Ne refuse pas mes baisers – Michinoku Atami

ne refuse pas mes baisers michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782382764008
Hana, 2023
ISBN: 9784799728543 (JP)
Libre, 2016 (JP)
Titre original: いやよいやよもキスのうち
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Tu réagis au toucher de n’importe qui? »

Michinoku Atami sensei propose de suivre la romance maladroite des frères Yûki avec leurs amis. Elle offre donc deux histoires différentes, avec l’hypersensible Megumi qui contraste avec l’indifférent Kazu. Pourtant, elle aborde les mêmes thèmes comme la jalousie, la rivalité, la fuite de la réalité et l’acceptation de son attirance. La narration alterne entre les protagonistes, partageant ainsi leurs réflexions. Bien que leur relation soit plutôt tendue, Seiichirô soutient son petit frère Sôjirô. Les deux lycéens s’interrogent sur leur sexualité, leur sentiments mais également la différence entre amitié et amour. Avec Megumi, l’auteure s’intéresse à l’hypersensibilité mais développe malheureusement le sujet d’un point de vue plutôt comique. Elle joue sur les limites avec le consentement, les personnages cédant facilement au plaisir après quelques résistances. En plus, elle crée des seme très entreprenants dès qu’ils dépassent leur hésitation et des uke manquant de confiance en eux.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, avec des contours plus épais qui apportent du relief. Elle le simplifie, parfois jusqu’à l’extrême, dans les passages humoristiques. Elle adoucit également son trait avec des hachures envahissantes lors du rougissement des visages, ajoutant une touche shôjo. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Michinoku sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou des languettes. Sous la jaquette, elle offre une anecdote en une planche, à lire à la fin. Elle présente aussi les personnages.

En résumé

Yûki Sôjirô déteste Yoshikawa Megumi, le meilleur ami de son frère aîné Seiichirô. Pourtant, lorsqu’il était en primaire, il jouait souvent avec lui jusqu’à ce que ce dernier le délaisse sans explications, se montrant même de plus en plus froid. Mais un jour, il trouve Megumi complètement excité, devant la chambre de son frère. Persuadé que les deux amis sortent ensemble, il décide d’interroger Yoshikawa. Mais ce dernier tente de fuir la conversation. En le retenant, Sôji découvre alors que Megumi est hypersensible, réagissant dès que quelqu’un le touche. Intrigué, il en profite pour le soulager…

En conclusion

Ce one-shot se classe à la trentième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Michinoku Atami sensei offre une comédie romantique douce et sexy. Elle s’attarde principalement sur les sentiments de ses personnages. Mais le charme du titre se trouve principalement dans la beauté du dessin, avec des lycéens dégageant à la fois un peu de virilité et de sensualité. Fan de la mangaka, je suis contente de découvrir une autre œuvre de ses débuts. J’apprécie particulièrement la dynamique entre les personnages.

La punition 2 – Hinako

la punition 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382763872
Hana, 2023
ISBN: 9784866535456 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« J’en veux encore… Encore… »

Hinako sensei continue de développer le « dressage » particulier de Yôsuke par Sujima. Elle montre les petits changements des deux héros qui refusent pour l’instant d’admettre leurs sentiments naissants, bien qu’ils acceptent leur attachement. En introduisant l’ami d’enfance de Yôsuke, surprotecteur, elle ajoute quelques tensions les obligeant à s’interroger sur leur relation. Sujima devient plus souple et tendre mais également encore plus possessif. Bien que plus docile, Yôsuke continue de provoquer son « maître » et laisse s’exprimer sa jalousie. Ainsi, l’auteure joue sur les quiproquos et les petits secrets pour pimenter encore plus la relation entre les deux hommes. Elle utilise par ailleurs leurs amis et collègues pour détendre l’atmosphère. Comme dans le tome précédent, elle donne une anecdote sur un chapitre dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages et des corps longilignes, des yeux effilés qui donnent un charme particulier à ses personnages. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes avec des bandelettes et en dessinant des contours blancs. Pourtant, elle offre beaucoup de coupes intérieures. Par ailleurs, elle fait poser ses personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Sujima autorise enfin Yôsuke à dormir à ses côtés. Mais il reçoit un appel urgent du travail et s’absente. Dans la journée, l’ancien gigolo retrouve son ami qui lui a recommandé son petit boulot de téléphone rose pour récupérer son premier salaire. Il pensait d’abord aller aux putes mais, redoutant le retour de son nouveau maître de mauvaise humeur, il se ravise. Il accueille alors Sujima avec une bière. Les deux hommes finissent donc au lit mais Yôsuke remarque qu’il ne fait aucun effet à son partenaire. Etait-il vraiment parti travailler?

En conclusion

Hinako sensei maîtrise sa mise en page, la dynamique de son scénario et son style graphique particulier, presque incisif dans certaines images. Elle crée des personnages attachants malgré leurs sales caractères et leurs défauts. En effet, Yôsuke et Sujima ne sont pas des anges et pourtant, j’aime suivre leurs aventures. Je ressens même un plaisir coupable de voir l’ancien gigolo se faire punir à chaque « bêtise ». Toutefois, ce genre de récit peut choquer la sensibilité de certains lecteurs, le consentement n’étant parfois pas clair. Pour ma part, je suis complètement séduite!

La punition 1 – Hinako

la punition 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382763865
Hana, 2023
ISBN: 9784866535920 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Donnez-moi un doigt, et je vous prendrai le bras. »

Hinako sensei construit une relation particulière entre un gigolo un peu idiot qui se laisse vivre et un gérant de bar intransigeant. Elle alterne la narration entre les deux héros. Par ailleurs, elle s’intéresse aux relations humaines en général, aussi bien amicales, professionnelles qu’amoureuses. Sujima s’amuse du comportement audacieux du gigolo qui oscille constamment entre provocation et obéissance. Son « dressage » entre tendresse et brutalité va amener Yôsuke à s’interroger sur sa sexualité. Ce dernier prend également conscience de la superficialité de ses relations actuelles et des efforts à fournir pour conserver son peu de confort. A travers le jeu de manipulation entre les deux hommes, l’auteure aborde la solitude et la misère sentimentale. Elle développe un amour vache et versatile, limite SM. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sur un des chapitre, ici, celui de la ceinture de chasteté.

La mangaka a un trait anguleux légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages et des corps longilignes ainsi que des yeux effilés, donnant une touche toute particulière à son graphisme. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique varie souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches. Elle supprime également les détails par des contours parfois blancs.

En résumé

Le patron du bar à hôtesses Sujima Takumi découvre que ses employées ont des relations sexuelles avec un client malgré l’interdiction du règlement. En effet, le gigolo Yôsuke, délaissé par sa maîtresse Mizuho chez qui il vit, aime prendre des risques et dépense donc son argent de poche avec les hôtesses du Deli hell. Dénoncé par sa dernière conquête Sayaka, il subit la punition de Sujima qui le viole mais l’embrasse pourtant tendrement. A son réveil, Yôsuke, dans une situation compromettante, est surpris par Mizuho qui le met donc à la porte. Désespéré, le gigolo rejoint Sujima pour d’une part, lui demander de retirer la ceinture de chasteté qu’il lui a installé et d’autre part, squatter son appartement.

En conclusion

Hinako sensei construit une relation assez particulière à la limite du SM entre ses deux héros qui cachent en fait une certaine solitude et un manque d’affection. Son trait particulier renforce le côté pervers et sadique de Sujima. Ce tome pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs, les relations n’étant pas toujours consenties. Pour ma part, appréciant le travail de la mangaka, je suis happée par cette relation toxique mais dynamique et entrainante.

Orage & miel – Retsujyo

orage et miel retsujyo

Retsujyo 劣情
ISBN: 9782382763902
Hana, 2023
ISBN: 9784796414562 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« J’ai toujours pensé que je ne pouvais aimer personne. »

Retsujyo sensei narre une romance dramatique entre deux amis d’enfance perdus de vue. Elle alterne la narration entre les deux héros, faisant entrer rapidement les lecteurs dans les confidences d’Aoyagi, alias Yang. Ainsi, elle aborde le sacrifice de soi, la manipulation, la jalousie et le désarroi des personnes sous la coupe des mafieux. Prisonnier de sa promesse avec Yang, Yuen refuse de fuir le danger et se prostitue pour protéger les deux derniers orphelins de l’établissement. Soumis à son gang, Aoyagi protège à sa manière celui qu’il a toujours aimé. L’auteure préfère s’attarder sur les sentiments des personnages, expédiant les tensions du clan mafieux assez rapidement. Elle offre tout de même quelques scènes d’action. Jin, le bras droit d’Aogiri apporte une touche amusante avec les enfants Tam et Fan.

La mangaka a un trait épuré avec une touche shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance se font discrètes tandis que les autres trames utilisent une large palette de dégradés. Les décors soignés sont également très présents. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique joue sur les suggestions pour ne pas trop détailler les scènes trop violente. Toutefois, Retsujyo sensei atténue peu le sang malgré leur fusion avec des ombres. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le quotidien des personnages.

En résumé

Abandonné par ses parents, Yuen trouve du réconfort auprès de son camarade de chambre, Yang, qui le traite comme un petit frère. Ce dernier lui promet même de continuer à venir le voir quand il quittera l’orphelinat plus tard pour travailler. Mais un jour, le directeur de l’orphelinat convoque Yuen dans son bureau la nuit et abuse de lui. L’adolescent n’arrive pas à se confier à son protecteur pourtant inquiet. Ne supportant plus son calvaire, un soir, il finit par assommer violemment son agresseur. Arrive alors Yang qui décide de se faire passer pour le coupable afin de protéger Yuen.

En conclusion

Ce one-shot obtient la treizième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2022. Retsujyo sensei oscille entre érotisme et action, se perdant parfois dans les réflexions de ses personnages. Certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs car elle aborde le viol, la pédophilie (toutefois sans images explicites), sans compter les scènes un peu sanglantes. Son graphisme est par ailleurs charmant. Pour ma part, j’ai sauté certaines pages trop sanglantes à mon goût, mais cela ne m’a pas gêné dans la compréhension du récit. Une lecture sombre dans laquelle l’amour se fait désespérément désirer.

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant? – Kiyama Haru

alors qu est ce qu on fait maintenant kiyama haru

KIYAMA Haru 木山はる
ISBN: 9782382764053
Hana, 2023
ISBN: 9784799752937 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« L’amour est vraiment quelque chose de complexe!! »

Kiyama Haru sensei narre une douce romance entre deux hommes blessés par l’amour. Elle aborde les difficultés à affronter la réalité, à se remettre en question et à reprendre confiance en soi après un échec. Elle joue sur les quiproquos entre ses deux personnages aux caractères opposés. Ainsi, le bavard et intrusif Ôtsu ne se rend pas souvent compte que sa trop grande gentillesse peut blesser ses partenaires. Le renfermé Aki, quant à lui, supporte de moins en moins son lourd secret et réussit à mieux cerner ses émotions grâce à son nouveau confident. Les deux hommes apprennent à se connaître et construisent leur relation à tâtons. L’auteure diffuse le passé de ses personnages au compte-goutte et maintient ainsi un certain suspense. Elle s’intéresse au sentiment de solitude malgré un entourage bienveillant. Yoshida, l’ami et confident d’Ôtsu, ramène par ailleurs ce dernier à la réalité par ses conseils avisés.

La mangaka a un trait épuré et fin, plutôt anguleux qui garde son tracé discontinu. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle joue également sur la forme des phylactères pour transcrire les émotions. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Les autres trames sont variées. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir ou gris. La mise en page très dynamique rythme la lecture entre grandes vignettes, ellipses et superpositions. Dans les scènes érotiques, Kiyama sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou de larges bandelettes. Elle intègre les illustrations en début de chapitre directement dans le récit ou présente le quotidien des personnages. A la fin de certains chapitres, elle offre quelques croquis apportant une anecdote.

En résumé

Fraîchement divorcé, Ôtsu Yûsuke (32 ans) ne supporte plus les regards curieux de ses collègues ainsi que les rumeurs qui circulent à son sujet. Devenu la cible des femmes de l’entreprise, il décide de s’inscrire sur une application de rencontre gay. Son premier rendez-vous avec Aki (26 ans) ne se passe pas comme il l’espérait. Il voulait passer du bon temps à tranquillement discuter alors que son partenaire, prisonnier d’un amour à sens unique, cherche simplement un coup d’un soir pour tromper sa solitude. En plus, ayant la fâcheuse tendance à toujours aider son prochain, Ôtsu se fait arroser par des clients virulents en intervenant avant les serveurs. Mais appréciant la compagnie d’Aki, il lui propose un autre rendez-vous.

En conclusion

Pour son premier one-shot, Kiyama Haru sensei maîtrise assez bien le format et développe même une histoire dynamique apportant un peu de réconfort. Elle utilise plutôt bien les codes graphiques pour transcrire les ambiances et émotions. Par ailleurs, les quelques maladresses n’attirent pas l’attention du lecteur. Je suis simplement charmée par les personnages attachants. Une lecture agréable.

Roku and Rui – Suiyoubi

roku and rui suiyoubi

Suiyoubi 水曜日
ISBN: 9782382763971
Hana, 2023
ISBN: 9784799752173 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Essaye de me faire tomber amoureux de toi. »

Suiyoubi sensei narre une comédie romantique avec un ami d’enfance tyrannique qui se transforme en petit ami prévenant. D’ailleurs, à part des baisers volés, elle construit une relation consensuelle. Bien que possessif, Roku se contrôle et se montre attentionné. Rui, quant à lui, s’interroge beaucoup sur ses sentiments et les différences entre amitié et amour. La narration se base principalement sur son point de vue. Mais une des histoires bonus donne la version de Koga. L’auteure joue sur l’inexpérience de Takanashi pour aborder les interrogations qui l’assaillent sur les différences entre amour hétérosexuel et homosexuel. Ainsi, elle dépeint les différents sentiments qui touchent un couple en construction: la jalousie, le doute, les inquiétudes qui persistent malgré la confiance acquise. Elle montre également l’importance de la communication. Les amis permettent au couple d’avancer.

La mangaka a un trait épuré au tracé d’abord rigide mais qui s’assouplit par la suite, donnant une touche particulière à son dessin. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne un aspect mignon à ses personnages avec des hachures de rougissement. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges et s’estompent autour des protagonistes. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Suiyoubi sensei joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. Elle ne les détaille pas et ne dessine pas les contours.

En résumé

Cela fait trois mois que Takanashi Rui est à l’université et il compte bien sortir avec une fille. Enfin! Si son ami d’enfance, Koga Roku, ne lui pique pas la fille qui lui plaît. En effet, les deux garçons se sont disputés au collège après que Roku lui ait volé un baiser et depuis, ils ne se parlent plus. Alors que Takanashi essayait d’aborder Sugita, Koga fait un vacarme monstre, mettant mal à l’aise la jeune fille. Pourtant, Rui décroche tout de même un rendez-vous à la fin des cours. Mais il trouve Roku à la place de Sugita. Ce dernier l’embrasse alors en déclamant ses sentiments.

En conclusion

Suiyoubi sensei montre avec humour les tribulations de l’amitié vers l’amour. Elle offre une comédie romantique amusante et dynamique et surprend le lecteur avec le changement de comportement de Roku. Son graphisme particulier qui évolue un peu au fil des chapitres renforce les effets comiques. Malheureusement, l’enchainement des évènements plutôt rapide et le format one-shot laissent peu de temps pour s’attacher aux personnages. Une lecture certes classique mais toute de même mignonne.

Romantic lament 2 – Sato Sanayuki

romantic lament 2 sato sanayuki

SATO Sanayuki 佐藤さなゆき
ISBN: 9782382764251
Hana, 2023
ISBN: 9784796415682 (JP)
Kaiohsha, 2023 (JP)
Titre original: ロマンチック・ラメント sequel
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« L’amour n’a rien à voir avec le destin. »

Sato Sanayuki sensei continue de développer sa romance omegaverse confrontant le destin et l’amour. Comme dans le tome précédent, elle aborde la force des sentiments, l’influence des phéromones confondue avec le destin, les difficultés rencontrées par les âmes sœurs. Avec Nanase, elle introduit le point de vue d’un bêta et son incompréhension face aux réactions aux phéromones. Par ailleurs, Tachibana a une vision idéalisée des âmes sœurs et du destin. Il se retrouve alors confronté aux refus d’Asahi et d’Akiomi qui vont l’obliger à se remettre en question. D’ailleurs, l’auteure met en avant les doutes et les peurs qui ébranlent la confiance d’un couple pourtant solide. Elle dépeint avec finesse le sentiment de culpabilité et les quiproquos qui peuvent naître à cause du manque de communication. Par ailleurs, elle montre les discriminations qui peuvent encore persister envers les omégas.

La mangaka a un trait épuré assez classique avec une touche shôjo quand des hachures envahissent totalement les visages lors des rougissements. Elle dessine des contours épais qui apportent un peu de relief. Par ailleurs, elle simplifie son trait dans les passages humoristiques. Les trames utilisées avec parcimonie, ont une dominante claire. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les fonds noirs indiquent les cauchemars. La mise en page est dynamique. Sato sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle dessine même des coupes intérieures. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne le ton du récit.

En résumé

Depuis que l’alpha Ban Akiomi s’est apparié avec l’oméga Asahi, il aime prendre soin de lui. Il profite alors du moindre instant de liberté à l’université pour le nourrir ou le marquer. Ayant fini ses cours plus tôt, Asahi essaie de rejoindre son petit ami mais, en chemin, percute un nouvel alpha, immédiatement sensible à son odeur. Il préfère donc fuir, Akiomi finissant tard. Toutefois, quand l’alpha sent les phéromones d’un rival sur son petit ami, il panique. Le lendemain, Asahi trouve Akiomi en grande discussion avec un beau bêta, Ebihara Nanase, qui semble bien familier. Ils sont également rejoints par l’alpha percuté la veille et ami de Nanase, Tachibana Asuma. Ce dernier, persuadé qu’Asahi lui est destiné, se déclare soudain.

En conclusion

Sato Sanayuki sensei propose une suite qui n’apporte pas grand chose de plus mais qui permet toutefois de découvrir ce que deviennent Asahi et Akiomi. Elle creuse d’ailleurs un peu plus son sujet, pour notre plus grand plaisir. En plus, son graphisme est toujours aussi agréable. Malgré la surprise passée sur le traitement original de cet omegaverse, j’apprécie toujours ma lecture, avec les questionnements qu’apporte ce récit. C’est un plaisir de retrouver ce couple qui se construit entre douleurs et bonheurs. Mise à jour: Ce tome se classe treizième meilleur manga émouvant au Chill chill BL award 2024.

Fellow mellow – Yuitsu

fellow mellow yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382763889
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784866536071 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Si seulement on pouvait oublier facilement un amour du passé. »

Yuitsu sensei narre une romance compliquée entre deux amis de lycée aux caractères opposés qui s’étaient perdus de vue. Elle révèle leur passé au fil des flash-back, permettant au lecteur de reconstruire petit à petit les évènements. Le populaire Mitsuhisa parle franchement et a la fâcheuse tendance à imposer son rythme dans une relation. Le fuyant Akane, quant à lui, aime la solitude et préfère la discrétion. Le manque de communication entre eux va créer nombres de quiproquos, de doutes et d’incompréhension. Ainsi, l’auteure dépeint avec finesse le malaise qui perdure entre ses deux héros malgré des sentiments réciproques mais cachés. Elle s’intéresse au doute, à l’influence de la réputation, au jugement extérieur. Par ailleurs, elle met en avant le soutien de leurs amis Nagisa et Fujiwara Kanae.

La mangaka a un trait léché, légèrement épuré, qui dégage beaucoup de sensualité. Elle lui donne d’ailleurs un certain réalisme. Ainsi, les trames variées transcrivent couleurs et ombres. Par contre, les trames d’ambiance appuient très discrètement les émotions, souvent par de doux dégradés. Les décors situent l’action. La mise en page est simplement dynamique. Toutefois, l’introduction des flash-back se fait avec subtilité par des cases dégradées ou des images au trait légèrement plus clair. Dans les scènes érotiques, Yuitsu sensei censure les parties intimes par de nombreuses languettes blanches. De même, elle les dessine avec un contour blanc occultant les détails. Pourtant, elle n’hésite pas à faire des coupes intérieures. Chaque chapitre met en avant la sensualité des personnages, frisant à la limite du fan service. Par ailleurs, les illustrations en début de chapitre montre le quotidien des personnages.

En résumé

A un concert, Uruma Akane recroise par hasard Inui Mitsuhisa. Au lycée, alors qu’il préférait s’isoler, Mitsuhisa avait tout fait pour sympathiser avec lui, le collant à chaque instant. En effet, ce dernier n’avait pas peur des rumeurs qui circulaient sur lui: comme des phénomènes paranormaux se déclenchaient parfois à ses côtés, certains pensaient qu’il portait malheur. Un jour, Mitsu l’emmèna dans une salle de classe réputée hantée pour l’interroger sur sa sexualité. Excédé, Akane lui dévoila alors son homosexualité mais à sa surprise, son ami l’embrassa. Par la suite, ils entamèrent une relation charnelle…

En conclusion

Yuitsu sensei s’intéresse à la romance classique d’amis perdus de vue mais traite le sujet à sa manière, en décortiquant les sentiments et en diffusant du suspense. Elle y ajoute en plus beaucoup de sensualité. Ainsi, elle offre une histoire adulte, réaliste, entraînante et bien rythmée. J’ai donc passé un excellent moment de lecture. Et j’ai hâte de découvrir la suite. Une belle surprise avec un couple attendrissant, que l’on a envie de soutenir.

Strelitzia – Yuitsu

strelitzia yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382763858
Hana, 2023
ISBN: 9784866535180 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Tu n’as absolument aucun sex-appeal. »

Yuitsu sensei narre une romance toute mignonne qui se déroule pourtant dans l’univers des hôtes. Elle développe une relation plutôt consensuelle, décortiquant le passage de l’admiration à l’amour. De même, elle s’attarde principalement sur l’évolution des sentiments. L’indécis Tao manque de confiance en lui et a donc du mal à déchiffrer ses propres émotions. Il s’interroge et, bien que de caractère fuyant, fait face aux avances de son gérant. Attiré par le petit nouveau, Haruchika réalise rapidement ses sentiments et n’hésite pas à utiliser toutes les techniques de séduction pour arriver à ses fins tout en respectant tout de même les limites de son partenaire. Avec le client Yamato, l’auteure confronte ses héros à la jalousie et à l’improbable dualité entre Jin et Chika. Elle présente d’autres formes relationnelles avec les autres hôtes: le protecteur Sumire, les deux amis d’enfance câlins et tactiles Kei et Tsugumi.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps musclés et des regards intenses et soigne également les costumes. Mais elle travaille surtout la sensualité des gestes même simples, mettant en avant tout le travail de séduction des hôtes. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Bien que la mise en page soit plutôt classique, évitant ainsi de surcharger la page, Yuitsu sensei offre quelques pages plus dynamiques avec des superpositions de cases. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par des bandelettes et occulte les détails par un contour blanc. Pourtant, elle dessine des coupes intérieures. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Akizuki Tao, fan du populaire hôte Amakuni Jin, rejoint le club dans lequel travaillait ce dernier. Le gérant Sumeragi Haruchika le guide pour son premier jour et s’amuse de son innocence. A la fin de la soirée, les résultats du nouveau étant peu probants, il lui fait carrément une démonstration tout en lui expliquant la méthode pour avoir plus de charme. Mais quand Chika remonte ses cheveux en arrière, Tao reconnaît soudain Jin, ce qui l’excite.

En conclusion

Yuitsu sensei offre une romance toute mignonne à la fois sexy et romantique. Elle joue sur le caractère de ses personnages et leurs réactions, mêlant ainsi drame, humour et romance. La sensualité de son graphisme suinte à chaque image. Je suis complètement charmée par ce récit qui m’a d’abord surpris, d’une part, par le côté innocent que conservent les deux héros et d’autre part, par le milieu dans lequel ils évoluent. Si vous aimez la mangaka, foncez, vous serez conquis!

Calling Darling, Las Vegas – Jugatsu

calling darling las vegas jugatsu

Jugatsu 十月
ISBN: 9782382763988
Hana, 2023
ISBN: 978479975459 (JP)
Libre, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Un amour naissant d’un pari entre un garde du corps et un jeune propriétaire fringuant. »

Jugatsu sensei narre une romance entre un garde du corps désabusé et un patron de casino qui souhaite aider les gens à réaliser leurs rêves. Elle donne une vision un peu trop idéalisée du monde des jeux d’argent, avec Aloïs qui travaille pour le bien de la ville avant de faire des bénéfices. Jôno, qui a pourtant subi du harcèlement à cause de ses origines métissées, semble fuir son propre bonheur. Pourtant, en côtoyant son expansif patron, il va évoluer petit à petit et exprimer plus facilement ses sentiments. L’auteure sème quelques épreuves sur la route amoureuse des deux héros mais ne maîtrise pas trop l’enchainement des évènements. Elle révèle leur passé au gré de leurs discussions et de leurs jeux. Elle aborde entre autres l’exploitation des rêves, la gentillesse parfois douloureuse et blessante, le dur investissement de soi pour réussir, la difficulté d’instituer de nouvelles méthodes de management.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux, avec une touche de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle offre quelques pages fan service mettant en avant la plastique de ses personnages, surtout le beau Aloïs. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Dans les scènes érotiques, Jugatsu sensei censure les parties intimes par un cache blanc ou de larges bandelettes. Elle présente les personnages secondaires dans sa postface.

En résumé

Jôno Izaya travaille dans un casino à Las Vegas. Bien qu’il se montre stricte avec les clients violents, il fait preuve d’une grande gentillesse et s’entend bien avec ses collègues. Un jour, il protège même un jeune pickpocket en l’empêchant de commettre un vol. Depuis sa voiture, le patron du casino, Aloïs Elias Teness, le remarque et s’intéresse alors à lui, le convoquant dans son bureau. Il lui propose donc de devenir son garde du corps. Mais Jôno, influencé par les rumeurs circulant sur son patron, hésite. Alors Aloïs fait un pari avec lui: après avoir travaillé pendant deux semaines à ses côtés, s’il ne change pas d’avis, il pourra retourner à son ancien poste mais s’il apprécie ce nouveau travail, il devra accepter sa nouvelles mission.

En conclusion

Jugatsu sensei offre une romance un peu trop mièvre pour l’univers des jeux d’argent. En plus, elle annule l’effet de surprise en ne maîtrisant pas certains enchainements. Toutefois, elle se rattrape avec des histoires bonus adorables, qui collent d’ailleurs bien mieux aux caractères des personnages. Et son dessin est beau. Malgré ces petits défauts, j’ai craqué pour cette histoire mignonne et positive dès sa sortie en japonais. Je suis donc ravie de la découvrir en français. Mais je suis décontenancée par certaines erreurs et certains choix de traduction qui transforment complètement ma première impression et même l’ambiance du récit. D’autant plus que la traductrice (Valentine Seyteur) se débrouille très bien sur d’autres titres. J’avais l’impression de lire complètement autre chose et c’est bien dommage. En espérant que cela n’affectera pas autant les nouveaux lecteurs.