Akamatsu et Seven 2 – Shoowa et Okujima Hiromasa

akamatsu et seven 2 shoowa okujima hiromasa
SHOOWA
OKUJIMA Hiromasa 奥嶋ひろまさ
ISBN: 9782368777565
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784253155366 (JP)
Akita publishing, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Comment gérer la crise provoquée par un baiser entre colocataires?

Alors que le premier tome présentait un peu Akamatsu, Shoowa sensei s’intéresse maintenant à Seven. Toutefois, elle ne dévoile pas directement son passé et préfère laisser deviner l’enfance sombre du jeune homme à travers les actions d’Eight. Pour cela, elle sème divers indices, entre trafics de drogue ou d’animaux exotiques, prostitution de mineurs. Le lecteur comprend également avec subtilité que Seven est recherché. Par ailleurs, la relation entre les deux héros évolue. Ils s’interrogent, réfléchissent à leurs sentiments et communiquent à ce sujet. Ainsi, l’auteure construit une relation saine et réaliste. Elle ajoute des touches d’humour avec les réactions amusantes ou incongrues des deux garçons.

Le trait ferme d’Okujima Hiromasa sensei conserve une touche réaliste. Les fines musculatures sont saillantes et détaillées, même dans les bras ou les jambes. Le graphisme garde un style un peu shônen, très agréable. Les décors sont présents et soignés. Même si la mise en page est plutôt classique, les jeux d’angles de vue, les cadrages et les ellipses rythment la lecture. Cette dynamique se remarque également dans la décomposition des mouvements clés, en particulier durant les bagarres. Le mangaka censure les scènes érotiques en cachant les organes sexuels par un halo blanc. Mais cela reste tout de même explicite. Les illustrations en début de chapitre présentent le quotidien du couple tout en suggérant l’ambiance du chapitre.

En résumé

Depuis que Kanzaki Seven a embrassé Akamatsu Aisuke, une certaine gêne s’est installée entre eux. Perdu dans ses réflexions, le lycéen a tendance à se donner à fond dans ses activités ou au contraire à rêvasser. A son grand soulagement, il peut éviter de croiser Seven depuis que ce dernier a pris un travail de nuit à la boulangerie. Un soir, invité par des amis, Akamatsu sympathise avec Eight, un jeune homme qui travaille dans une animalerie et qui lui avait offert à boire quand il était embêté devant un konbini. Kanzaki pense aussi de plus en plus à Aisuke, qui lui manque. Alors qu’il avait demandé à ce dernier de le réveiller quand il était trop fatigué, les deux garçons arrivent enfin à discuter et faire le point sur leurs émotions. En partant travailler, Seven ne peut alors s’empêcher d’embrasser son colocataire.

En conclusion

Toujours aussi passionnant de suivre les aventures de ces deux yankees. Je trouve le couple touchant et naturel. Leur amour conserve une touche innocente et douce malgré l’environnement glauque dans lequel a vécu Seven. La personnalité d’Eight semble vraiment complexe. A lire absolument!

Black or white 4 – Sachimo

black or white 4 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782368777589
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784041094792 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Shige perd ses repères tandis que Shin s’ouvre de plus en plus.

Sachimo sensei recentre son récit sur le couple. Elle présente de nouvelles facettes des deux héros. Elle dénonce en parallèle l’influence des critiques du public qui juge sévèrement l’acteur. Ainsi, Shige sombre dans la frustration et le désarroi. En effet, sa jalousie exacerbe sa possessivité et une certaine violence. En plus de perdre confiance en lui, il devient presque paranoïaque en voyant des rivaux partout. De même, il perd sa motivation principale en réalisant que Shin a d’autres protecteurs. Heureusement, divers soutiens discrets tentent de l’orienter. Comparé au tome précédent, l’humour se fait plus discret, plutôt porté par Hanasaki. L’auteure dévoile encore quelques brides du passé des deux amants. Elle aborde les difficultés à se plonger dans un nouveau rôle et l’impact que cela peut avoir sur la personnalité. Ainsi, les deux acteurs sont amenés à sortir de leur zone de confort en interprétant des rôles contraires à leur habitude.

La mangaka a un trait épuré assez classique. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et n’hésite pas à transformer les personnages en semi super deformed. Les visages très ovales s’arrondissent alors, donnant un côté trop mignon. Les trames d’ambiance appuient parfaitement les émotions et alternent avec les décors. De même, les flash-back sont facilement repérables avec leur fond noir. La mise en page oscille entre classique et dynamique. Sachimo sensei censure les scènes érotiques avec des caches blancs recouvrant les parties génitales. Les onomatopées viennent même les recouvrir.

En résumé

Suite à la mauvaise audience du dernier drama dans lequel il a joué, Ôsawa Shige voit sa popularité chuter. Le président de son agence, Asakusa, le réprimande sur sa mauvaise performance mais cherche d’autres moyens pour exploiter son beau physique autant que possible, sans tenir compte de ses compétences. Mais pour la prochaine série, l’acteur joue avec Tatara Kengo. Ce dernier, remarquant sa perte de motivation et de confiance, le menace de révéler sa relation avec Washimiya Shin. Quand SHige rentre à la maison, il trouve son petit ami dans les bras de Hanasaki Tôri. Fou de rage, il décide alors de le punir dès le départ de l’idole…

En conclusion

Malgré son comportement, Shige devient touchant. Il semble considérer son amour pour son petit-ami comme un sacrifice. Par conséquent, il n’arrive plus à ressentir l’affection que lui porte son bien-aimé, aveuglé par sa piètre opinion de lui-même. J’ai l’impression qu’à force de jouer un rôle même dans la vie courante, il se trouve complètement perdu. Pourtant, il semble cacher un réel potentiel pour la suite. Tout comme Shin, j’ai envie de le soutenir et l’encourager. L’auteure arrive à provoquer beaucoup d’empathie pour ses personnages. Un réel bonheur à suivre leurs aventures!

Hitorijime my hero 2 – Arii Memeco

hitorijime my hero 2 arii memeco
ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382760109
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784758072618 (JP)
Ichijinsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Difficile de passer du statut de héros à celui de petit ami.

Arii Memeco sensei continue à développer la tumultueuse histoire d’amour entre Setagawa et son héroïque professeur. Comparé au premier tome, elle se recentre sur le couple. Elle aborde encore la différence d’âge, remettant en question leur relation. Même si Kôsuke semble insouciant, il a tout à fait conscience que sa liaison pose problème pour son métier. Il est d’ailleurs tiraillé par ses sentiments, entre la joie de voir Masahiro s’ouvrir enfin aux autres et la jalousie provoquée par sa possessivité. L’auteure met en avant la surcharge de travail des jeunes professeurs qui cumulent les remplacements. Elle montre d’autres facettes des deux héros. Ainsi, Setagawa semble développer une certaine dépendance envers son petit-ami. De même, Ôshiba culpabilise de voler la jeunesse du lycéen. L’humour tourne principalement autour des quiproquos, des taquineries de Kôsuke ainsi que des interactions avec le groupe d’amis autour de Kensuke.

La mangaka a un trait épuré plutôt classique de style shôjo. En revanche, elle le simplifie à l’extrême et le déforme dans les passages humoristiques: par exemple, les visages se liquéfient littéralement avec la gêne. Elle utilise également beaucoup de trames graphiques. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames. Le fond noir permet d’immédiatement identifier les flash-back. La mise en page dynamique est très efficace pour les gags. Arii sensei censure les scènes érotiques en se contentant d’y faire allusion ou en les suggérant. Elle dessine tout de même quelques préliminaires mais les cadrages leur procurent beaucoup de pudeur. Sous la jaquette, elle donne des dessins amusants.

En résumé

Ôshiba Kôsuke aime câliner Setagawa Masahiro mais le lycéen est beaucoup trop gêné quand il y a du monde comme à l’école ou chez les Ôshiba. Après avoir repoussé le professeur, il se lamente auprès de Hasekura qui n’a vraiment pas envie de l’écouter. Alors il le soudoie avec des coupons de ramen gratuites. Le soir, Kôsuke semble encore énervé d’autant plus qu’il doit également corriger les copies d’un collègue malade. Prétextant une sortie pour faire des courses, il emmène avec lui Masahiro mais se rend dans un love hotel. En réalité, il veut juste se réconforter de sa fatigue dans les bras de son bien-aimé. Mais il semblerait que ce soit encore trop gênant pour le lycéen…

En conclusion

L’auteure arrive à mélanger légèreté et questionnement. Elle prend donc un peu plus de temps pour développer son histoire mais la lecture reste vraiment agréable. J’adore le contraste entre l’apparence innocente de Masahiro et son côté pourtant entreprenant. Sa maladresse en amour est adorable. Je ne peux que souhaiter son bonheur!

10 dance 5 – Inoue Satoh

10 dance 5 inoue satoh
INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777572
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784065167311 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Suzuki arrivera-t-il à devenir le dieu de la danse comme l’espère Sugiki?

Inoue Satoh sensei présente le système des compétitions en nous plongeant directement dans un concours de danse. Elle s’intéresse d’abord à l’organisation, l’ambiance, aux sensations des compétiteurs et des juges. Par ailleurs, elle enchaîne les explications avec fluidité au fil des réflexions des personnages, sans interruption. Les danseurs rivalisent pour capter l’attention du public. Ainsi galvanisés entre défis et performances, ils se provoquent entre eux, incitant à se surpasser ou au contraire cassant le rythme. Le retour aux bases de Shinya permet de mettre en avant la différence d’appréciation entre public et jury. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue de développer la relation entre les deux héros. Elle décrit avec finesse la difficulté à gérer leurs émotions. En effet, Sugiki se perd dans l’intensité de ses sentiments entre possessivité, dominance, attirance sexuelle, tandis que Suzuki préfère fuir l’évidence.

La mangaka a toujours un trait fin et réaliste. Néanmoins, elle exagère les expression en les simplifiant, augmentant l’impact humoristique. Elle travaille encore la sensualité des mouvements de danse latine. Les costumes et les décors sont soignés et variés. Par ailleurs, la mise en page très dynamique utilise la largeur des cases ou des pages pour exprimer l’ampleur des mouvements. Inoue sensei préfère transcrire la tension entre les personnages dans le seul passage érotique du tome, ne dessinant pas les organes génitaux. Elle donne des explications sur la création à la fin du tome. Sous la couverture, elle présente deux planches encore en croquis supprimées du chapitre 26. La jaquette ouverte reprend l’illustration du frontispice.

En résumé

C’est l’effervescence avant le grand prix du Japon. Le public attend beaucoup des têtes d’affiche de l’Open d’Asie, les champions du monde Alberto et Dolorès Bemer ainsi que les seconds, le couple formé par Gabriel Wilkins et Chloe Lindley. Depuis l’interview de Suzuki Shinya, le journaliste Mukai espère le voir battre les meilleurs. Mais son collègue Urashima essaie de lui faire comprendre qu’il sera malheureusement toujours troisième, d’autant plus qu’il fait partie des têtes de série. Même le directeur de la compétition, Matsunaga, incite le danseur à seulement défendre sa place. Pourtant, Sugiki Shinya a hâte de voir le féroce et terrible dieu de la danse qu’est devenu son ami. Contre toute attente, alors que son père fait parti du comité exécutif de la compétition, Suzuki décide de trahir ses attentes en participant aux premières séries de qualification avec Tajima Aki.

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2020. L’image dans laquelle Suzuki offre son cœur au public est à la fois magnifique et terrifiante. En plus, la fin du tome est riche en émotions et en rebondissements, faisant tomber d’un seul coup toute la tension accumulée durant la lecture. J’aime beaucoup l’image de l’amour donnée par les deux héros. En effet, leur admiration mutuelle les invite à surpasser l’autre mais le sentiment amoureux, bien que motivant, symbolise également une défaite car cela implique de céder à l’autre. Je trouve la réaction des deux partenaires très réaliste et logique. Laissez donc palpiter votre cœur en admirant Al, Gabe et Shinya danser!

Coyote 3 – Zariya Ranmaru

coyote 3 zariya ranmaru
ZARIYA Ranmaru 座裏屋蘭丸
ISBN: 9782368777626
Boy’s love IDP, 2021
ISBN: 9784866573120 (JP)
Frontier works, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Par amour, choisir la mort ou l’emprisonnement.

Comparé au tome précédent, Zariya Ranmaru sensei s’attarde sur les deux amoureux qui mettent enfin à plat leurs sentiments. Elle donne une image positive des loups-garous qui semblent plus ouverts que les humains. D’ailleurs, elle fait beaucoup évoluer Marlène. Prêt à tout par amour, l’humain s’intéresse à la vie de ses geôliers et prend conscience qu’il pourrait intervenir pour faire cesser ce conflit. L’auteure présente un peu son passé et sa vision. Elle met en avant certains loups-garous comme Kiefer, Nolan, Gino. Elle aborde les difficultés d’une négociation, les stratégies, la méfiance mais également la différence de point de vue entre les générations. Ainsi, les jeunes loups-garous aspirent à la paix mais les anciens sont trop aigris pour abandonner leur esprit de vengeance. L’amour entre Joshua et Coyote se renforce malgré les obstacles qui s’accumulent.

La mangaka a un trait épuré plutôt réaliste. Elle dessine de magnifiques corps détaillés, avec des muscles ou des os saillants. De même, elle équilibre parfaitement les proportions des loups-garous plus grands. L’expression des regards suffit à la compréhension, offrant beaucoup de pages silencieuses. Les trames sont variées, avec des dégradés. D’ailleurs, la mise en page est dynamique. Zariya sensei censure légèrement les scènes érotiques en occultant les traits des organes génitaux.

En résumé

Joshua Garland s’introduit dans le repaire des loups-garous à la recherche de Lili. Mais il est rapidement intercepté par la garde de Nolan qui l’emmène auprès de Kiefer. Mimi étant venu chercher Coyote qui travaillait encore, les deux jeunes loups-garous reconnaissent immédiatement Marlène devant le bâtiment. L’humain discute franchement avec Kiefer, expliquant qu’il souhaite seulement parler à Lili et rester auprès de ce dernier pendant ses chaleurs. Le chef des loups-garous lui laisse alors deux options: la prison à vie ou la mort. D’abord, il ordonne de l’enfermer dans la chambre d’amis sans réaliser son souhait puis demande à ses congénères de ne pas ébruiter sa présence. Toutefois, durant le transfert, Joshua croise le regard de Coyote. Le savoir présent ici suffit déjà à son bonheur.

En conclusion

J’adore Coyote qui a un caractère fort et ne cède pas si facilement à ses pulsions. Ses sentiments semblent palpables et pourtant il conserve la tête froide. J’aime également Nolan qui dégage énormément de douceur malgré sa carrure. Impossible de ne pas fondre devant cette romance dramatique! L’auteure a un graphisme tellement beau et dégageant beaucoup de sensualité. Elle arrive à me tenir en haleine alors que Marlène est enfermé durant la majorité du tome.
Mise à jour: Ce tome a obtenu la huitième place des meilleures séries au Chill Chill BL award 2021. Joshua Garland est classé troisième meilleur seme et Coyote sixième meilleur uke.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 2 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 2 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375062395
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784403664830 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je me reflète dans tes yeux. Mais c’est comme si tu ne me voyais pas. »

Shimizu Yuki sensei continue de présenter ses personnages ainsi que leur passé. Elle introduit Tsujimoto Yômei et Sano Hizuru, des yakuzas qui se sont mis au vert. Elle dévoile un peu leur passé très glauque et met en avant leur relation étrange de maître et chien. En effet, Yômei a reçu une éducation particulière et possède donc une vision tronquée des relations humaines. Hizuru, quant à lui, nourrit un amour à sens unique et semble très dépendant du clan. L’auteure présente la vie quotidienne du village, entre entraide et partage de savoir-faire avec les anciens. Elle s’intéresse un peu plus à la rencontre entre Sawato et Daiki. Elle donne une image peu reluisante de Kanze avant son accident. Par ailleurs, Sawato manquait de confiance, supportant mal la comparaison avec sa grand-mère qui était cheffe du village. En revanche, la relation entre Itokawa et Hitomi se concrétise doucement mais sûrement.

Le trait épuré, fin et anguleux de la mangaka permet de varier la forme des visages et des yeux, rendant les personnages facilement reconnaissables. L’équilibre des trames donne du volume au dessin. En plus, les trames d’ambiance se font discrètes. Par ailleurs, les décors soignés sont plutôt présents. La mise en page dynamique rythme parfaitement la lecture. Shimizu sensei censure à peine les scènes érotiques, jouant sur les cadrages et les trames. Elle évite ainsi de montrer trop de détails. Les profils des personnages en fin de tome permettent de se familiariser un peu plus rapidement avec ces derniers. La couverture, magnifique, fait suite à celle du premier tome. D’ailleurs, les caractères japonais dorés et les teintes légères rehaussent la douceur de l’image en lui donnant une touche classique.

En résumé

La veille de la saison des pluies, Kanze Daiki demande à Itokawa Kazuto de l’aider à rentrer ses poteries dans l’atelier avant une grosse averse. Mais le nouveau ne s’attarde pas, gêné, lorsqu’il découvre que le potier est déjà au courant de sa relation avec Masataka Hitomi. Sur le chemin du retour, il croise Sano Hizuru, un de ses clients, au stand de légumes vide. Apeuré par une chenille dans son sac de choux, il panique mais Hizuru tombe dans une rizière en le rattrapant. Le soir, Ito demande des explications à son petit ami avant de fondre sous ses caresses. Malgré la pluie, Daiki va réclamer son baiser quotidien auprès de Kuroi Sawato, se demandant pourquoi il préfère son ancienne personnalité…

En conclusion

Attention, malgré la douceur des couvertures, le passé des personnages est plutôt sombre, surtout celui de Yômei et Hizuru. Certains passages peuvent être difficiles pour certains lecteurs. Mais comme à son habitude, l’auteure arrive à nous charmer avec ses protagonistes attachants, leur force, leurs caractères et l’évolution de leurs sentiments. Maintenant que le contexte est posé, il ne reste plus qu’à découvrir leur histoire. J’adore beaucoup la patience de Daiki envers Ito pour l’initier.

Mother’s spirit 2 – Enzo

mother s spirit 2 enzo
Enzo エンゾウ
ISBN: 9782375062081
Taifu comics, 2021
ISBN: 9784199607998 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’union de deux cultures différentes.

Enzo sensei reprend sa comédie romantique interculturelle en nous faisant découvrir la vie des Lutahs. Elle apporte une touche humoristique plus discrète avec les enfants et en jouant sur les décalages de compréhension. Ainsi, elle rappelle toujours que Qaltaqa est encore en apprentissage de la langue japonaise. A son tour, Ryôichirô fournit des efforts pour s’intégrer et découvrir la culture de son amant. Le couple est aidé par leur entourage. L’auteure met en avant la communication très présente au sein d’un couple mixte, l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre et accepter son partenaire tel qu’il est. Elle aborde également le rejet par certains d’une relation avec un étranger, d’autant plus homosexuelle, ainsi que les inconvénients extérieurs que peut rencontrer un couple mixte. Deux histoires bonus permettent de découvrir la vision de l’amour de Qaltaqa grâce à un souvenir et le premier contact du couple avec la famille Tsuzuki.

Depuis le tome 1, sorti en 2017 en France, la mangaka a légèrement adouci son trait épuré. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les contours sont épais. De même, on reconnaît toujours son style grâce au travail particulier des yeux cernés de noir. Par ailleurs, Enzo sensei met en avant la belle musculature des Lutahs. Elle varie également les trames pour leur peau mate. Elle soigne aussi les décors, rendant l’ambiance tropicale de l’île. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture, offrant des pauses contemplatives avec les paysages et la plastique des personnages. En revanche, les scènes érotiques sont censurées par des points blancs. Sous la jaquette, se trouvent la postface en images et une planche donnant une anecdote amusante.

En résumé

L’enseignant Tsuzuki Ryôichirô et l’étudiant étranger Qaltaqa filent le parfait amour. De même, le frère du guerrier Lutah, Aknam, vient maintenant régulièrement au Japon pour découvrir les spécificités culinaires régionales, accompagné du directeur de l’université Kôjô. Pour les vacances d’été, Ryô propose alors d’aller dans le village natal de son petit ami. Accueilli chaleureusement, le Japonais s’intègre facilement dans la tribu mais les plus anciens n’apprécient pas sa relation avec le potentiel chef du village…

En conclusion

Même si ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs séries au scénario captivant. Je l’ai lu d’une traite! Du bonheur, de la douceur et un thème rarement abordé. En plus, le couple est tellement attendrissant. Et j’adore la conclusion. N’hésitez pas à lire cette comédie romantique positive.

Same difference !!! 4 L’insupportable beau gosse – Hiiragi Nozomu

same difference 4 l insupportable beau gosse hiiragi nozomu
HIIRAGI Nozomu 柊のぞむ
ISBN: 9782368772621
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784796407229 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Le secret de notre couple de seme risque d’être éventé.

Comparé au tome précédent, l’humour devient plus subtil. Par ailleurs, Hiiragi Nozomu sensei donne plus d’ampleur à la romance. Elle aborde le thème du harcèlement moral en introduisant Shiba, du service des affaires générales. En effet, notre couple a tendance à batifoler au bureau et devient la cible privilégiée de cet employé mesquin qui semble détester les beaux gosses et les homosexuels. L’auteure montre donc les différents points de vue et les réactions des collègues tout en les traitant avec humour. Elle continue à nous amuser avec les fantasmes d’Ozaki. Elle s’intéresse également aux exigences de certains clients, entraînant parfois des situations complexes et du surmenage. Par exemple, Tsuburaya, secrétaire à la base, se retrouve à cumuler d’autres fonctions pour satisfaire une cliente capricieuse. En traversant différentes épreuves, le couple réalise la profondeur de leurs sentiments, pour notre plus grand plaisir.

La mangaka simplifie beaucoup ses traits dans les passages humoristiques. Elle maîtrise les pages silencieuses pour transcrire l’ennui d’Ozaki. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur les regards pour renforcer les expressions des visages. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page dynamique utilise quelques ellipses, sorties de cadres et emboitements de vignettes. Les scènes érotiques ne sont pas censurées mais elles évitent de montrer trop de détails grâce aux angles de vue et les cadrages. D’ailleurs, Hiiragi sensei privilégie les moments tendres entre ses deux héros.

En résumé

Sayo, une employée du bureau d’Ozaki, va se marier. Alors que le tombeur proteste, n’ayant aucun succès auprès de la gente féminine de son service, les femmes lui font remarquer que l’intérêt d’un homme se perd une fois marié. Le salaryman s’en plaint donc à son petit ami. Ils sont interrompus par le directeur Maruyama qui propose alors une rencontre arrangée avec sa fille à Tsuburaya Kazuomi. Devant l’indifférence d’Ozaki, ce dernier accepte. Après l’avoir encouragé, l’autoproclamé super beau gosse embrasse fougueusement le sadique prince charmant. Mais le jour du rendez-vous, il tourne en rond chez lui. Alors quand Tsuburaya lui rend visite, le soir, en lui annonçant qu’il n’a pu se concentrer sur sa rencontre à cause de leur baiser, il finit par s’écrouler d’épuisement dans ses bras.

En conclusion

Dans sa postface, l’auteure annonce que sa série a eu droit à une adaptation en film live en 2014. Je n’ai malheureusement pas pu le voir. En revanche, l’évolution de la relation entre les personnages est vraiment agréable à suivre. Je les trouve trop chou!

How to keep me, and how to scold – Kasai Chiaki

how to keep me and how to scold kasai chiaki
KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782368775301
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784796408509 (JP)
Kaiohsha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je voudrais que tu me fasses l’amour! »

Kasai Chiaki sensei propose une comédie romantique et sexy jouant sur les malentendus et les confrontations pour la place d’uke. En effet, le sérieux et direct Hachimaki rêve de découvrir le plaisir anal mais le romantique et inexpérimenté Sayama se considère également comme passif. Les deux garçons vont apprendre à se découvrir et développer leurs sentiments au gré des discussions et des expériences. Toutefois, bien qu’ils soient rarement sur la même longueur d’ondes, ils s’ouvrent à différentes possibilités. L’auteure s’amuse à jouer sur la méprise du terme neko et chat. Elle donne un petit côté benêt à ses héros qui les rend attachants. Ainsi, Ten se laisse pour ainsi dire apprivoiser par le tactile et attentionné Waka. La narration donne principalement la version de Sayama mais alterne au chapitre 5 sur Hachimaki. Et le chapitre bonus montre les petits jeux érotiques entre eux.

La mangaka a un trait fin très épuré et anguleux. Néanmoins, ses contours conservent parfois un aspect croqué. Elle n’hésite pas à représenter Ten en chat, accentuant les passages comiques. Les trames d’ambiance et les décors sont très présents. Par contre, les pages semblent claires car les autres trames sont utilisées avec parcimonie. La mise en page est également très dynamique. Kasai sensei ne censure pas les scènes érotiques, mais les effets de lumière peuvent cacher quelques détails. Les illustrations en début de chapitre présentent le couple durant leurs câlins.

En résumé

Un jour, Hachimaki Waka, un étudiant hétérosexuel sérieux ayant du succès auprès des filles, aborde Sayama Ten, un étudiant banal réputé homosexuel. Dans l’amphithéâtre devant tout le monde, il lui demande directement de lui faire l’amour. Vexé, Sayama refuse: premièrement, parce qu’il ne couche pas avec le premier venu et deuxièmement, parce qu’il ne peut réaliser son souhait étant un neko. D’ailleurs, il ne rêve que du grand amour, ce qui lui apporte souvent les moqueries de son ami Konagei et du patron du café Chin Chin. Mais le lendemain, Hachimaki s’excuse et lui offre des friandises au poisson en lui caressant la tête. Et il continue chaque jour à le gâter ainsi de diverses gourmandises au poisson. Quand Ten trouve accroché à sa porte du sake à l’herbe à chat, il fonce l’interroger. Se pourrait-il que Waka le prenne vraiment pour un chat?

En conclusion

Ce manga a obtenu la 21ème place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2017. Même si il y a beaucoup de scènes érotiques, leurs ébats se font dans le consentement et le partage. Les deux héros étant à l’université, leur relation a un ton adulte. Je m’amuse à voir leur curiosité envers certaines expériences. Par contre, l’humour prime sur la romance. J’espère pouvoir lire un jour le tome 2 en français ainsi que le spin-off avec Koganei.

Ginza neon paradise – Unohana

ginza neon paradise unohana
Unohana ウノハナ
ISBN: 9782375061114
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784537133578 (JP)
Nihonbungeisha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Trois longues années d’attente à espérer le retour d’un ami.

Unohana sensei offre un mélodrame situé dans les années 1930-1940 avec un couple bancal non établi. Elle donne une vision de la guerre à travers les yeux d’Aoi et de Gunji par des flash-back et leurs souvenirs. La psychologie des différents personnages est assez travaillée. Le couple partage un amour inavoué perdu entre fierté et peur, et développe pourtant une relation consentie. Même si l’auteure aborde peu le versant de la guerre et ses conséquences, elle s’attarde sur les sentiments des personnages et pose un regard observateur sur ce qui les entoure. Pourtant, un message fort semble se dégager de l’ensemble. De même, elle donne un ton poétique à certains passages, en particulier en décrivant Ginza. L’apparition d’un rival amoureux, le lieutenant Walters, va permettre à la relation de s’affirmer.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Les personnages ont des visages ovales assez longs, des yeux étirés, des muscles fins. L’exagération ou la simplification des traits renforcent les expressions du visage et donnent même parfois un effet comique. Les trames d’ambiance participent également à la compréhension rapide des émotions. En outre, les décors sont détaillés. En effet, Unohana sensei précise, dans sa postface sous la jaquette, qu’elle a cherché à respecter au mieux les éléments historiques, même si cela était difficile. Elle y ajoute également des anecdotes sur la création du manga. La mise en page est dynamique, avec des angles de vue variés. Les scènes érotiques évitent de montrer trop de détails, jouant sur l’absence de quelques lignes ou la simplification des formes. Mais cela ne se remarque pas car cela colle parfaitement avec le graphisme général.

En résumé

Tokyo, quartier de Ginza, 1948. Dans un cabaret réservé aux forces d’occupation, Kenmoku Aoi traduit pour les militaires les paroles d’une chanson triste. Emu, il replonge dans ses souvenirs, attendant depuis trois ans le retour de son ami d’enfance mobilisé peu de temps avant la fin de la guerre. Ce dernier avait beau être un vaurien, il a toujours défendu Aoi, qui aimait l’anglais malgré cette période trouble. Arrive dans le cabaret Gunji Takahiko, accompagné d’une belle femme, Sayuri. Alors qu’il crée des tensions dans le bar, Aoi laisse éclater sa colère, qui domine sa joie. Le lendemain, après avoir discuté avec Hatsuko, la sœur de Takahiko qui a également reçu sa visite impromptue, il croise à nouveau son ami devant chez lui. Entre colère et joie, Aoi finit par pleurer dans ses bras. Mais pourquoi Gunji n’a-t-il donné aucune nouvelle alors qu’il était vivant?

En conclusion

Ce one-shot est émouvant. Il est difficile de ne pas s’attacher aux personnages, malgré le côté volage de Gunji. En plus, l’auteure donne envie de visiter Ginza!