Blue morning 3 – Hidaka Shoko

blue morning 3 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774588
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784199604782 (JP)
Tokuma shoten, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

Les révélations sur les familles Katsuragi et Kuze vont chambouler la relation entre le maître et son domestique.

Dans ce troisième tome, Hidaka Shoko sensei dévoile la majorité des secrets sur la famille Katsuragi et la famille Kuze. Parallèlement, elle met en avant le système d’adaptation du gouvernement militaire mis en place par le gouvernement Meiji pour les anciens samurai, ainsi que les inégalités et les difficultés qui en découlent. Par exemple, la reconnaissance des enfants illégitimes pour protéger la lignée se faisait grâce à une déclaration de favorites, c’est-à-dire des maîtresse, rappelant le système des concubines. De même, malgré les mêmes responsabilités, les seigneurs régionaux étaient traités différemment des nobles et des nouveaux riches. En plus, l’obligation de protection des anciens vassaux, malgré l’abolition du gouvernement militaire, persistait. Akihito se montre moderne et cherche à bousculer les règles de sa maisonnée. L’auteure décrit avec justesse les chamboulements intervenant dans la relation entre le maître et son domestique, au fil des révélations.

Les traits épurés de la mangaka conservent tout de même une touche réaliste. Quelques trames appuient l’ambiance des vignettes. De même, comme il y a beaucoup de flash-back, le fond noir permet de les repérer rapidement. Les décors situent principalement les actions. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les illustrations en début de chapitre forment des diptyques mettant en scène Kuze puis Katsuragi dans le même environnement. Les scènes érotiques sont plus précises mais l’absence de détails ainsi que le cadrage censurent les parties trop intimes.

En résumé

Kuze Akihiko commence à prendre les rênes de la gestion court-circuitant Katsuragi. Désormais, il consulte personnellement les courriers financiers et les livres de compte. Parallèlement, il fréquente depuis trois mois Sajô Chikako, fille de duc, en vue d’un mariage. Cependant, la mère et la gouvernante affichent clairement leur désaccord face à cette union avec une personne de rang trop inférieur à leur goût. Il demande aussi au chef de la famille Ishizaki d’être son témoin à la place de la marquise Moriyama. De son côté, Amamiya Rinzaburô rend visite chaque jour à Kiku pour essayer de découvrir les motivations du changement de l’ancien maître. Se retrouvant désœuvré, Tomoyuki continue pourtant à subir les assauts du jeune héritier. Alors qu’il avait prévu de dépouiller celui qui lui avait indirectement tout volé en naissant, il réalise de plus en plus que ses sentiments ont changé.

En conclusion

Ce tome a obtenu la quatrième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2011. Et Hidaka sensei est également classé première pour les mangaka. Comparé au tome précédent où les intrigues priment, elle maintient le suspense et se concentre un peu plus sur la relation entre ses deux héros. La scène finale plonge le lecteur dans une appréhension insoutenable. Je recommande surtout cette série à ceux qui aiment les sagas familiales et historiques.

Blue morning 2 – Hidaka Shoko

blue morning 2 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774571
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604430 (JP)
Tokuma shoten, 2010 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Malgré sa promesse faite à Katsuragi, Akihito n’arrive pas à contenir ses sentiments intenses.

Hidaka Shoko sensei présente un peu plus Katsuragi. Elle continue à mettre en scène les différences de point de vue entre les anciennes et les nouvelles générations, à travers les regards et les commentaires des nobles, des bourgeois. De même, elle confronte la modernité aux traditions, aussi bien pour les véhicules, les conventions que les traditions. D’autant plus que le système social du gouvernement militaire persiste et impose une certaine hiérarchie entre les familles. En introduisant Amamiya Rinzaburô, un étudiant au pair chargé de l’éducation de Katsuragi, l’auteure ajoute une touche excentrique à son univers plutôt réaliste mais guindé. Elle révèle indirectement les différents secrets par des flash-back et des discussions. Elle présente également les différentes méthodes de spéculation financière, alliant réseaux, connaissances et mariages. Ainsi, les personnages secondaires jouent un rôle assez important. Akihito évolue peu à peu, s’affirmant.

La mangaka utilise des traits épurés assez réalistes. Elle travaille particulièrement l’expressivité des regards, permettant de se passer des dialogues. Elle soigne les trames et les décors, donnant un certain équilibre à ses pages. La mise en page est dynamique. Les scènes érotiques évitent la censure grâce à l’absence de détails.

En résumé

Kuze Akinao était très exigeant sur l’éducation de Katsuragi Tomoyuki mais pourtant, dès la naissance de son fils légitime, il a délaissé l’enfant qu’il avait prévu d’adopter. Cependant, les relations avec la famille Katsuragi restent complexes. En effet, le vicomte utilisait leur ancien lien de vassalité pour soumettre encore cette famille de banquiers. Sa relation ayant évolué avec son maître, Katsuragi se remémore son passé. Bien qu’Akihito regrette d’avoir pris de force son domestique, il est décidé à respecter leur marché consistant à obtenir un titre de noblesse supérieur. Pourtant, consumé par son amour intense, il délaisse l’école. Croyant son ami malade, Ishizaki achète des fruits et croise alors Katsuragi Takayuki, qui dirige les affaires et entame la discussion.

En conclusion

Après un premier tome consacré à Kuze, Hidaka sensei s’intéresse à Katsuragi. Elle arrive à toujours mettre en place son récit tout en développant quelques intrigues. Elle fait passer l’homo-romance au second plan tout en tenant en haleine les lecteurs. La relation entre le maître et son domestiques évolue doucement. Entre devoirs et obligations, les sentiments n’ont pas vraiment leurs places et pourtant, j’ai tellement envie de voir ce couple s’épanouir. Petite précision: l’auteure a été classée meilleure artiste au Chill Chill BL award 2010.

Blue morning 1 – Hidaka Shoko

blue morning 1 hidaka shoko

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782368774564
Boy’s love IDP, 2015
ISBN: 9784199604027 (JP)
Tokuma shoten, 2009 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

La relation complexe entre le jeune vicomte Kuze et son intendant secret Katsuragi.

Hidaka Shoko sensei narre les aventures du jeune vicomte Kuze et de son intendant Katsuragi qui gère les biens de la famille. Elle dépeint les intrigues politiques de la noblesse, les conflits générationnels entre tradition et modernité dans l’ère Meiji (1868-1912), la persistance de la vassalité des familles malgré l’abolition du système guerrier. En jouant sur les non-dits, elle diffuse au fur et à mesure des indices sur les desseins de Katsuragi ou son passé. Kuze est un noble peu commun qui n’apprécie pas les manigances de la noblesse et sympathise facilement avec le fils de commerçant Ishizaki. Pourtant, sous l’influence de son domestique, il se transforme peu à peu, pouvant devenir autoritaire. L’auteure décrit parfaitement les émotions et les sentiments de ses personnages. Elle installe pour l’instant le contexte de sa série, se focalisant sur Kuze. Ainsi, le temps s’écoule rapidement.

Les traits fins, minutieux et épurés de la mangaka ont une touche réaliste. Les décors et les vêtements sont soignés, respectant les références historiques. Les angles de vue recherchés s’attardent sur les regards. Aussi, la mise en page dynamique joue sur des emboitements et des ellipses discrètes. Les trames de fond accompagnent un peu l’ambiance de certaines vignettes, mais le rendu reste réaliste. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur l’esthétique des personnages, révélant leur allure distinguée. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei ne montre pas les parties intimes. Elle transcrit cependant la violence du premier rapport du couple.

En résumé

Après le décès de sa mère puis de son père, Kuze Akihito prend la succession de vicomte à 10 ans à peine. Son tuteur désigné par le testament du vicomte Akinao, Katsuragi Tomoyuki, assure l’intendance jusqu’à sa majorité. Mais le domestique se montre froid avec son maître. En effet, élevé par sa mère malade à Kamakura dans leur résidence secondaire, l’enfant ne connaît rien à l’étiquette et a quelques lacunes scolaires. Katsuragi s’occupe alors avec sévérité de l’éducation du successeur. En grandissant, Akihito essaie constamment de comprendre son intendant, jalousant les faveurs que ce dernier accorde à Saionji Shigeyuki, fils de marquis, et la marquise Moriyama Kayoko. De même, il s’interroge sur le regard parfois haineux que son domestique lui porte.

En conclusion

Ce tome a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2009. L’auteure plonge ses lecteurs dans une sorte de saga familiale, où les secrets, les liens vassaliques persistants et les changements sociétales prennent plus d’importance que la relation sentimentale. Un réel bonheur à suivre!

Juste parce que je t’aime – Tokita Honoji

juste parce que je t aime tokita honoji

TOKITA Honoji ときたほのじ
ISBN: 9782368776407
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784865893922 (JP)
Fusion Product, 2017 (JP)
Titre original: ただただ好きというだけで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une tendre romance entre un bon élève beau gosse et un yankee plus sensible qu’il ne paraît.

Pour son premier manga, Tokita Honoji sensei présente une romance assez classique entre un bon élève beau gosse et un délinquant. Elle s’intéresse principalement aux jugements sur l’apparence et à l’évolution de leur relation. Le couple prend son temps pour se découvrir, discuter, s’interroger sur l’amour et partager leurs sentiments. Il est donc dans une relation saine où le consentement est bien présent. Par ailleurs, l’auteure a une approche réaliste, mettant en scène des personnages plutôt lambdas. Par exemple, conscient de sa possessivité, Teo essaie de se contrôler. De même, Takeru est isolé à cause de son apparence effrayante, mais il s’avère être quelqu’un de gentil et juste maladroit en relations humaines. Alors qu’il change grâce à l’amour, il fait également preuve de motivation personnelle. Totoki est le narrateur principal mais Yoshizawa donne sa version dans l’histoire bonus de fin de tome.

La mangaka a un trait épuré un peu classique mais beau et agréable. Elle n’hésite pas à le simplifier pour renforcer les expressions. Elle se focalise particulièrement sur les regards et les petits gestes. D’ailleurs, ses personnages deviennent presque SD dans les scènes humoristiques. Des trames sombres appuient les moments dramatiques. Les décors situent surtout l’action et quelques trames d’ambiance illustrent les sentiments des protagonistes. Les actions des bagarres sont assez simples et plutôt statiques mais rendent bien la tension. Tokita sensei utilise des angles de vue classiques mais efficaces, avec une mise en page très dynamique. Sous la jaquette, elle donne des anecdotes sur les deux héros en deux planches. Elle censure à peine les scènes érotiques, esquissant les détails.

En résumé

Totoki Takeru est souvent impliqué dans des bagarres à cause de son regard noir. Au lycée, tout le monde l’évite, le prenant pour un délinquant et ayant peur de lui. Pourtant, Yoshizawa Teo remarque que son regard peut être différent quand il est avec lui. Curieux et intéressé, il lui propose alors de sortir ensemble, pour le plus grand bonheur de Totoki qui est en réalité amoureux de lui. Mais en entendant les mises en garde des amis de Yoshizawa, le délinquant se demande s’il ne ferait pas mieux de se séparer de peur qu’il n’arrive quelque chose à son petit ami. Yoshizawa l’arrête immédiatement, encore plus charmé par son regard en larmes.

En conclusion

Malgré les appréciations des lecteurs trouvant le pur yankee Totoki en larmes craquant, l’auteure n’a pu entrer dans le top du classement des meilleures nouvelles venues au Chill Chill BL award 2018. Sûrement parce que son sujet est trop classique, avec des personnages ordinaires. Mais c’est justement ce qui me fait adorer ce récit réaliste. Des héros communs dans une romance commune. Pas de personnes torturées ou traumatisées, juste deux lycéens qui tombent amoureux. De l’amour, de la tendresse, un peu de tension. Ne passez pas à côté de ce récit simple mais tellement attachant!

Le montre et la bête 1 – Renji

le monstre et la bete 1 renji

Renji 蓮地
ISBN: 9782375061893
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784041064948 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Ne vous fiez pas aux apparences: le monstre peut être plus doux qu’une bête!

Pour son premier manga, Renji sensei propose de suivre l’étrange relation entre un humain et un monstre. Elle installe le contexte et les personnages, prenant son temps pour développer leurs sentiments. Le prétexte du voyage permet aux protagonistes de discuter et se découvrir. La narration prend un ton de conte raconté, présentant également le point de vue de Kavo. L’auteure joue sur les contrastes et les opposés et interroge sur l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Le monstre Kavo s’avère doux et ingénu, tandis que Liam, malgré son âge, reste insouciant, dévergondé et ouvert à toutes expériences sexuelles. L’humain ne fait aucun compromis et parle franchement, alors que le monstre dégage un côté mignon par ses réactions et son comportement. Ainsi, il devient difficile de savoir qui est vraiment le monstre ou la bête. En fin de tome, une histoire bonus donne une anecdote amusante sur la nourriture.

La mangaka a un trait épuré original. Malgré le visage de Kavo toujours caché, elle exprime les différents sentiments du monstre en modifiant la forme de ses yeux, un point lumineux sous l’ombre des cheveux. Elle simplifie les traits et les formes dans les passages humoristiques. La carrure musclée et gigantesque de Kavo contraste avec le corps pourtant longiligne de Liam. L’univers d’héroic fantasy se mêle au contemporain. Par exemple, Liam porte des costumes 3 pièces. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les angles de vue, malgré quelques plongées, contre-plongées et vue de dessus, semblent assez classiques. Néanmoins, la mise en page reste dynamique. Sous la jaquette, deux planches narrent un quiproquos entre Kavo et Liam.

En résumé

Le monstre Kavo vit dans la forêt, esseulé. En effet, son aspect effrayant fait fuir humains comme autres monstres. Un jour, il sauve un homme d’âge mûr qui se faisait agresser. Liam n’a pas peur de lui, même lorsqu’il le menace de le manger. Il lui fait même une proposition indécente, acceptant de coucher avec lui. Kavo est alors surpris en apprenant que Liam était consentant pour coucher avec ses agresseurs, aimant prendre du plaisir, mais que cela ne s’était pas passé aussi bien qu’il l’avait prévu. Devant l’inconscience de l’humain, le monstre décide de le guider jusqu’à Liiso. Mais après un baiser volé, il préfère tout de même garder un peu de distance avec ce dévergondé…

En conclusion

Ce tome a obtenu la dix-septième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2019. Le jeu de contrastes est assez perturbant au début mais on est vite pris par l’aventure. Justement, Renji sensei s’éloigne des BL et propose donc de suivre une histoire avec des personnages attachants dont les sentiments vont évoluer peu à peu. De la douceur!

Therapy game 1 – Hinohara Meguru

therapy game 1 hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061848
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666612 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Le plus dur n’est pas d’aimer mais de faire confiance.

Dans ce spin-off, Hinohara Meguru sensei s’intéresse à la romance des frères des héros de Secret xxx. Avec un ton un peu plus sérieux, elle questionne le jugement sur l’apparence, la trahison et la confiance. Elle prend son temps pour installer le contexte et présenter les points de vue et les caractères des personnages. Shizuma, trop gentil et bienveillant, est peut-être observateur mais a tendance à foncer pour réfléchir après coup. Minato, quant à lui, cache un traumatisme d’enfance et a peur de s’attacher aux gens. Alors que la relation débute plutôt mal entre les deux hommes, les sentiments vont vite la faire évoluer. D’ailleurs, l’auteure s’attarde surtout sur le manque de confiance de ces deux hommes blessés qui surpassent leurs sentiments et polluent leurs liens naissants. Elle introduit leur douloureux passé par des flash-back sans complètement tout dévoiler. Deux histoires bonus apportent une touche d’humour en fin de tome.

La mangaka a un trait épuré, légèrement anguleux, parfois dédoublé donnant un peu d’épaisseur aux lignes principales. Elle soigne particulièrement l’expressivité des regards et n’hésite pas à simplifier les traits pour les passages humoristiques. Les oreilles et les nez sont pointus. Les trames d’ambiance participent à la narration. De même, elles alternent avec les décors. Par ailleurs, l’équilibre entre les trames d’ombres et de colorisation donnent du volume sans surcharger la page. Les angles de vues variés, avec des plongées et contre-plongées soulignant l’action, appuient la dynamique de la mise en page. Les scènes érotiques ne sont pas censurées, mais les détails des préliminaires dégagent un certaine sensualité. En arrière plan, les servals apportent une petite touche humoristique.

En résumé

Ikushima Shizuma se réveille aux côtés de Minato dans un hôtel. Mais il ne se souvient de rien, ayant noyé son chagrin dans l’alcool après sa rupture avec sa petite amie Nishizono Yuka la veille. Il repousse alors Minato qui essaie de lui remémorer leur nuit intense. Blessé d’avoir cru aux paroles d’un hétérosexuel, ce dernier n’arrête pas de se plaindre durant la séance photos au bar. Il accepte alors le pari lancé par les travestis, décidé à séduire Shizuma pour le jeter ensuite. Le jeune homme éconduit va donc lui rendre sa carte d’étudiant oubliée au bar. Mais à l’université, les amis d’Ikushima, Chikawa et Tatsumi, s’incrustent à leur table et se mettent à critiquer ouvertement Yuka puis Minato. Vexé, Shizuma embarque avec lui le visiteur. Comme il pleut, il lui propose alors de le déposer en voiture et en profite pour s’excuser de sa goujaterie du matin.

En conclusion

Ce manga a obtenu la septième place au classement du Chill Chill BL award 2019. Il est vraiment prenant et touchant. Minato a l’air plus traumatisé que Mito par leur passé. J’adore le voir céder aux caresses de Shizuma. En plus, voir Shôhei et Mito soutenir leurs frères respectifs à leur manière est intéressant. J’apprécie vraiment le travail de l’auteure, sa manière d’aborder les sujets avec un ton assez réaliste tout en prenant soin de ses personnages. Le cliffhanger de la fin est insoutenable. Vivement le tome suivant!

Ito-san – Kuraka Sui

ito san kuraka sui

KURAKA Sui 冥花すゐ
ISBN: 9782368775004
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495067 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

L’amour n’a pas sa place dans la prostitution et le meurtre, pourtant il va réunir deux âmes perdues.

Pour son premier manga, Kuraka Sui sensei offre une histoire sombre où les relations prennent une tournure extrême, s’émancipant presque de l’amour. Ito et Kyosuke développent une relation destructrice mais tendre et consentie. La narration alterne entre les deux héros. L’auteure joue beaucoup sur les flash-back, brouillant parfois la chronologie du récit. Par ailleurs, bien qu’elle précise dans la postface aimer « les histoires d’amour qui ne sont pas superficielles », elle a encore du mal à le transcrire parfaitement dans son scénario. En effet, l’histoire prend une tournure improbable où l’amour arrive alors à tout surpasser: meurtre et amnésie. Le récit principal est complété par une histoire sadomasochiste avec une domination extrême. Le format court met trop en avant le côté violent et pervers malgré un passage angoissant.

Le graphisme de la mangaka colle parfaitement à l’ambiance. Ses traits sont légèrement anguleux. Le traitement particulier des yeux ajoute à l’impression inquiétante que dégage Ito. De même, les yeux sans pupille de Kyosuke renforce son côté éteint. La variété des expressions et des carrures, comme la maigreur de Kyosuke, les muscles d’Ito, les vieux clients à l’embonpoint, donnent une touche réaliste. Kuraka sensei s’attarde sur les détails, en jouant sur les angles de vue et les cadrages recherchés. Cependant, les scènes violentes évitent de montrer les passages trop durs. Par ailleurs, les aplats noirs renforcent les moments inquiétants dans les bulles, les fonds ou les contre-jours. Par exemple, quand Ito tient Kyosuke par le menton, son ombre semble l’étrangler. Les décors sont très présents. En outre, les scènes érotiques jouent sur les angles de vue et l’absence de détails pour censurer les parties intimes.

En résumé

Ito-san: Kyosuke se prostitue depuis l’enfance. Chaque mardi, son client Ito-san préfère lui faire la conversation au lieu de coucher avec lui. Un jour, il lui offre même une mallette remplie de billets pour qu’il arrête son métier. Mais le prostitué refuse, ayant une piètre opinion de lui-même. Après que des clients l’aient pièger pour faire une vidéo violente en groupe, Kyosuke croise par hasard Ito-san dans les couloirs de l’hôtel. Ce dernier, remarquant ses blessures, lui propose encore plus d’argent. Le mardi suivant, alors qu’il a reçu une réservation d’un autre client, il trouve plusieurs individus massacrés dans la chambre. Chamboulé, il est alors interpellé par Ito-san à la sortie. Ce dernier lui confie avoir réglé le problème en enquêtant sur ces dangereux clients. Ressentant des sentiments grâce à Kyosuke, Ito lui adresse soudain un premier sourire qui fait alors chavirer le cœur du prostitué, malgré le danger.
Cage: Le président du conseil des élèves Fujisaki Aiju traite le professeur Taga comme un esclave, profitant de ses tendances perverses pour avoir les corrigés des examens à l’avance. Mais un jour, leur relation sadomasochiste va prendre un autre tournant.

En conclusion

Ce titre a obtenu la septième place de la meilleure œuvre de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. En effet, l’auteure plonge ses lecteurs dans l’univers sombre de la prostitution et du meurtre, se focalisant sur les liens entre les personnages. Pour ceux qui aiment ce genre, ce manga pourra leur plaire, malgré les quelques maladresses de débutant. Pour ma part, je suis légèrement frustrée par la fin et aurais préféré qu’elle soit complétée par un chapitre bonus. Justement, Kuraka sensei a continué son récit et I – Ito-san 2 est sorti en 2017 au Japon.

Secret xxx – Hinohara Meguru

secret xxx hinohara meguru

HINOHARA Meguru 日ノ原巡
ISBN: 9782375061473
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403665981 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une comédie romantique remplie d’adorables lapins avec un seme aussi doux et chaud qu’eux.

Hinohara Meguru sensei propose de suivre une comédie romantique remplie de mignons lapins ayant pour thème principal les secrets. Elle aborde différents sujets avec légèreté comme les liens familiaux, l’allergie, le brother complex, le fonctionnement d’une animalerie et des concours. Son couple se forme vite mais se découvre peu à peu: Mito et Shôhei vont apprendre à se confier, renforçant ainsi leur confiance mutuelle. La narration est principalement faite du point de vue de l’étudiant. En introduisant Minato, le petit frère de Mito, qui a une personnalité exacerbée, l’auteure développe un peu le passé difficile de la famille Itsuki. Elle joue également sur les contrastes: Mito a un caractère doux mais chaud lapin, un aspect longiligne avec une force monstrueuse. De même, l’ambiance des familles Itsuki et Ikushima s’opposent complètement. Les servals et les lapins apportent une touche humoristique. Des fiches personnages des héros complètent les renseignements sur leurs goûts.

La mangaka utilise des traits épurés un peu anguleux, avec un style graphique légèrement shôjo. Dans les scènes humoristiques, elle exagère les expressions et n’hésite pas à simplifier ses traits. Ses personnages, à la carrure plutôt svelte, ont des oreilles pointues parfois décollées mais cela renforce leur côté mignon. Les angles de vue recherchés permettent souvent de remplir les vignettes de lapins ou de mettre en avant l’esthétique des personnages. En plus, les pensées des rongeurs sont transcrites textuellement. Hinohara sensei joue beaucoup sur les fonds et les trames d’ambiance, offrant une variété de motifs. Elle équilibre les vides et les trames d’ombres et de coloration, évitant de surcharger ses pages. En plus, la mise en page dynamique rythme les nombreuses actions. Les illustrations de début de chapitre représentent le couple en amoureux. D’ailleurs, les scènes érotiques peu censurées se concentrent sur les câlins torrides.

En résumé

Avec un père travaillant dans un zoo et une mère vétérinaire, Ikushima Shôhei (21 ans) a grandi entouré d’animaux sauvages. Cependant, il préfère les lapins mais en est malheureusement allergique. Admirant chaque jour la vitrine de l’animalerie spécialisée Trois lapins, il est un jour invité par Itsuki Mito (28 ans) à y entrer. Depuis, Shôhei aide à la boutique en prenant grand soin de tenir secrète son allergie. En effet, il souhaite rester auprès de son supérieur dont il est tombé amoureux…

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la troisième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. Malgré les nombreux thèmes intéressants abordés, l’auteure privilégie les situations tendres et comiques sans entrer dans les détails. D’ailleurs, elle donne une image idéalisée de l’animalerie, avec des lapins heureux qui peuvent se promener librement, avoir des câlins et qui sont gentils ou taquins. En traduction, on perd malheureusement le jeu de mot entre l’animalerie et le prénom de Mito 三兎 qui s’écrit avec le caractère « 3 » et « lapin ». Même si les évènements s’enchainent, laissant peu de temps pour souffler, on s’amuse tellement avec ce couple câlin et consentant.

L’étranger du zéphyr 3 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 3 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368776124
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784201 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Après quelques épreuves, la famille Hashimoto trouve enfin son équilibre.

Kii Kanna sensei met plus en avant les familles recomposées que la romance homosexuelle. Entre l’adoption de Fumi, l’accueil de Mio, mais également l’homme au foyer, Wada, marié à une femme divorcée, elle présente une palette des différents liens qui se nouent, les efforts et les inquiétudes pour former une famille. Parallèlement, elle s’intéresse aux différents états d’âme d’un écrivain: le manque d’inspiration et le stress des délais, les doutes et la gestion du succès, l’instabilité et la remise en question constante. Prenant un ton comique, la narration devient encore plus dynamique avec des réactions exagérées. Par ailleurs, les souvenirs s’infiltrent entre les discussions. En réintroduisant les amis d’Okinawa, l’auteure offre au passage une petite critique de la presse. Elle ajoute également un chapitre bonus mettant en avant l’épanouissement du couple, qui communique franchement.

La mangaka utilise les codes du style comique, avec des yeux exorbités, des déformations, des exagérations. Par exemple, elle simplifie les traits des personnages, en ajoutant d’énormes yeux leur donnant un aspect de smiley. De même, pour exprimer les émotions, elle n’hésite pas à ajouter des éléments graphiques: Shun avec des oreilles et une queue de chat ou l’espace entourant constamment sa tête quand il est déconnecté. La mise en page est dynamique, jouant sur les vides et l’absence de cadrage. Les quelques trames d’ambiance sont plutôt discrètes. Dans les scènes érotiques, peu nombreuses, Kii sensei ne dessine pas les parties intimes.

En résumé

La mère de Shun ayant attrapé le rhume de Fumi, elle envoie son fils avec Mio à la journée de visite des parents à l’école. Stressé de rencontrer d’anciennes connaissances, Hashimoto se réfugie aux toilettes. Mais en sortant, il croise Wada, dont il était amoureux au collège. En plus, sa fille Chiho est dans la même classe que Fumi. Mio a déjà rejoint la classe du garçon tout heureux que son frère soit venu, même s’il traîne aux toilettes. Chibana provoque l’hilarité de la classe en donnant une mauvaise réponse à un calcul sur lequel séchait Fumi. Dans les couloirs, Chiho se dispute d’abord avec son beau-père, vexée que sa mère n’ait pu venir. Elle passe ensuite sa colère sur Fumi, un peu bruyant, en s’attaquant à sa « fausse » famille. Alors, le petit garçon craque et la frappe!

En conclusion

Comme l’orientation prise au tome précédent, la série se bonifie mais s’intéresse principalement à l’interaction entre les personnages. Ainsi, le lecteur ne se lasse pas de suivre les tranches de vie de toute la famille. Le shetland Poco et la chatte Tama continuent à apporter une touche amusante et tendre en arrière-plan. Le défilement du temps s’accélère et à la fin, le rebelle Fumi de 13 ans donne le ton du prochain volume à suivre. Trop hâte!

L’étranger du zéphyr 2 – Kii Kanna

l etranger du zephyr 2 kii kanna

KII Kanna 紀伊カンナ
ISBN: 9782368775479
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783884 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Avec la reprise d’une vie de famille chaleureuse, les confidences affluent.

Kii Kanna sensei continue à développer l’installation de Shun et Mio à Hakodate. Elle s’intéresse principalement à la vie de famille, aux problèmes de chacun, aux sentiments et aux liens qui se créent. Les personnages se connaissant un peu mieux, commencent à faire des confidences: la dépression du père, les inquiétudes de Fumi qui a été adopté, la douleur de la pénétration anale. Les situations sont réalistes: par exemple, quand Shun explique sa relation homosexuelle à son petit-frère, il l’invite à réfléchir par lui-même pour développer son propre jugement. L’écrivain réalise également son approche différente de la vie comparé à Shun. Il se sent misérable de ne pas supporter aussi bien leur couple et de laisser Mio gérer un peu tout, même l’organisation de moments intimes. Ainsi, l’auteure construit un couple très attentif l’un à l’autre. Par ailleurs, elle dévoile la gourmandise et un côté un peu sombre de Mio.

Le trait de la mangaka a légèrement évolué: les visages de ses personnages sont un peu plus carrés. Les réactions de Fumi sont graphiquement excessives mais renforcent leur expressivité. Kii sensei joue sur les fonds avec des trames plus ou moins sombres. Ses décors sont toujours autant travaillés. Les animaux, actifs en arrière-plan, apporte discrètement un peu d’humour. La mise en page devient plus dynamique, avec des vignettes de formes ou de tailles différentes. Les différents espaces ainsi créés aèrent la page qui semble donc moins chargée. Les scènes érotiques deviennent encore plus pudiques, les cadrages coupant les détails trop intimes.

En résumé

Hashimoto Shun et Chibana Mio ayant décidé de rester à Hokkaido, ils emménagent dans l’ancienne boutique attenante à la demeure des Hashimoto. Cependant, Fumi vient souvent les voir. Le soir de Noël, alors qu’il aurait dû être couché, il surprend le couple en pleins ébats et fuit. Le matin, il continue à éviter violemment le couple et se réfugie chez Kaoruko. Comme il se pose pleins de questions et qu’il redoute d’être renvoyer à l’orphelinat, la jeune femme lui conseille de parler directement avec son frère. Après l’avoir rassuré, tous deux retrouvent Mio et Shun dans un restaurant. Les garçons expliquent alors à l’enfant qu’ils sont amoureux, malgré les remarques les jugeant bizarres et dégoutants. Fumi décide donc, avec Sakurako, d’accompagner le couple au marché acheter du crabe pour le repas de nouvel an.

En conclusion

Ce tome a obtenu la 17ème place de la meilleure série au Chill Chill BL award 2017. Tous comme les protagonistes, les lecteurs découvrent au fur et à mesures les situations, les inquiétudes et les petits secrets de chacun. D’ailleurs, l’auteure s’amuse à insérer des indices au fil des pages, permettant d’anticiper légèrement les évènements. Elle termine encore son récit sur un suspense donnant envie de se jeter sur la suite!