Le menteur amoureux – Shimochi

le menteur amoureux

Shimochi 四持
ISBN: 9782382763544
Hana, 2023
ISBN: 9784824001009 (JP)
Overlap, 2022 (JP)
Titre original: 嘘つき男の愛はダダ漏れ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Une jolie romance qui interroge sur le besoin de trouver un équilibre entre vie privée et don de soi. »

Shimochi sensei narre une romance classique entre salarymen mais y ajoute une petite note paranormale avec le don de Sorami. Elle base d’ailleurs la narration du point de vue de ce dernier. Elle installe un jeu de séduction entre ses deux héros qui ont tendance à cacher leurs réelles intentions. Ainsi, Hyôdô dit souvent le contraire de ce qu’il pense, exprimant maladroitement ses sentiments. Asaya quant à lui, utilise son don pour plaire à tout le monde, débordant pourtant de gentillesse. En se confrontant constamment, les deux salarymen vont apprendre à se connaître et devenir ainsi plus francs. Après avoir créé des tensions avec les mises au point percutantes du couple, l’auteure détend l’atmosphère en s’intéressant à son évolution. Elle aborde donc le poids des secrets dans un couple, l’équilibre qui s’installe dans une relation grâce à la communication. En bonus, elle offre un aperçu de leur vie à deux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Pour représenter les humeurs, elle exagère un peu plus les expressions mais joue également avec les trames, n’hésitant pas à transformer en onomatopée l’émotion. Sorami voit son nez s’allonger lorsqu’il se montre trop fier et vantard. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique avec particulièrement des angles de vue variés. Shimochi sensei ne censure pas les scènes érotiques et dessine même des coupes intérieures.

En résumé

Sorami Asaya peut ressentir les atmosphères et les humeurs autour de lui. Grâce à son don qui lui facilite les relations sociales au travail, il a pu rattraper une erreur sur un gros contrat. Par contre, il ne comprend toujours pas pourquoi l’excellent nouveau vendeur, Hyôdô Yukihito, le déteste. Décidé à sympathiser avec lui, il l’aide à s’extirper d’une soirée trop arrosée entre collègues, devinant que le nouveau se sent mal. Alors qu’il essaie de lui faire cracher la vérité, Hyôdô l’embrasse soudain. A sa surprise, bien que le vendeur dit le détester, Sorami entend pourtant les pensées de son collègue déclamer tout son amour pour lui.

En conclusion

Shimochi sensei propose un récit mignon et sans prétention, avec un graphisme agréable mais commun. Le format one-shot rend malheureusement l’histoire un peu expéditive. En plus, le climax redescend un peu tôt. Toutefois, j’aime beaucoup la dynamique entre les personnages et surtout leur évolution. Idéal pour se détendre sans prise de tête !

Le piège de minuit – Shakeda Nene

le piege de minuit shakeda nene

SHAKEDA Nene 鮭田ねね
ISBN: 9782382763919
Hana, 2023
ISBN: 9784796415088 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: 午前0時の甘い罠
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Kôki, tu es toujours mon héros, tel que tu l’étais à l’époque. »

Shakeda Nene sensei narre une romance classique entre deux amis d’enfance perdus de vue dont l’un a toujours été amoureux. Toutefois, elle enchaîne un peu trop vite les évènements, survolant certains moments forts. En plus, elle crée des personnages assez basiques, aux caractères opposés. Par ailleurs, le renfermé Rei a un caractère un peu dérangeant, se montrant trop possessif et lourd. Son amour secret devient vite étouffant. Pourtant, cela ne dérange en rien Kôki et même ses amis. Hiroki apporte un peu de sagesse tandis que Nozomu joue le frère surprotecteur. L’auteure explique en détail les causes et conséquences de leur éloignement, de l’amplification de leurs sentiments et de leur relation si particulière. Elle met en avant le côté manipulateur de Rei pour arriver à ses fins. Kôki, avec son côté faussement innocent, prend un peu de temps avant de comprendre ses sentiments.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Ainsi, elle renforce le côté encore gamin de Kôki avec de grands yeux. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son graphisme tout en exagérant les expressions. Il y a beaucoup de trames. De même, les trames d’ambiance qui appuient juste les émotions, alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page est dynamique. Shakeda sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre les deux héros dans leur quotidien.

En résumé

A l’université, Nishitani Kôki rejoint son frère Nozomu et son ami Kojima Hiroki quand un beau jeune homme qui semble le connaître l’aborde. En effet, Sawada Rei était son ami en cinquième au collège, mais ils se sont perdus de vue suite au déménagement de Kôki. Comme il cherche un appartement, les Nishitani lui proposent une chambre dans leur colocation. Trop heureux de retrouver son cher ami, Kôki a tendance à le coller et le surprotéger. Mais cela ne gêne guère Rei qui l’admire encore depuis qu’il l’a sauvé de harcèlement au collège. D’ailleurs, Hiroki trouve leur relation un peu trop intime et s’inquiète des regards noirs que lance Kojima aux autres étudiants. Après avoir rangé sa chambre avec l’aide de son ami, Kôki s’endort. Mais alors que Rei s’apprêtait à l’embrasser, Nozomu et Hiroki entrent dans la chambre…

En conclusion

Shakeda Nene sensei semble avoir un peu de mal avec le format one-shot. Elle a beaucoup trop de choses à nous raconter et se perd dans les explications détaillées, usant alors de facilités scénaristiques. Malheureusement, en plus des problèmes de rythme et d’un scénario prévisible, quelques maladresses rendent le déroulement invraisemblable. De même, Rei semble un spécialiste des baisers volés. Je pense toutefois que les fans de ce genre de romance peuvent y trouver leur compte sans problème. Une histoire qui se laisse lire avec un graphisme agréable.

Quand le destin retient son souffle – Takiba

quand le destin retient son souffle takiba

Takiba 滝端
ISBN: 9782382763896
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784758024297 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Une belle histoire d’amour dans le monde omégaverse entre deux hommes ayant changé de genre! »

Takiba sensei s’intéresse au changement de genre dans l’omegaverse. Elle décortique les différentes phases par lesquelles ses deux héros passent. Ainsi, elle aborde entre autres la discrimination qui persiste malgré des efforts pour y remédier, le jugement sur le second genre, la stérilité. Optimiste, Tsuneyoshi s’adapte vite à sa nouvelle condition. Il redécouvre même le plaisir de vivre grâce à ses collègues qui préfèrent le partage à la compétition. Par ailleurs, il apprécie l’aide de son solitaire voisin qui fait des efforts pour le conseiller. Au contraire, Asakawa vit mal sa transformation et jalouse d’abord la force d’esprit de son voisin. Les deux hommes apprennent peu à peu à se connaître mais doutent d’abord de leur attirance mutuelle à cause de leurs instincts dominants. L’auteure met en avant l’acceptation de ses forces et faiblesses pour évoluer, la communication nécessaire dans un couple ainsi que le soutien salvateur de l’entourage.

La mangaka a un trait légèrement épuré et marqué par une touche réaliste. Elle dessine des carrures plutôt musclées. Par ailleurs, elle utilise énormément de trames et de trames d’ambiance. Ainsi, la page semble presque noircie. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Un fond noir ou des trames rayées indiquent les flash-back. Toutefois, un fond noir accompagne également les pensées négatives. La mise en page est très dynamique. Takiba sensei censure à peine les scènes érotiques. Néanmoins, elle recouvre les ébats plus violents par des trames sombres, voilant légèrement les parties intimes ou supprime quelques contours.

En résumé

L’ambitieux alpha Tsuneyoshi rêve d’atteindre les hautes sphères de la société pharmaceutique dans laquelle il travaille. Il compte sur la présentation de ce jour pour monter dans la hiérarchie, travaillant sur le projet d’un nouveau suppresseur. Malgré la fièvre, il tient bon jusqu’à ce que ses phéromones incommodent soudain les autres participants alphas. En effet, son odeur rappelle celle d’un oméga en chaleur. Obligé de rentrer chez lui et trop faible pour ouvrir sa porte, il reçoit l’aide de son voisin Asakawa. Également alpha, ce dernier soulage son excitation avant de l’emmener chez un médecin. Bien que ce soit un phénomène rare, Tsuneyoshi a changé de second genre et est devenu un oméga. Or, Asakawa, qui semble comprendre son désarroi, a lui aussi subitement changé de genre récemment.

En conclusion

Ce one-shot obtient la vingtième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Takiba sensei pousse son expression graphique dans les moindres détails, faisant même participer l’agencement des cases et les trames. Elle maîtrise parfaitement son scénario, mettant en confrontation un caractère optimiste face à un caractère pessimiste. Elle transcrit également avec finesse les sentiments de ses personnages. J’apprécie particulièrement l’évolution d’Asakawa et le changement rapide de Tsuneyoshi. Un énorme coup de cœur!

La boutique du magicien – Ike Reibun

la boutique du magicien ike reibun

IKE Reibun 池玲文
ISBN: 9782382764107
Hana, 2023
ISBN: 9784199608629 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Titre original: 魔術師シルヴァンの店
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je sais que ce serait ingrat de ma part, mais je ne peux pas m’empêcher. »

Ike Reibun sensei crée un univers fantastique original avec des seme pervers excusés à chaque fois par l’amour fou de leur uke. Elle développe deux couples, alternant la narration entre les personnages. Seul Sylvain conserve une part de mystère malgré les révélations sur son sombre passé. Limité en paroles à cause de son pouvoir, il exprime son amour par le toucher. Toutefois, cela crée souvent des quiproquos avec l’innocent et pur Tim. Le magicien esseulé découvre alors la douceur d’un amour pur et sincère. L’autre couple a également des problèmes de communication: le prêteur trop bienveillant Erik et son comptable Yohann sont coincés par leur statut social différent. A travers les demandes extravagantes des clients, l’auteure confronte le recours facile à la magie face à la difficulté à déclarer ses sentiments. Elle aborde avec une pointe d’humour les obstacles que l’on se crée soi-même face à l’amour.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle dessine des corps musclés, des personnages avec des statures différentes. De même, elle travaille la tenue du magicien dont le masque semblant presque mécanique. Par ailleurs, le « charaignée » reste tout de même mignon malgré sa forme dominante d’arachnide. Les décors foisonnants et détaillés apparaissent sur les plans larges. Les trames bien qu’équilibrées privilégient des contrastes noir et blanc. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Ike sensei censure à peine les parties intimes avec des points blancs cachant peu. Sous la jaquette, elle offre une saynète en deux planches, sexy et amusante, à lire à la fin. Il y a de magnifiques illustrations couleur en début de tome.

En résumé

L’esclave Tim, de la tribu Sól, s’est enfui lorsque des brigands ont attaqué son camp de travail. Recueilli par le magicien Sylvain, il travaille depuis six mois dans sa boutique. Bien qu’il n’ait jamais entendu la voix de son patron qui garde un masque pour filtrer le puissant pouvoir de ses paroles, il est tombé amoureux de ce dernier. Comme les clients lui jettent souvent des regards méprisants, il a l’intention de partir pour ne pas gêner le commerce du magicien. Mais avant, il rêve de partager au moins une fois son amour avec son patron. Alors, il utilise une de ses potions puis lui fait sa déclaration. A sa surprise, Sylvain lui fait immédiatement un câlin.

En conclusion

Comme à son habitude, Ike Reibun sensei construit des personnages détonants qu’elle n’a pas peur de ridiculiser, un univers magnifique crédible et des romances efficaces. Elle maîtrise son scénario et son graphisme sensuel. J’apprécie les deux couples attendrissants malgré leur amour qui s’exprime d’abord singulièrement. Un énorme coup de cœur que je recommande à ceux qui souhaitent découvrir la mangaka.

Labradorescence – ymz

labradorescence ymz

ymz
ISBN: 9782368775011
Hana, 2016
ISBN: 9784813030997 (JP)
Taiyohtosho, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’ai l’impression qu’il peut y avoir quelque chose entre nous… »

Ymz sensei développe une douce romance entre un photographe pétillant, qui parle sans détour et un médecin renfermé à l’air bougon. Elle alterne la narration entre les deux héros. De même, elle distille des indices sur leur passé au compte-gouttes. Malgré des caractères opposés, une amitié sincère se noue entre les deux hommes. Ils vont se découvrir, s’apprécier et leurs sentiments évoluent au fur et à mesure qu’ils s’ouvrent l’un à l’autre. Ainsi, Shunji qui était en perte d’inspiration se retrouve motivé et Mutsumi devient plus avenant avec son entourage. D’ailleurs, leurs collègues et amis les aident à mieux comprendre leurs sentiments. Ainsi, l’auteure dépeint avec délicatesse et pudeur leurs changements et leurs interrogations. Elle crée une relation qui évolue naturellement, sans précipitation. Elle propose également une réflexion sur la photographie, la perte des choses importantes et le plaisir rassurant que procurent les souvenirs.

La mangaka a un trait épuré qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer certaines expressions. Par ailleurs, elle utilise les trames avec parcimonie, privilégiant les hachures tracées à la main. De même, les décors détaillés sont également tracés à la main. Cela confère un style particulier au graphisme mais le rend très expressif. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Ymz sensei offre une mise en page dynamique avec des cadres s’adaptant à leur contenu et alternant avec brio petites et grandes vignettes.

En résumé

Le photographe Fujishiro Shunji se réveille à l’hôpital après avoir perdu connaissance en tombant dans les escaliers. Il a le poignet droit cassé mais étrangement, il se sent soulagé. En effet, dernièrement, il préparait une exposition sur son temps libre entre deux shooting mais ses réalisations ne le satisfaisaient pas. Il pensait même tout arrêter. Alors qu’il a renversé son verre, le docteur Higa Mutsumi nettoie tout en lui parlant. Mais il se montre trop familier et désinvolte. Il traite même Shunji comme un enfant lorsque ce dernier lui réclame une cigarette durant sa pause. Se sentant soudainement motivé, le photographe invite alors le médecin à son exposition.

En conclusion

Ce one-shot déborde de douceur et de tendresse. En plus, le graphisme particulier d’Ymz sensei colle parfaitement à ce genre de récit. Une tranche de vie qui nous rappelle également que le bonheur se construit petit à petit par soi-même, entouré de ceux qu’on aime. Et qu’une simple photographie peut engendrer de merveilleux souvenirs. Un petit coup de cœur.

J’ai adopté un loup – Itachineko

j ai adopte un loup itachineko

Itachineko いたちねこ
ISBN: 9782382761991
Hana, 2023
ISBN: 9784778134525 (JP)
Shinkosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« J’héberge un vrai chien. Rectification: un loup. »

Itachineko sensei propose une romance qui se développe à travers un voyage dans des mondes parallèles. Elle alterne la narration entre ses deux héros, permettant ainsi de découvrir leur point de vue sur les mêmes évènements. De même, elle révèle les secrets de Taïchirô en diffusant au fur et à mesure des indices. En comparant les différences entre Miya de son monde avec celui de l’autre monde, Ino découvre autrement certaines facettes cachées de son colocataire. Malgré des caractères diamétralement opposés, les deux hommes se lient facilement d’amour ou d’amitié. D’ailleurs, Taïchirô semble facilement deviner les faibles expressions du visage d’Ino. L’auteure dédramatise la situation et la tension avec un humour plutôt discret. Elle maintient un certain suspense jusqu’à la fin. Elle s’amuse avec ces deux hommes désirés par tous mais qui ne connaissent pas leur charme.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle donne du relief avec des contours plus épais. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors un peu basique, s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page dynamique utilise les techniques des shôjo comme les sorties de cadre, les ellipses, les chevauchements de cases et les formes en fonction du contenu. En plus, Itachineko sensei varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc. Elle donne le ton du récit dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Persuadé d’être trop banal et conscient que son abord froid provoque de fausses impressions, Inomata Yû (33 ans), célibataire, du service planification, ne cherche même pas l’amour. Lors d’une soirée entre collègues, Kiyoharu, fan d’Ino, le taquine en lui cherchant un ou une partenaire. A leur surprise, Torii Sakura (26 ans), employée de bureau, et Miya Taïchirô, chef du service comptabilité, candidatent. Ino choisit alors Taïchirô qui cherchait justement un hébergement. Leur cohabitation se passe très bien. D’ailleurs, Yû a l’impression d’avoir recueilli un gros chien, le jeune homme un peu pervers aimant le contact mais respectant les limites imposées par son colocataire. Un soir, en rentrant chez lui après une soirée groupée, il tombe sur un voyant et lui achète une pierre qui l’intrigue, l’utilisant comme porte-clé. Un jour, ses clés tombent dans une flaque qui soudain l’aspire.

En conclusion

Pour son premier manga, Itachineko sensei surprend avec cette petite touche fantastique. Toutefois, son scénario rencontre quelques problèmes de rythme, le développement de certains passages non-essentiels prenant le dessus sur des passages marquants. J’ai malgré tout passé un excellent moment de lecture, avec des personnages attachants, suffisamment de suspense et un graphisme agréable. Une mangaka à surveiller!

L’amour transparent – hitomi

l amour transparent hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762004
Hana, 2023
ISBN: 9784396785437 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Titre original: 透明な愛のうつわ
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Je voudrais que tu me donnes ta malchance. »

hitomi sensei narre une douce romance fantastique mettant en avant l’amour « véritable ». Elle alterne la narration entre Miki et Shiro, décryptant avec finesse leurs sentiments. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, même si celle-ci débute par un baiser volé suite à un quiproquos. Renfermé et plutôt négatif, Miki va prendre peu à peu confiance en lui, apprenant ainsi à apprécier le côté positif des choses. Shiro, quant à lui, s’humanise petit à petit en découvrant de nouvelles émotions au contact de son hôte. D’ailleurs, il ressent de plus en plus de contradictions entre son désir et sa nature. Les deux hommes s’ouvrent petit à petit aux autres. L’auteure maintient le suspense en révélant peu à peu les secrets des deux héros. Elle aborde entre autres les petits tracas du quotidien perçus différemment selon son état d’esprit, le simple bonheur de partager sa vie avec l’être aimé.

La mangaka a un trait fin assez réaliste. Elle le simplifie plutôt discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine différentes morphologies renforçant le réalisme. Par ailleurs, les décors soignés et très présents alternent avec les trames d’ambiance. Il y a également beaucoup de trames qui rendent en détail les ombres, les couleurs et même les dégradés. Le fond noir indique aussi bien les souvenirs que l’humeur déprimante des personnages. La mise en page est très dynamique avec des sorties de case et des chevauchements. Dans les scènes érotiques, hitomi sensei ne montre pas les parties intimes en jouant sur les cadrages. Elle préfère d’ailleurs s’attarder sur les émotions des personnages.

En résumé

Donoue Miki (25 ans) a toujours été poursuivi par la malchance. Après une dure journée où les problèmes s’accumulent, il est au bord de craquer lorsqu’il se cogne contre un poteau. Mais un étrange homme aux cheveux blancs l’accoste et lui demande alors de lui donner sa malchance. Il se présente comme un akashibito, un monstre se nourrissant des émotions négatives de son hôte humain. Malgré ses hésitations, Miki le ramène finalement chez lui et finit par le croire en constatant que sa main devient transparente. Pour signer un contrat entre eux, il doit lui tenir la main et lui donner un nom: Shiro. Mais très affamé, Shiro l’embrasse soudainement. Toutefois, Miki le repousse.

En conclusion

Ce one-shot obtient la quatorzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Avec un scénario parfaitement rythmé et maîtrisé, hitomi sensei dépeint parfaitement les sentiments de ses personnages. En plus son magnifique graphisme exprime avec finesse leurs émotions. J’avais les larmes aux yeux avec ce récit émouvant. Un énorme coup de cœur!

Dans les bras d’une ordure – Kitano Megumi

dans les bras d une ordure kitano megumi

KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382761823
Hana, 2023
ISBN: 9784199608827 (JP)
Tokuma shoten, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Personne ne tombera jamais amoureux d’un homo comme moi. »

Kitano Megumi sensei offre une romance entre deux étudiants aux modes de vie complètement opposés. Elle base la narration du point de vue de Yûto. Bien que la relation débute par un rapport charnel, elle développe ensuite les sentiments, faisant évoluer ses deux héros. D’ailleurs, malgré le manque de délicatesse de Sora, leurs ébats restent consensuels. Yûto mène une vie saine et austère, fuyant l’amour depuis qu’il a été confronté à de l’homophobie. Sora, quant à lui, vivote dans la débauche, insouciant. En apprenant à se connaître, les deux étudiants vont s’ouvrir peu à peu l’un à l’autre. Ainsi, l’auteure sème des indices au fil des chapitres sur leur passé difficile. Elle aborde donc les séquelles des violences verbales homophobes, la souffrance de la perte d’une passion, la reconstruction difficile de la confiance en soi. Elle met en valeur le soutien apporté par des proches, famille ou amis.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à dessiner de mignons SD. D’ailleurs, les bouilles de Yûto surpris sont craquantes. Bien que finement musclés, les corps sont plutôt longilignes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. De même, les autres trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent par leur fond noir. D’ailleurs, les réflexions de Yûto apparaissent souvent avec un fond noir également. La mise en page très dynamique utilise toutes les techniques des shôjo. Kitano sensei s’attarde sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes, se contentant de ne pas dessiner les contours et ajoutant quelques points blancs. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans le récit, la scènes se déroulant toujours dans une pièce d’habitation.

En résumé

Yûto, étudiant en 3ème année de relations internationales, discute avec sa sœur au téléphone quand son voisin, fêtard bruyant, sonne soudain à sa porte. Venus emprunter un décapsuleur, Kayama Sora et ses amis Miu et Atsushi, étudiants en 4ème année de médecine physique de réadaptation, l’embarquent alors à leur petite fête. Peu à l’aise, Yûto essaie tout de même de faire bonne figure. En effet, gay, il a subi du harcèlement homophobe au lycée. Quand Miu et Atsushi prétextent la fatigue pour en fait s’envoyer en l’air, Sora propose à Yûto de continuer à boire tranquillement chez lui. Mais lorsqu’il lui suggère d’imiter ses amis en invitant des filles, Yûto lui révèle son homosexualité, espérant le faire fuir. Toutefois, à sa surprise, Sora lui montre de l’intérêt et se jette alors sur lui…

En conclusion

Kitano Megumi sensei maîtrise plutôt bien le rythme de son récit, même si au début, le revirement rapide de Yûto peut surprendre. Elle maintient le suspense autour de Sora, dont le comportement et les intentions restent ambigus assez longtemps. Le graphisme est en plus agréable. J’apprécie particulièrement les expressions des visages. Même si ce one-shot ne révolutionne pas le genre, j’aime beaucoup l’évolution des deux héros qui sortent enfin de leur enfermement en se soutenant inconsciemment l’un l’autre. Une lecture simplement touchante!

Badass – Haji

badass haji

Haji ハジ
ISBN: 9782382761571
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784829686546 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Pas la peine de te rappeler leur nom. Après tout, dans 6 mois, ils seront morts. »

Haji sensei propose de suivre une romance entre deux nouveaux collègues balèzes et aux caractères opposés, dans un univers bien construit où cohabitent humains et demi-humains. Elle dévoile au fur et à mesure le contexte de ce monde ainsi que le passé dur et sombre des deux héros. Elle crée une excellente dynamique entre Alphonse et Dante qui apprennent d’abord à s’apprécier malgré leurs différences et s’ouvrent petit à petit à l’amour. En effet, le droit et franc Al doit composer avec son capitaine impulsif à la sexualité débridée. Mais leur relation évolue au fil de leurs missions plutôt risquées. Les autres membres de la section ont également de fortes personnalités. Ainsi, le scientifique Jack Sanders (35 ans) calme les ardeurs du couple tandis que l’opérateur Archie le soutient. L’auteure aborde entre autres, la discrimination, le rejet de valeurs différentes, la cohabitation de diverses cultures, les efforts des couples inter-espèces.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme à son habitude, elle fait preuve de beaucoup d’imagination pour créer les espèces hybrides et les monstres. Les personnages adoptent des cambrures sexy et sensuelles. Et Al affiche des bouilles adorables lors de ses transformations incomplètes à cause de fortes émotions. Les décors plutôt présents s’estompent jusqu’à disparaître dans les plans rapprochés. Malgré de nombreuses trames, l’équilibre donne surtout du contraste et de la couleur. De même, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique retranscrit bien les scènes d’action pourtant succinctes. Haji sensei ne censure pas les scènes érotiques, incluant même des transparences. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente les protagonistes dans leur quotidien. En fin de tome, il y a des fiches explicatives.

En résumé

Trop sérieux et épris de justice, le demi-humain Alphonse Forsyth (28 ans), de l’espèce rare des dragons, est muté au bureau des affaires des exterminations spéciales, la pire section de la Life defense. Mais pour son premier jour, il s’est perdu car on lui a donné un mauvais plan. Grâce à son mobile robot zonure, il contacte l’opérateur Archie Ridgeback qui le guide. Quand un vol à la tire se déroule sous ses yeux, il s’empresse de poursuivre le criminel sans attendre les instructions de son nouveau capitaine qui n’est pourtant pas loin. Doté d’une ouïe très développée, Dante Sinclair (32 ans) prend alors les choses en main et le guide à distance pour arrêter le voleur. Après l’avoir rejoint nonchalamment, il préfère l’inviter à boire un café, augmentant ainsi le retard d’Al…

En conclusion

Haji sensei offre un one-shot très épais (320 pages), prenant le temps d’installer son univers et de développer le background de ses héros. Elle construit des héros attachants, qui malgré leurs puissants pouvoirs, ont autant de qualités que de défauts. Bien que l’univers soit fictif, les thèmes abordés restent contemporains. En plus, les moments intimes débordent de sensualité, avec des relations consenties. Je craque complètement pour le couple d’Al et Dante. Pour moi, cette œuvre me semble la plus aboutie de l’auteure. Tout est dans le titre! Et c’est un énorme coup de cœur que je recommande absolument à tous ceux qui aiment les BL fantastiques.

Scarlet secret – Serizawa Tomo

scarlet secret serizawa tomo

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782375063712
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784910526096 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Cette fois-ci, je resterai près de toi et je te protègerai quoi qu’il arrive. »

Serizawa Tomo sensei s’appuie sur les références historiques de la protohistoire japonaise et ajoute des éléments imaginaires pour créer une romance dramatique. Toutefois, elle a tendance à vouloir un peu trop expliquer son univers et donc casse parfois le rythme de l’enchainement de certains évènements. D’ailleurs, la fin semble un peu précipitée. La narration se base principalement du point de vue de Yamato. Ainsi, le lecteur l’accompagne dans sa découverte des secrets du palais et son intégration au service de Himiko. Les pouvoirs de Shiki apportent une petite note fantastique au récit. De même, la diplomate Nashime et les jumelles au service de Himiko ajoutent une touche humoristique. L’auteure aborde la question du destin, de la solitude, du devoir envers le peuple mais également la politique, l’influence des croyances. Elle s’attarde sur la douleur de Shiki, prisonnier de son don, en particulier sa responsabilité sur le traitement des épidémies.

La mangaka a un trait légèrement épuré, qui joue sur les pleins et déliés, et dégage ainsi beaucoup de douceur. Elle exagère un peu les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle soigne les décors, très présents. De même, comme il y a beaucoup de trames, cela donne un effet réaliste. Les trames d’ambiance se font d’ailleurs discrètes. Par contre, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique mais propose des angles de vue très variés et quelques planches plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Serizawa sensei simplifie les parties intimes, avec en plus un contour blanc qui brouille les détails. En fin de tome, elle présente les personnages et fournit quelques croquis de recherche.

En résumé

Enfant, Shiki subissait souvent les moqueries des autres enfants à cause de ses yeux rouges et sa couleur de peau différente. Yamato, le fils du chef du village, venait alors à son secours. En effet, il adorait partager les connaissances de son ami, très observateur, qui arrivait souvent à prédire la météo. Mais lors d’une visite de la reine Himiko dans le village, cette dernière désigna Shiki pour l’offrir en sacrifice lors d’une cérémonie ancestrale. Depuis, Yamato vagabonde à travers le Yamatai, persuadé qu’il est encore en vie. Dix ans après ce dramatique évènement, un jour, il croise un beau jeune homme aux longs cheveux noirs et aux yeux rouges qui se baigne dans une rivière et reconnaît immédiatement son cher ami.

En conclusion

Ce one-shot obtient la huitième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Serizawa Tomo sensei mêle fiction et histoire pour construire son récit. Son graphisme plutôt réaliste donne ainsi vie à cette période encore emplie de mystère. Toutefois, elle a tendance à s’étaler dans ses explications et cela pourra gêner certains lecteurs. Pour ma part, c’est un énorme coup de cœur! Je suis conquise par cet équilibre entre découverte d’une période historique, imaginaire discret et romance toute en tension. Et quelle belle surprise pour moi de découvrir dans sa bibliographie certains titres qui m’ont servi à la rédaction de mon mémoire de master.