Le cri du désespoir 1 – Shinou Ryo

le cri du desespoir 1 shinou ryo

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782382761113
Hana, 2022
ISBN:978-4396785185 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Arriverai-je un jour à oublier la douleur que tu m’as infligée ce jour-là?

Shinou Ryo sensei entraine les lecteurs dans une vengeance entre deux salarymen sur fond d’intrigues dans une entreprise corrompue et cible d’une fusion. Elle reconstitue au fur et à mesure les évènements du passé grâce à des flash-back. Ainsi, elle maintient un suspense intense en alternant bouleversement et révélation. Akamine, prisonnier de son passé, assume complètement son mauvais côté malgré quelques regrets. Utsumi quant à lui, encore traumatisé par son passé, semble instable. L’auteure décortique ainsi les différents sentiments qui se mêlent durant une vengeance. Elle aborde également les méthodes peu orthodoxes des entreprises pour mettre la pression sur les employés. En introduisant un ancien cadre, Saeki, elle relance complètement les suppositions élaborées par le lecteur. D’ailleurs, l’histoire bonus apporte des révélations qui annulent complètement les conjectures précédentes.

La mangaka a un trait anguleux avec un style marqué. Elle travaille particulièrement les expressions du visage, proposant une riche palette d’émotions. En plus, elle dessine des corps musclés. En revanche, depuis Nyu boy, les visages se sont arrondis. Les trames variées sont équilibrées. Les décors soignés apportent une touche réaliste, apparaissant sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir toutefois, ceux qui représentent des souvenirs furtifs sont traités autrement: intégrés directement au récit, ils se distinguent par des transitions au fond noir ou des trames sombres recouvrant en totalité les vignettes. La mise en page dynamique utilise toutes les techniques confondues. Dans les scènes érotiques, Shinou sensei censure les parties intimes en effaçant les détails par transparence ou avec des points blancs.

En résumé

Utsumi Eito rejoint le service d’Akamine Eito en tant qu’adjoint, alors que des rumeurs de fusion avec une grande entreprise circulent. Akamine n’apprécie pas la familiarité du nouveau qui semble le connaître. Le soir, au pot d’accueil d’Utsumi, il abuse un peu trop de l’alcool. Le nouvel employé en profite alors pour le ramener chez lui. Malgré quelques indices, le chef de service ne se rappelle toujours pas de leur première rencontre. Exaspéré, Utsumi finit par le violer, désireux de se venger, car six ans auparavant, Akamine avait abusé de lui dans une ruelle après l’avoir saoulé. Le lendemain, l’ambiance entre les deux hommes est électrique mais ils sont convoqués chez le directeur. Ce dernier leur demande alors d’enquêter sur la disparition d’un employé, Watanabe Yûichi, soupçonné d’avoir divulgué des informations à la concurrence…

En conclusion

Shinou sensei crée souvent des personnages à l’air innocent qui peuvent être de vraies ordures. D’ailleurs elle maîtrise parfaitement les expressions de ses personnages, glissant discrètement des regards sournois, des rictus nerveux entre deux phrases de dialogue. Ce récit se lit donc en observant attentivement les vignettes. Attention, pour les personnes sensibles, il y a des scènes de viol. D’ailleurs nos deux héros assument totalement leurs actes. Je suis totalement conquise par cette histoire. J’aime beaucoup le graphisme et les personnages cabossés par la vie et leurs défauts.

Paparazzi – Nishimoto Rou

paparazzi nishimoto rou

NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782382761106
Hana, 2022
ISBN: 9784396785161 (JP)
Shodensha, 2021 (JP)
Titre original: このキスは記事にできない
Manga
Ero-mètre: hard
Recomandation: beaucoup

« Une romance au goût d’interdit entre un acteur et un paparazzi! »

Nishimoto Rou sensei narre une romance entre un riche et bel acteur célèbre et un paparazzi peu doué et immature. Elle débute par une relation au consentement plutôt gris, mais qui pousse les deux héros à s’interroger sur leur attirance. Ainsi, elle développe particulièrement la personnalité de ses personnages. Manato a tendance à fuir la réalité et Ryû est prisonnier de l’image de marque qu’on lui a créée. Bien qu’ils aiment leur métier, ils ne s’y épanouissent plus. D’abord dans le déni, leurs sentiments naissent peu à peu. Par ailleurs, l’auteure aborde entre autre, le jugement sur l’apparence, les clichés sur la beauté physique, les différences sociales, la pression des médias et des agences dans le monde artistique. Avec le manager Kido, elle met en avant la difficulté à combiner objectifs de l’agence et états d’âme de l’acteur. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote amusante sur le couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais léché. Elle dessine des personnages plutôt virils et musclés. Par ailleurs, elle détaille les mouvements et renforce les émotions avec des trames d’ambiance. De même, les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique utilise les emboitements de cases, les ellipses, les sorties de cadres et la déformation ou l’absence des cadres. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détaille même les coupes intérieures. Toutefois, elle s’attarde surtout sur la sensualité des ébats. Les illustrations en début de chapitre sont directement intégrées au récit.

En résumé

Malgré sa popularité, l’acteur Honda Ryû (28 ans) s’interroge sur son talent, étant souvent apprécié pour sa beauté. En plus, il travaille pour l’agence dirigée par son père, un ancien acteur. Tandis qu’il se rendait dans un bar, le paparazzi Higa Manato (26 ans) le percute alors qu’il fuyait. Mais à la surprise de la star, le journaliste ne le connaît pas. En effet, Higa vivait aux États-Unis et travaille seulement depuis deux mois pour un magazine au Japon. Comme il n’a toujours pas trouvé de scoop, son patron lui lance un ultimatum. Chez sa petite amie Shiho, le photographe découvre alors que son sauveur est un célèbre acteur. Bien que se sentant redevable, il hésite à suivre Honda. Mais quand il le surprend avec une femme, l’acteur le provoque…

En conclusion

Comme Two sides of the same coin, ce one-shot offre une histoire très sexy et adulte. Je trouve que Nishimoto sensei a vraiment du talent pour construire des personnages touchants, ayant à la fois du charisme et un côté sombre. Pour moi, c’est un coup de cœur!

Dogs of Tosca – Noici Micro

dogs of tosca noici micro

NOICI Micro 乃一ミクロ
ISBN: 9782382763049
Hana, 2022
ISBN: 9784865544596 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce que tu préfères entre la douleur et le plaisir? »

Noici Micro sensei narre une tranche de vie de deux yakuzas de clans opposés qui vont tomber amoureux. Entre manipulations, trahisons et risque de guerre des clans, elle offre une romance emplie de suspense et de rebondissements. Même si la relation entre Nishina et Kuroda débute sur fond de négociation, les sentiments fleurissent au fur et à mesure que certains secrets se révèlent. Les deux mafieux ont du mal à exprimer clairement ce qu’ils ressentent réellement, hésitant car prisonnier de leur fidélité et leur honneur. En introduisant Gojô, le chef administratif du clan Kirigaya, l’auteure montre l’escalade d’un simple désir égoïste qui débute par du chantage en une lutte interne. En semant des indices au fil des pages, elle oblige constamment le lecteur à s’interroger sur celui qui domine les intrigues. Elle le replonge même dans ses doutes avec l’anecdote du chapitre bonus.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui s’adoucit grâce aux pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques ou dans les contre-jours. Elle dédouble parfois les contours, donnant encore plus d’épaisseur à ses personnages qui se détachent donc. Les décors très présents s’estompent quand le plan se resserre. Ils sont variés et parfois, sont tellement détaillés qu’on dirait des modèles photographiques qui ont été noircis. De même, Noici sensei joue également sur différents matériaux pour le tatouage impressionnant de Tôji, entre motifs de trames et touches au pinceau. D’ailleurs, elle privilégie les contrastes noir et blanc, même dans son travail des trames. Les illustrations en début de chapitre utilisent aussi des tons foncés. Ainsi, le tome semble sombre en général. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les changements d’angles de vue. Les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Le premier lieutenant du clan Kirigaya, Nishina Tomoya, attaque Matsuba du clan Kuroda, pour venger la mort d’un de ses hommes. Mais il tombe sur leur premier lieutenant Kuroda Tôji qui le fait prisonnier. Alors que le yakuza avait l’intention de le punir en le violant, il est stoppé dans son élan en découvrant une grande cicatrice de brûlure dans son dos. Nishina en profite alors pour s’enfuir avec ses hommes encore en bas du bâtiment. Mais il redoute les représailles. A la surprise des membres de son clan, Kuroda demande de ne rien dire à leur chef et se renseigne ensuite sur Tomoya. Ce dernier s’appelle en réalité Hina Minato et était orphelin. Peu de temps après, Nishina vient à la rencontre de Tôji…

En conclusion

Le milieu mafieux sous-entend certaines scènes choquantes. Toutefois je trouve que Noici sensei arrive à temporiser, en ne détaillant pas certains passages et en injectant également un peu de tendresse. En plus, son graphisme s’est adouci et affirmé depuis Brother auto spot. Certes, ce one-shot ne se démarque pas de la concurrence sur le même thème, mais je me suis laissée complètement happée par l’histoire, trouvant le couple adorable. Et j’adore particulièrement la conclusion.

Hotaru mourra demain – Saikawa Fuyu

hotaru mourra demain saikawa fuyu

SAIKAWA Fuyu 斉川冬
ISBN: 9782382761052
Hana, 2022
ISBN: 9784813032243 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est parce qu’il ressemblait à Hotaru que je suis tombé amoureux de lui. »

Saikawa Fuyu sensei propose une romance lycéenne abordant l’amour pour un personnage de fiction. Elle base la narration principalement du point de vue d’Asada. Elle commence par un synopsis au premier abord simple, baladant le lecteur avant de le surprendre complètement sur la fin. Bien que conscient de son amour perturbant son jugement, Asada ne peut s’empêcher de s’attacher à toutes les ressemblances de Nimiya avec Hotaru, aussi bien le physique, le caractère, les goûts que des évènements se développant comme dans le roman. Il accepte petit à petit les dissemblances qui apparaissent, ses sentiments évoluant. L’auteure joue beaucoup sur les petits secrets de chacun des protagonistes. Par ailleurs, elle montre comment un amour se transforme avec la jalousie et la possessivité. En fin de tome, elle offre une histoire bonus révélant quelques secrets de l’ami de Nimiya, Ohno Yuuta.

La mangaka a un trait épuré. Elle utilise un graphisme très actuel mais qui se distingue peu. Elle met en avant la sensualité de ses personnages. D’ailleurs, certains passages deviennent très poétiques, utilisant des analogies et rappelant l’univers romantique. Par exemple, la mort d’une cigale accompagne symboliquement celle de Hotaru. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. Les trames sont équilibrées et les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Saikawa sensei ne censure pas vraiment les scènes érotiques. Toutefois, elle utilise des angles de vue pour cacher les parties intimes.

En résumé

Saneatsu Asada est tombé amoureux de Hotaru, l’héroïne d’un roman. Cette lycéenne fictive a les cheveux roses, des piercings rouges, un grain de beauté au coin de la bouche et des yeux de chat. Il a beau savoir que cet amour est vain, il craque pour les filles ressemblant à ce fantasme, même s’il se fait rapidement plaquer. A la bibliothèque, Asada s’endort à force de réfléchir à cette attirance irrationnelle. Quand Nimiya le réveille, il est frappé par sa ressemblance parfaite avec son idéal. Subjugué, il l’embrasse alors puis, réalisant son geste, s’empresse de s’excuser. Pourtant, le lycéen accepte de devenir son petit ami. Asada ne contient plus sa passion en découvrant au fur et à mesure tous les points communs que possède Nimiya avec Hotaru. Un jour de pluie, il invite son petit ami chez lui et ils finissent par coucher ensemble, comme dans le récit du roman.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2020. Le graphisme de Saikawa sensei évolue encore durant ce tome, perturbant un peu la reconnaissance des personnages. Toutefois, elle maîtrise plutôt bien son scénario avec une grande révélation peu avant la fin qui sublime ce récit au premier abord classique. Je me suis d’ailleurs complètement laissée happer par l’histoire.

Number call – Furuya Nagisa

number call furuya nagisa

FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382761137
Hana, 2022
ISBN: 9784758073561 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« A chaque fois que les gens voient mon prénom, ils décident eux-mêmes de comment le prononcer. »

Furuya Nagisa sensei offre une douce et pudique romance dont le thème principal tourne autour du nom. Elle décortique la construction d’une relation, à partir du développement d’une amitié jusqu’aux prémices de l’amour. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs premiers émois. On retrouve déjà son style narratif, par petites tranches de vie: ici, une année de terminale. Eito et Hachi découvrent rapidement d’autres points communs en plus de la signification similaire de leur surnom. Par ailleurs, au fil des chapitres, l’auteure développe un peu plus Yokoi et Kisshi, respectivement les amis de Tachibana et Tomoya. Elle les fait subtilement intervenir auprès des deux lycéens qui ont du mal à déterminer la nature de leurs sentiments. L’histoire bonus satisfait les lecteurs par une conclusion toute mignonne.

La mangaka a un trait épuré encore plus simplifié dans les passages humoristiques. Elle s’attarde sur les petits détails. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions fortes. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique est plutôt aérée. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei prenant soin de décortiquer les sentiments.

En résumé

Tachibana Akito, en section littéraire, attire depuis son enfance les quolibets de ses amis car la lecture des caractères de son prénom peut aussi se prononcer « Eito », soit « eight » en anglais. D’ailleurs, son ami Yokoi se moque un peu de lui car il a obtenu 88 à trois contrôles. Par inadvertance, il laisse s’envoler la copie par la fenêtre. Mais un gentil garçon de la section scientifique la ramasse et la rend à Eito avec un grand sourire. Plus tard, Yokoi apprend à son ami que ce gentil garçon s’appelle Tomoya Hatta et qu’on le surnomme Hachi, signifiant également « 8 ». Tomoya est heureux de trouver un ami qui a un nom similaire au sien mais soudain, Tachibana n’ose pas lui révéler son vrai prénom…

En conclusion

Pour son premier manga, Furuya sensei mène déjà très bien son scénario. Elle offre une histoire emplie de douceur et de fraicheur. Elle arrive déjà à pointer les petits moments forts du quotidien de l’adolescence. Je suis d’ailleurs facilement touchée par les deux lycéens qui réalisent petit à petit leurs sentiments sans trop y croire, tout en cherchant à préserver le lien particulier qu’ils nouent. Si vous aimez l’auteure (Les deux lions, Blue summer), n’hésitez pas à vous précipiter sur ce one-shot.

I want you – Momose An

i want you momose an

MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382763025
Hana, 2022
ISBN: 9784796413947 (JP)
Kaiohsha, 2020 (JP)
Titre original: ナカまであいして
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Impossible de lui avouer… que j’ai toujours voulu essayer… »

Momose An sensei offre une romance sexy entre deux lycéens ayant mauvais caractère. Ainsi, elle alterne la narration entre Tokiwa et Yuzuriha. Par contre, elle démarre son récit par une relation non consentie, l’égoïsme et la fatuité de Sôji l’empêchant d’écouter les supplications d’Ikumi. D’abord sex friends, les deux lycéens apprennent à se connaître et les sentiments naissent peu à peu au-delà de leur compatibilité sexuelle. Toutefois, les chamailleries s’enchainent car Yuzuriha ne se laisse pas facilement faire. Pour bousculer ses héros, l’auteure ajoute un triangle amoureux vite expédié. Elle fait d’ailleurs évoluer Tokiwa petit à petit, grâce aux remarques de son ami Sakai. Comme le format ne permet pas d’approfondir plusieurs sujets, elle préfère s’attarder principalement sur le changement de comportement de ses héros qui s’assagissent.

La mangaka a un trait qui joue beaucoup sur les pleins et déliés, dont la rondeur dégage beaucoup de douceur. Elle exagère légèrement les expressions. Avec ce style proche du shôjo, les trames d’ambiance appuient surtout les émotions. Pourtant la palette de trames générales reste réduite mais équilibrée. De même, les décors situent principalement l’action. Le fond noir permet de repérer immédiatement les flash-back. La mise en page très dynamique utilise beaucoup les cases emboitées, donnant parfois une impression de surcharge. Toutefois, le dessin reste clair. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle intègre même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle présente différents stades d’intimité du couple dans les illustrations en début de chapitre. La postface est en bande-dessinée. Sous la jaquette, il y a un croquis et la présentation des personnages.

En résumé

Tokiwa Sôji sort indifféremment avec des filles ou des garçons du moment qu’ils ont un beau visage. En classe, il ose dire à Ikeda dont il s’est lassé, que son voisin de table, Yuzuriha Ikumi, est plus mignon qu’elle. Vexée, la lycéenne le gifle avant de le quitter. Pourtant, Yuzuriha reste indifférent à ses tentatives de rapprochement. Il le remet même vertement à sa place, inquiétant au passage son ami Tanabe Shôta. En effet, il déteste par-dessus tout les personnes qui ne s’intéressent qu’à l’apparence. Le soir, en rentrant de son petit boulot, Sôji rumine encore sa frustration mais il aperçoit alors Ikumi accompagné d’un homme mûr qui allaient entrer dans un love hotel. Il intervient alors et l’emmène chez lui. Croyant que son camarade a de l’expérience, le fier tombeur le force à coucher avec lui…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. Yuzuriha Ikumi obtient la dix-huitième place du meilleur uke. D’abord prévu en one-shot, Momose sensei a pu ainsi continuer son récit grâce au succès. Par un retournement scénaristique, elle atténue un peu la scène du viol. Toutefois, les lecteurs sensibles pourront ne pas apprécier. Pour ma part, j’ai du mal à trancher car j’apprécie les histoires lorsqu’un uke ne se laisse pas faire mais je trouve vraiment Tokiwa détestable. Heureusement, son changement de caractère me permet d’apprécier un peu mieux la fin du récit. Je trouve que cela reste tout de même une lecture divertissante.

Ce côté de toi que je ne connais pas – Fuji

ce cote de toi que je ne connais pas fuji

Fuji 藤
ISBN: 9782382761083
Hana, 2022
ISBN: 9784758022460 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si je te côtoie tous les jours, est-ce que ça veut dire que je te connais vraiment? »

Fuji sensei choisit pour son premier manga, le synopsis plutôt classique de l’amour entre amis d’enfance. Toutefois, elle y ajoute une petite nuance: les deux héros ne se connaissent pas parfaitement s’étant perdus de vue en grandissant. Ainsi, elle aborde avec finesse la différence des sentiments entre un homosexuel et un hétérosexuel qui tombe amoureux d’un homme, la peur du regard extérieur et la difficulté à faire confiance. L’histoire se développe par petites tranches de vie. Shô et Aoba communiquent difficilement et même lorsque leurs sentiments évoluent, un malaise persiste. En effet, tous deux gèrent mal leurs doutes et la jalousie. Par ailleurs, l’auteure introduit Watanabe, l’ami d’Aoba, et Iori, une connaissance de Shô, pour accélérer l’évolution des sentiments entre ses héros. D’ailleurs, elle centre principalement son récit sur le point de vue d’Aoba. Elle s’intéresse donc aux secrets entre amis.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle a un style shôjo qui dégage une certaine douceur. Par ailleurs, elle a un traitement particulier des joues rougissantes, renforçant l’aspect mignon. Et repérerez-vous Shô avec des oreilles de wanko? Par contre, les flash-back sont directement intégrés au récit, les rendant parfois difficiles à repérer. Il faut donc faire attention aux détails pour les distinguer comme les vêtements, les décors. Les trames sont nombreuses et les décors plutôt présents. De même, la mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuji sensei censure les parties intimes par des caches blancs ou avec des phylactères bien placés. Sous la jaquette, elle offre un yonkoma et une illustration.

En résumé

Aoba vit en colocation avec son ancien voisin et ami d’enfance, Takase Shô. Mais il n’est pas très à l’aise car ils ne se fréquentaient plus en grandissant. Un jour, Shô rentre complètement trempé par la pluie et en larmes, mais il refuse de se confier à son aîné. Trouvant son colocataire beau, Aoba passe alors une journée, perdu dans ses pensées. Même s’il prend soin de lui, Takase reste froid et prostré pendant quelques temps. Un jour, surpris par la pluie en rentrant chez lui, Aoba va directement à la salle de bain pour se changer. Mais il y trouve Shô qui lui propose alors de partager la salle de bain avec lui…

En conclusion

Fuji sensei participe depuis 2013 à des œuvres collectives mais ce one-shot est son premier manga. Elle maîtrise déjà son graphisme. Par contre, l’enchaînement des évènements comportent encore quelques maladresses, coupant parfois l’effet de surprise. Toutefois, elle offre une histoire douce et réaliste. D’ailleurs, le thème au premier abord simple invite pourtant le lecteur à s’interroger sur le secret de l’orientation sexuelle entre amis. Une lecture agréable et mignonne et une auteure à suivre.

L’écrivain au cœur flétri – Yan

l ecrivain au coeur fletri yan

Yan やん
ISBN: 9782382760734
Hana, 2021
ISBN: 9784815501488 (JP)
Sankosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La question de l’homosexualité dans des relations adultes.

Yan sensei propose un recueil de romances adultes et mignonnes. Elle développe toujours des relations consensuelles. De même, elle aborde divers sujets d’actualités. La première histoire développée sur trois chapitres et un chapitre bonus donne son titre au manga. Bien que Kiriya soit un écrivain reconnu, il est peu sûr de lui et éprouve des difficultés à s’exprimer. Ses sentiments naissent peu à peu grâce à la patience de Toraï. Dans « Gateau à la fraise », l’auteure aborde la peur du regard extérieur sur l’homosexualité au bureau. Elle offre un scénario plus léger dans « Les huitièmes noces ». Par contre, dans le dernier chapitre, elle s’intéresse aux difficultés de l’adoption pour un couple gay malgré une législation en leur faveur. Les deux histoires bonus apportent une note très érotique.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages dans un style qui lui est propre et efficace. Elle détaille les décors, présents et réalistes. De même, les trames sont équilibrées. Par contre, quelques trames d’ambiance, très graphiques, renforcent les émotions. La mise en page reste assez classique avec tout de même quelques cases dynamiques. D’ailleurs, Yan sensei met en valeur les corps musclés de ses personnages. A noter qu’elle porte attention aux détails comme les taches de rousseur de Kayle ou en exagérant le côté mignon de la chatte, dans le chapitre « Promesse à Brighton ». Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des caches blancs. Toutefois, il y a une scène par chapitre.

En résumé

L’écrivain au cœur flétri / Notre jardin se pare des couleurs de l’hiver: L’écrivain de science-fiction pour enfants Kiriya Kôsuke (46 ans) manque actuellement d’inspiration. Son éditeur Tanaka lui présente un jardinier, Toraï Sotetsu, qui apprécie ses œuvres depuis l’enfance. Mais asocial et gay, Kiriya a du mal à rester naturel avec ce dernier, même s’il est charmé par sa musculature. Pourtant, Toraï ne se vexe jamais quand il se montre brusque et froid. Un soir, alors que le jardinier finissait de travailler sous la pluie, l’écrivain l’invite à se reposer chez lui…
Gâteau à la fraise / Bienvenue, mon chéri!: Ookuni et Masumida sortaient ensemble mais se sont séparés quand Ookuni a intégré la même entreprise que son petit ami. Pourtant, leurs sentiments sont encore bien présents…
Les huitièmes noces: Le milliardaire Kalkadan va bientôt marier la dernière de ses sept filles. Au marché, il vient en aide à un marchand itinérant, Bauma, qui se disputait avec un client persuadé d’être arnaqué. Ce dernier lui recommande de se méfier des voleurs de dot…
Promesse à Brighton: Kayle et Jayden, un couple gay marié depuis quatre ans, souhaitent adopter un enfant mais essuient un refus. Kayle a du mal à digérer cette décision…

En conclusion

Yan sensei possède un style graphique qui change un peu de l’ordinaire, rappelant le mouvement actuel de certaines mangaka dessinant des muscles proéminents. Elle offre des histoires simples et mignonnes, sans prétention au premier abord. Mais hormis « Les huitièmes noces » qui dénotent un peu du ton général, elle aborde des questions d’actualités ancrée dans la réalité. Une lecture idéale pour passer un agréable moment.

Barbarities 2 – Suzuki Tsuta

barbarities 2 suzuki tsuta

SUZUKI Tsuta 鈴木ツタ
ISBN: 9782375063118
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799735138 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« C’est comme si un mur s’était dressé entre nous. »

Suzuki Tsuta sensei met un peu de côté la romance pour nous plonger dans les complots politiques. Elle sème plusieurs indices et révèle l’instabilité qui menace les trois royaumes de son univers. De même, elle développe un peu plus les spécificités des différents pays. Ainsi, Joël ne semble pas être le seul menacé et les potentielles cibles se dévoilent au fur et à mesure. Les jeunes Christopher et Lucas apportent une touche de fraîcheur naïve, détendant l’atmosphère plutôt tendue. Comme dans le tome précédent, l’auteure alterne entre intrigues et fêtes des nobles, ajoutant quelques passages humoristiques avec les réactions du coincé Montagu. Elle introduit de nouveaux personnages aussi excentriques qu’Adam, en particulier la brigade du Sud menée par Liszt et Olivier ainsi que Simon, l’oncle de Chris. L’histoire bonus donne le point de vue amusant des serviteurs Paul Cailletet et Franck sur leurs maîtres.

La mangaka a son propre style, immédiatement reconnaissable. Elle a un trait épuré, fin, légèrement anguleux et parfois dédoublé, lui donnant du caractère. Elle met en avant les corps finement musclés d’Adam et Louis. De même, les costumes détaillés sont parés de dentelle, galons, broderies. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et nombreuses. Par contre, les trames d’ambiance discrètes accompagnent sobrement les émotions. La mise en page dynamique change souvent d’angles de vue. Par ailleurs, Suzuki sensei utilise des cadres épais et des espaces inter-iconiques larges, permettant ainsi d’aérer les vignettes chargées. Dans les scènes érotiques menées principalement par Gilles et Louis, elle censure les parties intimes avec des hachures. D’ailleurs, elle préfère éviter de montrer les détails en général.

En résumé

Depuis que Montagu Joël Letreux a rejeté ses avances, le vicomte Adam Canning se montre froid avec lui, ne le fréquentant que pour le travail. Il lui annonce alors son projet d’enquête sur les lettres de menaces. Persuadé que son garde du corps souhaite rentrer au plus vite à Xehana, Montagu demande l’aide de ses employés pour analyser les lettres qu’il a reçues. Un féru de papeterie devine alors l’origine du papier et de l’encre. Mais il revient voir plus tard son seigneur car il a reçu une invitation pour une réception au manoir des Godfrey, utilisant les mêmes matériaux que les lettres analysées. De son côté, Adam ne comprend pas pourquoi Joël empiète sur son travail et ne lui fait pas confiance…

En conclusion

Bien que ce tome ne se classe pas au Chill chil BL award 2018, les lecteurs le citent parmi les meilleures séries avec un sujet travaillé. De même, Adam Canning apparaît dans les seme maladroits et compliqués. Suzuki sensei avait commencé de manière classique et arrive à réorienter son récit avec brio pour le transformer en intrigue politique. L’amour cède un peu la place aux évènements importants, mais reste tout de même en fond pour apporter quelques moments de bonheur. Je suis complètement happée, j’adore nos deux héros mais apprécie encore plus le couple de Louis et Gilles.

Ze 6 – Shimizu Yuki

ze 6 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782351805299
Taifu comics, 2011
ISBN:‎ 9784403661891 (JP)
Shishokan, 2007 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Tu vivras toute ta vie avec la douleur des remords. »

Shimizu Yuki sensei conclut l’histoire mouvementée de Moriya et Ryûsei. Elle bouleverse un peu le schéma narratif habituel grâce à un kami qui prend des initiatives et n’obéit pas facilement à son maître kotodama. Ainsi Moriya agit par amour et devient légèrement sadique envers Ryûsei pour satisfaire ses propres désirs. En effet, Kitamura, rongé par les remords, a un comportement suicidaire et ne peut surmonter son traumatisme que par lui-même. A travers l’affaire de Moriyama, l’auteure met en avant la violence qui appelle la violence et l’utilité du kotodama face aux injustices. Elle offre un chapitre amusant avec l’évolution de la relation entre Kon et Shichikawa Raizô. De même, elle introduit les aventures du couple suivant, Mitô Kotoha et Konoe, avec la question de la responsabilité d’un adulte « dépravé » dans l’éducation d’un enfant. L’histoire bonus permet de découvrir enfin la position de Moriya et Ryûsei dans le couple.

La mangaka simplifie son trait anguleux et épuré dans les passages humoristiques. Elle transforme même Raizô en adorable wanko. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions, utilisant parfois des pois, des cœurs ou des fleurs. Les décors apparaissent dès que le cadrage s’élargit. La mise en page est dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. A la fin du chapitre « Lune de miel pour de faux », elle donne deux anecdotes sur Raizô grâce à des yonkoma. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages importants au début du volume.

En résumé

Alors que Kitamura Ryûsei prend un peu de plaisir avec Moriya, il reçoit l’appel de son ami Takewaki Kazuo. Son petit frère Yôji n’est pas rentré. Pourtant, Ryûsei l’a laissé devant la supérette près de son domicile. Peu après l’appel, l’enfant a été retrouvé inconscient après avoir été battu et est emmené à l’hôpital. Trois jours après, il est toujours dans le coma. Depuis, Ryûsei culpabilise, se nourrissant à peine et dormant peu. Moriya remplace Take à son travail mais se sent impuissant face à son maître qui ne le regarde même pas et se laisse dépérir. Mais un jour, il lui demande si il peut soigner quelqu’un d’autre que son maître kotodama. De son côté, Takewaki entend par hasard des lycéens parler d’un certain Moriyama qui se vanterait d’être l’auteur de cette affaire…

En conclusion

Beaucoup d’émotions dans ce tome! J’aime beaucoup le caractère de Moriya, qui paraît si coincé, et qui contraste avec la vulgarité de Ryûsei. De même, Raizô continue à se montrer très prévenant avec son petit ami, apportant réellement de la douceur et un esprit d’ouverture dans cet univers fantastique.