I recollect love 2 – Yukue Moegi

I recollect love 2 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368776100
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784796409995 (JP)
Kaiohsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Quand la fierté empêche de déclarer ses sentiments.

Malgré une déclaration d’amour enfin réciproque dans le premier tome, Yukue Moegi sensei continue à développer les chamailleries entre Toranosuke et Tetsuya. En effet, elle donne un côté un peu tsundere à Tora qui se montre trop fier pour se laisser aller à ses sentiments. De même, il a peur de se dévoiler tel qu’il est à son amant. Ainsi, les deux héros continuent à enchaîner maladresse et embarras, évitant de discuter de leurs difficultés, désirs ou appréhensions. Ces petits quiproquos deviennent amusants. En introduisant Mayu, une jeune fille au caractère pétillant et passionné, l’auteure va secouer un peu le couple. En effet, la franchise et la spontanéité de la motarde inspirent les deux amants qui communiqueront par la suite avec plus de franchise. La place sur la moto prend un sens presque symbolique.

La mangaka a un trait épuré qui se dédouble dans les contours, leur conférant une certaine épaisseur. Elle dessine des personnages masculins, n’hésitant pas à présenter les jambes poilues de Tetsu. Sa virilité contraste avec Tora qui rougit constamment. Les décors permettent surtout de situer les actions. De même, les trames sont plutôt dans des tons légers, renforçant l’aspect clair des pages. En plus, les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. Beaucoup de sorties de cadre dynamisent la mise en page. Yukue sensei censure les scènes érotiques en évitant de montrer trop de détails en jouant sur les cadrages. Elle débute ses chapitres par une illustration du quotidien. Par ailleurs, elle dessine de belles illustrations aux couleurs aussi tendres que la romance.

En résumé

Toranosuke et Mori Tetsuya sortent enfin ensemble. Pourtant Tora a encore du mal à s’habituer à la situation et ne se laisse pas facilement câliner. Son amant essuie même des coups à chaque abus trop intime. Les anciens membres du groupe de bikers, Tomoki et Makio, veillent sur le couple qui se chamaillent comme par le passé et encouragent Tetsu à reconquérir celui qu’il aime depuis 10 ans…

En conclusion

Une histoire tendre et mignonne avec un couple qui se chamaille pour des broutilles, la gêne et la honte les empêchant d’être naturel. J’adore la conclusion et j’apprécie vraiment que l’auteure ait pris son temps pour développer son scénario.

I recollect love 1 – Yukue Moegi

I recollect love 1 yukue moegi

YUKUE Moegi ゆくえ萌葱
ISBN: 9782368774892
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784796407847 (JP)
Kaiohsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Entre excitation des courses de motos et premiers émois amoureux, difficile de distinguer ses sentiments.

Dans ce spin-off de Glare at you because I love you, Yukue Moegi sensei narre la romance chaotique de Toranosuke, le frère aîné de Ryônosuke. Elle s’intéresse au développement du sentiment amoureux entre Tetsuya et Tora, à la pression du groupe et aux compromis qu’ils trouvent pour rester ensemble. Ainsi, même si leurs sentiments sont réciproques, les deux hommes ont des difficultés à les gérer et à en discuter. En plus, diverses émotions ajoutent du trouble dans leur appréhension comme la possessivité ou la jalousie contenues. La peur de briser une amitié et de détruire un gang prime sur leur amour. L’auteure décrit avec délicatesse la confusion dans laquelle se trouve Toranosuke. Elle met en avant le manque de communication entre les deux amis. Même si Tetsu semble forcer leur relation physique, Tora a clairement conscience de se laisser faire.

La mangaka a un trait épuré dédoublé, donnant une certaine épaisseur. Elle utilise quelques trames d’ambiance. Les décors sont plutôt précis. De même, la mise en page est dynamique grâce à beaucoup d’absence de cadre et des angles de vue variés. En plus, Yukue sensei intègre bien les flash-back. Elle censure les scènes érotiques par des caches blancs sur les parties génitales. D’ailleurs, elle joue sur les cadrages pour éviter de montrer trop de détails.

En résumé

Toranosuke travaille dans le salon de coiffure Flower avec Mori Tetsuya. Ils se sont rencontrés il y a déjà 10 ans. A l’époque, Tora s’ennuyait au lycée et, en croisant le groupe de motards mené par Tetsu, il a été immédiatement subjugué par leur classe. Il a alors tout fait pour monter un jour avec lui à l’arrière de sa moto. Mais comme il ne faisait pas parti du gang, il a également attiré l’animosité de pas mal de membres, en particulier les filles. Néanmoins, maintenant, Tetsuya souhaiterait régler un problème resté en suspens entre eux depuis cette époque…

En conclusion

L’auteure promène le lecteur entre passé et présent, mettant en avant la constance des sentiments de ses personnages. Elle arrive comme toujours à nous séduire avec des histoires réalistes, simples mais tendres. Aussi, je suis heureuse de découvrir l’histoire du frère aîné qui était si protecteur avec son petit frère. De faux voyous au grand cœur qui ne laissent pas indifférents!

Les caprices du jaguar 2 – Unohana

les caprices du jaguar 2 unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776582
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784866691275 (JP)
J publishing, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

On dit que l’amour rend aveugle, mais pour ces deux musiciens, leur amour les rendrait plutôt sourd…

Après un premier tome introductif, Unohana sensei dévoile le passé entre Shiina et Asô jusqu’à leur rencontre avec les membres de Peg. Elle centre la narration sur Arata. Comme ce dernier réfléchit constamment, il analyse beaucoup ses sentiments et finit par complexer par rapport à son petit ami. Au contraire, Sôjun semble fonctionner surtout à l’instinct. Ainsi, tous deux admirent réciproquement le talent musical de l’autre, mais à cause d’un manque de maturité, n’arrivent pas à exprimer leurs sentiments. D’ailleurs, l’auteure dépeint parfaitement leurs émotions, les rendant presque palpables: entre culpabilité, jalousie, possessivité, souffrance, monopolisation, leur amour semble désespéré mais profond. Elle pense également à montrer en quelques cases l’évolution du groupe dans le présent.

La mangaka a un trait légèrement anguleux et épuré. Elle dédouble les contours, parfois très épais, mais cela correspond parfaitement à son style graphique. Elle simplifie ses traits pour les fortes expressions. Dans les passages humoristiques, les personnages deviennent à moitié super deformed, avec une tête ronde ou carré sur un corps tout fin. Le défilement du temps se repère facilement grâce à des petits changements comme la taille, la coupe de cheveux. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Aussi, la mise en page est dynamique. Unohana sensei ne censure pas les scènes érotiques mais les phylactères ou certains angles de vue cachent tout de même quelques détails.

En résumé

Bien que populaire auprès des filles, Shiina Sôjun (16 ans) rejette toujours leurs déclarations. En effet, il est fou amoureux d’Asô Arata (18 ans) qui lui donne des cours de soutien. Mais ce dernier visant une université à Tokyo et voyant ses notes baisser, essaie de le fréquenter moins. Refusant d’aller trop loin dans leur relation, il s’inquiète de voir Sôjun prêt à abandonner ses études pour le suivre. D’ailleurs, l’adolescent ne rêve que de former un groupe de musique avec lui. Il lui donne même à écouter une chanson qu’il a composée lui-même. Pourtant, Arata, jaloux du talent de son petit ami, délaisse la guitare. Et son sentiment de culpabilité augmente face à l’inquiétude du père de Shiina pour l’avenir de son fils insouciant.

En conclusion

Ce tome ne se classe pas au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs le citent parmi les meilleures séries palpitantes. J’adore cette série! Le couple est attachant. J’apprécie également l’univers musical décrit qui englobe aussi bien les musiciens que la production, les salles de concert. Certains lecteurs seront tentés de comparer cette série à Given de Katsuki Kizu. Pour ma part, je trouve que les registres sont totalement différents. Je classerais plus Given dans les romances lycéennes et jeunes adultes avec, au centre, un chanteur de talent qui permet à un groupe de percer, alors que Les caprices du jaguar se rapproche plus de la tranche de vie de trentenaires dans le monde musical en général avec un groupe dans l’expectative du retour de leur guitariste de génie.

Les caprices du jaguar 1 – Unohana

les caprices du jaguar 1 unohana

Unohana ウノハナ
ISBN: 9782368776575
Boy’s love IDP, 2019
ISBN: 9784908757594 (JP)
J publishing, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Découvrez la légende de Peg et de son talentueux guitariste.

Unohana sensei présente une relation tortueuse entre deux anciens membres d’un groupe de rock. Elle alterne entre le passé et le présent, permettant de découvrir au fil des chapitres ce que sont devenus les anciens membres mais également comment la relation a débuté entre Shiina et Arata. Elle décrit assez bien l’univers musical et donne divers exemples de reconversions. Malgré leur succès, les membres restent humbles. En effet, le talent de Sôjun semble fragilisé par son inconstance. Il fonctionne de manière cyclique. L’auteure centre la narration sur Asô. Elle dépeint avec finesse la complexité des sentiments de ses personnages, leurs questionnements et leurs hésitations. Elle développe également l’évolution des sentiments entre ses deux héros, entre jalousie, possessivité, attirance. Ainsi, Arata devient le point de stabilisation de Shiina mais le manque de communication franche entre eux pollue leur relation.

La mangaka a un trait anguleux, légèrement épuré. Elle le simplifie pour renforcer les expressions. Elle représente également les personnages en semi SD, comme des poupées aux têtes arrondies et des corps tous fins dans les passages humoristiques. On les retrouve également en fin de chapitre. Les petits gestes et les regards sont détaillés. Par ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance. Unohana sensei utilisent des angles de vue plutôt recherchés, rendant la mise en page dynamique. En plus, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Après trois mois d’absence, le musicien Shiina Sôjun débarque chez Asô Arata, rédacteur du magazine Rock et people, en lui réclamant de la nourriture et des câlins. Il y a trois ans, le talentueux guitariste a mis brusquement fin à leur groupe Peg et depuis, il erre à travers le monde, jouant parfois dans des groupes. Cependant, il revient toujours recharger ses batteries auprès de son amant. Arata n’ose pas le priver de sa liberté, malgré ses sentiments, mais s’inquiète pour sa carrière.

En conclusion

Ce tome a obtenu la onzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. La balance entre le présent et le passé est équilibré, rendant la lecture agréable. De même, la relation entre Shiina et Arata prend aux tripes. Et j’adore le caractère versatile de Jinza Masaki. J’ai l’impression de ressentir la passion musicale de Peg. Cette série fait palpiter mon cœur!

Jealousy 3 – Scarlet Beriko

jealousy 3 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375062371
Taifu comics, 2020
ISBN: 9784403666889 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

La jalousie peut également mener à la trahison.

Comme le laisse supposer la jaquette, Scarlet Beriko sensei consacre ce tome à Asoda. Elle révèle son passé, sa relation ambigüe avec Rogi et dépeint avec finesse sa jalousie grandissante prête à exploser à tout moment. En plus, la rigueur et le respect de la hiérarchie de l’homme de main l’empêchent de faire des compromis avec Uichi. Ainsi, à cause d’une logique différente et une apparente facilité, personne ne remarque le travail effectué derrière les efforts du marginal. L’auteure introduit un autre yakuza au caractère particulier, avec un sens aigu de l’observation, Matsumi. Par ailleurs, elle bouscule un peu Akitora qui s’interroge sur les différences entre son attirance pour sa femme et celle pour Rogi. Elle arrive également à transcrire la noirceur humaine en quelques remarques.

Malgré un trait épuré, la mangaka conserve un style très réaliste. Elle simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Elle utilise rarement les trames d’ambiance qui se font discrètes. Toutefois, comparé au tome précédent, les décors situent principalement l’action. La mise en page est également plus dynamique. Scarlet sensei découpe toujours les actions principales. Et elle n’hésite pas à mettre en avant ses personnages en les sortant des cadres. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, toutefois moins nombreuses.

En résumé

Quand il a débuté dans la pègre, Asoda était assigné aux tâches ingrates comme nettoyer les toilettes. Pourtant, il est devenu l’homme de confiance d’Akitora un peu par hasard, en lui donnant un bon conseil pour faire fortune dans le trafic de cartes téléphoniques. Depuis que son patron s’est disputé avec Rogi, il est chargé de s’en occuper mais son comportement l’énerve. Pourtant, le jeune homme fait preuve d’efficacité en proposant un plan audacieux de placement en bourse. Malgré les réserves d’Asoda, Akitora décide de faire confiance au nouveau. Espérant faire comprendre à Rogi que son caractère est un frein à son intégration, il lui demande de convaincre une personne âgée à vendre son terrain. Cependant, à sa surprise, ce dernier réussit. De son côté, Akitora rend visite à son père, sorti récemment de prison, mais leur vision trop différente du business ne fait qu’augmenter la tension entre eux.

En conclusion

Ce tome aborde un tournant dans le récit tout en continuant à décrypter les différents liens entre les personnages. J’ai été très surprise par l’image totalement différente d’Asoda comparé à Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Mais précisément, cela me donne encore plus envie de découvrir la suite.

Jealousy 2 – Scarlet Beriko

jealousy 2 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061596
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784403666438 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Toi et moi, on vibre au même rythme. »

Scarlet Beriko sensei continue à s’intéresser aux différentes formes de la jalousie: possessivité, peur de perdre sa place, solitude. Après un premier tome installant les liens, elle décrit l’évolution des différentes relations entre ses personnages. Ainsi, elle aborde le désir et un amour érotique. Les sentiments oscillent entre passion et instabilité, haine et admiration. Par exemple, Rogi se retrouve désarmé face à Asami qui l’a immédiatement cerné. Elle le considère comme un enfant esseulé en quête de reconnaissance et d’amour. Par ailleurs, l’auteure met en avant Akitora. Elle montre les différentes méthodes des yakuzas pour faire du chiffre: chantage, bourse, manipulation, investissement, pot de vin. Elle approfondit également un peu plus la psychologie de ses personnages. Akitora et Rogi sont irrémédiablement attirés car ils ont à peu près le même caractère: foncer sans réfléchir, aimer le danger.

La mangaka a un trait épuré et joue sur les pleins et les déliés, donnant un peu d’épaisseur aux contours. Elle simplifie les expressions ajoutant une touche humoristique. Malgré un style réaliste, elle varie les trames et détaille les décors mais les efface pour mettre en avant l’action. Bien que la mise en page semble plutôt classique, son découpage cinématographique décortique les mouvements. Scarlet sensei utilise les cadrages et les angles de vue pour éviter de trop censurer les scènes érotiques. Les fines bandelettes blanches cachent à peine les parties génitales. A la fin du chapitre 8, 4 yonkoma présentent avec humour comment Rogi, Tora et Asami essaient de tuer le temps durant leur cohabitation.

En résumé

Poignardé par Handa Futoshi du clan Yayoi qui avait laissé exploser sa jalousie, Ôyamato Akitora le tue à coups de poing. Averti par son ami coiffeur, il retrouve ensuite Rogi Uichi (21 ans) qui s’est réfugié dans le salon de coiffure. Bien que le désinvolte amant ait utilisé le nom de la famille Hanamura, entraînant cette chasse à l’homme, le yakuza préfère le garder dans un appartement. Mais alors qu’ils étaient en pleins ébats, ayant cédé à leurs pulsions, Asami, la femme d’Akitora, débarque avec leur fils Tatsuyuki…

En conclusion

Ce tome n’a pas été classé au Chill Chill BL award 2019 mais les lecteurs l’ont cité parmi les meilleures séries palpitantes. Décidément, Rogi est un vrai nid à problèmes. A cause de son comportement marginal, je n’arrive pas à deviner ce qu’il prépare, ni ses réactions. L’auteure arrive vraiment à me surprendre à chaque fois. Par ailleurs, j’adore Asami et j’admire sa force de caractère. La mangaka déploie tout son talent dans cette série!

Jealousy 1 – Scarlet Beriko

jealousy 1 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061213
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403665875 (JP)
Shinshokan, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Rogi est prêt à tout pour devenir membre du clan Ôyamato.

Scarlet Beriko sensei développe le passé du yakuza Rogi, permettant de comprendre son comportement actuel. Par moment, elle revient dans le présent pour montrer l’évolution de la famille et faire un petit parallèle avec la situation de Médor. Ce dernier apporte justement un peu d’humour. De même, le comportement puéril et extrême d’Uichi entraîne des situations amusantes. Le manipulateur a une personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il semble tromper son ennui en suivant uniquement ses instincts, n’obéissant qu’à ses propres principes. Il est prêt à tout pour atteindre ses objectifs et ne respecte pas les limites. Ainsi, l’auteure encadre son héros d’autres personnalités fortes. Elle s’intéresse à la jalousie, décrivant avec finesse comment ce sentiment naît mais également comment il s’exprime. De même, elle dépeint parfaitement les sentiments complexes et contrastées qui touchent les personnes fréquentant le marginal.

La mangaka a un trait légèrement plus doux que dans Yondaime Ôyamato Tatsuyuki. Elle conserve tout de même un style réaliste malgré un trait fin épuré. Toutefois, elle exagère les expressions. Les trames d’ambiance sont discrètes. Les décors s’effacent pour mettre en avant les personnages ou les actions. La mise en page alterne entre classique et dynamique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle met en avant le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Alors que Rogi Uichi accompagnait sa fille Reika à son cours de danse, un jeune homme se jette devant la voiture. Le yakuza décide de l’éliminer mais face à son monologue pour survivre, il l’épargne à condition qu’il s’excuse auprès de la fillette. Comme Hachi demande à être appelé Médor, la jeune fille souhaite alors le garder à la maison comme chien. Cette mésaventure rappelle alors au yakuza sa rencontre avec Ôyamato Akitora. Alors qu’il avait une relation sado-masochiste avec un écrivain, Akitora les avait surpris en train de jouer à la roulette russe en venant réclamer de l’argent emprunté. Rogi reconnaissant son ami d’enfance, Asoda Takashi, lui demande alors de le détacher…

En conclusion

Ce tome obtient la treizième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2018. J’ai du mal avec la personnalité de Rogi mais j’apprécie tellement la narration et les aventures créées par l’auteure que j’arrive à passer outre. En plus, le dessin est magnifique.

Yondaime Ôyamato Tatsuyuki – Scarlet Beriko

yondaime oyamato tatsuyuki scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375061121
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664809 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Une rencontre du destin qui se renouvelle deux fois.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre la romance d’Ôyamato Tatsuyuki, apparu dans Minori no te. Elle aborde avec humour l’amour à sens unique, l’envie de liberté et l’évolution des sentiments. Toutefois, elle maintient un certain suspense en ne révélant que petit à petit les liens entre l’héritier, Koga Nozomi et l’ancien yakuza Rogi. La psychologie des personnages est travaillée. Ainsi, le passé lourd et traumatisant de Koga contraste avec son côté enjoué et mièvre, même s’il montre parfois des moments fragiles. Son comportement de stalker est vite pardonné avec son joli minois de pleurnicheur. D’ailleurs, l’auteure montre clairement l’impact de la rencontre entre les deux amants. Elle décrit avec finesse l’instabilité émotionnelle et les changements de personnalité. Elle joue également sur les contrastes. Malgré sa tête de voyou, Tatsuyuki se révèle très gentil. La noirceur de Rogi, manipulateur, détonne avec son côté père gâteux.

La mangaka a un trait épuré, fin et légèrement anguleux. Malgré un style réaliste, elle exagère les expressions pour renforcer l’impact des émotions. De même, elle dessine des oreilles très pointues à Tatsuyuki. Les trames servent principalement à ombrer ou colorer. Ainsi, les trames d’ambiance se font vraiment rares. La mise en page paraît parfois cinématographique, avec des zooms, le découpage des mouvements ou des changements. Cela donne une dynamique à la lecture tout en mettant en avant la beauté du graphisme. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les organes sexuels par de fines bandelettes ou par l’absence de détails. Même si les ébats avec Rogi tendent à une relation SM, elle porte attention à la sensualité des images. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre mettent en valeur la plastique des personnages. Sous la jaquette, deux planches dénoncent avec humour le côté maternel et surprotecteur d’Asoda.

En résumé

Suite à une déception amoureuse, Ôyamato Tatsuyuki passe ses journées à se morfondre. Pour motiver le quatrième héritier du clan de yakuza régnant sur le Kanto, son homme de main, Asoda, l’envoie à Fukuoka apprendre les bases du métier. Mais le jeune homme n’a pas envie de prendre la succession de son père et préfère passer du bon temps. Complètement ivre, il s’endort sur le banc d’un parc. Il est alors recueilli par un mystérieux homme. Le confondant avec son premier amour, ils finissent par coucher ensemble. Mais au matin, Tatsuyuki panique en découvrant que le bel inconnu semble bien le connaître. En plus, ce dernier l’embrasse de joie de le retrouver enfin…

En conclusion

Ce spin-off de Minori no te a obtenu la sixième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Koga Nozomi occupe la onzième place du meilleur seme et Ôyamato Tatsuyuki, la cinquième place du meilleur uke. Ce titre est parmi mes préférés des œuvres de l’auteure. Son style graphique et narratif est vraiment agréable. J’aime beaucoup la dynamique qui se crée entre Nozomi et Tatsuyuki. Une belle romance touchante!

Minori no te – Scarlet Beriko

minori no te scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375061008
Taifu comics, 2018
ISBN: 9784403664793 (JP)
Shinshokan, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Un ostéopathe au cœur blessé qui soigne pourtant celui de ses patients.

Scarlet Beriko sensei propose de suivre quelques tranches de vie de l’ostéopathe Shigefuji Minori. Elle sème des indices au fil des chapitres, permettant à la fois d’introduire la suite et de révéler au fur et à mesure le contexte et le passé du médecin. Qui Minori fuit et pourquoi? Même si les deux premiers clients ont un petit rôle, leur psychologie est tout de même travaillée. Le comportement de Minori change brusquement, passant du masseur consciencieux au pervers un peu sadique. De même, les actions du têtu Yanai Sôta le font passer pour un masochiste. L’auteure aborde différents thèmes comme la culpabilité, le sentiment d’impuissance malgré un amour démesuré, les problèmes de communication et la difficile gestion de sentiments restés en suspens. Elle complète son récit par un chapitre abordant le manque de confiance en soi face à la célébrité d’un être cher.

La mangaka a un trait épuré, très fin, qui conserve cependant une touche réaliste. En exagérant certaines expressions, elle apporte un peu d’humour graphique. Elle dessine des yeux assez grands et expressifs et soigne particulièrement les positions des corps ainsi que les angles de vue. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, l’utilisation des trames est équilibrée. Le découpage semble presque cinématographique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches ou tout simplement par l’absence de détails. Elle équilibre les sentiments avec les câlins. D’ailleurs, il se dégage beaucoup de sensualité dans ses traits. Les illustrations en début de chapitre présentent un moment tendre du couple. Sous la jaquette, deux planches, à lire à la fin pour ne pas gâcher la surprise, donnent des anecdotes sur Minori.

En résumé

Minori no te / Conversation au quotidien: Le réputé ostéopathe Shigefuji Minori reçoit en consultation Ôyamato Tatsuyuki, un fils de yakuza envoyé de force par son homme de main Asoda. Mais ce médecin a des méthodes assez particulières. En effet, il soigne aussi bien le corps que le cœur, plongeant ses patients dans le plaisir. Le jeune héritier qui n’a pas envie de prendre la succession du clan prend alors vite goût à ces massages libérateurs…
Le bonheur format B4: Avec sa série « Samurai kingo », le mangaka Kazutora Rikka (37 ans) commence à devenir célèbre. Nekoyashiki, son ami de lycée, colocataire qui officie également comme homme à tout faire, l’assiste tout en s’occupant des tâches ménagères. Mais la responsable éditoriale, Kumagaya, lui demande de proposer de nouveaux assistants au dessinateur…

En conclusion

Ce manga a obtenu la première place de la meilleure création de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. Malgré un format court, l’essentiel apparaît et permet de s’immerger complètement dans l’histoire. Même les personnalités sont assez approfondies pour plaire. En plus, le graphisme de l’auteure est de toute beauté. On ne peut qu’être charmé par cette lecture agréable!

Punch up 6 – Kano Shiuko

punch up 6 kano shiuko

KANO Shiuko 鹿乃しうこ
ISBN: 9782820340153
Asuka, 2020
ISBN: 9784799744307 (JP)
Libre, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

Le premier amour de Maki apparaît. Comment va réagir Kôta?

Kano Shiuko sensei met en scène un personnage psychopathe, qui a une conception de l’amour complètement déviante. Elle met même en garde les lecteurs de ne pas chercher à comprendre le comportement de Shibuzawa, et donc de l’accepter tel qu’il est. Elle s’intéresse particulièrement aux changements de personnalité dus à une expérience douloureuse. Par exemple, la vraie personnalité de Motoharu apparaît au fil des chapitres, accompagnant les observations de Kôta. L’auteure dépeint avec finesse la fragile fluctuation entre espoir et résignation face à des obstacles insurmontables, comment un amour solide peut être facilement ébranlé. Elle montre sans filtre les blessures du passé de Maki. Néanmoins, les blagues toujours aussi salaces de Motoharu apportent un peu d’humour sur ce thème un peu sombre.

La mangaka affine son trait qui devient de plus en plus beau. Les regards, en coin, fuyants, doux ou même hystériques, suffisent à exprimer clairement ce que pensent les personnages. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions des personnages. Par ailleurs, les trames de teintes plutôt légères éclaircissent les pages. Les décors indiquent principalement les lieux. La mise en page est dynamique. Les scènes érotiques sont censurées par de fines bandelettes blanches. Pourtant, Kano sensei évite de mettre trop de détails en jouant sur les angles de vue, les cadrages et les trames. En fin de chapitre, des yonkoma donnent une anecdote humoristique sur les évènements.

En résumé

Shibuzawa Yutaka envoie Mibu Yukiya au bureau de Maki Motoharu pour le convaincre de travailler sur les plans de sa future maison. Mais l’architecte s’énerve aussitôt, persuadé qu’il s’agit encore d’une manigance de son mentor. Quand il rentre le soir, Ôki Kôta remarque le comportement étrange de son amant. Le lendemain, l’artisan se confie à son frère et tous deux concluent que cela cache une ancienne histoire d’amour. Même Wakui Hisashi s’inquiète en découvrant un article dans lequel Shibuzawa annonce déjà leur collaboration. Pourtant Motoharu n’a pas encore donné sa réponse. Devant la tournure des évènements, ce dernier avoue alors à Kôta qu’il souhaite sauver Mibu Yukiya de l’emprise de Shibuzawa. Cependant, l’ancien mentor tente de se rapprocher de l’artisan et lui révèle alors que Maki nourrissait un amour unilatéral pour son confrère…

En conclusion

Après un tome hilarant, l’auteure nous plonge dans un récit plutôt dur, sans pour autant être violent. Comme elle arrive facilement à déclencher l’empathie des lecteurs, la relation étrange entre Mibu, Shibuzawa et Maki peut rendre la lecture éprouvante. Mais cette description réaliste des rapports sans amour ou d’un comportement toxique qui détruit les personnes alentours entraînent différentes émotions. Avez-vous, vous aussi, envie de sauver ou secouer Mibu?