Je brûle pour toi – noji

je brule pour toi noji

noji
ISBN: 9782368777244
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784865895537 (JP)
Fusion product, 2019 (JP)
Titre original: 焦がれて焦がして
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un amour à sens unique qui s’éveille avec de bons petits plats.

noji sensei offre une douce romance plutôt réaliste entre deux amis d’enfance qui s’étaient perdus de vue. Après avoir développé l’amour à sens unique de Yûji et ses complexes, elle dévoile au fur et à mesure les sentiments du tsundere Sôichi. Son scénario, ancré dans la réalité, s’attarde principalement sur les questions que se pose un couple gay: peur du coming out, de la réaction de la famille et des amis, du regard extérieur, de la première expérience sexuelle et la cohabitation. Néanmoins, Tsunegawa trouve pour confident le jeune et ouvert Nekohara et Furuyama est soutenu par sa collègue lesbienne Sagi. L’auteure s’attarde principalement sur les sentiments de ses héros. En introduisant Kumagai, elle les met face au doute. En revanche, leurs ébats se font toujours dans le consentement. Elle complète son recueil par une romance entre un étudiant et un lycéen entreprenant, ayant une grande différence d’âge.

La mangaka a un trait délié, parfois très fin et anguleux. Bien qu’il soit réaliste, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle privilégie également des hachures pour rendre les ombres fortes. Son style conserve un aspect graphique peint ou à la plume, surtout au niveau des décors très présents et du travail des trames. La musculature de Yûji contraste avec la frêle grandeur de Sôichi. En revanche, noji sensei distingue discrètement les flash-back par des ellipses pouvant brouiller parfois la compréhension. Elle censure les scènes érotiques en cachant les parties intimes par des formes blanches. En fin de chapitre, elle présente des anecdotes amusantes en quelques cases.

En résumé

Je brûle pour toi: Furuyama Yûji croise par hasard dans un konbini son amis d’enfance, Tsunegawa Sôichi, qu’il n’a pas vu depuis longtemps. En réalité, il est amoureux de lui depuis le lycée et l’évitait pour l’oublier. Maintenant, il a quitté son métier de pêcheur pour prendre la direction du restau-bar Prèle. D’abord surpris, Sôichi renoue avec lui, incité par son collègue Nekohara qui connaît bien le restaurant. Trop débordé par le travail, il se contente de boire des jus de légumes en guise de repas. Quelques jours plus tard, quand Yûji le croise dans le parc encore plus amaigri et épuisé, il l’invite à déguster quelques plats. En voyant le salaryman pleurer en appréciant sa cuisine, il lui propose alors de le nourrir tous les jours…
Dans la forêt, ce jour-là: Otofuke Moegi trouve un homme affalé au sol dans la forêt. En réalité, Moritsue Takehito était en train d’étudier des champignons. La pluie arrivant, il demande alors au lycéen de lui donner l’adresse d’un hôtel. Ce dernier l’emmène donc chez ses grands-parents qui lui proposent le logis en échange d’un peu d’aide dans les champs.

En conclusion

Ce manga a obtenu la dix-neuvième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2020. Pour un premier manga, l’auteure maîtrise déjà bien son scénario et son style graphique dégage beaucoup de douceur. Ses personnages ont de la personnalité et je regrette presque que ce tome soit trop court pour en apprendre encore un peu plus sur eux. Même les seconds rôles ont de la consistance. J’ai donc hâte de découvrir d’autres de ses œuvres. Une lecture gourmande et tendre!

De l’autre côté du miroir – Hisamatsu Eight et Yukibayashi

de l autre cote du miroir hisamatsu eight yukibayashi

HISAMATSU Eight 久松エイト
Yukibayashi 雪林
ISBN: 9782368777275
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784866692159 (JP)
J Publishing, 2019(JP)
Titre original: 彼方此方で逢いましょう
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

La rencontre magique entre un prodige de l’ikebana et un futur roi.

Hisamatsu Eight sensei offre une romance avec une touche fantastique. Elle met en parallèle deux hommes subissant la pression due à l’héritage d’une famille illustre et à l’attente de l’entourage. Tous deux s’interrogent sur l’honnêteté des compliments qu’on leur porte. Malgré un talent reconnu, Sara manque de confiance en lui car son style s’éloigne de celui de son père. Shâra, quant à lui, regrette qu’on l’empêche d’approcher son peuple et que l’on décide de ses goûts. Tous deux apprécient les fleurs, s’exprimant à travers elles. L’auteure questionne sur la normalité, la supériorité et la solitude ressenties par un devoir filial lourd. Malheureusement, elle n’approfondit pas son sujet pour laisser place à la romance, introduisant un quiproquos pour augmenter la tension finale. En fin de tome, elle donne deux récits permettant de découvrir d’abord l’origine du miroir puis la conciliation du couple pour harmoniser vie privée et travail.

Yukibayashi sensei a un trait classique et anguleux. Pourtant, elle dessine des visages légèrement ronds avec des cheveux en aplats noirs. Quelques reflets suggèrent les mèches et donnent du volume. Ce travail est complètement différent sur les illustrations couleurs. Les trames d’ambiance accompagnent les sensations des personnages. Par ailleurs, le découpage des cases joue sur l’effet des deux univers à travers le miroir ou change les ambiances. Ainsi certaines pages dégagent un peu de poésie, mettant en valeur l’esthétique et le dynamisme. Par exemple, la beauté des fleurs est bien rendu. En revanche, les scènes érotiques peu nombreuses, sont censurées par de fines bandelettes blanches et évitent de montre les détails. En fin de chapitre, la mangaka présente des compositions d’ikebana. Elle met en scène le couple dans les illustrations de début de chapitre.

En résumé

Dans un royaume inconnu, le prince Shâra s’ennuie et éconduit les différents messagers lui apportant des cadeaux en n’osant croiser son regard. Au Japon, Senba Sara supporte de moins en moins les compliments des personnes qui l’entourent. Issu d’une illustre famille de professeurs d’ikebana, il trouve pourtant ses réalisations insipides. Un jour, il découvre qu’il peut passer à travers le miroir de sa chambre. Il arrive alors dans le palais de Shâra. Croyant rêver, il s’amuse en tentant tout ce qui est possible. Mais en revenant dans sa chambre, il remarque qu’il n’est pas seul…

En conclusion

L’histoire qui était tout d’abord contemplative se précipite vers la fin pour finir un peu abruptement. Dommage, car il y avait un fort potentiel pour approfondir divers thèmes comme les différences culturelles ou la réaction des familles. On passe tout de même un agréable moment avec ce couple touchant tout en découvrant l’ikebana.

Le libertin et le piège de l’amour – Kyugo

le libertin et le piege de l amour kyugo

Kyugo 九號
ISBN:9782368777220
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784199608124 (JP)
Tokuma shoten, 2019 (JP)
Titre original: 放蕩息子と恋の穴
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

Un dragueur invétéré qui retrouve son premier amour.

Kyugo sensei narre les aventures d’un dragueur invétéré citadin qui accepte de vivre à la campagne pour y retrouver son premier amour. Contrairement au titre sulfureux, elle offre en réalité une comédie romantique plutôt réaliste pleine de tendresse. Elle s’intéresse aux difficultés d’être gay à la campagne, avec la solitude, les rumeurs, les railleries et la peur du rejet. Traumatisé suite à un incident à l’université, Minori cache constamment sa souffrance derrière son sourire et préfère fuir. Sôsuke, plutôt immature au début va analyser ses sentiments, s’interroger et montrer en fin de compte de la patience. En introduisant Makoto, le petit frère Kamise, l’auteure va permettre à ses personnages d’évoluer. Elle diffuse la tension entre le couple au fil des chapitres pour terminer sur un final intense.

La mangaka utilise des traits fins et n’hésite pas à les déformer et les simplifier pour renforcer les expressions. Les corps musclés dégagent beaucoup de virilité. On peut justement les admirer dans les illustrations de début de chapitre. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions, mais Kyugo sensei préfère soigner ses décors très présents et réalistes. De même, elle fluidifie la lecture grâce à une mise en page très dynamique et maîtrisée. Par ailleurs, elle intègre directement au récit les fantasmes de ses protagonistes, offrant ainsi quelques scènes érotiques supplémentaires. Ces dernières sont censurées par des formes blanches sur les parties intimes. La postface, toute en images, donne des précisions sur personnages secondaires.

En résumé

A force de draguer à tout va depuis leur installation à Tokyo, Takamiya Sôsuke s’est attiré les foudres de sa mère. Comme elle doit à nouveau travailler à l’étranger, elle lui propose de l’envoyer chez sa tante, Kamise Taeko, à la campagne dans le département de Hiroshima. Elle espère surtout qu’il réfléchira un peu à son comportement. A sa surprise, il accepte volontiers, pressé en réalité de retrouver Minori, son premier amour. A la gare, son cousin vient le chercher. Alors qu’il fantasme déjà sur sa cousine devenue professeure, il s’étonne de ne pas la trouver à la maison. Mais Minori s’avère être le jeune homme venu le chercher!

En conclusion

Même si l’histoire aurait pu être plus approfondie malgré le nombre de pages supplémentaires et les sujets abordés, l’auteure pense tout de même à mettre l’essentiel, donnant de la consistance à son récit. Et puis le graphisme est tellement agréable. J’adore la réaction de Sôsuke face à la babouk! J’aime également beaucoup l’oncle et la tante qui ont l’air très ouvert. Une lecture simplement agréable et amusante.

Le fil du destin – Yoshio Akira

le fil du destin yoshio akira

YOSHIO Akira 吉尾アキラ
ISBN:9782368777343
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784864369930 (JP)
Core magazine, 2017 (JP)
Titre original: 赤い糸の執行猶予
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Le fil rouge du destin relie-t-il vraiment les personnes faites l’une pour l’autre?

Yoshio Akira sensei offre une comédie romantique douce et rafraichissante sur fond fantastique. Elle centre principalement la narration sur Keiji. A travers la question du destin, elle aborde divers sujets comme la difficulté à accepter sa sexualité ou ses sentiments, la peur de l’engagement, le refus d’être manipulé par un concept immatériel. Le ton reste constamment comique et les situations amusantes s’enchainent ou se répètent. Kei, têtu, manque de confiance en lui et croit fermement à l’influence du fil rouge du destin sur la vie. En introduisant Kamisawa, l’auteure donne une explication plausible à cette légende japonaise. En plus, elle présente Hiro comme un être pur et sensible, incitant le lecteur à prendre parti. D’ailleurs, le couple prend tout son temps, pour notre plus grand plaisir.

La mangaka a un style plutôt classique, avec un trait épuré. Néanmoins, elle se distingue surtout dans le traitement des passages comiques, avec des traits très simplifiés, exagérant les expressions ou transformant les têtes en SD. Les mimiques et les bouilles sont craquantes. Par exemple, difficile, même pour le lecteur, de ne pas céder au visage dépité de Hiro. Quelques trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. En outre, les décors situent principalement l’action. Malgré une mise en page plutôt classique, quelques planches se distinguent par leur dynamisme. Yoshio sensei s’attarde sur les détails des regards et des gestes tendres, transmettant parfaitement les différentes émotions. Les illustrations en début de chapitre donnent un petit aperçu sur le contenu à venir. Par ailleurs, il y a très peu de scènes érotiques mais elles ne sont pas censurées.

En résumé

Arako Keiji a la faculté de voir le fil rouge du destin qui relie deux personnes. Il n’apprécie pas trop son pouvoir depuis qu’il a remarqué, enfant, que le fil de ses parents n’était pas lié, entrainant par la suite leur divorce. A l’université, il est tombé amoureux de la pétillante Yui. Cependant il préfère taire ce sentiment, espérant que leurs fils se nouent. Un jour, voyant son fil enfin connecté, il le remonte mais découvre qu’il est attaché à un homme plus jeune que lui, Obata Hiroki. Kei décide alors de l’éviter au maximum d’autant plus que ce dernier s’inscrit à leur club étudiant. Mais le destin semble s’acharner à augmenter la fréquence de leurs rencontres et à favoriser leur rapprochement.

En conclusion

Fan de folklore japonais, je suis sous le charme complet de ce couple attendrissant. Et j’adore Karisawa qui, malgré son pouvoir de couper le fil du destin, préfère jouer les cupidons et les sauveurs. Un one-shot qui procure simplement du plaisir à sa lecture et qui donne envie d’encourager les protagonistes!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

passions refrenees nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.

Happy shitty life 1 – Harada

happy shitty life 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782368777282
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801967960 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La vie de merde de deux uke unis par un fantasme commun.

Harada sensei offre une comédie hilarante entre deux uke un peu idiots. Elle enchaîne les situations burlesques avec les délires de ses personnages au premier abord antipathiques: Kasuya transpire la vanité tandis que Kuzuya se laisse complètement vivre. Elle joue beaucoup sur les contrastes, jusque dans les jeux de mots; son récit pourrait avoir pour thème la dépravation, le déchet et la merde au sens figuré. En effet, bien que ses deux héros s’affirment hétérosexuel, ils n’ont qu’un seul but commun: satisfaire leur fantasme de se faire prendre par une femme sadique. Pourtant, ce couple yuripple trouve toujours un compromis pour se satisfaire mutuellement, développant une certaine complicité. Cependant, l’auteure occulte toute possibilité de sentiments amoureux. En introduisant Leo, elle ajoute même un sentiment contradictoire en faisant rire sur des situations dérangeantes comme le non-consentement et le viol. Par ailleurs, elle rappelle les difficultés d’être gay à la campagne.

La mangaka a un trait un peu anguleux qui semble légèrement acéré. Elle les simplifie en exagérant les différentes expressions, déjà hilarantes graphiquement. Par exemple, la tête dégoûtée ou envieuse de Kasuya reste inoubliable. De même, ses regards sont toujours aussi intenses. Les trames d’ambiance alternent avec les décors, plutôt soignés. La patte habituelle de Harada sensei se retrouve aussi dans le traitement des contrastes noir et blanc. Ainsi, elle utilise discrètement les trames mais travaille en revanche avec précision les ombres. Elle varie les angles de vue, portant toujours attention à des petits détails. Les scènes érotiques ne sont pas du tout censurées, avec parfois des gros plans. Dès le début, des fiches personnages et un diagramme expliquent les différents liens entre les protagonistes. Sous la jaquette, une illustration de Kuzuya le met en valeur avec classe.

En résumé

Suite à un scandale sexuel dans son entreprise, Kasuya Kyôtarô est muté à la campagne. Seulement une semaine qu’il est là et il ne supporte déjà plus son voisin chômeur, Kuzuya Yoshiyuki (30 ans), qui passe son temps à essayer de monter un gode sur un ventilateur. Un soir, alors que Kasuya désespère de se refaire vite avec des supérieurs passant beaucoup plus de temps à chasser les insectes, son patron Tagami l’invite à boire au bar de la belle Sakura. Mais il découvre que tout le village est au courant des détails de sa rétrogradation: une photo de lui en extase alors que la fille du patron le sodomise avec un strap-on. Alors qu’il fond en larmes, il est encouragé par l’assemblée, en particulier Kuzuya qui fantasme également sur la pénétration anale par une femme sadique. Complètement ivres, les deux voisins finissent par coucher ensemble!

En conclusion

Ce tome a obtenu la cinquième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2020. L’auteure arrive à nous faire rire de tout avec subtilité. Pour vous prouver son génie, je pourrai introduire ainsi « vulgairement » l’histoire: Kasuya, qui ne se prend pas pour de la merde, s’est mis dans la merde jusqu’au cou et a rencontré à la campagne Kuzuya qui mène une vie de merde depuis l’enfance. Je m’amuse de leurs joutes pour définir qui sera uke ou seme et de leur obsession. Et je me mets à espérer un peu de sentiments entre eux. Vivement la suite!

Les fantaisies du roi – Owal

les fantaisies du roi owal

Owal おわる
ISBN: 9782368777312
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801968141 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Titre original: プッシーキングさまの悪癖
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

En proposant à Kadrii de sauver son restaurant par le sexe, Fati ne s’attendait pas à ce que son piège se retourne contre lui.

Dans ce one-shot, Owal sensei narre deux romances mêlant humour et sexe. Elle introduit son histoire principale par un chapitre présentant d’abord le couple secondaire. Elle arrive à développer la psychologie de ses personnages, dévoilant doucement certains traits de caractère. Ainsi, le noble débauché capricieux et tyrannique peut se montrer généreux et le prolétaire naïf s’avère moins crédule qu’il ne paraît. En effet, l’auteure introduit d’autres personnages secondaires pour secouer un peu les deux héros et provoquer l’évolution de leurs sentiments. Elle joue beaucoup sur la confrontation et les échanges entre Kadrii et Fati. Même si les protagonistes s’interrogent sur leurs sentiments et leur sexualité, elle n’approfondit pas leurs réflexions. D’ailleurs, l’humour prime sur tout le reste: l’intérêt est de voir comment un débauché finit par se ranger, touché par l’amour. Ou le plaisir intense?

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Néanmoins, elle n’hésite pas à le simplifier et l’arrondir dans les passages humoristiques. De même, elle transforme parfois ses personnages en super deformed. En plus, Kadrii et Fati sont plutôt musclés. Comme il y a quelques personnages à la peau basanée, les trames sont variées. Avec des protagonistes sortant des vignettes, et beaucoup d’emboîtement, la mise en page semble un peu surchargée mais reste très dynamique. En plus, Owal sensei soigne les décors, les plats et les vêtements. Les scènes érotiques très nombreuses ne sont pas du tout censurées. Les angles de vue et les gros plans mettent même en avant les détails des coïts. On s’éloigne un peu de l’érotisme pour de la représentation presque pornographique. Sous la jaquette, deux planches concluent la romance entre Sadegh et Rabbi.

En résumé

Une ville du Conseil de coopération du Golf. Fati Ar-Rahim, troisième fils d’un noble de la famille royale, se comporte comme un roi absolu et ne se prive pas pour satisfaire ses envies sexuelles insatiables entre deux négociations de contrats. Tandis que son serviteur Rabbi le critique ouvertement, son serviteur Sadegh, quant à lui, obéit aveuglément. Un soir, alors que le capricieux homme d’affaires a réclamé à boire en pleine nuit, ce dernier le trouve en plein ébats avec Rabbi et deux prostitués. D’abord surpris, il reçoit l’ordre de les filmer, le roi désirant punir l’insolence de son serviteur. Mais Sadegh est également sous le charme de son collègue…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la onzième place du meilleur manga érotique au Chill Chill BL award 2020. Il est amusant de voir ce seme prétentieux devenir reversible, avec un côté o-jôsamauke pour son cuisinier inexpérimenté. Comme j’adore complètement les deux couples, j’apprécie de suivre leurs interactions. En revanche, le côté pornographique pourra gêner certains lecteurs, d’où ma recommandation modérée.

10 dance 3 – Inoue Satoh

10 dance 3 inoue satoh

INOUE Satoh 井上佐藤
ISBN: 9782368777299
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784065101476 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Sugiki est bien décidé à faire reconnaître le talent de Suzuki.

Inoue Satoh sensei fait évoluer doucement les sentiments entre ses personnages. A travers le regard d’autres danseurs, comme Nino et Norman Owen, ou les médias représentés par Urashima et Mukai, elle décrit les petits changements de leur relation et la perception de ces deux talents. Comparé au tome précédent, les deux héros se disputent moins, apprenant à se connaître. Ainsi, leur incompréhension du sentiment amoureux quand ils sont concernés contraste avec le jeu de séduction qu’ils pratiquent lors des danses, l’excitation portant à confusion. Par ailleurs, l’auteure dévoile un peu leur enfance et leur vision de la danse. Elle donne des explications sur les compétitions internationales de danses et comment Sugiki gagne sa vie. Elle joue aussi sur l’ambivalence de Suzuki, perçu par certains comme un surdoué ou au contraire, par d’autres, comme quelqu’un de vulgaire ne respectant pas les règles.

Malgré un trait légèrement épuré, la mangaka conserve un graphisme plutôt réaliste. Elle rend particulièrement bien les différents muscles, ainsi que leurs mouvements. Le style, le dessin et la mise en page sont surtout au service de la narration. Même les détails en arrière-plan sont mobiles comme par exemple les servals ou les spectateurs. Inoue sensei maîtrise la répartition des trames; de même, elle utilise toujours les trames d’ambiance dans un contexte précis, avec parcimonie. Elle joue sur les angles de vue, en plongée et contre-plongée, augmentant la magnificence des danses ou en mettant en parallèle certaines scènes. Les pas et les mouvements sont décomposées avec finesse. Suzuki cumule les poses lascives. Sous la jaquette, les personnages se plaignent à l’auteure des poses à prendre pour réaliser couverture et illustrations.

En résumé

Au matin, Sugiki Shinya et Suzuki Shinya sont réveillés par des passants dans le parc. En effet, ils se sont endormis dans la neige après avoir dansé toute la nuit. Sugiki regrette que son partenaire soit un homme, alors qu’il a enfin trouvé quelqu’un aussi endurant que lui, qui accepte de s’entraîner sans relâche. A l’entrainement le soir même, Suzuki et Tajima Aki éprouvent encore quelques difficultés avec le temps de la valse. Quant à Sugiki et Yagami Fusako, ils n’arrivent pas à être sensuel durant les danses latines. Suzuki leur suggère donc de jouer la comédie. Mais Sugiki, trop direct avec les femmes en général, ne dégage aucun charme. En échangeant le rôle féminin chacun leur tour, les deux hommes tentent de développer leur jeu de séduction en dansant sur de la rumba. Et soudain, Sugiki se laisse complètement prendre par son rôle à la surprise de son partenaire.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2018. L’auteure arrive à transcrire l’influence réciproque entre ses deux héros aussi bien dans leur comportement que graphiquement. Elle exprime parfaitement la tension entre eux. Le lecteur se laisse donc facilement happer par leurs joutes. Je ne me lasse pas de leurs aventures!

Si tu m’emmenais sur une île déserte – Yamada 2chome

si tu m emmenais sur une ile deserte yamada 2chome

YAMADA 2chome 山田2丁目
ISBN: 9782368775226
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606519 (JP)
Tokuma shoten, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

L’étrange lien que nouent Ichimori et Akagi, ainsi qu’Akiho et Hisakuni, incapables d’exprimer simplement leurs sentiments.

Yamada 2chome sensei propose deux romances simples mais efficaces, avec des personnages maladroits en amour. La première histoire donne son titre au manga et joue sur le suspense. La narration alterne entre Ichimori et Akagi, dévoilant au fur et à mesure les secrets et le passé par brides, comme si l’on construisait un puzzle. L’amour inavoué quand les héros étaient lycéens a traversé les années, intact. Le changement de comportement d’Ichimori, devenu prudent après avoir fait fuir Akagi, soit-disant par son côté autoritaire, est appréciable. Plus mûr, le couple communique mieux. Voir le timide et coincé salaryman s’épanouir sexuellement est attendrissant. Pour le second récit, l’auteure offre une mignonne comédie jouant sur la hiérarchie et des méthodes peu orthodoxes pour séduire et transmettre ses sentiments. La relation entre le cadre et son employé reste tendue, malgré les discussions, chacun n’aimant pas céder à l’autre.

La mangaka utilise un trait dédoublé qui donne un peu d’épaisseur, mais qui reste tout de même épuré. Ses hommes ont le visage ovale, légèrement anguleux, avec des yeux fins. Leur carrure est assez musclée, en particulier Ichimori qui est coach sportif. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page très dynamique joue sur les ellipses, les absences de cadre, la forme des vignettes coordonnée à l’action. Les illustrations en début de chapitre présentent le couple de manière tendre. Les scènes érotiques sont censurées par les angles de vue et les cadrages qui évitent de montrer les parties intimes.

En résumé

Si tu m’emmenais sur une île déserte: En rentrant, Akagi tombe par hasard sur Ichimori, un ancien ami du lycée. Ce dernier, jeté par sa copine, demande à loger chez lui quelques temps en échange des tâches ménagères. Le salaryman n’arrive pas à refuser, se sentant encore redevable. En effet, amoureux de son ami, il l’avait repoussé violemment alors que le judoka, très tactile, s’approchait. Se blessant à la jambe en chutant, Ichimori a ainsi dû abandonner son rêve de carrière sportive. A son contact, Akagi se sent de plus en plus troublé, les souvenirs du passé remontant peu à peu. En outre, Onoda, une ancienne connaissance du lycée qu’il a revu lors d’une réunion d’anciens élèves, se rapproche également pour lui proposer de financer un projet. Mais pourquoi Ichimori se montre-t-il aussi délicat avec le salaryman depuis qu’il a emménagé?
Mon maître est un enfant gâté: Depuis l’enfance, Akiho Kippei et Hisakuni ont une relation particulière, reproduisant le lien hiérarchique de leurs parents. En effet, le grand-père d’Akiho était le jardinier de la riche famille Hisakuni. Devenu secrétaire, il a encore tendance à prendre soin de son supérieur. Un jour, en voulant éviter que ce dernier ne chute alors qu’il changeait une ampoule, Akiho se casse le bras. Sous prétexte de l’aider, Hisakuni en profite pour le tripoter…

En conclusion

J’aime beaucoup ces deux histoires, même si elles ne sont pas abouties à cause du format un peu court. Je trouve que Yamada sensei maîtrise déjà bien ses scénarios, même si la psychologie de ses personnages semble un peu classique. J’adore particulièrement le graphisme d’Ichimori. Mais je trouve dommage que son petit ami soit un peu plus fade. Le style de l’auteure a encore évolué. J’espère donc que d’autres de ses titres arrivent un jour en France, surtout sa dernière série Tabetemo oishiku arimasen!

Therapy game 2 – Hinohara Meguru

therapy game 2 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375062098
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666667 (JP)
Shishokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu sais, Minato, c’est bête de rester seul par peur de souffrir. »

Hinohara Meguru sensei conclut la romance entre Shizuma et Minato en abordant de nouveaux thèmes: l’avenir, la difficulté à faire confiance, la communication. Comparé au premier tome, le couple communique beaucoup plus, même pendant les ébats. En effet Shizuma se montre à l’écoute du plaisir de son partenaire. Le consentement est donc primordial. D’ailleurs son comportement permet de s’interroger sur les relations entre bisexuel et homosexuel, les doutes et les peurs qui accompagnent leur relation. L’auteure s’intéresse également au poids des préjugés, aux réactions quand un couple gay s’affiche. Elle dévoile aussi le passé traumatisant et dramatique de la famille Kirigaya. Elle utilise les personnages secondaires pour bousculer gentiment nos deux héros.

La mangaka exagère ou déforme ses traits épurés pour renforcer l’expressivité des visages. Par exemple, elle dessine des têtes en SD ou très simplifiées trop mignonnes: la surprise de Minato quand il découvre le lien fraternel entre Shizuma et Shôhei est hilarante! Justement, elle offre une palette d’expressions variées et fortes rien que pour Minato, avec un travail particulier des yeux. L’humour s’exprime donc graphiquement. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les flash-back sont bien intégrés. Le choix des angles de vue, variés, accompagnent beaucoup la mise en page dynamique. Ainsi, cela permet de mettre en avant les détails mais également les sentiments dans les scènes érotiques non censurées. Par ailleurs, une fiche sur les personnages apporte quelques renseignements complémentaires.

En résumé

Mito Itsuki conseille son petit frère Minato (23 ans) et l’encourage à retenter sa chance avec Ikushima Shizuma (24 ans). En effet, il a tendance à abandonner rapidement ses relations par peur d’être blessé plus tard. Mais Shizuma reste introuvable et ne répond plus au téléphone. A l’université, Minato reçoit l’aide des deux amis de l’étudiant, ainsi que celle de Yuka qui arrive à pirater le téléphone portable de Shizuma. Mito reconnaît immédiatement les photos de paysages récemment prises. En effet, Shizuma est parti dans la ville d’origine de son petit ami. Sur place, il découvre le passé dramatique de la famille Kirigaya. Minato part alors à sa recherche. En le trouvant sur la plage, il lui saute dans les bras…

En conclusion

La relation entre les deux héros est entrainante et pleine d’amour. J’adore comment Hinohara sensei dessine les yeux de ses personnages, effilés, avec l’ouverture changeant selon leurs émotions, et même complètement simplifiés dans les passages humoristiques. Je n’ai pas envie de les quitter. Et cela tombe bien car leur histoire continue actuellement dans Therapy game restart.