Attrape-moi si tu peux – Takuan

attrape moi si tu peux takuan

Takuan タクアン
ISBN: 9782382126158
Akata, 2023
ISBN: 9784829686638 (JP)
France shoin, 2022 (JP)
Titre original: 逃避行じゃあるまいし
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Découvrez trois couples dans leur intimité. »

Takuan sensei présente une tranche de vie de trois couples différents confrontés à des difficultés dans l’évolution de leurs relations à cause de problèmes de confiance ou de complexes. Elle révèle au fur et à mesure les causes de leurs comportements et met en avant la communication au sein du couple pour remédier à leurs petits problèmes. Elle maîtrise parfaitement le format court, allant à l’essentiel et laissant le lecteur découvrir le caractère complexe des personnages. Ainsi, Manabu et Hanji installent entre eux un jeu du chat et de la souris, leur manque de confiance dominant leurs réactions. Le capricieux Jun’ichi et le maladroit Yûtarô oscillent entre amitié et amour. Dans la dernière histoire, l’auteure montre comment Keita pousse un peu Akio pour l’aider à dépasser son complexe, ses paroles rassurantes ne suffisant pas. Dans les histories bonus, elle partage quelques anecdotes sur les deux premiers couples.

La mangaka a un trait plutôt réaliste et marqué. Elle dessine des corps musclés et certains de ses personnages sont même poilus. Pourtant, les trames utilisent une palette restreinte. Et des hachures marquent les ombres fortes. Dans la seconde histoire, les trames d’ambiance accompagnent les effets comiques. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Takuan sensei censure les parties intimes par des bandelettes sauf dans la troisième histoire. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne le ton du récit et les intègre parfois directement dans l’histoire. Sous la jaquette, elle offre les croquis préparatoires des personnages.

En résumé

Attrape-moi si tu peux… / Une autre forme d’amour: Ayant peur de s’engager dans une relation, Onohara Manabu collectionne les coups d’un soir. Il sélectionne des partenaires loin de chez lui et déménage même souvent. Pourtant, parfois il rêve de rencontrer un partenaire sérieux qui chercherait à le retrouver. D’ailleurs, appréciant Tomono Hanji, il l’interroge pour voir ses réactions mais finit par le quitter, ignorant ses appels. Pourtant, au bout d’un mois, il retrouve ce dernier devant son immeuble. En effet, plus on fuit Hanji, plus cela l’excite.
Loin des yeux… / Entre joie et gêne / Dépression post-party: Tatsumi Jun’ichi travaille à Tokyo. Après une soirée un peu arrosée avec Minamino Yûtarô, son ami d’enfance d’Osaka, venu en mission, il finit en larmes en le raccompagnant à la gare. En effet, la solitude le pèse. D’abord gêné, Yûtarô finit aussi par lui déclarer sa peine ainsi que son amour pour lui. Heureux, Jun’ichi partage également ses sentiments mais son ami, encore douteux, lui demande d’attendre une nuit avant de les confirmer.
Une relation au poil: Cela fait six mois que Fuyuno Keita et Tonami Akio sortent ensemble mais ils n’ont pourtant pas encore couché ensemble. En effet, Akio complexe énormément sur son corps poilu et refuse donc de se déshabiller.

En conclusion

Takuan sensei maîtrise parfaitement le format court. Elle offre des romances plutôt mâtures et réalistes. Je craque complètement pour son style graphique. C’est un énorme coup de cœur pour moi!

Scramblues – Mame March

scramblues mame march

mame march
ISBN: 9782382126851
Akata, 2023
ISBN:‎ 9784829686522 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Il suffit pas de « faire de son mieux » pour produire quelque chose de « classe ». »

mame march sensei développe une douce romance entre deux hommes qui rencontrent quelques difficultés dans leur carrière pour transmettre leurs passions. Elle s’attarde sur les processus créatifs musicaux et graphiques, la difficulté à composer une œuvre qui touchera le public, l’influence des émotions sur la création, la frustration. Ainsi, Eddie reste prisonnier de son passé et a donc du mal à avancer malgré son succès. En plus, considéré comme un génie, son travail acharné passe inaperçu. Haru, quant à lui, a la fâcheuse tendance à fuir les difficultés. Les deux hommes vont se découvrir, s’apprécier puis tomber simplement amoureux. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages, maintenant un certain suspense. Elle aborde le bonheur et la souffrance d’un métier passion. Elle semble d’ailleurs faire passer la romance au second plan. Dans l’histoire bonus, elle permet de découvrir l’avenir du couple.

La mangaka a un trait anguleux, au style assez marqué et pourtant épuré, avec un contour parfois dédoublé. Elle lui donne du relief avec un aspect un peu brut. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Les trames utilisent une palette très restreinte tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Toutefois, mame sensei marque les souvenirs furtifs avec un cadre épais et des trames rayées recouvrant la vignette. Par ailleurs, elle présente les personnages en fin de tome. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, il y a une illustration des bureaux de Haru et Eddie.

En résumé

Enfant, Kurosaki Haru aimait écouter de la musique, malgré l’interdiction de toucher à la collection de vinyles de son père. Devenu adulte, il travaille actuellement en tant que designer dans une agence de graphisme mais il peine à percer, ses visuels étant tout le temps rejetés. Un jour, l’agence reçoit une commande du célèbre musicien Eddie Astley. Haru propose alors sa candidature, désirant transmettre ce qu’il aime. Malheureusement l’artiste impassible se montre très difficile. Déprimé, Kurosaki se console le soir à un concert de son groupe préféré, Roze. A sa surprise, le chanteur, Kenji, invite sur scène Eddie, qui s’avère être son ami d’enfance. En découvrant d’autres facettes du musicien, tout souriant, Haru a alors envie de le connaître mieux.

En conclusion

mame march sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, alternant avec brio tension, humour et romance. Elle préfère se concentrer sur l’évolution de ses personnages dans leur relation. Son style graphique particulier apporte une certaine fraîcheur très agréable. Il reste très expressif. Je suis charmée par ce récit mettant en parallèle création et développement amoureux. Une belle lecture qui partage avec finesse la passion.

Country diary 1 – Isino Aya

country diary 1 isino aya

ISINO Aya イシノアヤ
ISBN: 9782382124956
Akata, 2023
ISBN: 9784863496910 (JP)
Akaneshinsha, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Un manga rural qui nous invite à profiter des petits riens de la vie et à admirer la beauté de la nature. »

Isino Aya sensei invite les lecteurs à partager le quotidien de Kurumizawa et Usa à la campagne. Elle met en avant les techniques agricoles et de menuiserie, la vie rurale au gré des saisons mais également les spécificités des maisons traditionnelles. Pour l’instant, elle installe les personnages et le contexte. Ainsi, le lecteur accompagne Junnosuke à travers ses découvertes, ses progrès dans son installation, ses rencontres et son intégration. Le serviable Giichi se lie rapidement d’amitié avec le nouveau et persévérant agriculteur. L’auteure aborde l’entraide et la chaleur humaine qui perdurent à la campagne malgré l’éloignement, l’épanouissement de l’individu dans la nature, les difficultés que rencontre un citadin en milieu rural. Avec l’étudiant Saikawa Yô, elle sème quelques indices sur le passé de l’ancien enseignant, laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

La mangaka a un trait anguleux simple, qui va à l’essentiel. Pourtant, elle le simplifie encore plus dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle privilégie un tracé à la main reprenant un peu le style graphique des mangas comiques. Les décors pourtant soignés s’accordent tout de même avec le graphisme. Les trames posées en aplat utilisent une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance discrètes appuient les émotions. La mise en page classique fait ressortir le dessin avec des cadres épais. En début de chapitre, Isino sensei dessine des illustrations en rapport avec leur titre. Sous la jaquette, elle offre un petit lexique et donne une anecdote en une planche à lire absolument à la fin. Les illustrations de la couverture et des rabats présentent de petits moments d’une journée à la campagne. L’encre d’impression tend parfois vers le gris-vert très foncé selon la lumière, rappelant la verdure.

En résumé

Le menuisier indépendant Usa Giichi passa à la scierie d’Inagaki, lui confiant son projet d’investir dans la maison vide des Satô, à Koishizawa. En effet, un peu éloignée de la ville, il pourrait installer son atelier dans l’entrepôt attenant à la maison et ainsi ne pas déranger le voisinage avec le bruit. Mais son ami lui apprend que la maison a déjà un nouveau propriétaire originaire de Tokyo. Intrigué, Usa se rend sur place et trouve Kurumizawa Junnosuke, un ancien professeur, allongé à même le sol. Le nouvel habitant lui demande alors très poliment de lui apprendre la vie à la campagne. Surpris, Usa lui propose d’abord de réparer sa maison en piteux état.

En conclusion

Isino Aya sensei invite les lecteurs à prendre une véritable bouffée d’air à travers ce manga contemplatif. Malgré une narration centrée sur la découverte de la vie rurale, elle maîtrise pourtant parfaitement l’évolution de la relation sans pour autant s’y attarder, donnant quelques indices à travers des regards, des réactions, des réflexions. J’adore son graphisme faussement simple. Un titre à la fois enrichissant pour sa culture personnelle, divertissant et reposant, qui donne envie de se mettre au vert. Un coup de cœur!

Cherry magic 2 – Toyota Yuu

cherry magic 2 toyota yuu

TOYOTA Yuu 豊田悠
ISBN: 978238227483
Akata, 2023
ISBN: 9784757561274 (JP)
Square enix, 2019 (JP)
Titre original: 30歳まで童貞だと魔法使いになれるらしい 2
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Pour la première fois de ma vie, je trouve un homme mignon… »

Toyota Yuu sensei continue de nous amuser avec les aventures d’Adachi. Elle reprend les évènements classiques des romances BL entre salarymen, comme par exemple la sortie de cohésion, la forte fièvre, mais tourne en dérision les moments romantiques. De même, elle dénonce la lourdeur de certaines pratiques de drague. Ainsi, les techniques de séduction du « beau gosse » ne fonctionnent pas sur Adachi. D’ailleurs, les faiblesses de Kurosawa cassent son image d’homme parfait. La narration alterne entre les héros. L’auteure décortique la naissance des sentiments et les questionnements des protagonnistes. Elle introduit de nouveaux personnages qui font bouger les deux salarymen: la nouvelle recrue trop enthousiaste Rokkoku Yûta, la gentille mais distante secrétaire Fujisaki, la taquine sœur de Kurosawa. Elle continue également les aventure de Masato Tsuge (30 ans) dans une histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré proche du style shôjo. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle met également en avant la fine musculature de Kurosawa. Les décors alternent avec les trames d’ambiance très graphiques qui appuient les émotions. Les autres trames sont très variées. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Comme dans le tome précédent, les pensées lues apparaissent en rose dans le premier chapitre. Par la suite, un format fixe permet de les repérer immédiatement: une police spécifique et des guillemets (un beau travail imperceptible de la lettreuse Audrey Martor). La mise en page est dynamique. D’ailleurs, Toyota sensei n’hésite pas à reprendre le format des jeux vidéos dans le premier chapitre. Par ailleurs, la couverture utilise un vernis sur certains éléments donnant un bel effet à la lumière.

En résumé

Adachi se sent gêné vis à vis de Kurosawa Yûichi après avoir fui sa déclaration lors de leur sortie entre collègues, la veille. Pourtant son collègue se comporte normalement. D’abord admiratif d’un tel sang-froid, il se ravise rapidement en découvrant ses pensées secrètes. D’ailleurs, sa technique pour le séduire petit à petit fonctionne totalement, avec un simple cadeau souvenir bien choisi…

En conclusion

Bien que ce tome ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, il est cité parmi les meilleures séries pures qui fendent le cœur. Toyota Yuu sensei enchaîne avec brio quiproquos et tension romantique, surprenant le lecteur. Son graphisme va à l’efficacité et exprime parfaitement les émotions des personnages. Je suis complètement séduite par ce titre qui offre un moment de lecture doux et amusant. Ceux qui ont eu la chance d’acheter leur tome à la Y/CON 2023 ont pu également recevoir un magnifique stand acrylique de la série. Du bonheur!

Roses et champagne 1 – Zig et Ttung gae

roses et champagne 1 zig ttung gae

ZIG
Ttung gae
ISBN: 9782382882016
Kbooks, 2023
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« J’ai toujours rêver de dresser un tigre. »

Ttung gae mélange romance, drame et suspense avec la rencontre explosive entre le tyrannique mafieux César et l’impétueux avocat Jeong. Les deux hommes se retrouvent à collaborer et négocier, dans un jeu oscillant entre manipulation et séduction. Pourtant les coups bas et le chantage côtoient constamment des échanges de bons procédés. Le comportement ambivalent de Sergueïv, d’une part attentionné avec Iwon et d’autre part extrêmement violent avec ses autres interlocuteurs, crée de la tension. L’avocat répond facilement aux provocations du mafieux et n’hésite pas à le recadrer. L’auteur.e maintient un certain suspense en dévoilant au fur et à mesure l’évolution de l’enquête et les intrigues au sein de la mafia. Iel s’intéresse à l’alchimie qui s’installe entre deux personnes de milieux complètement différents. L’humour joue sur les quiproquos, les manigances et les interventions comiques de Dimitri, le cousin de César.

Ttung gae a un trait épuré et anguleux qu’iel simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Les personnages ont différentes statures facilitant leur identification. Les décors soignés et détaillés s’éclaircissent lorsqu’ils sont en arrière-plan pour ne pas surcharger la page. Par ailleurs, la palette de couleurs offre plutôt des tons réalistes. De même, les trames d’ambiance se font discrètes et accompagnent les émotions. Elles deviennent plus sombres dans les moments dramatiques. La.le manhwaga offre des chapitres plutôt courts. La mise en page, bien que fluide, a parfois des agencements de cases ou de bulles provoquant quelques hésitations sur leur sens de lecture. En début de tome, il y a un poster mais également un avertissement bienvenu.

En résumé

L’avocat d’origine coréenne Jeong Iwon vit à Moscou et travaille actuellement sur le dossier de son voisin Nicolaï qui risque de perdre son usine familiale à cause d’un élu véreux, Georg Zdanov. Pour économiser ses frais de transport, il rentre chez lui en courant mais percute un bel homme à l’angle d’une rue. Ce dernier se montre alors très prévenant avec lui. Mais le lendemain, en se rendant à l’improviste chez Zdanov, l’avocat recroise l’inconnu qui s’avère être le dirigeant d’une puissante organisation mafieuse: César Alexandrovitch Sergueïv, alias le Tsar. Le soupçonnant d’aider le député dans ses malversations, il décide alors d’informer le gangster de l’affaire actuelle, s’imposant dans son bureau à l’improviste.

En conclusion

Ttung gae maîtrise l’enchaînement des évènements et laisse le lecteur respirer en alternant l’humour et la tension. Son graphisme est par ailleurs très agréable. Je suis séduite par ce récit, complètement happée par la dynamique entre les deux héros mais surtout curieuse de découvrir le fin mot de cette enquête. Lequel des deux cèdera en premier à la passion?

Dangerous convenience store 1 – 945

dangerous convenience store 1 945

945
ISBN: 9782382882566
Kbooks, 2023
ISBN: 9791192674056 (KR)
OrangeD, 2022 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Comparé aux autres gangsters, je trouve cet homme bien plus intimidant. »

945 (Gusao) narre une comédie romantique sexy entre un étudiant assumant son homosexualité et un mafieux plutôt attentionné. Iel installe d’abord le contexte et un « faux » triangle amoureux avec Hyunwoo qui se montre égoïste et volage. La narration alterne entre les deux héros, partageant leurs réflexions. Ainsi, l’humour se base principalement sur les quiproquos et le détournement de situations dramatiques. Malgré ses airs de brute, le mafieux Beom parle franchement et déborde de gentillesse envers son jeune voisin. Bien qu’étudiant, Yeo assume déjà beaucoup de responsabilités. Son amie d’enfance, Juyeon, le conseille et le guide. L’auteur.e s’intéresse à la différence sociale, au jugement sur les apparences et décortique la naissance du sentiment amoureux après une relation purement charnelle. D’ailleurs, les ébats intenses sont parfois à la limite du consentement.

945 a un trait épuré et anguleux qu’iel simplifie et arrondit dans les passages humoristiques, transformant les héros en mignons SD. Iel varie les morphologies, facilitant leur identification. Iel privilégie des tons pastels mais joue tout de même sur les contrastes, l’univers des gangsters utilisant une palette plus sombre. Des hachures renforcent les ombres fortes. Pour ne pas surcharger les cases, les décors utilisent un tracé flou et des aplats de couleurs. Les trames d’ambiance accompagnent également les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est plutôt fluide et met bien en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, la.le manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. Il y a un poster en début de tome.

En résumé

L’étudiant Yeo Euijoon travaille en parallèle dans une supérette pour payer ses frais scolaires mais aussi les frais médicaux de son frère hospitalisé. Son lieu de travail se trouve malheureusement dans un quartier fréquenté par des gangsters et certains clients l’intimident souvent pour ne pas payer. Mais un soir, il reçoit l’aide d’un grand et musclé bel homme, Beom Gunwoo, qui ne le laisse pas indifférent malgré son côté intimidant. Pourtant, il est déjà secrètement amoureux de son ami Yoon Hyunwoo. Qui Euijoon choisira-t-il?

En conclusion

945 prend son temps pour développer les personnages mais plonge les lecteurs rapidement dans les scènes érotiques. Pour information, iel a dessiné une couverture spécialement pour l’édition française. Je n’avais pas eu le temps de lire les derniers chapitres lors de la pré-publication sur Verytoon, je suis donc ravie de pouvoir redécouvrir ce titre. Un coup de cœur!

Our love will last till the end of time – Haida Nanako

our love will last till the end of time haida nanako

HAIDA Nanako 灰田ナナコ
ISBN: 9782375063866
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526089 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Titre original: 来世の君にくちづけを
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je voudrais que vous m’oubliez pour toujours. »

Haida Nanako sensei offre une belle romance avec en toile de fond des réincarnations. Elle interroge alors sur la difficile distinction entre sentiments passés et présents, l’influence des souvenirs d’une personnalité réincarnée sur le quotidien, la projection d’anciennes émotions. Elle alterne la narration entre les deux héros, partageant ainsi leurs questionnements. Ainsi, malgré une attirance réciproque, Hiroto et Natsume ne partagent pas encore la même passion en raison de leurs différences de souvenirs antérieurs communs. D’ailleurs, Takamine appréhende le retour des souvenirs douloureux de Mika, se sentant coupable de son triste destin. Ainsi, l’auteure révèle l’histoire de Luke et Mika au fil des chapitres, maintenant un certain suspense. Elle met en avant un amour qui perdure à travers le temps et s’émancipe de la différence sociale. Elle construit une relation consensuelle, qui se développe tout de même un peu rapidement.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle dessine de grands yeux expressifs, des corps longilignes et des visages rougissants recouverts de hachures. De même, elle utilise des trames d’ambiance très graphique (fleurs, pois, étoiles brillantes…) pour accompagner les émotions. Les autres trames sont équilibrées. Par contre, les décors situent principalement l’action. Un fond noir marque les flash-back des souvenirs, sauf quand le passé se mêle au présent. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Haida sensei utilise beaucoup de superpositions et met en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure à peine les parties intimes en dessinant des contours blancs ou en les tramant uniquement. Elle joue également sur les cadrages pour éviter d’en montrer trop. Sous la jaquette, il y a une illustration et une planche apportant une anecdote.

En résumé

A 7 ans, suite à une forte fièvre, Takamine Hiroto a retrouvé les souvenirs d’une vie antérieure lorsqu’il était le prince Luke Ernest Wilson. Son ami d’enfance Saotome Yûichirô s’est également souvenu du passé de la réincarnation du majordome Brian. A l’époque, le prince était tombé amoureux d’un roturier, Mika Findey, qui a été condamné à mort pour espionnage. Depuis, il le cherche désespérément. Actuellement en troisième année de fac de droit, il croise un jour Natsume Kô, en deuxième année de biologie de l’environnement. Persuadé d’identifier Mika, il le prend alors dans ses bras mais ce dernier ne le reconnaît pas.

En conclusion

Haida Nanako sensei offre une belle romance entraînante, malgré un développement un peu rapide. Son magnifique graphisme très expressif permet d’éviter de longs monologues intérieurs. Je suis agréablement surprise par sa dextérité à mêler présent et passé avec fluidité. Un petit coup de cœur!

Jealousy blinds love – Nagisa Eiji

jealousy blinds love nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063835
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784910526102 (JP)
Shucream, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

« J’ai toujours voulu devenir un pianiste comme toi. »

Nagisa Eiji sensei propose de suivre un jeu de séduction et de manipulation entre un pianiste blasé, sur le déclin, et un jeune admirateur talentueux. Elle base principalement la narration du point de vue de Kirino puis alterne ensuite avec Takase pour donner sa version. Elle s’intéresse donc à un amour possessif, presque toxique, à l’admiration à la fois salvatrice et étouffante, aux sentiments contradictoires qui naissent avec la jalousie. En effet, le manipulateur Shion se laisse rapidement prendre à son propre jeu en tombant amoureux. Sa vision pessimiste de l’amour brouille sa compréhension des émotions. En plus, le naïf Kei, pas si innocent qu’il ne paraît, nourrit consciemment un amour calculateur. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages. Elle aborde la pression sur un jeune talent en devenir, l’avidité et la dépendance envers l’affection, la peur de finir seul.

La mangaka a un trait épuré et anguleux contemporain. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle ajoute quelques touches shôjo à son graphisme, comme par exemple les hachures envahissantes de la tête aux épaules recouvrant pourtant des trames indiquant les rougissements impressionnants de Takase. D’ailleurs, les trames sont plutôt utilisées avec parcimonie, en aplat, sauf dans les décors plus soignés. Ces derniers situent principalement l’action. Les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page dynamique varie beaucoup les angles de vue. Ainsi, Nagisa sensei joue parfois sur les plongées et les contre-plongées pour signifier l’ascendant des personnages. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par un cache blanc.

En résumé

Kirino Shion (22 ans) est un pianiste encore étudiant dont le talent périclite depuis qu’il a perdu sa passion pour la musique. Persuadé d’avoir atteint ses limites et dégoûté par les circonstances de sa victoire au dernier concours de piano en Russie, sa rencontre avec un de ses fans, Takase Kei, pique sa curiosité. En effet, le beau et populaire étudiant qui déborde d’admiration pour lui, se montre timide uniquement en sa présence. Il lui confie cependant vouloir devenir un pianiste aussi talentueux que lui. Kirino décide alors de tuer le temps en le taquinant un peu, ayant à la fois envie de le séduire et de le blesser.

En conclusion

Malgré un dessin agréable, Nagisa Eiji sensei ne transcrit pas clairement les émotions de ses personnages. Elle se perd également dans le développement de son récit, voulant trop approfondir certains sujets. Ainsi, ce one-shot souffre malheureusement de problèmes de rythme. Je trouve cela dommage car le propos de base était fort intéressant. J’ai toutefois passé un bon moment de lecture. Une romance divertissante, un peu maladroite, qui peut tout de même plaire à un public indulgent.

Color recipe 2 – Harada

color recipe 2 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782375061671
Taifu comics, 2023
ISBN:‎ 9784403666353 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Si je ne l’étais pas, si tu ne pensais pas tout le temps à moi, ça n’avait aucun intérêt. »

Harada sensei continue de développer la relation toxique qu’entretiennent Fukusuke et Shôkichi. Elle révèle au fur et à mesure tous les méfaits du coiffeur manipulateur, remontant même aux évènements du tome précédent, avant de dévoiler son vrai visage. Ainsi, elle décortique en détail l’amour égoïste, avide et pervers de Fuku, dont le harcèlement se transforme en torture psychologique puis physique. En effet, le psychopathe utilise tous les moyens les plus viles pour arriver à ses fins mais découvrira également les failles de son comportement. Le lecteur accompagne alors Shô dans sa chute. Fragilisé puis brisé, il oscille entre remise en question, culpabilité, résistance et acceptation de l’emprise. Riku, avec son franc parler, tape où cela fait mal, analysant parfaitement la situation. L’auteure aborde donc le harcèlement, les différentes méthodes de manipulation, l’amour déviant. Avec Kazunori, elle dénonce les comportements homophobes blessants et irréfléchis.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux, avec une touche graphique immédiatement reconnaissable. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. De même, des hachures envahissent les visages rougissants ou soulignent les ombres fortes. D’ailleurs, la balance des noirs et blancs domine l’usage des trames pourtant équilibrées. Ce contraste marqué se retrouve également dans les premières pages, en couleurs. Par contre, les trames d’ambiance parfois graphiques alternent avec les décors. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page plutôt classique propose tout de même quelques agencements plus audacieux. Harada sensei décompose justement les gestes sensuels et s’attarde sur les détails. Elle dessine également des corps finement musclés. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Même si Shôkichi couche avec Fukusuke, il ne le considère pas pour autant comme son petit ami. Ce dernier n’est d’ailleurs pas totalement satisfait de leur relation car il n’occupe toujours pas la première place des pensées du trop sérieux coiffeur. Pourtant, il n’hésite pas à se confondre en excuses dès que son partenaire s’énerve contre lui lorsqu’il essaie d’obtenir ses faveurs sexuelles. Mais Shô ne le laisse pas pour autant mener la danse, quitte à mordre là où cela fait très mal. En plus, devenu responsable du nouvel apprenti coiffeur Kazunori, il se montre souvent trop sévère avec ce dernier à cause de son comportement trop insouciant. En effet, Kazu a tendance à ne jamais reconnaître ses erreurs. Par conséquent, Shôkichi commence même à douter de son propre travail et à perdre confiance en lui-même. Et voir l’apprenti se rapprocher de Fuku semble également l’irriter.

En conclusion

Harada sensei plonge les lecteurs dans un suspense intense, les accompagnant au gré des révélations, et provoquant ainsi des sentiments contradictoires. Elle transcrit parfaitement le comportement pernicieux d’un pervers et ses conséquences. En plus, son magnifique graphisme exprime parfaitement les émotions des personnages. Attention, certaines scènes pourront choquer la sensibilité des lecteurs (pas de consentement). Si vous êtes fan de thriller psychologique et de manipulation, foncez sans hésiter! J’apprécie cette immersion dans une relation malsaine avec le pire des seme manipulateur.

Color recipe 1 – Harada

color recipe 1 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782375062517
Taifu comics, 2023
ISBN: 9784403666292 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ha, ha! On va pas bien tous les deux! »

Harada sensei nous entraîne dans un thriller psychologique avec un psychopathe pervers prêt à tout pour arriver à ses fins. Elle joue sur les caractères opposés de Shôkichi et Fukusuke pour ajouter quelques touches d’humour. Elle chamboule leur rivalité par des évènements qui les rapprocheront petit à petit. D’ailleurs, le côté asocial et naïf de Shôkichi lui fait perdre confiance en lui. Et Fukusuke, très possessif, joue avec ce dernier en lui faisant éprouver diverses émotions. De même, la franchise et l’impartialité de Riku ajoutent quelques tensions. Entre manipulation et harcèlement, l’auteure transcrit parfaitement les sentiments de ses personnages, la pression et la tension. Elle dévoile peu à peu les réelles intentions de Fukusuke. Par ailleurs, le comportement insistant et provocateur du coiffeur pervers entraîne des relations au consentement mitigé. En fin de tome, les chapitres bonus offre des anecdotes complémentaires.

La mangaka a un trait épuré et délié, légèrement anguleux. Elle porte une attention particulière sur la sensualité de la gestuelle des coiffeurs, décomposant leurs mouvements pour le lavage, la coupe, la couleur ou le massage. Elle simplifie les traits des expressions dans les passages humoristiques. Les visages sont plutôt ronds et les personnages rougissent facilement. Les premières planches, en couleurs, jouent beaucoup sur les contrastes forts. De même, les contrastes noir et blanc se dégagent des trames équilibrées. Par contre, les trames d’ambiance très graphiques alternent avec les décors. La mise en page, au premier abord classique, se révèle en réalité discrètement dynamique. Harada sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle détaille les préliminaires, jouant sur les cadrages et les gros plans, mettant en avant l’érotisme des personnages.

En résumé

Shôkichi (25 ans) travaille dans le salon de coiffure de M. Mikado, qu’il admire. En distribuant des tracts, il se dispute et frappe un passant qui se moquait de son patron. Mais il retrouve ce dernier au salon. Car Fukusuke (26 ans) est le nouveau coiffeur qui rejoint l’équipe. Originaire d’un salon prestigieux, il privilégie la communication avec les clients tandis que l’asocial Shô, bien que doué techniquement, peine à fidéliser sa clientèle à cause de son caractère taciturne. Un soir, M. Mikado, souhaitant qu’ils collaborent, leur demande de s’évaluer l’un l’autre. Mais passant plus de temps à se chamailler, Fukusuke rate le dernier train. Shôkichi lui propose donc de dormir chez lui. Cependant, quand il se réveille dans la nuit, il surprend alors son nouveau collègue en train de se masturber sur lui…

En conclusion

Ce tome obtient la douzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Fukusuke est classé dixième meilleur seme. En revanche, Shôkichi ne se classe pas mais est cité parmi les meilleurs uke admirables débordant de mignonitude. A noter que l’auteure a changé d’éditeur au cours de la série. Pourtant, publié en 2016 chez Kadokawa au départ, ce tome avait été classé premier meilleur manga au Chill chill BL award 2017. Le changement n’a en rien entamé son succès. En effet, Harada sensei maintient le suspense jusqu’au bout, ne révélant le caractère psychopathe de Fukusuke et ses desseins qu’à la fin. Elle offre comme à son habitude, une belle palette de caractères déviants. J’apprécie beaucoup ce récit malgré mes difficultés à apprécier Fukusuke dont la possessivité semble sans limite. Je recommande donc absolument cette série aux fans du genre.