Après la pluie, Maru – Kuki Wakame

apres la pluie maru kuki wakame

KUKI Wakame 久喜わかめ
ISBN: 9782382764916
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801976306 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« La rencontre inattendue de deux âmes solitaires qui vont devoir affronter leur passé! »

Kuki Wakame sensei narre la construction d’une relation solide entre deux hommes solitaires, prisonniers de leur passé. Elle alterne la narration entre ses deux héros, révélant leurs secrets au fur et à mesure. Ainsi, elle aborde entre autres la peur de la solitude, le manque de communication, la distinction entre pitié et affection. En effet, Kotarô, rongé par la culpabilité, a l’impression de manipuler celui qui l’attire tandis que Haruki s’adapte aux désirs de son partenaire de peur d’être abandonné. Grâce à leur cohabitation, ils vont redécouvrir la douceur de la chaleur humaine, compensant ainsi leur manque affectif, puis évoluer petit à petit. Avec Kaede et Taichi, l’auteure montre l’importance de certaines rencontres dans une vie. Par ailleurs, elle interroge sur la famille, l’amitié et l’amour. Elle met en avant les petits bonheurs quotidiens d’un foyer chaleureux et construit une relation respectueuse entre Yamamoto et Marui.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux qui conserve un aspect croqué, avec un contour discontinu et dédoublé plus épais. Elle le simplifie, parfois à l’extrême, dans les passages humoristiques. Ainsi, elle transforme Maru en un adorable wanko, avec un trait plus arrondi. De même, les hachures envahissent les visages à chaque rougissement. Pourtant, les trames utilisent une palette restreinte, avec des ombres fortes marquées. De même, les trames d’ambiance se font rares et discrètes. Les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique joue sur l’absence de cadre et des angles de vue variés. Kuki sensei s’attarde néanmoins sur les détails des mouvements et des réactions. Elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de tome, elle présente ses croquis de recherche.

En résumé

Un soir, sous une pluie battante, Yamamoto Kotarô (26 ans) trouve un homme complètement ivre dans un parc. Inquiet, il l’emmène alors chez lui. Mais l’ivrogne, le confondant avec un autre, lui fait des avances. Kota, gay, ne résiste pas à la beauté de Marui Haruki (32 ans) et couche donc avec lui. Le lendemain matin, Maru se confond d’abord en excuses avant de fondre en larmes en dégustant le délicieux petit-déjeuner préparé par Kotarô. Ce dernier lui propose alors de vivre avec lui en attendant.

En conclusion

Ce one-shot assez épais permet d’approfondir l’histoire correctement. Ainsi, Kuki Wakame sensei offre un récit empreint de sensibilité, analysant avec finesse les émotions et l’évolution de ses deux héros. Elle maintient un certain suspense tout en détendant l’atmosphère par des petits moments comiques dans le quotidien. Par exemple, la réaction de Maru devant les brocolis est craquante! D’ailleurs, j’adore quand il se transforme en wanko. J’apprécie également le style graphique en général, avec cette touche un peu simple mais forte en expressivité. Un coup de cœur!

Anti romance 2 – Hidaka Shoko

couverture anti romance 2 hidaka shoko hana

HIDAKA Shoko 日高ショーコ
ISBN: 9782382764886
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784344851276 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Au final… tu vas encore me laisser tout porter, alors… »

Hidaka Shoko sensei mène à son paroxysme la tension entre Ryô et Hiroki. Comme dans le tome précédent, elle analyse le déni et la fuite des deux amis face à leurs sentiments. Ainsi, elle met en parallèle les relations presque similaires de Towada Astushi avec Junichi et Misono avec Sakuma. Alors que Kakitani choisit d’oublier cet amour à sens unique, Suô réalise enfin son comportement abusif et égoïste. Les deux hommes effectuent une introspection salvatrice qui leur permet de mettre à plat l’ambiguïté de leur relation. L’auteure ajoute des notes d’humour à travers les remarques de l’entourage du couple qui devine l’aveuglement de ce dernier face à leur amour réciproque. Elle interroge sur les limites de la réconciliation, Hiroki devenant presque un stalker. Par ailleurs, elle met en avant l’évolution nécessaire de chacun pour accepter ses sentiments, ses peurs et dépasser les barrières que l’on se crée.

La mangaka a un trait épuré et léché utilisant les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames variées ont une dominante claire tandis que les trames d’ambiance alternent avec les décors. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique est efficace, rythmant la lecture. Dans les scènes érotiques, Hidaka sensei censure les parties intimes avec un cache blanc. Elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre. Elle annonce dans la postface dessiner maintenant en numérique mais la différence ne s’aperçoit pas du tout.

En résumé

Depuis l’enfance, Suô Hiroki et Kakitani Ryô sont inséparables. A la maternelle, quand Hiroki s’était teint les cheveux lui-même en imitant sa mère, coiffeuse, il comprit rapidement que son « anormalité » leur causait du tort. Il décida alors de toujours correspondre aux attentes de la société. A partir du collège, Ryô, quant à lui, a commencé à faire des activités différentes de son meilleur ami. Il cachait ainsi désespérément ses sentiments, conscient de son homosexualité.

En conclusion

Ce tome se classe dixième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Hidaka Shoko sensei conclut avec délicatesse sa romance, analysant les différents sentiments de ses personnages. Malgré un scénario classique, elle approfondit son sujet et alterne tension et humour ajoutant même une touche de suspense. Ce dernier tome est d’ailleurs plus épais que la moyenne. J’ai adoré découvrir les tribulations de Ryô et Hiroki. En plus c’est un couple reverse. Si vous aimez les tranches de vie et les amours naissants d’une amitié, foncez! Une lecture prenante, réaliste et adulte.

Black or white 7 – Sachimo

couverture black or white 7 sachimo hana

Sachimo さちも
ISBN: 9782382761168
Hana, 2024
ISBN: 9784041116609 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Il aurait pu me le cacher, mais il a préféré tout me dire. »

Sachimo sensei continue d’exploiter la question des scènes de baisers pour les acteurs déjà en couple. Ainsi, elle montre la difficulté à distinguer vie privée et travail et à mettre de côté ses sentiments. De même, elle révèle quelques techniques utilisées par certaines agences pour manipuler leurs artistes, entre chantage, complot, pression sur les plus petites agences. Shin prend de plus en plus d’initiative tandis que Shige semble plonger dans une sombre folie. En effet, conscient de ses limites, il a constamment peur de mettre la carrière de son bien-aimé en danger. Par ailleurs, Hanasaki, Tatara et Umejima restent à l’écoute du couple. L’auteure aborde le sacrifice de soi, les efforts à faire en commun pour maintenir l’harmonie d’un couple, la difficile gestion d’une popularité montante. Comme à la fin du tome précédent, elle termine son récit en plein suspense. Elle détend l’atmosphère avec une histoire bonus sexy et amusante.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un graphisme facilement reconnaissable avec ses yeux effilés offrant un charme particulier au regard de ses personnages. Les trames bien que variées ont une dominante claire. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions et alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Par ailleurs, la mise en page dynamique rythme la lecture, décomposant certains mouvements. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes par une forme tramée ou un cache blanc. Elle présente le quotidien câlin du couple dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Rongé par la culpabilité, Washimiya Shin avoue à Ôsawa Shige que Tatara l’a embrassé par surprise lorsqu’il lui a demandé des conseils pour la scène du baiser. Son petit ami explose d’abord, sautant du lit, puis contient sa rage, conscient de sa possessivité. Mais son sourire forcé blesse Shin qui, le lendemain, lors du tournage, improvise la scène du baiser. Bien qu’elle dégage une certaine force, le producteur insiste lourdement pour refaire la scène de manière à voir leurs lèvres. Pendant ce temps, durant son tournage, Shige profite d’une scène de combat pour se venger discrètement de Tatara.

En conclusion

Sachimo sensei prend vraiment son temps pour développer son récit mais elle arrive pourtant à maintenir le lecteur en haleine en proposant quelques révélations au détour d’une page. Par ailleurs, elle analyse avec finesse les différentes émotions de ses personnages. Ceux qui détestaient le comportement de Shige vont peut être changer d’avis après lecture de ce tome. Vivement la suite!

Sweet room escape 2 – Owal

couverture sweet room escape 2 owal hana

Owal おわる
ISBN: 9782382764534
Hana, 2024
ISBN: 9784801976719 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il me répète sans arrêt qu’il m’aime, sans aborder les choses importantes… »

Owal sensei se recentre sur le développement de la relation entre Albrecht et Haruto, révélant quelques secrets. Ainsi, elle aborde la difficulté à transmettre ses sentiments, l’importance de la communication dans un couple, la construction d’une relation de confiance. Elle joue sur les quiproquos pour créer de la tension. De même, l’introduction du majordome Raymond renouvelle les effets comiques. Entre deux confidences sur l’oreiller, nos deux amoureux réalisent l’évolution de leurs sentiments ainsi que leurs changements. Leurs échanges s’équilibrent petit à petit. L’auteure s’intéresse entre autres à l’organisation difficile de la vie à deux quand les partenaires ont souvent des déplacements, aux sentiments tus qui peuvent créer le doute. Elle ajoute une note mignonne en transformant ces deux « pervers » en deux amoureux embarrassés facilement par des amours plus sincères.

La mangaka a un trait épuré proche du style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant les expressions. Elle utilise beaucoup de trames. De même, les nombreuses trames d’ambiance appuient les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue entre autres sur les sorties de cadre. Ainsi, Owal sensei met en avant la plastique de ses personnages, dont leur fine musculature. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de chapitre, elle donne une anecdote avec une petite illustration dans laquelle les personnages apparaissent en SD. Contrairement au tome précédent, les illustrations en début de chapitre partagent un thème du récit toute en présentant le quotidien des deux héros. Sous la jaquette, deux planches montrent l’imagination débordante et perverse d’Al et Haruto.

En résumé

Naitô Haruto accompagne Albrecht Zweig à Kumamoto pour l’aider à sélectionner les poteries qui décoreront son futur hôtel. Le soir, ils profitent d’une chambre luxueuse. Mais dans le bain, Haruto a du mal à cacher son excitation, d’autant plus qu’ils n’ont plus de moments intimes depuis que le majordome d’Al, Raymond, les interrompt sans cesse.

En conclusion

Owal sensei maîtrise parfaitement sa narration tout en faisant évoluer les effets comiques et en créant des effets de surprise. Elle continue d’offrir de magnifiques scènes épicées. Je me suis laissée happer par l’évolution tellement mignonne de ce couple un peu pervers mais adorables. En plus, les éditions Hana ont proposé cette duologie dans un beau coffret, bien que sobre, reprenant les couvertures des deux tomes, accompagné de trois magnifiques illustrations du couple. De quoi égayer sa bibliothèque. Un beau coup de cœur!

Sweet room escape 1 – Owal

couverture sweet room escape 1 owal hana

Owal おわる
ISBN: 9782382764527
Hana, 2024
ISBN: 9784801976702 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Avoir des sex friends dans le monde entier me convient mieux. »

Owal sensei nous fait voyager à travers le monde avec un jeu du chat et de la souris entre un homme d’affaires frivole et un homme riche mystérieux. Elle base la narration principalement du point de vue de Naitô, sauf pour l’histoire bonus dans laquelle Albrecht donne sa version de leur première rencontre. Elle détourne avec humour le comportement problématique de stalker d’Al qui reste pourtant un gentleman lors de la séduction. L’amour exclusif du riche patron se confronte constamment à la soif de débauche de Haruto. D’ailleurs, ce dernier assume son homosexualité uniquement à l’étranger, offrant un double visage. L’auteure ajoute encore des touches d’humour avec les domestiques d’Albrecht et le collègue ouvertement gay de Naitô, Hazama. Par ailleurs, elle présente les spécificités de certains hôtels. Elle termine ce tome avec un peu de tension et de suspense en introduisant le majordome Raymond.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à exagérer les expressions ou à transformer ses personnages en d’adorables SD ou semi SD. Par exemple, la voix intérieure de Haruto exprime son avis contradictoire en SD. L’utilisation de beaucoup de trames donne un côté réaliste, d’autant plus que les décors sont très soignés. Toutefois, de nombreuses trames d’ambiance graphiques participent également à la narration. Ainsi, les ikemen sont toujours entourés d’effet de surbrillance. La mise en page est riche et très dynamique. Owal sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle en dessine presque une par chapitre, mettant en avant la plastique de ses personnages. Par ailleurs, elle inclut les illustrations en début de chapitre dans le récit.

En résumé

Naitô Haruto (25 ans) travaille dans une société d’import-export et se porte toujours volontaire pour les voyages d’affaires à l’étranger. En effet, il aime collectionner les sex friends aux quatre coins du globe. Lors d’un vol pour Paris, il tombe accidentellement sur son voisin de siège à cause des turbulences. Bien que ce passager soit physiquement à son goût, il décide alors de ne pas le séduire. Mais lorsqu’Albrecht recroise Haruto dans un luxueux hôtel, il l’invite à partager un verre. Les deux hommes passent ensuite une nuit torride. Et depuis, Naitô n’arrive pas à l’oublier…

En conclusion

Ce tome se classe à la dix-neuvième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2023. Comme à son habitude, Owal sensei équilibre parfaitement les scènes comiques avec celles sexy, tout en proposant un scénario simplement intéressant. Pour son premier titre en deux tomes, elle maîtrise le développement des actions. Son graphisme très expressif rend parfaitement la sensualité des passages érotiques. De même, les petits côtés mignons qui apparaissent entre deux passages sérieux sont rafraîchissants. J’ai un énorme coup de coeur pour ce couple attendrissant. Un titre qui plaira évidemment à tous les fans de la mangaka mais également aux amateurs de titres épicés!

Hidamari ga kikoeru 7 Au fil des saisons 2 – Fumino Yuki

Couverture de Hidamari ga kikoeru 7 au fil des saisons 2 fumino yuki hana

FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782382762455
Hana, 2024
ISBN: 9784829686744 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Ça ferait sans doute bizarre de se revoir… »

Fumino Yuki sensei met en avant les difficultés que rencontrent les personnes malentendantes en milieu professionnel, en particulier lors des réunions et des soirées de convivialité qui provoquent beaucoup de fatigue à cause d’un grand effort de concentration. Elle montre comment les quiproquos et les problèmes de compréhension polluent le développement des relations professionnelles. Ainsi, Sudô ne s’intègre pas beaucoup à l’équipe. Bien que motivé, il juge hâtivement et n’assume pas ses fautes. Kôhei, quant à lui, essaie de proposer des solutions mais reste tout de même en retrait. Bien que Taichi s’appuie de plus en plus sur lui, il pense être impuissant. D’ailleurs, il comprend de mieux en mieux Sagawa à force de l’observer. Ainsi, l’auteure aborde le coming out au travail, le jugement sur l’apparence, la frustration contenue. Elle révèle un peu plus l’enfance de Taichi, s’intéressant à sa relation avec son père.

La mangaka a un trait fin légèrement épuré. Avec son style shôjo, elle dessine des yeux très expressifs. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames très variées et les décors soignés, très présents, apportent une touche réaliste. Toutefois, quelques trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Comme dans le tome précédent, la mise en page très dynamique reprend les codes du shôjo. Par contre, Fumino sensei marque les souvenirs par un cadre en pointillé. Par ailleurs, elle ne dessine pas de scènes érotiques, la relation s’arrêtant pour l’instant aux câlins. Sous la jaquette, elle donne la suite du chapitre 8.

En résumé

Depuis que Sagawa Taichi a reçu un appel de son père, il est perturbé. Mais il essaie de faire bonne figure devant son petit ami, Sugihara Kôhei, qui s’inquiète. Comme Gen, le grand-père de Taichi, ne dort pas à la maison, Kôhei lui propose de rester avec lui pour la nuit. Les deux hommes finissent alors par parler de leurs pères…

En conclusion

Fumino Yuki sensei décortique avec finesse les émotions et les réactions de ses personnages. Elle prend son temps pour développer les différentes relations mais s’attarde justement sur les barrières que l’être humain se construit, influencé par l’image sociétale idéalisée. En plus, le graphisme très expressif permet de deviner facilement les émotions. Je ne me lasse pas de ce récit qui dégage beaucoup de sensibilité. Une merveilleuse lecture!

Les trésors de Takara – Suzumaru Minta

les tresors de takara suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782375064313
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784403668241 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Titre original: タカラのびいどろ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ça veut dire que je peux essayer de faire en sorte que tu m’aimes à 100%? »

Suzumaru Minta sensei narre une belle romance entre deux étudiants qui se découvrent petit à petit en se fréquentant. Elle révèle au fur et à mesure leur passé. Ainsi, elle alterne la narration entre ses deux héros. Bien que Takara se montre froid au premier abord, il déborde de gentillesse. Il guide son nouvel ami à réfléchir précisément sur ses sentiments. Le naïf Taishin parle franchement et attire facilement la sympathie des autres. Malheureusement, avec ses grands yeux brillants qui lui donnent un petit air enfantin, il provoque également des malentendus. D’ailleurs, l’auteure joue sur les comparaisons avec le bonheur que procurent les billes. Elle s’intéresse au jugement sur l’apparence et aux rumeurs. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, qui se développe grâce à la communication et aux partages des décisions. Le thème de la randonnée permet également d’aborder quelques plaisirs simples.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, ce qui donne un aspect tout mignon aux personnages. Les trames sont très variées avec des ombres fortes bien marquées. Par contre, les trames d’ambiance, discrètes, soulignent principalement les passages comiques. Par ailleurs, les décors détaillés apportent une touche réaliste. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Bien que Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes en n’en dessinant que le contour. Elle joue également avec les angles de vue pour ne pas tout montrer. Par ailleurs, elle montre des moments tendres du couple dans les illustrations en début de chapitres comme dans celle en couleur en début de tome. Sous la jaquette, se trouvent des ébauches des personnages.

En résumé

Nakano Taishin a quitté sa province natale pour l’université de Tokyo, avec la ferme intention de retrouver l’étudiant de passage dans sa région qui l’avait gentiment consolé un an auparavant. Mais Shiga Takara se montre froid avec lui. Pourtant, les nouveaux amis de Tai l’encouragent à participer à la randonnée du club auquel appartient Takara. Ce dernier, conscient que sa beauté attire beaucoup de filles peu intéressées par ce sport, lui promet alors de l’écouter seulement une fois arrivé au sommet. Mais pourquoi Nakano tient-il tant à sympathiser avec lui, un simple touriste de passage?

En conclusion

Ce one-shot se classe à la troisième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Malgré un scénario au premier abord classique, Suzumaru Minta sensei introduit suffisamment de matière pour rendre le récit passionnant. D’ailleurs, elle maîtrise parfaitement l’enchaînement des évènements et le développement de la relation. Son magnifique graphisme met en valeur la beauté froide de Takara et la bouille trop mignonne de Taishin. J’ai adoré cette douce romance consensuelle qui se dévore d’une traite. Si vous appréciez la mangaka, foncez sans hésitation!

Caligula’s love – Side Master – Michinoku Atami

caligula s love side master michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063842
Taifu comics, 2024
ISBN: ‎9784344851559 (JP)
Gentosha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand je suis avec toi, je deviens bizarre. »

Michinoku Atami sensei présente le point de vue du maître, basant la narration sur Dôyama. Elle effectue quelques retours dans le passé pour donner la version du lycéen sur sa première rencontre avec Naruse. Elle s’attarde particulièrement sur l’évolution des sentiments de l’étudiant qui s’inquiète de la perte de contrôle de ses émotions. En effet, habituellement impassible, Kiyotaka découvre la jalousie et la colère qui s’expriment à travers ses penchants, dépassant ainsi les limites du consentement. Il se remet en question et s’interroge sur sa relation. D’autres techniques SM douces sont par ailleurs présentées. Un tiers du tome est consacré à la relation entre Onoda Kyôhei et Mitsutaka, le gérant du club Basement. L’auteure s’intéresse alors à la difficulté à trouver un équilibre entre deux sadiques, l’exclusivité et la peur de l’ennui. Elle met également en avant la communication strictement nécessaire dans une relation SM.

La mangaka a un trait léché. Elle exagère très légèrement les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle utilise des trames très variées, avec des dégradés. Par contre, les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les décors situent principalement l’action. La mise en page est simplement dynamique. Contrairement au tome précédent, Michinoku sensei censure les scènes érotiques en recouvrant les parties intimes par des hachures.

En résumé

Maintenant à l’université, Dôyama Kiyotaka continue de fréquenter son « chien » Naruse Makoto. Mais difficile de concilier son emploi du temps d’étudiant avec celui de l’enseignant même si cela leur donne l’occasion de créer de nouveaux jeux érotiques. Et quand Naruse lui annonce ne pouvoir le fréquenter pendant trois semaines car il doit former un nouveau stagiaire, Onoda Kyôhei (22 ans), Dôyama réalise au fil des jours que son « toutou » lui manque énormément. Leurs sentiments auraient-ils changés?

En conclusion

Michinoku Atami sensei continue de décortiquer les émotions dans des relations SM. Son graphisme dégage beaucoup de sensualité. Bien que ce soit un plaisir de découvrir l’évolution du couple mais également une autre relation avec le couple Onoda*Mitsutaka, je trouve que certains sujets sont malheureusement un peu trop survolés. Ce tome plaira donc surtout aux fans. J’ai tout de même apprécié ma lecture qui procure un agréable divertissement.

I cannot reach you 3 – Mika

i cannot reach you 3 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123422
Kana, 2024
ISBN: ‎9784040648620 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Si je continue à me sentier cafardeux, comme ça, est-ce que j’arriverai à rester ton ami, comme avant? »

Mika sensei joue sur les clichés romantiques des BL et des shôjo pour pousser son analyse des réactions et des sentiments amoureux adolescents. Elle utilise le voyage scolaire pour dénoncer la conception soi-disant différente de l’amour entre les filles et les garçons. De même, elle s’intéresse aux différentes façons de déclarer ses sentiments ainsi que les facilités fournies par la commercialisation de l’amour. Ainsi, comparé au tome précédent, Fujino devient lourd en jouant les cupidons. L’introduction de Hosaka Yui apporte à la fois de la tension et un regard nouveau sur les relations humaines. D’ailleurs, les liens entre Yamato et Kakeru intriguent certains de leurs amis. L’auteure montre la pression sociale subie par les adolescents qui s’interrogent sur l’amour. Elle ajoute ainsi quelques intrigues. Elle continue également de dévoiler les sentiments et le caractère de ses deux héros uniquement en transmettant les non-dits avec finesse.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par contre, elle détaille les décors, permettant ainsi de reconnaître immédiatement les paysages de Kyoto. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance, également graphiques (pois, carré). Ces dernières accompagnent même des émotions en fond des phylactères. Les autres trames sont variées. La mise en page est simplement dynamique. Mika sensei offre des anecdotes dans des yonkoma à la fin de certains chapitres. Par ailleurs, elle dévoile un peu le ton du récit à travers ses illustrations en début de chapitre. La couverture se classe troisième au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Au centre commercial, Oohara Yamato a pris Ashiya Kakeru dans ses bras. Depuis, ce dernier n’arrête pas de s’interroger sur ses intentions. Mais la gêne grandissante entre eux l’empêche d’interroger son ami. D’autant plus, que Yamato se comporte normalement. Pour le voyage scolaire à Kyoto, le groupe constitué de Fujino, Amamiya, Hosaka Yui, Oohara et Ashiya, peine à construire un programme. Remarquant que Yamato s’adapte à tous les désirs des autres membres, Kakeru lui propose alors de visiter Arashiyama seulement tous les deux lors de leur journée libre.

En conclusion

Mika sensei maîtrise parfaitement le déroulement de son récit. Elle offre de magnifiques planches avec les décors à Kyoto. Par ailleurs, elle arrive à transmettre avec habileté les émotions de ses personnages. Après Fujino qui me déçoit un peu dans ce tome, je craque complètement pour Hosaka et Amamiya. Surtout Yui qui semble déjà mûr pour son âge. J’ai hâte de découvrir la suite! Toujours aussi fan!
Je remercie les éditions Kana pour l’envoi de ce tome en service presse.

I cannot reach you 2 – Mika

I cannot reach you 2 Mika

Mika みか
ISBN: 9782505123415
Kana, 2024
ISBN:‎ 9784040642222 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je te pose la question, est-ce que ça risque de briser notre amitié? »

Mika sensei continue de révéler les réflexions de Kakeru et Yamato sur leur relation. Elle alterne la narration entre les deux héros et n’hésite pas à présenter la version de chacun sur un même évènement, quitte à revenir sur certains passages. Les quiproquos et les secrets apportent de la tension. Kakeru passe son temps à se triturer les méninges tout en prenant conscience des risques d’interprétation. De même, Yamato révèle un peu plus ses défauts en se confiant à sa collègue Nitta. Par ailleurs, Fujino se démarque par sa sensibilité. Ainsi, l’auteure approfondit la question du jugement sur l’apparence ainsi que l’influence du manque de confiance en soi, du complexe d’infériorité et de la jalousie. Elle met en avant la peur de briser une forte amitié. De même, elle invite le lecteur à réfléchir sur la tendance à suivre les stéréotypes. Des chapitres bonus apportent quelques anecdotes.

La mangaka a un trait épuré légèrement en rondeur qui, bien que doux, reste expressif malgré une simplicité apparente. En effet, elle travaille principalement les petits détails comme la forme des sourcils et de la bouche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à simplifier à l’extrême son trait dans les passages humoristiques ou même à exagérer les expressions. Les trames d’ambiance participent à la narration en appuyant les émotions. Malgré une palette restreinte, les autres trames sont variées. Ainsi, le contraste noir et blanc renforce les moments dramatiques ou joyeux. Par contre, les décors détaillés situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, les personnages posent sans décors dans les illustrations en début de chapitre, sauf pour les chapitres 8 et 9 qui offrent un diptyque. De même, l’illustration au dos de la couverture propose une sorte de réponse à celle du tome 1.

En résumé

C’est la Saint-Valentin. Et comme d’habitude, des filles demandent à Ashiya Kakeru de donner leurs chocolats à Oohara Yamato à leur place, trop nerveuses pour approcher ce dernier. En route, le collégien aperçoit son ami en train de recevoir des chocolats d’une fille plus courageuse. Pourtant lorsqu’ils se retrouvent pour rentrer ensemble, Yamato ment sur les causes de son retard. En plus, il rougit immédiatement en recevant les chocolats de son camarade avant de déchanter en apprenant leur origine. Doutant de plus en plus des sentiments d’Oohara envers lui, Ashiya passe son temps à observer les moindres faits et gestes de son camarade tout en ayant peur de les surinterpréter. D’ailleurs, un malaise s’installe entre eux après que Kakeru, surpris, ait repoussé violemment Yamato.

En conclusion

Mika sensei maîtrise son scénario et son graphisme. Elle permet de tromper l’impatience des lecteurs avec quelques histoires bonus tout en s’amusant des clichés romantiques. Par ailleurs, elle termine ce tome sur un suspense insatiable qui donne envie de lire la suite immédiatement. Cette série me touche énormément et j’ai dévoré ce tome! Une lecture toujours accessible à tous, tendre et mignonne, qui aborde en plus des questionnements de l’adolescence sur l’amour, l’amitié et les relations humaines.
Je remercie encore chaleureusement les éditions Kana qui m’ont envoyé ce tome en service presse. Une lecture bonheur!