Long period 2 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 2 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765036
Hana, 2025
ISBN: 9784829686805 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je n’abats pas la barrière qu’a érigée Yûsei, on sera séparés pour toujours. »

Furuya Nagisa sensei révèle au fur à mesure le passé de ses personnages, dévoilant ainsi l’origine du malaise entre les deux frères Hayakawa. Elle montre comment un trop grand talent peut devenir un complexe, entre les jalousies, les remarques blessantes et les frustrations. Ainsi, elle met en avant la dépendance qui s’est construite entre Itsuki et Yûsei. Grâce à leur entourage, les deux amis prennent conscience de leur stagnation générale aussi bien sur leurs décisions d’avenir que sur leur sentiments. Ils comprennent la nécessité de se confronter aux problèmes. Ainsi, l’autrice met en avant la maladresse des deux lycéens pour mieux communiquer. Elle aborde l’acceptation de soi, du sentiment de culpabilité, de la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames en aplat, avec une palette restreinte. Ainsi, elle marque principalement les ombres fortes par des hachures. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, Furuya sensei renforce l’aspect aéré de sa mise en page par des pages aux tons majoritairement clairs. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle s’arrête aux préliminaires et s’attarde plutôt sur les sentiments. En fin de tome, elle offre une postface en images.

En résumé

Hayakawa Itsuki s’introduit dans le lit d’Arima Yûsei, en prétextant avoir froid. Alors que son ami proteste et le menace de lui sauter dessus, il répond favorablement à ses petites provocations. Soudain, Yûsei l’embrasse avant de fuir de peur de ne pas résister à ses pulsions. Mais depuis, les deux amis ne se parlent plus. Alors qu’Itsuki était poursuivi par Matsushita du club d’athlétisme, le professeur Doi lui vient en aide mais en profite pour lui confier une tâche à faire. En réalité, il essaie également de discuter un peu de son orientation…

En conclusion

Furuya Nagisa sensei développe d’autres thèmes en parallèle de la romance, mettant en avant les vicissitudes de l’adolescence. Elle analyse avec finesse les différentes réflexions et émotions des personnages. Son graphisme accompagne avec douceur ses propos. Comme d’habitude, la maîtrise de la narration et les personnages vibrant de réalisme permettent une parfaite immersion dans ce récit pourtant classique. J’aime lire les œuvres de cette mangaka car je sais que je rencontrerais une palette d’émotions agréables durant ma lecture. Coup de cœur confirmé!

Long period 1 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 1 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765029
Hana, 2025
ISBN: 9784829686799 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments peuvent-ils s’effacer à force de clamer le contraire de ce qu’on ressent? »

Furuya Nagisa sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui cachent leurs sentiments pourtant réciproques. Elle montre comment une relation amicale devient de plus en plus bancale quand l’amour s’en mêle. Ainsi, elle s’attarde particulièrement sur les comportements ambigus, la fragilité des liens, le poids des silences. Malgré des caractères différents, les deux amis ont tendance à fuir et à attendre une action de l’autre. Tôji et Tsugumi soutiennent leurs amis tandis que Matsushima, du club d’athlétisme, apporte une touche comique. Shinohara Riho et Minami Yûka donnent un autre regard sur la relation entre les deux lycéens. L’autrice dépeint avec finesse les sentiments ambivalents et la peur de se confronter. Ainsi, elle aborde la question des choix d’avenir, la difficulté à trouver une passion quand on excelle en tout ou à reprendre une passion abandonnée. Avec Nayakawa Ichiya, elle installe un peu de suspense.

La mangaka a un trait épuré, de style shôjo, qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. Toutefois, les trames d’ambiance parfois très graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Furuya sensei espace beaucoup les vignettes, créant une mise en page aérée.

En résumé

Amis d’enfance depuis la maternelle, Arima Yûsei en a assez de se faire traîner n’importe où par Nayakawa Itsuki. Ce dernier, aussi doué en sport qu’en études, vise pourtant la même université que lui alors qu’il peut prétendre à mieux. Comme ils passent leurs temps à se chamailler, leurs amis Tôji et Tsugumi se demandent alors s’ils s’apprécient vraiment ou se détestent. Mais en réalité, Yûsei pense ne plus pouvoir côtoyer son ami pour lequel il nourrit un amour à sens unique.

En conclusion

Furuya Nagisa sensei excelle comme à son habitude à dépeindre avec sensibilité les émotions de ses personnages, leur cheminement de pensée ainsi que leur évolution. Malgré un scénario au premier abord classique, elle traite des sujets différents, créant des personnalités réalistes avec ses défauts et ses qualités. Son graphisme dégage énormément de douceur mais reste néanmoins très expressif. Je trouve la relation entre Yûsei et Itsuki touchante. Un petit coup de cœur pour une valeur sûre.

La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

House backer – Natsume Isaku

Couverture de House backer de Natsume Isaku, édité par Hana

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782382765128
Hana, 2025
ISBN: 9784403667374 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est mon travail de m’occuper de toi. »

Natsume Isaku sensei propose un recueil d’histoires courtes publiées chez différents éditeurs. Malgré le format, elle maîtrise parfaitement le développement des scénarios, allant à l’essentiel et diffusant les informations complémentaires via la narration à travers quelques remarques. Elle crée des relations plutôt consensuelles, malgré la présence de quelques baisers volés. L’histoire principale qui donne son titre au manga, représente la moitié du tome. L’humour se base principalement sur l’imagination débordante de l’écrivain ainsi que ses réactions immatures. Le couple apprend à mieux communiquer entre deux chamailleries. La deuxième, la troisième et la cinquième histoire abordent l’amour secret réciproque et la difficulté à transmettre ses sentiments. Dans « Une douce odeur », l’autrice s’intéresse également aux stéréotypes genrés et au jugement extérieur. Par ailleurs, elle offre un court récit sur son chien en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique assez constant bien que certaines histoires datent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Le fond noir indique aussi bien les flash-back que les cauchemars. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher l’essentiel. D’ailleurs, elle ne détaille pas trop les parties intimes sans pour autant les censurer.

En résumé

House backer / Après le travail: Le romancier Azumi (27 ans) fait souvent appel à une femme de ménage pour gérer ses tâches ménagères. Mais à cause de son comportement capricieux qui les fait toutes fuir, l’agence lui a envoyé le jeune Wakui (21 ans). Toutefois, le très doué homme de ménage oblige le négligent écrivain à manger équilibré, n’hésitant pas à le traiter comme un enfant.
La jeunesse et l’amour: Depuis le collège, Sano Wataru admire le génie de la course, Shimizu Kenta. Ils sont ainsi devenus amis en fréquentant le même club d’athlétisme et sont actuellement colocataires à l’université. Toutefois, depuis que Wataru a abandonné le club, un malaise s’est installé entre eux.
L’amour en fuite: Le solitaire Oikawa Mitsuya reçoit toujours du réconfort auprès de Yamana qui sait l’encourager à chaque fois qu’il stresse. Malgré des caractères opposés, ils ont vite sympathisé, devenant même voisins à l’université. Toutefois Micchi trouve vraiment Yamana trop tactile!
Une douce odeur / La Saint-Valentin du pâtissier: Depuis son enfance, Ishikawa aime la pâtisserie et il en a même fait son métier. Durant son apprentissage, il a aidé Hashimoto qui bavait devant la vitrine, affamé. Depuis, ce dernier a également intégré la pâtisserie et ne le lâche plus. Serait-il amoureux?
Avec toi, à jamais: Un étudiant universitaire trouve chez lui son ami lycéen qui déborde d’amour pour lui mais ne le lui dit jamais directement.

En conclusion

Natsume Isaku sensei maîtrise vraiment n’importe quel format. Avec son graphisme expressif, il est facile de comprendre les émotions des personnages. Et le découpage des planches montre l’essentiel. J’adore les bouilles des personnages dans les passages humoristiques, avec leur air un peu niais mais si mignon! Bien que j’ai apprécié tous ces récits, j’ai une préférence pour « House backer » et « Une douce odeur » qui semblent plus abouties. Une lecture divertissante et une valeur sûre.

Salad days 6 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de Salad days 6 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400399
Nazca, 2025
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Vous êtes les protagonistes, et nous, les figurants. »

Jing Shuibian interroge sur la différence entre talent inné et progrès rapide grâce à un entraînement intensif. Ainsi, elle s’attarde sur les compliments qui prennent une connotation sarcastique quand des sentiments négatifs tels que la jalousie ou l’envie, transparaissent, déniant les efforts incommensurables fournis. Les chamailleries entre Luoyun et Xingzhi apportent une note d’humour. De même, le côté protecteur des membres du club de boxe de Bai envers Jiang contraste avec l’ambiance habituellement électrique. Comme Jinyi se montre de plus en plus tactile, Shen s’interroge sur ses sentiments. Par ailleurs, à travers l’histoire de Chen Qingling et Maoxiu, l’auteure s’intéresse au sacrifice de soi pour autrui. Elle montre la place des fans et leurs différents comportements avec, par exemple, le Petit cygne qui idolâtre son ami. Elle aborde également l’échec, la question de la gratuité des places de spectacles, le stress des auditions et la recherche thématique en danse.

Tang Liuzang a un trait épuré et fin qui s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs réalistes s’adoucissent grâce aux dégradés et aux ombres en ton sur ton. Par ailleurs, les trames d’ambiance colorées ou graphiques, appuient les émotions. Les décors bien que soignés, sont parfois réduits à l’essentiel pour ne pas surcharger les pages. D’ailleurs, la mise en page très dynamique joue beaucoup sur les chevauchements, les pleines pages et des vignettes de différentes formes qui s’adaptent au contenu. Comme dans le tome précédent, il y a des fiches personnages sur le rabat de la couverture. De même, la jaquette, réversible lors de la première publication, utilise un vernis sélectif qui met en relief les personnages.

En résumé

La rentrée scolaire approche. Jiang Shen se demande alors comment s’organiser pour les cours avec ses entraînements intensifs de danse. Jing Luoyun le rassure d’abord mais lui apprend également que Liu Xingzhi, studieux, aurait pu quant à lui intégrer une grande école. D’ailleurs le meilleur danseur de l’école met un peu la pression au jeune élève. En classe de cours général, Zhang Zhi, du 3e étage, aborde Shen pour le complimenter mais ses remarques semblent surtout insister sur leurs différences. Pendant ce temps, Bai Jinyi se prépare pour un match et compte absolument sur la présence de son ami pour se motiver.

En conclusion

Jing Shuibian maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Elle continue d’exploiter différents sujets autour de la passion. Tang Liuzang alterne avec finesse les ambiances colorées, facilitant la lecture. J’apprécie particulièrement de pouvoir découvrir l’évolution des personnages secondaires. Mais j’adore par dessus tout voir Jinyi se heurter constamment au mur d’innocence de Shen malgré toutes ses tentatives de rapprochement. Une merveilleuse lecture!

Salad days 5 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

couverture de Salad days 5 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400382
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« En continuant de se soutenir dans leur travail et leur passion, ces deux étoiles vont continuer à se rapprocher. »

Jing Shuibian met en avant les entraînements intensifs et contraignants ainsi que la différence de niveau importante entre les élèves. Elle montre également l’influence à double tranchant du soutien externe sur le moral, entre les encouragements bénéfiques et le poids des attentes des villageois. Ainsi, elle aborde la confiance en soi, l’impatience à réussir, la pression ressentie, la jalousie entre élèves. De nouveaux personnages entrent en scène: Liu Xingzhi, meilleur danseur de l’école Lai-Yi, considère Shen comme un rival tandis que Jing Luoyun a tendance à le couver. Par ailleurs, le Petit cygne découvre les médisances des autres élèves. L’escapade à la campagne de tout le groupe d’adolescents permet de détendre l’atmosphère intense du récit et de découvrir leurs projets d’avenir. L’auteure montre l’importance de la passion dans l’investissement personnel. Elle s’amuse également avec le comportement ambigu de Bai Jinyi, dont certaines remarques et taquineries se rapprochent de la drague.

Tang Liuzang a un trait fin et épuré qui s’arrondit dans les passages humoristiques, déformant les personnages en SD. Les couleurs réalistes sont sublimées par les dégradés et les ombres. De même, les trames d’ambiance jouent principalement sur des contrastes colorés. Les décors soignés mettent surtout en avant les paysages de la campagne ainsi que la beauté des immeubles de la ville. Comme dans le tome précédent, la mise en page est très dynamique. Toutefois, on peut rencontrer quelques hésitations sur le sens de la lecture, mais ce n’est pas gênant. La manhuaga présente les personnages sur le rabat intérieur de la couverture. A noter que l’éditeur propose une jaquette réversible lors de la première édition.

En résumé

Durant sa visite du studio Lai-Yi, Jiang Shen reçoit finalement son premier cours avec le professeur Shen Junyi. Ce dernier lui donne déjà des exercices pour améliorer son équilibre corporel et lui explique également toutes les modalités de fonctionnement de son école, dont les frais conséquents comprenant les cours d’enseignements généraux, la nourriture, les vêtements ainsi que le dortoir. Inquiet pour les frais, le Petit cygne appelle son père qui l’encourage pourtant à continuer sa passion. Pendant ce temps, Bai Jinyi a aménagé rapidement la moitié de sa salle de sport en salle de danse pour son ami.

En conclusion

Jing Shuibian commence tout doucement à amorcer la romance dans son récit. Comme à son habitude, elle maîtrise son scénario, alternant entre comique, tension et moments paisibles du quotidien. La présentation des nouveaux personnages va à l’essentiel tout en étant précise. Le graphisme de Tang Liuzang s’affine et ses ambiances de couleurs subliment le récit. Si comme moi, vous avez dû quitter votre foyer pour vos études très tôt, vous trouverez sûrement dans cette série toutes les émotions que vous avez ressenties à cette époque. Une lecture « bonbon »!

Salad days 4 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de salad days 4 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400030
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Apprendre la danse est très dur et usant. »

Jing Shuibian développe maintenant l’univers de la boxe avec Lai Song qui apporte des explications au fil des chapitres. Elle montre également les différentes réactions des spectateurs avec l’ambiance électrique ainsi que les inquiétudes de Jiang Shen, impressionné par les blessures. Obsédé par la boxe, Bai Jinyi a tendance à rejeter tout ce qui ne concerne pas directement sa passion, communiquant avec difficulté avec son coach américain. En même temps que le Petit cygne, le lecteur découvre de nouvelles facettes du boxeur, en particulier son côté séducteur et frimeur. La relation entre les deux amis évolue, chacun étant très attentif aux moindres besoins de l’autre. A la suite du tome précédent, l’auteure dévoile les spécificités de l’école de danse Lai-Yi, dirigée par Shen Junyi, avec entre autres, son organisation tournée vraiment vers la progression des élèves. Par ailleurs, elle met en avant l’émancipation consciente de ses deux héros.

Tang Liuzang a un trait épuré qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques, renforçant l’aspect mignon. Les physionomies des personnages ont des caractéristiques bien distinctes tels que la forme des visages et des yeux, permettant de les reconnaître facilement. Les couleurs réalistes transcrivent bien les ombres et les dégradés. De même, les trames d’ambiance, parfois graphiques mais surtout colorées, accompagnent les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Un vernis sélectif sublime l’illustration de la couverture. D’ailleurs, la jaquette est réversible lors du premier tirage.

En résumé

Shen Junyi, un grand professeur de danse à Shanghai, rend visite à la famille Jiang. Après quelques tests, il propose à Shen de rejoindre son école. Mais le Petit cygne a également reçu une proposition du célèbre danseur Zhou Luoxiang à Beijing. Qui va-t-il choisir?

En conclusion

Changement d’ambiance avec Bai Jinyi et le monde de la boxe. Jing Shuibian analyse avec finesse l’ambiance, les réflexions ainsi que les réactions des différents intervenants. Le graphisme de Tang Liuzang semble se durcir, avec un trait un peu plus anguleux mettant en valeur les muscles et une ambiance colorée plus sombre. Une lecture toujours aussi passionnante!

Salad days 3 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 3 jing shuibian et tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400023
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu est parti aux États-Unis, non? »

Jing Shuibian s’attarde sur l’évolution de Jiang Shen, ses progrès et ses projets. Ainsi, elle aborde les choix d’avenir, les hésitations face à des opportunités, la peur de la séparation, le sentiment coupable de poursuivre son rêve à la place d’autres qui y renoncent. Le campagnard a tout à fait conscience que le manque de moyens financiers freine ses ambitions mais continue d’avancer avec le soutien de tous. Bai Jinyi, quant à lui, refuse de rater la moindre chance de progresser. Leur amitié qui se renforce prend la forme d’une relation pure. Les quiproquos apportent une touche humoristique. De même, l’auteure détend les tensions avec les réactions parfois exagérées du groupe d’amis des deux héros. Elle présente également leurs projets d’avenir. A la fin d’un chapitre, des explications avec un lien vers une vidéo YouTube permet de découvrir la danse de la taille verte dont parle Song Xin.

Tang Liuzang a un trait épuré, fin et doux qui se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Elle exagère les expressions. Les couleurs plutôt réalistes utilisent une large palette de teintes, avec un effet doux et mat. D’ailleurs, les contours à peine visibles reprennent le même ton que la couleur de remplissage. Les décors situent principalement l’action et alternent avec les trames d’ambiance colorées. Comme dans le tome précédent, la mise en page très dynamique joue sur les doubles pages et les pleines pages pour mettre en avant l’ampleur des gestes de danse. La manhuaga affine les corps qui se sont développés, marquant ainsi l’évolution des âges. A noter que la jaquette est réversible lors du premier tirage de chaque tome.

En résumé

Jiang Shen n’arrive pas à se concentrer durant ses derniers cours de danse. La professeure Lin lui accorde alors une pause pour qu’il se ressaisisse. En effet, durant la représentation du centre de loisirs, des professeurs de renom viennent recruter leurs futurs danseurs. Song Xin explique alors à son ami les opportunités qui peuvent se présenter à lui, dont la spécificité de deux danseurs célèbres: Zhou Luoxiang et Shen Junyi qui ont fondé leurs écoles avec leurs propres styles. Le soir, tandis que Shen rêvasse en admirant la lune, un appel de Bai Jinyi le ramène à la réalité.

En conclusion

Jing Shuibian analyse avec finesse les différents stades de la réalisation d’un rêve, mettant en avant les difficultés ainsi que les divers soutiens rencontrés par les adolescents durant leur croissance. Le graphisme de Tang Liuzang retranscrit parfaitement l’évolution des corps en pleine croissance, permettant de deviner facilement le temps qui passe. Ainsi, l’histoire peut se concentrer sur l’essentiel, des petites notes comiques détendant l’atmosphère. Je suis complètement happée par le récit de Shen et Jinyi. J’adore leur relation. En plus les scènes de danse sont sublimes. Un petit bijou qui apporte du baume au cœur à chaque tome!

Salad days 2 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 2 jing shuibian tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400016
Nazca, 2023
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tu es comme la lune et les étoiles! »

Jing Shuibian montre la progression des personnages, les confrontant à différentes difficultés dont les limites de leur environnement. Elle met en avant l’entraide, les différents types de soutien. A travers Song Xin et Chen Qingling, elle montre la pression familiale que subissent principalement les filles, les parents privilégiant la sécurité d’un travail classique. Bai exprime maladroitement ses sentiments créant des moments comiques tandis que les réactions spontanées de Shen sont toutes mignonnes. Les deux amis prennent conscience de l’évolution de leurs rêves de jeunesse en objectifs d’avenir. Les amis des deux personnages principaux les entourent constamment de bienveillance. L’auteure analyse les tiraillements et les interrogations de ses deux héros. Elle montre le renforcement d’une amitié équitable malgré la différence sociale. Par ailleurs, elle aborde la question de l’avenir, de l’éloignement nécessaire, les risques ainsi que les sacrifices. L’histoire bonus révèle quelques secrets sur un personnage secondaire.

Tang Liuzang a un trait fin et épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas à transformer ses personnages en SD tout mignon. Les couleurs réalistes sont pourtant variées. D’ailleurs, les jeux de lumière complètent les trames d’ambiance colorées. De même, les décors soignés, parfois sans contour mais dans une palette de teintes peu nuancées, renforcent les ambiances. La mise en page très dynamique exploite les pleines pages pour mettre en valeur la beauté des mouvements de danse mais ralentit également le rythme de lecture, invitant ainsi le lecteur à la contemplation ou à la respiration. Toutefois, le sens de lecture paraît parfois confus lors des double pages. Comme dans le tome précédent, les personnages sont présentés sur le rabat de la couverture. En fin de chapitre, des notes du traducteur permettent de comprendre quelques questions culturelles. Un vernis sélectif met en relief l’illustration de la jaquette.

En résumé

Jiang Shen se faisait une joie d’annoncer à Bai Jinyi qu’il avait été sélectionné comme danseur principal. Mais lorsque son ami lui annonce qu’il part bientôt s’entraîner aux États-Unis avec un boxeur professionnel, la tristesse l’envahit. Informés par la professeur de danse des capacités de Jiang et de la possible présence de recruteurs de renoms lors de la représentation culturelle annuelle, les parents de ce dernier décident de laisser leur fils embrasser la carrière de danseur s’il le souhaite…

En conclusion

Jing Shuibian approfondit ses thèmes en comparant différentes situations à travers l’entourage de ses deux héros. Elle oscille entre moments tendres, comiques et intercale quelques moments de tensions. Le graphisme de Tang Liuzang crée des ambiances qui collent parfaitement au récit. En plus ses personnages sont tous charmants, même le « Pépé de la bibliothèque »! Une lecture toujours aussi douce, idéale pour se motiver et se dorloter.

Salad days 1 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

salad days 1 jing shuibian tang liuzang

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782902487967
Nazca, 2023
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Il y a des garçons parmi les petits cygnes? »

Jing Shuibian narre une tranche de vie avec une romance slow burn entre deux garçons de classes sociales totalement différentes. Elle installe d’abord le contexte et les différents personnages pour développer ensuite l’évolution de la relation entre Shen et Jinyi qui démarre par une belle amitié. En effet, les deux garçons se soutiennent mutuellement, acceptant les privations et les efforts pour atteindre un jour leurs rêves. L’entourage et les amis apportent à la fois une note bienveillante et quelques moments comiques. Le lecteur, placé en simple observateur, découvre au fil des chapitres les interrogations des enfants sur certains stéréotypes sociaux. Ainsi, l’auteure aborde entre autres le jugement extérieur, la catégorisation genrée ou sociale. Elle joue beaucoup sur les comparaisons tout en restant toujours dans une analyse bienveillante.

Tang Liuzang a un trait épuré tout en rondeur très doux, renforcé par la texture du papier mat. Le trait se simplifie dans les passages humoristiques, se déformant en semi SD, avec des expressions parfois exagérées. Les couleurs plutôt réalistes et également douces détaillent les ombres par des dégradés. Les décors soignés alternent avec les trames d’ambiance colorées ou graphiques. D’ailleurs, le jeu des lumières estompe quelques traits. Les cadres épais mettent en relief certaines images. La mise en page très dynamique joue sur les superpositions, les pleines pages, et accompagne le regard. Sur le rabat intérieur de la couverture se trouve la présentation des personnages. A la fin de quelques chapitres, des notes de traduction apportent des précisions. Un vernis sélectif sur la jaquette donne un bel effet de relief.

En résumé

Jiang Shen (12 ans) admire les cours de danse classique de la professeur Lin alors que sa mère livrait l’école. La professeure lui propose un cours d’essai et remarque sa souplesse ainsi que sa passion. Malgré leurs revenus modestes, la mère et le père de Shen, constatant que leur fils accepte de sacrifier tous ses autres loisirs, lui proposent donc de l’inscrire aux cours de danse. Le campagnard sympathise rapidement avec son aînée Song Xin. Mais alors que les filles espionnaient comme à leur habitude le cours de boxe à côté de leur classe pendant la pause, le nouveau Petit cygne attire l’attention du beau Bai Jinyi (12 ans), un garçon de bonne famille qui rêve de devenir boxeur.

En conclusion

Jing Shuibian maîtrise son scénario, invitant indirectement les lecteurs à réfléchir sur les stéréotypes sociaux qui compliquent inutilement notre vie. Bien que ce soit un slow burn, elle maîtrise les sauts dans le temps et diffuse l’essentiel pour comprendre le récit. Par ailleurs, le graphisme de Tang Liuzang sublime la bienveillance et la douceur générale du récit. Je fonds complètement pour les personnages, avec chacun leurs motivations et leurs efforts pour atteindre leurs rêves. Une lecture aussi douce que du miel, réconfortante et pleines de valeurs positives.