Le fantôme sadique qui ne me laissait pas dormir 1 – Tokishiba

le fantome sadique qui ne me laissait pas dormir 1 tokishiba

Tokishiba ときしば
ISBN: 9782368777169
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784879197771 (JP)
Sankosha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Que faire quand un fantôme sadique jette son dévolu sur vous?

Tokishiba sensei tourne en dérision les scènes de drague violentes. Malgré le manque de consentement sur les deux premiers chapitres, elle arrive à retourner la situation en développant des sentiments forts et possessifs. Elle développe des personnalités recherchées et complexes. Yûji exprime clairement son mécontentement et s’interroge constamment sur les réactions de son corps et ses sentiments, alors qu’il espère le grand amour. Par ailleurs, Kôsuke joue sur le contraste entre sadique pervers et tendre amant. L’auteure introduit un autre fantôme, Akiyama qui permet de faire avancer la relation et les sentiments. Elle maintient un suspense jusqu’à la fin. Elle met surtout en avant le point de vue de Yûji mais Kôsuke donne sa version à la fin. L’histoire bonus donne un threesome humoristique.

La mangaka a un trait anguleux assez simplifié. Elle exagère les expressions et n’hésite pas à épurer encore plus ses traits dans les scènes humoristiques. Les yeux sont fins, les nez droits. Et les personnages en super deformed sont adorables. Bien que le style graphique soit assez classique, il possède son charme. Les trames d’ambiance dominent par rapport aux décors. La mise en page est dynamique, avec souvent des gros plans. En fin de chapitre, des fiches personnages donnent quelques détails. Par ailleurs, sous la jaquette, Tokishiba sensei présente les amis de Kôsuke et donne trois yonkoma humoristiques à lire à la fin. Dans les scènes érotiques, présentes presque à chaque chapitre, elle censure les parties intimes par de grands caches blancs. En revanche, elle dessine les coupes intérieures. Néanmoins, quelques vignettes chargées ne permettent pas d’appréhender facilement l’action, la profusion des onomatopées, lignes de mouvements cachant les détails.

En résumé

Matsuzaka Yûji (24 ans), employé gay, noie son chagrin dans l’alcool en apprenant que le collègue qu’il aimait secrètement, Yamashiro Haruki (24 ans), va se marier. Au matin, il se réveille avec du sperme dans la bouche. Alors qu’il se confie à son ami, ce dernier pense qu’il a affaire à un fantôme sexuel. Ces spectres tourmenteraient les personnes frustrées sexuellement. Mais alors que Haruki propose d’exorciser le fantôme, ce dernier prend possession du salaryman pour questionner Yûji. Après avoir libéré son hôte, le fantôme sadique se jette alors sur le locataire et l’agresse sexuellement. Malgré ses réticences, Yûji ne comprend pas pourquoi son corps réagit. Décidé à le faire tomber amoureux en le tourmentant, l’esprit de Terada Kôsuke réitère chaque soir ses agressions sexuelles de plus en plus intimes…

En conclusion

Ce tome a obtenu la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Malgré un premier abord classique, l’uke est tellement râleur qu’il en devient comique. Les scènes sans consentement peuvent choquer mais font parties intégrantes du scénario. Si vous avez le courage de les surmonter, vous apprécierez la fin avec plaisir.

One room angel – Harada

one room angel harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777183
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784751 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

La rencontre improbable entre un ange tombé du ciel et un homme désabusé par la vie.

Harada sensei offre une œuvre surnaturelle empreinte de réalisme. Comme un puzzle, elle dévoile pièce par pièce le passé de Kôki et de l’ange. D’ailleurs, elle soigne particulièrement le background de ses personnages. Kôki, qui n’a aucune estime de lui, évolue grâce à l’ange. Malgré les remords de son passé, il montre pourtant de la bonne volonté. La physionomie adolescente et le caractère impertinent de l’ange contrastent avec ses attributs angéliques. L’auteure entraîne les lecteurs dans une histoire mystérieuse tout en abordant différents thèmes comme la délinquance, les yakuza, les difficultés de certaines classes sociales et le harcèlement scolaire. Elle interroge sur l’honnêteté, le profit, les efforts vains, le jugement extérieur, les souffrances d’un bouc-émissaire. Elle dépeint avec finesse l’évolution sentimentale et psychologique de ses personnages, maintenant un suspense jusqu’à la dernière page.

La mangaka a un trait épuré qui conserve tout de même une touche réaliste. Les traits assez anguleux des personnages contrastent avec ceux de l’ange plus doux et ronds. De même, la tête effrayante de Kôki contrebalance sa gestuelle douce. Harada sensei porte attention aux détails et arrive à intégrer des émotions dans les gestuelles. Dans les scènes d’actions, elle met en avant les mouvements clés. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page dynamique appuie l’esthétique poétique de certaines pages. D’ailleurs, le superbe épilogue utilise parfaitement les techniques graphiques pour dégager une douceur amère. En revanche, il n’y a pas de scènes érotiques.

En résumé

A 30 ans, Kôki travaille dans un konbini et vit dans un petit studio au confort minimum, en se privant de loisirs. Il pense donc vivre une vie merdique. Un jour, deux délinquants viennent acheter des cigarettes mais refusent évidemment de valider leur âge. Le vendeur les emmène alors discuter à l’arrière de la boutique à la demande de son patron. Malgré ses excuses, une bagarre éclate et Kôki se fait poignarder. Un ange apparaît devant lui alors qu’il s’évanouit. Après un mois d’hospitalisation, il apprend qu’il a été viré. A sa surprise, il retrouve l’ange dans son appartement. Ce dernier, amnésique, n’arrive pas à voler, ses ailes perdant leurs plumes avec les pensées négatives des gens. Kôki accepte donc de l’héberger pour une nuit pensant rêver mais l’ange est toujours là au petit matin. Une étrange cohabitation commence alors avec cet être surnaturel au visage adolescent.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la première place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020 et mérite grandement cette place. Plus qu’un BL, il nous plonge dans une aventure fantastique où les sentiments négatifs et ceux positifs se côtoient constamment. Le lecteur passe par diverses émotions tout en accompagnant les personnages. Les sentiments des deux héros évoluent doucement vers un amour pur. L’auteure arrive à mêler fantastique et problèmes sociétaux avec tellement de justesse! D’ailleurs, selon votre caractère, la fin vous paraîtra triste ou heureuse. Pour moi, c’est une fin merveilleuse et remplie de bonheur. Et vous? Ce manga ne peut que plaire. Lisez-le!

Rendez-vous à Udagawachou – Hideyoshico

rendez vous a udagawachou hideyoshico

Hideyoshico 秀良子
ISBN: 9782368775158
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783242 (JP)
Shodensha, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandantion: un peu

Pourquoi un garçon populaire au lycée s’habillerait-il en fille?

Hideyoshico sensei invite les lecteurs à réfléchir sur la beauté et le travestissement. Elle développe la relation entre deux lycéens qui découvrent leur sexualité et se confrontent à leurs sentiments. Tandis que Yashiro s’initie dans le doute au plaisir du travestissement, ayant du mal à assumer cette partie de sa personnalité, Momose s’interroge sur ses sentiments, ayant eu le coup de foudre pour le lycéen habillé en femme. L’auteure oblige ses personnages à se questionner sur leur sexualité, sur l’homosexualité, mais également sur leur comportement en les plongeant dans des introspections. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Maladroit, grand et taciturne, Momose a du mal à communiquer et a tendance à imposer ses désirs. Grâce à Yashiro, il va apprendre à discuter et être plus doux. Car le travesti exprime clairement son non-consentement et la violence qu’il ressent quand on le force.

La mangaka a un trait épuré assez anguleux et particulier. Ses personnages sont plutôt longilignes. Par ailleurs, elle travaille les tenues. De même, les décors sont plutôt soignés mais se contentent de situer l’action. En outre, les trames d’ambiance alternent avec les vides et les blancs, donnant un style assez dépouillé. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à ce style de traits simplifiés. Hideyoshico sensei glisse quelques touches graphiques humoristiques pour détendre l’atmosphère générale assez tendue du manga. Par exemple, une passante porte un chapeau à l’effigie de la célèbre série de robot Gundam. Elle donne également quelques anecdotes de création dans la postface sous la jaquette. Des photos de Shibuya séparent les chapitres. Et les illustrations en début de chapitre sont parfois intégrées à la narration.

En résumé

Dans le quartier de Shibuya, Momose Keigo croit reconnaître Yashiro Tomoya, un élève populaire de son lycée, habillé en fille. Plutôt introverti, il n’ose pas l’aborder mais s’interroge sur ses raisons. Après s’être informé sur le transgenre et l’homosexualité, il se pose alors de plus en plus de questions. Intrigué par le lycéen, il commence à l’observer en classe mais se fait remarquer. Et à force de l’observer, il commence à ressentir d’étranges sentiments. Alors, il se rend à nouveau dans le quartier pour en avoir le cœur net. Momose reconnaît immédiatement Yashiro malgré le maquillage et la perruque. Clairement subjugué par sa beauté, il lui propose alors de sortir ensemble…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2012. L’auteure est classée troisième meilleure artiste et Momose Keigo sixième meilleur seme. Malgré le sujet intéressant, il manque un peu de profondeur pour pleinement apprécier ce récit. En effet, Keigo accepte vite Yashiro comme il est et ce dernier ne s’interroge pas plus sur ses propres sentiments réels, donnant l’impression de céder au harcèlement. Cependant, l’originalité du propos est rafraîchissant. Et j’aime quand le thème du travestissement est abordé simplement, sans se moquer!

Moon and sun 2 – Abe Akane

moon and sun 2 abe akane

ABE Akane 阿部あかね
ISBN: 9782375061770
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666476 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Des épreuves se dressent entre Masahiro et Tsubaki. Leur amour naissant y survivra-t-il?

Après un premier tome plutôt centré sur Masahiro, Abe Akane sensei s’intéresse un peu plus à Tsubaki. Elle continue à aborder le travestissement et l’univers des yakuza avec une touche réaliste, sans pour autant en faire le thème principal. Elle s’attarde surtout sur la romance et l’évolution de la relation entre le travesti et le yakuza. L’influence de Tsubaki permet à Masahiro de mûrir. De même, le maquilleur perd peu à peu son masque de froideur et prend la vie plus légèrement grâce à son amant. Le couple se découvre tranquillement en discutant. Lors des ébats, ils sont principalement dans l’échange, même si parfois, Tsubaki laisse sa perversité prendre le dessus. Cependant, son amant exprime clairement sa gêne ou son désaccord. Par ailleurs, l’auteure transforme les deux amis du yakuza en éléments comiques, donnant une petite touche légère.

La mangaka exagère les expressions en simplifiant ses traits, donnant un effet comique. De même, elle rend graphiquement le visage de Tsubaki adouci par l’amour. Les décors sont bien intégrés. Il y a quelques trames d’ambiance. La mise en page dynamique joue sur les ellipses et les cadrages et met en valeur les angles de vue variés. Les illustrations de début de chapitre raconte une petite histoire. Sous la jaquette, deux vignettes donnent une anecdote avec les sous-fifres faisant leur rapport. Les scènes érotiques sont censurées par l’absence de traits et de détails. D’ailleurs, il est parfois difficile d’appréhender clairement la scène.

En résumé

Yamada Masahiro s’est installé chez Tsubaki et se laisse donc entretenir. Curieux, il accepte de se maquiller mais se trouve laid malgré les compliments du travesti. Pour se rendre utile, il l’accompagne comme assistant pour porter ses affaires. Mais, alors qu’il prend une pause en déjeunant dans un fast-food, ses deux amis envoyés par son grand-père, le retrouvent. Pris en filature, le jeune homme s’enfuit. Pour ne pas gêner le maquilleur qui se rend à son séminaire, il préfère alors rester au club de travestis. Admirant leur travail acharné durant leur répétition, il commence à réfléchir sur lui-même et ses actions. Après avoir rejoint Tsubaki à son séminaire, il remarque que le sourire passionné du travesti l’émeut plus qu’il ne le pensait. Mais les sous-fifres l’ont suivi…

En conclusion

Abe sensei conclut sa romance avec humour après des échanges tendres et sérieux. Aussi, j’aime beaucoup les changements de Masahiro qui s’essaye partiellement au travestissement pour mieux comprendre son amant et qui l’accepte avec sa double facette. Les tendances un peu perverses de Tsubaki peuvent surprendre mais le contraste entre sa perversité virile et sa douceur féminine donne énormément de profondeur au personnage. Une série que je recommande chaudement!

Moon and sun 1 – Abe Akane

moon and sun 1 abe akane

ABE Akane 阿部あかね
ISBN: 9782375061466
Taifu comics, 2019
ISBN: 978-4403666162 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

En rencontrant le travesti Tsubaki, Masashiro va apprendre que l’amour n’est pas seulement une affaire de beauté physique.

Abe Akane sensei narre l’étrange romance entre un travesti et un yakuza. Elle développe des personnalités compliquées, révélant leurs complexes au fur et à mesure. Le premier chapitre introduit Tsubaki en narrant une aventure avec les personnages d’un autre manga. En effet, l’histoire de Moon and Sun se déroule dans le même univers que Hana to Ikkun. D’abord exécrable, Masahiro s’avère être touchant, un peu idiot et immature mais pas aussi fermé qu’il ne le prétend. Il est donc partagé entre dégoût et attirance. Avec le petit frère gay de Yamada, Shôta, et Hanatarô, l’auteure introduit différentes approches de l’homosexualité et du travestissement. D’ailleurs, elle offre une version de l’androgyne parfait: Tsubaki conserve sa virilité malgré sa beauté féminine. Le contraste d’assurance entre le travesti à l’aise dans sa sexualité et son apparence et le jeune délinquant complètement paumé apporte une touche amusante dans cette relation qui se développe vite.

La mangaka a un trait épuré reconnaissable, très fin. Elle traite le contour des yeux en plusieurs lignes, donnant une certaine profondeur aux regards. Elle n’hésite pas à simplifier ses traits ou exagérer les expressions. Les personnages ont différentes morphologies: grand ou petit, musclé ou légèrement enrobé, le visage rond ou long. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les angles de vue très variés dynamisent la mise en page assez classique. En revanche, le découpage est presque cinématographique. Sous la jaquette, se trouve une anecdote comique en deux cases sur Hana et Tsubaki. Les scènes érotiques évitent de montrer les parties intimes, tout simplement non dessinées ou tramées.

En résumé

Hana et le professeur / Sortie avec Hana: Hanatarô accueille son professeur de maquillage qui profite d’un séminaire à Osaka pour lui rendre visite. Ikkun est d’abord surpris par la féminité que dégage le travesti mais sa familiarité avec son petit ami éveille sa jalousie…
Moon and sun / Ce jour-là, à ce moment-là: Yamada Masashiro, fils de yakuza désœuvré, se rend dans un club de travestis avec des amis. Mais ils se montrent grossiers, en faisant du tapage. Le travesti Hana, reconnaissant son ami d’enfance, l’arrête et l’amène alors dans les coulisses. Pourtant, le têtu délinquant refuse de s’excuser. Alerté par le problème, Tsubaki donne donc une fessée à ce dernier pour le corriger. Ivre de vengeance, Masahiro revient alors au club dans le but de jeter des ballons de baudruche remplis de peinture. Trouvant porte close, il s’acharne sur cette dernière quand Tsubaki ouvre la porte…

En conclusion

Abe sensei aborde le thème du travestissement avec justesse, sans clichés, en toile de fond de sa romance. Ses personnages assument donc leur choix et leurs goûts. Elle tient également compte des différentes raisons de chacun. Son manga précédent Hana to Ikkun a été classé sixième meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2018. J’espère que nous pourrons le lire un jour dans nos contrées car j’adore également ce couple!

La forêt aux lapins 1 – Enjo

la foret aux lapins 1 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368777213
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032427 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour que tu m’aimes comme je t’aime? »

Enjo sensei offre une romance entre deux amis d’enfance. Pour l’instant, elle s’attarde sur les sentiments de Shii en présentant principalement son point de vue. Elle détaille avec finesse les changements physiques et les sentiments contradictoires durant la puberté. L’amour de Shunta, à sens unique, semble presque devenir obsessionnel. L’auteure installe d’abord le contexte puis la relation entre les deux amis, du primaire au lycée. Elle développe doucement son récit et dévoile peu à peu les personnalités de ses personnages. Le comportement de Shii qui devient plus pressant contraste avec l’indécision constante de Tamaki. En plus, ce dernier semble vraiment mal vivre ses différences et son appréhension des filles et du sexe.

Malgré un trait épuré, la mangaka a un style plutôt réaliste. Elle maîtrise parfaitement les changements des visages de l’enfance à l’adolescence. Elle n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les trames d’ambiance apparaissent dans les moments clés. Les décors soignés sont assez présents. L’équilibre des trames de coloration et d’ombres ne surcharge pas les pages. La mise en page dynamique utilise des effets graphiques tels que des ellipses, des face-à-face, des vides, des découpages et des fonds noirs. Un côté fan service sensuel se dégage de certains passages, Enjo sensei transcrivant graphiquement le regard « pervers » de Shii. Elle s’attarde également sur les gestes et les détails. Elle ne censure pas les scènes de masturbation de Shunta mais ce tome ne comporte pas de scènes plus érotiques.

En résumé

Shii Shunta et Yuminaga Tamaki sont amis depuis l’école primaire. Malgré leur un an d’écart et des classes différentes, ils restent inséparables et développent même une certaine rivalité en sprint. Élevé par sa mère célibataire, Tamaki est plutôt tactile et embrasse un jour son ami. Mais Shunta, plutôt gêné par les démonstrations d’affection, l’en informe. Pourtant, ce baiser l’interroge. Quand il trouve Tamaki en larmes devant chez lui, hésitant à rentrer, Shii lui propose de venir à son domicile. Ils prennent alors l’habitude de dormir souvent ensemble. Mais en fin de primaire, Shunta réalise qu’il éprouve du désir envers son ami et que son entrejambe réagit étrangement…

En conclusion

Ce manga a obtenu la quinzième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Ce gakuenmono, différent des classiques, aborde la romance très lentement et se focalise principalement sur les sentiments et les changements du corps à la puberté. Le lecteur a l’impression d’être parfois dans la tête de Shii. Quant à Tamaki, son environnement ne semble pas très sain. Impossible de deviner l’orientation que prendra l’histoire! Vivement la suite.

Tokyo en avril… 1 – Haru

tokyo en avril 1 haru

Haru ハル
ISBN: 9782368777190
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032304 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Après dix ans sans contact, que cache Ren à Kazuma?

Haru sensei propose de suivre une romance entre un premier amour réciproque perdu de vue depuis 10 ans. Elle alterne la narration entre Kazuma et Ren tout en intégrant des flash-back permettant de remonter les évènements au fil des chapitres, maintenant ainsi le suspense. D’ailleurs, elle donne le point de vue de chacun des héros sur un même évènement. Tandis que les sentiments de Takizawa sont restés suspendus depuis leur séparation abrupte involontaire, Ishihara, qui culpabilise, a peur que son ami découvre ce qui lui est arrivé. En outre, Ren doute toujours des sentiments de Kazuma, hétérosexuel à la base. L’auteure travaille particulièrement la psychologie de ses personnages. Elle s’attarde principalement sur leurs sentiments, leurs réflexions et leurs questionnements. Ainsi, les incompréhensions et méprises polluent leur relation, même amicale. L’introduction de Yagami Ryûnosuke, ami gay de Ren, permet de secouer un peu Kazuma.

La mangaka a un trait assez fin et épuré. Elle s’attache aux détails et petits gestes. De même, elle joue beaucoup sur les expressions des regards. Ses personnages sont longilignes. Pour les passages humoristiques, Haru sensei simplifie ses traits, arrondissant légèrement les visages. Le style général un peu shôjo dégage une certaine douceur et met en avant l’esthétique des personnages. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Les scènes érotiques détaillées sont censurées par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Takizawa Kazuma, de retour des États-Unis, débute dans une nouvelle entreprise japonaise de publicités, à la section ressources humaines. Cela fait dix ans qu’il n’a pas mis les pieds à Tokyo, n’y ayant vécu qu’un an avec sa mère divorcée. A peine arrivé, il reconnaît soudain son ami de collège Ishihara Ren. Ce dernier, en pleine dispute avec le chef de la section RH, Sanada Hayato, est responsable de l’équipe design 1. Mais il se montre distant avec lui. Comme Ren avait changé de nom, Kazuma n’avait pu reprendre contact avec son ami. Se remémorant leur rencontre, il se souvient de l’accueil de Saotome. Pourtant, comme Ren se renfermait sur lui-même, il l’avait un jour suivi. Il a alors découvert que son ami, gay, avait l’intention de coucher avec un inconnu. Il lui a donc proposé de le remplacer…

En conclusion

Ce manga a obtenu la seizième place au classement du Chill Chill BL award 2020. Même si le scénario semble simple au premier abord, la manière de remonter le passé des protagonistes est intéressant. De même, l’auteure développe peu les questionnements des personnages mais elle décrit parfaitement leurs chemins de pensées. Il est donc facile de deviner leurs sentiments. Je suis touchée par ce couple, le ton réaliste du récit ainsi que le graphisme de la mangaka. Laissez-vous porter par leurs retrouvailles électriques!

Momo & Manji 3 – Sakura Sawa

momo and manji 3 sakura sawa

SAKURA Sawa 紗久楽さわ
ISBN: 9782368777121
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784867 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Le grand et fort Momoki affronte son passé pour devenir digne de son tendre amant.

Sakura Sawa sensei s’intéresse au présent et au futur de son couple et concentre ce tome sur l’évolution de Momoki. Elle partage la vision de l’homosexualité à l’époque ainsi que les préjugés sur les kagema. Momoki mûrit et s’émancipe au fil des rencontres, affrontant son passé. Conscient du traumatisme de son partenaire, Manji le soutient tout en le laissant aller à son rythme. Leur amour sincère intrigue leur entourage. En introduisant des personnages du passé, l’auteure aborde également d’autres points de vue sur le mariage, l’amour et la dépendance. Par exemple, avec Kizashi, elle met en avant le mariage pour former un ménage, où l’amour n’a pas sa place. De même, Izayoi questionne la relation de dépendance dans l’amour. Toujours aussi précis sur les détails historiques, une fiche explicative sur les fundoshi conclut ce tome.

Le graphisme de la mangaka s’est affiné. Le jeu entre les traits épais et fins donne une réelle vigueur à son style. Au fur et à mesure que Momoki prend de l’assurance, son regard change et mûrit. Toujours inspirées des estampes, certaines vignettes dégagent énormément d’esthétisme, renforçant l’action ou l’expression. Par exemple, quand Momo recroise Sen, la vague reprend exactement le style de Hokusai. Ainsi, les paysages ou les foules s’inspirent totalement de l’ukiyo-e. Sakura sensei soigne particulièrement les décors, les kimonos et les tatouages. La mise en page, de premier abord classique, offre parfois des planches originales jouant sur les vides, des cadrages particuliers et l’esthétique poétique. De même, les illustrations en début de chapitre varient les styles. Par exemple, quand les personnages en super deformed présentent quelques positions érotiques, ils apportent surtout une touche humoristique. D’ailleurs, les scènes érotiques ne montrent pas trop les détails des organes sexuels.

En résumé

Un nouveau couple s’est installé dans le quartier où habitent Momoki et Manji. Comme le mari est pêcheur, tout le quartier est venu l’aider au ramassage des coquillages. Manji profite surtout du spectacle offert pas son petit ami à moitié dénudé, au lieu de s’activer. Le soir, les deux hommes préfèrent cependant déguster leur bento à l’écart. En effet, Momoki n’est pas à l’aise quand il y a foule…

En conclusion

Alors que la série aurait dû se terminer avec le second tome, l’auteure continue son histoire. Elle développe donc une intrigue sur la longueur. En effet, Kurikara no Kintarô semble jouer un rôle plus important dans le prochain tome. Le style graphique est de toute beauté et la maîtrise scénaristique et esthétique se ressent au fil des pages. Les explications historiques sont en plus insérées naturellement dans l’histoire. Comme j’adore les fundoshi, ce tome m’a totalement comblé!

It can’t be helped – Matsuda Usachiko

it cant be helped matsuda usachiko

MATSUDA Usachiko 松田うさち子
ISBN: 9782368775998
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784801956124 (JP)
Takeshobo, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Différents amours désespérés sombres mais tendres, entre inceste, jeux érotiques, initiation et abandon avec un inconnu.

Matsuda Usachiko sensei offre un recueil d’histoires au ton assez réaliste et légèrement sombre. Le format court ne permet pas d’approfondir réellement les histoires et les psychologies. Pourtant, des thèmes intéressants comme le harcèlement, l’inceste, le suicide, la différence d’âge, avaient un fort potentiel. Le premier récit, qui donne son titre au manga, aborde une forte dépendance entre deux frères qui se transforme en inceste. La narration alterne entre les deux garçons. Bien que l’auteure transcrit bien l’immoralité, elle reste trop floue sur leurs sentiments, entre amour et possessivité. « Adam’s romance » est une comédie romantique légère jouant sur le fan service, avec fundoshi et kimono. Malgré son fort potentiel, la troisième histoire présente une romance entre un lycéen et un homme mûr blessés qui se réconfortent dans le sexe, avec une initiation en douceur. Le dernier récit maintient le suspense jusqu’à la fin en brouillant réalité et rêve.

La mangaka a déjà un beau dessin, avec des traits anguleux épurés qui gardent une touche réaliste. Elle apporte un certain soin aux regards. Cependant, ses personnages se ressemblent parfois. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. D’ailleurs, les trames sombres renforcent le ton dramatique de certains passages. La mise en page est assez classique mais efficace. Des hachures blanches censurent les parties génitales, mais les scènes érotiques restent tout de même sensuelles. Sous la jaquette, deux planches mettent en scène tous les personnages qui présentent respectivement leurs petits amis avec humour.

En résumé

Doushiyou mo nai It can’t be helped / What should I do / We’ll find a way / Au quotidien: Takahiro et son petit frère Kôki ont l’habitude de dormir ensemble depuis l’enfance, leurs parents étant souvent absents. Mais quand l’aîné s’est installé seul, travaillant à domicile, Kôki est devenu insomniaque en son absence et a dû le rejoindre, ayant besoin de son odeur pour s’endormir. Passé la vingtaine, il décide enfin de s’installer seul, ayant une petite amie. Mais un mois après, il revient mort de fatigue et trouve son aîné dans un état plus lamentable que lui.
Adam’s romance: Yamato, vendeur de gâteaux traditionnels, aime faire des jeux érotiques costumés avec son petit ami Adam, un homme d’affaires étranger passionné de culture japonaise…
Appelle-moi « Onii-san »: Se faisant harceler au lycée parce qu’il est gay, depuis sa déclaration à un ami, Takeru veut se suicider en se jetant du haut du toit d’un immeuble. Suzuka, le propriétaire de l’immeuble, essaie de le raisonner et lui propose en échange de lui faire perdre sa virginité.
Happy dream man: Himekawa est insomniaque et subit du harcèlement moral à son travail. Un jour, alors qu’il pensait se suicider par ingestion de cachets, un bel inconnu apparaît et lui fait l’amour. Depuis, chaque soir, il a hâte de retrouver Yume dans ses rêves.

En conclusion

Ce recueil a obtenue la septième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2017. Pour sa première œuvre, Matsuda sensei propose des récits ambitieux, comblant les défauts scénaristiques par de nombreuses scènes érotiques. C’est d’autant plus dommage car elle travaille avec soin les psychologies de ses personnages. « Appelle-moi « Onii-san » » est mon histoire préférée: le bonus humoristique sous la couverture permet d’en apprendre un peu plus sur ce couple à la grande différence d’âge ayant beaucoup de points communs. Par contre, la relation incestueuse entre Takashiro et Kôki pourra gêner certains lecteurs, surtout que le cadet a tendance à se montrer parfois violent. Je suis curieuse de voir comment va évoluer l’auteure par la suite.

Love stories 2 – Tagura Tohru

love stories 2 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782375061305
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784344842830 (JP)
Gentosha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Yamato se socialise de plus en plus, grâce à ses amis qui l’acceptent tel qu’il est. Mais ce n’est pas au goût de tout le monde!

Tagura Tohru sensei décrit principalement l’évolution des sentiments des différents personnages. Elle soigne particulièrement leurs psychologies et leurs rapports. De même, elle décrypte avec finesse les différentes réactions des lycéens. D’ailleurs, son récit a un ton réaliste. Yamato, qui voulait absolument être normal, s’accepte peu à peu grâce à ses discussions avec Yuiji. Le nombre de confidents augmentent: le comportement d’Akiyama et de la sœur de Yoshinaga, Misaki, offre une bouffée d’air positive avec les difficiles évènement qui se produisent. Sakura qui participe également à la narration dépeint avec justesse sa profonde souffrance. Par ailleurs, l’auteure aborde le harcèlement scolaire et l’influence des rumeurs, avec les réactions en chaîne qui en découlent. Elle s’intéresse également aux différents soutiens amicaux mais salvateurs. Même si Yamato et Yuiji mûrissent, ils semblent maladroits en amour, n’arrivant pas à transmettre leurs sentiments.

La mangaka simplifie parfois certains traits pour renforcer les expressions des visages. Elle privilégie les trames sombres ou claires pour accompagner les émotions, réduisant les trames d’ambiance à motifs. De même, elle intègre des éléments de décors dès que cela est possible. La mise en page est toujours aussi dynamique, avec des vides et des emboitements. En fin de chapitre, des croquis présentent les différents personnages. Il n’y a toujours pas de scènes érotiques, mais quelques gestes tendres entre les différents couples existants.

En résumé

Sakura Akito demande à Yoshinaga Yamato de l’héberger chez lui pour une nuit. Il découvre une famille harmonieuse. Mais quand son cousin débarque à l’improviste en criant, il le suit pour que le secret de son ami ne soit pas éventé. En effet, Akito a eu le malheur de se confier à lui au collège. Depuis, son cousin, parlant sans réfléchir, ne cesse de le mettre dans des situations blessantes, ayant même révélé son homosexualité à sa mère. Le lendemain, comme Sakura est absent aux cours préparatoires, Yamato et Akiyama décident de lui rendre visite, inquiets. Ils le croisent aux prises avec son cousin dans la rue, ce dernier le harcelant pour coucher avec lui, par simple curiosité. Les deux camarades de classe sont immédiatement prêt à en découdre si besoin. De son côté, Hongô semble enfin avoir trouvé une petite amie.

En conclusion

Alors que le premier tome introduit beaucoup de personnages secondaires, on se rend compte de leur importance dans cette suite haletante. En plus, cela renforce le réalisme du récit, avec une bande d’amis qui évolue au gré des études et des fréquentations. Le temps s’écoule plus vite mais Tagura sensei se focalise plutôt sur la palette de sentiments de ses deux héros. A noter que ce volume est plus épais qu’un manga habituel, mais je l’ai lu d’une traite. Et puis j’adore le chien Azuki. Même lui participe au réconfort des héros!