Pas touche à mon sub – Zarame Same

Couverture de Pas touche à mon sub de Zarame Same, éditions Hana

ZARAME Same ざらめ鮫
ISBN: 9782382764183
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784832292109 (JP)
Houbunsha, 2022 (JP)
Titre original: 俺のサブを暴くな
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est la première fois qu’on me félicite autant… »

Zarame Same sensei propose un dom/sub avec un couple d’hôtes qui cherche à construire une relation saine et égalitaire malgré un jeu SM soft entre eux. Elle s’intéresse à la discrimination, la peur de perdre le contrôle, la conciliation entre travail et privé. Néanmoins, le consentement peut paraître légèrement flou lorsque Suguri, bien que prévenant, joue sur les mots. La relation d’abord purement charnelle pour satisfaire avant tout leurs besoins évolue petit à petit. Ainsi, Suguri a peur de blesser son partenaire à cause de son fort pouvoir dominant tandis que Yashiro prend quelques initiatives. Le passé des deux héros se dévoile par brides. L’autrice aborde donc la jalousie, l’envie de possession de l’être aimé, la croyance de la personne destinée. Avec Tomoe, le numéro 1 du club Flos, elle interroge sur l’influence sur les clientes. Elle joue également sur les quiproquos pour créer de la tension.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle transforme parfois ses personnages en SD. Des hachures envahissantes marquent les rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Zarame Same sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle présente les personnages et offre une petite illustration amusante avec les protagonistes en mignons SD. Elle explique les règles générales du dom/sub en début de tome et développe les spécificités au fil du récit.

En résumé

Yashiro Haruki (24 ans), alias Ruki, travaille dans un club d’hôtes. Mais il cache son second genre sub. Toutefois, se sentant mal depuis quelques temps, il utilise une appli de rencontre pour trouver un dom un soir. D’ailleurs, bien que Yashiro résiste au regard intense des dom, le bienveillant et doux dom Kohana Suguri (23 ans) arrive à combler ses désirs. Pourtant une semaine plus tard, Suguri se présente comme nouvel hôte dans le club et lui propose de devenir son partenaire.

En conclusion

Zarame Same sensei offre un dom/sub sexy centré sur le destin. Elle crée une dynamique intéressante avec un couple recherchant une relation équilibrée. Ainsi, elle se concentre uniquement sur quelques thèmes qu’elle développe avec précision. Son graphisme dégage une certaine sensualité. J’aime beaucoup la relation entre Ruki et Suguri, mais également les réactions de Tomoe qui se remet en question. Une lecture entraînante!

Yotsuya ghost knight – Shiroi Choco

Couverture de Yotsuya ghost knight de Shiroi Choco, éditions Taifu

SHIROI Choco しろゐチョコ
ISBN: 9782375065808
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526485 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Okuru Yotsuya est un puissant exorciste mal à l’aise avec les gens et le sexe. »

Shiroi Choco sensei narre une comédie romantique sexy entre un exorciste solitaire et un acteur porno qui peut voir les fantômes. Elle joue sur leurs caractères opposés. En effet, bien qu’inexpérimenté en amour, Okuru a une très haute opinion de lui-même en exorcisme. Naito, quant à lui, malgré sa peur des esprits, ne résiste jamais à l’appel de l’argent. Ainsi les deux hommes, au prétexte d’initiation, voient leurs sentiments évoluer vers un amour réciproque. D’ailleurs, ils développent une relation consensuelle, l’acteur se montrant prévenant. Les autres exorcistes, Itsuki, Matsu Kenta (23 ans) et Itô, apportent soutien, humour ou tension. L’autrice aborde donc la cohabitation, la solitude, la force de l’amour, la difficulté à concilier travail et privé. Elle s’intéresse aussi au sentiment de culpabilité. Par ailleurs, elle dévoile le passé des deux héros par brides, semant ainsi quelques indices amenant à une révélation finale surprenante.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés avec un contour parfois dédoublé. Elle déforme les physionomies dans les passages humoristiques, ses personnages en SD ayant même des têtes en forme de L. Elle utilise les trames avec parcimonie et privilégie les contrastes noir et blanc. De même, des hachures soulignent les ombres fortes. Par ailleurs, les trames d’ambiance plutôt graphiques (cœur, pois…) accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Shiroi sensei montre la possession par les esprits par des détails étranges. Dans les scènes érotiques, elle trame les parties intimes en les dessinant sans contour avec un léger flou. Sous la jaquette, elle offre une planche amusante avec Itô Umeru (30 ans) et Kinô Sen (22 ans), faisant suite au chapitre 6. L’esprit protecteur Teku apporte une note mignonne.

En résumé

L’exorciste Yotsuya Okuru (29 ans) purifie les esprits à la demande des clients. Pour plus d’efficacité, il a besoin de fluide corporel. Mais travaillant seul, il se contente de récolter les larmes qu’il verse quand il jouit. Toutefois, un jour, sa méthode se montre totalement inefficace contre un puissant esprit. Il est alors sauvé par Fukase Naito, un célèbre acteur porno surnommé le Chevalier du squirt. Okuru décide donc de lui demander conseil…

En conclusion

Shiroi Choco sensei crée une dynamique intéressante entre les deux personnages, la note fantastique apportant une touche d’originalité. Elle alterne avec aisance entre humour, scènes sexy et tension. De même, son graphisme qui possède un style bien personnel, oscille entre sensualité et comique. D’ailleurs, j’adore ses personnages en SD. Je les trouve tellement expressifs et rafraîchissants. J’apprécie également la dynamique des différents couples et j’aimerais bien lire un jour un spin-off avec Itô et avec Matsu. J’ai également découvert le squirt. Une lecture envoûtante!

My fluffy moody crush – Nago Nayuta

Couverture de My fluffy moody crush de Nago Nayuta, éditions Taifu

NAGO Nayuta 那梧なゆた
ISBN: 9782375065839
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526508 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un loup-vampire farouche VS un humain déterminé à l’apprivoiser! »

Nago Nayuta sensei développe une romance plutôt classique mais ajoute une touche originale avec le vampirisme. Ainsi, elle intègre dans le récit les explications spécifiques à son univers. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, dévoilant ainsi l’évolution de leurs sentiments. A force de se côtoyer, les deux amis perdus de vue réalisent au fur et à mesure leur attirance mutuelle. Toutefois, le doute persiste avec l’influence du lien affectif et du pouvoir des vampires. Le vampire redoute de perdre le contrôle lorsqu’il suce le sang d’Itsuki tandis que l’humain, volontaire, le guide. Mitsu, la mère de Kô et la collègue du café apportent une note comique. Par ailleurs, l’autrice construit une relation consensuelle. Elle aborde la peur de blesser l’autre, le poids du passé, la fuite des responsabilités.

La mangaka a un trait épuré plutôt contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère les expressions. D’ailleurs, Kô affiche parfois une tête de loup toute mignonne. Les trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes et les volumes. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nago sensei ne détaille pas les parties intimes. Elle utilise des trames plus sombres reprenant vaguement leurs formes, ainsi que des languettes blanches ou un flou au niveau des pénétrations. Néanmoins, les détails se devinent par transparence lors des gros plans.

En résumé

L’ajin Kô, mi-vampire, mi-loup-garou, déteste les humains. Il travaille à la préparation des repas dans le café de sa mère, pour éviter au mieux les contacts. Pourtant, un jour, un humain lui saute dans les bras. Il s’agit en fait de son ami d’enfance Itsuki qui était à sa recherche depuis le primaire. Embauché dans le café, tous deux se côtoient donc quotidiennement. Mais le loup-garou ne comprend pas pourquoi Itsuki reste toujours aussi souriant alors qu’il le rejette sans cesse.

En conclusion

Nago Nayuta sensei offre une romance sans prétention, avec un scénario maîtrisé qui va à l’essentiel. Elle crée une dynamique intéressante entre les deux protagonistes, entre fuite et attirance. Son graphisme dégage beaucoup de douceur. J’aime beaucoup le développement de la relation entre Kô et Itsuki. Une lecture plaisante.

Afterglow – Wagase Wagimoko

couverture de Afterglow de Wagase Wagimoko, édité par Hana

WAGASE Wagimoko 吾瀬わぎもこ
ISBN: 9782382765395
Hana, 2025
ISBN: 9784758026802 (JP)
Ichijinshan 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Vous feriez mieux de ne pas sortir ce soir. »

Wagase Wagimoko sensei narre une romance adulte entre un chirurgien cardiovasculaire et un yakuza. Elle révèle au fur et à mesure le passé traumatisant de Higuchi ainsi que celui difficile de Tenju. Après une relation d’abord purement charnelle, les deux hommes vont développer une attirance mutuelle. Kiyotaka conserve un côté naïf et innocent tandis que le manipulateur yakuza se montre prévenant et rassurant. Ainsi, un jeu de séduction se développe entre les deux amants. Le médecin Mishima et les sous-fifres Aohitaba et Ryûnosuke apportent une note bienveillante. L’autrice aborde la difficulté à surmonter un traumatisme et la perte des objectifs de vie suite à des aléas. Elle met en avant la confrontation à la mort dans des milieux très différents. Dans l’histoire bonus, elle détend l’atmosphère avec un récit plus érotique.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Les trames très nombreuses et variées détaillent les ombres et les motifs. D’ailleurs, le rendu des tatouages est minutieux. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique met souvent en avant le charme des muscles de Tenju. Wagase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures et offre au moins une scène par chapitre. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les personnages dans leur quotidien mais sans incorporer les décors.

En résumé

Higuchi Kiyotaka (29 ans), chirurgien cardiovasculaire, est pourtant muté à la campagne en médecine générale suite à un incident. Il se retrouve donc souvent à écouter les histoires des personnes âgées du village. Mais un soir, après avoir noyé sa peine dans l’alcool, complètement ivre, il est abordé dans la rue par Tenju, le yakuza du coin, qui lui propose alors de lui faire oublier ses soucis au lit.

En conclusion

Ce one-shot se classe quatrième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2025. Wagase Wagimoko sensei offre une romance plutôt classique mais très sexy. Elle développe l’essentiel, oscillant entre tension et moments tendres. Son graphisme de toute beauté, presque réaliste, apporte une touche rafraîchissante. J’ai passé un agréable moment et j’ai beaucoup aimé la relation qui se construit entre les deux hommes. Une lecture agréable!

Key ring lock – Ymz

Couverture de Key ring lock de Ymz, éditions Taifu

Ymz
ISBN: 9782375065624
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784063650327 (JP)
Kodansha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Dans cet appartement, la frontière entre la normalité et l’anormalité devient floue… »

Ymz (Yamazu) sensei narre une romance atypique entre un écrivain aimant séquestrer les gens et une de ses victimes totalement consentante. Ainsi, elle aborde la cohabitation et l’acceptation de l’autre tel qu’il est. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure les raisons du comportement particulier des deux hommes prisonniers de leur passé. Ces derniers, solitaires, ne s’intègrent pas aux modèles attendus de la société mais découvrent qu’ils se complètent parfaitement. L’opportuniste Yui a tendance à se laisser vivre tandis que le capricieux Toshiki se montre maladroit en relation. Le responsable éditorial Satoru veille tout de même à ce que son auteur ne dépasse pas les limites. La lycéenne Kokoro, quant à elle, apporte également un regard extérieur sur la relation entre les deux hommes. A travers Tokutomi, l’autrice s’intéresse à l’influence des rumeurs, à la difficulté de demander de l’aide, au sentiment d’impuissance et au poids des regrets.

La mangaka a un trait épuré avec un contour épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors très présents, gardent une note croquée avec un trait irrégulier et des hachures marquant les ombres et les volumes. Par ailleurs, les trames sont en aplat tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir ou gris. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au style graphique. Toutefois, Ymz sensei varient souvent les angles de vue. Elle n’intègre aucune scène érotique, son récit se concluant sur les prémices de la relation amoureuse. La couverture se classe douzième au Chill chill BL award 2018.

En résumé

Yui, qui travaille en intérim, se contente de vivre chichement. Un soir, il croise un homme dans un piteux état, affalé dans la rue. Il aide alors l’inconnu à rentrer à son domicile mais reste finalement dormir là-bas. Toutefois, au matin, il trouve la porte fermée à clé. En effet, l’écrivain Toshiki lui annonce aimer séquestrer les gens…

En conclusion

Ymz sensei offre une tranche de vie sur une cohabitation bizarre, analysant avec une grande sensibilité leurs différents sentiments. D’ailleurs, elle rend palpable l’ambiance et la fragile harmonie qui se construit entre les deux hommes. Son graphisme renforce la douceur ressentie malgré l’étrangeté de la situation. J’apprécie particulièrement la découverte au fil des pages des tenants et des aboutissants de cette relation. Une lecture originale et surprenante!

Deliheal change – Ikuyasu

Couverture de Deliheal change d'Ikuyasu, éditions Hana

Ikuyasu イクヤス
ISBN: 9782382764435
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784866571522 (JP)
Frontier works, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ne te moque pas de la force d’un puceau! »

Ikuyasu sensei narre une romance classique entre des amis d’enfance perdus de vue, sur fond de vengeance. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle dévoile au fur et à mesure le passé entre Masato et les jumeaux Ise, Kumi et Mikito, révélant leurs différents points de vue. D’ailleurs, les quiproquos s’enchaînent et se répètent, jouant également sur les coïncidences improbables. En effet, entre secrets, triangle amoureux et sentiments suspendus, les petits accidents et traumatismes de la vie ont influencé la destinée des trois amis. D’abord fier et sûr de lui, Masato est devenu un adulte couard et effacé. L’autrice s’intéresse donc au changement de personnalité dû aux premières expériences durant la puberté, aux remords et à l’apparence. Elle aborde également la question de l’avenir, la perte de confiance en soi ainsi que la cohabitation. Elle complète ce tome avec une petite histoire très sexy avec des majordomes.

La mangaka a un trait légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine majoritairement des hommes au corps musclé et à forte carrure. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à une trame noire en fond, avec un dégradé en points. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Dans les scènes érotiques, Ikuyasu sensei censure les parties intimes par des languettes blanches ou des formes tramée n’ayant presque pas de contour.

En résumé

Deliheal change: Encore puceau, le salaryman Takase Masato demande les services d’une prostituée. Mais à sa surprise, c’est un homme qui se présente. D’abord réticent, Masato cède finalement très vite aux plaisirs que lui prodigue l’inconnu. Désirant le revoir, il fait alors à nouveau appel au même service. Toutefois, c’est bien une femme, Arisa, qui se présente. Il en profite donc pour demander enfin le nom de l’inconnu: Ise Mikito. Or, il s’agit d’une connaissance du salaryman quand il était étudiant.
L’éducation du majordome: Le valet et majordome Esmond forme personnellement le jeune Colo, y compris toutes les techniques pour satisfaire leur maître.

En conclusion

Bien que ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019, les lecteurices le citent parmi les meilleurs thèmes érotiques. Ikuyasu sensei part d’un scénario classique pour nous surprendre par des révélations, certes parfois un peu tirées par les cheveux. Elle joue également sur les contrastes entre physique et caractère. En effet, ses personnages ont des carrures plutôt musclées, pour mon plus grand plaisir. Ce type d’histoire, concentrée surtout sur l’érotisme, ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, j’avais repéré la mangaka sur les réseaux sociaux et rêvait de découvrir une de ses œuvres. Je suis donc très satisfaite et espère que d’autres de ses titres sortiront. Une lecture simplement divertissante!

Cure blood – Togaya Arata

couverture de Cure blood de Togaya Arata, éditions Taifu

TOGAYA Arata 戸ヶ谷新
ISBN: 9782375065549
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784396785536 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Je vais t’examiner et te donner mon sang. »

Togaya Arata sensei narre une romance platonique entre deux médecins, dont l’un se transforme en vampire. Elle offre des tranches de vie, effectuant des sauts dans le temps pour ne développer que les évènements marquants. Ainsi, elle aborde la question de la cohabitation, la peur de perdre l’être aimé ainsi que le poids de la « maladie ». La narration alterne entre Tadayuki et Jûji. Bien qu’asocial, le vampire ressent la solitude, ses interactions humaines devenant limitées à cause de son lent vieillissement. De même, il culpabilise d’accaparer l’attention de son collègue. Pourtant, grâce à la recherche sur la transformation du médecin, une complicité se crée entre les deux amis. Ainsi, l’autrice aborde la question du vieillissement et de la mort, l’acceptation de l’autre tel qu’il est, le sacrifice de soi.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle dessine des corps plutôt longilignes. Toutefois, elle simplifie et arrondit son trait dans les passages humoristiques. La mise en page est simplement dynamique. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Togaya sensei montre l’évolution de la relation à travers des illustrations métaphoriques et poétiques. Elle résume également l’ambiance du récit dans les illustrations en début de chapitre. Sous la jaquette, elle offre le plan du logement commenté par les deux médecins qui apparaissent en semi SD.

En résumé

Depuis son opération, le médecin Kamikawa Tadayuki (28 ans) constate des changements dans son corps. Il n’arrive plus à manger, guérit très vite et se sent constamment fatigué. Quand son collègue Jûji Takeru (33 ans) l’invite chez lui à dîner, le jeune médecin est soudain pris d’un vertige et l’agresse pour lui sucer son sang. Tadayuki fuit alors et disparaît, tentant de se suicider en vain. Toutefois, Takeru refuse de l’abandonner et le retrouve quelques mois plus tard. Il lui propose alors de l’examiner et de lui donner son sang…

En conclusion

Pour son premier manga publié, Togaya Arata sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot. Elle offre une tranche de vie touchante centrée sur la vie à deux et la mort. Par ailleurs, la transformation en vampire apporte quelques sujets supplémentaires intéressants comme la solitude. Son graphisme est agréable. J’ai été agréablement surprise par le développement du récit. J’aime beaucoup l’ambiance générale qui s’en dégage. J’aimerais découvrir d’autres œuvres de la mangaka. Une lecture simplement émouvante!

Last omegaverse – Harekawa Shinta

Couverture de Last omegaverse de Harekawa Shinta, éditions Taifu

HAREKAWA Shinta 晴川シンタ
ISBN: 9782375065143
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801968349 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Il y a un siècle de cela, les alphas et les omégas se sont éteints. »

Harekawa Shinta sensei propose un omegaverse avec une note originale: la disparition des alphas et des omégas. Elle interroge sur la différence entre un coup de foudre et l’influence des phéromones et la solitude. Ainsi, elle dépeint les différentes émotions ressenties, en particulier à cause du manque de connaissance sur les seconds genres. Ayase aspire à une vie et à un amour normaux mais doit composer avec les effets de ses chaleurs, devant mentir sur sa condition. Sa sœur, Yôko, se montre en plus trop surprotectrice. Inukai, quant à lui a constamment peur de ne pas contrôler son instinct. Les personnages, blessés par la vie jusqu’à présent, construisent d’abord une relation un peu malsaine mais cherchent à l’équilibrer et à avancer. Ainsi, l’autrice révèle par brides le passé des personnages. Elle aborde la question du destin, de l’acceptation de soi, du doute et de la sincérité des sentiments.

La mangaka a un trait épuré avec des contours plus épais donnant du relief. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Harekawa sensei censure les parties intimes avec des trames légères ou des contours blancs qui s’estompent. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures, offrant presque une scène par chapitre.

En résumé

Les alphas et les omégas ont disparu depuis un siècle déjà. Pourtant, un jour de pluie, le PDG d’une société, Inukai Ryô, croise l’acteur porno gay, Ayase Yûtarô, à un passage piétons. Les deux hommes se sentent irrémédiablement attirés l’un par l’autre et enchaînent ensuite rapidement les rendez-vous. Mais pendant leurs ébats, Ayase qui cache son second genre oméga, s’interrompt brusquement pour prendre des suppresseurs d’urgence. Inukai lui avoue alors être un alpha.

En conclusion

Harekawa Shinta sensei offre un omegaverse plutôt original, malgré une narration un peu rapide pour tenir en un one-shot. Ainsi, elle développe peu les différents thèmes abordés mais exploite tout de même l’essentiel. En plus, elle analyse avec finesse les émotions des personnages, dévoilant au fur et à mesure leurs petits défauts. Le récit semble ainsi très vivant. Par ailleurs, le graphisme est à la fois fin et agréable. Même si je trouve que ce titre ne restera pas longtemps dans les mémoires, je l’ai apprécié, étant touchée par l’imperfection des personnages. Une lecture attendrissante!

Mon cher roi démon – Soutome Emu

Couverture de Mon cher roi démon de Soutome Emu, éditions Taifu

SOUTOME Emu 五月女えむ
ISBN: 9782375065525
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784910526584 (JP)
Shucream, 2024 (JP)
Titre original: 親愛なるわが魔王へ
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je vais devoir vérifier la magie qui contrôle les sentiments. »

Soutome Emu sensei narre une douce romance entre un roi démon et un griffon qu’il a d’abord élevé. Ainsi elle interroge sur l’amour parental, amical et amoureux. Elle installe rapidement son univers et dévoile les détails à travers les discussions. D’ailleurs, la narration alterne entre Topaze et Rubis. Malgré son puissant pouvoir, le roi démon a la fâcheuse tendance à se surmener, faisant passer les autres avant lui. Le griffon, quant à lui, prend soin de son père adoptif et préfère cacher ses sentiments amoureux. Leurs amis, le magicien Jade et son compagnon Perle, les soutiennent, devenant leurs confidents. Le comportement violent et avide des humains se confronte à des êtres fantastiques qui n’aspirent qu’à la paix. Par ailleurs, l’autrice montre le double tranchant de la pression. Elle aborde le sacrifice de soi, les choix douloureux parfois nécessaires. Avec la forme animale de Topaze, elle s’attarde sur l’influence de l’instinct.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les nombreuses trames sont très variées. Toutefois, des hachures soulignent également les ombres fortes. Les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors soignés sont très présents. La mise en page très dynamique joue sur les absences de cadre et les angles de vue variés. Soutome sensei s’attarde sur les petits détails, semant des indices au fil des pages. Elle s’inspire de différents costumes, monstres et univers fantastiques pour créer son propre monde. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Sur l’île des démons et des pierres précieuses, il y a quarante ans, le très puissant roi des démons Rubis a recueilli un œuf de griffon abandonné. Grâce à sa magie, Topaze a alors pris une forme humaine. Maintenant adulte, il prend soin du roi des démons qui s’épuise à ressusciter les démons morts durant la guerre contre les humains. Il réprime au mieux ses sentiments amoureux mais aimerait ne plus être considéré comme un enfant…

En conclusion

Bien que Soutome Emu sensei aille à l’essentiel avec quelques raccourcis, les explications contées collent parfaitement au récit. Elle alterne tension, humour et émotions. En effet, elle dépeint avec finesse les sentiments des personnages. D’ailleurs, le couple avance à son rythme respectant le consentement entre eux. Le graphisme est expressif et agréable. J’aime beaucoup la dynamique entre Rubis et Topaze. Une lecture charmante!

Le regard de la bête – Shinou Ryo

couverture de Le regard de la bête de Shinou Ryo, éditions Taifu

SHINOU Ryo 紫能了
ISBN: 9782375065518
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784801982161 (JP)
Takeshobo, 2023 (JP)
Titre original: キミが獣になれるまで
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je t’avais bien dit que je te soumettrai à moi, non? »

Shinou Ryo sensei propose un dom/sub avec une vraie relation sado-masochiste, y ajoutant au passage quelques touches personnelles. Ainsi, elle intègre ses explications au fil du récit. Elle aborde donc la question du consentement, le difficile contrôle des pulsions et la place des sentiments face à l’instinct. Les médecins Mashinome Tsukasa (dom) et Ikari Jin (switch) dévoilent au fur et à mesure les spécificités de la mutation de Minoru. En effet, Kageshita développe deux personnalités contradictoires selon qu’il est normal ou dom. Aki, quant à lui, culpabilise de ne pas satisfaire suffisamment son ami. Malgré des sentiments réciproques, le couple peine à trouver un équilibre. Par ailleurs, l’autrice enrichit son univers avec des effets secondaires suite à une transformation instable. Elle questionne sur le besoin de possession du point de vue du dominant et du soumis. Elle joue également sur les limites de la violence, créant constamment de la tension.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique utilise les superpositions, les angles de vue variés, les sorties de vignettes ou même l’absence de cadre. Ainsi, Shinou sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des hachures et offre même une scène par chapitre. En début de tome se trouvent les explications sur le dom/subverse ainsi que les spécificités inventées par l’autrice. Des fiches personnages permettent de découvrir quelques secrets en fin de tome.

En résumé

Un soir, alors que Haruki Aki (sub) s’apprêtait à coucher avec un dom dans un parc, ils sont interrompus par le regard de bête d’un autre dom encore plus puissant. Suite à la soudaine réduction de sa bourse universitaire, le sub cherche un petit job et postule alors à un test clinique pour des inhibiteurs. Malheureusement, il doit absolument être accompagné d’un dom. Durant sa recherche, il rencontre son ami d’enfance Kageshita Minoru (normal), qui le soumet soudain par des phéromones. Ce dernier a par ailleurs le même regard de bête que le dom qu’Aki avait croisé quelques jours auparavant. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2024. Ce one-shot épais permet à Shinou Ryo sensei de bien développer son scénario, entre tension et érotisme. La touche SM apporte vraiment un plus au récit, collant parfaitement au dom/subverse. Son graphisme sensuel sublime également les interactions entre les personnages. Je suis subjuguée par la relation du couple, à la fois attendrissante et entraînante. J’aimerais par ailleurs découvrir un jour l’histoire des médecins. Si les scènes SM ne vous dérangent pas, je vous recommande ce dom/sub. Un coup de cœur!