Ameiro paradox 2 – Natsume Isaku

ameiro paradox 2 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351808351
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784403663604 (JP)
Shinshokan, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

La sincérité des sentiments confrontée à l’esprit de rivalité.

Natsume Isaku sensei approfondit un peu plus la personnalité de Kaburagi en présentant un peu son passé et son enfance. Son regard désabusé sur le genre humain semble avoir commencé avec la relation compliquée qu’il entretient avec sa famille. Même si la relation du couple a bien progressé depuis le tome 1, leurs chamailleries continuent. En effet, leur rivalité et leurs caractères opposés pimentent leur quotidien. Les deux partenaires cherchent à se protéger mutuellement, mais accumulent les quiproquos et les incompréhensions. Ainsi, l’auteure met en avant la difficulté à communiquer, à exprimer la sincérité de ses sentiments. Elle dévoile le jeu des manipulations du rédacteur en chef et de Kiuchi. Alors que Kaburagi idéalise la pureté de son petit ami et se sent souillé par son métier, Onoe lui oppose une certaine distanciation entre travail et mental.

Le trait simple de la mangaka colle parfaitement au style de la comédie romantique, avec des réactions très exagérées. En plus, les trames d’ambiance renforcent les émotions. D’ailleurs, l’utilisation des trames en général est équilibrée, plutôt en aplat. En revanche, les décors plutôt soignés ancrent le récit dans la réalité. La mise en page est dynamique et efficace. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les angles de vue ou les lignes de mouvement pour ne pas détailler les parties intimes. Elle ne s’attarde pas sur ces passages, et intègre même des moments amusants pendant les rapports.

En résumé

Kaburagi Motoharu et Onoe Satoshi sortent ensemble. Mais le photographe embrasse son partenaire dès que l’occasion se présente, mettant un peu mal à l’aise le journaliste peu démonstratif. Dans la rue, ils sont interpellés par une jeune fille. Il s’agit de la sœur de Kaburagi mais ce dernier fuit, prétextant un boulot. Onoe se retrouve donc à tenir compagnie à Noriko. Il apprend alors que que son petit ami évite sa famille depuis huit ans. Exalté de trouver quelqu’un résistant au charme du photographe, le journaliste discute en buvant plus que de raison. Le lendemain matin, il se réveille au côté de Nori. Et elle lui propose même de jouer un mauvais tour à son frère…

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. Onoe Satoshi est classé sixième meilleur uke. L’auteure avait prévu de terminer son récit, mais elle annonce dans la postface sous la couverture qu’elle va la continuer pour mon plus grand plaisir. Cette comédie romantique respire la joie de vivre et le bonheur. Malgré le thème classique de deux opposés qui s’attirent, la mangaka arrive à insuffler suffisamment de psychologie à ses personnages pour rendre plus attrayant le scénario. D’ailleurs, je m’amuse des joutes verbales entre les deux héros. De même, le côté un peu sombre du monde du journalisme des exclusivités est plutôt dépeint avec franchise. J’adore!

Ameiro paradox 1 – Natsume Isaku

ameiro paradox 1 natsume isaku
NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782351808276
Taifu comics, 2014
ISBN: 9784403663031 (JP)
Shinshokan, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Collaborer avec son rival en amour et au travail!

Natsume Isaku sensei offre une comédie romantique entre deux journalistes. Elle alterne la narration entre les deux personnages, permettant alors de suivre leurs questionnements et leurs réflexions. En effet, les deux héros se chamaillent constamment et pourtant, ils sont attirés réciproquement. Ils s’interrogent donc sur leurs sentiments, refusant d’admettre leur amour. Jouant sur l’entêtement et l’esprit de rivalité des deux hommes, l’auteure donne une certaine dynamique au duo qui se transforme petit à petit en couple. Elle aborde également la désillusion du métier de journaliste, les méthodes parfois peu honnêtes pour obtenir des informations et le dégoût de soi ou du genre humain à force de côtoyer des personnes corrompues ou menteuses. D’ailleurs, Onoe semble trop honnête et épris de justice pour le travail de paparazzi. Son ami barman, Masa, est à la fois un confident et un guide quand il doute.

La mangaka a un trait épuré et simple. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. De même, le traitement des trames d’ombres fortes et des aplats s’harmonise avec la simplicité du graphisme. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors, présents dès qu’il y a de grands angles, s’estompent un peu pour mettre en avant les personnages. Ainsi, la mise en page, dynamique, facilite la lecture. Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher les détails des scènes érotiques. D’ailleurs, elle se concentre surtout sur les préliminaires. Sous la jaquette, elle donne deux dessins des personnages en SD qui se répondent, à la fois hilarants et mignons.

En résumé

Onoe (25 ans) surprend sa petite amie, Sakurai, dans les bras d’un collègue, Kaburagi Motoharu (25 ans). Arrivés en même temps à la rédaction de l’hebdomadaire Dash, le journaliste a toujours considéré le talentueux photographe comme un rival, ce dernier lui ayant souvent « volé » l’exclusivité dans le magazine. Plus tard, Onoe, qui était à la section faits divers, intègre l’équipe des exclusivités au lieu de celle politique comme il l’espérait. Or, il se retrouve à travailler avec Kaburagi. En plus, sa première filature d’une actrice et de son amant échoue. Il découvre également que son collègue est prêt à tout pour obtenir des renseignements pour un scoop, quitte à donner de sa personne. Le sincère journaliste qui ne supporte pas l’injustice, est donc choqué par ce comportement. Leur collaboration débute donc mal…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2011. Natsume Isaku sensei obtient la troisième place du classement des mangaka. Comme les deux héros se chamaillent tout le temps et refusent d’admettre leurs sentiments, leur relation houleuse s’en ressent également dans leurs moments intimes. J’adore la dynamique qui se dégage entre les deux héros. Je m’amuse de leurs joutes.

How many grams do you have love? – Harumaki Tokiko

how many grams do you have love harumaki tokiko
HARUMAKI Tokiko 春巻トキコ
ISBN: 9782368774816
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407328 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des hommes frivoles qui s’assagissent avec le grand Amour.

Harumaki Tokiko sensei offre un recueil de trois romances avec des hommes frivoles qui vont se ranger par amour. Le premier récit qui donne son titre au manga occupe plus de la moitié du tome. Les deux héros prennent leur temps, construisant leur amour malgré une relation à distance. Ils apprennent à se connaître et réfléchissent sérieusement à faire plaisir à leur partenaire, tous deux étant dominant. L’ami de Kizaki, Satoshi, permet de secouer un peu le couple qui a du mal à communiquer au début. La seconde histoire met en scènes deux amis amoureux mais qui n’arrivent pas à partager franchement leurs sentiments. Dans la dernière histoire, développée sur un seul chapitre, l’auteure interroge sur la différence entre une amitié fusionnelle et l’amour. Elle installe Haru en narrateur. Bien qu’il soit hétérosexuel à la base, il réfléchit sérieusement sur son attirance et ses sentiments.

La mangaka a un trait simple et épuré. Elle dessine des corps sveltes. Bien que cela soit son premier manga, elle maîtrise déjà son style graphique. La mise en page est dynamique. Les décors sont présents dès que le cadrage offre un grand angle. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance viennent parfois renforcer les émotions des personnages. Toutefois, Harumaki sensei utilise les trames avec parcimonie, ne représentant que les ombres fortes. Elle ne censure pas vraiment les scènes érotiques mais les angles de vue cachent majoritairement les parties génitales.

En résumé

Combien pèse ton amour? / Je ne comprends même pas pourquoi je t’aime autant! / A chacun ses petits plaisirs: Même si le salaryman Kizaki Itsuki (28 ans) cumule les coups d’un soir en draguant dans les bars gays, il ne perd pas espoir de se marier un jour. En effet, son premier amour était une fillette qu’il avait rencontrée pendant ses vacances chez son grand-père à la campagne. Un jour, sa mère décide de transférer la tombe de son grand-père à Tokyo car toute la famille y réside. Quand Itsuki arrive au temple, il a le coup de foudre pour le moine Yumeta (26 ans) qui l’accueille. Mais il est persuadé qu’un homme aussi beau et placide est hétérosexuel. Pourtant, alors qu’il loge sur place suite au retard de sa mère, il avoue son intérêt pour le moine, sous l’effet de l’alcool. Et ce dernier lui laisse entendre qu’il serait également gay
Close to star, close to blue / Il vaut mieux ne pas discuter un couteau entre les mains: Takamatsu Aoba est secrètement amoureux de Takasaka Shôsei (22 ans) depuis le collège. Mais son frivole ami qui change souvent de petite amie, lui fait ouvertement des avances, les faisant passer pour un couple gay
Te faire fondre, t’aimer, et te dévorer tout cru!: Passionnés par les plantes carnivores, Mamoru et Haru ont sympathisé. Comme Mamoru, bisexuel, se montre plutôt frivole, son petit ami actuel, Aoki , vient un soir faire une crise de jalousie, rongé par le doute. En effet, Mamoru fait toujours passer son ami avant lui. Pourtant, à sa surprise, Haru ressent du plaisir d’être ainsi privilégié…

En conclusion

Harumaki Tokiko sensei offre trois romances mignonnes et divertissantes, plutôt classiques. Les relations entre les héros sont consenties, plutôt douces et naturelles, sauf pour celles de « Close to star, close to blue » où Shôsei provoque son ami, entrainant un rapport plutôt forcé mais voulu comme tel. D’ailleurs, ce n’est pas mon histoire préférée. J’aime beaucoup la dynamique entre les personnages et j’aurais bien aimé découvrir un peu plus la suite des aventures de Yumeta et Itsuki.

Amaenbo honey – Tobidase Kevin

amaenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368776957
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895575 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Les enfants vont-ils répéter les mêmes erreurs que leurs parents ou trouveront-ils une meilleure réponse?

Tobidase Kevin sensei questionne encore l’égalité entre oméga et alpha en développant une romance entre les enfants des couples d’Abarenbo honey et Kakurenbo honey. Elle change son style narratif pour plus de continuité. En revanche, elle mixte l’aventure des parents pour construire son scénario. Ainsi, même si Tsubame et Miyama ont des caractères bien différents de leurs parents, leur première relation se passe tout de même violemment. D’ailleurs, l’omegaverse devient un prétexte pour une relation forcée sous phéromones. Pourtant par la suite, l’auteure développe les sentiments des deux lycéens en les confrontant à divers petits obstacles. Elle aborde légèrement la discrimination subie par les omégas, en particulier à l’école. Elle met en avant un couple qui prend son temps, réfléchit à son avenir, se bat pour faire accepter sa relation et se montre très câlin. Ainsi, les deux lycéens semblent avoir atteint un meilleur équilibre que leurs parents.

La mangaka dédouble parfois son trait épuré et anguleux. Elle le simplifie également jusqu’à l’extrême dans les passages humoristiques. Malgré sa prise d’âge, Kuma prend encore l’apparence d’un ours. Les corps sont finement musclés. Par ailleurs, la physionomie des enfants permet de deviner facilement leur parenté. En effet, les caractéristiques principales se retrouvent particulièrement dans leur visage. De même, les parents ont les traits de vieillesse bien marqués comme les rides, un visage plus anguleux. Les décors situent l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Tobidase sensei censure les scènes érotiques par des bandelettes blanches mais également en recouvrant les parties génitales d’un filtre clair gommant tous les détails. Sous la jaquette, elle offre quelques portraits des deux enfants comme une collection de photographies.

En résumé

Amatobi Tsubame et Hachi Miyama sont voisins et rivaux. Ils s’affrontent donc dès qu’ils le peuvent depuis l’enfance. Le perdant doit alors faire ce qu’ordonne le gagnant. Mais l’oméga n’a jamais réussi à battre son éternel rival alpha. En rentrant de l’hôpital après avoir renouvelé ses pilules, Tsubame finit par se battre avec des voyous qui l’ont bousculé. Miyama, qui passait par là, vient à sa rescousse et étale les assaillants. Blessé dans sa fierté, son ami le défie. Toutefois ses chaleurs se déclenchent en plein combat. Miyama ne résistant pas aux phéromones viole alors l’oméga…

En conclusion

J’ai été mitigée à la première lecture car je trouvais dommage de reprendre presque exactement les mêmes situations que les deux tomes précédents. Mais en relisant l’histoire, je me suis rendu compte d’une certaine continuité en réalité sur l’équilibre de la relation entre oméga et alpha. En effet, même si les parents ont trouvé un équilibre dans leur relation, il y a tout de même un des deux qui cède et devient le protégé de l’autre. Or, les enfants refusent une relation qui s’appuie sur un seul individu. Tsubame et Miyama souhaitent se soutenir mutuellement. D’ailleurs, j’aime beaucoup Tsubame qui est un uke grand et musclé qui se montre entreprenant.

Kakurenbo honey – Tobidase Kevin

kakurenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368775936
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865891881 (JP)
Fusion product, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Entre le devoir et l’amour, Mitsurô devra faire un choix.

Tobidase Kevin sensei met en avant la romance du froid et sérieux Mitsurô avec le rayonnant Suzume. Elle continue directement la suite d’Abarenbo honey et alterne son récit avec les aventures amusantes de Kuma et Hachi en mode fou amoureux. Elle dévoile le difficile passé de Mitsurô au compte-gouttes. Ainsi, Hanasaki, qui ne croyait pas en l’amour, va s’ouvrir petit à petit aux incitations d’Amatobi, encouragé par son entourage. Le yakuza a tendance à privilégier son sens du devoir avant ses propres sentiments. Il reste donc longtemps prisonnier de sa gratitude envers la famille Hachi. L’auteure narre son histoire par tranche de vie. Elle joue sur les quiproquos et le comique de situation, en particulier la naïveté de Takuma. Elle aborde légèrement les questions classiques d’un jeune couple comme le mariage, le travail, l’avenir. Les relations plus romantiques font oublier qu’il s’agit d’un omegaverse.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle dédouble parfois. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle travaille particulièrement les expressions des visages qui sont très variées. Ainsi, Kuma se transforme souvent en ours. Les corps sont finement musclé. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Tobidase sensei ne censure pas les scènes érotiques mais détaille peu les parties génitales. Elle offre deux planches d’anecdotes amusantes sous la jaquette, à lire de préférence à la fin.

En résumé

Hanasaki Mitsurô refuse la demande en mariage d’Amatobi Suzume. Le jeune héritier du clan Amatobi n’arrive pas à se rapprocher de son bien-aimé malgré leur petite escapade sur une île déserte. Il l’invite alors au festival de son lycée. A peine arrivé, Mitsurô cherche à fuir, mal à l’aise. Mais Suzume l’arrête et le mène dans l’atelier de sa classe: un massage café travesti. A la surprise du yakuza, les caresses du lycéen l’excitent plus que de raison. Suzume l’emmène alors se soulager dans une classe. Pourtant, l’oméga ne comprend pas pourquoi son corps réagit si facilement aux sollicitations du jeune alpha. Le lycéen lui révèle que l’amour l’influence mais le yakuza refuse d’accepter l’évidence, ne pouvant quitter le clan Hachi.

En conclusion

Ce tome a obtenu la vingt-deuxième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. L’auteure mène beaucoup mieux son scénario mais la discontinuité de la narration pourra gêner certains lecteurs. J’adore le couple formé par Mitsurô et Suzume, terriblement attendrissant. Même si cela ne révolutionne pas beaucoup le genre, j’apprécie les omégas et les alphas que la mangaka a créés, avec assez de caractère pour résister à leur instinct et leurs phéromones.

Abarenbo honey – Tobidase Kevin

abarenbo honey tobidase kevin
TOBIDASE Kevin 鳶田瀬ケビン
ISBN: 9782368775929
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784865890846 (JP)
Fusion product, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Un amour dévorant, fougueux qui devient un véritable combat.

Tobidase Kevin sensei offre d’abord une comédie romantique avec des yankees. Elle utilise ensuite l’univers de l’omegaverse pour justifier des premiers rapports non consentis influencés par les phéromones. Toutefois, elle développe suffisamment la psychologie des personnages pour remettre en question ce genre. En effet, ses omégas ont du caractère, ne se laissent pas forcément faire et peuvent être plus entreprenant qu’un alpha. De même, ses alphas cherchent à se contrôler. Ainsi, les sentiments priment. Par ailleurs, l’auteure aborde les difficultés à faire accepter une relation qui a mal commencé et la discrimination latente entre les castes. Elle joue sur les contrastes: Kuma devient trop mignon avec son côté crétin et sa passion pour les ours. De même, le froid Hachi se révèle doux avec son partenaire. En outre, le taquin Amatobi Suzume et le fier Mitsurô semblent jouer à une partie de cache-cache avec leurs sentiments pourtant réciproques.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle dessine des hommes au corps finement musclé. Dans les passages humoristiques, elle n’hésite pas à simplifier ses traits et à transformer ses personnages en d’adorables SD. D’ailleurs, Kuma est tout mignon avec des oreilles d’ours. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les lignes d’actions et les angles de vue variés dynamisent les scènes d’actions. La mise en page rythme la lecture. Tobidase sensei ne censure pas les scènes érotiques mais les onomatopées brouillent les détails. En plus, elle dessine simplement les parties génitales. Sous la jaquette, elle complète l’histoire de « Kakurenbo honey » en deux planches amusantes.

En résumé

Le délinquant Moriyama Takuma aime se battre. Par ailleurs, il collectionne les figurines d’ours. Bien qu’oméga, il n’a pas encore eu ses chaleurs et rechigne à se promener avec ses inhibiteurs. Mais tandis qu’il était en plein combat contre son éternel rival, Hachi, fils de yakuza, il a ses premières chaleurs. Or, Hachi qui est alpha, cède complètement à ses phéromones et le viole. Son garde du corps, Hanasaki Mitsurô, les interrompt mais son jeune maître a déjà mordu au cou Kuma. Après lui avoir payé les soins de l’hôpital, il lui demande d’éviter Hachi sous la menace. Mais quand l’oméga croise l’alpha dans le hall de l’hôpital, son corps réagit immédiatement…

En conclusion

C’est comédie romantique et légère ne plaira pas à tout le monde. En effet, au premier abord, elle semble être un omegaverse assez classique. Pour ma part, j’aime beaucoup les histoires de yankees. En plus, le graphisme est très agréable. Je craque complètement pour les deux couples et apprécie la dynamique qui se construit entre eux. Et c’est un plaisir de voir les omégas et les alphas essayer de résister aux phéromones.

Sleeping lovers – Asai Sai

sleeping lovers asai sai
ASAI Sai 浅井西
ISBN: 9782368774823
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407298 (JP)
Kaiohsha, 2015(JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des romances dans lesquelles les sentiments sont tus.

Asai Sai sensei offre un recueil d’histoires, abordant différents sujets en lien avec le sentiment amoureux. D’ailleurs, il est un peu dommage qu’elle n’approfondisse pas les thèmes abordés, comme l’inceste, l’orientation sexuelle, la communication. Pour son premier manga, le traitement narratif possède encore quelques maladresses mais dégage déjà un certain romantisme. Le premier récit qui se déroule sur plusieurs chapitres donne son titre au manga. L’auteure installe un triangle amoureux, basant sa narration sur Aki. Avec le second récit, elle interroge sur l’influence extérieure des rumeurs. Dans « Le langage du cœur » et « Secret love », elle aborde le manque de communication au sein d’un couple qui a débuté sans déclaration des sentiments.

La mangaka a un trait très épuré et anguleux, avec un style graphique très shôjo. Ses hommes sont plutôt élancés et fins. Elle s’appuie beaucoup sur les trames d’ambiance. Par contre, les décors situent principalement les actions. De même, la mise en page, dynamique, utilise beaucoup les ellipses ou les cases vides. Asai sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle évite également de donner trop de détails dans les scènes érotiques. Pourtant, une certaine sensualité se dégage de ces passages.

En résumé

Amour endormi / Encore plus qu’une fleur / Bonus: Bien qu’il ait la côte auprès des filles, Tachibana Haruka refuse toutes leurs déclarations d’amour. En effet, il est secrètement amoureux de son père. Seul son ami d’enfance, Sakai Aki, est au courant. Tout en l’encourageant, ce dernier nourrit un amour à sens unique pour Haru, acceptant même de jouer le substitut du paternel.
Elle est pour toi!: Au lycée, Aoshi et Daiki sont amis. Un jour, durant une discussion, Aoshi annonce à leur groupe d’amis qu’il est homosexuel et aimerait donner sa virginité à Daiki. Depuis les rumeurs vont bon train sur le « couple »…
Le langage du cœur: Sawai et Aida couchent ensemble mais n’ont jamais déclaré leurs sentiments. Comme Aida est plutôt impassible, Sawai se demande s’il arrive à le satisfaire.
Secret love: Sugita et Hayase ont pris l’habitude de s’embrasser quand ils prennent une pause au fumoir. Hayase, homosexuel, n’attend pas grand-chose de Sugita, hétérosexuel à la base. Mais le fumoir va bientôt fermer pour être transformé en bureau et leur étrange relation risque alors de prendre fin…

En conclusion

Les sentiments incestueux que nourrit Haru envers son père et son ami qui en profite peuvent gêner. Pour le reste, les relations sont plutôt consenties, même si les sentiments ne sont pas clairement exprimés. Rien d’exceptionnel, mais la suite avec Dazzling lovers montre les progrès de la mangaka et me donne envie de garder un œil sur son travail. Une lecture détente.

Rêve de coucou 2 – Tamekou

reve de coucou 2 tamekou
Tamekou ためこう
ISBN: 9782368776261
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784300 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

Une quête de la vérité pour comprendre l’Amour.

Tamekou sensei crée la surprise dès le premier chapitre et jusqu’à la fin. Elle dévoile peu à peu les secrets entourant Seno et Hakushima ainsi que leur passé. Elle alterne la narration entre les trois héros. Ainsi, le récit prend la tournure d’une quête vers la vérité. Natsuka se confronte à ses illusions et ses désirs et réalise que son comportement, guidé par son obsession pour son ami qu’il idéalisait, pouvait être blessant envers Seno. L’auteure interroge encore sur les liens et le sentiment amoureux, mais également sur la solitude, le besoin d’affection, le déni de l’évidence. Elle met en avant la psychologie complexe de ses héros, en particulier le caractère effacé de Seno qui sombre dans le désespoir en se reniant lui-même, assoiffé d’un tout petit peu d’amour. La relation entre les trois amis de milieux sociaux différents évolue brusquement vers un destin commun.

La mangaka travaille particulièrement les expressions de ses personnages. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, Seno est vraiment trop chou avec les yeux tous ronds. Les flash-back s’identifient facilement. Les trames très variées laissent peu de place aux trames d’ambiance. Les décors également sont présents dès que le cadrage s’élargit un peu. La mise en page est dynamique. Tamekou sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine une magnifique couverture qui répond à celle du tome 1.

En résumé

Cela fait deux mois que Natsuka et Hakushima, dans le corps de Seno, vivent ensemble. Depuis qu’ils se sont avoués leurs sentiments, ils n’arrêtent pas de coucher ensemble. Mais Natsuka reçoit un appel de la mère de Hakushima annonçant son réveil. Il fonce donc à l’hôpital et trouve son ami confus. De retour à la maison, il propose alors à son partenaire de rencontrer son vrai corps. Énervé, ce dernier se demande s’il ne remet pas encore en doute ses sentiments. Mais…

En conclusion

Même si la série ne s’est pas classée au Chill Chill BL award 2018, les lecteurs citent ce tome parmi les meilleurs mangas originaux. Difficile de résumer et présenter ce tome sans spoiler. Je remercie Boy’s love IDP d’avoir sorti les deux tomes en même temps comme au Japon car patienter aurait été une véritable torture. J’adore Seno qui déborde de beaucoup d’amour mais n’en reçoit pas. Il conserve un petit côté innocent malgré sa vie tumultueuse. En plus, les relations consenties sont tendres. Un must read!

Rêve de coucou 1 – Tamekou

reve de coucou 1 tamekou
Tamekou ためこう
ISBN: 9782368776254
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784294 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Mon corps n’est rien d’autre qu’un réceptacle pour mon esprit. »

Tamekou sensei nous plonge dans une histoire complexe, pleine de suspense. Elle joue sur le doute jusqu’à la fin. Ainsi, l’incrédulité de Natsuka sur le changement de corps entre Hakushima et Seno perdure. La rationalité de l’étudiant homosexuel est constamment mise à l’épreuve. Au fil des chapitres, le lecteur remarque que les deux meilleurs amis ne se connaissent pas tant que cela alors qu’ils sont proches. En parallèle, l’auteure dévoile le contexte familial particulier de Shôgo, permettant de mieux comprendre son caractère renfermé et fuyant. Elle interroge sur les relations humaines et l’amitié. Elle invite le lecteur à réfléchir au sentiment amoureux. Qu’aimons-nous chez une personne: son physique ou son esprit? L’aimerions-nous de la même manière si il changeait de personnalité ou de physique? En se révélant à ce Hiro dans le corps de Yûji, Natsuka montre une facette différente de lui-même, espérant réaliser enfin son désir.

La mangaka a un trait épuré, léché mais légèrement anguleux. Elle porte attention aux regards et petits gestes. Elle varie beaucoup les trames et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance pour ne pas surcharger. Comme les flash-back s’identifient immédiatement, cela facilite la lecture. D’ailleurs la mise en page est très dynamique, avec des angles de vue parfois originaux. Tamekou sensei ne censure pas les scènes érotiques mais ne sombre pas dans le voyeurisme pour autant.

En résumé

Natsuka Shôgo est amoureux de son ami Hakushima Hiro depuis le lycée. Mais de peur de briser leur amitié, il ne lui a jamais avoué son homosexualité ni ses sentiments. Il fréquente un sex friend, Seno Yûji, avec qui il se montre assez froid. Un soir, alors qu’il était avec lui, il reçoit un appel de Hakushima lui annonçant avoir besoin de parler. Il plante alors Seno pour rejoindre son ami. Toutefois, Hiro commence à critiquer son manque d’assiduité à l’université et ils finissent par se disputer. Natsuka appelle alors Yûji mais en chemin, ce dernier a un accident avec Hakushima. Tous deux finissent donc dans le coma à l’hôpital. Quand Seno se réveille, il semble perdu et dit s’appeler Hakushima…

En conclusion

Beaucoup de questions, de doutes, durant la lecture de ce récit merveilleux. L’auteure arrive à rendre tous ses personnages attachants, crédibles tout en amenant le lecteur à réfléchir profondément sur le sentiment amoureux. Impossible de rester indifférent! L’apprécierez-vous autant que moi?

Choco strawberry vanilla – Psyche Delico

choco strawberry vanilla psyche delico
PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368775363
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784812484074 (JP)
Takeshobo, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Les affres de l’amour à trois. »

Psyche Delico sensei développe un triolisme original avec deux amis d’enfance qui partagent tout, sans pour autant être amoureux, et initient « leur » nouveau partenaire. Elle alterne la narration entre Minegishi, Takeshi et Hiroi, partageant leurs réflexions. Ainsi, elle amène le lecteur à s’interroger sur l’amour exclusif. En effet, Hiroi assume pleinement son polyamour. Toutefois, l’incompréhension de sa sexualité différente par ses anciennes partenaires l’a fragilisé psychologiquement. Take a toujours suivi Hiroi sans réfléchir à ses goûts personnels mais son attirance naissante pour Mine l’amène à mieux cerner ses penchants sadiques. D’ailleurs, Mine fait l’effort de comprendre leur vision en acceptant d’apprendre à aimer ce qu’aime son partenaire. L’auteure joue sur les remises en questions de ses personnages et la relation conflictuelle entre Tada et Katsuya. Elle met parfaitement en scène les sentiments et les hésitations des trois partenaires. L’équilibre entre eux se construit donc difficilement.

La mangaka a un trait fin et épuré, presque dépouillé. Elle n’hésite pas à dessiner des jambes poilues. Une certaine blancheur se dégage de ses planches car elle privilégie les aplats noirs et utilisent peu de trames pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font également discrètes. Au premier abord, la mise en page semble classique avec des cadres délimités, pourtant il y a bien quelques ellipses et des absences de cadres. Par ailleurs, les angles de vue intéressants donnent un certaine dynamique. Psyche sensei censure à peine les scènes érotiques, avec de fines bandelettes blanches qui se fondent dans le dessin. Elle représente les trois protagonistes dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle accompagne sa postface de deux planches conclusives sans trop montrer le nirinzashi.

En résumé

Depuis l’enfance, Kômoto Hiroi partage tout ce qu’il aime, objets comme humains, avec Tada Takeshi. A une soirée d’anciens élèves du lycée, il retrouve Minegishi Katsuya, un garçon taciturne et sombre avec qui il arrivait à converser. Ce dernier nourrit un amour secret pour lui depuis cette période. Hiroi lui propose alors de sortir ensemble après avoir couché ensemble. Mais lors de leur deuxième rendez-vous, il emmène avec lui Take. Surpris, Mine rejette d’abord sa proposition de faire l’amour à trois, mais quand son amant lui annonce qu’il le quitte s’il refuse son ami comme une extension de lui, il finit par céder. Difficile pourtant pour lui d’accepter cet intrus dans leur relation…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2014. La couverture est classée troisième et Minegishi Katsuya, deuxième personnage érotique. J’adore les threesome quand ils se font dans le consentement. Ici, Mine se fait un peu forcer la main au début et cela pourra déranger certains lecteurs. Cependant, comme à son habitude, l’auteure développe parfaitement son scénario en portant attention aux questionnements et à l’évolution des sentiments des personnages. Je trouve donc l’ambiance de ce drame moins sombre que les autres œuvres de la mangaka.