Queutard légendaire VS Cul d’acier 3 – Totofumi

Couverture de Queutard légendaire VS Cul d'acier 3 de Totofumi, éditions Taifu

Totofumi ととふみ
ISBN: 9782375065235
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784799765043 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Mikagura… Encore. Remets-la-moi encore une fois sans capote. »

Totofumi sensei confronte Mikagura et Sena à la jalousie et la possessivité. Elle s’intéresse à la question des rapports non protégés, violents dans une relation déjà installée ainsi qu’à la gestion des remords et regrets. Elle aborde donc le manque de confiance, l’importance du consentement surtout lors d’une prise de risque. L’introduction du premier chapitre de ce tome résume succinctement le tome précédent. Par ailleurs, le job d’été d’Iori en tant que mannequin permet d’introduire de nouveaux sujets comme le piston, la gestion de la notoriété, le coming out public et l’influence des médias. Le playboy de l’Ouest, Yomogi Heizô (22 ans), et la mannequin lycéenne, Sakihana Sakura, apportent tension et humour. L’autrice continue de mettre en avant le soutien bienveillant des amis, de la famille mais également de la proviseure adjointe. Elle offre un bonus très sexy mettant en avant la douceur nécessaire dans un rapport sans capote.

La mangaka a un trait anguleux au contour plus épais qui donne ainsi du relief. Néanmoins, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, renforçant par ailleurs les ombres par des hachures. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les décors soignés apparaissent sur les plans larges. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Totofumi sensei ne censure pas les scènes érotiques sauf celles violentes, sans réel consentement. Dans ce cas, elle ajoute un cache blanc sur les parties intimes. Elle offre également des coupes intérieures mais s’attarde surtout sur les sensations de ses personnages. Sous la jaquette, il y a une présentation des personnages. A la fin des chapitres, un dessin apporte une anecdote amusante. A la fin du tome, on découvre les coulisses de l’enregistrement du drama CD au format manga.

En résumé

Les classes de Mikagura Iori et Sena Minami sont en voyage scolaire à Nara. Mais étant dans des classes différentes, ils ne peuvent pas trop se fréquenter. D’ailleurs, la proviseure adjointe Yoshiko veille à ce que les élèves respectent strictement les règles. Toutefois, le Queutard légendaire espère profiter de leur journée libre pour faire une sortie en amoureux. Mais au sanctuaire Yomogi, connu pour porter chance en amour, Cul d’acier attire l’attention d’un garçon…

En conclusion

Totofumi sensei surprend avec une scène au consentement gris mais gère très bien la suite, mettant en avant justement les risques et la violence. Elle maîtrise parfaitement l’alternance entre tension , érotisme et moments comiques ou tendres. Par ailleurs, son graphisme met en avant la plastique des personnages ainsi que les détails de leurs émotions. J’aime beaucoup la bienveillance de l’entourage de Mikagura et Sena. Je trouve également le couple trop craquant avec leur libido débordante. Une lecture entraînante!

Hirano et Kagiura 3 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 3 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312688
Editions Akata, 2025
ISBN: 9784046811424 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je donnerai tout ce que j’ai! »

Harusono Shou sensei analyse la complexité de la relation qui s’installe entre Kagiura et Hirano, entre espoir et souffrance. Elle s’attarde maintenant sur les interrogations de l’aîné surprotecteur. Elle installe une dynamique entraînante entre les deux lycéens, Kagi s’exprimant franchement et sans filtres, recadré sans cesse par son colocataire. D’ailleurs, Hirano prend conscience de son attachement particulier. Malgré des objectifs différents, les deux amis s’entraident et se motivent mutuellement. Ainsi, leur complicité déconcerte leurs amis, entre autre Hanzawa et Ao Ichinose, ancien colocataire de Hirano. De même, Niibashi continue d’être le confident d’Akira. L’autrice met en avant le soutien entre bon et mauvais élève. Elle joue encore sur les situations BL mais casse immédiatement l’ambiance romantique, en particulier avec le thème de la Saint-Valentin. Par ailleurs, elle consacre une des histoire bonus à Sasaki et Miyano.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Harusono sensei offre deux illustrations amusantes sous la jaquette. Elle présente également le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre. Il y a même un diptyque pour les chapitres de la Saint Valentin. Le sommaire montre que le récit se développe seulement sur une période d’un mois.

En résumé

Pour continuer à partager leur chambre à l’internat, Hirano Taiga et Kagiura Akira doivent obtenir de bons résultats lors des prochains examens. Malheureusement, Kagi n’étant pas bien classé, il redouble d’efforts pour améliorer ses résultats. Mais Hirano s’interroge de plus en plus sur ses sentiments envers son cadet, conscient de trop le couver…

En conclusion

Harusono Shou sensei installe une nouvelle dynamique entre Hirano et Kagiura, analysant leurs sentiments tout en les confrontant aux regards extérieurs. Elle joue constamment sur la tension entre eux, plongeant les lecteurices dans l’expectative. Son graphisme est agréable. Je craque complètement pour le couple. J’adore voir Kagi se faire recadrer mais pourtant récidiver sans cesse, négociant constamment. Une lecture amusante!

Hirano et Kagiura 2 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 2 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312671
Akata, 2025
ISBN: 9784046805522 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Quitte à ce qu’on soit en coloc, j’aimerais qu’il passe un bon moment! »

Harusono Shou sensei nous surprend constamment en jouant sur les quiproquos. D’ailleurs, elle reprend les situations clichées des romances pour les détourner brusquement, oscillant constamment entre suspense et humour. Comme dans le tome précédent, elle analyse l’évolution des sentiments des personnages. Ainsi, Kagiura réfléchit un peu plus à son attirance pour son colocataire qui ressemble beaucoup plus à de la possessivité. De même, bien que conscient que son comportement surprotecteur crée des malentendus, Hirano refuse de laisser le malaise s’installer. Niibashi et Hanzawa Masato apportent également un regard extérieur en s’interrogeant sur la nature de la relation de leurs amis. Par ailleurs, à travers la relation des parents de Kagi, l’autrice montre différentes complicités dans une relation amoureuse. Elle partage aussi le quotidien de l’internat ainsi que les relations variées qui se créent. Dans les histoires bonus, elle offre des anecdotes amusantes.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger les vignettes. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Harusono sensei offre une petite histoire en deux planches à lire à la fin, reprenant directement la suite du chapitre 10. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages posent avec quelques indices sur le récit à venir.

En résumé

Lors d’une sortie à deux, Kagiura déclare ses sentiments à Hirano au détour d’une conversation. Mais son colocataire a mal compris la situation. Alors Kagi confie sa peine à son camarade de classe, Niibashi Jûya, qui lui donne quelques conseils. Mais avec la préparation de la fête de Noël au dortoir, difficile d’aborder à nouveau le sujet…

En conclusion

Harusono Shou sensei joue au yoyo avec les émotions des lecteurices. En effet, elle oscille constamment entre romance, humour et surprise, faisant d’abord avancer rapidement la relation pour ensuite reculer brusquement, jouant sur les quiproquos. Ainsi, elle peut analyser en finesse les sentiments de Kagiura et Hirano tout en les comparant à d’autres relations complices. Son graphisme facilement reconnaissable colle parfaitement au style du récit, en particulier les bouilles comiques. J’aime beaucoup le revirement de ce tome suite à la déclaration « ratée » ainsi que l’ambiance qui règne dans le dortoir. Une lecture entraînante!

Hirano et Kagiura 1 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 1 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312664
Akata, 2024
ISBN: 9784040657806 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je suis si reconnaissant de t’avoir rencontré… »

Harusono Shou sensei reprend directement la suite du roman. Elle s’intéresse particulièrement à la colocation et à l’évolution d’une forte amitié en sentiment amoureux. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux lycéens. En effet, Hirano aime prendre soin de son cadet tandis que Kagiura apprécie de devenir le centre d’attention de son colocataire. Leurs échanges flirtent souvent avec les situations et les clichés des BL, jouant sur les ambiguïtés. Niibashi Jûya apporte une note d’humour avec ses réactions face aux confidences de Kagi tandis que Sasaki et Hanzawa Masato nous amusent par leurs interventions. L’autrice reprend les classiques des romances lycéennes, avec ici le voyage scolaire de Hirano ainsi que les réflexions sur leur avenir. Elle fait avancer plus rapidement les sentiments des personnages mais crée la surprise avec des quiproquos inattendus.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle pense souvent à dessiner les réactions amusantes des personnages au second plan. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance souvent graphiques appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir et une trame grise recouvre également ces vignettes. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, Harusono sensei donne la chronologie entre la série Sasaki et Miyano et ce spin-off. Elle offre aussi une planche amusante avec Hanzawa. Par ailleurs, le sommaire avec les mois permet de se repérer plus facilement. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages. En fin de tome se trouvent des fiches sur les personnages.

En résumé

Hirano Taiga (17 ans) et Kagiura Akira (15 ans) sont colocataires à l’internat depuis déjà six mois. Hirano a pris l’habitude de prendre soin de son cadet et a remarqué son attachement. Kagiura, quant à lui, ose faire de plus en plus de caprices, nourrissant un amour secret pour son camarade. Ainsi, tous deux apprécient leur quotidien…

En conclusion

Bien que Harusono Shou sensei continue le roman, le manga peut être lu indépendamment. En effet, elle intègre habilement les points importants de ses autres séries liées, permettant de comprendre l’essentiel des références. D’ailleurs, elle fait intervenir les autres personnages avec naturel. Le graphisme est très expressif et les personnages affichent souvent des bouilles trop mignonnes. J’apprécie de découvrir l’histoire de ces deux lycéens. Une lecture incontournable pour les grands fans de Sasaki et Miyano aussi touchante et amusante.

I cannot reach you 7 – Mika

couverture de I cannot reach you 7 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505133308
Kana, 2025
ISBN:‎ 9784046821508 (JP)
Kadokawa, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Tu as pourtant dit que tu m’aimais!! »

Mika sensei analyse différentes formes d’amour telles que l’amour à sens unique, l’amour d’un fan, l’amour impossible. Elle montre l’influence d’une déclaration sur les perceptions. De même, elle décortique les émotions et les interrogations face à l’intensité des sentiments. Comme dans le tome précédent, les personnages secondaires apportent conseil et soutien ainsi qu’un regard différent sur les relations. Kakeru et Yamato continuent d’enchaîner les quiproquos. D’ailleurs, Oohara se montre plus entreprenant même s’il reste prévenant tandis qu’Ashiya essaie en vain de contenir sa jalousie naissante. Ainsi, l’autrice met en avant la déclaration d’amour. Elle aborde par ailleurs l’importance de la communication, le manque de confiance en soi, la peur de blesser l’autre. Elle s’attarde particulièrement sur les émotions contradictoires ressenties par les personnages.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. D’ailleurs, ces dernières envahissent également les phylactères pour renforcer leur impact émotionnel. De même, les décors soignés apportent une note réaliste. Par ailleurs, Mika sensei offre une mise en page dynamique reprenant les compositions que l’on trouve dans les shôjo manga. En fin de chapitre, elle apporte des anecdotes dans une planche ou présente le CD drama.

En résumé

Depuis qu’Ashiya Kakeru comprend enfin ses propres sentiments, il ne perçoit plus Oohara Yamato comme avant. Il a même parfois du mal à interagir avec son ami. Il décide alors de déclarer son amour dans un cadre romantique: la plage. Malheureusement, à cause de la mer glacée en hiver, Kakeru attrape un rhume. D’ailleurs, le sort s’acharne contre lui car il est interrompu à chaque fois qu’il essaie de partager ses sentiments. Yamato finit donc par s’inquiéter du comportement étrange de son ami.

En conclusion

Mika sensei fait enfin avancer la relation entre Kakeru et Yamato. Elle continue d’analyser les émotions et les réactions, offrant également d’autres exemples avec les personnages secondaires. Plus que la relation homosexuelle ou hétérosexuelle, elle invite les lecteurices à réfléchir sur la naissance du sentiment amoureux. Son graphisme à la fois doux et expressif rend la lecture très agréable. Je fonds complètement pour tous les personnages. Je ne peux que recommander vivement cette série. Une lecture plaisante qui réconforte!

I cannot reach you 6 – Mika

Couverture de I cannot reach you 6 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123453
Kana, 2025
ISBN: 9784046814470 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Ça me donne envie d’encore mieux m’entendre avec lui! »

Mika sensei narre l’enfance de Kakeru et Yamato et développe un peu plus leur environnement familial. Elle alterne la narration entre les deux enfants. Ainsi, elle montre leur rapide rapprochement. En effet, grâce au soutien de son ami, le mûr Oohara trouve un confident lui permettant de surmonter son choc et son sentiment de culpabilité suite à l’accident de son père. Kakeru, quant à lui, a conscience de ses limites mais essaie toujours de trouver les mots de réconfort ainsi que de parler sincèrement. La mère d’Oohara, qui fait face aux rumeurs, essaie de gérer au mieux son angoisse. Elle trouve également conseil et soutien avec la mère d’Ashiya. Par ailleurs, l’autrice dévoile les premiers sentiments amoureux de Yamato. Après ce saut dans le passé, elle reprend le fil de son récit avec la Saint-Valentin. Elle sème des indices sur le futur dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré et arrondi qui lui donne un aspect doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance alternent avec des décors soignés. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Mika sensei donne l’ambiance du récit dans les illustrations en début de chapitre. A la fin des chapitres, elle offre deux planches qui fait le lien avec le présent, directement à la suite du tome précédent. Par ailleurs, elle s’amuse à parfois intégrer son avatar (un lapin) en arrière-plan. La couverture se classe dixième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

La mère d’Ashiya Kakeru accepte de garder Oohara Yamato et Mikoto pour la journée. Trop heureux de pouvoir s’amuser avec son ami, Kakeru est trop dissipé pour faire ses devoirs de vacances mais Yamato l’encourage à d’abord les terminer. Désirant mieux connaître son ami, Ashiya s’interroge sur l’absence du père Oohara. Mikoto lui confie alors que ce dernier est dans le coma suite à un accident durant son travail. Toutefois, quand Kakeru propose à Yamato d’aller voir son père, ce dernier fuit, semblant cacher un lourd secret à propos de son père…

En conclusion

Mika sensei dévoile le passé de Yamato et Kakeru. Elle partage les évènements les plus marquants qui leur ont permis de se rapprocher. D’ailleurs, elle dépeint avec finesse leurs différents sentiments, décortiquant la naissance d’une profonde amitié. Son graphisme doux rend les bouilles d’enfants tellement adorables! Mes sentiments ont fait le yoyo entre les moments tendus, comiques ou émouvants. Si vous aimez les romances slow-burn douces, foncez!

I cannot reach you 5 – Mika

Couverture de I cannot reach you 5 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505123446
Kana, 2025
ISBN: 9784046808790 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ce que je sais, c’est que quand Yamato sourit, ça me rend très heureux et je sens mon cœur se serrer. »

Mika sensei continue d’analyser les réactions et les émotions des adolescents, en particulier la gestion du malaise qui s’installe entre Ashiya Kakeru et Oohara Yamato. Elle interroge sur la définition de l’amour et le sentiment amoureux, dénonçant au passage la commercialisation de l’amour à Noël. Comme dans le tome précédent, elle met en avant le soutien des amis à travers Hosoka Yui, Amamiya Sôichirô et Oohara Mikoto. D’ailleurs, les personnages secondaires sont un peu plus développés. Kakeru prend conscience des quiproquos et fait des efforts pour mieux communiquer. A cause de remarques désobligeantes extérieures, il ne cesse de se comparer à son ami considéré comme un beau gosse et se déprécie. Ainsi, l’autrice aborde l’influence et le poids du jugement extérieur, le manque de confiance en soi. Par ailleurs, elle continue de développer la question du consentement. Les histoires bonus détendent l’atmosphère plus tendue de ce tome.

La mangaka a un trait épuré plutôt arrondi qui apporte de la douceur. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées rendent néanmoins les nuances dégradées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Mika sensei utilise les codes du shôjo tels que les sorties de case, les ellipses, l’absence de cadre, la forme des vignettes en fonction de leur contenu, créant ainsi une mise en page dynamique. En fin de chapitre, elle offre des anecdotes amusantes en une planche. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

A l’approche de Noël, Oohara Mikoto rejette froidement toutes les sollicitations de Seo Yûma. Pourtant, elle accepte de rentrer en train avec lui. Mais un incident survint et dans la bousculade, elle perd alors l’élastique que lui a offert son frère Yamato. Attachée à ce cadeau, la jeune fille le cherche désespérément. A sa surprise, Hosaka Yui, de passage, le trouve et lui annonce l’avoir choisi pour son frère. D’abord dépitée, elle est vite rassurée par les explications de Yamato…

En conclusion

Mika sensei plonge les lecteurs directement dans le malaise entre les deux adolescents. Elle analyse la pression d’un premier rancard. Son graphisme doux transcrit avec finesse les émotions. J’apprécie le développement des personnages secondaires, permettant ainsi de découvrir d’autres points de vue sur les thèmes abordés. Un petit bijou de lecture!

Our love language 1 – Rinteku

Couverture de Our love language 1 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385690359
Akata, 2025
ISBN: 9784757587519 (JP)
Square enix, 2023 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je connais très bien la frustration de ne pas réussir à communiquer ce que je veux… »

Rinteku sensei narre une romance entre deux étudiants, avec pour thème principal la question de la surdité. Elle base principalement la narration du point de vue de Fujinaga mais dévoile la version de Keito dans le chapitre bonus. De même, à travers les conversations du « Monde de Keito », elle attire l’attention sur le ressenti et les différentes manières de percevoir les sons. D’ailleurs, la communication est au cœur du récit, avec les quiproquos, la franchise de la langue des signes, l’iconicité et l’expression corporelle du théâtre qui diffère de celle de l’audiovisuel. Grâce à Maejima, Aoi n’hésite pas à remettre en question ses projets d’avenir. Il prend d’ailleurs conscience au fur et à mesure des difficultés rencontrées par son ami dans son quotidien. Ainsi, l’autrice aborde la question de l’intégration des personnes handicapées dans la société. Elle montre également comment des communications ardues provoquent une perte de confiance en soi.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui dégage une certaine souplesse. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les superpositions. Néanmoins, les décors soignés s’estompent parfois pour ne pas surcharger la page. D’ailleurs, Rinteku sensei décompose les mouvements de la langue des signes, superposant parfois les différentes formes des mains dans une mème case. De même, le lettreur Tom « spAde » Bertrand effectue un gros travail pour transmettre la compréhension difficile de Keito. A la fin de certains chapitres, il y a aussi des conversations entre Aoi et Maejima expliquant le monde ressenti par l’étudiant sourd. Sous la jaquette se trouve la présentation des personnages.

En résumé

Étudiant en lettres modernes, Aoi Fujinaga rêve de devenir acteur mais il échoue à la majorité de ses auditions car il surjoue trop. Un jour, il rencontre Maejima Keito, en sciences de l’éducation, un étudiant sourd, oraliste et signant. Les deux jeunes hommes sympathisent rapidement, cherchant à se comprendre. D’ailleurs, Fujinaga s’intéresse rapidement à la langue des signes. Keito, quant à lui, trouve que son nouvel ami a du talent pour exprimer ses émotions…

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Rinteku sensei fait découvrir aux lecteurices les spécificités de la surdité, ainsi que les différents dispositifs pour aider les malentendants. Grâce à Fujinaga, elle fait le lien entre la langue des signes et le langage corporel, mettant en avant les efforts nécessaires pour communiquer. Son graphisme est magnifique et très expressif. Malgré un tome très épais, j’ai dévoré d’une traite ce récit émouvant. J’adore les deux protagonistes mais également les personnages secondaires, même si ces derniers sont peu développés. Une lecture que je vous recommande grandement! Énorme coup de cœur!

Smell – Nagabe

Couverture de Smell de Nagabe, éditions Komikku

Nagabe ながべ
ISBN: 9782372878517
Komikku, 2025
ISBN: ‎9784041145548 (JP)
Kadokawa, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je sais que c’est malsain de faire ça. Mais je ne peux pas résister à l’envie de le renifler!! »

Nagabe sensei narre une romance lycéenne avec deux hommes-bêtes qui se découvrent un fétichisme pour les odeurs. D’ailleurs, il reprend les spécificités animales pour construire le caractère de ses personnages, avec un Saint Hubert, race spécialisée dans le pistage et un Border collie foufou. Il joue également sur leurs caractères opposés pour créer une dynamique. La narration se base principalement du point de vue de Joseph. Le Border collie s’interroge sur son attirance, son excitation par certaines odeurs et n’hésite pas à remettre en question son comportement parfois pressant. Le taciturne Noi, quant à lui, conserve une certaine innocence. Un jeu érotique s’installe entre eux, les incitant à mieux communiquer. Ainsi, l’auteur aborde la différence entre odeur et phéromone, l’acceptation de l’autre, la question de la normalité. Il questionne également sur le consentement.

Le mangaka a un trait épuré et anguleux. Il reprend les caractéristiques principales des races des chiens mais certaines sont parfois méconnaissables. Il simplifie son trait et exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action et s’estompent néanmoins pour ne pas surcharger les pages. Les trames d’ambiance appuient les émotions fortes tandis que les autres trames sont en aplat, utilisées avec parcimonie. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Dans les scènes érotiques, Nagabe sensei ne montre pas les parties intimes grâce au cadrage et à des phylactères bien placés. Toutefois, dans certaines vignettes, il ne les dessine tout simplement pas.

En résumé

L’enjoué Joseph (Border collie) surprend son camarade de classe Noi (Saint Hubert) en train de renifler son t-shirt. Mais loin d’être choqué, il s’amuse même par la suite à tester l’odorat de son nouvel ami. Toutefois, lorsqu’il lui fait sentir son caleçon, la réaction de Noinoi lui procure un plaisir inattendu.

En conclusion

Nagabe sensei arrive à mêler les premiers émois d’une romance lycéenne avec la découverte d’un fétichisme, tout en conservant une certaine candeur de ses personnages. En se basant sur les spécificités des races des chiens, il crée une dynamique intéressante entre les personnages, rendant crédible leurs recherches d’odeurs. Toutefois, le sujet pourra déplaire à certains lecteurs. Le graphisme est très expressif. J’aime beaucoup la relation qui se construit entre Noi et Joseph. Un bon moment de lecture!

Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!