Rock your world 1 – Miyoshi Ayato

rock your world 1 miyoshi ayato

MIYOSHI Ayato みよしあやと
ISBN: 9782382762196
Hana, 2023
ISBN: 9784861238475 (JP)
Brite, 2020 (JP)
Titre original: 捕食対象ひなどりくん
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Tu sais que tu es vraiment sans défense? »

Miyoshi Ayato sensei narre un triangle amoureux avec des amours à sens uniques. Elle s’intéresse au premier amour, à la difficulté à se déclarer, la souffrance de la peine amoureuse mais également le coming out. Malgré une stature imposante, Hinata a un petit côté ingénu. Conscient que son physique ne correspond pas aux attentes de l’homme qu’il aime, il renonce facilement et souffre de son indécision. Takaomi s’amuse de ses réactions et cherche à le secouer un peu en le provoquant. Toutefois, il transmet trop indirectement ses sentiments. Ainsi, un jeu de séduction s’installe entre les deux chanteurs, oscillant entre confidence et initiation. L’auteure apporte une touche d’humour avec les autres membres de Redust Rev, en particulier Washio qui a tendance à mettre les pieds dans le plat. Elle joue également sur les contrastes, avec par exemple, Bishin, le partenaire de Hakuba, qui se montre possessif sous ses airs mignons.

La mangaka a un trait légèrement épuré, jouant beaucoup sur les pleins et déliés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par contre, elle soigne particulièrement les costumes et les décors. D’ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. La mise en page très dynamique reprend les structures habituelles du style shôjo avec des ellipses, des sorties de cadre, des superpositions et la forme des vignettes selon leur contenu. Miyoshi Ayato sensei varie également souvent les angles de vue. Dans les scènes érotiques, elle détaille à peine les parties intimes mais ne les censure pas pour autant. Sous la jaquette, elle donne sa postface.

En résumé

Narukawa Hinata (19 ans), alias Tôya, fait partie du groupe d’idols Redust Rev, jouant les bad boys. Il est toutefois secrètement amoureux de Hakuba, du groupe rival Star Knight, à la voix angélique et aux allures de prince. D’ailleurs, enfant, il adorait chanter avec lui jusqu’à ce que sa voix mue. Malheureusement, ses sentiments transparaissent sur son visage et il prend alors un air béat dès qu’il le voit. Comme les deux groupes font actuellement un concert les opposant, le leader de Redust Rev, Nakatsuka Takaomi, le recadre et le remotive. Et il n’hésite pas à l’embrasser sur scène pour le fan service

En conclusion

Miyoshi Ayato sensei maîtrise le développement de son récit, plongeant rapidement les lecteurs dans les intrigues de ce triangle amoureux tout en maintenant la surprise. En plus, son graphisme plutôt mignon colle parfaitement à l’univers musical, proposant des physionomies variées avec des charmes et des caractères bien différents. Je craque complètement pour la dynamique entre les personnages. Un coup de cœur!

My beautiful boy 1 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 1 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762332
Hana, 2023
ISBN: 9784199609107 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« Sa silhouette ressemblait à celle d’un roi. »

Nagira Yuu sensei adapte son roman sorti en 2014. Elle narre une romance entre le plus beau garçon du lycée avec celui considéré comme le plus misérable, construisant une relation ambiguë. Elle base la narration du point de vue de Hira, partageant ainsi ses pensées sombres et son admiration presque obsessionnelle pour Kiyoi. En effet, le lycéen accepte son statut d’esclave par amour, comprenant rapidement ses sentiments. Sô semble difficile à cerner à cause de son indifférence. Pourtant, il agit toujours discrètement pour limiter le harcèlement des plus faibles, sans pour autant s’y opposer. Ainsi l’auteure aborde le harcèlement, la hiérarchie qui s’installe dans les milieux scolaires selon des critères subjectifs, l’importance donnée à la réputation influençant des relations superficielles et intéressées. Pour l’instant, elle installe les personnages et le contexte. Elle pose le lecteur comme observateur, accompagnant Hira.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, bien que cela soit discret. Elle dessine des visages ovales et des corps longilignes. Les décors sont très présents. Par ailleurs, les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique s’attarde sur les petits détails et reprend principalement les techniques des shôjo. Par contre, la mangaka censure les parties intimes en ne les dessinant pas. Elle donne le ton du récit à travers les premières pages couleurs.

En résumé

A cause de son bégaiement dû à sa grande sensibilité, Hira Kazunari a toujours rencontré des problèmes d’intégration durant sa scolarité et a pris l’habitude de rester solitaire. Fatigué des moqueries, il nourrit parfois des pensées suicidaires. Mais lors de la rentrée en deuxième année de lycée, il est ébloui par le beau Kiyoi Sô, aussi solitaire que lui, mais détaché de ce qui l’entoure. Ratant sa présentation en classe, il devient rapidement le larbin du groupe de Shirota qui a pris l’habitude de le surnommer Hii. Mais Hira supporte facilement sa position, pouvant ainsi côtoyer Kiyoi. Alors quand ce dernier lui donne son numéro de téléphone pour qu’il fasse la queue à leurs places au karaoke, il s’exécute avec joie…

En conclusion

Ce tome obtient la seizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Le roman à succès a également bénéficié d’une adaptation en drama, disponible sur Viki. Nagira Yuu sensei construit des ambiances très particulières avec une certaine sensibilité, arrivant à nous passionner avec une relation presque maître / esclave. Cette sensation se retrouve à la lecture du manga, sublimé par la beauté du dessin de Kitano Megumi sensei, qui arrive à ajouter sa touche personnelle tout en respectant le style de l’illustratrice du roman, Kasai Rikako sensei. Je suis heureuse de redécouvrir ce titre sous un nouveau format.

Fleur bleue, et alors? – Fuyushima Shigure

fleur bleue et alors fuyushima shigure

FUYUSHIMA Shigure 冬縞しぐれ
ISBN: 9782382762424
Hana, 2023
ISBN: 9784396785512 (JP)
Shodensha, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je veux qu’on me fasse tendrement l’amour pour ma première fois. »

Fuyushima Shigure sensei narre une comédie romantique ayant pour thème la première expérience sexuelle. Elle aborde également la prostitution, la « pureté » du sentiment amoureux, la différence entre fantasmes et réalité. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Hajime assume clairement son côté romantique mais distingue relation amoureuse de celle tarifée. Bien que Ryôta ait de l’expérience sexuelle, il découvre avec son client une autre façon de donner du plaisir et donc d’aimer. Des sentiments réciproques naissent au fur et à mesure des expérimentations du couple. L’auteure s’amuse du contraste entre physique et caractère, ses deux héros ayant un côté fleur bleue. Elle met en avant la communication au sein du couple et surtout pendant les ébats. D’ailleurs, elle fait évoluer rapidement Ryôta qui se montre de plus en plus attentionné. L’hôte n°1 Yûki semble couver un peu la jeune recrue, donnant une image plutôt édulcorée de la prostitution.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle n’hésite pas à user de hachures envahissantes pour les rougissements. De même, elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les flash-back furtifs se distinguent par une trame grise recouvrant intégralement les vignettes. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est par ailleurs très dynamique. Dans les scènes érotiques, Fuyushima sensei censure les parties intimes par des points blancs ou en gommant les détails en les floutant. Toutefois, cela ne cache pas grand chose. Elle offre une scène par chapitre et même des coupes intérieures.

En résumé

A 20 ans, Shinohara Hajime n’a pas encore eu d’expérience sexuelle mais compte bien y remédier en prenant rendez-vous avec un hôte. En effet, à cause de son style et de son physique, ses partenaires se méprenaient sur ses attentes et refusaient de s’occuper d’un puceau. Hajime rêve d’une première fois tendre et magique et a imaginé exactement tout son déroulement. A force de rêvasser, il en oublie de s’habiller et accueille donc l’hôte Ryôta complètement nu. Agréablement surpris, l’hôte entre immédiatement en action, persuadé que son client est un habitué. Il n’écoute même pas ses protestations. D’ailleurs, Shinohara cède rapidement au plaisir. Stricte sur les horaires, Ryôta file dès son travail terminé malgré les plaintes de son client sur sa prestation. Mais à la fac, Hajime bouscule un étudiant qui s’avère être Ryôta.

En conclusion

Ce tome se classe à la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2023. Pour son premier manga, Fuyushima Shigure sensei propose une histoire toute mignonne, sexy, avec un couple adorable. Malgré quelques petits problèmes de rythme, elle arrive à transmettre les sentiments de ses personnages. En plus, son graphisme tout aussi charmant colle parfaitement à l’ambiance du récit. Déjà conquise lors de sa sortie en japonais, je suis donc heureuse et émue de redécouvrir ce titre en français. Mon côté fleur bleue adhère complètement au mélange mièvrerie et érotisme. En plus, ce one-shot aura droit à une suite! Un coup de cœur!

La fiancée de l’alpha 3 – Iwamoto Kaoru et Yukimura Kanae

la fiancee de l alpha 3 iwamoto kaoru yukimura kanae

IWAMOTO Kaoru 岩本薫
YUKIMURA Kanae 幸村佳苗
ISBN: 9782382762110
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784813033257 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je ne suis pas digne d’être son partenaire… »

Iwamoto Kaoru sensei met en avant le comportement possessif des alphas de la pire manière qui soit, avec des relations non consenties. Elle alterne la narration entre ses deux héros, montrant la contradiction entre leurs réflexions et leurs actions suite à la perte de contrôle face aux phéromones. Ainsi, elle s’attarde sur le choc et le traumatisme de Riku, brisé. Bien que rongé par les remords, Keiki fuit ses responsabilités. La perte de confiance au sein du couple relance complètement l’histoire. Par ailleurs, Ayato et Iriya apportent leurs soutiens au couple. Comme dans le tome précédent, l’auteure aborde la pression familiale des familles élitistes, leur acharnement à l’entre-soi, leurs préjugés sur les différences sociales. Par ailleurs, elle contrebalance la violence du récit avec une histoire bonus emplie de douceur.

Yukimura Kanae sensei a un trait légèrement épuré et léché. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Une trame grise recouvrant les vignettes marquent les flash-back furtifs. La mise en page dynamique joue sur les angles variés et des ellipses bien marquées. Par ailleurs, la mangaka propose beaucoup d’images silencieuses qui transcrivent bien le malaise entre les deux héros. Dans les scènes érotiques, elle censure les parties intimes par de fines bandelettes.

En résumé

Depuis qu’Emori Riku a déclaré ses sentiments à Shutô Keiki, il a constamment la tête dans les nuages et se sent même gêné face à son partenaire. D’ailleurs, la possessivité de l’alpha qui n’apprécie pas qu’il parle de son ami d’enfance Sendô Ayato ne le dérange pas. Kuô Iriya remarque aussi que Keiki se montre facilement agressif dès que quelqu’un critique son âme sœur. Un soir, Riku reçoit la visite de la mère de Keiki qui lui remet alors un rapport d’enquête le concernant: l’adolescent découvre ainsi que son vrai père était un oméga prostitué non enregistré à l’état civil. Le trouvant indigne pour son fils, Mme Shutô jette alors l’adolescent à la porte. Trouvant la maison vide mais devinant ce qu’il s’est passé, Keiki part à la recherche de son âme sœur. Mais ne supportant pas le rejet de ce dernier, il le prend de force.

En conclusion

Iwamoto Kaoru sensei prend une orientation surprenante avec ce tome, tombant dans le cliché classique de l’omegaverse des relations non consenties sous phéromones. C’est d’autant plus dommage car elle mettait justement en avant des omégas qui tenaient tête à des alphas. Le graphisme de Yukimura Kanae sensei semble soudain plus froid dans les ébats, transcrivant plutôt bien le malaise du couple. J’ai tout de même hâte de découvrir comment l’histoire va se conclure, mettant tous mes espoirs en Iriya.

The Teijo academy 4 – Natsushita Fuyu

the teijo academy 4 natsushita fuyu

NATSUSHITA Fuyu 夏下冬
ISBN: 9782382762042
Hana, 2023
ISBN: 9784865896923 (JP)
Fusion product, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Ce n’est pas un sacrifice… C’est de l’esprit d’équipe. »

Natsushita Fuyu sensei présente les méthodes d’enseignement peu académiques de Teijo. Elle installe un jeu dont les épreuves préparent les étudiants à la concurrence, au surpassement de soi et au sacrifice. Toutefois, elle met également en avant la pureté des omégas qui proposent alors des solutions différentes. Aoki montre de plus en plus d’intérêt pour Harutaka et hésite à le modeler pour l’emmener dans son monde. Tsubaki Yukitaka et Tsuji sont mis en avant. Comme dans le tome précédent, les manigances entre les légendaires se révèlent petit à petit. L’auteure aborde le travail d’équipe, la douleur de la défaite malgré les efforts, la dure réalité du marketing. Elle révèle quelques indices sur la cérémonie d’allégeance. Par ailleurs, elle offre une parenthèse dans son récit pour préparer la suite.

La mangaka a un trait léché légèrement épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Par contre, Natsushita sensei met parfois en avant la plastique des personnages. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages pour ne pas montrer les parties intimes. D’ailleurs, elle reste dans la suggestion en ne montrant que la fin. En début de tome, une fiche présente les personnages. Par ailleurs, des explications sur l’omegaverse et sur le fonctionnement de l’académie se trouvent en fin de chapitre. Sous la jaquette, il y a le plan de Minami chayagai.

En résumé

C’est la rentrée des vacances d’hiver. Tsuji Akihito taquine son colocataire, Ichijô Harutaka, qui a séjourné chez le légendaire Aoki Hirofumi pour s’entrainer à devenir son favori. Pour pimenter un peu la rentrée, les quatre légendaires organisent un évènement de pré-Saint-Valentin. D’habitude, à la Saint-Valentin, l’élève qui vend le plus de chocolats reçoit un badge de favori. Mais avant, les élèves devront trouver un des quatre légendaires cachés sur le campus pour obtenir un ingrédient secret tout en évitant de se faire attraper par leurs camarades qui jouent le rôle de loup. Harutaka fait d’abord équipe avec Mitomi Fuyuto mais ce dernier, touché par un laser, peine à suivre. Les deux omégas se séparent, Harutaka jouant les leurres. Il se fait alors acculer dans un cul-de-sac…

En conclusion

Natsushita Fuyu sensei prend vraiment son temps pour développer son récit. Elle continue de développer son univers, montre quelques évolutions des personnages et s’attarde peu sur les concepts classiques de l’omegaverse, ses personnages essayant de contrôler leurs phéromones. Mais j’ai trouvé la phase de jeu un peu trop longue à mon goût. Je pense que cela plaira aux amateurs de ce genre de récit. Pour ma part, j’ai hâte de découvrir l’allégeance.

Happy shitty life 4 – Harada

happy shitty life 4 harada

Harada はらだ
ISBN: 9782382762325
Hana, 2023
ISBN: 9784801978805 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Entre péripéties du quotidien et grandes découvertes sexuelles, la vie de merde continue. »

Harada sensei continue de détourner les clichés des romances. Elle aborde entre autres, avec humour, les techniques de dragues lourdes, la concurrence agressive et la hiérarchie tyrannique en entreprise, le poids des normes sociales. Kasuya et Kuzuya découvrent réciproquement de nouvelles facettes mais continuent de nier l’évolution de leurs sentiments, nourrissant constamment leurs rivalités dans des défis de plus en plus idiots. L’introduction de nouveaux personnages permet d’ajouter quelques tensions mais aussi de développer d’autres comportements déviants. Ainsi, l’illustrateur Shirimojirifuguri n’assume pas sa passion pour l’ero-guro de peur de perdre son public. Les collègues de Kasuya, Tani Yûji, Uzumaki et Yokoshima, s’avèrent être une épée de Damoclès sur la tête du salaryman. L’auteure pousse les fantasmes des deux héros dans des délires complètement loufoques. Comme dans le tome précédent, elle développe encore les personnages secondaires.

La mangaka a un trait légèrement épuré au style reconnaissable. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps finement musclés, mettant parfois en avant la plastique de ses personnages. Les trames d’ambiance alternent avec les décors. Les autres trames sont variées. La mise en page au premier abord classique est en réalité très dynamique et au service de l’humour. De même, des respirations apparaissent plus souvent lorsqu’il y a beaucoup de dialogue. Harada sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle utilise d’ailleurs les mosaïques uniquement à des fins humoristiques. Sous la jaquette, elle présente Koma Kotarô (30 ans).

En résumé

Depuis qu’ils sont en colocation, Kasuya Kyôtarô et Kuzuya Yoshiyuki ont pris l’habitude de réaliser leurs fantasmes chacun leur tour via l’application du dieu sur leur smartphone. Mais comme sa présence manque aux deux compères, ils décident de construire un petit autel avec une petite statuette du dieu. En sortant du magasin de bricolage, Kasuya réalise que la tenue de Kuzuya n’est vraiment pas soignée et décide alors de le relooker. Mais cela ne se passe pas vraiment comme il l’avait espéré.

En conclusion

Harada sensei arrive encore à renouveler ses gags et imagine des délires de plus en plus improbables mais tellement hilarants. Son graphisme efficace s’adapte immédiatement à l’ambiance du récit entre humour et sensualité. Nos deux idiots préférés qui agissent sans réfléchir et se font parfois des coups bas nous incitent pourtant à réfléchir sur des problématiques actuelles. Un humour qui ne plaira pas à tout le monde mais une véritable performance narrative pour les lecteurs qui y adhèrent. A découvrir absolument!

Old fashion cupcake with cappuccino – Sagan Sagan

old fashion cupcake with cappuccino sagan sagan

SAGAN Sagan 佐岸左岸
ISBN: 9782382122792
Akata, 2023
ISBN: 9784813032823 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Si je me laisse aller, je risque d’être emporté par une passion qui n’est plus de mon âge… »

Sagan Sagan sensei continue d’explorer les freins que se crée Nozue à cause de son âge mais également de sa hantise du jugement extérieur. Elle base sa narration principalement du point de vue du quarantenaire, partageant ses sentiments contradictoires. En effet, sa relation lui apporte une nouvelle jeunesse mais ses difficultés à concilier vie privée et travail le ramènent rapidement à la réalité. Togawa accepte mal ce retournement bien qu’il ait conscience des risques. L’impact de leurs décisions unilatérales entrainent des disputes. Ainsi, l’auteure aborde la cohabitation et l’engagement sur le long terme, le poids de la différence d’âge dans un couple. Elle montre différentes réactions des collègues, qui apportent à leurs manières leurs conseils. Comme dans le tome précédent, elle met en avant l’appréhension face aux changements et le travail sur soi pour avancer en dehors des images idéales fixées par la société.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle détaille avec réalisme les décors, les faisant même participer à la narration en diffusant quelques indices ou une ambiance. D’ailleurs, les trames d’ambiance se font très discrètes. De même, un fond gris clair indique sobrement les flash-back. Ainsi, la douceur présente dans les tons pastels des premières pages se propage malgré tout à travers tout le tome par des contrastes noirs et blancs réalistes et peu marqués. Par ailleurs, Sagan sensei décompose les mouvements et s’attarde sur les détails des petits gestes. Elle change également souvent les angles de vue, dynamisant un agencement de cases pourtant classique. Dans les scènes érotiques, elle joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Sous la jaquette, deux planches offrent une histoire toute mignonne à lire à la fin.

En résumé

Togawa Minoru découche souvent chez son petit ami Nozue Sanae. Il apprécie d’être réveillé par ce dernier et profite ainsi de chaque instant pour le câliner. Comme cela fait trois jours de suite qu’il vient, il emprunte une cravate à son supérieur mais ce dernier la lui offre. Nozue se laisse également emballer par sa passion et lui prépare même un bento. Il remarque d’ailleurs que Togawa laisse de plus en plus d’affaires chez lui. Mais au bureau, Kakitani remarque le changement d’humeur de Nozue et reconnaît sa cravate sur Togawa. Réalisant son imprudence, le quarantenaire installe soudain une certaine distance avec son subordonné.

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Togawa Minoru se classe quatorzième meilleur seme tandis que Nozue Sanae est huitième meilleur uke. Sagan Sagan sensei approfondit son récit avec cette fois-ci une tranche de vie du couple qui affronte un moment critique dans leur relation. Elle offre toujours un merveilleux travail graphique très personnel, basé sur la suggestion. Quel bonheur de découvrir la suite de ce récit aussi criant de réalisme et adulte. En plus, l’action se situant pendant les fêtes de fin d’année, je trouve que sa lecture se marie parfaitement à la saison. Une pépite de douceur!

Sasaki et Miyano 8 – Harusono Shou

sasaki et miyano 8 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124574
Akata, 2023
ISBN: 9784046809582 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Je sais que tu prends soin de moi… »

Harusono Shou sensei propose un tome de transition avec un découpage particulier pour accompagner les changements dans la vie de ses personnages. Dans la première partie, elle s’intéresse à la rentrée scolaire puis dans la seconde moitié, elle offre des histoires bonus et regroupe des publications spéciales avec un petit mot explicatif. La narration alterne entre Sasaki et Miyano, partageant en détails leurs émotions face à leur nouvelle situation, Sasaki étant maintenant à l’université. L’organisation du couple pour continuer à se fréquenter s’accompagne également du renforcement de leurs sentiments réciproques. Leurs amis mûrissent aussi et prennent des orientations différentes. Ainsi, l’auteure aborde leurs questionnements sur l’avenir, leurs ambitions et leurs évolutions. En introduisant Shirahama Kyôji, l’ami de Tashiro Gonzaburô, elle met en avant les points communs entre les scénarios de jeux de rencontres et ceux des BL.

La mangaka a un trait épuré avec un contour plus épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques tout en l’arrondissant. Elle a un graphisme proche du shôjo, usant des hachures pour les rougissements. Les trames d’ambiance très graphiques renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Les yonkoma alternent avec une mise en page plus classique. Contrairement au tome précédent, les pages couleurs en début de tome offrent des illustrations. Par ailleurs, Harusono sensei ajoute une note humoristique avec les réactions d’une fan de BL en arrière-plan. Elle s’arrête pour l’instant aux baisers mais s’attarde sur les détails, en particulier le côté très tactile de Sasaki. Sous la jaquette, il y a la présentation de la chambre de Miyano ainsi que quelques secrets de conception du manga.

En résumé

Miyano Yoshikazu entre en troisième et dernière année de lycée. Il se rend en classe pour retrouver ses amis avant la cérémonie d’entrée. Kuresawa Tasuku lui prête alors quelques boy’s love de sa petite amie, cette dernière souhaitant le remercier pour ses conseils. Mya constate d’ailleurs qu’elle aime surtout les BL de boys band et se rappelle avec nostalgie ses premiers échanges avec Sasaki Shûmei…

En conclusion

Avec ce tome, Harusono Shou sensei introduit de nouveaux personnages, marquant la transition dans la vie de ses personnages. Elle s’attarde particulièrement sur le rapprochement du couple malgré la distance. Son trait très doux dégage alors parfois de la sensualité. Je suis heureuse que la série continue et apprécie les nouveaux thèmes abordés. Une lecture emplie de douceur qui réchauffe le cœur!

Attrape-moi si tu peux – Takuan

attrape moi si tu peux takuan

Takuan タクアン
ISBN: 9782382126158
Akata, 2023
ISBN: 9784829686638 (JP)
France shoin, 2022 (JP)
Titre original: 逃避行じゃあるまいし
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Découvrez trois couples dans leur intimité. »

Takuan sensei présente une tranche de vie de trois couples différents confrontés à des difficultés dans l’évolution de leurs relations à cause de problèmes de confiance ou de complexes. Elle révèle au fur et à mesure les causes de leurs comportements et met en avant la communication au sein du couple pour remédier à leurs petits problèmes. Elle maîtrise parfaitement le format court, allant à l’essentiel et laissant le lecteur découvrir le caractère complexe des personnages. Ainsi, Manabu et Hanji installent entre eux un jeu du chat et de la souris, leur manque de confiance dominant leurs réactions. Le capricieux Jun’ichi et le maladroit Yûtarô oscillent entre amitié et amour. Dans la dernière histoire, l’auteure montre comment Keita pousse un peu Akio pour l’aider à dépasser son complexe, ses paroles rassurantes ne suffisant pas. Dans les histories bonus, elle partage quelques anecdotes sur les deux premiers couples.

La mangaka a un trait plutôt réaliste et marqué. Elle dessine des corps musclés et certains de ses personnages sont même poilus. Pourtant, les trames utilisent une palette restreinte. Et des hachures marquent les ombres fortes. Dans la seconde histoire, les trames d’ambiance accompagnent les effets comiques. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est simplement dynamique. Dans les scènes érotiques, Takuan sensei censure les parties intimes par des bandelettes sauf dans la troisième histoire. Dans les illustrations en début de chapitre, elle donne le ton du récit et les intègre parfois directement dans l’histoire. Sous la jaquette, elle offre les croquis préparatoires des personnages.

En résumé

Attrape-moi si tu peux… / Une autre forme d’amour: Ayant peur de s’engager dans une relation, Onohara Manabu collectionne les coups d’un soir. Il sélectionne des partenaires loin de chez lui et déménage même souvent. Pourtant, parfois il rêve de rencontrer un partenaire sérieux qui chercherait à le retrouver. D’ailleurs, appréciant Tomono Hanji, il l’interroge pour voir ses réactions mais finit par le quitter, ignorant ses appels. Pourtant, au bout d’un mois, il retrouve ce dernier devant son immeuble. En effet, plus on fuit Hanji, plus cela l’excite.
Loin des yeux… / Entre joie et gêne / Dépression post-party: Tatsumi Jun’ichi travaille à Tokyo. Après une soirée un peu arrosée avec Minamino Yûtarô, son ami d’enfance d’Osaka, venu en mission, il finit en larmes en le raccompagnant à la gare. En effet, la solitude le pèse. D’abord gêné, Yûtarô finit aussi par lui déclarer sa peine ainsi que son amour pour lui. Heureux, Jun’ichi partage également ses sentiments mais son ami, encore douteux, lui demande d’attendre une nuit avant de les confirmer.
Une relation au poil: Cela fait six mois que Fuyuno Keita et Tonami Akio sortent ensemble mais ils n’ont pourtant pas encore couché ensemble. En effet, Akio complexe énormément sur son corps poilu et refuse donc de se déshabiller.

En conclusion

Takuan sensei maîtrise parfaitement le format court. Elle offre des romances plutôt mâtures et réalistes. Je craque complètement pour son style graphique. C’est un énorme coup de cœur pour moi!

Scramblues – Mame March

scramblues mame march

mame march
ISBN: 9782382126851
Akata, 2023
ISBN:‎ 9784829686522 (JP)
Printemps, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Il suffit pas de « faire de son mieux » pour produire quelque chose de « classe ». »

mame march sensei développe une douce romance entre deux hommes qui rencontrent quelques difficultés dans leur carrière pour transmettre leurs passions. Elle s’attarde sur les processus créatifs musicaux et graphiques, la difficulté à composer une œuvre qui touchera le public, l’influence des émotions sur la création, la frustration. Ainsi, Eddie reste prisonnier de son passé et a donc du mal à avancer malgré son succès. En plus, considéré comme un génie, son travail acharné passe inaperçu. Haru, quant à lui, a la fâcheuse tendance à fuir les difficultés. Les deux hommes vont se découvrir, s’apprécier puis tomber simplement amoureux. L’auteure révèle au fur et à mesure le passé de ses personnages, maintenant un certain suspense. Elle aborde le bonheur et la souffrance d’un métier passion. Elle semble d’ailleurs faire passer la romance au second plan. Dans l’histoire bonus, elle permet de découvrir l’avenir du couple.

La mangaka a un trait anguleux, au style assez marqué et pourtant épuré, avec un contour parfois dédoublé. Elle lui donne du relief avec un aspect un peu brut. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors situent principalement l’action. Les trames utilisent une palette très restreinte tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Toutefois, mame sensei marque les souvenirs furtifs avec un cadre épais et des trames rayées recouvrant la vignette. Par ailleurs, elle présente les personnages en fin de tome. La mise en page est dynamique. Sous la jaquette, il y a une illustration des bureaux de Haru et Eddie.

En résumé

Enfant, Kurosaki Haru aimait écouter de la musique, malgré l’interdiction de toucher à la collection de vinyles de son père. Devenu adulte, il travaille actuellement en tant que designer dans une agence de graphisme mais il peine à percer, ses visuels étant tout le temps rejetés. Un jour, l’agence reçoit une commande du célèbre musicien Eddie Astley. Haru propose alors sa candidature, désirant transmettre ce qu’il aime. Malheureusement l’artiste impassible se montre très difficile. Déprimé, Kurosaki se console le soir à un concert de son groupe préféré, Roze. A sa surprise, le chanteur, Kenji, invite sur scène Eddie, qui s’avère être son ami d’enfance. En découvrant d’autres facettes du musicien, tout souriant, Haru a alors envie de le connaître mieux.

En conclusion

mame march sensei maîtrise plutôt bien le format one-shot, alternant avec brio tension, humour et romance. Elle préfère se concentrer sur l’évolution de ses personnages dans leur relation. Son style graphique particulier apporte une certaine fraîcheur très agréable. Il reste très expressif. Je suis charmée par ce récit mettant en parallèle création et développement amoureux. Une belle lecture qui partage avec finesse la passion.