Fight! Suguru-kun – Shiokara Nigai

fight suguru kun shiokara nigai

SHIOKARA Nigai しおからにがい
ISBN: 9782382764268
Hana, 2024
ISBN: 9784866535166 (JP)
Core magazine, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Il me fout un peu la trouille… Un peu. »

Shiokara Nigai sensei offre une romance classique avec deux maladroits pour exprimer leurs sentiments, dont l’un taquine l’autre pour attirer son attention. Elle montre les différents comportements proche du harcèlement de l’importun Noriyuki et les réactions parfois extrêmes de l’introverti Suguru. Ainsi, elle installe un combat constant entre les deux héros qui vont finir par sympathiser, s’ouvrir peu à peu et surtout s’interroger sur leurs sentiments. Munezumi Mamiya, employé de Masaki et collègue de Saikawa, permet d’équilibrer leur relation par ses bons conseils, incitant en particulier son patron à se remettre en question. L’auteure aborde également le jugement sur l’apparence, la communication parfois maladroite que l’on soit asocial ou non ainsi que la difficulté à se comprendre. Elle met en avant les efforts à fournir pour s’adapter à son interlocuteur. Ainsi, elle fait évoluer ses personnages, Suguru parlant de plus en plus franchement et Masaki essayant d’être plus prévenant.

La mangaka a un trait épuré et anguleux qui garde un certain aspect brut. Dans les passages humoristiques, elle exagère les expressions, arrondissant, déformant ou simplifiant son trait. D’ailleurs, son graphisme s’adoucit au fil des chapitres. Les trames d’ambiance, plutôt graphiques, renforcent les émotions tandis que les autres trames sont variées. Les phylactères participent également à la narration en prenant des formes particulières. Par exemple, une pique transperce tout simplement le personnage. De même, les flash-back se repèrent à un fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page classique offre quelquefois des pages plus dynamique. Shiokara sensei s’arrête au simple baiser. Elle privilégie « le combat » entre les deux héros mis en avant par de très courts chapitres.

En résumé

En rentrant du lycée, Saikawa Suguru remarque les chaussures d’un ami de sa sœur dans l’entrée. Peu à l’aise avec les inconnus, il préfère alors goûter dans sa chambre mais assoiffé, il décide de se rendre à la supérette. Il croise dans le couloir, Masaki Noriyuki qui cherchait la salle de bain. Ce dernier souhaitant sympathiser avec l’adolescent se montre un peu trop insistant. Il vient même chercher de force le lycéen dans sa chambre à son retour des courses pour seulement lui offrir une glace. Décidément, son comportement fiche vraiment la trouille à Suguru!

En conclusion

Shiokara Nigai sensei propose un récit classique mais divertissant, avec une conclusion mignonne. Son graphisme très expressif convient bien à ce genre de récit. Par contre, certains lecteurs pourront être gênés par le comportement harceleur de Noriyuki, même si ce dernier finit par se remettre en question. De même, la conclusion peut en frustrer certains, mais un second tome est prévu en mai au Japon. Je pense que le format court des chapitres est dû à la prépublication sur Pixiv. Cela permet toutefois de se focaliser sur un thème à chaque fois. J’ai apprécié ma lecture et suis particulièrement contente de découvrir une œuvre de cette mangaka qui avait attiré mon attention sur les réseaux sociaux. J’espère donc découvrir d’autres de ces titres.

La silhouette d’un solitaire – Yuitsu

la silhouette d un solitaire yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382764374
Hana, 2024
ISBN: 9784758079242 (JP)
Ichijinsha, 2019 (JP)
Titre original: 構いたくなる背中
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Si j’avais quelqu’un comme toi à qui parler, je n’aurais plus besoin de faire tout ça. »

Yuitsu sensei narre une romance entre deux collègues qui cohabitent ensemble et tombent petit à petit amoureux. Comme à son habitude, elle surpasse le scénario classique en analysant avec finesse les émotions de ses personnages. Ainsi, elle aborde la solitude, le besoin de chaleur humaine, la peur de blesser, le bonheur des moments partagés au quotidien avec un être aimé. La narration se base principalement sur le point de vue de Sakura. Depuis la trahison de son ex, le salaryman ne croit plus en l’amour sincère et a peur d’aimer à nouveau. Le prévenant Hasegawa se retient pour devenir avant tout un confident, fuyant également son attirance. Ainsi l’auteure joue sur les malentendus et le manque de communication pour dynamiser la relation. Avec Igarashi, elle s’intéresse à l’adultère. Elle transforme même la libido exacerbée de Seizô en moment comique.

La mangaka a un trait léché plutôt réaliste. Bien qu’elle le simplifie dans les passages humoristiques, il paraît surtout épuré. Elle dessine des corps athlétiques empreint de virilité et pourtant, Sakura dégage une certaine fragilité malgré sa musculature. Les trames variées sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors très présents renforcent également le réalisme. Malgré une mise en page plutôt classique, la taille des vignettes et les angles de vue varient souvent. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Depuis que Sakura Seizô a quitté son petit ami Igarashi Jun qui le trompait, il collectionne les coups d’un soir et refuse de s’engager dans une relation sérieuse. Alors qu’il allait conclure dans une ruelle avec un type rencontré dans un bar, un bel homme vient à son secours, persuadé que Sakura était agressé. Mais le lendemain, il croise à nouveau l’inconnu à son bureau. En effet, Hasegawa Yuki est leur partenaire d’un nouveau projet. Seizô supporte de moins en moins le jeune salaryman qui a la fâcheuse tendance à gâcher ses plans dragues en apparaissant toujours au mauvais moment. Convoqué au bureau suite à une erreur alors qu’il était en plein ébats, Sakura réalise subitement qu’il confie en fin de compte facilement ses déboires à Hasegawa. Ce dernier lui propose alors de vivre ensemble.

En conclusion

Bien que ce one-shot ne se classe pas au Chill chill BL award 2020, les lecteurs le citent parmi les meilleurs mangas profonds avec un sujet travaillé, appréciant le romantisme du couple ainsi que la beauté de leur musculature. En effet, Yuitsu sensei crée des personnages touchants avec leur facile embarras face au romantisme. Elle construit également un récit réaliste et adulte. En plus, son graphisme est un régal pour les yeux. Une lecture séduisante qui met en avant le simple bonheur de vivre avec celui qu’on aime.

Iridescent love 2 – Hita Ship

iridescent love 2 hita ship

HITA Ship 緋汰しっぷ
ISBN: 9782382764398
Hana, 2024
ISBN: 9784801975200 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« J’étais persuadé que l’amour n’apportait que de la tristesse, mais… »

Hita Ship sensei analyse les premiers pas de Fûgo et Renichirô dans leur relation sérieuse. Elle décortique leurs questionnements, leurs doutes mais également les différents sentiments qu’ils découvrent comme la jalousie, la peur des disputes. D’ailleurs, elle met à l’épreuve la confiance nouvellement construite du couple avec les intrigues de Shishido et du manipulateur mannequin Ren. De même, les révélations sur le passé de Kakizaki fragilisent la solidité du nouveau couple. Les quiproquos et les secrets engendrent disputes et remises en question. Comme dans le tome précédent, l’auteure donne un ton réaliste au récit en partageant le quotidien des personnages. Elle aborde les efforts et la confiance nécessaires pour construire une relation saine, la nécessité de communiquer, le poids du passé douloureux d’un partenaire. En fin de compte, Shishido et Ren apportent une note humoristique avec leur foi aveugle en leur amour égoïste.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Toutefois, elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine même des têtes en SD. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hita sensei ne censure pas les parties intimes. Néanmoins, elle les simplifie légèrement. Son graphisme dégage par ailleurs beaucoup de sensualité.

En résumé

Après avoir confirmé leur sentiments réciproques lors de leur séjour à Nagano, Kamiya Fûgo et Kakizaki Renichirô se retrouvent enfin pour la séance photos qu’ils s’étaient promis. Mais les deux amoureux finissent par céder réciproquement à la sensualité de leurs échanges. D’ailleurs, le couple discute maintenant beaucoup plus facilement. Finalement, Fûgo explique alors à son partenaire l’origine de sa cicatrice au visage ainsi que de sa désillusion en l’amour. En effet, sa mère qui changeait souvent de petit ami, tombait fréquemment sur des hommes violents. Pendant que les deux hommes se rhabillent, Ren explose soudain de joie suite à un message: il a reçu une offre d’exposition dans une célèbre boutique. Mais il découvre lors de l’entretien avec l’organisatrice, que son ex qui l’a dégoûté de l’amour, Shishido, travaille sur le projet.

En conclusion

Hita Ship sensei met un peu plus en avant l’histoire poignante de Kakizaki. Elle maîtrise parfaitement son scénario, aussi bien le rythme que la narration. En plus son graphisme sensuel est un bonheur pour les yeux. Le lecteur a tout simplement l’impression de partager un moment de vie des personnages. D’ailleurs, les relations paraissent très réalistes dans la description des émotions et des réactions. Un coup de cœur!

Iridescent love 1 – Hita Ship

iridescent love 1 hita ship

HITA Ship 緋汰しっぷ
ISBN: 9782382764299
Hana, 2024
ISBN: 9784801975194 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« L’amour rend les gens fous. »

Hita Ship sensei propose une romance plutôt classique de sex friends qui tombent amoureux. Toutefois, elle donne un ton réaliste avec une relation plutôt adulte et en s’attardant sur les métiers des personnages, permettant de découvrir certaines facettes de la joaillerie et de la photographie. Elle révèle le passé des deux protagonistes au fur et à mesure. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, malgré des expériences différentes, Fûgo et Renichirô ressentent la même désillusion face à l’amour et ont tendance à fuir l’engagement. D’ailleurs, ils analysent leurs sentiments naissants et ont peur de briser l’équilibre de leur relation actuelle qui les satisfait. En introduisant un potentiel rival, le mannequin Ren, l’auteure analyse les réactions de ses deux héros. Elle aborde le poids de la solitude, l’influence des émotions dans l’épanouissement créatif, la difficulté à coordonner son emploi du temps.

La mangaka a un trait anguleux, légèrement épuré et plutôt commun. Elle utilise les trames avec parcimonie, privilégiant les tons claires. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. Hita sensei s’attarde particulièrement sur les détails. Bien qu’elle ne censure pas les scènes érotiques, elle simplifie un peu les parties intimes. D’ailleurs, il y a presque une scène par chapitre.

En résumé

Suite aux déboires amoureux de sa mère, le photographe Komiya Fûgo (29 ans) ne croit pas en l’amour et se contente depuis de sex friends. Lors d’une séance de photographies de mariage, il tombe sous le charme du joailler Kakizaki Renichirô (29 ans). En plus de sa beauté, les deux hommes ont beaucoup de points communs. Alors quand Ren lui fait des avances après une soirée un peu trop arrosée, Fûgo cède facilement aux plaisirs d’une nuit torride. D’un commun accord, ils entament alors une relation uniquement charnelle.

En conclusion

Hita Ship sensei réussit à nous retenir en haleine malgré un scénario classique. Elle a d’abord un magnifique graphisme qui sublime la sensualité des personnages. Mais elle offre surtout un récit bien ancré dans la réalité avec un environnement professionnel fourni. J’ai passé un agréable moment de lecture et j’ai hâte de découvrir la suite des aventures de Fûgo et Ren.

Nomi & Shiba 4 – Tagura Tohru

nomi et shiba 4 tagura tohru

TAGURA Tohru 田倉トヲル
ISBN: 9782385315696
Akata, 2024
ISBN: 9784088552088 (JP)
Shueisha, 2023 (JP)
Titre original: のみ×しば 4
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« On est en plein dans la zone grise! »

Tagura Tohru sensei aborde avec humour la question de la première fois, s’attardant sur la préparation. Comme dans le tome précédent, elle s’amuse sur les questions purement matérielles que des adolescents peuvent se poser. Par ailleurs, elle montre l’organisation de Nomi et Shiba, la vie en dortoir faisant obstacle à leur épanouissement sexuel. La majorité du tome présente par la suite le passé de Miyai Yûdai, en particulier sa rencontre avec l’étudiant Fujima Hikaru. Au bord de la rupture scolaire, l’universitaire propose au collégien une autre méthode d’apprentissage, le remotivant. Ainsi, l’auteure interroge sur la rigidité de l’enseignement japonais qui gâche le potentiel de certains élèves, les difficultés que rencontrent les familles monoparentales. Elle s’intéresse également à la relation amoureuse entre enseignant et élève, analysant l’influence des rapports qui peuvent porter à confusion. En introduisant de nouveaux personnages, elle relance son récit avec de nouvelles aventures à venir.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. De même, elle varie les physionomies, rendant les personnages facilement reconnaissables. Les trames sont à la fois équilibrées et variées tandis que les trames d’ambiance renforcent les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Tagura sensei censure les parties intimes avec un cache blanc et en estompant leurs contours. A la fin des chapitres, elle dévoile la vie des personnages secondaires. Dans les illustrations en début de chapitre, elle montre l’ambiance du récit. En début de tome, il y a des fiches personnages.

En résumé

Nomiya Ryûto et Mikoshiba Kanata adorent s’embrasser mais ils ont de plus en plus de mal à résister à leur libido. Pour l’instant, ils testent d’autres méthodes pour se donner du plaisir mutuellement. Mais ils décident de se tenir prêt au cas où une occasion plus propice en dehors du dortoir se présenterait. En effet, ils se préoccupent de respecter au mieux le règlement. Les deux amoureux souhaitent donc acheter préservatifs et lotions et demandent alors conseil auprès de Nakaôji et Miyai Yûdai. Mais ce n’est pas aussi facile qu’ils ne le pensaient…

En conclusion

Avec ce tome, Tagura Tohru sensei délaisse un peu le couple principal pour développer d’autres questionnements sur les premiers émois amoureux de l’adolescence. Elle aborde avec délicatesse la relation entre étudiant et enseignant, montrant les différentes réactions de l’entourage et les scrupules de chacun. Son graphisme toujours aussi mignon est un régal pour les yeux. Une lecture toujours aussi « choupi »!

Kabukichô bad trip 1 – Nagisa Eiji

kabukicho bad trip 1 nagisa eiji

NAGISA Eiji 汀えいじ
ISBN: 9782375063750
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748886 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: beaucoup

« Chaque fois que je croise le regard de Mizuki, je sais ce qu’il veut faire de moi. »

Nagisa Eiji sensei narre une romance abordant l’initiation au sadomasochisme. Elle joue principalement sur le contraste entre imagination et comportement prévenant et consensuel. Par ailleurs, elle base la narration principalement du point de vue de Miyama. Ressentant de l’attirance pour Hikawa, l’hôte s’interroge rapidement sur sa sexualité et sur la pratique SM. Le sadique Miyuki, rejeté auparavant à cause de ses penchants, se retient du mieux qu’il peut mais en souffre. Le couple construit une relation de confiance, dans la discussion même pendant les ébats. Ainsi, l’auteure s’intéresse aux efforts réciproques dans un couple, à la communication, à l’image incorrecte de certaines pratiques sexuelles. D’ailleurs, elle interroge sur la difficulté à assumer sa nature et à la découvrir. Elle utilise les personnages secondaires pour apporter un regard extérieur sur le couple et quelques notes d’humour.

La mangaka a un trait anguleux et épuré. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle joue beaucoup sur les hachures pour les rougissements qui peuvent se faire aussi bien discrètes qu’envahissantes. Les deux héros ont des corps finement musclés. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. Nagisa sensei joue tout de même beaucoup sur la lumière avec des contre-jours marqués. De même, elle s’attarde sur les détails. Elle indique les pensées avec des phylactères au fond noir. La mise en page très dynamique joue surtout sur les variations d’angles de vue. Dans les scènes érotiques, un cache blanc censure les parties intimes. Toutefois, la sensualité des relations SM sont bien retranscrites.

En résumé

Miyama Tôru, hôte d’un bar de Kabukichô, travaille sous le pseudonyme de Mizuki, étant un fan inconditionnel du mannequin Hikawa Mizuki. Il utilise secrètement son don pour satisfaire les clientes. En effet, il peut lire dans les pensées des gens en un échange de regard. Un jour, alors qu’il achetait un magazine dont Hikawa fait la une dans un magazine, il bouscule son idole. Remarquant que ce dernier peine à trouver un taxi, il lui propose alors de le déposer à sa destination. Les deux hommes sympathisent rapidement et quelques jours plus tard, ils se retrouvent pour dîner ensemble. Mais en lisant les pensées de Mizuki, Tôru découvre que son nouvel ami s’imagine l’attacher et le fesser lors de jeux érotiques…

En conclusion

Ce tome obtient la deuxième place du meilleur nouveau venu au Chill chill BL award 2021. Hikawa Mizuki se classe quatorzième meilleur seme tandis que Miyama Tôru est seizième meilleur uke. Malgré un sujet affriolant, Nagisa Eiji sensei offre une romance mignonne et instructive. Son graphisme sensuel met en valeur les sensations des personnages. La dynamique du couple est également adorable. J’attendais ce titre depuis longtemps, l’ayant lu en japonais, et suis donc aux anges de le redécouvrir dans la langue de Molière! Un coup de cœur qui se confirme. J’espère que la série trouvera son public. Une lecture pleine de tendresse!

The world’s end – Akagawa Sagan

the word s end akagawa sagan

AKAGAWA Sagan 赤河左岸
ISBN: 9782375064016
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799748077 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: absolument

« Un recueil d’histoires longues, atmosphériques et marquantes. »

Akagawa Sagan sensei offre un recueil de trois tranches de vie mettant en avant l’amour qui s’affranchit des apparences. Elle développe ce thème à travers trois genres narratifs différents: fantastique, romance lycéenne et science-fiction. Dans la première histoire, elle crée le suspense en ne révélant les informations qu’au fil des pages, interrogeant sur un amour répétitif dans une boucle temporelle. La deuxième histoire, plus classique aborde la question du jugement sur l’apparence, la difficulté à dépasser ses complexes et le temps de construction d’un amour sincère. Les deux lycéens se découvrent et analysent leurs sentiments naissants. Dans la troisième histoire, l’auteure donne la version de Shin puis celle de Rukiya sur leur relation à distance et leurs sentiments tus. Elle crée la surprise avec une conclusion inattendue, questionnant sur l’amour virtuel.

La mangaka a un trait fin et épuré. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle détaille les décors, permettant d’immédiatement appréhender le milieu. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. La mise en page très dynamique met en valeur les métaphores poétiques. Ainsi, Akagawa sensei utilise les petits détails des décors et s’attarde sur les petits gestes pour transcrire les émotions des personnages. Dans les scènes érotiques, elle ne montre pas les parties intimes en jouant sur les angles de vue.

En résumé

Ils vécurent heureux: Au cœur de la forêt, Magnolia vit dans une cabane avec le jeune Emil. L’enfant adore le conte que lui lit chaque soir son tuteur: un monstre vivant seul dans la forêt recueille un jour un nourrisson qu’il décide d’élever pour le manger plus tard. Mais il finit par s’attacher à l’enfant qui grandit. Depuis quelques temps, alors qu’il entre dans l’adolescence, Emil fait toujours le même rêve dans lequel il voit Magnolia coucher avec un inconnu. Qui est-il?
Le prince grenouille: Nishino Yui ne supporte plus la beauté de son visage au point de vomir quand on lui montre la moindre affection. Toutefois, au lycée, il se sent bien à côté de son voisin de table, Iida un passionné d’insectes qui reste indifférent à son physique. Travaillant en tant que mascotte au musée des sciences, Nishino aime ainsi découvrir d’autres facettes de son camarade.
The world’s end / Générique de fin: Shin teste l’habitabilité d’une planète depuis presque trois ans. Mais la solitude commence à lui peser et il prend plaisir à discuter avec son ami Rukiya lors de ses rapports journaliers. Ce dernier lui a créé une intelligence artificielle sous la forme d’un cube d’assistance qui peut créer un robot biologique. Alors la nuit venue, il demande à Cupe de prendre la forme de Rukiya…

En conclusion

Ce recueil obtient la treizième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2021. Akagawa Sagan sensei maîtrise parfaitement le format court et propose trois récits émouvants avec des personnages attachants. Elle va à l’essentiel et utilise le graphisme pour appuyer sa narration. Je suis complètement conquise par les trois histoires. J’apprécie d’ailleurs la richesse de la narration pour parler d’un même sujet. Une lecture pleine de finesse!

Un assistant de rêve 1 – White Eared

un assistant de reve 1 white eared

White Eared
ISBN: 9782382881187
Kbooks, 2024
Webtoon
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Les cauchemars corrompus sont répétitifs et laissent des traces sur le corps physique. »

White Eared offre une comédie romantique avec un employé et son employeur chaman qui se provoquent constamment. Iel explique les spécificités du pouvoir de Yibeom au fil de l’apprentissage de Jeong-oh. Les quiproquos et les plans foireux portent principalement l’humour. Quand le maladroit Han élabore un plan pour taquiner ou séduire le chaman, cela se retourne contre lui. Shin reste dans le déni de son attirance qui se développe en côtoyant le volontaire étudiant. L’auteur.e dévoile au fur et à mesure le passé des personnages, maintenant un certain suspense autour des complexes de Yibeom. Iel crée quelques tensions avec le frère aîné Shin Yihyung. Ainsi, iel aborde la difficulté à s’intégrer dans une famille adoptive, l’influence des rêves et des cauchemars sur la santé.

White Eared a un trait épuré et anguleux. Iel le simplifie dans les passages humoristiques, dessinant des personnages en adorables SD. Les couleurs, plutôt en aplat, utilisent tout de même quelques dégradés au ton approchant pour marquer les ombres et donner du volume. Les décors détaillés alternent avec les couleurs d’ambiance. Par ailleurs, quelques trames d’ambiance plus graphiques (par exemple, des cœurs, des pois, des roses) renforcent les émotions. La mise en page classique propose des angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, le.a manhwaga censure les parties intimes par un cache blanc. En fin de chapitre, il y a une image marquante du chapitre suivant. Un avertissement se trouve au verso de la couverture et du frontispice. Ce tome très épais inclut également un poster.

En résumé

Han Jeong-oh, étudiant en année de césure, postule à une petite annonce un peu particulière: assistant chaman. Même si cela paraît louche, le salaire et les conditions de travail l’intéressent. Intrigué, il se présente donc sans prévenir à l’adresse indiquée et est accueilli par une grand-mère enthousiaste qui lui confie qu’il travaillera avec son petit-fils, Shin Yibeom. Alors qu’il patientait sur la véranda, il suit un chat et surprend alors son futur employeur en pleine méditation. Ce dernier organise un entretien malgré l’indélicatesse du visiteur mais il ne l’apprécie guère. Jeong-oh devra donc faire ses preuves lors d’une prochaine séance dans deux jours.

En conclusion

White Eared a un graphisme efficace qui accompagne les différentes ambiances du récit. L’humour domine sur les passages plus dramatiques mais surprend les lecteurs en arrivant parfois dans les moments où ils l’attendent le moins. Les plongées dans les rêves s’intègrent dans le récit avec finesse. Les chapitres courts permettent de suivre le récit à son rythme. Une lecture divertissante avec un couple très dynamique.

Roses et champagne 2 – Zig et Ttung gae

roses et champagne 2 zig ttung gae

ZIG
Ttung gae
ISBN: 9782382882023
Kbooks, 2024
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Il tue et manipule avec la grâce d’un ange… »

Ttung gae complexifie l’intrigue en entrecoupant l’affaire suivie par Iwon avec celle de César. Les indices semés au fur et à mesure densifient les informations accessibles aux lecteurs qui peuvent ainsi construire leurs propres conjectures. En effet, l’introduction de nouveaux personnages, tel que le parrain Mikail Lomonosov, permet de découvrir l’univers dangereux auquel se confronte Sergueïev depuis l’enfance. Le comportement ambigu du capricieux mafieux crée tension et humour, d’autant plus que l’avocat ne se laisse pas faire. L’auteur.e rappelle constamment la relation particulière qui lie les deux hommes qui cèdent peu à peu à leur attirance tout en faisant passer avant tout leur intérêt personnel. Comme dans le tome précédent, iel s’intéresse à l’alchimie qui se crée entre eux malgré leurs différences sociales. Les chantages et négociations des deux héros pour se temporiser l’un l’autre détendent l’atmosphère un peu violente.

Ttung gae a un trait épuré et anguleux qu’iel simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages. La palette de couleurs se rapproche des tons réalistes et évite ainsi les fantaisies. Par ailleurs, les couleurs d’ambiance alternent avec les décors soignés. Ces derniers deviennent flous en arrière-plan pour ne pas surcharger les vignettes. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page est plutôt classique. Toutefois, l’agencement des cases et des phylactères provoquent parfois quelques hésitations sur le sens de lecture. De même, le manque d’ellipses ne permet pas de distinguer clairement les changements de temps et l’enchainement de différents évènements. Toutefois, cela reste compréhensible.

En résumé

Jeong Iwon surprend un intrus dans sa chambre et tente de l’arrêter, ou au moins de voir son visage. Malheureusement, il est assommé. Quand il reprend ses esprits, le maître d’hôtel Igor et les gardes de la résidence ont appelé un médecin, l’avocat saignant abondamment de la tête. Une fois César Sergueïev présent, il envoie tout le monde à la recherche de l’intrus. Heureusement, les documents confidentiels cachés par Iwon n’ont pas disparu. Toutefois, l’avocat soupçonne quelqu’un impliqué dans l’affaire qu’il traite…

En conclusion

Ttung gae alterne avec aisance humour, action et tension. Son graphisme s’adapte également aux différentes ambiances, jouant sur le trait et les couleurs. La lecture s’en retrouve simplifiée. J’aime la dynamique entre Iwon et César dont la relation s’équilibre au fur et à mesure. Pour moi, la suite sera une surprise car je n’avais pas eu le temps de la lire en numérique. Hâte!

Country diary 2 – Isino Aya

country diary 2 isino aya

ISINO Aya イシノアヤ
ISBN: 9782385316471
Akata, 2024
ISBN:‎ 9784863498051 (JP)
Akaneshinsha, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Donc l’année prochaine, j’utiliserai mon propre bois. »

Isino Aya sensei continue les aventures de Kurumizawa et Usa en s’attardant sur leur vie à la campagne durant l’automne et l’hiver. Elle met en avant l’entraide, le rythme de vie soumis à celui des récoltes et des saisons, l’évolution des techniques. Elle délaisse un peu la relation entre l’ancien citadin et son ami pour développer un peu plus leurs interactions avec les autres villageois. D’ailleurs, les deux hommes se rapprochent naturellement. Les enfants et la chienne Sayaka apportent une touche de tendresse et d’humour, jouant les professeurs pour l’ancien enseignant. L’auteure aborde également l’inconvénient de la solitude avec par exemple l’éloignement entre voisins ou lorsque l’on tombe malade. Elle montre la consommation raisonnée et le prélèvement des produits non cultivés en adéquation avec les animaux sauvages. Par ailleurs, elle conclut avec le magnifique travail de Giichi.

La mangaka a un trait épuré anguleux. Bien qu’elle détaille les décors, elle conserve son style graphique simple tout en représentant l’essentiel pour rendre reconnaissable les plantes de saison. D’ailleurs, elle utilise une palette restreinte de trames, en aplat. Les ombres fortes sont donc noires. Ainsi, l’équilibre entre croquis et détail rend le graphisme agréable. Les flash-back apparaissent dans un ton plus clair, presque en transparence. La mise en page classique propose tout de même quelques pages plus dynamiques. Isino sensei reprend les thèmes du récit dans les illustrations en début de chapitre. Elle continue de présenter des instants de la vie à la campagne en automne et hiver sur la couverture et l’illustration en frontispice. Comparé au tome précédent, l’encre d’impression a une jolie teinte marron foncée.

En résumé

Kurumizawa Junnosuke a récolté des citrouilles dans son champ et en offre un peu à Inagaki, qui lui prête sa scierie pour couper du bois afin de préparer l’hiver. Quand Usa Giichi arrive pour le former, il trouve son ami dans les pattes de la chienne Sayaka, complètement excitée par le nouveau. Kurumizawa rate malheureusement ses premiers essais mais persévère. Pendant ce temps, Usa confie à Inagaki avoir laissé de côté son projet d’atelier de meubles artisanaux, consacrant son temps libre à la restauration de la maison de l’ancien citadin…

En conclusion

Isino Aya sensei continue de promener les lecteurs à la campagne en automne et en hiver. Elle délaisse un peu la relation du couple qui se rapproche naturellement pour s’attarder aux interactions avec le voisinage. Un titre toujours aussi enrichissant qui fait sourire et apaise le cœur. Un coup de cœur confirmé!