Kachô fûgetsu – beauties of nature 8 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 8 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063682
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403666957 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu es réapparu dans ma vie aussi brusquement que tu en avais disparu, sans un mot, sans prévenir. »

Shimizu Yuki sensei continue d’explorer l’amitié entre Zaizen, Hitomi Masataka et Kiriya, fragilisée par la culpabilité, l’impuissance et le manque de communication. Elle dévoile les différents quiproquos et les rencontres qui vont entrainer la prise de distance entre le futur yakuza et ses amis. Ainsi, à la suite du tome précédent, elle montre l’influence des mafieux sur les jeunes adolescents paumés et rebelles. En effet, la vision « familiale » du clan Hiraoka par Katsuya intrigue Shun, bien qu’il ait conscience du danger. La narration alterne entre les personnages, permettant de comprendre leurs réflexions intérieures. Malgré des parcours différents, une amitié sincère perdure entre les trois amis. L’auteure joue sur les sentiments tus entre Kiriya et Masumi pour créer une tension constante dans le couple. En introduisant Amagi Makoto, elle relance les approches maladroites des deux hommes qui peinent à se déclarer.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Par ailleurs, les trames sont équilibrées mais leur dominante très claire renforce les contrastes avec le noir. Cela donne une impression de planche presque blanche. De même, les trames d’ambiance, bien que graphiques (bulles, scintillement, pois), restent pourtant discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par contre, elle comble le manque de scènes avec une histoire bonus avec Sano Hizuru. Dans les illustrations en début de tome, elle fait poser les personnages.

En résumé

Durant l’été, Zaizen Masumi travaille au bureau d’avocats Hoshikawa. En apprenant que Kiriya Shun travaille dans le teppanyaki dont les pancakes rencontrent du succès actuellement, l’avocat envoie son jeune employé en chercher. Au restaurant, Kiriya est surpris de découvrir que la cliente du tatoueur Shigemi est une hôtesse du bar juste en face. Elle lui explique alors que son petit ami, Akio, est persuadé de faire fortune grâce à son tatouage. Mais quand ce dernier l’appelle, elle sort du restaurant sans payer. Shun la suit et rencontre alors Zaizen. Ruiné à cause de mauvais placement et ayant volé le clan de yakuzas pour lequel il travaille, Akio agresse sa petite amie, la tenant responsable. Kiriya vient à son secours mais son ami s’interpose, recevant un violent coup à la tête…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2020. Zaizen Masumi se classe douzième meilleur uke. Par contre, Kiriya Shun n’entre pas dans le classement mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs seme individualistes, appréciant sa maladresse en amour. En effet, Shimizu Yuki sensei nous amuse avec les frasques de ce couple qui n’arrive pas à sortir d’un amour à sens unique alors que leurs sentiments sont partagés. D’ailleurs, elle dépeint avec finesse tous les obstacles qui se dressent entre eux. Ainsi, elle équilibre avec virtuosité romance, tension, drame et humour. En plus, son graphisme expressif permet d’immédiatement anticiper les émotions des personnages. Une série que j’adore et recommande.

Vices 2 – Iimo

vices 2 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763780
Hana, 2023
ISBN: 9784801972230 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« On ne tue pas les gens par amour! »

Iimo sensei continue d’explorer les vices et leurs origines possibles. Comme dans le tome précédent, elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé sombre et traumatisant de ses deux héros. Ainsi, elle incite le lecteur à s’interroger sur la normalité, le jugement extérieur, les limites dans les relations SM mais également l’influence d’une éducation pernicieuse dans un comportement déviant. En effet, Daimon et Kojima ont subi très jeune beaucoup de pression à cause des attentes de leurs parents. Leur sentiment de culpabilité suite à leur traumatisme trouble encore leur perception de l’amour. En introduisant Sokabe Kazufumi, l’auteure plonge le lecteur dans un déchaînement de sadisme tout en installant une tension extrême. Le contraste est d’autant plus puissant qu’elle aborde auparavant avec humour la question du coming out à la famille et aux collègues, avec le comportement incongru des personnages.

La mangaka a un trait épuré. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, les déformant même jusqu’à prendre un style de gag manga. Elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant la simplicité apparente du trait. Toutefois, quelques trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les fortes émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques, dessinant même des coupes intérieures. En début de chapitre, quelques illustrations introduisent l’ambiance du récit. Sous la jaquette, l’illustration est dans la continuation de celle de la couverture.

En résumé

Durant ses congés, Daimon Tôya rend visite à sa mère, à l’occasion du service commémoratif du décès de sa grand-mère. Mais toute le reste de la famille s’est invité pour le voir. Incommodé par les questions sur sa vie amoureuse, il s’éclipse discrètement et remarque un appel immédiatement interrompu de Kojima Yôhei. En effet, ce dernier se souvenant de leur dernière nuit de doux câlins, se masturbe actuellement dans les toilettes de l’entreprise et a soudain eu envie d’entendre la voix de son amant. Ne se doutant de rien, Daimon le rappelle aussitôt et finit alors par lui confier l’origine de son fantasme: transformer un humain en spécimen…

En conclusion

Iimo sensei jongle avec dextérité entre romance tendre, violence, drame et surtout humour. Son graphisme plutôt doux permet d’atténuer les scènes les plus brutales. J’ai donc pu lire jusqu’au bout ce tome, en cachant simplement quelques vignettes. Toutefois, ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains! Je suis agréablement surprise par ce titre qui propose une réflexion sur la perversité. La dynamique du couple et son évolution sont entrainantes. Il y a encore deux autres tomes. J’ai donc hâte de découvrir la suite.

Vices 1 – Iimo

vices 1 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763773
Hana, 2023
ISBN: 9784801972223 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une histoire de vices et de hantises, où tout peut devenir un jeu sexuel violent et imprévisible. »

Iimo sensei explore le sadomasochisme dans des relations plutôt malsaines entre dominant et « objet », présentant différents vices. Elle introduit une ribambelle de pervers, analysant et déterminant l’origine plausible de leur penchant particulier. Elle alterne la narration entre les deux héros. Daimon a peur de découvrir le monstre qui sommeille en lui. En effet, sous son masque de gentillesse, il peut se montrer à la fois violent et tendre, possessif et indifférent, attiré de plus en plus par Kojima. D’ailleurs, le commercial recherche une relation auto-destructrice, avec quelqu’un qui pourra lui donner la mort. Il apprécie de découvrir les faces cachées des personnes qu’il fréquente. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé de ses personnages, ainsi que leurs traumatismes. Elle aborde donc la sexualité débridée, la peur de l’inconnu et la difficulté à accepter la part sombre en soi. Elle s’attarde également sur les travers humains exploitant la gentillesse et la naïveté.

La mangaka a un trait épuré, presque simplifié, dans un style plutôt doux, contrastant avec le sujet. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, renforçant l’aspect un peu dépouillé. De même, les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page alterne entre classique et dynamique, guidant le regard. Iimo sensei ne censure par les scènes érotiques. D’ailleurs, elle en dessine presque à chaque chapitre et n’hésite pas à réaliser des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle reprend le décor de la couverture, incluant quelques modification, après le départ des personnages.

En résumé

Daimon Tôya, qui se montre patient et gentil, préfère s’effacer face aux conflits. Malheureusement, il se fait harceler par le meilleur commercial, Kojima Yôhei, qui prend plaisir à le rabaisser. Mais il remarque que les expressions de son bourreau changent complètement dès qu’il ose montrer un peu d’agacement. Daimon suppose alors que Kojima agit comme un enfant capricieux qui embête la personne qu’il aime. D’ailleurs, ce dernier n’a pas hésité à l’aider quand il avait des heures supplémentaires à faire. Pourtant, il semble avoir une petite amie et continue à le provoquer. Excédé par ses moqueries, Daimon le viole. Et dans l’excitation, il éprouve même l’envie d’étrangler sa victime…

En conclusion

Ce tome obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Iimo sensei utilise le ton plutôt humoristique pour développer son récit, créant un contraste intéressant. De même, son graphisme plutôt doux atténue légèrement la violence de certaines images. Pourtant, elle ne gomme pas la brutalité des relations non consenties. Justement, quelques passages pourront choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie particulièrement le jeu qui s’installe entre les deux héros ainsi que l’approche de la perversité d’un point de vue réfléchi. Une excellente découverte!

Escape from the every day 2 – Agata Ito

escape from the every day 2 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782382763346
Hana, 2023
ISBN: ‎9784801974050 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: さよなら共犯者 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qui peut bien être Hirose? »

Agata Ito sensei continue de décortiquer les questionnements de ses personnages. Comme dans le tome précédent, elle aborde la différence d’âge, le tiraillement entre sentiment et morale, la frustration de ne pouvoir vivre pleinement un amour. Elle alterne la narration entre les deux héros. Malgré son côté pur et innocent, Hajime se montre très entreprenant. Il n’hésite pas à faire face aux problèmes qu’il rencontre. Au contraire, Hirose se montre d’abord déloyal, préférant fuir les difficultés, prisonnier de sa situation critique. Pourtant, tous deux vont évoluer, s’accepter puis s’ouvrir aux autres. De même, le couple construit une relation consensuelle, essayant de respecter les limites imposées par la société. Par ailleurs, l’auteure révèle les secrets entourant l’ancien salaryman. Elle interroge alors sur le tiraillement entre la justice et une vie paisible, l’effritement de la droiture, la peur du changement. Dans les histoires bonus, elle donne des anecdotes amusantes sur le couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. A part des hachures pour le rougissement, elle essaie de rester réaliste. Ainsi, elle soigne et détaille les décors, très présents. De même, il y a beaucoup de trames, avec en plus des dégradés, qui rendent avec précision les couleurs et les ombres. Par contre, un fond noir indique les flash-back. La mise en page plutôt classique ne surcharge pas les pages. Agata sensei ne censure pas les scènes érotiques. Hirose a par ailleurs un corps finement musclé sous son costume.

En résumé

Ikaruga Hajime évite le rendez-vous monté par Hirose avec sa famille et rejoint donc le fugitif, bien qu’il ait pleinement conscience que cela ne pourra pas durer ainsi. Ils prennent une chambre dans un love hotel pour la nuit. Hajime propose alors à Hirose de coucher avec lui mais ce dernier refuse de toucher à un mineur, malgré leurs sentiments réciproques. Le lycéen négocie ensuite une simple masturbation en échange de son retour chez lui le lendemain. Mais comme Hirose n’arrive plus à lutter contre ses sentiments, il accepte le lendemain de poursuivre leur fugue amoureuse. Toutefois, dans un restaurant, Ikaruga voit son portrait dans un avis de recherche à la télévision…

En conclusion

Agata Ito sensei maintient le suspense jusqu’à un flot de révélations qui submerge le lecteur. Elle creuse alors le tréfonds de l’âme de ses deux héros, décortiquant avec finesse leurs sentiments et leurs réflexions. Ainsi, elle alterne entre drame, romance, tension et humour discret. Son superbe graphisme est par ailleurs expressif. J’aime beaucoup la surprise produite par la divulgation des différents mystères. De même, je trouve que le sujet sur la différence d’âge avec une relation consentie entre adulte et mineur est plutôt bien traité. Une belle lecture légèrement marquante avec un couple attachant.

Escape from the every day 1 – Agata Ito

escape from the every day 1 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782382763339
Hana, 2023
ISBN: 9784801974043 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: さよなら共犯者 上
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Cet hiver-là, je suis tombé amoureux d’un homme dont je ne savais ni l’âge, ni le métier, ni même le nom… »

Agata Ito sensei propose de suivre une romance entre un mystérieux homme tourmenté et un lycéen sérieux mais esseulé. Elle alterne la narration entre Hajime et Hirose, révélant au compte-gouttes leur passé et leur situation actuelle. Ainsi, elle aborde la solitude, la fuite de la confrontation, l’attirance malgré la différence d’âge. En effet, Hajime mène une vie solitaire, sous la surveillance de l’employée de maison Katô. Au contact de Hirose, qui préserve une part de mystère sur lui-même, il va éprouver de nouvelles émotions et s’interroger sur son attirance et ses sentiments. Le fugitif ressent également une attirance pour le lycéen qu’il préfère ignorer. Ainsi, les deux hommes vont accepter petit à petit une part d’eux-même qu’ils ignoraient ou refusaient d’admettre. L’auteure analyse avec finesse l’évolution des personnages. Même si pour l’instant, elle installe la relation, elle montre également la difficulté à se rebeller et à prendre des décisions douloureuses.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle donne une touche réaliste avec des décors soignés et des trames nombreuses et très variées. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Agata sensei ne censure pas les scènes érotiques mais ces dernières sont peu nombreuses. D’ailleurs, la relation n’en est qu’aux premiers balbutiements.

En résumé

Le sérieux et honnête Hikaruga Hajime, fils du directeur d’une grande société de construction automobile, a une conduite irréprochable et mène donc une vie bien cadrée et routinière. Meilleur élève d’un lycée réputé, il n’a pourtant pas d’amis à cause de la renommée de son père. De même, il supporte mal les remarques des enseignants sur ses origines. Un soir, alors que son chat Mukumuku a disparu, il le retrouve dans les bras d’un inconnu réfugié dans un immeuble prévu à la démolition. Comme Mukumuku était blessé, le mystérieux homme lui a prodigué les premiers soins. Reconnaissant et curieux, Hajime vient depuis chaque soir voir le fugitif et lui propose même son aide. Bien qu’ayant mis en garde le lycéen sur les risques de son comportement, Hirose sympathise petit à petit avec lui sans pour autant trop en dévoiler sur lui-même, avivant la curiosité du lycéen.

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Agata Ito sensei installe d’abord une relation dérangeante mais en expliquant petit à petit le contexte de chacun des protagonistes, elle permet de mieux comprendre l’évolution de leurs sentiments. Pourtant, elle construit une relation consensuelle dans laquelle les personnages ont pleinement conscience des limites morales. Son graphisme est du bonheur pour les yeux. Les bouilles de Mukumuku ont conquis mon cœur! Les mystères autour de Hirose me retiennent en haleine. J’ai hâte de découvrir la suite.

Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…

L’ange aux pieds nus – Nonomiya Ito

l ange aux pieds nus nonomiya ito

NONOMIYA Ito 野ノ宮 いと
ISBN: 9782382761915
Hana, 2023
ISBN: 9784799752838 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Autrefois j’étais un ange. »

Nonomiya Ito sensei propose de suivre une douce romance entre un artisan gay qui préfère cacher son homosexualité et un ange déchu. Elle alterne la narration entre les deux héros. Les deux hommes apprennent à se connaître durant leur cohabitation. La candeur de Benjamin apporte une touche amusante. D’ailleurs, sa découverte de notre monde pointe parfois les complications que les humains se créent. L’introduction de Mathilda, la sœur de Turner, permet de révéler le passé de l’artisan, en particulier la cause de sa peur du coming out malgré l’acceptation de sa famille. En parallèle, l’auteure présente quelques processus de la fabrication des chaussures. Elle décortique également la construction d’une relation de confiance entre deux individus qui, malgré une attirance mutuelle, retiennent leurs sentiments pour ne pas briser le rêve de l’autre. Malgré ses doutes sur l’origine de Benny, Turner respecte ses secrets. En tombant amoureux, l’ange expérimente de nouvelles émotions.

La mangaka a un trait épuré plutôt contemporain, jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie, avec des tons dominants clairs. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les décors s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger la page. Par ailleurs, les paysages de Londres sont facilement reconnaissables. La mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Nonomiya sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Elle dévoile la fine musculature de Turner. La couverture se classe première au Chill chill BL award 2022.

En résumé

En Angleterre. Turner Wilson (25 ans), artisan cordonnier, rencontre dans un parc un jeune homme frigorifié qui n’a pas de chaussures et qui prétend, en plus, être un ancien ange. Malgré ses doutes, il le recueille chez lui. A sa surprise, le sans-abri qui dit avoir 105 ans, ne semble pas connaître les objets humains. Désirant découvrir la culture des humains, il décide alors de voyager. Turner lui propose donc de lui fabriquer des chaussures et l’incite à l’aider dans les tâches ménagères en attendant. Aidant l’inconnu à se laver, il remarque deux cicatrices dans son dos et lui donne ensuite le nom de Benjamin, à sa demande…

En conclusion

Pour son premier manga, Nonomiya Ito sensei offre un scénario bien construit malgré quelques petits raccourcis et facilités. Elle construit une relation consensuelle mais un peu perturbante, Benjamin montrant d’abord de la curiosité. Prévu d’abord en one-shot, elle a pu continuer son histoire. En plus, son graphisme dégage un certain charme. Je suis vraiment heureuse de pouvoir relire ce titre en français. Je l’attendais avec impatience. Même si la romance est assez simple et adulte, j’apprécie l’idée de l’ange déchu qui apporte une petite touche innocente. Un coup de cœur, évidemment!

Caché sous son masque 1 – Sangou Mitsuru

cache sous son masque 1 sangou mitsuru

SANGOU Mitsuru 参号ミツル
ISBN: 9782382761939
Hana, 2023
ISBN: 9784799747353 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Tu savais que la bouche était la deuxième partie la plus érotique du corps? »

Sangou Mitsuru sensei propose une comédie romantique jouant sur les contrastes et les opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure l’origine du traumatisme de Sayama mais également la face cachée de Saikawa. Bien que le populaire lycéen se montre insistant, toujours motivé à enlever le masque de son camarade, ce dernier cède à son jeu buccal érotique mais surmonte également ses peurs. En se côtoyant, ils vont construire d’abord un lien amical. Et comme ils se parlent franchement, sans cacher leurs émotions, leurs attirance va évoluer ensuite vers l’amour. L’auteure oscille constamment entre comportements doux et malsains, jouant sur les limites d’un consentement flou. Elle équilibre pourtant la relation qui se construit entre les deux lycéens par leurs réactions et en les faisant évoluer. Ainsi, elle atténue la violence de la séduction de Tsuzuru en partageant les réflexions de Keigo.

La mangaka a un trait épuré avec des contours parfois dédoublé, donnant une touche particulière à son style. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des visages choqués amusants avec des yeux tous ronds. Les trames sont équilibrées. De même, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page est dynamique. Par contre, Sangou sensei a tendance à rapprocher ses cases ou à les superposer. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de larges bandelettes blanches. Sous la jaquette, elle offre deux planches à lire à la fin.

En résumé

Asocial et maussade, Sayama Keigo cache constamment son visage derrière un masque à cause d’un complexe développé suite à un petit traumatisme. Après une nuit à jouer aux jeux vidéo, un matin au lycée, il est violemment bousculé dans les escaliers par le grand, beau et populaire Saikawa Tsuzuru qui s’amusait avec des amis. Il se réveille donc à midi à l’infirmerie, le responsable de sa chute à ses côtés. Surpris de voir Sayama se plaindre et curieux de connaître ce qu’il cache sous son masque, Saikawa le lui soulève soudain sans prévenir, plongeant son camarade dans une rage folle. Malgré les insultes de Keigo, Tsuzuru essaye ensuite de se rapprocher de son nouvel ami.

En conclusion

Ce tome se classe quatrième meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Bien que ce soit le premier manga publié de Sangou Mitsuru sensei, elle possède son style graphique et maîtrise assez bien le développement de son scénario. D’abord en format de courts sketchs, les chapitres s’allongent discrètement. Le couple fonctionne très bien malgré les chamailleries. Toutefois, certains lecteurs pourront être gênés par la relation ambiguë. J’attendais depuis longtemps la sortie de ce titre en France. Je suis donc comblée de pouvoir le lire en français. Un petit coup de cœur confirmé!

La forme des sentiments 1 – Mita Homuro

la forme des sentiments 1 mita homuro

MITA Homuro 見多ほむろ
ISBN: 9782382761892
Hana, 2023
ISBN: 9784199608452 (JP)
Tokuma shoten, 2020 (JP)
Titre original: いびつなボクらのカタチ 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Mon corps me fait comprendre toute l’étendue de mon désespoir. »

Mita Homuro sensei développe une lente romance entre un jeune père célibataire et un homme gay au cœur blessé par une rupture. Elle révèle leur passé au compte-gouttes sans toutefois trop le développer, laissant libre court à l’imagination. De même, elle invite les lecteurs à réfléchir avec ses personnages sur la différence d’âge, la douleur d’une séparation sans explication, la difficulté à éduquer un enfant lorsqu’on est père célibataire, à l’angoisse d’être un mauvais parent. L’audace de Kasumi ainsi que la petite Maika apportent une note comique. Les deux hommes vont se rapprocher malgré plusieurs quiproquos. Bien qu’Abe soit attiré par Sawada, il a peur de l’engagement suite à sa rupture. Ibuki, quant à lui, a tendance à prendre soin des autres avant lui. L’auteure s’intéresse au sacrifice de soi, au manque de confiance en soi, aux blessures de la vie. Elle analyse également avec finesse les sentiments des personnages.

La mangaka a un trait légèrement épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. La petite Maika apporte une touche mignonne. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, ici, les fonds noirs indiquent les rêves. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Mita sensei dessine les scènes érotiques de loin. Ainsi, elle ne montre pas les parties intimes.

En résumé

Après sept ans de vie commune, Abe Yûma, professeur de piano, se fait plaquer par son petit ami qui lui a juste laissé un simple mot sans aucune explication. Il n’arrive pas à oublier sa peine, même en essayant avec un sex friend. Ses élèves lui offrent toutefois un peu de réconfort, en particulier la jeune Maika qui semble beaucoup l’apprécier. Un jour, Yûma reçoit l’appel d’une voisine de sa mère qui s’inquiète de ne plus la voir. Quand il arrive à l’entrée de la maison, il remarque alors les chaussures d’un inconnu. Croyant d’abord avoir affaire à un voleur, il tente d’assommer la silhouette qui retient sa mère. Mais l’homme se défend bien. En fait, Sawada Ibuki, aide-soignant, prenait soin de Kasumi. Et il s’avère être le père de Maika…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. En effet, Mita Homura sensei prend tout son temps pour développer la romance et préfère s’attarder sur les interrogations de ses personnages. De même, elle construit des caractères plutôt réalistes. En plus, son graphisme dégage de la douceur et est très expressif. Je trouve les familles Sawada et Abe tellement attendrissantes. J’ai beaucoup d’attente pour la suite!

Yoi yoi monologue – Jyanome

yoi yoi monologue jyanome

Jyanome じゃのめ
ISBN: 9782382761526
Hana, 2023
ISBN: 9784065241264 (JP)
Kodansha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je suis entré dans le club parce que je suis à la recherche d’un petit ami! »

Jyanome sensei propose une romance lycéenne avec des héros hauts en couleur qui parlent franchement. Elle alterne la narration entre Yoshino et Inaba, dévoilant au fur et à mesure leurs faces cachées. Elle joue sur les contrastes. Par exemple, malgré son aspect filiforme, Shion a beaucoup de force. Grand romantique, il a tendance à se faire des films. Il résiste aux remarques blessantes en se montrant enjoué. Rei, quant à lui, bien qu’indifférent à ce qui l’entoure, peut se montrer très chaleureux. Les deux lycéens vont apprendre à se connaître puis chercher à se séduire lorsque leurs sentiments naitront. Par ailleurs, leur entourage les soutient. L’auteure dépeint avec finesse la peur du changement, la découverte d’une passion, les efforts pour se comprendre. En plus de l’intervention des personnages de Twilight outfocus et Afterimage slow motion, elle propose de découvrir ce que sont devenus les différents couples dans un livret bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché qui dégage beaucoup de sensualité. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle porte attention aux détails, jusqu’aux reflets dans les lunettes. Les personnages s’identifient facilement grâce à leurs traits caractéristiques physiques et leurs coiffures très marquées. Shion apporte une touche mignonne avec ses pyjamas. Les décors alternent avec les trames d’ambiance, plutôt graphiques. De même, les autres trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise parfois un découpage filmique. Dans les scènes érotiques, Jyanome sensei joue avec subtilité sur les cadrages, les positions et les objets bien placés pour rendre invisible les parties intimes. Toutefois, elle transcrit avec finesse la sensualité de ces passages. En début de chapitre, elle illustre les poèmes de Yoshino, partageant son état d’âme profond. Sous la jaquette, il y a des fiches personnages.

En résumé

Depuis la fin du collège, Yoshino Shion rêve de vivre une histoire d’amour romantique. Afin de trouver un petit ami beau et gentil, il écume les clubs de son lycée. Malheureusement, malgré des performances incroyables, il arrête rapidement car il n’atteint jamais son premier objectif. Son colocataire de dortoir, Kujo Kirito, lui propose alors de rejoindre le club de cinéma qu’il fréquente. Mais lors de la présentation honnête de Shion, l’ancien vice-président Inaba Rei l’accueille froidement puis lui fait remarquer sa motivation frivole. Pourtant, le nouveau membre du club fait beaucoup d’efforts et effectue ses tâches sérieusement. Alors qu’il déprimait un peu, Inaba finit par le consoler, répondant à ses plaintes. Il lui propose même de sortir avec lui…

En conclusion

Dans ce nouveau spin-off de Twilight outfocus, Jyanome sensei propose une romance un peu plus dynamique, avec Shion et Rei qui se chamaillent facilement. Ainsi, elle équilibre les moments comiques, dramatiques et romantiques. Elle transcrit parfaitement leur évolution, rendant leur aventure naturelle malgré des personnalités particulières. Son trait sensuel et ses mises en pages sont toujours un émerveillement pour les yeux. Une belle lecture offrant un peu de baume au cœur!