Dear Gene 1 – Azuma Kaya

dear gene 1 azuma kaya
AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782382760000
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784778129361 (JP)
Shinkosha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

La rencontre salvatrice entre deux hommes qui ont abandonné leur famille.

Azuma Kaya sensei offre un spin-off de My rumspringa en s’intéressant à Gene Walker, l’amish qui a quitté sa communauté. Elle aborde son récit à travers la lecture du journal intime de Trevor Edwards par son neveu. Les deux héros de cette romance dissimulent une part sombre au fond de leur cœur. En effet, Trevor cache son homosexualité et garde ses distances avec sa famille adoptive pour ne pas les blesser. Par ailleurs, Gene culpabilise d’avoir abandonner les siens. Leur cohabitation leur permettra donc d’évoluer, de s’ouvrir et même de s’épanouir. L’auteure a un ton très réaliste. Elle ajoute également des références culturelles pour les différentes époques. En parallèle, elle montre la vision de la sexualité dans les années 70 à travers divers regards. Par ailleurs, Gene apporte une touche d’humour et de mignonnerie en découvrant le monde moderne.

La mangaka a un trait épuré mais léché. Son graphisme particulier, qui dégage une certaine sensualité, s’exprime surtout dans le traitement des regards et des cheveux. Il y a peu de trames d’ambiance. Par contre, les décors sont soignés et réalistes. Azuma sensei rend bien le style vestimentaire selon les époques ainsi que l’architecture de New-York. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures. En fin de chapitre, des dessins donnent des anecdotes. A noter, chaque chapitre débute par une vue du bureau sauf dans le chapitre 5, où la pièce apparaît alors à la fin. Sous la jaquette, se trouvent des illustrations monochromes et la postface, à découvrir à la fin de la lecture du tome de préférence.

En résumé

Gene passe ses vacances d’été à New-York chez son oncle, Trevor Edwards. En échange, il doit ranger le bureau de l’avocat célibataire. Il trouve alors le journal intime de son oncle narrant sa relation avec un certain Gene. Un jour d’hiver en 1973, Trevor (34 ans) perd l’enveloppe de documents d’une de ses affaires. Après l’avoir cherchée en vain, il se repose dans un parc. Un jeune homme de ménage du cabinet où il travaille, les lui rapporte alors. En apprenant que son sauveur, Gene Walker (19 ans), n’a plus de travail et dort dans une chaufferie, il l’invite à venir chez lui pour se protéger de la neige. Comme il a récemment déménagé, l’avocat lui propose alors de ranger ses cartons et même de faire le ménage en échange du logis et du couvert.

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2021. Il est impossible de rester indifférent à cette histoire touchante. Les deux héros sont très attachants. Comme à son habitude, l’auteure arrive à passionner en partageant simplement leur quotidien. Par contre, je suis à la fois pressée de découvrir la suite mais redoute également que cela soit dramatique. Et avez-vous reconnu Oz?

Blue summer 1 – Furuya Nagisa

blue summer 1 furuya nagisa
FURUYA Nagisa 古矢渚
ISBN: 9782382760079
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758077446 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Titre original: 君は夏のなか
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Comment réagir quand ton meilleur ami te déclare ses sentiments mais n’attend rien en retour?

Furuya Nagisa sensei s’intéresse au développement du sentiment amoureux à l’adolescence. Elle décrit le malaise qui s’installe entre les deux amis suite à la déclaration. Elle base la narration du point de vue de Wataru. Le lycéen s’interroge sur les raisons de l’attirance de son ami tout en réfléchissant à ses sentiments. Leur pèlerinage sur le cinéma leur permettra d’évoluer. De même, une certaine poésie se dégage à travers cette excursion filmique. Comme dans Les deux lions, l’auteure aborde avec finesse la différence entre amour et amitié. Elle a un ton réaliste. Elle révèle petit à petit le passé de Saeki en semant des indices. Les personnages ont des personnalités plutôt opposées: Wataru est franc tandis que Saeki a tendance à s’effacer. Les deux amis discutent facilement de leur passion mais également de leurs réflexions et de leurs interrogations.

La mangaka a un trait fin épuré plutôt shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs et porte attention aux petits gestes. De même, elle soigne les décors, en particulier les paysages qui utilisent des trames très variées. Au contraire, pour le reste, les trames apparaissent avec parcimonie. Par exemple, pour les visages, elles représentent seulement les contre-jours et les ombres fortes. L’ambiance estivale se ressent dans les moindres détails. La mise en page dynamique offre parfois des angles de vue qui se démarquent dans certaines vignettes. Il n’y a pas de scènes érotiques, Furuya sensei concentrant son récit sur les sentiments naissants. Elle donne un plan de l’excursion en début de tome ainsi que deux magnifiques illustrations couleurs sur le thème de l’été. Sous la jaquette se trouve la postface en image.

En résumé

Toda Wataru et Saeki Chiharu sont passionnés de cinéma. Ils se sont rencontrés par hasard alors que Wataru achetait un film et depuis, ils passent souvent du temps ensemble ou vont au cinéma. Une amie de Wataru essaie alors de savoir si Saeki a une petite amie car il rejette toutes les demandes en prétextant être amoureux de quelqu’un. Alors après une sortie, le lycéen tente d’interroger son ami. Mais chiharu lui déclare alors ses sentiments…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-huitième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. L’auteure maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Son graphisme est agréable et colle parfaitement à l’histoire. Plutôt que la pré-romance, je suis séduite par la découverte des paysages qui me donnent envie de visiter cette région l’été.

Hitorijime my hero 4 – Arii Memeco

hitorijime my hero 4 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760123
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758074087 (JP)
Ichijinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Le bonheur peut être une souffrance.

Arii Memeco sensei aborde quelques évènements un peu dramatiques. Elle arrive à détendre l’atmosphère avec équilibre en intégrant quelques moments humoristiques. Ainsi, elle révèle un peu l’enfance de Masahiro. Le lycéen ressent constamment une certaine peur en parallèle de son bonheur, ayant l’habitude d’enchaîner les désillusions. Même s’il s’ouvre de plus en plus, il a encore du mal à partager ses angoisses. De même, Hasekura n’arrive pas à exprimer ses frustrations envers Kensuke dont le comportement, encore immature, empêche d’approfondir leur relation. A la suite du tome précédent, l’auteure continue à présenter les réactions de rejet de Fukushige qui cible maintenant Kôsuke. Elle installe également une aura de mystère autour du comportement de Natsuo. Dans les chapitres bonus, elle donne des anecdotes sur le quotidien ou développe les personnages secondaires. Par exemple, Matsuzawa Monika, complexée depuis l’enfance et obnubilée par l’apparence, est fascinée par Ayaka.

La mangaka n’hésite pas à déformer son trait déjà simple pour exagérer certaines expressions. L’humour devient percutant avec ces métaphores graphiques. Les trames d’ambiance également sont plutôt graphiques. Pour ne pas surcharger la page, les décors sont parfois réduits à l’essentiel et mettent donc en avant les personnages. La mise en page est d’ailleurs très dynamique. Arii sensei ne développe pas les scènes érotiques, s’arrêtant souvent aux préliminaires. Pourtant, elle transcrit bien la passion entre les deux amants qui ont des relations charnelles plus intenses. Sous la jaquette, elle présente deux dessins humoristiques avec encore un cosplay de Setagawa.

En résumé

Setagawa Masahiro rêve de son enfance, quand sa mère s’écroulait ivre à la maison et que ses amies lui demandaient de se comporter en homme en la protégeant. Il se demandait alors qui le protègerait, lui. Au matin, Ôshiba Kôsuke trouve son petit ami blotti dans ses bras. Bien qu’appelé par sa mère pour le petit déjeuner, il attend patiemment que Masahiro se réveille. Le lycéen prépare le petit déjeuner avec l’aide de la famille Ôshiba. Il se rappelle déjà les goûts de chacun, pour leur plus grand plaisir. Mais face à ce bonheur extrême, il ne peut s’empêcher de ressentir aussi une certaine inquiétude…

En conclusion

L’histoire gagne en intensité mais prend son temps. J’ai aussi envie de chouchouter Masahiro. L’auteure installe doucement les évènements à venir. Les passages tranches de vie sont vraiment agréables à suivre et permettent de voir la réaction de l’entourage.

Hitorijime my hero 3 – Arii Memeco

hitorijime my hero 3 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760116
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758073073 (JP)
Ichijinsha, 2014 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Réactions quand le secret de Kôsuke et Masahiro est éventé.

Arii Memeco sensei commence par un flash-back introduisant Hôjô avant de reprendre directement le cours de l’histoire. Comme dans le tome précédent, elle continue à explorer le regard extérieur sur une relation professeur et élève en montrant deux réactions différentes. D’abord, Ayaka se focalise surtout sur la différence d’âge et le statut social. Puis, parmi le groupe d’amis, Fukushige réagit violemment, dégouté à l’idée qu’un ami qu’il considère viril puisse être passif. D’ailleurs, le lycéen a une personnalité plutôt complexe, s’inspirant des clichés de la virilité, mais se fait rabrouer par ses amis quand il devient trop indélicat. L’auteure insère des demi-chapitres, apportant des anecdotes supplémentaires. Elle montre l’inquiétude des adolescents face à l’incertitude des changements de classes ou des relations au sein d’un groupe, la difficulté à se réconcilier suite à une violente dispute. De même, Masahiro et Kôsuke expriment plus facilement leur jalousie.

La mangaka a un trait simple qui colle parfaitement au style humoristique du récit. En plus, elle n’hésite pas à déformer complètement les visages en exagérant les expressions. Par ailleurs, elle introduit Kaide, la nouvelle assistante de Kôsuke, qui, de par sa poitrine opulente, apporte une série de gags visuels. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est dynamique. Arii sensei ne montre pas les détails des scènes érotiques, se contentant des baisers et câlins préliminaires. Elle donne des anecdotes amusantes dans des croquis en fin de chapitre. De même, elle offre, au début de certains chapitres, de magnifiques illustrations du quotidien avec un ton festif comme sur la couverture. Sous la jaquette, il y a deux dessins humoristiques.

En résumé

Le dernier jour des vacances d’été, Ôshiba Kensuke et ses amis essaient de finir leurs devoirs sous l’œil railleur de Kôsuke. Désespérés face à la montagne de travail, les garçons commencent à réfléchir aux méthodes de triche, incités par le professeur. Mais Setagawa Masahiro tente de recentrer les esprits qui se dispersent. Kôsuke se rappelle alors ses frasques de jeunesse avec Hôjô Tsunehito, le mari d’Ayaka, la sœur ainée de Hasekura. Quand les lycéens apprennent que Masahiro a déjà rencontré l’ami du professeur, ils réclament plus de détails. Mais Setagawa, trop honteux, refuse de parler du policier farfelu qui aime les sous-vêtements.

En conclusion

J’aime beaucoup le côté « mère-poule » de Setagawa. Je trouve dommage que les raisons de la violente réaction de Fukushige ne soient pas plus approfondie, mais l’essentiel est là. L’humour et les échanges entre amis priment donc sur la romance. Cette série permet de passer un agréable moment de lecture.

Your dream – Aruku et Kouki

your dream aruku kouki
ARUKU
Kouki コウキ
ISBN: 9782375060544
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784344835863 (JP)
Gentosha, 2015 (JP)
Titre original: 君の夢を見ている
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Se battre contre le destin pour rester avec son bien-aimé.

Aruku sensei narre une romance basée sur l’amour destiné. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle confronte deux personnalités différentes. A cause de ses prédictions, Amamori a développé un amour obsessionnel et panique dès que les évènements diffèrent. Au contraire, Yui pense que le destin se construit par soi-même. Quand ses sentiments se développent, il doute alors d’une possible influence de l’écrivain, éprouvant même de la jalousie envers sa propre image fantasmée. Les deux hommes habitués à la solitude vont alors développer une certaine dépendance l’un envers l’autre. D’ailleurs, l’auteure interroge sur la naissance du sentiment amoureux et l’incertitude de l’avenir. Elle met leur amour à l’épreuve en basculant totalement dans un univers fantastique. En effet, après les rêves prémonitoires, elle s’intéresse à l’influence du voyage temporel. La différence entre rêve et réalité donne une touche poétique au récit.

Kouki sensei a un trait épuré de style shôjo. Elle représente ses personnages en SD dans les passages humoristiques, leur donnant un aspect très mignon. Les trames d’ambiance viennent appuyer les émotions. De même, les décors détaillés sont très présents. La mangaka met en avant l’esthétique des images avec une mise en page dynamique, ajoutant une touche poétique. Elle renforce ainsi le flou entre rêve et réalité. Par ailleurs, elle montre peu de détails dans les scènes érotiques en choisissant bien les angles de vue. Les illustrations en début de chapitre résument les évènements à venir, mais avec une touche très romantique. En fin de tome, un yonkoma se moque avec finesse des rêves prémonitoires.

En résumé

Yui Hisashi se fait draguer par un bel homme qui lui annonce qu’ils étaient destinés à s’aimer. Il le retrouve le lendemain et devra même être son responsable éditorial. En effet, l’écrivain Amamori Ken lui explique alors qu’il a toujours rêvé de leur rencontre. Pour le convaincre, il lui révèle même leur futur: ils s’embrasseront dans une semaine et coucheront ensemble dans un mois. Hétérosexuel, Yui est mal à l’aise face à cet homme plutôt intrusif et connaissant déjà ses goûts. Pourtant, il apprécie sa verve et ses récits de voyages. Il est même surpris de découvrir le sobre mode de vie de ce voyageur sans attaches, logeant dans un hôtel délabré. Mais il commence également à rêver d’Amamori. Alors quand l’écrivain vient le gêner pendant une sortie avec une fille, il s’énerve contre lui. Pourtant, en le voyant partir le lendemain, il ne peut s’empêcher de le retenir…

En conclusion

J’ai été surprise par la fin mais j’apprécie le développement de cette histoire. Ce one-shot est à la fois triste et beau, malgré un happy end. Le récit est touchant mais certains lecteurs auront peut-être du mal à accrocher à cause du brusque basculement dans l’univers fantastique. Pour ma part, c’est un coup de cœur.

Deadlock 2 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 2 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782351809846
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784199606373 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Sa gentillesse me touche plus que celle des autres. »

Aida Saki sensei met en avant les intrigues politiques qui se trament entre les gangs. Elle dénonce l’industrie carcérale avec la privatisation des prisons. Elle fait avancer l’enquête de Yûto en parallèle, maintenant le suspense. L’ancien policier s’attache de plus en plus à son compagnon de cellule et aimerait mieux le connaître. Toutefois, leur relation n’est pas stable. Lenix va également trouver un allié de poids avec Neto. Élevé dans une famille multiculturelle, il s’interroge sur sa place dans ce milieu qui se divise selon les ethnies. De même, il réalise sa rapide adaptation aux nouvelles règles carcérales. Par ailleurs, l’auteure montre l’influence de l’environnement carcéral et de l’isolation sur les psychologies, ainsi que les différentes réactions selon le caractère. Alors que Yûto perd patience et a tendance à réfléchir sur lui-même, Neto semble parfaitement maitriser ses états d’âme et Dick, résigné, voit l’isolement comme des vacances.

Takashina Yuh sensei a un trait épuré léché. Elle porte attention aux petits gestes, aux regards. Elle varie les angles de vue. Quelques trames d’ambiance viennent appuyer les émotions. En revanche, les fonds noirs et les trames sombres renforcent les moments dramatiques. De même, les décors rappellent constamment l’enfermement. La mise en page est donc dynamique et très esthétique. Les scènes d’action, rapides, se concentrent sur les mouvements clés. Par ailleurs, la mangaka ne détaille pas les scènes érotiques mais exprime clairement la violence des viols.

En résumé

Gayren, le chef des ABL, a tué son petit ami Lindsay Scott qui le trompait. Yûto Lenix ne comprend pas pourquoi Dick Banford et Nathan Clark l’empêchent de le dénoncer aux gardiens et préfèrent retourner en cellule. D’ailleurs, l’alarme sonne rapidement. Face à la colère de son compagnon de cellule, l’ancien policier se calme. Après 24h d’enquête, le pénitencier reprend son train-train, n’ayant pas trouvé de coupable. En effet, tous les détenus se sont tus, redoutant les représailles du gang. Alors que Hose cherchait Matthew Cain, Michael Ronini s’inquiète de la longue absence de son jeune protégé. Quand un détenu l’informe l’avoir vu avec Bernard, un pédophile sadique, il panique et fonce à sa recherche. Mais, il arrive trop tard et trouve le jeune homme gravement blessé. Fou de rage, Mickey décide de le venger malgré les risques.

En conclusion

Comparé au tome précédent, l’histoire devient plus dramatique. Takashina Yuh sensei arrive parfaitement à suggérer la violence sans entrer dans les détails, marquant tout de même les esprits à la lecture. Le suspense, constamment au rendez-vous, s’efface lors des petits échanges quotidiens. La fin du tome transforme l’attente de la suite en véritable torture.

Deadlock 1 – Aida Saki et Takashina Yuh

deadlock 1 aida saki takashina yuh
AIDA Saki 英田サキ
TAKASHINA Yuh 高階佑
ISBN: 9782351809808
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784199605284 (JP)
Tokuma shoten, (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Enquête dans le milieu carcéral.

Après avoir introduit une intrigue autour de Yûto, Aida Saki sensei ajoute une enquête parallèle avec la recherche d’un terroriste surnommé Corbus. Pour l’instant, elle présente principalement les personnages ainsi que les liens qui se forment. Bien que Dick se montre secret et distant, il s’ouvre petit à petit à Yûto. L’ancien policier, quant à lui, découvre le microcosme que représente la prison, avec les tensions ethniques exacerbées, les psychologies déviantes, la pression explosive. D’ailleurs, l’auteure dépeint avec un certain réalisme le milieu carcéral américain. Elle montre la corruption, le marché noir, le fonctionnement des gangs, la violence latente. Elle aborde également l’injustice générée par les règles internes qui se construisent au sein du pénitencier. Malgré des tensions avec les détenus, Yûto trouve également des amis. En fin de tome, un chapitre romancé donne une anecdote amusante sur Dick.

Takashina Yuh sensei a un trait épuré plutôt léché avec quelques pleins et déliés. Elle varie les styles, les morphologies, permettant d’identifier rapidement les personnages même de loin. En revanche, certains hommes ressemblent beaucoup plus à des gravures de mode qu’à des criminels. Les trames d’ambiance se font très discrètes pour ne pas trop casser l’ambiance réaliste. D’ailleurs, les décors sont présents, mais pas envahissants, dès que l’angle de vue s’élargit un peu. Pour l’instant, la mangaka suggère, avec subtilité, la violence sans montrer les détails. Et il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

Yûto Lenix (28 ans), ancien agent de la brigade des stups de New York, est transféré au pénitencier de Schelger. Bien qu’il clame son innocence, il a été condamné pour le meurtre de son collègue Paul Mc Lane. Dès son arrivée, il attire l’attention du chef des Black soldiers, Bob Trankler, alias BB, qui compte faire de lui sa femme. Il sympathise d’abord avec le jeune Matthew Cain, arrivé en même temps que lui. Ce dernier, malchanceux, se retrouve au bloc ouest A qui rassemble des criminels violents, à cause du manque de place dans la section des peines légères. Michael Ronini et son compagnon de cellule, Nathan Clarke, les emmènent alors au réfectoire. En effet, Mickey dirige une partie du marché noir et prend soin des nouveaux et potentiels futurs clients. Mais alors que BB agresse déjà Yûto, Dick Banford, le codétenu de Lenix, intervient.

En conclusion

L’adaptation du roman d’Aida Saki sensei en manga respecte bien le scénario. Le suspense côtoie constamment les moments du quotidien. J’apprécie cette adaptation du roman. Alors, même si je rate quelques tensions connaissant déjà la fin, j’aime voir l’interaction entre les personnages, leurs réactions, les petits gestes, les réflexions.

Blue lust 3 – Hinako

blue lust 3 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061411
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784866570556 (JP)
Frontier works, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Reconquérir son bien-aimé en se montrant sincère et patient.

Après un tome plutôt dramatique, Hinako sensei développe le long cheminement vers la réconciliation entre Hayato et Sôma. Elle met en avant la sincérité des sentiments, la nécessité des discussions et la force de l’honnêteté. La narration alterne entre Sôma, Noboru et Hayato, permettant de comprendre leurs interrogations intérieures. Les liens entre eux trois évoluent. Ainsi, Noboru devient un soutien. Hayato respecte les décisions de Sôma qui a décidé de fréquenter un homme homosexuel, qui le comprendrait mieux, mais se bat pour reconquérir sa confiance. Hitokawa l’incite également à réfléchir sur les difficultés rencontrées par les homosexuels dans l’intimité et dans la société. L’auteure met également en avant l’influence des amis, le partage. Elle dévoile les circonstances de l’isolement de Sôma et sa brusquerie quand il se sent acculé. En fin de tome, elle révèle ce que sont devenus les personnages un peu plus tard.

La mangaka a un trait fin léché avec une petite touche réaliste et classique. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. De même, elle dessine les personnages en SD quand ils sont gênés, ajoutant un côté mignon. La force des différents regards graphiquement expressifs permet de se passer des dialogues Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est dynamique grâce aux découpages, ellipses et emboitements. Hinako sensei censure légèrement les scènes érotiques par des points et des bandelettes blanches. Elle donne le ton du récit à travers les illustrations en début de chapitre ainsi que dans ses illustrations couleurs. Sous la jaquette, se trouvent encore des croquis ainsi que la postface.

En résumé

Katahira Sôma confie à Miyazawa Noboru ses doutes sur sa relation avec Iokawa Hayato. Le lycéen lui révèle alors qu’il est le meilleur ami d’Iokawa, qui a tenté de se suicider. Tout son amour s’était transformé en haine suite aux brimades des autres élèves et à l’inaction de son ami. En voulant sciemment blesser ce dernier, il a donc sauté devant lui. Sôma réalise alors que Hayato a complètement changé suite à ce traumatisme. Comprenant les sentiments profonds de Katahira, Noboru décide de discuter avec Hayato avant de l’encourager. En effet, l’amour de ce dernier lui paraît sincère et profond.

En conclusion

Ce tome n’a pas réussi à être classé dans les meilleures séries au Chill Chill BL award 2018, mais les lecteurs apprécient le suspense jusqu’à la fin. Les sentiments explosent dans ce final. L’auteure a pris soin de développer le chemin réflexif des personnages sur leurs sentiments et leur relation. Son style narratif permet de comprendre leurs évolutions. Le happy end est bienvenu après toute ces péripéties. J’adore le couple principal mais apprécie également les personnages secondaires. Je les trouve adorables sur la couverture au verso. De même, j’aime les respirations apportées par la présence de Mâ et Itô. Une excellente série que je ne peux que recommander.

Blue lust 2 – Hinako

blue lust 2 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061275
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784861348822 (JP)
Frontier works, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Affronter son passé pour faire face à son bien-aimé.

Hinako sensei approfondit sa thématique du traumatisme et d’un amour mélancolique en dévoilant le passé de ses protagonistes. Elle développe l’influence du passé sur les émotions. Noboru a donc du mal à contenir son ressentiment encore présent envers Hayato. Ce dernier, au contraire, arrive à éclaircir ses sentiments alors qu’il doutait de leur sincérité polluée par son envie de repentance, grâce à sa discussion avec son ancien ami. L’auteure aborde parallèlement la perte de confiance, le doute, la remise en question et la culpabilité. Elle décrit avec clarté les émotions de ses personnages, le malaise qui s’installe entre Sôma et Hayato ainsi que le désir de ne rien laisser paraître. Elle montre également les réactions parfois extrêmes dues à la tension psychique. Comme dans le premier tome, la narration est toujours concentrée sur Iokawa.

La mangaka a un trait fin et épuré, légèrement léché. Elle donne une touche réaliste en se focalisant sur les regards changeants. Néanmoins, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les rares passages humoristiques. Les trames d’ambiance plutôt graphiques illustrent les émotions. La mise en page est dynamique. Il n’y a pas de scènes érotiques, le récit se concentrant sur les sentiments des personnages. Hinako sensei dessine de magnifiques illustrations couleurs, simples mais dégageant une certaine douceur. Sous la jaquette, elle présente quelques croquis.

En résumé

Iokawa Hayato retrouve comme prévu Katahira Sôma à la sortie de la gare mais il est accompagné de son ami Miyazawa Noboru. Or, ce dernier était le meilleur ami de Hayato au collège jusqu’à ce que ce dernier déclare ses sentiments. Encore immature, il en avait parlé à toute la classe, entrainant des conséquences graves. Mal à l’aise de feindre les inconnus, Hayato s’éclipse durant la nuit, oppressé par les regrets. Mais Sôma remarquant son trouble le suit et l’embrasse pour le réconforter. Toutefois, Noboru les observe de loin. Le lendemain, alors que Katahira a attrapé froid, Iokawa raccompagne Miyazawa à la gare. Mais son ancien ami lui demande des explications…

En conclusion

L’auteure offre un tome fort en émotions où l’espoir s’effondre tandis que les héros deviennent honnêtes envers eux-mêmes. Pourtant, elle réussit à ne pas tomber dans le mélodrame, dosant avec justesse les moments dramatiques et plus positifs, partageant les réflexions de ses personnages. J’aime beaucoup le style de la mangaka qui arrive à décrire avec justesse les réactions de ces personnages. Je suis complètement happée par ce récit.

Blue lust 1 – Hinako

blue lust 1 hinako
Hinako ひなこ
ISBN: 9782375061206
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784861347931 (JP)
Frontier works, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Pourquoi répétons-nous sans cesse le passé? »

Hinako sensei offre une romance lycéenne assez réaliste entre deux garçons profondément traumatisés. Elle base la narration sur Hayato, qui semble parfois se confier au lecteur. Le lycéen fuit un passé douloureux qui influence sa gentillesse envers Sôma. Toutefois, il en a clairement conscience et rejette donc tout compliment. De même, il réfléchit beaucoup à ses actes et s’interroge constamment sur ses sentiments. Sôma se confie facilement envers son nouvel ami et tombe donc amoureux. Le soutien qu’il reçoit lui permet également d’avancer et de s’ouvrir à Itô et Mâ dans sa classe. L’auteure dépeint avec finesse les émotions de ses personnages, en particulier la peur de refaire les mêmes erreurs. Elle aborde les changements de comportements suite à un traumatisme, les difficultés à assumer son homosexualité au lycée, les brimades qui peuvent entraîner le suicide. Elle maintient également un certain suspense en révélant le passé par parcimonie.

La mangaka a un trait fin, épuré et léché qui possède une touche un peu réaliste. Elle dessine les personnages en SD dans les passages mignons. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont plutôt simples. Toutefois, la mise en page est dynamique. Pour les scènes érotiques, Hinako sensei se concentre sur les sensations de ses héros et reste donc plutôt pudique. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et ébauches.

En résumé

Alors qu’il sortait les poubelles, Iokawa Hayato aperçoit une silhouette sur le toit du lycée dangereusement penchée. De peur que cette personne saute, il fonce l’arrêter. Il trouve alors Katahira Sôma qui semble se sentir mal. Ce dernier, récemment transféré, lui rembourse plus tard la boisson qu’il lui avait prise. Hayato sympathise rapidement avec Sôma qu’il trouve réservé mais honnête. Alors dès qu’il le peut, il lui vient en aide ou discute. Mais en allant lui emprunter un dictionnaire, il remarque que son nouvel ami reste isolé en classe. Pourtant, Katahira s’ouvre peu à peu à lui. Iokawa lui propose alors de faire une sortie ensemble. Il découvre donc que Sôma vit seul. En s’endormant dans son confortable pouf, de douloureux souvenirs du collège remontent à la surface. Quand il se réveille, il surprend Sôma prêt à l’embrasser et, apeuré, ce dernier l’agresse…

En conclusion

L’auteure arrive à m’émouvoir avec cet amour mélancolique qui se développe en léchant les blessures de chacun. Les deux héros sont attendrissants et j’ai envie de les encourager. En plus, le dessin est magnifique. Les regards sont tellement expressifs que l’on devine les pensées des personnages. Le tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.