Arnaque corporelle – Akira Roji

arnaque corporelle akira roji
AKIRA Roji 秋良ろじ
ISBN: 9782382763131
Hana, 2022
ISBN: 9784865546750 (JP)
Overlap, 2020 (JP)
Titre original: 素人なのにハメられました
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

La maladresse et la malchance au service de l’amour.

Akira Roji sensei narre une romance érotique entre un salaryman malchanceux et un acteur de films pornographiques dragueur. Elle aborde ainsi les préjugés sur le milieu du porno et le jugement sur l’apparence. Bien que Hajime soit sérieux et gentil, sa maladresse lui gâche sa vie. D’ailleurs, ce côté innocent attire Yû. Grâce à l’entrainement, les deux hommes apprennent à se connaître et leurs sentiments naissent petit à petit. Ainsi, l’auteure joue sur les limites pour le consentement, avec un Yû bienveillant mais manipulateur. Par ailleurs, elle utilise les personnages secondaires pour bousculer un peu le couple et semer le doute. D’ailleurs, Mitsuhashi et Ren apportent une touche d’humour. Par contre, les patrons avides de profit sont les seuls à porter une image plutôt négative.

La mangaka a un trait épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps à la fois musclés mais mignons. Les décors sont très présents. Par contre, les trames sont variées malgré une palette restreinte. Par ailleurs, les trames d’ambiance graphiques accompagnent les émotions. La mise en page dynamique met en avant les petits détails et gestes. Akira sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Ôsaka Hajime (27 ans) est malchanceux depuis l’enfance. Au travail, il a cumulé des bourdes et son patron lui demande donc de rembourser un million de yens. Il pense d’abord prendre un petit boulot supplémentaires mais les salaires sont trop bas. Son collègue Mitsuhashi Shin lui propose alors de travailler comme technicien pour des films pornographiques et appelle ensuite une connaissance. A peine arrivé, le salaryman doit intervenir pendant un tournage. Surpris en découvrant qu’il s’agit d’un film gay, il se prend les pieds dans les câbles et interrompt le tournage, provoquant ainsi la fureur de l’acteur star, Ren, qui quitte le plateau. Le patron lui demande donc de rembourser deux millions de yens. Face au désarroi d’Ôsaka, l’acteur Sakura Yû lui propose alors de devenir acteur dans un film.

En conclusion

Malgré un scénario simple et classique, Akira sensei développe une histoire plutôt douce. Je trouve même dommage qu’elle n’aborde que légèrement certains thèmes. Une lecture divertissante avec des personnages intéressants.

High-key x low-key – Haida Nanako

high key x low key haida nanako
HAIDA Nanako 灰田ナナコ
ISBN: 9782382763124
Hana, 2022
ISBN: 9784801969377 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Un triangle amoureux dont les acteurs ne maîtrisent pas les limites, entre sexe et attirance. »

Haida Nanako sensei narre un triangle amoureux qui évolue petit à petit vers un trouple. Elle dépeint avec finesse les différents sentiments de ses personnages en révélant au fur et à mesure leur passé et leur personnalité. De même, elle aborde les différentes étapes entre admiration, coup de foudre, jalousie puis amour. Kei a une prestance lumineuse et chaleureuse tandis que Mel conserve une certaine réserve malgré sa gentillesse. Les deux amis d’enfance ont développé une relation très fusionnelle, s’acceptant tels qu’ils sont. Mao a peur de briser l’équilibre qui existe entre les deux artistes qu’il admire tout en souhaitant pourtant y trouver sa place. Ainsi, l’auteure montre les conflits qui s’installent en même temps que les sentiments changent et leur cheminement vers un nouvel équilibre grâce aux discussions et à l’ouverture d’esprit. Elle aborde également la peur de la solitude, la découverte de nouveaux plaisirs, l’homophobie.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, avec un style graphique rappelant celui des années 2000. Elle dessine de grands yeux expressifs, des cheveux méchés et des corps finement musclés. Elle utilise les trames par parcimonie. Par contre, les trames d’ambiance plutôt présentes accompagnent les émotions. De même, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Haida sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle intègre même des coupes intérieures.

En résumé

Yasaka Mao admire le travail du photographe Mel, alias Nakata Yûsuke. Mais il réalise également qu’il est peut-être homosexuel car il craque complètement pour son modèle Ichihashi Kei. Durant une exposition, il est abordé par le photographe qui lui propose alors de poser pour lui. Et sans trop comprendre comment, il se retrouve dans son lit. Il couche même avec Kei ensuite après de succinct présentation. Et pourtant, Mao nage dans le bonheur…

En conclusion

Ce one-shot obtient la septième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. En plus, Haida sensei installe des relations consensuelles qui sont un plaisir pour la vue. Malgré les facilités scénaristiques pour introduire beaucoup de scènes érotiques, elle s’attarde sur les sentiments et leur évolution. D’ailleurs, elle arrive à rendre ses personnages attachants. Comme j’aime les romances avec des trouples, je suis comblée par ce récit. Une lecture sexy et agréable!

Dear my god – Nen Nenko

dear my god nen nenko
NEN Nenko 稔ねんこ
ISBN: 9782382763100
Hana, 2022
ISBN: 9784865545166 (JP)
Overlap, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comme quoi… l’amour peut tout changer. Même un bêta en oméga! »

Nen Nenko sensei narre une romance omegaverse entre amis d’enfance. Elle ajoute une touche originale avec la transformation possible d’un bêta en alpha ou oméga. Ainsi, elle alterne la narration entre les deux héros. Nagi nourrit des sentiments amoureux pour son ami depuis l’enfance. Toutefois, à cause de son passé trouble, il se sent coupable d’abuser de son nouvel état. D’ailleurs, il complexe de sa condition d’alpha. Nao, quant à lui, prend plutôt bien sa transformation même s’il met du temps pour la réaliser. Ses sentiments évoluent petit à petit envers son ami. Pourtant, il prend abruptement conscience des dangers auxquels se confrontent les omégas. Ainsi, l’auteure aborde le passage de l’enfance à l’adulte, les préjugés, le manque de confiance créé par l’élitisme des alphas, les bienfaits d’un parent bienveillant et compréhensif. Elle développe une relation consensuelle malgré l’influence des phéromones. L’amie de Nagi, Hiyori, apporte une touche positive.

La mangaka a un trait très épuré et anguleux, avec un contour épais qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle a un style qui conserve un peu un aspect crayonné. Ses personnages sveltes rougissent facilement, ajoutant une touche shôjo. Malgré une forte utilisation des hachures, les trames restent dans une teinte dominante. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors sont par ailleurs très présents. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Nen sensei ne détaille pas les parties intimes. Elle les recouvre même d’un cache blanc. Pourtant, elle inclut une scène par chapitre.

En résumé

Nao, bêta, rêve souvent d’un ami d’enfance alpha, qui avait déménagé et lui avait promis de le retrouver quand ils seraient plus grands. Pourtant, il n’arrive pas à se souvenir de son nom. Se sentant las ces derniers temps, il préfère rentrer directement chez lui. Mais dans un parc, il croise en beau jeune homme qui se met à courir vers lui. Apeuré, il préfère fuir. Enfin de retour chez lui, sa mère lui demande alors d’apporter à manger à son ancien ami, Akise Nagi. Il reconnaît alors le bel homme croisé dans le parc. Ce dernier l’invite à dîner avec lui. Mais le bêta, de plus en plus somnolent, ne comprend pas pourquoi l’odeur de l’alpha l’excite autant. Ils finissent même par coucher ensemble…

En conclusion

Bien que le scénario débute sur des thèmes classiques, ce one-shot propose un développement intéressant avec la transformation, des parents et amis bienveillants, des caractères plutôt positifs. Nen sensei arrive à maîtriser le format court, allant à l’essentiel. Son style graphique agréable facilite également la lecture. Un moment de lecture divertissant, avec des petits passages émouvants.

Je vais te faire jouir mon lapin – little bunny – Misaka Niumu

je vais te faire jouir mon lapin misaka niumu
MISAKA Niumu 三坂ニウム
ISBN: 9782382762998
Hana, 2022
ISBN: 9784801968868 (JP)
Takeshobo, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Plus qu’à la moutarde, Mitsuomi préfère son lapin sauté… Et par ses soins. »

Misaka Niumu sensei propose une comédies romantique très érotique, jouant sur le fan service et les fantasmes. Malgré le milieu de la prostitution, elle installe une relation plutôt consensuelle. Ainsi, Mitsuomi culpabilise de profiter de l’innocence de Megu. Pourtant, le bunny boy se montre curieux et ouvert à de nouvelles expériences, s’impliquant dans son travail. Les quiproquos s’enchainent, les sentiments se développent, alternant ainsi entre humour et tendresse. L’histoire bonus dévoile l’évolution du couple dans une relation avec des jeux érotiques. L’histoire principale se développant sur 4 chapitres, l’auteure complète son tome par deux autres récits tout aussi léger scénaristiquement. Ainsi, elle aborde l’acceptation de soi mais également de l’autre tel qu’il est, l’amour réciproque malgré quelques résistances.

La mangaka a un trait épuré au contour plus épais qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, transformant ses personnages avec des têtes presque carrées en SD. D’ailleurs, elle a un style graphique très personnel, dégageant beaucoup de douceur avec pourtant une touche réaliste. Ainsi, Megu affiche un air innocent avec ses yeux tombants. Par ailleurs, les uke sont plutôt grands ou musclés. Les trames très variées apportent également un effet réaliste. Toutefois, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique met en avant la plastique des personnages grâce au jeu des plongées, contre-plongées et angles de vue très variés. Misaka sensei ne censure pas les scènes érotiques qui apparaissent à chaque chapitre. Elle dessine même des coupes intérieures. Elle détaille particulièrement les tétons inversés de Megu, transformant ainsi certains passages en fan service.

En résumé

Je vais te faire jouir mon lapin / Extra 3: Setoguchi Mitsuomi (33 ans) travaille dur pour l’essor de son entreprise. Il a donc peu de temps libre pour ses loisirs et encore moins pour construire une relation amoureuse. Homosexuel assumé, il se rend alors dans un club gay, le « Bunnys love », sur les conseils de son ami Yamano. Il craque pour un bunny boy avec de grands pectoraux, Megu. Encore jeune recrue, ce dernier sympathise très facilement avec son client, révélant sans le vouloir des renseignements trop personnels. Touché par la candeur de cet étudiant travaillant dur pour payer ses études et s’acheter un vélo, Mitsuomi ne résiste pas à ses charmes et va plus loin que ce que ne lui autorise le règlement du bar…
Extra 1: Le jour du changement de classe, Kiryû a le coup de foudre pour son nouveau voisin de table, Morinaga. Depuis, il ne le lâche plus…
Extra 2: Afin de pouvoir s’acheter les nombreux produits de la mascotte Nekoro qu’il admire, l’étudiant Aida Shin travaille dans la construction. Son formateur, Kodama Daiki (23 ans) craque déjà pour lui. Comme il l’accepte tel qu’il est, les deux hommes se lient très vite d’amitié. Et voilà Daiki en pyjama Nekoro chez Shin…

En conclusion

Ce recueil obtient la treizième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2021. En effet, les scènes érotiques vont combler les amateurs. Et malgré un scénario succinct, le graphisme magnifique et la douceur des relations offrent une lecture satisfaisante et très agréable. Je craque complètement pour Megu, tellement adorable!

Vous ne le regretterez pas! – Santaro

vous ne le regretterez pas santaro
Santaro さん太ろ
ISBN: 9782382763179
Hana, 2022
ISBN: 9784758022118 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Titre original: ぜったい、後悔させませんから!
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

Accepter ses sentiments en faisant face aux préjugés et à la pression sociale.

Santaro sensei narre une douce romance entre un ingénieur système expert dans son domaine et une jeune recrue admirative de son travail. Bien qu’Okazaki supporte les rumeurs sur son homosexualité, il refuse qu’elles affectent ses amis. Il garde donc une certaine distance et se montre souvent froid. Mais avec le solaire et très social Umemoto, il va s’ouvrir peu à peu. La jeune recrue franche et directe ne cache pas ses sentiments et se montre persévérante malgré les rejets. Ainsi, l’auteure construit une relation dynamique qui évolue grâce à la discussion. Elle s’intéresse aux préjugés sur l’homosexualité en entreprise, à la pression sociale qui en découle ainsi que la peur d’entraver l’avenir du partenaire. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure le passé de Hiroyuki, blessé suite à une mauvaise première expérience. Depuis, l’ingénieur système refuse de tomber amoureux mais se laisse entrainer par l’optimisme de son subordonné.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle a un style shôjo assez commun mais non dénué de charme. Ainsi, ses personnages sveltes ont de grands yeux expressifs et rougissent facilement. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique utilise beaucoup les superpositions ou sorties de case. En plus, Santaro sensei détaille les petits gestes. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Elle offre un yonkoma à la fin.

En résumé

L’ingénieur système Okazaki Hiroyuki subit les rumeurs quotidiennement depuis qu’un employé a découvert qu’il est homosexuel. En plus, son collègue Itô est en congé maladie et il se retrouve donc isolé. Un nouvel employé du service commercial, Umemoto, est alors muté dans son service. Comme il admire Okazaki, il n’arrête pas de le couvrir d’éloges. De peur que les rumeurs ne l’atteignent, l’ingénieur système conserve une certaine distance. Mais ce n’est pas du goût de son nouveau subordonné qui souhaite se rapprocher de lui…

En conclusion

Santaro sensei offre une romance simple mais contemporaine, avec une dynamique touchante. Malgré un style graphique qui ne se démarque pas, elle arrive à transmettre les sentiments des protagonistes avec quelques gestes ou expressions. Ainsi, ses personnages sont attachants. Une lecture mignonne, positive et agréable qui permet de passer un bon moment!

Pink & Mameshiba – Kurahashi Tomo

pink and mameshiba kurahashi tomo
KURAHASHI Tomo 倉橋トモ
ISBN: 9782375061527
Taifu comics, 2019
ISBN: 9784799732649 (JP)
Libre, 2017 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comment faire? Un élève m’a fait ça. »

Kurahashi Tomo sensei narre une romance entre un étudiant et un professeur débutant par un chantage et un jeu espiègle. Même si elle commence son récit par une relation non consensuelle, elle recadre rapidement ce mauvais comportement. Ainsi, Kurokawa, qui conserve une certaine rage envers son impuissance à réaliser son rêve, mûrit petit à petit au contact de Mikoshiba qui ne le ménage pas et lui parle franchement. Les deux héros prennent alors conscience de leur attirance mutuelle. A travers Mikoshiba et sa sœur, l’auteure montre la passion d’un fan ainsi que l’influence positive de ce genre musical. Elle dénonce néanmoins l’univers impitoyable de la sélection des idols. Par ailleurs, elle aborde la différence d’âge, la difficulté à avancer vers l’avenir quand on se retrouve acculé. La narration basée d’abord sur Shiba alterne ensuite avec Haruma.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin jouant sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, transformant parfois ses personnages en SD. De même, elle représente beaucoup Mikoshiba en wanko tout mignon. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance très graphiques accompagnent les émotions. La mise en page dynamique s’attarde souvent sur les détails comme les petits gestes discrets. Dans les scènes érotiques, Kurahashi sensei censure les parties intimes par un cache blanc. Parfois, elle se contente de les tramer ou de ne dessiner que les contours simplement. Dans les illustrations en début de chapitre, elle met en scène le couple avec souvent Shiba en wanko.

En résumé

Le professeur Mikoshiba Ken (22 ans), qui travaille à temps partiel, est fan d’idols masculins depuis le collège, en particulier d’Atsuto des L Planet. Partageant sa passion avec sa sœur aînée, il commande chaque nouveauté pour ne rater aucune sortie. D’ailleurs, il remarque un vendeur aux cheveux roses dans son magasin habituel qui le surnomme même Monsieur Précommande. Mais le lendemain, il découvre dans le train que le vendeur est en réalité un élève de son lycée, en terminale. Paniqué, l’enseignant entraine alors l’étudiant dans un café pour lui supplier de garder son secret. Kurokawa Haruma (18 ans) accepte alors à condition qu’il devienne son chien…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2018 mais il est cité parmi les meilleurs mangas accessibles. Les lecteurs apprécient les personnages mignons mais surtout le revirement de Kurokawa sous l’influence de la gentillesse du sérieux wanko Shiba. En effet, Kurahashi sensei arrive à transmettre les émotions positives de ses protagonistes. Toutefois, cette relation pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. J’apprécie l’évolution du couple qui s’engage rapidement dans une relation plus saine même si Haruma arrive toujours à ses fins en exploitant la naïveté de Ken. Une romance légère et divertissante.

The night beyond the tricornered window 3 – Yamashita Tomoko

the night beyond the tricornered window 3 yamashita tomoko
YAMASHITA Tomoko ヤマシタトモコ
ISBN: 9782375063385
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799728949 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Des disparitions inexpliquées couplées à d’étranges phénomènes causés par une lycéenne jeteuse de malédictions… »

Yamashita Tomoko sensei continue d’alterner entre enquêtes courtes et enquêtes plus longues. Elle apporte des explications sur les malédictions et les méthodes pour jeter un sort. Par ailleurs, elle détourne encore les codes du BL pendant les séances d’exorcisme. Ainsi, les personnes extérieures imaginent que Mikado et Hiyakawa entretiennent une relation homosexuelle, apportant une touche humoristique dans les moments tendus. Bien que l’exorciseur expérimente de nouvelles techniques sur son employé, il se montre jaloux dès que d’autres personnes s’intéressent à lui. Malgré sa méfiance, Kôsuke, quant à lui, commence à prendre de l’assurance et ressent une certaine attirance pour son partenaire, désirant mieux le connaître. Par ailleurs, l’auteure introduit le mystérieux professeur dont l’indifférence pour la vie humaine glace le sang. Elle développe également un peu plus l’environnement et la personnalité de Hiura Erika et de Sasaki, trop compatissant pour être yakuza.

La mangaka a un trait épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle privilégie les hachures et les contrastes noir et blanc, renforçant l’ambiance mystérieuse et inquiétante du récit. D’ailleurs, la palette des trames est plutôt restreinte. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique colle parfaitement au récit d’enquête. Toutefois quelques vignettes sont dynamiques. Yamashita sensei joue également sur le contraste noir et blanc dans ses illustrations en début de chapitre. Par contre, elle surprend avec l’illustration couleurs à dominance blanche en début de tome. Elle présente également les personnages en début de volume. Comme pour le tome précédent, la couverture possède un effet de vernis, ici, avec une main mate.

En résumé

Mikado Kôsuke et Hiyakawa Rihito interviennent chez une cliente dont l’étang semble être possédé par un esprit malin. Alors que le ciel est couvert et l’eau froide, Mikado doit plonger dans l’étang comme appât. Il accepte sans trop de difficulté, se contentant de râler, charmé par la beauté froide de leur hôte. Mais il est alors surpris par l’indifférence de son partenaire envers les femmes…

En conclusion

Ce tome obtient la vingt-quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2017. Même si la romance BL n’a pas vraiment débuté, les intrigues sont passionnantes, Yamashita sensei semant quelques indices avec parcimonie. J’adore cette ambiance alternant entre mystère et humour. Et pour ceux qui veulent mieux comprendre cet univers de l’occulte japonais, je vous suggère de lire Les dernières chamanes du Japon – Rencontre avec l’invisible au pays du soleil levant de Muriel Jolivet (Editions Véga, 2021).

Practiced liar – Medamayaki

practiced liar medamayaki
Medamayaki 目玉焼き
ISBN: 9782375063354
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799748879 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Ce monde est très bruyant. »

Medamayaki sensei installe une romance douce, développant avec finesse les sentiments de ses personnages. Elle base d’abord la narration sur Miura puis alterne avec Abe à partir de la moitié du tome. A cause de son don et depuis un incident traumatisant au collège, Toshiki a peur de se rapprocher des gens. Il doute donc de la sincérité des sentiments de Momiji, persuadé qu’il s’agit d’une passade. Pourtant, l’attitude toujours positive d’Abe lui permet de s’ouvrir peu à peu à lui. Ainsi, les deux jeunes hommes vont apprendre à communiquer ensemble et construire une confiance mutuelle. L’auteure aborde donc la solitude, l’isolement suite à des incompréhensions, la difficile acceptation de soi, le côté parfois sombre qu’un individu cache en lui et la fragilité de l’amitié. Elle met particulièrement en avant la nécessité de communiquer sainement, franchement et d’accepter parfois les petites contrariétés.

La mangaka a un trait épuré, gras et rond. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle s’attarde sur les détails et les petits gestes pour faire passer les émotions. Les personnages ont un petit côté mignon à force de rougir. Les trames sont nombreuses et variées, avec un effet renforcé par la profusion des trames d’ambiance graphiques. Par ailleurs, les décors sont très présents. Le noir est également dominant. Ainsi, les contours épais des phylactères permettent de les mettre en relief sur les pages chargées. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Medamayaki sensei évite de détailler les parties intimes en jouant sur les gros plans et les angles de vue pour en montrer le moins.

En résumé

Depuis l’enfance, Miura Toshiki possède le don de lire dans l’esprit des gens. Il l’utilise souvent pour répondre à l’attente de ses interlocuteurs mais il garde également des souvenirs amers du collège à cause de cela. Actuellement membre d’un club de lecture à l’université, il croise Abe Momiji lors d’une réunion étudiante dans un bar. Bien que l’étudiant se montre taciturne, il est en réalité très bavard dans ses pensées. D’ailleurs, cela intrigue Miura qui s’interroge sur l’attachement soudain de son camarade, alors qu’ils se connaissent à peine. Mais un jour, il découvre que Momiji est en fait amoureux de lui…

En conclusion

Ce one-shot dépeint avec sensibilité les sentiments humains. Medamayaki sensei a un style graphique très expressif malgré un trait qui paraît simple au premier abord. Elle maîtrise également le développement de son scénario sur ce format court. J’avais envie d’encourager les personnages, attachants. Une excellent moment de lecture qui procure quelques émotions et donne une touche positive!

Goodbye Harlequin – Kusabi Keri

goodbye harlequin kusabi keri
KUSABI Keri 楔ケリ
ISBN: 9782382761366
Hana, 2022
ISBN: 9784758078085 (JP)
Ichijinsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Je déteste ce regard qui me connaît si bien. »

Kusabi Keri sensei plonge les lecteurs dans l’univers de la mode, avec un certain réalisme, s’étant au préalable documentée. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Elle installe d’abord une relation purement charnelle, basée sur la manipulation et le chantage puis fait évoluer petit à petit les sentiments de ses personnages. Kubo développe un attachement presque obsessionnel pour Shimizu, se montrant tantôt possessif, tantôt bienveillant, jouant avec sa « proie » qu’il a peur d’aimer. Mais suite à plusieurs traumatismes d’enfance, Eichi refuse de s’attacher à quelqu’un. Ainsi, l’auteure révèle petit à petit le passé difficile des deux hommes. Elle aborde donc la douleur d’un adolescent dans une famille déstructurée, la difficulté à trouver sa place et construire sa personnalité. De même, elle montre l’influence de la rivalité et de la passion dans la créativité à travers Terumi et Haida Jin.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, avec des têtes SD arrondies. Elle dessine des personnages sveltes et met en avant leur plastique. D’ailleurs, les costumes sont également soignés. Les trames sont nombreuses et variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les plongées et contre-plongées. Dans les scènes érotiques, Kusabi sensei ne censure pas les parties intimes mais les rend parfois translucides. Elle présente les personnages dans la postface. Elle s’amuse d’ailleurs à reprendre le thème des portraits pour offrir quelques illustrations monochromes sous la jaquette.

En résumé

Le mannequin Shimizu Eichi (27 ans) devient l’égérie de la nouvelle collection de vêtements masculins de la célèbre marque Gallant quartz, à la demande de leur styliste Kubo Akino (26 ans). Mais ils entretiennent également une relation charnelle. Au lycée, Kubo hésitait à suivre une carrière toute tracée par sa famille de stylistes. Charmé par Shimizu, déjà mannequin, il cherchait constamment à se rapprocher de lui. Toutefois, Eichi restait froid et distant. Jusqu’au jour où enchainant les provocations, Akino a fini par coucher avec lui…

En conclusion

Ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2019 mais il est cité parmi les meilleurs mangas palpitants d’une vision du monde, évidemment pour sa précision de l’univers de la mode. Kusabi sensei développe des personnalités complexes, humaines avec leurs qualités et leurs défauts, les rendant attachants. Par ailleurs, elle dépeint avec finesse les sentiments contrastés de ses personnages oscillant entre haine, jalousie, amour, dépendance et envie de liberté. Je suis donc aussi bien charmée par le couple principal que par Terumi et Haida. Une lecture entrainante, des hommes séduisants.

Black or white 6 – Sachimo

black or white 6 sachimo
Sachimo さちも
ISBN: 9782382761151
Hana, 2022
ISBN: 9784041112670 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Tout, autour de moi, me donne l’impression de vivre un rêve. »

Sachimo sensei continue d’inverser le rapport de force entre ses deux héros. Comme dans le tome précédent, elle dénonce le comportement dangereux de certains fans, comme la publication de photographies de lycée sur les réseaux sociaux sans autorisation. De même, elle aborde les possibles manigances de l’entourage des artistes, comme les agences ou certains confrères. Ainsi, les changements de scènes de dernière minute pendant un tournage peuvent servir du fan service ou simplement des stratégies commerciales. Shin n’est toujours pas sûr de son talent qui est pourtant déjà reconnu par son entourage. L’auteure aborde également les sentiments des acteurs déjà en couple face aux scènes de baiser. Par ailleurs, elle fait évoluer les sentiments de Tatara qui a de plus en plus de mal à contenir ses pulsions. Ainsi, elle révèle l’élément déclencheur de son changement dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré, plutôt fin et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des têtes SD chou. Les corps finement musclés sont plutôt longilignes. Les trames variées ont tout de même une teinte dominante qui donne une certaine harmonie faisant ressortir les contrastes noir et blanc. De même, les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sachimo sensei censure les parties intimes avec un cache blanc ou en les esquissant simplement à la trame, sans contour.

En résumé

En ce moment, Washimiya Shin déborde de bonheur, comblé par sa vie personnelle et professionnelle. Pourtant, suite à la sortie au parc d’attractions entre acteurs, le secret de son amitié avec Ôsawa Shige depuis le lycée a été éventé. Les deux acteurs se retrouvent donc à participer à une émission avec un présentateur qui tente de surfer sur leurs succès. Mais les managers Kosuge et Umejima profitent plutôt de cette occasion pour faire taire les rumeurs. D’ailleurs, ils soupçonnent le patron de l’agence de Shige, Tokyo sky star, de fomenter un mauvais coup. Takara aussi s’interroge. Surtout que l’actrice Fukui, de cette même agence, tente de se rapprocher de Shin en lui demandant des conseils sur leur tournage…

En conclusion

Sachimo sensei relance son intrigue en obligeant le lecteur à se méfier des nouvelles amitiés nouées. Elle équilibre parfaitement scènes érotiques, moments tendres et tension. J’aime beaucoup la relation plus saine du couple qui communique mieux, même si l’ombre d’un drame continue à flotter au-dessus de leur tête.