Je veux enlever mon uniforme – Hataoka

je veux enlever mon uniforme hataoka

Hataoka 端丘
ISBN: 9782382762448
Hana, 2023
ISBN: 9784861239557 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Deux cœurs si différents mais inévitablement liés l’un à l’autre. »

Hataoka sensei narre une romance classique entre deux lycéens aux caractères opposés. Toutefois, elle se démarque en inversant leurs comportements face à la découverte de l’amour. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions. Prisonnier de sa bonne réputation, Yae va surpasser ses craintes, poussé par ses sentiments de plus en plus forts. Au contraire, le fier et franc Yui qui ne tenait pas compte du regard des autres va prendre du temps pour accepter ses sentiments et les déclarer. Les deux lycéens se lient d’amitié tout en respectant la personnalité même fuyante ou asociale de l’autre. Ainsi, l’auteure aborde le poids de l’apparence sociale, la peur du jugement des autres sur l’homosexualité. Elle développe une relation consentie qui se construit malgré les hésitations.

La mangaka a un trait épuré presque minimaliste. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant encore plus son trait. Elle a un style plutôt shôjo, usant des hachures envahissantes pour les rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hataoka sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle offre différentes expressions trop choupinou de Yui et Yae en SD.

En résumé

Le populaire Yae Akira efface en vérité sa vraie personnalité pour rester toujours bien vu par ses camarades. Pourtant, il trouve parfois que leurs moqueries envers le sérieux Yui Eishi vont trop loin mais il n’ose pas protester de peur de perdre sa réputation. S’étant blessé au club de football, il en profite pour sécher les cours et va voir un film au cinéma. Il se retrouve par hasard à côté de Yui qui sèche également ses cours. Subjugué par la franchise de ce dernier et son éclatant sourire, il sympathise rapidement avec lui, appréciant de découvrir d’autres de ses facettes quand Eishi partage sa passion pour la robotique. Pourtant, Yae n’arrive toujours pas à se montrer amical avec son nouvel ami devant les autres. Mais surtout, il le trouve de plus en plus mignon…

En conclusion

Hataoka sensei ajoute une note originale et agréablement surprenante au schéma narratif classique de la romance lycéenne avec des caractères opposés. En plus, elle maîtrise plutôt bien l’enchainement des évènements pour un one-shot, évitant de se disperser. Son graphisme au trait très épuré dégage pourtant douceur et sensualité. J’ai eu un petit coup de cœur pour ce titre au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire. J’ai passé un excellent moment de lecture à la fois sexy et émouvant.

My beautiful boy 1 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 1 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762332
Hana, 2023
ISBN: 9784199609107 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Sa silhouette ressemblait à celle d’un roi. »

Nagira Yuu sensei adapte son roman sorti en 2014. Elle narre une romance entre le plus beau garçon du lycée avec celui considéré comme le plus misérable, construisant une relation ambiguë. Elle base la narration du point de vue de Hira, partageant ainsi ses pensées sombres et son admiration presque obsessionnelle pour Kiyoi. En effet, le lycéen accepte son statut d’esclave par amour, comprenant rapidement ses sentiments. Sô semble difficile à cerner à cause de son indifférence. Pourtant, il agit toujours discrètement pour limiter le harcèlement des plus faibles, sans pour autant s’y opposer. Ainsi l’auteure aborde le harcèlement, la hiérarchie qui s’installe dans les milieux scolaires selon des critères subjectifs, l’importance donnée à la réputation influençant des relations superficielles et intéressées. Pour l’instant, elle installe les personnages et le contexte. Elle pose le lecteur comme observateur, accompagnant Hira.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, bien que cela soit discret. Elle dessine des visages ovales et des corps longilignes. Les décors sont très présents. Par ailleurs, les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique s’attarde sur les petits détails et reprend principalement les techniques des shôjo. Par contre, la mangaka censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle donne le ton du récit à travers les premières pages couleurs.

En résumé

A cause de son bégaiement dû à sa grande sensibilité, Hira Kazunari a toujours rencontré des problèmes d’intégration durant sa scolarité et a pris l’habitude de rester solitaire. Fatigué des moqueries, il nourrit parfois des pensées suicidaires. Mais lors de la rentrée en deuxième année de lycée, il est ébloui par le beau Kiyoi Sô, aussi solitaire que lui, mais détaché de ce qui l’entoure. Ratant sa présentation en classe, il devient rapidement le larbin du groupe de Shirota qui a pris l’habitude de le surnommer Hii. Mais Hira supporte facilement sa position, pouvant ainsi côtoyer Kiyoi. Alors quand ce dernier lui donne son numéro de téléphone pour qu’il fasse la queue à leurs places au karaoke, il s’exécute avec joie…

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Le roman à succès a également bénéficié d’une adaptation en drama, disponible sur Viki. Nagira Yuu sensei construit des ambiances très particulières avec une certaine sensibilité, arrivant à nous passionner avec une relation presque maître / esclave. Cette sensation se retrouve à la lecture du manga, sublimé par la beauté du dessin de Kitano Megumi sensei, qui arrive à ajouter sa touche personnelle tout en respectant le style de l’illustratrice du roman, Kasai Rikako sensei. Je suis heureuse de redécouvrir ce titre sous un nouveau format.

Fleur bleue, et alors? – Fuyushima Shigure

fleur bleue et alors fuyushima shigure

FUYUSHIMA Shigure 冬縞しぐれ
ISBN: 9782382762424
Hana, 2023
ISBN: 9784396785512 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je veux qu’on me fasse tendrement l’amour pour ma première fois. »

Fuyushima Shigure sensei narre une comédie romantique ayant pour thème la première expérience sexuelle. Elle aborde également la prostitution, la « pureté » du sentiment amoureux, la différence entre fantasmes et réalité. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Hajime assume clairement son côté romantique mais distingue relation amoureuse de celle tarifée. Bien que Ryôta ait de l’expérience sexuelle, il découvre avec son client une autre façon de donner du plaisir et donc d’aimer. Des sentiments réciproques naissent au fur et à mesure des expérimentations du couple. L’auteure s’amuse du contraste entre physique et caractère, ses deux héros ayant un côté fleur bleue. Elle met en avant la communication au sein du couple et surtout pendant les ébats. D’ailleurs, elle fait évoluer rapidement Ryôta qui se montre de plus en plus attentionné. L’hôte n°1 Yûki semble couver un peu la jeune recrue, donnant une image plutôt édulcorée de la prostitution.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle n’hésite pas à user de hachures envahissantes pour les rougissements. De même, elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les flash-back furtifs se distinguent par une trame grise recouvrant intégralement les vignettes. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est par ailleurs très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuyushima sensei censure les parties intimes par des points blancs ou en gommant les détails en les floutant. Toutefois, cela ne cache pas grand chose. Elle offre une scène par chapitre et même des coupes intérieures.

En résumé

A 20 ans, Shinohara Hajime n’a pas encore eu d’expérience sexuelle mais compte bien y remédier en prenant rendez-vous avec un hôte. En effet, à cause de son style et de son physique, ses partenaires se méprenaient sur ses attentes et refusaient de s’occuper d’un puceau. Hajime rêve d’une première fois tendre et magique et a imaginé exactement tout son déroulement. A force de rêvasser, il en oublie de s’habiller et accueille donc l’hôte Ryôta complètement nu. Agréablement surpris, l’hôte entre immédiatement en action, persuadé que son client est un habitué. Il n’écoute même pas ses protestations. D’ailleurs, Shinohara cède rapidement au plaisir. Stricte sur les horaires, Ryôta file dès son travail terminé malgré les plaintes de son client sur sa prestation. Mais à la fac, Hajime bouscule un étudiant qui s’avère être Ryôta.

En conclusion

Ce tome se classe à la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Pour son premier manga, Fuyushima Shigure sensei propose une histoire toute mignonne, sexy, avec un couple adorable. Malgré quelques petits problèmes de rythme, elle arrive à transmettre les sentiments de ses personnages. En plus, son graphisme tout aussi charmant colle parfaitement à l’ambiance du récit. Déjà conquise lors de sa sortie en japonais, je suis donc heureuse et émue de redécouvrir ce titre en français. Mon côté fleur bleue adhère complètement au mélange mièvrerie et érotisme. En plus, ce one-shot aura droit à une suite! Un coup de cœur!

The Teijo academy 4 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 4 natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782382762042
Hana, 2023
ISBN: 9784865896923 (JP)
Fusion product, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Ce n’est pas un sacrifice… C’est de l’esprit d’équipe. »

Natsushita Fuyu sensei présente les méthodes d’enseignement peu académiques de Teijo. Elle installe un jeu dont les épreuves préparent les étudiants à la concurrence, au surpassement de soi et au sacrifice. Toutefois, elle met également en avant la pureté des omégas qui proposent alors des solutions différentes. Aoki montre de plus en plus d’intérêt pour Harutaka et hésite à le modeler pour l’emmener dans son monde. Tsubaki Yukitaka et Tsuji sont mis en avant. Comme dans le tome précédent, les manigances entre les légendaires se révèlent petit à petit. L’auteure aborde le travail d’équipe, la douleur de la défaite malgré les efforts, la dure réalité du marketing. Elle révèle quelques indices sur la cérémonie d’allégeance. Par ailleurs, elle offre une parenthèse dans son récit pour préparer la suite.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Par contre, Natsushita sensei met parfois en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. D’ailleurs, elle reste dans la suggestion en ne montrant que la fin. En début de tome, une fiche présente les personnages. Par ailleurs, des explications sur l’omegaverse et sur le fonctionnement de l’académie se trouvent en fin de chapitre. Sous la jaquette, il y a le plan de Minami chayagai.

En résumé

C’est la rentrée des vacances d’hiver. Tsuji Akihito taquine son colocataire, Ichijô Harutaka, qui a séjourné chez le légendaire Aoki Hirofumi pour s’entrainer à devenir son favori. Pour pimenter un peu la rentrée, les quatre légendaires organisent un évènement de pré-Saint-Valentin. D’habitude, à la Saint-Valentin, l’élève qui vend le plus de chocolats reçoit un badge de favori. Mais avant, les élèves devront trouver un des quatre légendaires cachés sur le campus pour obtenir un ingrédient secret tout en évitant de se faire attraper par leurs camarades qui jouent le rôle de loup. Harutaka fait d’abord équipe avec Mitomi Fuyuto mais ce dernier, touché par un laser, peine à suivre. Les deux omégas se séparent, Harutaka jouant les leurres. Il se fait alors acculer dans un cul-de-sac…

En conclusion

Natsushita Fuyu sensei prend vraiment son temps pour développer son récit. Elle continue de développer son univers, montre quelques évolutions des personnages et s’attarde peu sur les concepts classiques de l’omegaverse, ses personnages essayant de contrôler leurs phéromones. Mais j’ai trouvé la phase de jeu un peu trop longue à mon goût. Je pense que cela plaira aux amateurs de ce genre de récit. Pour ma part, j’ai hâte de découvrir l’allégeance.

Sasaki et Miyano 8 – Harusono Shou

sasaki et miyano 8 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124574
Akata, 2023
ISBN: 9784046809582 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je sais que tu prends soin de moi… »

Harusono Shou sensei propose un tome de transition avec un découpage particulier pour accompagner les changements dans la vie de ses personnages. Dans la première partie, elle s’intéresse à la rentrée scolaire puis dans la seconde moitié, elle offre des histoires bonus et regroupe des publications spéciales avec un petit mot explicatif. La narration alterne entre Sasaki et Miyano, partageant en détails leurs émotions face à leur nouvelle situation, Sasaki étant maintenant à l’université. L’organisation du couple pour continuer à se fréquenter s’accompagne également du renforcement de leurs sentiments réciproques. Leurs amis mûrissent aussi et prennent des orientations différentes. Ainsi, l’auteure aborde leurs questionnements sur l’avenir, leurs ambitions et leurs évolutions. En introduisant Shirahama Kyôji, l’ami de Tashiro Gonzaburô, elle met en avant les points communs entre les scénarios de jeux de rencontres et ceux des BL.

La mangaka a un trait épuré avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques tout en l’arrondissant. Elle a un graphisme proche du shôjo, usant des hachures pour les rougissements. Les trames d’ambiance très graphiques renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les yonkoma alternent avec une mise en page plus classique. Contrairement au tome précédent, les pages couleurs en début de tome offrent des illustrations. Par ailleurs, Harusono sensei ajoute une note humoristique avec les réactions d’une fan de BL en arrière-plan. Elle s’arrête pour l’instant aux baisers mais s’attarde sur les détails, en particulier le côté très tactile de Sasaki. Sous la jaquette, il y a la présentation de la chambre de Miyano ainsi que quelques secrets de conception du manga.

En résumé

Miyano Yoshikazu entre en troisième et dernière année de lycée. Il se rend en classe pour retrouver ses amis avant la cérémonie d’entrée. Kuresawa Tasuku lui prête alors quelques boy’s love de sa petite amie, cette dernière souhaitant le remercier pour ses conseils. Mya constate d’ailleurs qu’elle aime surtout les BL de boys band et se rappelle avec nostalgie ses premiers échanges avec Sasaki Shûmei…

En conclusion

Avec ce tome, Harusono Shou sensei introduit de nouveaux personnages, marquant la transition dans la vie de ses personnages. Elle s’attarde particulièrement sur le rapprochement du couple malgré la distance. Son trait très doux dégage alors parfois de la sensualité. Je suis heureuse que la série continue et apprécie les nouveaux thèmes abordés. Une lecture emplie de douceur qui réchauffe le cœur!

Our love will last till the end of time – Haida Nanako

our love will last till the end of time haida nanako

HAIDA Nanako 灰田ナナコ
ISBN: 9782375063866
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526089 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Titre original: 来世の君にくちづけを
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voudrais que vous m’oubliez pour toujours. »

Haida Nanako sensei offre une belle romance avec en toile de fond des réincarnations. Elle interroge alors sur la difficile distinction entre sentiments passés et présents, l’influence des souvenirs d’une personnalité réincarnée sur le quotidien, la projection d’anciennes émotions. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs questionnements. Ainsi, malgré une attirance réciproque, Hiroto et Natsume ne partagent pas encore la même passion en raison de leurs différences de souvenirs antérieurs communs. D’ailleurs, Takamine appréhende le retour des souvenirs douloureux de Mika, se sentant coupable de son triste destin. Ainsi, l’auteure révèle l’histoire de Luke et Mika au fil des chapitres, maintenant un certain suspense. Elle met en avant un amour qui perdure à travers le temps et s’émancipe de la différence sociale. Elle construit une relation consensuelle, qui se développe tout de même un peu rapidement.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs, des corps longilignes et des visages rougissants recouverts de hachures. De même, elle utilise des trames d’ambiance très graphique (fleurs, pois, étoiles brillantes…) pour accompagner les émotions. Les autres trames sont équilibrées. Par contre, les décors situent principalement l’action. Un fond noir marque les flash-back des souvenirs, sauf quand le passé se mêle au présent. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Haida sensei utilise beaucoup de superpositions et met en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes en dessinant des contours blancs ou en les tramant uniquement. Elle joue également sur les cadrages pour éviter d’en montrer trop. Sous la jaquette, il y a une illustration et une planche apportant une anecdote.

En résumé

A 7 ans, suite à une forte fièvre, Takamine Hiroto a retrouvé les souvenirs d’une vie antérieure lorsqu’il était le prince Luke Ernest Wilson. Son ami d’enfance Saotome Yûichirô s’est également souvenu du passé de la réincarnation du majordome Brian. A l’époque, le prince était tombé amoureux d’un roturier, Mika Findey, qui a été condamné à mort pour espionnage. Depuis, il le cherche désespérément. Actuellement en troisième année de fac de droit, il croise un jour Natsume Kô, en deuxième année de biologie de l’environnement. Persuadé d’identifier Mika, il le prend alors dans ses bras mais ce dernier ne le reconnaît pas.

En conclusion

Haida Nanako sensei offre une belle romance entraînante, malgré un développement un peu rapide. Son magnifique graphisme très expressif permet d’éviter de longs monologues intérieurs. Je suis agréablement surprise par sa dextérité à mêler présent et passé avec fluidité. Un petit coup de cœur!

Jealousy blinds love – Nagisa Eiji

jealousy blinds love nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063835
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526102 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« J’ai toujours voulu devenir un pianiste comme toi. »

Nagisa Eiji sensei propose de suivre un jeu de séduction et de manipulation entre un pianiste blasé, sur le déclin, et un jeune admirateur talentueux. Elle base principalement la narration du point de vue de Kirino puis alterne ensuite avec Takase pour donner sa version. Elle s’intéresse donc à un amour possessif, presque toxique, à l’admiration à la fois salvatrice et étouffante, aux sentiments contradictoires qui naissent avec la jalousie. En effet, le manipulateur Shion se laisse rapidement prendre à son propre jeu en tombant amoureux. Sa vision pessimiste de l’amour brouille sa compréhension des émotions. En plus, le naïf Kei, pas si innocent qu’il ne paraît, nourrit consciemment un amour calculateur. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages. Elle aborde la pression sur un jeune talent en devenir, l’avidité et la dépendance envers l’affection, la peur de finir seul.

La mangaka a un trait épuré et anguleux contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle ajoute quelques touches shôjo à son graphisme, comme par exemple les hachures envahissantes de la tête aux épaules recouvrant pourtant des trames indiquant les rougissements impressionnants de Takase. D’ailleurs, les trames sont plutôt utilisées avec parcimonie, en aplat, sauf dans les décors plus soignés. Ces derniers situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Ainsi, Nagisa sensei joue parfois sur les plongées et les contre-plongées pour signifier l’ascendant des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Kirino Shion (22 ans) est un pianiste encore étudiant dont le talent périclite depuis qu’il a perdu sa passion pour la musique. Persuadé d’avoir atteint ses limites et dégoûté par les circonstances de sa victoire au dernier concours de piano en Russie, sa rencontre avec un de ses fans, Takase Kei, pique sa curiosité. En effet, le beau et populaire étudiant qui déborde d’admiration pour lui, se montre timide uniquement en sa présence. Il lui confie cependant vouloir devenir un pianiste aussi talentueux que lui. Kirino décide alors de tuer le temps en le taquinant un peu, ayant à la fois envie de le séduire et de le blesser.

En conclusion

Malgré un dessin agréable, Nagisa Eiji sensei ne transcrit pas clairement les émotions de ses personnages. Elle se perd également dans le développement de son récit, voulant trop approfondir certains sujets. Ainsi, ce one-shot souffre malheureusement de problèmes de rythme. Je trouve cela dommage car le propos de base était fort intéressant. J’ai toutefois passé un bon moment de lecture. Une romance divertissante, un peu maladroite, qui peut tout de même plaire à un public indulgent.

Ne refuse pas mes baisers – Michinoku Atami

ne refuse pas mes baisers michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782382764008
Hana, 2023
ISBN: 9784799728543 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Titre original: いやよいやよもキスのうち
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu réagis au toucher de n’importe qui? »

Michinoku Atami sensei propose de suivre la romance maladroite des frères Yûki avec leurs amis. Elle offre donc deux histoires différentes, avec l’hypersensible Megumi qui contraste avec l’indifférent Kazu. Pourtant, elle aborde les mêmes thèmes comme la jalousie, la rivalité, la fuite de la réalité et l’acceptation de son attirance. La narration alterne entre les protagonistes, partageant ainsi leurs réflexions. Bien que leur relation soit plutôt tendue, Seiichirô soutient son petit frère Sôjirô. Les deux lycéens s’interrogent sur leur sexualité, leur sentiments mais également la différence entre amitié et amour. Avec Megumi, l’auteure s’intéresse à l’hypersensibilité mais développe malheureusement le sujet d’un point de vue plutôt comique. Elle joue sur les limites avec le consentement, les personnages cédant facilement au plaisir après quelques résistances. En plus, elle crée des seme très entreprenants dès qu’ils dépassent leur hésitation et des uke manquant de confiance en eux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, avec des contours plus épais qui apportent du relief. Elle le simplifie, parfois jusqu’à l’extrême, dans les passages humoristiques. Elle adoucit également son trait avec des hachures envahissantes lors du rougissement des visages, ajoutant une touche shôjo. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Michinoku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des languettes. Sous la jaquette, elle offre une anecdote en une planche, à lire à la fin. Elle présente aussi les personnages.

En résumé

Yûki Sôjirô déteste Yoshikawa Megumi, le meilleur ami de son frère aîné Seiichirô. Pourtant, lorsqu’il était en primaire, il jouait souvent avec lui jusqu’à ce que ce dernier le délaisse sans explications, se montrant même de plus en plus froid. Mais un jour, il trouve Megumi complètement excité, devant la chambre de son frère. Persuadé que les deux amis sortent ensemble, il décide d’interroger Yoshikawa. Mais ce dernier tente de fuir la conversation. En le retenant, Sôji découvre alors que Megumi est hypersensible, réagissant dès que quelqu’un le touche. Intrigué, il en profite pour le soulager…

En conclusion

Ce one-shot se classe à la trentième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Michinoku Atami sensei offre une comédie romantique douce et sexy. Elle s’attarde principalement sur les sentiments de ses personnages. Mais le charme du titre se trouve principalement dans la beauté du dessin, avec des lycéens dégageant à la fois un peu de virilité et de sensualité. Fan de la mangaka, je suis contente de découvrir une autre œuvre de ses débuts. J’apprécie particulièrement la dynamique entre les personnages.

Roku and Rui – Suiyoubi

roku and rui suiyoubi

Suiyoubi 水曜日
ISBN: 9782382763971
Hana, 2023
ISBN: 9784799752173 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Essaye de me faire tomber amoureux de toi. »

Suiyoubi sensei narre une comédie romantique avec un ami d’enfance tyrannique qui se transforme en petit ami prévenant. D’ailleurs, à part des baisers volés, elle construit une relation consensuelle. Bien que possessif, Roku se contrôle et se montre attentionné. Rui, quant à lui, s’interroge beaucoup sur ses sentiments et les différences entre amitié et amour. La narration se base principalement sur son point de vue. Mais une des histoires bonus donne la version de Koga. L’auteure joue sur l’inexpérience de Takanashi pour aborder les interrogations qui l’assaillent sur les différences entre amour hétérosexuel et homosexuel. Ainsi, elle dépeint les différents sentiments qui touchent un couple en construction: la jalousie, le doute, les inquiétudes qui persistent malgré la confiance acquise. Elle montre également l’importance de la communication. Les amis permettent au couple d’avancer.

La mangaka a un trait épuré au tracé d’abord rigide mais qui s’assouplit par la suite, donnant une touche particulière à son dessin. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne un aspect mignon à ses personnages avec des hachures de rougissement. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges et s’estompent autour des protagonistes. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Suiyoubi sensei joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. Elle ne les détaille pas et ne dessine pas les contours.

En résumé

Cela fait trois mois que Takanashi Rui est à l’université et il compte bien sortir avec une fille. Enfin! Si son ami d’enfance, Koga Roku, ne lui pique pas la fille qui lui plaît. En effet, les deux garçons se sont disputés au collège après que Roku lui ait volé un baiser et depuis, ils ne se parlent plus. Alors que Takanashi essayait d’aborder Sugita, Koga fait un vacarme monstre, mettant mal à l’aise la jeune fille. Pourtant, Rui décroche tout de même un rendez-vous à la fin des cours. Mais il trouve Roku à la place de Sugita. Ce dernier l’embrasse alors en déclamant ses sentiments.

En conclusion

Suiyoubi sensei montre avec humour les tribulations de l’amitié vers l’amour. Elle offre une comédie romantique amusante et dynamique et surprend le lecteur avec le changement de comportement de Roku. Son graphisme particulier qui évolue un peu au fil des chapitres renforce les effets comiques. Malheureusement, l’enchainement des évènements plutôt rapide et le format one-shot laissent peu de temps pour s’attacher aux personnages. Une lecture certes classique mais toute de même mignonne.

Romantic lament 2 – Sato Sanayuki

romantic lament 2 sato sanayuki

SATO Sanayuki 佐藤さなゆき
ISBN: 9782382764251
Hana, 2023
ISBN: 9784796415682 (JP)
Kaiohsha, 2023 (JP)
Titre original: ロマンチック・ラメント sequel
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« L’amour n’a rien à voir avec le destin. »

Sato Sanayuki sensei continue de développer sa romance omegaverse confrontant le destin et l’amour. Comme dans le tome précédent, elle aborde la force des sentiments, l’influence des phéromones confondue avec le destin, les difficultés rencontrées par les âmes sœurs. Avec Nanase, elle introduit le point de vue d’un bêta et son incompréhension face aux réactions aux phéromones. Par ailleurs, Tachibana a une vision idéalisée des âmes sœurs et du destin. Il se retrouve alors confronté aux refus d’Asahi et d’Akiomi qui vont l’obliger à se remettre en question. D’ailleurs, l’auteure met en avant les doutes et les peurs qui ébranlent la confiance d’un couple pourtant solide. Elle dépeint avec finesse le sentiment de culpabilité et les quiproquos qui peuvent naître à cause du manque de communication. Par ailleurs, elle montre les discriminations qui peuvent encore persister envers les omégas.

La mangaka a un trait épuré assez classique avec une touche shôjo quand des hachures envahissent totalement les visages lors des rougissements. Elle dessine des contours épais qui apportent un peu de relief. Par ailleurs, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les trames utilisées avec parcimonie, ont une dominante claire. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les fonds noirs indiquent les cauchemars. La mise en page est dynamique. Sato sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne le ton du récit.

En résumé

Depuis que l’alpha Ban Akiomi s’est apparié avec l’oméga Asahi, il aime prendre soin de lui. Il profite alors du moindre instant de liberté à l’université pour le nourrir ou le marquer. Ayant fini ses cours plus tôt, Asahi essaie de rejoindre son petit ami mais, en chemin, percute un nouvel alpha, immédiatement sensible à son odeur. Il préfère donc fuir, Akiomi finissant tard. Toutefois, quand l’alpha sent les phéromones d’un rival sur son petit ami, il panique. Le lendemain, Asahi trouve Akiomi en grande discussion avec un beau bêta, Ebihara Nanase, qui semble bien familier. Ils sont également rejoints par l’alpha percuté la veille et ami de Nanase, Tachibana Asuma. Ce dernier, persuadé qu’Asahi lui est destiné, se déclare soudain.

En conclusion

Sato Sanayuki sensei propose une suite qui n’apporte pas grand chose de plus mais qui permet toutefois de découvrir ce que deviennent Asahi et Akiomi. Elle creuse d’ailleurs un peu plus son sujet, pour notre plus grand plaisir. En plus, son graphisme est toujours aussi agréable. Malgré la surprise passée sur le traitement original de cet omegaverse, j’apprécie toujours ma lecture, avec les questionnements qu’apporte ce récit. C’est un plaisir de retrouver ce couple qui se construit entre douleurs et bonheurs. Mise à jour: Ce tome se classe treizième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024.