Le théâtre des fleurs 7 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 7 natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063637
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403667831 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une séparation inenvisageable.

Natsume Isaku sensei révèle le passé entre Matsukawa Kikuemon et Arai Jûichirô, amis d’enfance qui se sont retrouvés dans une situation similaire à leurs petits-enfants. Comme dans le tome précédent, elle aborde la pression de la transmission d’un héritage artistique, les obligations des familles illustres, le mariage arrangé. Elle compare également les différences entre l’époque des grands-parents et celle des petits-enfants. En effet, Kikuemon a préféré fuir ses sentiments de peur de la pression sociale. Malgré les obstacles, Gensuke et Sôgorô choisissent la résistance. Ils mûrissent en découvrant les contraintes de la vie professionnelle mais également l’amorce de la prise d’indépendance. La distance, l’incompatibilité des emplois du temps, la jalousie, l’anxiété viennent troubler la confiance du couple. L’auteure montre quelques techniques de résistance des deux amoureux. Elle s’intéresse par ailleurs aux différences entre le kabuki et d’autres registres artistiques. Par ailleurs, elle révèle le passé de Tsutamaru.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui met en relief les pleins et reliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, ajoutant une touche mignonne avec des visages plus arrondis. De même, elle exprime à merveille le découragement avec un brouillard noir plus ou moins dense. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les autres trames sont très variées. D’ailleurs, un soin est porté aux motifs des kimonos. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Néanmoins, des trames rayées recouvrent les vignettes lors des souvenirs furtifs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei ne censure pas les parties intimes mais elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les détails. Elle présente les personnages en début de tome. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages.

En résumé

Arai Tsutamaru et Kaneko Takeichi ont demandé qu’Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô se séparent. Depuis, le couple peine à trouver un moment pour élaborer une stratégie étant souvent sous surveillance. Gensuke a alors l’idée de demander l’aide de leurs amis Tsuchiya Hiroto et Nishida. En effet, le mannequin a déjà acheté son propre appartement. Il accepte d’ailleurs de les couvrir mais également de louer une des chambres. Ainsi, le couple pourra se créer des moments d’intimité pour discuter calmement. De retour chez lui, Sôgorô réalise soudain le poids de ses obligations familiales et son manque de liberté en s’identifiant à une héroïne d’une pièce de kabuki que son grand-père regardait. Observant son petit-fils, Matsukawa Kikuemon se replonge alors dans ses souvenirs…

En conclusion

Natsume Isaku sensei plonge le lecteur dans les révélations, mettant en parallèle passé et présent. Elle installe la résistance de l’amour face à la tradition, installant un suspense intense. J’ai hâte de découvrir la suite! D’autant plus que j’apprécie de plus en plus Tsutamaru, malgré son obstination envers son frère. Ce tome intense en évènements procure beaucoup d’émotions. Une série idéale pour découvrir l’univers du kabuki.

10 count 6 – Takarai Rihito

10 count 6 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782375061190
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666216 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Si tu m’embrasses et que ça te plaît… Tu voudras bien reconnaître que tu m’aimes? »

Takarai Rihito sensei conclut sa romance en dévoilant enfin le dixième point de la liste de Shirotani. En introduisant Ueda, elle permet au mysophobe de se confronter à son traumatisme. Elle joue sur les différents sentiments ressentis, les manipulations et les réactions tout en portant une attention aux détails pour créer de la tension et du suspense jusqu’à la fin. Il est alors amusant de voir le secrétaire et le psychologue sortir tous les deux de leurs zones de confort, poussés par leur amour, et avancer à leur rythme. Par contre, le temps qui passe devient légèrement plus confus sur la fin du récit. L’auteure dépeint avec aisance l’évolution de la relation du couple en révélant encore quelques secrets. Elle offre une fin un peu ouverte. Dans l’histoire bonus, elle montre ce que devient le couple.

La mangaka utilise une mise en page plus classique mais toujours dynamique. Elle établit un équilibre entre les décors et les cases sans fond. Les trames d’ambiance se font plus rares tandis que les autres trames sont variées. Comme dans le tome précédent, il y a beaucoup plus de gros plans, de détails. Par ailleurs, la découpe presque filmique ralentit certains passages. Takarai sensei transmet les sentiments des personnages à travers la sensualité des corps durant les scènes érotiques. Elle censure d’ailleurs l’essentiel avec plusieurs bandelettes blanches. Avec l’illustration de la postface, elle conclut un récit qui s’est développé image par image à chaque tome.

En résumé

Bien décidé à ne pas se laisser mener par Kurose Riku, Shirotani Tadaomi tente de prendre la direction de leur sortie en amoureux. Mais quelle n’est pas sa surprise de croiser une connaissance, Ueda, alors que le psychologue a ramassé les clés tombées au sol de la jeune femme. Cette ancienne élève du père de Tadaomi s’incruste alors dans leur rendez-vous en proposant de les remercier autour d’un thé. Énervé par les minauderies de Ueda, Shirotani perd peu à peu son sang-froid et file au toilettes après avoir vidé le verre de Riku…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Kurose Riku se classe troisième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est quatrième meilleur uke. Takarai Rihito sensei mène rondement sa conclusion, arrivant encore à surprendre les lecteurs malgré les dernières révélations. Elle transmet avec finesse les sentiments de ses personnages. En 2019, la série devait faire l’objet d’une adaptation en série animée dont la diffusion était prévue en 2020, puis suite à plusieurs reports, en 2022, il a été annoncé que le projet devenait un film d’animation pour finalement être complètement annulé en janvier 2024. Dommage pour ce titre touchant qui propose un thème singulier, avec des personnages tellement attachants. Une lecture à la fois sexy et émouvante.

10 count 5 – Takarai Rihito

10 count 5 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809686
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403665141 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine de l’obsession de Kurose pour la mysophobie.

Takarai Rihito sensei s’attarde sur l’enfance de Kurose. Elle révèle donc l’origine de son caractère tordu mais aussi de son intérêt spécifique pour la mysophibie suite à sa rencontre avec son voisin Nishigaki, souffrant ce cette phobie. Le lecteur découvre alors la culpabilité que le psychologue traîne depuis l’enfance, chamboulant ainsi ses premières impressions. Shirotani, quant à lui accepte un peu mieux ses désirs mais également l’amour tordu de son partenaire. Ainsi, l’auteure alterne avec brio les flash-back et les passages érotiques, détaillant les sentiments de ses personnages. Comme les chapitres raccourcissent, elle les regroupe pour ne pas trop scinder les moments forts. Par ailleurs, elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus et présente également en images quelques anecdotes sur l’enregistrement du troisième drama CD de la série.

La mangaka travaille principalement sur les non-dits et met donc en avant les petits gestes de gênes et d’hésitation. D’ailleurs, l’intégration de flash-back et la focalisation sur les expressions du visage au fur et à mesure que le couple se lie donnent une tonalité très intimes. Par ailleurs, la mise en page est plus classique, avec tout de même quelques pages dynamiques. Les décors se font un peu plus présents. Par contre, les trames bien que variées, ont une dominante claire. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Comme dans le tome précédent, Takarai sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui cachent à peine les détails. Elle met principalement en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Enfin libérés de l’ascenseur et le typhon faisant rage, Kurose Riku tente d’alpaguer un taxi. Il décide de céder sa place à Shirotani Tadaomi mais ce dernier lui propose de le partager. Cependant, lorsque le psychologue descend, le secrétaire le suit bien décidé à enfin lui avouer tout ce qu’il a sur le cœur.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Kurose Riku se classe deuxième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est troisième meilleur uke. D’ailleurs, voir ce dernier prendre enfin des initiatives est un réel plaisir. Quel bonheur de ressentir à nouveau un peu mieux les sentiments des personnages et d’avoir enfin des relations plus consenties. Takarai Rihito sensei offre un retournement de situation émouvant et très bien mené. Son graphisme sensuel sublime les scènes érotiques. Une lecture à la fois prenante, sexy et tendre.

Les noces de Lala 2 – Tamekou

les noces de lala 2 tamekou

Tamekou ためこう
ISBN: 9782383164975
Noeve grafx, 2024
ISBN:‎ 9784799744192 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« A cause de lui, mon corps a changé. »

Tamekou sensei continue d’analyser les sentiments contradictoires que nourrissent ses deux héros. Comme dans le tome précédent, elle dénonce les conditions de la femme-objet ainsi que la limitation des activités des épouses d’hommes riches. Bien qu’impuissant, Ramdane se rebelle souvent face aux obligations des femmes qu’il trouve aberrantes mais fait également des efforts pour comprendre son mari. Il s’interroge de plus en plus sur l’amour. L’introduction de l’inconstant Badma permet de découvrir le passé de la famille Brooktine et d’ajouter une note d’humour. Wolsey, plus sensible qu’il ne paraît, oscille constamment entre prévenance et violence, se laissant porter par sa jalousie. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux relations non consenties dans un couple. Avec le père Brooktine, Bullock, elle aborde la question de la polygamie liée à l’obsession de « produire » un héritier, les manipulations ainsi que la pression familiale.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames, soignant particulièrement les motifs des costumes. De même, les trames d’ambiance parfois graphiques appuient les émotions. Les décors également soignés, situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise les sorties de case, les ellipses et les superpositions. Dans les scènes érotiques, Tamekou sensei censure les parties intimes par un cache blanc. En début de tome, elle présente les personnages. Par ailleurs, elle dessine le quotidien des personnages dans les illustrations en début de tome. L’éditeur offre un très beau travail sur la couverture, avec du vernis sélectif qui donne du relief. Il inclut également la belle illustration couleur du frontispice.

En résumé

Badma Brooktine, le frère aîné de Wolsey, est de retour. Alors que Lala, alias Ramdane, cherchait sa servante, Yahn, pour lui montrer ses progrès en broderie, il croise Badma qui se cachait parmi les draps qui séchaient. En effet, le séducteur invétéré attire toutes les servantes. Comme Lala s’apprêtait à donner l’alerte, le prenant pour un voleur, il l’embrasse. Devinant qu’il s’agit de la femme de son frère et amusé par son caractère récalcitrant, l’aîné des Brooktine provoque alors en duel Wolsey pour lui ravir la « belle ».

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020. Toutefois, les lecteurs le citent parmi les meilleures séries qui fendent le cœur. En effet, Tamekou sensei joue avec les émotions des lecteurs en révélant au fur et à mesure les secrets autour de la famille Brooktine, rendant l’autoritaire Wolsey de plus en plus attendrissant. Toutefois, elle ne romantise pas le non-consentement. Au contraire, elle interroge sur les sentiments naissants dans une relation imposée par un mariage arrangé. Je fonds complètement pour ce récit, appréciant les révoltes de Ramdane. Une lecture captivante emplie d’intrigues et d’action!

Otona club – Yoshida Yuuko

otona club yoshida yuuko

YOSHIDA Yuuko 吉田ゆうこ
ISBN: 9782382763285
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796414708 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mon père m’a demandé de dire aux membres de ce club que j’étais leur prochain « jouet ». »

Yoshida Yuuko sensei propose de suivre une romance douloureuse entre deux lycéens prisonniers de leurs conditions. Elle offre plutôt une tranche de vie de ses héros, se concentrant principalement sur leurs sentiments contradictoires. Elle maintient ainsi le suspense en dévoilant au fur et à mesure les circonstances de leur comportement ambigu. La narration se base du point de vue de Haruka. L’innocence et la gentillesse de ce dernier le rend facilement manipulable, soumis à l’influence de son frère jumeau, Naoto. Nagara, quant à lui, se montre à la fois froid et attentionné, séduit par son colocataire. Malgré une relation purement charnelle, leurs sentiments vont vite évoluer. L’auteure aborde donc la pression familiale, la vengeance, l’homophobie, la difficulté à faire confiance et le manque de communication. Elle met en valeur le long parcours vers l’amour du couple soutenu par leurs amis.

La mangaka a un trait au style immédiatement reconnaissable, épuré et mêlant des lignes anguleuses et arrondies. Elle y ajoute une touche shôjo avec des visages aux grands yeux très expressifs. Elle dessine de grandes hachures envahissantes pour les rougissement. Les trames très variées donne un effet presque réaliste avec un travail soigné pour rendre les ombres, les contre-jours. De même, les décors sont très présents et détaillés. Un contour blanc vient parfois mettre en relief la profondeur. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoshida sensei censure les parties intimes en ne les détaillant pas. Elle joue également sur des traits discontinus et les angles de vue. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre le quotidien des personnages.

En résumé

Le nouvel élève Misaki Haruka, transféré dans un lycée accueillant beaucoup de garçons de bonnes familles, visite les lieux en compagnie du délégué de sa classe, Minegishi Seiichi, fils de ministre. Il demande alors des renseignements sur le club « Porno club », souhaitant l’intégrer. En effet, son père dont l’entreprise rencontre des difficultés, lui a ordonné de devenir le jouet des membres de ce club en échange d’argent. Bien que le délégué se montre réticent, Roppongi Subaru l’emmène plus tard au club où les trois membres lui annoncent que les activités passées ont cessé. Mais face à l’insistance de Haruka, Nagara Ryôsuke se porte alors volontaire pour coucher avec lui. Néanmoins, il s’avère être également son colocataire de chambre au dortoir. Une drôle de relation s’installe donc entre eux.

En conclusion

Yoshida Yuuko sensei va à l’essentiel pour le développement de son récit mais transcrit parfaitement les sentiments de ses personnages. Malgré le contexte, elle crée une relation pas si malsaine pour autant. D’ailleurs, elle inclut beaucoup de sensibilité et de sensualité dans la relation, inversant rapidement le charisme de ses deux héros. Je suis heureuse de retrouver cette mangaka en France. J’adore son graphisme et ses récits empreints de mélancolie qui surprennent souvent par un retournement de situation. Ici, Nagara vole rapidement la vedette à Misaki. J’ai un gros coup de cœur pour leur histoire.

Bitter playmate – Nishimoto Rou

bitter playmate nishimoto rou

NISHIMOTO Rou 西本ろう
ISBN: 9782382764275
Hana, 2023
ISBN: 9784396785499 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je vais te faire du bien comme autrefois… »

Nishomoto Rou sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue qui se retrouvent. Mais elle y ajoute sa touche sensuelle, mettant en avant l’érotisme d’un piercing au nombril. De même, elle ajoute du suspense en révélant leur passé au fur et à mesure. La narration alterne entre les deux héros. Les deux lycéens restent prisonniers de leurs images d’enfance et ne se comprennent donc plus. Ainsi, Takara continue à jouer le grand-frère protecteur et tient beaucoup trop compte des apparences pour évoluer. Ses jeux sexuels l’obligent à s’interroger sur ses sentiments. Gaku, quant à lui, découvre des facettes peu glorieuses de son sauveur et se contente d’une relation charnelle malgré ses sentiments. L’auteure aborde donc la différence entre plaisir et amour, le jugement sur l’apparence, le manque de communication. Elle secoue ses héros avec l’intervention d’Ooshima Yûgen, un ami de Katsuragi.

La mangaka a un trait fin et détaillé jouant sur les pleins et déliés, avec une note réaliste. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors également soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Nishimoto sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle en offre même une par chapitre. Elle s’attarde particulièrement sur la sensualité des petits gestes.

En résumé

Katsuragi Takara et Yamasaki Gaku sont amis d’enfance. Mais depuis que Gaku a fait un séjour de trois ans en Angleterre, il a changé. Il n’est plus aussi fragile et pleurnichard qu’avant mais surtout, il se montre asocial et évite Taka qui rencontre beaucoup de succès auprès de la gent féminine. Un jour, Katsuragi surprend Yamasaki en train de se masturber dans sa chambre, citant son nom. Depuis, ils entretiennent une relation de sex friend.

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2023. Et en effet, Nishimoto Rou sensei allie les scènes érotiques à la sensualité de simples gestes du quotidien, rendant son récit très chaud mais tout de même séduisant. Elle injecte également assez d’intrigues pour retenir le lecteur en haleine. En plus son graphisme est un pur bonheur pour les yeux avec des lycéens au corps finement musclés. Je fond complètement pour cette romance pourtant classique, mais dans laquelle les sentiments contradictoires des personnages explosent à la figure. Un coup de cœur!

Fou comme le chapelier – Bonno Nuis

fou comme le chapelier bonno nuis

BONNO Nuis 凡乃ヌイス
ISBN: 9782382763278
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796414647 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Titre original: 三月の兎たち
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Si tu m’aimes, il faut que tu l’acceptes. »

Bonno Nuis sensei narre une romance malsaine mais assumée entre trois hommes qui privilégient leur plaisir personnel. Elle révèle au fur et à mesure la folie du couple à travers leur passé. Elle décortique alors la construction de ce triangle amoureux dans lequel le consentement n’a pas vraiment sa place et la relation à trois est imposée. Maya est très possessif et n’hésite pas à se montrer violent pour exprimer ses sentiments. Keigo, prenant plaisir à être désiré, accepte donc facilement les délires de son partenaire. Il se complaît d’ailleurs à briser les personnes trop pures et innocentes. Néanmoins, Igarashi, qui attribue une confiance sans faille à celui qu’il trouve gentil, le surprend par sa réaction inattendue. Ainsi l’auteure met en avant le jeu pervers de manipulations qui s’équilibre petit à petit entre les trois hommes. Elle aborde entre autres la manipulation psychologique, la trahison, le mensonge.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dessine des visages bien ovales aux formes longilignes pour les yeux, le nez et les lèvres. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Bonno sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de détailler les rapports plus glauques en jouant sur les cadrages et les ombres, restant dans la suggestion. Il y a une scène par chapitre. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent les personnages qui posent.

En résumé

Igarashi ne supporte pas l’injustice et s’implique souvent dans les affaires de parfaits inconnus. Un jour, alors qu’il interpelle un homme en train de voler une cannette de café, il est rapidement suspecté à cause de sa dégaine. Un jeune homme, Hatta Keigo, vient à sa rescousse. Pour le remercier, Igarashi l’invite au restaurant et les deux hommes sympathisent finalement très vite. Un soir, Keigo emmène son nouvel ami chez lui, mais son colocataire, Maya, encore présent, l’accueille violemment. Pourtant, il refuse qu’Igarashi appelle la police. Perturbé et plein de remord, le jeune homme avide de justice ne sait pas qu’en réalité, un piège est en train de se resserrer autour de lui.

En conclusion

Bonno Nuis sensei maîtrise plutôt bien son scénario même si la fin semble un peu précipitée. Elle ne romantise pas les relations non consenties, laissant le lecteur comprendre la violence et le malaise. Son graphisme est par ailleurs plaisant. Ce one-shot est réservé à un public très averti, mettant en scènes des viols mais aussi des relations avec un mineur. Malgré ce contexte, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Je trouve néanmoins que la conclusion arrive un peu trop tôt dans le déroulement des évènements. En plus, je préfère les threesome équilibrés et non imposés. Un titre à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui peut plaire aux fans de dark romance.

L’hôtel de tous les plaisirs – Yan

l hotel de tous les plaisirs yan

Yan やん
ISBN: 9782382764206
Hana, 2023
ISBN: 9784801976320 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: ベッドの中では世界一愛して
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« L’hôtel est ma maison, le personnel est ma famille. »

Yan sensei narre une tranche de vie de l’hôtel Whittaker, mettant en avant le couple du propriétaire et celui de son fils adoptif devenu concierge. Bien que l’érotisme prime clairement, elle étoffe son scénario par une petite enquête, même si elle s’arrête à l’essentiel sur les révélations et le développement du contexte. Les clients sont de riches capricieux qui découvrent que l’argent ne leur permet pas forcément d’obtenir tout ce qu’ils veulent. Ainsi, malgré une attirance mutuelle entre Kashiro et Ryûsen, leur amour rencontre plusieurs obstacles les obligeant à trouver des compromis. De même le prince Rana utilise ses privilèges pour se rapprocher de Ron. Entre manipulation, espionnage, intérêt professionnel, l’amour a du mal à trouver sa place. Ainsi, l’auteure installe un jeu de séduction entre ses personnages, jouant sur les apparences. Elle aborde un peu la prostitution de luxe.

La mangaka a un trait plutôt réaliste. Elle dessine des hommes plutôt musclés. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. La mise en page est dynamique. Yan sensei ne censure pas les scènes érotiques. Il y en a une par chapitre, ce titre étant clairement très érotique.

En résumé

A Londres, l’hôtel 7 étoiles Whittaker offre un service particulier aux clients occupant la suite Whittaker. Ces derniers peuvent demander ce qu’ils désirent aux employés portant une étoile à 7 branches sur leur veston. Whittaker Ron, propriétaire de l’hôtel mais également acteur, envoie le concierge de l’hôtel, Kashiro, s’occuper de Ryûsen Haruki. Cet homme d’affaires de Singapour se retrouve en effet seul pour passer des entretiens d’embauche, son équipe n’ayant pu le rejoindre à cause d’un typhon. Doutant d’abord des compétences de l’employé d’hôtel, il est vite rassuré par la démonstration de ce dernier qui a retenu toutes les spécificités des candidats grâce à sa mémoire photographique. A la fin des entretiens, Ryûsen cherche alors à débaucher Kashiro…

En conclusion

Yan sensei offre deux romances légères et sexy, dans l’univers d’un hôtel de luxe un peu particulier. Elle arrive à enrichir son récit avec une petite enquête. Son graphisme presque réaliste est un bonheur pour les yeux. Malgré un contexte se déroulant dans la prostitution, les relations sont plutôt consenties, sauf une mais qui n’est pas pour autant romantisée. Une lecture sans prise de tête, divertissante et simplement jouissive.

Five corners coffee – Kojima Katsura

five corners coffee kojima katsura

KOJIMA Katsura 児島かつら
ISBN: 9782382764237
Hana, 2023
ISBN: 9784801965157 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A trente-cinq ans, je pense avoir vraiment réussi ma vie! »

Kojima Katsura sensei offre un scénario assez riche sur la base plutôt classique des amis gays amoureux secrètement. Elle alterne la narration entre Kimihiko, Harumi, Masato et Keita, plongeant directement les lecteurs dans leurs réflexions. Ainsi, elle installe un double triangle amoureux, révélant au fur et à mesure les sentiments complexes des personnages. Bien que partageant une attirance réciproque, Haru et Kimi ont peur de briser leur amitié en la partageant. Keita se contente également d’une relation charnelle avec celui qu’il aime, conscient de la différence d’âge. L’introduction de Masato met en outre en péril l’harmonie professionnelle entre les deux amis. Ce dernier va d’ailleurs redécouvrir des sentiments oubliés. L’auteure aborde donc la distinction entre sexe et amour, la question de l’âge, la peur du changement, la difficulté à gérer vie professionnelle et personnelle lorsque les sentiments évoluent. Elle met en avant l’importance de la communication.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. Les trames d’ambiance, quant à elles, accompagnent les émotions. Par contre, un fond noir met en relief les réflexions profondes et intimes des personnages. Les décors sont soignés, surtout les paysages qui plongent les lecteurs dans la quiétude de l’environnement du café. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails et les réactions. Kojima sensei ne censure par les scènes érotiques au début mais par la suite, elle simplifie son trait, gommant particulièrement les détails et occultant le gland. A la fin de certains chapitres, elle dessine ses personnages en de mignons SD.

En résumé

Nosaka Kimihiko (35 ans) et Harumi gèrent ensemble un café-restaurant pas loin de la mer. Bien que Kimi soit secrètement amoureux de son collègue Haru, il entretient une relation de sex friend avec Nishina Keita (21 ans), un étudiant qui travaille à temps partiel dans leur café. Un jour, Harumi reçoit une proposition d’ouverture d’un deuxième café dans un centre commercial de Tokyo. Mais le directeur commercial de ce projet s’avère être l’ex de Haru, Komori Masato, qui lui avait brisé le cœur en le quittant.

En conclusion

Kojima Katsura sensei choisit un style narratif assez particulier mais intéressant, en détaillant les questionnements des personnages. Toutefois, ce one-shot plutôt bavard pourra déconcerter certains lecteurs. En plus, son graphisme plutôt dépouillé et anguleux peut déplaire. Pour ma part, j’ai passé un bon moment de lecture.

White night bitter porn – Nobana Saori

white night bitter porn nobana saori

NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382764190
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796415538 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Laisse-moi prendre mes responsabilités! »

Nobana Saori sensei offre une comédie romantique entre un pharmacien gay volage et un étudiant trop sérieux. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle mêle humour et tension en jouant avec leurs caractères opposés. Ainsi, Takumi a parfois un comportement à la limite du stalker, aimant observer Rui, mais surtout en le collant tout le temps. Le pharmacien, quant à lui, aime être solitaire et à tendance à se dénigrer, persuadé qu’il lassera un jour son partenaire. D’ailleurs, il réalise peu à peu le changement de ses sentiments, craquant pour les petites attentions de l’étudiant. Ainsi l’auteure aborde avec légèreté la peur de l’engagement et de la séparation, le manque de confiance en soi, le doute de la longévité d’une relation homosexuelle avec un ancien hétérosexuel. Elle introduit Asami, de Long night sweet porno, pour conseiller Rui.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère même les expressions. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent les émotions. Le graphisme dégage un style shôjo, surtout dans la mise en page très dynamique, mettant en avant la plastique des personnages et utilisant les chevauchements, les sorties de case. Les phylactères participent également à la narration. Par exemple, la bulle prend une forme de cœur pour une déclaration d’amour. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. En début de chapitre, elle offre une illustration des personnages dans leurs moments câlins.

En résumé

Le pharmacien Narushima Rui (24 ans) cumule les conquêtes d’un soir à la recherche de la « queue » qui le satisfera le plus. Toutefois, il préfère profiter pleinement de la vie et ne cherche pas de relation sérieuse. Un soir, dans son bar préféré, il remarque un client complètement ivre. Takanashi Takumi (21 ans) déprime après que ses amis se soient moqués de sa virginité. Mais il a du mal avec les filles et recherche avant tout le grand amour. L’étudiant baraqué étant physiquement à son goût, Narushima l’emmène dans un hôtel et ils finissent par passer une nuit de folie. Mais quelques jours plus tard, Takumi débarque dans l’officine, souhaitant prendre ses responsabilités. Persuadé d’être amoureux, il ne compte pas abandonner malgré le refus de Rui.

En conclusion

A part la présence d’Asami, rien ne laisse penser que ce tome soit un spin-off de Long night sweet porno. D’ailleurs, nul besoin de lire ce dernier pour apprécier pleinement ce titre amusant et mignon. Nobana Saori sensei a un style graphique agréable. En plus, elle maîtrise plutôt bien la dynamique entre ses personnages. Une lecture simple et divertissante.