Hidamari ga kikoeru 7 Au fil des saisons 2 – Fumino Yuki

Couverture de Hidamari ga kikoeru 7 au fil des saisons 2 fumino yuki hana

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782382762455
Hana, 2024
ISBN: 9784829686744 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Ça ferait sans doute bizarre de se revoir… »

Fumino Yuki sensei met en avant les difficultés que rencontrent les personnes malentendantes en milieu professionnel, en particulier lors des réunions et des soirées de convivialité qui provoquent beaucoup de fatigue à cause d’un grand effort de concentration. Elle montre comment les quiproquos et les problèmes de compréhension polluent le développement des relations professionnelles. Ainsi, Sudô ne s’intègre pas beaucoup à l’équipe. Bien que motivé, il juge hâtivement et n’assume pas ses fautes. Kôhei, quant à lui, essaie de proposer des solutions mais reste tout de même en retrait. Bien que Taichi s’appuie de plus en plus sur lui, il pense être impuissant. D’ailleurs, il comprend de mieux en mieux Sagawa à force de l’observer. Ainsi, l’auteure aborde le coming out au travail, le jugement sur l’apparence, la frustration contenue. Elle révèle un peu plus l’enfance de Taichi, s’intéressant à sa relation avec son père.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Avec son style shôjo, elle dessine des yeux très expressifs. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames très variées et les décors soignés, très présents, apportent une touche réaliste. Toutefois, quelques trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Comme dans le tome précédent, la mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Par contre, Fumino sensei marque les souvenirs par un cadre en pointillé. Par ailleurs, elle ne dessine pas de scènes érotiques, la relation s’arrêtant pour l’instant aux câlins. Sous la jaquette, elle donne la suite du chapitre 8.

En résumé

Depuis que Sagawa Taichi a reçu un appel de son père, il est perturbé. Mais il essaie de faire bonne figure devant son petit ami, Sugihara Kôhei, qui s’inquiète. Comme Gen, le grand-père de Taichi, ne dort pas à la maison, Kôhei lui propose de rester avec lui pour la nuit. Les deux hommes finissent alors par parler de leurs pères…

En conclusion

Fumino Yuki sensei décortique avec finesse les émotions et les réactions de ses personnages. Elle prend son temps pour développer les différentes relations mais s’attarde justement sur les barrières que l’être humain se construit, influencé par l’image sociétale idéalisée. En plus, le graphisme très expressif permet de deviner facilement les émotions. Je ne me lasse pas de ce récit qui dégage beaucoup de sensibilité. Une merveilleuse lecture!

Les trésors de Takara – Suzumaru Minta

les tresors de takara suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782375064313
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784403668241 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Titre original: タカラのびいどろ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ça veut dire que je peux essayer de faire en sorte que tu m’aimes à 100%? »

Suzumaru Minta sensei narre une belle romance entre deux étudiants qui se découvrent petit à petit en se fréquentant. Elle révèle au fur et à mesure leur passé. Ainsi, elle alterne la narration entre ses deux héros. Bien que Takara se montre froid au premier abord, il déborde de gentillesse. Il guide son nouvel ami à réfléchir précisément sur ses sentiments. Le naïf Taishin parle franchement et attire facilement la sympathie des autres. Malheureusement, avec ses grands yeux brillants qui lui donnent un petit air enfantin, il provoque également des malentendus. D’ailleurs, l’auteure joue sur les comparaisons avec le bonheur que procurent les billes. Elle s’intéresse au jugement sur l’apparence et aux rumeurs. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, qui se développe grâce à la communication et aux partages des décisions. Le thème de la randonnée permet également d’aborder quelques plaisirs simples.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, ce qui donne un aspect tout mignon aux personnages. Les trames sont très variées avec des ombres fortes bien marquées. Par contre, les trames d’ambiance, discrètes, soulignent principalement les passages comiques. Par ailleurs, les décors détaillés apportent une touche réaliste. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Bien que Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes en n’en dessinant que le contour. Elle joue également avec les angles de vue pour ne pas tout montrer. Par ailleurs, elle montre des moments tendres du couple dans les illustrations en début de chapitres comme dans celle en couleur en début de tome. Sous la jaquette, se trouvent des ébauches des personnages.

En résumé

Nakano Taishin a quitté sa province natale pour l’université de Tokyo, avec la ferme intention de retrouver l’étudiant de passage dans sa région qui l’avait gentiment consolé un an auparavant. Mais Shiga Takara se montre froid avec lui. Pourtant, les nouveaux amis de Tai l’encouragent à participer à la randonnée du club auquel appartient Takara. Ce dernier, conscient que sa beauté attire beaucoup de filles peu intéressées par ce sport, lui promet alors de l’écouter seulement une fois arrivé au sommet. Mais pourquoi Nakano tient-il tant à sympathiser avec lui, un simple touriste de passage?

En conclusion

Ce one-shot se classe à la troisième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Malgré un scénario au premier abord classique, Suzumaru Minta sensei introduit suffisamment de matière pour rendre le récit passionnant. D’ailleurs, elle maîtrise parfaitement l’enchaînement des évènements et le développement de la relation. Son magnifique graphisme met en valeur la beauté froide de Takara et la bouille trop mignonne de Taishin. J’ai adoré cette douce romance consensuelle qui se dévore d’une traite. Si vous appréciez la mangaka, foncez sans hésitation!

Caligula’s love – Side Master – Michinoku Atami

caligula s love side master michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063842
Taifu comics, 2024
ISBN: ‎9784344851559 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, je deviens bizarre. »

Michinoku Atami sensei présente le point de vue du maître, basant la narration sur Dôyama. Elle effectue quelques retours dans le passé pour donner la version du lycéen sur sa première rencontre avec Naruse. Elle s’attarde particulièrement sur l’évolution des sentiments de l’étudiant qui s’inquiète de la perte de contrôle de ses émotions. En effet, habituellement impassible, Kiyotaka découvre la jalousie et la colère qui s’expriment à travers ses penchants, dépassant ainsi les limites du consentement. Il se remet en question et s’interroge sur sa relation. D’autres techniques SM douces sont par ailleurs présentées. Un tiers du tome est consacré à la relation entre Onoda Kyôhei et Mitsutaka, le gérant du club Basement. L’auteure s’intéresse alors à la difficulté à trouver un équilibre entre deux sadiques, l’exclusivité et la peur de l’ennui. Elle met également en avant la communication strictement nécessaire dans une relation SM.

La mangaka a un trait léché. Elle exagère très légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise des trames très variées, avec des dégradés. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Contrairement au tome précédent, Michinoku sensei censure les scènes érotiques en recouvrant les parties intimes par des hachures.

En résumé

Maintenant à l’université, Dôyama Kiyotaka continue de fréquenter son « chien » Naruse Makoto. Mais difficile de concilier son emploi du temps d’étudiant avec celui de l’enseignant même si cela leur donne l’occasion de créer de nouveaux jeux érotiques. Et quand Naruse lui annonce ne pouvoir le fréquenter pendant trois semaines car il doit former un nouveau stagiaire, Onoda Kyôhei (22 ans), Dôyama réalise au fil des jours que son « toutou » lui manque énormément. Leurs sentiments auraient-ils changés?

En conclusion

Michinoku Atami sensei continue de décortiquer les émotions dans des relations SM. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. Bien que ce soit un plaisir de découvrir l’évolution du couple mais également une autre relation avec le couple Onoda*Mitsutaka, je trouve que certains sujets sont malheureusement un peu trop survolés. Ce tome plaira donc surtout aux fans. J’ai tout de même apprécié ma lecture qui procure un agréable divertissement.

I cannot reach you 3 – Mika

i cannot reach you 3 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123422
Kana, 2024
ISBN: ‎9784040648620 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Si je continue à me sentier cafardeux, comme ça, est-ce que j’arriverai à rester ton ami, comme avant? »

Mika sensei joue sur les clichés romantiques des BL et des shôjo pour pousser son analyse des réactions et des sentiments amoureux adolescents. Elle utilise le voyage scolaire pour dénoncer la conception soi-disant différente de l’amour entre les filles et les garçons. De même, elle s’intéresse aux différentes façons de déclarer ses sentiments ainsi que les facilités fournies par la commercialisation de l’amour. Ainsi, comparé au tome précédent, Fujino devient lourd en jouant les cupidons. L’introduction de Hosaka Yui apporte à la fois de la tension et un regard nouveau sur les relations humaines. D’ailleurs, les liens entre Yamato et Kakeru intriguent certains de leurs amis. L’auteure montre la pression sociale subie par les adolescents qui s’interrogent sur l’amour. Elle ajoute ainsi quelques intrigues. Elle continue également de dévoiler les sentiments et le caractère de ses deux héros uniquement en transmettant les non-dits avec finesse.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par contre, elle détaille les décors, permettant ainsi de reconnaître immédiatement les paysages de Kyoto. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance, également graphiques (pois, carré). Ces dernières accompagnent même des émotions en fond des phylactères. Les autres trames sont variées. La mise en page est simplement dynamique. Mika sensei offre des anecdotes dans des yonkoma à la fin de certains chapitres. Par ailleurs, elle dévoile un peu le ton du récit à travers ses illustrations en début de chapitre. La couverture se classe troisième au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Au centre commercial, Oohara Yamato a pris Ashiya Kakeru dans ses bras. Depuis, ce dernier n’arrête pas de s’interroger sur ses intentions. Mais la gêne grandissante entre eux l’empêche d’interroger son ami. D’autant plus, que Yamato se comporte normalement. Pour le voyage scolaire à Kyoto, le groupe constitué de Fujino, Amamiya, Hosaka Yui, Oohara et Ashiya, peine à construire un programme. Remarquant que Yamato s’adapte à tous les désirs des autres membres, Kakeru lui propose alors de visiter Arashiyama seulement tous les deux lors de leur journée libre.

En conclusion

Mika sensei maîtrise parfaitement le déroulement de son récit. Elle offre de magnifiques planches avec les décors à Kyoto. Par ailleurs, elle arrive à transmettre avec habileté les émotions de ses personnages. Après Fujino qui me déçoit un peu dans ce tome, je craque complètement pour Hosaka et Amamiya. Surtout Yui qui semble déjà mûr pour son âge. J’ai hâte de découvrir la suite! Toujours aussi fan!
Je remercie les éditions Kana pour l’envoi de ce tome en service presse.

I cannot reach you 2 – Mika

I cannot reach you 2 Mika

Mika みか
ISBN: 9782505123415
Kana, 2024
ISBN:‎ 9784040642222 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je te pose la question, est-ce que ça risque de briser notre amitié? »

Mika sensei continue de révéler les réflexions de Kakeru et Yamato sur leur relation. Elle alterne la narration entre les deux héros et n’hésite pas à présenter la version de chacun sur un même évènement, quitte à revenir sur certains passages. Les quiproquos et les secrets apportent de la tension. Kakeru passe son temps à se triturer les méninges tout en prenant conscience des risques d’interprétation. De même, Yamato révèle un peu plus ses défauts en se confiant à sa collègue Nitta. Par ailleurs, Fujino se démarque par sa sensibilité. Ainsi, l’auteure approfondit la question du jugement sur l’apparence ainsi que l’influence du manque de confiance en soi, du complexe d’infériorité et de la jalousie. Elle met en avant la peur de briser une forte amitié. De même, elle invite le lecteur à réfléchir sur la tendance à suivre les stéréotypes. Des chapitres bonus apportent quelques anecdotes.

La mangaka a un trait épuré légèrement en rondeur qui, bien que doux, reste expressif malgré une simplicité apparente. En effet, elle travaille principalement les petits détails comme la forme des sourcils et de la bouche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à simplifier à l’extrême son trait dans les passages humoristiques ou même à exagérer les expressions. Les trames d’ambiance participent à la narration en appuyant les émotions. Malgré une palette restreinte, les autres trames sont variées. Ainsi, le contraste noir et blanc renforce les moments dramatiques ou joyeux. Par contre, les décors détaillés situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, les personnages posent sans décors dans les illustrations en début de chapitre, sauf pour les chapitres 8 et 9 qui offrent un diptyque. De même, l’illustration au dos de la couverture propose une sorte de réponse à celle du tome 1.

En résumé

C’est la Saint-Valentin. Et comme d’habitude, des filles demandent à Ashiya Kakeru de donner leurs chocolats à Oohara Yamato à leur place, trop nerveuses pour approcher ce dernier. En route, le collégien aperçoit son ami en train de recevoir des chocolats d’une fille plus courageuse. Pourtant lorsqu’ils se retrouvent pour rentrer ensemble, Yamato ment sur les causes de son retard. En plus, il rougit immédiatement en recevant les chocolats de son camarade avant de déchanter en apprenant leur origine. Doutant de plus en plus des sentiments d’Oohara envers lui, Ashiya passe son temps à observer les moindres faits et gestes de son camarade tout en ayant peur de les surinterpréter. D’ailleurs, un malaise s’installe entre eux après que Kakeru, surpris, ait repoussé violemment Yamato.

En conclusion

Mika sensei maîtrise son scénario et son graphisme. Elle permet de tromper l’impatience des lecteurs avec quelques histoires bonus tout en s’amusant des clichés romantiques. Par ailleurs, elle termine ce tome sur un suspense insatiable qui donne envie de lire la suite immédiatement. Cette série me touche énormément et j’ai dévoré ce tome! Une lecture toujours accessible à tous, tendre et mignonne, qui aborde en plus des questionnements de l’adolescence sur l’amour, l’amitié et les relations humaines.
Je remercie encore chaleureusement les éditions Kana qui m’ont envoyé ce tome en service presse. Une lecture bonheur!

I cannot reach you 1 – Mika

i cannot reach you 1 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123408
Kana, 2024
ISBN: 9784040657769 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« C’est parce que je tiens à toi que je ne te le dis pas… »

Mika sensei narre une classique romance d’amis d’enfance dont l’un nourrit secrètement un amour à sens unique pour l’autre. Toutefois, elle décrypte minutieusement les questionnements et les différentes émotions d’Ashiya qui se torture l’esprit pour comprendre son ami. D’ailleurs, elle joue sur les ambiguïtés et les quiproquos pour dynamiser leur relation. Kakeru qui semble un peu lent à la détente apporte une note humoristique tandis que les tentatives maladroites d’approche de Yamato sont attendrissantes. Malgré leur profonde amitié, ils ont du mal à aborder des sujets plus intimes. Leurs amis les incitent par ailleurs à s’interroger sur la différence entre amour et amitié. Ainsi l’auteure s’amuse de situations romantiques pour mettre en avant la porosité entre relation amicale et amoureuse, hétérosexuelle ou homosexuelle. Elle interroge les lecteurs sur le jugement extérieur. Par ailleurs, elle prend son temps pour développer son récit, offrant une tranche de vie quotidienne des lycéens.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur qui renforce la douceur générale. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle ajoute des notes comiques en arrière-plan en apportant des précisions en tant que narratrice extérieure ou, par exemple, avec le chat de Yamato qui fait des remarques comme un humain. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique et efficace use surtout des superpositions. Dans les illustrations en début de chapitre, Mika sensei montre les personnages dans leur quotidien sans représenter les décors, sollicitant ainsi l’imagination du lecteur. En fin de chapitre, elle propose des histoires comiques sous un format proche du yonkoma en toutefois plusieurs cases. L’éditeur nous propose une couverture alternative grâce à une jaquette réversible.

En résumé

Ashiya Kakeru a encore obtenu une mauvaise note en mathématiques et doit donc rester en rattrapage après les cours. Il informe alors son ami d’enfance Oohara Yamato, alors que ce dernier recevait une déclaration d’amour d’une élève. Ses amis partagent alors leur surprise, ayant du mal à comprendre leur profonde amitié malgré leurs différences. En effet, en plus d’être beau gosse, le timide Yamato est le meilleur élève de la classe tandis que l’insouciant mais sociable Kakeru est plutôt banal et cancre. Durant les rattrapages, alors que le professeur laisse seul Ashiya qui traîne sur ses exercices, Oohara vient à son aide. Mais quand son ami lui demande s’il aime quelqu’un, il bredouille le nom de ce dernier avant de s’éclipser rapidement. Kakeru s’interroge alors sur la signification de sa réponse…

En conclusion

Mika sensei propose une histoire toute mignonne qui plaira à un large public. Malgré un développement lent qui se ressent à peine, elle analyse avec précision les réflexions et le cheminement de pensée d’Ashiya. En plus d’un graphisme doux et expressif, elle mène rondement son scénario, apportant une touche réaliste avec les différentes interactions entre amis, collègues et famille. Pour les plus impatients, la série a été adaptée en drama (preuve de son succès) et est disponible sur Viki. Je craque complètement pour Kakeru avec ses bouilles adorables mais surtout ses efforts pour comprendre son ami. Une amitié touchante qui se transforme petit à petit. Un énorme coup de cœur!
Je remercie les éditions Kana qui m’ont fait découvrir ce titre en service presse. Je vais continuer la série avec beaucoup de plaisir et d’impatience.

Notre chemin – Amamiya

notre chemin amamiya

Amamiya アマミヤ
ISBN: 9782382762080
Hana, 2024
ISBN: 9784866534060 (JP)
Core magazine, 2020 (JP)
Titre original: ぼくらのつづき
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pour le moment, on recommence depuis la case départ. »

Amamiya sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue qui se retrouvent quelques années plus tard. Elle base la narration principalement du point de vue de Yôsuke. Par ailleurs, elle met en avant la vie des rues commerçantes, avec l’entraide et les échanges entre les gérants de boutiques. Les deux héros ont des caractères assez marqués. A cause de sa timidité, Shû a un petit côté fuyant et tsundere. Yôsuke, quant à lui, a tendance à suivre ses pulsions mais communique parfois maladroitement. Les deux adolescents ressentent une attirance mutuelle mais prennent du temps avant de l’accepter. Ainsi, l’auteure aborde les premiers émois amoureux de l’adolescence, analysant leurs réactions. Elle maintient un certain suspense en révélant au gré des souvenirs le passé entre les deux lycéens. De même, elle joue principalement sur la dynamique entre eux.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle s’attarde sur les détails des regards et des petits gestes. Son graphisme conserve un trait à main levé avec des pleins et déliés nombreux et des petites hachures qui marquent les volumes. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. De même, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique, très aérée avec de grandes ellipses et des vides. Amamiya sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle joue sur les cadrages pour en montrer le moins. De même, elle dessine des hachures ou des contours blancs sur les parties intimes.

En résumé

Enfants, Sakurai Yôsuke avait sympathisé avec Nanase Shû qui venait d’emménager dans le quartier. Mais en jouant, ils ont eu un accident qui a brisé leur relation naissante. En plus, la mère de Shû, surprotectrice, n’a même pas laissé Yô s’excuser. Par conséquent, les deux amis se sont alors éloignés. Mais depuis son entrée au lycée, Sakurai croise souvent Nanase, même si tous deux s’ignorent. Pourtant, il vient à son secours quand un professeur embête un peu trop Shû sur sa couleur de cheveux. Un jour, alors qu’il aide ses parents à livrer des légumes, il découvre son ancien ami en train de travailler chez Chiyo qui tient une boutique de bentô.

En conclusion

Bien qu’Amamiya sensei propose une comédie romantique assez classique, elle maîtrise plutôt bien le format one-shot et enchaîne les évènements en alternant tension, romance, souvenirs et même quelques scènes sexy. Son graphisme mignon est un atout supplémentaire à l’appréciation de ce récit. Une lecture agréable avec des moments craquants!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 10 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu 10 shimizu yuki

SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375064085
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668296 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Hitomi, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te rendre heureux. Je te le jure! »

Shimizu Yuki sensei offre une petite pause sexy dans son récit en s’attardant sur l’intimité de Zaizen et Kiriya puis d’Itokawa et Hitomi. Elle s’intéresse à la communication au sein du couple, s’amusant à inverser les rapports de force durant les préliminaires. Ainsi, elle dévoile de nouvelles facettes de l’avocat, qui parle crûment. En effet, Masumi compte rattraper le temps perdu et est prêt à tout pour entretenir la passion. De même, Kazuto se montre plus franc sur ses sensations et prend des initiatives. Il arrive à gérer la jalousie et l’emprise de son petit ami. Prenant de l’assurance, il hésite moins à dévoiler son homosexualité. D’ailleurs, l’auteure aborde la question du coming out dans une amitié en construction, interrogeant sur la confiance. Avec la sœur de Masataka, Takako, elle dévoile un peu le passé du médecin ainsi que l’origine de sa relation dégradée avec sa famille.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par exemple, Ito se transforme parfois en wanko. Les corps sont tous finement musclés. Les trames équilibrées ont une dominante claire. Par contre, les trames d’ambiance, plutôt graphiques, alternent avec les décors soignés. La mise en page est très dynamique. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques et offre même des coupes intérieures. Parfois, elle ne détaille pas les parties intimes. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages dans un moment câlin. Comme dans le tome précédent, une fiche présente succinctement les protagonistes au début du volume.

En résumé

Depuis qu’ils se sont avoués leurs sentiments, Kiriya Shun et Zaizen Masumi profitent pleinement de leur amour. Décidé à tenir sa promesse d’aller dans un onsen, le patron du clan Hiraoka propose alors d’annoncer d’abord à Hitomi Masataka qu’ils sortent ensemble. Le médecin d’une humeur massacrante car son petit ami Itokawa Kazuto est de sortie avec Hizuru, les accueille froidement. Toutefois, il change immédiatement en découvrant les luxueux ingrédients apportés par Kiriya. Capricieux, il exige pourtant que son ami yakuza aille chercher du poivre pendant qu’il prépare un festin avec Zaizen. Ayant deviné l’objet de leur visite, Hitomi confirme son amitié inébranlable mais rappelle qu’il prendra toujours le parti de Zaizen.

En conclusion

Shimizu Yuki sensei offre une parenthèse tendre et sexy dans son récit, concluant l’histoire de Zaizen et Kiriya ainsi que celle d’Ito et Hitomi. Elle alterne avec brio humour, tension et tendresse. Son graphisme sensuel est un bonheur pour les yeux. Nous avons rattrapé les sorties japonaises et la patience va devenir une vraie torture. Une lecture passionnante, qui aborde des sujets d’actualités avec des personnages séduisants et attachants.

Cherry magic 4 – Toyota Yuu

cherry magic 4 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 9782385314392
Akata, 2024
ISBN: 9784757566491 (JP)
Square enix, 2020 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 4
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Rien qu’à l’entendre, j’ai le cœur qui bat la chamade! »

Toyota Yuu sensei continue de jouer sur les poncifs des BL tout en brisant les moments les plus romantiques avec humour. D’ailleurs, elle dénonce la vision commerciale et les clichés sur les rendez-vous amoureux en général, imposés par les magazines et admis depuis par la société. En plus de son manque de confiance en soi et la tendance à se déprécier, Adachi redoute le jugement et les regards extérieurs. Pourtant, il prend de l’assurance en découvrant les faiblesses de Kurosawa, grâce à la lecture de ses pensées. L’auteure alterne quiproquos, réactions exagérées, tension et moments tendres et romantiques avec dextérité. Elle aborde le manque de communication, la culpabilité ressentie face aux secrets dévoilés grâce au pouvoir de lire dans les pensées. Dans les chapitres bonus, elle continue la romance entre Tsuge Masato et Minato. Un chapitre spécial s’intéresse également aux spécificités des fujôshi avec Fujisaki.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors, soignés, apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise souvent les superpositions de vignettes. Dans la postface, Toyota sensei offre des anecdotes amusantes sur la création de son manga et annonce une adaptation en série télévisée. Comme dans le tome précédent, les pensées lues par Adachi apparaissent en rose. Par ailleurs, les éditions Akata propose une version collector dans laquelle les pensées en rose sont dans tous les chapitres. La couverture diffère également. Un livret bonus accompagne le tout contenant des illustrations couleurs, des yonkoma en couleur et une histoire reprenant les fantasmes des fujôshi du bureau: Fujisaki, Hatori et Suga.

En résumé

Adachi a couru jusqu’à l’aéroport pour déclarer ses sentiments à Kurosawa Yûichi qui était de retour d’un déplacement. Quand les deux hommes s’enlacent, le magicien s’inquiète un peu en découvrant le combat intérieur du beau gosse. Mais Asahina les interrompt. Heureusement, Adachi repousse de justesse son « nouveau » petit ami. De retour chez lui, il reçoit un appel de Kurosawa qui lui propose alors une sortie à deux le week-end.

En conclusion

Toyota Yuu sensei arrive à nous faire rire dans les moments les plus romantiques en détournant les clichés classiques du genre. Par ailleurs, elle offre indirectement une critique légère de la marchandisation de l’amour et de la construction de certains clichés. Son graphisme est efficace et agréable. Je craque complètement pour tout ce petit monde qui cache beaucoup de chose derrière leurs sourires conciliants. Une lecture touchante et amusante, avec une relation si mignonne dans laquelle on se retrouve forcément à un moment.

Sasaki et Miyano 9 – Harusono Shou

sasaki et miyano 9 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385312701
Akata, 2024
ISBN: 9784046811400 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu veux bien sortir avec moi, ce jour-là? »

Harusono Shou sensei continue de développer les émotions de Sasaki et Miyano face au changement de leur situation. Elle s’intéresse à la difficulté à coordonner son emploi du temps, l’exaltation des sentiments et la gestion de la distance. Ainsi, une gêne s’installe entre les deux amoureux, Shûmei se montrant plus démonstratif mais le regrettant aussitôt. Miyano prend un peu plus d’assurance et d’initiatives, soutenu par ses parents et ses amis. Ogasawara Jirô et Hanzawa Masato apportent une note comique. D’ailleurs, l’auteure joue sur les clichés du BL, s’amusant sur la limite entre amitié et amour, dans la gestuelle ou la discussion. Avec l’introduction d’Ugawa Sora, un camarade de classe de Sasaki, elle aborde le jugement sur l’apparence, la question du coming out. De même, elle rappelle que les démonstrations romantiques quelque soit l’orientation sexuelle du couple, peuvent mettre mal à l’aise à travers les réactions de Shirahama.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à arrondir les têtes. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique alterne des yonkoma. Comparé au tome précédent, Harusono sensei fait poser les personnages du récit et donne sa postface sous la jaquette. Elle précise le découpage du temps sur le sommaire. Dans les bonus, elle regroupe les histoires promotionnelles en les classant par thème. Ses chapitres n’ont d’ailleurs pas la même taille.

En résumé

L’anniversaire de Sasaki Shûmei approche. Miyano Yoshikazu appelle donc son petit ami pour l’inviter à un rendez-vous à deux. Mais s’étant un peu trop emballé, il demande alors conseil auprès de Kuresawa Tasuku. Shirahama Kyôji et Tashiro Gonzaburô se mêlent rapidement à la conversation de leurs amis. Toutefois, la discussion dérive rapidement sur leur orientation.

En conclusion

Harusono Shou sensei arrive à créer une ambiance chaleureuse, douce avec la bienveillance de ses personnages. Son graphisme dégage d’ailleurs le même effet. De même, elle traite avec délicatesse les questions sur les premiers émois amoureux et la sexualité de l’adolescence. Une lecture qui procure les mêmes sensations qu’un doux bonbon qui fond doucement sur la langue. Cette série est idéale pour débuter dans le BL.