I cannot reach you 10 – Mika

Couverture de I cannot reach you 10 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505143383
Kana, 2026
ISBN: 9784046854360 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« C’est mon meilleur ami d’enfance. »

Mika sensei continue de développer les nouveaux personnages, analysant l’intégration à un nouveau groupe d’amis. Comme dans le tome précédent, elle s’attarde sur l’évolution d’Oohara qui est de plus en plus entouré par des filles. Elle s’intéresse également à l’apparence trompeuse à travers Mizukawa et Fujiwara. En effet, malgré son air blasé, Sora est pessimiste et son manque d’endurance apporte une note comique. La gentillesse et la personnalité serviable de Kakeru facilitent son intégration et ses interactions avec ses camarades. Le passé de Fujiwara Azusa permet de mieux comprendre son caractère et ses difficultés à s’intégrer. Ainsi, l’autrice aborde le jugement sur l’apparence dont la surinterprétation, les rumeurs, la jalousie parfois irraisonné envers l’élite, l’importance du soutien des amis. Avec la journée sportive, elle s’intéresse à l’exacerbation des tensions à cause de la compétition. Elle montre également le dur travail de délégué pour inclure tout le monde dans la classe.

La mangaka a un trait épuré qui dégage de la douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames équilibrées utilisent une large palette de tons. Les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. Par ailleurs, les décors soignés et très présents apportent une note réaliste. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les superpositions et l’absence de cadre. En fin de chapitre, Mika sensei offre des anecdotes avec des yonkoma. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre le quotidien des personnages tout en respectant le thème du chapitre. Elle dessine parfois son avatar en arrière-plan. Toujours pas de scènes érotiques, mais un baiser torride!

En résumé

Les élèves en troisième année sont en excursion à Kamakura. Bien préparé, Ashiya Kakeru porte attention aux doléances ainsi qu’à l’ambiance entre élèves. Cela lui permet aussi d’en apprendre plus sur ses nouveaux camarades: Mizukawa Sora, son amie d’enfance Hayama, son ami depuis le collège Kitamura, celui du même club de musique Washimi. Kakeru croise Oohara Yamato au sanctuaire Tsurugaoka Hachimangû et échange alors leur tirage de bonne fortune. Il rencontre ensuite Fujiwara Azusa qui semblait mal, mais la jeune fille le recadre rapidement sauvée par Horii. Par la suite, Mizukawa, prétextant vouloir aller à une boutique seul, se perd mais Ashiya le rejoint, inquiet.

En conclusion

Mika sensei continue d’analyser les différents liens d’amitié. Elle montre également l’évolution des personnages. Elle crée par ailleurs la surprise en faisant un tout petit peu avancer la romance, laissant les lecteurices dans l’expectative. Son graphisme doux et expressif est un pur bonheur. En fin de compte, je suis conquise par la « peste » Fujiwara qui dévoile de nouvelles facettes la rendant attachante. Une lecture douce!

Enomoto n’est pas un ange – Setsu Kouji

Couverture d'Enomoto n'est pas un ange de Setsu Kouji, éditions Taifu

SETSU Kouji せつこうじ
ISBN: 9782375066072
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526829 (JP)
Shucream, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je ne suis pas un fantôme, mais un ange. »

Setsu Kouji sensei offre un triangle amoureux avec une touche fantastique. Elle alterne la narration entre les deux protagonistes. Ainsi, elle questionne sur la vie et la mort et s’intéresse principalement à l’amour tu et au jugement sur l’apparence. En cohabitant avec Enomoto, Hagino se rapproche de Haruna, qu’il a toujours aimé secrètement. Mais il apprend également à mieux connaître son asocial « colocataire ». Ses sentiments évoluent alors peu à peu. Par ailleurs, Sôma réalise l’importance de profiter du moment présent et de mieux communiquer. Les quiproquos s’enchaînent pour mieux se dénouer au fil des efforts de communication des trois adolescents. Entre déprime, culpabilité et soutien, l’autrice aborde le sacrifice pour celui qu’on aime ainsi que la détermination de vivre. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sur la relation entre Haruna, Enomoto et Hagino.

La mangaka a un trait épuré, au contour épais. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. Par ailleurs, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond gris ou noir. Malgré une mise en page plutôt classique, Setsu sensei propose quelques pages plus dynamiques. Comme elle s’arrête au baiser, il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

Dernièrement, Hagino Sôma semble épuisé avec des cernes sous les yeux. Effectivement, il est hanté par un ange de la mort, Enomoto Ren. Or, ce dernier est dans le coma à l’hôpital suite à un accident de la route. Le corps spectral explique alors n’avoir que 49 jours pour se venger de Haruna Shô, son ami d’enfance qu’il a sauvé de l’accident. Mais Hagino refuse de l’aider, nourrissant un amour secret pour Haruna.

En conclusion

Setsu Kouji sensei offre un triangle amoureux plutôt original avec une note fantastique. Elle cherche à bien exploiter ses thèmes en proposant une analyse plutôt détaillée. Néanmoins, à cause du format one-shot, les enchaînements semblent parfois un peu précipité. L’émotion ressenti au fil de la lecture dépendra donc entièrement de la sensibilité de chacun, car les sentiments des personnages sont bien présents et palpables au cours du récit mais peuvent paraître survolés. Les contours plus épais donne un aspect un petit peu brut au graphisme, très appréciable. J’ai beaucoup aimé les petites surprises et les notes positives disséminées au fil du récit ainsi que la relation qui évolue entre les trois protagonistes. Une lecture touchante!

Notre genèse 3 – Ichinose Yuma

Couverture de Notre genèse 3 d'Ichinose Yuma, éditions Taifu

ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782375065822
Taifu comics, 2026
ISBN:‎ 9784799762257 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Titre original: 神様なんか信じない僕らのエデン 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« J’ai l’impression de suffoquer de bonheur, mais ça ne me suffit pas. »

Ichinose Yuma sensei approfondit la relation entre les premiers alphas et omégas. Elle alterne la narration entre les deux lycéens, partageant leurs réflexions. Comme dans le tome précédent, elle analyse leurs émotions. Ainsi, Takai, dont l’aura de leader augmente, réalise que ses ordres ont un impacte sur son entourage. Nishio, quant à lui, dégage une beauté de plus en plus saisissante. Les deux amants ressentent une jalousie possessive réciproque mais tentent de la canaliser. Par ailleurs, ils s’interrogent sur leurs pulsions, l’alpha ne comprenant pas son envie de mordre la nuque de l’oméga. Les interactions avec Minegishi Ichirô et Itô apportent quelques tensions. Avec le camp de révision, l’autrice aborde la gestion des chaleurs, le contrôle des pulsions, l’intervention extérieure. Elle apporte une touche d’humour avec le père de Shikito. Elle détend l’atmosphère dans les histoires bonus.

La mangaka a un trait épuré et fin qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle représente les phéromones par des métaphores graphiques telles que des volutes vaporeuses ou met en image l’imagination des personnages. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors, parfois retravaillés à partir de photographie, apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions et l’absence de cadre. Dans les scènes érotiques Ichinose sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle dessine la suite de l’illustration en quatrième de couverture, apportant une anecdote amusante. Par ailleurs, elle sème des indices accompagnés d’une demi-pomme dans les illustrations en début de chapitre. La postface est aussi en manga.

En résumé

Takai Shikito (alpha) et Nishio Ririto (oméga) sortent secrètement ensemble. Mais depuis leurs premières chaleurs, ils ne font que s’embrasser. En effet, difficile de trouver un endroit intime pour des lycéens. En plus, ils passent bientôt en terminale. Pour réviser, Takai invite son petit ami chez lui…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Ichinose Yuma sensei apporte une analyse complémentaire sur les réactions des alphas et des omégas. Elle s’attarde particulièrement sur le contrôle des pulsions. Son graphisme déborde de sensualité. J’aime beaucoup le père de Takai et j’ai hâte de découvrir la suite! Une lecture prenante!

Ne lâche pas ma main 2 – Sakimoto Saki

Couverture de Ne lâche pas ma main 2 de Sakimoto Saki, éditions Taifu

SAKIMOTO Saki 咲本﨑
ISBN: 9782375065907
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526379 (JP)
Shucream, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre:hot
Recommandation: beaucoup

« Je n’ai plus envie d’être aussi faible. »

Sakimoto Saki sensei continue de développer la romance entre Ichijô et Kitahara. Elle s’intéresse à la cohabitation, la gestion entre vie privée et études, le partage des tâches ménagères. Comme dans le tome précédent, elle interroge sur la surprotection qui entraîne possessivité, jalousie, complexe d’infériorité et manque d’assurance. Bien que l’alpha désire construire un équilibre dans son couple, il monopolise les décisions sans se concerter avec l’oméga. En effet, Haruto contrôle de moins en moins ses pulsions alors que son petit ami s’ouvre enfin à ses camarades d’université. Leur ami Mishima Tsubasa n’hésite pas à faire remarquer leurs comportements problématiques. Ainsi, l’autrice aborde la question des incompréhensions et l’importance de la discussion dans un couple, en particulier lorsque la relation s’est rapidement développée. Elle s’attarde également sur la signification de « paire ».

La mangaka a un trait épuré légèrement fin. Elle exagère un peu les expressions dans les passages humoristiques, conservant ainsi une note réaliste renforcée, par ailleurs, par des décors soignés et très présents. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance discrètes apparaissent plutôt en fond des phylactères. De même, un fond noir indique les flash-back. La mise en page simplement dynamique utilise principalement des cadres avec des formes selon leur contenu ainsi que des ellipses. Dans les scènes érotiques, Sakimoto sensei gomme les détails des parties intimes grâce à un contour flou et des trames. Sous la jaquette, elle présente une journée du couple en dessinant des instantanés de leur quotidien en tant que paire.

En résumé

Kitahara Miyabi (oméga) et Ichijô Haruto (apha) ont emménagé ensemble. Ils se partagent les tâches ménagères. Mais entre les petits boulots et les cours, ils ont du mal à se créer des moments intimes. D’ailleurs, Miyabi ne sait pas quoi offrir pour l’anniversaire de son petit ami. Pourtant, Ichijô se contenterai juste d’une journée en amoureux…

En conclusion

Ce tome obtient la première place du meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024. Sakimoto Saki sensei aborde des sujets plus classiques autour de l’omegaverse tels que la possessivité de l’alpha ou la question de paire. Elle décortique les causes de tension au sein du couple, mettant en avant la construction difficile d’une relation équilibrée. Son graphisme détaillé et fin est rafraîchissant. J’aime beaucoup Mishima et j’espère qu’il interviendra encore par la suite. Une lecture charmante!

Queutard légendaire VS Cul d’acier 4 – Totofumi

Couverture de Queutard légendaire VS Cul d'acier 4 de Totofumi, éditions Taifu

Totofumi ととふみ
ISBN: 9782375066171
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784799769157 (JP)
Libre, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Je veux qu’on reste ensemble pour toujours. Après le lycée, à l’âge adulte et même au-delà. »

Totofumi sensei s’intéresse à la cohabitation, la réconciliation après une dispute, à la vie de famille ainsi qu’au partage des tâches ménagères. Elle alterne la narration entre les deux amoureux, présentant ainsi leur vision différente. Ainsi, Sena privilégie la famille tandis que Iori donne la priorité à l’amour. Le couple règle souvent les tensions dans le lit, Minami exprimant plus facilement son désir et prenant des initiatives. Les sœurs Mikagura, en particulier les jumelles Saori et Kaori qui sont de vraies tornades autoritaires, apportent une note amusante avec leurs taquineries. L’autrice aborde également la différence du milieu social, la question de l’avenir ainsi que le choix des études universitaires. Elle met en avant la pression familiale, la responsabilité d’un riche héritier et la question de la succession. Elle termine le récit sur un suspense insoutenable et détend l’atmosphère avec une histoire bonus sexy.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames variées, soignant les motifs des vêtements. Les hachures soulignent également les ombres fortes. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, l’absence de cadrage, les formes selon le contenu ainsi que des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Totofumi sensei censure les parties intimes par un cache blanc, avec parfois des languettes blanches. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. Elle présente le quotidien des protagonistes dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, deux planches apportent des détails amusants. Comme dans le tome précédent, les croquis en fin de chapitre donnent une anecdote amusante.

En résumé

Mikagura Iori invite Minami Sena dans une auberge de luxe. Ils profitent ainsi d’un peu d’intimité pour essayer quelques jeux coquins. Mais de retour chez les Minami, un imprévu dans la famille oblige la mère de Sena et Wataru à s’absenter. Toutefois, le lycéen ne souhaite pas les accompagner ayant son petit boulot. Alors Mikagura l’invite à loger chez lui.

En conclusion

Totofumi sensei alterne avec aisance tension, humour et moments sexy tout en abordant des sujets d’actualités tels que la famille, les choix d’avenir et l’influence du milieu social. Elle termine ce tome sur un suspense insoutenable. Son graphisme très expressif et facilement reconnaissable est un bonheur pour les yeux. J’aime beaucoup les personnages en SD sur la quatrième de couverture qui portent les tenues des chapitres. Une lecture saisissante!

Mon voisin flippant est un oméga 2 – Nikuya Inui

Couverture de Mon voisin flippant est un oméga 2 de Nikuya Inui, éditions Hana

NIKUYA Inui ニクヤ乾
ISBN: 9782382768365
Hana, 2026
ISBN: 9784758028769 (JP)
Ichijinsha, 2025 (JP)
Titre original: コワモテの隣人がΩだった時の対処法 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je ne savais pas qu’un oméga flippant pouvait être aussi sexy et mignon! »

Nikuya Inui sensei continue de développer les spécificités de l’alpha singulier. Elle s’attarde également sur les principes de l’omegaverse, offrant une analyse des possibles causes et conséquences de certaines réactions. Ainsi, elle interroge sur la dépendance aux phéromones, le dérèglement hormonal, la gestion de l’absence, la perte de contrôle et le marquage. En effet, la morsure et le tour de cou pour oméga offrent une certaine protection mais marquent aussi la possession. Or, Kôta et Ryûnosuke ont une vision différente sur leur relation, même s’ils se rapprochent encore plus grâce à la cohabitation. Le couple apprend à se connaître et fait des efforts pour respecter le désir de l’autre. L’autrice dévoile le passé de Miyanaga. Par ailleurs, elle présente un peu plus leur vie étudiante. Elle apporte un peu d’humour avec le naïf Yû.

La mangaka a un trait léché à peine épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à les transformer en SD. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance se font discrètes, se fondant parfois dans les décors. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique utilise surtout les sorties de case et l’absence de cadre. Comme dans le tome précédent, Nikuya sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle faut poser les protagonistes.

En résumé

Enatsu Kôta (alpha) annonce à ses amis qu’il sort avec Miyanaga Ryûnosuke (oméga). Comme l’alpha singulier détecte l’odeur de l’oméga à une grande distance, son ami Yû se demande même s’ils ne sont pas âmes sœurs. D’ailleurs, Kôta a de plus en plus de mal à retenir son instinct de mordre le cou de son petit ami qui lui donne pourtant son accord…

En conclusion

Ce tome se classe premier meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2026. Nikuya Inui sensei développe un peu plus la relation entre Kôta et Ryûnosuke, analysant en parallèle les différents principes de l’omegaverse. Elle offre une dynamique toujours aussi rafraîchissante, entre tension et romantisme. Son graphisme met en valeur la plastique des deux amants. J’aime beaucoup les réactions de Miyanaga. Une lecture palpitante!

Caché sous son masque 4 – Sangou Mitsuru

Couverture de Caché sous son masque 4 de Sangou Mitsuru, éditions Hana

SANGOU Mitsuru 参号ミツル
ISBN: 9782382765593
Hana, 2025
ISBN: 9784799762820 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Quant à Saikawa, lui, il a du mal à faire taire sa jalousie… »

Sangou Mitsuru sensei délaisse un peu la romance des deux lycéens pour développer l’histoire de Yoshida Riko. Ainsi, elle s’intéresse à l’évolution de deux caractères opposés, analysant leurs influences et interactions. Elle aborde donc la différence entre apparence et personnalité réelle ainsi que les efforts pour sortir de sa zone de confort. La franche Yoshida est observatrice et aime la compétition. Pourtant, elle sympathise avec l’introverti Sayama qui cède facilement à la pression mais essaie de surpasser ses difficultés de communication. Saikawa encourage son petit ami mais n’hésite pas à exprimer sa jalousie. Comme dans le tome précédent, Tsuruga Teru apporte son soutien. A travers Hosoi, l’autrice ajoute quelques tensions supplémentaires. Elle dénonce les comportements parfois méprisables pour la course au pouvoir, avec les élections du Conseil des élèves. Dans la postface, elle annonce la sortie d’un drama cd et d’un anime.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Ainsi, la transformation des têtes rappelle celle des SD. Les trames équilibrées alternent entre dégradés et aplats mais ont une dominante claire. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques avec des superpositions, des formes de vignettes selon leur contenu, des sorties de cadre. Par ailleurs, les interstices très fines font ressortir les ellipses. Dans les scènes érotiques, Sangou sensei censure les parties intimes par des languettes blanches ou un cache blanc. Elle joue également sur la transparence dans les coupes intérieures. Les chapitres sont plutôt courts, axés sur un évènement.

En résumé

Yoshida Riko, déléguée de classe et présidente du comité d’organisation pour le voyage scolaire en juin, cherche un représentant pour la classe B. Mais personne n’est motivé. Remarquant Sayama Keigo, l’ex petite amie de Saikawa le désigne alors volontaire, l’introverti peinant à refuser. Comme Saikawa Tsunagu est absent à cause d’un rhume, Keigo lui ramène les polycopiés à domicile. Mais pourquoi son petit ami reste aussi sexy malgré la maladie?

En conclusion

Sangou Mitsuru sensei délaisse un peu la romance pour développer l’amitié entre filles et garçons, avec Yoshida Riko. Elle met en avant la complémentarité entre des caractères opposés, ainsi que l’influence positive que cela apporte, à conditions de partager les efforts pour se comprendre mutuellement. Elle alterne avec dextérité entre tension et humour. Son graphisme est agréable et fluide. J’aime beaucoup comment Yoshida intègre facilement les amis de Sayama, entre manipulation inconsciente (ou non?) et charisme, dans ses projets délirants. Une lecture exaltante!

A genoux, suppliant d’être aimé – Yamada Nonono

Couverture de A genoux, suppliant d'être aimé de Yamada Nonono, éditions Hana

YAMADA Nonono 山田ノノノ
ISBN: 9782382765050
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784403667459 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Pourquoi je n’arrive jamais à lui résister? Pourquoi j’ai toujours envie qu’il me touche? »

Yamada Nonono sensei propose un dom/sub axé sur la relation, la position du sub, le comportement du dom. Ainsi, elle aborde la question du respect, les dérives et les abus qui découlent d’une relation entre dominant et dominé. Elle ajoute également l’élément narratif classique d’une romance entre deux amis d’enfance perdus de vue. La narration alterne entre les deux lycéens. Masaki nourrit un certain mépris pour les sub, influencé par des préjugés et un traumatisme de l’enfance tandis que le prévenant Yusei cherche avant tout le consentement. Ils vont apprendre à se connaître jusqu’à ressentir une attirance réciproque. L’autrice s’intéresse à la difficulté à créer une relation équilibrée dans ce contexte. Elle dévoile le passé des deux lycéens par brides. Par ailleurs, elle apporte quelques tensions supplémentaires avec le dom Togi et le sub Itô, abordant ainsi les interdits. L’histoire bonus présente l’avenir du couple.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les décors situent principalement l’action. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est simplement dynamique. Par ailleurs, Yamada sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même une scène par chapitre. Elle offre également des coupes intérieures. Elle donne les explications sur le dom/sub directement dans le récit. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages poser sans décors en arrière-plan.

En résumé

Bien que lycéen, Masaki travaille en parallèle dans un club destiné aux subs. Persuadé d’être normal, il n’hésite pas à pratiquer quelques jeux sado-masochistes pour satisfaire ses clients. Mais un jour, il est interpellé par un jeune homme qu’il éconduit. Néanmoins, il s’agit de Date Yusei, un nouvel élève de retour des Etats-Unis, qui intègre sa classe. Yusei propose alors à Masaki de préserver son secret en échange de son amitié. D’ailleurs, il est persuadé que son camarade est en fait un sub et veut prendre soin de lui. Dans le déni, Masaki répond pourtant à une de ses commandes.

En conclusion

Ce one-shot se classe premier meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Yamada Nonono sensei applique le principe du dom/sub sur une classique romance d’amis d’enfance perdus de vue. Elle maîtrise le développement de son récit, allant à l’essentiel mais intégrant toutefois de nombreuses scènes épicées. Son graphisme dégage une certaine sensualité. J’aime beaucoup l’équilibre entre les thèmes développés et la dynamique des personnages. Je pense que c’est un titre intéressant pour découvrir le concept. Une lecture séduisante!

Our love language 3 – Rinteku

Couverture de Our love language 3 de Rinteku, éditions Akata

Rinteku 厘てく
ISBN: 9782385694104
Akata, 2026
ISBN: 9784757598140 (JP)
Square Enix, 2025 (JP)
Titre original: カメレオンはてのひらに恋をする。3
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je vais faire de mon mieux pour apprendre… »

Rinteku sensei développe la romance entre Fujinaga et Keito, entre quiproquos, tension sexuelle et différentes manières d’exprimer son amour et sa jalousie. Ainsi, elle continue de développer la question de la surdité et des moyens de communiquer, s’attardant sur le manque de maîtrise de la langue des signes, les synonymes et les inconvénients d’un appareil auditif. Elle interroge également le sentiment d’exclusion lorsqu’un interlocuteur porte un masque. Le couple construit une relation consensuelle respectant le rythme de chacun. Alors que les deux amants admirent les qualités respectives de l’autre, ils avancent en se soutenant mutuellement. Fujinaga, dont la célébrité naissante apporte de nouvelles tensions, peut s’appuyer sur Hama qui le conseille et supervise sa carrière. Lem ajoute une note d’humour par ses réactions. L’autrice aborde la gestion de la célébrité, les risques de scandales, l’influence des réseaux sociaux. Elle met également en avant la tendance à surprotéger une personne handicapée.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, transformant parfois les personnages en SD. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Comme dans le tome précédent, Rinteku sensei apporte une attention particulière pour transcrire les mouvements de la langue des signes, dessinant alors plusieurs mains. Sous la jaquette, elle présente les plans des logements de Keito et Fujinaga. Elle offre un tome plutôt épais.

En résumé

Maejima Keito est finalement venu voir la pièce que joue Fujinaga Aoi. Le jeune acteur lui donne alors rendez-vous pour discuter à la fin de la représentation. Encore excité par son rôle et la joie de le revoir après leur éloignement forcé pendant les répétitions, il lui déclare soudain ses sentiments. Désormais, les deux étudiants sortent ensemble.

En conclusion

Ce tome se classe septième meilleure série au Chill chill BL award 2026. Rinteku sensei analyse ses thèmes de la communication et de la surdité grâce à des évènements précis du quotidien, invitant les lecteurices à réfléchir aux différentes situations. Elle aborde également la question de la célébrité naissante. Son graphisme est à la fois doux, expressif et sensuel. Malgré un tome encore épais, je l’ai dévoré d’une traite. J’adore la relation entre les deux étudiants ainsi que le style de la mangaka pour traiter les différents sujets. L’éditeur français propose une version collector avec un coffret comportant un livret rappelant les magazines, des silhouettes cartonnées et une planche de stickers. Un petit bijou de lecture!

Hirano et Kagiura 5 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 5 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385694272
Akata, 2026
ISBN:‎ 9784046843951 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ça ne m’avait absolument rien fait à ce moment-là pourtant! »

Harusono Shou sensei continue d’analyser la différence entre amour et amitié complice, s’attardant surtout sur les interrogations de Hirano. Elle alterne la narration entre les deux colocataires. Avec la présence de Sasaki et Miyano Yoshikazu, elle fait le lien avec sa série Sasaki et Miyano tout en nous divertissant avec les allusions BL. Niibashi joue les confidents et apporte soutien à Kagi tandis que Hanzawa Masato ajoute une note d’humour. Le comportement ambigu de Taiga crée quelques tensions avec son colocataire. Par ailleurs, Kagiura fait face à la jalousie et aux médisances dans le club de basketball, perdant ainsi de l’assurance. L’autrice s’intéresse à l’influence des rumeurs, aux choix d’avenir et à la difficulté à conserver une harmonie. Elle détend l’atmosphère avec un tournoi de sport, abordant les efforts, le bienfait des encouragements. Dans les histoires bonus, elle apporte des anecdotes sur les personnages secondaires.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours plus épais qui donnent du relief. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Dans les illustrations en début de chapitre, Harusono sensei présente le quotidien des personnages. Sous la jaquette, elle apporte des anecdotes en deux planches. Comme dans le tome précédent, elle présente les liens entre les personnages à la fin du tome. Le sommaire permet de se repérer chronologiquement en précisant les mois. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Hirano Taiga et Kagiura Akira peuvent continuer à cohabiter ensemble. Bien que Hirano joue le jeu de son colocataire en se laissant toucher dix secondes par jour, il ne ressent rien de spécial. Sauf le jour où il prend l’initiative pour réconforter Kagi. D’autant plus que ce dernier considère leur sortie comme un rendez-vous amoureux…

En conclusion

Harusono Shou sensei s’attarde encore sur les questionnements de Hirano et Kagiura et met en avant tout ce qui crée l’ambiguïté de leur relation. Elle développe également l’ambiance de la vie étudiante, particulièrement en internat. Son graphisme mignon est agréable à regarder. Je suis surprise par la fragilité de Kagi qui se laisse facilement influencer par les disputes et les paroles blessantes. Cela le rend encore plus attendrissant! Une lecture charmante.