Le théâtre des fleurs 8 – Natsume Isaku

couverture de Le théâtre des fleurs 8 de Natsume Isaku, édition taifu

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782375063965
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668203 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Je deviendrai ton partenaire privilégié. »

Natsume Isaku sensei, après avoir présenté l’évolution du quotidien de Sôgorô et Gensuke deux ans plus tard, s’attarde sur le secret de la dispute entre Matsukawa Kikuemon et Ôtaniya Juichirô. En impliquant Tsutamaru et Takeichi, elle crée une enquête amusante tout en analysant la spécificité du partenaire privilégié dans le kabuki. Ainsi, elle montre l’influence de l’amitié et la rivalité sur la motivation ainsi que les différentes méthodes pour progresser. La participation à un rôle principal de Sôgo permet de découvrir les différents obstacles rencontrés par les acteurs pour construire leurs personnages, souvent historiques. Par ailleurs, Nishida et Tsuchiya Hiroto apportent leur soutien au couple, permettant également de se projeter sur les difficultés de l’avenir. Ainsi, comme dans le tome précédent, l’auteure aborde la difficulté à gérer le privé et le travail ainsi que les limites pour cacher une relation quand des rumeurs naissent.

La mangaka a un trait léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle soigne les motifs des kimonos. Ainsi, les trames sont très variées. De même, les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. Par contre, la mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei censure à peine les parties intimes par une languette blanche. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages. Par ailleurs, des fiches sur les personnages en début de tome permettent de mieux se repérer.

En résumé

Arai Gensuke et Matsukawa Sôgorô refusent d’obéir à Arai Tsutamaru et Kaneko Takeichi qui leur recommandent de se séparer pour leur carrière. Et les deux jeunes acteurs ont pour l’instant réussi à tenir leur promesse d’être prudent en n’affichant plus leur amour en public durant déjà deux ans. D’ailleurs, Gensuke vit maintenant seul, le couple y ayant construit leur nid d’amour. Les deux acteurs de kabuki jouent même dans des séries TV ou des publicités. En plus, Sôgorô travaille occasionnellement en tant que mannequin. Pourtant, Tsutamaru et Takeichi continuent de les surveiller, se demandant pourquoi Matsukawa Kikuemon, bien qu’au courant de la relation entre les deux héritiers, n’intervient toujours pas.

En conclusion

Natsume Isaku sensei continue de nous émerveiller avec le kabuki, s’attardant sur le dur travail des acteurs mais également les spécificités de cet art. Son graphisme léché et soigné rend parfaitement l’ambiance des scènes ainsi que la décontraction du quotidien. J’adore Tsutamaru, malgré ses petits défauts. Et j’ai hâte de découvrir la performance de Sôgorô dans ce rôle à la fois masculin et féminin. Vivement la suite!

Dangerous convenience store 3 – 945

couverture de Dangerous convenience store de 945 édition kbl

945
ISBN: 9782382882658
Kbooks, 2024
ISBN: 9791170950035 (KR)
OrangeD, 2023 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Est-il enfin temps pour Gunwoo de révéler à Euijoon qui il est réellement? »

945 (Gusao) s’attarde sur les interrogations d’Euijoon, questionnant sur la différence entre relation purement charnelle et relation amoureuse. Ainsi l’analyse des émotions du couple ainsi que leurs activités en commun retient en haleine le lecteur. En effet, Gunwoo après avoir accepté son attirance pour un homme, ne change en rien son comportement et accepte facilement son éventuelle homosexualité. Comme il continue de garder le secret sur son passé et son emploi, les quiproquos s’accumulent. Peu bavard, ses interactions avec Yeo deviennent amusantes. Ainsi, l’auteur.e aborde la peur de l’engagement, le conflit entre raison et sentiment. Iel dévoile tout de même aux lecteurs l’univers dans lequel évolue le mafieux, ainsi que les desseins de Cha Chahyeon (32 ans), directeur général de CIK. Les amis de Euijoon, Lee Juyeon et Kim Taeyeong, ajoutent une touche bienveillante.

Le trait épuré légèrement anguleux de la manhwaga se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les trames aux teintes réalistes utilisent principalement une gamme de tons discrets et neutres comme le noir, le blanc, les beiges, les bleus. Toutefois, les trames d’ambiance, plus colorées ou graphiques, rehaussent les émotions. Un fond noir indique les flash-back mais également les rêves. Les décors s’estompent en arrière-plan ou apparaissent plus détaillés sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, la mise en page plutôt classique met tout de même en valeur la plastique des personnages. Par ailleurs, 945 ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Depuis que Beom Gunwoo a avoué ses sentiments, Yeo Euijoon, troublé, hésite à lui répondre. Toujours peiné par la fin de sa relation avec Hyeonwoo, alors qu’il en est pourtant l’initiateur, il est persuadé de ne plus pouvoir aimer. Mais surtout, l’étudiant a l’impression de profiter des sentiments de son voisin. Légèrement fiévreux, il réalise néanmoins qu’il apprécie de pouvoir se confier à Gunwoo et qu’il a vraiment envie de le connaître plus.

En conclusion

945 fait faire un bon à son récit, s’attardant sur l’évolution de la relation entre Gunwoo et Euijoon. Les scènes érotiques suivent toujours de tendres échanges, paraissant naturelles. Ce tome se dévore avec délice. J’adore la dynamique entre les deux héros ainsi que les réactions de leur entourage. En effet, ils dégagent tous deux un côté naïf et maladroit alors qu’ils ont un petit côté pervers. Une lecture hot mais un couple adorable.

Cherry blossoms after winter 2 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 2 bamwoo taifu

Bamwoo
ISBN: 9782382882139
Kbooks, 2024
Orange Agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tout le monde parle de vous! Ça ne te fait rien? »

Bamwoo continue de développer en détail la question du harcèlement. Iel met en avant les différentes stratégies de Taesung pour contrer les assauts de Junseung, mettant en avant les conséquences de l’indifférence, de la manipulation, de l’isolement ainsi que l’engrenage facile vers la violence. Par ailleurs, Jia, Yonghee et Inje apportent à la fois soutien et note comique par leur maladresse malgré leur bienveillance. Comme dans le tome précédent, le passé révélé par brides permet de mieux définir la relation entre Seo et Jo mais également avec Madame Ha. Ainsi, Haebom reste prisonnier de sa culpabilité, persuadé d’incommoder son entourage. Taesung, quant à lui, s’interroge de plus en plus sur l’homosexualité. Ainsi, l’auteur.e aborde le coming out, la difficulté à distinguer ses sentiments lorsque l’on est déjà proche, le poids d’un secret, les répercussions des rumeurs. La narration alterne entre Seo et Jo, présentant leur réflexion en détail.

Le trait épuré de la manhwaga dégage beaucoup de douceur, renforcée par des tons pastels. Pourtant, les couleurs restent plutôt réalistes. Dans les passages humoristiques, le trait s’arrondit et se simplifie. Ainsi, les expressions exagérées deviennent toutes mignonnes. Les décors bien que très présents utilisent un dégradé de tons monochrome, mettant en valeur le premier plan. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique respecte le travail numérique de Bamwoo, avec des respirations et des points d’attention dans le récit.

En résumé

Pour protéger Seo Haebom du harcèlement de Kim Junseung, Jo Taesung s’installe à côté de lui en classe. Mais des rumeurs sur leur relation enflent de plus en plus. Alors que deux camarades de classe interrogent Haebom sur sa possible homosexualité, Nam Jia, l’amie de Taesung, vient à son secours. D’ailleurs, les autres amis de Jo, Baek Inje et Jo Yonghee, essaient également d’intégrer petit à petit Seo à leur groupe. Taesung, quant à lui, cherche à se rapprocher de plus en plus de son ami d’enfance.

En conclusion

Bamwoo avance dans son récit pour mieux reculer, à notre grande frustration mais également pour notre plus grand bonheur! En effet, l’analyse détaillée des sentiments et des réflexions des personnages permet de bien comprendre leur évolution. Avec un arrière-goût réaliste, ce récit rappelle constamment que l’Amour ne sauve pas tout et que les efforts ne paient pas forcément immédiatement. Le suspense maintient le lecteur en haleine. Et le graphisme, surtout les bouilles mignonnes dans les passages comiques, renforcent les moments attendrissants. Une lecture réconfortante!

Hosaka & Miyoshi 2 – Scarlet Beriko

couverture hosaka and miyoshi 2 scarlet beriko taifu

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375064849
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668395 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Que ce soit ses qualités ou ses défauts, il n’a jamais peur de se montrer tel qu’il est. »

Scarlet Beriko sensei montre les différences entre professionnels et amateurs dans l’univers de la création de mode. Elle développe également les coups bas entre créateurs, entrainant dans leurs défis les divers intervenants. Ainsi, elle maintient un certain suspense sur Kugi, dévoilant au fur et à mesure les raisons de sa confrontation avec Hosaka. En effet, le célèbre créateur se révèle être un fin manipulateur. Miyoshi évolue le plus, travaillant sur lui-même pour construire une relation équilibrée avec son petit ami. Le couple accepte donc les défauts de l’un et l’autre, même les petits pervers. L’auteure s’intéresse encore à la différence d’âge, à la difficulté à assumer son homosexualité ainsi que faire son coming out. Par ailleurs, elle continue d’analyser les conséquences des vidéos Youtube. En effet, Miyoshi est devenu malgré lui un symbole de la lutte LGBT, alors qu’il se remet à peine des vagues de haine.

La mangaka a un trait léché très expressif. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par contre, les décors bien que soignés situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure à peine les parties intimes, y ajoutant simplement des languettes blanches. Comme dans le tome précédent, elle dessine des indices sur le récit dans les illustrations en début de chapitre. Les personnages posent ou sont représentés dans leur quotidien. Sous la jaquette, deux planches offrent des anecdotes mignonnes. De même, en fin de chapitre, un petit croquis apporte une anecdote amusante.

En résumé

Kugi, très influent dans la mode, propose une collaboration avec la marque JDLR de Hosaka Kôjirô à condition que Miyoshi Haruomi soit le mannequin de la marque. D’abord réticent, l’étudiant se laisse convaincre par son petit ami qui lui confirme qu’il s’agit d’un piège pour le ridiculiser…

En conclusion

Scarlet Beriko sensei arrive à surprendre le lecteur jusqu’à la fin. Elle alterne avec dextérité les passages comiques, dramatiques et romantiques. En plus, le couple est tellement craquant! J’ai par ailleurs envie de découvrir l’histoire de Kugi. Une très belle lecture procurant de belles émotions!

Hosaka & Miyoshi 1 – Scarlet Beriko

couverture hosaka and miyoshi 1 scarlet beriko taifu

SCARLET Beriko スカーレット・ベリ子
ISBN: 9782375064832
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784403668388 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Malheureusement, pas moyen de faire passer ma joie avant ma gêne face au regard des autres. »

Scarlet Beriko sensei développe la suite des aventures de Miyoshi et Hosaka dans ce spin-off de Jackass!. Elle fait apparaître furtivement Katsumi, qui conseille maintenant Haruomi, ainsi que Masayuki et Kei. Elle s’intéresse principalement à la différence d’âge et à la peur du jugement extérieur. Miyoshi manque cruellement de confiance en lui et continue d’avoir honte bien qu’il assume enfin son homosexualité. Au contraire, Hosaka, franc et sans gêne, se montre tel qu’il est mais s’adapte pourtant au rythme de son petit ami. Ses collègues, Riku et Mio, apportent une touche comique. Par ailleurs, l’auteure aborde avec habilité la question des comportements problématiques, en particulier sur l’usage des vidéos. Elle montre indirectement les conséquences du partage des vidéos sans consentement mais également les risques de captation de la vie privée par un logiciel espion. Ainsi, elle incite le lecteur à réfléchir à travers les remarques et les réactions.

La mangaka a un trait léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle met en image l’imagination de Miyoshi tout un l’incluant directement dans l’histoire, créant de la surprise. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les décors s’estompent autour des personnages pour ne pas surcharger. La mise en page plutôt classique propose quelques agencements plus dynamiques. Dans les scènes érotiques, Scarlet sensei censure à peine les parties intimes avec de fines languettes blanches. Sous la jaquette, elle offre deux planches amusantes à lire de préférence à la fin. En fin de chapitre, elle propose parfois un petit dessin amusant, dans le style croquis. Les illustrations en début de chapitre présentent avec esthétisme les personnages qui posent, donnant au passage des indices sur le récit.

En résumé

Trois jours avant Noël, Miyoshi Haruomi (19 ans) découvre qu’une vidéo de la fête du lycée dans laquelle il encourageait Katsumi à rejoindre son petit ami fait le buzz sur Youtube. Alors, quand Hosaka Kôjirô (39 ans) lui propose de vivre ensemble quelques jours plus tard, il récupère la clé discrètement, gêné par les réactions des clients du restaurant autour d’eux. Toutefois, il prend soudain ses distances avec son petit ami. Pourtant, huit mois plus tard, il croise par hasard le créateur de mode qui agit comme si de rien n’était et l’invite à son atelier. Comme ce dernier le taquine un peu, Miyoshi décide alors de se venger… en l’espionnant.

En conclusion

Scarlet Beriko sensei offre une adorable romance abordant comme à son habitude, divers sujets avec habileté. Ainsi, elle traite la question de la différence d’âge et de l’espionnage vidéo en analysant les problématiques mais également les divers points de vue. Son magnifique graphisme rend les scènes sensuelles toutes mignonnes. Et les différentes expressions de Miyoshi le rendent tellement craquant. Si vous avez autant aimé Jackass! que moi, cette lecture est indispensable!

Cherry blossoms after winter 1 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 1 bamwoo kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382882122
Kbooks, 2024
Orange agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Une douce comédie romantique qui s’intensifie au fil des saisons… »

Bamwoo narre une douce comédie romantique entre deux amis d’enfance dont l’un a été adopté par la mère de l’autre. Ainsi, iel aborde la question du lien familiale et de l’intégration dans une famille. La narration se base principalement du point de vue de Haebom. Le lycéen a constamment peur de déranger et se montre donc timide et fuyant. Pourtant, il va petit à petit se rebeller. Taesung, quant à lui, observateur et maladroit, comprend rapidement sa situation mais ses actions portent souvent à confusion et maintiennent le suspense. Ses amis, Baek Inje, Jo Yonghee et Nam Jia apportent également une touche comique. Avec Kim Junseung et Lee Sangwon, l’auteure analyse le harcèlement et l’inversion des influences dans une classe. Le passé des deux héros révélés par brides permet de deviner au fur et à mesure l’origine du malaise entre eux.

Le trait épuré de la manhwaga très légèrement anguleux se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les teintes plutôt réalistes ont une dominante pastel et claire. Seule les ombres fortes sont marquées. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. Toutefois, ils apparaissent parfois en bicolore ou monochrome, mettant en avant le premier plan et évitant ainsi de surcharger les vignettes. La mise en page classique, reprend les cadrages de la publication numérique mais cela colle parfaitement au récit plutôt réaliste. Malgré des chapitres plutôt courts, Bamwoo se concentre au moins sur un thème à chaque fois. Un magnifique poster en début de tome nous donne un avant goût de la suite du récit.

En résumé

Seo Haebom (19 ans) a perdu ses parents quand il avait sept ans. Recueilli par la meilleure amie de sa mère, Ha Eunseon, il a été choqué lorsque son meilleur ami et fils légitime de sa bienfaitrice, Jo Taesung, a refusé de devenir son frère. Depuis, Haebom fait tout pour être le plus discret possible et ne pas déranger la petite famille. Alors qu’il entre en terminale, il se retrouve malheureusement dans la même classe que ses harceleurs Kim Junseung et Lee Sangwon qui l’utilisent comme larbin et le dépouillent souvent de son argent de poche. Timide et isolé, il continue donc de céder. Mais cette année, il se retrouve également pour la première fois dans la même classe que Taesung. Comment lui cacher sa situation?

En conclusion

Cette série obtient la huitième place du meilleur webtoon au Chill chill BL award 2024. Bamwoo prend tout son temps pour raconter son histoire mais analyse avec finesse les émotions et les réactions des différents personnages, même secondaires. Le graphisme dégage une certaine douceur renforcée par les tons pastels. C’est le premier BL webtoon que j’ai lu. Je l’adore tellement que je le reprenais à chaque fois qu’il sortait sur une nouvelle plateforme (Delitoon, Verytoon, Ono). Il était donc évident que je le prenne en version papier. Et je suis heureuse de constater un magnifique travail sur la mise en page. Si vous aimez les slow burn, foncez sans hésiter. Vous serez surpris par la richesse des thèmes abordés. Un coup de cœur confirmé depuis longtemps!

Happy sugar share house – Momojiri Hibari

happy sugar share house momojiri hibari

MOMOJIRI Hibari 桃尻ひばり
ISBN: 9782382764923
Hana, 2024
ISBN: 9784575380866 (JP)
Futabasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Je veux être un homme populaire qui ne souffre pas, même s’il se fait larguer. »

Momojiri Hibari sensei narre une comédie romantique entre le séduisant mannequin Michael et le complexé salaryman Makoto. Elle met en avant l’ambiance chaleureuse de la colocation, l’entraide mais également les petits problèmes d’intimité. Les colocataires ont des caractères plutôt tranchés, en particulier Sakamoto Rinnosuke (21 ans), qui ajoute en plus quelques quiproquos. Au prétexte d’une formation, les deux héros vont apprendre à se connaître. Ainsi, le mannequin a tendance à faire passer le bonheur des autres en priorité, sa gentillesse portant alors à confusion, tandis que le salaryman, manquant de confiance en lui, se laisse porter. L’auteure construit d’abord une relation purement charnelle puis l’équilibre grâce aux sentiments. Par ailleurs, elle dénonce indirectement les préjugés basés sur des critères de beauté, l’influence des réseaux sociaux qui exacerbent les moqueries sur le malheur des autres. L’histoire bonus apporte une note à la fois mignonne et sexy.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo, avec de grands yeux expressifs et des hachures envahissantes pour les rougissements. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées et équilibrées. Les trames d’ambiance très graphiques participent à la narration. Ainsi, Michael scintille constamment. Les décors soignés apportent une touche réaliste. Par ailleurs, la mise en page très dynamique met souvent en valeur la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, Momojiri sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou une forme flou diffuse.

En résumé

Nakamura Makoto (33 ans) éclate en sanglots dans la rue car sa petite amie l’a quitté pour un de ses jeunes subordonnés. Le mannequin Mitsuteru Aoi (25 ans), surnommé Michael, à la beauté éblouissante, le ramène alors à sa colocation après qu’il se soit effondré dans ses bras. Le lendemain matin, Makoto se retrouve à déjeuner à la table des autres colocataires. Charmé par l’ambiance amicale, il accepte volontiers de rester quelques jours ici durant les vacances. Le soir, au cours d’un barbecue organisé par les autres colocataires, le salaryman charmé par Michael, lui demande alors des conseils de séduction. Mais ce dernier l’embrasse!

En conclusion

Momojiri Hibari sensei construit bien un amour maladroit, abordant ainsi différents sujets malheureusement pour certains juste survolés. En effet, le format one-shot l’oblige à enchaîner parfois abruptement certains évènements. De même, quelques rebondissements tombent à plat. Toutefois, le graphisme tout mignon rend la lecture très agréable. Et surtout, l’humour colle bien à l’ambiance du récit. Une lecture onctueuse comme de la crème, transmettant de belles émotions. A ne pas rater si vous aimez les récits de colocation!

88 rhapsody – Sorai Mone

88 rhapsody sorai mone

SORAI Mone ソライモネ
ISBN: 9782382762745
Hana, 2024
ISBN: 9784829686195 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Vivez les rêves et les sentiments qui viennent chambouler les membres du groupe Aldébaran! »

Sorai Mone sensei propose de suivre les romances de quelques membres du groupe Aldebaran. En plus de l’univers musical, elle s’intéresse aux différentes épreuves auxquelles se confrontent les musiciens comme la pression, la passion devenue douleur, la perte de confiance en soi, le traumatisme. Dans la première histoire, rapide mais efficace, elle analyse principalement les sentiments naissants dans une amitié ainsi que l’acceptation de soi. Par la suite, l’histoire de Miyata Kyôtaro (26 ans) et Agawa Ritsuki approfondit surtout la question de la gestion de la pression aussi bien extérieure (famille, enseignant, concurrence) qu’intérieure (course à la réussite, peur de l’erreur, trac), la communication nécessaire et les conseils avisés de personnes expérimentées. Malgré des sentiments réciproques, les deux hommes préfèrent se taire. Par ailleurs, l’auteure interroge sur l’avenir des musiciens et l’évaluation du talent. Elle base la narration d’abord du point de vue de Yodaka puis de celui de Miyata.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, bien découpé, qui se ressent particulièrement à travers les ossatures saillantes et les corps plutôt maigres. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne des anecdotes dans des fiches personnages à la fin des chapitres. Les trames bien que variées privilégient les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis qu’un fond noir indique les flash-back. Les décors soignés situent principalement l’action et s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails, avec des angles de vue variés, des chevauchements et des sorties de cadres. Sorai sensei marque le passage du temps par des indices sur les saisons. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce à des cadrages ou des bulles bien placées. De même, l’imagination des personnages s’invite dans les décors.

En résumé

Récemment transféré dans un nouveau lycée, Hoshikawa Yodaka ne supporte plus les rumeurs et les regards insistants sur sa cicatrice au visage. Il préfère écouter de la musique en dormant à l’infirmerie. Mais un jour, Fujise Anji s’infiltre par la fenêtre de l’infirmerie et lui demande de lui laisser une place dans son lit. Le lycéen très direct, joue de la guitare dans un groupe et lui offre donc une invitation à un concert. Intrigué par un compliment sur son visage, Yodaka sympathise vite avec ce nouvel ami, reprenant vite goût à l’étude. Il arrive même à se confier à lui…

En conclusion

Sorai Mone sensei offre une magnifique romance dont la sensibilité se ressent à travers les images et les paroles de ses personnages. Elle équilibre parfaitement l’humour et les intrigues, évitant de trop faire étalage des sentiments des personnages. Ainsi, les relations paraissent naturelles, parfaitement dépeintes avec les hésitations et les effusions. J’apprécie particulièrement le graphisme très expressif, au trait particulier et reconnaissable de la mangaka. Un petit coup de cœur!

My beautiful boy 2 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 2 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762349
Hana, 2024
ISBN: 9784199609343 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Même si j’étais ton dernier soldat, je te protégerai jusqu’au bout. »

Nagira Yuu sensei décrypte l’évolution de la relation ambiguë entre Hira et Kiyoi, oscillant constamment entre admiration, amour, dégoût et tolérance. Elle ne ménage pas les lecteurs, dépeignant avec finesse les moments malaisants entre le comportement de stalker pleinement assumé, les remarques blessantes et le harcèlement de plus en plus violent. Comme dans le tome précédent, elle base la narration du point de vue de Kazu, partageant ses pensées les plus sombres. Ainsi, le larbin se rebelle petit à petit jusqu’à s’affirmer. Sans se montrer pour autant gentil, Kiyoi impose des limites dans le harcèlement et supporte avec indifférence l’isolement dans la classe. Avec la bande de Shirota, l’auteure montre comment la hiérarchie s’inverse dans une classe, insidieusement, selon divers incidents. Elle aborde entre autres les relations intéressées entre étudiants, les profils différents des harceleurs, la construction d’un lien particulier entre le harceleur et sa victime.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré, jouant avec les pleins et déliés, qui dégage un effet un peu réaliste. Ainsi, elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages plutôt sveltes. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions mais se font rares. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mangaka a une mise en page très dynamique. D’ailleurs, elle porte particulièrement attention aux détails, décomposant parfois certains mouvements. De même, elle joue sur les plongées et contre-plongées pour renforcer le sentiment de hiérarchie. Les pensées de Hira sont transcrites directement en images dans le récit.

En résumé

Hira Kazu ayant découvert que Sô Kiyoi s’entraîne à danser, ce dernier l’emmène au restaurant pour discuter. Il soupçonne d’ailleurs son camarade de le suivre en cachette et lui exprime clairement son dégoût face aux déclarations admiratives de Hira. Il lui demande toutefois de garder le secret. Mais au concours des beaux gosses, Kiyoi termine dernier. Bien qu’il fasse bonne figure devant Shirota et les autres, il s’éclipse suivi par Hira qui avoue enfin son amour. Mais la hiérarchie semble s’inverser petit à petit au lycée…

En conclusion

L’ambiance de ce manga pourra en dérouter plus d’un. Sans glorifier le harcèlement, Nagira Yuu sensei analyse avec finesse les différentes émotions qui apparaissent dans une relation entre harceleur et victime. Elle interroge sur le basculement facile vers une violence grandissante. Le graphisme de Kitano Megumi sensei transmet parfaitement les expressions des regards, froids, durs, passionnés, admiratifs, amoureux, envieux. Un titre que je prend plaisir à redécouvrir sous ce nouveau format, après le roman et le drama. Si les romances un peu descriptives ne vous dérangent pas, foncez!

Réaction chimique – Hitomi

reaction chimique hitomi

hitomi
ISBN: 9782382762653
Hana, 2024
ISBN: 9784801976689 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: キミイロメルト
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« L’amour n’est qu’une réaction chimique, il faut arrêter de croire que c’est magique. »

hitomi sensei offre une romance au ton léger entre deux hommes aux caractères complètement opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, elle propose de suivre leurs analyses et leurs réflexions sur l’amour. En effet, la vision de l’attirance sexuelle purement scientifique et rationnelle d’Aranami se confronte constamment à celle plus sentimentale et romantique de Hôjô. Certaines de leurs répliques créent d’ailleurs un effet comique, brisant l’ambiance. Pourtant, les deux hommes font des efforts pour se comprendre, échangeant constamment. Leur passé se révèle au fil des discussions. L’auteure aborde donc le jugement sur l’apparence biaisé par les conventions sociétales, l’acceptation de l’autre avec ses qualités et ses défauts, la construction d’une relation solide autour d’une première émotion. Elle utilise les personnages secondaires pour étoffer son propos. Dans l’histoire bonus, elle montre le devenir du couple.

La mangaka a un trait léché et anguleux qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle varie les trames, utilisant une large palette apportant une note réaliste. D’ailleurs, les ombres détaillées usent des dégradés et des différences de tons. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Par ailleurs, les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Un fond gris marque les flash-back. La mise en page est très dynamique. hitomi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine des corps bien musclés, pour notre plus grand plaisir. Au dos de la jaquette, les personnages apparaissent en de trop chou semi SD.

En résumé

Hôjô Haruma (25 ans), qui travaille dans une entreprise de transports de biens, récupère un manuscrit chez un célèbre écrivain, Aranami Akihito (31 ans). L’ancien scientifique qui ne croit pas en l’amour, persuadé qu’il s’agit simplement d’une réaction chimique, a par ailleurs la réputation d’être froid et insensible. Pourtant, il l’accueille en peignoir, sans gêne. Quand un homme à moitié nu le rejoint de la chambre, Hôjô, d’abord troublé par la beauté de son client, fantasme par la suite sur Aranami. Mais lorsqu’il se présente un autre jour pour une nouvelle livraison, il sympathise timidement avec l’écrivain en l’aidant à changer la sonnerie de son smartphone. Et si les rumeurs étaient fausses?

En conclusion

Dès la préface, hitomi sensei prévient que son scénario ne sera pas profond. Pourtant, je trouve qu’elle y insuffle beaucoup de questionnements intéressants et analyse à la perfection l’évolution des sentiments des deux héros. En plus, son trait sexy est un plaisir pour les yeux. Je trouve le couple tellement chou avec leur relation dynamique et entraînante. Les habitués de la mangaka pourront peut-être être un peu déstabilisés ou déçus. Pour ma part, je craque complètement pour cette adorable confrontation de points de vue. Une lecture sexy et amusante!