Sotsugyosei 1 – Nakamura Asumiko

sotsugyosei 1 nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368774984
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863491281 (JP)
Akaneshinsha, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Avec l’approche de la remise des diplômes, Kusakabe et Sajô doivent réfléchir à leur avenir.

Nakamura Asumiko sensei continue les aventures du couple de lycéens de Doukyusei. Elle dévoile également la blessure profonde de Hara infligée par sa brève expérience avec le professeur de chimie Arisaka. Elle continue à développer pudiquement l’évolution des sentiments de ses personnages, semant des indices graphiques pour que les lecteurs devinent par eux-mêmes les changements. Les deux héros commencent à s’interroger sur l’avenir, la remise des diplômes approchant. D’ailleurs, Kusakabe affiche ouvertement sa relation, ayant mis son ami Tani au courant, tandis que Sajô a peur des jugements extérieurs. Ainsi, l’auteure approfondit la psychologie des protagonistes. Elle aborde divers sujets par des tranches de vie: la jalousie, l’anxiété, l’impuissance, la peur du regard extérieur, l’attirance sexuelle de plus en plus intense. Le comportement ambigu de Hara vient secouer un peu le couple qui avance lentement.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé. Elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle porte une attention particulière aux détails, les petits gestes et les regards transcrivant les sentiments de ses personnages. Les trames servent principalement à colorer, donnant un aspect blanc aux pages. De même, Nakamura sensei utilise beaucoup les vides, en fond ou en ellipses. La mise en page reste pourtant dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques mais les baisers sont de plus en plus torrides. Les chapitres se terminent sur un croquis parfois amusant. En outre, un yonkoma déstructuré en début de tome donne une anecdote amusante sur le couple phare.

En résumé

Sajô s’interroge sur ses sentiments pour Kusakabe. Malgré son amour, il n’arrive pas à contrôler ses différentes émotions provoquées par la jalousie qu’il ressent face aux filles qui abordent son petit ami. Au cours de musique, M. Hara abuse un peu de son autorité pour passer plus de temps avec Sajô. Partagé entre l’envie de protéger le lycéen et de le soutenir, il l’invite à dîner pour discuter un peu, remarquant ses difficultés de concentration. Mais en voyant Kusakabe dehors avec une fille, Sajô quitte précipitamment le café en larmes. Son professeur l’emmène alors dans une chambre d’hôtel. Cependant, il prévient également Kusakabe et le provoque. Quand le lycéen arrive précipitamment, il les laisse discuter tranquillement: Kusakabe souhaite continuer la musique malgré la séparation de son groupe et avait donc rendez-vous avec une recruteuse. Enfin rassuré, Sajô file à ses cours du soir alors que l’ambiance devenait romantique.

En conclusion

Le format tranche de vie incitant à l’observation peut donner l’impression que le rythme est un peu lent. Mais il est agréable de voir les deux héros grandir et mûrir alors que leurs sentiments semblent s’intensifier de plus en plus. J’aime beaucoup Hara qui a parfois un comportement de gamin alors qu’il est adulte. L’auteure invite les lecteurs à ressentir simplement les émotions de l’adolescence et la naissance de l’amour en accompagnant Kusakabe et Sajô dans leurs aventures amoureuses.

Doukyusei – Nakamura Asumiko

doukyusei nakamura asumiko

NAKAMURA Asumiko 中村明日美子
ISBN: 9782368774977
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784871829687 (JP)
Akaneshinsha, 2008 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tomber amoureux, lentement, sûrement! »

Nakamura Asumiko sensei propose de suivre les premiers émois amoureux de deux lycéens aux caractères opposés. Elle installe un triangle amoureux avec le professeur de musique homosexuel Hara Manabu. Elle s’intéresse principalement à l’évolution des sentiments des personnages, offrant une douce romance « innocente, spontanée et maladroite ». Néanmoins, quelques passages humoristiques viennent « exploser » l’ambiance romantique. Ses personnages ont des faiblesses attendrissantes: l’enjoué Kusakabe est du genre à s’effacer pour le bonheur de l’être aimé et l’impassible Sajô ne gère pas son stress. Ainsi, le couple avance lentement, à son rythme. Même si il communique peu, leur amour naît et grandit petit à petit, à force de se fréquenter. L’auteure joue sur les non-dits, s’attardant sur les moments où les sentiments bougent sans les énoncer. D’ailleurs, elle reste très pudique dans son traitement offrant des tranches de vie selon les saisons.

La mangaka a un trait très épuré, presque dépouillé. Son style particulier se reconnait immédiatement dans le traitement des yeux avec des pupilles peu visibles, des visages ronds sur des corps longilignes. Elle arrive à donner de la sensualité aux moindres gestes. Elle exagère certaines expressions ou mouvements en déformant ses traits pour renforcer l’action. Quelques trames donnent un peu de volume. De même, les décors sont peu envahissants bien que présents. Néanmoins, les vides semblent dominer, renforcés par le jeu des contrastes noir et blanc. La mise en page reste pourtant dynamique. Nakamura sensei se contente de baisers dans ce tome, préservant l’innocence maladroite des deux héros. En début de tome, un yonkoma déstructuré donne une anecdote amusante sur le couple. De même, des croquis complètent avec humour la fin des chapitres.

En résumé

Leur classe participant à un festival de chant, Kusakabe Hikaru remarque que Sajô Rihito ne chante pas pendant l’entraînement. En allant récupérer sa boite à bento oubliée en classe, il trouve l’élève modèle en train de s’entrainer seul. Devant ses difficultés, il lui propose alors de l’aider. En effet, Kusakabe joue dans un groupe et arrive facilement à adapter ses explications pour son nouvel ami. Mais, remarquant le regard intense de Sajô pour leur professeur Hara Manabu, il se sent légèrement contrarié. N’en pouvant plus, il demande alors à son ami s’il en est amoureux. Mais devant sa surprise, il lui vole un baiser avant de fuir…

En conclusion

Classée troisième meilleur manga au Chill Chill BL award de 2008, la série a obtenu un grand succès auprès du public japonais et a même eu droit à une adaptation en film d’animation en 2016. En effet, la dynamique du couple est très intéressante, même si un côté naïf entoure les deux lycéens. J’adore le petit quiz sur la série Gundam, plein d’humour. Si vous aimez les romances légères, n’hésitez pas à vous plonger dans ce chef-d’œuvre.

Gelateria Supernova royal vanilla – Kitahala Lyee

gelateria supernova royal vanilla katahala lyee

KITAHALA Lyee キタハラリイ
ISBN: 9782368776636
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784801959958 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Avoir d’abord une vie stable avant de s’installer ensemble. Oui, mais…

Kitahala Lyee sensei reprend la suite de Gelateria Supernova en axant principalement son récit sur le point de vue de Masada (alias Kio). Elle utilise les personnages secondaires pour faire évoluer ses héros. Elle a une approche assez réaliste, s’intéressant aux questions touchant un couple homosexuel. Ainsi, à voir leurs amis hétérosexuels se marier ou devenir parents, Tomoaki et Naoki réfléchissent davantage à la vie en couple et aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer. D’ailleurs, le salaryman plutôt tactile s’amuse de la gêne de son partenaire. L’auteure met à l’épreuve les deux hommes avec une séparation de deux semaines, qui permettra aux sentiments de s’intensifier: Masada découvre donc la jalousie. En milieu de tome, elle insère des saynètes de quelques planches, mettant en avant les personnages secondaires ou donnant des anecdotes sur le couple. A part ce chapitre, les autres ont encore un titre reprenant des parfums de glace.

La mangaka dessine des visages allongés qui donnent un certain charme avec leur menton légèrement saillant. Elle utilise des trames d’ambiance très graphiques pour illustrer les émotions intérieures, n’hésitant pas à envahir parfois le dessin quand les sentiments dominent. Les angles de vue, les sorties de cadres, les emboitements de cases dynamisent beaucoup la mise en page. Dans les passages humoristiques, Kitahala sensei simplifie ses traits, synthétisant les visages en quelques traits. Elle porte également beaucoup d’attention aux expressions des visages. Par exemple, Tomoaki est trop mignon quand il boude. Elle censure les parties génitales en occultant quelques traits et en ajoutant de grandes hachures. Une illustration du parfum de glace rappelant le tire conclut chaque chapitre. Sous la jaquette, une anecdote mignonne présente l’intimité du couple. Par ailleurs, les couvertures avec un pot de glace en transparence se superposant au dessin couleur apporte une touche esthétique.

En résumé

Depuis deux ans, Masada Naoki sort avec Satoya Tomoaki. Avant, il perdait souvent ses partenaires, qu’ils soient homme ou femme, à cause de ses insomnies chroniques et sa manière d’être. En effet, il n’arrive pas à dormir avec quelqu’un et garde une certaine réserve. Pourtant, tout se passe très bien avec Satoya. Le salaryman a donc hâte de retrouver son amant dès qu’il a une soirée de disponible. Car pour l’instant, Tomo cherche du travail mais ils risquent d’avoir du mal à se voir une fois qu’il commencera à travailler. Alors il profite au maximum de leurs moments d’intimité pour rester à ses côtés.

En conclusion

Ce second tome obtient la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. Je suis complètement subjuguée par ce récit qui donne un aperçu plutôt intime des réflexions d’un couple gay. Même si les sentiments sont là, le doute et la peur de la réaction des autres persistent. J’espère que d’autres œuvres de l’auteure seront encore publiées en France.

Gelateria Supernova – Kitahala Lyee

gelateria supernova kitahala lyee

KITAHALA Lyee キタハラリイ
ISBN: 9782368775356
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784801953307 (JP)
Takeshobo, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Un amour au doux parfum de glace.

Kitahala Lyee sensei offre une romance douce-amère entre deux hommes ayant perdu foi en l’amour. Pour son premier manga au format poche, elle maîtrise déjà la structure de son récit. Les titres de chaque chapitre reprennent un parfum de glace, en parallèle d’un sentiment. La narration donne principalement le point de vue de Satoya sauf le dernier chapitre consacré à Kio. L’auteure maintient un certain suspense sur l’évolution de leur relation et ne dévoile leur nom qu’à la fin. Elle questionne principalement le manque de communication, la difficulté à se lier quand une relation commence uniquement par des ébats sexuels, la peur de s’attacher après plusieurs déceptions, le mal-être ressenti face à certaines discussions quand on cache son orientation sexuelle. Elle porte une attention particulière aux sentiments intérieurs de ses personnages. Satoya s’interroge sur la sincérité de ses sentiments naissants dans une relation purement charnelle. Les deux héros déjà blessés, préfèrent alors fuir des situations similaires.

La mangaka a un trait fin, légèrement épuré et anguleux. Elle dessine des corps sveltes qu’elle n’hésite pas à mettre en avant en faisant sortir ses personnages des cadres. De même, une certaine poésie se dégage de certaines planches, avec des fleurs envahissantes, des feuilles volantes. D’ailleurs, les trames d’ambiance font partie de la narration. Kitahala sensei joue beaucoup sur les clairs-obscurs. Elle varie ses trames pour colorer ou ombrer. La variété des angles de vue appuie le dynamisme de la mise en page. En outre, les flash-back sont intégrés au fil du récit. Dans les scènes érotiques, quelques trames floutent légèrement les parties intimes. Sous la jaquette, une planche donne une anecdote mignonne sur l’intimité du couple.

En résumé

Sato, étudiant gay, a rencontré Kio, un salaryman, grâce à un site de rencontres. Ils ne connaissent que leur pseudo mais entretiennent une relation purement charnelle depuis déjà six mois. Avant de coucher ensemble chez Sato, ils ont pris l’habitude de déguster une glace artisanale du glacier Supernova. Satoya prend toujours le parfum vanille tandis que Kio préfère changer à chaque fois. Mais à l’université, Satoya apprend que l’étudiante Sugai a des vues sur lui, même si elle ne l’aborde toujours pas. L’étudiant s’interroge alors sur les relations amoureuses en général et finit par en discuter avec Kio. Le salaryman se montre ensuite un peu plus possessif dans leurs ébats…

En conclusion

Ce manga a obtenu la dixième place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. Les personnages sont attachants. Même si l’auteure n’approfondit pas leur passé blessant, il est facile de deviner l’essentiel avec les quelques indices qu’elle sème au gré des réflexions. L’histoire est contée par les protagonistes, renforçant l’immersion du lecteur. Le côté gêné de Satoya est en plus craquant. Et vous, quel parfum de glace préférez-vous ?

My hero’s dream 1 – Aomiya Kara

my hero s dream 1 aomiya kara

AOMIYA Kara 蒼宮カラ
ISBN: 9782375062005
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784758073783 (JP)
Ichijinsha, 2015 (JP)
Titre original: おこさまスター 1
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« J’aimerais que tu n’affiches cette expression que devant moi. »

Aomiya Kara sensei offre une comédie romantique entre deux lycéens aux caractères opposés un peu extrêmes. Elle concentre la narration principalement sur Honda. Ce dernier aime être le centre d’attention et nourrit rapidement une jalousie possessive envers son nouvel ami. Toutefois, il ne comprend pas les différents sentiments mitigés qui l’assaillent. De même, la timidité de Kaidô et sa gêne envers les gens contrastent avec son projet professionnel et son investissement dans sa passion. D’ailleurs, le comportement immature de Honda va fragiliser cette amitié naissante. Ainsi, l’auteure gère parfaitement l’enchainement des évènements. Elle décrit avec soin les différents sentiments et leurs évolutions dès la naissance des premiers émois amoureux. Elle ajoute aussi un soutien à Honda avec ses deux amis Fujita et Kawasaki.

La mangaka a un trait très épuré, avec quelques lignes épaissies. Elle exagère les expressions et même parfois les réactions, conférant un côté à la fois mignon et humoristique. D’ailleurs, les personnages ont de grands yeux expressifs. Par exemple, Kaidô rougit tout le temps. Les trames d’ambiance graphiques renforcent l’impact de certaines cases. De même, les décors s’estompent pour mettre en avant les protagonistes. L’enchainement de certaines actions et le jeu des clairs-obscurs accentuent le dynamisme de la mise en page. Aomiya sensei suggère pour l’instant les scènes érotiques par quelques cases dans le chapitre bonus présentant les deux héros devenus étudiants. Elle conclut ses chapitres avec des yonkoma présentant l’avis de Kaidô sur les évènements. Elle ajoute également d’adorables personnage en SD ou des fiches personnages. Sous la jaquette, la postface, en deux planches, donne des explications sur la création du manga.

En résumé

Au lycée, des rumeurs effrayantes circulent sur Kaidô Ryô, lui affectant une réputation de délinquant violent. Alors quand Honda Kyôsuke, venu aider sa mère qui travaille dans un parc d’attraction, le croise en costume de ranger à une convention de super-héros, le lycéen est surpris. Il découvre donc que son camarade de classe joue les cascadeurs et n’est pas si dangereux. Il sympathise même avec lui et l’invite à manger après le spectacle, impressionné par sa passion. Mais le lendemain à l’école, Kaidô lui demande de ne pas lui adresser la parole…

En conclusion

Ce premier tome a obtenu la sixième place du meilleur manga doux au Chill Chill BL award 2016. L’auteure prend son temps pour développer son scénario et s’attarde sur le développement de la relation. J’ai envie tout simplement d’encourager ce couple en devenir, qui découvre leurs sentiments, s’interroge, s’attire inexorablement malgré les maladresses. Et j’adore les « bouilles » de Kaidô! Même si le comportement de Honda donne envie de le corriger, comme Kaidô, vous lui pardonnez, non?

Blue morning 8 – Hidaka Shoko

blue morning 8 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368777657
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199607714 (JP)
Tokuma shoten, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Kuze et Katsuragi vont enfin décider de leur avenir: entre amour et projets, le choix sera difficile.

Hidaka Shoko sensei conclut sa saga historique en offrant un dernier tome rempli de surprises et de révélations. Comme dans le tome précédent, Katsuragi continue encore à évoluer. Toutefois, tandis que Kuze réforme sa famille, l’ancien majordome a encore du mal à vraiment décider par lui-même, prisonnier de son passé. Mais l’entourage de Tomoyuki le guide doucement vers l’émancipation totale. Le mouvement révolutionnaire en marche se ressent déjà avec les jeunes générations. L’auteure continue à dénoncer les méthodes de la noblesse pour préserver coûte que coûte son rang sans pour autant mélanger son sang. De même, elle met en avant les industries montantes de l’époque: la construction navale, ferroviaire, le textile, avec la modernisation des techniques apprises à l’étranger. Le couple est partagé entre leurs projets et leurs sentiments enfin partagés, redoutant la séparation.

La mangaka a toujours un trait épuré aussi beau. Elle soigne les expressions des visages mais n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. De même, les décors sont soignés, en particulier les paysages qui s’étalent sur de grandes vignettes ou en pleine page. Les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page est dynamique avec des angles de vue variés jouant beaucoup sur les plongées et contre-plongées, des ellipses ou des emboîtements de cases. Les scènes érotiques montrent peu les parties intimes, jouant sur les cadrages. D’ailleurs, Hidaka sensei préfère se concentrer sur le partage des sentiments, s’attardant sur les gestes tendres et les regards langoureux. Preuve de son talent, l’histoire bonus en fin de tome n’a pas besoin de dialogue pour être émouvante. Le titre en argenté donne une petite touche somptueuse à la couverture.

En résumé

Kuze Akihito a rendez-vous avec les dix candidats sélectionnés par Amamiya Rinzaburô pour devenir étudiants au pair de la famille Kuze. Contrairement à ses instructions, il s’agit de descendants des anciens vassaux de la famille. En effet, le niveau d’excellence exigé par le vicomte n’a pas laissé trop de choix. Mais en entendant leur conversation à travers la porte et l’aversion pour certains de l’ancien système, il décide tout de même de leur exposer son plan. Même si l’ancien intendant trouve encore insensé de former tous ces jeunes en Angleterre pendant deux ans, il ne contredit plus Akihito. Ainsi, Katsuragi profite du calme de Kamakura pour réfléchir à son avenir avec son amant.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2019. Kuze Akihito est classé deuxième meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki premier meilleur uke. Plus épais, il mérite grandement sa place au classement. La fin positive et romantique me comble de bonheur. Mon cœur palpitait à chaque page. Un manga à lire absolument!

Gentleman & sadistic – Hideyoshico

gentleman and sadistic hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775233
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606465 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Entre le salaryman banal et le beau stalker pervers, le chemin qui mène à l’amour ne sera pas de tout repos! »

Hideyoshico sensei oscille entre drame et comédie romantique, en développant une romance entre une victime de brimades et son ancien bourreau. Elle met en scène des personnalités complexes et opposées. Alors que Yoshino a conscience de son comportement déviant, il conserve un certain optimisme, obtenant toujours ce qu’il veut. Takase, quant à lui, est bourré de sentiments contradictoires, pessimiste et blasé par la vie. Tous deux vont ainsi développer une relation légèrement sado-masochiste et se compléter. Le rapport entre dominant et dominé se brouille dans des jeux sexuels provoqués et le consentement n’est donc plus clair. L’auteure s’attarde principalement sur l’évolution de la relation de ses personnages sans pour autant approfondir le changement de leurs sentiments. Néanmoins, elle expose succinctement leur passé pour placer le contexte. Toutefois, elle précipite la fin de son récit, laissant un peu le lecteur sur sa faim.

Le trait de la mangaka s’est légèrement arrondi. Les visages avec des yeux fins et une petite bouche dégagent un peu plus de douceur. De même, Hideyoshico sensei n’hésite pas à dessiner les jambes poilues. Elle représente également Yoshino en wanko. Elle exprime les changements de ses personnages grâce aux expressions du visage et des regards. En plus, les illustrations en début de chapitre donnent le ton du récit à suivre, utilisant quelques métaphores graphiques comme les ronces, le collier. Les décors permettent de situer les actions et alternent avec quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les blancs et les angles de vue. La postface sous la jaquette donne des anecdotes sur la création du manga. Les scènes érotiques sont à peine censurées, les parties génitales étant cachées par de petits points lumineux. Le détail des jeux érotiques contraste avec le regard froid de Takase.

En résumé

Depuis deux ans, Takase Hajime est suivi par un stalker. Un jour, ce dernier lui fait même manquer un rendez-vous galant après avoir renversé volontairement une boisson sur la tenue de la jeune femme. Mais, tandis qu’il rejoignait l’appartement de sa cible, il se fait surprendre. Le salaryman reconnaît alors immédiatement Ôji Yoshino, qui le harcelait avec sa bande au lycée. Soudain, le stalker, à genoux, lui déclare sa flamme!

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore voir Yoshino en wanko. Les personnages sont attachants, cependant, il est dommage que la conclusion soit autant condensée dans un chapitre bonus. J’aurais tant aimé en découvrir plus. Mais le talent de l’auteure étant déjà bien installé, vous passerez un agréable moment en lisant cette comédie légèrement amère.

The wize wize beasts of the wizarding Wizdoms – Nagabe

the wize wize beasts of the wizarding wizdoms nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372874885
Komikku, 2020
ISBN: 9784863497313 (JP)
Akaneshinsha, 2018 (JP)
Titre original: ウイズダムズのけものたち
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Premiers émois amoureux à l’école de magie.

Nagabe sensei propose de suivre les premiers amours qui naissent dans l’école de magie Wizdoms. Il conserve les caractéristiques des animaux pour créer leurs caractères et spécificités, jouant sur les combinaisons entre ses personnages. Ainsi, chaque chapitre s’attarde sur un couple qui se forme. L’approche reste pudique et se concentre principalement sur les premiers émois. L’auteur présente différentes formes de l’amour: à sens unique, possessif, admiratif, secret, curieux, non assumé, chaleureux, attirant. De même, il confronte l’innocence de la jeunesse face à leurs émotions et les conflits intérieurs des adultes qui tiennent compte des regards extérieurs. Par exemple, la licorne Benjamin cache son homosexualité après avoir subi le rejet de sa communauté, le dragon Fermat ne comprend pas ses propres sentiments et l’amour pur et réciproque entre l’ours Mauchly et l’humain Charles déborde de tendresse. Des fiches techniques sur les animaux terminent chaque chapitre.

Le mangaka humanise avec finesse les différents animaux tout en conservant leurs caractéristiques propres, permettant de les reconnaître immédiatement. Son trait plutôt fin s’adapte au différentes morphologies des personnages, anguleux ou rond, se rapprochant assez de l’illustration. La mise en page plutôt classique privilégie la mise en avant des détails et des petits gestes. De même, les trames servent principalement à colorer ou ombrer. Nagabe sensei préfère jouer sur le contraste noir et blanc, utilisant des pointillés et des traits faits au pinceau ou à la plume pour donner du volume aux décors, aux pelages et plumages divers. Il n’y a aucune scène érotique, mais la sensualité de certains baisers et de certaines caresses se ressent tout de même. En fin de tome, des yonkoma présentent des anecdotes amusantes et mignonnes sur chaque couple.

En résumé

Il y a longtemps, le puissant sorcier Wizdoms a transmit le savoir nécessaire pour que certaines bêtes puissent prendre forme humaine. Ainsi, les thérianthropes, assoiffés de connaissance, construisirent des écoles. Cachée au milieu de la forêt, la prestigieuse école de magie Wizdoms forment donc les plus grands sorciers du monde. Mais entre les études et la vie en commun, certains d’entre eux découvrent également l’amour!

En conclusion

Comme à son habitude dans ses BL, l’auteur s’attarde surtout sur les sentiments et la relation. Ici, le format court des chapitres ne permet pas vraiment d’approfondir le lien entre les personnages. Et pourtant, le mangaka réussit à transmettre l’essentiel, la finesse des émotions et même à démontrer le naturel du sentiment amoureux. Le milieu de l’école magique permet de mieux accepter cet univers fantastique. Un titre à mettre entre toutes les mains!

Fluff for the flightless – hagi

fluff for the flightless hagi

hagi
ISBN: 9782375062043
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784829686249 (JP)
Printemps shuppan, 2019 (JP)
Titre original: 神様と飛べない使い
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Une aventure douce et tendre qui réchauffe le cœur au royaume des dieux.

hagi sensei nous entraîne dans un monde de fantaisie où les dieux polymorphes et leurs messagers ailés vivent en harmonie apparente. Avec Baku et Shin, singuliers par rapport à leurs congénères, elle questionne sur la différence et le rejet. Elle préfère maintenir le mystère et le suspense, dévoilant au fur et à mesure du récit l’étrange lien unissant ses deux héros, parsemant des indices. La romance apparaît donc juste en toile de fond. L’auteure décrit avec finesse et pudeur les différents sentiments de ses personnages. Elle les fait évoluer doucement. D’ailleurs, Shin change le plus et entraîne avec lui Baku mais également certains de ses amis comme Yatsude et les triplés. En outre, l’amour divin qu’elle représente est très ouvert. Les triplés apportent une pointe d’humour dans cet univers doucereux mais parfois dur.

La mangaka a un style plutôt shôjo, avec des traits fins épurés, de grands yeux expressifs. Son style convient parfaitement pour rendre le côté moelleux de Baku et la mansuétude des dieux. Les décors sont soignés même s’ils représentent principalement des paysages de montagne et quelques bâtiments. Aussi, certains angles de vue mettent en avant l’esthétique. Les ellipses, vides, emboitements de vignettes et cadrages accordés à son contenu dynamisent la mise en page. hagi sensei joue avec les détails des petits gestes ou des regards. Même s’il n’y a aucune scène érotique, elle fait allusions à la sexualité entre dieux et messagers. En fin de tome, elle présente quelques personnages. Sous la jaquette, elle narre une anecdote amusante et tendre entre Shin et Baku, concluant son récit.

En résumé

Shin est un messager des dieux en apprentissage. Mais comme ses ailes sont noires et atrophiées, il subit depuis l’enfance les railleries de ses semblables. En plus, il a tendance à laisser éclater sa rage. Néanmoins, la seigneurie qui dirige les 32 monts décide tout de même de lui assigner un dieu à servir. Le jeune messager devra donc s’occuper du dieu installé au mont 32, le plus éloigné. En effet, afin d’éviter la corruption, le travail de ces serviteurs consiste principalement à prendre soin de la toison de leur dieu; et plus le mont est éloigné de sa seigneurie, plus le risque de corruption est grand. Arrivé sur place, Shin trouve une grosse boule poilue. Ne recevant aucune réponse à ses questions, il commence à s’affairer. Mais au mont de sa seigneurie, Sanzashi apprend que les divinités des monts proches de celui de Shin ont disparu avec leurs messagers.

En conclusion

Même si ce one-shot n’a pas été classé parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs l’apprécient pour son histoire douce et très émouvante. En effet, l’auteure nous plonge dans un univers tellement paisible avec deux héros si touchants qu’on ressort comme apaisé à la fin de notre lecture. En plus, le trait de la mangaka s’est encore plus adouci depuis son premier titre: Ne me quitte pas. Laissez-vous donc envouter par ce dieu duveteux et son adorable messager!

Dazzling lovers – Asai Sai

dazzling lovers asai sai

ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774861
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784796409049 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Quand un nouvel amour naît grâce au réconfort.

Asai Sai sensei nous invite à partager les sentiments complexes de deux amis d’enfance prisonniers d’un triangle amoureux bancal. Elle se focalise sur l’évolution de leur relation, partageant les points de vue de Haruka et Akito. Malheureusement, elle n’approfondit pas vraiment son scénario, se contentant de rester dans une sensibilité romantique. Le revirement un peu rapide de Haru peut donc surprendre, surtout après avoir nourri un amour interdit platonique aussi longtemps. En plus, la psychologie des personnages est peu développée: le taciturne et patient Aki et Haruka qui cache ses sentiments derrière son sourire sauf pour son ami. L’auteure ajoute un peu se suspense en ne dévoilant pas immédiatement les évènements qui bouleversent leur vie. Elle complète son récit avec une aventure légèrement SM où le seme considère l’uke comme son maître, jouant sur les contrastes.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec de grands yeux et des visages plutôt ronds. Elle utilise également tous les codes de ce style: des trames d’ambiance très présentes, des vides, des ellipses et des sorties de cadre mettant en valeur la beauté des personnages. Même les décors semblent participer à l’esthétique de certaines pages. Ainsi la mise en page dégage parfois de la poésie et du romantisme presque dégoulinant. Asai sensei censure peu les scènes érotiques, avec l’absence de quelques traits mais le choix des cadrages permet d’en montrer peu. Même « Mon cher maître » évite de s’attarder sur les détails alors que la relation est SM.

En résumé

Dazzling lovers / L’éveil du printemps / Bonus: Tachibana Haruka a beaucoup de succès au lycée mais refuse de sortir avec une fille car il est secrètement amoureux de son père. Son ami d’enfance, Sakai Akito, dans la confidence, lui déconseille de se déclarer même si cet amour devient de plus en plus pesant. En réalité, Aki est amoureux de Haru et attend patiemment, se contentant d’être à ses côtés. Mais un soir, son ami débarque chez lui en larmes…
Mon cher maître: Miki Shirô traite Ihara comme son larbin. Cependant, ce dernier accepte de faire tous ses caprices sans broncher. Les autres membres du laboratoire se demande alors s’il n’est pas masochiste. Mais un soir, Miki surprend Ihara en train de regarder un film pornographique gay sado-masochiste…

En conclusion

L’auteure offre une romance simple, sans questionnements où le réconfort de l’autre permet de s’ouvrir doucement à l’amour. Cependant, je ressens une petite gêne à un passage lorsque le père, avec son visage ombré et dramatique, répond au nouveau petit frère de son fils: c’est comme si la mangaka sous-entendait qu’il avait peut-être des sentiments pour son fils et a préféré se remarier pour fuir. J’aurais aimé que « Mon cher maître » soit plus développé car je trouve amusant que leur relation maître-esclave s’inverse pendant leurs ébats. Une lecture pour passer un bon moment.