I don’t know how to love – Machio Yu

i don t know how to love machio yu

MACHIO Yu まちお郁
ISBN: 9782382762677
Hana, 2024
ISBN: 9784047365162 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Tu as bien dit que le premier venu te conviendrait tant qu’il respecte tes conditions? »

Machio Yu sensei offre une romance entre deux étudiants à la conception de l’amour différente. Elle aborde ainsi l’acceptation de l’autre tel qu’il est et la liberté dans un couple. Elle s’intéresse également au développement du sentiment amoureux et à différentes formes d’amour. Le pur et inexpérimenté Kaede surprend par son abnégation dans sa relation amoureuse. Il assume sa bisexualité et se contente de peu. D’abord intrigué, Aimi se retrouve vite déstabilisé face à ses premiers émois amoureux, restant longtemps dans le déni. L’auteure fait intervenir les amis des deux héros pour les conseiller et les recadrer. Elle ajoute également de la tension avec la manipulatrice Akari. Ainsi, elle dévie un peu du sujet principal du couple libre pour tomber rapidement dans une comédie romantique un peu plus classique.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie mais joue beaucoup sur le contraste des tons. De même, les trames d’ambiance, discrètes, accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique mais cela colle bien au récit qui a un développement apaisant. Toutefois, Machio sensei propose quelques pages plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce aux cadrages et à des angles de vue maîtrisés.

En résumé

Quand il est célibataire, Aimi Shû a pour principe d’accepter de sortir avec n’importe quelle personne qui le lui demande. Mais il impose au préalable quelques conditions: ne jamais demander où il est, avec qui et ce qu’il fait. Ainsi, il continue de profiter de sa liberté. Quand Manato Kaede le voit se faire plaquer par sa petite amie du moment à la cafétéria de l’université, il tente alors sa chance. A la surprise d’Aimi, l’étudiant qui prétend pourtant être transi d’amour pour lui, se contente de le saluer ou d’échanger quelques banalités au téléphone ou lorsqu’ils se croisent. Au bout de deux semaines, il lui propose enfin de déjeuner ensemble. Shû réalise alors qu’il peut parler franchement avec Kaede. Ce dernier lui avoue d’ailleurs admirer son esprit de liberté.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quinzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Machio Yu sensei crée une belle dynamique entre les personnages. En plus, Kaede est tellement mignon dans ses réactions. Néanmoins, je trouve que le sujet avait un beau potentiel malheureusement peu exploité. En effet, le comportement amoureux d’Aimi reprend les clichés des BL tels que la jalousie et la possessivité alors qu’on avait au début une relation bancale qui s’équilibrait naturellement avec l’amour. J’ai tout de même passé un sympathique moment de lecture.

Dear Gene 2 – Azuma Kaya

dear gene 2 azuma kaya

AZUMA Kaya 吾妻香夜
ISBN: 9782382762691
Hana, 2024
ISBN: 9784778135508 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« A 200 miles seulement… »

Azuma Kaya sensei aborde la question des origines, l’évolution des mœurs au fil des époques, les différences culturelles. Comme dans le tome précédent, elle jongle entre les années 1990 avec le neveu Gene et les années 70 avec l’amish Gene. Elle continue d’analyser leurs interrogations, leurs émotions et les raisons de leur hésitation face à l’avenir. Ainsi, les regrets et les peines viennent perturber les rêves. Walker réalise son amour pour son bienfaiteur devient de plus en plus un obstacle à sa curiosité pour le monde. De même, Edwards comprend qu’il ne peut emprisonner son bien-aimé malgré des sentiments réciproques. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux rêves, à la famille, à la dépendance et aux barrières qu’un individu se crée. Elle s’attarde un peu plus sur le passé de Gene, faisant le lien avec Jean, sa nièce. De même, elle équilibre petit à petit les différents liens entre les personnages.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré avec une note réaliste. De même, elle soigne les décors très présents. Les trames utilise une large palette de teintes pour rendre toutes les nuances et les ombres, renforçant le réalisme du graphisme. Les flash-back se repèrent à leur fond noir mais des trames rayées recouvrent les vignettes pour les souvenirs, les distinguant clairement. La mise en page classique propose quelques pages plus dynamiques dont des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Azuma sensei censure les parties intimes par des hachures. Elle joue d’ailleurs sur le cadrage pour les montrer le moins possible. Elle inclut directement les illustrations en début de chapitre dans le récit. Il y a de magnifiques illustrations monochromes et la postface sous la jaquette.

En résumé

En 1992, Edwards Gene continue de nettoyer le bureau de son oncle Trevor. Quand Karen vient leur rendre visite, l’adolescent la reconnaît immédiatement grâce à sa lecture du journal intime de l’avocat. Mais cela intrigue son oncle persuadé de ne pas avoir encore parlé de son amie à son neveu. D’ailleurs, il remarque que le journal est sur une étagère de la bibliothèque vide. En 1975, Gene Walker continue ses études tout en travaillant comme mannequin. Il aime également coucher avec son amant Trevor et prend souvent des initiatives. Néanmoins, il hésite encore pour ses choix d’avenir. En effet, il rêve toujours de découvrir le monde mais hésite à quitter son bienfaiteur. Il remarque aussi que son village natal, pas si loin de New-York, lui manque finalement.

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023. Azuma Kaya sensei dépeint avec précision les différentes époques. De même, elle offre une romance emplie de sensibilité. Elle arrive aussi à créer un lien logique avec le titre via le neveu et la nièce des deux héros. Ce spin-off de My rumspringa fait également référence avec subtilité à certains évènements du récit d’origine. Impossible de ne pas craquer pour ce doux récit très réaliste, vecteur d’émotions!

Je brûle pour toi 2 – noji

je brule pour toi 2 noji

noji
ISBN: 9782382762059
Hana, 2024
ISBN: 9784865896961 (JP)
Fusion product, 2022 (JP)
Titre original: 焦がれて焦がして 2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« C’est le seul moment de la journée qu’on peut passer ensemble! »

noji sensei propose de découvrir le quotidien de Sôichi et Yûji, ainsi que leur entourage. Elle aborde la routine dans un couple, la difficulté à maintenir la passion lorsque les amoureux se connaissent depuis longtemps, la question de l’engagement et du coming out à la famille. Elle base principalement la narration du point de vue de Tsunegawa. Cette tranche de vie présente principalement les hauts et les bas que rencontre un jeune couple. De même, la mise en parallèle avec d’autres ménages permet de découvrir diverses optiques de la vie à deux. Par ailleurs, le passé des deux héros se révèle à travers leurs souvenirs. L’auteure interroge sur le coup de foudre avec Kuragano et Nekohara qui croit plutôt en la croissance progressive de l’amour. Elle ajoute une touche d’humour avec l’insaisissable Kamogawa.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont équilibrées, avec une dominante claire. Toutefois, des hachures viennent parfois marquer les ombres ou les volumes, offrant une note croquée discrète. La mise en page dynamique accompagne le regard. Par ailleurs, noji sensei représente les phylactères avec une silhouette d’animal pour reconnaître certains protagonistes: un chat pour Nekohara et un lapin pour Kamo. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par une bandelette blanche. D’ailleurs, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour les montrer le moins possible. Comme dans le tome précédent, il y a des anecdotes en fin de chapitre et après la postface. De même, des yonkoma proposent de découvrir quelques secrets sur les protagonistes sous la jaquette.

En résumé

Tsunegawa Sôichi et Furuyama Yûji vivent ensemble depuis un an. Pourtant, avec leurs emplois du temps en horaires décalées, ils passent à peine quelques heures par jour ensemble. Mais ce train-train quotidien leur convient parfaitement. Néanmoins, Sôichi n’arrive pas à cacher son inquiétude face au succès de son petit ami auprès de la gente féminine. Et le nouveau serveur, Kamogawa, le trouble également. Au détour d’une conversation avec ses collègues Nekohara et Kumagai, le salaryman décide de séduire à nouveau son petit ami. Mais cela ne se passe pas vraiment comme il l’escomptait.

En conclusion

noji sensei propose une suite riche en évènements et pourtant elle ne décrit que le simple quotidien des personnages. Elle comble le manque ressenti lors du premier tome avec finesse et bonheur. En plus, comparer les autres couples sur certaines questions permet d’avoir une vision plus large, mais surtout plus réaliste du quotidien. Je suis heureuse de retrouver Yûji, Sôichi, Sagi et sa petite amie, mais je craque également pour le potentiel couple de Nekohara et Kuragano. Moins de gourmandises, mais une lecture toujours aussi tendre!

Dangerous convenience store 2 – 945

dangerous convenience store 2 945

945
ISBN: 9782382882573
Kbooks, 2024
ISBN: 9791192674063 (KR)
OrangeD, 2022 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai l’impression qu’il me traite différemment des autres… »

945 (Gusao) continue de développer la romance entre Euijoon et Gunwoo. Par contre, iel consacre une large partie de l’histoire aux ébats torrides, le mafieux étant insatiable. La narration alterne entre les deux héros. Comme dans le tome précédent, les quiproquos apportent une touche d’humour. A la base hétérosexuel, Beom s’interroge sur son attirance pour un homme et analyse ses sentiments. Yeo, quant à lui, sortant d’un amour douloureux à sens unique, a tendance à fuir, persuadé de vivre un amour sans lendemain. Ainsi, l’auteur.e aborde le manque de communication, la difficulté à faire confiance et à croire en l’amour, la distinction entre plaisir et amour. L’histoire bonus révèle quelques anecdotes sur le mafieux.

Le trait anguleux et légèrement épuré s’arrondit dans les passages humoristiques. Les personnages se transforment même en SD, avec des expressions exagérées. Les couleurs ont une tonalité plutôt réaliste. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ils apparaissent floutés ou estompés lorsqu’ils sont en arrière-plan, évitant ainsi de surcharger la page. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. 945 a une mise en page plutôt classique mais n’hésite pas à intégrer beaucoup d’images en pleine page, mettant alors en avant la plastique des personnages. Iel représente souvent Yeo rougissant, ajoutant des hachures à la couleur. Les scènes érotiques ne sont pas censurées et occupent même deux chapitres entiers, détaillant les ébats torrides.

En résumé

Yeo Euijoon est perdu face à la gentillesse de Beom Gunwoo. Après un début de relation uniquement charnelle, le mafieux l’a invité dans un restaurant chic. Et même s’il est peu loquace, il accepte de converser avec l’étudiant de tout et de rien. Mais quand il raccompagne ce dernier chez lui, il n’ose pas le forcer à coucher à nouveau avec lui, déstabilisé par les larmes du jeune homme. Au travail, le gangster réalise qu’il n’a que son mignon voisin en tête, refusant même les avances de son habituelle informatrice. Toutefois, en se rendant immédiatement à la supérette après son entrevue, Yeo remarque une trace de rouge à lèvres sur le mafieux. Déçu, il en conclut alors n’être qu’une conquête parmi d’autres. Pourtant, quand Yeon Hyeonwoo revient à la charge pour le draguer, l’étudiant le rejette.

En conclusion

Malgré un développement lent, les sentiments bougent assez rapidement. 945 arrive à alterner les moments érotiques et les questionnements, en les saupoudrant de notes humoristiques. Une lecture très sexy, hot mais avec un couple en construction adorable.

Treat me gently, please 10 – Nekota Yonezou

treat me gently please 10 nekota yonezou

NEKOTA Yonezou ねこ田米蔵
ISBN: 9782375063347
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799752128 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Un an s’est écoulé, et Maya et Nemugasa ont aujourd’hui 20 ans. »

Nekota Yonezou sensei effectue un petit saut dans le temps pour s’attarder sur les débuts de la prise d’indépendance de Maya. Elle présente un peu l’évolution du couple, avec Hideyuki qui se montre plus démonstratif et Takashi qui fait preuve d’initiatives. Par ailleurs, elle base la narration principalement du point de vue de Nemu. L’introduction du lycéen Ao instaure un suspense intenable. Comme annoncé dans le tome précédent, le lecteur découvre enfin l’histoire d’Okino et Kutani. Le couple prend son temps et se parle franchement. Ainsi, l’auteure retrace leur évolution dans le temps en s’appuyant sur divers évènements passés entre Maya et Nemugasa. Elle aborde donc la peur de l’engagement et de la séparation, la souffrance de l’amour, la première expérience sexuelle dont l’anéjaculation. Dans l’histoire bonus, elle donne des nouvelles d’Akira et Shimakawa. Bien que prévenant, Kutani crée la surprise avec un petit côté pervers.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, ajoutant une note mignonne avec des visages arrondis. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par ailleurs, une trame grise recouvre les vignettes lors des flash-back. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Nekota sensei censure à peine les parties intimes. Toutefois, elle simplifie ces dernières et joue sur les cadrages pour ne pas trop les montrer. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien de Maya et Nemu. Par contre, celles sur Okino et Kutani offre une note plus féérique, rappelant l’univers des contes.

En résumé

Avec sa nouvelle coupe de cheveux, Nemugasa Takashi attire le regard des jeunes étudiantes, ce qui amuse Okino Shôtarô. Depuis que l’étudiant s’est inscrit à un séminaire, il se retrouve souvent sollicité par Tada. Comme promis, Nemu retrouve son petit ami Maya Hideyuki dans une bijouterie afin de racheter des bagues assorties pour fêter, par la même occasion, le déménagement de ce dernier. D’ailleurs, Maya n’hésite pas à montrer son amour en public…

En conclusion

Nekota Yonezou sensei joue au yoyo avec les émotions des lecteurs. Sa maîtrise graphique et scénaristique ne nous laisse pas respirer. En plus, elle arrive à aborder des sujets divers et variés, se renouvelant sans cesse. Je suis complètement sous le charme de Kutani, avec sa maladresse et pourtant son côté très sexy qui se révèle au lit. Un tome empli de romantisme et de sensualité!

Le théâtre des fleurs 7 – Natsume Isaku

le theatre des fleurs 7 natsume isaku

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063637
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403667831 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Une séparation inenvisageable.

Natsume Isaku sensei révèle le passé entre Matsukawa Kikuemon et Arai Jûichirô, amis d’enfance qui se sont retrouvés dans une situation similaire à leurs petits-enfants. Comme dans le tome précédent, elle aborde la pression de la transmission d’un héritage artistique, les obligations des familles illustres, le mariage arrangé. Elle compare également les différences entre l’époque des grands-parents et celle des petits-enfants. En effet, Kikuemon a préféré fuir ses sentiments de peur de la pression sociale. Malgré les obstacles, Gensuke et Sôgorô choisissent la résistance. Ils mûrissent en découvrant les contraintes de la vie professionnelle mais également l’amorce de la prise d’indépendance. La distance, l’incompatibilité des emplois du temps, la jalousie, l’anxiété viennent troubler la confiance du couple. L’auteure montre quelques techniques de résistance des deux amoureux. Elle s’intéresse par ailleurs aux différences entre le kabuki et d’autres registres artistiques. Par ailleurs, elle révèle le passé de Tsutamaru.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui met en relief les pleins et reliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, ajoutant une touche mignonne avec des visages plus arrondis. De même, elle exprime à merveille le découragement avec un brouillard noir plus ou moins dense. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Les autres trames sont très variées. D’ailleurs, un soin est porté aux motifs des kimonos. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Néanmoins, des trames rayées recouvrent les vignettes lors des souvenirs furtifs. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei ne censure pas les parties intimes mais elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les détails. Elle présente les personnages en début de tome. Dans les illustrations en début de chapitre, elle dessine le quotidien des personnages.

En résumé

Arai Tsutamaru et Kaneko Takeichi ont demandé qu’Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô se séparent. Depuis, le couple peine à trouver un moment pour élaborer une stratégie étant souvent sous surveillance. Gensuke a alors l’idée de demander l’aide de leurs amis Tsuchiya Hiroto et Nishida. En effet, le mannequin a déjà acheté son propre appartement. Il accepte d’ailleurs de les couvrir mais également de louer une des chambres. Ainsi, le couple pourra se créer des moments d’intimité pour discuter calmement. De retour chez lui, Sôgorô réalise soudain le poids de ses obligations familiales et son manque de liberté en s’identifiant à une héroïne d’une pièce de kabuki que son grand-père regardait. Observant son petit-fils, Matsukawa Kikuemon se replonge alors dans ses souvenirs…

En conclusion

Natsume Isaku sensei plonge le lecteur dans les révélations, mettant en parallèle passé et présent. Elle installe la résistance de l’amour face à la tradition, installant un suspense intense. J’ai hâte de découvrir la suite! D’autant plus que j’apprécie de plus en plus Tsutamaru, malgré son obstination envers son frère. Ce tome intense en évènements procure beaucoup d’émotions. Une série idéale pour découvrir l’univers du kabuki.

10 count 6 – Takarai Rihito

10 count 6 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782375061190
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666216 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Si tu m’embrasses et que ça te plaît… Tu voudras bien reconnaître que tu m’aimes? »

Takarai Rihito sensei conclut sa romance en dévoilant enfin le dixième point de la liste de Shirotani. En introduisant Ueda, elle permet au mysophobe de se confronter à son traumatisme. Elle joue sur les différents sentiments ressentis, les manipulations et les réactions tout en portant une attention aux détails pour créer de la tension et du suspense jusqu’à la fin. Il est alors amusant de voir le secrétaire et le psychologue sortir tous les deux de leurs zones de confort, poussés par leur amour, et avancer à leur rythme. Par contre, le temps qui passe devient légèrement plus confus sur la fin du récit. L’auteure dépeint avec aisance l’évolution de la relation du couple en révélant encore quelques secrets. Elle offre une fin un peu ouverte. Dans l’histoire bonus, elle montre ce que devient le couple.

La mangaka utilise une mise en page plus classique mais toujours dynamique. Elle établit un équilibre entre les décors et les cases sans fond. Les trames d’ambiance se font plus rares tandis que les autres trames sont variées. Comme dans le tome précédent, il y a beaucoup plus de gros plans, de détails. Par ailleurs, la découpe presque filmique ralentit certains passages. Takarai sensei transmet les sentiments des personnages à travers la sensualité des corps durant les scènes érotiques. Elle censure d’ailleurs l’essentiel avec plusieurs bandelettes blanches. Avec l’illustration de la postface, elle conclut un récit qui s’est développé image par image à chaque tome.

En résumé

Bien décidé à ne pas se laisser mener par Kurose Riku, Shirotani Tadaomi tente de prendre la direction de leur sortie en amoureux. Mais quelle n’est pas sa surprise de croiser une connaissance, Ueda, alors que le psychologue a ramassé les clés tombées au sol de la jeune femme. Cette ancienne élève du père de Tadaomi s’incruste alors dans leur rendez-vous en proposant de les remercier autour d’un thé. Énervé par les minauderies de Ueda, Shirotani perd peu à peu son sang-froid et file au toilettes après avoir vidé le verre de Riku…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Kurose Riku se classe troisième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est quatrième meilleur uke. Takarai Rihito sensei mène rondement sa conclusion, arrivant encore à surprendre les lecteurs malgré les dernières révélations. Elle transmet avec finesse les sentiments de ses personnages. En 2019, la série devait faire l’objet d’une adaptation en série animée dont la diffusion était prévue en 2020, puis suite à plusieurs reports, en 2022, il a été annoncé que le projet devenait un film d’animation pour finalement être complètement annulé en janvier 2024. Dommage pour ce titre touchant qui propose un thème singulier, avec des personnages tellement attachants. Une lecture à la fois sexy et émouvante.

10 count 5 – Takarai Rihito

10 count 5 takarai rihito

TAKARAI Rihito 宝井理人
ISBN: 9782351809686
Taifu comics, 2016
ISBN: 9784403665141 (JP)
Shinshokan, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

L’origine de l’obsession de Kurose pour la mysophobie.

Takarai Rihito sensei s’attarde sur l’enfance de Kurose. Elle révèle donc l’origine de son caractère tordu mais aussi de son intérêt spécifique pour la mysophibie suite à sa rencontre avec son voisin Nishigaki, souffrant ce cette phobie. Le lecteur découvre alors la culpabilité que le psychologue traîne depuis l’enfance, chamboulant ainsi ses premières impressions. Shirotani, quant à lui accepte un peu mieux ses désirs mais également l’amour tordu de son partenaire. Ainsi, l’auteure alterne avec brio les flash-back et les passages érotiques, détaillant les sentiments de ses personnages. Comme les chapitres raccourcissent, elle les regroupe pour ne pas trop scinder les moments forts. Par ailleurs, elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus et présente également en images quelques anecdotes sur l’enregistrement du troisième drama CD de la série.

La mangaka travaille principalement sur les non-dits et met donc en avant les petits gestes de gênes et d’hésitation. D’ailleurs, l’intégration de flash-back et la focalisation sur les expressions du visage au fur et à mesure que le couple se lie donnent une tonalité très intimes. Par ailleurs, la mise en page est plus classique, avec tout de même quelques pages dynamiques. Les décors se font un peu plus présents. Par contre, les trames bien que variées, ont une dominante claire. De même, les trames d’ambiance sont discrètes. Comme dans le tome précédent, Takarai sensei censure les scènes érotiques par de fines bandelettes blanches qui cachent à peine les détails. Elle met principalement en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Enfin libérés de l’ascenseur et le typhon faisant rage, Kurose Riku tente d’alpaguer un taxi. Il décide de céder sa place à Shirotani Tadaomi mais ce dernier lui propose de le partager. Cependant, lorsque le psychologue descend, le secrétaire le suit bien décidé à enfin lui avouer tout ce qu’il a sur le cœur.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Kurose Riku se classe deuxième meilleur seme tandis que Shirotani Tadaomi est troisième meilleur uke. D’ailleurs, voir ce dernier prendre enfin des initiatives est un réel plaisir. Quel bonheur de ressentir à nouveau un peu mieux les sentiments des personnages et d’avoir enfin des relations plus consenties. Takarai Rihito sensei offre un retournement de situation émouvant et très bien mené. Son graphisme sensuel sublime les scènes érotiques. Une lecture à la fois prenante, sexy et tendre.

Les noces de Lala 2 – Tamekou

les noces de lala 2 tamekou

Tamekou ためこう
ISBN: 9782383164975
Noeve grafx, 2024
ISBN:‎ 9784799744192 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« A cause de lui, mon corps a changé. »

Tamekou sensei continue d’analyser les sentiments contradictoires que nourrissent ses deux héros. Comme dans le tome précédent, elle dénonce les conditions de la femme-objet ainsi que la limitation des activités des épouses d’hommes riches. Bien qu’impuissant, Ramdane se rebelle souvent face aux obligations des femmes qu’il trouve aberrantes mais fait également des efforts pour comprendre son mari. Il s’interroge de plus en plus sur l’amour. L’introduction de l’inconstant Badma permet de découvrir le passé de la famille Brooktine et d’ajouter une note d’humour. Wolsey, plus sensible qu’il ne paraît, oscille constamment entre prévenance et violence, se laissant porter par sa jalousie. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux relations non consenties dans un couple. Avec le père Brooktine, Bullock, elle aborde la question de la polygamie liée à l’obsession de « produire » un héritier, les manipulations ainsi que la pression familiale.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie beaucoup les trames, soignant particulièrement les motifs des costumes. De même, les trames d’ambiance parfois graphiques appuient les émotions. Les décors également soignés, situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique utilise les sorties de case, les ellipses et les superpositions. Dans les scènes érotiques, Tamekou sensei censure les parties intimes par un cache blanc. En début de tome, elle présente les personnages. Par ailleurs, elle dessine le quotidien des personnages dans les illustrations en début de tome. L’éditeur offre un très beau travail sur la couverture, avec du vernis sélectif qui donne du relief. Il inclut également la belle illustration couleur du frontispice.

En résumé

Badma Brooktine, le frère aîné de Wolsey, est de retour. Alors que Lala, alias Ramdane, cherchait sa servante, Yahn, pour lui montrer ses progrès en broderie, il croise Badma qui se cachait parmi les draps qui séchaient. En effet, le séducteur invétéré attire toutes les servantes. Comme Lala s’apprêtait à donner l’alerte, le prenant pour un voleur, il l’embrasse. Devinant qu’il s’agit de la femme de son frère et amusé par son caractère récalcitrant, l’aîné des Brooktine provoque alors en duel Wolsey pour lui ravir la « belle ».

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020. Toutefois, les lecteurs le citent parmi les meilleures séries qui fendent le cœur. En effet, Tamekou sensei joue avec les émotions des lecteurs en révélant au fur et à mesure les secrets autour de la famille Brooktine, rendant l’autoritaire Wolsey de plus en plus attendrissant. Toutefois, elle ne romantise pas le non-consentement. Au contraire, elle interroge sur les sentiments naissants dans une relation imposée par un mariage arrangé. Je fonds complètement pour ce récit, appréciant les révoltes de Ramdane. Une lecture captivante emplie d’intrigues et d’action!

Otona club – Yoshida Yuuko

otona club yoshida yuuko

YOSHIDA Yuuko 吉田ゆうこ
ISBN: 9782382763285
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796414708 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Mon père m’a demandé de dire aux membres de ce club que j’étais leur prochain « jouet ». »

Yoshida Yuuko sensei propose de suivre une romance douloureuse entre deux lycéens prisonniers de leurs conditions. Elle offre plutôt une tranche de vie de ses héros, se concentrant principalement sur leurs sentiments contradictoires. Elle maintient ainsi le suspense en dévoilant au fur et à mesure les circonstances de leur comportement ambigu. La narration se base du point de vue de Haruka. L’innocence et la gentillesse de ce dernier le rend facilement manipulable, soumis à l’influence de son frère jumeau, Naoto. Nagara, quant à lui, se montre à la fois froid et attentionné, séduit par son colocataire. Malgré une relation purement charnelle, leurs sentiments vont vite évoluer. L’auteure aborde donc la pression familiale, la vengeance, l’homophobie, la difficulté à faire confiance et le manque de communication. Elle met en valeur le long parcours vers l’amour du couple soutenu par leurs amis.

La mangaka a un trait au style immédiatement reconnaissable, épuré et mêlant des lignes anguleuses et arrondies. Elle y ajoute une touche shôjo avec des visages aux grands yeux très expressifs. Elle dessine de grandes hachures envahissantes pour les rougissement. Les trames très variées donne un effet presque réaliste avec un travail soigné pour rendre les ombres, les contre-jours. De même, les décors sont très présents et détaillés. Un contour blanc vient parfois mettre en relief la profondeur. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Yoshida sensei censure les parties intimes en ne les détaillant pas. Elle joue également sur des traits discontinus et les angles de vue. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre le quotidien des personnages.

En résumé

Le nouvel élève Misaki Haruka, transféré dans un lycée accueillant beaucoup de garçons de bonnes familles, visite les lieux en compagnie du délégué de sa classe, Minegishi Seiichi, fils de ministre. Il demande alors des renseignements sur le club « Porno club », souhaitant l’intégrer. En effet, son père dont l’entreprise rencontre des difficultés, lui a ordonné de devenir le jouet des membres de ce club en échange d’argent. Bien que le délégué se montre réticent, Roppongi Subaru l’emmène plus tard au club où les trois membres lui annoncent que les activités passées ont cessé. Mais face à l’insistance de Haruka, Nagara Ryôsuke se porte alors volontaire pour coucher avec lui. Néanmoins, il s’avère être également son colocataire de chambre au dortoir. Une drôle de relation s’installe donc entre eux.

En conclusion

Yoshida Yuuko sensei va à l’essentiel pour le développement de son récit mais transcrit parfaitement les sentiments de ses personnages. Malgré le contexte, elle crée une relation pas si malsaine pour autant. D’ailleurs, elle inclut beaucoup de sensibilité et de sensualité dans la relation, inversant rapidement le charisme de ses deux héros. Je suis heureuse de retrouver cette mangaka en France. J’adore son graphisme et ses récits empreints de mélancolie qui surprennent souvent par un retournement de situation. Ici, Nagara vole rapidement la vedette à Misaki. J’ai un gros coup de cœur pour leur histoire.