Escape from the every day 2 – Agata Ito

escape from the every day 2 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782382763346
Hana, 2023
ISBN: ‎9784801974050 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: さよなら共犯者 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Qui peut bien être Hirose? »

Agata Ito sensei continue de décortiquer les questionnements de ses personnages. Comme dans le tome précédent, elle aborde la différence d’âge, le tiraillement entre sentiment et morale, la frustration de ne pouvoir vivre pleinement un amour. Elle alterne la narration entre les deux héros. Malgré son côté pur et innocent, Hajime se montre très entreprenant. Il n’hésite pas à faire face aux problèmes qu’il rencontre. Au contraire, Hirose se montre d’abord déloyal, préférant fuir les difficultés, prisonnier de sa situation critique. Pourtant, tous deux vont évoluer, s’accepter puis s’ouvrir aux autres. De même, le couple construit une relation consensuelle, essayant de respecter les limites imposées par la société. Par ailleurs, l’auteure révèle les secrets entourant l’ancien salaryman. Elle interroge alors sur le tiraillement entre la justice et une vie paisible, l’effritement de la droiture, la peur du changement. Dans les histoires bonus, elle donne des anecdotes amusantes sur le couple.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. A part des hachures pour le rougissement, elle essaie de rester réaliste. Ainsi, elle soigne et détaille les décors, très présents. De même, il y a beaucoup de trames, avec en plus des dégradés, qui rendent avec précision les couleurs et les ombres. Par contre, un fond noir indique les flash-back. La mise en page plutôt classique ne surcharge pas les pages. Agata sensei ne censure pas les scènes érotiques. Hirose a par ailleurs un corps finement musclé sous son costume.

En résumé

Ikaruga Hajime évite le rendez-vous monté par Hirose avec sa famille et rejoint donc le fugitif, bien qu’il ait pleinement conscience que cela ne pourra pas durer ainsi. Ils prennent une chambre dans un love hotel pour la nuit. Hajime propose alors à Hirose de coucher avec lui mais ce dernier refuse de toucher à un mineur, malgré leurs sentiments réciproques. Le lycéen négocie ensuite une simple masturbation en échange de son retour chez lui le lendemain. Mais comme Hirose n’arrive plus à lutter contre ses sentiments, il accepte le lendemain de poursuivre leur fugue amoureuse. Toutefois, dans un restaurant, Ikaruga voit son portrait dans un avis de recherche à la télévision…

En conclusion

Agata Ito sensei maintient le suspense jusqu’à un flot de révélations qui submerge le lecteur. Elle creuse alors le tréfonds de l’âme de ses deux héros, décortiquant avec finesse leurs sentiments et leurs réflexions. Ainsi, elle alterne entre drame, romance, tension et humour discret. Son superbe graphisme est par ailleurs expressif. J’aime beaucoup la surprise produite par la divulgation des différents mystères. De même, je trouve que le sujet sur la différence d’âge avec une relation consentie entre adulte et mineur est plutôt bien traité. Une belle lecture légèrement marquante avec un couple attachant.

Escape from the every day 1 – Agata Ito

escape from the every day 1 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782382763339
Hana, 2023
ISBN: 9784801974043 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: さよなら共犯者 上
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Cet hiver-là, je suis tombé amoureux d’un homme dont je ne savais ni l’âge, ni le métier, ni même le nom… »

Agata Ito sensei propose de suivre une romance entre un mystérieux homme tourmenté et un lycéen sérieux mais esseulé. Elle alterne la narration entre Hajime et Hirose, révélant au compte-gouttes leur passé et leur situation actuelle. Ainsi, elle aborde la solitude, la fuite de la confrontation, l’attirance malgré la différence d’âge. En effet, Hajime mène une vie solitaire, sous la surveillance de l’employée de maison Katô. Au contact de Hirose, qui préserve une part de mystère sur lui-même, il va éprouver de nouvelles émotions et s’interroger sur son attirance et ses sentiments. Le fugitif ressent également une attirance pour le lycéen qu’il préfère ignorer. Ainsi, les deux hommes vont accepter petit à petit une part d’eux-même qu’ils ignoraient ou refusaient d’admettre. L’auteure analyse avec finesse l’évolution des personnages. Même si pour l’instant, elle installe la relation, elle montre également la difficulté à se rebeller et à prendre des décisions douloureuses.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle donne une touche réaliste avec des décors soignés et des trames nombreuses et très variées. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Agata sensei ne censure pas les scènes érotiques mais ces dernières sont peu nombreuses. D’ailleurs, la relation n’en est qu’aux premiers balbutiements.

En résumé

Le sérieux et honnête Hikaruga Hajime, fils du directeur d’une grande société de construction automobile, a une conduite irréprochable et mène donc une vie bien cadrée et routinière. Meilleur élève d’un lycée réputé, il n’a pourtant pas d’amis à cause de la renommée de son père. De même, il supporte mal les remarques des enseignants sur ses origines. Un soir, alors que son chat Mukumuku a disparu, il le retrouve dans les bras d’un inconnu réfugié dans un immeuble prévu à la démolition. Comme Mukumuku était blessé, le mystérieux homme lui a prodigué les premiers soins. Reconnaissant et curieux, Hajime vient depuis chaque soir voir le fugitif et lui propose même son aide. Bien qu’ayant mis en garde le lycéen sur les risques de son comportement, Hirose sympathise petit à petit avec lui sans pour autant trop en dévoiler sur lui-même, avivant la curiosité du lycéen.

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Agata Ito sensei installe d’abord une relation dérangeante mais en expliquant petit à petit le contexte de chacun des protagonistes, elle permet de mieux comprendre l’évolution de leurs sentiments. Pourtant, elle construit une relation consensuelle dans laquelle les personnages ont pleinement conscience des limites morales. Son graphisme est du bonheur pour les yeux. Les bouilles de Mukumuku ont conquis mon cœur! Les mystères autour de Hirose me retiennent en haleine. J’ai hâte de découvrir la suite.

Tu ne me connais pas aujourd’hui – Tonda Moco

tu ne me connais pas aujourd hui tonda moco

TONDA Moco 豚田もこ
ISBN: 9782382763827
Hana, 2023
ISBN: 9784796415170 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Cette fois-ci, je changerai l’avenir. »

Tonda Moco sensei propose de suivre une tentative de sauvetage grâce à des boucles temporelles. Elle ajoute une difficulté à son scénario en démarrant par une amitié naissante et non encore confirmée. Ainsi, elle présente d’abord la version de Mikuni qui avance petit à petit dans le temps avant de reboucler sur le même jour à chaque fois qu’il échoue à sauver Ono. Il découvre ainsi petit à petit les secrets de son camarade et son attirance se transforme peu à peu en sentiment amoureux. La narration bascule ensuite sur Ono. L’auteure partage d’abord la vision d’Ono sur sa rencontre avec Mikuni et les évènements en commun entre les deux lycéens. Puis elle crée un retournement scénaristique intéressant et surprenant et apporte enfin quelques explications en suivant les déductions des deux adolescents.

La mangaka a un trait légèrement épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les visages s’arrondissent. Le fond noir indique à la fois les flash-back, mais aussi les passages dramatiques. Par ailleurs, les trames sont variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page très dynamique utilise les techniques des shôjo. Tonda sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Ono, sérieux et bon élève, ne semble pas apprécier Mikuni Shûya, tête en l’air. Ce dernier essaie pourtant de sympathiser avec son voisin de table en engageant la conversation, ayant remarqué sa collection de la mascotte Pûtarô. En le voyant devant un gashapon, il l’aide même à obtenir le porte-clé qu’il voulait. Le lendemain, Ono lui propose de l’aider à finir ses devoirs. Alors que Mikuni réalise soudain avoir oublié de ramener le carnet de classe, il surprend le professeur Yama en train d’abuser sexuellement d’Ono. Mais son camarade le supplie de ne rien dire à personne. Le lendemain, 15 septembre, Mikuni n’ose pas regarder Ono en face. Mais le soir, il apprend le suicide de ce dernier. Mais quand il voit Ono en classe le jour suivant, d’abord surpris, il constate vite qu’il a remonté le temps et décide donc de le sauver à tout prix…

En conclusion

Tonda Moco sensei mène plutôt bien son scénario, même si certains passages un peu trop expéditifs à cause des raccourcis et les répétitions mal équilibrées des boucles temporelles peuvent dérouter certains lecteurs. Un avertissement bienvenu dans le sommaire prévient des passages choquants. En effet, le peu de scènes érotiques sont majoritairement sans consentement. Mais le suspense et le retournement scénaristique sont entrainants. Une lecture rythmée et surprenante qui a plus d’impact à la première lecture. Et le graphisme est agréable.

Le temps des bulles de savon – ymz

le temps des bulles de savon ymz

ymz
ISBN: 9782382763735
Hana, 2023
ISBN: 9784065170649 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Titre original: ヒゲと鈴としゃぼん玉
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Et si la cigale et la fourmi formaient un couple adorable? »

Ymz sensei propose de suivre la vie quotidienne de jeunes adultes durant un an, par petites séquences instantanées. Elle alterne la narration entre Rintarô et Santa. Elle aborde les petits bonheurs du quotidien, les secrets d’harmonie mais également le poids de la famille et du travail. Le couple est complémentaire: l’insouciant Rintarô aime être dorloté et ne participe pas aux tâches ménagères car il est trop maladroit. Le sérieux Santa prend plaisir à s’occuper de tout car cela lui permet de fuir la réalité. Kiyoshi, l’ex de Santa, apporte une touche humoristique. L’auteure montre également l’évolution des sentiments et des perceptions avec le temps, comme les défauts d’abord mignons qui finissent par devenir agaçants. En introduisant la famille de Rintarô, elle s’intéresse également à la place du partenaire et le soutien qu’elle représente. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure le passé du couple.

La mangaka a un trait léché et épuré. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. D’ailleurs, son style se rapproche un peu de celui du gag manga comparé à ce qu’elle fait d’habitude. Par exemple, la déprime prend la forme de fantômes. Les décors très présents sont tracés à la main. Les trames variées donnent de la couleur tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page particulière exploite beaucoup les pleines pages et les grandes vignettes. En plus, Ymz sensei ne met presque pas d’espace entre les vignettes, renforçant ainsi une composition classique. Dans les scènes érotiques, elle cadre au-dessus du bassin pour ne pas montrer les parties intimes. Par ailleurs, elle s’attarde sur le quotidien dans des suites de vignettes silencieuses. Les illustrations en début de chapitre introduisent l’histoire. La couverture se classe septième au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Santa (32 ans) et Rintarô (28 ans) sortent ensemble depuis cinq ans et vivent ensemble depuis deux ans. Comme à chaque printemps, ils décident d’aller admirer les cerisiers en fleurs. Mais comme d’habitude, une averse survient. Fatidique, Santa se résout à ne plus jamais voir les cerisiers en fleurs tant qu’il sera avec son petit ami. Mais cela amuse Rintarô qui lui propose alors de buller à la maison, son activité préférée…

En conclusion

Comme d’habitude, Ymz sensei excelle dans les tranches de vie et la description des sentiments. Ici, elle privilégie le format plutôt comique, avec des personnages aux caractères plutôt intenses. Je craque complètement pour ce couple qui se soutient mutuellement à sa manière, entre quelques caprices, chamailleries et câlins. Et surtout qui croit en leur grand Amour. Petit coup de cœur!

Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…

Veux-tu sucer mon sang? 1 – Yamamoto Kotetsuko

veux tu sucer mon sang 1 yamamoto kotetsuko

YAMAMOTO Kotetsuko 山本小鉄子
ISBN: 9782382763810
Hana, 2023
ISBN: 9784796415217 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Un monde où les humains et les Surnaturels cohabitent… »

Yamamoto Kotetsuko sensei propose une comédie romantique légère entre un humain fan d’occulte et un vampire solitaire. Elle installe d’abord les personnages et le contexte. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure de son récit les discriminations dont font l’objet les Surnaturels. Uzuki apporte une touche humoristique. En effet, malgré sa passion, il a peur des phénomènes surnaturels. D’un caractère positif, il n’a pourtant pas beaucoup d’amis. Kôsuke, quant à lui, apprécie la solitude. Les deux jeunes hommes se rapprochent et nouent d’abord des liens d’amitié. Par ailleurs, l’auteure sème des indices sur le passé de ses personnages suggérant les traumatismes qu’ils ont subis. En parallèle, à travers Sakuma, elle aborde également les dérives possibles des créateurs de contenus pour les réseaux sociaux. Elle joue sur les quiproquos pour créer la surprise et accélérer le développement des sentiments.

La mangaka a un trait épuré. Les trames sont variées malgré beaucoup de passages à dominante sombre car les évènements se passent souvent la nuit. Les trames d’ambiance très graphiques appuient les moments comiques ou inquiétants. La mise en page est dynamique. Yamamoto sensei montre le quotidien du couple en devenir dans les illustrations en début de chapitre. En fin de chapitre, elle donne des anecdotes.

En résumé

Kioi Uzuki est fan des mystères occultes et Mytubeur. Étudiant, il vit chez sa grand-mère, Shizue, qui tient une résidence accueillant des Surnaturels. Un soir de pleine lune, alors qu’il cherchait des fantômes pour sa chaîne, il est attaqué par Kôsaka, un des pensionnaires loup-garou qui a perdu le contrôle. Satô Kôsuke, un vampire et nouveau locataire de la résidence Kioi, le sauve alors en assommant l’agresseur. En admiration devant le vampire, Uzuki n’arrête pas de le suivre et lui demande ensuite de l’accompagner pour sa prochaine vidéo dans une maison hantée…

En conclusion

Comme à son habitude, Yamamoto Kotetsuko sensei part d’un scénario plutôt classique qui pique tout de même l’intérêt du lecteur. Elle aborde avec légèreté des thèmes toutefois intéressants mais reste dans le pur divertissement. Son graphisme est avant tout efficace et va à l’essentiel. Conquise, j’ai hâte d’en apprendre plus sur Uzuki et les Surnaturels!

L’empereur et le monstre – Akabeko

l empereur et le monstre akabeko

akabeko
ISBN: 9782382763803
Hana, 2023
ISBN: 9784799753668 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne suis rien d’autre qu’une marionnette. »

Akabeko sensei nous narre un récit à la fois fantastique et intrigant avec un jeune empereur isolé et impuissant qui trouve un confident en la personne d’un étrange monstre. Elle plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues et les complots, introduisant au fil des chapitres différents personnages qui soutiennent Tao. De même, elle révèle au fur et à mesure l’état du pays. Toutefois, les complots du vil Daki semblent un peu trop classiques et ne créent aucune surprise. Le jeune empereur partage la même vision politique qu’Utosa et se rapproche donc rapidement de l’immortel. L’auteure s’attarde plus sur l’action que sur la romance. Elle montre comment le héros évolue positivement malgré la violence qui l’entoure, en mûrissant et en prenant de l’assurance. Toutefois, elle développe peu les mystères entourant le monstre, maintenant un certain suspense.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle porte attention aux décors et aux costumes. Elle dessine des yeux expressifs malgré un style particulier. En effet, les pupilles sont vides dans de tous petits iris. Les nombreuses trames sont variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Des cadres assez épais renforcent la rigueur d’une mise en page plutôt classique. Toutefois, les angles de vue variés apportent une certaine dynamique. Cela se remarque d’autant plus que les scènes de combat semblent assez statiques, se résumant juste à un mouvement. D’ailleurs, Akabeko sensei évite de montrer trop de sang. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et joue même sur les cadrages pour les occulter. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les personnages comme s’ils étaient pris sur le vif.

En résumé

Jeune, le prince Tao était intrigué par le mausolée fermé du palais dans lequel dormirait un terrible monstre immortel. Devenu maintenant le 43ème empereur d’Ise à l’adolescence, il préfère s’entrainer à l’épée avec son ami Nowaka au lieu d’étudier. D’ailleurs, il aimerait développer la diplomatie au lieu de la violence, contrairement à son père impitoyable et inhumain. Mais le premier ministre Daki n’apprécie pas ses idées et fait alors décapiter Nowaka sous les yeux de l’empereur, l’accusant de comploter. Comprenant qu’il n’est qu’une marionnette sans pouvoir décisionnaire, Tao, désespéré, ouvre le mausolée et réveille le monstre. Soudain, un homme aux longs cheveux blancs l’embrasse, le confondant avec une certaine Nita. Il se présente alors comme le premier empereur d’Ise, Utosa…

En conclusion

Akabeko sensei propose un scénario d’abord intéressant mais enchaine ensuite les évènements sans les approfondir, donnant l’impression de survoler complètement les moments émouvants et importants. Ses regards sont toujours expressifs malgré son trait particulier. L’intrigue et la relation me plaisent. Malheureusement, l’histoire me laisse un goût d’inachevé. Dommage!

I’m sorry – Hakase

I m sorry hakase

Hakase 博士
ISBN: 9782375063590
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784758077231 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je l’ai vu se prostituer… »

Hakase sensei narre une romance dramatique entre deux étudiants esseulés qui vont se rapprocher dans des circonstances dramatiques. Elle aborde la solitude mais également l’abus de confiance et la facilité à tomber dans la prostitution lorsque l’on est trop naïf. En effet, la candeur de Kentarô semble presque improbable tellement sa crédulité et sa méconnaissance de la ville l’entrainent de plus en plus dans la destruction. En plus, ses difficultés à communiquer et son manque de confiance en soi l’isolent encore plus. Le comportement ambigu de Yû s’explique avec la révélation de son passé. Toutefois, sa maladresse à exprimer ses sentiments le transforme en stalker opportuniste, malgré lui. L’auteure joue sur les apparences trompeuses pour déstabiliser le lecteur. Elle dépeint des clients vils et profiteurs qui ne pensent qu’à satisfaire leurs plaisirs personnels. D’ailleurs, le récit, avec l’introduction de Saitô, s’enlise malheureusement dans un déballage de jeux SM sans consentement.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie lors des réactions excessives des personnages, ajoutant une touche comique très discrète. Elle dessine différentes morphologies, avec des formes variées d’yeux, apportant une note un peu réaliste. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont nombreuses, d’autant plus que Kentarô a un beau bronzage. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page offre un impact visuel particulier: les cadres noirs épais donnent une certaine rigidité contrebalancée par de plus en plus de vignettes s’adaptant à leur contenu et des angles de vue dynamiques. De même, des métaphores graphiques suggèrent l’état mental des protagonistes. Hakase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décompose même en détail, offrant des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle suggère l’évolution de la relation entre Yû et Kentarô.

En résumé

Kitayama Kentarô quitte sa campagne d’Aomori pour faire ses études universitaires à Tokyo. Il espère se faire plein d’amis et se retrouve rapidement embarqué dans un club étudiant. Mais lors d’une soirée de présentation, son accent ressort avec le stress et tout le monde finit par l’ignorer, ne le comprenant pas. Toutefois, Yû, avec ses beaux cheveux verts, lui demande son numéro Line pour le groupe du club. Complexé par son style campagnard, Kentarô se laisse facilement alpaguer et convaincre par des vendeurs dans la rue qui n’hésitent pas à l’arnaquer. Trois mois plus tard, lorsqu’il revient relooké au club, les membres apeurés le rejettent. Endetté, il tombe alors dans la prostitution, amadoué par un frotteur rencontré dans le train…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la candeur que conserve Kentarô malgré tous ses déboires. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains et contient des scènes explicites pouvant choquer. D’ailleurs, Hakase sensei aborde crûment la prostitution mais abuse également de certains raccourcis scénaristiques pour se perdre en fin de compte dans des scènes érotiques détaillées. Personnellement, je trouve que cela gâche un peu les moments les plus dramatiques. D’autant plus que certaines scènes ont un impact renforcé par des jeux graphiques, comme par exemple la ville représentée en négatif quand Kitayama sombre dans le désespoir. La romance entre Yû et Kentarô dégage parfois quelques échanges mignons. Le sujet et son traitement graphique m’intéressent mais le développement du récit me laisse un peu sur ma faim…

Totally peeking 1 under the sheets – Yoo Hajin

totally peeking 1 yoo hajin

YOO Hajin
ISBN: 9782382763612
Hana, 2023
Ecomix, 2009 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Moi aussi, j’étais devenu un animal. »

Yoo Hajin propose plusieurs petits récits, sans ordre chronologique, apportant principalement des anecdotes et des détails sur la vie commune de son couple fétiche. Elle dévoile également le passé de certains personnages secondaires, comme par exemple la rencontre explosive entre Dohoon et Ewon. Elle continue d’aborder différents sujets sans pour autant les approfondir, tels que les conciliations pour harmoniser le couple, le doute persistant malgré des sentiments partagés, la question du partage des tâches ménagères. Mais le thème principal tourne autour de la libido excessive d’Eun que Jung tente désespérément de canaliser. Les gags s’enchainent entre deux scènes sexy et leurs chamailleries. L’auteure alterne avec brio humour, tendresse et érotisme. Elle fait même intervenir son avatar dans certains récits. A noter que le premier chapitre fait suite à Totally captivated 6.

Le trait anguleux de la manhwaga s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle met beaucoup en avant la beauté de Mookyul. Pourtant, elle n’hésite pas à le représenter en panthère. De même, Ewon devient parfois un renard. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques. Les autres trames sont par ailleurs variées. La mise en page est dynamique. Yoo Hajin intercale des saynètes humoristiques comme par exemple son interview avec les personnages ou des anecdotes entre les chapitres. Au début, elle ne censure pas les scènes érotiques, se contentant de simplifier les parties intimes. Par contre, par la suite, un cache blanc vient les recouvrir.

En résumé

Après une dure journée de travail, Jung Ewon s’endort durant les préliminaires. Le lendemain, Eun Mookyul propose alors à son petit ami de ne faire l’amour qu’une fois par semaine le week-end. D’abord sceptique, Ewon se rend rapidement compte qu’il a du mal à faire chambre à part. En plus, Mookyul évite de le dorloter et refuse du mieux qu’il peut ses avances, quitte à se soulager seul sous la douche. Mais quand le week-end arrive…

En conclusion

Yoo Hajin s’amuse avec ses personnages et comble au passage la frustration des lecteurs en manque de scènes érotiques. Ce n’est certes pas indispensable mais j’apprécie particulièrement de découvrir ce que devient le couple. Et puis, je m’amuse encore de leurs facéties. Pour les fans de la série!

Totally captivated 6 – Yoo Hajin

totally captivated 6 yoo hajin

YOO Hajin
ISBN: 9782382763605
Hana, 2023
Ecomix, 2009 (KR)
Manhwa
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Et les deux furent totalement captivés… »

Yoo Hajin conclut son récit en ajoutant encore des rebondissements, permettant ainsi de répondre à toutes les interrogations encore en suspens. De même, elle laisse place à l’action et à l’évolution du couple, les passages humoristiques se faisant plus discrets. Elle crée également la surprise sur la vérité de l’abandon d’Ewon. Ainsi, le lecteur comprend mieux la rage de réussir que nourrit l’étudiant et sa vision de l’amour comme un obstacle. Bien que regrettant de se laisser porter par ses sentiments, Ewon communique de mieux en mieux avec son petit ami, trouvant un équilibre. Mookyul quant à lui, résiste mieux au chantage de son père adoptif, continuant de négocier. A travers Kim Namhyung, l’auteure dénonce les méthodes violentes des mafieux qui ne respectent même pas leurs « employés ». Elle met en avant l’amitié qui se retrouve sublimée par les regrets et les mises au point.

La manhwaga n’hésite pas à déformer son trait épuré et anguleux dans les passages humoristiques. Elle l’arrondit et le simplifie également. Les trames d’ambiance sont très graphiques. De même, les autres trames variées utilisent souvent des motifs pour les vêtements. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique guide plutôt bien le regard. Comparé au tome précédent, Yoo Hajin enchaine directement les chapitres sans introduire d’illustration. Par ailleurs, elle s’arrête aux préliminaires et aux baisers langoureux dans les scènes érotiques, mettant en avant le partage des sentiments.

En résumé

Eun Mookyul a abandonné son père adoptif et l’organisation pour reconquérir Jung Ewon. Il l’annonce à l’intéressé, cloitré dans sa chambre chez Moon Dohoon depuis leur grosse dispute. Mais en apprenant la nouvelle, l’étudiant se précipite aux côtés de son amant. Toutefois, en quittant l’agence, le mafieux perd également tout son argent ainsi que son appartement. Le lendemain, en se réveillant à l’hôtel, Ewon réalise alors tous les sacrifices qu’a fait Mookyul pour lui. Pendant qu’il réfléchissait à leur avenir, son petit ami lui demande à passer encore une journée câline ensemble. Tandis que Kim Namhyung élabore son stratagème avec Yoo Byungsoo pour faire tomber Eun, il reçoit un appel du président Lee. Ce dernier, décidé à se venger de l’insubordination de son fils adoptif, nomme alors le violent mafieux, directeur de l’agence de Gangnam…

En conclusion

Yoo Hajin offre un tome épais mais qui se lit avec facilité, les actions s’enchainant. Elle équilibre les passages romantiques et dramatiques, détendant l’atmosphère tendue par des petites cases comiques. Une belle conclusion sur un amour passionnel entrainant!