Hitorijime my hero 11 – Arii Memeco

hitorijime my hero 11 arii memeco

ARII Memeco ありいめめこ
ISBN: 9782382761502
Hana, 2023
ISBN: 9784758022330 (JP)
Ichijinsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

Confrontation aux parents Ôshiba.

Arii Memeco sensei aborde la question du coming out aux parents, mêlant à la fois humour et sérieux. Elle pointe la principale problématique de la relation entre Kôsuke et Masahiro: le fait que le lycéen soit encore mineur malgré des sentiments réciproques et une relation consentie. Miho, la mère des Ôshiba, montre un caractère bien trempé avec ses allusions, cassant un peu son image de mère soumise et conciliante. Par contre, Takamori, le père Ôshiba, tente de s’affirmer. En voyant le dévouement de son paternel pour son travail, Kôsuke réalise qu’il a un peu plus mûri, acceptant mieux la situation. L’auteure transforme cet évènement tendu en moment comique en exagérant certaines situations grâce à Yunge et son équipe, jouant également sur les quiproquos. Par ailleurs, elle s’intéresse aux attentes de Setagawa, en particulier à sa notion de famille. Elle donne quelques anecdotes amusantes dans les histoires bonus et les demi-chapitres.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur l’exagération des expressions pour renforcer l’effet comique. Les décors alternent avec les trames d’ambiance tandis que les autres trames sont équilibrées. La mise en page dynamique guide le regard. Arii sensei présente le quotidien des personnages dans les illustrations en début de chapitre ou donne l’ambiance à venir. Comme dans le tome précédent, elle offre un cosplay des personnages. Ici, Setagawa et Ôshiba essaient des uniformes scolaires. Il y a des fiches personnages en début de tome.

En résumé

Bien que Setagawa Masahiro et Ôshiba Kôsuke vivent ensemble, la solitude commence à peser pour le lycéen car l’enseignant est débordé avec la préparation des examens. Après avoir passé une nuit câline et intense, Setagawa reste longtemps perdu dans ses pensées, inquiétant alors ses amis et même son amant. Quand il émerge enfin, comprenant qu’il fuyait la réalité, il accepte donc de passer la soirée avec Ôshiba Kensuke. Mais cette nouvelle vexe Kôsuke. En plus, la mère de ce dernier le sollicite pour aller chercher son père qui s’est perdu à Tokyo. Il ne peut plus fuir la confrontation…

En conclusion

Arii sensei équilibre avec souplesse les moments graves et comiques. Elle maintient une certaine tension dans les évènements importants. Ce tome se démarque donc des précédents, pour notre plus grand bonheur. J’apprécie les questions soulevées et prend plaisir à voir tout ce petit monde mûrir sereinement.

My number one 2 – Sakurabi Hashigo

my number one 2 sakurabi hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782351809563
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799725610 (JP)
Libre, 2015 (JP)
Titre original: 抱かれたい男1位に脅かされています。2
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Saijô aimera-t-il un jour cet ange pervers débordant d’amour?

Sakurabi Hashigo sensei continue à développer l’histoire d’amour particulière entre Takato et Junta. Elle introduit de nouveaux personnages, comme le naïf Narumiya Ryô et l’insouciant Ayagi Chihiro. De même, elle met en avant le comportement ambigu de l’acteur vétéran qui, même s’il souhaite toujours surpasser les plus jeunes, les guide et les motive. Par ailleurs, la relation entre les deux amoureux évolue, s’appuyant sur les défauts du possessif et jaloux Azumaya. La narration se concentre principalement sur ce que pense Saijô. L’amour excessif et pervers de Junta contraste avec son air mignon. Pourtant, Takato accepte petit à petit la personnalité déviante de son petit ami. D’ailleurs, l’auteure joue beaucoup sur le contraste des personnalités de ses seme mignons mais pervers. Elle reprend aussi ce thème dans « Lover thief ». Comme dans le tome précédent, ce threesome continue au dépens de Seigo.

La mangaka a un trait épuré anguleux particulier, facilement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques et exagère parfois les expressions. Elle transcrit graphiquement l’amour débordant de Junta avec des cœurs virevoltants. Ce dernier affiche également une tête ahurie quand il prend sa forme d’ange, entouré de lumière. Comme les personnages rougissent facilement, des hachures recouvrent leur visage. D’ailleurs, cela renforce la sensualité des uke. Les décors sont présents dès que le cadre s’élargit. La mise en page est dynamique. Sakurabi sensei porte attention aux petits détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des formes blanches ou de grosses bandelettes. D’ailleurs, il y a presque une scène à chaque chapitre. Deux fiches présentent les personnages secondaires de « My number 1 ». Sous la jaquette, se trouve une planche donnant une anecdote sur le couple d’acteurs.

En résumé

My number 1 / Epilogue: Comme promis, Azumaya Junta obtient le prix de la meilleure interprétation masculine. Saijô Takato fête avec lui l’évènement. Mais le jeune acteur espère avant tout devenir le numéro 1 de son petit ami. D’ailleurs, ce dernier, répondant à son amour débordant, remarque qu’ils se comportent de plus en plus comme un couple. Un mois plus tard, les deux hommes sont sur des projets différents. Alors qu’il n’avait aucune nouvelle de Junta, Takato le trouve à la sortie du studio. Son amant le kidnappe et l’emmène dans un endroit secret. Toutefois, Saijô n’est pas rassuré en voyant son petit ami énervé se gavant de pastilles à la menthe. Arrivés à destination, n’y tenant plus, Junta se jette alors sur lui, en manque…
Lover thief / Epilogue: Takahara Seigo, président des délégués et bon élève populaire, sort avec le mignon Fujisaki Yûya. Mais leur première fois s’est transformée en partie à trois suite à un mauvais tour de Yukio, l’ami d’enfance de Yûya. Quand Yûya lui saute dans les bras pour lui demander quelque chose, il déchante en découvrant que son petit ami se dispute avec Yukio sur une photo de lui pantelant de plaisir. Les deux amis veulent savoir qui a mis Takahara dans cet état. Comme ce dernier n’arrive pas à répondre, Yukio propose alors d’éveiller ses souvenirs par le corps…

En conclusion

Ce tome obtient la neuvième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2016 et également la 3ème place du meilleur manga érotique. Azumaya Junta est classé cinquième meilleur seme et huitième meilleur personnage érotique, tandis que Saijô Takato est quatrième meilleur uke et premier meilleur personnage érotique. Ce titre ne plaira pas à tout le monde et peut choquer, à cause des consentements flous. En plus, Junta a tendance à se montrer violent dans les rapports charnels. Mais le couple fonctionne ainsi, à se vanner et à essayer de faire céder le partenaire à chaque instant. J’aime beaucoup les interactions entre les personnages.

My number one 1 – Sakurabi Hashigo

my number one 1 sakurabi hashigo

SAKURABI Hashigo 桜日梯子
ISBN: 9782351809457
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784799714430 (JP)
Libre, 2014 (JP)
Titre original: 抱かれたい男1位に脅かされています。1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: si on s'ennuie

Des uke trop fiers qui cèdent à des seme sadiques.

Sakurabi Hashigo sensei offre un recueil de 5 histoires, avec des uke orgueilleux qui cèdent au harcèlement de seme sadiques. L’humour joue donc sur les confrontations entre les personnages. Le récit principal, qui donne son titre au manga, met en avant l’amour passionné, violent et incontrôlable de Junta pour Takato, alors que ce dernier le voit avant tout comme un rival. D’ailleurs, Junta n’a pas de limites pour obtenir l’amour de son idole. « Lost god » est un récit fantastique avec une fin surprenante. Ensuite, « Lover thief » narre un threesome imposé avec deux amis d’enfance qui se volent d’habitude leur partenaire. L’auteure joue encore sur l’effet de surprise avec des personnalités différentes de ce qu’elles paraissent. Elle reprend également ce thème dans son quatrième récit. Par contre, sa dernière histoire propose un récit à part, avec une touche à la fois mélancolique et fantastique.

La mangaka a un trait très épuré et anguleux, qu’elle simplifie au maximum dans les passages humoristiques. Elle représente le côté angélique de Junta en lui affublant d’adorables petites ailes. Cela renforce l’effet comique avec le contraste de son regard avide et pervers. Les trames d’ambiance sont discrètes. Par ailleurs, les décors situent surtout l’action. Dans les scènes érotiques, Sakurabi sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches. Elle offre une scène érotique presque à chaque chapitre et n’hésite pas à faire des gros plans des détails. Elle présente les protagonistes à la fin de certaines histoires, détaillant même les personnages secondaires. Sous la jaquette, se trouvent une planche de « My number 1 » et un petit commentaire de l’auteure avec un dessin.

En résumé

My number 1 / Epilogue: L’acteur Saijô Takato a 20 ans de carrière et est resté classé numéro 1 du top des hommes avec lesquels on aimerait le plus coucher pendant 5 ans. Mais maintenant, il occupe la seconde place, devancé par le jeune Azumaya Junta, acteur depuis seulement trois ans. En plus, dans le prochain film où ils jouent ensemble, le nouveau a obtenu le premier rôle. Takato rumine sa frustration intérieurement, bien décidé à retrouver sa place de numéro 1. Toutefois, Junta l’invite à boire un verre pour demander conseil. Quand Takato se réveille, il est nu dans le lit du jeune acteur…
Lost god / Epilogue: Pour le punir de sa frivolité, la déesse mère envoie le dieu Mitsuboshi sur Terre, privé de ses pouvoirs. Pour revenir, il doit alors obtenir l’amour de la première personne qu’il rencontrera. Mais il tombe sur Takeru, un homme.
Lover thief / Epilogue: Takahara Seigo, président des délégués et excellent élève, sort avec le mignon Fujisaki Yûya. Ninomiya Yukio se présente à lui comme l’ami d’enfance de son petit ami. Il le piège alors pour faire des photos érotiques après l’avoir attaché…
Sado switch / Epilogue: Sakurada Kôtarô admire tellement l’acteur Kokubo Nobuo, qu’il est entré dans une troupe de théâtre. Malheureusement, il n’a que des petits rôles. Mais un soir, alors qu’il fermait les portes du théâtre, il tombe sur son idole en train de s’entrainer…
Un été sur le toit de l’école: Yoshimi Manabu s’est pris son premier râteau et adoucit son chagrin en admirant le ciel sur le toit du lycée. Soudain, apparaît Soe Shôta qui n’hésite pas à feuilleter le carnet de croquis du lycéen. L’inconnu le félicitant, Manabu se confie alors à lui…

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2015. Il se classe également 2ème meilleur manga érotique. Azumaya Junta est classé cinquième meilleur seme et neuvième meilleur personnage érotique, tandis que Saijô Takato est cinquième meilleur uke et cinquième meilleur personnage érotique. Ce titre n’est pas à mettre entre toutes les mains. En effet, Sakurabi Hashigo sensei base l’humour sur la même ficelle scénaristique jouant sur le non consentement. Les personnes sensibles pourront donc être choquées par les viols qui aboutissent à des romances. Personnellement, gardant en tête qu’il s’agit d’une fiction, j’apprécie tout de même la dynamique du couple principal qui évolue petit à petit.

Only one – Moegi Yuu

only one moegi yuu

MOEGI Yuu 萌木ゆう
ISBN: 9782351809051
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784864363402 (JP)
Core magazine, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Coup de foudre dans le métro.

Moegi Yuu sensei narre des romances ayant pour thème principal la différence d’âge avec une relation enseignant et élève. Elle ancre ses scénarios dans la réalité, toutefois certaines situations ont pour base les clichés du BL comme par exemple la poursuite d’un premier amour, un triangle amoureux avec des frères. A cause du format court, les couples se forment un peu trop rapidement mais la majorité des relations reste consentie. D’ailleurs, l’histoire principale occupe la moitié du tome qui est complété par trois autres récits anecdotiques. Malgré une bonne maîtrise du développement qui va à l’essentiel, l’auteure inclut un peu abruptement les passages érotiques. Elle base principalement la narration du point de vue des uke. Ainsi, elle aborde le manque de confiance en soi, la jalousie, la peur de la solitude, les fantasmes de l’adolescence, la difficulté à exprimer ses sentiments.

La mangaka a un trait légèrement épuré et plutôt réaliste. Elle le simplifie dans les passage humoristiques. Elle dessine plutôt des personnages basiques, simples mais avec du charme, que l’on distingue facilement par leur physique. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur l’agencement des cases, rendant la lecture agréable. Toutefois, la transition du temps se fait rapidement en une case ou une ellipse. Dans les scènes érotiques, Moegi sensei censure les parties intimes par un cache blanc, des languettes et ne dessine pas les contours. Malheureusement, cela gâche un peu l’esthétique de l’image.

En résumé

Only you / Only one: Mochizuki, simple employé de bureau en instance de divorce, tombe sous le charme d’un jeune inconnu qu’il croise tous les jours dans le métro. Mais un jour, alors qu’il est accusé d’attouchement par une passagère, ce dernier lui vient en aide, ayant attrapé le vrai coupable. Il découvre, en le retrouvant par hasard le soir, qu’ils habitent le même immeuble. Nagakura, jeune avocat, ne semble également pas indifférent à son voisin.
La distance de la gentillesse: Yuzuki Takase est amoureux de son ami d’enfance et voisin Kôta mais se contente de rester à ses côtés. Par contre, il n’apprécie pas le frère aîné de ce dernier, Kanata, qu’il trouve trop tactile. En plus, Kanata enseigne dans son lycée et s’occupe même du conseil des délégués. Or, Yuzuki, devenu délégué, se retrouve donc obligé de le côtoyer souvent.
Un prix de rêve: Shino Yutaka fantasme sur son professeur particulier Akio depuis qu’il lui a promis de faire ce qu’il voulait s’il avait de bons résultats…
17 paradox: Le professeur Mizushiro est gentil avec tous ses élèves mais n’hésite jamais à leur rappeler la discipline. Pourtant, son comportement insupporte le voyou Kuroe…

En conclusion

Moegi sensei propose un recueil qui se laisse lire, avec une certaine maîtrise scénaristique mais plutôt classique. J’aime beaucoup l’histoire principale mais je me demande l’utilité du secret entre les deux héros, qui transforme presque Kanata en stalker

Tashiro est un peu… 1 – Yamada

tashiro est un peu 1 yamada

YAMADA ヤマダ
ISBN: 9782375063439
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784799733981 (JP)
Libre, 2018 (JP)
Titre original: 鯛代くん、君ってやつは。1
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Son horoscope lui avait promis LA rencontre de sa vie. »

Yamada sensei narre une comédie romantique plus comique que romanesque. D’ailleurs, elle s’amuse à détourner les poncifs du genre. Ainsi, bien que Tashiro ait beaucoup de mal à communiquer à cause de sa timidité, il déclare facilement ses sentiments. Ebihara, quant à lui, parle franchement mais a tendance à fuir les situations qu’il ne maîtrise pas. Toutefois, il réfléchit sincèrement aux sentiments de son nouvel ami et reste tout de même ouvert, analysant également ce qu’il ressent. Les deux étudiants se rapprochent donc petit à petit. Le beau Sega affiche une image typique du dragueur sûr de lui pourtant il révèle rapidement beaucoup de ses failles. Par ailleurs, l’auteure aborde la question de l’apparence, la différence sociale et la culture otaku. Elle s’amuse avec des références reconnaissables ou connues.

La mangaka a un trait épuré et simple qui colle parfaitement au style comique. Elle n’hésite pas à déformer et exagérer les expressions. De même, Ebihara est parfois représenté par une crevette et Tashiro par une dorade. Les décors situent principalement l’action. Les trames d’ambiance graphiques participent à la narration tandis que les autres trames sont assez variées. La mise en page a une structure stricte imitant les yonkoma. Yamada sensei les divise parfois en cases classiques. Elle offre une image ou une planche à la fin de certains chapitres, répondant à la demande des lecteurs. Sous la jaquette, elle dessine les idoles des jeux suivis par les héros et révèle quelques secrets sur Bannai.

En résumé

Ebihara croyait dur comme fer qu’il allait faire la meilleure rencontre de sa vie comme le prédisait son horoscope. En fin de compte, il tombe sur un voleur au regard mauvais et fuit. A l’université, alors qu’il racontait sa mésaventure à son ami d’enfance Bannai, ce dernier croit reconnaître Tashiro d’après sa description. En réalité, le nouvel élève qui a intégré récemment le club de recherches sur les mangas, est tellement timide qu’il a du mal à communiquer. Suite à ce quiproquos, Ebihara sympathise donc rapidement avec Tashiro avec qui il partage beaucoup de points communs…

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2019. Pour son premier BL, Yamada sensei donne une certaine fraicheur à un scénario classique grâce à son humour. Toutefois, ce genre ne plaira pas à tout le monde. Pour ma part, je suis complètement conquise, appréciant les jeux de mot et les situations déjantées. J’aime les différentes expressions de Tashiro et Ebihara.

Jealousy 5 – Scarlet Beriko

jealousy 5 scarlet beriko

SCARLET Beriko スカーレット・ベリコ
ISBN: 9782375063248
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784403667794 (JP)
Shinshokan, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Uichi, l’oiseau de malheur, l’éternel rejeté, aura-t-il une place dans cette happy end? »

Scarlet Beriko sensei conclut sa série sur la jalousie par des révélations. Elle met en avant la nécessité des discussions, même houleuses, pour arriver à l’apaisement. A travers les remarques pertinentes d’Asami, elle pointe les petites différences à peine perceptibles entre Akitora et Uichi. Ainsi, malgré des sentiments réciproques, la relation passionnée entre les deux hommes apporte à la fois souffrance et bonheur intense et nécessite de mûrir encore. Comme dans le tome précédent, l’auteure continue d’analyser les sentiments profonds des personnages. Elle met en avant leur évolution, en particulier Rogi qui, même s’il se comporte parfois comme une ordure, semble tout de même s’être assagi. Par ailleurs, elle aborde la proximité entre gentillesse et pitié, amour et jalousie, le besoin d’affection même pour des personnes infâmes, la possibilité de changer quelque soit l’âge. La révélation des secrets autour de la famille de Raika ajoute un moment fort en émotion.

La mangaka a un trait plutôt réaliste et léché. Elle n’hésite pas à dessiner les rides et les corps voutés par l’âge, donnant pourtant un certain charme. Elle exagère légèrement les expressions dans les passages humoristiques, conservant ainsi l’aspect plutôt réaliste. Pourtant, Akitora a des oreilles très pointues. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, les trames d’ambiance et les lignes d’action se font discrètes tandis que le travail sur les autres trames dégage de la finesse. La mise en page est très dynamique. Ainsi, Scarlet sensei joue sur des découpages presque filmiques, décomposant certains mouvements, zoomant sur les détails et faisant correspondre les angles de vue dans les dialogues. Dans les scènes érotiques, elle ne censure par les parties intimes mais s’attarde plutôt sur la sensualité des ébats.

En résumé

Afin d’arrêter Ôyamato Matsumi qui a kidnappé Rogi Uichi et Tatsuyuki, Akitora fonce sur sa voiture pour provoquer un accident. Bien que ligoté, Uichi a le réflexe de protéger le bébé. Tandis qu’Asami et Asoda les mettent en sécurité, Akitora affronte son frère. Pendant ce temps-là, blessé par les remontrances de la mère de famille folle de rage, Uichi s’éclipse…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Dans sa postface, Scarlet Beriko sensei explique avoir mis ses propres questionnements dans ce récit et cela s’en ressent, à travers la justesse des sentiments et des paroles de ses personnages. Une fin magnifique pour un coup de cœur entrainant, passionnant et attendrissant, qui nous fait admettre que l’amour peut côtoyer la souffrance.

Notre genèse 2 – Ichinose Yuma

notre genese 2 ichinose yuma

ICHINOSE Yuma 一ノ瀬ゆま
ISBN: 9782375063521
Taifu comics, 2023
ISBN: 978-4799751954 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Titre original: 神様なんか信じない僕らのエデン 下
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: absolument

« Quelle est la conclusion à laquelle vont parvenir au bout de ces sept jours les premiers alpha et oméga de l’humanité? »

Ichinose Yuma sensei continue d’analyser les émotions des premiers alpha et oméga. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle s’attarde particulièrement sur les changements de Takai, qui commence à perdre le contrôle et se laisse submerger par la jalousie. Toutefois, il résiste douloureusement à son instinct, entrant dans un conflit intérieur. En effet, son caractère droit et honnête le plonge rapidement dans les regrets dès que son comportement autoritaire se déclare. Noshio, quant à lui, continue de vivre dans le mensonge de peur d’être blessé. Ainsi, malgré des sentiments réciproques, le couple a du mal à faire la part des choses à cause de leurs phéromones. Par ailleurs, l’auteure aborde la question de la normalité, de l’évolution, de la peur du jugement extérieur. Elle reboucle la conclusion sur le début du premier tome en pointant les changements.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des têtes presque carrées. Elle joue beaucoup sur les contrastes noir et blanc, le plus impressionnant étant un effet de diapositive lors d’un dialogue intérieur. Et pourtant, il y a beaucoup de trames. Par ailleurs, un serpent représente graphiquement les phéromones dominantes de l’alpha. La mise en page dynamique utilise surtout des angles de vue recherchés. Dans les scènes érotiques, Ichinose sensei censure les parties intimes par un cache blanc. En fin de chapitre, elle offre des crayonnés de pomme. De même, elle intègre au récit les illustrations en début de chapitre ou décline le logo de pomme comme dans le tome précédent. Sous la jaquette, une planche mignonne développe l’image de la quatrième de couverture. Il y a également des explications sur la création.

En résumé

Nishio Kaito commence à s’habituer à ses chaleurs, acceptant même son statut de « femelle ». Pourtant, il a hâte de pouvoir rentrer chez lui et retrouver ses camarades de classe. Takai Shikito, quant à lui, remarque que ses réflexes et ses sens se sont aiguisés mais surtout, qu’il ressent l’envie de dominer et posséder non seulement son camarade mais également son environnement, tel un loup alpha. Il en vient à s’interroger sur ses sentiments pour Nishio, réalisant que ses réactions sont dues à ses phéromones. Toutefois, il devient fou de jalousie lorsque Nishio reçoit un message de sa petite amie…

En conclusion

Attention, ce tome pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs, comportant quelques scènes érotiques au consentement flou. Pourtant, Ichinose sensei développe par la suite parfaitement les conséquences de cet acte violent, rappelant qu’il s’agit des réactions des alphas. En plus, elle équilibre bien les passages érotiques et les moments de réflexion. La conclusion pourra frustrer également. Pour ma part, j’admire le travail de la mangaka qui arrive toujours à transmettre les émotions de ses personnages par des métaphores graphiques. C’est donc un énorme coup de cœur!

Sasaki et Miyano 5 – Harusono Shou

sasaki et miyano 5 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124208
Akata, 2023
ISBN: 9784040657790 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’attendrai autant de temps qu’il le faudra. »

Harusono Shou sensei fait avancer un peu plus la romance entre Sasaki et Miyano. Ainsi, Mya analyse sincèrement la nature de ses sentiments, prenant son temps, car il ne souhaite pas blesser son ami. Sasaki patiente et fait beaucoup d’efforts pour réfréner ses pulsions, réfléchissant aux limites de ses gestes pour ne pas gêner, ni influencer son ami. Le festival est prétexte à quelques passages humoristiques mais également romantiques, reprenant les clichés des romances lycéennes. Les amis soutiennent à leur manière le couple, comme Hanzawa Masato et Hirano qui sont de bons conseils et Ogasawara Jirô qui les guide indirectement par ses questions. Kuresawa apporte une touche humoristique en se spécialisant dans les BL pour sa petite amie. L’auteure continue de présenter l’univers du BL avec les adaptations cinématographiques. Elle offre une histoire bonus sur Kagiura et Hirano durant le festival.

La mangaka a un trait épuré et fin de style shôjo. Elle donne tout de même du relief grâce à des contours très épais et simplifie son trait dans les passages humoristiques. Elle dessine de grands yeux expressifs et utilise de larges hachures envahissant le visage pour les rougissements. Les décors alternent avec les trames d’ambiance tandis que les autres trames sont équilibrées. Harusono sensei alterne entre yonkoma et mise en page classique. Elle offre parfois quelques vignettes au style audacieux, par exemple la scène au cinéma avec un découpage cinématographique des mouvements et des bandes de film sur les côtés. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages à la fin. Les illustrations en frontispice reprennent la même palette de couleur que la couverture. Sous la jaquette, deux planches complètent l’histoire du rencard entre Sasaki et Miyano, à lire donc à la fin.

En résumé

Alors que le festival culturel du lycée approche, Sasaki Shûmei demande à Miyano Yoshikazu de ne pas participer au concours de cross-dressing puis l’enlace. Même s’il demande à son ami de ne pas tenir compte de ce qu’il vient de dire, Mya s’interroge de plus en plus sur les sentiments profonds de Sasaki et sur ce qu’il ressent lui-même. Toutefois, il n’arrive toujours pas à distinguer l’amour de l’amitié. Désirant participer au concours, il en fait part à son ami et en profite pour l’inviter à une balade à deux durant le festival. Shûmei confie alors à Hirano Taiga qui a surpris leur conversation, qu’il souhaite encore patienter…

En conclusion

Harusono sensei excelle pour décortiquer les sentiments de ses personnages. Elle incite le lecteur à réfléchir avec eux et développe d’ailleurs une relation bienveillante. J’adore voir Sasaki et Miyano s’interroger sans cesse puis accepter simplement l’évidence après une mûre réflexion. Une lecture aussi douce que du miel, aussi tendre que de la guimauve et qui fait du bien au cœur!

Blue sky complex 7 – Ichikawa Kei

blue sky complex 7 ichikawa kei

ICHIKAWA Kei 市川けい
ISBN: 9782382761489
Hana, 2022
ISBN: 9784864424219 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le coming out de Narasaki auprès de sa famille prend une tournure inattendue… »

Ichikawa Kei sensei chamboule le quotidien de Terashima et Narasaki en introduisant Alex, qui est très sociable mais parfois trop direct et invasif. Ainsi, les deux étudiants confrontés à la promiscuité dans leur intimité, découvrent d’autres facettes de leur personnalité. Motochika réalise qu’il éprouve un peu de possessivité envers son petit ami tandis que Natsuki éprouve une affection fraternelle pour l’Australien. Le couple peut d’ailleurs compter sur le soutien de leurs amis, à l’écoute. Par ailleurs, comme dans le tome précédent, l’auteure continue de s’intéresser au coming out à la famille. Elle analyse les différentes réflexions et réactions lorsque cela se fait involontairement, décortiquant le choc, les quiproquos et les difficultés. Elle met donc en avant Motonari et sa relation particulière avec son frère. Comme son aîné, Chika a tendance à se renfermer lorsqu’il se trouve confronté à des problèmes, excluant ainsi son partenaire qui pourrait pourtant le soutenir.

La mangaka a un trait épuré et fin. Elle dessine des contours plus épais avec des pleins et déliés très marqués. Elle simplifie son trait parfois à l’extrême dans les passages humoristiques. Par exemple, les yeux se résument à deux points. Les trames sont équilibrées et variées. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page, très dynamique, utilise parfois un découpage cinématographique, détaillant les mouvements. Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par contre, elle préfère mettre en avant la sensualité des expressions. Sous la jaquette, elle donne la recette préparée par Alex.

En résumé

Alexander, le fils de Daniel, débarque un soir à l’improviste chez Terashima Natsuki et Narasaki Motochika. L’Australien vit au Japon depuis déjà dix ans et cherche actuellement un travail et un logement à Tokyo. Il sympathise très vite avec Chika qui l’accompagne alors dans ses visites de temples. Toutefois, Towa remarque rapidement l’humeur morose de l’étudiant, frustré de ne plus pouvoir câliner comme il le souhaite son petit ami, refusant tout simplement de monter les côtés si mignons de Natsuki. Désespéré de ne pas trouver ce qu’il recherche, Alex accompagne un jour Natsuki à son université pour se changer les idées. Il sympathise également très vite avec Kurisu Haruomi et Harukawa Noriyasu. Mais il blesse ce dernier en le draguant maladroitement…

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Narasaki Motochika se classe huitième meilleur seme tandis que Terashima Natsuki est sixième meilleur uke. Ichikawa sensei alterne entre tension et vivacité, avec la « tempête » Alex qui apporte une touche d’humour. Elle dépeint avec réalisme les réactions et les émotions. Et son trait sensuel est un bonheur pour les yeux. A chaque fois, mon cœur accompagne les personnages. Une lecture douce, agréable provoquant la passion!

Hystérique mais à croquer! – Sakumoto Ayu

hysterique mais a croquer sakumoto ayu

SAKUMOTO Ayu 佐久本あゆ
ISBN: 9782382761496
Hana, 2022
ISBN: 9784801974333 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: ヒステリックな黒髪メガネくんは意外とかわいい
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Il y a bien des histoires où on tombe amoureux de la personne après être sorti avec, non? »

Sakumoto Ayu sensei propose une comédie romantique assez classique avec deux étudiants aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Ainsi, le frivole et sociable Oshima exprime avec maladresse ses sentiments, malgré une certaine expérience. Il assume complètement son homosexualité. Le sérieux Fujie, quant à lui, se montre plutôt franc et gentil et, conscient de sa rigueur, fait des efforts pour s’ouvrir. En instaurant des règles, le couple va se rendre compte que la communication reste pourtant difficile. L’auteure utilise les demi-frères Yoshida pour soutenir et guider un peu le couple. De même, en introduisant Niikawa, elle aborde la question de l’abus de la naïveté des jeunes cherchant leur orientation sexuelle par certains adultes. D’ailleurs, elle développe une relation plutôt consentie entre ses deux héros, Shuto n’hésitant pas à recadrer Haruki dès qu’il dépasse les bornes. L’histoire bonus présente un moment tendre entre Yûya et Kazuha.

La mangaka a un trait épuré, avec un style graphique contemporain plutôt shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages. De même, elle dessine des corps sveltes. Les trames graphiques renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique joue beaucoup sur des angles de vue variés. Sakumoto sensei censure à peine les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle fait poser les personnages, révélant un peu l’évolution du couple. Sous la jaquette, elle présente les deux héros. Il y a également la postface.

En résumé

Bien que rivaux au lycée, Fujie Shuto et Yoshida Yûya son devenus de bons amis. Mais à l’université, Shuto voit d’un mauvais œil le rapprochement de Yûya avec Oshima Haruki qu’il a rencontré à la prépa. En plus, des rumeurs circulent sur eux car ce dernier serait frivole et gay. Quand il découvre qu’Oshima est devenu le confident en amour de son meilleur ami, il dirige alors toute sa rancœur vers celui qu’il considère comme un rival. Mais cela donne au contraire envie à Haruki de se rapprocher de lui..

En conclusion

Ce one-shot est un spin-off de On est amis d’enfance mais… dans lequel l’histoire des frères Yoshida apparaît en seconde partie (disponible sur Hana Book). Malgré un scénario classique, Sakumoto sensei arrive à installer une dynamique intéressante entre les deux personnages. En plus son graphisme agréable transmet bien leurs émotions. J’aime beaucoup les négociations tendues entre Shuto et Haruki.