Calling Darling, Las Vegas – Jugatsu

calling darling las vegas jugatsu

Jugatsu 十月
ISBN: 9782382763988
Hana, 2023
ISBN: 978479975459 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un amour naissant d’un pari entre un garde du corps et un jeune propriétaire fringuant. »

Jugatsu sensei narre une romance entre un garde du corps désabusé et un patron de casino qui souhaite aider les gens à réaliser leurs rêves. Elle donne une vision un peu trop idéalisée du monde des jeux d’argent, avec Aloïs qui travaille pour le bien de la ville avant de faire des bénéfices. Jôno, qui a pourtant subi du harcèlement à cause de ses origines métissées, semble fuir son propre bonheur. Pourtant, en côtoyant son expansif patron, il va évoluer petit à petit et exprimer plus facilement ses sentiments. L’auteure sème quelques épreuves sur la route amoureuse des deux héros mais ne maîtrise pas trop l’enchainement des évènements. Elle révèle leur passé au gré de leurs discussions et de leurs jeux. Elle aborde entre autres l’exploitation des rêves, la gentillesse parfois douloureuse et blessante, le dur investissement de soi pour réussir, la difficulté d’instituer de nouvelles méthodes de management.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec une touche de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle offre quelques pages fan service mettant en avant la plastique de ses personnages, surtout le beau Aloïs. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Dans les scènes érotiques, Jugatsu sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou de larges bandelettes. Elle présente les personnages secondaires dans sa postface.

En résumé

Jôno Izaya travaille dans un casino à Las Vegas. Bien qu’il se montre stricte avec les clients violents, il fait preuve d’une grande gentillesse et s’entend bien avec ses collègues. Un jour, il protège même un jeune pickpocket en l’empêchant de commettre un vol. Depuis sa voiture, le patron du casino, Aloïs Elias Teness, le remarque et s’intéresse alors à lui, le convoquant dans son bureau. Il lui propose donc de devenir son garde du corps. Mais Jôno, influencé par les rumeurs circulant sur son patron, hésite. Alors Aloïs fait un pari avec lui: après avoir travaillé pendant deux semaines à ses côtés, s’il ne change pas d’avis, il pourra retourner à son ancien poste mais s’il apprécie ce nouveau travail, il devra accepter sa nouvelles mission.

En conclusion

Jugatsu sensei offre une romance un peu trop mièvre pour l’univers des jeux d’argent. En plus, elle annule l’effet de surprise en ne maîtrisant pas certains enchainements. Toutefois, elle se rattrape avec des histoires bonus adorables, qui collent d’ailleurs bien mieux aux caractères des personnages. Et son dessin est beau. Malgré ces petits défauts, j’ai craqué pour cette histoire mignonne et positive dès sa sortie en japonais. Je suis donc ravie de la découvrir en français. Mais je suis décontenancée par certaines erreurs et certains choix de traduction qui transforment complètement ma première impression et même l’ambiance du récit. D’autant plus que la traductrice (Valentine Seyteur) se débrouille très bien sur d’autres titres. J’avais l’impression de lire complètement autre chose et c’est bien dommage. En espérant que cela n’affectera pas autant les nouveaux lecteurs.

Petits secrets entre collègues – Nikuya Inui

petits secrets entre collegues nikuya inui

Nikuya Inui ニクヤ乾
ISBN: 9782382764121
Hana, 2023
ISBN: 9784866536033 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Titre original: 社内恋愛の相手は俺ですけど?
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Yamagishi et Ayakawa arriveront-ils à garder leur relation secrète?

Nikuya Inui sensei renouvelle un peu la classique romance entre deux salariés aux caractères opposés qui se chamaillent. Ainsi, elle joue sur le contraste entre vie privée et travail. Ayakawa qui paraît sûr de lui et un peu arrogant au bureau devient un vrai gamin capricieux dans les bras de son petit ami. De même, le froid et posé Yamagishi se transforme en sadique lorsque son amant le chauffe. Le couple fait tout pour cacher sa relation mais résiste difficilement à leur libido. Ainsi, l’auteure enchaine avec humour leurs mésaventures pour protéger leur secrets. Elle alterne entre quiproquos et jeux coquins. En introduisant Eguchi, elle ajoute des tensions dans le couple dont les sentiments sont mis à rude épreuve. L’histoire bonus permet de découvrir les débuts amoureux de Hide et Shû.

La mangaka a un trait fin, épuré et anguleux avec une touche shôjo. Elle équilibre l’utilisation des trames. Par contre, les trames d’ambiance participent à la narration. Les décors situent l’action. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Nikuya sensei censure les parties intimes par des bandelettes. Elle dessine pourtant des contours blancs et des coupes intérieures. Elle offre même une scène par chapitre. Dans les illustrations au début de certains chapitres, les personnages prennent des poses sexy ou câlines. A la fin de certains chapitres se trouvent parfois des anecdotes en quelques cases.

En résumé

Le responsable des ventes Ayakawa Shûji (27 ans) fait passer les demandes des clients sans tenir compte des délais du designer Yamagishi Hidekazu. Ils finissent donc toujours par se chamailler durant les réunions. Un jour, un collègue d’Ayakawa lui révèle une rumeur qui circule: Yamagishi aurait un amant au sein de l’entreprise. Mais le responsable des ventes feint l’indifférence. En réalité, il connaissait déjà ce secret puisqu’il est en couple avec Hide. D’ailleurs, malgré leur dispute, Shû réclame des câlins le soir pour se remonter le moral. Le couple arrivera-t-il à garder leur liaison secrète?

En conclusion

Nikuya Inui sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, et propose donc une comédie romantique amusante et dynamique. Elle surprend les lecteurs en cassant un peu les stéréotypes de ses personnages. Je me laisse facilement prendre par le jeu des deux héros qui se cherchent constamment. Un agréable moment de lecture idéal pour se détendre.

Les noces de Lala 1 – Tamekou

les noces de lala 1 tamekou

Tamekou ためこう
ISBN: 9782383164753
Noeve grafx, 2023
ISBN: 9784799740491 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« A partir d’aujourd’hui, tu es mon épouse… »

Tamekou sensei offre une romance dramatique avec une note historique. Elle s’intéresse à la violence d’un mariage arrangé et aux rapports de force qui reproduisent la hiérarchie des relations commerciales des deux parties. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure le passé de ses deux héros, permettant ainsi de reconstituer l’enchainement des évènements. Le suspense et la tension constante alternent donc avec les passages érotiques. Wolsey se montre autoritaire et espère forcer les sentiments de son partenaire. Ramdane, quant à lui, se confronte à plusieurs rejets mais refuse d’abord de céder à son sort. Il est tout de même troublé par les sentiments sincères de son époux. L’auteure alterne la narration entre les deux hommes, permettant au lecteur de découvrir leurs personnalités plus complexes qu’elles ne paraissent. Elle dénonce indirectement les clichés sur la femme-objet, la manipulation, la pression sociale sur un jeune couple.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les fonds noirs marquent les flash-back mais également les moments dramatiques. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise des angles de vue très variés. D’ailleurs, Tamekou sensei décompose les mouvements et détaille la sensualité des scènes érotiques. Toutefois, elle censure les parties intimes par des bandelettes et des caches blancs. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures et offre même une scène par chapitre. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien ou s’intègrent directement au récit.

En résumé

Comme sa sœur jumelle Lala s’est enfuie avec son bien-aimé, Ramdane la remplace dans un mariage arrangé permettant à son village, Makam, de consolider leurs liens avec un grand partenaire commercial. Il a l’intention de s’enfuir dès que l’occasion se présente mais son nouvel époux, Wolsey, lui fait boire un étrange alcool. Ayant perdu toutes ses forces, il s’étonne de céder aux caresses pressantes de ce dernier et redoute que son secret ne soit découvert. Mais en réalité, Wolsey est fou amoureux de Ramdane depuis leur première rencontre durant leur enfance…

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Tamekou sensei narre une romance dure, sans consentement, mais dénonçant justement les travers du mariage arrangé. D’ailleurs, elle n’hésite pas à égratigner l’image des hommes forts et parfaits en les confrontant à Ramdane, qui a des traits fins. Les nombreuses scènes érotiques pourront gêner certains lecteurs, d’autant plus par leur violence. Pour ma part, j’apprécie ce récit qui appuie là où cela fait mal. Je suis donc contente de pouvoir le lire en français ce titre que j’attendais. Si le thème du mariage arrangé vous intrigue, n’hésitez pas à vous plonger dans cette série.

Monotone blue – Nagabe

monotone blue nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782383164777
Noeve grafx, 2023
ISBN: 9784799752951 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Entre bleus à l’âme et sentiments naissants, la palette des émotions s’enrichit de nouvelles nuances. »

Nagabe sensei propose une romance se développant dans un lycée de thérianthropes. Il explique succinctement les bases de son univers via les dialogues des personnages. Il reprend les caractéristiques des animaux pour construire leurs caractères. Ainsi, le cancre Hachi parle franchement, conserve son indépendance par rapport aux autres et aime souvent dormir. Aoi, quant à lui, est un excellent élève pourtant fuyant et complexé. Malgré leurs différences, les deux lycéens vont se lier rapidement d’amitié. L’auteur dévoile le passé traumatisant du lézard au fur et à mesure. Il aborde donc le harcèlement scolaire, l’acceptation de soi, la peur de faire confiance après un traumatisme, la curiosité et le rejet des différences. Le félin s’interroge sur son attirance et sa possessivité et assume ses regrets et ses mauvaises actions. La narration alterne entre les deux lycéens. Le sournois renard Gon et les trois chiens trop curieux apportent une touche d’humour.

Le mangaka a un trait épuré qu’il simplifie dans les passages humoristiques. Il rend bien les expressions et les mouvements des animaux. De même, il trace les décors à la main et utilise les hachures pour ajouter du relief. D’ailleurs, ces décors se résument parfois à l’essentiel, avec simplement une trame découpée. Les trames utilisées avec parcimonie mettent en valeur les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Nagabe sensei décompose les mouvements. Il met en avant certains détails avec de grandes vignettes ou des gros plans. Il ne montre pas explicitement les scènes érotiques mais reste dans la suggestion, instaurant le doute. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Le chat Hachi trouve sa vie monotone, ne percevant qu’un monde monochrome. En effet, il ne voit que le bleu, le jaune, le noir et le blanc. Alors il distingue ses camarades grâce à la longueur de leur museau et de leur pelage ainsi que les motifs de leur fourrure. Même l’arrivée du nouvel élève Aoi, un lézard, l’indiffère comparé aux autres élèves, curieux de cette « rareté ». Mais un jour, il remarque les écailles bleues de la queue du saurien que ce dernier, complexé, cache habituellement sous ses vêtements. Fasciné, le félin lui propose alors de garder son secret à condition de le laisser regarder sa queue tous les jours.

En conclusion

Nagabe sensei maîtrise le format one-shot et s’arrête aux premiers émois amoureux naissants de ces deux lycéens. Il arrive en plus à transcrire des émotions humaines sur des visages d’animaux, en respectant pourtant leurs particularités. Son graphisme dégage à la fois de la force et de la douceur. Ce gakuenmono rend par ailleurs bien l’ambiance scolaire, les questionnements et les réactions des adolescents. Je craque complètement pour cet adorable couple en formation. Un récit certes classique mais mignon, qui traite avec douceur des sujets actuels comme l’acceptation des différences et le harcèlement.

Kachô fûgetsu – beauties of nature 9 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 9 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063781
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403667640 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Kiriya est mon client. Quoi qu’il puisse faire, je serai toujours de son côté. »

Shimizu Yuki sensei conclut la relation ambiguë entre Zaizen et Kiriya. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Elle s’intéresse à la différence de distance entre amis et amants, la confiance qui résiste malgré le doute. L’avocat transmet d’abord indirectement ses sentiments, provoquant le yakuza. D’ailleurs, il n’hésite pas à le recadrer dès que ce dernier a un écart de comportement. Ainsi, une relation consensuelle se développe enfin entre les deux hommes, plus honnêtes avec leurs sentiments. En introduisant Ôtsuka Kazufumi, l’auteure crée un suspense intense. Elle sème des indices permettant ainsi au lecteur de faire ses propres conjectures. Comme dans le tome précédent, elle dévoile encore l’influence des yakuzas sur la vie de Shun. Malgré un sentiment de culpabilité persistant, Kiriya laisse exploser ses émotions face au danger, créant beaucoup de tension.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle s’attarde sur les détails et décompose les mouvements. Les trames équilibrées utilisent des teintes à dominante claire. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique, avec des transitions claires entre les évènements. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle offre même quelques coupes intérieures. Elle présente succinctement les personnages en début de tome. Les illustrations en début de chapitre sont en lien avec le récit ou montrent les protagonistes en train de poser. En fin de chapitre, une vignette est reprise.

En résumé

Découvrant qu’Amagi Makoto est l’ex-petite amie de Zaizen Masumi, Kiriya Shun entraîne son ami dans les toilettes de l’hôpital et l’embrasse langoureusement. Il n’arrive plus à contenir son désir et commence à le couvrir de caresses pressantes. Mais le message de la fin de l’heure des visites retentit et le coupe dans son élan. L’avocat lui rappelle alors la peine qu’il pourrait encourir pour ces actes indécents…

En conclusion

Shimizu Yuki sensei offre un tome empli d’action, de suspense et de passion. Ainsi, elle semble mener les lecteurs par le bout du nez, enchainant les révélations et les rebondissements. La maîtrise de sa mise en page est d’ailleurs un pur plaisir, ne laissant pas le temps de souffler et créant souvent l’effet de surprise. Une magnifique série, un des couples les plus attachants! N’hésitez pas à découvrir ce récit mettant en valeur différents sentiments amoureux.

Cherry magic 1 – Toyota Yuu

cherry magic 1 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 9782385315337
Akata, 2023
ISBN: 9784757558359 (JP)
Square enix, 2018 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 1
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je peux lire les pensées. »

Toyota Yuu sensei offre une comédie romantique avec une petite note fantastique, démarrant directement son récit avec deux couples potentiels. Elle alterne la narration entre ses héros, mais fait également intervenir un narrateur externe qui ajoute une touche d’humour par ses précisions. Elle joue donc sur les quiproquos et les clichés du BL pour créer des situations tendues et amusantes. Adachi et Kurosawa se lient rapidement d’amitié, se découvrant des points communs. Le salaryman n’hésite pas à utiliser son pouvoir pour s’assurer de ses préjugés sur les beaux gosses mais son collègue le surprend à chaque fois. Ainsi, l’auteure aborde le jugement sur l’apparence, les liens parfois intéressés, la culpabilité de ne pouvoir répondre à des attentes. Dans les chapitres bonus, elle développe les personnages secondaires, dévoilant des facettes plus complexes de leurs personnalités. Elle apporte une autre vision de l’utilisation de ce pouvoir avec Tsuge Masato, l’ami romancier d’Adachi.

La mangaka a un trait épuré, en rondeur, proche du style shôjo. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. Par contre, les trames d’ambiance, souvent très graphiques (fleurs, éclairs, bulles vaporeuses, poussins), se concentrent autour d’un personnage pour illustrer ses émotions. Dans le premier chapitre, les pensées sont en rose, ce qui est très pratique pour les repérer. De même, une pensée trop intense apparaît en image. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Toyota sensei n’hésite pas à représenter la bonne et mauvaise conscience de Kurosawa sous forme d’adorables anges et démons en SD. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

A 30 ans, Adachi, toujours vierge, a développé un pouvoir magique: il peut entendre les pensées des personnes qu’il touche. Même si cela ne change pas grand chose à sa vie plutôt banale, cela le conforte dans sa réserve. Mais un jour, par curiosité, il essaie d’écouter les pensées de son collègue Kurosawa, le beau gosse de l’entreprise qui assure au travail. Il découvre alors que ce dernier craque pour lui. Croyant d’abord à des hallucinations auditives, il se laisse pourtant de plus en plus conquérir par sa bienveillance. Un soir, ayant raté le dernier train à cause d’heures supplémentaires, Kurosawa l’invite à dormir chez lui. Aurait-il des arrière-pensées?

En conclusion

Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2019. Toyota Yuu sensei installe rapidement les personnages et le contexte pour nous plonger dans des saynètes amusantes. Pourtant, elle développe l’histoire au fil des chapitres. J’avais adoré l’adaptation drama de la série, disponible en streaming sur Crunchyroll. J’apprécie le dessin efficace pour exprimer les émotions et l’imagination. Un petit coup de cœur, évidemment pour cette série mignonne.

Oublier le temps perdu – Cocomi

oublier le temps perdu cocomi

Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762097
Hana, 2023
ISBN: 9784796415422 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: ロスタイムに餞を
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Malgré son absence, je n’arrive pas à oublier la chaleur de son corps… »

Cocomi sensei offre une romance originale débutant par une rupture amoureuse. Elle décortique la palette d’émotions ressentie lors d’une séparation. Ainsi, elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant de comprendre leur vision différente sur leur relation. En effet, Tôi a clairement conscience qu’il exprime maladroitement ses sentiments, influencé par son passé. Tsukushi, quant à lui, se focalise sur tous les défauts de son partenaire qui lui sont devenus insupportables. Le couple, perdu dans sa routine, n’arrive pas à mettre des mots sur leur malaise. L’auteure aborde donc le manque de communication dans un couple, la difficulté à oublier quand les sentiments persistent, à admettre ses torts partagés, l’incompréhension qui existe encore malgré de longues années de vie commune. Elle met en avant l’influence de la surcharge du travail et la charge mentale, le sentiment de solitude qui peut exister même en couple.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont variées. Les flash-back se repèrent à leur fond gris. En effet, les fonds noirs marquent surtout les réflexions des personnages sur leur passé. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise des vignettes bien espacées, apportant des respirations, et les bulles font la transition. Cocomi sensei varie les angles de vue, joue sur les chevauchements de cases et les absences de cadres. Elle s’attarde sur les petits détails, semant des indices. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Après quatre ans de vie commune avec l’écrivain Hayasaka Tôi, Naruse Tsukushi, coiffeur, l’a quitté. S’occupant de toutes les tâches ménagères, il ne supportait plus son égoïsme et son indifférence. Pourtant au bout d’un mois de séparation, son ex l’appelle car il n’arrive pas à dormir après avoir vu un film d’horreur. Finalement, Tsukushi vient à sa rescousse et lui fait la morale. Mais comme à son habitude, Tôi essaie de se réconcilier avec lui par le sexe et malheureusement, Naruse cède…

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Cocomi sensei offre un récit empli de sensibilité, avec une analyse fine des émotions et des réflexions de ses personnages. En plus, son graphisme dégage à la fois de la douceur et de l’expressivité. Je fonds complètement! Pour moi, c’est la meilleure œuvre de la mangaka que j’ai lue jusqu’à présent. A découvrir absolument!

Le démon & le serpent – Yuitsu

le demon et le serpent yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762226
Hana, 2023
ISBN: 9784866534374 (JP)
Core magazine, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Je suis quelqu’un de malchanceux. »

Yuitsu sensei joue sur les limites du consentement dans cette romance entre un homme à tout faire blessé par accident par un ancien yakuza oppressant. Elle s’intéresse à la solitude, la cohabitation, la question de l’attirance malgré le sentiment de danger. Une relation particulière se noue entre les deux hommes entre attachement et petites attentions. La narration alterne entre les deux héros. Kiryû se montre très tactile et collant. Il s’amuse d’abord des réactions de sa « cible » puis, appréciant cette vie plus ordinaire, laisse parler petit à petit ses sentiments. Mita cède à la gentillesse du squatteur et surmonte ainsi son traumatisme. L’auteure maintient le suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé de ses personnages. En introduisant le yakuza Himeno, elle ajoute quelques tensions. Elle offre également un chapitre de Reverse. D’ailleurs, l’informateur Makabé intervient dans ce tome.

La mangaka a un trait léché avec une touche réaliste. Elle dessine des corps musclés. Toutefois les ombres fortes sont hachurées. Les trames sont variées. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est plutôt classique avec quelques sorties de cadre mettant en avant la plastique des personnages. Par contre, les angles de vue changent souvent. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures. Elle offre une scène par chapitre. Les illustrations en début de chapitre présente le quotidien. Sous la jaquette se trouvent des croquis des personnages.

En résumé

Le démon & le serpent / Epilogue: Depuis qu’il est sorti de prison, l’ancien yakuza Kiryû cumule la malchance. Emprisonné à la place d’un de ses supérieurs, en échange d’une récompense, il découvre que son clan a été dissout. Et alors qu’il conduisait pour se changer les idées, il renverse un homme. Mita Kyôhei travaille comme homme à tout faire. Comme il a le bras cassé, Kiryû le raccompagne chez lui et lui propose alors son aide. D’abord réticent, Mita accepte qu’il le remplace dans son travail. Mais le soir, l’ancien yakuza invite son nouvel employeur à le rejoindre sous la douche.
Reverse: L’inspecteur Ukishima Hayato reçoit un appel de son chef en plein ébat avec son petit ami Makabé Akira. Mais ce dernier refuse de se tenir tranquille. A peine raccroché, Akira, infiltré dans la mafia, reçoit aussi un appel…

En conclusion

Yuitsu sensei a un sublime graphisme et dessine des hommes plutôt virils. Elle expédie certains passages mais cela ne gêne en rien la narration. Cela reste assez classique mais je m’amuse de la dynamique entre les deux héros. Pour ma part, c’est un plaisir à lire!

La mélodie d’amour – Nojiro Guri

la melodie d amour nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382762165
Hana, 2023
ISBN: 9784813033226 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Titre original: くりかえしあいのおと
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Passion musicale et amoureuse s’entremêlent dans ce BL aussi drôle que mélancolique. »

Nojiro Guri sensei narre une romance d’abord tendue entre deux hommes aux caractères opposés. Confiant en son talent, Kiri affiche un comportement plutôt immature et inflexible mais doute de plus en plus suite à plusieurs déboires. Malgré sa nature sociable, Osamu cache un passé plus sombre qui se révèle au fur et à mesure. Son admiration se transforme rapidement en amour et son affection touche petit à petit le bougon Azumi. D’ailleurs, en dirigeant la chorale des collégiens, le chef d’orchestre va prendre conscience de ses défauts. L’accueillante famille Miya apporte un peu de chaleur. L’auteure s’intéresse à l’influence des réseaux sociaux et des médias sur une réputation mais également sur le moral, à la difficulté de se remettre en question et au soutien salvateur de l’entourage. Elle met en avant la solitude, les incertitudes face à l’avenir et le poids des choix.

La mangaka a un trait épuré plutôt minimaliste et anguleux mais qui dégage pourtant une forte expressivité. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Elle arrive à rendre ses regards très expressifs avec pourtant seulement quelques traits grâce à la précision des formes et des mouvements. De même, les personnages s’expriment avec leur corps. Osamu se transforme parfois en wanko. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les chevauchements. Nojiro sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes ou des trames sans contours. Elle privilégie d’ailleurs les sensations des protagonistes. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Le chef d’orchestre Kiri Azumi, au bord du surmenage, se montre exécrable avec son entourage. Suite à une chute dans les escaliers, il est mis d’office en repos par son amie médecin Suesato Shioya, et rentre donc dans son village natal. En se rendant sur la tombe de sa chère mère, il aperçoit un lapin. Mais il tombe dans la neige en tentant de le poursuivre pour le prendre en photo. De retour chez lui, sans électricité ni gaz, il commence à se laisser emporter par le froid à cause de ses vêtements humides. Son voisin Miya Osamu, qui travaille à la supérette avec ses parents, et est secrètement fan de lui, vient au nouvelle et le trouve fiévreux. Il l’emmène alors chez lui. Plus tard, Kiri se réveille nu, à ses côtés…

En conclusion

Nojiro Guri sensei mène parfaitement la dynamique et l’évolution du couple. Toutefois, elle précipite un peu certains évènements, mais le mélange mélancolie, humour, tension et romance fonctionne bien. J’admire particulièrement le graphisme qui conserve une touche esquissée. Bien que l’histoire soit très classique, je fonds pour ce couple attachant. Une belle surprise et un petit coup de cœur!

Glare at you, because I love you 4 – Yukue Moegi

glare at you because i love you 4 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782382762288
Hana, 2023
ISBN: 9784796415545 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je crois que je devrais m’entraîner à sourire… »

Yukue Moegi sensei conclut sa série avec la fin du lycée de Shima. Elle aborde les questionnements du couple sur l’avenir et leur orientation à l’université ou non, l’incertitude d’une relation à distance, leur prise de conscience de devenir un peu plus adulte. Ryû, qui craint la solitude, fait beaucoup d’efforts et prend de plus en plus d’initiatives. Comme il commence déjà à travailler, il semble mûrir plus vite que son petit ami pourtant plus âgé. Shima, quant à lui, trouve le courage d’avancer grâce au soutien de son bien-aimé. D’ailleurs, l’auteure continue de mettre en valeur le soutien des amis et de certains adultes. Elle offre d’excellents moments comiques avec les sourires de Ryû. Elle met également en avant la nécessité de discuter pour partager ses sentiments et renforcer le lien amoureux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Les contours épais donnent du relief aux personnages. De même, des hachures marquent les rougissements et les ombres fortes. Les trames utilisent une palette restreinte tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions fortes. La mise en page dynamique use surtout des chevauchements de cases et des absences de cadre. Comparé au tome précédent, Yukue sensei censure à peine les scènes érotiques, ne détaillant pas les parties intimes en estompant leurs contours. Toutefois, elle joue encore sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails. Elle présente le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre. En début de tome, une fiche présente succinctement les protagonistes. Sous la jaquette se trouvent la postface et une illustration révélant un peu le futur du couple.

En résumé

Comme Shima est occupé, Kajimoto Ryûnosuke déjeune avec son ami Osamu. Mais lorsque son petit ami lui envoie une photo de lui avec Busamen, il affiche un doux sourire. Osamu lui fait alors la remarque qu’il s’est adouci. Pourtant, Ryû n’arrive toujours pas à sourire à Shima à cause de sa gêne et demande soudain conseil. Après avoir consulté Eigo et Ayame qui lui font la même remarque, il découvre dans l’album photos du smartphone de Reiji, qu’en effet, son sourire s’efface uniquement en présence de son bien-aimé. Et maintenant, Ryûnosuke affiche un regard encore plus colérique alors qu’il mange au fast food avec Shima. Provoquant l’inquiétude de ce dernier, il décide alors de s’entraîner à lui sourire…

En conclusion

Yukue Moegi sensei confie dans sa postface la joie d’avoir bouclé son récit malgré les difficultés. Elle nous offre d’ailleurs un tome empli de tendresse, de rationalité et de nostalgie. Comme cet adorable « voyou » qui s’adoucit par amour, son graphisme accompagne son héros en perdant de sa rugosité, pour notre plus grand plaisir. J’adore tout simplement suivre les aventures de Shima et Ryû!