Love so pure 1 – Plan B

couverture de Love so pure 1 de Plan B, édition Nao studio

Plan B
ISBN: 9782959108662
Nao studio publishing, 2024
C&C revolution, 2021 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Ji-Hyeon pourra-t-il surmonter sa phobie de l’engagement et guérir des blessures de son passé grâce à l’amour inconditionnel de Yo-Han? »

Plan B oscille entre romance, drame et comédie tout en développant divers sujets LGBTQIA+. Ce premier tome met pour l’instant en place l’ambiance du récit ainsi que les personnages principaux. Entre quiproquos et attentes différentes, Ji-Hyeon, qui attire l’animosité avec son franc parler, et Yo-Han, qui se déprécie, construisent une relation douloureuse bien que consensuelle. En effet, malgré son attirance, Ryu fuit l’attachement exclusif, marqué par un passé sombre, tandis que le trop gentil Han s’interroge constamment sur la différence entre plan cul et couple. Park Dae-Sik (20 ans) n’hésite pas à se remettre en question, apportant une note bienveillante. Han Yo-Saep, par sa franchise, appuie là où cela fait mal. Ainsi, à travers les différentes réactions des personnages, les auteur.e.s abordent le jugement extérieur, le coming out réfléchi, la communication. D’ailleurs, le travail de groupe universitaire permet d’exposer différents profils et personnalités.

Le trait épuré légèrement anguleux des manhwaga se simplifie dans les passages humoristiques. Yo-Han se transformer même en wanko. Une large palette de teintes permet d’affiner les dégradés et les ombres. De même, les trames d’ambiance colorées alternent avec les décors soignés. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, un jeu de flou permet de superposer le passé traumatisant et le présent, facilitant ainsi la compréhension. La mise en page bien que classique est fluide. D’ailleurs, Plan B met souvent en valeur la plastique des personnages dont beaucoup exposent leurs magnifiques musculatures. En plus, les scènes érotiques ne sont pas censurées.

En résumé

Ryu Ji-Hyeon (26 ans) travaille dans un bar gay, multipliant les aventures d’un soir. Sous le pseudonyme de Jay, il préserve ainsi sa liberté. Sa dernière année de césure arrivant à terme, il reprend sa deuxième année de licence. Le jour de la rentrée, il est bousculé par une armoire à glace effrayante à la beauté qui ne le laisse pourtant pas indifférent. Han Yo-Han (22 ans) s’avère être dans sa classe et se retrouve souvent à faire le larbin pour les autres.

En conclusion

Plan B maîtrise parfaitement l’équilibre entre moments dramatiques, mignons et comiques. A travers les questions autour de la communauté LGBTQIA+, les différentes réactions des personnages mettent en lumière les comportements problématiques mais également des valeurs positives. Malgré des caractères parfois poussés à l’extrême, les personnages sont plutôt réalistes dans leurs comportements. En plus, le graphisme est un plaisir pour les yeux. Il y en a pour tous les goûts! J’ai commencé ce webtoon sur Delitoon, racheté ensuite sur Le Bontoon sous le titre Irrésistible innocence. Je suis donc heureuse de pouvoir enfin l’avoir en version papier. Un énorme coup de cœur! Une lecture que je recommande chaudement, et la suite réserve beaucoup de surprises et d’émotions!

Sasaki et Miyano anthologie officielle – Harusono Shou

couverture Sasaki et Miyano anthologie officielle Harusono Shou édité par Akata

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782385690274
Akata, 2024
ISBN: 9784046813299 (JP)
Kadokawa, 2022 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Sasaki et Miyano comme vous ne les avez jamais vus! »

Harusono Shou sensei propose de découvrir les histoires de la bande de Sasaki et Miyano à travers le regard d’une quinzaine de mangaka de talent. Les récits très courts s’attardent principalement sur un échange ou une interaction, avec une note romantique, mélancolique, mignonne et/ou comique. Les thèmes variés permettent de découvrir d’autres aspects inédits du quotidien des héros et de leurs amis. Ainsi, le lecteur découvre entre autres que Miyano n’est pas à l’aise avec les chats, que Kagiura et Hirano se chamaillent facilement pour des broutilles, que Sasaki a une imagination débordante. Comme dans le récit original, les caractères, les relations et l’ambiance générale sont respectés. Le détournement des clichés BL et romantiques ajoutent une note comique supplémentaire. Les trois dernières histoires en fin de tome proposent chacune un cross over original avec les personnages des séries phares de trois mangaka.

En plus de Harusono Shou sensei, ce recueil contient des illustrations de deux autres mangaka ainsi que les mangas de quatorze mangaka. Ainsi, chacun.e garde son propre style graphique, du trait brut à celui très doux, avec un aspect croqué, léché ou shôjo. Même le traitement des trames et des mises en page conservent les habitudes de chacun.e. A la fin des chapitres ou des illustrations, il y a une présentation d’une œuvre originale du participant.e ainsi que leur commentaire. Toutefois, iels précisent pour la plupart avoir apporté un soin particulier au travail des mains, comme Harusono sensei.

En résumé

En allant récupérer un polycopié qui s’était envolé, Miyano est abordé par un chat. Peu à l’aise, Sasaki lui explique alors comment apprivoiser la bête…

En conclusion

Harusono Shou sensei semble touchée par les différentes versions que les mangaka lui ont offertes. Toutefois, les graphismes variés ne plairont pas à tous les lecteurs. Pour ma part, habituée à ce genre de recueil, je me devais d’avoir ce tome, Mika sensei, auteure de I cannot reach you, participant à l’anthologie. C’est d’ailleurs son récit et son cross over mes préférés! A découvrir si vous êtes fan de la série!

Cherry blossoms after winter 2 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 2 bamwoo taifu

Bamwoo
ISBN: 9782382882139
Kbooks, 2024
Orange Agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tout le monde parle de vous! Ça ne te fait rien? »

Bamwoo continue de développer en détail la question du harcèlement. Iel met en avant les différentes stratégies de Taesung pour contrer les assauts de Junseung, mettant en avant les conséquences de l’indifférence, de la manipulation, de l’isolement ainsi que l’engrenage facile vers la violence. Par ailleurs, Jia, Yonghee et Inje apportent à la fois soutien et note comique par leur maladresse malgré leur bienveillance. Comme dans le tome précédent, le passé révélé par brides permet de mieux définir la relation entre Seo et Jo mais également avec Madame Ha. Ainsi, Haebom reste prisonnier de sa culpabilité, persuadé d’incommoder son entourage. Taesung, quant à lui, s’interroge de plus en plus sur l’homosexualité. Ainsi, l’auteur.e aborde le coming out, la difficulté à distinguer ses sentiments lorsque l’on est déjà proche, le poids d’un secret, les répercussions des rumeurs. La narration alterne entre Seo et Jo, présentant leur réflexion en détail.

Le trait épuré de la manhwaga dégage beaucoup de douceur, renforcée par des tons pastels. Pourtant, les couleurs restent plutôt réalistes. Dans les passages humoristiques, le trait s’arrondit et se simplifie. Ainsi, les expressions exagérées deviennent toutes mignonnes. Les décors bien que très présents utilisent un dégradé de tons monochrome, mettant en valeur le premier plan. Par ailleurs, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page plutôt classique respecte le travail numérique de Bamwoo, avec des respirations et des points d’attention dans le récit.

En résumé

Pour protéger Seo Haebom du harcèlement de Kim Junseung, Jo Taesung s’installe à côté de lui en classe. Mais des rumeurs sur leur relation enflent de plus en plus. Alors que deux camarades de classe interrogent Haebom sur sa possible homosexualité, Nam Jia, l’amie de Taesung, vient à son secours. D’ailleurs, les autres amis de Jo, Baek Inje et Jo Yonghee, essaient également d’intégrer petit à petit Seo à leur groupe. Taesung, quant à lui, cherche à se rapprocher de plus en plus de son ami d’enfance.

En conclusion

Bamwoo avance dans son récit pour mieux reculer, à notre grande frustration mais également pour notre plus grand bonheur! En effet, l’analyse détaillée des sentiments et des réflexions des personnages permet de bien comprendre leur évolution. Avec un arrière-goût réaliste, ce récit rappelle constamment que l’Amour ne sauve pas tout et que les efforts ne paient pas forcément immédiatement. Le suspense maintient le lecteur en haleine. Et le graphisme, surtout les bouilles mignonnes dans les passages comiques, renforcent les moments attendrissants. Une lecture réconfortante!

Queutard légendaire VS Cul d’acier 2 – Totofumi

couverture queutard legendaire vs cul d acier 2 totofumi taifu comics

Totofumi ととふみ
ISBN: 9782375064337
Taifu comics, 2024
ISBN: 9784799761212 (JP)
Libre, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Le préservatif a beau faire 0.01 mm d’épaisseur, il me soûle. J’aimerais trop jouir directement en lui… »

Totofumi sensei s’attarde sur le quotidien et les petits tracas du couple Mikagura et Minami. Elle construit une relation très consensuelle, dans le respect du partenaire, entre effort et retenue d’effusion en public. Ainsi, Iori se remet en question quand il éprouve un désir violent. De même, Sena a conscience de sa possessivité et de sa jalousie. Les deux lycéens découvrent des facettes différentes à travers de nouvelles expériences. Ils expriment de plus en plus leurs sentiments grandissants, assumant leur homosexualité même en public. Les trois sœurs Mikagura, Shiori, Kaori et Saori, apportent une note comique, à surprotéger et manipuler leur frère. L’auteure s’intéresse donc à la peur du jugement extérieur, le coming out indirect, le soutien de la famille. D’ailleurs, elle développe un peu plus les environnements familiaux de ses deux héros. Dans l’histoire bonus, elle offre une anecdote sexy faisant suite au chapitre sur le matsuri.

La mangaka a un trait légèrement anguleux, jouant sur les pleins et déliés. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques, simplifiant son trait. Par exemple, en fin de chapitre, elle dessine des anecdotes avec des personnages SD. Les trames très variées apportent une note réaliste, renforcée par des décors également soignés qui s’estompent parfois autour des personnages pour ne pas surcharger la page. Par ailleurs, les trames d’ambiance accompagnent les émotions tandis qu’un fond noir marque les flash-back. La mise en page est très dynamique. Totofumi sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle détourne avec humour les petits passages fan service. Sous la jaquette, elle offre une histoire à lire à la fin. L’introduction reprend celle du tome précédent, tout en résumant le récit avec humour. En quatrième de couverture, les personnages en SD portent les différents costumes du manga.

En résumé

Admirant le physique soigné de son petit ami Mikagura Iori, Minami Sena, surnommé le Cul d’acier, essaie de se raser un peu l’entrejambe. Mais il finit par éliminer tous ses poils pubiens. Confus, il n’ose plus depuis se déshabiller devant son petit ami. Toutefois, alors qu’il se cachait dans les toilettes, il entend Iori expliquer à ses amis tous les efforts qu’il fournit actuellement pour retenir sa libido, s’éloignant ainsi de sa réputation de Queutard légendaire. Sena décide donc, lors d’une sortie en amoureux, de combler son insatiable petit ami autrement.

En conclusion

Ce tome se classe vingt-cinquième meilleure série au Chill chill BL award 2024. Totofumi sensei narre une comédie romantique certes sexy, comme le titre le laisse entendre, mais également emplie de sentiments purs. Ainsi, elle construit une belle relation consensuelle, à la fois tendre et vigoureuse. Les deux héros évoluent entourés par leur famille bienveillante. Une lecture amusante avec un couple tellement mignon!

Cherry blossoms after winter 1 – Bamwoo

couverture cherry blossoms after winter 1 bamwoo kbl

Bamwoo
ISBN: 9782382882122
Kbooks, 2024
Orange agency, 2017 (KR)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Une douce comédie romantique qui s’intensifie au fil des saisons… »

Bamwoo narre une douce comédie romantique entre deux amis d’enfance dont l’un a été adopté par la mère de l’autre. Ainsi, iel aborde la question du lien familiale et de l’intégration dans une famille. La narration se base principalement du point de vue de Haebom. Le lycéen a constamment peur de déranger et se montre donc timide et fuyant. Pourtant, il va petit à petit se rebeller. Taesung, quant à lui, observateur et maladroit, comprend rapidement sa situation mais ses actions portent souvent à confusion et maintiennent le suspense. Ses amis, Baek Inje, Jo Yonghee et Nam Jia apportent également une touche comique. Avec Kim Junseung et Lee Sangwon, l’auteure analyse le harcèlement et l’inversion des influences dans une classe. Le passé des deux héros révélés par brides permet de deviner au fur et à mesure l’origine du malaise entre eux.

Le trait épuré de la manhwaga très légèrement anguleux se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Les teintes plutôt réalistes ont une dominante pastel et claire. Seule les ombres fortes sont marquées. Par contre, les décors très présents apportent une touche réaliste. Toutefois, ils apparaissent parfois en bicolore ou monochrome, mettant en avant le premier plan et évitant ainsi de surcharger les vignettes. La mise en page classique, reprend les cadrages de la publication numérique mais cela colle parfaitement au récit plutôt réaliste. Malgré des chapitres plutôt courts, Bamwoo se concentre au moins sur un thème à chaque fois. Un magnifique poster en début de tome nous donne un avant goût de la suite du récit.

En résumé

Seo Haebom (19 ans) a perdu ses parents quand il avait sept ans. Recueilli par la meilleure amie de sa mère, Ha Eunseon, il a été choqué lorsque son meilleur ami et fils légitime de sa bienfaitrice, Jo Taesung, a refusé de devenir son frère. Depuis, Haebom fait tout pour être le plus discret possible et ne pas déranger la petite famille. Alors qu’il entre en terminale, il se retrouve malheureusement dans la même classe que ses harceleurs Kim Junseung et Lee Sangwon qui l’utilisent comme larbin et le dépouillent souvent de son argent de poche. Timide et isolé, il continue donc de céder. Mais cette année, il se retrouve également pour la première fois dans la même classe que Taesung. Comment lui cacher sa situation?

En conclusion

Cette série obtient la huitième place du meilleur webtoon au Chill chill BL award 2024. Bamwoo prend tout son temps pour raconter son histoire mais analyse avec finesse les émotions et les réactions des différents personnages, même secondaires. Le graphisme dégage une certaine douceur renforcée par les tons pastels. C’est le premier BL webtoon que j’ai lu. Je l’adore tellement que je le reprenais à chaque fois qu’il sortait sur une nouvelle plateforme (Delitoon, Verytoon, Ono). Il était donc évident que je le prenne en version papier. Et je suis heureuse de constater un magnifique travail sur la mise en page. Si vous aimez les slow burn, foncez sans hésiter. Vous serez surpris par la richesse des thèmes abordés. Un coup de cœur confirmé depuis longtemps!

Déqueuverte – Kitano Gumin

couverture dequeuverte kitano gumin hana

KITANO Gumin 北のぐみん
ISBN: 9782382764688
Hana, 2024
ISBN:‎ 9784864424202 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Titre original: 珍好でぃすかばぁ
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Et dire que le propriétaire de ce formidable sexe ultime va à la même université que moi. »

Kitano Gumin sensei narre une comédie romantique axée sur l’obsession de Mari dans sa quête du sexe idéal. Ainsi, elle joue sur les interactions entre le cru Nagashiro et son prude ami d’enfance Nagayasu, confrontant leurs visions différentes de l’amour. Elle aborde avec humour la différence entre sex friend et couple, le jugement sur l’apparence ainsi que les limites de la perversion avec l’introduction d’Omota, qui n’hésite pas à harceler pour satisfaire ses désirs. En effet, malgré son attirance et sa curiosité pour les membres phalliques parfaits, Mari conserve une certaine innocence comparé à Omota et respecte les réserves de Kengo. Les deux étudiants construisent donc une relation assez consensuelle avec quelques jeux érotiques plutôt mignons, négociant et analysant leurs sentiments. L’auteure surprend constamment le lecteur en cassant les moments les plus romantiques et maintient même un certain suspense en ne montrant que l’essentiel.

La mangaka a un trait légèrement épuré et léché, au contour plus épais qui apporte du relief. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, exagérant aussi les expressions. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance, graphiques, renforcent les effets comiques. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page est très dynamique. Kitano sensei censure à peine les scènes érotiques, recouvrant les parties intimes de hachures. Par ailleurs, elle offre des coupes intérieures qui détaillent même les différents organes. Il y a d’ailleurs une scène par chapitre. Sous la jaquette, des fiches personnages apportent quelques anecdotes amusantes.

En résumé

Durant son adolescence, Nagashiro Mari complexait sur son physique androgyne jusqu’à ce qu’il réalise que son zizi le différenciait d’une fille. Depuis, il a développé une sorte de vision critique lui permettant d’évaluer les pénis. D’ailleurs, il a pris l’habitude de comparer discrètement ceux de ses camarades dans les toilettes. Mais un jour, il trouve enfin son idéal phallique. Toutefois, ce sexe parfait appartient à son ami d’enfance Nagayasu Kengo!

En conclusion

Pour un premier manga, Kitano Gumin sensei offre une comédie amusante, sans prise de tête, mais avec une dynamique intense entre les personnages. Elle enchaîne parfois maladroitement certains évènements mais cela ne gêne en rien le déroulement du récit. Le langage cru de Mari contraste avec son physique mignon, le rendant très attachant. En plus, la traduction de Jordan Mangeon, qui a trouvé d’excellents jeux de mots (Le titre est une pépite.), ainsi que sa sélection des synonymes de zizi, toujours bien placé dans les conversations, subliment l’impression d’une histoire à la fois érotique et pourtant innocente. J’adore!

88 rhapsody – Sorai Mone

88 rhapsody sorai mone

SORAI Mone ソライモネ
ISBN: 9782382762745
Hana, 2024
ISBN: 9784829686195 (JP)
Printemps, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Vivez les rêves et les sentiments qui viennent chambouler les membres du groupe Aldébaran! »

Sorai Mone sensei propose de suivre les romances de quelques membres du groupe Aldebaran. En plus de l’univers musical, elle s’intéresse aux différentes épreuves auxquelles se confrontent les musiciens comme la pression, la passion devenue douleur, la perte de confiance en soi, le traumatisme. Dans la première histoire, rapide mais efficace, elle analyse principalement les sentiments naissants dans une amitié ainsi que l’acceptation de soi. Par la suite, l’histoire de Miyata Kyôtaro (26 ans) et Agawa Ritsuki approfondit surtout la question de la gestion de la pression aussi bien extérieure (famille, enseignant, concurrence) qu’intérieure (course à la réussite, peur de l’erreur, trac), la communication nécessaire et les conseils avisés de personnes expérimentées. Malgré des sentiments réciproques, les deux hommes préfèrent se taire. Par ailleurs, l’auteure interroge sur l’avenir des musiciens et l’évaluation du talent. Elle base la narration d’abord du point de vue de Yodaka puis de celui de Miyata.

La mangaka a un trait épuré et anguleux, bien découpé, qui se ressent particulièrement à travers les ossatures saillantes et les corps plutôt maigres. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Par ailleurs, elle donne des anecdotes dans des fiches personnages à la fin des chapitres. Les trames bien que variées privilégient les contrastes noir et blanc. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis qu’un fond noir indique les flash-back. Les décors soignés situent principalement l’action et s’estompent parfois autour des personnages. La mise en page très dynamique s’attarde sur les détails, avec des angles de vue variés, des chevauchements et des sorties de cadres. Sorai sensei marque le passage du temps par des indices sur les saisons. Dans les scènes érotiques, elle cache les parties intimes grâce à des cadrages ou des bulles bien placées. De même, l’imagination des personnages s’invite dans les décors.

En résumé

Récemment transféré dans un nouveau lycée, Hoshikawa Yodaka ne supporte plus les rumeurs et les regards insistants sur sa cicatrice au visage. Il préfère écouter de la musique en dormant à l’infirmerie. Mais un jour, Fujise Anji s’infiltre par la fenêtre de l’infirmerie et lui demande de lui laisser une place dans son lit. Le lycéen très direct, joue de la guitare dans un groupe et lui offre donc une invitation à un concert. Intrigué par un compliment sur son visage, Yodaka sympathise vite avec ce nouvel ami, reprenant vite goût à l’étude. Il arrive même à se confier à lui…

En conclusion

Sorai Mone sensei offre une magnifique romance dont la sensibilité se ressent à travers les images et les paroles de ses personnages. Elle équilibre parfaitement l’humour et les intrigues, évitant de trop faire étalage des sentiments des personnages. Ainsi, les relations paraissent naturelles, parfaitement dépeintes avec les hésitations et les effusions. J’apprécie particulièrement le graphisme très expressif, au trait particulier et reconnaissable de la mangaka. Un petit coup de cœur!

My beautiful boy 2 – Nagira Yuu et Kitano Megumi

my beautiful boy 2 nagira yuu kitano megumi

NAGIRA Yuu 凪良ゆう
KITANO Megumi 北野仁
ISBN: 9782382762349
Hana, 2024
ISBN: 9784199609343 (JP)
Tokuma shoten, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Même si j’étais ton dernier soldat, je te protégerai jusqu’au bout. »

Nagira Yuu sensei décrypte l’évolution de la relation ambiguë entre Hira et Kiyoi, oscillant constamment entre admiration, amour, dégoût et tolérance. Elle ne ménage pas les lecteurs, dépeignant avec finesse les moments malaisants entre le comportement de stalker pleinement assumé, les remarques blessantes et le harcèlement de plus en plus violent. Comme dans le tome précédent, elle base la narration du point de vue de Kazu, partageant ses pensées les plus sombres. Ainsi, le larbin se rebelle petit à petit jusqu’à s’affirmer. Sans se montrer pour autant gentil, Kiyoi impose des limites dans le harcèlement et supporte avec indifférence l’isolement dans la classe. Avec la bande de Shirota, l’auteure montre comment la hiérarchie s’inverse dans une classe, insidieusement, selon divers incidents. Elle aborde entre autres les relations intéressées entre étudiants, les profils différents des harceleurs, la construction d’un lien particulier entre le harceleur et sa victime.

Kitano Megumi sensei a un trait légèrement épuré, jouant avec les pleins et déliés, qui dégage un effet un peu réaliste. Ainsi, elle le simplifie discrètement dans les passages humoristiques. Elle dessine des personnages plutôt sveltes. Les trames sont nombreuses tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions mais se font rares. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mangaka a une mise en page très dynamique. D’ailleurs, elle porte particulièrement attention aux détails, décomposant parfois certains mouvements. De même, elle joue sur les plongées et contre-plongées pour renforcer le sentiment de hiérarchie. Les pensées de Hira sont transcrites directement en images dans le récit.

En résumé

Hira Kazu ayant découvert que Sô Kiyoi s’entraîne à danser, ce dernier l’emmène au restaurant pour discuter. Il soupçonne d’ailleurs son camarade de le suivre en cachette et lui exprime clairement son dégoût face aux déclarations admiratives de Hira. Il lui demande toutefois de garder le secret. Mais au concours des beaux gosses, Kiyoi termine dernier. Bien qu’il fasse bonne figure devant Shirota et les autres, il s’éclipse suivi par Hira qui avoue enfin son amour. Mais la hiérarchie semble s’inverser petit à petit au lycée…

En conclusion

L’ambiance de ce manga pourra en dérouter plus d’un. Sans glorifier le harcèlement, Nagira Yuu sensei analyse avec finesse les différentes émotions qui apparaissent dans une relation entre harceleur et victime. Elle interroge sur le basculement facile vers une violence grandissante. Le graphisme de Kitano Megumi sensei transmet parfaitement les expressions des regards, froids, durs, passionnés, admiratifs, amoureux, envieux. Un titre que je prend plaisir à redécouvrir sous ce nouveau format, après le roman et le drama. Si les romances un peu descriptives ne vous dérangent pas, foncez!

Blue sky complex 9 – Ichikawa Kei

couverture blue sky complex 9 ichikawa kei hana

Ichikawa Kei 市川けい
ISBN: 9782382764855
Hana, 2024
ISBN: 9784864424738 (JP)
Tokyo mangasha, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« C’est justement parce que l’on fait confiance à son partenaire qu’on ne peut demander ou dire certaines choses… »

Ichikawa Kei sensei s’intéresse à la question de la confiance dans le couple, malgré les inquiétudes et les interrogations, ainsi qu’aux sentiments inavouables pour ne pas troubler son partenaire. Elle décortique l’installation du malaise qui en découle, le poids des silences et la nécessité de crever l’abcès ainsi formé. En parallèle, elle continue de développer la question du coming out à travers l’exemple de Minori qui préfère fuir ses sentiments au point d’en devenir malade. Kurisu Haruomi présente une autre facette de sa personnalité en conseillant subtilement Natsuki. Tôma, qui réalise peu à peu ses sentiments et son orientation sexuelle, s’exclut de plus en plus de sa famille. Avec son exemple, l’auteure met en avant les quiproquos que peut provoquer un excès de gentillesse, la nécessité d’être parfois ferme. Elle montre différentes manières de faire une mise au point. Dans l’histoire bonus, elle détend l’atmosphère avec un peu de mignonnerie.

La mangaka a un trait de plus en plus épuré qui offre parfois un aspect croqué. Elle joue sur les pleins et déliés. Dans les passages humoristiques, elle dessine des personnages SD aux traits plus anguleux et simples. Les trames équilibrées ont une dominante claire tandis que les rares trames d’ambiance, discrètes, renforcent le réalisme. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page est dynamique. Bien qu’Ichikawa sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue et les cadrages pour montrer le moins de détails possibles. D’ailleurs, il faut parfois déchiffrer les gros plans pour deviner quelle partie du corps est représentée. Comme dans le tome précédent, sous la jaquette, elle donne la recette secrète des pancakes du père de Terashima ainsi que la postface en manga.

En résumé

Alors que Kugayama Tôma s’apprêtait à embrasser Terashima Natsuki, ce dernier l’arrête en le frappant pour l’éloigner. Le lycéen prétexte alors avoir vu une punaise dans ses cheveux pour expliquer son geste. Narasaki Motochika ayant trouvé Wakamatsu Minori sous la pluie, la raccompagne chez elle avant de rejoindre son bien-aimé comme promis. Le lendemain soir, quand Terashima voit l’ambulance devant leur immeuble, il hésite à avertir Chika qu’il s’agit de Minori, trop fier pour avouer s’inquiéter de leur passé. Le jour suivant, lorsque Narasaki croise Endô Yui avec les affaires de Minori, il s’interroge alors sur la relation entre les deux femmes.

En conclusion

Ce tome obtient la dix-huitième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2024. Ichikawa Kei sensei arrive à aborder différents sujets uniquement en analysant les petits tracas du quotidien. Elle montre différentes réactions, réflexions, permettant ainsi au lecteur de s’interroger sur les comportements humains. Par ailleurs, son graphisme dégage beaucoup de sensualité. Je craque complètement pour ses personnages en SD qui ont une patte graphique particulière mais tellement trognonne! Une tranche de vie qui peut paraître un peu lente pour certains lecteurs mais qui me ravit à chaque tome. J’adore découvrir et partager le quotidien de Natsuki, Chika et tous leurs amis.

Here U are 2 – Djun

couverture here u are 2 djun taifu li huan qui retire son masque

Djun
ISBN: 9782375064436
Taifu comics, 2024
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Tant de contradictions dans ses propos. »

Djun continue de dénoncer les divers comportements homophobes, en particulier avec la bande de Wang Ming et Zhang Jiefeng. Iel crée des tensions et des quiproquos, rendant avec réalisme les diverses réactions et questionnements. Comme dans le tome précédent, iel détend l’atmosphère avec des petites touches d’humour, apparaissant même en tant que manhuajia dans les dialogues. De même, Xiao Yi ajoute une note mignonne. Les colocataires de Yangyang, Yu Xiao Ji, Lao Jiang et Dabai, soutiennent leur ami avec bienveillance. Par ailleurs, l’introduction de Zhang Jianyu permet d’analyser les limites du déni et du travail sur soi. En effet, bien que la jeune fille ait parfaitement conscience d’un amour impossible, elle continue d’espérer et de provoquer la chance d’un changement. Ainsi, l’auteur.e aborde l’amour à sens unique, le jugement hâtif, le poids des rumeurs et la difficulté à oublier. Avec Li, elle montre la complexité à décrypter ses ressentis.

Dans le sommaire, Djun ajoute un personnage en SD portant un pyjama animal trop chou. Son trait épuré conserve un style réaliste. Il se simplifie et s’arrondit dans les passages humoristiques. Ainsi, certains personnages apparaissent même en semi SD au cours du récit. De même, les teintes plutôt réalistes apparaissent très sombres la nuit. Les décors soignés renforcent également le réalisme. Toutefois, quelques trames colorées retranscrivent l’ambiance. Les rêves se repèrent grâce à un fond noir. La mise en page dynamique a parfois un agencement provoquant quelques hésitations sur l’ordre de lecture, quand il y a des chevauchement de vignettes. En fin de tome se trouve des croquis humoristiques qui étaient en bonus à la fin de certains chapitre lors de la publication en ligne. Un vernis sélectif sur la couverture est du plus bel effet.

En résumé

Avec un peu de patience et d’observation, Yu Yang a enfin réussi à sympathiser avec Li Huan. Il remarque même les timides et discrets sourires de son camarade. Le voyant déjeuner seul, il le rejoint sans hésitation et lui propose alors d’aller à la piscine de l’université ensemble. Les colocataires de Yangyang, remarquant que Zhang Jianyu n’arrête pas d’abuser de la gentillesse de ce dernier, le préviennent que sa bonté débordante peut porter à confusion. En effet, l’étudiante semble en pincer pour lui bien qu’elle sache qu’il soit homosexuel. Inquiet des rumeurs qui peuvent alors circuler, Yu se demande s’il ne devrait pas également prendre ses distances avec son nouvel ami.

En conclusion

Djun maîtrise parfaitement le développement de son récit, alternant tension, humour et « mignonnerie ». Iel commence à révéler quelques secrets sur Yu. Son graphisme est agréable. Les sujets abordés sont complètement d’actualités. Je trouve d’ailleurs que les réactions sont très bien rendues. J’adore la sensibilité de ce récit qui apporte une touche plutôt réaliste dans son propos. Après l’avoir lu en ligne, je n’ai pas hésité à le reprendre en version papier, complètement charmée par les aventures de Yangyang, Li Huan et leurs amis. N’hésitez pas à découvrir cette magnifique histoire!