Kachô fûgetsu – beauties of nature 6 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 6 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063101
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403510281 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« As-tu réfléchi à ta récompense? Je suis prêt à réaliser n’importe lequel de tes désirs. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’arc de Yômei et Hizuru. Elle analyse le changement subtil de leur relation maître et chien tout en semant des indices sur l’évolution de leurs sentiments. Les émotions de Sano font le yoyo entre bonheur et déception, le caractère stoïque et les actions parfois tendres, parfois froides de Tsujimoto brouillant la compréhension de ses intentions. D’ailleurs, Yômei reste encore prisonnier des paroles de son frère Katsuya et des règles du clan. Par ailleurs, l’auteure s’intéresse aux victimes collatérales du monde des yakuzas. A travers Kiriya, elle montre la fonction malaisée de chef de clan. De même, avec Katsumata, elle dénonce le fort esprit de responsabilité et de culpabilité d’un yakuza dans ses actions. La balance entre humour et tendresse des interactions de Yômei et Hizuru est rafraichissante, le couple développant une relation consensuelle. En plus, Sano fait preuve de plus d’audace pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style immédiatement reconnaissable avec son trait épuré et ses contours parfois dédoublés. Elle porte attention aux petits détails comme par exemple les changements d’expression, les ombres et même le reflet des nuages dans les fenêtres. D’ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges et sont plutôt travaillés, en particulier la végétation, le onsen ou le cimetière. Les flash-back, intégrés directement au récit, se remarquent immédiatement avec leur ton plus clair et une trame rayée. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses, les emboîtements de cases, l’absence de cadre et les grandes vignettes. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Contrairement au tome précédent, elle détaille les parties intimes tout en conférant beaucoup de sensualité aux passages sexys.

En résumé

Grièvement blessé, Sano Hizuru s’évanouit. Sa voiture étant bloquée suite à un accident, Tsujimoto Yômei perd patience. En effet, des charpentes tombées d’un camion bloquent la route. Oubliant toute prudence, le yakuza transporte son compagnon puis vole un camion après avoir frappé le propriétaire. Sur la route, il croise en contre-sens une ambulance qui s’arrête soudain. Il s’agit de Hitomi Masataka, accompagné de Renko. Les deux médecins prennent alors en charge le blessé. Plus tard, Hizuru se réveille à l’hôpital et remarque Yômei à ses côtés qui veille sur lui. Il réalise alors qu’il désire plus que tout rester auprès de celui qu’il aime…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Tsujimoto Yômei est classé huitième meilleur seme tandis que Sano Hizuru occupe la neuvième place du meilleur uke. L’amour de Hizuru semble déborder du manga. Quel plaisir de suivre les aventures de ce couple si adorable qui mériterait vraiment de quitter le dangereux milieu de la mafia.

Hidamari ga kikoeru 4 Limit 2 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 4 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368776704
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784829686157 (JP)
Printemps shuppan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

L’incompréhension au sein du couple fait obstacle à l’amour.

Fumino Yuki sensei interpelle les lecteurs sur les différents appareils auditifs. Elle dénonce également le voyeurisme de certains journalistes qui jouent sur l’apitoiement du public envers les handicapés pour faire de l’audimat. Par ailleurs, elle met en avant les problèmes que peuvent rencontrer des couples dont l’un des partenaires est malentendant. Ainsi, Yasu réalise les difficultés à s’intégrer dans une conversation. De même, Kôhei se sent mal pour Taichi qui tente de communiquer normalement alors qu’il ne maîtrise pas encore la langue des signes. D’ailleurs, l’auteure montre le sentiment de solitude, d’infériorité ou de culpabilité que peut ressentir une personne handicapée en compagnie d’une personne valide. Elle décrit avec finesse l’impression de sacrifice d’une personne qui s’engage pour aider celui qu’il aime. Ainsi, influencé par Ryû, Kôhei réfléchit sur sa relation avec Taichi et se renferme à nouveau. Au contraire, Taichi n’arrive pas à transmettre ses sentiments.

La mangaka adoucit son trait, toujours aussi fin. Elle équilibre l’utilisation des trames. Par ailleurs, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors sont plutôt réalistes et très présents. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. En fin de tome, Fumino sensei offre un chapitre rétrospectif avant que les deux jeunes hommes ne se déclarent. Comme dans le tome précédent, elle reprend le thème de la couverture en proposant deux planches amusantes sous la jaquette, insistant sur les quiproquos entre le couple.

En résumé

Le grand-père de Sagawa Taichi est sorti de l’hôpital malgré les recommandations des médecins, mais il semble avoir la forme. Depuis qu’il a dormi chez Sugihara Kôhei, Taichi ne l’a plus revu. Ses petits soucis l’empêchent de se consacrer pleinement à sa formation. Mais Chiba vient prendre la relève d’Araki qui perdait patience. Invitée par Yasu, Maya l’emmène au restaurant de Yumetani. Toutefois, le jeune homme s’aperçoit qu’il a du mal à se mêler à leur conversation. Kôhei fréquente de plus en plus Ryû, faisant du mini-foot avec lui. Cependant, il remarque que ce dernier n’aime pas se mêler aux personnes valides. En effet, considérant que son handicap sera toujours une charge pour eux, le jeune homme préfère rester avec des personnes le comprenant.

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Sugihara Kôhei est classé quatorzième meilleur seme et Sagawa Taichi dix-huitième meilleur uke. A chaque page mon cœur palpite pour ce couple qui semble fait l’un pour l’autre malgré les obstacles. D’ailleurs, l’auteure arrive à décrire avec finesse leurs sentiments, leurs hésitations, et à pointer les points difficiles de la relation et du handicap. Elle donne envie de s’intéresser au sujet, sans tomber dans le mélodrame.

Hidamari ga kikoeru 3 Limit 1 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 3 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782368776148
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784829685990 (JP)
Printemps shuppan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Entre travail et études, difficile d’entretenir une relation naissante.

Fumino Yuki sensei met en avant la difficile conciliation d’une relation amoureuse entre travail et études. Avec Umetani Take et Ryû, elle présente un peu le football pour les sourds. En plus, elle apporte une note positive par rapport au tome précédent, mettant en avant le dynamisme des jeunes pour organiser des évènements adressés au public malentendant. Ryû apporte une autre vision des relations entre valides et handicapés. Les gaffes de Taichi apportent une touche d’humour. L’auteure dévoile également le passé du jeune homme. Elle développe un peu certains membres de la société Sig-n, en particulier le sévère Chiba et le taquin Tendô. Même si la relation entre Sagawa et Sugihara avance, leurs rapports sont pollués par divers sentiments comme le doute, la peur de la séparation ou de devenir une charge. En plus, Taichi n’est pas prêt psychologiquement malgré son désir bien présent.

Le trait épuré de la mangaka, proche du style shôjo, dégage à la fois de la douceur et une certaine fraîcheur. Elle simplifie ses traits en exagérant les expressions, apportant une touche humoristique. Ainsi, les bouilles de Taichi gêné sont adorables. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Les décors sont précis, très réalistes. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Même si il n’y a pas de scènes érotiques à proprement parler, Fumino sensei transcrit parfaitement la gêne et le désir présent de ses personnages. Quand ils rougissent tous les deux, ils reprennent un air presque innocent et enfantin. Sous la jaquette, elle offre une anecdote tendre avec nos deux maladroits dans la continuité de la couverture.

En résumé

Comme Sagawa Taichi travaille à Sig-n, il a moins le temps de voir Sugihara Kôhei. Un stage intensif est programmé au lac Kawaguchi pour la société Bart qui accueille une nouvelle recrue atteinte de surdité. Chiba décide de ne prendre que l’élite. Frustré, Taichi n’arrête pas de se plaindre auprès de Kôhei durant leur rendez-vous. Impatient, son petit ami l’embrasse alors qu’ils flânaient dans un parc, mais le garçon enjoué n’aime pas les démonstrations dans les lieux publics. Comprenant toutefois sa peine, il accepte alors une petite excursion en amoureux pour son prochain congé. Mais Taichi doit remplacer au dernier moment un collègue qui s’est blessé. Toutefois, durant le stage, Chiba lui interdit d’utiliser la langue des signes qu’il ne maîtrise pas totalement et d’intervenir auprès des stagiaires, en particulier Ueno qui est sourde.

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Sugihara Kôhei est classé 18ème meilleur seme et Sagawa Taichi 19ème meilleur uke. J’aimerais bien que la relation entre Yasu et Maya se concrétise mais l’amour ne fait malheureusement pas tout. J’aime beaucoup les nouveaux personnages. L’auteure arrive à parler du handicap avec finesse et bienveillance, présentant à la fois le travail de ceux qui essaient d’intégrer les personnes malentendantes ainsi que les manques qui persistent. Elle donne même envie d’approfondir le sujet. Je suis complètement subjuguée par ce magnifique récit.

Restart – Hidaka Shoko

restart hidaka shoko
HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782351804834
Taifu comics, 2011
ISBN: 9784862630490 (JP)
Libre, 2006 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tout n’est pas glamour dans le monde de la mode… »

Hidaka Shoko sensei propose des romances se déroulant dans le monde de la mode. Elle s’intéresse à la rivalité entre mannequins galvanisée par des effets de mode, les carrières fluctuantes, la perte de confiance en soi. A travers Tadashi et Aki, elle aborde également la difficulté à cacher une relation amoureuse et à coordonner un emploi du temps. L’histoire bonus en fin de tome permet de découvrir la rencontre entre les deux mannequins. Par ailleurs, le chapitre spin-off « Pour toi » questionne sur la différence d’âge. L’auteure développe des personnalités complexes malgré le format court. Ainsi, elle met en évidence la tendance de Yoshizawwa et Honma à se rabaisser et à remettre en question leur place dans le métier. En fin de tome, elle dépeint avec finesse la confusion des sentiments de Tomohiro, prisonnier de son ancien amour.

La mangaka a un trait épuré qui joue beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques, privilégiant un certain réalisme. De même, les décors très présents renforcent cet aspect. Les trames sont également équilibrées. Toutefois, quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas trop les parties intimes, jouant sur les trames, l’absence de trait ou des cadrages très serrés.

En résumé

Restart / Step / Clear / Rebirth / Contact: Lors d’un shooting photo, le mannequin Yoshizawa Tadashi (24 ans), dont la carrière est sur une pente descendante, apprend que son jeune collègue Kudô Akihiro (21 ans) a été sélectionné pour un défilé à l’étranger. En effet, Aki ne l’a pas informé puisqu’ils s’évitent depuis plus d’un mois. Car après une soirée trop arrosée, les deux hommes ivres avaient couché ensemble. Leur manager Noguchi convoque alors les deux mannequins et les somme de participer à la soirée de fin d’année. Mais Tadashi ne supporte pas les sermons d’Aki…
Pour toi: Le photographe Kishida Tomomi a sélectionné le jeune mannequin Honma Shunsuke pour son nouveau projet de portraits. Mais le lycéen a du mal à comprendre ses directives trop vagues. Il se demande également pourquoi il a été choisi alors qu’il n’a plus de succès. Soudain, en plein shooting, le photographe lui déclare alors son amour…
Reflets: Tomohiro Tatsumi a perdu son premier amour dans un accident de plongée avant même d’avoir pu lui déclarer ses sentiments. Il n’a pas vraiment encore fait son deuil, le corps de ce dernier n’ayant jamais été retrouvé. Mais un jour, il croise dans le bus, le portrait craché de Shinozaki…

En conclusion

Malgré le format court, Hidaka sensei narre de merveilleuses histoires emplies d’émotions et de réalisme. Elle ne s’éparpille pas et donne l’essentiel pour appréhender la psychologie des personnages. Une lecture prenante pleine de sensibilité!

Reverse hierarchy – Nishihara Keita

reverse hierarchy nishihara keita
NISHIHARA Keita 西原ケイタ
ISBN: 9782368771907
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796406284 (JP)
Kaiohsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des seme prédateurs qui vont faire des efforts pour plaire à leur uke.

Nishihara Keita sensei propose de suivre deux histoires avec deux couples de lycéens dont les seme se révèlent être de vrais prédateurs. Ces derniers, un peu pervers, dominent complètement leur uke fou amoureux d’eux. Néanmoins, ces romances légères mettent en avant le pouvoir de l’amour avec une touche d’humour. Dans « Reverse hierarchy », l’auteure s’amuse à retourner le rapport entre les deux héros. Elle joue sur l’innocence et l’ignorance de Shizuo, qui cède d’abord facilement à Masato. Bien qu’il prenait un peu de haut son ami, il se retrouve complètement sous sa coupe dans leur relation amoureuse. Pourtant, par la suite, le seme réalise ses sentiments et répond avec plaisir aux attentes romantiques de son amant. Le second récit s’intéresse à l’évolution de Kichise, au caractère extrême: égocentrique, pervers et fétichiste des tétons. En découvrant petit à petit Mitsuba, ses sentiments s’éveillent et il tente alors de répondre à ses désirs.

La mangaka a un trait anguleux très simplifié. Elle dessine des mentons et des nez pointus, avec des yeux effilés. Son style particulier se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les décors servent principalement à situer l’action. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La balance entre noir et blanc est équilibrée, avec des trames d’ombre et de couleurs. Dans les scènes érotiques, Nishihara sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle évite également de montrer trop de détails en écourtant ces passages. Des yonkoma concluent les deux histoires en apportant des anecdotes amusantes.

En résumé

Reverse hierarchy! / Bonus: Le sérieux délégué de classe Anzai Shizuo est persuadé d’être indispensable à son ami d’enfance Masato. En effet, il le réveille tous les matins, surveille ses fréquentations et passe tout son temps libre à s’occuper de lui. Cependant, les petites attentions de Masato le touchent. Les parents de Masato s’absentant, Shizuo leur propose de rester avec lui. Mais ce dernier a bien l’intention de s’amuser un peu et commence à regarder une vidéo pornographique. Gêné, son sérieux ami l’interrompt mais les choses entre eux dérapent…
Ne me touche pas! / C’est un crime d’être aussi mignon! / Je veux tout de toi! / Kichise x Mitsuba Bonus: Miyoshita Mitsuba complexe sur ses tétons devenus très sensibles depuis que son petit ami, Kichise, s’amuse avec à chaque rapport…

En conclusion

L’auteure n’approfondit pas ses récits et reste dans la légèreté et le partage des sentiments. Cependant, il est amusant de voir les uke très passifs arriver à faire réfléchir leurs dominants seme en partageant clairement leur amour. Une histoire divertissante qui se laisse lire.

Pas touche au petit chat! – Ogawa Chise

pas touche au petit chat ogawa chise
OGAWA Chise 緒川千世
ISBN: 9782368775509
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031314 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Titre original: おいたが過ぎるわ子猫ちゃん
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand le chaton inoffensif n’hésite pas à griffer le loup prédateur, quitte à lui faire (vraiment) mal! »

Ogawa Chise sensei offre une comédie romantique amusante avec un naïf lycéen maladroit et un capricieux trentenaire pervers. Elle joue beaucoup sur le comique de situation et de répétition sur le thème de « l’approche séductrice à ses risques et périls ». La narration donne d’abord le point de vue de Kyûta avant de laisser le mot de la fin à Etsurô. Les personnages ont tout de même une personnalité travaillée: Etsurô représente le dragueur lourd typique, mais fuit en réalité la souffrance de la solitude. De même, Kyûta s’avère moins naïf qu’il n’y paraît et réfléchit sérieusement à ses sentiments. Par la suite, l’auteure introduit l’entourage du lycéen, aussi bien à l’école que sa famille, pour faire évoluer ses sentiments et lui faire prendre conscience de la différence d’âge. Elle ajoute un chapitre abordant avec humour les difficultés à se déclarer auprès des parents quand la pression du mariage les inquiète.

La mangaka a un trait épuré avec un style reconnaissable, qu’elle simplifie pour les passages humoristiques. Elle détaille les décors, rendant le désordre de la vieille maison, le parquet grinçant, l’ancienneté de l’architecture du quartier. Elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Les trames d’ambiance sont donc très rares. La mise en page est dynamique et accompagne parfaitement les chutes humoristiques. Les illustrations de début de chapitre présentent une scène du quotidien. Ogawa sensei ose même dessiner Etsurô aux toilettes! Elle censure à peine les scènes érotiques en traçant avec des traits discontinus et légers, les parties génitales. En plus, elle joue beaucoup sur les angles de vue pour cacher l’essentiel. Ainsi, certaines scènes dégagent de la sensualité.

En résumé

Komori Kyûta s’occupe régulièrement de son cousin au deuxième degré, Kasai Etsurô (35 ans), un calligraphe célibataire qui vit seul dans une ancienne maison depuis le décès de ses parents. Ce dernier, capricieux et coureur de jupons, passe son temps à taquiner le jeune homme avec des blagues salaces. Mais un jour, il lui évite de se faire renverser par un scooter dans la ruelle et finit avec le bras cassé. Se sentant responsable, Kyûta demande ce qu’il peut faire pour se faire pardonner. Alors Etsurô lui demande de s’occuper des tâches ménagères. Pourtant un soir, il embrasse le jeune homme pendant son sommeil. Kyûta, intrigué, interroge ensuite son cousin, enfin guéri, sur ses intentions. Le calligraphe commence donc à l’embrasser mais quand il cherche à aller plus loin, Kyûta se défend et lui casse une côte…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Après l’atmosphère plutôt pesante de ses séries comme par exemple Caste heaven ou même Le cœur de la méprise, l’auteure s’attaque à un tout autre registre: l’humour. Et elle arrive à maîtriser ce style tout en conservant ses particularités: des personnages plus profonds qu’ils ne paraissent, des sentiments parfois exacerbés, des relations d’abord tendues. La perversité d’Etsurô devient comique parce qu’il se laisse en fait mener par le bout du nez par Kyûta. Le couple devient alors attachant. Je me suis bien amusée en découvrant leurs aventures!

I hate you, Sensei – Hinako

i hate you sensei hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782368775431
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784813031208 (JP)
Taiyohtosho, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Impossible de tomber amoureux de son rival en amour!

Hinako sensei narre une romance légère mais assez réaliste entre un professeur et son élève. Même si le thème semble classique, elle arrive à donner suffisamment de caractère à ses deux héros pour maintenir un peu le suspense. En effet, Ikuta a clairement conscience qu’il manque de confiance en lui et refuse d’admettre ses sentiments naissants et son attirance. Le professeur Shizu s’amuse des réactions d’Aoi dont les émotions se lisent sur le visage. De même, l’ami d’Ikuto, Tachibana Kyotaro, ajoute une touche humoristique à cette relation compliquée. L’auteure joue sur les tensions et les sentiments contradictoires. Par ailleurs, elle aborde avec humour le problème de la relation entre professeur et élève même consentie. Ainsi, Shizu tient compte des limites et Ikuta réfléchit au développement de leur relation. Le contraste entre Aoi perdu dans ses sentiments et l’imperturbable professeur ajoute une certaine tension.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise des trames d’ambiance très graphiques comme des étoiles, des pois, des cœurs… La mise en page est dynamique. En plus, Hinako sensei ne censure pas les scènes érotiques. On remarque tout de même les traces de bandelettes blanches striés qui ne cachent rien dans certaines vignettes.

En résumé

Ikuta Aoi essaie de déclarer ses sentiments à Satô, une des filles les plus populaires du lycée. Mais il manque de tact en critiquant son maquillage. La jeune fille s’énerve provoquant le fou rire du professeur Shizu qui a surpris leur conversation. En montrant au lycéen comment faire une approche plus subtile, l’enseignant obtient une déclaration d’amour de la lycéenne. Jaloux de sa popularité et de son charme, Ikuto déclare détester son professeur, le considérant comme un rival en amour. Pour l’éviter, il décide de dormir pendant son cours. Toutefois, Shizu le convoque, mais l’encourage à se déclarer simplement. Après sa déclaration, et bien que rejeté, Aoi réalise alors que le professeur l’a bien conseillé. Pourtant la punition ne se termine pas là car l’enseignant décide de prendre le lycéen comme larbin pour qu’il se fasse pardonner son insolence.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la vingt-cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Le dessin est beau et agréable et le rythme des évènements est bien mené. Toutefois, les premiers rapports entre le professeur et son élève pourront déranger certains, le consentement n’étant pas clairement établi au départ. Heureusement, cela s’améliore avec le développement de leurs sentiments. Les réactions des personnages sont amusantes et le couple devient vite attachant. Une histoire divertissante qui plaira facilement.

You know what I want! – Hinako

you know what i want hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782368775639
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606915 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

Deux cavaleurs à l’incompatibilité caractérielle touchés par l’amour.

Hinako sensei met en scène une relation bancale qui va s’équilibrer petit à petit, avec des personnages aux caractères opposés. Pourtant, elle développe par la suite leur psychologie, révélant de légers traumas. En effet, le froid et sévère Tsuzuki cache un côté sombre. Jaloux, il a tendance à monopoliser l’être aimé et préfère donc ne pas s’attacher. L’enthousiaste et démonstratif Fujigaya ne cache pas son homosexualité. Sa vision naïve de l’amour, pouvant naître d’un coup d’un soir, attire surtout des partenaires profiteurs. En plus, il s’emballe très facilement. Heureusement, son ami Mitsu veille sur lui et n’hésite pas à intervenir. L’auteure s’amuse ainsi à confronter ce couple à l’incompatibilité caractérielle mais pas sexuelle. Elle développe doucement leurs sentiments mutuels, décrivant les efforts pour s’adapter à l’autre. La narration se concentre sur Shô. La postface se trouve sous la jaquette.

La mangaka a un trait fin épuré qui conserve une petite touche réaliste. Néanmoins, elle représente Fujigaya avec les canines qui dépassent quand il ouvre la bouche, accentuant son côté effronté. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. En revanche, les décors situent principalement l’action. Hinako sensei ne censure pas les scènes érotiques. Mais parfois, le jeu des trames, des angles de vue et mêmes les onomatopées cache l’essentiel. Les illustrations en début de chapitre suivent le développement de la relation des héros. En bonus, l’histoire de la couverture continue au verso.

En résumé

Fujigaya Shôdô, un étudiant en troisième année de littérature qui affiche clairement son homosexualité, drague tous les mecs intellectuels de troisième année de l’université. Il repère Tsuzuki Hirotaka, à la beauté froide, qui est complètement son genre. Il lui propose donc directement de coucher ensemble. Tsuzuki refuse net. Mais le soir dans le quartier gay, il remarque Fujigaya en compagnie d’un autre homme, confirmant les rumeurs sur sa frivolité. Pourtant, Shô persévère. Il va même interrompre un plan drague de Hirotaka quand il le trouve dans un bar gay un soir. Il le traine alors dans un love hotel. Excédé par ce comportement sans gêne et égoïste, ce dernier décide donc de lui donner ce qu’il veut, espérant lui prouver leur incompatibilité. Tsuzuki se lâche et dévoile alors son côté un peu sadique…

En conclusion

Ce couple de cavaleurs va s’assagir en se découvrant mutuellement. J’aime beaucoup la dynamique entre les deux héros qui ne sont jamais sur la même longueur d’onde, même s’ils communiquent. Fujigaya en amoureux transi devient hilarant car il accepte facilement les défauts de son partenaire. Mais même s’il fait des efforts pour le combler, il ne tient jamais trop longtemps, sa personnalité reprenant le dessus. J’apprécie également le contexte plutôt réaliste des personnages. Le graphisme de l’auteure est beau, l’histoire rondement menée. Une comédie parfaite pour passer un moment divertissant et sexy.

Tadoru yubi – Takasaki Bosco

tadoru yubi takasaki bosco
TAKASAKI Bosco 高崎ぼすこ
ISBN: 9782368774724
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953048 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Difficile de transmettre ses sentiments dans un couple.

Takasaki Bosco sensei nous plonge dans une romance érotique entre un super seme et un uke timide. Elle s’intéresse au manque de communication dans un couple. En effet, bien que leur relation commence charnellement, les sentiments entre Takase et Hanamura naissent rapidement mais ils n’arrivent pas à les transmettre. Naoya manque de confiance en lui et a tendance à croire les rumeurs. Bien que timide, il est fougueux durant l’amour. Au contraire, Shûji se montre froid et brusque mais devient attentionné durant les ébats. Ainsi, l’auteure joue sur le contraste des caractères. En introduisant Aihara Ryô, elle permet au couple de réfléchir à leurs sentiments. Entre quiproquos et jalousie, le manque de communication fragilise leur relation. Elle complète son tome par une romance entre des amis d’enfance dont l’amour est freiné par la différence d’âge et la difficulté à transmettre ses sentiments.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin et assez classique. Elle dessine des personnages sveltes. Elle simplifie légèrement ses traits dans les expressions fortes, conservant un côté mignon. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est très dynamique. Takasaki sensei censure peu ses scènes érotiques mais le choix des cadrages et des angles de vue évite de montrer trop de détails. Elle cache les parties intimes par des hachures ou en occultant les contours. A la fin de certains chapitres, elle présente des vignettes des personnages en SD adorables. On retrouve également les deux héros en SD sous la jaquette. Comme indiqué dans sa postface, son trait évolue entre le chapitre 2 et 3, ayant fait un an de pause. En effet, les mentons sont légèrement plus longs.

En résumé

Tadoru yubi / Premier jour avec mon petit ami: Hanamura Naoya travaille comme assistant designer dans une entreprise de fabrication mais se fait exploiter par son supérieur, Sai. Amoureux de ce dernier, il est donc choqué en apprenant son futur mariage. Alors qu’il pleurait en dessinant dans le coin fumeur, un homme arrogant le remarque et le console. Il s’agit du célèbre designer Takase Shûji, un indépendant qui va collaborer avec eux sur un projet. Comprenant immédiatement le talent de Naoya, il n’hésite pas alors à le séduire, l’invitant à travailler chez lui. Les deux hommes finissent donc par coucher ensemble. Mais quelques temps après, Takase trouve Hanamura devant sa maison. Ce dernier a démissionné et souhaite rester avec lui…
Laisse-moi rester à tes côtés: L’étudiant Yashiro Sei et l’acteur de nô Kitami Kazuto sont colocataires. Ils se connaissent depuis l’enfance mais s’étaient perdu de vue quand Sei a abandonné les cours de théâtre. Pourtant, l’étudiant aimerait réduire cette distance installée entre eux…

En conclusion

L’auteure arrive à mettre une scène érotique à chaque chapitre. Le scénario est simple mais divertissant. Je trouve agréable de voir les personnages évoluer ensemble. En plus, ils assument clairement leur relation purement charnelle au départ. De même, j’aime beaucoup Katô, la collègue de Hanamura, qui joue un peu les protectrices et encourage le jeune designer.

Les écailles d’un dieu 1 – Hinohara Meguru

les ecailles d un dieu 1 hinohara meguru
HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063071
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403667053 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je vous prie de m’accepter, et de devenir mon compagnon pour la vie. »

Hinohara Meguru sensei nous plonge dans une comédie romantique fantastique émaillée de suspense. Ainsi, elle approfondit la psychologie de ses personnages au fil des chapitres tout en semant quelques mystères autour de Shizue et Rin. Le décalage des actions du dieu dragon qui a des connaissances succinctes sur les humains provoque un effet comique mais mignon. Au contact de Rin, Chiharu accepte peu à peu le surnaturel et commence à apprécier le dragon. En plus de la dynamique entre les deux personnages, l’auteure s’attarde également sur divers thèmes comme le rythme différent à la campagne, l’entraide, le poids de la célébrité. Elle installe une relation consensuelle malgré les techniques de séduction maladroites de Rin. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions. Deux histoires bonus amusantes mettent en avant la fascination naissante de l’écrivain pour le dragon.

La mangaka a un trait épuré et anguleux expressif, avec une touche très personnelle. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Même si les visages rappellent ceux des personnages de ses autres séries, elle ajoute quelques différences bien distinctives. Par ailleurs, le chien Urara et Rin en SD apportent une touche mignonne. Les décors soignés et plutôt détaillés alternent avec les trames d’ambiance. Les lignes d’action et la mise en page guident efficacement le regard. Hinohara sensei n’intègre pas de scènes érotiques pour l’instant, les personnages prenant leur temps pour se découvrir.

En résumé

Izunome Chiharu, écrivain en mal d’inspiration, retourne dans son village d’enfance. Il attend à la gare son ami et voisin, Tsukasa, qui travaille à la mairie, quand il remarque soudain un étrange homme tombé d’inanition. Il lui offre donc son sandwich et entame la conversation. Malgré ses cheveux blancs et sa tenue traditionnelle, Rin est un jeune homme venu attendre sa future épouse. A peine arrivé dans la demeure léguée par sa grand-mère qui l’a élevé, Chiharu part chercher des fleurs dans la forêt pour décorer l’autel. Mais il est attaqué par des sangliers affamés. Apparaît soudain Rin qui se transforme en dragon blanc pour le secourir. En effet, Shizue, la grand-mère de Chiharu, lui aurait promis la main du jeune homme en échange d’un souhait…

En conclusion

Hinohara sensei nous transporte totalement dans son récit, avec des personnages attachants et un graphisme agréable. Elle alterne les moments de tension et d’humour avec brio. Les efforts de Rin qui a un caractère très positif, sont tellement touchants qu’il m’est impossible de ne pas craquer pour lui. Un énorme coup de cœur à relire sans fin!