Un baiser au goût de mensonge 3 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 3 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368775264
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408530 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Quelle est la chose la plus importante à tes yeux? »

Sagami Waka sensei aborde rapidement les ruses et artifices utilisés par les femmes s’adonnant à l’escroquerie. Elle résolve ensuite quelques brides du mystère entourant Makio. Ainsi, elle met en avant le métier d’indicateur et les possibles connexions de certains escrocs avec les yakuzas. La narration alterne entre Makio et Wachi. Par ailleurs, l’introduction d’un des leaders du clan Ryûsei, Morie Ryû, et de son avocat, Shirasu, oriente le récit vers un fil rouge conducteur plus long. L’auteure approfondit encore les profils psychologiques de ses héros. Elle confronte l’homme d’affaires à son passé houleux avec les femmes et remet en avant son manque d’empathie blessant. De même, elle montre la solitude imposée aux escrocs par leur métier. Le couple essaie toujours de deviner ce que prépare l’autre, entre mensonge et vérité. Avec l’intervention de Kiyomaru, Wachi réalise l’écart qui existe entre lui et son petit ami.

Le trait épuré et légèrement anguleux permet d’exprimer la différence d’âge entre les personnages. Ainsi, les quelques rides de Kakurai et Ryû marquent leur maturité. Dans les passages humoristiques, la mangaka simplifie un peu ses traits. Par ailleurs, elle fait attention à l’expression des regards et aux petits gestes. Les décors présents renforcent le réalisme du récit. Toutefois, quelques trames d’ambiance appuient un peu plus les émotions. La mise en page est dynamique. Contrairement au tome précédent, Sagami sensei censure à peine les scènes érotiques.

En résumé

En fait, Hijiri Makio travaille aussi en tant qu’indic. Plus que l’argent, il aime jouer sur le destin des gens grâce aux informations qu’il détient. Une rumeur circule actuellement sur Wachi Daisuke qui fréquenterait une belle jeune femme. Kakurai propose alors au barman de l’héberger si besoin. Lors d’une réunion, le manque de compréhension et d’empathie de Wachi crée des tensions dans le service. Comme d’habitude, Ise tente de calmer les employés. Le PDG retrouve ensuite Ayasaki, une jeune femme avec qui il travaille sur un projet de marketing. Mais dans le café où se tient leur rendez-vous, apparaît Makio déguisé en serveur, l’air de rien. D’abord surpris, Wachi tente ensuite de s’expliquer durant leurs ébats. Mais dehors, une femme observe son appartement…

En conclusion

La relation entre Makio et Wachi avance petit à petit pour notre plus grand plaisir. Même si les deux héros ne disent pas clairement leurs sentiments, le lecteur est amené à les deviner. Je les trouve tellement mignons ensemble. Et j’apprécie également le retour de certains personnages. J’en oublie presque qu’il s’agit d’un BL!

Un baiser au goût de mensonge 2 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 2 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368772645
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796407182 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Aimer, c’est vouloir tout connaître de son partenaire, jusqu’au moindre détail. »

Sagami Waka sensei continue d’explorer l’univers de l’escroquerie, s’intéressant aux divers profils des arnaqueurs et mettant ici en avant l’arnaque aux placements financiers. En effet, certains escrocs, attirés avant tout par le défi et le jeu de la manipulation, ne cherchent pas forcément à faire fortune. De nouveaux personnages font leur apparition, en particulier le directeur adjoint Ise, qui remarque les changements de son patron. Ainsi, après Makio dans le tome précédent, l’auteure développe un peu plus l’environnement autour de Wachi. De même, elle dévoile petit à petit le mystère entourant Makio en laissant des indices. Elle fait grandement avancer la relation du couple, révélant encore d’autres facettes. L’intuitif PDG découvre pour la première fois le sentiment de solitude et le barman peut se montrer protecteur à sa manière. Mais tous deux continuent à jouer au chat et à la souris.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux. Elle travaille particulièrement les expressions du visage pour transmettre les émotions de ses personnages, qu’elle renforce parfois avec des trames d’ambiance. D’ailleurs, Makio rougit facilement et se retrouve donc hachuré jusqu’aux épaules. Les corps sont finement musclés et les tenues varient, donnant une touche réaliste au récit. De même, les décors sont plutôt présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sagami sensei ne montre pas les détails des parties intimes, jouant sur les angles de vue ou même les phylactères. Elle dessine des illustrations couleurs agréables, avec des contrastes de tons équilibrés.

En résumé

Le patron de bar Hijiri Makio retient facilement les noms et les goûts de ses clients. Pourtant, il reste réservé dans ses relations, déclinant les invitations, sauf celle de Wachi Daisuke avec qui il sort maintenant. D’ailleurs, il n’hésite pas à le provoquer devant ses clients. Même s’ils vivent ensemble, le PDG ne sait rien d’autre sur son petit ami. Dernièrement, ce dernier s’éclipse la nuit et ne rentre qu’au matin. Même Kakurai, l’ami de Wachi qui connaît le barman depuis 6 ans, ou un détective n’ont réussi à percer son secret. Alors l’homme d’affaires décide de suivre Makio. Mais il se fait agresser par un inconnu…

En conclusion

L’auteure ballote les lecteurs entre « amour et sournoiserie ». Elle arrive à faire ressentir les sentiments latents entre les deux amants. Sa romance prend un ton légèrement mystérieux. Comme la narration maintient constamment le suspense, la lecture reste palpitante. J’adore de plus en plus cette relation particulière, avec des hommes adultes. Ce titre me donne également envie de m’informer plus sur les différents types d’arnaques.

Un baiser au goût de mensonge 1 – Sagami Waka

un baiser au gout de mensonge 1 sagami waka
SAGAMI Waka サガミワカ
ISBN: 9782368771822
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404976 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Les péripéties amoureuses d’un homme d’affaires insensible et d’un ancien escroc. »

Sagami Waka sensei offre une romance entre deux hommes à la base indifférents aux autres. A travers des indices semés dans les chapitres, elle montre l’évolution de leurs sentiments tout en laissant toujours planer un certain doute. Ainsi, Wachi qui considérait les gens comme de simples pions, finit par s’attacher à Makio au point d’en perdre la raison, et même mettre en péril sa société. Le barman quant à lui, apprécie ce nouveau pigeon qui le satisfait sexuellement mais surtout le surprend dans ses paroles parfois excessives. La narration alterne entre les deux héros. Par ailleurs, l’auteure détaille les procédés utilisés par les arnaqueurs ainsi que la manipulation psychologique pour amadouer leur cible. Elle installe un jeu tendu entre suspicion et confiance entre les deux amants, l’un cherchant constamment à faire tomber l’autre dans ses filets. Elle fait également intervenir divers personnages autour du couple.

La mangaka a un trait anguleux régulier, au style plutôt classique. Elle joue sur les pleins et les déliés pour l’adoucir. Elle porte attention aux détails et aux regards. Comme ses personnages rougissent facilement, des hachures recouvrent souvent leurs visages. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sagami sensei censure les parties intimes par des rectangles blancs.

En résumé

Bien que Wachi Daisuke gère avec efficacité les affaires de son entreprise, il ne s’investit dans aucune relation, surtout amoureuse. Il peut même se montrer odieux avec ses conquêtes dès que cela devient trop sérieux. Un soir, son ami Kakurai l’emmène dans un bar. Wachi reconnaît alors le patron, Hijiri Makio, qu’il avait croisé dans le train le matin même. Intrigué par d’autres coïncidences, le PDG croit alors à un signe du destin. Séduit par la sensualité de Makio, il se met à fréquenter quotidiennement le bar jusqu’à finir par passer une nuit torride avec le barman. Mais au matin, Makio a disparu, avec le costume et le portefeuille de Wachi…

En conclusion

Cette romance au premier abord légère, est entrainante. Malgré les sales caractères des héros, on s’attache à eux et on s’amuse de les voir tendre des pièges ou céder au danger. J’aime beaucoup la franchise des personnages qui ne cachent pas leurs défauts. Et j’apprécie également les sentiments qui semblent naître malgré eux. Une relation bancale et incertaine que j’ai envie de voir durer longtemps!

Mon quotidien avec un mononoké 2 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 2 syaku
Syaku 灼
ISBN: 9782382760826
Hana, 2021
ISBN: 9784758021500 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Les gens changent comme les saisons. »

Syaku sensei continue de partager le quotidien de Yashio et Toki, de l’été à l’hiver. Elle fait évoluer les sentiments de ses personnages et révèle donc un peu plus leur personnalité. Ainsi, Yashio extériorise mieux ses émotions et fait des remarques parfois mordantes. Il a encore du mal à déterminer ses sentiments et se laisse guider par Toki. Le mononoké quant à lui, s’avère taquin. Il appréhende l’avenir et n’aime pas le changement. Le couple communique beaucoup, même durant leurs ébats. Ainsi, l’auteure aborde les inconvénients de l’immortalité, la peur de souffrir face à la vieillesse et la mort d’autrui. A travers Mitsu, elle s’intéresse également à la jalousie et la place d’un ami très cher quand un couple se forme. Elle met en avant le bonheur d’une vie modeste au gré des saisons, l’attachement régional, l’importance de l’amour partagé au quotidien.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle ajoute un aspect mignon, avec par exemple les oreilles de Micchan qui ressortent quand il a une réaction canine. Les décors toujours autant détaillés et soignés, s’estompent légèrement autour des personnages. Comparé au tome précédent, cela permet d’alléger un peu plus les pages, rendant la lecture agréable. De même, les trames variées jouent beaucoup sur les clairs-obscurs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Syaku sensei ne détaille pas les parties intimes. D’ailleurs, elle s’attarde surtout sur les sensations de ses personnages. Elle offre une conclusion mignonne sur le couple, en deux planches sous la jaquette. Lorsque l’on met les deux couvertures côte à côte, on obtient une magnifique illustration.

En résumé

Depuis que Yôkami Yashio a remarqué une ride, Toki prend soin de son visage. Bien qu’immortel, le mononoké semble avoir peur de vieillir. D’ailleurs, il savoure chaque instant comme si c’était le dernier. Depuis leur déclaration d’amour, il adore également embrasser l’adolescent dès qu’il prend soin de lui. Lors du festival d’été, il se retrouve malheureusement à remplacer un collègue malade sur le stand de son patron. Yashio, quant à lui, en profite pour goûter toutes les spécialités. Il croise alors Micchan avec qui il partage quelques gâteaux. L’ookami continue de le protéger, s’inquiétant pour ses blessures aux pieds, mais n’ose rien demander pour ne pas être reconnu.

En conclusion

L’auteure galvanise l’amour et la simplicité, rappelant les traditions et le bonheur de la vie à la campagne. Elle ne nie pas la solitude, le peu de choix d’activités mais montre que le bonheur se trouve surtout dans les petites choses du quotidien ainsi que dans le partage d’une vie commune avec l’être aimé. Personnellement, ce titre me touche énormément, abordant des thèmes qui me sont chers. Mais je pense qu’il peut être d’un abord assez difficile pour ceux qui ne connaissent pas la pensée japonaise et le shintô. En plus, le rythme lent et les passages très bavards peuvent décourager. Je le recommande tout de même, car son message est tout simplement beau.

Mon quotidien avec un mononoké 1 – Syaku

mon quotidien avec un mononoke 1 syaku
Syaku 灼
ISBN: 9782382760819
Hana, 2021
ISBN: 9784758021494 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Titre original: ハレとモノノケ 上
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« L’impureté survient quand l’équilibre entre la nature et les hommes est rompu. »

Syaku sensei propose de suivre l’étrange cohabitation entre un mononoké et un lycée esseulé. Elle s’inspire des croyances shintoïstes et des yôkai existants. Elle s’intéresse à la solitude, à l’interaction entre l’humain et la nature, à la transmission entre les générations ainsi que la signification des fêtes rituelles. Ainsi, le lecteur découvre au fur et à mesure des chapitres le quotidien entre Yashio et Toki. Le fantastique se fait très discret, le mononoké ressemblant à un humain. Par ailleurs, le chien des montagnes Mitsu apporte une touche humoristique agréable. L’auteure donne beaucoup d’explications à travers les dialogues des personnages. Elle sème au fil des chapitres des indices sur le mystère entourant Toki. Elle montre également le soutien toujours présent entre voisins et l’élargissement des liens amicaux, du fait des distances. Ainsi, le meilleur ami de Yashio, Kunihiro, semble très mûr pour son âge.

La mangaka a un trait épuré presque simple, mais uniquement dans le traitement des visages. En effet, le reste contraste par un trait léché, donnant beaucoup de réalisme au corps. Elle simplifie encore plus les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle joue beaucoup sur les clairs-obscurs en utilisant diverses trames. On retrouve son style réaliste dans le traitement des décors très détaillés. D’ailleurs, cela a tendance à énormément charger les pages. La mise en page dynamique met en avant certaines réactions et rythme donc la lecture. En revanche, comme Syaku sensei développe son univers à travers les discussions entre les personnages, il y a beaucoup de phylactères. Sous la jaquette, elle donne une anecdote sur les deux héros, en deux planches, à lire à la fin. Il y a également un plan de la maison à la fin du volume.

En résumé

Le lycéen Yôkami Yashio (17 ans) vit seul dans la demeure héritée de son grand-père, en pleine montagne, ses parents étant longuement absent pour leur travail. Alors qu’il se promenait dans la forêt, il croise un étrange motard, Toki, qui lui révèle être un mononoké. Désirant le purifier, ce dernier s’installe avec lui et commence à l’initier aux ressources de la forêt. Mais le mononoké semble détenir un autre secret…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Malgré un fort potentiel, les longs dialogues explicatifs brisent le rythme de lecture. L’auteure semble vouloir absolument partager toutes les données qu’elle a récoltées. Pourtant, elle nous invite également à réfléchir indirectement sur la famille et la place de l’homme dans la nature. Toutefois, Yashio, en lycéen blasé, attire l’intérêt du lecteur. Étant fan du folklore japonais, j’adhère complètement au récit. Mais je pense qu’il ne pourra pas plaire à tout le monde, le style narratif pouvant décourager certains lecteurs. Petit conseil: il s’apprécie beaucoup plus en lisant les chapitres un par un…

A mon tour de pleurer β 3 – Kusabi Keri

a mon tour de pleurer beta 3 kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782382760598
Hana, 2021
ISBN: 9784801971356 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: 狂い鳴くのは僕の番;β 3
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Même s’il faut défier le monde ou s’opposer à son instinct, nous voulons pouvoir choisir l’être aimé. »

Kusabi Keri sensei décortique l’univers de l’omegaverse en interrogeant les lecteurs sur la force de l’amour et de l’instinct. Elle aborde ainsi la violence conjugale et la fragilité d’une relation construite uniquement sur une attirance chimique, en s’appuyant sur différents couples. Sasabe est prisonnier des contradictions entre les réactions de son corps et ce que ressent son cœur. En revanche, Utô s’affirme un peu plus, ayant compris ses sentiments profonds, même s’il continue à faire passer le bonheur de ceux qui l’entourent en priorité. Par ailleurs, l’auteure développe les secrets entourant Shiratori, révélant ainsi une personnalité beaucoup plus complexe et sombre. Elle met en avant l’importance du soutien de l’entourage dans les moments difficiles et les hésitations. De même, le couple se construit grâce à la communication et consolide ses sentiments en traversant des épreuves ensemble. En fin de tome, un chapitre bonus présente ce que devient Tobinaga.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle a tendance à dessiner la même forme de visage, ses personnages étant reconnaissable grâce à leur coupe de cheveux. Les décors soignés, très présents, apportent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées et équilibrées. De même, les trames d’ambiance, bien que discrètes, renforcent les émotions. La mise en page est dynamique. D’ailleurs, quelques pages ont une composition originale, légèrement poétique. Par exemple, Kusabi sensei représente les souvenirs de Shiratori et Utô par des flash-back à travers des morceaux de verre brisé. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes blanches. Sous la jaquette, elle offre des fiches sur les personnages ainsi que quelques dessins donnant des anecdotes sur l’avenir des protagonistes. Il vaut donc mieux les lire à la fin pour éviter le spoil.

En résumé

Etant devenus partenaires, Shiratori Yuu (34 ans, alpha) propose à Sasabe Sumito (22 ans, oméga) de vivre ensemble, mais l’oméga hésite encore. Pour le festival d’été, Takaba Keisuke (26 ans, alpha) organise l’évènement annuel de l’entreprise et demande à Utô Shingo (34 ans, bêta) de désigner des volontaires pour l’aider. Sasabe accepte volontiers ce nouveau défi. Il arrive ainsi à réserver une brasserie avec une vue sur le feu d’artifice grâce à ses connexions avec le bar à hôtes. Il s’occupe personnellement de Shiratori à son arrivée, mais les deux hommes restent coincés dans l’ascenseur quelques instants suite à un problème technique. L’alpha profite d’un petit malaise pour marquer à nouveau l’oméga alors qu’il prévenait son supérieur. Toutefois, Sumito remarque que l’alpha exhibe toujours leur relation en présence d’Utô. En effet, malgré son attirance physique pour son partenaire, ses sentiments pour le bêta restent intacts…

En conclusion

L’auteure me surprend agréablement avec la conclusion de sa romance entre un bêta et un oméga, dont je n’aurais pu deviner le dénouement après la fin du tome précédent. Les passages érotiques sont peu nombreux pour laisser la place au développement de l’histoire. Et pourtant, ce tome est bien épais. Un récit émouvant avec un merveilleux couple!

Mignon et incompréhensible – Owal

mignon et incomprehensible owal
Owal おわる
ISBN: 9782368770758
Hana, 2021
ISBN: 9784801964662 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 理解不能クソキューティ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Il est instable et incompréhensible, mais son corps est si sexy, totalement mon type! »

Owal sensei offre une romance sexy entre un professeur gay avare et son étudiant effronté. Elle commence d’abord son récit comme une simple comédie romantique mais intègre ensuite des thèmes de plus en plus sérieux. Ainsi, elle aborde le jugement sur l’apparence, la prostitution et le sacrifice de soi pour réaliser ses rêves. Malgré son air sévère, Nakahara est très gentil. Il ne s’attache plus à ses partenaires suite à une mauvaise expérience. Au contraire, Hirose cache sa situation critique derrière son enthousiasme. Même s’il se montre insouciant, il a clairement conscience des risques de son petit boulot et de sa dépendance envers Kiryû. L’auteure développe les sentiments entre les deux héros, faisant évoluer petit à petit leur relation. Elle alterne la narration entre Tatsuya et Tsumugi. Elle oblige le lecteur à s’interroger sur le sugar daddy Kiryû au comportement à la fois généreux mais abusif.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des bouilles adorables toutes rondes. De même, elle met en avant la plastique de ses personnages, jouant sur le fan service, en particulier avec la musculature de Tatsuya et les mignonnes expressions de Tsumugi. L’équilibre les trames offre une bonne balance entre les clairs-obscurs. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Owal sensei utilise des angles de vue parfois osés et originaux et n’hésite pas à déstructurer sa mise en page pour renforcer la dynamique. Elle ne censure pas les scènes érotiques, présentes à chaque chapitre. Parfois, un halo vient légèrement atténuer les détails. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement au récit. Sous la jaquette, deux dessins présentent une tranche de vie du couple sous forme d’une publication sur les réseaux sociaux.

En résumé

Le designer graphique Nakahara Tatsuya (26 ans) donne des cours à temps partiel dans une université spécialisée dans la mode. Dans son cours, il éprouve quelques difficultés avec le jeune Hirose Tsumugi. Le déluré et bruyant étudiant arrive à chaque fois de justesse en cours à cause de son petit boulot qui se termine tard la nuit. Mais un jour, il l’attend en fin de journée pour lui demander des explications sur le logiciel de graphisme présenté en cours. Bien que n’aimant pas travailler gratuitement, l’enseignant accepte de le former. Mais à la fin du cours, Tsumugi lui saute dessus pour le remercier en nature…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais est cité parmi les meilleurs mangas qui fendent le cœur sans arrêt. J’adore les uke entreprenants, je craque donc complètement pour ce récit, d’autant plus en découvrant les circonstances de Hirose. En revanche, il y a beaucoup de scènes sans consentement, pouvant gêner certains lecteurs. Ce titre ne plaira pas à tout le monde. Mais pour ma part, je trouve le couple attachant et la dynamique entre les personnages intéressante.

Come to hand – Sei

come to hand sei
Sei 世
ISBN: 9782382760987
Hana, 2021
ISBN: 9784845856633 (JP)
Leed, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Nos univers sont différents, mais cela ne m’empêche pas de t’aimer. »

Sei sensei offre une romance contemporaine et réaliste entre un professeur et un tatoueur. Elle met en avant l’ouverture d’esprit des deux hommes qui, par attirance, découvrent avec plaisir l’univers de l’autre. Les sentiments sont très rapidement partagés, mais le couple prend son temps pour les consolider. Par ailleurs, le propriétaire Shigure et l’employé du salon Raizo apportent une touche humoristique. Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien la narration, s’attardant sur les petits tracas du quotidien. Elle aborde la différence d’âge, les regrets, l’importance de la discussion. Elle complète ce tome avec une romance entre un acteur et un écrivain, sur le même ton doux.

La mangaka a un trait fin, épuré et délicat, proche du style shôjo. Elle porte attention aux gestes tendres. Elle joue beaucoup sur les tons dégradés, apportant de la douceur aux pages. De même, les visages ronds renforcent cet aspect doux. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les arrière-plans sont actifs, avec des personnages qui parlent, bougent. Cela donne ainsi une touche très réaliste au récit. Pour un premier manga, Sei sensei maîtrise déjà très bien la mise en page, dynamique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente les personnages.

En résumé

Come to hand / Da capo: En pleine période de corrections, le professeur de musique Umino Miharu (35 ans) remplace également un collègue malade. Surmené, il s’effondre de fatigue devant un salon de tatouage. Arashi Kasuga (28 ans), gérant du salon, le recueille alors chez lui. Mais en voyant les tatouages, Umino laisse échapper quelques mots blessants qu’il regrette aussitôt. Le lendemain, il revient donc s’excuser et le remercier de son aide. Comme il a attendu dans le froid, Arashi l’invite à discuter au chaud chez lui. Durant la discussion, le professeur révèle sans le vouloir qu’il est homosexuel. Mais la visite impromptue d’une cliente met fin à leur échange. Ayant envie de revoir le tatoueur, Miharu accepte volontiers les gants qu’il lui prête. Au lycée, le collègue qu’il a remplacé lui offre des tickets de concert. Le jeune professeur invite alors son nouvel ami. Après le spectacle, ce dernier lui propose de sortir ensemble.
Une rencontre bien réelle: L’acteur Yamabuki Hajime rencontre l’auteur Satô Sumire, dont le roman sera adapté en film. Il y jouera un rôle. Mais grand fan du romancier, il n’arrive pas à cacher sa nervosité. A sa surprise, ce dernier l’invite chez lui pour lui, en dix exemplaires, son dernier roman. En échange, Hajime lui propose alors de cuisiner ce qu’il souhaite.

En conclusion

Ce titre a obtenu la neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Le récit est bien ancré dans l’actualité, avec l’homosexualité et les tatouages qui commencent à être mieux acceptés dans la société japonaise. Pour rappel, l’image du tatouage est négative au Japon, souvent rattachée à celle des yakuzas. Ce récit plein de douceur ravira les romantiques. Il est également idéal pour débuter.

The dog and waning moon 3 – Unohana

the dog and waning moon 3 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782382760499
Hana, 2021
ISBN: 9784864423823 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je suis le genre de personne à s’intéresser aux autres quand ils sont en couple. »

Unohana sensei conclut sa romance sportive sur la boxe. Suite au tome précédent, elle développe la rivalité entre Yanai et Kazuya et confronte leurs deux méthodes d’entrainement. En effet, l’ancien champion ne jure que par la puissance d’un club tandis que son rival préfère le choix du cœur en accompagnant son poulain. Alors que les deux entraineurs considèrent encore Kurogo comme un enfant, le jeune boxeur s’affirme peu à peu. En plus, le comportement et les sous-entendus de Kôji créent des tensions au sein du couple. Ainsi, l’auteure aborde les différentes formes de jalousie et les états d’âme des anciens sportifs comme le regret de certains choix qui se transforme en amertume, le report sur un nouveau prometteur de sa frustration. Par ailleurs, ce tome débute par une histoire bonus révélant les sentiments naissants de Gaku à 16 ans, peu après son arrivée au club.

Le trait épuré et anguleux de la mangaka conserve une petite touche croquée. Les décors détaillés, plutôt réalistes, situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées et variées. La mise en page dynamique permet de plonger le lecteur dans les combats. Unohana sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle donne des anecdotes amusantes en fin de chapitre avec un croquis.

En résumé

Kurogo Gaku a suivi Yanai Kôji en Thaïlande pour s’entrainer pendant deux semaines. Comme l’ancien champion souhaite le préparer aux combats internationaux, le jeune boxeur enchaine les combats dans un club de boxe. Il sympathise même avec certains membres qui aiment faire la fête après les entrainements. Mais remarquant sa fatigue, Yanai l’aide à refuser poliment une nouvelle invitation. Arrivés à l’hôtel, il lui propose un massage pour faire dégonfler son mollet. Mais en voyant des suçons au niveau de la cuisse intérieure du boxeur, il devine alors que ce dernier entretient une relation amoureuse avec Shôji Kazuya. Il n’hésite pas à le provoquer en feignant de vouloir le toucher plus intimement…

En conclusion

Quel plaisir de voir nos deux héros enfin jouer d’égal à égal dans leur relation. Malheureusement, Yanai se passe également de consentement. Mais j’apprécie cette romance adulte où la carrière sportive prime.

Bilan des lectures 2021

Cette année, nous avons été gâté avec des sorties de qualité et des suites très attendues. En plus, le choix s’étoffe également en numérique grâce aux éditions Akata et Hana book. Si je m’écoutais, pour le bilan de cette année, je citerais tous les titres de Niyama, Natsume Isaku, Zariya Ranmaru ainsi que ceux de mes mangaka préférés. D’ailleurs, certaines auteures, dont les œuvres traduites en français se faisaient rares, sont enfin de retour: Hidaka Shoko et Suzuki Tsuta. Je vais donc faire simple: tous les tomes 5 des séries sont à lire absolument ou beaucoup. Comment cela, je triche? En effet, ce serait dommage de ne pas présenter également la diversité des registres littéraires. En fin de compte, l’exercice du bilan annuel est un excellent entraînement pour se préparer à voter au Boys love France Awards organisés par yaoicast.fr et BL Café.
Voici donc une sélection des mangas qui me font toujours vibrer à chaque relecture.

A lire absolument
  1. Kachô fûgetsu – beauties of nature 5 de Shimizu Yuki
    L’auteure nous passionne avec les aventures de différents couples retirés à la campagne et poursuivis par leurs problèmes.
  2. Blanc de Nakamura Asumiko
    La conclusion magistrale et émouvante de la série Doukyusei. Une série à lire sans hésiter!
  3. Old fashion cupcake de Sagan Sagan
    Une romance adulte aussi douce et parfumée que la crème d’un gâteau, avec un style narratif et graphique uniques.
  4. Si tu insites… de Niyama
    La mangaka se surpasse dans cette comédie romantique pleine de surprises. Impossible de ne pas craquer pour Nin-Nin!
  5. Let’s be together de Kurahashi Tomo
    Ce préquel de Let’s be a family commence sur un script classique mais son traitement subtil le rend émouvant.
  6. Fangs 1 de Billy Balibally
    L’auteure a un trait magnifique et revisite le thème du vampire avec brio.
  7. Le théâtre des fleurs 5 de Natsume Isaku
    Une romance pleine de tendresse, idéale pour découvrir le kabuki.
  8. Lovenest 2 de Minaduki Yu
    Ce spin-off de Change world développe la romance d’un autre couple encore plus attachant.
  9. Tokyo en avril… 2 de Haru
    Mon énorme coup de cœur de l’année dernière se confirme.
  10. Remnant jujin omegaverse 3 de Hasumi Hana
    Un omegaverse dont les intrigues s’enchainent aussi vite que les sentiments changent.
A lire beaucoup
  1. Anti-romance 1 de Hidaka Shoko
    Une romance entre deux amis d’enfance en colocation, mais abordée avec délicatesse par la mangaka.
  2. J’en peux plus, Sensei! de Kashima Chiaki
    Une comédie romantique légèrement acide.
  3. The monster exposed d’Ogeretsu Tanaka
    Un drame très intéressant sur la rédemption, spin-off de Love whispers, even in the rusted night.
  4. Les caprices du jaguar 3 d’Unohana
    Cette série dans l’univers de la musique rock, passe complètement inaperçue, mais allez-y sans crainte.
  5. Barbaraties 1 de Suzuki Tsuta
    Le retour d’une grande mangaka dans une romance historique imaginaire inspirée de l’Europe.
  6. Nomi & Shiba 1 de Tagura Tohru
    L’auteure traite avec finesse les premiers émois amoureux des lycéens, mais avec une pointe d’humour tellement agréable.
  7. Afterimage slow motion de Jyanome
    La mangaka a un style unique aussi bien graphique que narratif. Cette romance se développe comme une série TV.
  8. Over squall de Ueda Aki
    Une tranche de vie qui interroge sur la reconstruction après une rupture.
  9. Proposition idéale de Tsurukame Mayo
    Un titre qui passe inaperçu à cause de son style classique mais qui respire la chaleur humaine.
  10. Blue summer de Furuya Nagisa
    La mangaka arrive à nous passionner sur le simple quotidien.
Parmi les titres publiés avant 2021 et découverts cette année

    Je vais éviter de citer d’autres titres des auteurs vus précédemment.

  1. Hide and seek de Sakuragi Yaya
    La mangaka a un trait unique et expressif et offre une romance très adulte.
  2. Gift de Ichinose Yuma
    Une romance sportive sur la boxe qui bascule dans un thriller psychologique.
  3. Hidamari ga kikoeru de Fumino Yuki
    Une romance douce qui parle également du handicap.
  4. Back to love de Aida Saki et Yamada Yugi
    Une romance entre deux hommes au passé sombre qui redécouvrent le bonheur.
  5. Electric delusion de Nekota Yonezou
    Une romance entre amis d’enfance, en quatre tomes, qui aborde également les questions pratiques des premières fois.
  6. Rêve de coucou de Tamekou
    Un récit surprenant qui interroge sur le mensonge.
  7. Blue lust de Hinako
    Une histoire poignante sur le traumatisme et le suicide.
  8. Same difference! 4 de Hiiragi Nozomu
    Allez-y sans crainte, cette comédie romantique entre deux seme apporte des moments de bonheur sans fin.
  9. How to keep me and how to scold de Kasai Chiaki
    Encore un titre qui passe inaperçu mais qui offre une comédie romantique et sexy.
  10. Jackass! de Scarlet Beriko
    Mon titre préféré de l’auteure! Une romance abordant le fétichisme avec humour.

Dans mes projets d’évolution du blog, Je n’ai pas beaucoup avancé. Je réfléchis également à d’autres formats de présentation en espérant aboutir un jour. Pour les titres non traduits en français, je n’ai abordé que Vampire and pleasant companions de Konohara Narise et Ragawa Marimo. J’avoue qu’en webcomic, mon enthousiasme du début s’est étiolé. J’abandonne souvent la lecture des titres au bout d’une quinzaine de chapitres. En effet, je me lasse très vite des rebondissements répétitifs à foison, des fins en suspens répétitives ainsi que des ellipses trop longues. Or, c’est ce système même qui incite au clic et fait durer les séries de ce genre. Malheureusement, cela provoque l’effet inverse sur moi. Je trouve plutôt mon bonheur sur la plateforme Coolmic, même si la majorité des titres est du smut au scénario aussi fin qu’un fil. A voir si je vous en parle ou non un jour sur le blog?
En espérant que cette liste vous permettra de découvrir de nouveaux titres, je vous souhaite une bonne lecture!