hitomi ISBN: 9782382762004 Hana, 2023 ISBN: 9784396785437 (JP) Shodensha, 2022 (JP) Titre original: 透明な愛のうつわ Manga Ero-mètre: Recommandation:
« Je voudrais que tu me donnes ta malchance. »
hitomi sensei narre une douce romance fantastique mettant en avant l’amour « véritable ». Elle alterne la narration entre Miki et Shiro, décryptant avec finesse leurs sentiments. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, même si celle-ci débute par un baiser volé suite à un quiproquos. Renfermé et plutôt négatif, Miki va prendre peu à peu confiance en lui, apprenant ainsi à apprécier le côté positif des choses. Shiro, quant à lui, s’humanise petit à petit en découvrant de nouvelles émotions au contact de son hôte. D’ailleurs, il ressent de plus en plus de contradictions entre son désir et sa nature. Les deux hommes s’ouvrent petit à petit aux autres. L’auteure maintient le suspense en révélant peu à peu les secrets des deux héros. Elle aborde entre autres les petits tracas du quotidien perçus différemment selon son état d’esprit, le simple bonheur de partager sa vie avec l’être aimé.
La mangaka a un trait fin assez réaliste. Elle le simplifie plutôt discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine différentes morphologies renforçant le réalisme. Par ailleurs, les décors soignés et très présents alternent avec les trames d’ambiance. Il y a également beaucoup de trames qui rendent en détail les ombres, les couleurs et même les dégradés. Le fond noir indique aussi bien les souvenirs que l’humeur déprimante des personnages. La mise en page est très dynamique avec des sorties de case et des chevauchements. Dans les scènes érotiques, hitomi sensei ne montre pas les parties intimes en jouant sur les cadrages. Elle préfère d’ailleurs s’attarder sur les émotions des personnages.
En résumé
Donoue Miki (25 ans) a toujours été poursuivi par la malchance. Après une dure journée où les problèmes s’accumulent, il est au bord de craquer lorsqu’il se cogne contre un poteau. Mais un étrange homme aux cheveux blancs l’accoste et lui demande alors de lui donner sa malchance. Il se présente comme un akashibito, un monstre se nourrissant des émotions négatives de son hôte humain. Malgré ses hésitations, Miki le ramène finalement chez lui et finit par le croire en constatant que sa main devient transparente. Pour signer un contrat entre eux, il doit lui tenir la main et lui donner un nom: Shiro. Mais très affamé, Shiro l’embrasse soudainement. Toutefois, Miki le repousse.
En conclusion
Ce one-shot obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Avec un scénario parfaitement rythmé et maîtrisé, hitomi sensei dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. En plus son magnifique graphisme exprime avec finesse leurs émotions. J’avais les larmes aux yeux avec ce récit émouvant. Un énorme coup de cœur!
« Chaque être humain possède au moins une ou deux faiblesses. »
Tennohji Mio sensei s’intéresse un peu plus à Fujishima et partage ainsi son point de vue sur sa relation avec Kyôsuke. Elle aborde les difficultés à concilier travail et relation amoureuse, le manque de communication au sein du couple qui crée quelques doutes, l’influence de la vie privée sur le travail. Le technicien, conscient de sa possessivité grandissante, retient du mieux qu’il peut sa passion et sa jalousie, de peur de devenir violent. Contrairement à Kyo qui se montre naturel uniquement avec lui, il a encore du mal à dévoiler ses faiblesses. D’ailleurs, le mannequin a l’opportunité de changer de carrière et se donne à fond pour réussir. Ainsi, l’auteure s’intéresse à la construction d’une identité pour un acteur, les techniques parfois éprouvantes pour améliorer son jeu au théâtre. Elle ajoute une touche d’humour avec l’excentrique Shinzô. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre un moment coquin du couple.
La mangaka a un trait léché légèrement anguleux qu’elle arrondit et simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD choupi. Elle travaille également bien le corps musclé de Naoya. Les trames d’ambiance alternent avec les décors plutôt soignés. De même, les autres trames sont équilibrées et variées. La mise en page est très dynamique. Tennohji sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne le ton du récit. Par ailleurs, dans les illustration couleurs en début de tome, elle représente des moments tendres du couple.
En résumé
Actuellement, Fujishima Naoya travaille de nuit. Il profite alors d’une pause pour admirer la dernière publicité dans laquelle joue son petit ami, dans un café proche des studios. Kyôsuke le rejoint alors pour lui rappeler leur prochain jour de congé. Mais petit changement pour leur journée de repos, Abe s’incruste, jouant même les chaperons pour calmer les ardeurs de Kyo, trop démonstratif. Fujishima les amène à la mer pour le plus grand plaisir de son petit ami. D’ailleurs, ce dernier n’hésite pas à utiliser sa nouvelle notoriété pour éloigner les filles qui draguent ouvertement Naoya. A leur grande surprise, Abe leur a réservé une chambre d’hôtel pour la soirée. Tandis que les amoureux recommençaient à se câliner, à la télévision, le scénariste et réalisateur représentant de la troupe de théâtre Umihebiza, Hiruma Shinzô, annonce vouloir embaucher Kyo pour son prochain projet.
En conclusion
Tennohji Mio sensei a encore beaucoup de choses à raconter sur la vie du couple de Naoya et Kyôsuke, pour notre plus grand plaisir. En plus, la couverture de ce tome est magnifique! J’admire sa dextérité scénaristique avec laquelle elle arrive à transmettre beaucoup de choses en quelques cases, par une expression, un petit geste. Et j’adore ses personnages en chibi. Une histoire bien plus profonde que ne laisse paraître le titre.
« Un amour dangereux entre un technicien charmant et un beau mannequin obsédé! »
Tennohji Mio sensei poursuit directement le récit du tome précédent. Elle s’attarde un peu plus sur les différents métiers du show business, en particulier les métiers techniques et celui de manager avec Abe. Ce dernier, observateur, devine très vite la relation que Fujishima entretient avec Kyôsuke et veille à la moindre influence sur le travail ou le moral de ce dernier. D’ailleurs, avec son nouveau succès, le mannequin s’attire la jalousie de ses paires mais également l’intérêt d’un stalker. Ainsi, l’auteure aborde les divers degrés d’harcèlement, les répercussions des rumeurs, la folie dangereuse de certains fans, la difficulté à gérer ce genre d’incident impactant fortement l’assurance de la victime. Elle met en avant les bienfaits des soutiens extérieurs, même si Kyo, avec son fort caractère, fait face à l’adversité. Dans l’histoire bonus, elle met en avant le caractère coquin du couple.
La mangaka a un trait léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques, l’arrondissant pour les SD. Dans les bulles sans personnages, elle représente celui qui parle avec seulement un œil. D’ailleurs son style varié permet immédiatement de les identifier. Par exemple, Fujishima affiche toujours un regard blasé en SD. Le corps finement musclé du technicien se devine même sous son tee-shirt. Les trames équilibrées ont une dominante claire. Par ailleurs, les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est très dynamique. Tennohji sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle estompe parfois les contours des parties intimes et cache avec humour celles du pervers. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des protagonistes. Par contre, les illustrations couleurs en début de tome mettent en avant la complicité du couple.
En résumé
Kyôsuke sort avec Fujishima Naoya qui le satisfait totalement sexuellement. Ce dernier lui confie alors le double de la clé de son appartement. Depuis que Kyo a fait son coming out à la télévision, stimulant au passage l’audience de la série télévisée dans laquelle il jouait, ses contrats se multiplient, même s’il refuse maintenant toute « promotion canapé ». Fujishima croule lui aussi sous le travail. N’ayant pas vu son petit ami depuis deux semaines, le mannequin a de plus en plus de mal à gérer son désir sexuel. Alors quand il apprend que son prochain shooting est décalé de 40 minutes, il convoque son petit ami dans sa loge…
En conclusion
Tennohji Mio sensei maintient le suspense tout le long de ce tome et détend l’atmosphère avec des moments comiques et sexy. Elle analyse avec finesse les différentes émotions de ses personnages. En plus son graphisme est un régal pour les yeux. J’adore la dynamique du couple et ne me lasse pas de leurs jeux de séduction.
« Le sexe, c’est du plaisir, mais aussi du profit! »
Tennohji Mio sensei narre une romance entre un artiste qui assume pleinement vendre son corps pour arriver à ses fins et un impassible technicien. Elle maintient un certain suspense en révélant au fur et à mesure les secrets que cachent ses deux héros. La narration se base pour l’instant sur le point de vue de Kyôsuke. Le mannequin au premier abord frivole a en réalité parfaitement conscience de ses capacités, travaille sérieusement mais doute souvent, encore fragilisé par un traumatisme qu’il a surmonté seul. Derrière son air froid, Fujishima cache sa possessivité qu’il a du mal à contrôler. Les sentiments naissent petit à petit dans cette relation d’abord charnelle. L’auteure aborde la face sombre du show business avec le harcèlement sexuel, la jalousie, la manipulation des médias, la course aux scandales et leurs conséquences. Avec Akise Kô, elle s’intéresse à la rédemption d’un « criminel ». L’humour joue sur les quiproquos.
La mangaka a un trait léché légèrement anguleux. Elle dessine des visages longs et ovales, avec des yeux effilés expressifs. Dans les passages humoristiques, elle simplifie et arrondit son trait, n’hésitant pas à transformer ses personnages en SD. D’ailleurs, Kyo avec des oreilles de chat et ses yeux en amandes devient tout mignon et Fujishima conserve son air impassible. Le technicien est en plus finement musclé. Les trames sont variées et équilibrées. Par contre, les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page très dynamique rythme le regard. Tennohji sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle estompe parfois les contours des parties intimes. Elle offre presque une scène par chapitre.
En résumé
Le mannequin Kyôsuke, Kyo de son nom de scène, n’hésite pas à jouer de ses charmes pour obtenir des contrats. Le producteur Sahara lui promet ainsi une place d’honneur dans sa prochaine émission spéciale mais il est interrompu par un appel. Kyo surprend alors Fujishima Naoya, un technicien du staff, qui a assisté à la scène. Pour le faire taire, il lui saute dessus. Mais il réalise qu’ils ont une grande compatibilité sexuelle. A sa surprise, Kyôsuke accepte même de manger avec lui. Touché par les encouragements du technicien, il commence à réfléchir à son avenir, ses contrats de mannequin se réduisant avec l’âge. Et puis, il se laisse de plus en plus tenter par ce nouveau plaisir qui ne lui apporte pourtant aucun profit…
En conclusion
Tennohji Mio sensei maîtrise parfaitement le rythme de son scénario, allant à l’essentiel et semant des indices en quelques cases. Elle crée un uke entreprenant et provocateur qui semble mener son seme par le bout du nez mais qui cède vite au plaisir. La dynamique et les chamailleries du couple sont entrainantes. En plus, son graphisme sensuel et expressif est un régal pour les yeux. Je craque complètement pour cette romance dans le monde du spectacle qui développe différents thèmes avec limpidité. Ne vous fiez pas au titre aguicheur, les sentiments côtoient le drame, la tension et l’humour dans un équilibre parfait!
« Personne ne tombera jamais amoureux d’un homo comme moi. »
Kitano Megumi sensei offre une romance entre deux étudiants aux modes de vie complètement opposés. Elle base la narration du point de vue de Yûto. Bien que la relation débute par un rapport charnel, elle développe ensuite les sentiments, faisant évoluer ses deux héros. D’ailleurs, malgré le manque de délicatesse de Sora, leurs ébats restent consensuels. Yûto mène une vie saine et austère, fuyant l’amour depuis qu’il a été confronté à de l’homophobie. Sora, quant à lui, vivote dans la débauche, insouciant. En apprenant à se connaître, les deux étudiants vont s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre. Ainsi, l’auteure sème des indices au fil des chapitres sur leur passé difficile. Elle aborde donc les séquelles des violences verbales homophobes, la souffrance de la perte d’une passion, la reconstruction difficile de la confiance en soi. Elle met en valeur le soutien apporté par des proches, famille ou amis.
La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à dessiner de mignons SD. D’ailleurs, les bouilles de Yûto surpris sont craquantes. Bien que finement musclés, les corps sont plutôt longilignes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent par leur fond noir. D’ailleurs, les réflexions de Yûto apparaissent souvent avec un fond noir également. La mise en page très dynamique utilise toutes les techniques des shôjo. Kitano sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes, se contentant de ne pas dessiner les contours et ajoutant quelques points blancs. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans le récit, la scènes se déroulant toujours dans une pièce d’habitation.
En résumé
Yûto, étudiant en 3ème année de relations internationales, discute avec sa sœur au téléphone quand son voisin, fêtard bruyant, sonne soudain à sa porte. Venus emprunter un décapsuleur, Kayama Sora et ses amis Miu et Atsushi, étudiants en 4ème année de médecine physique de réadaptation, l’embarquent alors à leur petite fête. Peu à l’aise, Yûto essaie tout de même de faire bonne figure. En effet, gay, il a subi du harcèlement homophobe au lycée. Quand Miu et Atsushi prétextent la fatigue pour en fait s’envoyer en l’air, Sora propose à Yûto de continuer à boire tranquillement chez lui. Mais lorsqu’il lui suggère d’imiter ses amis en invitant des filles, Yûto lui révèle son homosexualité, espérant le faire fuir. Toutefois, à sa surprise, Sora lui montre de l’intérêt et se jette alors sur lui…
En conclusion
Kitano Megumi sensei maîtrise plutôt bien le rythme de son récit, même si au début, le revirement rapide de Yûto peut surprendre. Elle maintient le suspense autour de Sora, dont le comportement et les intentions restent ambigus assez longtemps. Le graphisme est en plus agréable. J’apprécie particulièrement les expressions des visages. Même si ce one-shot ne révolutionne pas le genre, j’aime beaucoup l’évolution des deux héros qui sortent enfin de leur enfermement en se soutenant inconsciemment l’un l’autre. Une lecture simplement touchante!
« Même notre amoureux peur avoir une face cachée. »
Sangou Mitsuru sensei conserve le format court des sketches pour ses chapitres mais change le style narratif pour un développement plus classique. Elle s’attarde sur le passé de Saikawa et révèle au compte-gouttes les raisons de son sourire forcé. En dévoilant également ses défauts, elle explique ainsi le comportement insistant du beau gosse, atténuant sa violence comme dans le tome précédent. En effet, le lycéen ayant conscience de sa jalousie, sa possessivité et sa perversion, fait beaucoup d’efforts pour retenir ses sentiments, marqué par les évènements de son enfance. Comme la narration s’appuie principalement sur le point de vue de Sayama, le suspense se maintient jusqu’aux mises au point entre les deux amoureux. En introduisant Tsuruga Teru, l’auteure aborde différents questionnements comme les préjugés, l’influence des rumeurs, le jugement sur les apparences. Dans l’histoire bonus, elle donne la version de Kobayashi.
La mangaka a un trait épuré et fin qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas à recouvrir entièrement le visage de Sayama par des hachures lorsqu’il rougit. Les trames équilibrées ont une teinte claire dominante tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sangou sensei censure les parties intimes par des caches blancs. A la fin de certains chapitres, elle offre quelques yonkoma révélant des secrets ou donnant une anecdote sur les protagonistes avec humour. Par contre, elle donne le point de vue des personnages secondaires dans des yonkoma sous la jaquette.
En résumé
Bien qu’ils sortent ensemble depuis déjà deux mois, Sayama Keigo n’arrive toujours pas à s’habituer aux baisers langoureux de Saikawa Tsuzuru. Pourtant, il éprouve beaucoup d’enthousiasme dans cette première relation. Pour le festival culturel du lycée en automne, la classe B décide d’organiser une maison hantée. Saikawa, sommé de jouer un des monstres, se retrouve dans l’équipe des beaux gosses tandis qu’à son grand soulagement, Sayama s’occupe des décors avec la majorité des autres timides de la classe. Keigo réalise alors qu’il discute plus facilement avec ses camarades depuis qu’il fréquente son petit ami. D’ailleurs, il se demande pourquoi Tsuzuru continue d’adresser de faux sourires aux autres élèves. En allant déposer un document dans la salle du conseil des étudiants, Sayama est bousculé par Tsuruga Teru, qui se disputait au téléphone. Curieux, ce dernier tente soudain de lui ôter son masque.
En conclusion
Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Sangou Mitsuru sensei s’oriente vers un récit un peu plus classique mais exploite des thèmes intéressants. Elle crée des personnages aux comportements ou caractères ambivalents, créant de l’attachement pour certains d’entre eux à la base peu appréciables et perturbant ainsi un peu les lecteurs. J’espère que Teru trouvera le bonheur avec quelqu’un d’autre, fille ou garçon. J’ai apprécié découvrir les secrets de Saikawa et attends la suite avec impatience.
MITA Homuro 見多ほむろ ISBN: 9782382761908 Hana, 2023 ISBN: 9784199608469 (JP) Tokuma shoten, 2020 (JP) Titre original: いびつなボクらのカタチ 下 Manga Ero-mètre: Recommandation:
« Je n’ai fait que prolonger la souffrance de ma mère. »
Mita Homuro sensei révèle le passé douloureux d’Ibuki ainsi que le lien particulier qu’il entretient avec Maika. Elle questionne donc sur l’homoparentalité, le lien familial dans une adoption, la reconstruction après le deuil, les souffrances lors de l’accompagnement d’un malade en fin de vie. De même, elle met en avant la perspicacité des enfants et le regard innocent qu’ils portent sur l’amour en général. Après leurs déboires, Ibuki et Yûma ont peur d’aimer et nient donc leurs sentiments réciproques. Pourtant, sous l’influence de Maika, ils vont mutuellement s’accepter tels qu’ils sont. Avec sa sagesse, Kasumi apporte un peu de bienveillance à ces adultes et cette enfant qui cherchent à faire au mieux pour ne blesser personne. L’auteure équilibre parfaitement les moments dramatiques, comiques et romantiques. Avec Seiji, elle met en avant la dualité de sa personnalité, sa générosité étant en fait influencée par ses inquiétudes sur l’avenir de sa fille.
La mangaka a un trait fin et épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle renforce le côté mignon de Maika avec un trait plus rond mais surtout sa coupe au bol. Les trames équilibrés ont principalement des tons à dominantes claires. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Mita sensei censure à peine les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de détailler les parties intimes. La couverture du tome 1 mise côte à côte de celle de ce tome offre une belle illustration.
En résumé
Sawada Ibuki révèle son passé à Abe Yûma: quand il était lycéen, il vendait son corps pour payer les frais médicaux de sa mère hospitalisée. Alors qu’il cherchait des clients dans un parc réputé pour les rencontres homosexuelles, il est abordé par Sawada Seiji (36 ans) qui l’empêche de suivre un groupe, lui proposant même une énorme somme. Mais Ibuki le recroise plus tard en sortant de l’hôpital alors qu’il portait son uniforme scolaire. Au lieu de le sermonner, Seiji écoute patiemment le lycéen et lui propose même de le recontacter à l’occasion. Finalement, il le rappelle rapidement, ayant besoin d’aide pour faire de simples courses. En effet, veuf et père célibataire, il a du mal à calmer sa fille Maika qui n’arrête pas de pleurer…
En conclusion
Mita Homura sensei décrypte parfaitement les différentes épreuves qui jalonnent la vie. Elle analyse avec finesse les sentiments de ses personnages et propose ainsi une romance douce mais empreinte de mélancolie. Je fonds complètement pour cette famille qui se reconstruit à son rythme. Et j’adore la surprise de Kasumi à la fin!
Haji ハジ ISBN: 9782382761571 Hana, 2023 ISBN: 9784829686546 (JP) Printemps, 2021 (JP) Manga Ero-mètre: Recommandation:
« Pas la peine de te rappeler leur nom. Après tout, dans 6 mois, ils seront morts. »
Haji sensei propose de suivre une romance entre deux nouveaux collègues balèzes et aux caractères opposés, dans un univers bien construit où cohabitent humains et demi-humains. Elle dévoile au fur et à mesure le contexte de ce monde ainsi que le passé dur et sombre des deux héros. Elle crée une excellente dynamique entre Alphonse et Dante qui apprennent d’abord à s’apprécier malgré leurs différences et s’ouvrent petit à petit à l’amour. En effet, le droit et franc Al doit composer avec son capitaine impulsif à la sexualité débridée. Mais leur relation évolue au fil de leurs missions plutôt risquées. Les autres membres de la section ont également de fortes personnalités. Ainsi, le scientifique Jack Sanders (35 ans) calme les ardeurs du couple tandis que l’opérateur Archie le soutient. L’auteure aborde entre autres, la discrimination, le rejet de valeurs différentes, la cohabitation de diverses cultures, les efforts des couples inter-espèces.
La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme à son habitude, elle fait preuve de beaucoup d’imagination pour créer les espèces hybrides et les monstres. Les personnages adoptent des cambrures sexy et sensuelles. Et Al affiche des bouilles adorables lors de ses transformations incomplètes à cause de fortes émotions. Les décors plutôt présents s’estompent jusqu’à disparaître dans les plans rapprochés. Malgré de nombreuses trames, l’équilibre donne surtout du contraste et de la couleur. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique retranscrit bien les scènes d’action pourtant succinctes. Haji sensei ne censure pas les scènes érotiques, incluant même des transparences. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les protagonistes dans leur quotidien. En fin de tome, il y a des fiches explicatives.
En résumé
Trop sérieux et épris de justice, le demi-humain Alphonse Forsyth (28 ans), de l’espèce rare des dragons, est muté au bureau des affaires des exterminations spéciales, la pire section de la Life defense. Mais pour son premier jour, il s’est perdu car on lui a donné un mauvais plan. Grâce à son mobile robot zonure, il contacte l’opérateur Archie Ridgeback qui le guide. Quand un vol à la tire se déroule sous ses yeux, il s’empresse de poursuivre le criminel sans attendre les instructions de son nouveau capitaine qui n’est pourtant pas loin. Doté d’une ouïe très développée, Dante Sinclair (32 ans) prend alors les choses en main et le guide à distance pour arrêter le voleur. Après l’avoir rejoint nonchalamment, il préfère l’inviter à boire un café, augmentant ainsi le retard d’Al…
En conclusion
Haji sensei offre un one-shot très épais (320 pages), prenant le temps d’installer son univers et de développer le background de ses héros. Elle construit des héros attachants, qui malgré leurs puissants pouvoirs, ont autant de qualités que de défauts. Bien que l’univers soit fictif, les thèmes abordés restent contemporains. En plus, les moments intimes débordent de sensualité, avec des relations consenties. Je craque complètement pour le couple d’Al et Dante. Pour moi, cette œuvre me semble la plus aboutie de l’auteure. Tout est dans le titre! Et c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument à tous ceux qui aiment les BL fantastiques.
A la surprise de tous les utilisateurs, la plateforme de webtoon Verytoon a annoncé sa fermeture définitive le 31 juillet 2023, sans explication complémentaire et laissant un peu plus d’un mois pour liquider tous ses coins. Pour ma part, le choc passé, j’ai regretté ne pas avoir eu assez de temps pour vous parler de toutes les séries qui me plaisent. Je ne peux malheureusement pas toutes les aborder. Alors, j’ai donc décidé de simplement vous présenter quelques titres qui me sont chers et qui vont me manquer.
Supérette dangereuse – 945
En résumé
Yeo Eui-Joon travaille depuis déjà un mois à temps partiel dans une supérette fréquentée par des clients effrayants dont des gangsters qui n’hésitent pas à le houspiller. Un soir, un homme vient à son secours et remet à sa place le voyou qui essayait de ne pas payer. Rougissant face aux compliments de son sauveur et client, l’étudiant est perturbé par autant d’attention avant de réaliser que ce n’est que de la politesse. Et il déchante vite en entendant la conversation téléphonique de Beon Geon-Woo, peut-être encore plus dangereux…
En conclusion
Ma série chouchou de la plateforme malgré la rude concurrence! Je fonds complètement pour ce couple adorable et profite pleinement des nombreuses scènes érotiques pour les admirer. D’ailleurs, le trait anguleux dégage beaucoup de sensualité et de douceur. En plus, la mise en page exploite bien la verticalité. Annoncé en version papier à la « Japan expo 2023 », je compte bien l’acquérir.
Roses et champagne – Ttung Gae et Zig
En résumé
En Russie, à Moscou, l’avocat d’origine coréenne, Jeong Iwon travaille sur un dossier complexe dont le procès semble perdu d’avance. En effet, son client et voisin Nicolaï est sur le point de perdre son usine familiale à cause d’un élu véreux, Georg Zdanov, soupçonné d’avoir le soutien de la mafia et des relations bien placées. Pour économiser, Iwon préfère courir au lieu de prendre les transports en commun. Mais dans sa course, il percute un bel homme musclé qui le rattrape. Mais il ne sait pas qu’il s’agit de César Alexandrovitch Sergueïev, le chef d’une puissante organisation mafieuse…
En conclusion
Annoncée en grandes pompes lors du « Verytoon BL café » le 26 novembre 2022, j’avais hâte de découvrir ce titre et j’ai immédiatement craqué pour cette série mêlant action, drame et érotisme. Le jeu de séduction entre l’avocat et le chef mafieux font tout le sel de la série, surpassant les intrigues pourtant très entrainantes. D’ailleurs, le suspense se renouvelle sans cesse, relançant les questionnements à chaque nouvel indice. Le graphisme anguleux et épuré transcrit parfaitement les émotions à travers les expressions des visages. J’espère qu’il aura droit à une sortie papier, à défaut de trouver une autre plateforme de diffusion.
Semantic error – Angy J.Soori
En résumé
Chu Sangwoo se retrouve seul sur un projet d’équipe et n’hésite pas à éliminer les noms de ses coéquipiers lors de la présentation en classe. Convoqué par le professeur, il dénonce alors sans pitié ceux qui l’ont abandonné au cours du projet en précisant leurs motifs. Le professeur remarque que l’élève qui n’est jamais venu avait une excuse, étant à l’étranger pour une remise de prix mais Sangwoo refuse d’obtempérer, lui précisant qu’il trichait également sur ses présences en cours en envoyant quelqu’un d’autre. Par conséquent, les autres participants obtiennent tous un zéro et déversent leur colère sur Sangwoo qui les ignorent. Mais Jang Jaeyoung, qui n’a pu obtenir son diplôme à cause de cette note, le recherche ardemment. Alors que Sangwoo se lance dans un projet de jeu, sa designer se désiste mais lui présente un remplaçant: un certain Jang Jaeyoung…
En conclusion
Deux caractères opposés, du harcèlement pas trop méchant, mais comme Sangwoo ne supporte pas le moindre écart dans sa routine, cela crée des situations cocasses. De la haine vers l’amour, il n’y a qu’un pas, encore faudrait-il d’abord que Sangwoo fasse plus attention à ce qui l’entoure! J’aime beaucoup le changement des sentiments et l’évolution des personnages qui ont du mal à admettre leur attirance, leur aversion dominant encore. De même, Sangwoo qui ramène tout à l’informatique devient attendrissant malgré son caractère obtus. Le trait qui se simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques donne un aspect mignon.
L’amant du dragon – Okdong et Moscareto
En résumé
Le vétérinaire Choi Jeong ouvre enfin sa propre clinique. En chemin, il trouve un étrange lézard évanoui dans la rue et l’emmène à son cabinet pour le soigner. Mais le lézard se transforme soudain en homme complètement nu. Un-Woo se présente alors comme le plus jeune fils du roi des dragons de la mer de l’est. Pour reprendre des forces, il a besoin d’énergie spirituelle, en laissant cet humain toucher son corps… et plus si affinités!
En conclusion
J’adore les BL avec des couples d’idiots. Ici, les deux héros refusent pendant longtemps d’admettre leur amour et les joutes entre eux pour se défiler débordent plus de maladresse que d’inventivité. Le dessin assez épuré et simple correspond parfaitement pour cette comédie romantique. Les exagérations des expressions renforcent en plus les passages humoristiques. Et il y a beaucoup de scènes érotiques! Un petit coup de cœur que je chéris (lu 2 fois de suite malgré la pile à lire!)
Kiss me? – AM
En résumé
Woo Gichan et Jung Hyobin sont amis d’enfance depuis plus de 10 ans. Maintenant à l’université, la petite amie de Hyobin, accompagnée de Gichan, vient le chercher alors qu’il jouait au basketball. Ils sortent ensemble depuis déjà un mois, mais la jeune fille ne supporte plus de voir son petit ami faire passer ses amis avant elle et le quitte brusquement…
En conclusion
Cette romance tranche de vie reprend les classiques des amis d’enfance dont l’un, gay, cache son amour depuis longtemps. La dynamique entre le couple et leurs amis rend le récit particulièrement entrainant, malgré quelques longueurs. Le graphisme dégage beaucoup de douceur mais les simplifications extrêmes dans les passages humoristiques m’ont surtout agréablement surpris.
Dors avec moi! – Sam Yeong et Gwendolyn
En résumé
Lee Dohyeon admire son ami d’enfance Ban Dongwook. Dans le café où il travaille, il s’interpose entre son ami et un camarade qui ne supporte pas ce dernier. Mais sans faire exprès, Ban frappe Dohyeon. Seungju qui travaille aussi dans le café lui fait alors comprendre sa faute et rapelle à Dohyeon la dangerosité de son action et de son camarade. En effet, Dongwook veut devenir inspecteur mais a une réputation de mauvais garçon à force de frapper tous ceux qui l’énervent. Il trouve d’ailleurs leur relation étrange, les deux jeunes hommes dormant ensemble et ne pouvant se passer l’un de l’autre.
En conclusion
La relation étrange entre les deux amis, dont un cache son homosexualité, passe par plusieurs étapes avant d’évoluer. Pour une fois, les amis jouent plus les trouble-fêtes plutôt que le soutien désintéressé. Le trait anguleux reste assez classique.
Le spiritualiste et son chevalier – Lee Mi Nu et Team Lychee
En résumé
Un soir, Minjoon télécharge un jeu recommandé par un ami dans lequel il joue un spiritualiste qui doit invoquer un ancien héros pour combattre les ombres qui menacent ce monde. S’étant endormi durant une partie, il se réveille le lendemain, à sa grande surprise, dans un cercueil. Alors qu’il commence à explorer les alentours, un mouton ailé lui saute soudainement dessus. Persuadé de rêver du jeu, il exécute alors les commandes proposées par le mouton Mesarthim et prend le surnom de Shein. Mais constant le caractère particulier de Mesarthim et trouvant la première mission morbide, il commence à douter…
En conclusion
Le trait plutôt en rondeur contraste avec l’univers un peu glauque. L’exploitation de la verticalité transcrit parfaitement la grandeur et la pression de certaines scènes. Les deux héros se découvrent petit à petit, renforçant leurs liens doucement, pour notre plus grand plaisir. J’aime beaucoup l’univers, les personnages attachants et les combats pas trop sanglants. Et qui ne voudrait pas une adorable peluche de Mesarthim?
Evergreen – Buzzi
En résumé
Le fleuriste Seo Jin Kan, gay, fait un rêve érotique avec un étrange homme musclé et tatoué qui l’appelle Hélio. Au réveil, il réalise que son téléphone ne s’allume plus et en chemin pour le faire réparer, tombe sur un homme étrangement habillé, effondré dans les poubelles dans une ruelle, et qui ressemble trait pour trait à celui de son rêve. Quand l’inconnu se réveille, il fuit malgré ses blessures. Mais dans la rue, il constate qu’il se trouve dans un monde inconnu complètement différent du sien. Rattrapé par Seo, Hérald ne peut que le suivre, terrassé par la fièvre…
En conclusion
Cette romance fantastique démarre sur des chapeaux de roues. Le graphisme anguleux ajoute une touche âpre qui s’allie bien aux deux univers différents. J’apprécie particulièrement l’intrigue. J’aurais aimé découvrir la fin!
« Pour le bien du pays, cet amour est impossible! »
Chandeok offre une comédie romantique entre deux idiots, amis d’enfance, mais trop maladroits pour exprimer leurs sentiments. La narration alterne entre Osso et Léon, permettant ainsi de découvrir leurs réflexions intérieures souvent contraires à leurs actions. Bien qu’apprécié par son peuple, l’empereur Osso, un peu rêveur, est peu respecté par ses subalternes. Léon, quant à lui, pense d’abord à son confort et surtout son repos. L’humour s’appuie principalement sur des situations improbables, des réactions incongrues, des répétitions et des quiproquos qui s’enchainent, mêlés parfois de moments dramatiques. Ainsi, l’auteur.e aborde avec légèreté divers sujets comme le coming out, le travestissement, le mariage arrangé, la difficulté à déclarer son amour, le jugement extérieur sur l’homosexualité, le devoir filial. Les complots sont toutefois vite expédiés. Les personnages secondaires, aux caractères bien trempés, ajoutent une touche d’humour. Et dans ce petit monde loufoque, le chien Alry se démarque particulièrement par son intelligence.
Chandeok exploite peu la verticalité mais ses agencements de case correspondent bien au genre humoristique du récit. D’ailleurs, le trait très épuré se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Les contours assez épais donnent du volume. Les tons sont plutôt colorés, avec des aplats francs. Les décors et les costumes, malgré une certaine simplicité, retranscrivent bien le luxe de l’univers. Les trames d’ambiance très graphiques (fleurs, scintillement, étoiles, oiseaux ou autres) ajoutent une note humoristique ou mignonne. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Il n’y a pas de scènes érotiques, même si les dialogues laissent sous-entendre des nuits de folies.
En résumé
La famille Hubert règne sur l’empire d’Oro. Un soir, Osso, l’héritier monté récemment sur le trône, échappe à une tentative d’assassinat, éliminant lui-même l’intrus entré dans sa chambre. En effet, sa garde était absente. Alors le lendemain, il la convoque pour avoir des explications et découvre ainsi qu’à cause de sa nouvelle loi sur le travail, Léon Esther, commandant et chef de la garde impériale, avait préféré rentrer chez lui. Ce dernier, prince de Torche, mais également prisonnier de guerre, est depuis l’enfance au service d’Osso. Comme il déteste faire des heures supplémentaires, il n’hésite pas à abuser de la gentillesse de l’empereur qui le considère comme un ami. Mais il ne sait pas encore qu’en réalité, Osso est secrètement amoureux de lui…
En conclusion
Chandeok aborde avec légèreté et humour les questions sur l’homosexualité. L’idiotie sans fond de ses personnages les rend en fin de compte craquants. Comme j’apprécie les romances avec des idiots, j’ai beaucoup aimé suivre les aventures de ce couple détonnant qui va prendre énormément de temps pour accepter leurs sentiments réciproques. Idéal pour se détendre et prendre une petite dose de bonheur!