Rock your world 1 – Miyoshi Ayato

rock your world 1 miyoshi ayato

MIYOSHI Ayato みよしあやと
ISBN: 9782382762196
Hana, 2023
ISBN: 9784861238475 (JP)
Brite, 2020 (JP)
Titre original: 捕食対象ひなどりくん
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Tu sais que tu es vraiment sans défense? »

Miyoshi Ayato sensei narre un triangle amoureux avec des amours à sens uniques. Elle s’intéresse au premier amour, à la difficulté à se déclarer, la souffrance de la peine amoureuse mais également le coming out. Malgré une stature imposante, Hinata a un petit côté ingénu. Conscient que son physique ne correspond pas aux attentes de l’homme qu’il aime, il renonce facilement et souffre de son indécision. Takaomi s’amuse de ses réactions et cherche à le secouer un peu en le provoquant. Toutefois, il transmet trop indirectement ses sentiments. Ainsi, un jeu de séduction s’installe entre les deux chanteurs, oscillant entre confidence et initiation. L’auteure apporte une touche d’humour avec les autres membres de Redust Rev, en particulier Washio qui a tendance à mettre les pieds dans le plat. Elle joue également sur les contrastes, avec par exemple, Bishin, le partenaire de Hakuba, qui se montre possessif sous ses airs mignons.

La mangaka a un trait légèrement épuré, jouant beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle soigne particulièrement les costumes et les décors. D’ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. La mise en page très dynamique reprend les structures habituelles du style shôjo avec des ellipses, des sorties de cadre, des superpositions et la forme des vignettes selon leur contenu. Miyoshi Ayato sensei varie également souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle détaille à peine les parties intimes mais ne les censure pas pour autant. Sous la jaquette, elle donne sa postface.

En résumé

Narukawa Hinata (19 ans), alias Tôya, fait partie du groupe d’idols Redust Rev, jouant les bad boys. Il est toutefois secrètement amoureux de Hakuba, du groupe rival Star Knight, à la voix angélique et aux allures de prince. D’ailleurs, enfant, il adorait chanter avec lui jusqu’à ce que sa voix mue. Malheureusement, ses sentiments transparaissent sur son visage et il prend alors un air béat dès qu’il le voit. Comme les deux groupes font actuellement un concert les opposant, le leader de Redust Rev, Nakatsuka Takaomi, le recadre et le remotive. Et il n’hésite pas à l’embrasser sur scène pour le fan service

En conclusion

Miyoshi Ayato sensei maîtrise le développement de son récit, plongeant rapidement les lecteurs dans les intrigues de ce triangle amoureux tout en maintenant la surprise. En plus, son graphisme plutôt mignon colle parfaitement à l’univers musical, proposant des physionomies variées avec des charmes et des caractères bien différents. Je craque complètement pour la dynamique entre les personnages. Un coup de cœur!

My beautiful boy 1 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 1 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762332
Hana, 2023
ISBN: 9784199609107 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Sa silhouette ressemblait à celle d’un roi. »

Nagira Yuu sensei adapte son roman sorti en 2014. Elle narre une romance entre le plus beau garçon du lycée avec celui considéré comme le plus misérable, construisant une relation ambiguë. Elle base la narration du point de vue de Hira, partageant ainsi ses pensées sombres et son admiration presque obsessionnelle pour Kiyoi. En effet, le lycéen accepte son statut d’esclave par amour, comprenant rapidement ses sentiments. Sô semble difficile à cerner à cause de son indifférence. Pourtant, il agit toujours discrètement pour limiter le harcèlement des plus faibles, sans pour autant s’y opposer. Ainsi l’auteure aborde le harcèlement, la hiérarchie qui s’installe dans les milieux scolaires selon des critères subjectifs, l’importance donnée à la réputation influençant des relations superficielles et intéressées. Pour l’instant, elle installe les personnages et le contexte. Elle pose le lecteur comme observateur, accompagnant Hira.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, bien que cela soit discret. Elle dessine des visages ovales et des corps longilignes. Les décors sont très présents. Par ailleurs, les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique s’attarde sur les petits détails et reprend principalement les techniques des shôjo. Par contre, la mangaka censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle donne le ton du récit à travers les premières pages couleurs.

En résumé

A cause de son bégaiement dû à sa grande sensibilité, Hira Kazunari a toujours rencontré des problèmes d’intégration durant sa scolarité et a pris l’habitude de rester solitaire. Fatigué des moqueries, il nourrit parfois des pensées suicidaires. Mais lors de la rentrée en deuxième année de lycée, il est ébloui par le beau Kiyoi Sô, aussi solitaire que lui, mais détaché de ce qui l’entoure. Ratant sa présentation en classe, il devient rapidement le larbin du groupe de Shirota qui a pris l’habitude de le surnommer Hii. Mais Hira supporte facilement sa position, pouvant ainsi côtoyer Kiyoi. Alors quand ce dernier lui donne son numéro de téléphone pour qu’il fasse la queue à leurs places au karaoke, il s’exécute avec joie…

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Le roman à succès a également bénéficié d’une adaptation en drama, disponible sur Viki. Nagira Yuu sensei construit des ambiances très particulières avec une certaine sensibilité, arrivant à nous passionner avec une relation presque maître / esclave. Cette sensation se retrouve à la lecture du manga, sublimé par la beauté du dessin de Kitano Megumi sensei, qui arrive à ajouter sa touche personnelle tout en respectant le style de l’illustratrice du roman, Kasai Rikako sensei. Je suis heureuse de redécouvrir ce titre sous un nouveau format.

Old fashion cupcake with cappuccino – Sagan Sagan

old fashion cupcake with cappuccino sagan sagan

SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382122792
Akata, 2023
ISBN: 9784813032823 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si je me laisse aller, je risque d’être emporté par une passion qui n’est plus de mon âge… »

Sagan Sagan sensei continue d’explorer les freins que se crée Nozue à cause de son âge mais également de sa hantise du jugement extérieur. Elle base sa narration principalement du point de vue du quarantenaire, partageant ses sentiments contradictoires. En effet, sa relation lui apporte une nouvelle jeunesse mais ses difficultés à concilier vie privée et travail le ramènent rapidement à la réalité. Togawa accepte mal ce retournement bien qu’il ait conscience des risques. L’impact de leurs décisions unilatérales entrainent des disputes. Ainsi, l’auteure aborde la cohabitation et l’engagement sur le long terme, le poids de la différence d’âge dans un couple. Elle montre différentes réactions des collègues, qui apportent à leurs manières leurs conseils. Comme dans le tome précédent, elle met en avant l’appréhension face aux changements et le travail sur soi pour avancer en dehors des images idéales fixées par la société.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle détaille avec réalisme les décors, les faisant même participer à la narration en diffusant quelques indices ou une ambiance. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, un fond gris clair indique sobrement les flash-back. Ainsi, la douceur présente dans les tons pastels des premières pages se propage malgré tout à travers tout le tome par des contrastes noirs et blancs réalistes et peu marqués. Par ailleurs, Sagan sensei décompose les mouvements et s’attarde sur les détails des petits gestes. Elle change également souvent les angles de vue, dynamisant un agencement de cases pourtant classique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, deux planches offrent une histoire toute mignonne à lire à la fin.

En résumé

Togawa Minoru découche souvent chez son petit ami Nozue Sanae. Il apprécie d’être réveillé par ce dernier et profite ainsi de chaque instant pour le câliner. Comme cela fait trois jours de suite qu’il vient, il emprunte une cravate à son supérieur mais ce dernier la lui offre. Nozue se laisse également emballer par sa passion et lui prépare même un bento. Il remarque d’ailleurs que Togawa laisse de plus en plus d’affaires chez lui. Mais au bureau, Kakitani remarque le changement d’humeur de Nozue et reconnaît sa cravate sur Togawa. Réalisant son imprudence, le quarantenaire installe soudain une certaine distance avec son subordonné.

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Togawa Minoru se classe quatorzième meilleur seme tandis que Nozue Sanae est huitième meilleur uke. Sagan Sagan sensei approfondit son récit avec cette fois-ci une tranche de vie du couple qui affronte un moment critique dans leur relation. Elle offre toujours un merveilleux travail graphique très personnel, basé sur la suggestion. Quel bonheur de découvrir la suite de ce récit aussi criant de réalisme et adulte. En plus, l’action se situant pendant les fêtes de fin d’année, je trouve que sa lecture se marie parfaitement à la saison. Une pépite de douceur!

Sasaki et Miyano 8 – Harusono Shou

sasaki et miyano 8 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124574
Akata, 2023
ISBN: 9784046809582 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je sais que tu prends soin de moi… »

Harusono Shou sensei propose un tome de transition avec un découpage particulier pour accompagner les changements dans la vie de ses personnages. Dans la première partie, elle s’intéresse à la rentrée scolaire puis dans la seconde moitié, elle offre des histoires bonus et regroupe des publications spéciales avec un petit mot explicatif. La narration alterne entre Sasaki et Miyano, partageant en détails leurs émotions face à leur nouvelle situation, Sasaki étant maintenant à l’université. L’organisation du couple pour continuer à se fréquenter s’accompagne également du renforcement de leurs sentiments réciproques. Leurs amis mûrissent aussi et prennent des orientations différentes. Ainsi, l’auteure aborde leurs questionnements sur l’avenir, leurs ambitions et leurs évolutions. En introduisant Shirahama Kyôji, l’ami de Tashiro Gonzaburô, elle met en avant les points communs entre les scénarios de jeux de rencontres et ceux des BL.

La mangaka a un trait épuré avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques tout en l’arrondissant. Elle a un graphisme proche du shôjo, usant des hachures pour les rougissements. Les trames d’ambiance très graphiques renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les yonkoma alternent avec une mise en page plus classique. Contrairement au tome précédent, les pages couleurs en début de tome offrent des illustrations. Par ailleurs, Harusono sensei ajoute une note humoristique avec les réactions d’une fan de BL en arrière-plan. Elle s’arrête pour l’instant aux baisers mais s’attarde sur les détails, en particulier le côté très tactile de Sasaki. Sous la jaquette, il y a la présentation de la chambre de Miyano ainsi que quelques secrets de conception du manga.

En résumé

Miyano Yoshikazu entre en troisième et dernière année de lycée. Il se rend en classe pour retrouver ses amis avant la cérémonie d’entrée. Kuresawa Tasuku lui prête alors quelques boy’s love de sa petite amie, cette dernière souhaitant le remercier pour ses conseils. Mya constate d’ailleurs qu’elle aime surtout les BL de boys band et se rappelle avec nostalgie ses premiers échanges avec Sasaki Shûmei…

En conclusion

Avec ce tome, Harusono Shou sensei introduit de nouveaux personnages, marquant la transition dans la vie de ses personnages. Elle s’attarde particulièrement sur le rapprochement du couple malgré la distance. Son trait très doux dégage alors parfois de la sensualité. Je suis heureuse que la série continue et apprécie les nouveaux thèmes abordés. Une lecture emplie de douceur qui réchauffe le cœur!

Cherry magic 2 – Toyota Yuu

cherry magic 2 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 978238227483
Akata, 2023
ISBN: 9784757561274 (JP)
Square enix, 2019 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Pour la première fois de ma vie, je trouve un homme mignon… »

Toyota Yuu sensei continue de nous amuser avec les aventures d’Adachi. Elle reprend les évènements classiques des romances BL entre salarymen, comme par exemple la sortie de cohésion, la forte fièvre, mais tourne en dérision les moments romantiques. De même, elle dénonce la lourdeur de certaines pratiques de drague. Ainsi, les techniques de séduction du « beau gosse » ne fonctionnent pas sur Adachi. D’ailleurs, les faiblesses de Kurosawa cassent son image d’homme parfait. La narration alterne entre les héros. L’auteure décortique la naissance des sentiments et les questionnements des protagonnistes. Elle introduit de nouveaux personnages qui font bouger les deux salarymen: la nouvelle recrue trop enthousiaste Rokkoku Yûta, la gentille mais distante secrétaire Fujisaki, la taquine sœur de Kurosawa. Elle continue également les aventure de Masato Tsuge (30 ans) dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré proche du style shôjo. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle met également en avant la fine musculature de Kurosawa. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques qui appuient les émotions. Les autres trames sont très variées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Comme dans le tome précédent, les pensées lues apparaissent en rose dans le premier chapitre. Par la suite, un format fixe permet de les repérer immédiatement: une police spécifique et des guillemets (un beau travail imperceptible de la lettreuse Audrey Martor). La mise en page est dynamique. D’ailleurs, Toyota sensei n’hésite pas à reprendre le format des jeux vidéos dans le premier chapitre. Par ailleurs, la couverture utilise un vernis sur certains éléments donnant un bel effet à la lumière.

En résumé

Adachi se sent gêné vis à vis de Kurosawa Yûichi après avoir fui sa déclaration lors de leur sortie entre collègues, la veille. Pourtant son collègue se comporte normalement. D’abord admiratif d’un tel sang-froid, il se ravise rapidement en découvrant ses pensées secrètes. D’ailleurs, sa technique pour le séduire petit à petit fonctionne totalement, avec un simple cadeau souvenir bien choisi…

En conclusion

Bien que ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, il est cité parmi les meilleures séries pures qui fendent le cœur. Toyota Yuu sensei enchaîne avec brio quiproquos et tension romantique, surprenant le lecteur. Son graphisme va à l’efficacité et exprime parfaitement les émotions des personnages. Je suis complètement séduite par ce titre qui offre un moment de lecture doux et amusant. Ceux qui ont eu la chance d’acheter leur tome à la Y/CON 2023 ont pu également recevoir un magnifique stand acrylique de la série. Du bonheur!

Roses et champagne 1 – Zig et Ttung gae

roses et champagne 1 zig ttung gae

ZIG
Ttung gae
ISBN: 9782382882016
Kbooks, 2023
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« J’ai toujours rêver de dresser un tigre. »

Ttung gae mélange romance, drame et suspense avec la rencontre explosive entre le tyrannique mafieux César et l’impétueux avocat Jeong. Les deux hommes se retrouvent à collaborer et négocier, dans un jeu oscillant entre manipulation et séduction. Pourtant les coups bas et le chantage côtoient constamment des échanges de bons procédés. Le comportement ambivalent de Sergueïv, d’une part attentionné avec Iwon et d’autre part extrêmement violent avec ses autres interlocuteurs, crée de la tension. L’avocat répond facilement aux provocations du mafieux et n’hésite pas à le recadrer. L’auteur.e maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure l’évolution de l’enquête et les intrigues au sein de la mafia. Iel s’intéresse à l’alchimie qui s’installe entre deux personnes de milieux complètement différents. L’humour joue sur les quiproquos, les manigances et les interventions comiques de Dimitri, le cousin de César.

Ttung gae a un trait épuré et anguleux qu’iel simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les personnages ont différentes statures facilitant leur identification. Les décors soignés et détaillés s’éclaircissent lorsqu’ils sont en arrière-plan pour ne pas surcharger la page. Par ailleurs, la palette de couleurs offre plutôt des tons réalistes. De même, les trames d’ambiance se font discrètes et accompagnent les émotions. Elles deviennent plus sombres dans les moments dramatiques. La.le manhwaga offre des chapitres plutôt courts. La mise en page, bien que fluide, a parfois des agencements de cases ou de bulles provoquant quelques hésitations sur leur sens de lecture. En début de tome, il y a un poster mais également un avertissement bienvenu.

En résumé

L’avocat d’origine coréenne Jeong Iwon vit à Moscou et travaille actuellement sur le dossier de son voisin Nicolaï qui risque de perdre son usine familiale à cause d’un élu véreux, Georg Zdanov. Pour économiser ses frais de transport, il rentre chez lui en courant mais percute un bel homme à l’angle d’une rue. Ce dernier se montre alors très prévenant avec lui. Mais le lendemain, en se rendant à l’improviste chez Zdanov, l’avocat recroise l’inconnu qui s’avère être le dirigeant d’une puissante organisation mafieuse: César Alexandrovitch Sergueïv, alias le Tsar. Le soupçonnant d’aider le député dans ses malversations, il décide alors d’informer le gangster de l’affaire actuelle, s’imposant dans son bureau à l’improviste.

En conclusion

Ttung gae maîtrise l’enchaînement des évènements et laisse le lecteur respirer en alternant l’humour et la tension. Son graphisme est par ailleurs très agréable. Je suis séduite par ce récit, complètement happée par la dynamique entre les deux héros mais surtout curieuse de découvrir le fin mot de cette enquête. Lequel des deux cèdera en premier à la passion?

Dangerous convenience store 1 – 945

dangerous convenience store 1 945

945
ISBN: 9782382882566
Kbooks, 2023
ISBN: 9791192674056 (KR)
OrangeD, 2022 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comparé aux autres gangsters, je trouve cet homme bien plus intimidant. »

945 (Gusao) narre une comédie romantique sexy entre un étudiant assumant son homosexualité et un mafieux plutôt attentionné. Iel installe d’abord le contexte et un « faux » triangle amoureux avec Hyunwoo qui se montre égoïste et volage. La narration alterne entre les deux héros, partageant leurs réflexions. Ainsi, l’humour se base principalement sur les quiproquos et le détournement de situations dramatiques. Malgré ses airs de brute, le mafieux Beom parle franchement et déborde de gentillesse envers son jeune voisin. Bien qu’étudiant, Yeo assume déjà beaucoup de responsabilités. Son amie d’enfance, Juyeon, le conseille et le guide. L’auteur.e s’intéresse à la différence sociale, au jugement sur les apparences et décortique la naissance du sentiment amoureux après une relation purement charnelle. D’ailleurs, les ébats intenses sont parfois à la limite du consentement.

945 a un trait épuré et anguleux qu’iel simplifie et arrondit dans les passages humoristiques, transformant les héros en mignons SD. Iel varie les morphologies, facilitant leur identification. Iel privilégie des tons pastels mais joue tout de même sur les contrastes, l’univers des gangsters utilisant une palette plus sombre. Des hachures renforcent les ombres fortes. Pour ne pas surcharger les cases, les décors utilisent un tracé flou et des aplats de couleurs. Les trames d’ambiance accompagnent également les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est plutôt fluide et met bien en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, la.le manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Il y a un poster en début de tome.

En résumé

L’étudiant Yeo Euijoon travaille en parallèle dans une supérette pour payer ses frais scolaires mais aussi les frais médicaux de son frère hospitalisé. Son lieu de travail se trouve malheureusement dans un quartier fréquenté par des gangsters et certains clients l’intimident souvent pour ne pas payer. Mais un soir, il reçoit l’aide d’un grand et musclé bel homme, Beom Gunwoo, qui ne le laisse pas indifférent malgré son côté intimidant. Pourtant, il est déjà secrètement amoureux de son ami Yoon Hyunwoo. Qui Euijoon choisira-t-il?

En conclusion

945 prend son temps pour développer les personnages mais plonge les lecteurs rapidement dans les scènes érotiques. Pour information, iel a dessiné une couverture spécialement pour l’édition française. Je n’avais pas eu le temps de lire les derniers chapitres lors de la pré-publication sur Verytoon, je suis donc ravie de pouvoir redécouvrir ce titre. Un coup de cœur!

Our love will last till the end of time – Haida Nanako

our love will last till the end of time haida nanako

HAIDA Nanako 灰田ナナコ
ISBN: 9782375063866
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526089 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Titre original: 来世の君にくちづけを
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voudrais que vous m’oubliez pour toujours. »

Haida Nanako sensei offre une belle romance avec en toile de fond des réincarnations. Elle interroge alors sur la difficile distinction entre sentiments passés et présents, l’influence des souvenirs d’une personnalité réincarnée sur le quotidien, la projection d’anciennes émotions. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs questionnements. Ainsi, malgré une attirance réciproque, Hiroto et Natsume ne partagent pas encore la même passion en raison de leurs différences de souvenirs antérieurs communs. D’ailleurs, Takamine appréhende le retour des souvenirs douloureux de Mika, se sentant coupable de son triste destin. Ainsi, l’auteure révèle l’histoire de Luke et Mika au fil des chapitres, maintenant un certain suspense. Elle met en avant un amour qui perdure à travers le temps et s’émancipe de la différence sociale. Elle construit une relation consensuelle, qui se développe tout de même un peu rapidement.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs, des corps longilignes et des visages rougissants recouverts de hachures. De même, elle utilise des trames d’ambiance très graphique (fleurs, pois, étoiles brillantes…) pour accompagner les émotions. Les autres trames sont équilibrées. Par contre, les décors situent principalement l’action. Un fond noir marque les flash-back des souvenirs, sauf quand le passé se mêle au présent. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Haida sensei utilise beaucoup de superpositions et met en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes en dessinant des contours blancs ou en les tramant uniquement. Elle joue également sur les cadrages pour éviter d’en montrer trop. Sous la jaquette, il y a une illustration et une planche apportant une anecdote.

En résumé

A 7 ans, suite à une forte fièvre, Takamine Hiroto a retrouvé les souvenirs d’une vie antérieure lorsqu’il était le prince Luke Ernest Wilson. Son ami d’enfance Saotome Yûichirô s’est également souvenu du passé de la réincarnation du majordome Brian. A l’époque, le prince était tombé amoureux d’un roturier, Mika Findey, qui a été condamné à mort pour espionnage. Depuis, il le cherche désespérément. Actuellement en troisième année de fac de droit, il croise un jour Natsume Kô, en deuxième année de biologie de l’environnement. Persuadé d’identifier Mika, il le prend alors dans ses bras mais ce dernier ne le reconnaît pas.

En conclusion

Haida Nanako sensei offre une belle romance entraînante, malgré un développement un peu rapide. Son magnifique graphisme très expressif permet d’éviter de longs monologues intérieurs. Je suis agréablement surprise par sa dextérité à mêler présent et passé avec fluidité. Un petit coup de cœur!

Jealousy blinds love – Nagisa Eiji

jealousy blinds love nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063835
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526102 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« J’ai toujours voulu devenir un pianiste comme toi. »

Nagisa Eiji sensei propose de suivre un jeu de séduction et de manipulation entre un pianiste blasé, sur le déclin, et un jeune admirateur talentueux. Elle base principalement la narration du point de vue de Kirino puis alterne ensuite avec Takase pour donner sa version. Elle s’intéresse donc à un amour possessif, presque toxique, à l’admiration à la fois salvatrice et étouffante, aux sentiments contradictoires qui naissent avec la jalousie. En effet, le manipulateur Shion se laisse rapidement prendre à son propre jeu en tombant amoureux. Sa vision pessimiste de l’amour brouille sa compréhension des émotions. En plus, le naïf Kei, pas si innocent qu’il ne paraît, nourrit consciemment un amour calculateur. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages. Elle aborde la pression sur un jeune talent en devenir, l’avidité et la dépendance envers l’affection, la peur de finir seul.

La mangaka a un trait épuré et anguleux contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle ajoute quelques touches shôjo à son graphisme, comme par exemple les hachures envahissantes de la tête aux épaules recouvrant pourtant des trames indiquant les rougissements impressionnants de Takase. D’ailleurs, les trames sont plutôt utilisées avec parcimonie, en aplat, sauf dans les décors plus soignés. Ces derniers situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Ainsi, Nagisa sensei joue parfois sur les plongées et les contre-plongées pour signifier l’ascendant des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Kirino Shion (22 ans) est un pianiste encore étudiant dont le talent périclite depuis qu’il a perdu sa passion pour la musique. Persuadé d’avoir atteint ses limites et dégoûté par les circonstances de sa victoire au dernier concours de piano en Russie, sa rencontre avec un de ses fans, Takase Kei, pique sa curiosité. En effet, le beau et populaire étudiant qui déborde d’admiration pour lui, se montre timide uniquement en sa présence. Il lui confie cependant vouloir devenir un pianiste aussi talentueux que lui. Kirino décide alors de tuer le temps en le taquinant un peu, ayant à la fois envie de le séduire et de le blesser.

En conclusion

Malgré un dessin agréable, Nagisa Eiji sensei ne transcrit pas clairement les émotions de ses personnages. Elle se perd également dans le développement de son récit, voulant trop approfondir certains sujets. Ainsi, ce one-shot souffre malheureusement de problèmes de rythme. Je trouve cela dommage car le propos de base était fort intéressant. J’ai toutefois passé un bon moment de lecture. Une romance divertissante, un peu maladroite, qui peut tout de même plaire à un public indulgent.

Strelitzia – Yuitsu

strelitzia yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382763858
Hana, 2023
ISBN: 9784866535180 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tu n’as absolument aucun sex-appeal. »

Yuitsu sensei narre une romance toute mignonne qui se déroule pourtant dans l’univers des hôtes. Elle développe une relation plutôt consensuelle, décortiquant le passage de l’admiration à l’amour. De même, elle s’attarde principalement sur l’évolution des sentiments. L’indécis Tao manque de confiance en lui et a donc du mal à déchiffrer ses propres émotions. Il s’interroge et, bien que de caractère fuyant, fait face aux avances de son gérant. Attiré par le petit nouveau, Haruchika réalise rapidement ses sentiments et n’hésite pas à utiliser toutes les techniques de séduction pour arriver à ses fins tout en respectant tout de même les limites de son partenaire. Avec le client Yamato, l’auteure confronte ses héros à la jalousie et à l’improbable dualité entre Jin et Chika. Elle présente d’autres formes relationnelles avec les autres hôtes: le protecteur Sumire, les deux amis d’enfance câlins et tactiles Kei et Tsugumi.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps musclés et des regards intenses et soigne également les costumes. Mais elle travaille surtout la sensualité des gestes même simples, mettant en avant tout le travail de séduction des hôtes. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Bien que la mise en page soit plutôt classique, évitant ainsi de surcharger la page, Yuitsu sensei offre quelques pages plus dynamiques avec des superpositions de cases. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des bandelettes et occulte les détails par un contour blanc. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Akizuki Tao, fan du populaire hôte Amakuni Jin, rejoint le club dans lequel travaillait ce dernier. Le gérant Sumeragi Haruchika le guide pour son premier jour et s’amuse de son innocence. A la fin de la soirée, les résultats du nouveau étant peu probants, il lui fait carrément une démonstration tout en lui expliquant la méthode pour avoir plus de charme. Mais quand Chika remonte ses cheveux en arrière, Tao reconnaît soudain Jin, ce qui l’excite.

En conclusion

Yuitsu sensei offre une romance toute mignonne à la fois sexy et romantique. Elle joue sur le caractère de ses personnages et leurs réactions, mêlant ainsi drame, humour et romance. La sensualité de son graphisme suinte à chaque image. Je suis complètement charmée par ce récit qui m’a d’abord surpris, d’une part, par le côté innocent que conservent les deux héros et d’autre part, par le milieu dans lequel ils évoluent. Si vous aimez la mangaka, foncez, vous serez conquis!