Wonder border – Ueda Aki

wonder border ueda aki

UEDA Aki 上田アキ
ISBN: 9782382760451
Hana, 2021
ISBN: 9784801960480 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La réunion du hasard et du destin. »

Ueda Aki sensei aborde avec finesse le sujet de l’infidélité. Elle base la narration principalement du point de vue de Hiroharu. Elle décortique donc son conflit intérieur, ses hésitations et sa souffrance. En effet, Haru et Kazuaki se sont quittés brusquement, à cause de choix les menant sur des voies différentes. Malgré son amour sincère pour Natsurô, le vendeur se retrouve perdu entre la culpabilité, la raison et des sentiments passionnés encore intacts qui ressurgissent. L’auteure dévoile l’essentiel du passé de ses protagonistes afin d’installer clairement leur état d’esprit. Elle met ainsi en avant le manque de communication entrainant des incompréhensions au sein des couples. Kazuaki qui paraît inconstant s’avère en réalité franc dans ses sentiments. Comparé à Natsurô, il semble maladroit dans l’expression de son attention pour son partenaire. Par ailleurs, les personnages se remettent en question avec réalisme.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui conserve un tracé de croquis avec le dédoublement des contours. Elle dessine des corps finement musclés. Le visage de Haru porte d’adorables tâches de rousseur et Kazu a une barbichette, ce qui change des beaux gosses habituels des BL. Les pages paraissent plutôt claires malgré une utilisation équilibrée des trames. Les décors situent surtout l’action. La mise en page est dynamique et variée. Ueda sensei ne censure par les scènes érotiques, mais elle préfère s’attarder sur les sensations de ses personnages plutôt que sur les détails. D’ailleurs, il y a au moins une scène par chapitre qu’elle introduit pourtant habilement. Sous la jaquette, il y a une anecdote sur Natsurô et Tôko à lire à la fin, ainsi que sa postface.

En résumé

Yashima Hiroharu sort actuellement avec Natsurô. Un jour, il rencontre par hasard son ex, Yashiro Kazuaki, qu’il n’a pas vu depuis cinq ans. Ce dernier a emménagé dans le quartier et est accompagné de sa petite amie Tôko. Pourtant, il l’invite à boire un verre. Alors que Haru pensait avoir oublié ses sentiments pour l’informaticien, il finit par céder à ses avances quand Kazu l’emmène au love hotel. De retour chez lui, il découvre qu’en plus, ils sont maintenant voisins!

En conclusion

Même si ce one-shot ne se classe pas dans le Chill chill BL award 2018, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la question des sentiments quand une séparation ne se fait pas dans la haine. J’aime beaucoup le traitement de l’auteure sur le sujet. En plus, elle maintient le suspense sur les réels sentiments et les décisions de Kazuaki jusqu’à la fin. Malgré l’empathie ressentie pour Tôko et Natsurô, j’aime la conclusion de cette histoire.

Les couloirs de l’abîme 1 – Nagai Saburo

les couloirs de l abime 1 nagai saburo

NAGAI Saburo 永井三郎
ISBN: 9782382760321
Hana, 2021
ISBN: 9784865896022 (JP)
Fusion product, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La rencontre entre un vagabond complètement perdu et un adolescent audacieux.

Nagai Saburo sensei construit son récit doucement, en maintenant le suspense sur l’identité du vagabond. Il révèle peu à peu le background des personnages. A la fin du tome, il donne un récapitulatif de l’origine de la rumeur sur Mossan. Ainsi, le lecteur qui aura lu Smells like green spirit devinera assez rapidement l’identité de Yamada. De même, Ozaki Nagisa apparaît comme un adolescent au caractère particulier. L’auteur dépeint avec finesse la psychologie de ses personnages qui sont intérieurement torturés, leurs sentiments et leurs sensations. Il aborde indirectement la prostitution des mineurs et la pédophilie. Il base la narration du point de vue de Yamada. Ce dernier, attiré par certains jeunes garçons, se sent monstrueux et tente de résister à ses pulsions.

Le mangaka a un trait très fin, parfois dédoublé pour les contours mais qui conserve une certaine fermeté. Il varie les styles graphiques dans les physionomies, allant du réalisme au caricatural, en particulier dans les passages humoristiques avec des expressions exagérées. D’ailleurs, il représente les pensées négatives graphiquement, avec par exemple des fils noirs ou le monstre. Les décors situent principalement l’action. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Mais Nagai sensei privilégie plutôt les contrastes noir et blanc. Il travaille également la dynamique de la mise en page, avec beaucoup d’ellipses et d’emboîtements de cases. En plus, les contours épais donnent du relief. Les scènes érotiques ne montrent pas les parties intimes. Les illustrations en début de chapitre présentent toujours un personnage avec un chat.

En résumé

Dans un village sur une île, un jeune garçon aime sauter de la falaise dans la mer, complètement nu. Une rumeur court parmi les élèves: Mossan, un homme poilu et monstrueux s’attaquerait aux enfants pour les dévorer. Le marginal Yamada se rend alors chez le barbier pour avoir une tête plus convenable espérant ainsi ne plus soulever des soupçons et rester plus longtemps dans le village où il s’est installé. Ce solitaire ne se comprend plus lui-même. En effet, alors qu’il cherchait un endroit où mourir, il s’adapte aux autres, les maudissant discrètement au passage…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Le sujet délicat est abordé pour l’instant avec finesse. Il en ressort un récit plutôt sombre, à la fois dur et doux. Certaines scènes pourront choquer les lecteurs les plus sensibles. Hâte de découvrir la suite!

Love whispers, even in the rusted night – Ogeretsu Tanaka

love whispers even in the rusted night ogeretsu tanaka

OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375060032
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403664649 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Titre original: 錆びた夜でも恋は囁く
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’amour peut-il survivre à la violence?

Ogeretsu Tanaka sensei propose une romance amère sur la violence conjugale, les aléas de la vie et le besoin de l’autre. Dévoilant le passé entre les protagonistes au compte-gouttes, elle maintient constamment un certain suspense. Ainsi, elle alterne la narration entre Yumi et Mayama. Son approche très réaliste met en avant les souffrances et mécanismes de protection générés par la violence, l’inaction et la peur d’accepter la réalité. Malgré les coups de son petit ami, le barman s’accroche encore à ses sentiments. Il s’enfonce donc dans le mensonge, cachant aussi bien ses blessures physiques que psychologiques. En introduisant Mayama, l’auteure oblige son personnage principal à se remettre en question et à mieux comprendre ses sentiments. Elle dépeint aussi avec finesse les occasions ratées suite à des hésitations. Refusant la pitié des autres, Yumi rejette la protection de Mayama qui est naturellement prévenant.

Malgré un trait fin épuré, la mangaka conserve un style réaliste. Elle maîtrise les différentes corpulences et porte attention aux changements du quotidien avec les coiffures, les styles vestimentaires. Pourtant, elle n’hésite pas à simplifier les expressions des visages dans les passages humoristiques. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors soignés, sont très présents. Les fonds noirs signalent les flash-back. Ainsi, la mise en page dynamique rythme la lecture. Même si les scènes érotiques sont détaillées, avec des coupes intérieures, Ogeretsu sensei censure les parties explicites par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Yumi sort avec Kannosuke depuis le lycée. Toutefois, ce dernier se montre violent avec son amant depuis qu’il est entré dans la vie active. Le jeune barman s’accommode pourtant de cette situation en cachant ses bleus et ses cicatrices. Mais un soir, il croise parmi la clientèle du bar, un ancien ami du collège avec lequel il avait commencé à sortir. Mayama est toujours amoureux de lui malgré les dix années où ils se sont perdus de vue. Et il a l’intention de renouer avec lui même pour une simple amitié…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Impossible de rester de marbre devant l’inaction de Yumi avec sa vision de l’amour altérée. Le graphisme de l’auteure est très beau. D’ailleurs, j’adore particulièrement les regards expressifs de ses personnages.

Electric delusion 4 – Nekota Yonezou

electric delusion 4 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807828
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864364911 (JP)
Core magazine, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Encore quelques combats à mener avant de vivre le parfait amour!

Nekota Yonezou sensei conclut sa série en dévoilant ce que deviennent tous les personnages. Elle sème encore quelques obstacles sur le chemin de l’amour du couple, pour renforcer leurs sentiments et leur confiance enfin acquise. Shunpei se confronte à la jalousie, au sentiment de délaissement et à la frustration sexuelle à cause de l’abstinence forcée. Le ton devient plus léger et humoristique, avec les machinations de Satonaka qui arrive à manipuler plusieurs personnes pour arriver à ses fins. L’auteure met en avant l’imagination débordante de Fumi, ainsi que son côté un peu pervers. Elle introduit Sakamoto Nanami afin d’offrir également un happy end pour Hagami. L’humour est très présent dans ce tome et se répercute également dans les chapitres bonus, avec Satonaka puis nos tourtereaux.

La mangaka a un trait épuré plus fin et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. La tête du chien est très rigolote. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes en dessinant moins de détails. Il y a d’ailleurs beaucoup de passages fan service comparé au tome précédent grâce à Nanami et Hagami. Sous la jaquette, elle donne un petit jeu de l’oie personnalisé avec les personnages, une illustration avec une anecdote sur les deux amis d’enfance quand ils étaient petits ainsi que sa postface sous forme de dé.

En résumé

Motoki Fumihiro rayonne de bonheur depuis que Yamana Shunpei arrive enfin à se lier corps et cœur avec lui. Pourtant, le lendemain soir, malgré l’ambiance torride entre eux, son petit ami refuse de coucher avec lui sous prétexte qu’il n’est pas préparé. Il lui avoue alors qu’il l’avait fait la veille car ils finissent toujours au lit à chaque réconciliation. Bien que Fumi assure être content, les jours suivants, il évite Shunpei et passe son temps à observer son téléphone. Persuadé que son petit ami le trompe, Shunpei demande donc à Satonaka Yoshito de lui donner une corde pour le bondage. Mais il l’utilise en fin de compte pour passer par les balcons et espionner Motoki. Il tombe alors nez à nez avec un chien dont Fumi est complètement gaga. Sa mère l’a ramené après une soirée arrosée et l’a en plus appelé Shunpei!

En conclusion

Ce dernier tome, beaucoup moins sérieux, enchaîne les situations comiques pour mon plus grand plaisir. En plus, l’auteure offre un presque happy end à tous ses personnages.

Electric delusion 3 – Nekota Yonezou

electric delusion 3 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807460
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864363426 (JP)
Core magazine, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le manque de confiance met en péril l’amour.

Nekota Yonezou sensei s’intéresse à la difficulté d’assumer une relation homosexuelle et à la question du coming out à la famille et l’entourage. Comparé au tome précédent qui concentrait la narration sur Shunpei, elle donne ici le point de vue de Fumihiro. Elle dépeint parfaitement la jalousie, les cachotteries et le manque de confiance qui entraînent des disputes au sein du couple. Par contre, Yamana commence enfin à ressentir du plaisir dans les rapports charnels et communique mieux ses sentiments et ses désirs à son petit ami. Motoki montre une facette peu reluisante avec son avidité et sa possessivité. De même, l’auteure pose Hagami comme un harceleur un peu trop insistant. Dans le chapitre bonus, elle offre un crossover avec Maya Hideyuki et Nemugasa Takashi avec le tome 3 de Treat me gently, please. Elle prend ainsi prétexte de la fête scolaire pour ajouter des scènes un peu fan service.

La mangaka adoucit légèrement son trait léché avec par exemple des visages moins pointus. Elle marque particulièrement les mèches de cheveux très détaillées. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. D’ailleurs, Shunpei affiche une grande variété de bouilles amusantes. Les trames d’ambiance, plutôt rares, renforcent les émotions. Le reste des trames est varié. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue recherchés et efficaces. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Elle intègre les héros de Treat me gently, please dans un chapitre bonus et un yonkoma. La couverture est réversible. Sous la jaquette, en plus de la postface et de l’habituelle conclusion du chapitre bonus, il y a une petite aventure avec Sakurada.

En résumé

Yamana Shunpei demande à Motoki Fumihiro de ne plus poser pour Hagami. Mais alors que son petit ami embrassait sa main, il la retire brusquement en entendant des filles dans le couloir, de peur d’être vu. En plus, il n’ose pas dire à Katayama qu’il sort avec quelqu’un et se retrouve à participer à un rendez-vous avec des filles. Motoki lui fait donc la tête mais Shunpei essaie de le rassurer en lui promettant de rentrer tôt. Toutefois, Hagami profite de leur situation conflictuelle pour forcer Fumi à poser à nouveau pour lui. Durant le rendez-vous, Shunpei retrouve Mayu, son ex qui lui avait brisé le cœur. Redoutant la réaction de son petit ami, il hésite à lui avouer la vérité. D’autant plus que Fumihiro ne répond pas au téléphone.

En conclusion

L’auteure ajoute des obstacles sur le chemin de l’amour des deux amis d’enfance tout en continuant à aborder les questions sur le coming out. Shunpei évolue le plus et devient très intéressant. Ne passez pas à côté de cette histoire classique au premier abord mais traitée avec humour et originalité!

Electric delusion 2 – Nekota Yonezou

electric delusion 2 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807309
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784864360494 (JP)
Core magazine, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Les déboires de la première fois.

Nekota Yonezou sensei continue à explorer les réactions face à un coming out, avec Akino qui refuse d’avoir un frère passif alors qu’elle lit et crée des BL. Elle interroge sur la sincérité des sentiments quand deux amis tombent amoureux ainsi que sur la différence de comportement entre amis et amants. Elle aborde également avec humour les premiers rapports sexuels, en particulier les préparatifs pour la pénétration anale et le manque de plaisir au début. D’ailleurs, Shunpei prend peur en découvrant les détails provoquant des doutes pour son petit ami. En plus, le lycéen possessif contrôle mal sa jalousie et n’arrive pas à exprimer parfaitement ce qu’il ressent. Le couple oscille donc entre disputes et réconciliations tendres. L’auteure introduit Hagami Yasuke qui s’avère très ouvert sur sa sexualité et se pose donc comme rival de Yamana. Comme dans le tome précédent, Satonaka apporte une touche d’humour avec son sadisme.

Le trait particulier de la mangaka est facilement reconnaissable. Elle dessine des visages ovales longs. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées, en particulier avec les tenues à motifs. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Nekota sensei censure à peine les scènes érotiques mais ne détaille pas les parties intimes. Sous la jaquette, elle donne sa postface ainsi que la conclusion de l’histoire bonus.

En résumé

Motoki Fumihiro et Yamana Shunpei sortent ensemble. Mais pour l’instant, ils ne s’accordent pas vraiment sexuellement, Shunpei ayant déjà du mal à supporter les préliminaires. Pourtant, il aime passer des moments tendres avec son petit ami. Katayama et Sagawa invitent Shunpei à voir un film pornographique avec une de ses actrices préférées. Redoutant la colère de Fumi, le lycéen n’ose rien lui dire mais son petit ami l’apprend par Katayama. Toutefois, il refuse de l’accompagner comme avant, préférant les films porno gay. Mais en découvrant que Motoki fantasme sur un acteur qui lui ressemble, Yamana est rongé par la jalousie au point de ne plus suivre le film. De retour chez lui, il se dispute avec Fumi mais finit par céder à son désir de lui faire une fellation. Mais alors que les amoureux réconciliés s’embrassent devant la porte, Akino les surprend.

En conclusion

C’est un réel plaisir de découvrir les déboires du couple pour leur première fois. Ce sujet est rarement abordé dans les BL où tout est souvent beau et magnifique! Le couple se dispute facilement à cause de Fumi qui a l’air un peu têtu et pressant, mais ces discussions houleuses mènent à des relations consenties. Un couple attachant qui mérite d’être découvert!

Electric delusion 1 – Nekota Yonezou

electric delusion 1 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782351807002
Taifu comics, 2013
ISBN: 9784862526755 (JP)
Core magazine, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Comment réagir face au coming out d’un ami d’enfance?

Nekota Yonezou sensei offre une comédie romantique entre deux amis d’enfance. Elle focalise son récit sur leurs interrogations, la place de l’amitié suite à un coming out et les premiers rapports. En effet, alors que Fumi assume pleinement sa sexualité, Shunpei passe par différents stades de réactions: le dégoût et le rejet, puis la curiosité, l’envie de comprendre et enfin le sentiment d’abandon. En plus, son jugement est influencé par les clichés sur les homosexuels. D’ailleurs, l’auteure pointe l’image fantasmée des BL avec Akino. Comme précisé dans sa postface, elle a volontairement créé des caractères brouillant l’identification seme/uke en s’inspirant plutôt des shôjo. D’ailleurs, les deux garçons sont dans la discussion, pour le choix de la position et les essais. Satonaka apporte une touche d’humour avec son crush sur Kazuaki Sakurada qu’il prend plaisir à martyriser. Une histoire avec deux couples d’amis complète ce tome.

La mangaka a un trait épuré, anguleux et précis. Elle dessine des visages ovales avec de long menton pointu, des personnage sveltes aux longues jambes. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques, arrondissant également les visages. Les yeux sont plutôt effilés. Les trames sont équilibrées, les décors assez présents, apportant une touche réaliste. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei ne censure pas vraiment les parties intimes, se contentant parfois de ne pas les détailler. Elle donne une anecdote sur Satonaka dans un yonkoma en fin de tome. De même, elle continue le chapitre bonus sous la couverture. Il y a également des explications sur la création du manga.

En résumé

Electric delusion / Electric delusion plus / Vers la lune de miel: Un jour, Motoki Fumihiro annonce à son ami d’enfance et voisin, Yamana Shunpei, qu’il est gay et qu’il a un petit ami. D’abord surpris, ce dernier lui demande alors de présenter son partenaire. Mais en voyant le président des élèves Satonaka, il en vient à se demander pourquoi Fumi ne l’a pas choisi. Curieux et souhaitant comprendre son ami, il se renseigne auprès de sa sœur, Akino, lectrice de BL. Mais perplexe devant le terme neko utilisé par cette dernière, il se confie auprès de son ami qui entre dans une colère noire. Pourtant, pour se réconcilier, il s’incruste entre le couple…
Adult experience value / Un bon petit ami: Marui et Shinkai sortent respectivement avec Murasato et Yumeji mais ces derniers ne sont pas satisfaits sexuellement…

En conclusion

L’auteure cherche à perturber ses lecteurs en cassant quelques codes classiques du BL. Elle aborde avec humour les questionnements d’un garçon face à l’homosexualité de son ami. J’aime beaucoup leurs discussions parfois directes, dans lesquelles leur longue amitié ne permet pas au romantisme de s’installer. Leur relation semble aller un peu vite pour l’instant. Vivement la suite!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 4 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 4 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062722
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664748 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Daiki, je suis venu ce soir pour que tu tiennes ta promesse. »

Shimizu Yuki sensei termine l’arc de Sawato et Daiki puis commence celui sur Hizuru. Elle maintient le suspense sur l’amnésie de Daiki en disséminant des indices au fil des pages. Le retour au présent se fait tout en douceur, en basculant la narration sur le potier. Ainsi le lecteur comprend d’un seul coup comment le couple reconstruit sa relation, la différence de caractère de Kanze ainsi que le gouffre qui s’était installé entre les deux hommes. Kuroi affiche une profonde blessure mais est conscient de son impuissance. Comparé au tome précédent, le ton général devient donc un peu plus dramatique. L’auteure décortique ensuite les sentiments de Hizuru, avec son amour devenu souffrance. Elle met également en avant la distinction que fait Yômei entre Tôko, Umi et Hizuru. L’amitié entre Ito et le jeune yakuza s’approfondit petit à petit. De même, on remarque que Hitomi ne contrôle pas totalement son bien-aimé.

La mangaka a un trait fin épuré et anguleux, avec une note rétro mais qui dégage beaucoup de charme. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, plutôt rares dans ce tome. Elle dessine particulièrement des regards expressifs. Par exemple, on devine immédiatement la peur de Sawato ainsi que la souffrance de Hizuru. Les décors soignés et présents ajoutent une touche réaliste. En plus, les trames sont variées. De même, la mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Shimizu sensei censure à peine les parties intimes, mais elle joue sur la lumière pour cacher les détails. Il y a parfois une fine bandelette blanche. Par ailleurs, elle s’attarde sur les sensations des personnages en choisissant des angles de vue originaux. Le lecteur comprend alors clairement que Sawato passe un moment désagréable pour sa première fois.

En résumé

Après avoir donné la belle assiette promise à Kuroi Sawato, Kanze Daiki est emporté dans un glissement de terrain. Aidé de ses amis, Sabbat arrive à le sauver. Mais le potier, ayant subi un choc à la tête, reste dans le coma pendant trois jours. A son réveil, Sawato fond en larmes, rassuré, puis l’embrasse. Gêné, le chef du village fuit alors et laisse la place à Airi qui souhaite faire le point avec son frère pour le travail. En effet, le four a malheureusement disparu. Mais Daiki semble avoir oublié son engagement pour l’exposition. Comme il avait promis une nuit d’amour à Sawato après lui avoir déclaré ses sentiments, le chef du village décide de retrouver le potier le soir de son retour chez lui…

En conclusion

Les évènements s’enchainent, provoquant des vagues d’émotions différentes à la lecture. Comme à son habitude, l’auteure prend son temps pour développer son histoire et ses personnages (souvent torturés) et dépeint avec précision leurs sentiments. Elle ne cache pas la violence de Daiki envers Sawato qui a retiré son premier consentement et la présente comme telle. D’ailleurs cette scène pourra choquer les personnes sensibles. J’ai tellement hâte de découvrir la suite de l’histoire de Yômei!

Blue sky complex 5 – Ichikawa Kei

blue sky complex 5 ichikawa kei

ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782368770048
Hana, 2021
ISBN: 9784864423656 (JP)
Tokyo mangasha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« J’ai besoin d’en parler à quelqu’un… »

Ichikawa Kei sensei interroge sur le coming out. Après Kirisu dans le tome 4, elle continue à développer les personnages secondaires. Elle met en avant Harukawa Noriyasu, qui n’assume pas son homosexualité, puis le mature Kohiruimaki Towa. Motochika et Natsuki ne cachent pas leur relation mais ne l’exposent pas non plus à tous. Par contre, lorsqu’on les interroge, ils répondent franchement. Ainsi, ils deviennent un soutien pour Noriyasu qui laisse exploser ses complexes et arrive enfin à devenir lui-même. A travers lui, l’auteure montre comment le traitement particulier, bien que bienveillant, peut tout compte fait blesser quelqu’un. Elle force le couple à encore plus discuter avec l’intervention de la franche et directe Kirara. Elle confronte également le couple à la question du bonheur, imagée par les critères de la société. En effet, Natsuki ressent encore une certaine culpabilité envers son petit ami, à la base hétérosexuel.

Le trait épuré et léché de la mangaka a beaucoup évolué. Il devient plus doux grâce au jeu des pleins et des déliés. Elle simplifie son trait dans les passages humoristiques, donnant un aspect mignon, presque SD aux personnages. Elle porte une attention particulière aux regards et petits gestes. Les trames variées sont équilibrées. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance graphique renforcent les émotions. Les décors sont présents sur les plans larges, accentuant l’aspect réaliste du récit. La mise en page est dynamique. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle se concentre surtout sur les sensations des personnages et offre des baisers très sensuels. Sous la jaquette, elle présente les deux héros à différents âges.

En résumé

Pour son petit boulot, Narasaki Motochika donne des cours particuliers. Mais Terashima Natsuki s’inquiète un peu depuis que son petit ami a donné son pseudo à une de ses élèves lycéennes, Fujishiro Kirara. Il pense que Chika ne se rend pas compte que la jeune fille le drague. Il confie alors ses inquiétudes à Kurisu. Pourtant, les deux amoureux ont une grande confiance l’un envers l’autre et essaient à chaque fois de démonter leur amour. Par ailleurs, depuis quelques temps, Harukawa Noriyasu ne fréquente plus trop le groupe d’amis. Motochika est même surpris de le voir fuir quand il le croise par hasard à la gare. Le soir, alors que Natsuki retrouve son petit ami en route, Haru les voit de loin s’embrasser…

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Narasaki Motochika est classé premier meilleur seme et Terashima Natsuki deuxième meilleur uke. L’évolution de Haru m’émeut profondément. L’auteure donne une image tellement belle de l’amitié. J’adore suivre les discussions de ces petits groupes de confidents. Ainsi, l’auteure apporte vraiment un regard assez large et extérieur sur l’homosexualité, avec des personnes bienveillantes.

Fangs 1 – Billy Balibally

fangs 1 billy balibally

BILLY Balibally ビリー・バリバリー
ISBN: 9782382760376
Hana, 2021
ISBN: 9784344846821 (JP)
Gentosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Mordu par malchance, survécu par malchance… »

Billy Balibally sensei crée son propre univers sur les vampires, modernisant le sujet tout en conservant les bases. Elle installe pour l’instant le contexte, présentant les différents protagonistes à travers le travail d’Ichii. Toutefois, elle aborde déjà plusieurs thèmes comme la solitude, l’infidélité, la possessivité, l’amour, confrontés à la longévité de la vie. La narration prend une forme originale avec En qui s’adresse directement aux lecteurs. Le nouveau vampire a du mal à supporter les changements dans son corps et à réfréner ses pulsions. Le « charme » des vieux vampires prend une connotation érotique en plus de la domination, posant la question du consentement dans les ébats. D’ailleurs, En est complètement perdu au contact d’Ichii, ressentant à la fois un sentiment de sécurité et de peur. L’auteure présente diverses formes d’amour questionnant le lien entre les gens. Elle met aussi en place une réelle organisation de prise en charge des vampires.

La mangaka a un trait très fin et épuré gardant tout de même une touche réaliste. Elle dessine des corps finement musclés. Elle tient compte des petits détails, comme les cicatrices, les morsures et les changements. Dans les passage humoristiques, les traits simplifiés donnent un côté mignon aux personnages. Les décors sont présents dans les plans larges. L’utilisation avec parcimonie des trames renforce l’aspect claire des pages, avec surtout des contrastes noir et blanc. D’ailleurs, les trames servent avant tout pour les ombres fortes ou pour colorer. La mise en page est discrètement dynamique. Billy sensei censure les parties intimes par des formes blanches dans les scènes érotiques. Elle récapitule les liens des personnages dans une fiche en fin de tome. Des yonkoma donnent également des anecdotes amusantes. Les illustrations en début de chapitre présentent les vampires qui posent comme dans des magazines de mode.

En résumé

A 19 ans, En s’est transformé en vampire après avoir été mordu lors d’une attaque dans une boîte de nuit. Ichii qui travaille pour la section Protection du département santé et sécurité de Fangs, l’a pris sous sa protection et l’emmène à une soirée des partenaires. En effet, afin de vivre en harmonie avec les humains, le système de partenaires permet aux vampires de se fournir mutuellement en sang. Parfois ces partenariats se transforment en romance mais le plus souvent l’odorat domine sur le cœur. Le petit nouveau au sang encore frais et pur attire donc la convoitise des vampires, dont Utsugi qui se montre vulgaire et la froide Umesaki. Apeuré, En déclare alors choisir Ichii comme partenaire.

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. L’auteure arrive à rendre les personnages secondaires aussi intéressants et attachants que ses héros. Je suis complètement subjuguée par le couple de Masaki et Mariko. J’aime beaucoup Sugi également. En plus, le graphisme est magnifique. Par ailleurs, Billy sensei aborde ses différents sujets avec finesse. N’hésitez pas à vous plonger dans ce merveilleux récit!