Caché sous son masque 2 – Sangou Mitsuru

cache sous son masque 2 sangou mitsuru

SANGOU Mitsuru 参号ミツル
ISBN: 9782382761946
Hana, 2023
ISBN: 9784799751596 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Même notre amoureux peur avoir une face cachée. »

Sangou Mitsuru sensei conserve le format court des sketches pour ses chapitres mais change le style narratif pour un développement plus classique. Elle s’attarde sur le passé de Saikawa et révèle au compte-gouttes les raisons de son sourire forcé. En dévoilant également ses défauts, elle explique ainsi le comportement insistant du beau gosse, atténuant sa violence comme dans le tome précédent. En effet, le lycéen ayant conscience de sa jalousie, sa possessivité et sa perversion, fait beaucoup d’efforts pour retenir ses sentiments, marqué par les évènements de son enfance. Comme la narration s’appuie principalement sur le point de vue de Sayama, le suspense se maintient jusqu’aux mises au point entre les deux amoureux. En introduisant Tsuruga Teru, l’auteure aborde différents questionnements comme les préjugés, l’influence des rumeurs, le jugement sur les apparences. Dans l’histoire bonus, elle donne la version de Kobayashi.

La mangaka a un trait épuré et fin qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas à recouvrir entièrement le visage de Sayama par des hachures lorsqu’il rougit. Les trames équilibrées ont une teinte claire dominante tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sangou sensei censure les parties intimes par des caches blancs. A la fin de certains chapitres, elle offre quelques yonkoma révélant des secrets ou donnant une anecdote sur les protagonistes avec humour. Par contre, elle donne le point de vue des personnages secondaires dans des yonkoma sous la jaquette.

En résumé

Bien qu’ils sortent ensemble depuis déjà deux mois, Sayama Keigo n’arrive toujours pas à s’habituer aux baisers langoureux de Saikawa Tsuzuru. Pourtant, il éprouve beaucoup d’enthousiasme dans cette première relation. Pour le festival culturel du lycée en automne, la classe B décide d’organiser une maison hantée. Saikawa, sommé de jouer un des monstres, se retrouve dans l’équipe des beaux gosses tandis qu’à son grand soulagement, Sayama s’occupe des décors avec la majorité des autres timides de la classe. Keigo réalise alors qu’il discute plus facilement avec ses camarades depuis qu’il fréquente son petit ami. D’ailleurs, il se demande pourquoi Tsuzuru continue d’adresser de faux sourires aux autres élèves. En allant déposer un document dans la salle du conseil des étudiants, Sayama est bousculé par Tsuruga Teru, qui se disputait au téléphone. Curieux, ce dernier tente soudain de lui ôter son masque.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Sangou Mitsuru sensei s’oriente vers un récit un peu plus classique mais exploite des thèmes intéressants. Elle crée des personnages aux comportements ou caractères ambivalents, créant de l’attachement pour certains d’entre eux à la base peu appréciables et perturbant ainsi un peu les lecteurs. J’espère que Teru trouvera le bonheur avec quelqu’un d’autre, fille ou garçon. J’ai apprécié découvrir les secrets de Saikawa et attends la suite avec impatience.

La forme des sentiments 2 – Mita Homuro

la forme des sentiments 2 mita homuro

MITA Homuro 見多ほむろ
ISBN: 9782382761908
Hana, 2023
ISBN: 9784199608469 (JP)
Tokuma shoten, 2020 (JP)
Titre original: いびつなボクらのカタチ 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je n’ai fait que prolonger la souffrance de ma mère. »

Mita Homuro sensei révèle le passé douloureux d’Ibuki ainsi que le lien particulier qu’il entretient avec Maika. Elle questionne donc sur l’homoparentalité, le lien familial dans une adoption, la reconstruction après le deuil, les souffrances lors de l’accompagnement d’un malade en fin de vie. De même, elle met en avant la perspicacité des enfants et le regard innocent qu’ils portent sur l’amour en général. Après leurs déboires, Ibuki et Yûma ont peur d’aimer et nient donc leurs sentiments réciproques. Pourtant, sous l’influence de Maika, ils vont mutuellement s’accepter tels qu’ils sont. Avec sa sagesse, Kasumi apporte un peu de bienveillance à ces adultes et cette enfant qui cherchent à faire au mieux pour ne blesser personne. L’auteure équilibre parfaitement les moments dramatiques, comiques et romantiques. Avec Seiji, elle met en avant la dualité de sa personnalité, sa générosité étant en fait influencée par ses inquiétudes sur l’avenir de sa fille.

La mangaka a un trait fin et épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle renforce le côté mignon de Maika avec un trait plus rond mais surtout sa coupe au bol. Les trames équilibrés ont principalement des tons à dominantes claires. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Mita sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de détailler les parties intimes. La couverture du tome 1 mise côte à côte de celle de ce tome offre une belle illustration.

En résumé

Sawada Ibuki révèle son passé à Abe Yûma: quand il était lycéen, il vendait son corps pour payer les frais médicaux de sa mère hospitalisée. Alors qu’il cherchait des clients dans un parc réputé pour les rencontres homosexuelles, il est abordé par Sawada Seiji (36 ans) qui l’empêche de suivre un groupe, lui proposant même une énorme somme. Mais Ibuki le recroise plus tard en sortant de l’hôpital alors qu’il portait son uniforme scolaire. Au lieu de le sermonner, Seiji écoute patiemment le lycéen et lui propose même de le recontacter à l’occasion. Finalement, il le rappelle rapidement, ayant besoin d’aide pour faire de simples courses. En effet, veuf et père célibataire, il a du mal à calmer sa fille Maika qui n’arrête pas de pleurer…

En conclusion

Mita Homura sensei décrypte parfaitement les différentes épreuves qui jalonnent la vie. Elle analyse avec finesse les sentiments de ses personnages et propose ainsi une romance douce mais empreinte de mélancolie. Je fonds complètement pour cette famille qui se reconstruit à son rythme. Et j’adore la surprise de Kasumi à la fin!

Therapy game restart 2 – Hinohara Meguru

therapy game restart 2 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063729
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784403667756 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ne dit-on pas que le quotidien tue la passion? »

Hinohara Meguru sensei aborde la question de l’installation en couple. Elle décortique les différentes réflexions et émotions de Minato et Shizuma et dépeint avec finesse les obstacles qui se dressent devant eux. Entre appréhension, manque de temps et compromis, le couple essaie de communiquer de plus en plus franchement. Toutefois, de peur de se montrer trop lourd et envahissant, Shizuma conserve une certaine retenue. En plus, il se confronte à quelques problèmes relationnels au travail avec Onodera Akira, qui a un caractère un peu spécial. Ainsi, comme dans le tome précédent, l’auteure montre les efforts nécessaires pour s’adapter à un supérieur difficile, pour mener à bien un travail d’équipe ou rassurer des clients paniqués. Elle développe également un peu le travail de Minato. D’ailleurs, dans le chapitre bonus, elle offre quelques anecdotes amusantes sur la préparation de l’album.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle dessine des oreilles et menton plutôt pointus. Dans les passages humoristiques, elle renforce les expressions en déformant ou simplifiant son trait. De même, les animaux apportent une touche mignonne avec leurs mimiques en arrière plan. Les décors alternent avec les trames ambiance parfois graphiques. Par exemple, les trames en forme de « patounes » sont trop chou. Par ailleurs, les autres trames sont variées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Hinohara sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, son trait dégage beaucoup de sensualité.

En résumé

Durant la promenade des chiens de la clinique vétérinaire Onodera, Ikushima Shizuma reste collé à la vitrine d’une agence immobilière. En effet, il a proposé à son petit ami, Mito Minato, de vivre ensemble. Tatsumi lui fait alors remarquer qu’il a tendance à s’emballer, devinant qu’il n’a même pas attendu la réponse de son partenaire. A peine de retour à la clinique, le docteur Nakajô, épuisée, annonce qu’Onodera Akira, à peine de retour de son déplacement professionnel, a pris des vacances. Elle décide donc d’enfin confier quelques examens aux deux nouveaux vétérinaires durant ses consultations. De son côté, Minato travaille sur un album photos pour les 20 ans du bar et tente ardemment de négocier les demandes trop extravagantes de la patronne…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Et Mito Minato se classe troisième meilleur uke. Hinohara Meguru sensei décortique avec précision les différentes émotions de ses personnages. Malgré des personnages parfois extravagants, elle garde un ton plutôt sérieux et réaliste, les réactions exagérées des protagonistes apportant une touche d’humour. La dynamique entre Minato et Shizuma me fait complètement craquer. Et j’ai hâte de découvrir les mystères entourant Onodera.

Therapy game restart 1 – Hinohara Meguru

therapy game restart 1 hinohara mefuru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375063613
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403667527 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je ne le mérite pas. C’est pour ça que je n’arrive pas à déculpabiliser. »

Hinohara Meguru sensei enchaine directement la suite de Therapy game 2, incluant un rapide résumé permettant ainsi de comprendre l’essentiel. Elle s’intéresse à la difficulté à concilier travail et vie sentimentale, à la question du coming out à des collègues ainsi que les différentes tâches ingrates auxquelles se confrontent certains vétérinaires débutants. Shizuma exprime désormais plus clairement ses sentiments. Malgré une confiance acquise, les doutes persistent mais les deux amoureux communiquent mieux pour y remédier rapidement. Toutefois, Minato éprouve encore quelques difficultés à se défaire de son sentiment de culpabilité. L’auteure utilise les personnages secondaires pour créer des moments cocasses. Elle installe de nouveaux personnages aux caractères bien trempés avec le personnel de la clinique vétérinaire Onodera. De même, elle donne des nouvelles de Mito Itsuki et Ikushima Shôhei. Tatsumi devient également un soutien pour le couple.

La mangaka a un trait légèrement épuré plutôt anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant son trait dans un style plus SD. Elle dessine des oreilles et des mentons particulièrement pointus. Les trames sont variées mais équilibrées. Par contre, les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique guide le regard, s’attardant sur les petits détails. Hinohara sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détaille même des coupes intérieures. En fin de chapitre, elle donne une anecdote tandis qu’en début de chapitre, ses illustrations présentent soit le quotidien, soit s’intègrent directement au récit. Des fiches succinctes sur les deux héros avec un résumé en début de tome permettent de rapidement se plonger dans l’histoire.

En résumé

Mito Minato surprend son petit ami trop gentil en train de se faire draguer par une belle femme. Il les interrompt rapidement tout en montrant tout son amour pour Ikushima Shizuma afin d’éloigner la gêneuse. Il a beau avoir confiance en son amour, la jalousie le ronge. Le couple qui a rendez-vous avec Chikazawa, Tatsumi et Yuka pour fêter la réussite au concours de vétérinaire, se prépare à être harcelé de questions sur leur relation. Mais quand Minato apprend que Shizuma travaillera dans une clinique remplie de belles femmes, il s’inquiète. Il se met alors à taquiner Yuka et Tatsumi, provoquant ainsi la jalousie de son petit ami.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Hinohara Meguru sensei alterne avec dextérité humour, tension et érotisme. D’ailleurs, son trait sensuel est un délice dans les moments câlins. Les chamailleries du couple se font plus douce. Quel bonheur de voir évoluer Shizuma et Minato qui construisent et consolident tout doucement leur amour. De nouveaux thèmes intéressants qui éveillent ma curiosité. Je les adore et ai hâte de découvrir la suite de leurs aventures.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 8 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 8 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063682
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403666957 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu es réapparu dans ma vie aussi brusquement que tu en avais disparu, sans un mot, sans prévenir. »

Shimizu Yuki sensei continue d’explorer l’amitié entre Zaizen, Hitomi Masataka et Kiriya, fragilisée par la culpabilité, l’impuissance et le manque de communication. Elle dévoile les différents quiproquos et les rencontres qui vont entrainer la prise de distance entre le futur yakuza et ses amis. Ainsi, à la suite du tome précédent, elle montre l’influence des mafieux sur les jeunes adolescents paumés et rebelles. En effet, la vision « familiale » du clan Hiraoka par Katsuya intrigue Shun, bien qu’il ait conscience du danger. La narration alterne entre les personnages, permettant de comprendre leurs réflexions intérieures. Malgré des parcours différents, une amitié sincère perdure entre les trois amis. L’auteure joue sur les sentiments tus entre Kiriya et Masumi pour créer une tension constante dans le couple. En introduisant Amagi Makoto, elle relance les approches maladroites des deux hommes qui peinent à se déclarer.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées mais leur dominante très claire renforce les contrastes avec le noir. Cela donne une impression de planche presque blanche. De même, les trames d’ambiance, bien que graphiques (bulles, scintillement, pois), restent pourtant discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par contre, elle comble le manque de scènes avec une histoire bonus avec Sano Hizuru. Dans les illustrations en début de tome, elle fait poser les personnages.

En résumé

Durant l’été, Zaizen Masumi travaille au bureau d’avocats Hoshikawa. En apprenant que Kiriya Shun travaille dans le teppanyaki dont les pancakes rencontrent du succès actuellement, l’avocat envoie son jeune employé en chercher. Au restaurant, Kiriya est surpris de découvrir que la cliente du tatoueur Shigemi est une hôtesse du bar juste en face. Elle lui explique alors que son petit ami, Akio, est persuadé de faire fortune grâce à son tatouage. Mais quand ce dernier l’appelle, elle sort du restaurant sans payer. Shun la suit et rencontre alors Zaizen. Ruiné à cause de mauvais placement et ayant volé le clan de yakuzas pour lequel il travaille, Akio agresse sa petite amie, la tenant responsable. Kiriya vient à son secours mais son ami s’interpose, recevant un violent coup à la tête…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Zaizen Masumi se classe douzième meilleur uke. Par contre, Kiriya Shun n’entre pas dans le classement mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs seme individualistes, appréciant sa maladresse en amour. En effet, Shimizu Yuki sensei nous amuse avec les frasques de ce couple qui n’arrive pas à sortir d’un amour à sens unique alors que leurs sentiments sont partagés. D’ailleurs, elle dépeint avec finesse tous les obstacles qui se dressent entre eux. Ainsi, elle équilibre avec virtuosité romance, tension, drame et humour. En plus, son graphisme expressif permet d’immédiatement anticiper les émotions des personnages. Une série que j’adore et recommande.

Vices 2 – Iimo

vices 2 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763780
Hana, 2023
ISBN: 9784801972230 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« On ne tue pas les gens par amour! »

Iimo sensei continue d’explorer les vices et leurs origines possibles. Comme dans le tome précédent, elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé sombre et traumatisant de ses deux héros. Ainsi, elle incite le lecteur à s’interroger sur la normalité, le jugement extérieur, les limites dans les relations SM mais également l’influence d’une éducation pernicieuse dans un comportement déviant. En effet, Daimon et Kojima ont subi très jeune beaucoup de pression à cause des attentes de leurs parents. Leur sentiment de culpabilité suite à leur traumatisme trouble encore leur perception de l’amour. En introduisant Sokabe Kazufumi, l’auteure plonge le lecteur dans un déchaînement de sadisme tout en installant une tension extrême. Le contraste est d’autant plus puissant qu’elle aborde auparavant avec humour la question du coming out à la famille et aux collègues, avec le comportement incongru des personnages.

La mangaka a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, les déformant même jusqu’à prendre un style de gag manga. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant la simplicité apparente du trait. Toutefois, quelques trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les fortes émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. En début de chapitre, quelques illustrations introduisent l’ambiance du récit. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuation de celle de la couverture.

En résumé

Durant ses congés, Daimon Tôya rend visite à sa mère, à l’occasion du service commémoratif du décès de sa grand-mère. Mais toute le reste de la famille s’est invité pour le voir. Incommodé par les questions sur sa vie amoureuse, il s’éclipse discrètement et remarque un appel immédiatement interrompu de Kojima Yôhei. En effet, ce dernier se souvenant de leur dernière nuit de doux câlins, se masturbe actuellement dans les toilettes de l’entreprise et a soudain eu envie d’entendre la voix de son amant. Ne se doutant de rien, Daimon le rappelle aussitôt et finit alors par lui confier l’origine de son fantasme: transformer un humain en spécimen…

En conclusion

Iimo sensei jongle avec dextérité entre romance tendre, violence, drame et surtout humour. Son graphisme plutôt doux permet d’atténuer les scènes les plus brutales. J’ai donc pu lire jusqu’au bout ce tome, en cachant simplement quelques vignettes. Toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains! Je suis agréablement surprise par ce titre qui propose une réflexion sur la perversité. La dynamique du couple et son évolution sont entrainantes. Il y a encore deux autres tomes. J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Vices 1 – Iimo

vices 1 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763773
Hana, 2023
ISBN: 9784801972223 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une histoire de vices et de hantises, où tout peut devenir un jeu sexuel violent et imprévisible. »

Iimo sensei explore le sadomasochisme dans des relations plutôt malsaines entre dominant et « objet », présentant différents vices. Elle introduit une ribambelle de pervers, analysant et déterminant l’origine plausible de leur penchant particulier. Elle alterne la narration entre les deux héros. Daimon a peur de découvrir le monstre qui sommeille en lui. En effet, sous son masque de gentillesse, il peut se montrer à la fois violent et tendre, possessif et indifférent, attiré de plus en plus par Kojima. D’ailleurs, le commercial recherche une relation auto-destructrice, avec quelqu’un qui pourra lui donner la mort. Il apprécie de découvrir les faces cachées des personnes qu’il fréquente. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé de ses personnages, ainsi que leurs traumatismes. Elle aborde donc la sexualité débridée, la peur de l’inconnu et la difficulté à accepter la part sombre en soi. Elle s’attarde également sur les travers humains exploitant la gentillesse et la naïveté.

La mangaka a un trait épuré, presque simplifié, dans un style plutôt doux, contrastant avec le sujet. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant l’aspect un peu dépouillé. De même, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page alterne entre classique et dynamique, guidant le regard. Iimo sensei ne censure par les scènes érotiques. D’ailleurs, elle en dessine presque à chaque chapitre et n’hésite pas à réaliser des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle reprend le décor de la couverture, incluant quelques modification, après le départ des personnages.

En résumé

Daimon Tôya, qui se montre patient et gentil, préfère s’effacer face aux conflits. Malheureusement, il se fait harceler par le meilleur commercial, Kojima Yôhei, qui prend plaisir à le rabaisser. Mais il remarque que les expressions de son bourreau changent complètement dès qu’il ose montrer un peu d’agacement. Daimon suppose alors que Kojima agit comme un enfant capricieux qui embête la personne qu’il aime. D’ailleurs, ce dernier n’a pas hésité à l’aider quand il avait des heures supplémentaires à faire. Pourtant, il semble avoir une petite amie et continue à le provoquer. Excédé par ses moqueries, Daimon le viole. Et dans l’excitation, il éprouve même l’envie d’étrangler sa victime…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Iimo sensei utilise le ton plutôt humoristique pour développer son récit, créant un contraste intéressant. De même, son graphisme plutôt doux atténue légèrement la violence de certaines images. Pourtant, elle ne gomme pas la brutalité des relations non consenties. Justement, quelques passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie particulièrement le jeu qui s’installe entre les deux héros ainsi que l’approche de la perversité d’un point de vue réfléchi. Une excellente découverte!

Escape from the every day 2 – Agata Ito

escape from the every day 2 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782382763346
Hana, 2023
ISBN: ‎9784801974050 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: さよなら共犯者 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qui peut bien être Hirose? »

Agata Ito sensei continue de décortiquer les questionnements de ses personnages. Comme dans le tome précédent, elle aborde la différence d’âge, le tiraillement entre sentiment et morale, la frustration de ne pouvoir vivre pleinement un amour. Elle alterne la narration entre les deux héros. Malgré son côté pur et innocent, Hajime se montre très entreprenant. Il n’hésite pas à faire face aux problèmes qu’il rencontre. Au contraire, Hirose se montre d’abord déloyal, préférant fuir les difficultés, prisonnier de sa situation critique. Pourtant, tous deux vont évoluer, s’accepter puis s’ouvrir aux autres. De même, le couple construit une relation consensuelle, essayant de respecter les limites imposées par la société. Par ailleurs, l’auteure révèle les secrets entourant l’ancien salaryman. Elle interroge alors sur le tiraillement entre la justice et une vie paisible, l’effritement de la droiture, la peur du changement. Dans les histoires bonus, elle donne des anecdotes amusantes sur le couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. A part des hachures pour le rougissement, elle essaie de rester réaliste. Ainsi, elle soigne et détaille les décors, très présents. De même, il y a beaucoup de trames, avec en plus des dégradés, qui rendent avec précision les couleurs et les ombres. Par contre, un fond noir indique les flash-back. La mise en page plutôt classique ne surcharge pas les pages. Agata sensei ne censure pas les scènes érotiques. Hirose a par ailleurs un corps finement musclé sous son costume.

En résumé

Ikaruga Hajime évite le rendez-vous monté par Hirose avec sa famille et rejoint donc le fugitif, bien qu’il ait pleinement conscience que cela ne pourra pas durer ainsi. Ils prennent une chambre dans un love hotel pour la nuit. Hajime propose alors à Hirose de coucher avec lui mais ce dernier refuse de toucher à un mineur, malgré leurs sentiments réciproques. Le lycéen négocie ensuite une simple masturbation en échange de son retour chez lui le lendemain. Mais comme Hirose n’arrive plus à lutter contre ses sentiments, il accepte le lendemain de poursuivre leur fugue amoureuse. Toutefois, dans un restaurant, Ikaruga voit son portrait dans un avis de recherche à la télévision…

En conclusion

Agata Ito sensei maintient le suspense jusqu’à un flot de révélations qui submerge le lecteur. Elle creuse alors le tréfonds de l’âme de ses deux héros, décortiquant avec finesse leurs sentiments et leurs réflexions. Ainsi, elle alterne entre drame, romance, tension et humour discret. Son superbe graphisme est par ailleurs expressif. J’aime beaucoup la surprise produite par la divulgation des différents mystères. De même, je trouve que le sujet sur la différence d’âge avec une relation consentie entre adulte et mineur est plutôt bien traité. Une belle lecture légèrement marquante avec un couple attachant.

Escape from the every day 1 – Agata Ito

escape from the every day 1 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782382763339
Hana, 2023
ISBN: 9784801974043 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: さよなら共犯者 上
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Cet hiver-là, je suis tombé amoureux d’un homme dont je ne savais ni l’âge, ni le métier, ni même le nom… »

Agata Ito sensei propose de suivre une romance entre un mystérieux homme tourmenté et un lycéen sérieux mais esseulé. Elle alterne la narration entre Hajime et Hirose, révélant au compte-gouttes leur passé et leur situation actuelle. Ainsi, elle aborde la solitude, la fuite de la confrontation, l’attirance malgré la différence d’âge. En effet, Hajime mène une vie solitaire, sous la surveillance de l’employée de maison Katô. Au contact de Hirose, qui préserve une part de mystère sur lui-même, il va éprouver de nouvelles émotions et s’interroger sur son attirance et ses sentiments. Le fugitif ressent également une attirance pour le lycéen qu’il préfère ignorer. Ainsi, les deux hommes vont accepter petit à petit une part d’eux-même qu’ils ignoraient ou refusaient d’admettre. L’auteure analyse avec finesse l’évolution des personnages. Même si pour l’instant, elle installe la relation, elle montre également la difficulté à se rebeller et à prendre des décisions douloureuses.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle donne une touche réaliste avec des décors soignés et des trames nombreuses et très variées. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Agata sensei ne censure pas les scènes érotiques mais ces dernières sont peu nombreuses. D’ailleurs, la relation n’en est qu’aux premiers balbutiements.

En résumé

Le sérieux et honnête Hikaruga Hajime, fils du directeur d’une grande société de construction automobile, a une conduite irréprochable et mène donc une vie bien cadrée et routinière. Meilleur élève d’un lycée réputé, il n’a pourtant pas d’amis à cause de la renommée de son père. De même, il supporte mal les remarques des enseignants sur ses origines. Un soir, alors que son chat Mukumuku a disparu, il le retrouve dans les bras d’un inconnu réfugié dans un immeuble prévu à la démolition. Comme Mukumuku était blessé, le mystérieux homme lui a prodigué les premiers soins. Reconnaissant et curieux, Hajime vient depuis chaque soir voir le fugitif et lui propose même son aide. Bien qu’ayant mis en garde le lycéen sur les risques de son comportement, Hirose sympathise petit à petit avec lui sans pour autant trop en dévoiler sur lui-même, avivant la curiosité du lycéen.

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Agata Ito sensei installe d’abord une relation dérangeante mais en expliquant petit à petit le contexte de chacun des protagonistes, elle permet de mieux comprendre l’évolution de leurs sentiments. Pourtant, elle construit une relation consensuelle dans laquelle les personnages ont pleinement conscience des limites morales. Son graphisme est du bonheur pour les yeux. Les bouilles de Mukumuku ont conquis mon cœur! Les mystères autour de Hirose me retiennent en haleine. J’ai hâte de découvrir la suite.

Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…