J’ai adopté un loup – Itachineko

j ai adopte un loup itachineko

Itachineko いたちねこ
ISBN: 9782382761991
Hana, 2023
ISBN: 9784778134525 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’héberge un vrai chien. Rectification: un loup. »

Itachineko sensei propose une romance qui se développe à travers un voyage dans des mondes parallèles. Elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant ainsi de découvrir leur point de vue sur les mêmes évènements. De même, elle révèle les secrets de Taïchirô en diffusant au fur et à mesure des indices. En comparant les différences entre Miya de son monde avec celui de l’autre monde, Ino découvre autrement certaines facettes cachées de son colocataire. Malgré des caractères diamétralement opposés, les deux hommes se lient facilement d’amour ou d’amitié. D’ailleurs, Taïchirô semble facilement deviner les faibles expressions du visage d’Ino. L’auteure dédramatise la situation et la tension avec un humour plutôt discret. Elle maintient un certain suspense jusqu’à la fin. Elle s’amuse avec ces deux hommes désirés par tous mais qui ne connaissent pas leur charme.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle donne du relief avec des contours plus épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors un peu basique, s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page dynamique utilise les techniques des shôjo comme les sorties de cadre, les ellipses, les chevauchements de cases et les formes en fonction du contenu. En plus, Itachineko sensei varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Persuadé d’être trop banal et conscient que son abord froid provoque de fausses impressions, Inomata Yû (33 ans), célibataire, du service planification, ne cherche même pas l’amour. Lors d’une soirée entre collègues, Kiyoharu, fan d’Ino, le taquine en lui cherchant un ou une partenaire. A leur surprise, Torii Sakura (26 ans), employée de bureau, et Miya Taïchirô, chef du service comptabilité, candidatent. Ino choisit alors Taïchirô qui cherchait justement un hébergement. Leur cohabitation se passe très bien. D’ailleurs, Yû a l’impression d’avoir recueilli un gros chien, le jeune homme un peu pervers aimant le contact mais respectant les limites imposées par son colocataire. Un soir, en rentrant chez lui après une soirée groupée, il tombe sur un voyant et lui achète une pierre qui l’intrigue, l’utilisant comme porte-clé. Un jour, ses clés tombent dans une flaque qui soudain l’aspire.

En conclusion

Pour son premier manga, Itachineko sensei surprend avec cette petite touche fantastique. Toutefois, son scénario rencontre quelques problèmes de rythme, le développement de certains passages non-essentiels prenant le dessus sur des passages marquants. J’ai malgré tout passé un excellent moment de lecture, avec des personnages attachants, suffisamment de suspense et un graphisme agréable. Une mangaka à surveiller!

L’amour transparent – hitomi

l amour transparent hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762004
Hana, 2023
ISBN: 9784396785437 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Titre original: 透明な愛のうつわ
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Je voudrais que tu me donnes ta malchance. »

hitomi sensei narre une douce romance fantastique mettant en avant l’amour « véritable ». Elle alterne la narration entre Miki et Shiro, décryptant avec finesse leurs sentiments. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, même si celle-ci débute par un baiser volé suite à un quiproquos. Renfermé et plutôt négatif, Miki va prendre peu à peu confiance en lui, apprenant ainsi à apprécier le côté positif des choses. Shiro, quant à lui, s’humanise petit à petit en découvrant de nouvelles émotions au contact de son hôte. D’ailleurs, il ressent de plus en plus de contradictions entre son désir et sa nature. Les deux hommes s’ouvrent petit à petit aux autres. L’auteure maintient le suspense en révélant peu à peu les secrets des deux héros. Elle aborde entre autres les petits tracas du quotidien perçus différemment selon son état d’esprit, le simple bonheur de partager sa vie avec l’être aimé.

La mangaka a un trait fin assez réaliste. Elle le simplifie plutôt discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine différentes morphologies renforçant le réalisme. Par ailleurs, les décors soignés et très présents alternent avec les trames d’ambiance. Il y a également beaucoup de trames qui rendent en détail les ombres, les couleurs et même les dégradés. Le fond noir indique aussi bien les souvenirs que l’humeur déprimante des personnages. La mise en page est très dynamique avec des sorties de case et des chevauchements. Dans les scènes érotiques, hitomi sensei ne montre pas les parties intimes en jouant sur les cadrages. Elle préfère d’ailleurs s’attarder sur les émotions des personnages.

En résumé

Donoue Miki (25 ans) a toujours été poursuivi par la malchance. Après une dure journée où les problèmes s’accumulent, il est au bord de craquer lorsqu’il se cogne contre un poteau. Mais un étrange homme aux cheveux blancs l’accoste et lui demande alors de lui donner sa malchance. Il se présente comme un akashibito, un monstre se nourrissant des émotions négatives de son hôte humain. Malgré ses hésitations, Miki le ramène finalement chez lui et finit par le croire en constatant que sa main devient transparente. Pour signer un contrat entre eux, il doit lui tenir la main et lui donner un nom: Shiro. Mais très affamé, Shiro l’embrasse soudainement. Toutefois, Miki le repousse.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Avec un scénario parfaitement rythmé et maîtrisé, hitomi sensei dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. En plus son magnifique graphisme exprime avec finesse leurs émotions. J’avais les larmes aux yeux avec ce récit émouvant. Un énorme coup de cœur!

Dans les bras d’une ordure – Kitano Megumi

dans les bras d une ordure kitano megumi

KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382761823
Hana, 2023
ISBN: 9784199608827 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Personne ne tombera jamais amoureux d’un homo comme moi. »

Kitano Megumi sensei offre une romance entre deux étudiants aux modes de vie complètement opposés. Elle base la narration du point de vue de Yûto. Bien que la relation débute par un rapport charnel, elle développe ensuite les sentiments, faisant évoluer ses deux héros. D’ailleurs, malgré le manque de délicatesse de Sora, leurs ébats restent consensuels. Yûto mène une vie saine et austère, fuyant l’amour depuis qu’il a été confronté à de l’homophobie. Sora, quant à lui, vivote dans la débauche, insouciant. En apprenant à se connaître, les deux étudiants vont s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre. Ainsi, l’auteure sème des indices au fil des chapitres sur leur passé difficile. Elle aborde donc les séquelles des violences verbales homophobes, la souffrance de la perte d’une passion, la reconstruction difficile de la confiance en soi. Elle met en valeur le soutien apporté par des proches, famille ou amis.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à dessiner de mignons SD. D’ailleurs, les bouilles de Yûto surpris sont craquantes. Bien que finement musclés, les corps sont plutôt longilignes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent par leur fond noir. D’ailleurs, les réflexions de Yûto apparaissent souvent avec un fond noir également. La mise en page très dynamique utilise toutes les techniques des shôjo. Kitano sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes, se contentant de ne pas dessiner les contours et ajoutant quelques points blancs. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans le récit, la scènes se déroulant toujours dans une pièce d’habitation.

En résumé

Yûto, étudiant en 3ème année de relations internationales, discute avec sa sœur au téléphone quand son voisin, fêtard bruyant, sonne soudain à sa porte. Venus emprunter un décapsuleur, Kayama Sora et ses amis Miu et Atsushi, étudiants en 4ème année de médecine physique de réadaptation, l’embarquent alors à leur petite fête. Peu à l’aise, Yûto essaie tout de même de faire bonne figure. En effet, gay, il a subi du harcèlement homophobe au lycée. Quand Miu et Atsushi prétextent la fatigue pour en fait s’envoyer en l’air, Sora propose à Yûto de continuer à boire tranquillement chez lui. Mais lorsqu’il lui suggère d’imiter ses amis en invitant des filles, Yûto lui révèle son homosexualité, espérant le faire fuir. Toutefois, à sa surprise, Sora lui montre de l’intérêt et se jette alors sur lui…

En conclusion

Kitano Megumi sensei maîtrise plutôt bien le rythme de son récit, même si au début, le revirement rapide de Yûto peut surprendre. Elle maintient le suspense autour de Sora, dont le comportement et les intentions restent ambigus assez longtemps. Le graphisme est en plus agréable. J’apprécie particulièrement les expressions des visages. Même si ce one-shot ne révolutionne pas le genre, j’aime beaucoup l’évolution des deux héros qui sortent enfin de leur enfermement en se soutenant inconsciemment l’un l’autre. Une lecture simplement touchante!

Badass – Haji

badass haji

Haji ハジ
ISBN: 9782382761571
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784829686546 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Pas la peine de te rappeler leur nom. Après tout, dans 6 mois, ils seront morts. »

Haji sensei propose de suivre une romance entre deux nouveaux collègues balèzes et aux caractères opposés, dans un univers bien construit où cohabitent humains et demi-humains. Elle dévoile au fur et à mesure le contexte de ce monde ainsi que le passé dur et sombre des deux héros. Elle crée une excellente dynamique entre Alphonse et Dante qui apprennent d’abord à s’apprécier malgré leurs différences et s’ouvrent petit à petit à l’amour. En effet, le droit et franc Al doit composer avec son capitaine impulsif à la sexualité débridée. Mais leur relation évolue au fil de leurs missions plutôt risquées. Les autres membres de la section ont également de fortes personnalités. Ainsi, le scientifique Jack Sanders (35 ans) calme les ardeurs du couple tandis que l’opérateur Archie le soutient. L’auteure aborde entre autres, la discrimination, le rejet de valeurs différentes, la cohabitation de diverses cultures, les efforts des couples inter-espèces.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme à son habitude, elle fait preuve de beaucoup d’imagination pour créer les espèces hybrides et les monstres. Les personnages adoptent des cambrures sexy et sensuelles. Et Al affiche des bouilles adorables lors de ses transformations incomplètes à cause de fortes émotions. Les décors plutôt présents s’estompent jusqu’à disparaître dans les plans rapprochés. Malgré de nombreuses trames, l’équilibre donne surtout du contraste et de la couleur. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique retranscrit bien les scènes d’action pourtant succinctes. Haji sensei ne censure pas les scènes érotiques, incluant même des transparences. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les protagonistes dans leur quotidien. En fin de tome, il y a des fiches explicatives.

En résumé

Trop sérieux et épris de justice, le demi-humain Alphonse Forsyth (28 ans), de l’espèce rare des dragons, est muté au bureau des affaires des exterminations spéciales, la pire section de la Life defense. Mais pour son premier jour, il s’est perdu car on lui a donné un mauvais plan. Grâce à son mobile robot zonure, il contacte l’opérateur Archie Ridgeback qui le guide. Quand un vol à la tire se déroule sous ses yeux, il s’empresse de poursuivre le criminel sans attendre les instructions de son nouveau capitaine qui n’est pourtant pas loin. Doté d’une ouïe très développée, Dante Sinclair (32 ans) prend alors les choses en main et le guide à distance pour arrêter le voleur. Après l’avoir rejoint nonchalamment, il préfère l’inviter à boire un café, augmentant ainsi le retard d’Al…

En conclusion

Haji sensei offre un one-shot très épais (320 pages), prenant le temps d’installer son univers et de développer le background de ses héros. Elle construit des héros attachants, qui malgré leurs puissants pouvoirs, ont autant de qualités que de défauts. Bien que l’univers soit fictif, les thèmes abordés restent contemporains. En plus, les moments intimes débordent de sensualité, avec des relations consenties. Je craque complètement pour le couple d’Al et Dante. Pour moi, cette œuvre me semble la plus aboutie de l’auteure. Tout est dans le titre! Et c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument à tous ceux qui aiment les BL fantastiques.

Scarlet secret – Serizawa Tomo

scarlet secret serizawa tomo

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782375063712
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784910526096 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Cette fois-ci, je resterai près de toi et je te protègerai quoi qu’il arrive. »

Serizawa Tomo sensei s’appuie sur les références historiques de la protohistoire japonaise et ajoute des éléments imaginaires pour créer une romance dramatique. Toutefois, elle a tendance à vouloir un peu trop expliquer son univers et donc casse parfois le rythme de l’enchainement de certains évènements. D’ailleurs, la fin semble un peu précipitée. La narration se base principalement du point de vue de Yamato. Ainsi, le lecteur l’accompagne dans sa découverte des secrets du palais et son intégration au service de Himiko. Les pouvoirs de Shiki apportent une petite note fantastique au récit. De même, la diplomate Nashime et les jumelles au service de Himiko ajoutent une touche humoristique. L’auteure aborde la question du destin, de la solitude, du devoir envers le peuple mais également la politique, l’influence des croyances. Elle s’attarde sur la douleur de Shiki, prisonnier de son don, en particulier sa responsabilité sur le traitement des épidémies.

La mangaka a un trait légèrement épuré, qui joue sur les pleins et déliés, et dégage ainsi beaucoup de douceur. Elle exagère un peu les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle soigne les décors, très présents. De même, comme il y a beaucoup de trames, cela donne un effet réaliste. Les trames d’ambiance se font d’ailleurs discrètes. Par contre, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique mais propose des angles de vue très variés et quelques planches plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Serizawa sensei simplifie les parties intimes, avec en plus un contour blanc qui brouille les détails. En fin de tome, elle présente les personnages et fournit quelques croquis de recherche.

En résumé

Enfant, Shiki subissait souvent les moqueries des autres enfants à cause de ses yeux rouges et sa couleur de peau différente. Yamato, le fils du chef du village, venait alors à son secours. En effet, il adorait partager les connaissances de son ami, très observateur, qui arrivait souvent à prédire la météo. Mais lors d’une visite de la reine Himiko dans le village, cette dernière désigna Shiki pour l’offrir en sacrifice lors d’une cérémonie ancestrale. Depuis, Yamato vagabonde à travers le Yamatai, persuadé qu’il est encore en vie. Dix ans après ce dramatique évènement, un jour, il croise un beau jeune homme aux longs cheveux noirs et aux yeux rouges qui se baigne dans une rivière et reconnaît immédiatement son cher ami.

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Serizawa Tomo sensei mêle fiction et histoire pour construire son récit. Son graphisme plutôt réaliste donne ainsi vie à cette période encore emplie de mystère. Toutefois, elle a tendance à s’étaler dans ses explications et cela pourra gêner certains lecteurs. Pour ma part, c’est un énorme coup de cœur! Je suis conquise par cet équilibre entre découverte d’une période historique, imaginaire discret et romance toute en tension. Et quelle belle surprise pour moi de découvrir dans sa bibliographie certains titres qui m’ont servi à la rédaction de mon mémoire de master.

Tu ne me connais pas aujourd’hui – Tonda Moco

tu ne me connais pas aujourd hui tonda moco

TONDA Moco 豚田もこ
ISBN: 9782382763827
Hana, 2023
ISBN: 9784796415170 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Cette fois-ci, je changerai l’avenir. »

Tonda Moco sensei propose de suivre une tentative de sauvetage grâce à des boucles temporelles. Elle ajoute une difficulté à son scénario en démarrant par une amitié naissante et non encore confirmée. Ainsi, elle présente d’abord la version de Mikuni qui avance petit à petit dans le temps avant de reboucler sur le même jour à chaque fois qu’il échoue à sauver Ono. Il découvre ainsi petit à petit les secrets de son camarade et son attirance se transforme peu à peu en sentiment amoureux. La narration bascule ensuite sur Ono. L’auteure partage d’abord la vision d’Ono sur sa rencontre avec Mikuni et les évènements en commun entre les deux lycéens. Puis elle crée un retournement scénaristique intéressant et surprenant et apporte enfin quelques explications en suivant les déductions des deux adolescents.

La mangaka a un trait légèrement épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les visages s’arrondissent. Le fond noir indique à la fois les flash-back, mais aussi les passages dramatiques. Par ailleurs, les trames sont variées. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. La mise en page très dynamique utilise les techniques des shôjo. Tonda sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Ono, sérieux et bon élève, ne semble pas apprécier Mikuni Shûya, tête en l’air. Ce dernier essaie pourtant de sympathiser avec son voisin de table en engageant la conversation, ayant remarqué sa collection de la mascotte Pûtarô. En le voyant devant un gashapon, il l’aide même à obtenir le porte-clé qu’il voulait. Le lendemain, Ono lui propose de l’aider à finir ses devoirs. Alors que Mikuni réalise soudain avoir oublié de ramener le carnet de classe, il surprend le professeur Yama en train d’abuser sexuellement d’Ono. Mais son camarade le supplie de ne rien dire à personne. Le lendemain, 15 septembre, Mikuni n’ose pas regarder Ono en face. Mais le soir, il apprend le suicide de ce dernier. Mais quand il voit Ono en classe le jour suivant, d’abord surpris, il constate vite qu’il a remonté le temps et décide donc de le sauver à tout prix…

En conclusion

Tonda Moco sensei mène plutôt bien son scénario, même si certains passages un peu trop expéditifs à cause des raccourcis et les répétitions mal équilibrées des boucles temporelles peuvent dérouter certains lecteurs. Un avertissement bienvenu dans le sommaire prévient des passages choquants. En effet, le peu de scènes érotiques sont majoritairement sans consentement. Mais le suspense et le retournement scénaristique sont entrainants. Une lecture rythmée et surprenante qui a plus d’impact à la première lecture. Et le graphisme est agréable.

Le temps des bulles de savon – ymz

le temps des bulles de savon ymz

ymz
ISBN: 9782382763735
Hana, 2023
ISBN: 9784065170649 (JP)
Kodansha, 2019 (JP)
Titre original: ヒゲと鈴としゃぼん玉
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Et si la cigale et la fourmi formaient un couple adorable? »

Ymz sensei propose de suivre la vie quotidienne de jeunes adultes durant un an, par petites séquences instantanées. Elle alterne la narration entre Rintarô et Santa. Elle aborde les petits bonheurs du quotidien, les secrets d’harmonie mais également le poids de la famille et du travail. Le couple est complémentaire: l’insouciant Rintarô aime être dorloté et ne participe pas aux tâches ménagères car il est trop maladroit. Le sérieux Santa prend plaisir à s’occuper de tout car cela lui permet de fuir la réalité. Kiyoshi, l’ex de Santa, apporte une touche humoristique. L’auteure montre également l’évolution des sentiments et des perceptions avec le temps, comme les défauts d’abord mignons qui finissent par devenir agaçants. En introduisant la famille de Rintarô, elle s’intéresse également à la place du partenaire et le soutien qu’elle représente. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure le passé du couple.

La mangaka a un trait léché et épuré. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. D’ailleurs, son style se rapproche un peu de celui du gag manga comparé à ce qu’elle fait d’habitude. Par exemple, la déprime prend la forme de fantômes. Les décors très présents sont tracés à la main. Les trames variées donnent de la couleur tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page particulière exploite beaucoup les pleines pages et les grandes vignettes. En plus, Ymz sensei ne met presque pas d’espace entre les vignettes, renforçant ainsi une composition classique. Dans les scènes érotiques, elle cadre au-dessus du bassin pour ne pas montrer les parties intimes. Par ailleurs, elle s’attarde sur le quotidien dans des suites de vignettes silencieuses. Les illustrations en début de chapitre introduisent l’histoire. La couverture se classe septième au Chill chill BL award 2020.

En résumé

Santa (32 ans) et Rintarô (28 ans) sortent ensemble depuis cinq ans et vivent ensemble depuis deux ans. Comme à chaque printemps, ils décident d’aller admirer les cerisiers en fleurs. Mais comme d’habitude, une averse survient. Fatidique, Santa se résout à ne plus jamais voir les cerisiers en fleurs tant qu’il sera avec son petit ami. Mais cela amuse Rintarô qui lui propose alors de buller à la maison, son activité préférée…

En conclusion

Comme d’habitude, Ymz sensei excelle dans les tranches de vie et la description des sentiments. Ici, elle privilégie le format plutôt comique, avec des personnages aux caractères plutôt intenses. Je craque complètement pour ce couple qui se soutient mutuellement à sa manière, entre quelques caprices, chamailleries et câlins. Et surtout qui croit en leur grand Amour. Petit coup de cœur!

Les derniers jours du printemps – Nojiro Guri

les derniers jours du printemps nojiro guri

NOJIRO Guri 野白ぐり
ISBN: 9782382761694
Hana, 2023
ISBN: 9784813032793 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ma vie a toujours été aussi calme que les derniers jours du printemps. »

Nojiro Guri sensei narre une romance entre deux salarymen qui cachent leurs véritables pensées derrière leur sourire. En plus de se montrer sociables et affables, Amakawa et Nakahara agissent de manière désintéressée. Ils remarquent rapidement qu’ils ont le même caractère et n’expriment donc pas leurs vrais désirs. Pourtant, plus ils se découvrent, plus ils ont l’impression de se reconnaître l’un dans l’autre. Ainsi, ils s’éveillent à de nouveaux sentiments, en particulier Haru qui s’interroge énormément sur son attirance pour Seiji. L’auteure aborde ainsi la peur et le bonheur de partager ses sentiments. Elle fait intervenir les personnages secondaires pour guider les deux héros: le voisin d’Amakawa, Ryôji, le conseille en amour tandis que Matsuda fait la morale à Nakahara. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle d’abord charnelle dans laquelle les deux partenaires dévoilent totalement leur vraie personnalité, même si Seiji préfère fuire l’évidence.

La mangaka a un trait épuré presque dépouillé, qui joue sur les pleins et déliés, de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle dessine des SD plutôt carrés. Haru a une bouille encore enfantine. Les trames sont variées. Les trames d’ambiance graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page reste dynamique malgré des effets simples et basiques, comme l’absence de cadre et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Nojiro sensei montre peu les parties intimes, pourtant simplifiées, en jouant avec les cadrages, les angles de vue et même des phylactères bien placés. Elle offre toute de même des coupes intérieures. Par ailleurs, elle illustre le quotidien des personnages en début de chapitre.

En résumé

Affable et gentil, Amakawa Haru attire immédiatement la sympathie des gens qu’il croise. D’ailleurs, il reçoit des chocolats d’une mère de famille à qui il avait cédé sa place dans le bus. Il débute aujourd’hui dans une nouvelle entreprise. Durant son tour de présentation avec le manager Matsuda, sa rencontre avec Nakahara Seiji, qui se montre très sociable et même tactile, le marque. Après son pot d’arrivée, Haru préfère rentrer chez lui ayant un peu trop bu au lieu de continuer la tournée des bars. Dans le parc, il croise par hasard Nakahara qui ne semble pas le reconnaître puis le rassure un peu comme un gamin. Amakawa réalise alors que contrairement à son habituelle indifférence, cela le contrarie. Pourquoi?

En conclusion

Nojiro Guri sensei offre une romance douce et sensuelle axée principalement sur l’évolution de ses deux héros qui apprennent à enfin exprimer leurs sentiments et à penser d’abord à eux-même, en tout cas, à leur plaisir. Certes, l’histoire est classique et simple mais j’ai passé un agréable moment de lecture. Et le couple est tellement mignon! Pour moi, la fin de l’innocence de Haru est vraiment sympathique à suivre…

L’empereur et le monstre – Akabeko

l empereur et le monstre akabeko

akabeko
ISBN: 9782382763803
Hana, 2023
ISBN: 9784799753668 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« Je ne suis rien d’autre qu’une marionnette. »

Akabeko sensei nous narre un récit à la fois fantastique et intrigant avec un jeune empereur isolé et impuissant qui trouve un confident en la personne d’un étrange monstre. Elle plonge rapidement les lecteurs dans les intrigues et les complots, introduisant au fil des chapitres différents personnages qui soutiennent Tao. De même, elle révèle au fur et à mesure l’état du pays. Toutefois, les complots du vil Daki semblent un peu trop classiques et ne créent aucune surprise. Le jeune empereur partage la même vision politique qu’Utosa et se rapproche donc rapidement de l’immortel. L’auteure s’attarde plus sur l’action que sur la romance. Elle montre comment le héros évolue positivement malgré la violence qui l’entoure, en mûrissant et en prenant de l’assurance. Toutefois, elle développe peu les mystères entourant le monstre, maintenant un certain suspense.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle porte attention aux décors et aux costumes. Elle dessine des yeux expressifs malgré un style particulier. En effet, les pupilles sont vides dans de tous petits iris. Les nombreuses trames sont variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. Des cadres assez épais renforcent la rigueur d’une mise en page plutôt classique. Toutefois, les angles de vue variés apportent une certaine dynamique. Cela se remarque d’autant plus que les scènes de combat semblent assez statiques, se résumant juste à un mouvement. D’ailleurs, Akabeko sensei évite de montrer trop de sang. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc et joue même sur les cadrages pour les occulter. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les personnages comme s’ils étaient pris sur le vif.

En résumé

Jeune, le prince Tao était intrigué par le mausolée fermé du palais dans lequel dormirait un terrible monstre immortel. Devenu maintenant le 43ème empereur d’Ise à l’adolescence, il préfère s’entrainer à l’épée avec son ami Nowaka au lieu d’étudier. D’ailleurs, il aimerait développer la diplomatie au lieu de la violence, contrairement à son père impitoyable et inhumain. Mais le premier ministre Daki n’apprécie pas ses idées et fait alors décapiter Nowaka sous les yeux de l’empereur, l’accusant de comploter. Comprenant qu’il n’est qu’une marionnette sans pouvoir décisionnaire, Tao, désespéré, ouvre le mausolée et réveille le monstre. Soudain, un homme aux longs cheveux blancs l’embrasse, le confondant avec une certaine Nita. Il se présente alors comme le premier empereur d’Ise, Utosa…

En conclusion

Akabeko sensei propose un scénario d’abord intéressant mais enchaine ensuite les évènements sans les approfondir, donnant l’impression de survoler complètement les moments émouvants et importants. Ses regards sont toujours expressifs malgré son trait particulier. L’intrigue et la relation me plaisent. Malheureusement, l’histoire me laisse un goût d’inachevé. Dommage!

I’m sorry – Hakase

I m sorry hakase

Hakase 博士
ISBN: 9782375063590
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784758077231 (JP)
Ichijinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Je l’ai vu se prostituer… »

Hakase sensei narre une romance dramatique entre deux étudiants esseulés qui vont se rapprocher dans des circonstances dramatiques. Elle aborde la solitude mais également l’abus de confiance et la facilité à tomber dans la prostitution lorsque l’on est trop naïf. En effet, la candeur de Kentarô semble presque improbable tellement sa crédulité et sa méconnaissance de la ville l’entrainent de plus en plus dans la destruction. En plus, ses difficultés à communiquer et son manque de confiance en soi l’isolent encore plus. Le comportement ambigu de Yû s’explique avec la révélation de son passé. Toutefois, sa maladresse à exprimer ses sentiments le transforme en stalker opportuniste, malgré lui. L’auteure joue sur les apparences trompeuses pour déstabiliser le lecteur. Elle dépeint des clients vils et profiteurs qui ne pensent qu’à satisfaire leurs plaisirs personnels. D’ailleurs, le récit, avec l’introduction de Saitô, s’enlise malheureusement dans un déballage de jeux SM sans consentement.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie lors des réactions excessives des personnages, ajoutant une touche comique très discrète. Elle dessine différentes morphologies, avec des formes variées d’yeux, apportant une note un peu réaliste. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont nombreuses, d’autant plus que Kentarô a un beau bronzage. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page offre un impact visuel particulier: les cadres noirs épais donnent une certaine rigidité contrebalancée par de plus en plus de vignettes s’adaptant à leur contenu et des angles de vue dynamiques. De même, des métaphores graphiques suggèrent l’état mental des protagonistes. Hakase sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle les décompose même en détail, offrant des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle suggère l’évolution de la relation entre Yû et Kentarô.

En résumé

Kitayama Kentarô quitte sa campagne d’Aomori pour faire ses études universitaires à Tokyo. Il espère se faire plein d’amis et se retrouve rapidement embarqué dans un club étudiant. Mais lors d’une soirée de présentation, son accent ressort avec le stress et tout le monde finit par l’ignorer, ne le comprenant pas. Toutefois, Yû, avec ses beaux cheveux verts, lui demande son numéro Line pour le groupe du club. Complexé par son style campagnard, Kentarô se laisse facilement alpaguer et convaincre par des vendeurs dans la rue qui n’hésitent pas à l’arnaquer. Trois mois plus tard, lorsqu’il revient relooké au club, les membres apeurés le rejettent. Endetté, il tombe alors dans la prostitution, amadoué par un frotteur rencontré dans le train…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas originaux, appréciant la candeur que conserve Kentarô malgré tous ses déboires. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains et contient des scènes explicites pouvant choquer. D’ailleurs, Hakase sensei aborde crûment la prostitution mais abuse également de certains raccourcis scénaristiques pour se perdre en fin de compte dans des scènes érotiques détaillées. Personnellement, je trouve que cela gâche un peu les moments les plus dramatiques. D’autant plus que certaines scènes ont un impact renforcé par des jeux graphiques, comme par exemple la ville représentée en négatif quand Kitayama sombre dans le désespoir. La romance entre Yû et Kentarô dégage parfois quelques échanges mignons. Le sujet et son traitement graphique m’intéressent mais le développement du récit me laisse un peu sur ma faim…