The half of happiness – Yuuya

the half of happiness yuuya

Yuuya 祐也
ISBN: 9782368770399
Boy’s love IDP, 2013
ISBN: 9784796401913 (JP)
Kaiohsha, 2011 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Deux hommes malchanceux qui se complètent.

Yuuya sensei narre une romance entre deux hommes plutôt malchanceux. Tandis que Chiharu évitait de provoquer les risques de malchance, il croise Kôichi qui accepte ses mésaventures avec philosophie. D’abord humoristique, le récit prend vite un ton un peu plus dramatique. En effet, suite à un accident, Katsura a développé des troubles de la mémoire. Avec une approche réaliste, l’auteure dévoile au fur et à mesure les symptômes et les conséquences de la maladie de l’étudiant. Elle met parfaitement en avant le combat journalier du couple pour maintenir leur amour et leurs souvenirs. Avec le petit frère Katsuya Yukihiro, paraplégique, elle ajoute quelques épreuves à surmonter pour le couple. De même, le rejet de l’homosexualité du frère de Chiharu augmente encore leur tragédie. Entre douleurs et peur de l’oubli, les deux amants devront faire preuve d’adaptation.

La mangaka possède un trait ferme parfois épais. Elle dessine des mentons pointus qui renforcent la courbe ovale des visages. Elle rend très bien le regard perdu de Kôichi, ses yeux étant grands avec de longs cils. Dans les passages humoristiques, discrets, les traits se simplifient et donne un côté mignon. Les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, un fond noir permet de distinguer immédiatement les flash-back. Ainsi, la mise en page est dynamique. Yuuya sensei censure les scènes érotiques en occultant les traits et les détails des parties génitales.

En résumé

Hayama Chiharu (26 ans), plutôt malchanceux, a raté son train à cause d’une fuite d’eau. Dans le train bondé, il remarque un pervers tripoter une lycéenne. Toutefois, un beau jeune homme intervient. Mais l’étudiante, le confondant avec le criminel, l’emmène au poste de police. Chiharu arrive à arrêter le coupable qui fuit pour l’emmener au poste. Pour le remercier, Katsuya Kôichi (24 ans) l’invite au restaurant. Ce dernier étant encore plus malchanceux, tous deux sympathisent vite et se rencontrent tous les trois jours. Cependant, Kôichi semble bien étourdi, oubliant facilement. Un soir, alors qu’ils avaient rendez-vous, Chiharu croise le médecin Odagiri avec son ami, inquiet pour l’étudiant depuis un grave accident dont il subit encore les séquelles. Un peu ivres, les deux jeunes hommes couchent ensemble. Mais au matin, alors qu’ils rencontrent la lycéenne par hasard, Kôichi ne la reconnait pas…

En conclusion

Malgré le ton dramatique de ce one-shot, l’auteure arrive à conclure sur une touche positive. Elle met en scène des sentiments purs, profonds. Je trouve intéressant son approche où l’amour ne devient pas réellement le sauveur. A cause de la maladie, Chiharu devra persévérer, s’acharner à maintenir les souvenirs à la place de son petit ami. J’aimerais bien voir également la romance suggérée entre le docteur surprotecteur Ikuina et Yukihiro. Un récit agréable à lire qui ne laisse pas indifférent!

A stray dog in the night 3 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 3 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368776179
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784396784270 (JP)
Shodensha, 2017 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 3
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

Pour sauver un être cher ou juste pour un peu d’affection, tuer ou mourir ?

Nobara Aiko sensei offre quelques notes d’espoir avant de plonger encore plus violemment ses héros dans la déchéance. Elle dévoile un peu l’enfance malheureuse de Kikuchi, expliquant ainsi son attachement à Shintani, le seul à lui avoir témoigné de la gentillesse. De même, elle montre la détresse sentimentale de Sudô. D’ailleurs, les sentiments explosent entre Shintani, Kikuchi et le yakuza. Entre frustration, avidité, compassion, pitié, affection, dépravation, la douceur alterne avec la brutalité. L’auteure continue une narration « par petits bouts », néanmoins son récit avance beaucoup plus vite. Elle révèle un peu plus les réflexions de Shintani qui, en fin de compte, est tout à fait conscient de la malhonnêteté de ses sentiments. Les traumatismes de l’enfance de Sudô et Kikuchi influent de plus en plus sur leur caractère, les faisant accepter des conditions de plus en plus blessantes.

La mangaka apporte un soin à l’expression des visages. Toutefois, son style graphique brouille parfois la compréhension et demande un peu d’observation. Les trames sont équilibrées. Les décors sont présents sans être envahissants. Nobara sensei varie toujours ses angles de vue. Elle offre des mises en page dynamiques qui facilitent la lecture. Comparé au tome précédent, elle ne censure aucune scènes érotiques, les détaillant même dans des gros plans.

En résumé

Afin de liquider sa dette, Kikuchi Haruma a accepté la proposition de Saji. Il devra donc éliminer le chef du clan, malade et déclinant, Kiyokane Yoshitsugu. Ce dernier, sentant ses subalternes s’agiter, fait fermer le casino et demande à son amant Sudô de rester éloigné. Pour l’anniversaire de Miyuki, Kikuchi et Shintani vont acheter ensemble un cadeau. Après avoir fait la fête, la lycéenne sort au karaoke avec des amis. Kikuchi profite alors de ces derniers moments de bonheur, persuadé que son futur crime le plongera définitivement dans les ténèbres. En plus, il arrive enfin à déclarer ses sentiments à Shintani.

En conclusion

L’auteure présente un threesome à la fois dérangeant et touchant. Pourtant, ce tome n’a pas permis à la série de se classer dans le Chill Chill BL award 2018 mais les lecteurs le citent souvent, se demandant si il pouvait y avoir une échappatoire à la destruction finale. J’ai envie que ces trois désespérés trouvent enfin un équilibre amoureux. Malgré la violence et la débauche de malheurs, j’accroche complètement à l’histoire et souhaite même un happy end. Laissez-moi espérer!

A stray dog in the night 2 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 2 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368775462
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783877 (JP)
Shodensha, 2016 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Les personnes les plus pitoyables font vibrer le cœur de Shintani.

Nobara Aiko sensei continue à dévoiler par parcimonie les mésaventures de son étrange triangle amoureux. Après un premier tome d’introduction, elle approfondit un peu plus le passé de chacun. Cependant, elle continue à maintenir le suspense en ne révélant pas tout, laissant le lecteur imaginer et deviner les détails. De plus en plus instable émotionnellement, Kikuchi s’enfonce encore dans le crime, sa rébellion et ses sentiments pour son bienfaiteur l’engageant dans les pires choix. Sudô Fumiya apparaît parfois pitoyable aux yeux de Shintani, l’excitant. D’ailleurs, l’auteure met en évidence le côté tordu de ce dernier, dont la gentillesse sert en fin de compte sa perversité. Elle développe donc une relation bancale, presque malsaine, où les sentiments deviennent une gêne. De même, Saji vient s’ajouter à l’image un peu exagérée du yakuza violent et pourri jusqu’à la moelle.

La mangaka a un trait doux et mélancolique qui contraste avec la violence de certaines images. Elle utilise un trait répété, non assuré, rappelant les ébauches et croquis. Les trames appuient fortement les ambiances, donnant parfois un aspect sombre aux vignettes. La mise en page est très dynamique. Nobara sensei censure à peine les parties génitales, se contentant de les rendre plus claires. Néanmoins, ses scènes érotiques sont tout de même assez détaillées. Et elle ne ménage pas non plus le lecteur en dessinant les scènes de viol.

En résumé

Sudô, de plus en plus dépendant des drogues, fait les caprices de Kiyokane Yoshitsugu pour avoir ses doses journalières. Le propriétaire du casino demande donc à Saji, directeur adjoint, de surveiller son directeur sans céder. Shintani Tôru et Kikuchi étant en congés, Miyuki leur propose d’aller faire du shopping. Mais ils se retrouvent dans une boutique discount. Kikuchi reste en observation devant la vitrine des armes de défense, rêvant d’en posséder pour attaquer son proxénète qui le violente. Miyuki, quant à elle, craque pour un bonnet lapin. Mais son frère reçoit un appel de Sudô lui donnant rendez-vous après sa virée familiale. La lycéenne se confie alors à Kikuchi, inquiète de déranger son frère qui l’élève depuis qu’elle a quitté sa mère remariée. Comme elle fond en larmes, ils rentrent rapidement à l’appartement. Le délinquant réalise alors sa maladresse pour exprimer simplement sa gratitude ou même son amour…

En conclusion

Ce tome permet à la série d’obtenir la dix-huitième place au Chill Chill BL award 2017. En fin de compte, l’univers décrit par l’auteure est tellement sombre, que ses yakuzas rappellent plus l’image un peu exagérée des films. A croire que tous les cas désespérés travaillent dans le même quartier ! D’un côté, cela permet de prendre un peu de distance avec le récit vraiment dur. Je me retrouve donc à tout de même apprécier les personnages, même les plus vénaux, et à espérer une amélioration pour ce triangle amoureux!

A stray dog in the night 1 – Nobara Aiko

a stray dog in the night 1 nobara aiko

NOBARA Aiko のばらあいこ
ISBN: 9782368775134
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784396783570 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Titre original: 寄越す犬、めくる夜 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Shintani est-il trop bon ou bien abonné aux mauvais choix?

Nobara Aiko sensei propose de suivre la descente aux enfers de deux hommes travaillant pour des yakuzas. Entre drogue et prostitution, elle ne ménage pas les lecteurs en présentant crûment la violence. Elle développe bien la psychologie de ses personnages désespérés, perdus et désabusés. Kikuchi, déjà délinquant durant l’adolescence et peu chanceux, s’enfonce inexorablement dans la misère, faisant les mauvais choix. Au contraire, Shintani paraît normal, droit et sensible, mais semble cacher un penchant pervers. Sudô également cache une grande tristesse. L’auteure révèle au compte-gouttes le passé des trois héros. Elle utilise également ce moyen narratif pour installer le contexte, révélant des indices au gré des discussions, par tranche. Elle impose ainsi une certaine distance dans l’implication du récit. Les sentiments des personnages restent pour l’instant flous entre attirance, pitié, affection ou penchant pervers.

La mangaka a un trait fin très épuré, presque dédoublé, conservant un aspect un peu croquis. Ce style rappelle un peu celui de certains shôjo, avec des visages rougissants facilement et plutôt ressemblants. Les trames appuient parfaitement l’ambiance sombre. La mise en page est très dynamique, renforcée par des angles variés. Nobara sensei censure à peine les scènes érotiques, détaillant peu les parties génitales en estompant quelques traits.

En résumé

Takeda entraîne sa petite amie, une serveuse, et le croupier Kikuchi dans une combine pour voler de l’argent au casino où ils sont employés. Mais ce casino est géré par des yakuzas. Le barman Shintani, quant à lui, vit avec sa sœur lycéenne Miyuki. Un soir, il surprend Kikuchi et Mari et les avertit. Cependant, le croupier étant redevable envers Takeda, a peur d’arrêter. Alors qu’ils essaient de payer son silence, le barman refuse de recevoir la somme mais ferme les yeux. En plus, le directeur Sudô, qui semble beaucoup apprécier Shintani, a la réputation de se droguer et de coucher avec le propriétaire…

En conclusion

Ce premier tome a obtenu la quinzième place du meilleur manga au Chill Chill BL award 2016. Le triangle amoureux qui s’installe paraît assez étrange. Même si l’auteure suggère que des sentiments naissent, le comportement des protagonistes ne laisse presque rien transparaître. Shintani qui compare ses partenaires à un chien et un chat m’apparaît de plus en plus louche alors qu’il a l’image la plus normale. Cela est renforcé par son comportement ambivalent, doux avec Kikuchi et violent avec Sudô. Certains passages sont durs, mais je suis tout de même happée par ce drame humain.

Dancing colors – Furukawa Tasuku

dancing colors furukawa tasuku

FURUKAWA Tasuku フルカワタスク
ISBN: 9782368775516
Boy’s love IDP, 2017
ISBN: 9784396783716 (JP)
Shodensha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

Une relation compliquée entre deux danseurs opposés.

Furukawa Tasuku sensei offre une romance passionnée dans l’univers des clubs de pole dance. Elle décrit ce milieu avec finesse, abordant la pression de la concurrence, le surpassement de soi, la gestion de carrière, l’exploitation et la forme artistique. La narration alterne entre les deux héros, mais ne dévoile pas pour autant tous leurs secrets. L’évolution de leurs sentiments tout en douceur et leur attirance beaucoup plus violente installent une certaine tension. Kô, prisonnier d’une promesse faite à son père, et Nagisa, sous-estimant ses capacités, vont s’ouvrir l’un à l’autre. Ainsi, ils développent mutuellement leur art, leur admiration réciproque les entrainant dans la passion. L’auteure arrive à transcrire parfaitement les sentiments des protagonistes, le désespoir qui les ronge mais surtout l’alchimie que les deux héros dégagent en dansant. Malgré un premier rapport au consentement flou, elle évite de romantiser ou de sombrer dans le mélodrame en insufflant suffisamment de regrets.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle dessine des yeux très effilés avec un petit iris et une minuscule pupille. Pourtant, en exagérant les expressions, elle arrive à transcrire parfaitement les émotions de ses personnages. La musculature des danseurs est bien rendue, ainsi que la sensualité de certains mouvements. Avec ses tenues extravagantes et ses expressions simplifiées, Shige apporte une touche humoristique discrète à ce récit plutôt sombre. La mise en page est d’ailleurs dynamique. Furukawa sensei apporte un soin particulier au travail des trames pour rendre le jeu des lumières et la brillance des costumes. De même, elle détaille les décors. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties génitales par des formes blanches.

En résumé

Dans le club de pole dance Grand Blue, Hayami Kô est considéré comme le meilleur danseur même s’il dégage une certaine noirceur avec son cache sur l’œil. Ce métier est en fait l’héritage que lui a laissé son père, également danseur, décédé lors d’un tragique incendie. En difficulté financière, le gérant, Shige, a embauché un nouveau danseur populaire, Nagisa. Mais ce dernier ne prend pas beaucoup au sérieux son travail, ce qui lui attire les critiques de Kô. En plus, il finit toujours au lit avec son manager, Kazumi, un homme marié. Mais après avoir observé Kô danser, Nagisa met de côté sa vanité et lui demande un entrainement, conscient de ses lacunes. Les deux danseurs se rapprochent peu à peu et un soir, Kô le rejoint sur scène sans prévenir, ayant envie de danser avec lui.

En conclusion

Pour son premier manga, l’auteure maîtrise déjà son graphisme et son scénario, même si la sensualité des mouvements de danse n’atteint pas la qualité de 10 dance d’Inoue Satoh. Ce one-shot est agréable à lire et offre un couple attachant et émouvant. J’adore Shige qui détend un peu l’atmosphère, mais surtout, qui représente un manager honnête et à l’écoute.

Canis the speaker 2 – ZAKK

canis the speaker 2 zakk

ZAKK
ISBN:9782368775899
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496484 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Les difficiles recherches de Samuel et Harold pour retrouver leur ami d’enfance.

Après Tadanobu dans le tome précédent, ZAKK sensei s’intéresse au passé de Samuel et Harold. Cependant, elle survole leur adolescence pour nous plonger directement dans une enquête à deux entrées, entre trafic d’enfants et recherche de leur ami. Les retrouvailles entre les trois amis d’enfance permettra de faire corréler les différents indices récoltés par chacun. Un nom se dégage alors: Rick Aldo. Même si leur adoption se passe en douceur, l’auteure décrit avec finesse les dégâts psychologiques qui touchent Sam, rongé par la culpabilité, et la rage intérieure qui dévore Har. Elle met en avant leur changement de personnalité qui s’opère petit à petit. Par ailleurs, elle tisse sa toile en semant des indices au gré des pages, invitant les lecteurs à réfléchir avec le trio, tout en ménageant le suspense. Le ton dramatique général semble aussi pesant que les détails des découvertes sur le trafic d’enfants.

Le trait de la mangaka devient encore plus réaliste. De même, elle utilise principalement les trames pour colorer ou ombrer. Certaines trames renforcent surtout l’effet de narration. ZAKK sensei joue beaucoup sur les détails graphiques pour transmettre les sentiments intérieurs des héros, s’attardant sur les regards en coin, les petits mouvements des lèvres ou les gestes discrets. La mise en page paraît plus sobres avec seulement quelques planches qui se démarquent par leur esthétique. Les scènes érotiques ne montrent aucun détail. Le récit se concentrant sur les sentiments entre les personnages, les retrouvailles dégagent plutôt de la chaleur et des émotions. L’illustration de la couverture a obtenu la huitième place au Chill Chill BL award 2018. Il faut dire que le jeu de lumière avec la fumée de cigarette et la pluie nimbant une partie du visage de Harold est fort esthétique.

En résumé

Samuel Murphy a intégré le lycée d’élite Stanley M. Gun et y a retrouvé Benjamin, un ancien de l’orphelinat. Harold Richardson a lui aussi rejoint un pensionnat réputé. Mais les deux garçons, encore amers de la disparition de leur ami Tadanobu, refusent les cadeaux que sœur Mary Ross leur envoie. Ils essaient donc, avec le peu de moyen qu’ils possèdent, de ne plus dépendre d’elle, exaspérés de n’entendre que des compliments sur la religieuse qui manipule en réalité les enfants comme des marchandises. En 1987, les deux lycéens arrivent enfin à reprendre contact lors d’un évènement éducatif. Ils décident alors de choisir un métier qui leur permettra de chercher Nobu: Har souhaite intégrer l’armée tandis que Sam se spécialise en économie…

En conclusion

L’auteure propose plutôt une enquête et une plongée dans l’univers de la mafia. Le lien entre les trois orphelins est tellement profond qu’il se transforme en une relation threesome, pour mon plus grand plaisir. J’arrive donc à être touchée par le destin de ces trois criminels…

Canis the speaker 1 – ZAKK

canis the speaker 1

ZAKK
ISBN: 9782368775882
Boy’s love IDP, 2018
ISBN: 9784863496095 (JP)
Akaneshinsha, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Comment Tadanobu est devenu Kazumasa Iwaki.

ZAKK sensei aborde le passé de Tadanobu, Harold et Samuel qui vont se retrouver mêlés à un trafic d’enfants dans leur orphelinat. Elle suit d’abord les mésaventures de Nobu dans un soap land tenu par la mafia japonaise, entre prostitution et torture. Elle décrit les différentes techniques mafieuses pour engranger du chiffre et tenir le personnel sous son emprise : chantage, affaiblissement psychologique, menace. Après six ans de sévices, Tadanobu va se prendre en main et évoluer petit à petit pour survivre. L’auteure montre également les conséquences des dissensions entre chefs de clan sur le personnel considéré comme de simples objets : entre assassinat et redistribution à d’autres proxénètes. Ainsi, elle donne une image sombre de la pègre japonaise qui s’internationalise.

La mangaka a un trait plus réaliste, légèrement épuré et anguleux. Comparé à la série précédente, elle n’utilise pas de caricature. En plus, les paupières sont moins grandes et moins marquées. La mise en page, assez classique, propose quelques planches dynamiques. ZAKK sensei privilégie le jeu des clairs-obscurs pour transcrire l’ambiance et utilise donc avec parcimonie les trames d’ambiance. Par ailleurs, les scènes érotiques évitent les détails et se focalisent plus sur la violence subie.

En résumé

Février 1980. Harold, Samuel et Tadanobu (11 ans) partagent la même chambre à l’orphelinat. Comme ils sont très proches, ils aimeraient rester soudés à leur sortie quand ils travailleront. Après le départ de Makayla et Lucy, Nobu remarque qu’Aria n’est plus présente elle aussi alors qu’il devait lui rendre son crayon. La religieuse refuse de leur donner son adresse mais leur promet de le lui rendre. Cependant, Sam réalise que les goûters d’au revoir sont toujours fêtés pour deux enfants alors qu’ils sont trois par chambre et que le troisième enfant, souvent discret, disparaît lui aussi dans une maison inconnue. Pourquoi?

En conclusion

Bien que cité parmi les meilleures séries par les lecteurs au Chill Chill BL award 2018, ce volume n’est pas classé, laissant sa place au tome 2 pour le vote des meilleures couvertures. Parmi les trois orphelins, Nobu est mon préféré: ayant une personnalité discrète au départ, il est celui qui va le plus changer pour devoir survivre. Son côté froid et triste, mais avec tout de même une certaine douceur, est superbement rendu par l’auteure.

Canis Dear Hatter 2 – ZAKK

canis dear hatter 2 zakk

ZAKK
ISBN: 9782368774960
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495210 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

Est-ce que le passé de Ryô sera un frein à l’amour?

Zakk sensei développe un peu plus l’autre facette de Ryô, révélant son passé au sein de la mafia. Elle met en avant de nouveaux personnages comme le hackeur Chase, l’ancien boss Harold Aldo Hugues mais également d’autres stylistes. Ainsi, elle aborde encore un autre versant de la mode avec les collaborations, le réseautage. Les deux héros ne peuvent s’empêcher de penser l’un à l’autre, analysant alors leurs sentiments. Même si Kutsuna met du temps à admettre les siens, il se prend enfin en main. Entre réflexions et émotions, l’auteure décrit avec finesse l’évolution des sentiments de ses différents personnages. Avec humour et délicatesse, elle met en scène une relation consentie entre renseignements, discussion et tentatives. Un chapitre bonus final dévoile la rencontre du chapelier avec ses deux acolytes : Yuishima Eiko, alias Ako et Gazuo Ebena, surnommé Gabé.

La mangaka adoucit un peu son trait. Elle joue beaucoup plus sur les détails des mouvements et des réactions avec des gros plans. D’ailleurs, le style caricatural se fait plus discret dans les scènes humoristiques. Zakk sensei utilise quelques trames d’ambiance. Ses décors sont réalistes et plutôt présents. Sa mise en page reste toujours autant dynamique. Par ailleurs, les scènes érotiques ne montrent pas les détails grâce aux choix des cadrages et des angles de vue. Le verso de la couverture est dans la continuité de celui du tome précédent, offrant un beau diptyque résumant l’histoire.

En résumé

Kashiba Ryô a décidé de rester aux États-Unis. A peine arrivé au Japon, Kutsuna Satoru doit se rendre aux funérailles de sa chère grand-mère. Il y croise alors son ami d’enfance, et fournisseur de tissus, Yôsuke. En rangeant son appartement, il constate avoir pris plus que de raison des vêtements pour son colocataire temporaire. Cependant, les commandes affluent à l’atelier mais l’ambiance est lourde, le chapelier passant ses nerfs sur ses employés. Ako finit par craquer et même Gabé se blesse. Réalisant que tout ce qui lui fait penser à Ryô l’énerve, Satoru réfléchit alors à sa relation avec le jeune homme: qu’est-il vraiment pour lui ?

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place du meilleur manga original au Chill Chill BL award 2016. J’adore l’évolution de ce couple avec une séparation qui leur permet de mieux se comprendre! Néanmoins, je ressens tout de même une petite frustration de voir Kutsuna proposer de devenir reversible pour son partenaire mais de ne pas en voir la conclusion!

Canis Dear Hatter 1 – ZAKK

canis dear hatter 1 zakk

ZAKK
ISBN: 9782368774953
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863495128 (JP)
Akaneshinsha, 2015 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Plongée dans l’univers de la mode!

ZAKK sensei continue Canis Dear Mr Rain. Elle nous plonge dans l’univers de la mode en décrivant le déroulement d’un défilé pour un chapelier de sa préparation à l’après, avec les démonstration pour décrocher des contrats ou commandes. Elle développe un peu plus les personnages secondaires autour de Kutsuna, en particulier Gabé et Ako qui travaillent à la boutique et l’ami d’enfance, Shimizu Yôsuke, qui fournit les tissus. La romance entre les deux hommes avance très lentement. Leur complicité galvanise leurs sentiments cependant, le chapelier préfère les nier. L’auteure s’intéresse particulièrement à Satoru, abordant avec justesse ses ressentis et difficultés de création. En effet, elle met l’accent sur les paroles blessantes de certaines personnes qui renient indirectement l’investissement dans un travail manuel en ramenant tout à la chance. Au contraire, Ryô, observateur et attentif aux besoins de son bienfaiteur, devient un soutien et même une source d’inspiration pour l’artisan.

La mangaka a un trait anguleux très agréable qui a légèrement évolué. Elle marque particulièrement les paupières. Les déformation caricaturales lors des scènes comiques, plus discrètes, restent très expressives. ZAKK sensei s’attarde sur les petits détails, les gestes. Elle n’abuse pas des trames d’ambiance. Elle privilégie même les aplats noirs, jouant plutôt sur les clairs-obscurs. Par ailleurs, les décors sont détaillés et réalistes. La mise en page est dynamique. En fin de tome, Ako donne des explications sur le plan de l’atelier.

En résumé

L’ami et rival de Kutsuna Satoru, Gotô, l’attend dans son atelier pour lui annoncer qu’il l’a inscrit à la prochaine Fashion week qui a pour thème les chapeaux. Kutsuna devra donc défiler à New-York tandis que Gotô participera au défilé en France. Mais le chapelier n’est pas du tout motivé. En effet, depuis qu’il s’est fait mondialement connaître il y a 4 ans en obtenant le premier prix du concours mondial des chapeliers amateurs en France avec un chapeau rouge, il a perdu confiance dans son talent. Il s’est rapidement lancé, poussé par son mentor alors qu’il n’était pas encore sûr de lui, et avait l’impression de n’exister qu’à travers son unique œuvre. Il confie alors ses peurs à Kashiba Ryô qui lui traduit gentiment les mails en anglais pour ce défilé…

En conclusion

L’auteure s’intéresse d’abord à la relation entre Kutsuna et Kashiba. Leurs échanges prennent parfois une tournure comique. Mais ce couple paraît tellement vivant. Justement, j’en oublie même que c’est un BL. Ce volume se termine en plein suspense, impossible de patienter pour découvrir la suite!

Canis – Dear Mr Rain – ZAKK

canis dear mr rain zakk

ZAKK
ISBN: 9782368774946
Boy’s love IDP, 2016
ISBN: 9784863493735 (JP)
Akaneshinsha, 2013 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

Une rencontre entre deux hommes qui modifiera leur destin.

Pour son premier manga, Zakk sensei narre la rencontre entre deux hommes ayant des difficultés relationnelles à cause de leur caractère particulier. Elle maîtrise déjà parfaitement la narration. Par exemple, dans un chapitre, elle enchaîne les flash-back en alternant le passé de Kutsuna et de Kashiba grâce à un thème conducteur faisant la jonction entre les scènes. Elle s’intéresse surtout à l’éveil des sentiments de Satoru et Ryô: profondément blessés durant leur enfance, ils sont attirés l’un par l’autre. Devant l’obéissance aveugle de Ryô, le chapelier a tendance à le considérer comme son chien adoré Kotaro. Par ailleurs, l’auteure révèle peu à peu l’environnement et le passé des deux héros. Elle laisse tout de même planer le mystère sur le lien entre Kashiba et la mafia américaine. Un chapitre bonus présente le quotidien des deux hommes tout en révélant le caractère ambigu de Kutsuna et le côté innocent de Ryô.

La mangaka a un trait particulier, à la fois anguleux et rond. Dans les passages humoristiques, son trait se déforme et se rapproche même du style caricatural. De même, les corps deviennent longilignes. Les expressions et les réactions sont parfois exagérées. Les quelques trames d’ambiance se remarquent fortement car souvent graphiques. La mise en page est légèrement dynamique. D’ailleurs, Zakk sensei préfère jouer sur les détails et les effets de style. Comme elle s’attache à narrer les liens entre ses héros, il n’y a aucune scène érotique. Elle donne quelques crayonnés en fin de chapitre. En fin de tome, le plan de l’appartement permet de se repérer dans les décors.

En résumé

Le chapelier Kutsuna Satoru (29 ans) a encore fait fuir un de ses vendeurs la veille d’un évènement commercial. En effet, se montrant très exigeant, seul deux employés arrivent à supporter son caractère. Ayant essayé de trouver un remplaçant en vain, il tombe sur un homme inconscient dans le caniveau alors qu’il rentrait chez lui. Kashiba Ryô (19 ans), tombé d’inanition, vient des États-Unis. En échange du repas et du logis, il accepte donc d’aider l’artisan pendant ses deux jours libres. Mais au détour d’une conversation, le mystérieux jeune homme lui révèle être venu au Japon pour mourir…

En conclusion

L’auteure nous invite à simplement suivre les aventures d’un « homme à chapeau » et d’un « homme à parapluie ». Elle entremêle avec finesse l’univers de la mode et celui de la mafia new-yorkaise, présentant l’esprit familial des deux univers avec ses tensions et ses codes. Elle joue également sur le charme de ses personnages, malgré des caractères bien trempés. Ce tome devient une entrée en matière de la série qui va suivre. J’ai tout de suite apprécié le style graphique de la mangaka mais il pourra en rebuter certains. Ne vous arrêtez pas à cela, l’histoire est prenante et magnifiquement bien contée.