Here U are 1 – Djun

couverture here u are 1 djun taifu yu yang qui relève ses cheveux

Djun
ISBN: 9782375064238
Taifu comics, 2024
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Pourquoi il me fixe sans rien dire? »

Djun narre une romance aux notes réalistes entre deux étudiants aux caractères opposés. Iel base la narration du point de vue de Yu. Iel implique avec humour le lecteur en rappelant à travers certains dialogues ou indices semés en arrière-plan, qu’il s’agit d’une fiction. Yang assume son homosexualité, la dévoilant uniquement lorsqu’il le juge nécessaire. D’ailleurs, il n’hésite pas à recadrer, d’abord avec humour puis par la violence, tous ceux qui font des remarques homophobes. Par ailleurs, Wang Ming et ses camarades, dont Zhang Jiefeng, offrent une grande palette des pires comportements, entre moqueries, harcèlements et pièges. Le passé de Li révélé au fur et à mesure permet de mieux comprendre son côté renfermé. L’auteur.e installe pour l’instant les personnages et leurs relations. Iel aborde d’abord le jugement extérieur s’appuyant également sur les personnages secondaires pour offrir d’autres exemples.

Le.a manhuajia, malgré un trait épuré, a un style plutôt réaliste. Iel le simplifie, parfois à l’extrême, dans les passages humoristiques. Les couleurs sont plutôt réalistes avec des ombres fortes marquées et des dégradés. De même, les décors détaillés sont très présents sauf dans les plans rapprochés. La mise en page dynamique enchaine avec fluidité les vignettes et propose même quelques agencements plus originaux, avec des absences de cadre, des sorties de cases, des superpositions. Par ailleurs, les scènes d’action se résument à l’essentiel. Djun utilise également les pleines pages pour marquer des pauses agréables dans la lecture. Un vernis sélectif sur la couverture offre un très bel effet.

En résumé

L’étudiant en seconde année, Yu Yang, accueille les nouveaux élèves et les oriente selon leurs besoins. Très sociable et franc, il attire vite la sympathie de tous les étudiants. Mais le grand et taciturne Li Huan se montre froid, ne le remerciant même pas d’être allé chercher la clé de sa chambre. D’abord vexé par l’indifférence du nouveau, Yangyang remarque que Huan ne s’intègre également pas aux autres étudiants lors des activités. Un soir, alors qu’il allait fermer la salle B106, il aperçoit Li jouer du piano. Face à son regard triste, il s’éclipse alors discrètement…

En conclusion

Djun démarre lentement son récit mais cela est nécessaire pour bien appréhender les différents caractères des personnages ainsi que leurs liens. Son scénario est parfaitement maîtrisé, alternant humour et tension. De même, son beau graphisme offre une large palette de physionomies différentes. En plus chaque visage ou carrure possèdent son charme. N’hésitez pas à découvrir ce petit bijou très contemporain!

Les trésors de Takara – Suzumaru Minta

les tresors de takara suzumaru minta

SUZUMARU Minta 鈴丸みんた
ISBN: 9782375064313
Taifu comics, 2024
ISBN:‎ 9784403668241 (JP)
Shinshokan, 2022 (JP)
Titre original: タカラのびいどろ
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ça veut dire que je peux essayer de faire en sorte que tu m’aimes à 100%? »

Suzumaru Minta sensei narre une belle romance entre deux étudiants qui se découvrent petit à petit en se fréquentant. Elle révèle au fur et à mesure leur passé. Ainsi, elle alterne la narration entre ses deux héros. Bien que Takara se montre froid au premier abord, il déborde de gentillesse. Il guide son nouvel ami à réfléchir précisément sur ses sentiments. Le naïf Taishin parle franchement et attire facilement la sympathie des autres. Malheureusement, avec ses grands yeux brillants qui lui donnent un petit air enfantin, il provoque également des malentendus. D’ailleurs, l’auteure joue sur les comparaisons avec le bonheur que procurent les billes. Elle s’intéresse au jugement sur l’apparence et aux rumeurs. Par ailleurs, elle construit une relation consensuelle, qui se développe grâce à la communication et aux partages des décisions. Le thème de la randonnée permet également d’aborder quelques plaisirs simples.

La mangaka a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, ce qui donne un aspect tout mignon aux personnages. Les trames sont très variées avec des ombres fortes bien marquées. Par contre, les trames d’ambiance, discrètes, soulignent principalement les passages comiques. Par ailleurs, les décors détaillés apportent une touche réaliste. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page dynamique rythme la lecture. Bien que Suzumaru sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes en n’en dessinant que le contour. Elle joue également avec les angles de vue pour ne pas tout montrer. Par ailleurs, elle montre des moments tendres du couple dans les illustrations en début de chapitres comme dans celle en couleur en début de tome. Sous la jaquette, se trouvent des ébauches des personnages.

En résumé

Nakano Taishin a quitté sa province natale pour l’université de Tokyo, avec la ferme intention de retrouver l’étudiant de passage dans sa région qui l’avait gentiment consolé un an auparavant. Mais Shiga Takara se montre froid avec lui. Pourtant, les nouveaux amis de Tai l’encouragent à participer à la randonnée du club auquel appartient Takara. Ce dernier, conscient que sa beauté attire beaucoup de filles peu intéressées par ce sport, lui promet alors de l’écouter seulement une fois arrivé au sommet. Mais pourquoi Nakano tient-il tant à sympathiser avec lui, un simple touriste de passage?

En conclusion

Ce one-shot se classe à la troisième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Malgré un scénario au premier abord classique, Suzumaru Minta sensei introduit suffisamment de matière pour rendre le récit passionnant. D’ailleurs, elle maîtrise parfaitement l’enchaînement des évènements et le développement de la relation. Son magnifique graphisme met en valeur la beauté froide de Takara et la bouille trop mignonne de Taishin. J’ai adoré cette douce romance consensuelle qui se dévore d’une traite. Si vous appréciez la mangaka, foncez sans hésitation!

Queutard légendaire VS Cul d’acier 1 – Totofumi

queutard legendaire vs cul d acier 1 totofumi

Totofumi ととふみ
ISBN: 9782375064320
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799756706 (JP)
Libre, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« J’aurais jamais cru qu’un mec m’exciterait. »

Totofumi sensei offre une comédie romantique entre deux lycéens un peu rebelles, expert en sexe mais innocent en amour. Elle base l’humour sur leurs différences, les quiproquos et leurs défis maladroits. Le fier Sena s’avère être un grand frère aimant et responsable qui soutient sa famille. Malgré sa réputation, le flambeur Mikagura se montre plutôt respectueux de ses partenaires, portant attention au consentement. Les deux lycéens s’interrogent alors sur leur attirance et leurs sentiments en découvrant d’autres facettes l’un de l’autre. La narration alterne entre les deux héros. Ainsi, l’auteure sème le doute sur les intentions de chacun. Elle aborde donc avec humour le jugement sur l’apparence, l’influence des rumeurs, le trouble face à des émotions inconnues. Elle joue sur les clichés de séduction en les incluant dans des défis. Une histoire bonus propose un peu de fan service.

La mangaka a un trait anguleux au contour parfois dédoublé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à simplifier à l’extrême son trait. Par exemple, Mikagura se transforme parfois en wanko. Les trames sont très variées. Par contre, les trames d’ambiance alternent avec les décors soignés. Les flash-back se repèrent à leur fond noir avec en plus une trame grise qui recouvre les vignettes. La mise en page très dynamique joue sur des angles de vue originaux mettant en valeur la dualité. D’ailleurs, le découpage s’inspire de celui filmique. Totofumi sensei distingue les phylactères de l’oral et la pensée, renforçant l’humour. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques, offrant même des coupes intérieures. En fin de chapitre, elle donne une anecdote en une image. Sous la jaquette se trouve la suite du chapitre bonus, à lire donc à la fin.

En résumé

Au lycée Machiten, regroupant pas mal de voyous en son sein, deux clans s’affrontent autour des deux garçons les plus forts. Le beau et riche Mikagura Iori n’a perdu aucune bagarre jusqu’à présent. Il est surnommé le queutard légendaire car il coucherait avec une fille différente chaque soir. Il lance un défi à son rival Sena Minami, un bon élève surnommé cul d’acier car il a réussi à pénétrer tous ceux qui ont levé la main sur lui. Toutefois, Iori propose de s’affronter au lit. Qui gagnera?

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2023. Totofumi sensei offre une comédie amusante avec des personnages craquants. Elle transcrit plutôt bien la dualité entre ses deux héros pendant tout le tome, en semant des indices ou même par son découpage et sa mise en page. Son trait très vigoureux et expressif pourra gêner certains lecteurs. Pour ma part, j’aime les graphismes dynamiques et fonds complètement pour ce récit. J’attendais ce titre et je ne suis pas déçue: un coup de cœur!

I cannot reach you 3 – Mika

i cannot reach you 3 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123422
Kana, 2024
ISBN: ‎9784040648620 (JP)
Kadokawa, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Si je continue à me sentier cafardeux, comme ça, est-ce que j’arriverai à rester ton ami, comme avant? »

Mika sensei joue sur les clichés romantiques des BL et des shôjo pour pousser son analyse des réactions et des sentiments amoureux adolescents. Elle utilise le voyage scolaire pour dénoncer la conception soi-disant différente de l’amour entre les filles et les garçons. De même, elle s’intéresse aux différentes façons de déclarer ses sentiments ainsi que les facilités fournies par la commercialisation de l’amour. Ainsi, comparé au tome précédent, Fujino devient lourd en jouant les cupidons. L’introduction de Hosaka Yui apporte à la fois de la tension et un regard nouveau sur les relations humaines. D’ailleurs, les liens entre Yamato et Kakeru intriguent certains de leurs amis. L’auteure montre la pression sociale subie par les adolescents qui s’interrogent sur l’amour. Elle ajoute ainsi quelques intrigues. Elle continue également de dévoiler les sentiments et le caractère de ses deux héros uniquement en transmettant les non-dits avec finesse.

La mangaka a un trait épuré et doux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. Par contre, elle détaille les décors, permettant ainsi de reconnaître immédiatement les paysages de Kyoto. D’ailleurs, les décors alternent avec les trames d’ambiance, également graphiques (pois, carré). Ces dernières accompagnent même des émotions en fond des phylactères. Les autres trames sont variées. La mise en page est simplement dynamique. Mika sensei offre des anecdotes dans des yonkoma à la fin de certains chapitres. Par ailleurs, elle dévoile un peu le ton du récit à travers ses illustrations en début de chapitre. La couverture se classe troisième au Chill chill BL award 2021.

En résumé

Au centre commercial, Oohara Yamato a pris Ashiya Kakeru dans ses bras. Depuis, ce dernier n’arrête pas de s’interroger sur ses intentions. Mais la gêne grandissante entre eux l’empêche d’interroger son ami. D’autant plus, que Yamato se comporte normalement. Pour le voyage scolaire à Kyoto, le groupe constitué de Fujino, Amamiya, Hosaka Yui, Oohara et Ashiya, peine à construire un programme. Remarquant que Yamato s’adapte à tous les désirs des autres membres, Kakeru lui propose alors de visiter Arashiyama seulement tous les deux lors de leur journée libre.

En conclusion

Mika sensei maîtrise parfaitement le déroulement de son récit. Elle offre de magnifiques planches avec les décors à Kyoto. Par ailleurs, elle arrive à transmettre avec habileté les émotions de ses personnages. Après Fujino qui me déçoit un peu dans ce tome, je craque complètement pour Hosaka et Amamiya. Surtout Yui qui semble déjà mûr pour son âge. J’ai hâte de découvrir la suite! Toujours aussi fan!
Je remercie les éditions Kana pour l’envoi de ce tome en service presse.

I cannot reach you 2 – Mika

I cannot reach you 2 Mika

Mika みか
ISBN: 9782505123415
Kana, 2024
ISBN:‎ 9784040642222 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je te pose la question, est-ce que ça risque de briser notre amitié? »

Mika sensei continue de révéler les réflexions de Kakeru et Yamato sur leur relation. Elle alterne la narration entre les deux héros et n’hésite pas à présenter la version de chacun sur un même évènement, quitte à revenir sur certains passages. Les quiproquos et les secrets apportent de la tension. Kakeru passe son temps à se triturer les méninges tout en prenant conscience des risques d’interprétation. De même, Yamato révèle un peu plus ses défauts en se confiant à sa collègue Nitta. Par ailleurs, Fujino se démarque par sa sensibilité. Ainsi, l’auteure approfondit la question du jugement sur l’apparence ainsi que l’influence du manque de confiance en soi, du complexe d’infériorité et de la jalousie. Elle met en avant la peur de briser une forte amitié. De même, elle invite le lecteur à réfléchir sur la tendance à suivre les stéréotypes. Des chapitres bonus apportent quelques anecdotes.

La mangaka a un trait épuré légèrement en rondeur qui, bien que doux, reste expressif malgré une simplicité apparente. En effet, elle travaille principalement les petits détails comme la forme des sourcils et de la bouche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à simplifier à l’extrême son trait dans les passages humoristiques ou même à exagérer les expressions. Les trames d’ambiance participent à la narration en appuyant les émotions. Malgré une palette restreinte, les autres trames sont variées. Ainsi, le contraste noir et blanc renforce les moments dramatiques ou joyeux. Par contre, les décors détaillés situent principalement l’action. Comme dans le tome précédent, les personnages posent sans décors dans les illustrations en début de chapitre, sauf pour les chapitres 8 et 9 qui offrent un diptyque. De même, l’illustration au dos de la couverture propose une sorte de réponse à celle du tome 1.

En résumé

C’est la Saint-Valentin. Et comme d’habitude, des filles demandent à Ashiya Kakeru de donner leurs chocolats à Oohara Yamato à leur place, trop nerveuses pour approcher ce dernier. En route, le collégien aperçoit son ami en train de recevoir des chocolats d’une fille plus courageuse. Pourtant lorsqu’ils se retrouvent pour rentrer ensemble, Yamato ment sur les causes de son retard. En plus, il rougit immédiatement en recevant les chocolats de son camarade avant de déchanter en apprenant leur origine. Doutant de plus en plus des sentiments d’Oohara envers lui, Ashiya passe son temps à observer les moindres faits et gestes de son camarade tout en ayant peur de les surinterpréter. D’ailleurs, un malaise s’installe entre eux après que Kakeru, surpris, ait repoussé violemment Yamato.

En conclusion

Mika sensei maîtrise son scénario et son graphisme. Elle permet de tromper l’impatience des lecteurs avec quelques histoires bonus tout en s’amusant des clichés romantiques. Par ailleurs, elle termine ce tome sur un suspense insatiable qui donne envie de lire la suite immédiatement. Cette série me touche énormément et j’ai dévoré ce tome! Une lecture toujours accessible à tous, tendre et mignonne, qui aborde en plus des questionnements de l’adolescence sur l’amour, l’amitié et les relations humaines.
Je remercie encore chaleureusement les éditions Kana qui m’ont envoyé ce tome en service presse. Une lecture bonheur!

I cannot reach you 1 – Mika

i cannot reach you 1 mika

Mika みか
ISBN: 9782505123408
Kana, 2024
ISBN: 9784040657769 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« C’est parce que je tiens à toi que je ne te le dis pas… »

Mika sensei narre une classique romance d’amis d’enfance dont l’un nourrit secrètement un amour à sens unique pour l’autre. Toutefois, elle décrypte minutieusement les questionnements et les différentes émotions d’Ashiya qui se torture l’esprit pour comprendre son ami. D’ailleurs, elle joue sur les ambiguïtés et les quiproquos pour dynamiser leur relation. Kakeru qui semble un peu lent à la détente apporte une note humoristique tandis que les tentatives maladroites d’approche de Yamato sont attendrissantes. Malgré leur profonde amitié, ils ont du mal à aborder des sujets plus intimes. Leurs amis les incitent par ailleurs à s’interroger sur la différence entre amour et amitié. Ainsi l’auteure s’amuse de situations romantiques pour mettre en avant la porosité entre relation amicale et amoureuse, hétérosexuelle ou homosexuelle. Elle interroge les lecteurs sur le jugement extérieur. Par ailleurs, elle prend son temps pour développer son récit, offrant une tranche de vie quotidienne des lycéens.

La mangaka a un trait épuré plutôt en rondeur qui renforce la douceur générale. Elle le simplifie et le déforme dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle ajoute des notes comiques en arrière-plan en apportant des précisions en tant que narratrice extérieure ou, par exemple, avec le chat de Yamato qui fait des remarques comme un humain. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page simplement dynamique et efficace use surtout des superpositions. Dans les illustrations en début de chapitre, Mika sensei montre les personnages dans leur quotidien sans représenter les décors, sollicitant ainsi l’imagination du lecteur. En fin de chapitre, elle propose des histoires comiques sous un format proche du yonkoma en toutefois plusieurs cases. L’éditeur nous propose une couverture alternative grâce à une jaquette réversible.

En résumé

Ashiya Kakeru a encore obtenu une mauvaise note en mathématiques et doit donc rester en rattrapage après les cours. Il informe alors son ami d’enfance Oohara Yamato, alors que ce dernier recevait une déclaration d’amour d’une élève. Ses amis partagent alors leur surprise, ayant du mal à comprendre leur profonde amitié malgré leurs différences. En effet, en plus d’être beau gosse, le timide Yamato est le meilleur élève de la classe tandis que l’insouciant mais sociable Kakeru est plutôt banal et cancre. Durant les rattrapages, alors que le professeur laisse seul Ashiya qui traîne sur ses exercices, Oohara vient à son aide. Mais quand son ami lui demande s’il aime quelqu’un, il bredouille le nom de ce dernier avant de s’éclipser rapidement. Kakeru s’interroge alors sur la signification de sa réponse…

En conclusion

Mika sensei propose une histoire toute mignonne qui plaira à un large public. Malgré un développement lent qui se ressent à peine, elle analyse avec précision les réflexions et le cheminement de pensée d’Ashiya. En plus d’un graphisme doux et expressif, elle mène rondement son scénario, apportant une touche réaliste avec les différentes interactions entre amis, collègues et famille. Pour les plus impatients, la série a été adaptée en drama (preuve de son succès) et est disponible sur Viki. Je craque complètement pour Kakeru avec ses bouilles adorables mais surtout ses efforts pour comprendre son ami. Une amitié touchante qui se transforme petit à petit. Un énorme coup de cœur!
Je remercie les éditions Kana qui m’ont fait découvrir ce titre en service presse. Je vais continuer la série avec beaucoup de plaisir et d’impatience.

Disparais de ma vue! 2 – Hinako

disparais de ma vue 2 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382762257
Hana, 2024
ISBN: 9784813033301 (JP)
Taiyohtosho, 2022 (JP)
Titre original: 何でもいいから消えてくれ 2
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Depuis l’instant où je l’ai rencontré, j’ai considéré que Riku était « à moi ». »

Hinako sensei continue de resserrer le piège de l’emprise de Shigihara sur Yatsudo. Comparé au tome précédent, elle base la narration principalement du point de vue du harceleur, mais partage tout de même les réflexions de sa victime. Ainsi, elle suggère par brides le passé assez troublant, peut-être même traumatisant, de Yôji. Entre chantage, manipulation, harcèlement, possessivité, le détestable lycéen semble pourtant fournir quelques efforts et montrer certaines faiblesses, obligeant le lecteur à s’interroger constamment sur ses desseins. Muromachi Koharu et Osugi Yoshiharu font basculer l’équilibre relatif de la relation de leurs amis. Les relations sont de moins en moins consensuelles, Riku cédant. D’ailleurs, les sentiments de ce dernier deviennent de plus en plus ambivalents au point de le dégoûter de lui-même. L’auteure offre un court répit avant de plonger le lecteur dans une vague de plus en plus violente. Elle augmente l’antipathie de Shigihara en le faisant parler crûment.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques, porté principalement par les réactions de Koharu. Elle joue beaucoup sur le contraste noir et blanc pour installer une ambiance sombre. Ainsi, les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance, parfois graphiques, appuient les émotions. Pour se distinguer, les flash-back se repèrent à des vignettes recouvertes d’une trame grise. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure à peine les parties intimes avec de fines languettes. Pourtant, elle dessine également des coupes intérieures. Elle suggère l’ambiance du récit à travers les illustrations en début de chapitre. Les premières pages du tome sont en couleur.

En résumé

Shigihara Yôji ne trouve pas Yatsudo Riku en classe et s’interroge sur la personne qui intéresse sa « cible ». Aux toilettes, il croise « Kozaru », alias Muromachi Koharu, et entame la discussion avec ce dernier en découvrant qu’il est dans la classe de Riku. Mais quand Riku les aperçoit dans le couloir, il s’interpose immédiatement et lui conseille de l’éviter. Shigihara suit Riku jusque chez lui en essayant de lui faire comprendre que son nouvel ami couche avec Osugi Yoshiharu. Arrivé devant chez Riku, Yôji s’éclipse.

En conclusion

Ce tome obtient la troisième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023. Prévu d’abord en deux tomes, Hinako sensei annonce dans sa postface qu’il y a une suite. En effet, elle prend le temps de bien décrypter l’évolution des sentiments de ses personnages ainsi que leur rapport de force. Son graphisme transcrit bien l’ambiance malsaine du récit. A noter que certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des lecteurs. Yôji est le personnage le plus odieux que j’ai pu voir jusqu’à présent. Et pourtant, avec un sentiment coupable, j’attends encore la suite…

Disparais de ma vue! 1 – Hinako

disparais de ma vue 1 hinako

Hinako ひなこ
ISBN: 9782382762240
Hana, 2024
ISBN: 9784813033059 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Titre: 何でもいいから消えてくれ 1
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Il n’a jamais été amoureux de moi. »

Hinako sensei narre une romance sombre avec une relation malsaine et toxique entre deux lycéens. Elle base principalement la narration du point de vue de Riku mais partage parfois les réflexions de Shigahara. D’ailleurs, Yôji a tout pour être détestable: manipulateur, harceleur, il impose sa manière « d’aimer », bien que son comportement ne dégage aucune empathie envers autrui. Son égoïsme démesuré donne l’impression que les autres individus ne sont que des objets. Riku se débat et résiste du mieux qu’il peut et a conscience de tomber dans les pièges montés par son ex. Les relations sont donc non consenties. L’auteure analyse les différents sentiments de Riku et Yôji, la dualité qui s’installe entre amour et haine, la difficulté à se soustraire d’une emprise. En introduisant Muromachi Koharu et Osugi, elle permet la comparaison avec une relation certes conflictuelle mais plus saine.

La mangaka a un trait légèrement épuré, un peu anguleux. Elle dessine des personnages à la silhouette longiligne, renforcée par une tête ovale. Elle travaille particulièrement les regards. Ainsi, Yôji paraît constamment froid et même inquiétant. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance, sombres ou graphiques, accompagnent les émotions. D’ailleurs, le contraste noir et blanc augmente la sensation de malaise. Par conséquent, les flash-back se distinguent par une trame grise recouvrant simplement les vignettes. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Hinako sensei censure les parties intimes par de fines languettes blanches ou noires. Elle donne l’ambiance du récit dans les illustrations en débit de chapitre. Les premières pages sont en couleur.

En résumé

Quand Yatsudo Riku rencontre pour la première fois Shigihara Yôji, d’un an plus âgé, il ne fait pas trop attention à ce dernier, habitué à ce que les amis de sa sœur fassent semblant de sympathiser avec lui. Mais à sa surprise, Yôji fait tout pour lui parler de tout et de rien au collège dès qu’ils se croisent. Se montrant affectueux, l’asocial collégien finit même par lui accorder sa confiance. Mais un jour, Shigihara l’emmène dans une maison abandonnée et l’oblige à observer en cachette un couple gay en plein ébat. Par la suite, il lui propose alors d’essayer. Les deux collégiens entament donc une relation très charnelle, Riku tombant fou amoureux. Mais ce dernier découvre par hasard que celui qu’il considérait comme son petit ami le trompe ouvertement avec des filles et n’éprouve aucun sentiment. A son entrée au lycée, il décide alors de l’ignorer totalement.

En conclusion

Ce tome se classe septième meilleur manga profond au Chill chill BL award 2022. Hinako sensei précise, dans sa postface, que cette série est un spin-off de Nanika iino mitsuketa (non traduit en français), qui met en avant Koharu et Osugi. Ici, elle donne le ton de son récit dès la première page. Ainsi, le lecteur est averti de l’ambiance sombre et peut se préparer aux scènes choquantes. D’ailleurs, la mangaka joue sur les trames sombres pour renforcer le malaise de certains passages. Elle excelle dans le développement de personnages irrécupérables, fourbes, au comportement inacceptable. J’ai beau détester Shigihara, j’ai envie de connaître la suite pour savoir comment Riku va évoluer.

La bête qui voulait être domptée 2 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 2 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762189
Hana, 2024
ISBN: 9784861238727 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tu n’aimes pas quand je te provoque? »

Yuitsu sensei continue d’analyser les émotions de ses deux héros qui se découvrent au fur et à mesure. Elle s’intéresse à la gestion de la jalousie, l’immaturité, les premières fois. Malgré une possessivité grandissante, Arata s’efforce à garder le contrôle et se montre prévenant durant les ébats avec son petit ami novice. En effet, Junta a tendance à céder facilement aux demandes de son amant. Pourtant, leurs relations restent consensuelles. Chiaki et Eiji, inquiets pour le couple, n’hésitent pas à intervenir. Ainsi, l’auteure aborde la question de la confiance et de la communication au sein d’un couple, la gestion des inquiétudes. Avec le gang de Kyôya et les interventions de Taiga, elle développe l’influence des rumeurs et la question de la réputation. Elle crée la surprise en révélant sur la fin les secrets autour de Minase et Minamoto. Les amis de Junta, Ryô et Gaku, ajoutent une note comique.

La mangaka a un trait léché presque réaliste. Elle le simplifie ou exagère les expressions dans les passages humoristiques. Elle utilise beaucoup de trames, très variées. De même, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. La mise en page plutôt classique propose quelques pages plus dynamiques, avec des angles de vue variés. Yuitsu sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une magnifique illustration en dégradé de gris et des dessins d’Eiji. En mettant les couvertures du tome 1 et du tome 2 côte à côte, on obtient une seule illustration. L’inversion des couleurs entre rose et blanc complète le diptyque.

En résumé

Depuis que Minase Arata a arrêté son travail de grand-frère à louer, il sort avec Minamoto Junta. Mais le lycéen inexpérimenté a encore du mal à exprimer ses sentiments. En plus, il ne sait pas trop comment se comporter vis à vis des regards extérieurs. Les deux amoureux s’organisent alors une sortie au parc d’attraction. Mais le soir, en voyant Junta discuter familièrement avec son collègue Kizaki Eiji, Arata réalise que sa possessivité grandit.

En conlusion

Yuitsu sensei excelle à décrypter les émotions de ses personnages. Elle retient le lecteur en haleine jusqu’à la fin. Pourtant, elle ne partage qu’une simple tranche de vie. Son magnifique graphisme, en particulier les expressions des visages et les scènes érotiques, sont un bonheur pour les yeux. La surprise finale permet d’apprécier la subtilité du titre. Je confirme mon coup de cœur pour cet adorable couple.

La bête qui voulait être domptée 1 – Yuitsu

la bete qui voulait etre domptee 1 yuitsu

Yuitsu ゆいつ
ISBN: 9782382762172
Hana, 2024
ISBN: 9784861238710 (JP)
Brite, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Tu veux bien… me caresser la tête? »

Yuitsu sensei offre une belle romance entre un aîné d’une fratrie qui a envie qu’on prenne soin de lui et un benjamin d’une autre fratrie qui souhaite qu’on s’appuie sur lui. Elle alterne la narration entre ses deux héros. Ainsi, elle joue principalement sur les quiproquos et les dissemblances. Bien que faisant parti d’une fratrie, les deux jeunes hommes ressentent une certaine solitude de part leur position différente de leur aspiration. Ils vont rapidement construire une relation amicale particulière d’abord fraternelle puis qui se transforme rapidement en attirance amoureuse. L’ami d’Arata, Chiaki, joue les confidents. L’auteure s’intéresse aux différentes responsabilités qui pèsent sur les frères aînés. De même, elle aborde le jugement sur l’apparence et l’influence des rumeurs, Junta se retrouvant souvent la cible de bagarre. Par ailleurs, elle offre un peu de fan service avec l’histoire bonus amusante.

La mangaka a un trait léché et détaillé. Elle le simplifie légèrement dans les passages humoristiques. Ainsi, elle arrive à rendre mignon l’air renfrogné de Junta quand il est gêné ou touché. Les décors soignés et très présents renforcent le réalisme. De même, il y a beaucoup de trames rendant les dégradés, les ombres, les motifs et les couleurs. Pourtant, les ombres fortes sont marquées par des hachures. En plus, les trames d’ambiance accompagnent discrètement les émotions. La mise en page plutôt classique propose parfois quelques pages plutôt dynamiques. Yuitsu sensei s’attarde sur les détails et décompose certains mouvements. Par ailleurs, elle ne censure pas les scènes érotiques et offre même des coupes intérieures. Sous la jaquette, elle offre diverses illustrations des deux héros.

En résumé

L’étudiant Mizuse Arata finance ses études en travaillant comme « grand frère à louer ». Bien que sa clientèle soit majoritairement féminine, il se contente de réconforter les clients. Pourtant, un jour, il reçoit une requête d’un lycéen, Minamoto Junta (18 ans), qui voudrait qu’on lui caresse la tête. En effet, grand et musclé, il paraît intimidant et attire souvent les voyous bagarreurs. Mais l’échange entre les deux jeunes hommes dérape rapidement, les caresses d’Arata excitant Junta. Trouvant le lycéen trop craquant, l’étudiant propose alors de le soulager.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-septième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Pour son premier manga en deux tomes, Yuitsu sensei maîtrise toujours aussi bien le format. Comme à son habitude, elle analyse avec finesse les émotions de ses personnages, rendant attrayant un scénario pourtant classique. Son graphisme toujours aussi sublime est un régal pour les yeux en plus des corps musclés. Je craque complètement pour cet adorable couple. Un petit coup de cœur!