Je suis accro à toi – Nikuya Inui

je suis accro a toi nikuya inui

NIKUYA Inui ニクヤ乾
ISBN: 9782382763940
Hana, 2023
ISBN: 9784866534978 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 抱けるドラッグに一級カレシを
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si on ne peut pas le faire avec n’importe qui, on ne peut pas faire ce métier. »

Nikuya Inui sensei développe une romance dans le milieu du sexe. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs réflexions. Bien qu’elle aborde à la fois le cinéma pornographique et la prostitution de luxe, elle construit une relation consensuelle et dans la retenue. L’escort boy Atsushi a clairement conscience de n’offrir qu’un amour factice à durée limitée, mais il reste attentionné. Prisonnier d’une relation purement charnelle, l’acteur porno Chihiro a conscience de sa solitude et de son manque d’affection. Les deux héros assument parfaitement les points positifs et négatifs de leurs métiers. En ressentant un amour sincère réciproque, ils vont alors s’interroger sur leur condition. Ainsi, l’auteure aborde la distinction entre amour et sexe, la difficile compatibilité entre vie privée amoureuse et travail du sexe. De même, elle met en avant la communication dans le couple. Et elle apporte une note humoristique avec Tachibana.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par contre, des trames grises recouvrant les vignettes entièrement marquent les flash-back. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Nikuya sensei censure les parties intimes par des bandelettes. Elle estompe également leurs contours, blancs. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. Les illustrations en début de chapitre montrent les personnages en train de poser. Il y a quelques fiches sur les protagonistes à la fin de certains chapitres.

En résumé

L’acteur porno gay Nishioka Chihiro fait tellement tourner la tête de ses partenaires que son producteur Tachibana le surnomme « Extasy boy ». D’ailleurs, deux acteurs se sont blessés en se disputant pour devenir son partenaire exclusif. Le tournage risquant la déprogrammation, Tachibana fait alors appel à l’ancien acteur devenu escort boy, Higashigawa Atsushi. Ce dernier qui a la côte auprès de clients célèbres porte même le surnom de « Copain d’élite ». Mais durant le tournage, une alchimie se crée entre les deux hommes: Chihiro fond complètement pour la douceur de son partenaire tandis qu’Atsushi craque pour les expressions mignonnes de l’acteur.

En conclusion

Nikuya Inui sensei propose un one-shot mignon avec une relation plutôt saine, surprenant au début les lecteurs en raison des thèmes abordés. Elle construit des personnages adultes qui assument pleinement leur choix et prennent des décisions sensées. Son graphisme colle parfaitement à l’ambiance de son récit. En plus, elle maîtrise plutôt bien le format court. Une lecture divertissante, sexy malgré la censure, avec un couple touchant.

Monotone blue – Nagabe

monotone blue nagabe

Nagabe ながべ
ISBN: 9782383164777
Noeve grafx, 2023
ISBN: 9784799752951 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Entre bleus à l’âme et sentiments naissants, la palette des émotions s’enrichit de nouvelles nuances. »

Nagabe sensei propose une romance se développant dans un lycée de thérianthropes. Il explique succinctement les bases de son univers via les dialogues des personnages. Il reprend les caractéristiques des animaux pour construire leurs caractères. Ainsi, le cancre Hachi parle franchement, conserve son indépendance par rapport aux autres et aime souvent dormir. Aoi, quant à lui, est un excellent élève pourtant fuyant et complexé. Malgré leurs différences, les deux lycéens vont se lier rapidement d’amitié. L’auteur dévoile le passé traumatisant du lézard au fur et à mesure. Il aborde donc le harcèlement scolaire, l’acceptation de soi, la peur de faire confiance après un traumatisme, la curiosité et le rejet des différences. Le félin s’interroge sur son attirance et sa possessivité et assume ses regrets et ses mauvaises actions. La narration alterne entre les deux lycéens. Le sournois renard Gon et les trois chiens trop curieux apportent une touche d’humour.

Le mangaka a un trait épuré qu’il simplifie dans les passages humoristiques. Il rend bien les expressions et les mouvements des animaux. De même, il trace les décors à la main et utilise les hachures pour ajouter du relief. D’ailleurs, ces décors se résument parfois à l’essentiel, avec simplement une trame découpée. Les trames utilisées avec parcimonie mettent en valeur les contrastes noir et blanc. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Nagabe sensei décompose les mouvements. Il met en avant certains détails avec de grandes vignettes ou des gros plans. Il ne montre pas explicitement les scènes érotiques mais reste dans la suggestion, instaurant le doute. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Le chat Hachi trouve sa vie monotone, ne percevant qu’un monde monochrome. En effet, il ne voit que le bleu, le jaune, le noir et le blanc. Alors il distingue ses camarades grâce à la longueur de leur museau et de leur pelage ainsi que les motifs de leur fourrure. Même l’arrivée du nouvel élève Aoi, un lézard, l’indiffère comparé aux autres élèves, curieux de cette « rareté ». Mais un jour, il remarque les écailles bleues de la queue du saurien que ce dernier, complexé, cache habituellement sous ses vêtements. Fasciné, le félin lui propose alors de garder son secret à condition de le laisser regarder sa queue tous les jours.

En conclusion

Nagabe sensei maîtrise le format one-shot et s’arrête aux premiers émois amoureux naissants de ces deux lycéens. Il arrive en plus à transcrire des émotions humaines sur des visages d’animaux, en respectant pourtant leurs particularités. Son graphisme dégage à la fois de la force et de la douceur. Ce gakuenmono rend par ailleurs bien l’ambiance scolaire, les questionnements et les réactions des adolescents. Je craque complètement pour cet adorable couple en formation. Un récit certes classique mais mignon, qui traite avec douceur des sujets actuels comme l’acceptation des différences et le harcèlement.

Oublier le temps perdu – Cocomi

oublier le temps perdu cocomi

Cocomi ココミ
ISBN: 9782382762097
Hana, 2023
ISBN: 9784796415422 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: ロスタイムに餞を
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Malgré son absence, je n’arrive pas à oublier la chaleur de son corps… »

Cocomi sensei offre une romance originale débutant par une rupture amoureuse. Elle décortique la palette d’émotions ressentie lors d’une séparation. Ainsi, elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant de comprendre leur vision différente sur leur relation. En effet, Tôi a clairement conscience qu’il exprime maladroitement ses sentiments, influencé par son passé. Tsukushi, quant à lui, se focalise sur tous les défauts de son partenaire qui lui sont devenus insupportables. Le couple, perdu dans sa routine, n’arrive pas à mettre des mots sur leur malaise. L’auteure aborde donc le manque de communication dans un couple, la difficulté à oublier quand les sentiments persistent, à admettre ses torts partagés, l’incompréhension qui existe encore malgré de longues années de vie commune. Elle met en avant l’influence de la surcharge du travail et la charge mentale, le sentiment de solitude qui peut exister même en couple.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont variées. Les flash-back se repèrent à leur fond gris. En effet, les fonds noirs marquent surtout les réflexions des personnages sur leur passé. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise des vignettes bien espacées, apportant des respirations, et les bulles font la transition. Cocomi sensei varie les angles de vue, joue sur les chevauchements de cases et les absences de cadres. Elle s’attarde sur les petits détails, semant des indices. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Après quatre ans de vie commune avec l’écrivain Hayasaka Tôi, Naruse Tsukushi, coiffeur, l’a quitté. S’occupant de toutes les tâches ménagères, il ne supportait plus son égoïsme et son indifférence. Pourtant au bout d’un mois de séparation, son ex l’appelle car il n’arrive pas à dormir après avoir vu un film d’horreur. Finalement, Tsukushi vient à sa rescousse et lui fait la morale. Mais comme à son habitude, Tôi essaie de se réconcilier avec lui par le sexe et malheureusement, Naruse cède…

En conclusion

Ce one-shot obtient la sixième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Cocomi sensei offre un récit empli de sensibilité, avec une analyse fine des émotions et des réflexions de ses personnages. En plus, son graphisme dégage à la fois de la douceur et de l’expressivité. Je fonds complètement! Pour moi, c’est la meilleure œuvre de la mangaka que j’ai lue jusqu’à présent. A découvrir absolument!

La mélodie d’amour – Nojiro Guri

la melodie d amour nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382762165
Hana, 2023
ISBN: 9784813033226 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Titre original: くりかえしあいのおと
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Passion musicale et amoureuse s’entremêlent dans ce BL aussi drôle que mélancolique. »

Nojiro Guri sensei narre une romance d’abord tendue entre deux hommes aux caractères opposés. Confiant en son talent, Kiri affiche un comportement plutôt immature et inflexible mais doute de plus en plus suite à plusieurs déboires. Malgré sa nature sociable, Osamu cache un passé plus sombre qui se révèle au fur et à mesure. Son admiration se transforme rapidement en amour et son affection touche petit à petit le bougon Azumi. D’ailleurs, en dirigeant la chorale des collégiens, le chef d’orchestre va prendre conscience de ses défauts. L’accueillante famille Miya apporte un peu de chaleur. L’auteure s’intéresse à l’influence des réseaux sociaux et des médias sur une réputation mais également sur le moral, à la difficulté de se remettre en question et au soutien salvateur de l’entourage. Elle met en avant la solitude, les incertitudes face à l’avenir et le poids des choix.

La mangaka a un trait épuré plutôt minimaliste et anguleux mais qui dégage pourtant une forte expressivité. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. Elle arrive à rendre ses regards très expressifs avec pourtant seulement quelques traits grâce à la précision des formes et des mouvements. De même, les personnages s’expriment avec leur corps. Osamu se transforme parfois en wanko. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les chevauchements. Nojiro sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes ou des trames sans contours. Elle privilégie d’ailleurs les sensations des protagonistes. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages.

En résumé

Le chef d’orchestre Kiri Azumi, au bord du surmenage, se montre exécrable avec son entourage. Suite à une chute dans les escaliers, il est mis d’office en repos par son amie médecin Suesato Shioya, et rentre donc dans son village natal. En se rendant sur la tombe de sa chère mère, il aperçoit un lapin. Mais il tombe dans la neige en tentant de le poursuivre pour le prendre en photo. De retour chez lui, sans électricité ni gaz, il commence à se laisser emporter par le froid à cause de ses vêtements humides. Son voisin Miya Osamu, qui travaille à la supérette avec ses parents, et est secrètement fan de lui, vient au nouvelle et le trouve fiévreux. Il l’emmène alors chez lui. Plus tard, Kiri se réveille nu, à ses côtés…

En conclusion

Nojiro Guri sensei mène parfaitement la dynamique et l’évolution du couple. Toutefois, elle précipite un peu certains évènements, mais le mélange mélancolie, humour, tension et romance fonctionne bien. J’admire particulièrement le graphisme qui conserve une touche esquissée. Bien que l’histoire soit très classique, je fonds pour ce couple attachant. Une belle surprise et un petit coup de cœur!

Agattetanse – yoshi

agattetanse yoshi

yoshi
ISBN: 9784799749647 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Tout plaquer par passion pour le riz!

Yoshi sensei narre une douce romance entre un naïf tokyoïte friand de riz et un provincial pragmatique et sérieux. Sans citer de région particulière, elle aborde différents thèmes sur la vie à la campagne comme l’entraide, les rumeurs, la disparition des traditions, le dépeuplement des villages, la modernisation de la riziculture ainsi que l’obligation de cumuler un autre emploi pour l’agriculteur. Elle crée des personnages réalistes et attachants. Ainsi les espiègles jumeaux cherchent à caser leur frère. Les autres habitants du village sont accueillants et bienveillants malgré parfois quelques remarques impertinentes. L’auteure met en avant les citadins qui s’installent parfois à la campagne sans s’informer. Elle développe petit à petit les sentiments entre les deux héros qui apprennent à se connaître et à s’apprécier. D’ailleurs, ils construisent une relation de confiance. Le gaffeur et insouciant Haruki apporte beaucoup d’humour, mettant même en rivalité Kentarô avec le riz.

La mangaka a un trait fin et léché. Elle porte beaucoup d’attention aux regards et aux petits gestes, privilégiant les moments silencieux. Par ailleurs, elle exagère les expressions ou simplifie ses traits dans les passages humoristiques. Par exemple, la tête de Haruki devant le riz déborde de bonheur et lui donne un côté adorable. Les décors apparaissent sur les plans élargis. Quelques trames d’ambiance renforcent discrètement les émotions. La mise en page dynamique rythme la lecture avec quelques cases admiratives. Yoshi sensei censure les parties intimes par des caches blancs. Sous la jaquette, elle présente ses personnages en plus de la postface.

En résumé

Asakura Haruki (28 ans) adore tellement le riz qu’il a tout abandonné à Tokyo pour se rendre dans la région nord du Japon, espérant travailler dans la production de sa céréale préférée. Mais le voilà à moitié conscient, allongé dans la neige. Une vieille dame le recueille alors et l’emmène dans sa boutique. Néanmoins, le dernier ryokan du village ayant fermé, il se retrouve coincé. Deux lycéens, venus acheter des gâteaux, lui proposent alors de le loger. Les jumeaux Haga Kôta et Ryôta (17 ans) vivent seuls avec leur frère aîné Kentarô (27 ans) depuis le décès de leurs parents. En entendant les motivations du citadin, ils espèrent qu’il reste chez eux pour soutenir leur frère qui a dû prendre un autre emploi et hésite à se séparer de leurs rizières.

En conclusion

Comme le précise l’auteure dans sa postface, elle s’inspire de sa région pour ce récit, apportant une touche réaliste. Sa famille n’a d’ailleurs pu conserver leurs rizières, n’ayant pas de successeur. Ce one-shot est tout doux et tendre, avec des personnages attachants. J’adore la communication et l’ouverture entre les deux héros. Ainsi, Kentarô, entrainé par Haruki, accepte de faire des choses qu’il trouvait infantiles comme se rouler dans la neige tandis que le tokyoïte suit les conseils de son hôte et s’applique à fond à devenir une bonne fiancée. Chacun d’eux cherche à faire plaisir à l’autre avant tout, aussi bien dans le quotidien que dans l’intimité. En plus, le graphisme de l’auteur est un régal pour les yeux. A la fin, j’avais moi aussi envie d’aller à la campagne déguster du bon riz nouveau!

Le menteur amoureux – Shimochi

le menteur amoureux

Shimochi 四持
ISBN: 9782382763544
Hana, 2023
ISBN: 9784824001009 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Titre original: 嘘つき男の愛はダダ漏れ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une jolie romance qui interroge sur le besoin de trouver un équilibre entre vie privée et don de soi. »

Shimochi sensei narre une romance classique entre salarymen mais y ajoute une petite note paranormale avec le don de Sorami. Elle base d’ailleurs la narration du point de vue de ce dernier. Elle installe un jeu de séduction entre ses deux héros qui ont tendance à cacher leurs réelles intentions. Ainsi, Hyôdô dit souvent le contraire de ce qu’il pense, exprimant maladroitement ses sentiments. Asaya quant à lui, utilise son don pour plaire à tout le monde, débordant pourtant de gentillesse. En se confrontant constamment, les deux salarymen vont apprendre à se connaître et devenir ainsi plus francs. Après avoir créé des tensions avec les mises au point percutantes du couple, l’auteure détend l’atmosphère en s’intéressant à son évolution. Elle aborde donc le poids des secrets dans un couple, l’équilibre qui s’installe dans une relation grâce à la communication. En bonus, elle offre un aperçu de leur vie à deux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Pour représenter les humeurs, elle exagère un peu plus les expressions mais joue également avec les trames, n’hésitant pas à transformer en onomatopée l’émotion. Sorami voit son nez s’allonger lorsqu’il se montre trop fier et vantard. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique avec particulièrement des angles de vue variés. Shimochi sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Sorami Asaya peut ressentir les atmosphères et les humeurs autour de lui. Grâce à son don qui lui facilite les relations sociales au travail, il a pu rattraper une erreur sur un gros contrat. Par contre, il ne comprend toujours pas pourquoi l’excellent nouveau vendeur, Hyôdô Yukihito, le déteste. Décidé à sympathiser avec lui, il l’aide à s’extirper d’une soirée trop arrosée entre collègues, devinant que le nouveau se sent mal. Alors qu’il essaie de lui faire cracher la vérité, Hyôdô l’embrasse soudain. A sa surprise, bien que le vendeur dit le détester, Sorami entend pourtant les pensées de son collègue déclamer tout son amour pour lui.

En conclusion

Shimochi sensei propose un récit mignon et sans prétention, avec un graphisme agréable mais commun. Le format one-shot rend malheureusement l’histoire un peu expéditive. En plus, le climax redescend un peu tôt. Toutefois, j’aime beaucoup la dynamique entre les personnages et surtout leur évolution. Idéal pour se détendre sans prise de tête !

Le piège de minuit – Shakeda Nene

le piege de minuit shakeda nene

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382763919
Hana, 2023
ISBN: 9784796415088 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: 午前0時の甘い罠
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Kôki, tu es toujours mon héros, tel que tu l’étais à l’époque. »

Shakeda Nene sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue dont l’un a toujours été amoureux. Toutefois, elle enchaîne un peu trop vite les évènements, survolant certains moments forts. En plus, elle crée des personnages assez basiques, aux caractères opposés. Par ailleurs, le renfermé Rei a un caractère un peu dérangeant, se montrant trop possessif et lourd. Son amour secret devient vite étouffant. Pourtant, cela ne dérange en rien Kôki et même ses amis. Hiroki apporte un peu de sagesse tandis que Nozomu joue le frère surprotecteur. L’auteure explique en détail les causes et conséquences de leur éloignement, de l’amplification de leurs sentiments et de leur relation si particulière. Elle met en avant le côté manipulateur de Rei pour arriver à ses fins. Kôki, avec son côté faussement innocent, prend un peu de temps avant de comprendre ses sentiments.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Ainsi, elle renforce le côté encore gamin de Kôki avec de grands yeux. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son graphisme tout en exagérant les expressions. Il y a beaucoup de trames. De même, les trames d’ambiance qui appuient juste les émotions, alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Shakeda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les deux héros dans leur quotidien.

En résumé

A l’université, Nishitani Kôki rejoint son frère Nozomu et son ami Kojima Hiroki quand un beau jeune homme qui semble le connaître l’aborde. En effet, Sawada Rei était son ami en cinquième au collège, mais ils se sont perdus de vue suite au déménagement de Kôki. Comme il cherche un appartement, les Nishitani lui proposent une chambre dans leur colocation. Trop heureux de retrouver son cher ami, Kôki a tendance à le coller et le surprotéger. Mais cela ne gêne guère Rei qui l’admire encore depuis qu’il l’a sauvé de harcèlement au collège. D’ailleurs, Hiroki trouve leur relation un peu trop intime et s’inquiète des regards noirs que lance Kojima aux autres étudiants. Après avoir rangé sa chambre avec l’aide de son ami, Kôki s’endort. Mais alors que Rei s’apprêtait à l’embrasser, Nozomu et Hiroki entrent dans la chambre…

En conclusion

Shakeda Nene sensei semble avoir un peu de mal avec le format one-shot. Elle a beaucoup trop de choses à nous raconter et se perd dans les explications détaillées, usant alors de facilités scénaristiques. Malheureusement, en plus des problèmes de rythme et d’un scénario prévisible, quelques maladresses rendent le déroulement invraisemblable. De même, Rei semble un spécialiste des baisers volés. Je pense toutefois que les fans de ce genre de romance peuvent y trouver leur compte sans problème. Une histoire qui se laisse lire avec un graphisme agréable.

Quand le destin retient son souffle – Takiba

quand le destin retient son souffle takiba

Takiba 滝端
ISBN: 9782382763896
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784758024297 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Une belle histoire d’amour dans le monde omégaverse entre deux hommes ayant changé de genre! »

Takiba sensei s’intéresse au changement de genre dans l’omegaverse. Elle décortique les différentes phases par lesquelles ses deux héros passent. Ainsi, elle aborde entre autres la discrimination qui persiste malgré des efforts pour y remédier, le jugement sur le second genre, la stérilité. Optimiste, Tsuneyoshi s’adapte vite à sa nouvelle condition. Il redécouvre même le plaisir de vivre grâce à ses collègues qui préfèrent le partage à la compétition. Par ailleurs, il apprécie l’aide de son solitaire voisin qui fait des efforts pour le conseiller. Au contraire, Asakawa vit mal sa transformation et jalouse d’abord la force d’esprit de son voisin. Les deux hommes apprennent peu à peu à se connaître mais doutent d’abord de leur attirance mutuelle à cause de leurs instincts dominants. L’auteure met en avant l’acceptation de ses forces et faiblesses pour évoluer, la communication nécessaire dans un couple ainsi que le soutien salvateur de l’entourage.

La mangaka a un trait légèrement épuré et marqué par une touche réaliste. Elle dessine des carrures plutôt musclées. Par ailleurs, elle utilise énormément de trames et de trames d’ambiance. Ainsi, la page semble presque noircie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Un fond noir ou des trames rayées indiquent les flash-back. Toutefois, un fond noir accompagne également les pensées négatives. La mise en page est très dynamique. Takiba sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle recouvre les ébats plus violents par des trames sombres, voilant légèrement les parties intimes ou supprime quelques contours.

En résumé

L’ambitieux alpha Tsuneyoshi rêve d’atteindre les hautes sphères de la société pharmaceutique dans laquelle il travaille. Il compte sur la présentation de ce jour pour monter dans la hiérarchie, travaillant sur le projet d’un nouveau suppresseur. Malgré la fièvre, il tient bon jusqu’à ce que ses phéromones incommodent soudain les autres participants alphas. En effet, son odeur rappelle celle d’un oméga en chaleur. Obligé de rentrer chez lui et trop faible pour ouvrir sa porte, il reçoit l’aide de son voisin Asakawa. Également alpha, ce dernier soulage son excitation avant de l’emmener chez un médecin. Bien que ce soit un phénomène rare, Tsuneyoshi a changé de second genre et est devenu un oméga. Or, Asakawa, qui semble comprendre son désarroi, a lui aussi subitement changé de genre récemment.

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Takiba sensei pousse son expression graphique dans les moindres détails, faisant même participer l’agencement des cases et les trames. Elle maîtrise parfaitement son scénario, mettant en confrontation un caractère optimiste face à un caractère pessimiste. Elle transcrit également avec finesse les sentiments de ses personnages. J’apprécie particulièrement l’évolution d’Asakawa et le changement rapide de Tsuneyoshi. Un énorme coup de cœur!

La boutique du magicien – Ike Reibun

la boutique du magicien ike reibun

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782382764107
Hana, 2023
ISBN: 9784199608629 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Titre original: 魔術師シルヴァンの店
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je sais que ce serait ingrat de ma part, mais je ne peux pas m’empêcher. »

Ike Reibun sensei crée un univers fantastique original avec des seme pervers excusés à chaque fois par l’amour fou de leur uke. Elle développe deux couples, alternant la narration entre les personnages. Seul Sylvain conserve une part de mystère malgré les révélations sur son sombre passé. Limité en paroles à cause de son pouvoir, il exprime son amour par le toucher. Toutefois, cela crée souvent des quiproquos avec l’innocent et pur Tim. Le magicien esseulé découvre alors la douceur d’un amour pur et sincère. L’autre couple a également des problèmes de communication: le prêteur trop bienveillant Erik et son comptable Yohann sont coincés par leur statut social différent. A travers les demandes extravagantes des clients, l’auteure confronte le recours facile à la magie face à la difficulté à déclarer ses sentiments. Elle aborde avec une pointe d’humour les obstacles que l’on se crée soi-même face à l’amour.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle dessine des corps musclés, des personnages avec des statures différentes. De même, elle travaille la tenue du magicien dont le masque semblant presque mécanique. Par ailleurs, le « charaignée » reste tout de même mignon malgré sa forme dominante d’arachnide. Les décors foisonnants et détaillés apparaissent sur les plans larges. Les trames bien qu’équilibrées privilégient des contrastes noir et blanc. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Ike sensei censure à peine les parties intimes avec des points blancs cachant peu. Sous la jaquette, elle offre une saynète en deux planches, sexy et amusante, à lire à la fin. Il y a de magnifiques illustrations couleur en début de tome.

En résumé

L’esclave Tim, de la tribu Sól, s’est enfui lorsque des brigands ont attaqué son camp de travail. Recueilli par le magicien Sylvain, il travaille depuis six mois dans sa boutique. Bien qu’il n’ait jamais entendu la voix de son patron qui garde un masque pour filtrer le puissant pouvoir de ses paroles, il est tombé amoureux de ce dernier. Comme les clients lui jettent souvent des regards méprisants, il a l’intention de partir pour ne pas gêner le commerce du magicien. Mais avant, il rêve de partager au moins une fois son amour avec son patron. Alors, il utilise une de ses potions puis lui fait sa déclaration. A sa surprise, Sylvain lui fait immédiatement un câlin.

En conclusion

Comme à son habitude, Ike Reibun sensei construit des personnages détonants qu’elle n’a pas peur de ridiculiser, un univers magnifique crédible et des romances efficaces. Elle maîtrise son scénario et son graphisme sensuel. J’apprécie les deux couples attendrissants malgré leur amour qui s’exprime d’abord singulièrement. Un énorme coup de cœur que je recommande à ceux qui souhaitent découvrir la mangaka.

Labradorescence – ymz

labradorescence ymz

ymz
ISBN: 9782368775011
Hana, 2016
ISBN: 9784813030997 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’ai l’impression qu’il peut y avoir quelque chose entre nous… »

Ymz sensei développe une douce romance entre un photographe pétillant, qui parle sans détour et un médecin renfermé à l’air bougon. Elle alterne la narration entre les deux héros. De même, elle distille des indices sur leur passé au compte-gouttes. Malgré des caractères opposés, une amitié sincère se noue entre les deux hommes. Ils vont se découvrir, s’apprécier et leurs sentiments évoluent au fur et à mesure qu’ils s’ouvrent l’un à l’autre. Ainsi, Shunji qui était en perte d’inspiration se retrouve motivé et Mutsumi devient plus avenant avec son entourage. D’ailleurs, leurs collègues et amis les aident à mieux comprendre leurs sentiments. Ainsi, l’auteure dépeint avec délicatesse et pudeur leurs changements et leurs interrogations. Elle crée une relation qui évolue naturellement, sans précipitation. Elle propose également une réflexion sur la photographie, la perte des choses importantes et le plaisir rassurant que procurent les souvenirs.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer certaines expressions. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, privilégiant les hachures tracées à la main. De même, les décors détaillés sont également tracés à la main. Cela confère un style particulier au graphisme mais le rend très expressif. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Ymz sensei offre une mise en page dynamique avec des cadres s’adaptant à leur contenu et alternant avec brio petites et grandes vignettes.

En résumé

Le photographe Fujishiro Shunji se réveille à l’hôpital après avoir perdu connaissance en tombant dans les escaliers. Il a le poignet droit cassé mais étrangement, il se sent soulagé. En effet, dernièrement, il préparait une exposition sur son temps libre entre deux shooting mais ses réalisations ne le satisfaisaient pas. Il pensait même tout arrêter. Alors qu’il a renversé son verre, le docteur Higa Mutsumi nettoie tout en lui parlant. Mais il se montre trop familier et désinvolte. Il traite même Shunji comme un enfant lorsque ce dernier lui réclame une cigarette durant sa pause. Se sentant soudainement motivé, le photographe invite alors le médecin à son exposition.

En conclusion

Ce one-shot déborde de douceur et de tendresse. En plus, le graphisme particulier d’Ymz sensei colle parfaitement à ce genre de récit. Une tranche de vie qui nous rappelle également que le bonheur se construit petit à petit par soi-même, entouré de ceux qu’on aime. Et qu’une simple photographie peut engendrer de merveilleux souvenirs. Un petit coup de cœur.