La forêt aux lapins 1 – Enjo

la foret aux lapins 1 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368777213
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032427 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour que tu m’aimes comme je t’aime? »

Enjo sensei offre une romance entre deux amis d’enfance. Pour l’instant, elle s’attarde sur les sentiments de Shii en présentant principalement son point de vue. Elle détaille avec finesse les changements physiques et les sentiments contradictoires durant la puberté. L’amour de Shunta, à sens unique, semble presque devenir obsessionnel. L’auteure installe d’abord le contexte puis la relation entre les deux amis, du primaire au lycée. Elle développe doucement son récit et dévoile peu à peu les personnalités de ses personnages. Le comportement de Shii qui devient plus pressant contraste avec l’indécision constante de Tamaki. En plus, ce dernier semble vraiment mal vivre ses différences et son appréhension des filles et du sexe.

Malgré un trait épuré, la mangaka a un style plutôt réaliste. Elle maîtrise parfaitement les changements des visages de l’enfance à l’adolescence. Elle n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les trames d’ambiance apparaissent dans les moments clés. Les décors soignés sont assez présents. L’équilibre des trames de coloration et d’ombres ne surcharge pas les pages. La mise en page dynamique utilise des effets graphiques tels que des ellipses, des face-à-face, des vides, des découpages et des fonds noirs. Un côté fan service sensuel se dégage de certains passages, Enjo sensei transcrivant graphiquement le regard « pervers » de Shii. Elle s’attarde également sur les gestes et les détails. Elle ne censure pas les scènes de masturbation de Shunta mais ce tome ne comporte pas de scènes plus érotiques.

En résumé

Shii Shunta et Yuminaga Tamaki sont amis depuis l’école primaire. Malgré leur un an d’écart et des classes différentes, ils restent inséparables et développent même une certaine rivalité en sprint. Élevé par sa mère célibataire, Tamaki est plutôt tactile et embrasse un jour son ami. Mais Shunta, plutôt gêné par les démonstrations d’affection, l’en informe. Pourtant, ce baiser l’interroge. Quand il trouve Tamaki en larmes devant chez lui, hésitant à rentrer, Shii lui propose de venir à son domicile. Ils prennent alors l’habitude de dormir souvent ensemble. Mais en fin de primaire, Shunta réalise qu’il éprouve du désir envers son ami et que son entrejambe réagit étrangement…

En conclusion

Ce manga a obtenu la quinzième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Ce gakuenmono, différent des classiques, aborde la romance très lentement et se focalise principalement sur les sentiments et les changements du corps à la puberté. Le lecteur a l’impression d’être parfois dans la tête de Shii. Quant à Tamaki, son environnement ne semble pas très sain. Impossible de deviner l’orientation que prendra l’histoire! Vivement la suite.

Tokyo en avril… 1 – Haru

tokyo en avril 1 haru

Haru ハル
ISBN: 9782368777190
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032304 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Après dix ans sans contact, que cache Ren à Kazuma?

Haru sensei propose de suivre une romance entre un premier amour réciproque perdu de vue depuis 10 ans. Elle alterne la narration entre Kazuma et Ren tout en intégrant des flash-back permettant de remonter les évènements au fil des chapitres, maintenant ainsi le suspense. D’ailleurs, elle donne le point de vue de chacun des héros sur un même évènement. Tandis que les sentiments de Takizawa sont restés suspendus depuis leur séparation abrupte involontaire, Ishihara, qui culpabilise, a peur que son ami découvre ce qui lui est arrivé. En outre, Ren doute toujours des sentiments de Kazuma, hétérosexuel à la base. L’auteure travaille particulièrement la psychologie de ses personnages. Elle s’attarde principalement sur leurs sentiments, leurs réflexions et leurs questionnements. Ainsi, les incompréhensions et méprises polluent leur relation, même amicale. L’introduction de Yagami Ryûnosuke, ami gay de Ren, permet de secouer un peu Kazuma.

La mangaka a un trait assez fin et épuré. Elle s’attache aux détails et petits gestes. De même, elle joue beaucoup sur les expressions des regards. Ses personnages sont longilignes. Pour les passages humoristiques, Haru sensei simplifie ses traits, arrondissant légèrement les visages. Le style général un peu shôjo dégage une certaine douceur et met en avant l’esthétique des personnages. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques détaillées sont censurées par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Takizawa Kazuma, de retour des États-Unis, débute dans une nouvelle entreprise japonaise de publicités, à la section ressources humaines. Cela fait dix ans qu’il n’a pas mis les pieds à Tokyo, n’y ayant vécu qu’un an avec sa mère divorcée. A peine arrivé, il reconnaît soudain son ami de collège Ishihara Ren. Ce dernier, en pleine dispute avec le chef de la section RH, Sanada Hayato, est responsable de l’équipe design 1. Mais il se montre distant avec lui. Comme Ren avait changé de nom, Kazuma n’avait pu reprendre contact avec son ami. Se remémorant leur rencontre, il se souvient de l’accueil de Saotome. Pourtant, comme Ren se renfermait sur lui-même, il l’avait un jour suivi. Il a alors découvert que son ami, gay, avait l’intention de coucher avec un inconnu. Il lui a donc proposé de le remplacer…

En conclusion

Ce manga a obtenu la seizième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Même si le scénario semble simple au premier abord, la manière de remonter le passé des protagonistes est intéressant. De même, l’auteure développe peu les questionnements des personnages mais elle décrit parfaitement leurs chemins de pensées. Il est donc facile de deviner leurs sentiments. Je suis touchée par ce couple, le ton réaliste du récit ainsi que le graphisme de la mangaka. Laissez-vous porter par leurs retrouvailles électriques!

Momo & Manji 3 – Sakura Sawa

momo and manji 3 sakura sawa

SAKURA Sawa 紗久楽さわ
ISBN: 9782368777121
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784867 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Le grand et fort Momoki affronte son passé pour devenir digne de son tendre amant.

Sakura Sawa sensei s’intéresse au présent et au futur de son couple et concentre ce tome sur l’évolution de Momoki. Elle partage la vision de l’homosexualité à l’époque ainsi que les préjugés sur les kagema. Momoki mûrit et s’émancipe au fil des rencontres, affrontant son passé. Conscient du traumatisme de son partenaire, Manji le soutient tout en le laissant aller à son rythme. Leur amour sincère intrigue leur entourage. En introduisant des personnages du passé, l’auteure aborde également d’autres points de vue sur le mariage, l’amour et la dépendance. Par exemple, avec Kizashi, elle met en avant le mariage pour former un ménage, où l’amour n’a pas sa place. De même, Izayoi questionne la relation de dépendance dans l’amour. Toujours aussi précis sur les détails historiques, une fiche explicative sur les fundoshi conclut ce tome.

Le graphisme de la mangaka s’est affiné. Le jeu entre les traits épais et fins donne une réelle vigueur à son style. Au fur et à mesure que Momoki prend de l’assurance, son regard change et mûrit. Toujours inspirées des estampes, certaines vignettes dégagent énormément d’esthétisme, renforçant l’action ou l’expression. Par exemple, quand Momo recroise Sen, la vague reprend exactement le style de Hokusai. Ainsi, les paysages ou les foules s’inspirent totalement de l’ukiyo-e. Sakura sensei soigne particulièrement les décors, les kimonos et les tatouages. La mise en page, de premier abord classique, offre parfois des planches originales jouant sur les vides, des cadrages particuliers et l’esthétique poétique. De même, les illustrations en début de chapitre varient les styles. Par exemple, quand les personnages en super deformed présentent quelques positions érotiques, ils apportent surtout une touche humoristique. D’ailleurs, les scènes érotiques ne montrent pas trop les détails des organes sexuels.

En résumé

Un nouveau couple s’est installé dans le quartier où habitent Momoki et Manji. Comme le mari est pêcheur, tout le quartier est venu l’aider au ramassage des coquillages. Manji profite surtout du spectacle offert pas son petit ami à moitié dénudé, au lieu de s’activer. Le soir, les deux hommes préfèrent cependant déguster leur bento à l’écart. En effet, Momoki n’est pas à l’aise quand il y a foule…

En conclusion

Alors que la série aurait dû se terminer avec le second tome, l’auteure continue son histoire. Elle développe donc une intrigue sur la longueur. En effet, Kurikara no Kintarô semble jouer un rôle plus important dans le prochain tome. Le style graphique est de toute beauté et la maîtrise scénaristique et esthétique se ressent au fil des pages. Les explications historiques sont en plus insérées naturellement dans l’histoire. Comme j’adore les fundoshi, ce tome m’a totalement comblé!

It can’t be helped – Matsuda Usachiko

it cant be helped matsuda usachiko

MATSUDA Usachiko 松田うさち子
ISBN: 9782368775998
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956124 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Différents amours désespérés sombres mais tendres, entre inceste, jeux érotiques, initiation et abandon avec un inconnu.

Matsuda Usachiko sensei offre un recueil d’histoires au ton assez réaliste et légèrement sombre. Le format court ne permet pas d’approfondir réellement les histoires et les psychologies. Pourtant, des thèmes intéressants comme le harcèlement, l’inceste, le suicide, la différence d’âge, avaient un fort potentiel. Le premier récit, qui donne son titre au manga, aborde une forte dépendance entre deux frères qui se transforme en inceste. La narration alterne entre les deux garçons. Bien que l’auteure transcrit bien l’immoralité, elle reste trop floue sur leurs sentiments, entre amour et possessivité. « Adam’s romance » est une comédie romantique légère jouant sur le fan service, avec fundoshi et kimono. Malgré son fort potentiel, la troisième histoire présente une romance entre un lycéen et un homme mûr blessés qui se réconfortent dans le sexe, avec une initiation en douceur. Le dernier récit maintient le suspense jusqu’à la fin en brouillant réalité et rêve.

La mangaka a déjà un beau dessin, avec des traits anguleux épurés qui gardent une touche réaliste. Elle apporte un certain soin aux regards. Cependant, ses personnages se ressemblent parfois. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames sombres renforcent le ton dramatique de certains passages. La mise en page est assez classique mais efficace. Des hachures blanches censurent les parties génitales, mais les scènes érotiques restent tout de même sensuelles. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène tous les personnages qui présentent respectivement leurs petits amis avec humour.

En résumé

Doushiyou mo nai It can’t be helped / What should I do / We’ll find a way / Au quotidien: Takahiro et son petit frère Kôki ont l’habitude de dormir ensemble depuis l’enfance, leurs parents étant souvent absents. Mais quand l’aîné s’est installé seul, travaillant à domicile, Kôki est devenu insomniaque en son absence et a dû le rejoindre, ayant besoin de son odeur pour s’endormir. Passé la vingtaine, il décide enfin de s’installer seul, ayant une petite amie. Mais un mois après, il revient mort de fatigue et trouve son aîné dans un état plus lamentable que lui.
Adam’s romance: Yamato, vendeur de gâteaux traditionnels, aime faire des jeux érotiques costumés avec son petit ami Adam, un homme d’affaires étranger passionné de culture japonaise…
Appelle-moi « Onii-san »: Se faisant harceler au lycée parce qu’il est gay, depuis sa déclaration à un ami, Takeru veut se suicider en se jetant du haut du toit d’un immeuble. Suzuka, le propriétaire de l’immeuble, essaie de le raisonner et lui propose en échange de lui faire perdre sa virginité.
Happy dream man: Himekawa est insomniaque et subit du harcèlement moral à son travail. Un jour, alors qu’il pensait se suicider par ingestion de cachets, un bel inconnu apparaît et lui fait l’amour. Depuis, chaque soir, il a hâte de retrouver Yume dans ses rêves.

En conclusion

Ce recueil a obtenue la septième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017. Pour sa première œuvre, Matsuda sensei propose des récits ambitieux, comblant les défauts scénaristiques par de nombreuses scènes érotiques. C’est d’autant plus dommage car elle travaille avec soin les psychologies de ses personnages. « Appelle-moi « Onii-san » » est mon histoire préférée: le bonus humoristique sous la couverture permet d’en apprendre un peu plus sur ce couple à la grande différence d’âge ayant beaucoup de points communs. Par contre, la relation incestueuse entre Takashiro et Kôki pourra gêner certains lecteurs, surtout que le cadet a tendance à se montrer parfois violent. Je suis curieuse de voir comment va évoluer l’auteure par la suite.

Love stories 2 – Tagura Tohru

love stories 2 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782375061305
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784344842830 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Yamato se socialise de plus en plus, grâce à ses amis qui l’acceptent tel qu’il est. Mais ce n’est pas au goût de tout le monde!

Tagura Tohru sensei décrit principalement l’évolution des sentiments des différents personnages. Elle soigne particulièrement leurs psychologies et leurs rapports. De même, elle décrypte avec finesse les différentes réactions des lycéens. D’ailleurs, son récit a un ton réaliste. Yamato, qui voulait absolument être normal, s’accepte peu à peu grâce à ses discussions avec Yuiji. Le nombre de confidents augmentent: le comportement d’Akiyama et de la sœur de Yoshinaga, Misaki, offre une bouffée d’air positive avec les difficiles évènement qui se produisent. Sakura qui participe également à la narration dépeint avec justesse sa profonde souffrance. Par ailleurs, l’auteure aborde le harcèlement scolaire et l’influence des rumeurs, avec les réactions en chaîne qui en découlent. Elle s’intéresse également aux différents soutiens amicaux mais salvateurs. Même si Yamato et Yuiji mûrissent, ils semblent maladroits en amour, n’arrivant pas à transmettre leurs sentiments.

La mangaka simplifie parfois certains traits pour renforcer les expressions des visages. Elle privilégie les trames sombres ou claires pour accompagner les émotions, réduisant les trames d’ambiance à motifs. De même, elle intègre des éléments de décors dès que cela est possible. La mise en page est toujours aussi dynamique, avec des vides et des emboitements. En fin de chapitre, des croquis présentent les différents personnages. Il n’y a toujours pas de scènes érotiques, mais quelques gestes tendres entre les différents couples existants.

En résumé

Sakura Akito demande à Yoshinaga Yamato de l’héberger chez lui pour une nuit. Il découvre une famille harmonieuse. Mais quand son cousin débarque à l’improviste en criant, il le suit pour que le secret de son ami ne soit pas éventé. En effet, Akito a eu le malheur de se confier à lui au collège. Depuis, son cousin, parlant sans réfléchir, ne cesse de le mettre dans des situations blessantes, ayant même révélé son homosexualité à sa mère. Le lendemain, comme Sakura est absent aux cours préparatoires, Yamato et Akiyama décident de lui rendre visite, inquiets. Ils le croisent aux prises avec son cousin dans la rue, ce dernier le harcelant pour coucher avec lui, par simple curiosité. Les deux camarades de classe sont immédiatement prêt à en découdre si besoin. De son côté, Hongô semble enfin avoir trouvé une petite amie.

En conclusion

Alors que le premier tome introduit beaucoup de personnages secondaires, on se rend compte de leur importance dans cette suite haletante. En plus, cela renforce le réalisme du récit, avec une bande d’amis qui évolue au gré des études et des fréquentations. Le temps s’écoule plus vite mais Tagura sensei se focalise plutôt sur la palette de sentiments de ses deux héros. A noter que ce volume est plus épais qu’un manga habituel, mais je l’ai lu d’une traite. Et puis j’adore le chien Azuki. Même lui participe au réconfort des héros!

Love stories 1 – Tagura Tohru

love stories 1 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782375060506
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784344834583 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une amitié sincère entre le beau gosse du lycée qui cache son homosexualité et un lycéen trop franc.

Tagura Tohru sensei propose un gakuenmono sensible. Elle aborde avec délicatesse et finesse le thème de l’homosexualité de manière réfléchie. Ainsi, elle partage beaucoup les réflexions de ses protagonistes. La narration alterne donc entre Hasegawa et Yamato. Ce premier tome installe principalement le contexte et présente la bande d’amis autour des deux héros. Grâce à ces différents personnages, l’auteure donne différentes vision de l’amitié, de l’amour et de la sexualité. Par exemple, Sakura Akito semble assumer son homosexualité, la perspicacité de Seki Kazutaka fait culpabiliser Yamato de garder son secret, Hasegawa ne semble pas sur la même longueur d’ondes que sa petite amie Nemoto Mayu. L’approche lente mais décortiquée du récit permet de s’attacher à tous les personnages à la personnalité complexe.

La mangaka a un trait épuré très shôjo, avec des visages plutôt ronds, des touffes de cheveux, des corps sveltes et fins. Les filles ont de grands yeux expressifs. Les personnages ont tendance à se ressembler pour certains et il est même difficile de les distinguer parfois. Les protagonistes, esthétiques, dégagent une certaine douceur. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est très dynamique avec des ellipses et des vides. Il n’y a pour l’instant aucune scène érotique, le propos étant principalement des questionnements sur la sexualité. La couverture mêle photographie et dessin.

En résumé

Hasegawa Yuiji a remarqué que Yoshinaga Yamato observe souvent son ami Hongô Kyôsuke. Il le soupçonne d’être gay depuis qu’il a entendu une conversation avec Shibata Natsumi. Il préfère donc garder ses distances. Cependant, les examens approchant, Shibata propose de créer un groupe de révision avec Hasegawa pour les maths, Yamato en anglais, en échange de son aide en chimie. Intéressé par la jeune fille, Hongô s’incruste également. A force de discuter avec Yoshinaga, il finit par sympathiser. Curieux, il tente de s’informer sur les relations homosexuelles et réalise les difficultés auxquelles les homosexuels sont confrontés. Ainsi, sa vision qu’il portait sur le lycéen change peu à peu. Quand il surprend un petit geste innocent de Yamato envers Hongô endormi, puis la pâleur de ce dernier ne sachant quoi répondre, il décide de devenir son confident en gardant son secret.

En conclusion

Comme l’auteure prend tout son temps, elle développe avec soin son scénario et ses personnages. Elle a déjà prévu de réaliser son récit en trois tomes. J’apprécie sa capacité à aborder plusieurs questionnements à la fois, sans perdre le lecteur. Ne vous arrêtez pas à ce premier tome qui installe les liens entre les différents personnages, le meilleur est à suivre!

Blue morning 7 – Hidaka Shoko

blue morning 7 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775547
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606977 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Tomoyuki est enfin libre de réaliser ce qu’il désire, sans rien devoir à la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei consacre ce tome principalement à Katsuragi. Elle maintient le suspense en ne dévoilant que quelques brides des nombreuses révélations. D’ailleurs, elle développe surtout la psychologie de ses personnages. La relation entre le maître et son ancien domestique évolue, n’étant plus influencée par une quelconque hiérarchie. Pouvant parler d’égal à égal, Tomoyuki, d’abord perdu, s’émancipe et va ensuite s’ouvrir un peu plus aux autres. Ainsi, il découvre un nouvel intérêt personnel dans l’usine de textile. Son changement entraîne également ceux qui l’entourent à évoluer, en particulier ses frères. Parallèlement, en introduisant le courtier Nakajima, l’auteure présente les stratégies boursières de l’époque, mêlant l’influence des grèves et des médias. Par ailleurs, elle donne un aperçu du développement des chemins de fer.

La mangaka n’hésite pas à simplifier ses traits pour renforcer les expressions, ajoutant une touche d’humour à ce récit plutôt sérieux et réaliste. Afin d’équilibrer les pages contenant beaucoup de dialogues, elle joue sur les respirations grâce aux vides. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors sont bien intégrés. Par ailleurs, les angles de vue variés appuient la mise en page dynamique. Hidaka sensei censure les scènes érotiques en ne dessinant pas les détails des organes sexuels.

En résumé

Katsuragi a changé et commence à se plaindre ou partager ses inquiétudes. Après une nuit torride avec Akihito pour oublier son départ en Angleterre, il retrouve Amamiya dans la calèche qui le mène chez Ishizaki. L’intendant l’avertit alors de l’ire de Sôemon. Comme il a ignoré ses ordres de restructuration, le premier secrétaire croit deviner que sa gestion de l’usine de textile l’a contrarié. Il refuse également de connaître les projets de son amant, sachant pertinemment qu’il cherchera à l’arrêter. De son côté, Kuze désire tout recommencer à zéro. Il rend donc une visite impromptue à Katsuragi Takamasa. Pour cela, il s’adresse directement au cadet, Hiroyuki, conscient que son action risque encore de créer des tensions.

En conclusion

Comparé au volume précédent, ce tome permet à la série de monter à la seconde place au Chill Chill BL award 2017. Kuze Akihito est toujours classé troisième meilleur seme, Katsuragi Tomoyuki remonte à la seconde place du meilleur uke. A noter que l’auteure est une habituée du Chill Chill BL award, ses différentes séries étant souvent classées dans le top 20. En effet, elle arrive à casser puis reconstruire les convictions des lecteurs grâce à une bonne maîtrise du scénario. Toujours aussi passionnant, j’ai hâte de lire le dernier tome!

Blue morning 6 – Hidaka Shoko

blue morning 6 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368775219
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606472 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki se résigne à suivre Akihito, n’étant plus sûr de rien à part ses sentiments amoureux pour lui.

Hidaka Shoko sensei continue à semer des indices au fil des chapitres, renouvelant son récit. Elle met en avant la vision moderne d’Akihito et son influence sur Tomoyuki. Indirectement, elle dénonce le rôle de la femme à l’époque, complètement soumise et considérée comme un simple ventre à produire un héritier mâle. Pourtant, Kuze et Katsuragi porte un regard tout autre, appréciant les femmes s’affirmant et les traitant d’égal à égal. En parallèle, l’auteure montre le développement du prêt-à-porter, l’influence américaine dans la conception et la production et quelques différents types de management. Justement, le premier secrétaire apporte également une vision moderne de la gestion. Tandis que la relation entre Akihito et son ancien intendant évolue, leur amour se renforce. La fin de ce tome plonge le lecteur dans un suspense insoutenable.

La mangaka soigne particulièrement les expressions et les postures de ses personnages. Elle simplifie les traits pour certaines scènes humoristiques. Par exemple, les petites têtes ou les moues des personnages sont toutes mignonnes. Hidaka sensei utilise un peu plus de trames d’ambiance. Elle rend avec précision le faste des résidences ou le calme de la campagne, dessinant les décors sur toute la longueur des vignettes. De même, elle différencie le style occidental et le style japonais jusque dans les petits objets du quotidien et les plantes des jardins. La mise en page est toujours aussi dynamique. Les scènes érotiques, assez détaillées, dégagent de la sensualité et jouent sur les cadrages pour éviter la censure.

En résumé

La soirée des Moriyama se conclut sur de grands chamboulements: Kuze Naotsugu ayant refusé de prendre la succession, Akihito se fait alors passer pour souffrant, aidé par les médias. Ne comprenant plus la stratégie de son maître, Tomoyuki se résigne à le laisser faire. Ishizaki Sôemon lui confie alors la direction d’une usine textile endettée avec pour consigne d’augmenter les profits. Il lui donne également un permis de circulation des chemins de fer pour Kuze qui lui permettra de désenclaver ses terres. Mais le premier secrétaire devine les réels desseins de l’entrepreneur qui cherche à s’accaparer de la famille Kuze. Caché dans un hôtel à Tsukiji, Akihito aime découvrir la vie simple du peuple en se promenant incognito, portant des vêtements négligés. En parallèle, il prépare son nouveau plan aidé d’Amemiya, de Katsuragi Takayuki devenu responsable des finances de la famille Kuze et Moriyama Kayoko, divorcée et installée en France.

En conclusion

Ce sixième tome a obtenu la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Kuze Akihito monte à la troisième place du meilleur seme mais Katsuragi Tomoyuki descend à la sixième place du meilleur uke. Il est amusant de voir les deux amants s’aimer enfin sans contrainte mais fuir le moindre conflit entre eux. La résignation de Katsuragi est presque inquiétante. De plus, l’auteure relance les questionnements sur les origines de Tomoyuki avec les Kuze. J’ai tellement envie de le soutenir!

Blue morning 5 – Hidaka Shoko

blue morning 5 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774601
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605772 (JP)
Tokuma shoten, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Tomoyuki et Akihito ont chacun un plan pour sauver la famille Kuze.

Hidaka Shoko sensei offre un tome intense en rebondissements, révélant au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et Akihito. En parallèle, elle présente les mondanités de l’époque avec les réceptions pour se faire voir, la présence des journalistes et les petits jeux des scandales. Elle donne également un aperçu des tensions entre samurai et nobles dûes au système d’abolition des castes. En effet, l’anoblissement de certains au gré des réseaux ou pots de vin ont surtout créé des inégalités. Certains personnages secondaires, se ralliant à la défense du couple, prennent de l’importance, influant encore sur le jeune Akihito. Par exemple, l’auteure met en avant la marquise Moriyama Kayoko, fille de commerçant, à l’esprit moderne qui ne se laisse pas enfermer par son mariage clairement économique. Par ailleurs, elle dévoile tout le travail effectué en amont par Katsuragi depuis des années par de nombreux flash-back.

La mangaka s’attarde particulièrement sur les détails, les petits gestes et les regards. Ce tome étant très dense en dialogues et réflexions intérieures des protagonistes, elle facilite la lecture en aérant ses pages et en jouant sur les gros plans et les vides. D’ailleurs, la mise en page reste très dynamique grâce à la variété des angles de vue et les ellipses. De même, l’équilibre entre les décors et les trames participe à l’ambiance. La plupart des illustrations de début de chapitre met en scène le couple en train de flirter et compense la quasi absence de scènes érotiques.

En résumé

Katsuragi Tomoyuki réfléchit de plus en plus à ses erreurs et ses sentiments envers Kuze Akihito. Comme il couchait facilement pour obtenir ce qu’il voulait, il croyait fermement à une passade de son maître. Mais face à ses déclarations passionnantes, il a fini par lui avouer ses sentiments. N’ayant aucune preuve de son lien filial avec Kuze Naoya, il pense donc confier la direction de la famille Kuze et le potentiel titre de comte au demi-frère d’Akinao, Naotsugu. Ce dernier ayant la santé fragile, il permettrait ainsi à Akihito de revenir plus tard. Mais Katsuragi doit rattraper également les erreurs du jeune héritier. En effet, ce dernier s’est compromis en faisant chanter le marquis Moriyama sur ses anoblissements illégaux. Dans la calèche les menant au bal du marquis, l’ancien domestique hésite encore à appliquer son plan secret, redoutant de perdre l’affection d’Akihito. Pourtant, ce dernier lui accorde toute sa confiance.

En conclusion

Malgré deux années écoulées après le volume précédent, ce tome a réussi à obtenir la septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2015. Kuze Akihito occupe maintenant la cinquième place du meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki, la quatrième place du meilleur uke. Les aventures de ce couple attendrissant qui se bat contre les conventions et les hiérarchies de classe sont tellement prenantes. Il est amusant de les observer opérer dans l’ombre et se trahir mutuellement alors qu’ils agissent en fin de compte pour le même objectif. Et puis voir une femme de caractère à cette époque comme Kayoko est rafraîchissant.

Blue morning 4 – Hidaka Shoko

blue morning 4 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774595
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199605192 (JP)
Tokuma shoten, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine révélée de Tomoyuki redistribue les cartes et relance à nouveau le jeu des intrigues.

Après un tome plus sentimental, Hidaka Shoko sensei plonge à nouveau les lecteurs dans les intrigues politiques et familiales. Elle dévoile au fur et à mesure les projets de Tomoyuki et d’Akihito, maintenant une tension constante durant le récit. Ishizaki Sôichirô prend un peu plus d’importance, jouant le défenseur de cet amour compromettant. Les autres personnages semblent tous devenir les pions d’un gigantesque échiquier dans les mains des deux héros. Parallèlement, l’auteure présente les différentes méthodes utilisées par les nobles et les bourgeois pour obtenir des renseignements essentiels à leur expansion, entre espions, analyses des rumeurs, manipulations, spéculations. De même, elle aborde le développement des zaibatsu à travers les modèles de la banque Katsuragi, bloquée par une servitude envers leur ancien seigneur et le commerce Ishizaki qui élargit ses investissements. Elle décrit avec finesse et toujours sur un ton réaliste, les difficultés à trancher entre famille et sentiments.

La mangaka soigne particulièrement les petits gestes, les postures et les détails. Par exemple, elle exprime la supériorité en jouant sur le regard en contre-plongée. De même, elle est précise dans les décors, présentant le quotidien et les différents objets et métiers de l’époque. Quelques trames d’ambiance accompagnent les émotions des personnages. La mise en page est dynamique jouant sur les ellipses, les emboîtements, les sorties de cadre. Les scènes érotiques sont sensuelles, un peu plus détaillées, avec un découpage presque cinématographique. Elles mettent parfaitement en scène les sentiments contradictoires à la raison.

En résumé

Kuze Akihito s’est installé dans la chambre que loue Ishizaki Sôichirô pour rencontrer habituellement Kofusa. Curieux, il apprécie de découvrir la vie simple du peuple, en faisant les courses, en apprenant à préparer le bain, la cuisine. Comme il ne va plus à l’école, son ami, inquiet, lui rend visite pour tenter de le raisonner. Mais l’héritier Kuze a d’autres projets, souhaitant même renoncer à son titre de noblesse. En effet, il veut seulement rendre Tomoyuki heureux. Ce dernier travaille maintenant pour Ishizaki Sôemon, ayant quitté la résidence de son maître sans prévenir. Mais en réalité, le domestique continue à soutenir Akihito de l’extérieur. De leur côté, les frères Katsuragi ont découvert que le benjamin est en fait l’enfant illégitime de Kuze Naoya avec une geisha. Afin de préparer son nouveau plan, Kuze convoque alors Amamiya.

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. De même, Kuze Akihito s’empare de la première place de meilleur seme et Katsuragi Tomoyuki de meilleur uke. Katsuragi porte si bien le fundoshi, même sous ses vêtements occidentaux! Plus qu’un BL, cette série offre une tranche de vie historique sur les riches familles durant Meiji. Suite aux révélations, la relation du couple prend une tournure incestueuse mais d’autres secrets semblent pouvoir encore changer la donne.