Black or white 2 – Sachimo

black or white 2 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776667
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784041076248 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shin commence à avoir du succès…

Après avoir abordé leur passé, Sachimo sensei s’intéresse à la dépendance entre les deux héros. Elle développe plus les personnages secondaires. Ainsi, Hanasaki, confident de Shin, apporte une touche humoristique. Tatara, dont Washimiya est fan, explique comment faire sa promotion via le networking. De même, Hosoya représente le modèle type de l’idol employé comme acteur principal alors qu’il n’en a pas forcément le niveau. L’auteure dépeint ainsi le rôle de certaines agences qui privilégient l’image et le business sans tenir compte des compétences ou des affinités de leurs artistes, les considérant comme de la simple marchandise. Elle décrit aussi la concurrence et la médisance entre acteurs. Face au succès grandissant de Shin, Shige se montre de plus en plus possessif, n’arrivant pas à contrôler sa jalousie. Et son petit ami prend conscience que sa réussite implique des limites. Un chapitre bonus narre le fantasme de Shige sur les costumes.

La mangaka a un trait fin épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages et les yeux. Parfois, les personnages deviennent même SD. Les trames d’ambiance alternent souvent avec les décors. Cependant, Sachimo sensei préfère jouer sur les contrastes clairs-obscurs et le noir et blanc. La mise en page est discrètement dynamique. L’illustration en couleurs représentant les personnages en kimono en début de tome met en valeur le style de l’auteure. La censure cache les organes sexuels par des caches blancs. Néanmoins, certains détails se devinent par le jeu de trames.

En résumé

Après avoir fait l’amour pour la première fois, Washimiya Shin se remémore sa dernière année au lycée avec Ôsawa Shige. Timide, il effrayait ses interlocuteurs par son regard gêné. Comme il bégayait, il avait peu d’amis, d’autant plus qu’il était mal à l’aise avec les garçons. Un jour, il remarque que Shige joue en réalité le garçon avenant quand il est entouré de filles. Il lui propose donc de rejoindre le club de théâtre. Malheureusement, pour la fête de l’école, les membres du club étant peu nombreux, ils n’obtiennent pas l’autorisation pour jouer leur pièce. Shige propose alors de le faire dans leur salle de club. Par la suite, alors que les deux garçons rangent la salle de club pour la léguer au club de shôgi, Shin demande à continuer à être ami avec Shige. Mais ce dernier refuse avant de lui déclarer son amour.

En conclusion

Comme dans le tome précédent, la mangaka apporte un regard assez réaliste sur le show-business. Elle arrive à équilibrer humour et situations tendues, maintenant le suspense au fil des chapitres. La tendresse dans le couple est touchante. Même les lecteurs ont envie de protéger leur amour!

Black or white 1 – Sachimo

black or white 1 sachimo

Sachimo さちも
ISBN: 9782368776550
Boy’s live IDP, 2019
ISBN: 9784041067222 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Les aventures de deux acteurs homosexuels qui doivent concilier carrière et vie privée.

Sachimo sensei narre les difficultés d’un couple d’acteurs homosexuels. Elle s’intéresse à l’influence des réseaux sociaux et des journalistes sur la carrière, les effets de modes et les difficultés d’être homosexuel dans ce milieu, en particulier lorsque le physique est source de succès. Ainsi Shige a clairement conscience que son succès sera éphémère. De même, Tatara Kengo représente l’acteur sur le déclin qui tente de se refaire. L’auteure développe également la psychologie de ses personnages. Elle joue sur les contrastes entre images publiques et privées: Shige cache son côté sombre et Shin devient très lumineux une fois à l’aise. Par ailleurs, Kazushige se bat contre ses sentiments contradictoires. Shin s’affirme grâce à son ami gay, Hanasaki, membre du groupe d’idols ODD. La relation du couple s’épanouit dans le respect de l’autre, le soutien, le consentement et la communication. L’histoire bonus raconte avec humour comment Shige gère son abstinence forcée.

La mangaka utilise des traits épurés et fins. Elle les simplifie pour renforcer les expressions ou dans les passages humoristiques. Les personnages ont des yeux fins tout de même expressifs, des carrures plutôt sveltes et finement musclées. Les protagonistes en SD dans la postface sont adorables. Les trames d’ambiance assez discrètes alternent avec les décors. Les noirs et blancs ou les clairs-obscurs jouent sur les contrastes et l’équilibre. La mise en page est dynamique. La couverture reprend le thème du noir et blanc. Pour l’instant, les scènes érotiques évitent de montrer trop de détails grâce aux cadrages et aux choix de positions.

En résumé

Tatebanashi Kazushige et Himemiya Shin sortent ensemble depuis la fin du lycée et vivent ensemble. Cependant ils n’ont pas encore consommé leur amour car Shin a peur de passer à l’acte. Alors Shige se retient, se contentant de baisers langoureux et de plaisirs solitaires. Cependant, tous deux sont acteurs mais leurs carrières s’opposent. Tandis qu’Ôsawa Shige passe pour un prince, cumulant les rôles populaires, Washimiya Shin joue souvent des rôles de méchants à cause de sa timidité et son côté taciturne, entraînant l’antipathie de son entourage. Pourtant, ce dernier travaille dur. Néanmoins, leur relation secrète menace cet équilibre. Réalisant la frustration sexuelle de son petit ami, Shin décide de faire plus d’efforts pour passer à l’acte.

En conclusion

Bien que non classée au Chill chill BL award de 2019, ce tome a été beaucoup cité comme série palpitante par les lecteurs. La relation entre les deux héros est déjà établie dès le début. Tout l’intérêt se trouve dans l’évolution de leurs liens confrontés aux difficultés du succès et comment Shin s’ouvre aux rapports charnels. Une certaine tension se dégage du récit, comme une bombe prête à exploser avec leur secret. Cependant, leur relation est tellement adorable, le jeu des opposés (managers, caractères, carrières, comportement) tellement entraînant! Beaucoup de détails apparaissent à la relecture. Un manga que je recommande!

You’re my sex star 2 – Tamekou

youre my sex star 2 tamekou

Tamekou ためこう
ISBN: 9782368777091
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784782 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La cohabitation avec une star du porno n’est pas de tout repos.

Après trois chapitres, Tamekou sensei continue les aventures d’Ibuki et Yûki. Elle s’intéresse particulièrement à l’évolution de leur relation qui se veut égalitaire, même si leurs ébats donnent à voir une position de dominant et dominé. Elle approfondit également la psychologie de ses deux héros. Le couple progresse au fil des discussions. Par exemple, Ibuki complexe sur la différence d’âge et son manque d’expérience. Chihiro, quant à lui, a du mal à maîtriser sa jalousie. En introduisant Usa, un acteur rival, l’auteure permet à Ibuki de prendre conscience de sa passivité. De même, elle présente l’image péjorative de la pornographie à travers le regard de Kurosaki, le kôhai d’Ibuki au club universitaire de base-ball. Par ailleurs, elle interroge sur l’égalité dans un couple, la confiance, les fantasmes, les moments intimes sans sexe. Les deux héros ont un regard neutre, sans préjugés sur la pornographie mais tout de même réaliste.

La mangaka a un trait épuré mais ferme. Elle simplifie ses traits pour les passages humoristiques. Par ailleurs, elle arrive à transmettre les émotions de ses protagonistes juste avec l’expression de leur visage. De même, les trames participent à la narration en appuyant les sentiments et alternent avec les décors assez détaillés. Les angles de vue sont toujours aussi recherchés, en particulier dans les passages érotiques. L’utilisation des trames est équilibrée. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques à peine censurées jouent sur l’absence de quelques traits. Tamekou sensei arrive à respecter le quota d’une scènes érotiques par chapitre tout en les intégrant avec naturel.

En résumé

Se fréquentant depuis trois mois, Ibuki Hikaru (26 ans) s’est installé chez Yûki Chihiro (21 ans). Mais depuis, à chaque fois qu’il doit rédiger des articles, il se laisse séduire par son petit ami et passe donc des nuits de folie. Menacé par son patron, il demande alors à s’abstenir de rapports charnels jusqu’à la fin de son article. A sa surprise, l’acteur accepte facilement et semble bien supporter le manque comparé à lui. Le journaliste se met alors à douter de leur relation…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-neuvième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. J’adore Ibuki: il prend tout avec sérieux, même l’amour. Sa vision pure, sans préjugés, est tellement motivante, aussi bien dans le rapport amoureux, sexuel que dans son métier ou celui de son petit ami. L’uke n’est plus une « étoile de mer » qui attend mais qui revendique la position « passive » durant les ébats. L’auteure arrive à nous divertir et nous amuser tout en nous faisant réfléchir. Son approche du Boys’love s’affranchit un peu des poncifs avec un couple ouvert et consentant prônant l’égalité dans leurs rapports.

You’re my sex star 1 – Tamekou

youre my sex star 1 tamekou

Tamekou ためこう
ISBN: 9782368775530
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783938 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’étincelle du premier sentiment amoureux dans diverses situations.

Dans ce recueil, Tamekou sensei développe diverses histoires, dont certaines font à peine trois pages, sur le thème du sentiment amoureux naissant. Ainsi, elle s’appuie sur les informations graphiques et les petites phrases pour transmettre l’instant où le personnage tombe amoureux. Le premier récit, plus long, donne son titre au manga et confronte des personnalités un peu excessives: Ibuki est tellement consciencieux qu’il en devient comique. De même, Chihiro distingue parfaitement son travail et sa vie privée. L’univers pornographique est tout de même abordé légèrement. « Loose socks boy » joue sur le fantasme des chaussettes tombantes, suivi d’une fiche explicative. Dans le chapitre suivant, l’auteure s’intéresse au jugement sur l’apparence et le rejet de l’attirance. De même, dans « Sexy call boy », elle réussit à installer une romance explicite grâce à quelques cases conclusives.

La mangaka a un trait épuré. Elle dessine des corps finement musclés, des visages variés, des regards très expressifs. Elle utilise également des angles de vue variés et parfois originaux. Ainsi, son dessin dégage beaucoup de sensualité, même sur de petits gestes. D’ailleurs, les détails ont souvent leur importance. Même les illustrations en début de chapitre mettent en valeur l’esthétique des personnages. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique rythme la lecture. Tamekou sensei détourne la censure des scènes érotiques en jouant sur la transparence des traits des parties génitales, les rendant très clairs. En outre, elle utilise les cadrages pour en montrer le moins.

En résumé

You’re my sex star / Bonus: Ibuki Hikaru, journaliste pour un magazine érotique, doit interviewer Yûki Chihiro, la star porno actuellement en vogue. Quand il apprend que le bel homme est sur le point de tourner avec des poulets, il libère les volatiles. Mais ayant compromis le tournage, l’acteur lui propose alors de les remplacer.
Cryptic white: Nachi cache toujours son visage derrière un masque. Curieux, Sasa le suit donc pour découvrir son secret.
A tes côtés: Miyano Tomoki et Endô Osamu sont amis d’enfance. Osamu est secrètement amoureux de son ami mais ce dernier lui demande de l’aider à sortir avec la belle Shimizu.
Loose socks boy: Un matin, Katsuragi Mitsuru découvre que son ami, Sôma Kei, aime porter des loose socks pour réchauffer ses pieds.
Lipstick boy: Misaki est subjugué par les lèvres rouges de Fujio. Quand il trouve un rouge à lèvres à côté de la table de ce dernier, il le lui donne, persuadé que son camarade aime se pomponner comme une fille.
Sexy call boy: Depuis trois mois, Itô fait appel à un call boy, Haru. Tombé amoureux, il demande donc à en apprendre plus sur lui.
Lockup boy: Tout en parlant à ses peluches, Takuto obéit à son maître qui le retient prisonnier.
Pretty bunny boy: Pour négocier, Inamori a été emmené par son client dans un club de luxe où les serveurs sont en bunny boy. Mais il a du mal à comprendre le charme de ce genre d’endroit.

En conclusion

Le lecteur peut être d’abord déstabilisé par le format très court de certaines histoires. D’autant plus qu’il y a très peu de scènes érotiques. En effet, l’auteure semble combler son récit principal par diverses histoires à thèmes. Mais la qualité de son dessin et la maîtrise de son scénario permettent pourtant de deviner immédiatement le petit instant où l’étincelle de l’amour naît, grâce à un regard, un sourire, un sursaut, un objet. J’adore particulièrement le couple de Yûki et Ibuki. Leur relation s’épanouit dans le consentement et la tendresse. J’ai découvert Tamekou sensei d’abord dans le Be boy gold avec Lala no kekkon et j’ai été immédiatement charmée par son style narratif et graphique. En quelques cases, elle arrive à exprimer les sentiments de ses personnages. Et ce premier tome de You’re my sex star conforte totalement ma première impression.

Le fantôme sadique qui ne me laissait pas dormir 2 – Tokishiba

le fantome sadique qui ne me laissait pas dormir 2 tokishiba

Tokishiba ときしば
ISBN: 9782368777176
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784815500252 (JP)
Sankosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Est-il possible de tourmenter un fantôme sexuel?

Tokishiba sensei continue d’abord à développer la relation de Kôsuke et Yûji. Elle s’intéresse également à un nouveau couple en réintroduisant le fantôme Akiyama Takumi (28 ans) apparu dans le premier tome. Elle interroge le manque de communication dans le couple, la jalousie, le manque de confiance en soi ou en l’autre. Par exemple, même s’il file enfin le parfait amour, Yûji réalise qu’il exprime peu ses sentiments. Son comportement semble parfois plus gamin que celui de son petit ami lycéen. D’ailleurs, la psychologie des personnages est toujours autant travaillée. Akiyama, gay, doute des sentiments de Daichi qui est hétérosexuel à la base. Son côté pessimiste lui fait rejeter toutes attentions. L’auteure utilise toujours le non-consentement limite pour étoffer le scénario ou renforcer l’affection des personnages. Elle offre en histoire bonus encore un threesome explosif!

La mangaka a un trait épuré, anguleux qui a embelli. Elle dessine différentes carrures et exprime beaucoup les sentiments de ses personnages par les expressions du visage. Elle simplifie les traits dans les scènes humoristiques. D’ailleurs, les SD sur l’arrière de la couverture sont trop choux. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques, avec des cœurs, des dégradés, des hachures. Les décors situent principalement les actions. La mise en page dynamique propose des angles de vue originaux et variés. Sous la jaquette, Tokishiba sensei présente le deuxième couple dans sa postface. Elle censure les parties intimes par des caches blancs. Par ailleurs, elle brouille également les détails avec beaucoup de lignes d’actions et des onomatopées. Il y a des scènes érotiques presque à chaque chapitre.

En résumé

Comme Kôsuke a des examens à passer au lycée, il a décidé de ne pas venir voir Yûji pendant quelques temps. Mais son esprit vengeur vient en fin de compte chaque soir s’occuper du corps de son petit ami. Leurs ébats sont tellement intenses que Yûji ne peut retenir ses cris. Le matin, alors qu’il était en retard, son voisin Kawamura Daichi (28 ans) lui en fait subtilement la remarque. Le salaryman décide donc d’en parler au lycéen. Mais à sa surprise, le fantôme accepte facilement de ne pas venir pendant une semaine. Daichi sonne alors à la porte de Yûji pour partager des cerises fraîchement reçues de sa région, provoquant la jalousie et l’inquiétude de Kôsuke. En effet, il semble fort intéressé par Yûji tout en sachant qu’il est déjà casé.

En conclusion

Ce deuxième tome permet à la série d’être classée seizième au Chill Chill BL award 2019. Même si l’aventure du second couple semble reprendre le même déroulement que celui de Yûji et Kôsuke, l’auteure arrive encore à surprendre et émouvoir en inversant soudain l’orientation de son scénario. Les fantômes sexuels seraient-ils également frustrés? Ainsi, elle met en avant le contexte et remet en cause les scènes un peu tendues de non-consentement avec des uke tout compte fait râleurs. La romance est poignante et il est agréable de découvrir comment le premier couple évolue. Je n’ai pas de préférence, mais j’avoue que j’aimerais voir plus de threesome avec le double Kôsuke!

Le fantôme sadique qui ne me laissait pas dormir 1 – Tokishiba

le fantome sadique qui ne me laissait pas dormir 1 tokishiba

Tokishiba ときしば
ISBN: 9782368777169
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784879197771 (JP)
Sankosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Que faire quand un fantôme sadique jette son dévolu sur vous?

Tokishiba sensei tourne en dérision les scènes de drague violentes. Malgré le manque de consentement sur les deux premiers chapitres, elle arrive à retourner la situation en développant des sentiments forts et possessifs. Elle développe des personnalités recherchées et complexes. Yûji exprime clairement son mécontentement et s’interroge constamment sur les réactions de son corps et ses sentiments, alors qu’il espère le grand amour. Par ailleurs, Kôsuke joue sur le contraste entre sadique pervers et tendre amant. L’auteure introduit un autre fantôme, Akiyama qui permet de faire avancer la relation et les sentiments. Elle maintient un suspense jusqu’à la fin. Elle met surtout en avant le point de vue de Yûji mais Kôsuke donne sa version à la fin. L’histoire bonus donne un threesome humoristique.

La mangaka a un trait anguleux assez simplifié. Elle exagère les expressions et n’hésite pas à épurer encore plus ses traits dans les scènes humoristiques. Les yeux sont fins, les nez droits. Et les personnages en super deformed sont adorables. Bien que le style graphique soit assez classique, il possède son charme. Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. La mise en page est dynamique, avec souvent des gros plans. En fin de chapitre, des fiches personnages donnent quelques détails. Par ailleurs, sous la jaquette, Tokishiba sensei présente les amis de Kôsuke et donne trois yonkoma humoristiques à lire à la fin. Dans les scènes érotiques, présentes presque à chaque chapitre, elle censure les parties intimes par de grands caches blancs. En revanche, elle dessine les coupes intérieures. Néanmoins, quelques vignettes chargées ne permettent pas d’appréhender facilement l’action, la profusion des onomatopées, lignes de mouvements cachant les détails.

En résumé

Matsuzaka Yûji (24 ans), employé gay, noie son chagrin dans l’alcool en apprenant que le collègue qu’il aimait secrètement, Yamashiro Haruki (24 ans), va se marier. Au matin, il se réveille avec du sperme dans la bouche. Alors qu’il se confie à son ami, ce dernier pense qu’il a affaire à un fantôme sexuel. Ces spectres tourmenteraient les personnes frustrées sexuellement. Mais alors que Haruki propose d’exorciser le fantôme, ce dernier prend possession du salaryman pour questionner Yûji. Après avoir libéré son hôte, le fantôme sadique se jette alors sur le locataire et l’agresse sexuellement. Malgré ses réticences, Yûji ne comprend pas pourquoi son corps réagit. Décidé à le faire tomber amoureux en le tourmentant, l’esprit de Terada Kôsuke réitère chaque soir ses agressions sexuelles de plus en plus intimes…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Malgré un premier abord classique, l’uke est tellement râleur qu’il en devient comique. Les scènes sans consentement peuvent choquer mais font parties intégrantes du scénario. Si vous avez le courage de les surmonter, vous apprécierez la fin avec plaisir.

One room angel – Harada

one room angel harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777183
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784751 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

La rencontre improbable entre un ange tombé du ciel et un homme désabusé par la vie.

Harada sensei offre une œuvre surnaturelle empreinte de réalisme. Comme un puzzle, elle dévoile pièce par pièce le passé de Kôki et de l’ange. D’ailleurs, elle soigne particulièrement le background de ses personnages. Kôki, qui n’a aucune estime de lui, évolue grâce à l’ange. Malgré les remords de son passé, il montre pourtant de la bonne volonté. La physionomie adolescente et le caractère impertinent de l’ange contrastent avec ses attributs angéliques. L’auteure entraîne les lecteurs dans une histoire mystérieuse tout en abordant différents thèmes comme la délinquance, les yakuza, les difficultés de certaines classes sociales et le harcèlement scolaire. Elle interroge sur l’honnêteté, le profit, les efforts vains, le jugement extérieur, les souffrances d’un bouc-émissaire. Elle dépeint avec finesse l’évolution sentimentale et psychologique de ses personnages, maintenant un suspense jusqu’à la dernière page.

La mangaka a un trait épuré qui conserve tout de même une touche réaliste. Les traits assez anguleux des personnages contrastent avec ceux de l’ange plus doux et ronds. De même, la tête effrayante de Kôki contrebalance sa gestuelle douce. Harada sensei porte attention aux détails et arrive à intégrer des émotions dans les gestuelles. Dans les scènes d’actions, elle met en avant les mouvements clés. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique appuie l’esthétique poétique de certaines pages. D’ailleurs, le superbe épilogue utilise parfaitement les techniques graphiques pour dégager une douceur amère. En revanche, il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

A 30 ans, Kôki travaille dans un konbini et vit dans un petit studio au confort minimum, en se privant de loisirs. Il pense donc vivre une vie merdique. Un jour, deux délinquants viennent acheter des cigarettes mais refusent évidemment de valider leur âge. Le vendeur les emmène alors discuter à l’arrière de la boutique à la demande de son patron. Malgré ses excuses, une bagarre éclate et Kôki se fait poignarder. Un ange apparaît devant lui alors qu’il s’évanouit. Après un mois d’hospitalisation, il apprend qu’il a été viré. A sa surprise, il retrouve l’ange dans son appartement. Ce dernier, amnésique, n’arrive pas à voler, ses ailes perdant leurs plumes avec les pensées négatives des gens. Kôki accepte donc de l’héberger pour une nuit pensant rêver mais l’ange est toujours là au petit matin. Une étrange cohabitation commence alors avec cet être surnaturel au visage adolescent.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020 et mérite grandement cette place. Plus qu’un BL, il nous plonge dans une aventure fantastique où les sentiments négatifs et ceux positifs se côtoient constamment. Le lecteur passe par diverses émotions tout en accompagnant les personnages. Les sentiments des deux héros évoluent doucement vers un amour pur. L’auteure arrive à mêler fantastique et problèmes sociétaux avec tellement de justesse! D’ailleurs, selon votre caractère, la fin vous paraîtra triste ou heureuse. Pour moi, c’est une fin merveilleuse et remplie de bonheur. Et vous? Ce manga ne peut que plaire. Lisez-le!

Rendez-vous à Udagawachou – Hideyoshico

rendez vous a udagawachou hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775158
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783242 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandantion: un peu

Pourquoi un garçon populaire au lycée s’habillerait-il en fille?

Hideyoshico sensei invite les lecteurs à réfléchir sur la beauté et le travestissement. Elle développe la relation entre deux lycéens qui découvrent leur sexualité et se confrontent à leurs sentiments. Tandis que Yashiro s’initie dans le doute au plaisir du travestissement, ayant du mal à assumer cette partie de sa personnalité, Momose s’interroge sur ses sentiments, ayant eu le coup de foudre pour le lycéen habillé en femme. L’auteure oblige ses personnages à se questionner sur leur sexualité, sur l’homosexualité, mais également sur leur comportement en les plongeant dans des introspections. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Maladroit, grand et taciturne, Momose a du mal à communiquer et a tendance à imposer ses désirs. Grâce à Yashiro, il va apprendre à discuter et être plus doux. Car le travesti exprime clairement son non-consentement et la violence qu’il ressent quand on le force.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux et particulier. Ses personnages sont plutôt longilignes. Par ailleurs, elle travaille les tenues. De même, les décors sont plutôt soignés mais se contentent de situer l’action. En outre, les trames d’ambiance alternent avec les vides et les blancs, donnant un style assez dépouillé. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à ce style de traits simplifiés. Hideyoshico sensei glisse quelques touches graphiques humoristiques pour détendre l’atmosphère générale assez tendue du manga. Par exemple, une passante porte un chapeau à l’effigie de la célèbre série de robot Gundam. Elle donne également quelques anecdotes de création dans la postface sous la jaquette. Des photos de Shibuya séparent les chapitres. Et les illustrations en début de chapitre sont parfois intégrées à la narration.

En résumé

Dans le quartier de Shibuya, Momose Keigo croit reconnaître Yashiro Tomoya, un élève populaire de son lycée, habillé en fille. Plutôt introverti, il n’ose pas l’aborder mais s’interroge sur ses raisons. Après s’être informé sur le transgenre et l’homosexualité, il se pose alors de plus en plus de questions. Intrigué par le lycéen, il commence à l’observer en classe mais se fait remarquer. Et à force de l’observer, il commence à ressentir d’étranges sentiments. Alors, il se rend à nouveau dans le quartier pour en avoir le cœur net. Momose reconnaît immédiatement Yashiro malgré le maquillage et la perruque. Clairement subjugué par sa beauté, il lui propose alors de sortir ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure est classée troisième meilleure artiste et Momose Keigo sixième meilleur seme. Malgré le sujet intéressant, il manque un peu de profondeur pour pleinement apprécier ce récit. En effet, Keigo accepte vite Yashiro comme il est et ce dernier ne s’interroge pas plus sur ses propres sentiments réels, donnant l’impression de céder au harcèlement. Cependant, l’originalité du propos est rafraîchissant. Et j’aime quand le thème du travestissement est abordé simplement, sans se moquer!

Moon and sun 2 – Abe Akane

moon and sun 2 abe akane

ABE Akane 阿部あかね
ISBN: 9782375061770
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666476 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des épreuves se dressent entre Masahiro et Tsubaki. Leur amour naissant y survivra-t-il?

Après un premier tome plutôt centré sur Masahiro, Abe Akane sensei s’intéresse un peu plus à Tsubaki. Elle continue à aborder le travestissement et l’univers des yakuza avec une touche réaliste, sans pour autant en faire le thème principal. Elle s’attarde surtout sur la romance et l’évolution de la relation entre le travesti et le yakuza. L’influence de Tsubaki permet à Masahiro de mûrir. De même, le maquilleur perd peu à peu son masque de froideur et prend la vie plus légèrement grâce à son amant. Le couple se découvre tranquillement en discutant. Lors des ébats, ils sont principalement dans l’échange, même si parfois, Tsubaki laisse sa perversité prendre le dessus. Cependant, son amant exprime clairement sa gêne ou son désaccord. Par ailleurs, l’auteure transforme les deux amis du yakuza en éléments comiques, donnant une petite touche légère.

La mangaka exagère les expressions en simplifiant ses traits, donnant un effet comique. De même, elle rend graphiquement le visage de Tsubaki adouci par l’amour. Les décors sont bien intégrés. Il y a quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les cadrages et met en valeur les angles de vue variés. Les illustrations de début de chapitre raconte une petite histoire. Sous la jaquette, deux vignettes donnent une anecdote avec les sous-fifres faisant leur rapport. Les scènes érotiques sont censurées par l’absence de traits et de détails. D’ailleurs, il est parfois difficile d’appréhender clairement la scène.

En résumé

Yamada Masahiro s’est installé chez Tsubaki et se laisse donc entretenir. Curieux, il accepte de se maquiller mais se trouve laid malgré les compliments du travesti. Pour se rendre utile, il l’accompagne comme assistant pour porter ses affaires. Mais, alors qu’il prend une pause en déjeunant dans un fast-food, ses deux amis envoyés par son grand-père, le retrouvent. Pris en filature, le jeune homme s’enfuit. Pour ne pas gêner le maquilleur qui se rend à son séminaire, il préfère alors rester au club de travestis. Admirant leur travail acharné durant leur répétition, il commence à réfléchir sur lui-même et ses actions. Après avoir rejoint Tsubaki à son séminaire, il remarque que le sourire passionné du travesti l’émeut plus qu’il ne le pensait. Mais les sous-fifres l’ont suivi…

En conclusion

Abe sensei conclut sa romance avec humour après des échanges tendres et sérieux. Aussi, j’aime beaucoup les changements de Masahiro qui s’essaye partiellement au travestissement pour mieux comprendre son amant et qui l’accepte avec sa double facette. Les tendances un peu perverses de Tsubaki peuvent surprendre mais le contraste entre sa perversité virile et sa douceur féminine donne énormément de profondeur au personnage. Une série que je recommande chaudement!

Moon and sun 1 – Abe Akane

moon and sun 1 abe akane

ABE Akane 阿部あかね
ISBN: 9782375061466
Taifu comics, 2019
ISBN: 978-4403666162 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En rencontrant le travesti Tsubaki, Masashiro va apprendre que l’amour n’est pas seulement une affaire de beauté physique.

Abe Akane sensei narre l’étrange romance entre un travesti et un yakuza. Elle développe des personnalités compliquées, révélant leurs complexes au fur et à mesure. Le premier chapitre introduit Tsubaki en narrant une aventure avec les personnages d’un autre manga. En effet, l’histoire de Moon and Sun se déroule dans le même univers que Hana to Ikkun. D’abord exécrable, Masahiro s’avère être touchant, un peu idiot et immature mais pas aussi fermé qu’il ne le prétend. Il est donc partagé entre dégoût et attirance. Avec le petit frère gay de Yamada, Shôta, et Hanatarô, l’auteure introduit différentes approches de l’homosexualité et du travestissement. D’ailleurs, elle offre une version de l’androgyne parfait: Tsubaki conserve sa virilité malgré sa beauté féminine. Le contraste d’assurance entre le travesti à l’aise dans sa sexualité et son apparence et le jeune délinquant complètement paumé apporte une touche amusante dans cette relation qui se développe vite.

La mangaka a un trait épuré reconnaissable, très fin. Elle traite le contour des yeux en plusieurs lignes, donnant une certaine profondeur aux regards. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits ou exagérer les expressions. Les personnages ont différentes morphologies: grand ou petit, musclé ou légèrement enrobé, le visage rond ou long. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les angles de vue très variés dynamisent la mise en page assez classique. En revanche, le découpage est presque cinématographique. Sous la jaquette, se trouve une anecdote comique en deux cases sur Hana et Tsubaki. Les scènes érotiques évitent de montrer les parties intimes, tout simplement non dessinées ou tramées.

En résumé

Hana et le professeur / Sortie avec Hana: Hanatarô accueille son professeur de maquillage qui profite d’un séminaire à Osaka pour lui rendre visite. Ikkun est d’abord surpris par la féminité que dégage le travesti mais sa familiarité avec son petit ami éveille sa jalousie…
Moon and sun / Ce jour-là, à ce moment-là: Yamada Masashiro, fils de yakuza désœuvré, se rend dans un club de travestis avec des amis. Mais ils se montrent grossiers, en faisant du tapage. Le travesti Hana, reconnaissant son ami d’enfance, l’arrête et l’amène alors dans les coulisses. Pourtant, le têtu délinquant refuse de s’excuser. Alerté par le problème, Tsubaki donne donc une fessée à ce dernier pour le corriger. Ivre de vengeance, Masahiro revient alors au club dans le but de jeter des ballons de baudruche remplis de peinture. Trouvant porte close, il s’acharne sur cette dernière quand Tsubaki ouvre la porte…

En conclusion

Abe sensei aborde le thème du travestissement avec justesse, sans clichés, en toile de fond de sa romance. Ses personnages assument donc leur choix et leurs goûts. Elle tient également compte des différentes raisons de chacun. Son manga précédent Hana to Ikkun a été classé sixième meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2018. J’espère que nous pourrons le lire un jour dans nos contrées car j’adore également ce couple!