Calendula of limbo 2 – Haji

calendula of limbo 2 haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776384
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866570990 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Braver la volonté divine pour l’amour.

Haji sensei donne une tournure dramatique à son récit. Elle met en avant les anges et les gardiens. Ainsi, elle aborde la peur de l’incertitude, de la mort imminente, de la séparation. En effet, en plus des batailles contre les dévoreurs, Calen recherche surtout un moyen d’empêcher l’inévitable pour sauver celui qu’il aime. D’ailleurs, alors que l’ange inspecteur manipule nos héros pour faire bouger les choses, la justice divine de cet univers ne semble pas si équitable. L’auteure renforce la cohérence de son univers, ajoutant quelques explications. Elle interroge les lecteurs sur la rédemption, la force de l’amour et les conséquences du comportement humain dans le cycle des réincarnations. Elle développe également le caractère de ses personnages. Par exemple, Calen a changé et dégage beaucoup plus de douceur, devenant un vrai protecteur. Le chapitre final permet de découvrir ce que le couple devient après un final très intense.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Par ailleurs, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Ses personnages ont des corps musclés. Comparé au tome précédent, les Grandes-oreilles sont plus discrets. Haji sensei soigne les décors. De même, elle varie les trames, privilégie les aplats noirs mais utilise parfois quelques trames d’ambiance. Toutefois, certains pages semblent très sombres. La mise en page dynamique rythme la lecture. Des bandelettes blanches censurent les détails des scènes érotiques. Les illustrations de la couverture et de la première page mettent en scène le couple avec romantisme. Sous la couverture se trouvent la postface et un yonkoma amusant sur Makoto et Calen.

En résumé

Maintenant, Calen forme les nouveaux gardiens sous l’œil admiratif de son petit ami, Onodera Makoto. Mais ce dernier remarque que son père, qui apporte également son aide à la formation, semble fatigué depuis quelques temps. D’ailleurs, sur le chemin du retour, Seishin s’effondre. En effet, il aurait dû se réincarner il y a déjà un an mais refuse de le faire. Comme son âme est liée à celle de son fils, même l’ange inspecteur ne sait pas si le golem survivra. Or Seishin ne souhaite pas priver Makoto du bonheur qu’il a enfin trouvé avec son bien-aimé. Préférant disparaître sans l’inquiéter, il se laisse donc aller et s’évapore…

En conclusion

L’auteure intensifie les évènements dans ce tome conclusif, plongeant le lecteur dans l’action et le drame. Pourtant, elle arrive à nous surprendre avec un happy end. J’aime beaucoup cette romance fantastique où l’amour devient le catalyseur de la vie après la mort. Moi aussi, j’ai envie de couver cet adorable couple.

Calendula of limbo 1 – Haji

calendula of limbo 1 haji
Haji ハジ
ISBN: 9782368776049
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784861349089 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

L’amour apportera-t-il la rédemption dans une vie après la mort?

Haji sensei réinterprète le monde des morts ainsi que la mission des shinigami. Elle crée un univers riche et cohérent, jouant sur le contraste entre un milieu dynamique et vivant accueillant les âmes des morts. Le séjour dans les limbes est une étape avant la réincarnation permettant d’expier ses péchés pour obtenir la rédemption. Ici, le shinigami guide les âmes des morts vers la réincarnation et élimine les dévoreurs, des monstres mangeurs d’âme. Ainsi, l’auteure mêle à la fois action, romance et mystère. En effet, elle révèle au compte-gouttes le secret touchant Golem et son père Seishin. Onodera a rapidement le coup de foudre pour l’ancien soldat et le partage directement. Mais leur relation se développe doucement. D’ailleurs, Calen perçoit en l’amour plus un désespoir qu’un bonheur, conscient de la séparation à venir. En fin de tome et sous la jaquette, des fiches présentent les personnages et les créatures.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et discontinu. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle ne dessine pas le relief des oreilles. Les grandes-oreilles, sorte de lapin cyclope, apporte une petite touche mignonne. Les créatures sont variées, mignonnes ou effrayantes. De même, les habitants du pays des morts ont différents styles, selon leur époque et leur origine. Haji sensei utilise beaucoup de trames, mais peu pour l’ambiance. Elle soigne ses décors. Toutefois, les scènes d’actions deviennent parfois difficile à distinguer, la page étant surchargée. La mise en page dynamique permet tout de même de se repérer facilement. Les scènes érotiques sont censurées par un point lumineux. Les illustrations de début de chapitre montrent les personnages dans un quotidien tranquille, comme sur la couverture et la première page illustrée en couleurs. Sous la jaquette, un yonkoma donne une anecdote amusante sur l’amour paternel.

En résumé

A son décès, le soldat Dürbhein est condamné à perdre ses souvenirs et se réveille donc amnésique dans les limbes. Le gardien Onodera Makoto, alias Golem, l’accueille et lui explique alors qu’il est devenu un shinigami. Complètement perdu, l’ancien soldat a du mal à accepter sa nouvelle condition. Mais la gentillesse et la sollicitude de Golem le touchent petit à petit. Ce dernier lui donne même un nom: Calem. Ainsi, il redémarre une nouvelle vie dans ce pays où les âmes des défunts demeurent en paix.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2017. En effet, le scénario surprend car sur une base simple, l’auteure introduit des révélations approfondissant le côté dramatique du récit. En plus, elle a une approche des anges assez peu commune. J’adore Calen, avec ses cicatrices et sa maturité. Et le grandes-oreilles Poire est tellement adorable. Une fantaisie très sympathique qui interroge sur l’amour après la mort.

Our house love trouble – Owal

our house love trouble owal
Owal おわる
ISBN: 9782368776025
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801959682 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« La vie en communauté n’est pas toujours facile, alors si en plus l’amour s’en mêle… »

Owal sensei offre une comédie érotique avec des seme sadiques et des uke naïfs. Elle expédie les sentiments pour inclure des scènes érotiques à chaque chapitre. Le scénario léger joue surtout sur les quiproquos et les situations comiques. Le consentement n’existe pas mais les uke réagissent également très passivement, cédant immédiatement au plaisir. D’ailleurs, l’auteure alterne la narration entre les personnages et installe trois couples. Elle développe cependant beaucoup plus la romance entre Hibiki et Nonohiko, décrivant la naissance de leurs sentiments. En outre, elle dépeint des caractères extrêmes. Ainsi la naïveté et la pureté des uke leur donnent un côté un peu benêt adorable. Chacun a des complexes qui deviennent le jeu des seme pervers. Par ailleurs, l’esprit familial de la share house est bien mis en valeur.

La mangaka a un trait épuré et fin, rappelant le style shôjo. Elle dessine des ikemen, pour certains musclés, avec des visages légèrement ovales aux grands yeux. Les personnages rougissent facilement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors assez détaillés. Cependant les pages ont une dominance blanche car les trames d’ombres et de couleurs sont claires. Par ailleurs, la mise en page très dynamique utilise parfois des angles de vue originaux. Owal sensei censure ses scènes érotiques en cachant les parties génitales par des hachures et des masques blancs. Pourtant, elle fait de gros plans sur les détails, augmentant tout de même l’impression sensuelle de certaines vignettes. Des illustrations en fin de chapitres présentent les personnages ou donnent des anecdotes. Sous la jaquette, il y a deux yonkoma amusants sur ce qu’aime Hibiki et une planche très chaude sur l’hôte qui a arnaqué Yûsuke.

En résumé

Nojima Nonohiko travaille dur pour payer ses études. Mais la résidence étudiante où il logeait ferme pour vétusté. Il trouve alors une chambre dans une magnifique share house tenue par un travesti, Kitora Kaoru. Le jour de son déménagement, après avoir visité le quartier, il réalise qu’il n’a pas encore les clés et ne peut rentrer. Arrive un des locataires, Kaido Hibiki. Ce dernier lui propose alors de prendre un bain ensemble. Complexé par ses tétons inversés, Nonohiko se cache comme il peu. Toutefois, Hibiki détend l’atmosphère en le complimentant, puis commence à le tripoter sans pudeur…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2018. Même si je recommande seulement un peu le titre, sachant que la légèreté du scénario sur les viols peut choquer, j’aime beaucoup ce titre. L’auteure joue sur les contrastes entre les statures des héros. Elle arrive à émouvoir en quelques cases. En plus, j’adore les trois couples. D’abord, le grand et fort Nonohiko qui se sous-estime mais se prend en main, arrivant à calmer la libido débordante de Hibiki. Ensuite, le couple surprenant entre Kaoru et l’étudiant Tatsuki Kotarô qui déteste les travestis. Enfin, le taciturne sculpteur Isurugi Kaname qui craque pour le côté innocent et inexpérimenté de l’hôte Sasaura Yûsuke. Je suis heureuse de les voir heureux, même si les uke sont clairement manipulés par leur seme! Et le chapitre final en rajoute, dévoilant leur coopération pour assouvir leurs fantasmes!

Same difference !!! 6 Secret play – Hiiragi Nozomu

same difference 6 secret play hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368776094
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409964 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les deux seme continuent à se chamailler mais Ozaki cède de plus en plus au courroux de son amant…

Après un tome sérieux, Hiiragi Nozomu sensei nous replonge dans les chamailleries de notre couple fétiche en s’intéressant à leur quotidien. Un nouvel employé, Nutahara, apporte une touche rafraichissante avec son admiration pour Ozaki et sa candeur le rendant trop franc. En effet, bien que casé, le salaryman bisexuel continue à jouer les charmeurs en participant à des gôkon. Entre jalousie, fantasmes et possessivité, l’auteure s’amuse à bousculer le « quotidien d’adorables pervers ». Elle développe un peu plus le personnage de Shiba, durant deux chapitres, le rendant un peu plus sympathique. En fin de tome, elle offre un peu de fan service avec nos deux salarymen d’élite déguisés en prince lors d’une fête au bureau. Tous les personnages évoluent. Ainsi, Tsuburaya applique des punitions ressemblant plus à des jeux érotiques et se montre plus entreprenant quand il est ivre. Katsumata, quant à lui, devient le protecteur du couple.

Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. Le jeu des ellipses, des emboîtements de vignettes et l’absence de certains cadrages dynamise la mise en page. De même, les flash-back sont bien intégrés dans le récit, reconnaissables par un fond noir. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais évitent de donner trop de détails grâce aux cadrages et aux angles de vue. En fin de tome, une planche conclut la confrontation entre Shiba et Katsumata.

En résumé

Ayant été pris pour un fumeur à cause de l’odeur de tabac sur ses vêtements, Tsuburaya exige qu’Ozaki (39 ans) arrête de fumer. Ce dernier accepte en échange d’un cosplay sexy de son partenaire. Mais cela s’avère plus difficile qu’il ne croyait. Katsumata lui confie alors sa technique: compenser le manque en mangeant des sucreries. Ozaki, qui a le bec sucré, apprécie d’autant plus en réalisant que les chocolats de luxe lui apportent également du succès auprès des filles. Mais lors d’un câlin, Tsuburaya lui fait remarquer sa prise d’embonpoint. Ozaki tente de résister au mieux en machouillant ses crayons. Mais excédé, il finit par craquer face aux provocations de Shiba qui laisse tomber exprès son paquet de cigarettes après l’avoir nargué en fumant. Ce dernier en informe immédiatement Tsuburaya. Le salaryman surprend donc son amant en pause cigarette…

En conclusion

Ozaki, penaud et tout obéissant devant son amant, est adorable à craquer. Il a failli devenir uke mais a réussi à s’en sortir cette fois. Combien de tomes tiendra-t-il encore? Vivement la suite!

Same difference !!! 5 Demande en mariage – Hiiragi Nozomu

same difference 5 demande en mariage hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368775257
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796408547 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Place à l’officialisation de la relation entre Tsuburaya et Ozaki.

Hiiragi Nozomu sensei prend un ton plus sérieux. Elle montre la différence entre les homosexuels en Occident et au Japon à travers le regard de Tsuburaya et Ozaki lors d’une escapade à Londres. Faisant suite aux évènements du tome précédent, elle aborde le coming-out avec la présentation du partenaire aux amis proches et à la famille, en donnant le point de vue d’Ozaki puis de Tsuburaya. Elle s’intéresse donc à l’officialisation d’une relation auprès des proches et à la question du mariage et de la descendance. Tandis que le père Ozaki, traditionnel, a du mal à accepter la situation, la mère se montre plus ouverte. Pourtant, l’auteure présente des parents ayant un certain respect dans les décisions de leur fils. Elle dévoile également l’enfance d’Ozaki. Par ailleurs, elle tourne en dérision les plans de harcèlement de Shiba dans le chapitre final.

La mangaka utilise des traits épurés et simples mais très expressifs. Elle souligne parfois les contours par un trait plus épais, donnant un peu plus de volume. Elle arrive à rendre des silences très significatifs et débordant de sensualité. Par exemple, un simple déboutonnage de chemise devient très sexy. Les trames d’ambiance sont plutôt graphiques. Les scènes érotiques sont légèrement censurées par l’absence de quelques traits. D’ailleurs, des trames assombrissent les détails. Les illustrations en début et fin de tome mettent en scène les héros avec la version enfant de son partenaire dans les bras. En fin de volume, quelques yonkoma amusants narrent la rencontre des parents Ozaki.

En résumé

Au réveil, Tsuburaya Kazuomi trouve vraiment mignon son partenaire Ozaki Aisuke mais s’interroge sur ses anciennes conquêtes, en particulier masculines. Comme c’est bientôt son anniversaire, il essaie de lui faire accepter de prendre la place de dominé mais Ozaki refuse catégoriquement. Même attaqué par derrière, ce dernier se défend. Tsuburaya se demande alors s’il ne devrait pas recourir à des somnifères. Pourtant, Katsumata remarque que son senpai résiste de moins en moins violemment aux avances de son petit ami. Il propose de tester Tsuburaya en lui offrant un aphrodisiaque. Mais ce dernier, bien que crédule, refuse d’en faire usage, ne désirant pas blesser la fierté de son amant. Le soir, Ozaki n’arrive pas à réprimer son sourire de satisfaction devant la droiture de son petit ami et décide de continuer à le tester en faisant croire qu’il a bu l’aphrodisiaque par erreur…

En conclusion

Ce tome est magnifique, émouvant. Hiiragi sensei arrive à nous amuser sur un thème sérieux. L’engagement entre les deux héros se précise pour notre plus grand bonheur. Même si leur entourage est majoritairement bienveillant, j’apprécie l’approche de l’auteure qui pense à tout de même mentionner les risques et les réactions négatives. Et il est amusant de constater qu’Ozaki commence à céder un tout petit peu aux demandes de son amant…

Remnant jujin omegaverse 3 – Hasumi Hana

remnant jujin omegaverse 3 hasumi hana
HASUMI Hana 羽純ハナ
ISBN: 9782375062524
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784866572048 (JP)
Frontier works, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Rien ne va plus entre Dahto et Judas!

Hasumi Hana sensei interroge sur l’égalité entre alpha et omega. Elle s’appuie aussi bien sur la relation entre Judas et Dahto que celle de Luard et Kai pour montrer les approches différentes de chacun de ses protagonistes. D’ailleurs, Dahto distingue clairement le sentiment amoureux de l’attirance ressentie à cause des chaleurs. De même, Judas et lui n’arrivent pas à exprimer clairement leurs sentiments mutuels et pourtant, ils peuvent les partager auprès de leurs amis. En outre, l’oméga culpabilise à cause de sa stérilité. Baron devient un soutien et un confident. Par ailleurs, l’auteure résume à l’essentiel le passage des chaleurs de Kai déjà développé dans Pendulum jujin omegaverse. Elle préfère traiter l’intrigue sur le trafic d’omégas ainsi que les manigances de l’élite des Bestials. En outre, elle complète ce tome avec la suite des aventures de Kai et Luard, compensant l’absence de scènes érotiques du premier couple.

La mangaka a un trait épuré fin magnifique. Elle varie énormément les trames, déjà avec la peau mate de Dahto ou les fourrures, en ajoutant même des nuances dans les ombres. Les enfants de Dahto sont tellement mignons! Les décors apparaissent en fond dès que le plan s’éloigne. La mise en page dynamique rythme la lecture. Hasumi sensei censure les scènes érotiques par des points lumineux et en ne dessinant par les contours. Elle rend très bien la temporalité sans pour autant donner trop de détails, jouant sur les changements de coiffures et de la morphologie. Cela se remarque immédiatement dans les illustrations des couvertures. Dahto paraît clairement plus jeune sur celle du tome 1 et, comparé au tome 2, il dégage maintenant beaucoup plus de virilité. De même, le regard de Judas semble s’adoucir de plus en plus.

En résumé

A une réception organisée par Tonéria, Dahto retrouve par hasard son ami d’enfance, Furio. Ce dernier est forcé de se prostituer, vendu de bordel en bordel. Bien que Judas lui ait demandé de ne pas bouger, Dahto vole au secours de son ami et assomme le client pressant avant de fuir. Après lui avoir un peu expliqué sa situation, entre larmes et sourires, il envoie Furio auprès de Will. Ensuite, il tente de retenir le client furieux en se faisant passer pour un prostitué. Mais Judas arrive au moment où l’homme le plaque au mur et se méprend sur la situation. Malheureusement, il ne laisse pas l’oméga s’expliquer et décide de rentrer tout en mettant fin à leur contrat!

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. Judas est classé quinzième meilleur seme et Dahto sixième meilleur uke. Je trouve que le graphisme de l’auteure devient de plus en plus expressif. Plus l’intrigue avance et plus je m’attache au couple formé par Judas et Dahto. Ils sont d’ailleurs devenus mon couple préféré. J’adore leurs interactions et leur évolution. Cette série vous fera aimer l’omegaverse. En revanche, le suspense à la fin de ce tome est insoutenable!

Je préfère en nature – Niyama

je prefere en nature niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382760017
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784801960985 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: ご利用は計画的に
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Un escroc au cœur d’artichaut qui craque pour une victime trop gentille et innocente.

Niyama sensei offre une comédie romantique et érotique avec un usurier trop gentil et obsédé pour se maintenir à flots. Elle alterne la narration entre Manami et Makoto. Malgré les nombreux passages érotiques, elle arrive à développer la psychologie de ses deux héros. Bien que leur premier rapport charnel soit forcé, Kanekura s’intéresse à son créancier et finit même par sympathiser avec lui, développant son sentiment amoureux. L’auteure entoure les deux hommes d’une palette de personnages amusants et intéressants comme le frère ainé surprotecteur, Godai Minoru (38 ans) ou l’insolent petit frère Kanekura Haruki (17 ans). Elle s’appuie beaucoup sur les caractères pour renforcer l’humour des situations. Elle complète ce volume avec une histoire en un chapitre jouant sur la métaphore de la banane.

La mangaka a un style reconnaissable avec des morphologies viriles. En plus, elle a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, donnant une bouille à ses personnages. D’ailleurs, ces expressions sont en général détaillées, de même que les petits gestes. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les angles de vue plutôt variés dynamisent la mise en page. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Au contraire, elle rend même les corps transparents pour montrer encore plus de détails. Il y a d’ailleurs une scène par chapitre. Sous la jaquette, se trouvent une planche d’anecdotes amusantes et la postface en image à lire à la fin du tome.

En résumé

Je préfère en nature / Retour à la nature: Godai Manami (28 ans) dirige une société de prêts illégaux avec Tetsu (23 ans). Mais ses finances sont plutôt mauvaises car il a tendance à accepter les paiements en nature quand le client lui plaît. Tetsu lui signale la disparition d’un de leur plus gros débiteur, Kanekura Shinji (58 ans), dont la société avait fait faillite. Ce dernier leur doit encore 18 millions de yens, intérêts compris. Ils décident donc de s’arranger avec la famille Kanekura, en particulier le fils Makoto (28 ans). Ce dernier cumule actuellement deux emplois pour subvenir aux besoins de sa famille. Toutefois, Manami, gay, craque immédiatement pour le jeune homme honnête, beau et musclé. Il lui propose alors de coucher avec lui pour 30000 yens par séance afin d’éponger la dette…
Magical Banana: Suma Ryôtarô (32 ans) apprend qu’il existe une banane légendaire qui rend heureux. Le chercheur passionné de bananes décide alors de partir à sa recherche. Mais il se blesse en glissant et est recueilli par Ryû (18 ans) qui vit seul sur l’île…

En conclusion

Le premier tome de My pretty policeman étant déjà classé neuvième dans les meilleurs manga au Chill Chill BL award 2018, ce titre se retrouve juste cité parmi les meilleurs manga originaux. Même si l’histoire est légère et met surtout en avant l’érotisme, je trouve que l’auteure a réussi à insuffler suffisamment de vie autour de ses personnages et à développer l’intrigue. On reconnaît son style narratif et graphique immédiatement. J’adore la conclusion de l’histoire principale. En plus comme j’aime les chiens, je suis complètement gaga devant les spitz nains, tellement chou.

Lovenest 1 – Minaduki Yuu

lovenest 1 minaduki yuu
MINADUKI Yuu
ISBN: 9782368777633
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784403666827 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une colocation d’abord difficile, une amitié qui se développe et peut-être plus, si affinités.

Minaduki Yuu sensei propose de suivre les aventures de Masato dans ce spin-off de Change world. Elle décrit avec précision les différents stades d’une colocation: la découverte des défauts, la discussion et le partage pour apprendre à se connaître puis l’évolution des sentiments au fil du rapprochement. Ainsi, Hozumi et Yajima ont vécu une expérience similaire qui a profondément blessé leur cœur. Toutefois, ils n’ont pas du tout réagi de la même manière: Masato va devenir un briseur de couple alors qu’Asahi vit plutôt en reclus. L’auteure dépeint avec finesse les différentes émotions. Elle installe Naru comme un cupidon. Elle présente d’abord le passé de Hozumi, qui joue le narrateur. Les personnages ont des caractères intéressants. Ainsi, la franchise de Yajima oblige la discussion directe dès qu’il y a quelques tensions. De même, sa maturité entraîne Masato vers plus de sagesse.

La mangaka simplifie légèrement son trait épuré dans les passages humoristiques. Elle donne un petit air effronté à Hozumi avec ses canines saillantes. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par contre, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Minaduki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des yonkoma en fin de chapitre sur le thème de la place des colocataires dans le canapé qui varie selon leur rapprochement. Par ailleurs, elle intègre les illustrations en début de chapitre dans la continuité de l’histoire. Sous la couverture se trouvent des fiches détaillées sur les personnages.

En résumé

Hozumi Masato (30 ans) ne supporte plus ses nouveaux voisins très bruyants. Sur les conseils de son ami Naruse (38 ans), propriétaire d’un bar, il décide de déménager dans sa résidence secondaire, appâté par les équipements de haute technologie. Mais Naru a omis de lui préciser qu’il partagera l’appartement avec un colocataire, Yajima Asahi (38 ans). Comme l’architecte, gros fumeur, travaille dans les pièces communes et laisse la femme de ménage ranger quand elle vient tous les vendredi, Masato finit par craquer. Il lui demande alors de faire quelques efforts pour au moins ranger. Asahi accepte à condition qu’ils boivent de l’alcool ensemble. Réticent à l’idée de se faire manipuler, l’ingénieur système est surpris en découvrant que son colocataire aime juste discuter franchement et qu’il s’endort facilement, ne supportant pas l’alcool…

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. Yajima Asahi est classé sixième meilleur seme et Hozumi Masato septième meilleur uke. L’auteure prend son temps pour développer son récit. Je suis complètement envoutée par cette romance réaliste et douce. Le couple est émouvant, en particulier lorsque l’on découvre leurs blessures d’amour. Si vous n’avez pas apprécié Masato dans Change world, vous devriez maintenant être conquis. Vivement la suite!

Comment défier le destin – Yoshio Akira

comment defier le destin yoshio akira
YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN: 9782368777688
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784866532097 (JP)
Core magazine, 2018 (JP)
Titre original: 叶わぬ恋の結び方
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Le don de couper les fils du destin liant chaque être humain interdit-il de s’unir à quelqu’un?

Yoshio Akira sensei remet en cause l’image de l’amour prédestiné abordé dans Le fil du destin tout en conservant le même message. Elle s’intéresse ici à la romance de Kaoru qui a peur de s’attacher mais surtout d’être abandonné. Elle alterne la narration entre les deux héros, exposant ainsi leurs visions différentes de l’amour. En effet, alors que Kamisawa perçoit le destin comme une fatalité que l’on subit, Hara pense que le bonheur dans une relation se construit et s’entretient. Par ailleurs, l’auteure introduit le frère jumeau de Kaoru, Kakeru, qui apporte son soutien aux deux amoureux. Elle développe beaucoup la psychologie de ses personnages. Ainsi, Kamisawa, traumatisé par plusieurs déceptions amoureuses, culpabilise tout de même de fuir ses sentiments. Au contraire, le gentil mais maladroit salaryman cherche avant tout à comprendre et satisfaire physiquement et moralement son partenaire.

La mangaka dessine des yeux effilés mais très expressifs. Elle a un trait épuré, anguleux et très fin. Les passages humoristiques se font discrets et les personnes, représentés presque en SD, ont des traits simplifiés. Les trames sont variées. De même, les décors, assez présents, donnent une touche réaliste. Par ailleurs, Yoshio sensei joue beaucoup sur les angles de vue. Elle équilibre sa mise en page avec des ellipses uniquement pour les sauts dans le temps et varie la forme des cadres quand cela est nécessaire. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches et en ne dessinant pas les contours. Les illustrations en début de chapitre débordent de tendresse ou de sensualité.

En résumé

Kamisawa Kaoru (26 ans) a le don de voir et couper les fils du destin reliant les gens. Il en a d’ailleurs fait son métier. Un soir, il rencontre un client, Hara (32 ans), qui est harcelé par une femme. Pour être sûr de l’efficacité de son travail, il lui redonne rendez-vous une semaine après pour le paiement. Mais à ce moment, Hara l’invite au restaurant et lui avoue être tombé amoureux après lui avoir volé un baiser. Néanmoins, comme Kamisawa n’a pas de fil rouge à son petit doigt, il évite de se lier aux personnes de peur de souffrir. Alors même s’il trouve l’homme charmant avec sa droiture mais ses petits défauts, il cherche à lui faire renoncer en se montrant détestable. Pourtant, Hara accepte de devenir juste son sex friend

En conclusion

Ce spin-off se classe quatrième parmi les meilleurs manga profonds au Chill Chill BL award 2019. Avec son message clair incitant à prendre en main son destin pour construire son bonheur, l’auteure y présente un bel amour attendrissant, érotique et touchant. J’apprécie particulièrement les deux héros qui assument leur bisexualité. Je trouve donc le récit rafraichissant car le fantastique est très bien ancré dans la réalité. En plus le graphisme est de toute beauté. J’espère que nous aurons également la suite!

Les caprices du jaguar 3 – Unohana

les caprices du jaguar 3 unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368777268
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784866692289 (JP)
J Publishing, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

De la formation de Peg à son apogée.

Unohana sensei, dans la continuité du tome précédent, développe la formation de Peg, de leurs débuts jusqu’à la maladie de Shiina. Elle change un peu le ton narratif, toujours avec Asô, mais dont les commentaires rappellent son métier de critique musical. Elle partage avec finesse la découverte de nouvelles sensations de Sôjun et Arata. D’ailleurs, le couple a trouvé un équilibre dans sa relation qui a mûri. En effet, chacun s’épanouit dans leurs nouvelles activités. Toutefois, l’auteure met en avant le manque de communication entre eux. Elle décrit la fragilité de leurs sentiments face à l’angoisse de la maladie, la peur de perdre la passion de l’être aimé et la souffrance qui en découle. Ainsi, le guitariste s’interroge sur sa relation avec Arata, leur amour étant lié à la musique. En fin de tome, un chapitre amusant de cosplay d’idole vient un peu dédramatiser le final du récit.

La mangaka a un trait épuré avec des contours jouant sur les épaisseurs, les pleins et les déliés. Elle simplifie les expressions dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames. De même, les décors plutôt présents ne surchargent pas les pages. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. Unohana sensei exprime parfaitement les sauts dans le temps par une image ou une remarque, en plus d’une ellipse large. Elle dynamise avec simplicité la mise en page. Elle censure les scènes érotiques en ne montrant aucun organe sexuel. De même, des bulles, des caches blancs, des onomatopées s’ajoutent au cadrage pour en montrer encore moins. A la fin de quelques chapitres se trouvent des illustrations amusantes du couple.

En résumé

Après avoir écouté le guitariste Shiina Sôjun qui fait des remplacements dans des groupes, le bassiste Yamamoto Shizuka, le batteur Sakai Yûya et le chanteur Jinza Masaki lui proposent de rejoindre leur groupe en formation. Mais comme ils prennent la musique trop au sérieux, le guitariste refuse. Toutefois, Shizuka lui demande au moins d’écouter leur chanson en lui donnant un CD. Une fois rentré, Sôjun se couche sans même se doucher, trop fatigué. Il se réveille à peine lorsqu’Asô Arata le secoue d’enthousiasme, conquis par la chanson qu’il a écoutée. Pourtant le lendemain, quand le groupe revient à la salle de concert, Shiina accepte de jouer cette chanson avec eux, l’ayant écoutée trois fois le matin. Jinza demande alors de les programmer le soir-même pour vérifier leur compatibilité. En effet, le guitariste a tendance à ne pas accorder son jeu aux autres, ce qui pourrait nuire au groupe…

En conclusion

Ce tome ne se classe pas dans le Chill Chill BL award 2020, mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries au scénario captivant. J’adore comment Shiina mène à la baguette Maki. Ce tome, très riche en émotions, laisse le lecteur dans l’angoisse de la suite. Mais j’en redemande encore!