Hirano et Kagiura 5 – Harusono Shou

Couverture de Hirano et Kagiura 5 de Harusono Shou, éditions Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385694272
Akata, 2026
ISBN:‎ 9784046843951 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Ça ne m’avait absolument rien fait à ce moment-là pourtant! »

Harusono Shou sensei continue d’analyser la différence entre amour et amitié complice, s’attardant surtout sur les interrogations de Hirano. Elle alterne la narration entre les deux colocataires. Avec la présence de Sasaki et Miyano Yoshikazu, elle fait le lien avec sa série Sasaki et Miyano tout en nous divertissant avec les allusions BL. Niibashi joue les confidents et apporte soutien à Kagi tandis que Hanzawa Masato ajoute une note d’humour. Le comportement ambigu de Taiga crée quelques tensions avec son colocataire. Par ailleurs, Kagiura fait face à la jalousie et aux médisances dans le club de basketball, perdant ainsi de l’assurance. L’autrice s’intéresse à l’influence des rumeurs, aux choix d’avenir et à la difficulté à conserver une harmonie. Elle détend l’atmosphère avec un tournoi de sport, abordant les efforts, le bienfait des encouragements. Dans les histoires bonus, elle apporte des anecdotes sur les personnages secondaires.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec des contours plus épais qui donnent du relief. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Dans les illustrations en début de chapitre, Harusono sensei présente le quotidien des personnages. Sous la jaquette, elle apporte des anecdotes en deux planches. Comme dans le tome précédent, elle présente les liens entre les personnages à la fin du tome. Le sommaire permet de se repérer chronologiquement en précisant les mois. Les premières pages sont en couleurs.

En résumé

Hirano Taiga et Kagiura Akira peuvent continuer à cohabiter ensemble. Bien que Hirano joue le jeu de son colocataire en se laissant toucher dix secondes par jour, il ne ressent rien de spécial. Sauf le jour où il prend l’initiative pour réconforter Kagi. D’autant plus que ce dernier considère leur sortie comme un rendez-vous amoureux…

En conclusion

Harusono Shou sensei s’attarde encore sur les questionnements de Hirano et Kagiura et met en avant tout ce qui crée l’ambiguïté de leur relation. Elle développe également l’ambiance de la vie étudiante, particulièrement en internat. Son graphisme mignon est agréable à regarder. Je suis surprise par la fragilité de Kagi qui se laisse facilement influencer par les disputes et les paroles blessantes. Cela le rend encore plus attendrissant! Une lecture charmante.

Ham ham love! – Machico

Couverture de Ham ham love! de Machico, édition Noeve grafx

Machico 町子
ISBN: 9782386707704
Noeve grafx, 2025
ISBN: 9784575380408 (JP)
Futabasha, 2019 (JP)
Titre original: きみとハムハムしたいのだ!
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Je suis le seul à connaître ton secret. »

Machico sensei propose une comédie romantique entre deux étudiants rivaux au kendo, avec une petite note fantastique. Elle oppose également deux caractères différents. Elle base la narration du point de vue de Kamiya. D’ailleurs, chaque chapitre débute par un monologue de Kei qui présente la situation actuelle de ses sentiments. Le franc lycéen a tendance à foncer d’abord, craque complètement pour ce qui est mignon et s’avère très tactile. L’austère Matsuyuki, quant à lui, apporte une note d’humour avec ses attitudes de hamster quand il est encore humain. Il complexe de ne pas maîtriser sa transformation. Malgré des sentiments réciproques naissants, les deux rivaux ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ainsi, l’autrice enchaîne les quiproquos et les éléments perturbateurs pour créer la surprise. Elle installe une mini enquête pour découvrir la cause des transformations intempestives. Par ailleurs, elle aborde les premières fois. Shiratori Mai apporte quelques tensions.

La mangaka a un trait épuré, avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle marque les rougissements par des hachures envahissantes. Les trames équilibrées utilisent pourtant une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Machico sensei s’arrête au début des préliminaires des scènes érotiques, se contentant des baisers. Par ailleurs, elle joue sur le contraste des tailles avec un grand costaud qui se transforme en petit hamster. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages. Sur la couverture, un vernis sélectif donne un effet de relief.

En résumé

A chaque fois que le capitaine de l’équipe de kendo du lycée Murakami, Kamiya Kei, perd une compétition de kendo contre Matsuyuki Jin, capitaine du lycée Shiba, il se réconforte auprès des hamsters et autres rongeurs du café animalier de sa sœur. Un jour, il trouve un adorable hamster devant la porte du café. Alors qu’il allait le recueillir, ce dernier se transforme soudain en Matsuyuki. Partageant ce secret, les deux éternels rivaux se rapprochent… ou pas?

En conclusion

Machico sensei maîtrise le format de ce one-shot, même si elle dit avoir supprimé des idées en postface. Elle équilibre parfaitement les tensions, les moments comiques et mignons, créant ainsi une bonne dynamique entre les personnages. La transformation en hamster apporte vraiment de l’originalité au classique scénario d’ennemis à amants. Son graphisme au trait épuré est très expressif. Je craque particulièrement pour le charme de Matsuyuki, même en hamster. Une lecture surprenante et amusante!

Cherry blossoms after winter 5 – Bamwoo

Couverture de Cherry blossoms after winter 5 de Bamwoo, éditions KBL

Bamwoo
ISBN: 9782382884508
Kbooks, 2026
Orange agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« On est ensemble depuis plus d’un an mais notre relation n’a toujours pas évolué. »

Bamwoo s’intéresse à la première fois d’un couple inexpérimenté, questionnant sur l’appréhension, la difficulté à créer une ambiance et à surmonter sa honte. Néanmoins, le couple développe une relation consentie, discutant et respectant le rythme de chacun. La différence d’endurance entre les deux amoureux apporte un peu de piquant et d’humour dans la relation. D’ailleurs, Haebom prend de plus en plus d’initiatives. De même, les deux étudiants dévoilent par brides leur cohabitation à certains de leurs amis. Les efforts entre Taesung et sa mère, Mme Ha, pour se rapprocher progressent et un lien sain se recrée petit à petit. Par ailleurs, l’auteurice aborde la question des choix d’avenir. L’introduction des deux frères Yoo Juoh (28 ans) et Jueon (33 ans) qui tiennent un café, apporte une réflexion sur les métiers passions.

Bamwoo a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les personnages se transforment parfois en SD. Les couleurs réalistes utilisent toutefois des tons plutôt pastels. Des dégradés renforcent par ailleurs la douceur des teintes tandis que les ombres fortes sont en aplat. Les décors plutôt simples ne reprennent que les traits essentiels et deviennent flous et diffus en arrière-plan. Ils alternent également avec les trames d’ambiance colorées. De même, les vignettes recouvertes d’une trame légèrement bleutée et pixellisée indiquent les flash-back, donnant l’effet discret d’un souvenir. La mise en page classique offre toutefois quelques pages plus dynamiques. Le.a manhwaga ne censure pas les scènes érotiques. Il y en a d’ailleurs beaucoup, comme pour compenser la chasteté du tome précédent.

En résumé

Alors que Seo Haebom se donne à fond dans ses études et ses devoirs, Jo Taesung se contente du minimum pour assurer la réussite de son diplôme. Il hésite encore sur son orientation envisageant même d’intégrer la même entreprise que son petit ami. D’ailleurs, bien qu’ils sortent ensemble depuis un an, ils n’ont pas dépassé le stade du baiser. Taesung s’enquiert alors des avis de Haebom.

En conclusion

Bamwoo intègre sans difficultés les scènes érotiques dans son récit. Toutefois, certain.e.s lecteurices pourront être décontenancé.e.s par ce brusque changement après autant de tomes chastes. Les moments tendres et sexy côtoient constamment humour et tension. Bien que la force du graphisme réside principalement dans les expressions des personnages, la plastique des personnages est également mise en avant. J’aime beaucoup l’évolution de Taesung. Une lecture émoustillante!

BJ. Alex 2 – Mingwa

Couverture de BJ Alex 2 de Mingwa, éditions KBL

Mingwa
ISBN: 9782413091509
Kbooks, 2026
Lezhin, 2026 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Fais-moi confiance. D’accord? »

Mingwa continue de développer la relation entre Dong-gyun et Jiwon. Elle s’intéresse à la différence entre fantasme et réalité, interrogeant sur leurs limites. Les deux étudiants réalisent leur compatibilité sexuelle et essaient quelques jeux sexuels soft, prenant quelques risques. Dong prend de plus en plus d’assurance, n’hésitant pas à négocier et à dire ce qui ne lui plaît pas tandis que Ahn nie pour l’instant ses sentiments naissants. Le colérique Kang-hoon apporte quelques tensions. Chan-woo ajoute une note comique, entre sa vision de l’homme idéal et son manque de discrétion. Par ailleurs, l’autrice aborde l’univers des cam boy, avec par exemple les rivalités et collaborations commerciales. A travers Kim Myeong-dae, alias BJ. MD, un streamer spécialisé dans le SM, elle questionne sur la participation aux vidéos d’un partenaire externe ainsi que les risques.

Mingwa a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise trois couleurs principales – noir, blanc et rouge – et ajoute quelques touches d’autres couleurs sur certaines cases. Les trames sont variées tandis que des hachures ou un aplat noir soulignent les ombres fortes. De même, les trames d’ambiance, graphiques ou colorées, appuient les émotions. Les décors soignés sont par ailleurs très présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Comme dans le tome précédent, les deux illustrations en début de tome reprennent le principe du zoom.

En résumé

Après avoir couché avec Nam Dong-gyun, BJ. Alex reprend les diffusions de vidéos. Mais son public remarque immédiatement son air rayonnant. Dong-gyun déborde également de bonheur après avoir réalisé un de ses fantasmes. Mais il réalise aussi une certaine froideur d’une relation charnelle. Alors que l’étudiant n’ose pas parler à Anh Jiwon à l’université, ce dernier l’invite à la pause déjeuner pour recoucher ensemble.

En conclusion

Mingwa développe en parallèle l’univers des cam boy ainsi que la relation entre Dong-gyun et Jiwon, introduisant différents thèmes. Elle alterne également entre scènes sexy, humour et tension. Son graphisme très expressif transcrit parfaitement les émotions des personnages, même quand leur visage se simplifie à l’extrême. J’apprécie l’évolution progressive des deux amoureux. Une lecture entraînante.

Love so pure 2 – Plan B

Couverture de Love so pure 2 de Plan B, éditions Nao studio

Plan B
ISBN: 9782487899049
Nao studio publishing, 2026
C&C revolution, 2021 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ji-Hyeon continue de mettre de la distance entre nous. »

Plan B dévoile le passé traumatisant de Ji-Hyeon et de Yo-Han, abordant l’hypersexualité, l’homosexualité, les violences familiales, le harcèlement et le jugement sur l’apparence. L’introduction de Yeong-Oh, un voisin voyeur et pervers, interroge sur l’amour inconditionnel et la prégnance de la honte face à des abus. Ryu se sentant coupable, fuit les explications. En travaillant dans le bar, Han se sociabilise de plus en plus et apprend à se connaître. Mais un malaise s’installe entre les deux amants. So-Hye dévoile quelques facettes surprenantes entre manipulatrice et gentillesse. L’auteurice s’intéresse à l’influence des rumeurs avec l’introduction de Cheong-Ja. Par ailleurs, Park Dae-Sik détend l’atmosphère par ses réactions parfois excessives et sa maladresse de séduction de Han Yo-Saep, le frère de Yo-Han. D’ailleurs, l’origine des tensions entre les deux frères se révèlent petit à petit, Yo-Han redoutant de céder aussi facilement à la violence comme son aîné.

Plan B a un trait épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Les couleurs sont variées tandis que les trames d’ambiance utilisent majoritairement des dégradés de couleurs. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page classique propose toutefois quelques pages plus dynamiques. Comme dans le tome précédent, le.a manhwaga ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

So-Hye surprend Ryu Ji-Hyeon embrasser un client du bar Moonlight. Malgré les menaces de Ji-Hyeon, elle s’empresse de le dire indirectement à Han Yo-Han. Mais le jeune étudiant n’apprécie pas son comportement. N’étant qu’un plan cul, il hésite d’ailleurs à se montrer plus tendre. Il se rend donc dans le bar pour en discuter avec son bien-aimé mais arrive trop tôt. Le patron l’incite alors à confier ses soucis.

En conclusion

Plan B aborde des sujets plus généraux tout en y incluant les spécificités des questions LGBTQIA+. Les passages comiques et mignons détendent l’atmosphère plutôt tendue et dramatique, permettant de respirer entre deux évènements. Le graphisme est agréable et expressif. Mes émotions ont fait le yoyo pendant tout le tome. Je me répète, mais c’est une série à découvrir absolument! Une lecture émouvante.

BJ. Alex 1 – Mingwa

Couverture de BJ Alex 1 de Mingwa, éditions KBL

Mingwa
ISBN: 9782413091493
Kbooks, 2025
Lezhin, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu es BJ. Alex… N’est-ce pas? »

Mingwa narre une romance entre deux étudiants complètement opposés mais qui cachent quelques secrets sur leur vie privée. Elle installe pour l’instant l’histoire et les personnages. La narration alterne entre les deux étudiants, dévoilant ainsi leurs facettes cachées. Le bienveillant Jiwon se montre plutôt dominateur et agressif en BJ. Alex tandis que le candide Dong-gyun se transforme en fan pervers. Les deux étudiants vont d’abord développer une relation purement charnelle, oscillant entre menace et marché pour protéger l’identité du cam boy. D’ailleurs, bien qu’Ahn ne ménage pas son admirateur, il se montre tout de même prévenant en découvrant son inexpérience. Ainsi, l’autrice aborde l’addiction au porno, la différence entre réalité et fiction, le jugement sur l’apparence. Elle montre également les quiproquos qui s’installent par manque de communication. A travers Kang Hoon, elle dénonce l’autoritarisme de certains étudiants plus âgés. Chan-Woo, le collègue de travail au café de Nam, apporte conseil.

Mingwa a un trait épuré qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à le déformer ou transformer les personnages en SD. Elle utilise trois couleurs dominantes – noir, blanc et rouge – jouant sur les aplats et les dégradés. D’autres couleurs s’ajoutent parfois par petite touche. Les trames graphiques appuient les émotions tandis que les autres trames renforcent le contraste noir et blanc. De même, les flash-back et les fantasmes se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique oublie le format vertical d’origine. Dans les scènes érotiques, la manhwaga censure les parties intimes avec un cache blanc. Les deux illustrations en début de tome reprennent le thème du zoom caméra.

En résumé

Simple étudiant le jour, Nam Dong-gyun, sous le pseudo Dong dong en ligne, fantasme sur le sulfureux cam boy BJ. Alex. Invité un jour par le gentil et beau président du bureau des élèves Ahn Jiwon à une soirée, il finit complètement ivre. Jiwon le ramène alors chez lui. Mais reprenant ses esprits, Dong-gyun remarque que le président du BDE a la même tâche de naissance que son cam boy préféré. Et si?

En conclusion

Mingwa maîtrise le développement de son récit, maintenant un certain suspense en ne dévoilant pas immédiatement tout le contexte. Elle installe d’abord les personnalités des personnages, créant rapidement l’attachement des lecteurices. Son graphisme met en valeur la plastique de BJ. Alex et les mignonnes réaction de Dong-gyun. Lors de la venue de la manhwaga à la Y/Con 11 en 2025, l’éditeur a proposé une édition collector sous forme de coffret, contenant un stand acrylique, un bloc de post-it, un porte-clé, un photo call et des strickers, en plus du tome dont la couverture avait quelques touches argentées. J’aime beaucoup la construction des personnages de l’autrice. Une lecture haletante!

I’m not your hero – Uikashi

Couverture de I'm not your hero d'Uikashi, édité par Taifu

Uikashi 宇井カシ
ISBN: 9782375065969
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784910526171 (JP)
Shucream, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Il n’y a aucune raison pour que je me trompe… Parce que c’est mon premier amour. »

Uikashi sensei narre une classique romance d’amis perdus de vue qui se retrouvent à l’université. Toutefois, elle y inclut des thèmes originaux tels que l’addiction aux vidéos érotiques, la prostitution et le travestissement. Elle base la narration du point de vue de Chihiro, s’attardant sur ses réflexions sur la sexualité. Malgré une relation purement charnelle avec Fuji, le consentement est parfois gris. Sei rejette la moindre affection tandis que Maki aime montrer sa tendresse et prendre soin de celui qu’il aime. Le passé et les secrets de Togawa se révèlent au fur et à mesure. Hiro, qui est un peu dur à la détente, apporte une note comique, d’autant plus qu’il se confie à Akira. Ainsi, l’autrice aborde le secret, l’acceptation de l’autre et de ses sentiments et la différence entre admiration et amour. Elle interroge également sur la notion de héros face à la bienveillance.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à déformer les expressions. Elle dessine d’ailleurs des visages plutôt ronds avec des cheveux méchés rappelant le style shôjo. Les trames variées sont en aplat tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page alterne les compositions classiques et simplement dynamiques. Dans les scènes érotiques, Uikashi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle offre toutefois une scène par chapitre. La couverture se classe dix-septième au Chill chill BL award 2023.

En résumé

Enfant, Maki Chihiro considérait son ami Togawa Sei comme son héros, ce dernier l’ayant sauvé d’un harcèlement scolaire. Mais il a disparu au lycée suite à des rumeurs. Maintenant à l’université, Maki retrouve Togawa, mais ce dernier prétexte s’appeler Fuji. Toutefois Chihiro cherche absolument à sympathiser avec lui. Lors d’une soirée trop arrosée, il aide Sei qui allait de faire agresser et les deux étudiants finissent par devenir sex friends. En parallèle, Maki découvre sur Internet les vidéos d’un travesti sexy, Akira, ressemblant à son ami…

En conclusion

Uikashi sensei offre une romance assez classique dans laquelle les secrets polluent les relations. Toutefois, elle détend l’atmosphère avec la naïveté et la fraîcheur de Chihiro. En effet, même si elle effleure juste le lourd passé de Sei, il y a l’essentiel pour créer des tensions. Bien que son graphisme ne se démarque pas, il reste agréable et contient quelques touches mignonnes. D’ailleurs, je trouve dommage que le travestissement ne serve que le côté un peu fan service, sans développement profond. Une lecture simple.

Megumi & Tsugumi 6 – Si Mitsuru

Couverture de Megumi & Tsugumi 6 de Si Mitsuru, éditions Taifu

SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782375065846
Taifu comics, 2026
ISBN: 9784801983748 (JP)
Takeshobo, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Tout juste transféré à Kokonoe, Tsugumi annonce à tout le lycée qu’il est en couple avec Megumi! »

Si Mitsuru sensei s’intéresse à l’intégration des omégas et des bêtas dans un lycée réservé aux alphas. Elle aborde donc les inquiétudes, les rejets, les difficultés d’adaptation, la gestion des chaleurs et la motivation portée par un leader. En effet, Tsugumi devient vite un modèle dans sa classe grâce à son habituelle attitude de sauveur d’omégas en péril. Megumi arrive tout de même à amener son petit ami violent à faire quelques concessions. Les échanges entre le romantique alpha et le gourmand oméga apportent constamment des surprises. Yamada Harutsugu, avec son côté surprotecteur, ajoute également une touche comique. Avec l’introduction du professeur manipulateur Nagano (oméga), l’autrice installe des tensions et de nouvelles intrigues. Elle reprend les classiques des romances scolaires tels que le voyage d’études, les petits moments intimes entre amoureux. Par ailleurs, elle offre deux histoires bonus amusantes.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, alternent avec les décors. La mise en page plutôt classique propose toutefois des vignettes prenant la forme selon leur contenu. Comme dans le tome précédent, Si Mitsuru sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre deux planches narrant des anecdotes amusantes, du point de vue des enfants puis des parents.

En résumé

Dès le premier jour, Yamada Tsugumi (oméga) se fait remarquer dans le lycée Kokonoe, en déclarant qu’il sort avec Kokonoe Megumi (alpha). Dans la classe spéciale, il attire également l’attention avec sa présentation percutante. Sakashita Inami (alpha), quant à lui, a aussi intégré le lycée et s’inquiète pour son ami oméga. Loin des soucis, Megumi espère avant tout profiter des joies du lycée avec son petit ami…

En conclusion

Si Mitsuru sensei introduit de nouvelles intrigues avec l’arrivée de nouveaux personnages. Elle maîtrise l’alternance entre tension, humour et scènes sexy. Elle chamboule un peu les classiques de la romance lycéenne grâce aux principes de l’omegaverse, créant ainsi beaucoup de surprise. La variété des expressions des regards permet immédiatement de comprendre les émotions des personnages. J’adore le professeur Nagano qui a sûrement encore d’autres facettes à nous dévoiler. Une lecture amusante!

Salad days 9 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de Salad days 9 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, éditions Nazka

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400559
Nazca, 2026
2023 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Je n’ai besoin que d’avancer avec courage. »

Jing Shuibian suit en parallèle les premières compétitions vers la professionnalisation de Bai et Jiang. Le couple consolide enfin leur relation, leurs séjours à l’étranger leur permettant de montrer plus directement leur affection. Ai Lai apporte une note amusante en supervisant indirectement les entraînements rigoureux des deux amoureux. En effet, malgré les vacances, Shen suit un régime et se prépare à une compétition internationale tandis que Jinyi augmente ses exercices. Une tension sexuelle s’installe dans le couple, renforcée par une abstinence forcée. Dans l’école d’Ai, le petit cygne découvre une rivalité saine, d’autres profils d’élèves dont Novie, une danseuse douée mais cardiaque. Ainsi le.a scénariste aborde la gestion de la frustration, la jalousie, le respect entre rivaux, la difficulté à ne pas se laisser influencer par la situation des autres. Par ailleurs, iel révèle le passé de Ying.

Tang Liuzang a un trait épuré et fin qui se simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les personnages se transforment en de mignons SD. Les couleurs sobres apportent une touche réaliste tandis que les trames d’ambiance, de couleurs ou graphiques, appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action et s’estompent même en arrière-plan pour ne pas surcharger les vignettes. La mise en page dynamique oublie totalement le format vertical numérique. Par ailleurs, le.a manhuajia donne une note poétique en suivant les deux amants dans leurs épreuves avec une composition particulière des pages. Même s’il n’y a pas de scènes érotiques, des indices (morsures, suçons, nudité, gêne) suggèrent subtilement le passage à l’acte. La première édition propose une couverture réversible avec du vernis sélectif du plus bel effet. Comme dans le tome précédent, il y a la présentation des personnages sur le rabat de la jaquette.

En résumé

Perdu dans ses réflexions pour sa carrière, Jiang Shen retourne chez lui pour se ressourcer. Mais dès son arrivée chez les Chen avec ses amis, Qingling fuit en entendant ses parents parler de supprimer ses cours de dessin. Malgré le soutien de ses amis, la lycéenne préfère aider ses parents mais ne perd pas de vue son objectif de devenir artiste. Bien que touché par la passion et la détermination de la jeune fille, Shen ne trouve pas encore de solution à son problème et se confie à son professeur Ai Lai. Toutefois, il décide tout de même d’avancer en continuant à danser. Mais il termine d’abord ses vacances aux États Unis avec Bai Jinyi.

En conclusion

Jing Shuibian accélère d’un seul coup son récit, aussi bien la romance que la professionnalisation des deux amants. D’ailleurs, le traitement des entraînements et des compétitions apporte beaucoup de tension et de suspense. Tang Liuzang sublime également ces passages par une mise en page particulière. Toutefois, des petites scènes amusantes, avec un graphisme tout mignon, viennent détendre l’atmosphère pour notre plus grand plaisir. J’aime beaucoup découvrir les réactions des amis des deux héros qui introduisent à chaque fois des révélations. Une lecture palpitante!

I cannot reach you 9 – Mika

Couverture de I cannot reach you 9 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 9782505143376
Kana, 2026
ISBN: 9784046842244 (JP)
Kadokawa, 2025 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Profiter de cette dernière année en m’amusant ne dépend que de moi! »

Mika sensei introduit de nouveaux personnages, permettant ainsi de développer de nouveaux sujets. Elle montre l’évolution d’Oohara qui s’ouvre de plus en plus à son entourage mais également les efforts d’Ashiya pour être plus positif. Ainsi, elle aborde la gestion du manque et de l’inquiétude et les différentes façons de se lier d’amitié. Comme le groupe d’amis se retrouve dans des classes différentes, leurs liens évoluent. Hosoka veille sur le couple, portant également conseil. Fujino et Amamiya, quant à eux, apportent une note comique par leurs réactions parfois exagérées. Les nouveaux amis de Kakeru, Mizukawa Sora, Kitamura Taisei et Washimi Haruka semblent avoir des tempéraments bien trempés. Avec l’introduction de la peste Fujiwara Azusa, manipulatrice, l’autrice s’intéresse aux rumeurs, à la pression des ami.e.s, à l’influence des réseaux sociaux, à la différence entre apparence et personnalité. Elle crée ainsi des tensions, confrontant Ashiya à des sentiments complexes.

La mangaka a un trait doux et épuré. Comme dans le tome précédent, elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Ces dernières reprennent d’ailleurs les codes du shôjo avec des scintillements, des pois ou des fleurs, et envahissent même les phylactères. Par ailleurs, les décors très présents apportent une note réaliste. La mise en page plutôt classique offre quelques pages plus dynamiques. Mika sensei présente les personnages secondaires à la fin de certains chapitres. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages. Le chapitre bonus donne une série d’anecdotes au format yonkoma.

En résumé

Durant les vacances de printemps, une partie de la classe 6 de deuxième année pique-nique sous les cerisiers en fleurs une dernière fois. En effet, à la rentrée, ils seront peut-être dans des classes séparées. Alors que les élèves discutent de leur avenir, Ashiya Kakeru constate qu’il ne sait rien des projets d’Oohara Yamato. En plus, son petit ami interagit de mieux en mieux avec ses camarades. Profitant du passage d’Oohara Mikoto, venue rapporter le smartphone oublié de son frère, les deux amoureux se promènent dans le parc. Mais quand Kurosawa demande à voir Oohara en tête à tête , Kakeru a du mal à réprimer son inquiétude.

En conclusion

Mika sensei aborde de nouveaux sujets en introduisant de nouveaux personnages, s’intéressant par ailleurs à l’influence des réseaux sociaux. Elle décortique les sentiments complexes dans de nouvelles relations amicales ainsi que la différence entre apparence et réel caractère. Son graphisme doux devient très expressif lors des passages comiques malgré un trait extrêmement simplifié. J’ai hâte de découvrir comment la mangaka va faire évoluer Kakeru, sa gentillesse naturelle devenant, dans ce tome, la cible de dénigrement. Une lecture apaisante!