La boutique du magicien – Ike Reibun

la boutique du magicien ike reibun

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782382764107
Hana, 2023
ISBN: 9784199608629 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Titre original: 魔術師シルヴァンの店
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je sais que ce serait ingrat de ma part, mais je ne peux pas m’empêcher. »

Ike Reibun sensei crée un univers fantastique original avec des seme pervers excusés à chaque fois par l’amour fou de leur uke. Elle développe deux couples, alternant la narration entre les personnages. Seul Sylvain conserve une part de mystère malgré les révélations sur son sombre passé. Limité en paroles à cause de son pouvoir, il exprime son amour par le toucher. Toutefois, cela crée souvent des quiproquos avec l’innocent et pur Tim. Le magicien esseulé découvre alors la douceur d’un amour pur et sincère. L’autre couple a également des problèmes de communication: le prêteur trop bienveillant Erik et son comptable Yohann sont coincés par leur statut social différent. A travers les demandes extravagantes des clients, l’auteure confronte le recours facile à la magie face à la difficulté à déclarer ses sentiments. Elle aborde avec une pointe d’humour les obstacles que l’on se crée soi-même face à l’amour.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle dessine des corps musclés, des personnages avec des statures différentes. De même, elle travaille la tenue du magicien dont le masque semblant presque mécanique. Par ailleurs, le « charaignée » reste tout de même mignon malgré sa forme dominante d’arachnide. Les décors foisonnants et détaillés apparaissent sur les plans larges. Les trames bien qu’équilibrées privilégient des contrastes noir et blanc. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Ike sensei censure à peine les parties intimes avec des points blancs cachant peu. Sous la jaquette, elle offre une saynète en deux planches, sexy et amusante, à lire à la fin. Il y a de magnifiques illustrations couleur en début de tome.

En résumé

L’esclave Tim, de la tribu Sól, s’est enfui lorsque des brigands ont attaqué son camp de travail. Recueilli par le magicien Sylvain, il travaille depuis six mois dans sa boutique. Bien qu’il n’ait jamais entendu la voix de son patron qui garde un masque pour filtrer le puissant pouvoir de ses paroles, il est tombé amoureux de ce dernier. Comme les clients lui jettent souvent des regards méprisants, il a l’intention de partir pour ne pas gêner le commerce du magicien. Mais avant, il rêve de partager au moins une fois son amour avec son patron. Alors, il utilise une de ses potions puis lui fait sa déclaration. A sa surprise, Sylvain lui fait immédiatement un câlin.

En conclusion

Comme à son habitude, Ike Reibun sensei construit des personnages détonants qu’elle n’a pas peur de ridiculiser, un univers magnifique crédible et des romances efficaces. Elle maîtrise son scénario et son graphisme sensuel. J’apprécie les deux couples attendrissants malgré leur amour qui s’exprime d’abord singulièrement. Un énorme coup de cœur que je recommande à ceux qui souhaitent découvrir la mangaka.

Vices 3 – Iimo

vices 3 iimo

Iimo イイモ
ISBN: 9782382763797
Hana, 2023
ISBN: 9784801976184 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Une relation si conflictuelle, basée sur des faux-semblants, n’a aucun avenir, après tout… »

Iimo sensei surprend les lecteurs en les plongeant dans le doute et le suspense, interrogeant l’amour « normal ». Elle enchaîne les retournements de situations, déballant au fur et à mesure les indices d’une grande manipulation. Elle développe un peu plus Sudô et Yasukawa. D’ailleurs, la jeune femme, qui refuse de devenir un simple outil pour la prospérité de sa famille, s’avère bien plus intrigante qu’elle ne paraît. Suite à la disparition de Kojima, Daimon se retrouve perdu, hésitant entre une vie débridée ou rangée. Il s’interroge constamment sur la normalité du bonheur, de l’amour, toujours tourmenté par ses actions ratées. Sa gentillesse en fait malheureusement une proie facile, mais il continue à prendre sur lui pour agir. Avec Yasukawa et Iwakura, l’auteure aborde avec légèreté la question de l’homoparentalité, l’acceptation de soi, le bonheur familial. Elle développe un peu plus le passé traumatisant de Yôhei qui fuit l’amour depuis.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, elle équilibre les trames. De même, les trames d’ambiance se font plus discrètes, renforçant les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Iimo sensei ne censure pas les scènes érotiques. Parfois, elle simplifie un peu les parties intimes. Elle dessine également des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre donne l’ambiance du récit.

En résumé

Soigné à l’hôpital, Daimon Tôya promet à Kojima Yôhei de réaliser son rêve en le tuant dès que tout sera prêt, bien que cela le peine. Mais Iwakura l’entend. A la surprise de Daimon, ses collègues lui rendent souvent visite. Yasukawa Kuniaki lui apprend alors qu’il va encore être transféré vers une nouvelle section fraichement créée. Le soir de Noël, Kojima s’introduit dans la chambre d’hôpital pour passer une soirée très sexy avec son amant. Et en cadeau, il lui offre même une clé. Pourtant, quand Daimon sort enfin de l’hôpital, il est accueilli par Sudô qui partage ses inquiétudes face au changement de l’homme qu’elle aimait. Quand Daimon arrive chez Kojima, il trouve l’appartement complètement vide. Le concierge lui annonce alors que le locataire a disparu.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Iimo sensei offre une suite déroutante, qui déstabilise au départ le lecteur jusqu’à ce qu’il arrive au climax révélateur. La tension est palpable et l’impression de se faire balader paraît d’abord désagréable pour devenir en fin de compte euphorisant. En plus, le récit est beaucoup moins violent qu’avant. Une très belle surprise!

Secrètement amoureux de Hosoya – Ike Reibun

secretement amoureux de hosoya ike reibun

IKE Reibun 池玲文
3 chapitres, en cours
Coolmic, 2023
Pachika, 2023 (JP)
Titre original: 糸目の細谷先輩
Webcomic
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Mais avec ses yeux et son langage doux, comment peut-il ne pas vouloir être plus que de simple sex-friends? »

Ike Reibun sensei crée un univers futuriste débridé, surprenant mais bien pensé. Elle révèle au fur et à mesure les nouvelles technologies qui réglementent ce monde. En plus des avantages pour la santé et la sécurité, les implants révolutionnaires « safety nanobots » permettent également de signaler le consentement d’une personne et d’assommer celle qui agresse. Cela facilite d’ailleurs les relations sexuelles entre les personnes. Ainsi, dans ce monde plus « sécurisé », des sexroom en entreprise et des wagons réservés aux adultes dans les trains permettent aux couples de s’adonner à leur plaisir n’importe où. Bien que l’auteure débute par un schéma scénaristique classique: des amis de lycée devenus adultes dont un cache son amour pour l’autre, et qu’elle propose un développement axé uniquement sur l’érotisme, son imaginaire surprend tout de même.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle exagère à peine les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages musclés. Les trames sont très variées. D’ailleurs, elles rendent bien la transparence des écrans projetables. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Dans les scènes érotiques, Ike sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Par contre, son univers permettant une liberté sexuelle sécurisée par les implants, elle représente divers couples en action, homosexuel ou hétérosexuel, mariés ou aventureux, discrets ou exhibitionnistes.

En résumé

Depuis le lycée, Kurihara Sô est fou amoureux de son senpai Hosoya Daijirô. Mais il n’ose pas se déclarer de peur de perdre leur amitié. Lors de l’implantation des safety nanobots doté d’une fonction anti-violence et qui permettent de détecter à la fois les maladies physiques et psychologiques, il a eu confirmation de son homosexualité. Devenu salarymen, les deux amis travaillent dans la même entreprise pour un promoteur immobilier et font souvent le chemin du retour ensemble le soir. En sortant de la sexroom, les Suzuyama ne peuvent s’empêcher de taquiner Sô, connaissant ses sentiments pour Daijirô, alors qu’ils quittaient l’entreprise. Le train étant bondé, les deux amis vont dans le wagon réservé aux adultes mais Hosoya est rapidement excité par les couples en pleine action qui l’entourent. Sô l’invite alors chez lui et lui propose de le soulager…

En conclusion

A partir d’un scénario classique mais dans un univers loufoque laissant la part belle à l’érotisme, Ike Reibun sensei arrive pourtant à rendre crédible son univers. Comme à son habitude, elle construit des personnages avec un background intéressant, et nous charme par son trait sensuel. Je suis complètement conquise par cette intrigue et attend les chapitres suivants avec grande impatience.

Labradorescence – ymz

labradorescence ymz

ymz
ISBN: 9782368775011
Hana, 2016
ISBN: 9784813030997 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’ai l’impression qu’il peut y avoir quelque chose entre nous… »

Ymz sensei développe une douce romance entre un photographe pétillant, qui parle sans détour et un médecin renfermé à l’air bougon. Elle alterne la narration entre les deux héros. De même, elle distille des indices sur leur passé au compte-gouttes. Malgré des caractères opposés, une amitié sincère se noue entre les deux hommes. Ils vont se découvrir, s’apprécier et leurs sentiments évoluent au fur et à mesure qu’ils s’ouvrent l’un à l’autre. Ainsi, Shunji qui était en perte d’inspiration se retrouve motivé et Mutsumi devient plus avenant avec son entourage. D’ailleurs, leurs collègues et amis les aident à mieux comprendre leurs sentiments. Ainsi, l’auteure dépeint avec délicatesse et pudeur leurs changements et leurs interrogations. Elle crée une relation qui évolue naturellement, sans précipitation. Elle propose également une réflexion sur la photographie, la perte des choses importantes et le plaisir rassurant que procurent les souvenirs.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer certaines expressions. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, privilégiant les hachures tracées à la main. De même, les décors détaillés sont également tracés à la main. Cela confère un style particulier au graphisme mais le rend très expressif. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Ymz sensei offre une mise en page dynamique avec des cadres s’adaptant à leur contenu et alternant avec brio petites et grandes vignettes.

En résumé

Le photographe Fujishiro Shunji se réveille à l’hôpital après avoir perdu connaissance en tombant dans les escaliers. Il a le poignet droit cassé mais étrangement, il se sent soulagé. En effet, dernièrement, il préparait une exposition sur son temps libre entre deux shooting mais ses réalisations ne le satisfaisaient pas. Il pensait même tout arrêter. Alors qu’il a renversé son verre, le docteur Higa Mutsumi nettoie tout en lui parlant. Mais il se montre trop familier et désinvolte. Il traite même Shunji comme un enfant lorsque ce dernier lui réclame une cigarette durant sa pause. Se sentant soudainement motivé, le photographe invite alors le médecin à son exposition.

En conclusion

Ce one-shot déborde de douceur et de tendresse. En plus, le graphisme particulier d’Ymz sensei colle parfaitement à ce genre de récit. Une tranche de vie qui nous rappelle également que le bonheur se construit petit à petit par soi-même, entouré de ceux qu’on aime. Et qu’une simple photographie peut engendrer de merveilleux souvenirs. Un petit coup de cœur.

My number one 4 – Sakurabi Hashigo

my number one 4 sakurabi hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782375060711
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784799732724 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Titre original: 抱かれたい男1位に脅されています。4
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Si tu m’aimes tant que ça, je vais te laisser coucher avec moi jusqu’à ce que tu te lasses. »

Sakurabi Hashigo sensei propose un petit interlude humoristique à Hawaï avant de plonger les lecteurs dans un récit mêlant tension, drame et érotisme. Ainsi, elle aborde les méthodes des paparazzi, la gestion des scandales par les agences, la manipulation des informations. Elle introduit de nouveaux personnages: le grand producteur général Usaka Kazuomi qui se montre intransigeant et le photographe freelance Hasegawa Jirô qui supporte mal son travail de paparazzi à scandale. Takato qui a pris conscience de ses sentiments, a de plus en plus de mal à les gérer. Maintenant, il n’hésite plus à recadrer Junta quand il se montre trop abusif et pressant. Les deux amoureux aimant leurs métiers, n’hésitent pas à se sacrifier pour le talent de l’autre. L’auteure offre également un chapitre de « Lover thief » dans lequel elle s’intéresse aux apparences trompeuses.

La mangaka a un trait épuré anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des yeux plutôt effilés. En ange démoniaque, Junta s’entoure soudain de plumes noires. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. La mise en page plutôt classique propose pourtant quelques pages plus dynamiques. De même, les bulles s’animent parfois transmettant les émotions et les mouvements des personnages. Dans les scènes érotiques, Sakurabi sensei censure à peine les parties intimes, utilisant parfois des languettes blanches ou de larges points blancs. D’ailleurs, elle les détaille peu mais dessine pourtant des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle révèle quelques secrets sur un personnage secondaire dans une illustration et sur les héros dans une planche. Comme dans le tome précédent, des fiches en fin de chapitre présentent les personnages secondaires.

En résumé

My number 1 in Hawaï / My number 1 / Bonus: Saijô Takato profite d’un tournage à Hawaï pour se prélasser à la mer. Mais Azumaya Junta qui avait « par hasard » un shooting pour un magazine, également sur l’île, l’a rejoint. Et il a bien l’intention de passer du bon temps en amoureux. Il offre même un porte-clé souvenir à son amant. Mais ils sont dérangés par de bruyants touristes: Ayagi Chihiro est en train de se disputer avec Narumiya Ryô qui a perdu ses camarades en voyage scolaire. Comme Saijô se moque d’Ayagi, ce dernier le provoque et les quatre artistes se lancent alors dans une partie endiablée de beach volley. Toutefois, le possessif Azumaya piège son petit ami en feignant de perdre le ballon pour l’emmener sur une île déserte, isolée par la marée.
Lover thief: Le président des délégués, Takahara Seigo (3ème année), et Ninomiya Yukio (2ème année), membre du club de photo, choisissent une photographie pour le journal de l’école. Mais Fujisaki Yûya (1ère année) les interrompt, jaloux et inquiet pour son petit ami. Seigo l’invite alors à dormir chez lui, ses parents et sa sœur s’étant absentés.

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2018. Azumaya Junta se classe quatrième meilleur seme tandis que Saijô Takato est septième meilleur uke. Sakurabi Hashigo sensei alterne avec brio humour, drame et érotisme. Elle développe d’ailleurs des thèmes génériques de l’univers du show business. Le déroulement de la série s’améliore, pour notre plus grand plaisir.

My number one 3 – Sakurabi Hashigo

my number one 3 sakurabi hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782375060629
Taifu comics, 2017
ISBN: 9784799730300 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Titre original: 抱かれたい男1位に脅されています。3
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Je sais que vous n’aimez pas que je vous touche, alors courage. »

Sakurabi Hashigo sensei suspend le déroulement du récit du tome précédent pour nous plonger dans le passé des deux héros et présente ainsi leur première rencontre. Elle base d’abord la narration sur le point de vue de Junta pour ensuite donner la version de Takato. Elle développe également un peu plus l’entourage des acteurs, mettant en avant les managers Sakaki et Taguchi Mamoru. D’ailleurs, les personnages secondaires ont souvent des caractères expansifs. Par exemple, Mitsuya Romio, le boss des productions Mitsuya, frise le harcèlement sexuel avec sa passion débordante. L’auteure met en avant les sentiments complexes et contradictoires qui assaillent Azumaya et Saijô, entre désir, rivalité, admiration du talent de l’autre et peur de se faire dépasser. Elle comble le manque de scènes érotiques avec l’histoire bonus. De même, dans « Lover thief », elle interroge sur l’infidélité, Seigo étant prisonnier du jeu de possession entre Yukio et Yûya.

La mangaka a un trait épuré anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, pour les personnages plutôt jeunes et mignons, elle privilégie un style plus shôjo, donc en rondeur avec de grands yeux. Saijô se transforme parfois en démon. D’ailleurs, ses sous-entendus apparaissent entre parenthèse dans les phylactères. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les autres trames sont variées. De même, les décors s’estompent parfois autour des personnages pour ne pas surcharger la page. La mise en page plutôt classique offre toutefois quelques pages plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Sakurabi sensei censure à peine les parties intimes, utilisant rarement de fines bandelettes blanches. Elle n’hésite pas à dessiner des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle met en avant Sakamaki et offre une planche sur les secrets de Takato. En fin de chapitre, des fiches présentent les personnages secondaires.

En résumé

My number 1 Préquel / Et après: A ses débuts, Azumaya Junta se montrait totalement détaché et acceptait donc n’importe quel travail. Un jour, il se retrouve à jouer dans un film aux côtés du célèbre Saijô Takato. Un peu arrogant, l’acteur vétéran fusille constamment du regard le jeune acteur qui s’avère plutôt talentueux. Quand le producteur Sakamaki Reiji débarque et drague lourdement une jeune actrice du film, mettant tout le monde mal à l’aise, Saijô feint l’énervement pour reprendre le tournage et fait même fuir l’indélicat producteur. Alors que la tension est à son comble, le metteur en scène Kadokura Tsutomu révèle alors les bonnes intentions de l’acteur sous ses airs grincheux. D’ailleurs, Junta surprend ce dernier en train de vider des cannettes de chocolat tout en se plaignant. ll réalise alors que malgré l’esprit de rivalité entre eux, il apprécie de découvrir les facettes cachées du vétéran.
Lover thief: Le président des délégués, Takahara Seigo (3ème année), se rend dans la réserve du gymnase pour faire un inventaire. En déplaçant un carton, il se retrouve empêtré dans un filet de tennis mais n’ose pas appeler au secours. Espérant prendre des photos en cachette, Ninomiya Yukio (2ème année), membre du club de photo, trouve ainsi Seigo. Mais au lieu de l’aider, il commence à lui enlever son pantalon!

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Azumaya Junta se classe septième meilleur seme tandis que Saijô Takato est quatrième meilleur uke. Par ce préquel, Sakurabi Hashigo sensei explique l’origine des sentiments possessifs, passionnés et si ambigus du couple. Elle n’excuse pourtant pas le comportement abusif de Junta. Les personnages tous excessifs apportent déjà beaucoup d’humour uniquement par leur présence. Une lecture divertissante à ne pas mettre entre toutes les mains, mais avec un couple entrainant.

Mariage heureux inattendu – Sakura Rico

mariage heureux inattendu sakura rico

SAKURA Rico 佐倉リコ
ISBN: 9782382761793
Hana, 2023
ISBN: 9784824001481 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Si on se mariait? »

Sakura Rico sensei s’intéresse au mariage blanc et à la naissance des sentiments amoureux pendant une cohabitation. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, le lecteur découvre rapidement que Honjô cache en réalité un caractère manipulateur. En effet, sa gentillesse dissimule des intentions plus personnelles. Malgré son âge, Yûki a un côté un peu trop naïf. Comme il apprécie le confort de la vie à deux, il va réfléchir sérieusement à ses sentiments. Les deux hommes se découvrent donc petit à petit. Ainsi, l’auteure aborde les différences entre amour, attachement et affection. Elle s’intéresse également à la notion de famille, dont celle que l’on construit avec un partenaire ou avec un animal de compagnie. Alors que la pression sociale est d’abord mise en avant, elle s’éloigne malheureusement du sujet pour basculer rapidement dans une simple romance.

La mangaka a un trait fin épuré de style shôjo. Elle l’arrondit et le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle ajoute une touche mignonne avec la chatte Marimo. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, les décors sont présents et détaillés. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakura sensei ne censure pas les parties intimes. Toutefois, elle dessine parfois des contours blancs pour atténuer les détails.

En résumé

Excellent vendeur, Yûki Ritsu (29 ans) préfère se consacrer à son travail qui le passionne. Mais il subit chaque jour la pression de ses collègues et de ses parents qui s’inquiètent de son célibat. En plus, il refuse toute tentative de drague. Un jour, il confie ses soucis à son collègue Honjô Haruma qui semble se trouver dans la même situation que lui. Ce dernier lui propose alors de se marier ensemble, souhaitant également mettre fin à cette pression sociale. Les deux hommes décident donc de cohabiter et établissent des règles afin de garder leur indépendance. Mais Yûki apprécie de goûter les plats faits maison de Honjô ainsi que ses petites attentions. Un soir, Haruma se propose même de le soulager en constatant son érection…

En conclusion

Sakura Rico sensei démarre sur une idée plutôt originale malheureusement, elle s’égare par la suite pour basculer vers une simple romance. D’ailleurs, elle avoue dans sa postface qu’elle devra écrire une suite, non prévue au départ, pour compléter son récit. En effet, le rythme se brise rapidement , de même que le suspense autour de Haruma. La relation en devient peu crédible. Le graphisme est toutefois mignon. Une lecture qui reste tout de même divertissante, simple et sans prétention.

J’ai adopté un loup – Itachineko

j ai adopte un loup itachineko

Itachineko いたちねこ
ISBN: 9782382761991
Hana, 2023
ISBN: 9784778134525 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’héberge un vrai chien. Rectification: un loup. »

Itachineko sensei propose une romance qui se développe à travers un voyage dans des mondes parallèles. Elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant ainsi de découvrir leur point de vue sur les mêmes évènements. De même, elle révèle les secrets de Taïchirô en diffusant au fur et à mesure des indices. En comparant les différences entre Miya de son monde avec celui de l’autre monde, Ino découvre autrement certaines facettes cachées de son colocataire. Malgré des caractères diamétralement opposés, les deux hommes se lient facilement d’amour ou d’amitié. D’ailleurs, Taïchirô semble facilement deviner les faibles expressions du visage d’Ino. L’auteure dédramatise la situation et la tension avec un humour plutôt discret. Elle maintient un certain suspense jusqu’à la fin. Elle s’amuse avec ces deux hommes désirés par tous mais qui ne connaissent pas leur charme.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle donne du relief avec des contours plus épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors un peu basique, s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page dynamique utilise les techniques des shôjo comme les sorties de cadre, les ellipses, les chevauchements de cases et les formes en fonction du contenu. En plus, Itachineko sensei varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Persuadé d’être trop banal et conscient que son abord froid provoque de fausses impressions, Inomata Yû (33 ans), célibataire, du service planification, ne cherche même pas l’amour. Lors d’une soirée entre collègues, Kiyoharu, fan d’Ino, le taquine en lui cherchant un ou une partenaire. A leur surprise, Torii Sakura (26 ans), employée de bureau, et Miya Taïchirô, chef du service comptabilité, candidatent. Ino choisit alors Taïchirô qui cherchait justement un hébergement. Leur cohabitation se passe très bien. D’ailleurs, Yû a l’impression d’avoir recueilli un gros chien, le jeune homme un peu pervers aimant le contact mais respectant les limites imposées par son colocataire. Un soir, en rentrant chez lui après une soirée groupée, il tombe sur un voyant et lui achète une pierre qui l’intrigue, l’utilisant comme porte-clé. Un jour, ses clés tombent dans une flaque qui soudain l’aspire.

En conclusion

Pour son premier manga, Itachineko sensei surprend avec cette petite touche fantastique. Toutefois, son scénario rencontre quelques problèmes de rythme, le développement de certains passages non-essentiels prenant le dessus sur des passages marquants. J’ai malgré tout passé un excellent moment de lecture, avec des personnages attachants, suffisamment de suspense et un graphisme agréable. Une mangaka à surveiller!

L’amour transparent – hitomi

l amour transparent hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762004
Hana, 2023
ISBN: 9784396785437 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Titre original: 透明な愛のうつわ
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Je voudrais que tu me donnes ta malchance. »

hitomi sensei narre une douce romance fantastique mettant en avant l’amour « véritable ». Elle alterne la narration entre Miki et Shiro, décryptant avec finesse leurs sentiments. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, même si celle-ci débute par un baiser volé suite à un quiproquos. Renfermé et plutôt négatif, Miki va prendre peu à peu confiance en lui, apprenant ainsi à apprécier le côté positif des choses. Shiro, quant à lui, s’humanise petit à petit en découvrant de nouvelles émotions au contact de son hôte. D’ailleurs, il ressent de plus en plus de contradictions entre son désir et sa nature. Les deux hommes s’ouvrent petit à petit aux autres. L’auteure maintient le suspense en révélant peu à peu les secrets des deux héros. Elle aborde entre autres les petits tracas du quotidien perçus différemment selon son état d’esprit, le simple bonheur de partager sa vie avec l’être aimé.

La mangaka a un trait fin assez réaliste. Elle le simplifie plutôt discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine différentes morphologies renforçant le réalisme. Par ailleurs, les décors soignés et très présents alternent avec les trames d’ambiance. Il y a également beaucoup de trames qui rendent en détail les ombres, les couleurs et même les dégradés. Le fond noir indique aussi bien les souvenirs que l’humeur déprimante des personnages. La mise en page est très dynamique avec des sorties de case et des chevauchements. Dans les scènes érotiques, hitomi sensei ne montre pas les parties intimes en jouant sur les cadrages. Elle préfère d’ailleurs s’attarder sur les émotions des personnages.

En résumé

Donoue Miki (25 ans) a toujours été poursuivi par la malchance. Après une dure journée où les problèmes s’accumulent, il est au bord de craquer lorsqu’il se cogne contre un poteau. Mais un étrange homme aux cheveux blancs l’accoste et lui demande alors de lui donner sa malchance. Il se présente comme un akashibito, un monstre se nourrissant des émotions négatives de son hôte humain. Malgré ses hésitations, Miki le ramène finalement chez lui et finit par le croire en constatant que sa main devient transparente. Pour signer un contrat entre eux, il doit lui tenir la main et lui donner un nom: Shiro. Mais très affamé, Shiro l’embrasse soudainement. Toutefois, Miki le repousse.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Avec un scénario parfaitement rythmé et maîtrisé, hitomi sensei dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. En plus son magnifique graphisme exprime avec finesse leurs émotions. J’avais les larmes aux yeux avec ce récit émouvant. Un énorme coup de cœur!

The bitch cat 3 sort ses griffes passionnément! – Tennohji Mio

the bitch cat 3 sort ses griffes passionnement tennohji mio

TENNOHJI Mio 天王寺ミオ
ISBN: 9782382761748
Hana, 2023
ISBN: 9784796413039 (JP)
Kaiohsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Chaque être humain possède au moins une ou deux faiblesses. »

Tennohji Mio sensei s’intéresse un peu plus à Fujishima et partage ainsi son point de vue sur sa relation avec Kyôsuke. Elle aborde les difficultés à concilier travail et relation amoureuse, le manque de communication au sein du couple qui crée quelques doutes, l’influence de la vie privée sur le travail. Le technicien, conscient de sa possessivité grandissante, retient du mieux qu’il peut sa passion et sa jalousie, de peur de devenir violent. Contrairement à Kyo qui se montre naturel uniquement avec lui, il a encore du mal à dévoiler ses faiblesses. D’ailleurs, le mannequin a l’opportunité de changer de carrière et se donne à fond pour réussir. Ainsi, l’auteure s’intéresse à la construction d’une identité pour un acteur, les techniques parfois éprouvantes pour améliorer son jeu au théâtre. Elle ajoute une touche d’humour avec l’excentrique Shinzô. Comme dans le tome précédent, l’histoire bonus offre un moment coquin du couple.

La mangaka a un trait léché légèrement anguleux qu’elle arrondit et simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD choupi. Elle travaille également bien le corps musclé de Naoya. Les trames d’ambiance alternent avec les décors plutôt soignés. De même, les autres trames sont équilibrées et variées. La mise en page est très dynamique. Tennohji sensei ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne le ton du récit. Par ailleurs, dans les illustration couleurs en début de tome, elle représente des moments tendres du couple.

En résumé

Actuellement, Fujishima Naoya travaille de nuit. Il profite alors d’une pause pour admirer la dernière publicité dans laquelle joue son petit ami, dans un café proche des studios. Kyôsuke le rejoint alors pour lui rappeler leur prochain jour de congé. Mais petit changement pour leur journée de repos, Abe s’incruste, jouant même les chaperons pour calmer les ardeurs de Kyo, trop démonstratif. Fujishima les amène à la mer pour le plus grand plaisir de son petit ami. D’ailleurs, ce dernier n’hésite pas à utiliser sa nouvelle notoriété pour éloigner les filles qui draguent ouvertement Naoya. A leur grande surprise, Abe leur a réservé une chambre d’hôtel pour la soirée. Tandis que les amoureux recommençaient à se câliner, à la télévision, le scénariste et réalisateur représentant de la troupe de théâtre Umihebiza, Hiruma Shinzô, annonce vouloir embaucher Kyo pour son prochain projet.

En conclusion

Tennohji Mio sensei a encore beaucoup de choses à raconter sur la vie du couple de Naoya et Kyôsuke, pour notre plus grand plaisir. En plus, la couverture de ce tome est magnifique! J’admire sa dextérité scénaristique avec laquelle elle arrive à transmettre beaucoup de choses en quelques cases, par une expression, un petit geste. Et j’adore ses personnages en chibi. Une histoire bien plus profonde que ne laisse paraître le titre.