La punition 3 – Hinako

la punition 3 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382764497
Hana, 2024
ISBN: 9784866536705 (JP)
Core magazine, 2022 (JP)
Titre original: 馬鹿とハサミ 3
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je crois que j’aime bien ma vie actuelle, en fait. »

Hinako sensei fait évoluer la relation entre Sujima et Yôsuke qui montrent plus facilement leur affection l’un pour l’autre. Elle délaisse donc un peu le « dressage » pour installer une intrigue avec Ryûji. Ainsi, elle révèle au fur et à mesure ses manipulations et ses intentions, créant la surprise. De plus en plus honnête envers son partenaire et ses propres sentiments, Yôsuke continue tout de même à faire des cachoteries mais dans le but d’éviter les conflits. Sujima quant à lui, s’interroge de plus en plus sur son attachement pour son « chien » et ne cache plus sa possessivité. Makoto se montre toujours surprotecteur mais fait des efforts pour respecter les choix de son ami. Ainsi, l’auteure dévoile les derniers secrets autour de Takumi. Par ailleurs, elle développe un peu plus les sentiments des personnages. Elle apporte également une note d’humour discrète avec les personnages secondaires.

La mangaka a un trait léché et anguleux. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages longilignes avec des visages ovales. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par des languettes blanches, un contour blanc ou tout simplement l’absence de trames. Elle dessine également des coupes intérieures. Comme dans le tome précédent, elle fait poser les personnages dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé.

Yôsuke décline la proposition de colocation de son ami Sawashiro Makoto, appréciant sa vie actuelle avec Sujima Takumi. Alors qu’il a apporté des hamburgers pour le dîner, le gérant d’établissement de prostitution le soupçonne d’abord de chercher de l’argent ou ses faveurs. Malgré la simple envie de faire plaisir de l’ancien gigolo, les deux hommes finissent tout de même par coucher ensemble. D’ailleurs, Yôsuke ne cache plus à son partenaire ce qu’il aime durant les ébats. Un soir, alors qu’il se rend dans un bar pour continuer à s’enivrer après avoir quitté ses amis, il est abordé par un jeune homme, Ryûji, avec qui il sympathise très vite.

En conclusion

Hinako sensei ajoute enfin un peu de sentiments entre ses deux héros. Elle maintient bien le suspense avec les intrigues de Ryûji, même si certains indices permettent au lecteur d’anticiper les révélations. Il y a toutefois encore quelques scènes choquantes (viol) pour le public sensible. J’ai l’impression de souffler un peu avec ce tome mais je suis toujours sous son charme. Je me délecte vraiment d’un peu de douceur dans ce monde de brutes.

Ose me dire que c’est pas de l’amour – Sakurai Nanako

ose me dire que c est pas de l amour sakurai nanako

SAKURAI Nanako 櫻井ナナコ
ISBN: 9782382764367
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784866574912 (JP)
Frontier works, 2021 (JP)
Titre original: 恋じゃないと目を見て言って
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Quand je tombe amoureux, je me jette à fond dans la relation. »

Sakurai Nanako sensei propose une classique romance de sex friends à amants entre un étudiant et un cuisinier qui ont tendance à trop s’investir en amour. Elle joue sur les contradictions entre leurs actions et leurs paroles pour créer tension et quiproquos. A force d’être blessé par des ruptures, Yuito renonce à une relation sérieuse et fuit tout ce qui y ressemble. Arata respecte sa décision mais joue sur la distinction entre ami et amant pour arriver à ses fins. Bien que les deux hommes ressentent des sentiments réciproques, ils s’enlisent dans une certaine distance pour pouvoir conserver leur relation. Leur entourage les guide un peu. L’auteure révèle le passé d’Amari seulement à la fin. Ainsi, elle crée un peu la surprise. En bonus, elle montre la vie à deux du couple.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Pour les rougissements, elle dessine des hachures envahissantes qui recouvrent même les yeux et les cheveux. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait. Les trames sont utilisées avec parcimonie. De même, les trames d’ambiance se font discrètes. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakurai sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Elle offre environ une scène par chapitre. Sous la jaquette, elle présente sa postface en manga accompagnée d’un dessin.

En résumé

Amari Yuito a la fâcheuse tendance à se jeter corps et âme dans une relation quand il est amoureux. Ainsi, il n’hésite pas à utiliser son corps pour obtenir enfin l’amour de sa cible, ne se souciant guère de la situation de famille de cette dernière. Mais il se fait également souvent plaquer car ses partenaires le trouvent finalement étouffant. Après une énième rupture, il décide donc de se contenter d’un simple coup d’un soir. Dans un restaurant, il rencontre un bel étudiant qui mange avec appétit. Bien qu’il évite habituellement les jeunes, intrigué, il sympathise rapidement avec lui. Kuze Arata accepte alors de continuer leur conversation autour d’un verre chez Yuito. Et ils finissent même par coucher ensemble.

En conclusion

Sakurai Nanako sensei offre un scénario très classique et sans prétention dont l’enchainement des évènements se devine facilement. D’ailleurs, elle utilise quelques raccourcis mais cela n’est pas dérangeants. En plus, elle a un graphisme plutôt mignon agréable. J’ai apprécié ma lecture malgré le manque d’enjeu, m’attachant facilement aux personnages. Une lecture sympathique!

Toujours sucré 2 – Kojima Katsura

toujours sucre 2 kojima katsura

KOJIMA Katsura 児島かつら
ISBN: 9782382764091
Hana, 2024
ISBN: 9784801978300 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: とめどなく、シュガー 下
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Le passage du monde de l’université au monde des adultes. »

Kojima Katsura sensei continue d’analyser les différentes pressions et inquiétudes face au coming out. Comme dans le tome précédent, elle aborde les difficultés d’une relation à distance. Ainsi, en introduisant Iori, elle crée des tensions dans le couple, la confiance s’étiolant à cause du manque de communication. Par ailleurs, en devenant le confident de Riichi, Senô apporte un autre regard sur ses questionnements. Keita qui bénéficie du soutien de sa famille et de ses collègues, en particulier Someya, avance doucement mais sûrement dans ses projets. Il n’hésite d’ailleurs pas à se remettre en question pour sauver son couple. En effet, le côté fuyant de Yaïba complique les discussions. Ainsi l’auteure s’attarde sur la construction d’un avenir en commun, de la nécessité de prendre des décisions et de faire des efforts. Elle dévoile le futur du couple dans l’histoire bonus.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle dédouble parfois les contours. Dans les passages humoristiques, elle simplifie son trait. Les décors détaillés et plutôt présents apportent une note réaliste. De même, les trames sont équilibrées. Néanmoins, des hachures marquent les ombres fortes. Par ailleurs, les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Kojima sensei ne détaille pas les parties intimes. Elle dessine même des contours discontinus. A la fin des chapitres, elle offre des têtes trop chou des personnages en SD.

En résumé

Yaïba Riichi n’arrive pas à se concentrer sur son travail car il a peu dormi. En effet, il a veillé tard en expérimentant le sexe au téléphone avec son petit ami Nishina Keita. Alors qu’il espérait appeler ce dernier durant sa pause déjeuner, une cliente difficile vient lui demander des conseils. Elle est accompagnée d’un beau jeune homme, Senô Iori. En discutant, ce dernier ne cache nullement son homosexualité et devine même l’orientation sexuelle du vendeur. D’abord surpris, Riichi meurt d’envie de discuter avec lui mais a également très peur qu’il révèle involontairement son secret. Pourtant, les deux hommes sympathisent vite. A la fin du mois, Yaïba rejoint comme d’habitude Keita mais il se montre tellement enthousiaste en parlant de son nouvel ami qu’il provoque le doute et la jalousie de son amant.

En conclusion

Ce tome se classe à la sixième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Kojima Katsura sensei offre une analyse fine des émotions lors d’une relation à distance ainsi que la vision différente du coming out selon les personnalités. Je trouve que son graphisme va à l’essentiel et dégage à la fois douceur et effet brut. Je craque complètement pour les différents personnages, même secondaires. Un beau coup de cœur!

Toujours sucré 1 – Kojima Katsura

toujours sucre 1 kojima katsura

KOJIMA Katsura 児島かつら
ISBN: 9782382764084
Hana, 2024
ISBN: 9784801978294 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: とめどなく、シュガー 上
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Une relation partie d’une nuit d’amour destinée à panser deux cours blessés. »

Kojima Katsura sensei propose de suivre les aventures amoureuses de Nishina dans ce spin-off de Five corners coffee. Elle aborde entre autres la souffrance d’un amour à sens unique, les difficultés d’une relation à distance et la question du coming out. En effet, Keita, qui parle franchement, assume son homosexualité et n’hésite pas à exprimer son amour publiquement. Riichi, quant à lui, a peur du jugement extérieur et du rejet, vivant en province. En plus, il supporte mal la pression familiale sur ses relations amoureuses. L’auteure analyse avec finesse les sentiments de ses deux héros, leurs doutes et leurs questionnements. Elle s’intéresse à la perception différente de l’homosexualité entre province et grande ville. De même, elle s’attarde sur l’image extérieure que l’on peut se donner pour se protéger. Grâce à une compréhension mutuelle et beaucoup de patience, le couple évolue petit à petit.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dédouble parfois les contours, apportant ainsi une touche un peu brute. Par exemple, les pupilles ont la forme d’un simple point. Les trames sont variées toutefois, des hachures marquent les ombres fortes. De même les trames d’ambiance se font discrètes. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page très dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Kojima sensei censure à peine les parties intimes. Ainsi, elle ne détaille pas ces dernières en plus d’un contour discontinu. En fin de chapitre, elle offre une petite anecdote avec d’adorables têtes des personnages en SD.

En résumé

Nishina Keita retrouve ses camarades d’université dans un bar de Shinjuku. Tout le monde en profite alors pour fêter sa réussite d’embauche. De passage dans le quartier gay, il interrompt une altercation entre trois hommes et sauve ainsi Yaïba Riichi, un camarade de classe un peu dragueur qu’il ne supporte pas. Toutefois, en discutant, il remarque que sa première impression était fausse. En effet, Riichi lui confie être homosexuel et qu’il souhaitait vivre une première expérience avant de rentrer chez lui à la campagne, pour succéder à son père dans son commerce. Mais il est mal tombé avec ces deux hommes qui voulaient lui imposer un plan à trois. Keita propose alors à son camarade de coucher avec lui. Le lendemain, quand Yaïba le quitte, il lui avoue qu’il l’aimait.

En conclusion

Kojima Katsura sensei propose une romance plutôt originale puisque le couple se forme alors que les deux héros ne vont plus vivre dans la même ville. Elle décortique parfaitement les émotions de ses personnages et propose tout de même quelques scènes très sexy. La présence de Harumi et Kimihiko de Five corners coffee est tellement discrète que sa lecture n’est pas une obligation pour comprendre ce récit. Par ailleurs, le graphisme s’adoucit. Je suis très heureuse de découvrir l’histoire de Nishina.

Apprivoise-moi 2 – Shikimi Bibi

apprivoise moi 2 shikimi bibi

SHIKIMI Bibi 志木見ビビ
ISBN: 9782382764466
Hana, 2024
ISBN: 9784396785635 (JP)
Shodensha, 2023 (JP)
Titre original: 服従と甘噛み 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Ne me traite pas comme un chien! »

Shikimi Bibi sensei propose de découvrir la suite des aventures entre le pervers vétérinaire et le loup-garou peu docile. Elle révèle au fur et à mesure le passé d’Iruma. Par ailleurs, elle joue sur les jeux érotiques à la limite du sadomasochisme qui ressemblent à l’éducation canine. Ainsi, l’arrivée du streameur Luca, également loup-garou, oblige Keisuke à se remettre en question et perturbe Iruma qui réfléchit alors à sa relation particulière avec le vétérinaire. Les mamours canins et les rapports humains sont ainsi mis en parallèle. D’ailleurs, l’humour s’appuie beaucoup sur les caprices et les fantasmes du vétérinaire et sur la relation tumultueuse qu’il entretient avec son petit ami, comme dans le tome précédent. Bien que l’auteure aborde la question de la famille, elle le fait avec légèreté, privilégiant le côté pervers de Minato qui semble exploser face à un potentiel « rival ».

La mangaka a un trait épuré de style shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques appuient les émotions. De même, les décors soignés et très présents apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue sur les sorties de cadre, les superpositions et les angles de vue variés. Dans les scènes érotiques, Shikimi sensei censure les parties intimes avec un cache blanc et en dessinant des contours discontinus. Néanmoins, elle offre presque une scène par chapitre. Dans le sommaire, elle présente les personnages. Dans les illustrations en début de chapitre, les personnages posent dans leur quotidien.

En résumé

Minato Keisuke a profité d’une sieste d’Iruma, transformé en loup, pour le photographier discrètement avec les chiens. Pour se faire pardonner de cette indiscrétion, il offre donc un smartphone à son petit ami. Depuis, le loup-garou passe son temps à jouer sur son téléphone. Il le mord même lorsque le vétérinaire essaie de le câliner. Mais alors que la pleine lune approche, Iruma se transforme peu à peu et est soudain sensible aux phéromones d’une chienne en chaleur. Minato se venge alors en l’obligeant à jouir sur commande. Ne supportant pas d’être traité comme un simple chien, le loup-garou s’enfuit. Au bout d’un moment, il remarque que quelqu’un le suit. Il fait ainsi la connaissance de Luca, un congénère.

En conclusion

Shikimi Bibi sensei propose une suite pas forcément nécessaire, toujours aussi légère mais qui apporte tout de même quelques éléments intéressants. Le graphisme est tout aussi mignon et les jeux coquins continuent de flatter le fan service pour les hommes affublés d’oreilles et de queue d’animaux. Une lecture divertissante qui plaira surtout aux lecteurs qui ont aimé le premier tome. Pour ma part, je trouve ce titre encore une fois craquant! Mise à jour: Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2024.

Assis. Bon toutou 2 – Misumi Yoko

assis bon toutou 2 misumi yoko

MISUMI Yoko 三栖よこ
ISBN: 9782382764404
Hana, 2024
ISBN: 9784801979079 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Titre original: おすわり、よくできました 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Il faut plus que de la confiance, pour établir un lien de confiance. »

Misumi Yoko sensei développe un peu plus la relation entre Mogami et Hasekura, délaissant les sentiments pour s’intéresser à leurs problèmes de couples en tant que dom et sub. Elle aborde la pression ressentie par les dominants face à l’image sociale d’un dom parfait égoïste et violent. En introduisant l’aîné des Hasekura, Yuichi, elle dévoile le passé qui hante Shuji, ce dernier rechignant même à donner des ordres. Le comportement prévenant et capricieux du médecin interroge d’ailleurs sur la dynamique du couple. En effet, Itsuki s’adapte à son partenaire, n’hésitant pas à prendre des initiatives et réclamer des injonctions, loin de l’image d’un soumis. Avec son rival Satomi Hayato, l’auteure aborde également la discrimination de l’homosexualité et des sub dans le sport ainsi que l’obligation à garder secrète son orientation sexuelle. Par l’intervention d’Itami, elle met en avant l’implication des célébrités dans l’évolution des mentalités et les changements législatifs.

La mangaka a un trait anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Comparé au tome précédent, son trait s’adoucit légèrement grâce à plus de pleins et déliés. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Les décors apparaissent sur les plans larges, s’estompant parfois autour des personnages pour ne pas surcharger la page. En effet, la mise en page très dynamique joue beaucoup sur les superpositions de cases. Misumi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle présente les personnages principaux dans des fiches en début de tome.

En résumé

Depuis quelques temps, le footballeur Mogami Itsuki (soumis) rencontre de plus en plus de succès grâce à ses prestations durant les matchs. Son petit ami médecin, Hasekura Shuji (dominant), qui regardait un des matchs pendant sa pause, se confie alors à son collègue Itami: il n’arrive pas à faire connaître le « subspace » à son partenaire. Du côté d’Itsuki, leur ami barman leur offre un séjour dans un onsen. Mais bien que les deux amoureux cèdent facilement à leur libido, leurs jeux érotiques restent pourtant conventionnels.

En conclusion

Après un classique développement des sentiments, Misumi Yoko sensei invite les lecteurs à s’interroger sur l’univers dom/sub en apportant des nuances très intéressantes avec un dominant trop gentil et prévenant et un soumis à fort caractère. Elle transpose également son univers sur un sujet pourtant d’actualité: l’homophobie dans le monde du sport. Elle rythme parfaitement son sujet, offrant au passage de magnifiques scènes sensuelles et des jeux érotiques mignons. Ma surprise se transforme en coup de cœur. Une lecture rafraîchissante pleine de tension et de tendresse.

Le petit ami dangereux de Suzu – Kasai Chiaki

le petit ami dangereux de suzu kasai chiaki

KASAI Chiaki かさいちあき
ISBN: 9782382764305
Hana, 2024
ISBN: 9784801975187 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: 地雷系彼氏すずくん
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Un amour entre deux êtres que tout oppose, liés par Kappa, la petite peluche. »

Kasai Chiaki sensei propose une romance entre deux étudiants aux caractères diamétralement opposés. Elle révèle au fur et à mesure les petits secrets des personnages, dévoilant en fin de compte des personnalités bien plus complexes qu’elles ne paraissent. Ainsi, bien que Suzu aime sa solitude et ne cherche pas à se lier d’amitié, il fait des efforts pour connaître un peu plus Aiji et s’ouvrir à lui. De même, malgré un comportement très proche du harcèlement et du chantage, Sawamuro montre sincèrement ses sentiments et s’adapte à l’univers de son camarade. L’auteure joue sur le classique scénario « tomber amoureux de celui qui nous rejette » pour aborder différentes approches des relations sociales lorsque que l’on est à la base calme, entre rejet ou intégration à travers un faux « masque ». Elle s’intéresse également au jugement sur l’apparence, l’influence des préjugés, la difficulté à se montrer tel que l’on est.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux avec des contours qui se déforment ou se dédoublent pour renforcer les réactions des personnages. D’ailleurs, elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant parfois son trait. Elle a également un style reconnaissable, avec des oreilles un peu pointues caractéristiques. Les trames sont très variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors. La mise en page est très dynamique, avec des sorties de cadre. Kasai sensei ne censure pas les scènes érotiques. Par ailleurs, elle intègre des jeux érotiques avec Kappa. En fin de chapitre, elle propose également quelques aventures mignonnes de la peluche ou des yonkoma apportant des anecdotes. Les personnages posent dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Le timide Furushima Suzu a perdu sa chère peluche Kappa, réalisée par son cousin Ryûichi d’après une création de Takowasa. Il la cherche désespérément dans les couloirs de l’université quand le beau Sawamuro Aiji l’interpelle, entouré de ses groupies. Ce dernier le taquine un peu avant de lui rendre la peluche qu’il a retrouvée, légèrement abimée. Depuis, il semble vouloir sympathiser avec Suzu mais se montre un peu trop insistant et tactile, au grand dam de l’asocial étudiant. D’ailleurs, le beau gosse prétexte vouloir fuir les filles trop collantes. Charmé par les larmes du morose Furushima qui panique dès qu’on le touche, Aiji lui vole soudain un baiser par dessus son masque.

En conclusion

Kasai Chiaki sensei crée une dynamique intéressante entre ses personnages. Elle équilibre petit à petit la relation entre ses deux héros, qui dévoilent leur vraie personnalité. Son graphisme très expressif rend bien les émotions. Toutefois, certains lecteurs pourront trouver les jeux sexuels avec la peluche Kappa et le harcèlement constant d’Aiji assez malaisants. Fan de la mangaka habituée aux romances tumultueuses, je me suis facilement plongée dans ce récit. J’ai d’ailleurs hâte de découvrir le second tome! Une lecture ambiguë qui ne plaira pas à tout le monde mais ravira les fans du genre.

Le grand saut à Dotonbori 1 – Sakuragawa Naro

le grand saut a dotonbori 1 sakuragawa naro

SAKURAGAWA Naro 櫻川なろ
ISBN: 9782382764282
Hana, 2024
ISBN: 9784801963528 (JP)
Takeshobo, 2018 (JP)
Titre original: 道頓堀フライングジーザス
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« A défaut de t’offrir mon cul, je peux te prêter ma queue. »

Sakuragawa Naro sensei offre une comédie romantique dans une douce ambiance familiale. Elle aborde entre autres le jugement sur l’apparence, les préjugés sur l’homosexualité . Elle joue sur le contraste et les caractères opposés. Ainsi, le timide Hokuto peut se montrer sexy et entreprenant durant les ébats. Yamato, quant à lui, a un style de délinquant mais prend très au sérieux la responsabilité de la famille. Les ex des deux héros viennent ajouter quelques tensions tandis que la famille Kinoshita apporte une note comique et mignonne. L’auteure s’attarde sur l’évolution du couple, l’intégration d’un partenaire amoureux dans une famille nombreuse ainsi que la difficulté à organiser des moments intimes. Elle analyse les sentiments complexes de ses deux héros, influencés par leurs obligations et leur passé. Grâce au soutien de son petit ami, Shingaki surpasse son manque de confiance en soi.

La mangaka a un trait épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Pour les rougissements, elle dessine de larges hachures envahissantes. Les décors situent principalement l’action. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Sakuragawa sensei joue sur les cadrages et les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes. Par ailleurs, elle simplifie ces dernières.

En résumé

Depuis que le timide Shingaki Hokuto (25 ans) a été muté à Ôsaka, il n’arrive pas à s’intégrer dans sa nouvelle équipe et son nouveau travail. Alors qu’il a trop bu lors d’une soirée entre collègues, il déprime et, devant la rivière Dotonbori, décide de se suicider en se jetant du pont. La famille Kinoshita qui passait par là, l’arrête dans son élan. L’aîné, Yamato (23 ans), qui a des airs de délinquant, l’invite alors à venir discuter chez lui. Hokuto lui confie donc être gay, encore puceau et le trouver également beau. En fin de compte, ils finissent par coucher ensemble. Le salaryman pensait couper court à cette relation de peur de tomber amoureux mais Yamato le contacte quelques jours plus tard et lui demande d’aider son frère, Manato, à réviser. Il lui promet également de ne fréquenter personne d’autre que lui.

En conclusion

Sakuragawa Naro sensei crée des personnages d’abord surprenants puis attendrissants. Elle transcrit parfaitement l’ambiance familiale, si bien qu’on en oublie la romance alors qu’il y a pourtant beaucoup de scènes sexy. Son graphisme a une petite touche shôjo très agréable. Une lecture amusante, dynamique dans l’enchainement des évènements, pleine de tendresse, qui aborde quelques thèmes intéressants. Vivement le prochain tome!

Fake fact lips – Suehiro Machi

fake fact lips suehiro machi

SUEHIRO Machi 末広マチ
ISBN: 9782382764473
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801973282 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Celui qui fait tomber amoureux l’autre gagne! »

Suehiro Machi sensei propose une comédie romantique entre deux salarymen qui passent leur temps à se chamailler dans des compétitions. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle révèle leur passé au fur et à mesure, expliquant également l’origine de leur rivalité. Ainsi, l’orgueilleux Shitô était complexé par rapport à son frère et Yotsuya cherchait surtout à répondre aux attentes de ses parents. Leur rencontre leur a permis de créer une relation certes conflictuelle mais respectueuse. Un jeu de séduction commence entre les deux hommes mais leur esprit combatif prend toujours le dessus, apportant beaucoup d’humour. De même, leurs collègues temporisent autant que possible leurs ardeurs. L’auteure analyse l’évolution des sentiments des deux héros. Elle aborde le doute qui s’installe entre manipulation et confidence, la difficulté à admettre ses sentiments quand on est mauvais perdant, la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait légèrement épuré au contour épais qui donne du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques accompagnent les émotions. La mise en page très dynamique varient souvent les angles de vue. De même, la forme des phylactères change selon les intonations, distinguant également les pensées de l’oralité. Bien que Suehiro sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle évite toutefois de trop exposer les parties intimes.

En résumé

Yotsuya Ryô, de la section 1 du département des ventes, et Shitô Zen, de la section 2 du même département, sont les meilleurs commerciaux de l’entreprise. Ils se connaissent depuis le lycée mais ont toujours rivalisé sur tout et n’importe quoi comme leurs résultats scolaires ou sportifs, les chocolats récoltés à la Saint-Valentin et maintenant l’obtention des contrats. A chaque défi, le perdant doit alors faire ce que demande le gagnant. Après plusieurs défaites d’affilée, Shitô doit payer à boire à son rival. Mais au cours de la conversation, il propose encore des petits défis dont l’un un peu fou: savoir qui jouira en premier. En fin de compte, les deux salarymen finissent par coucher ensemble emportés par l’excitation. Et pourtant, ils se lancent encore dans le pire défi de leur vie: faire tomber l’autre amoureux.

En conclusion

Ce tome obtient la quatrième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Shitô Zen se classe treizième meilleur uke. Suehiro Machi sensei a un graphisme très efficace. Elle alterne avec brio moments comiques et tons plus sérieux. Elle casse néanmoins les moments romantiques avec humour, relançant constamment son histoire avec un rythme soutenu. Certains lecteurs pourront toutefois se lasser des gags répétitifs. Si vous avez aimé, sachez qu’une suite est déjà sortie au Japon, en deux tomes. Pour ma part, j’attendais ce titre depuis longtemps. Je suis donc complètement sous le charme, d’autant plus que j’adore la dynamique entre les personnages. Coup de cœur confirmé!

Amour & désir – Ahiru Morishita

amour et desir ahiru morishita

AHIRU Morishita アヒル森下
ISBN: 9782382764244
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784801978577 (JP)
Takeshobo, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: un peu

« Si Noa me touchait encore plus, qu’est-ce que je ressentirais? »

Ahiru Morishita sensei propose une comédie romantique entre un jeune reclus asocial et sombre et un étudiant nippo-allemand radieux un peu otaku. Elle aborde donc la difficulté à communiquer et à exprimer ses sentiments, les différences culturelles. Elle ajoute une note dramatique en dévoilant au fur et à mesure le passé de Kei. Avec la cohabitation, les deux hommes se découvrent des points communs et une attirance mutuelle. Noa réalise qu’il aime prendre soin de son hôte tandis que Kei s’interroge sur sa libido. Ainsi, les quiproquos entre eux apportent une touche humoristique. L’auteure s’intéresse par ailleurs à la distinction entre amour et désir sexuel, analysant les questionnements de ses deux héros.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin qui joue sur les pleins et déliés. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Elle compare les réactions de Kei à celles d’un chat, n’hésitant pas à lui ajouter oreilles et queue ou à dessiner un petit chat noir à côté, augmentant son côté mignon. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, plutôt graphiques, appuient les émotions. Les décors sont soignés et le lecteur peut même reconnaître certains quartiers de Tokyo. La mise en page est par ailleurs dynamique. Dans les scènes érotiques, Ahiru sensei censure les parties intimes par des hachures blanches et des contours discontinus. Dans les illustrations en début de chapitre, elle présente le couple dans leurs moments tendres.

En résumé

Noa, nippo-germanique, se rend au Japon pour un mois. En échange d’un logis dans une belle maison traditionnelle, il accepte de s’occuper de Kei, un hikikomori. Ce dernier a d’abord du mal à s’exprimer, d’autant plus que Noa se montre très tactile. Pourtant, il multiplie les efforts malgré sa maladresse pour communiquer avec son nouveau colocataire. D’ailleurs, Noa adore voir les différentes réactions de son hôte. Mais en rentrant un soir, il entend Kei en train de se masturber tout en prononçant son nom.

En conclusion

Ahiru Morishita sensei propose une romance toute mignonne alternant entre humour, drame et érotisme. Elle délaisse rapidement la question interculturelle pour s’attarder sur les sentiments des personnages. Son graphisme transcrit parfaitement les émotions des personnages. Une lecture simple, sympathique, légèrement affriolant qui fait passer un bon moment de détente.