Fou comme le chapelier – Bonno Nuis

fou comme le chapelier bonno nuis

BONNO Nuis 凡乃ヌイス
ISBN: 9782382763278
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796414647 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Titre original: 三月の兎たち
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Si tu m’aimes, il faut que tu l’acceptes. »

Bonno Nuis sensei narre une romance malsaine mais assumée entre trois hommes qui privilégient leur plaisir personnel. Elle révèle au fur et à mesure la folie du couple à travers leur passé. Elle décortique alors la construction de ce triangle amoureux dans lequel le consentement n’a pas vraiment sa place et la relation à trois est imposée. Maya est très possessif et n’hésite pas à se montrer violent pour exprimer ses sentiments. Keigo, prenant plaisir à être désiré, accepte donc facilement les délires de son partenaire. Il se complaît d’ailleurs à briser les personnes trop pures et innocentes. Néanmoins, Igarashi, qui attribue une confiance sans faille à celui qu’il trouve gentil, le surprend par sa réaction inattendue. Ainsi l’auteure met en avant le jeu pervers de manipulations qui s’équilibre petit à petit entre les trois hommes. Elle aborde entre autres la manipulation psychologique, la trahison, le mensonge.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle dessine des visages bien ovales aux formes longilignes pour les yeux, le nez et les lèvres. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Bonno sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle évite de détailler les rapports plus glauques en jouant sur les cadrages et les ombres, restant dans la suggestion. Il y a une scène par chapitre. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montrent les personnages qui posent.

En résumé

Igarashi ne supporte pas l’injustice et s’implique souvent dans les affaires de parfaits inconnus. Un jour, alors qu’il interpelle un homme en train de voler une cannette de café, il est rapidement suspecté à cause de sa dégaine. Un jeune homme, Hatta Keigo, vient à sa rescousse. Pour le remercier, Igarashi l’invite au restaurant et les deux hommes sympathisent finalement très vite. Un soir, Keigo emmène son nouvel ami chez lui, mais son colocataire, Maya, encore présent, l’accueille violemment. Pourtant, il refuse qu’Igarashi appelle la police. Perturbé et plein de remord, le jeune homme avide de justice ne sait pas qu’en réalité, un piège est en train de se resserrer autour de lui.

En conclusion

Bonno Nuis sensei maîtrise plutôt bien son scénario même si la fin semble un peu précipitée. Elle ne romantise pas les relations non consenties, laissant le lecteur comprendre la violence et le malaise. Son graphisme est par ailleurs plaisant. Ce one-shot est réservé à un public très averti, mettant en scènes des viols mais aussi des relations avec un mineur. Malgré ce contexte, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Je trouve néanmoins que la conclusion arrive un peu trop tôt dans le déroulement des évènements. En plus, je préfère les threesome équilibrés et non imposés. Un titre à ne pas mettre entre toutes les mains, mais qui peut plaire aux fans de dark romance.

Gimme heaven – Mogako

gimme heaven mogako

Mogako モガ子
ISBN: 9782382764039
Hana, 2023
ISBN: 9784796415194 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Le trouble de Kaïri serait-il dû à un traumatisme d’ordre sexuel? »

Mogako sensei narre un drame psychologique abordant en particulier le trouble dissociatif de l’identité. Elle prend le temps de présenter les différentes personnalités cohabitant en Kaïri et crée du suspense en remontant au fur et à mesure son passé traumatisant. Ainsi, elle alterne la narration entre les personnages. Par amour, Masaki fait beaucoup d’efforts pour comprendre et aider son partenaire, s’adaptant aux circonstances et construisant un lien particulier avec ses autres personnalités. D’ailleurs, Kakeru, Amane, Misa et Aoï apportent soit une touche humoristique, soit de la tension. Ainsi, l’auteure s’intéresse au traumatisme suite à des abus sexuels, la difficulté à se reconstruire, à affronter son passé et à le surmonter. Elle montre le besoin de reconnaissance et le bienfait de l’acceptation de ses problèmes pour avancer.

La mangaka a un trait léché. Elle dessine des corps musclés mais n’hésite pas à ajouter une note mignonne en représentant ses personnages en SD. D’ailleurs, elle retranscrit parfaitement les différentes personnalités de Kaïri à travers des détails, dans l’expression des visages et les positions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Par ailleurs, les trames sont équilibrées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique offre quelques planches dynamiques. Mogako sensei ajoute également quelques touches esthétiques lors des discussions des différentes personnalités. De même, elle atténue, grâce à un jeu d’ombres et de trames, les images trop choquantes. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Les illustrations en début de chapitre traduisent l’ambiance du récit.

En résumé

Le sommelier Ichinose Masaki sort avec le comédien Tadano Kaïri depuis trois mois mais ils n’ont jamais couché ensemble. Ils se sont rencontrés devant un bar et ont très vite sympathisé. Pourtant, Kaïri souffre d’un trouble dissociatif de l’identité. Il cohabite avec quatre autres personnalités avec lesquelles Masaki a réussi à nouer des liens amicaux. Toutefois, Aoï qui apparaît à chaque fois qu’ils se câlinent, le rejette…

En conclusion

Mogako sensei offre un drame psychologique émouvant avec des personnages très attachants. Son graphisme est en plus charmant. Bien qu’elle ne censure pas les scènes érotiques, elle évite tout de même de confronter directement les lecteurs aux quelques images violentes du passé de Kaïri, en prenant de la distance ou en jouant sur les ombres. J’ai d’ailleurs été surprise de m’attacher énormément à Kakeru et à Aoï qui sont pourtant des personnalités du comédien. Un coup de cœur!

L’hôtel de tous les plaisirs – Yan

l hotel de tous les plaisirs yan

Yan やん
ISBN: 9782382764206
Hana, 2023
ISBN: 9784801976320 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: ベッドの中では世界一愛して
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« L’hôtel est ma maison, le personnel est ma famille. »

Yan sensei narre une tranche de vie de l’hôtel Whittaker, mettant en avant le couple du propriétaire et celui de son fils adoptif devenu concierge. Bien que l’érotisme prime clairement, elle étoffe son scénario par une petite enquête, même si elle s’arrête à l’essentiel sur les révélations et le développement du contexte. Les clients sont de riches capricieux qui découvrent que l’argent ne leur permet pas forcément d’obtenir tout ce qu’ils veulent. Ainsi, malgré une attirance mutuelle entre Kashiro et Ryûsen, leur amour rencontre plusieurs obstacles les obligeant à trouver des compromis. De même le prince Rana utilise ses privilèges pour se rapprocher de Ron. Entre manipulation, espionnage, intérêt professionnel, l’amour a du mal à trouver sa place. Ainsi, l’auteure installe un jeu de séduction entre ses personnages, jouant sur les apparences. Elle aborde un peu la prostitution de luxe.

La mangaka a un trait plutôt réaliste. Elle dessine des hommes plutôt musclés. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient discrètement les émotions. La mise en page est dynamique. Yan sensei ne censure pas les scènes érotiques. Il y en a une par chapitre, ce titre étant clairement très érotique.

En résumé

A Londres, l’hôtel 7 étoiles Whittaker offre un service particulier aux clients occupant la suite Whittaker. Ces derniers peuvent demander ce qu’ils désirent aux employés portant une étoile à 7 branches sur leur veston. Whittaker Ron, propriétaire de l’hôtel mais également acteur, envoie le concierge de l’hôtel, Kashiro, s’occuper de Ryûsen Haruki. Cet homme d’affaires de Singapour se retrouve en effet seul pour passer des entretiens d’embauche, son équipe n’ayant pu le rejoindre à cause d’un typhon. Doutant d’abord des compétences de l’employé d’hôtel, il est vite rassuré par la démonstration de ce dernier qui a retenu toutes les spécificités des candidats grâce à sa mémoire photographique. A la fin des entretiens, Ryûsen cherche alors à débaucher Kashiro…

En conclusion

Yan sensei offre deux romances légères et sexy, dans l’univers d’un hôtel de luxe un peu particulier. Elle arrive à enrichir son récit avec une petite enquête. Son graphisme presque réaliste est un bonheur pour les yeux. Malgré un contexte se déroulant dans la prostitution, les relations sont plutôt consenties, sauf une mais qui n’est pas pour autant romantisée. Une lecture sans prise de tête, divertissante et simplement jouissive.

Double quiproquo! – Miyama Kaoruko

double quiproquo miyama kaoruko

MIYAMA Kaoruko 美山薫子
ISBN: 9782382764138
Hana, 2023
ISBN: 9784866536040 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Meilleurs amis, otaku… et amoureux?! »

Miyama Kaoruko sensei narre une comédie romantique classique avec deux amis d’enfance qui se redécouvrent à travers une passion commune mais secrète. Elle reprend avec humour les clichés des BL tout en s’amusant à détruire les réactions classiques avec ses deux protagonistes. De même, elle joue sur les quiproquos pour provoquer la surprise. Les différentes activités des otaku, en particulier celles des fujoshi et des fudanshi, sont mises en avant, comme les discussions sur les ship, les cafés à thème, les conventions. Yuri, la sœur aînée de Shû, apporte un regard plus féminin sur cet univers. Ryô qui a tendance à baser ses connaissances sur l’amour à travers ses lectures, s’interroge sur sa sexualité et l’évolution de ses sentiments. En introduisant Hanai, une collègue d’Izumi, l’auteure joue également sur les contrastes, avec une jeune femme violente au visage angélique. Elle aborde avec légèreté le passage de l’amitié à l’amour.

La mangaka a un trait épuré jouant sur les pleins et déliés, aux angles toutefois marqués. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, arrondissant les visages. Par ailleurs, elle dessine des corps longilignes, de grands yeux expressifs, rappelant le style shôjo. Les trames d’ambiance très graphiques alternent avec les décors. Les autres trames sont équilibrées. De même, la mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Miyama sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches.

En résumé

Minase Ryô, étudiant de 4e année, est également un fudanshi qui écrit ses propres histoires. Mais il cache ce secret, en particulier à son ami d’enfance Izumi Shûichi, de crainte de briser leur amitié. Il admire par ailleurs un autre auteur amateur, Sardine, et découvre sur les réseaux sociaux qu’il sera sur le stand attenant à celui de ce dernier lors de la prochaine convention. Mais quelle n’est pas sa surprise en découvrant qu’il s’agit de Shû!

En conclusion

Miyami Kaoruko sensei offre une comédie romantique légère qui s’amuse des clichés sur les fudanshi. Toutefois, elle privilégie l’humour, ne développant donc pas certains évènements. Son graphisme plutôt mignon est agréable. Une lecture plaisante qui offre un bon moment de détente.

Five corners coffee – Kojima Katsura

five corners coffee kojima katsura

KOJIMA Katsura 児島かつら
ISBN: 9782382764237
Hana, 2023
ISBN: 9784801965157 (JP)
Takeshobo, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« A trente-cinq ans, je pense avoir vraiment réussi ma vie! »

Kojima Katsura sensei offre un scénario assez riche sur la base plutôt classique des amis gays amoureux secrètement. Elle alterne la narration entre Kimihiko, Harumi, Masato et Keita, plongeant directement les lecteurs dans leurs réflexions. Ainsi, elle installe un double triangle amoureux, révélant au fur et à mesure les sentiments complexes des personnages. Bien que partageant une attirance réciproque, Haru et Kimi ont peur de briser leur amitié en la partageant. Keita se contente également d’une relation charnelle avec celui qu’il aime, conscient de la différence d’âge. L’introduction de Masato met en outre en péril l’harmonie professionnelle entre les deux amis. Ce dernier va d’ailleurs redécouvrir des sentiments oubliés. L’auteure aborde donc la distinction entre sexe et amour, la question de l’âge, la peur du changement, la difficulté à gérer vie professionnelle et personnelle lorsque les sentiments évoluent. Elle met en avant l’importance de la communication.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. Les trames d’ambiance, quant à elles, accompagnent les émotions. Par contre, un fond noir met en relief les réflexions profondes et intimes des personnages. Les décors sont soignés, surtout les paysages qui plongent les lecteurs dans la quiétude de l’environnement du café. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails et les réactions. Kojima sensei ne censure par les scènes érotiques au début mais par la suite, elle simplifie son trait, gommant particulièrement les détails et occultant le gland. A la fin de certains chapitres, elle dessine ses personnages en de mignons SD.

En résumé

Nosaka Kimihiko (35 ans) et Harumi gèrent ensemble un café-restaurant pas loin de la mer. Bien que Kimi soit secrètement amoureux de son collègue Haru, il entretient une relation de sex friend avec Nishina Keita (21 ans), un étudiant qui travaille à temps partiel dans leur café. Un jour, Harumi reçoit une proposition d’ouverture d’un deuxième café dans un centre commercial de Tokyo. Mais le directeur commercial de ce projet s’avère être l’ex de Haru, Komori Masato, qui lui avait brisé le cœur en le quittant.

En conclusion

Kojima Katsura sensei choisit un style narratif assez particulier mais intéressant, en détaillant les questionnements des personnages. Toutefois, ce one-shot plutôt bavard pourra déconcerter certains lecteurs. En plus, son graphisme plutôt dépouillé et anguleux peut déplaire. Pour ma part, j’ai passé un bon moment de lecture.

White night bitter porn – Nobana Saori

white night bitter porn nobana saori

NOBANA Saori 野花さおり
ISBN: 9782382764190
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784796415538 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Laisse-moi prendre mes responsabilités! »

Nobana Saori sensei offre une comédie romantique entre un pharmacien gay volage et un étudiant trop sérieux. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle mêle humour et tension en jouant avec leurs caractères opposés. Ainsi, Takumi a parfois un comportement à la limite du stalker, aimant observer Rui, mais surtout en le collant tout le temps. Le pharmacien, quant à lui, aime être solitaire et à tendance à se dénigrer, persuadé qu’il lassera un jour son partenaire. D’ailleurs, il réalise peu à peu le changement de ses sentiments, craquant pour les petites attentions de l’étudiant. Ainsi l’auteure aborde avec légèreté la peur de l’engagement et de la séparation, le manque de confiance en soi, le doute de la longévité d’une relation homosexuelle avec un ancien hétérosexuel. Elle introduit Asami, de Long night sweet porno, pour conseiller Rui.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère même les expressions. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées. De même, les trames d’ambiance très graphiques accompagnent les émotions. Le graphisme dégage un style shôjo, surtout dans la mise en page très dynamique, mettant en avant la plastique des personnages et utilisant les chevauchements, les sorties de case. Les phylactères participent également à la narration. Par exemple, la bulle prend une forme de cœur pour une déclaration d’amour. Nobana sensei ne censure pas les scènes érotiques. En début de chapitre, elle offre une illustration des personnages dans leurs moments câlins.

En résumé

Le pharmacien Narushima Rui (24 ans) cumule les conquêtes d’un soir à la recherche de la « queue » qui le satisfera le plus. Toutefois, il préfère profiter pleinement de la vie et ne cherche pas de relation sérieuse. Un soir, dans son bar préféré, il remarque un client complètement ivre. Takanashi Takumi (21 ans) déprime après que ses amis se soient moqués de sa virginité. Mais il a du mal avec les filles et recherche avant tout le grand amour. L’étudiant baraqué étant physiquement à son goût, Narushima l’emmène dans un hôtel et ils finissent par passer une nuit de folie. Mais quelques jours plus tard, Takumi débarque dans l’officine, souhaitant prendre ses responsabilités. Persuadé d’être amoureux, il ne compte pas abandonner malgré le refus de Rui.

En conclusion

A part la présence d’Asami, rien ne laisse penser que ce tome soit un spin-off de Long night sweet porno. D’ailleurs, nul besoin de lire ce dernier pour apprécier pleinement ce titre amusant et mignon. Nobana Saori sensei a un style graphique agréable. En plus, elle maîtrise plutôt bien la dynamique entre ses personnages. Une lecture simple et divertissante.

Love hug therapy – Taka

love hug therapy taka

Taka 鷹
ISBN: 9782382764152
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784758023627 (JP)
Ichijinsha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« C’est qui le pervers, hein?! Idiot!! »

Taka sensei propose de suivre une comédie romantique classique entre deux étudiants en colocation qui tombent amoureux. Toutefois, elle décortique avec une pointe d’humour et de tendresse la transformation de l’amitié en amour. Ainsi, elle aborde les compromis nécessaires et le respect des règles dans une cohabitation. La narration alterne entre les deux héros, donnant au passage la version de chacun des protagonistes sur leur vision de leur relation. Malgré ses sentiments, Hayase se retient de brusquer son colocataire, faisant quelques tests sur ses limites. Akitsuki découvre rapidement le changement de ses sentiments mais reste longtemps dans le déni, de peur de perdre son amitié mais également sa vie sociale. D’ailleurs, l’étudiant Kamishiro, dont l’homosexualité cachée fait l’objet de toutes les rumeurs, représente les réactions les plus négatives. L’auteure aborde ainsi l’homophobie, la pression de la société, la question du coming out et la première fois.

La mangaka a un trait très anguleux, incisif qui dégage une certaine raideur. Elle l’arrondit et le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à déformer les visages pour renforcer leurs expressions, offrant des bouilles hilarantes, ou à dessiner ses personnages en SD. De même, des hachures envahissent les visages lors des rougissements. Les trames d’ambiance, graphiques, appuient les émotions. Les autres trames sont équilibrées et en aplat. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Taka sensei représente parfois Hayase en wanko. Elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

A 20 ans, l’étudiant Akitsuki Ryô rêve d’un peu d’indépendance mais aimant un certain confort, il peine à trouver un loyer dans son budget. Un camarade de classe, Hayase, lui propose alors une colocation. Toutefois, ce dernier qui avait l’habitude de câliner son chien chaque jour, lui demande de le remplacer. En fin de compte, Akitsuki y prend néanmoins goût. Mais un jour, après une sortie à deux, Hayase taquine son colocataire en lui faisant un câlin un peu plus serré dans une ruelle retirée. Ryô réalise soudain que son cœur palpite, et qu’il espérait même un baiser…

En conclusion

Taka sensei offre une comédie romantique bien rythmée. Elle aborde des questionnements sérieux mais alterne avec des moments amusants, permettant de détendre l’atmosphère. Ses bouilles dans les passages humoristiques contrastent complètement avec son graphisme général et apporte une touche originale. D’ailleurs, son style ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, j’adore les traits un peu secs. Je suis également sous le charme de la dynamique de ce couple.

Café pour deux – Amaki Io

cafe pour deux amaki io

AMAKI Io あまきいお
ISBN: 9782382763797
Hana, 2023
ISBN: 9784801975415 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: マスターは恋を知らない
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Comment les intérêts de chacun vont-ils influer sur leur relation? »

Amaki Io sensei narre une classique romance d’ennemis à amants. Elle s’intéresse à la vision différente de la jeune génération et de celle des anciens face aux changements dans une rue commerçante, aux techniques modernes de promotion pour attirer une nouvelle clientèle comme les réseaux sociaux, la mise en avant d’un concept et d’un décor. Elle aborde succinctement les dérives qui existent également dans les projets de réaménagement urbain, avec Tamura. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, Natsuki passe son temps à réfléchir sur sa sexualité et ses sentiments qu’il discerne difficilement, assumant son inexpérience. Les secrets autour d’Akutsu apportent un peu de suspense. D’ailleurs, l’auteure développe à peine la question du conflit d’intérêt. Elle joue beaucoup sur les quiproquos et la question de la confiance. L’ami d’enfance de Natsuki, Tetsuo, fait avancer un peu plus vite la romance par ses conseils.

La mangaka a un trait anguleux assez contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise de grandes hachures envahissantes pour les rougissements. Les décors très présents sont détaillés, en particulier les paysages. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Amaki sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Natsuki a repris le café de son père. Le commerce bénéficie d’une agréable vue sur la plage mais le quartier commerçant fait actuellement l’objet d’un réaménagement immobilier. Pourtant, l’agent responsable du projet, Akutsu Kyôsuke, aime venir déjeuner au café de Natsuki. Il passe d’ailleurs sont temps à le taquiner. Un soir, après une sortie avec son chef, il aperçoit le gérant du café devant un bar gay. Alors que ce dernier se faisait draguer par un forceur, Akutsu vient à son secours et lui propose de coucher avec lui pour sa première fois. A leur surprise, ils sont très compatibles sexuellement.

En conclusion

Amaki Io sensei offre un très beau graphisme. Malheureusement, elle a tendance à s’éparpiller sur des sujets divers, finissant par les expédier à cause du format one-shot. Son scénario rencontre donc des problèmes de rythme flagrants. Je trouve cela d’autant plus dommage que l’histoire avait du potentiel, bien que classique. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture. Mais ce titre reste du pur divertissement.

Je veux enlever mon uniforme – Hataoka

je veux enlever mon uniforme hataoka

Hataoka 端丘
ISBN: 9782382762448
Hana, 2023
ISBN: 9784861239557 (JP)
Brite, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Deux cœurs si différents mais inévitablement liés l’un à l’autre. »

Hataoka sensei narre une romance classique entre deux lycéens aux caractères opposés. Toutefois, elle se démarque en inversant leurs comportements face à la découverte de l’amour. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs réflexions. Prisonnier de sa bonne réputation, Yae va surpasser ses craintes, poussé par ses sentiments de plus en plus forts. Au contraire, le fier et franc Yui qui ne tenait pas compte du regard des autres va prendre du temps pour accepter ses sentiments et les déclarer. Les deux lycéens se lient d’amitié tout en respectant la personnalité même fuyante ou asociale de l’autre. Ainsi, l’auteure aborde le poids de l’apparence sociale, la peur du jugement des autres sur l’homosexualité. Elle développe une relation consentie qui se construit malgré les hésitations.

La mangaka a un trait épuré presque minimaliste. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant encore plus son trait. Elle a un style plutôt shôjo, usant des hachures envahissantes pour les rougissements. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hataoka sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Sous la jaquette, elle offre différentes expressions trop choupinou de Yui et Yae en SD.

En résumé

Le populaire Yae Akira efface en vérité sa vraie personnalité pour rester toujours bien vu par ses camarades. Pourtant, il trouve parfois que leurs moqueries envers le sérieux Yui Eishi vont trop loin mais il n’ose pas protester de peur de perdre sa réputation. S’étant blessé au club de football, il en profite pour sécher les cours et va voir un film au cinéma. Il se retrouve par hasard à côté de Yui qui sèche également ses cours. Subjugué par la franchise de ce dernier et son éclatant sourire, il sympathise rapidement avec lui, appréciant de découvrir d’autres de ses facettes quand Eishi partage sa passion pour la robotique. Pourtant, Yae n’arrive toujours pas à se montrer amical avec son nouvel ami devant les autres. Mais surtout, il le trouve de plus en plus mignon…

En conclusion

Hataoka sensei ajoute une note originale et agréablement surprenante au schéma narratif classique de la romance lycéenne avec des caractères opposés. En plus, elle maîtrise plutôt bien l’enchainement des évènements pour un one-shot, évitant de se disperser. Son graphisme au trait très épuré dégage pourtant douceur et sensualité. J’ai eu un petit coup de cœur pour ce titre au fur et à mesure que j’avançais dans l’histoire. J’ai passé un excellent moment de lecture à la fois sexy et émouvant.

Scramblues – Mame March

scramblues mame march

mame march
ISBN: 9782382126851
Akata, 2023
ISBN:‎ 9784829686522 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Il suffit pas de « faire de son mieux » pour produire quelque chose de « classe ». »

mame march sensei développe une douce romance entre deux hommes qui rencontrent quelques difficultés dans leur carrière pour transmettre leurs passions. Elle s’attarde sur les processus créatifs musicaux et graphiques, la difficulté à composer une œuvre qui touchera le public, l’influence des émotions sur la création, la frustration. Ainsi, Eddie reste prisonnier de son passé et a donc du mal à avancer malgré son succès. En plus, considéré comme un génie, son travail acharné passe inaperçu. Haru, quant à lui, a la fâcheuse tendance à fuir les difficultés. Les deux hommes vont se découvrir, s’apprécier puis tomber simplement amoureux. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages, maintenant un certain suspense. Elle aborde le bonheur et la souffrance d’un métier passion. Elle semble d’ailleurs faire passer la romance au second plan. Dans l’histoire bonus, elle permet de découvrir l’avenir du couple.

La mangaka a un trait anguleux, au style assez marqué et pourtant épuré, avec un contour parfois dédoublé. Elle lui donne du relief avec un aspect un peu brut. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Les trames utilisent une palette très restreinte tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Toutefois, mame sensei marque les souvenirs furtifs avec un cadre épais et des trames rayées recouvrant la vignette. Par ailleurs, elle présente les personnages en fin de tome. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, il y a une illustration des bureaux de Haru et Eddie.

En résumé

Enfant, Kurosaki Haru aimait écouter de la musique, malgré l’interdiction de toucher à la collection de vinyles de son père. Devenu adulte, il travaille actuellement en tant que designer dans une agence de graphisme mais il peine à percer, ses visuels étant tout le temps rejetés. Un jour, l’agence reçoit une commande du célèbre musicien Eddie Astley. Haru propose alors sa candidature, désirant transmettre ce qu’il aime. Malheureusement l’artiste impassible se montre très difficile. Déprimé, Kurosaki se console le soir à un concert de son groupe préféré, Roze. A sa surprise, le chanteur, Kenji, invite sur scène Eddie, qui s’avère être son ami d’enfance. En découvrant d’autres facettes du musicien, tout souriant, Haru a alors envie de le connaître mieux.

En conclusion

mame march sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, alternant avec brio tension, humour et romance. Elle préfère se concentrer sur l’évolution de ses personnages dans leur relation. Son style graphique particulier apporte une certaine fraîcheur très agréable. Il reste très expressif. Je suis charmée par ce récit mettant en parallèle création et développement amoureux. Une belle lecture qui partage avec finesse la passion.