Ne pleure plus, Hibari – Minazuki Akira

ne pleure plus hibari
MINAZUKI Akira ミナヅキアキラ
ISBN: 9782382762950
Hana, 2022
ISBN: 9784813032588 (JP)
Taiyohtosho, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Une romance délicate entre un tuteur et un pupille.

Minazuki Akira sensei propose une romance entre un orphelin mineur et son tuteur tout en décortiquant les questions morales que cela implique. Elle aborde également le deuil, la culpabilité, le sentiment de responsabilité. La narration qui commence d’abord avec Kiyosumi, alterne ensuite avec Hibari pour enfin converger. Les deux protagonistes, conscient de leur situation particulière, refoulent d’abord leurs sentiments amoureux, cherchant à tout prix à préserver une ambiance familiale. Ainsi, l’auteure partage toutes leurs réflexions, en particulier la difficulté à distinguer amour familial et sentiment amoureux. De même, elle met en avant l’influence de l’autorité parentale sur un mineur. D’ailleurs, Sumi souhaite que Hiba arrive à s’en libérer. La relation entre le photographe et l’adolescent s’équilibre donc après quelques épreuves.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, avec un style shôjo qui dégage beaucoup de douceur. Les trames sont abondantes et variées. De même, les trames d’ambiance se font discrètes, se fondant dans la case. En plus, les décors, soignés, ajoute une touche réaliste par leur présence. Les fonds noirs permettent de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les détails. D’ailleurs, Minazuki sensei a tendance à décomposer les mouvements. Elle censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, les angles de vue choisis évitent de montrer les détails des parties intimes. Les illustrations en début de chapitre jouent beaucoup sur les contrastes blanc et noir.

En résumé

Se sentant responsable du décès de son ami et assistant Misago dans un accident de moto, le photographe Kiyosumi recueille son petit frère Hibari. Mais le jeune orphelin devenu adolescent, garde une certaine réserve envers son tuteur. Un soir, il trouve Sumi endormi sur le canapé et en profite pour lui voler un baiser. Conscient des sentiments que Hiba nourrit à son égard, le photographe feint de les ignorer, voulant avant tout lui offrir une famille.

En conclusion

Enfin une romance entre un tuteur et un pupille qui aborde les questions de l’influence de l’autorité parentale! Le trait de l’auteure depuis Smoky nectar a embelli pour mon plus grand plaisir. L’évolution des personnages peut paraître un peu précipitée mais beaucoup de temps s’écoule en réalité, même si cela est peu perceptible. Une lecture plaisante!

Tout au bout du chemin – Jyanome

tout au bout du chemin jyanome
Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382762851
Hana, 2022
ISBN: 9784863498587 (JP)
Akaneshinsha, 2021 (JP)
Titre original: みちみちなるままに
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Deux amis d’enfance, entre amour et haine.

Jyanome sensei mêle à la fois romance et drame psychologique où la séparation entre amour et haine se dilue. Elle met en scène une relation bancale polluée par le manque de communication et les comportements blessants. Par ailleurs, elle maintient le suspense en révélant, par flash-back, les circonstances de la séparation entre Minoru et Jô. Ainsi, le lecteur découvre les parties sombres des personnalités des deux héros. Les deux hommes n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments: Takeda est trop centré sur lui-même et sa passion tandis qu’Osanai fuit constamment son mal-être. L’auteure alterne avec brio les émotions extrêmes telles que la rancœur, la jalousie, l’admiration. Elle met en avant des héros qui ont du mal à avancer dans la vie, prisonnier de leurs rêves et d’une promesse faite à leur professeur, Togashi. Ainsi, elle aborde la trahison, la peur du jugement extérieur, la difficulté à assumer son homosexualité.

La mangaka a un trait reconnaissable, fin et anguleux. Elle détaille les décors. Elle joue également sur l’esthétique des planches, utilisant diverses techniques pour les rendre expressives. Par exemple, dans les souvenirs flous, un visage est raturé avec un nom. De même, les pensées violentes envahissent les cases. D’ailleurs, le fond noir indique en général les réflexions intérieures. Ainsi, les flash-back se retrouvent directement intégrés au récit mais des indices graphiques permettent de les repérer (uniforme, taille, effet de flou) Les trames d’ambiance participent également à la narration. En effet, Jyanome sensei privilégie les clairs-obscurs et les angles de vue pour dynamiser ses pages. Par contre, elle ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle dessine des illustrations poétiques en début de chapitre, rappelant les thèmes artistiques.

En résumé

Takeda Jô est amoureux de son ami Osanai Minoru. Comme il ne sait comment lui avouer ses sentiments, il lit beaucoup de shôjo mangas pour se renseigner mais en fin de compte, il finit par oublier son objectif. Désirant devenir mangaka, il se laisse happer par l’inspiration et finit par envoyer une de ses créations à un concours de magazine. Minoru, quant à lui, s’adonne à la peinture, rêvant de devenir peintre professionnel, mais souffre de plus en plus pendant ses réalisations. Prenant un jour son courage à deux mains, Jô lui demande alors de sortir avec lui, désirant le soutenir dans ces moments difficiles. Mais leur histoire se termine par une trahison…

En conclusion

Comme à son habitude, Jyanome sensei offre un style narratif original qui happe le lecteur dans le récit. Elle arrive à nous faire changer de point de vue sur les protagonistes en dévoilant leurs petits secrets. En plus, le graphisme est toujours aussi agréable avec de beaux déhanchés et des angles de vue mettant en avant la sensualité des personnages. Attention toutefois pour les personnes sensibles, certains rapports ne sont pas pleinement consentis. Un coup de cœur pour moi!

I’ll make you cry – Hiiragi Nozomu

i ll make you cry hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu
ISBN: 9782382762899
Hana, 2022
ISBN: 9784796414180 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

De gentils voyous au grand cœur qui s’aiment mais…

Hiiragi Nozomu sensei offre une comédie romantique entre deux amis d’enfance qui s’aiment mais attendent le premier pas de l’autre. Elle y ajoute de l’action, ses deux héros ayant un petit côté rebelle. Elle joue également sur leurs caractères opposés: bien que grand et fort, Kô est taciturne et plutôt ingénu, tandis que Maki est très sociable malgré son style de yankee. Ainsi, Kô attire les délinquants qui veulent le recruter mais ces derniers doivent souvent passer par Maki pour l’approcher. Malgré des sentiments partagés, les deux lycéens ont du mal à aborder ce sujet. Pourtant, ils communiquent très facilement pour tout le reste. Ainsi, l’auteure développe avec humour la peur de perdre une amitié suite à une déclaration d’amour mais également l’impuissance sexuelle. Elle montre l’évolution du couple pour surmonter leurs problèmes. Dans l’histoire bonus, elle met en avant l’évolution de leur relation.

La mangaka a un trait épuré anguleux très expressif dans son apparente simplicité. Elle exagère les expressions, donnant une touche d’humour graphique. Par exemple, Maki semble avoir des crocs de requin, lui conférant une note polissonne. Elle dessine des corps finement musclés. Par ailleurs, le chaton ajoute une petite touche mignonne avec des expressions presque réalistes. Les décors, plutôt détaillés, apparaissent sur les plans larges. De même, quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Hiiragi sensei arrive à adapter les scènes d’action dans son propre style de mise en page, tout en gardant la dynamique. En plus, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Kô et Maki sont amis d’enfance. Beau gosse taciturne, Kô nourrit un amour secret depuis la maternelle pour Maki, qui a depuis longtemps deviné ses sentiments. Ce dernier qui vient de se faire plaquer par sa petite amie, se réconforte auprès de son ami. En réalité, il essaie de créer des moments propices à une déclaration d’amour, en vain. Un soir, en sortant d’un konbini, les deux lycéens remarquent un groupe de délinquants maltraiter un chaton. Maki attire leur attention avec ses cheveux colorés et sa banane. Tandis qu’il rattrape le malheureux animal lancé dans les airs, Kô utilise son parapluie pour corriger les voyous et décide d’adopter le minou. Son ami lui annonce alors qu’il ne pourra l’aider car il a l’intention de partir travailler à Tokyo après le lycée. Acculé, Kô lui confie enfin son secret, mais ce n’est pas du tout ce à quoi s’attendait Maki.

En conclusion

J’aime beaucoup la dynamique entre les deux personnages. J’ai même eu une agréable surprise avec les sœurs des deux héros, Miu et Yoshino. Un récit à la fois tendre et amusant qui pourtant aborde des thèmes sérieux, comme sait toujours le faire l’auteure!

Celui qui ne dit jamais non – Mitsuki Emi

celui qui ne dit jamais non mitsuki emi
MITSUKI Emi 三月えみ
ISBN: 9782382762905
Hana, 2022
ISBN: 9784801971752 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Un détective se doit de rester objectif. »

Mitsuki Emi sensei narre une tranche de vie à la fois sexy et pleine de suspense. Elle base la narration sur Nozomi. Elle alterne les flash-back pour semer les indices. Mais comme le détective partage ses réflexions, le lecteur peut parfois suivre une mauvaise piste. En fait, la simple enquête de départ s’avère beaucoup plus complexe qu’elle ne paraît. L’auteure aborde ainsi avec subtilité le jeu des apparences, la vengeance ainsi que la violence de l’homophobie à travers Uehara. Elle présente deux approches différentes de l’observation avec d’une part, Kurose qui doute de tout et d’autre part, Shiraishi qui préfère faire confiance, et met en avant le dilemme d’un détective quand les sentiments se mêlent à son enquête. Elle dépeint également un amour tordu mais sincère qui a du mal à s’exprimer. L’histoire bonus présente le point de vue d’Aoyama Eita, le chef de l’agence d’investigation.

La mangaka a un trait légèrement épuré, léché, jouant sur les pleins et les déliés. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Au contraire, les décors, plutôt minimalistes, situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique avec des cadres bien définis mais cela sied parfaitement au genre. Mitsuki sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, il y en a à chaque chapitre. Toutefois, certaines n’apportent pas grand-chose au développement du récit et sont heureusement courtes. Dans la postface, l’intervention des personnages apporte une touche humoristique.

En résumé

Le détective Kurose Nozomi, de l’agence d’investigation RJ, enquête actuellement sur le député Nakata (55 ans) à la demande de sa femme qui le soupçonne d’infidélité. Ce dernier se rend souvent dans l’hôtel Skyward et semble très intime avec le concierge, Shiraishi Ritsu (27 ans). En réalité, Shiraishi offre un service impeccable et même personnalisé auprès des clients. Le soupçonnant d’abord d’être l’amant du député, Kurose n’arrive pas à soutirer des informations auprès de Ritsu. Pourtant, ils ont sympathisé depuis déjà trois mois: lorsque Nozomi séjournait à l’hôtel, pleurant la mort de son hamster, il a été touché par la sollicitude de Ricchan. Le concierge l’assiste même dans ses missions en dehors de son service. En planque sur le parking de l’hôtel, Kurose réalise que son partenaire l’attire de plus en plus et il ne résiste pas à ses charmes.

En conclusion

Les retournements de situation s’enchainent, surprenant sans cesse le lecteur. Il m’est difficile de développer la richesse de ce titre au risque de gâcher le suspense. Sachez juste qu’il y a une enquête dans une enquête et que c’est un réel plaisir de découvrir ce moment. Mise à jour: Ce one-shot obtient la neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022.

10 ans de nos vies – hitomi

10 ans de nos vies hitomi
hitomi
ISBN: 9782382762868
Hana, 2022
ISBN: 9784801968653 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Titre original: 1人と一人の3650にち
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Des amours douloureux non assumés.

hitomi sensei propose de suivre une romance dramatique entre deux amis d’enfance. Elle alterne la narration entre les deux protagonistes, mettant en évidence leur vision très différente de leur relation. Elle s’intéresse particulièrement à la difficulté d’assumer son homosexualité, à la peur du jugement extérieur ainsi qu’à la gestion des regrets. A cause de son sentiment de culpabilité, Katsumi s’inflige une punition en fréquentant des hommes violents. Maki essaie alors de sauver son ami dans sa démarche destructrice et dangereuse. Ils développent une relation bancale, sans partage de sentiments malgré un amour réciproque. Ainsi, l’auteure met en exergue la souffrance que peut ressentir un homme qui a du mal à accepter son orientation sexuelle. Elle reprend d’ailleurs ce thème dans une autre histoire, en fin de tome, avec une note plus tendre.

La mangaka a un trait léché. Elle dessine des corps finement musclés mais tout de même virils. Elle varie les morphologies, donnant une touche réaliste. Les décors, détaillés, sont très présents. De même, les trames sont variées et abondantes. En revanche, les trames d’ambiance, discrètes, accompagnent les émotions. La mise en page est très dynamique. Bien que le graphisme évolue un peu, hitomi sensei ayant dessiné son récit sur le long terme, on ressent déjà une maîtrise dans l’agencement des cases et les détails. Même si les scènes érotiques ne sont pas censurées, elle privilégie les sensations des personnages.

En résumé

10 ans de nos vies: Après la remise des diplômes, Maki Shûichirô déclare ses sentiments à son meilleur ami Hayase Katsumi. Mais ce dernier le rejette avec des mots très durs. Dix ans plus tard, ils se croisent par hasard dans une libraire, alors que Hayase venait commander un livre. Quand Maki l’appelle pour l’avertir de l’arrivée de sa commande, un autre homme décroche au téléphone. Par la suite, le libraire est encore plus surpris de découvrir que son ancien camarade fréquente un bar gay. Son ami Yama lui annonce même que ce dernier rencontre souvent des hommes peu recommandables. Inquiet, Maki décide donc de le suivre…
Nouveaux horizons / Nouveaux horizons: que sont-ils devenus?: Nojima Daiya, un pur citadin, s’installe à la campagne. Il sympathise rapidement avec son voisin Odagawa Yûsuke qui a à peu près le même âge. Ce dernier s’est installé également trois ans auparavant et lui enseigne comment vivre à la campagne.

En conclusion

Ce tome obtient la septième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Attention certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs, avec une scène de viol et des rapports non consentis. Mais l’auteure les présente comme tel, montrant la souffrance du protagoniste, sans pour autant tomber dans l’exhibitionnisme. D’ailleurs, elle privilégie toujours les sensations et émotions de ses personnages. Avec un graphisme magnifique et un scénario bien construit, ce récit poignant me procure beaucoup d’émotions. La petite touche positive est bienvenue à la fin.

Beast’s storm 2 Kiss me baby! – Kuroi Morry

beast s storm 2 kiss me baby  kuroi morry
KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762790
Hana, 2022
ISBN: 9784796412636 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La dure organisation de la vie de famille.

Kuroi Morry sensei continue sa tranche de vie sur le couple de bêtes en s’intéressant à leur vie de famille. Elle montre l’organisation nécessaire des deux parents pour élever un enfant. A cause du manque d’échanges du couple, le doute et la jalousie s’installent. En effet, les bêtes sont sensibles aux odeurs. Toutefois, nos deux héros éprouvent une certaine honte à ne pas faire confiance à leur partenaire. Avec Kurosaki et l’infirmier Kirigaya, l’auteure aborde les préjugés entre les bêtes et les normaux, confrontant deux visions différentes. Ainsi, le médecin ayant l’esprit très ouvert, travaille à une égalité entre les deux espèces, acceptant le rejet et les remarques de certaines bêtes, tandis que l’infirmier a du mal à cacher son malaise. Le chapitre bonus se concentre sur Shôta. Une autre histoire en deux chapitres complète ce tome, narrant une romance entre deux amis d’enfance.

Le trait très épuré de la mangaka sublime le graphisme mignon des personnages. D’ailleurs, elle met en avant les bouilles de Shôta. Les décors situent principalement l’action. Toutefois, les trames sont équilibrées. La mise en page est dynamique. Comparé au tome précédent, il y a beaucoup moins de scènes érotiques. En revanche, Kuroi sensei continue de censurer les parties intimes par des caches blancs.

En résumé

Beast’s storm / Il s’appelle Nutty: Kijima Akira (anciennement Miyaji) et Sôgo élèvent ensemble leur enfant Shôta en se partageant les tâches ménagères. Comme l’hôpital manque de personnel, Akira a repris le travail rapidement. Mais ses phéromones post-partum attirent certaines bêtes. Un nouveau médecin, affecté en renfort, lui vient en aide alors qu’un patient l’embêtait. Bien que normal, Kurosaki est spécialiste des bêtes. Il s’avère également être un ami de Sôgo. Très ouvert, il sympathise donc facilement avec Akira…
Bon appétit!: L’inspecteur en chef de la section criminelle Murata Chihiro (29 ans) est à la recherche d’un voleur qui s’est caché dans un sanctuaire, profitant de la foule venue admirer les cerisiers en fleurs. Il est alors interpelé par un ami d’enfance, Kinoshita Ryô, qui travaille sur un stand de takoyaki. Il y a dix ans, ils s’étaient séparés abruptement lorsqu’il avait giflé Ryô qui avait essayé de l’embrasser de force. Pourtant, leurs retrouvailles se passent comme si rien ne s’était passé.

En conclusion

Malgré des thèmes intéressants, l’auteure les aborde avec légèreté, privilégiant le fan service et l’humour. Le récit reste pourtant mignon, divertissant et sympathique. Et Shôta vous fera fondre!

Beast’s storm 1 – Kuroi Morry

beast s storm 1 kuroi morry
KUROI Morry 黒井モリー
ISBN: 9782382762783
Hana, 2022
ISBN: 9784796411325 (JP)
Kaiohsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Aller contre son instinct.

Kuroi Morry sensei offre une comédie romantique entre deux hommes aux caractères opposés. Elle crée un univers inspiré de l’omegaverse mais moins contraignant, s’amusant surtout sur le fan service des personnages mignons avec des oreilles et des queues d’animaux. Ainsi, l’humour se base principalement sur les chamailleries entre les deux protagonistes qui ont d’abord une vision différente de l’amour. Alors que Miyaji rejette sa nature de bête, Kijima assume complètement son instinct, laissant libre cours à sa libido. Ensuite, ils vont trouver quelques points communs qui les rapprocheront petit à petit. L’auteure aborde la place de l’amour sous l’influence des phéromones ainsi que la force de la volonté. Elle confronte l’instinct animal au sentiment amoureux. De même, elle met en avant la conception réfléchie à deux d’un enfant. La narration donne principalement le point de vue d’Akira, mais l’histoire bonus développe celui de Sôgo.

La mangaka a un trait très épuré. Elle exagère les expressions, n’hésitant pas à les simplifier au maximum. Ainsi, elle apporte une touche humoristique graphique qui flirte avec l’aspect mignon des personnages. En revanche, Kijima, très musclé, contraste un peu dans cet univers. Les décors minimalistes situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées. La mise en page dynamique accompagne avec efficacité le rythme de lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes en ne dessinant pas les détails ou en utilisant des caches blancs. Il y a presque une scène à chaque chapitre.

En conclusion

Suite à une mutation génétique, certains humains ont évolué en « bêtes ». Ils possèdent des oreilles et une queue d’animal et sont dominés par leur instinct. En plus, les couples homosexuels d’hommes peuvent également donner naissance à un enfant. Miyaji Akira, une bête née de parents normaux, officie en tant que médecin dans un hôpital spécialisé pour les bêtes. Durant ses consultations, il reçoit la visite du directeur de l’hôpital, Kijima Sôgo, qui prétend avoir ses chaleurs. Peu à l’aise avec cette bête aux gènes dominants qui suit uniquement son instinct, le médecin ne supporte plus les demandes de son supérieur pour devenir son partenaire. En effet, beau et dégageant des phéromones, ce dernier se fait tout le temps draguer. Pourtant, Akira se surprend à ressentir de la jalousie. Soudainement en chaleur, il fuit alors dans son bureau mais Kijima le suit.

En conclusion

Les doubles oreilles sont d’abord surprenantes, mais on s’y fait vite. L’auteure arrive à installer son univers en l’étoffant au fil des chapitres. En revanche, l’influence des phéromones et des chaleurs permet de faire passer des relations non consenties comme inévitables. Cela pourrait gêner certains lecteurs. Ce tome est surtout divertissant et mignon, avec un jeu de séduction amusant.

The black cat fall in love – Fujikawa Ruri

the black cat fall in love fujikawa ruri
FUJIKAWA Ruri 藤河るり
ISBN: 9782368771938
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796404211 (JP)
Kaiohsha, 2013 (JP)
Titre original: 黒猫はしっぽで甘える
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A force de le voir, je suis tombé amoureux de lui… »

Fujikawa Ruri sensei offre une comédie romantique légère entre un adulte et un adolescent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Même si elle aborde le questionnement de la différence d’âge et de l’immoralité de la relation, elle les développe peu. Toutefois, Sakaguchi culpabilise tout de même un peu de faire du détournement de mineur. Les sentiments du couple se renforcent en surmontant divers petits obstacles et drames du quotidien. L’auteure allie avec justesse romance et humour. Elle travaille néanmoins la psychologie de ses personnages. L’introverti Kazuya s’affirme petit à petit aux côtés de son amant et s’impatiente de devenir adulte. Même si l’écrivain taquine un peu son petit ami, il observe ses changements et respecte son épanouissement sexuel, s’adaptant à ses remarques. Ainsi, le couple se développe dans le consentement. « Alcool love call » narre avec humour les goûts de Sakaguchi en humanisant les alcools qui se concurrencent.

La mangaka a un style graphique plutôt classique qui rappelle celui du shôjo. Elle dessine donc beaucoup de beaux gosses. Le regard paniqué avec des yeux simplifiés ovales donne un côté tout mignon. De même, les uke rougissent facilement. Les trames d’ambiance appuient les émotions des personnages. Les décors situent principalement les actions. La mise en page est dynamique. Fujikawa sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou l’absence de détails. Elle met en avant le charme de ses personnages dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Un jour de pluie, Sakaguchi trouve son jeune voisin, Kazuya, avec un chaton dans les bras, hésitant à rentrer chez lui. L’écrivain l’invite alors à se réchauffer chez lui. Le taciturne lycéen lui explique que sa mère est allergique aux chats. Sakaguchi lui propose donc de s’en occuper mais depuis, l’étudiant vient le voir tous les jours. Pour le remercier, ce dernier lui cuisine un jour un plat mais devant sa maladresse, l’écrivain devine que c’est sa première fois. Tandis qu’il lui montre comment couper les tomates, l’adolescent lui déclare soudain sa flamme. D’abord surpris, Sakaguchi réalise qu’il l’attire également et lui demande de ne plus venir. Pourtant, Kazuya lui avoue qu’il l’aime au point de coucher avec lui…

En conclusion

Ce one-shot nous plonge dans un amour sincère et mignon. Le parallèle entre le comportement de Kazuya et celui d’un chat est amusant. Une histoire simple et agréable à lire!

Nights before night – Natsume Kazki

nights before night natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368776605
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784864423373 (JP)
Tokyo mangasha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Hanté par les fantômes du passé, Haru arrivera-t-il à trouver enfin le bonheur?

Natsume Kazki sensei développe l’histoire de Haru dans ce spin-off de Mods. Elle révèle au fur et à mesure son passé, ainsi que celui de Yukitaka, à travers des flash-back très bien insérés. Elle s’attarde un peu plus sur les sentiments et la psychologie de ses personnages. Yukitaka se comporte comme un gamin capricieux mais Haru ne le ménage pas. A force de se côtoyer, ils vont apprendre à s’apprécier. Les quelques apparitions de Shiro permettent de découvrir ce qu’il devient. L’ami d’enfance de Haru, Aki (33 ans), apporte un peu de « normalité » dans cet univers sombre. En effet, l’auteure aborde les liens entre les personnages, les guerres des clans, le chantage subi par les membres souhaitant quitter la pègre. Elle s’intéresse également à l’insomnie et au sentiment de culpabilité. Elle donne deux images différentes de Shigure: froide du point de vue des Ichijô, gentille pour Haru et Shiro.

La mangaka a un trait fin, épuré, anguleux presque parfois aiguisé. Elle dessine des nez longs et pointus. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Yukitaka affiche une tête très amusante dans ces moments. Il y a également beaucoup de personnes tatouées, et cela sublime même les muscles de Yuki. Les trames sont équilibrées. Les décors, présents, ancrent le récit dans la réalité. La mise en page est dynamique. Natsume sensei ne censure pas les scènes érotiques mais se focalise surtout sur l’intensité des sentiments et des sensations de ses personnages. Sous la jaquette, elle présente en détail les personnages.

En résumé

L’ancien yakuza Haru (33 ans) gère le club de gigolos Rain. Un jour, il trouve la porte de son bureau fracturée. A l’intérieur, Ichijô Yukitaka (26 ans) et son homme de main Tsukimori l’attendent. Sur les recommandations du chef du clan Yagami, Tsukimori lui demande de cacher le fils légitime du clan Ichijô car ce dernier a créé des problèmes en se bagarrant avec des jeunes membres de l’organisation Shidô. Guère enchanté, Haru comprend qu’on ne lui laisse pas le choix alors qu’il espérait arrêter son club et quitter définitivement ce milieu. En plus, le vaurien colérique, arrogant et égoïste ressemble beaucoup physiquement à son demi-frère ainé. Or, Haru était amoureux d’Ichijô Shigure mais depuis son décès, il est devenu insomniaque. La cohabitation forcée avec le jeune bagarreur au corps musclé recouvert de cicatrices s’annonce donc difficile.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Ichijô Yukitaka se classe neuvième meilleur seme et Haru troisième meilleur uke. Pour son troisième tome relié, l’auteure prend tout son temps pour développer un récit plutôt réaliste, offrant un tome volumineux mais complet. Elle donne suffisamment d’indices pour appréhender la psychologie des personnages. Comparé à Mods, Haru et Shigure prennent beaucoup de profondeur et deviennent très attachants. Natsume sensei joue encore sur les métaphores. En japonais, le prénom de Haru (春) s’écrit avec le kanji de printemps, d’où l’image poétique quand il dort sous les fleurs de cerisiers appréciée par Shigure. De même, le prénom de Yukitaka (雪鷹) s’écrit avec les idéogrammes de neige et de faucon, et son tatouage représente justement un faucon.

Mods – Natsume Kazki

mods natsume kazki
NATSUME Kazki ナツメカズキ
ISBN: 9782368775707
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784864422642 (JP)
Tokyo mangasha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

L’amour peut être douloureux quand il s’accompagne d’espoir.

Natsume Kazki sensei développe une romance dans un univers très sombre. Elle distille des éléments du passé dans des flash-back plus long, équilibrant avec finesse les sauts dans le temps. Elle dépeint le côté funeste de la prostitution tenue par les yakuzas profitant des victimes d’incestes ou de pédophilie. Suite aux traumatismes subis depuis l’enfance, Shiro a peur d’aimer et même d’espérer s’en sortir. Nobutora s’interroge d’abord sur son attirance pour le prostitué alors qu’il est hétérosexuel, puis cherche à comprendre son comportement extrême. L’auteure s’attarde particulièrement sur les changements de ses héros, la douleur qui se développe en parallèle des sentiments. Elle apporte un peu de chaleur humaine avec le fantasque Shigure. Elle joue sur les contrastes et les métaphores, apportant une touche particulière à son récit.

La mangaka donne une touche brute à son trait épuré et anguleux. Elle esquisse ou simplifie les décors pourtant bien présents. Tora est finement musclé. Le jeu des trames installe des contrastes. D’ailleurs, les lumières et les éléments climatiques renforcent aussi les ambiances. Par exemple, la pluie apporte une touche poétique dramatique. L’agencement des cases, des vides et des angles de vue rend dynamique la mise en page. Natsume sensei censure à peine les scènes érotiques. Elle estompe quelques détails des parties intimes et dessine même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle présente les personnages avec sa postface.

En résumé

Afin d’éponger la dette contractée par sa sœur qui s’est fait arnaquer, Nakata Nobutora (23 ans) accepte de travailler comme chauffeur pour Rain, un établissement de prostitution masculine. Mais contrairement à l’annonce, il se retrouve à s’occuper également de Shiro (25 ans). En plus, Haru (32 ans), le patron ancien yakuza, n’hésite pas à modifier ses consignes. Alors que Tora n’a pas encore commencé à travailler, Shiro lui fait déjà des avances, bradant même ses tarifs pour l’amadouer. Le chauffeur n’est d’ailleurs pas au bout de ses peines car le prostitué n’ayant aucune limite, se retrouve souvent agressé par ses clients. D’ailleurs un soir, alors que le délai de la prestation était passé, Nakata trouve Shiro blessé dans la chambre. Pendant qu’il le soigne et l’interroge, une réponse du prostitué à une de ses questions retient toute son attention.

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Tanaka Nobutora est classé quinzième meilleur seme et Shiro neuvième meilleur uke. Pour son deuxième manga, l’auteure offre une narration jouant sur les contrastes. Par exemple, Shiro (homonyme de blanc en japonais) porte des couleurs claires mais a une personnalité aussi sombre que son enfance. Au contraire, Nobutora, habillé de couleurs sombres et aux cheveux noirs, semble immaculé par sa gentillesse. Ensuite, avec la chanson présente en introduction et en conclusion Memory of dear sky, Natsume sensei ajoute une touche poétique. Elle met encore en avant un homonyme de ciel en japonais avec le vrai prénom de Shiro. Attention, certaines scènes pourront choquer les âmes sensibles. Je suis complètement conquise par ce récit sombre mais qui apporte un petit peu d’espoir.