dessine des personnages virils sous leur forme humaine. Elle détaille les mouvements des oreilles et de la queue, s’inspirant du langage corporel des loups. Par ailleurs, elle n’oublie pas d’ajouter les cicatrices pour les reconnaître. Par contre, les louveteaux avec uniquement un visage humain sont à la fois mignon et amusant graphiquement. Les décors ancrent le récit dans un univers réaliste. Les trames variées et équilibrées jouent beaucoup sur les contrastes noir et blanc. De même, la mise en page met en valeur les scènes d’action. D’ailleurs, Billy sensei utilise à merveille les emboitements de cases, les grandes vignettes et les doubles-pages. Dans les scènes érotiques, pudiques, elle s’arrête aux préliminaires. En début de tome, elle présente un arbre généalogique, une carte et des explications sur la hiérarchie entre les loups. La couverture a obtenu la vingtième place au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Loin dans la montagne vivent les descendants de Fenrir, mi-hommes mi-loups. Le loup alpha du peuple de la vallée, Garmr, a ramené un cerf pour fêter un pacte avec la meute du lac qui leur permettra de partager un point d’eau. Il devait au départ épouser la femelle alpha Sköll. Mais suite au récent décès de la louve dans un accident, son frère jumeau Hati propose alors de la remplacer. Les deux mâles ne pouvant donner une descendance, Garmr espère que les bêtas pourront accomplir ce devoir pour renforcer les liens de la nouvelle famille. En effet, il a bien l’intention de prendre Hati comme partenaire…

En conclusion

On se laisse facilement happer par cette histoire fantastique concise mais entrainante. Les personnages attachants gardent toutefois une certaine animalité. En plus les paysages neigeux nous transportent directement dans cet univers. Un coup de cœur qui nous laisse un tout petit peu sur notre faim de loup!

Le garçon de la terre des lions – Hakase

le garcon de la terre des lions hakase
Hakase 博士
ISBN: 9782382760963
Hana, 2022
ISBN: 9784758021784 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On pleure seulement quand on est sûrs de ne plus jamais revoir l’autre… »

Hakase sensei offre une comédie romantique centrée sur l’échange culturel et la découverte de l’amour durant le séjour d’un étudiant étranger. Elle présente quelques particularités de la culture maasaï ainsi que certaines traditions à travers la curiosité de Makoto. Les deux lycéens, ouverts d’esprit, discutent facilement et nouent rapidement une relation franche. Luca se montre tactile et câlin tandis que Mako est sensible aux odeurs. En plus des différences culturelles, l’auteure aborde succinctement les différents évènements qui touchent un étudiant étranger comme l’intégration en classe, la solitude quand on est malade, le mal du pays. Elle met surtout en avant les petits malaises, les quiproquos et la nécessité d’en discuter rapidement. De même, la relation amoureuse entre Makoto et Luca s’accompagne de la découverte du corps de l’autre et de relations charnelles consensuelles.

La mangaka a un trait épuré. Toutefois elle rend avec réalisme la musculature de Luca qui contraste avec le corps frêle de Makoto. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, renforçant l’aspect mignon du Japonais. De même, le lapin Taro vient renforcer ce côté mignon. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques alternent avec les décors. Pour les ombres fortes, des hachures ou des aplats noirs permettent de ne pas surcharger les pages qui utilisent déjà des trames variées. Parfois des métaphores graphiques retranscrivent avec humour l’imagination de Makoto. La mise en page dynamique joue beaucoup sur différents angles de vue. D’ailleurs, Hakase sensei a tendance à décortiquer les scènes érotiques, s’attardant sur certaines réactions. Elle ne censure donc pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. Elle offre une histoire encore plus sexy et sensuelle dans le livret bonus.

En résumé

Aona Makoto attrape un bourdon égaré dans la classe puis le libère dehors. Comme il apprécie les animaux, il a du mal à comprendre la réaction excessive de ses camarades. De retour chez lui, sa mère, s’étant inscrite à un programme de famille d’accueil, lui annonce qu’un étudiant maasaï logera chez eux. Afin d’éviter un trop grand choc culturel, Mako entreprend des recherches au préalable. Mais il est surpris de voir un jeune homme moderne et sociable qui a appris le japonais. Luca prenant d’abord Makoto pour une fille, se rapproche facilement de lui. Mais même après les explications du Japonais, le Maasaï ne peut réfréner ses sentiments naissants…

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Malgré le rythme un peu particulier du titre, les scènes érotiques prenant beaucoup de place, le récit reste instructif et nous fait agréablement voyager. A réserver tout de même à un public averti! En plus, les personnages sont attachants et leur histoire d’amour touchante. Un petit coup de cœur.

Light of my life – Minami Fûko et Takiba

light of my life minami fuko takiba
MINAMI Fûko 水壬楓子
Takiba 滝端
ISBN: 9782382761021
Hana, 2022
ISBN: 9784758022255 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Dans ce cas, je préfère que tu me guides… »

Minami Fûko sensei narre une romance entre deux amis d’enfance. Toutefois, elle arrive à transformer un scénario au premier abord classique en un récit psychologique, s’intéressant au traumatisme et aux remords. Elle révèle au compte-goutte le passé expliquant l’origine du trouble entre Minagi et Shûhei, maintenant un certain suspense. Malgré la différence de classe sociale entre les deux amis, leur relation d’abord équilibrée et franche va se dégrader suite à des incompréhensions et des non-dits. Avec son côté innocent, Kuzé s’exprime maladroitement. Aki, quant à lui, ne juge que sur des présupposés. Sasara, qui les temporise, apporte une touche reposante dans les moments de tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au renoncement des rêves, à l’incompréhension à cause du manque de communication, à la différence ténue entre admiration et amour. Malgré la relation ambiguë entre les deux héros, elle installe une relation consensuelle.

Takiba sensei a un trait légèrement épuré et fin. Elle dessine des corps virils et finement musclés. Elle renforce le réalisme du récit avec des décors qui apparaissent dès que le plan s’élargit. De même, les trames sont variées. Et les trames d’ambiance introduisent certaines émotions. Les flash-back nombreux se repèrent immédiatement à leur fond noir. En plus, la mise en page très dynamique rythme la lecture avec des passages contemplatifs ou des ralentissements sur des détails. La mangaka ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle transcrit parfaitement la sensualité ou la violence des ébats. Sous la jaquette se trouvent une illustration ainsi que le postface des deux auteures.

En résumé

Au lycée, Kuzé Minagi rêvait de devenir un génie de la médecine. Il voulait étudier en Europe avec son ami Sasara qui serait devenu mannequin et Akimaru Shûhei, footballeur professionnel. Mais quelques années plus tard, Aki, qui aide son grand-père dans son salon de coiffure, découvre que Minagi a délaissé ses études pour devenir hôte. Ce dernier a même réussi à devenir numéro un et vient souvent se faire coiffer dans le salon du grand-père d’Akimaru. Après avoir tenté de le raisonner, Shûhei a fini par accepter d’initier son ami encore innocent aux plaisirs sexuels. Mais pensant que Kuzé gâche son talent, une distance s’installe entre les deux hommes. Peu de temps après le décès de son grand-père, Aki décide de reprendre la boutique. Mais il reçoit la visite de Sasara, accompagné de Minagi qui hésite à lui demander alors le gîte pour quelques temps…

En conclusion

Le graphisme de Takiba sensei est magnifique et expressif. En plus, le scénario de Minami Fûko sensei retient le lecteur en haleine, rendant presque palpable les sentiments des personnages. Cette lecture m’a procuré diverses émotions, me donnant presque envie d’entrer dans le manga pour secouer un peu les personnages. J’adore particulièrement Minagi qui, malgré des idées parfois saugrenues, fonce tout de même jusqu’au bout pour les réaliser. Shûhei semble le seul capable de le recadrer. J’ai un réel coup de cœur pour ce one-shot!

Nos jours heureux – Kihara Noriko

nos jours heureux kihara noriko
KIHARA Noriko きはら記子
ISBN: 9782382760970
Hana, 2022
ISBN: 9784845856916 (JP)
Leed, 2021 (JP)
Titre original: たんたんとタント
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Lui et moi, on n’est pas de la même famille, on n’est pas frères. Et on n’est plus des enfants. »

Kihara Noriko sensei narre une tranche de vie à la campagne avec deux lycéens nourrissant d’abord une relation fraternelle qui se transforme ensuite en amour. Ainsi, elle met en avant les activités des jeunes, les fêtes traditionnelles et les incidents climatiques qui rythment leur organisation. Elle alterne la narration entre Kôtarô et Shunpei. Entre chamailleries, disputes et complicité, la relation entre les deux lycéens évoluent petit à petit. L’auteure analyse donc la différence ténue entre forte amitié et amour. Elle dévoile au fur et à mesure la psychologie des deux héros. L’insouciant Kôtarô rayonne et se montre sans gêne tandis que le taciturne Shunpei a du mal à contenir sa jalousie. En éclaircissant leurs sentiments, ils développent une relation consensuelle à leur rythme et apprennent à affronter ensemble leurs soucis comme par exemple, les choix d’avenir, les allusions blessantes sous forme de moquerie.

La mangaka marque déjà son propre style avec un trait épuré, légèrement anguleux. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine à la main les décors qui sont très présents. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les autres trames sont équilibrées mais privilégient principalement les contrastes noir et blanc. Les flash-back se repèrent immédiatement avec leur fond noir. La mise en page est dynamique. Par ailleurs, de grandes vignettes mettent en avant l’espace de la campagne. Dans les scènes érotiques, Kihara sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre. Elle transcrit le temps qui passe en quelques cases en faisant apparaître quelques produits saisonniers. Dans la postface, des croquis des personnages résument un peu leur quotidien.

En résumé

Ôyama Kôtarô et Asanuma Shunpei sont amis d’enfance. Comme ils sont voisins mais vivent à la campagne, Shunpei a l’habitude de rester le soir chez Kôtarô jusqu’à ce que ses parents passent le prendre en rentrant de leur travail en ville. Ayant une relation presque fusionnelle, les deux lycéens ont également pris l’habitude de se soulager mutuellement, cachés dans une cabane abandonnée près de l’arrêt de bus. Mais depuis quelques temps, Kôtarô s’interroge de plus en plus sur la nature profonde de leur relation…

En conclusion

Ce one-shot offre une histoire douce et délicate aussi tranquille que le quotidien des deux héros à la campagne. En plus, le graphisme de Kihara sensei a un charme agréable. Une lecture tendre et simple, idéale pour ceux qui apprécient les romances lycéennes.

Happy of the end – Ogeretsu Tanaka

happy of the end ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782382761038
Hana, 2022
ISBN: 9784801973404 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Félicitations, t’es toujours en vie! »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une romance dramatique entre deux hommes désespérés. Elle révèle leur passé douloureux par de courts flash-back, conservant à chaque fois un peu de suspense. Ainsi, elle aborde différents thèmes comme l’homophobie, le rejet familial, le manque d’affection et la pédophilie. Suite à plusieurs rejets affectifs, Chihiro vivote en se vengeant du monde, cherchant désespérément un peu d’amour. Keito, quant à lui, se contente du peu de bonheur qu’on lui offre, même factice. Les deux hommes vont développer leurs sentiments durant leur cohabitation, reprenant petit à petit goût à la vie. Ainsi, l’auteure s’attarde principalement sur la psychologie de ses personnages et décortique leurs émotions. Elle dépeint un amour désespéré, bancal mais qui s’équilibre petit à petit. Elle s’intéresse également à l’influence des mots et des comportements humains.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle détaille les petits gestes, regards mais également les signes de négligence comme la barbe naissante, les tenues débraillées. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Il y a beaucoup de trames, renforçant le réalisme. De même, les décors sont plutôt présents et détaillés. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. Et les fonds noirs indiquent les flash-back. Le découpage et la mise en page sont très dynamiques. Ogeretsu sensei suggère les scènes violentes en ne les détaillant pas. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente ses personnages.

En résumé

Rejeté par sa famille, Kashiwagi Chihiro (23 ans) a perdu son logement quand son petit ami, Maeda Shun’ichi, s’est marié. Affamé et fauché, il ose même voler le sandwich d’un enfant dans un parc. Il se rend alors dans un bar en pensant escroquer un homme riche et sympathise rapidement avec le beau Keito. Mais à l’hôtel, sa cible l’agresse subitement puis le jette aux ordures. Toutefois, son agresseur le récupère plus tard car il recherche une carte noire que Chihiro aurait dérobée à une de ses victimes. Avec l’aide du chauffeur Kaji, il le ramène chez lui. Kashiwagi ayant jeté la carte, il le renvoie chez lui mais ce dernier lui avoue ne plus avoir de domicile.

En conclusion

Ogeretsu sensei nous plonge dans la noirceur humaine et la recherche du bonheur. Elle arrive à transmettre le désespoir des différents personnages et invite le lecteur à réfléchir sur la dureté de la vie, la déchéance qu’elle entraîne parfois ainsi que le droit à un peu de bonheur. Ce one-shot procure énormément d’émotions à la lecture et ne laisse donc pas indifférent. Mise à jour: Ce tome obtient la première place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022.

Kiss ariki 3 – Nitta Youka

kiss ariki 3 nitta youka
NITTA Youka 新田祐克
ISBN: 9782351808665
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799715147 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Même si je te disais que je ne veux pas devenir chef de clan? »

Nitta Youka sensei continue de nous surprendre avec le jeu de manipulation d’Asato et du père Suki. Mutsumi et Tôru entrent également dans le jeu et s’émancipent. Par ailleurs, le futur héritier, qui a tendance à se sacrifier pour autrui, affronte ses doutes et hésitations, pris entre ses désirs et la pression du clan. Au lieu de s’aligner sur les méthodes traditionnelles des yakuzas, il instaure sa propre vision, plus protectrice et moderne. Il tire donc profit des investissements étrangers dans les paradis fiscaux. Enfin, il assume ses sentiments pour Mutsumi. Ainsi, leur relation s’équilibre. L’auteure répond aux questions du tome précédent, disséminant quelques indices au fil des chapitres. Par ailleurs, à travers Yûri, elle aborde la trahison par amour. Enfin, elle laisse volontairement une fin ouverte, souhaitant reprendre la suite plus tard.

La mangaka a un trait léché immédiatement reconnaissable. Elle utilise quelques trames d’ambiance pour renforcer les émotions. Par ailleurs, les trames très variées sont équilibrées. Les décors soignés ajoutent une touche réaliste. La mise en page est très dynamique. Même si Nitta sensei cache les parties intimes par des trames ou du blanc dans les scènes érotiques, ces dernières dégagent beaucoup de sensualité.

En résumé

Asato a fait mener Kiria Mutsumi dans un bar à hôtesses pour discuter. Il lui demande alors de convaincre son cousin à renoncer à la succession, remettant en question ses compétences à cause de son physique peu viril. Pourtant, il a partiellement averti Suki Tôru de sa rencontre. Inquiet, ce dernier fonce au bureau du clan Hokusai pour les rejoindre. Mais il n’y a que des hommes de main patibulaires. Il refuse de donner son nom, complexé par sa position. Mais subjugués par sa beauté, les yakuzas l’agressent…

En conclusion

Attention, dans ce tome, il y a beaucoup de relations sans consentement et même un viol. La fin peut paraître abrupte mais je l’apprécie beaucoup car cela met en évidence l’équilibre parfait qu’a atteint le couple. Une conclusion intéressante remplie d’émotions.

Kiss ariki 2 – Nitta Youka

kiss ariki 2 nitta youka
NITTA Youka 新田祐克
ISBN: 9782351806968
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784799711248 (JP)
Libre, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tu n’as pas à baisser la tête devant moi. »

Nitta Youka sensei fait évoluer tranquillement la relation entre Tôru et Mutsumi. L’étudiant exprime de plus en plus sa possessivité tandis que le futur héritier oscille entre jalousie et rejet. En effet, même s’il prend parfois l’ascendant dans leurs rapports, il complexe encore sur son manque de virilité qu’il perçoit comme une faiblesse. Pourtant, son approche différente de la gestion du clan charme déjà certains subalternes. Dans la continuité du tome précédent, l’auteure présente Dômoto comme l’incarnation du yakuza traditionnel, dévoué et empreint du sens de l’honneur. Elle révèle un peu le passé de Tôru. Elle introduit également Asato du clan Hokusai, mettant déjà en place la lutte pour la succession. Les stratégies et les manipulations se dévoilent petit à petit. D’ailleurs, Mutsumi cherche à percer le secret de Shinya, conscient d’un projet beaucoup plus vaste que la simple mise en place de son fils au pouvoir.

La mangaka épure à peine son trait léché. Elle travaille finement les expressions des visages. De même, les décors soignés renforcent le réalisme. L’usage des trames reste équilibré. La mise en page très dynamique enchaine les emboîtements de cases aux formes variées, les ellipses, les sorties ou l’absence de cadre. En plus, les angles de vue changent souvent. Dans les scènes érotiques, Nitta sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Toutefois, elle transcrit bien la violence et la passion des ébats.

En résumé

Suki Tôru s’abandonne plus facilement dans les bras de Kiria Mutsumi. Mais Dômoto voit cette relation d’un mauvais œil et kidnappe l’étudiant. En effet, très sensible au sens de l’honneur et ayant quasiment élevé Tôru, il a l’impression que son jeune maître est rabaissé. Il compte bien remettre en place le petit nouveau mais ce dernier ne se laisse pas faire. Ils finissent donc par s’expliquer avec les poings. Inquiet de la disparition de son amant, Tôru fonce demander de l’aide à son père. Ce dernier refuse mais compte tout de même punir le rebelle. Toutefois, quand Dômoto vient expier de lui-même sa peine, proposant de se couper le doigt, le jeune yakuza l’arrête et lui demande de prêter serment avec lui…

En conclusion

L’auteure alterne entre scènes sexy et complots, retenant constamment en haleine le lecteur. Certaines scènes pourront choquer les lecteurs, le consentement étant peu respectés à certains moments. Dômoto apporte malgré lui une touche humoristique. Je l’apprécie de plus en plus: un vrai papa poule! D’ailleurs, l’histoire bonus qui lui est consacrée donne une anecdote tellement amusante sur sa manière d’encourager le couple. Un beau graphisme et une intrigue entraînante.

Kiss ariki 1 – Nitta Youka

kiss ariki 1 nitta youka
NITTA Youka 新田祐克
ISBN: 9782351806302
Taifu comics, 2012
ISBN: 9784862639349 (JP)
Libre, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu vas aller sur une île avec le fils de Kiria. »

Nitta Youka sensei offre une romance dynamique sur fond de succession d’un clan mafieux. Elle confronte ses deux héros aux manipulations de leurs propres pères. Elle révèle également le passé de Shinya et Kiria Itsuki pour installer les différentes tensions qui touchent le clan. La relation entre Mutsumi et Tôru commence plutôt mal et fluctue constamment entre consentement et rapports forcés, le yakuza rejetant les sentiments amoureux de l’étudiant. L’auteure met en avant les différences entre les générations, en particulier sur la gestion du clan, ainsi que l’adaptation des méthodes pour faire fructifier les fonds, soumises de plus en plus au respect des procédures légales. Elle dénonce également les divers trafics auxquels s’adonnent les mafieux. Dômoto, avec son côté surprotecteur, apporte un peu d’humour. « Tragédie virtuelle » détend l’atmosphère avec une petite romance mettant en avant la communication.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle varie les morphologies des personnages et rend parfaitement les différences d’âge. Il y a donc de beaux garçons comme des voyous à la mine patibulaire. De même, les décors sont soignés et présents. Les trames très variées chargent un peu les pages mais renforcent également le réalisme. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, Nitta sensei censure les parties intimes par des bandelettes ou des caches blancs.

En résumé

Kiss Ariki: Le yakuza Suki Shinya envoie son fils Tôru sur une île isolée pour le protéger d’une guerre de clans. Il lui demande également d’essayer de convaincre Kiria Mutsumi, le fils de son bras droit qui l’accompagne, à rejoindre leur clan. En effet, le brillant étudiant n’a pas du tout l’intention de succéder à son père. D’abord réticent, le frêle mafieux finit par céder avec l’intention d’intervenir si besoin. Même s’il ne s’entend pas trop avec Mutsumi, les deux jeunes hommes finissent au bout d’une semaine pas se soulager ensemble. Mais un soir, l’étudiant tente d’aller plus loin, subjugué par la beauté et la force de caractère du futur héritier du clan. Toutefois, Tôru le rejette et refuse qu’il s’engage uniquement par amour…
Tragédie virtuelle: Aragaki travaille dans la programmation de jeux vidéo en ligne. Asocial, il a du mal à communiquer avec son supérieur, Yonohara, et préfère lui envoyer ses travaux par email. Heureusement, Sakamoto temporise la tension entre eux. Pour se détendre, Aragaki se réfugie souvent dans un jeu, étant tombé sous le charme d’un ami rencontré virtuellement…

En conclusion

Nitta sensei nous plonge rapidement dans l’action. La relation naissante est rapidement occultée par l’univers mafieux, pour notre plus grand plaisir. Par contre, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs, le consentement étant gris. J’aime beaucoup le développement du récit et des personnages, même si cela va assez vite.