White night bitter porn – Nobana Saori

white night bitter porn nobana saori

NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382764190
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796415538 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Laisse-moi prendre mes responsabilités! »

Nobana Saori sensei offre une comédie romantique entre un pharmacien gay volage et un étudiant trop sérieux. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle mêle humour et tension en jouant avec leurs caractères opposés. Ainsi, Takumi a parfois un comportement à la limite du stalker, aimant observer Rui, mais surtout en le collant tout le temps. Le pharmacien, quant à lui, aime être solitaire et à tendance à se dénigrer, persuadé qu’il lassera un jour son partenaire. D’ailleurs, il réalise peu à peu le changement de ses sentiments, craquant pour les petites attentions de l’étudiant. Ainsi l’auteure aborde avec légèreté la peur de l’engagement et de la séparation, le manque de confiance en soi, le doute de la longévité d’une relation homosexuelle avec un ancien hétérosexuel. Elle introduit Asami, de Long night sweet porno, pour conseiller Rui.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère même les expressions. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent les émotions. Le graphisme dégage un style shôjo, surtout dans la mise en page très dynamique, mettant en avant la plastique des personnages et utilisant les chevauchements, les sorties de case. Les phylactères participent également à la narration. Par exemple, la bulle prend une forme de cœur pour une déclaration d’amour. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. En début de chapitre, elle offre une illustration des personnages dans leurs moments câlins.

En résumé

Le pharmacien Narushima Rui (24 ans) cumule les conquêtes d’un soir à la recherche de la « queue » qui le satisfera le plus. Toutefois, il préfère profiter pleinement de la vie et ne cherche pas de relation sérieuse. Un soir, dans son bar préféré, il remarque un client complètement ivre. Takanashi Takumi (21 ans) déprime après que ses amis se soient moqués de sa virginité. Mais il a du mal avec les filles et recherche avant tout le grand amour. L’étudiant baraqué étant physiquement à son goût, Narushima l’emmène dans un hôtel et ils finissent par passer une nuit de folie. Mais quelques jours plus tard, Takumi débarque dans l’officine, souhaitant prendre ses responsabilités. Persuadé d’être amoureux, il ne compte pas abandonner malgré le refus de Rui.

En conclusion

A part la présence d’Asami, rien ne laisse penser que ce tome soit un spin-off de Long night sweet porno. D’ailleurs, nul besoin de lire ce dernier pour apprécier pleinement ce titre amusant et mignon. Nobana Saori sensei a un style graphique agréable. En plus, elle maîtrise plutôt bien la dynamique entre ses personnages. Une lecture simple et divertissante.

Love hug therapy – Taka

love hug therapy taka

Taka 鷹
ISBN: 9782382764152
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784758023627 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est qui le pervers, hein?! Idiot!! »

Taka sensei propose de suivre une comédie romantique classique entre deux étudiants en colocation qui tombent amoureux. Toutefois, elle décortique avec une pointe d’humour et de tendresse la transformation de l’amitié en amour. Ainsi, elle aborde les compromis nécessaires et le respect des règles dans une cohabitation. La narration alterne entre les deux héros, donnant au passage la version de chacun des protagonistes sur leur vision de leur relation. Malgré ses sentiments, Hayase se retient de brusquer son colocataire, faisant quelques tests sur ses limites. Akitsuki découvre rapidement le changement de ses sentiments mais reste longtemps dans le déni, de peur de perdre son amitié mais également sa vie sociale. D’ailleurs, l’étudiant Kamishiro, dont l’homosexualité cachée fait l’objet de toutes les rumeurs, représente les réactions les plus négatives. L’auteure aborde ainsi l’homophobie, la pression de la société, la question du coming out et la première fois.

La mangaka a un trait très anguleux, incisif qui dégage une certaine raideur. Elle l’arrondit et le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à déformer les visages pour renforcer leurs expressions, offrant des bouilles hilarantes, ou à dessiner ses personnages en SD. De même, des hachures envahissent les visages lors des rougissements. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. Les autres trames sont équilibrées et en aplat. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Taka sensei représente parfois Hayase en wanko. Elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

A 20 ans, l’étudiant Akitsuki Ryô rêve d’un peu d’indépendance mais aimant un certain confort, il peine à trouver un loyer dans son budget. Un camarade de classe, Hayase, lui propose alors une colocation. Toutefois, ce dernier qui avait l’habitude de câliner son chien chaque jour, lui demande de le remplacer. En fin de compte, Akitsuki y prend néanmoins goût. Mais un jour, après une sortie à deux, Hayase taquine son colocataire en lui faisant un câlin un peu plus serré dans une ruelle retirée. Ryô réalise soudain que son cœur palpite, et qu’il espérait même un baiser…

En conclusion

Taka sensei offre une comédie romantique bien rythmée. Elle aborde des questionnements sérieux mais alterne avec des moments amusants, permettant de détendre l’atmosphère. Ses bouilles dans les passages humoristiques contrastent complètement avec son graphisme général et apporte une touche originale. D’ailleurs, son style ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, j’adore les traits un peu secs. Je suis également sous le charme de la dynamique de ce couple.

Café pour deux – Amaki Io

cafe pour deux amaki io

AMAKI Io あまきいお
ISBN: 9782382763797
Hana, 2023
ISBN: 9784801975415 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: マスターは恋を知らない
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Comment les intérêts de chacun vont-ils influer sur leur relation? »

Amaki Io sensei narre une classique romance d’ennemis à amants. Elle s’intéresse à la vision différente de la jeune génération et de celle des anciens face aux changements dans une rue commerçante, aux techniques modernes de promotion pour attirer une nouvelle clientèle comme les réseaux sociaux, la mise en avant d’un concept et d’un décor. Elle aborde succinctement les dérives qui existent également dans les projets de réaménagement urbain, avec Tamura. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, Natsuki passe son temps à réfléchir sur sa sexualité et ses sentiments qu’il discerne difficilement, assumant son inexpérience. Les secrets autour d’Akutsu apportent un peu de suspense. D’ailleurs, l’auteure développe à peine la question du conflit d’intérêt. Elle joue beaucoup sur les quiproquos et la question de la confiance. L’ami d’enfance de Natsuki, Tetsuo, fait avancer un peu plus vite la romance par ses conseils.

La mangaka a un trait anguleux assez contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise de grandes hachures envahissantes pour les rougissements. Les décors très présents sont détaillés, en particulier les paysages. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Amaki sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Natsuki a repris le café de son père. Le commerce bénéficie d’une agréable vue sur la plage mais le quartier commerçant fait actuellement l’objet d’un réaménagement immobilier. Pourtant, l’agent responsable du projet, Akutsu Kyôsuke, aime venir déjeuner au café de Natsuki. Il passe d’ailleurs sont temps à le taquiner. Un soir, après une sortie avec son chef, il aperçoit le gérant du café devant un bar gay. Alors que ce dernier se faisait draguer par un forceur, Akutsu vient à son secours et lui propose de coucher avec lui pour sa première fois. A leur surprise, ils sont très compatibles sexuellement.

En conclusion

Amaki Io sensei offre un très beau graphisme. Malheureusement, elle a tendance à s’éparpiller sur des sujets divers, finissant par les expédier à cause du format one-shot. Son scénario rencontre donc des problèmes de rythme flagrants. Je trouve cela d’autant plus dommage que l’histoire avait du potentiel, bien que classique. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture. Mais ce titre reste du pur divertissement.

Je veux enlever mon uniforme – Hataoka

je veux enlever mon uniforme hataoka

Hataoka 端丘
ISBN: 9782382762448
Hana, 2023
ISBN: 9784861239557 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Deux cœurs si différents mais inévitablement liés l’un à l’autre. »

Hataoka sensei narre une romance classique entre deux lycéens aux caractères opposés. Toutefois, elle se démarque en inversant leurs comportements face à la découverte de l’amour. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions. Prisonnier de sa bonne réputation, Yae va surpasser ses craintes, poussé par ses sentiments de plus en plus forts. Au contraire, le fier et franc Yui qui ne tenait pas compte du regard des autres va prendre du temps pour accepter ses sentiments et les déclarer. Les deux lycéens se lient d’amitié tout en respectant la personnalité même fuyante ou asociale de l’autre. Ainsi, l’auteure aborde le poids de l’apparence sociale, la peur du jugement des autres sur l’homosexualité. Elle développe une relation consentie qui se construit malgré les hésitations.

La mangaka a un trait épuré presque minimaliste. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant encore plus son trait. Elle a un style plutôt shôjo, usant des hachures envahissantes pour les rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hataoka sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle offre différentes expressions trop choupinou de Yui et Yae en SD.

En résumé

Le populaire Yae Akira efface en vérité sa vraie personnalité pour rester toujours bien vu par ses camarades. Pourtant, il trouve parfois que leurs moqueries envers le sérieux Yui Eishi vont trop loin mais il n’ose pas protester de peur de perdre sa réputation. S’étant blessé au club de football, il en profite pour sécher les cours et va voir un film au cinéma. Il se retrouve par hasard à côté de Yui qui sèche également ses cours. Subjugué par la franchise de ce dernier et son éclatant sourire, il sympathise rapidement avec lui, appréciant de découvrir d’autres de ses facettes quand Eishi partage sa passion pour la robotique. Pourtant, Yae n’arrive toujours pas à se montrer amical avec son nouvel ami devant les autres. Mais surtout, il le trouve de plus en plus mignon…

En conclusion

Hataoka sensei ajoute une note originale et agréablement surprenante au schéma narratif classique de la romance lycéenne avec des caractères opposés. En plus, elle maîtrise plutôt bien l’enchainement des évènements pour un one-shot, évitant de se disperser. Son graphisme au trait très épuré dégage pourtant douceur et sensualité. J’ai eu un petit coup de cœur pour ce titre au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire. J’ai passé un excellent moment de lecture à la fois sexy et émouvant.

Scramblues – Mame March

scramblues mame march

mame march
ISBN: 9782382126851
Akata, 2023
ISBN:‎ 9784829686522 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Il suffit pas de « faire de son mieux » pour produire quelque chose de « classe ». »

mame march sensei développe une douce romance entre deux hommes qui rencontrent quelques difficultés dans leur carrière pour transmettre leurs passions. Elle s’attarde sur les processus créatifs musicaux et graphiques, la difficulté à composer une œuvre qui touchera le public, l’influence des émotions sur la création, la frustration. Ainsi, Eddie reste prisonnier de son passé et a donc du mal à avancer malgré son succès. En plus, considéré comme un génie, son travail acharné passe inaperçu. Haru, quant à lui, a la fâcheuse tendance à fuir les difficultés. Les deux hommes vont se découvrir, s’apprécier puis tomber simplement amoureux. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages, maintenant un certain suspense. Elle aborde le bonheur et la souffrance d’un métier passion. Elle semble d’ailleurs faire passer la romance au second plan. Dans l’histoire bonus, elle permet de découvrir l’avenir du couple.

La mangaka a un trait anguleux, au style assez marqué et pourtant épuré, avec un contour parfois dédoublé. Elle lui donne du relief avec un aspect un peu brut. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Les trames utilisent une palette très restreinte tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Toutefois, mame sensei marque les souvenirs furtifs avec un cadre épais et des trames rayées recouvrant la vignette. Par ailleurs, elle présente les personnages en fin de tome. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, il y a une illustration des bureaux de Haru et Eddie.

En résumé

Enfant, Kurosaki Haru aimait écouter de la musique, malgré l’interdiction de toucher à la collection de vinyles de son père. Devenu adulte, il travaille actuellement en tant que designer dans une agence de graphisme mais il peine à percer, ses visuels étant tout le temps rejetés. Un jour, l’agence reçoit une commande du célèbre musicien Eddie Astley. Haru propose alors sa candidature, désirant transmettre ce qu’il aime. Malheureusement l’artiste impassible se montre très difficile. Déprimé, Kurosaki se console le soir à un concert de son groupe préféré, Roze. A sa surprise, le chanteur, Kenji, invite sur scène Eddie, qui s’avère être son ami d’enfance. En découvrant d’autres facettes du musicien, tout souriant, Haru a alors envie de le connaître mieux.

En conclusion

mame march sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, alternant avec brio tension, humour et romance. Elle préfère se concentrer sur l’évolution de ses personnages dans leur relation. Son style graphique particulier apporte une certaine fraîcheur très agréable. Il reste très expressif. Je suis charmée par ce récit mettant en parallèle création et développement amoureux. Une belle lecture qui partage avec finesse la passion.

Our love will last till the end of time – Haida Nanako

our love will last till the end of time haida nanako

HAIDA Nanako 灰田ナナコ
ISBN: 9782375063866
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526089 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Titre original: 来世の君にくちづけを
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voudrais que vous m’oubliez pour toujours. »

Haida Nanako sensei offre une belle romance avec en toile de fond des réincarnations. Elle interroge alors sur la difficile distinction entre sentiments passés et présents, l’influence des souvenirs d’une personnalité réincarnée sur le quotidien, la projection d’anciennes émotions. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs questionnements. Ainsi, malgré une attirance réciproque, Hiroto et Natsume ne partagent pas encore la même passion en raison de leurs différences de souvenirs antérieurs communs. D’ailleurs, Takamine appréhende le retour des souvenirs douloureux de Mika, se sentant coupable de son triste destin. Ainsi, l’auteure révèle l’histoire de Luke et Mika au fil des chapitres, maintenant un certain suspense. Elle met en avant un amour qui perdure à travers le temps et s’émancipe de la différence sociale. Elle construit une relation consensuelle, qui se développe tout de même un peu rapidement.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs, des corps longilignes et des visages rougissants recouverts de hachures. De même, elle utilise des trames d’ambiance très graphique (fleurs, pois, étoiles brillantes…) pour accompagner les émotions. Les autres trames sont équilibrées. Par contre, les décors situent principalement l’action. Un fond noir marque les flash-back des souvenirs, sauf quand le passé se mêle au présent. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Haida sensei utilise beaucoup de superpositions et met en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes en dessinant des contours blancs ou en les tramant uniquement. Elle joue également sur les cadrages pour éviter d’en montrer trop. Sous la jaquette, il y a une illustration et une planche apportant une anecdote.

En résumé

A 7 ans, suite à une forte fièvre, Takamine Hiroto a retrouvé les souvenirs d’une vie antérieure lorsqu’il était le prince Luke Ernest Wilson. Son ami d’enfance Saotome Yûichirô s’est également souvenu du passé de la réincarnation du majordome Brian. A l’époque, le prince était tombé amoureux d’un roturier, Mika Findey, qui a été condamné à mort pour espionnage. Depuis, il le cherche désespérément. Actuellement en troisième année de fac de droit, il croise un jour Natsume Kô, en deuxième année de biologie de l’environnement. Persuadé d’identifier Mika, il le prend alors dans ses bras mais ce dernier ne le reconnaît pas.

En conclusion

Haida Nanako sensei offre une belle romance entraînante, malgré un développement un peu rapide. Son magnifique graphisme très expressif permet d’éviter de longs monologues intérieurs. Je suis agréablement surprise par sa dextérité à mêler présent et passé avec fluidité. Un petit coup de cœur!

Jealousy blinds love – Nagisa Eiji

jealousy blinds love nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063835
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526102 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« J’ai toujours voulu devenir un pianiste comme toi. »

Nagisa Eiji sensei propose de suivre un jeu de séduction et de manipulation entre un pianiste blasé, sur le déclin, et un jeune admirateur talentueux. Elle base principalement la narration du point de vue de Kirino puis alterne ensuite avec Takase pour donner sa version. Elle s’intéresse donc à un amour possessif, presque toxique, à l’admiration à la fois salvatrice et étouffante, aux sentiments contradictoires qui naissent avec la jalousie. En effet, le manipulateur Shion se laisse rapidement prendre à son propre jeu en tombant amoureux. Sa vision pessimiste de l’amour brouille sa compréhension des émotions. En plus, le naïf Kei, pas si innocent qu’il ne paraît, nourrit consciemment un amour calculateur. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages. Elle aborde la pression sur un jeune talent en devenir, l’avidité et la dépendance envers l’affection, la peur de finir seul.

La mangaka a un trait épuré et anguleux contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle ajoute quelques touches shôjo à son graphisme, comme par exemple les hachures envahissantes de la tête aux épaules recouvrant pourtant des trames indiquant les rougissements impressionnants de Takase. D’ailleurs, les trames sont plutôt utilisées avec parcimonie, en aplat, sauf dans les décors plus soignés. Ces derniers situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Ainsi, Nagisa sensei joue parfois sur les plongées et les contre-plongées pour signifier l’ascendant des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Kirino Shion (22 ans) est un pianiste encore étudiant dont le talent périclite depuis qu’il a perdu sa passion pour la musique. Persuadé d’avoir atteint ses limites et dégoûté par les circonstances de sa victoire au dernier concours de piano en Russie, sa rencontre avec un de ses fans, Takase Kei, pique sa curiosité. En effet, le beau et populaire étudiant qui déborde d’admiration pour lui, se montre timide uniquement en sa présence. Il lui confie cependant vouloir devenir un pianiste aussi talentueux que lui. Kirino décide alors de tuer le temps en le taquinant un peu, ayant à la fois envie de le séduire et de le blesser.

En conclusion

Malgré un dessin agréable, Nagisa Eiji sensei ne transcrit pas clairement les émotions de ses personnages. Elle se perd également dans le développement de son récit, voulant trop approfondir certains sujets. Ainsi, ce one-shot souffre malheureusement de problèmes de rythme. Je trouve cela dommage car le propos de base était fort intéressant. J’ai toutefois passé un bon moment de lecture. Une romance divertissante, un peu maladroite, qui peut tout de même plaire à un public indulgent.

Ne refuse pas mes baisers – Michinoku Atami

ne refuse pas mes baisers michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782382764008
Hana, 2023
ISBN: 9784799728543 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Titre original: いやよいやよもキスのうち
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu réagis au toucher de n’importe qui? »

Michinoku Atami sensei propose de suivre la romance maladroite des frères Yûki avec leurs amis. Elle offre donc deux histoires différentes, avec l’hypersensible Megumi qui contraste avec l’indifférent Kazu. Pourtant, elle aborde les mêmes thèmes comme la jalousie, la rivalité, la fuite de la réalité et l’acceptation de son attirance. La narration alterne entre les protagonistes, partageant ainsi leurs réflexions. Bien que leur relation soit plutôt tendue, Seiichirô soutient son petit frère Sôjirô. Les deux lycéens s’interrogent sur leur sexualité, leur sentiments mais également la différence entre amitié et amour. Avec Megumi, l’auteure s’intéresse à l’hypersensibilité mais développe malheureusement le sujet d’un point de vue plutôt comique. Elle joue sur les limites avec le consentement, les personnages cédant facilement au plaisir après quelques résistances. En plus, elle crée des seme très entreprenants dès qu’ils dépassent leur hésitation et des uke manquant de confiance en eux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, avec des contours plus épais qui apportent du relief. Elle le simplifie, parfois jusqu’à l’extrême, dans les passages humoristiques. Elle adoucit également son trait avec des hachures envahissantes lors du rougissement des visages, ajoutant une touche shôjo. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Michinoku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des languettes. Sous la jaquette, elle offre une anecdote en une planche, à lire à la fin. Elle présente aussi les personnages.

En résumé

Yûki Sôjirô déteste Yoshikawa Megumi, le meilleur ami de son frère aîné Seiichirô. Pourtant, lorsqu’il était en primaire, il jouait souvent avec lui jusqu’à ce que ce dernier le délaisse sans explications, se montrant même de plus en plus froid. Mais un jour, il trouve Megumi complètement excité, devant la chambre de son frère. Persuadé que les deux amis sortent ensemble, il décide d’interroger Yoshikawa. Mais ce dernier tente de fuir la conversation. En le retenant, Sôji découvre alors que Megumi est hypersensible, réagissant dès que quelqu’un le touche. Intrigué, il en profite pour le soulager…

En conclusion

Ce one-shot se classe à la trentième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Michinoku Atami sensei offre une comédie romantique douce et sexy. Elle s’attarde principalement sur les sentiments de ses personnages. Mais le charme du titre se trouve principalement dans la beauté du dessin, avec des lycéens dégageant à la fois un peu de virilité et de sensualité. Fan de la mangaka, je suis contente de découvrir une autre œuvre de ses débuts. J’apprécie particulièrement la dynamique entre les personnages.

Orage & miel – Retsujyo

orage et miel retsujyo

Retsujyo 劣情
ISBN: 9782382763902
Hana, 2023
ISBN: 9784796414562 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai toujours pensé que je ne pouvais aimer personne. »

Retsujyo sensei narre une romance dramatique entre deux amis d’enfance perdus de vue. Elle alterne la narration entre les deux héros, faisant entrer rapidement les lecteurs dans les confidences d’Aoyagi, alias Yang. Ainsi, elle aborde le sacrifice de soi, la manipulation, la jalousie et le désarroi des personnes sous la coupe des mafieux. Prisonnier de sa promesse avec Yang, Yuen refuse de fuir le danger et se prostitue pour protéger les deux derniers orphelins de l’établissement. Soumis à son gang, Aoyagi protège à sa manière celui qu’il a toujours aimé. L’auteure préfère s’attarder sur les sentiments des personnages, expédiant les tensions du clan mafieux assez rapidement. Elle offre tout de même quelques scènes d’action. Jin, le bras droit d’Aogiri apporte une touche amusante avec les enfants Tam et Fan.

La mangaka a un trait épuré avec une touche shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance se font discrètes tandis que les autres trames utilisent une large palette de dégradés. Les décors soignés sont également très présents. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les suggestions pour ne pas trop détailler les scènes trop violente. Toutefois, Retsujyo sensei atténue peu le sang malgré leur fusion avec des ombres. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

Abandonné par ses parents, Yuen trouve du réconfort auprès de son camarade de chambre, Yang, qui le traite comme un petit frère. Ce dernier lui promet même de continuer à venir le voir quand il quittera l’orphelinat plus tard pour travailler. Mais un jour, le directeur de l’orphelinat convoque Yuen dans son bureau la nuit et abuse de lui. L’adolescent n’arrive pas à se confier à son protecteur pourtant inquiet. Ne supportant plus son calvaire, un soir, il finit par assommer violemment son agresseur. Arrive alors Yang qui décide de se faire passer pour le coupable afin de protéger Yuen.

En conclusion

Ce one-shot obtient la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Retsujyo sensei oscille entre érotisme et action, se perdant parfois dans les réflexions de ses personnages. Certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs car elle aborde le viol, la pédophilie (toutefois sans images explicites), sans compter les scènes un peu sanglantes. Son graphisme est par ailleurs charmant. Pour ma part, j’ai sauté certaines pages trop sanglantes à mon goût, mais cela ne m’a pas gêné dans la compréhension du récit. Une lecture sombre dans laquelle l’amour se fait désespérément désirer.

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant? – Kiyama Haru

alors qu est ce qu on fait maintenant kiyama haru

KIYAMA Haru 木山はる
ISBN: 9782382764053
Hana, 2023
ISBN: 9784799752937 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« L’amour est vraiment quelque chose de complexe!! »

Kiyama Haru sensei narre une douce romance entre deux hommes blessés par l’amour. Elle aborde les difficultés à affronter la réalité, à se remettre en question et à reprendre confiance en soi après un échec. Elle joue sur les quiproquos entre ses deux personnages aux caractères opposés. Ainsi, le bavard et intrusif Ôtsu ne se rend pas souvent compte que sa trop grande gentillesse peut blesser ses partenaires. Le renfermé Aki, quant à lui, supporte de moins en moins son lourd secret et réussit à mieux cerner ses émotions grâce à son nouveau confident. Les deux hommes apprennent à se connaître et construisent leur relation à tâtons. L’auteure diffuse le passé de ses personnages au compte-goutte et maintient ainsi un certain suspense. Elle s’intéresse au sentiment de solitude malgré un entourage bienveillant. Yoshida, l’ami et confident d’Ôtsu, ramène par ailleurs ce dernier à la réalité par ses conseils avisés.

La mangaka a un trait épuré et fin, plutôt anguleux qui garde son tracé discontinu. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue également sur la forme des phylactères pour transcrire les émotions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont variées. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir ou gris. La mise en page très dynamique rythme la lecture entre grandes vignettes, ellipses et superpositions. Dans les scènes érotiques, Kiyama sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou de larges bandelettes. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans le récit ou présente le quotidien des personnages. A la fin de certains chapitres, elle offre quelques croquis apportant une anecdote.

En résumé

Fraîchement divorcé, Ôtsu Yûsuke (32 ans) ne supporte plus les regards curieux de ses collègues ainsi que les rumeurs qui circulent à son sujet. Devenu la cible des femmes de l’entreprise, il décide de s’inscrire sur une application de rencontre gay. Son premier rendez-vous avec Aki (26 ans) ne se passe pas comme il l’espérait. Il voulait passer du bon temps à tranquillement discuter alors que son partenaire, prisonnier d’un amour à sens unique, cherche simplement un coup d’un soir pour tromper sa solitude. En plus, ayant la fâcheuse tendance à toujours aider son prochain, Ôtsu se fait arroser par des clients virulents en intervenant avant les serveurs. Mais appréciant la compagnie d’Aki, il lui propose un autre rendez-vous.

En conclusion

Pour son premier one-shot, Kiyama Haru sensei maîtrise assez bien le format et développe même une histoire dynamique apportant un peu de réconfort. Elle utilise plutôt bien les codes graphiques pour transcrire les ambiances et émotions. Par ailleurs, les quelques maladresses n’attirent pas l’attention du lecteur. Je suis simplement charmée par les personnages attachants. Une lecture agréable.