Laisse-moi te détester 2 – Hijiki

laisse moi te detester 2 hijiki

Hijiki ひじき
ISBN: 9782375063002
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784799747759 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Je suis content d’en être un. C’est parce que c’est le cas que je suis heureux, maintenant. »

Hijiki sensei s’intéresse à la famille reconstituée et aux efforts pour créer des liens de confiance. A travers Hazuki, elle met en avant les difficultés que rencontrent les parents avec leur premier enfant. D’ailleurs, l’alpha, encore jeune, a parfois des réactions de gamin capricieux malgré sa maturité et son investissement dans le foyer. Naoto, quant à lui, a encore du mal à se reposer sur son partenaire et à assumer son statut d’oméga « casé ». Leurs relations sont plutôt consensuelles, avec un recadrage dès que l’alpha se laisse emporter. En introduisant Murasame Ikuya, l’auteure crée un alpha détestable, réunissant à lui seul tous les vices humains de l’univers omegaverse. Ainsi, elle continue d’interroger sur le traumatisme et le dépassement de la peur, dans la continuité du tome précédent.

La mangaka a un trait épuré et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique propre reconnaissable. Ses expressions des visages sont d’ailleurs très parlantes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance dont certaines parfois graphiques. Les autres trames équilibrées donnent une touche réaliste. La mise en page dynamique utilise principalement des sorties de cadre, des vignettes s’adaptant à leur contenu mais surtout des angles de vue très variés. Hijiki sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle masque un peu les détails en recouvrant les organes sexuels d’une trames sombres. Sous la jaquette, il y a la postface en une planche qui révèle quelques anecdotes sur la conclusion, donc à lire absolument à la fin.

En résumé

Koga Naoto nage dans le bonheur depuis qu’il forme une paire avec Tsuchiya Hazuki. Ce dernier continue ses études à l’université tout en travaillant également à l’hôtel de sa mère avec la ferme intention de prendre sa suite. D’ailleurs, Tsuchiya Mizuki prend à cœur son rôle de grand-mère et passe souvent en coup de vent voir les enfants. Depuis que Minato est né, Shizuku aide beaucoup sa mère à la maison. Mais l’oméga remarque que l’alpha se montre de plus en plus distant avec les enfants. Pourquoi?

En conclusion

Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Tsuchiya Hazuki se classe cinquième meilleur seme tandis que Koga Naoto est onzième meilleur uke. Hijiki sensei arrive à transmettre facilement les émotions de ses personnages. Impossible de ne pas craquer pour les aventures émouvantes de cette famille reconstituée! J’avais la larme à l’œil durant une grande partie de ma lecture. Et vous?

Stigmata 2 – Takahashi Hidebu

stigmata 2 takahashi hidebu

TAKAHASHI Hidebu 高橋秀武
ISBN: 9782382123740
Akata, 2023
ISBN: ‎9784834264876 (JP)
Homesha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ni son frère, ni son père, mais une famille quand même? »

Takahashi Hidebu sensei suit l’enquête étape par étape, maintenant le suspense jusqu’au dénouement. Elle sème le doute en dévoilant les indices au fil des chapitres. Après avoir installé les personnages dans le tome précédent, elle montre l’évolution des sentiments d’Asako et de Kuroiwa. En cohabitant, les deux hommes se découvrent, s’interrogent puis se rapprochent, réalisant leur attirance. Le jeune policier se sent d’abord inutile mais prend au fur et à mesure confiance en lui grâce aux encouragements de son collègue. Discutant beaucoup, ils développent une relation très consensuelle. L’auteure maintient un certain équilibre entre romance et enquête. Elle s’intéresse encore à la perte d’identité mais également aux causes et aux conséquences du divorce, aux relations humaines qui se construisent et se délient au gré des personnalités qui changent.

Le style graphique particulier de la mangaka, avec un trait léché, anguleux, des contours épais et des pleins et déliés marqués, dégage une certaine sensualité. De même, les regards sont très expressifs. Les décors soignés alternent avec des trames d’ambiance ou des lignes d’action. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les ellipses prennent une forme de bulle. Par ailleurs, Takahashi sensei privilégie les contrastes noir et blanc. Elle intègre même la mise en page à la narration. Par exemple, elle fait onduler les cases dans les scènes érotiques donnant un effet de douceur, tandis qu’une certaine rigueur se dégage lors des enquêtes. A noter que les passages érotiques ne sont pas censurés mais les parties intimes sont peu détaillées, en harmonie avec le style graphique général. Les illustrations en début de chapitre transcrivent l’ambiance du récit.

En résumé

Kuroiwa Hiroto a tendance à traiter Asako Minami comme un petit frère. Mais le jeune policier, gêné, essaie alors de lui transmettre ses sentiments secrets, intriguant alors son collègue. Une semaine depuis le meurtre d’Agata Mari, la police piétine. Comme Kuroiwa n’a aucun alibi, il devient donc le principal suspect. Toutefois, il conserve la confiance de Daimon Jun qui croit au pouvoir d’Asako. Le policier de la première division a d’ailleurs découvert une photo de la victime avec sa collègue Nishi Makoto. A sa surprise, les deux femmes qui ont la même coiffure se ressemblent. Et alors qu’ils s’interrogent, Asako reconnait en cette dernière la femme ayant volé le sac à main de l’avocate.

En conclusion

Takahashi sensei mêle à la fois romance, suspense et drame avec même une pointe d’humour. Elle a un style graphique personnel et sensuel qui colle parfaitement au récit. De même, l’enquête se résolve avec simplicité mais efficacité. Toutefois, cela pourra un peu décevoir les grands fans de polar. Pour ma part, c’est un énorme coup de cœur!

La fée des neiges – Serizawa Tomo

la fee des neiges serizawa tomo

SERIZAWA Tomo 芹澤知
ISBN: 9782382761724
Hana, 2023
ISBN: 9784829686607 (JP)
Printemps, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

La douceur de la campagne et des animaux adorables à Hokkaido.

Serizawa Tomo sensei offre une tranche de vie sur une romance naissante avec des personnages aux caractères en apparence opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle maintient un certain suspense en révélant le passé dramatique de Homura au fur et à mesure. Bien que renfermé, Haruki est en fait franc et direct et apprécie sincèrement son village. En découvrant la photographie, il va s’ouvrir un peu plus et prendre conscience de son attirance pour Narumi. Plus le photographe comprend le fermier, plus il l’apprécie également. L’auteure développe une relation respectueuse, avec des recadrages et des regrets dès qu’il y a dérapage. Elle décrit avec finesse les sentiments des personnages et la chaleur d’un foyer. De même, elle aborde entre autres la solitude, l’acceptation de l’autre tel qu’il est, la photographie, la vie à Hokkaido en hiver. L’entourage du fermier apporte également des moments conviviaux.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec des courbes donnant beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle varie les morphologies des personnages. Il y a beaucoup de trames qui renforcent ainsi le réalisme. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. En plus, les décors soignés mettent en avant les animaux et la nature. Les flash-back se repèrent au fond noir. La mise en page dynamique joue sur les superpositions de vignettes, l’ absence de cadre, les angles de vue variés. Serizawa sensei s’arrête aux baisers mais ces scènes débordent de tendresse.

En résumé

Durant une livraison, le fermier Homura Haruki (21 ans), remarque une voiture de location recouverte de neige sur le bord de la route. Inquiet pour le passager, il aperçoit plus loin un homme près d’une tente mais en l’interpelant, un groupe de cygnes s’envole. Photographe animalier, Narumi Akihito s’empresse de prendre quelques clichés avant de répondre: il est venu à Hokkaido pour photographier des fées des neiges. Ce dernier s’étant perdu et n’ayant pas d’hôtel, le fermier lui propose alors de l’héberger tout l’hiver en échange d’aide à la ferme. Mais le côté très familier et tactile de Narumi incommode un peu le renfermé Haruki…

En conclusion

Pour son deuxième manga, Serizawa sensei offre un one-shot avec un graphisme et un scénario déjà bien maîtrisés. Elle retranscrit parfaitement les sentiments des personnages et l’ambiance hivernale de Hokkaido. Haruki et Narumi sont attendrissants. En plus d’être émouvant, ce récit m’a donné envie de faire des photos et d’aller admirer la nature. Un énorme coup de cœur! Mise à jour: Ce one-shot obtient la treizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023.

Bienvenue chez Ginmokusei 2 – Mamita

bienvenue chez ginmokusei 2 mamita

Mamita マミタ
ISBN: 9782382761656
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784199609008 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Titre original: ギンモクセイの仕立て屋 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tout ce que je voulais, c’était protéger cet endroit… »

Mamita sensei délaisse un peu les techniques commerciales pour développer la romance. Elle révèle le passé de Théo ainsi que ses motivations. De même, elle maintient un certain suspense en reconstituant au fur et à mesure les souvenirs d’Ubuki sur la nuit de sa première rencontre avec son associé. La narration alterne entre les deux héros. Le chat Gin-san continue de détendre l’atmosphère avec ses remarques pertinentes. De même, la rivalité entre Nakamura et Nishijima apporte une touche comique. Takabayashi doute encore et s’interroge de plus en plus sur sa relation avec son associé, réalisant son attachement et sa peur de la solitude. Toutefois, il prend enfin des initiatives. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments des personnages. Elle montre quelques idées pour fidéliser une clientèle.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine quelques personnages dans un style caricatural. Les décors, soignés, apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que les autres trames, abondantes, apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. Dans les scènes érotiques, Mamita sensei ne détaille pas trop les parties intimes et utilise parfois un contour blanc. Toutefois, elle ne censure pas celles du bonus. Comme dans le tome précédent, elle montre le charme des costumes dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Takabayashi Ubuki ne comprend pas pourquoi Nakamura Théo abandonne ses projets personnels pour l’aider à sauver sa boutique. En effet, le maître d’hôtel avait obtenu un prêt pour ouvrir un nouveau restaurant. Enfant, il vénérait son père qui gérait le restaurant « Vincent » à Ginza et a donc travaillé dur pour intégrer ce restaurant et monter les échelons. Malheureusement, à cause d’un incident avec le chef Yoshida, suite à des remarques homophobes, il a dû démissionner. Un soir, il croise alors Ubuki passablement éméché. Comme ce dernier refuse de le lâcher ou de prendre un taxi, il l’emmène dans un hôtel…

En conclusion

Mamita sensei semble un peu précipiter la conclusion en cumulant les révélations dans un seul tome. Le mélange des styles graphiques est toujours aussi efficace. Quel plaisir de voir Théo et Ubuki se rapprocher et se parler enfin franchement. Et j’adore le gentil Gotô qui veille sur eux. Coup de cœur confirmé! Mise à jour: Ce tome se classe à la cinquième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023.

Bienvenue chez Ginmokusei 1 – Mamita

bienvenue chez ginmokusei 1 mamita

Mamita マミタ
ISBN: 9782382761649
Hana, 2023
ISBN: 9784199608995 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Titre original: ギンモクセイの仕立て屋 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je voulais recommencer de zéro, mais je ne sais pas si je peux te faire confiance… »

Mamita sensei développe une romance qui se construit suite à une collaboration atypique. Elle s’intéresse à la difficulté que rencontrent les commerces de luxe actuellement, à l’évolution du métier de tailleur, aux diverses techniques pour relancer un commerce comme le marketing, le relooking, le changement de clientèle. La narration se base principalement sur le point de vue de Takabayashi. Ce dernier, pleurnichard, a tendance à fuir les difficultés. Plus qu’une promesse à son grand-père, il apprécie sincèrement ce nouveau métier. Malgré ses doutes, il se laisse convaincre par la prestance de Nakamura. D’ailleurs, l’auteure maintient un certain mystère autour de Théo et de ses réelles intentions. Elle détend un peu l’atmosphère avec les réflexions du chat Gin-san. De même, elle apporte une touche humoristique grâce aux amis de l’ancien maître d’hôtel, Beniko et Akino Kazuhito. L’introduction de Nishijima, l’ex d’Ubuki, permet de secouer un peu l’essayeur.

La mangaka mélange à la fois un graphisme esthétique avec un style caricatural. Ainsi, elle simplifie son trait légèrement épuré et anguleux dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps sveltes finement musclés ou complètement disproportionnés. Par exemple, le chat Gin-san et Gotô sont simplifiés à l’extrême. Les décors sont soignés et certains bâtiments de Ginza sont même reconnaissables. Il y a beaucoup de trames. D’ailleurs, Ubuki a une peau hâlée. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Et les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Mamita sensei ne montre pas les parties intimes. Par contre, elle met en avant le charme masculin qu’amplifient les costumes en les détaillant ou dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

A 35 ans, Takabayashi Ubuki a quitté son travail en entreprise pour reprendre la boutique de costumes sur mesure Ginmokusei gérée par son grand-père décédé. Malheureusement, les clients se font rares et au bout d’un an, il est au bord de la faillite. Alors qu’il se rue sur un beau client qui vient d’entrer dans la boutique suite à ses prières, ce dernier le recadre immédiatement face à son manque de classe. Nakamura Théo (30 ans) lui propose alors de l’aider à relancer son commerce. Mais peut-il faire confiance à cet inconnu, ancien maître d’hôtel?

En conclusion

Mamita sensei alterne avec finesse drame, humour et romance. Malgré des styles graphiques différents qui se côtoient, le récit reste réaliste. De même, la relation prend son temps et est plutôt consensuelle, à part des baisers volés. Je suis complètement sous le charme de Théo et Ubuki. Un coup de cœur!

La librairie des mystères – Tacocasi

la librairie des mysteres tacocasi

tacocasi
ISBN: 9782382761434
Hana, 2023
ISBN: 9784864425032 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Titre original: うしみつどきどき古書店譚
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

Une relation naissante et mystérieuse dans une étrange librairie.

Tacocasi sensei offre une romance mêlant fantastique et mystères. Elle s’inspire de quelques types de sanctuaires que l’on trouve au Japon, délabrés suite à l’étiolement de leur culte. Avec la transformation de Yôzô, elle s’amuse sur la différence d’âge tout en évitant les situations dérangeantes. En effet, Komiya est amoureusement attiré par le libraire quarantenaire mais n’a qu’une simple affection fraternelle pour sa version enfantine. La narration se base sur l’étudiant sauf le dernier chapitre révélant le point de vue de Yôzô. L’auteure révèle les secrets entourant Nishi au fur et à mesure. Par ailleurs, elle aborde la question de l’attirance pour l’esprit plutôt que le physique, de l’identité et du désarroi de la solitude. Elle construit des personnalités bien trempées aux dieux, en adéquation avec leur pouvoir. Par exemple, Tsukimachi est autant posée qu’une montagne et Shiki, le dieu des ruptures, se comporte en dragueur.

La mangaka a un trait épuré et léché. Comme elle utilise la même épaisseur pour ses traits et les contours, son graphisme conserve un aspect dessiné. En plus les trames en aplat donnent peu de volume, renforçant cette impression. De même, des hachures marquent les ombres fortes. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Ces dernières, très graphiques (pois, rayures) participent ainsi au récit. La mise en page classique colle parfaitement au graphisme. Tacocasi sensei préfère occulter les scènes érotiques, se contentant de dévoiler l’ambiance générale sous la couette. Par contre, elle offre de beaux baisers. En fin de chapitre, elle présente les dieux rencontrés. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages. Sous la jaquette, il y a quelques croquis et un jeu de labyrinthe pour aider les personnages à trouver le remède.

En résumé

Étudiant pauvre, Komiya profite pourtant de sa chance. Il loue une chambre très bon marché au-dessus d’une librairie d’occasion, la librairie Nishi, en échange d’aide dans la boutique. Mais surtout, il apprécie énormément le propriétaire, Nishi Yôzô, qui semble avoir un autre travail en parallèle car il reçoit souvent des clients en privé. Un jour, en rentrant de l’université, Komiya trouve une gracieuse jeune femme accompagnée d’une fillette qui n’osent entrer sans être invitées par Nishi. Mais durant cette visite, un tremblement de terre secoue tout le bâtiment, faisant tomber les étagères. Quand l’étudiant se précipite dans la pièce où se trouvent le libraire et ses clientes, il découvre Yôzô rajeuni. En effet, Nishi travaille pour les dieux et Tsukimachi-sama, la déesse de la montagne, était venue lui livrer une eau de jouvence…

En conclusion

Ce one-shot obtient la douzième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. En effet, Tacocasi sensei mêle avec finesse mystère et romance consensuelle. Elle aborde également avec humour des thèmes très sérieux. Les quiproquos entre les deux héros qui se tournent autour font l’épice de ce récit. Je suis complètement séduite par leurs aventures. Un petit coup de cœur!

Hello, green days – Sakumoto Ayu

hello green days sakumoto ayu

SAKUMOTO Ayu 佐久本あゆ
ISBN: 9782382761755
Hana, 2023
ISBN: 9784866573373 (JP)
Frontier works, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une belle histoire de relation naissante, douce et tendre, parmi les plantes et leurs secrets! »

Sakumoto Ayu sensei narre une romance par tranche de vie tout en nous faisant découvrir les secrets de quelques plantes. Elle s’attarde sur les sentiments naissants et la construction d’une relation respectueuse, dans la discussion. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure le passé difficile des deux héros. Le solaire Nanahiro contraste avec le négatif Mikage et pourtant, la complicité qui se crée entre eux leur permet d’évoluer. Le professeur Uematsu apporte également de bons conseils. La narration donne principalement le point de vue de Tomo qui s’interroge beaucoup à cause de son manque d’expérience. L’auteure aborde divers sujets comme l’isolement volontaire suite à des remarques blessantes ou un incident, la peur du jugement extérieur, le manque de confiance en soi. Par ailleurs, elle n’hésite pas à interpeler le lecteur pour créer des moments comiques, comme par exemple Mikage qui se transforme en professeur pour nous expliquer les plantes.

La mangaka a un trait épuré et fin, avec un contour dédoublé de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les têtes. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur le côté mignon. Par exemple, Nanahoshi se transforme en wanko adorable, à cause du contraste de sa grande carrure. Les trames d’ambiance très graphiques renforcent également le côté shôjo. Les autres trames sont variées. Par ailleurs, les décors sont détaillés. Les plantes sont donc reconnaissables et apportent un côté cocooning. Sakumoto sensei maîtrise sa mise en page très dynamique, en particulier les ellipses pour le passage du temps et les gros plans sur les détails. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de larges bandelettes blanches. Par ailleurs, elle inclut habilement les illustrations en début de chapitre au récit même si ces dernières donnent juste l’ambiance. Sous la jaquette, il y a des anecdotes sur la création.

En résumé

Suite à des remarques homophobes à la fin du collège, Tomo Mikage (23 ans) évite de créer des liens et se plonge dans sa passion pour les plantes. Actuellement en master de botanique, le professeur Uematsu lui confie la supervision des étudiants participant au nouveau programme. Parmi eux, Nanahoshi Yôji (20 ans) se démarque par sa carrure impressionnante. Mais comme l’étudiant s’implique avec ferveur dans son travail, toujours prêt à aider, il sympathise vite avec Mikage. Un jour, découvrant que Nanahoshi a quelques difficultés financières, l’étudiant en master lui propose alors d’emménager chez lui…

En conclusion

Malgré le format one-shot, Sakumoto sensei maîtrise suffisamment son scénario pour exprimer le temps qui passe vite. Elle crée une relation tendre et prenante, bien qu’un peu fleur bleue. Je me laisse donc facilement entrainer par les aventures de cet adorable couple. En plus, la présence des plantes renforce l’ambiance vaporeuse qui semble l’envelopper. Et je confirme: le riz au maïs c’est délicieux! Une lecture qui réchauffe simplement le cœur.

L’île de mon premier amour – Ayano Kamu

l ile de mon premier amour ayano kamu

AYANO Kamu 綾野カム
ISBN: 9782382761632
Hana, 2023
ISBN: 9784866574660 (JP)
Frontier works, 2021 (JP)
Titre original: 初恋の帰る島
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une histoire d’amour pleine de tendresse et de délicatesse, avec l’océan en toile de fond! »

Ayano Kamu sensei narre une romance débutant par une ficelle scénaristique assez classique: deux amis d’enfance qui se soulagent mutuellement. Toutefois, elle aborde également des thèmes intéressants comme par exemple la gestion d’un traumatisme, les premiers émois amoureux, la relation à distance, le coming out et la peur du jugement extérieur. Elle présente quelques tranches de vie des personnages, basant la narration sur Tatsunoshin, sauf dans l’histoire bonus qui montre le point de vue de Nanami. L’introduction d’Akane apporte un peu de tension, entre amie et rivale. Tatchan manque un peu de confiance en lui face à son ami séduisant et s’interroge constamment sur le regard des autres. Par contre, Shimizu assume franchement ses sentiments et s’adapte donc au rythme de son petit ami. Ainsi, l’auteure met en avant le manque de communication et le doute qui s’installent entre eux. Elle intègre des relations consensuelles presque à chaque chapitre.

La mangaka a un trait épuré très fin, proche du style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages qui deviennent alors tout mignon. Toutefois, elle dessine un corps finement musclé pour Nanami, offrant une touche réaliste. De même, ses décors soignés sont mis en avant par une mise en page très dynamique, en particulier les paysages. Par ailleurs, de nombreuses trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Dans les scènes érotiques, Ayano sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. En fin de chapitre, elle donne une anecdote sous forme de photographie de Polaroid. Sous la jaquette se trouvent des fiches personnages.

En résumé

Bien qu’il vit sur une île, Sakurai Tatsunoshin (19 ans) a peur de voir l’océan engloutir ce qui lui est cher. En effet, son grand-père a disparu en mer lors d’une tempête puis le courant a emporté son appareil photo waterproof qu’il lui avait offert. Comme promis durant sa jeunesse, iI aide maintenant au restaurant de sa grand-mère. Souhaitant prendre sa suite, il projette même de quitter l’île pour se former à la gastronomie sur le continent. Mais cela n’enchante guère son ami d’enfance, moniteur de plongée, Shimizu Nanami (21 ans). Beau garçon très attaché à Tatchan, il ignore pourtant toutes les sollicitations féminines. En plus, les deux amis ont l’habitude de se masturber ensemble depuis leur puberté. Mais quelques jours avant le départ de Sakurai, Nanami disparaît…

En conclusion

Malgré un scénario réchauffé, Ayano sensei transforme sa romance par un développement intéressant axé sur l’évolution des sentiments et les interrogations des personnages. La relation est à la fois sexy et douce. En plus, le graphisme est mignon. Même si l’histoire ne laisse pas de fortes impressions, elle me charme complètement par son ambiance. Une lecture agréable qui sent bon l’océan et le soleil!

Happy shitty life 3 – Harada

happy shitty life 3 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782382761519
Hana, 2023
ISBN: 9784801975477 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Une occasion de revanche pour Kasuya et une opportunité pour Kuzuya.

Harada sensei développe un peu plus les personnages secondaires. Ainsi, elle révèle quelques secrets sur Sakura et met en avant Yajima Botan et Leo. D’ailleurs, le violeur prend enfin conscience de ses erreurs mais son caractère borné ne lui permet pas de changer de comportement pour autant. La relation entre Kuzuya et Kasuya évolue doucement. Toutefois, les deux hommes continuent de nier leur attachement. En effet, leurs caractères égoïstes et leurs obsessions à réaliser leurs fantasmes créent constamment des tensions entre eux. Après avoir plongé ses héros au fond du trou, l’auteure leur offre de nouvelles opportunités. Comme dans le tome précédent, elle tourne en dérision leurs délires érotiques tout en détournant les clichés des romances. Par ailleurs, elle aborde les environnements toxiques en entreprise avec le poids des rumeurs, le harcèlement moral, le jugement sur une mauvaise impression.

La mangaka a un trait léché mais épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps musclés. Les trames sont équilibrées. Par contre, les trames d’ambiance participent aux effets comiques. De même, les décors soignés apportent une touche réaliste. La mise en page dynamique est également au service de l’humour. Harada sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle les détaille avec des gros plans et des transparences. Sous la jaquette, elle présente Yajima Leo (30 ans).

En résumé

En froid avec sa fille Tsubaki, Shime Takihiko se rend à la campagne avec la ferme intention d’anéantir définitivement ses sentiments pour Kasuya Kyôtarô. Tombé dans une rizière, il est recueilli par Kuzuya Yoshiyuki qui l’emmène chez son voisin. Le président directeur général de Kurosugi entreprises demande alors à son employé de démissionner, d’autant plus qu’il l’a encore surpris dans une situation perverse et compromettante. Kasuya accepte d’abord pour redorer la réputation de son ex-petite amie mais sombre ensuite dans le désespoir…

En conclusion

Ce tome toujours aussi délirant que les précédents contient tout de même quelques thèmes un peu plus sérieux. Mais les réactions imprévisibles de nos deux héros naïfs provoquent toujours surprises et éclats de rire. Harada sensei nous suggère au passage qu’une « vie de merde » peut être aussi joyeuse ou difficile à la campagne qu’à la ville . Je veux garder espoir pour le changement de Leo, laissez-moi rêver un peu! Mise à jour: Ce tome se classe à la quatrième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023.

I want you 2 – Momose An

i want you 2 momose an

MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382761700
Hana, 2023
ISBN: 9784796415019 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: ナカまであいして 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Prends tes responsabilités pour m’avoir excité. »

Momose An sensei continue sa romance sexy entre Yuzuriha et Tokiwa. Elle concentre la narration sur Ikumi. Même si elle reprend les poncifs des romances comme l’anniversaire, Noël, le rendez-vous sans les parents, elle ne s’attarde que sur les sentiments des personnages. Le couple continue donc de se chamailler mais évolue petit à petit. En effet, les deux lycéens restent maladroits en exprimant leur jalousie malgré leur confiance mutuelle. D’ailleurs, Yuzuriha fait beaucoup d’efforts pour se montrer plus honnête et prendre quelques initiatives. En introduisant la sœur de Tokiwa, Miu, et son amie Yumi, l’auteure oblige le couple à s’interroger sur la perception de leur relation. Elle joue sur les quiproquos pour déclencher des jeux coquins. Une histoire bonus présente l’enregistrement du drama CD.

Le trait épuré et tout en rondeur de la mangaka dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que le reste des trames, avec une dominante claire, donnent un peu de couleur et de volume. Par contre, les décors situent principalement l’actions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique abuse des superpositions de cases mais la lecture reste agréable. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle en dessine même une par chapitre. Quand il y a une illustration en début de chapitre, elle l’intègre directement au récit. Comme dans le tome précédent, sous la jaquette, il y a un croquis apportant une anecdote sur le couple et la présentation des nouveaux personnages.

En résumé

Bien que Yuzuriha Ikumi et Tokiwa Sôji sortent ensemble, Yuzuriha a encore du mal à montrer ses sentiments avec sincérité. D’ailleurs, il ne sait comment réagir dans leurs moments intimes. Surprenant une conversation entre son petit ami et Sakai, il s’interroge alors sur le sens du mot « dorloter ». Mais surpris dans l’escalier, il préfère fuir. Le week-end, ayant rendez-vous chez Tokiwa, il perd toute sa nervosité en apprenant que ses parents sont absents. C’est le moment idéal d’essayer de montrer son affection…

En conclusion

Le caractère de Yumi crée une énorme surprise, apportant une touche amusante et rafraichissante. Le succès étant encore au rendez-vous, Momose sensei annonce encore la suite des aventures du couple. Malgré les clichés des romances et les nombreuses scènes érotiques, elle crée suffisamment de dynamique entre les personnages pour retenir les lecteurs en haleine. Une lecture toujours aussi divertissante, à condition de supporter les constants changements d’humeur de Yuzuriha. Mise à jour: Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023.