Un nom, pour nous deux 2 – Agata Ito

un nom pour nous deux 2 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782368777442
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032380 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Titre original: 僕等に名前をつけるなら 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« Je peux prendre ta première fois, grand frère? »

Agata Ito sensei continue sa romance incestueuse. Comme dans le premier tome, la narration donne principalement le point de vue de Toosaka. Cependant, le chapitre spécial et le chapitre bonus se concentrent sur Kaoru et permettent de découvrir un peu son passé. Contrairement à son aîné qui se sent homosexuel dès le départ, il s’interroge sur sa sexualité et ses sentiments envers son frère. De même, il patiente et respecte les hésitations d’Izumi, lui laissant le temps de prendre ses décisions en gardant une certaine distance et en n’imposant pas ses désirs. L’auteure analyse avec précision leurs émotions. En plus de leur relation particulière, elle ajoute les interrogations classiques du regard extérieur de la société sur les couples gay. Malgré l’interdit, les deux héros vont assumer leur relation.

La mangaka fait attention aux détails, aux petits gestes et aux regards fuyants. Par exemple, elle ajoute en commentaire avoir attaché beaucoup d’importance à la coloration des cheveux de Kaoru qui s’estompent, mais je trouve que le changement de trames est très discret et se remarque peu. En revanche, dans le chapitre spécial, ce détail permet de se repérer dans l’enchainement des flash-back. Par ailleurs, Agata sensei utilise beaucoup de trames différentes, assombrissant parfois les pages. Les décors sont toujours aussi présents. La mise en page reste classique. Dans les scènes érotiques, de fines bandelettes blanches censurent les parties intimes.

En résumé

Au petit matin, alors que Yano Kaoru déclarait ses sentiments à son grand frère tout en le touchant, il reçoit l’appel de Sekiya, une collègue de sa mère. Cette dernière a été conduite à l’hôpital suite à un accident. Inquiet, il décide d’aller la voir à Kyoto, son beau-père étant injoignable. Toosaka Izumi l’accompagne alors. Bien que voyant sa mère après tant d’années, l’aîné ne lui révèle pas son identité et culpabilise soudain de ses sentiments pour son cadet. Pourtant, elle semble le reconnaître. De passage à la maison familiale Yano, Izumi remarque alors que Kaoru a conservé précieusement leurs photos d’enfance. Se demandant pourquoi il ne lui avait pas transmis sa nouvelle adresse, son petit frère lui avoue avoir éprouver de la jalousie en le voyant dans la rue avec son ex petit ami. Il a alors tout fait pour le retrouver.

En conclusion

Bien que l’auteure aborde le sujet avec justesse, je trouve qu’il manque un peu de profondeur, en particulier sur l’avenir du couple. Le récit se termine sur un happy end. Néanmoins, alors que le déroulement semble tout de même relever du fantasme, l’approche réaliste brouille le message de la mangaka. Hormis leur situation familial, ce titre se résume donc à une simple romance lycéenne. Certains lecteurs risquent d’être choqués par la conclusion. Pour moi, cela reste tout de même une fiction agréable à lire.

Un nom, pour nous deux 1 – Agata Ito

un nom pour nous deux 1 agata ito

AGATA Ito あがた愛
ISBN: 9782368777435
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784813032373 (JP)
Taiyohtosho, 2019 (JP)
Titre original: 僕等に名前をつけるなら 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

« J’aurais préféré ne pas savoir qu’il était mon frère… »

Agata Ito sensei propose de suivre un amour incestueux entre deux frères séparés depuis l’enfance qui se retrouvent dans la même chambre. La narration se concentre principalement sur Izumi, sauf dans le chapitre bonus qui partage les sentiments du jeune Kaoru après la séparation. Comme Yano est méconnaissable, son grand-frère, homosexuel, a le temps de tomber sous son charme avant de réaliser qui il est. Il se retrouve donc tiraillé entre ses sentiments, la peur de l’interdit, son complexe d’être homosexuel et le bonheur de retrouver un frère. N’ayant pu expérimenter les liens fraternels, il s’interroge énormément sur sa position par rapport à Kaoru : aîné, senpai ou amant. D’ailleurs, l’auteure joue sur cette frontière ténue. Elle essaie de donner un ton réaliste à son récit. Elle aborde avec finesse le sujet de l’inceste et le conflit intérieur que cela engendre.

La mangaka a un trait épuré assez classique rappelant le style shôjo. Néanmoins, son dessin est plutôt beau. Par exemple, la canine de Kaoru qui dépasse légèrement lui donne un petit air coquin. Les décors soignés sont très présents. De même, les trames très variées servent principalement à ombrer ou colorer. La mise en page reste sobre et classique avec quelques ellipses et fonds noirs. De fines bandelettes blanches censurent les parties intimes.

En résumé

A chaque rentrée, Toosaka Izumi rêve du dernier jour qu’il avait partagé avec son petit frère Kaoru avant que leurs parents divorcent. Il n’a plus de nouvelles de lui depuis déjà trois ans. Actuellement chef du dortoir dans l’internat de son lycée, il croise un futur résident venu en repérage. A sa surprise, Yano Kaoru se retrouve le lendemain affecté dans sa chambre. Homosexuel, Izumi avait eu une aventure avec son ancien colocataire mais leur relation n’a pu aboutir. En effet, il semble complètement bloqué au moment de passer à l’acte. Étrangement, il s’entend très bien avec Yano qui se montre tactile et prévenant. Pourtant, son ami Hibino lui fait remarquer que Kaoru est froid et distant avec les autres. Pourquoi ce traitement de faveur ? Et pourquoi le parfum du nouveau venu lui semble si familier ?

En conclusion

Ce tome a obtenu la troisième place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2020. Alors qu’en France cette histoire peut sembler invraisemblable, c’est tout à fait plausible au Japon. En effet, en droit japonais, la garde alternée n’existe pas pour les divorces. De même, le droit de visite n’est pas respecté. Ainsi, beaucoup d’enfants de parents divorcés perdent tout contact avec leurs frères ou sœurs si ils sont répartis entre les parents. En plus, l’adoption de l’enfant par le nouveau conjoint se fait sans en informer l’autre parent biologique. D’où le changement de nom de famille de Kaoru suite au remariage de sa mère. Il est donc tout à fait logique qu’Izumi ne reconnaisse pas forcément son frère. Malgré un traitement du sujet sérieux, le récit semble assez classique. Mais le suspense de la fin du tome donne envie de vite découvrir la suite!

Passions réfrénées – Nagi Wataru

passions refrenees nagi wataru

NAGI Wataru 那木渡
ISBN: 9782368777404
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784801960268 (JP)
Takeshobo, 2017 (JP)
Titre original: 恋愛不行き届き
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La peur d’une sexualité différente dépassant les sentiments.

Nagi Wataru sensei met en scène deux étudiants hésitants sur leur sexualité mais attirés mutuellement. Elle aborde différents sujets comme la difficulté à accepter son homosexualité, la peur des réactions des autres, la pression familiale, en particulier quand le père est une personne publique. En revanche, elle choisit des personnages plutôt clichés: Wakamiya cache son homosexualité, Kirishima oscille entre bisexuel et hétérosexuel, Chôko représente les travestis et Enomoto, l’homosexuel refoulé psychopathe. Tandis que Kurama redoute de briser l’avenir d’un fils héritier, Kento nourrit un amour obsessionnel incontrôlable. Ainsi, la narration alterne entre les deux étudiants. L’auteure joue sur le contraste entre leurs pensées intérieures et ce qu’ils disent en public. En se montrant un peu exhaustive, elle précipite certains passages qui auraient pu être poignants comme le coming out. Par ailleurs, le comportement de Kirishima entraîne une relation non consentie violente, avec un traumatisme suggéré mais malheureusement peu développé.

La mangaka a un trait dédoublé légèrement anguleux. Elle marque bien les muscles et dessine des corps masculins assez réalistes; son style est plaisant. Les trames d’ambiance discrètes chevauchent parfois les décors. En plus, la profusion des dialogues surcharge certaines pages. Néanmoins, Nagi sensei offre quelques vignettes esthétiques, en particulier les passages à la mer. Elle varie beaucoup les angles de vue, dynamisant la mise en page. De même, elle superpose les fantasmes à la réalité, brouillant la compréhension mais illustrant le ressenti des héros. Les scènes érotiques non censurées transcrivent en détails la violence de certains rapports. Il y a également des coupes intérieures. En fin de certains chapitres, une planche donne une anecdote amusante, détendant l’atmosphère.

En résumé

Wakamiya Kurama confectionne les costumes du club de théâtre et participe donc à leur stage dans un hôtel en bord de plage. En réalité, la couture lui permet de s’évader. En effet, il cache son homosexualité et actuellement, il fantasme sur Kirishima Kento, le fils d’un gérant de magasin de tissus, également propriétaire de l’hôtel qui les accueille. Le club de théâtre ayant pour tradition d’organiser une partouse, Kurama préfère fuir. Mais excité par ce qu’il a vu, il plonge dans la mer pour se rafraîchir les idées. Croyant qu’il tente de se suicider, Kirishima vole à son secours. Mais comme il ne sait pas nager, il finit par boire la tasse. Finalement, le couturier le sauve et ils se parlent enfin pour la première fois. Il réalise alors qu’il désire que Kento devienne son premier homme.

En conclusion

Ce one-shot a obtenu la quinzième place du meilleur nouveau venu au Chill Chill BL award 2018. En effet, l’auteure maîtrise déjà bien son graphisme. Cependant, elle s’intéresse à un sujet sérieux, cherchant à dramatiser les sentiments des personnages et à décrire la difficulté à atteindre le bonheur pour les homosexuels (hommes ou femmes). D’ailleurs, ses maladresses (de débutante?) se ressentent dans ce scénario un peu ambitieux. Le thème du viol aboutissant à une romance peut choquer certains lecteurs. Néanmoins j’apprécie beaucoup l’approche de la mangaka qui pense à représenter l’avis des différents genres et sexualités.

La cage de la mante religieuse 4 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 4 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368777138
Boy’s love IDP, 2020
ISBN: 9784396784829 (JP)
Shodensha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Réalisant les noirs desseins de son serviteur, Ikurô se prend en main.

Après les révélations du tome précédent, Psyche Delico sensei offre un volume intense en émotions où les évènements s’enchaînent. Elle met en avant le côté sombre de l’esprit humain exacerbé par la jalousie, la possessivité, le désespoir, la perte de confiance. L’amour retors de Norihiko entraîne simplement de la violence. Le plaisir qu’il éprouve en voyant les personnes pures se briser ne se focalise pas sur l’être aimé. Ainsi, il s’en prend à d’autres cibles avec plus ou moins de succès. L’auteure présente également les manipulations et les ambitions de la branche secondaire de la famille Tôma pour prendre le pouvoir dans l’entreprise, entre arrangements et trahisons. Elle continue à donner un regard extérieur sur ce milieu perverti à travers Sachiko et Iida. En fin de compte, avec la pureté de leurs sentiments, Sachiko et Ranzô semblent les plus humains.

La mangaka joue sur les traits dédoublés pour épaissir les lignes, ce qui donne une forte impression dans les gros plans dramatiques. Elle fait également attention aux regards et aux détails; par exemple, le sourire discret de Norihiko exprime clairement son plaisir malsain. Les clairs-obscurs remplacent majoritairement les trames d’ambiance. Les décors sont aussi très présents. La mise en page dynamique accompagne le rythme de lecture. Dans les scènes érotiques, l’absence de détails, les cadrages et le choix des angles de vue censurent les parties intimes.

En résumé

Juste après avoir observé Honda profiter du corps d’Ikurô, Norihiko prend violemment son maître. Le jeune héritier ne reconnaît plus son amant aux gestes brutaux et réalise enfin sa folie possessive et destructrice. Effrayé, après plusieurs jours d’abus sexuels répétés, il interdit alors son serviteur de le toucher. De son côté, Sachiko cherche à en apprendre plus sur la famille Tôma. Après avoir découvert la pièce où était enfermé Ranzô, elle rend visite au jeune handicapé mental. Constatant qu’il comprend tout de même ses questions, elle propose alors à Ken’ichi de lui apprendre quelques mots…

En conclusion

Non classé au Chill Chill BL award 2020, les lecteurs citent tout de même ce tome dans les meilleures séries au scénario captivant, appréciant le côté très sombre et l’ambiance de l’ère Shôwa. En effet, après des tomes haletants, Psyche sensei continue à surprendre le lecteur en faisant basculer son récit dans une certaine violence et laissant présager un avenir dramatique pour la famille Tôma. Pourtant, la conclusion de ce tome semble amorcer un peu d’espoir. Vivement la suite!

La cage de la mante religieuse 3 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 3 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782368776162
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784317 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Ikurô se perd dans ses sentiments et le plaisir charnel.

Psyche Delico sensei met en avant la possessivité excessive qui frise la folie, en particulier celles de Ken’ichi et de Norihiko. Elle dévoile enfin les machinations du majordome. En introduisant le politicien Honda Kôzô, elle continue à révéler quelques secrets sur la famille Tôma et développe en parallèle, les manigances politico-économiques et la corruption qui sévissent à l’époque. La psychologie des personnages évolue. Par exemple, alors qu’Ikurô se montrait plutôt exécrable jusqu’à présent, il s’avère avoir un côté aussi innocent que Ranzô, exacerbé par ses doutes et son amour. L’auteure s’intéresse particulièrement à la force et aux faiblesses de ses protagonistes. Ainsi, elle met en avant la fragilité psychologique de Ken’ichi, la perversité de Norihiko et la force de caractère de Sachiko. Elle dépeint avec finesse l’amour plutôt déviant du serviteur. La réintroduction d’Iida Yasunari, présent dans le tome précédent, permet d’amorcer une nouvelle intrigue.

Malgré un trait épuré, la mangaka dessine ses personnages en conservant un certain réalisme. Elle utilise les clairs-obscurs pour transcrire les ambiances grâce à des dégradés de trames. Elle alterne avec des décors plutôt présents. La mise en page dynamique rythme la lecture. Les scènes érotiques jouent sur les angles de vue et les cadrages pour éviter de montrer trop de détails. Cependant, elles restent assez explicites, d’autant plus qu’elles sont nombreuses dans ce tome. Mais cela correspond parfaitement à la débauche dans laquelle plonge Ikurô. Même si les parties intimes sont parfois hachurées, une certaine sensualité se dégage.

En résumé

Dans la forêt de la propriété, Nishiura Ken’ichi a tué deux intrus qui s’en prenaient à Tôma Ranzô. Quand Fukuyama Norihiko les trouve, il décide d’étouffer l’affaire et lui ordonne donc de se débarrasser des corps. Actuellement, la société dirigée par Tôma Ikurô subit différentes fusions et restructurations. Mais depuis que le jeune dirigeant a enfin couché avec son serviteur, il n’a plus que le corps de son amant en tête. Devant son air languissant, Norihiko s’occupe de son patron dans un hôtel après avoir prévenu Sachiko de l’absence de son mari…

En conclusion

Ce tome a obtenu la première place du meilleur manga profond au Chill Chill BL award 2018. En effet, après avoir maintenu en haleine les lecteurs pendant deux tomes, Psyche sensei les plonge directement dans la folie de la famille Tôma. Ikurô et Ranzô deviennent attachants. La force de l’intrigue occulte même les passages sulfureux. Ainsi, le deséspoir dans ce manga semble souvent accompagner l’amour…

La cage de la mante religieuse 2 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 2 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でり
ISBN: 9782368775769
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396784003 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Le tiraillement d’Ikurô entre devoirs et désirs.

Après un tome introductif, Psyche Delico sensei présente un regard extérieur sur la famille Tôma grâce à Iida Yukinari et Matsukawa Sachiko. Elle aborde l’adultère, la violence sur mineur, la pression dans les familles riches. Par ailleurs, elle dévoile toujours par brides le passé ténébreux d’Ikurô, maintenant constamment un suspense. Comme dans les souvenirs de Tôma, le lecteur n’a jamais l’occasion de voir le visage du père, Seizô. L’auteure fait apparaître divers liens de dépendance: entre Ikurô et Norihiko, entre Ranzô et Ikurô ou entre Ken’ichi et Ranzô. Elle dépeint les difficultés d’être homosexuel à cette époque où le devoir premier est de donner naissance à un héritier. La sensibilité de Sachiko est mise à rude épreuve, cependant, elle se montre réellement forte et réfléchie, tout en conservant sa gentillesse. Elle apporte donc un peu de douceur dans cet univers glauque. Ce tome se termine sur un cliffhanger insoutenable.

La mangaka a un trait épuré et fin, parfois dédoublé pour épaissir certaines lignes. Elle joue beaucoup sur les regards. De même, la perversité de Norihiko se distingue même par de petits gestes. Les trames sont assez équilibrées. Psyche sensei utilise beaucoup les clairs-obscurs. Elle soigne également les décors. Aussi, la mise en page est dynamique et maîtrisée. Les scènes érotiques sont censurées par les cadrages, surtout de gros plans, le découpage et les angles de vue. En plus, les parties intimes ne sont tout simplement pas dessinées.

En résumé

Sur l’idée d’un ami, Iida Yukinari propose à Tôma Ikurô de boire un verre en espérant lui faire payer l’addition. Mais qu’elle n’est pas sa surprise lorsque le jeune héritier leur donne simplement son porte-feuille en refusant l’invitation. Depuis, il cherche à sympathiser avec ce dernier. Au fil du temps, il remarque que Tôma affiche toujours un visage triste et décide donc de le faire sourire, multipliant les sorties. Un soir, comme Ikurô refuse de draguer des filles à une soirée dansante, Iida l’emmène dans une maison close. Tous deux finissent la soirée en s’enivrant. Yukinari pense faire un rêve érotique de son ami avant de réaliser que c’est la réalité. Mais gêné, l’étudiant se replie sur lui-même en s’excusant. Iida comprend alors qu’il est amoureux de son ami. Cependant, ce dernier quitte soudainement l’université pour se marier avec Matsukawa Sachiko…

En conclusion

L’auteure a une approche du récit réaliste, ce qui rend parfois la lecture dérangeante. Mais elle mène rondement ce thriller psychologique. L’homosexualité d’Ikurô ne fait qu’augmenter la pression qu’il subit déjà. Pour ma part, j’ai envie de le voir heureux, toutefois, il semble ne pas avoir choisi le bon partenaire. De même, j’apprécie beaucoup Sachiko.

La cage de la mante religieuse 1 – Psyche Delico

la cage de la mante religieuse 1 psyche delico

PSYCHE Delico 彩景でりこ
ISBN: 9782968775752
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783990 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Les sombres secrets de la famille Tôma.

Psyche Delico sensei offre une histoire de famille sombre et psychologique, dans laquelle des secrets étouffants et la folie latente influencent les émotions. Elle met en scène des personnages tous torturés mais ne dévoile leur background que par brides. Ainsi, le comportement distingué d’Ikurô en extérieur contraste avec sa violence envers son aîné et sa douceur pour son majordome. Ce premier tome met en place le contexte et les liens entre les personnages. La narration alterne entre Tôma Ikurô, Fukuyama Norihiko et Nishiura Ken’ichi. L’auteure dépeint avec finesse le côté sombre de l’âme humaine et l’emprise psychologique de certains liens. Elle aborde divers thèmes tout en respectant le regard porté à l’époque de l’ère Shôwa (1929-1986). Par exemple, le rejet des enfants apportant la honte sur la famille parce qu’ils sont handicapés ou nés d’un viol. L’histoire bonus dégage toute la sensualité de simples gestes lors d’une coupe de cheveux.

La mangaka a un trait épuré et fin, parfois dédoublé, conservant un aspect croquis. Elle n’hésite pas à simplifier au maximum son trait pour renforcer certaines expressions. De même, elle soigne les décors. Le jeu des clairs-obscurs accompagne l’ambiance du récit. L’utilisation des trames en général est équilibrée. Par ailleurs, la mise en page dynamique joue sur les angles de vue, les vides et les fonds. Psyche sensei évite de montrer trop de détails dans les scènes érotiques, les organes sexuels étant dessinés par des traits presque transparents. Les coupes intérieures sont suggestives et originales. Par exemple, le point de vue se fait à partir de l’intérieur du corps.

En résumé

Enfant, alors qu’il cherchait son jouet, Tôma Ikurô a cru entrapercevoir son père dévoré par un monstre dans la pièce du fond d’un bâtiment de la résidence. Sa mère, qui lui avait interdit de s’approcher, le gronda vertement puis le mordit. Suite à cet évènement, elle sombra dans la folie pour mourir peu après. Son père ne faisant pas trop cas de lui, Ikurô a donc grandi dans la solitude. Mais au décès de son père, il découvre que l’héritage revient en totalité à son frère aîné, Tôma Ranzô. Ce dernier, handicapé, vivait enfermé dans la pièce interdite…

En conclusion

Ce tome a obtenu la 24ème place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2017. Malgré certains passages assez sordides (inceste, pédophilie), l’histoire est captivante. En effet, l’auteure maintient un suspense constant, faisant des révélations par parcimonie. J’ai donc hâte de découvrir la suite. Si vous aimez les drames psychologiques, cette histoire est faite pour vous! En plus, la relation homosexuelle n’a rien à voir avec une romance BL habituelle, mais fait bien partie intégrante des éléments nécessaires au développement du récit.

Ito-san – Kuraka Sui

ito san kuraka sui

KURAKA Sui 冥花すゐ
ISBN: 9782368775004
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495067 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

L’amour n’a pas sa place dans la prostitution et le meurtre, pourtant il va réunir deux âmes perdues.

Pour son premier manga, Kuraka Sui sensei offre une histoire sombre où les relations prennent une tournure extrême, s’émancipant presque de l’amour. Ito et Kyosuke développent une relation destructrice mais tendre et consentie. La narration alterne entre les deux héros. L’auteure joue beaucoup sur les flash-back, brouillant parfois la chronologie du récit. Par ailleurs, bien qu’elle précise dans la postface aimer « les histoires d’amour qui ne sont pas superficielles », elle a encore du mal à le transcrire parfaitement dans son scénario. En effet, l’histoire prend une tournure improbable où l’amour arrive alors à tout surpasser: meurtre et amnésie. Le récit principal est complété par une histoire sadomasochiste avec une domination extrême. Le format court met trop en avant le côté violent et pervers malgré un passage angoissant.

Le graphisme de la mangaka colle parfaitement à l’ambiance. Ses traits sont légèrement anguleux. Le traitement particulier des yeux ajoute à l’impression inquiétante que dégage Ito. De même, les yeux sans pupille de Kyosuke renforce son côté éteint. La variété des expressions et des carrures, comme la maigreur de Kyosuke, les muscles d’Ito, les vieux clients à l’embonpoint, donnent une touche réaliste. Kuraka sensei s’attarde sur les détails, en jouant sur les angles de vue et les cadrages recherchés. Cependant, les scènes violentes évitent de montrer les passages trop durs. Par ailleurs, les aplats noirs renforcent les moments inquiétants dans les bulles, les fonds ou les contre-jours. Par exemple, quand Ito tient Kyosuke par le menton, son ombre semble l’étrangler. Les décors sont très présents. En outre, les scènes érotiques jouent sur les angles de vue et l’absence de détails pour censurer les parties intimes.

En résumé

Ito-san: Kyosuke se prostitue depuis l’enfance. Chaque mardi, son client Ito-san préfère lui faire la conversation au lieu de coucher avec lui. Un jour, il lui offre même une mallette remplie de billets pour qu’il arrête son métier. Mais le prostitué refuse, ayant une piètre opinion de lui-même. Après que des clients l’aient pièger pour faire une vidéo violente en groupe, Kyosuke croise par hasard Ito-san dans les couloirs de l’hôtel. Ce dernier, remarquant ses blessures, lui propose encore plus d’argent. Le mardi suivant, alors qu’il a reçu une réservation d’un autre client, il trouve plusieurs individus massacrés dans la chambre. Chamboulé, il est alors interpellé par Ito-san à la sortie. Ce dernier lui confie avoir réglé le problème en enquêtant sur ces dangereux clients. Ressentant des sentiments grâce à Kyosuke, Ito lui adresse soudain un premier sourire qui fait alors chavirer le cœur du prostitué, malgré le danger.
Cage: Le président du conseil des élèves Fujisaki Aiju traite le professeur Taga comme un esclave, profitant de ses tendances perverses pour avoir les corrigés des examens à l’avance. Mais un jour, leur relation sadomasochiste va prendre un autre tournant.

En conclusion

Ce titre a obtenu la septième place de la meilleure œuvre de nouvel auteur au Chill Chill BL award 2016. En effet, l’auteure plonge ses lecteurs dans l’univers sombre de la prostitution et du meurtre, se focalisant sur les liens entre les personnages. Pour ceux qui aiment ce genre, ce manga pourra leur plaire, malgré les quelques maladresses de débutant. Pour ma part, je suis légèrement frustrée par la fin et aurais préféré qu’elle soit complétée par un chapitre bonus. Justement, Kuraka sensei a continué son récit et I – Ito-san 2 est sorti en 2017 au Japon.

Takaga fukuen – Mita Homuro

takaga fukuen mita homuro

MITA Homuro 見多ほむろ
ISBN: 9782368775646
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784199606816 (JP)
Tokuma shoten, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Des sentiments intenses suspendus dans le temps peuvent-ils ressurgir des années plus tard?

Mita Homuro sensei propose un recueil de deux histoires sur des amours intenses suspendus dans le temps. Malgré le format court, elle maîtrise son scénario, réaliste. Le ton dramatique oblige l’humour à se faire discret. Les relations peuvent sembler un peu rapide, d’autant plus que le consentement n’est pas tout à fait clair, mais les personnages font vite la mise au point. Le premier récit donne son titre au manga et narre un amour adolescent qui subsiste pendant plus de vingt ans. Les retrouvailles sont houleuses car leur séparation ne s’est pas faite naturellement. Le manque de communication à l’époque continue à polluer leur relation. Ces hommes mûrs vont devoir se débattre pour mettre les choses à plat. Le second récit, un peu plus dur, traite une affaire de viol ayant provoqué un comportement extrême chez Chigira. A travers l’enquête, l’auteure maintient le suspense jusqu’à la fin.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle n’hésite pas à rendre les rides de la quarantaine et les carrures assez masculines des anciens sportifs. Elle dissémine également beaucoup de détails graphiques à travers ses pages permettant de comprendre les non-dits. Les décors sont assez présents. En outre, quelques trames d’ambiance restent discrètes pour ne pas gâcher le côté réaliste. Mita sensei varie les trames et joue sur les ombres. Elle accentue le côté dramatique grâce aux fonds. De même, la mise en page dynamique joue sur les ellipses, les vignettes de dialogues et les emboîtements. Les scènes érotiques plutôt détaillées utilisent quelques points de lumière et l’absence de traits pour censurer les détails intimes.

En résumé

Takaga fukuen / Juste de la jalousie: Takehara Kasutaka est manager d’une boutique dans un grand magasin. Un matin, il perd sa chaussure emportée dans la foule sortant du métro. Mais un bel inconnu la récupère et la lui lance. Trop abîmée par les piétinements pour la porter au travail, le boutiquier se rend dans une boutique de son étage pour acheter une nouvelle paire de chaussures. Il y retrouve par hasard le bel inconnu fraîchement embauché. Mais Amemiya s’avère être une de ses connaissances du lycée, Amano Takashi. Ils avaient même une relation assez intime à l’époque. Alors que Takehara ressasse le passé, ses sentiments encore conservés intacts pendant vingt ans, Amemiya lui annonce, à la fin d’une soirée entre collègues, qu’il a oublié leur relation représentant le pire de ses souvenirs…
Une erreur idiote: Chigira Misato a arrêté l’athlétisme après avoir été violé dans son club quand il était lycéen. Maintenant à l’université, il reçoit chaque jour des messages d’amour d’un stalker. Cependant, bien que traumatisé par son agression, il recherche inconsciemment le même plaisir. Fantasmant sur son ami Aida depuis le lycée, il cache désespérément ses sentiments. Invité à un gôkon par son ami, il se saoule et est ramené par un inconnu qui cède à ses avances. Mais il s’agit d’un policier qui connait ses antécédents. Alors que d’autres viols se perpétuent dans d’autres clubs d’athlétisme, ce dernier veut savoir pourquoi Chigara a retiré sa plainte après avoir fait un faux témoignage à l’époque…

En conclusion

Ce recueil a obtenu la cinquième place du meilleur débutant au Chill Chill BL award 2017. Il est agréable de voir des hommes mûrs affronter leurs sentiments et leur passé pour construire une relation forte, sans ambages. De même, l’histoire de Chigira est vraiment intéressante, entre fantasmes et erreurs d’interprétations de sentiments, même si le comportement du policier peut laisser à désirer. Ces deux histoires d’amour qui n’étaient pas si roses par le passé méritent leur happy end.

Depth of field 2 – Enjo

depth of field 2 enjo

Enjo 苑生
ISBN: 9782368776087
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784813031628 (JP)
Taiyohtosho, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

Se retrouver 3 ans plus tard, avec les mêmes sentiments restés en suspens. Est-ce le destin?

Enjo sensei reprend le cours de sa romance trois ans plus tard. Konno devient le narrateur principal. Ses personnages sont devenus plus mâtures. L’auteure a une plus grande maîtrise du déroulement de son scénario, et transcrit toujours aussi bien leurs sentiments et leurs émotions. Les deux amis prennent leur temps et communiquent. L’introduction d’Ume apporte une vision simple et saine de l’amour, sans référence au genre. En effet, Kon s’interroge sur l’écart ténu entre forte amitié et sentiment amoureux qu’il ressent pour Hayakawa. De même, les sentiments de Shûichi sont restés suspendus tels quels durant les trois ans où ils ne se fréquentaient plus. Il est agréable de voir le couple se renseigner et décider de leur position avant de passer à l’acte. Les deux histoires bonus en fin de tome montrent l’évolution du couple.

La mangaka arrive à conjuguer un trait réaliste et épuré. Elle porte attention aux détails, comme les mouvements de chevelure quand les personnages se déshabillent ou se réveillent par exemple. De même, elle travaille soigneusement les regards et les expressions. Pourtant, elle n’hésite pas à simplifier ses traits dans les scènes humoristiques. L’esthétique des pages est toujours autant travaillée; certains passages transcrivant les sensations des protagonistes dégagent même une note poétique. Le découpage cinématographique rend les scènes érotiques très sensuelles, en particulier le détail des préliminaires. De fines bandelettes blanches censure tout de même les détails. La couverture utilise des couleurs complémentaires, avec une dominance de ton orange, répondant à celle du premier tome en bleu.

En résumé

Trois ans plus tard, Konno Ryôhei étudie la photographie à l’université et se forme en parallèle dans le studio de son père, sous la direction de Tada. Au fil d’une discussion sur ses amours, Kon se remémore alors sa relation avec Hayakawa Shûichirô. Même si son ami n’est jamais revenu sur le toit du lycée après sa déclaration, il a fait des efforts pour reprendre la musique. A une soirée avec Ume, artiste coiffeur et maquilleur, et Tada, Kon boit plus que de raison. Tada le retrouve saoul et entouré de filles. Il l’invite donc à dormir chez lui. Le matin, il lui propose alors un bon entraînement: faire des photos pour un groupe indie. Arrivé à la salle de concert, Ryôhei découvre que parmi les trois membres du groupe, le guitariste n’est autre que Hayakawa. Minowa, le bassiste et leader, les invite le soir même chez Shû pour faire connaissance…

En conclusion

Les illustrations couleurs en début de volume subliment le dessin d’Enjo sensei. Le ton réaliste du récit et l’esthétique des pages me donnent envie de voir comment va évoluer l’auteure. Je préfère le second tome au premier, même si ils sont indissociables, surtout parce que leur relation est plus saine. Si vous aimez les drames qui finissent bien, n’hésitez pas à vous plonger dans ce récit!