Notre chemin – Amamiya

notre chemin amamiya

Amamiya アマミヤ
ISBN: 9782382762080
Hana, 2024
ISBN: 9784866534060 (JP)
Core magazine, 2020 (JP)
Titre original: ぼくらのつづき
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Pour le moment, on recommence depuis la case départ. »

Amamiya sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue qui se retrouvent quelques années plus tard. Elle base la narration principalement du point de vue de Yôsuke. Par ailleurs, elle met en avant la vie des rues commerçantes, avec l’entraide et les échanges entre les gérants de boutiques. Les deux héros ont des caractères assez marqués. A cause de sa timidité, Shû a un petit côté fuyant et tsundere. Yôsuke, quant à lui, a tendance à suivre ses pulsions mais communique parfois maladroitement. Les deux adolescents ressentent une attirance mutuelle mais prennent du temps avant de l’accepter. Ainsi, l’auteure aborde les premiers émois amoureux de l’adolescence, analysant leurs réactions. Elle maintient un certain suspense en révélant au gré des souvenirs le passé entre les deux lycéens. De même, elle joue principalement sur la dynamique entre eux.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle s’attarde sur les détails des regards et des petits gestes. Son graphisme conserve un trait à main levé avec des pleins et déliés nombreux et des petites hachures qui marquent les volumes. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance apparaissent avec parcimonie. De même, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique, très aérée avec de grandes ellipses et des vides. Amamiya sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle joue sur les cadrages pour en montrer le moins. De même, elle dessine des hachures ou des contours blancs sur les parties intimes.

En résumé

Enfants, Sakurai Yôsuke avait sympathisé avec Nanase Shû qui venait d’emménager dans le quartier. Mais en jouant, ils ont eu un accident qui a brisé leur relation naissante. En plus, la mère de Shû, surprotectrice, n’a même pas laissé Yô s’excuser. Par conséquent, les deux amis se sont alors éloignés. Mais depuis son entrée au lycée, Sakurai croise souvent Nanase, même si tous deux s’ignorent. Pourtant, il vient à son secours quand un professeur embête un peu trop Shû sur sa couleur de cheveux. Un jour, alors qu’il aide ses parents à livrer des légumes, il découvre son ancien ami en train de travailler chez Chiyo qui tient une boutique de bentô.

En conclusion

Bien qu’Amamiya sensei propose une comédie romantique assez classique, elle maîtrise plutôt bien le format one-shot et enchaîne les évènements en alternant tension, romance, souvenirs et même quelques scènes sexy. Son graphisme mignon est un atout supplémentaire à l’appréciation de ce récit. Une lecture agréable avec des moments craquants!

Le mari du yakuza – Kuroi Yodaka

le mari du yakuza kuroi yodaka

KUROI Yodaka 黒井よだか
ISBN: 9782375064023
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784047367098 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Titre original: オメガの婿取り
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Me marier avec un alpha plus faible que moi?! Jamais de la vie! »

Kuroi Yodaka sensei offre une comédie romantique entre un puissant oméga au fort caractère et un alpha effacé qui se fait passer pour un bêta. Elle alterne la narration entre les deux héros. De même, elle dévoile l’essentiel de leur passé au fil des chapitres. Ainsi, les explications des spécificités de l’univers omegaverse appliquées au monde mafieux sont intégrées au gré des discussions des personnages. Yoshiharu se rebelle face aux règles inégalitaires tandis que Makoto se sacrifie pour le bonheur de son « maître ». Ainsi, les deux hommes cachent leur amour réciproque, prisonniers des conventions. L’auteure présente le mariage arrangé comme un moyen de négociation pour la mafia, certains yakuzas n’hésitant pas à utiliser de viles méthodes pour arriver à leur fin. Elle aborde l’influence des phéromones sur les sentiments, le jugement sur l’apparence, la recherche d’un partenaire idéal, le poids des clichés.

La mangaka a un trait anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages plutôt rectangulaires, avec des airs patibulaires, même pour la grand-mère. Les carrures musclées se devinent à travers les vêtements. Les trames sont variées toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. Par contre, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent à leur fond noir mais également, par une trame grise recouvrant les vignettes. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Kuroi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle offre deux planches amusantes avec une interview du couple. Elle met en avant les attributs des yakuzas dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Héritier d’un clan yakuza, Hanamura Yoshiharu ne peut prendre la suite de la cheffe de clan car il est un oméga. Sa grand-mère organise alors des entrevues en vue d’un mariage arrangé pour qu’il trouve un partenaire alpha et mette au monde rapidement un descendant. En effet, malgré la fin des discriminations entre alphas et omégas, les mafieux continuent de perpétuer la règle que seul un alpha peut arriver au pouvoir. Mais Yoshiharu refuse d’épouser un homme plus faible que lui, n’hésitant pas à utiliser ses poings. Il rêve d’un partenaire idéal qui partagera équitablement la gestion du clan avec lui. D’ailleurs, il se sent trahi par son fidèle assistant Saitô Makoto (bêta) qui ne prend même pas son parti…

En conclusion

Kuroi Yodaka sensei propose un omegaverse dynamique avec un oméga qui ne se laisse pas faire. Elle gère parfaitement le rythme de son récit, l’enchaînement des évènements et alterne entre tension, humour et tendresse. Son graphisme dégage une certaine virilité, très rafraichissante. Je craque complètement pour les protagonistes, même les personnages secondaires peu développés qui ajoutent une note comique discrète. Une lecture entraînante!

Un amour de robot – Kanipan

un amour de robot kanipan

Kanipan
ISBN: 9782382764411
Hana, 2024
ISBN: 9784866694337 (JP)
J publishing, 2021 (JP)
Titre original: 足りないふたり
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Ce collègue masculin peut-il aider Kio à oublier sa déception amoureuse? »

Kanipan sensei narre une romance entre deux hommes qui éprouvent des difficultés à montrer leurs émotions. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, Kio se cache constamment derrière un sourire conciliant mais arrive à faire tomber le masque face à Osamu. Bannai quant à lui, agit tel un robot, analysant et expérimentant différents sentiments. Grâce à Shiomi, il progresse dans la compréhension de ses émotions et fait de plus en plus d’efforts pour les exprimer. Bien que le couple avance avec maladresse, programmant même des objectifs, il communique beaucoup. D’ailleurs, l’auteure qui a débuté la relation par un rapport non consenti, rééquilibre rapidement la situation après une mise au point. Elle aborde donc la question du substitut suite à un échec amoureux, la difficulté à exprimer ses sentiments, la construction d’une relation par la communication, l’acceptation des défauts de son partenaire. Les quiproquos ajoutent une note d’humour.

La mangaka a un trait épuré très anguleux, presque raide, qui rappelle le style des années 1990. Elle le simplifie à l’extrême et le déforme même dans les passages humoristiques. Par exemple, elle dessine Kio et Osamu en wanko. Des hachures marquent les ombres fortes. Ainsi, les trames servent principalement pour les couleurs en aplat et les effets d’ombre. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page classique propose néanmoins quelques pages plus dynamiques. Bien que Kanipan sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle cache souvent les parties intimes en jouant sur les angles de vue ou les cadrages. A la fin de certains chapitres, elle dévoile des renseignements complémentaires à travers quelques petits dessins.

En résumé

De par son éducation stricte, Shioumi Kio a appris à cacher constamment ses émotions derrière un sourire conciliant. Ainsi, il n’a jamais osé déclarer ses sentiments à sa supérieur Yatani, qui s’est alors mariée récemment. Il a également du mal à s’entendre avec son collègue Bannai Osamu qui parle beaucoup trop directement et qui ne lit pas les ambiances. Un jour, cet homme qui agit comme un robot et l’observe tout le temps, lui demande alors de lui expliquer ce qu’est l’amour. Comprenant que Bannai a du mal à comprendre les émotions, Kio sympathise finalement avec lui. Mais curieux d’expérimenter l’amour, son collègue lui propose de sortir ensemble. Et Kio accepte en espérant ainsi oublier son échec amoureux.

En conclusion

Kanipan sensei propose un scénario à la base plutôt intéressant sur la difficulté à exprimer ses émotions. Malheureusement, le format one-shot le dessert car elle enchaîne maladroitement et trop vite les évènements, ayant beaucoup de choses à aborder. En plus son graphisme très anguleux pourra déplaire au public actuel. De même, la première relation, non consentie, pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Pour ma part, j’apprécie beaucoup l’histoire après la mise au point entre les deux héros, Kio comprenant le problème de son partenaire et le prenant donc en main pour le guider. Je trouve leur évolution mignonne et attendrissante. Un titre qui ne restera pas dans les mémoires mais qui peut trouver son public, je pense.

Ose me dire que c’est pas de l’amour – Sakurai Nanako

ose me dire que c est pas de l amour sakurai nanako

SAKURAI Nanako 櫻井ナナコ
ISBN: 9782382764367
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784866574912 (JP)
Frontier works, 2021 (JP)
Titre original: 恋じゃないと目を見て言って
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand je tombe amoureux, je me jette à fond dans la relation. »

Sakurai Nanako sensei propose une classique romance de sex friends à amants entre un étudiant et un cuisinier qui ont tendance à trop s’investir en amour. Elle joue sur les contradictions entre leurs actions et leurs paroles pour créer tension et quiproquos. A force d’être blessé par des ruptures, Yuito renonce à une relation sérieuse et fuit tout ce qui y ressemble. Arata respecte sa décision mais joue sur la distinction entre ami et amant pour arriver à ses fins. Bien que les deux hommes ressentent des sentiments réciproques, ils s’enlisent dans une certaine distance pour pouvoir conserver leur relation. Leur entourage les guide un peu. L’auteure révèle le passé d’Amari seulement à la fin. Ainsi, elle crée un peu la surprise. En bonus, elle montre la vie à deux du couple.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Pour les rougissements, elle dessine des hachures envahissantes qui recouvrent même les yeux et les cheveux. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait. Les trames sont utilisées avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakurai sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle offre environ une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle présente sa postface en manga accompagnée d’un dessin.

En résumé

Amari Yuito a la fâcheuse tendance à se jeter corps et âme dans une relation quand il est amoureux. Ainsi, il n’hésite pas à utiliser son corps pour obtenir enfin l’amour de sa cible, ne se souciant guère de la situation de famille de cette dernière. Mais il se fait également souvent plaquer car ses partenaires le trouvent finalement étouffant. Après une énième rupture, il décide donc de se contenter d’un simple coup d’un soir. Dans un restaurant, il rencontre un bel étudiant qui mange avec appétit. Bien qu’il évite habituellement les jeunes, intrigué, il sympathise rapidement avec lui. Kuze Arata accepte alors de continuer leur conversation autour d’un verre chez Yuito. Et ils finissent même par coucher ensemble.

En conclusion

Sakurai Nanako sensei offre un scénario très classique et sans prétention dont l’enchainement des évènements se devine facilement. D’ailleurs, elle utilise quelques raccourcis mais cela n’est pas dérangeants. En plus, elle a un graphisme plutôt mignon agréable. J’ai apprécié ma lecture malgré le manque d’enjeu, m’attachant facilement aux personnages. Une lecture sympathique!

Amour & désir – Ahiru Morishita

amour et desir ahiru morishita

AHIRU Morishita アヒル森下
ISBN: 9782382764244
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801978577 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si Noa me touchait encore plus, qu’est-ce que je ressentirais? »

Ahiru Morishita sensei propose une comédie romantique entre un jeune reclus asocial et sombre et un étudiant nippo-allemand radieux un peu otaku. Elle aborde donc la difficulté à communiquer et à exprimer ses sentiments, les différences culturelles. Elle ajoute une note dramatique en dévoilant au fur et à mesure le passé de Kei. Avec la cohabitation, les deux hommes se découvrent des points communs et une attirance mutuelle. Noa réalise qu’il aime prendre soin de son hôte tandis que Kei s’interroge sur sa libido. Ainsi, les quiproquos entre eux apportent une touche humoristique. L’auteure s’intéresse par ailleurs à la distinction entre amour et désir sexuel, analysant les questionnements de ses deux héros.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle compare les réactions de Kei à celles d’un chat, n’hésitant pas à lui ajouter oreilles et queue ou à dessiner un petit chat noir à côté, augmentant son côté mignon. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. Les décors sont soignés et le lecteur peut même reconnaître certains quartiers de Tokyo. La mise en page est par ailleurs dynamique. Dans les scènes érotiques, Ahiru sensei censure les parties intimes par des hachures blanches et des contours discontinus. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le couple dans leurs moments tendres.

En résumé

Noa, nippo-germanique, se rend au Japon pour un mois. En échange d’un logis dans une belle maison traditionnelle, il accepte de s’occuper de Kei, un hikikomori. Ce dernier a d’abord du mal à s’exprimer, d’autant plus que Noa se montre très tactile. Pourtant, il multiplie les efforts malgré sa maladresse pour communiquer avec son nouveau colocataire. D’ailleurs, Noa adore voir les différentes réactions de son hôte. Mais en rentrant un soir, il entend Kei en train de se masturber tout en prononçant son nom.

En conclusion

Ahiru Morishita sensei propose une romance toute mignonne alternant entre humour, drame et érotisme. Elle délaisse rapidement la question interculturelle pour s’attarder sur les sentiments des personnages. Son graphisme transcrit parfaitement les émotions des personnages. Une lecture simple, sympathique, légèrement affriolant qui fait passer un bon moment de détente.

L’épouse de la bête – Akihisa Teoh

l epouse de la bete akihisa teoh

AKIHISA Teoh 秋久テオ
ISBN: 9782382764176
Hana, 2024
ISBN: 9784861239113 (JP)
Bright, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Agis comme le monstre que tu es et va le bouffer. »

Akihisa Teoh sensei narre une romance fantastique sur la cohabitation après un mariage arrangé. Elle explique son univers au fil des chapitres. Par ailleurs, elle alterne la narration entre les deux héros, partageant leurs questionnements. Kyôya se montre très ouvert et curieux mais cache un lourd secret. Hinata qui a toujours été rejeté par ses pairs, se laisse peu à peu séduire par les attentions de son partenaire. Ainsi, le couple apprend à se connaître, se parlant franchement et construisant une relation de confiance. En effet, bien que considéré comme des monstres, les deux hommes ont une sensibilité bien plus humaine que leur entourage. L’auteure aborde entre autres la diversité culturelle, le rejet des différences, la tendance au repli sur soi face à l’inconnu, le viol conjugal. Avec Izaya, le frère aîné de Kyôya, elle ajoute quelques tensions.

La mangaka a un trait légèrement épuré mais très fin. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie énormément les expressions des visages, détaillant la forme des sourcils ou de la bouche. Des têtes d’animaux en SD tout choupi permettent de savoir qui parle. Malgré les quatre oreilles, celles d’apparence humaines plus pointues rappellent plutôt les oreilles des bêtes fantastiques du folklore japonais, renforcés par les yeux effilés. Les trames très nombreuses dans une palette variée rendent les dégradés et les différentes ombres. Par ailleurs, les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique varient souvent les cadrages. Akihisa sensei agence savamment ses vignettes, facilitant la lecture tout en installant des pages contemplatives. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

L’homme renard Hinata est envoyé comme épouse au fils du chef des hommes loups Kyôya, pour sceller un accord de paix entre les deux espèces. Mais en réalité, étant un esprit renard à neuf queues détesté par ses semblables, il a pour mission de tuer son futur époux lors de leur nuit de noces afin de provoquer un conflit. Toutefois, il échoue et tente alors de s’enfuir. Mais Kyôya le rattrape, bien décidé à consommer son mariage quelque soit le sexe de son partenaire. Face à l’envie de mourir de Hinata, le loup lui ordonne de rester en vie à ses côtés. Pourquoi s’attacher à ce renard qui n’a aucune valeur?

En conclusion

Ce one-shot obtient la dix-septième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Akihisa Teoh sensei présente un couple touchant et développe des sujets très actuels à travers un univers pourtant fantastique. En plus, son graphisme est un bonheur pour les yeux avec la finesse de ses expressions. Attention, certains lecteurs pourront être choqués par certains passages. Je fonds complètement pour ce récit! J’adore les deux personnages, particulièrement le caractère de Kyôya. Un coup de cœur!

Phases of the moon, love of a beast – Nojiro Guri

phases of the moon love of a beast nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382764459
Hana, 2024
ISBN: 9784864424400 (JP)
Tokyo mangasha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Je ne fais que sourire et suivre les autres. »

Nojiro Guri sensei narre une romance avec une note fantastique entre un humain et un chien-lion gardien de sanctuaire. Elle maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure le passé des deux héros. Par ailleurs, elle alterne la narration entre Izuki et Haku. Un chat yôkai qui rejoint la maisonnée apporte une touche humoristique. De même, la cohabitation entre humain et êtres fantastiques ne se fait pas sans heurts. En effet, le trop gentil Izuki n’arrive pas à dire non. Il a également du mal à se lier aux gens. Haku ayant longuement souffert de la solitude refuse de s’appuyer sur son nouveau « maître » alors que sa vie est en danger. Ainsi l’auteure analyse les différentes nuances ressenties dans la solitude entre abandon, difficulté à s’intégrer et perte d’un être cher. Elle aborde entre autres la difficulté à communiquer, la vie plus calme à la campagne.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés. Elle dédouble parfois les contours, donnant ainsi du relief. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait et transforme ses personnages à moitié en SD. Les trames équilibrées utilisent beaucoup les dégradés pour rendre les volumes. Toutefois, des hachures marquent également les ombres plus fortes. Les trames d’ambiance plutôt graphiques alternent avec les décors. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. Nojiro sensei ne censure pas les scènes érotiques. En début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Sans travail depuis le départ du patron du restaurant italien dans lequel il était employé, Izuki accepte d’entretenir une maison à la campagne à la demande de son oncle, Sakurada. Bien que ce dernier le taquine sur la possible présence de yôkai, il part explorer la petite forêt aux alentours de la maison, espérant surtout capter du réseau. Il y découvre un sanctuaire abandonné et nettoie machinalement la dernière statuette du gardien. Mais en voulant rentrer chez lui, Izuki remarque qu’il tourne en rond. Soudain attaqué par un yôkai, un homme avec des oreilles et une queue vient à son secours. Le chien-lion Haku décide alors de toujours le protéger et refuse de le laisser partir.

En conclusion

Ce one-shot obtient la douzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Nojiro Guri sensei offre une belle palette de sentiments sur le thème de la solitude. Son graphisme est agréable. Toutefois, certains lecteurs pourront être choqués par la première scène sans consentement, qui arrive en plus un peu brutalement, même si par la suite Haku se remet en question. Pour ma part, je trouve le rythme général mal équilibré. Mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier cette belle romance qui analyse parfaitement les différents types de solitude. En plus, la fin mélancolique et romantique sublime le tout. Une lecture attendrissante!

La silhouette d’un solitaire – Yuitsu

la silhouette d un solitaire yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382764374
Hana, 2024
ISBN: 9784758079242 (JP)
Ichijinsha, 2019 (JP)
Titre original: 構いたくなる背中
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Si j’avais quelqu’un comme toi à qui parler, je n’aurais plus besoin de faire tout ça. »

Yuitsu sensei narre une romance entre deux collègues qui cohabitent ensemble et tombent petit à petit amoureux. Comme à son habitude, elle surpasse le scénario classique en analysant avec finesse les émotions de ses personnages. Ainsi, elle aborde la solitude, le besoin de chaleur humaine, la peur de blesser, le bonheur des moments partagés au quotidien avec un être aimé. La narration se base principalement sur le point de vue de Sakura. Depuis la trahison de son ex, le salaryman ne croit plus en l’amour sincère et a peur d’aimer à nouveau. Le prévenant Hasegawa se retient pour devenir avant tout un confident, fuyant également son attirance. Ainsi l’auteure joue sur les malentendus et le manque de communication pour dynamiser la relation. Avec Igarashi, elle s’intéresse à l’adultère. Elle transforme même la libido exacerbée de Seizô en moment comique.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Bien qu’elle le simplifie dans les passages humoristiques, il paraît surtout épuré. Elle dessine des corps athlétiques empreint de virilité et pourtant, Sakura dégage une certaine fragilité malgré sa musculature. Les trames variées sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors très présents renforcent également le réalisme. Malgré une mise en page plutôt classique, la taille des vignettes et les angles de vue varient souvent. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Depuis que Sakura Seizô a quitté son petit ami Igarashi Jun qui le trompait, il collectionne les coups d’un soir et refuse de s’engager dans une relation sérieuse. Alors qu’il allait conclure dans une ruelle avec un type rencontré dans un bar, un bel homme vient à son secours, persuadé que Sakura était agressé. Mais le lendemain, il croise à nouveau l’inconnu à son bureau. En effet, Hasegawa Yuki est leur partenaire d’un nouveau projet. Seizô supporte de moins en moins le jeune salaryman qui a la fâcheuse tendance à gâcher ses plans dragues en apparaissant toujours au mauvais moment. Convoqué au bureau suite à une erreur alors qu’il était en plein ébats, Sakura réalise subitement qu’il confie en fin de compte facilement ses déboires à Hasegawa. Ce dernier lui propose alors de vivre ensemble.

En conclusion

Bien que ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas profonds avec un sujet travaillé, appréciant le romantisme du couple ainsi que la beauté de leur musculature. En effet, Yuitsu sensei crée des personnages touchants avec leur facile embarras face au romantisme. Elle construit également un récit réaliste et adulte. En plus, son graphisme est un régal pour les yeux. Une lecture séduisante qui met en avant le simple bonheur de vivre avec celui qu’on aime.

Nagahama to be, or not tobe – Scarlet Beriko

nagahama to be or not to be scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375063996
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668968 (JP)
Shinshokan, 2024 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Et mince… J’arrive plus à le regarder dans les yeux. »

Scarlet Beriko sensei propose de suivre une tranche de vie de deux lycéens, amis d’enfance et un peu rebelles. Elle base la narration du point de vue de Nagisa. Elle analyse l’évolution de la relation d’une amitié complice jusqu’à l’éveil de leurs sentiments amoureux. Ainsi, Issa qui est long à la détente exprime maladroitement son affection. Nagisa, quant à lui, s’interroge sur son attachement, prenant un certain temps avant de réussir à le définir par des mots. Les deux amis en terminale se confrontent également à leur choix d’avenir, l’un fonçant tête baissée pour réaliser son rêve tandis que l’autre hésite tiraillé entre amour et séparation. L’auteure aborde donc le manque de communication, les compromis à faire entre amour et formation, les interrogations adolescentes. Elle joue principalement sur les quiproquos, apportant humour et dynamisme. Les garnements du club de football ajoute aussi une note comique.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et représente parfois Issa en wanko. Elle utilise les trames avec parcimonie mais marque néanmoins les ombres et les contrastes. Par ailleurs, les décors détaillés alternent avec les trames d’ambiance. De même, des trames grises recouvrant les vignettes indiquent les flash-back. La mise en page dynamique joue principalement avec les grandes vignettes et les angles de vue variés. D’ailleurs, Scarlet Beriko sensei détaille les petits gestes et décompose certains mouvements. Sous la jaquette, elle offre une anecdote amusante en deux planches, à lire de préférence à la fin. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente un instantané du quotidien. De même, l’illustration couleur du frontispice représente un magnifique lever de soleil avec un jeu d’ombre et lumière soigné.

En résumé

Le CPE Abe confie une lettre à Minato Nagisa pour son ami Minato Issa, concernant son orientation scolaire. En effet, Issa préfère travailler à la poissonnerie du marché au lieu de venir en cours. D’ailleurs, Nagisa le retrouve là-bas après les cours pour déguster son encas préféré: des crevettes. Un jour, alors que les deux amis se reposent dans leur terrain vague préféré après avoir joué au ballon, Nagisa réalise qu’il apprécie particulièrement ces petits moments de complicité et souhaiterait qu’ils durent toujours. Mais sa joie est de courte durée quand une fille vient chercher Issa. Serait-ce sa petite amie?

En conclusion

Ce one-shot a bénéficié d’une sortie internationale simultanée: il est sorti dans 10 pays le même jour. Une grande première! Scarlet Beriko sensei offre une petite fresque des classiques interrogations de l’adolescence. Toutefois, elle décortique avec beaucoup de sensibilité les sentiments presque palpables des deux protagonistes. En plus, son magnifique graphisme accompagne avec justesse les différentes expressions mais également l’ambiance général du récit. On a l’impression de sentir l’embrun de cette ville côtière en tournant simplement les pages. Je suis complètement conquise par la dynamique entre les deux lycéens, séduite par leur relation complice, bercée par cette parenthèse. Une romance qui dégage une douceur presque brute, chaleureuse. Un énorme coup de cœur!

Le périple des cendres – Conro

le periple des cendres conro

Conro こん炉
ISBN: 9782382762127
Hana, 2024
ISBN: 9784829686577 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Un triangle amoureux et un voyage à deux initié par un frère défunt. »

Conro sensei narre un triangle amoureux avec deux frères dont l’aîné est décédé et l’ami de ce dernier. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, maintenant un peu le suspense sur les circonstances du décès de Hajime. De même, elle distingue la vision différente de chacun des deux héros sur le défunt. Ainsi, l’aîné des Kasuga dégage d’abord une image de perfection qui s’effrite au fil des révélations. Alors que Tokio complexe par rapport à son frère, il réalise la pression que ce dernier subissait. Durant le voyage les menant sur les traces de Hajime, Tokio et Ren se rapprochent en partageant leurs ressentis face au désarroi de cette disparition. Ainsi l’auteure aborde le deuil, les regrets et le sentiment de culpabilité qui naissent face au suicide d’un être aimé, la pression familiale qui pèse sur l’aîné. Elle interroge également sur la différence entre amitié et amour.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle dessine des personnages longilignes aux corps finement musclés. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique utilise des cadres épais qui mettent en relief certaines vignettes, ainsi que des sorties de case ou des absences de cadre. Dans les scènes érotiques, Conro sensei joue sur les trames et les lumières pour gommer les parties intimes. Sous la jaquette, elle présente succinctement les deux héros. Par ailleurs, elle offre des illustrations avec une note plutôt poétique en début de chapitre.

En résumé

Kasuga Hajime, le frère de Tokio, est décédé dans des circonstances troublantes, en chutant de la fenêtre de son dortoir. Depuis, Tokio regrette d’avoir évité de discuter avec lui lors de sa dernière visite, se sentant trop oppressé par ce dernier. Lorsqu’un cambrioleur s’introduit dans la maison et dérobe l’urne contenant les cendres du défunt, il le poursuit et le rattrape. En fin de compte, le voleur, Kuroki Ren, s’avère être un tendre ami du défunt. N’acceptant pas la mort de ce dernier, il souhaite au moins emporter une partie de ses cendres avec lui dans un voyage qu’ils s’étaient promis de faire ensemble. Intrigué par cette facette inconnue de son frère, Tokio accepte sa demande à condition de l’accompagner.

En conclusion

Conro sensei reprend une récurrence scénaristique classique du BL avec un triangle amoureux dont l’un des protagonistes est décédé mais apporte une note originale avec le périple alliant recherches et révélations. Toutefois, à cause du format one-shot, elle précipite un peu certains évènements, en particulier la fin qui fait brusquement un bon de cinq ans, et n’exploite pas assez certains questionnements posés. Par contre, son style graphique retranscrit bien l’ambiance et les émotions des personnages. J’ai tout de même apprécié cette lecture mêlant drame, mélancolie et tendresse. Et j’aimerai découvrir d’autres œuvres de la mangaka.

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