I cannot reach you 4 – Mika

Couverture de I cannot reach you 4 de Mika, éditions Kana

Mika みか
ISBN: 982505123439
Kana, 2024
ISBN: 9784046802804 (JP)
Kadokawa, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai tellement envie de le toucher, là, tout de suite, que j’ai du mal à me retenir. »

Mika sensei s’attaque au classique schéma narratif de l’amnésie très courant dans les romances shôjo et BL. Comme dans le tome précédent, elle analyse les réactions et les sentiments de ses personnages, pointant ainsi la différence d’interprétation des gestes perçus précédemment comme simplement amicaux. Elle interroge également sur l’acceptation des sentiments de l’autre. En effet, un malaise s’installe entre Kakeru qui surréagit et Yamato qui semble impassible. Leur difficulté à communiquer franchement et leur hésitation provoquent encore plus de quiproquos pour le bonheur des lecteurs. Ainsi, la narration alterne entre les deux lycéens. Oohara Mikoto, Fujino et Hosoka Yui apportent soutien et conseil. L’autrice aborde la question du consentement, la difficulté à déterminer exactement de nouvelles émotions, la facilité à se méfier et fuir. Dans sa note en début de tome, elle annonce l’adaptation de sa série en roman et drama CD. Elle détend l’atmosphère dans les chapitres bonus.

La mangaka a un trait épuré qu’elle simplifie à l’extrême dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle fait parler le chat des Oohara qui apporte ainsi des commentaires amusants. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance participent à la narration, survenant même en fond des phylactères. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. Par ailleurs, la mise en page est très dynamique. En fin de chapitre, Mika sensei propose des anecdotes amusantes au format yonkoma. Elle fait poser les personnages sans aucun décors dans les illustrations en début de chapitre. La couverture se classe neuvième au Chill chill BL award 2022.

En résumé

Durant le voyage scolaire, Oohara Yamato a fait sa déclaration puis a embrassé Ashiya Kakeru. Mais à cause de la fièvre, il s’est soudainement effondré. Depuis, Kakeru se torture l’esprit et a peur de regarder son ami en face. Ses amis Kurosawa et Fujino, inquiets de l’absence de Yamato depuis leur retour au lycée, incitent Kakeru à lui rendre visite. Ce dernier découvre alors que son ami a tout oublié de ce qu’il s’est passé entre eux.

En conclusion

Mika sensei décortique une relation amoureuse en proposant à chaque tome de développer en détail une émotion. Après le tourment, l’indécision, l’agitation, elle s’attarde sur l’hésitation mais présente toujours différentes réactions selon le caractère des individus. En plus, l’humour pointe discrètement certains schémas narratifs problématiques sur le consentement devenus classiques dans les romances et met en avant des comportements plus bienveillants. Son graphisme en apparence tout doux participe totalement à la narration, transmettant avec finesse les émotions. C’est un pur bonheur à lire!

Tu es trop mignon alors c’est ta faute – Nen Nenko

couverture de Tu es trop mignon alors c'est ta faute de Nen Nenko, édition Hana

NEN Nenko 稔ねんこ
ISBN: 9782382767535
Hana, 2024
ISBN: 9784865548815 (JP)
Overlap, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Un lycéen doux et taquin, parfois aussi cruel qu’amoureux. »

Nen Nenko sensei narre un amour secret entre deux cousins, cumulant les quiproquos à cause de leur difficulté à transmettre leurs sentiments. Elle joue sur les limites des comportements problématiques mais construit pourtant une relation consensuelle. La narration débute par le point de vue de Yukito puis se poursuit avec celui de Taiki. Basé sur le principe toutefois plus doux de « qui aime bien châtie bien », le populaire lycéen passe son temps à taquiner son cousin qui le fuit constamment. Le passé entre les trois cousins se révèle au fur et à mesure. Alors que Yuki s’inquiète du regard des autres dont sa sœur, son cousin assume son homosexualité. Ainsi, l’autrice aborde l’influence des rumeurs et le manque de communication. Avec Natsuna, elle interroge indirectement sur l’éthique dans une relation professeur et élève. De même, elle introduit Ako pour apporter quelques tensions supplémentaires.

La mangaka a un trait épuré de style shôjo avec de grands yeux expressifs et des hachures pour les rougissements. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges mais s’estompent légèrement autour des personnages. La mise en page est dynamique. Nen Nenko sensei ne censure pas les scènes érotiques.

En résumé

Le populaire Higuchi Taiki et la solaire Sakuma Natsuna, membres du comité du festival culturel, sont très proches, étant cousins. Mais au lycée, la rumeur qu’ils sortent ensemble circule. Tous leurs camarades essaient donc de savoir la vérité auprès de Yukito, le jumeau de Natsuna. Ce dernier, bien que ressemblant à sa sœur physiquement, est plutôt taciturne et renfermé. Mais il cache son attirance pour son cousin Taiki. Alors qu’il essayait le costume de serveuse de sa sœur pour le festival, il se couche dans son lit et fait semblant de dormir en entendant son cousin rentrer. Toutefois, Taiki commence à le caresser…

En conclusion

Nen Nenko sensei aborde un sujet intéressant mais reste souvent trop légère sur certaines problématiques. Ainsi, elle s’éparpille un peu et enchaine parfois les évènements abruptement. Même si la relation de Natsuna n’est pas mise en image, elle pourra choquer la sensibilité de certains lecteurs. Le graphisme mignon ne se démarque pas mais reste agréable. Cette romance légère ravira ceux qui n’ont pas envie de se prendre la tête. J’ai pour ma part passé un bon moment de lecture.

My beloved strange man – Amco

couverture de My beloved strange man d'Amco, éditions Taifu

amco
ISBN: 9782375065006
Taifu comics, 2025
ISBN: 9784778120801 (JP)
Shinkosha, 2016 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: un peu

« On s’entend déjà mieux que la plupart des couples existants! »

amco sensei narre une romance entre deux amis aux caractères opposés. Elle alterne la narration entre les deux héros, présentant par ailleurs le point de vue de chacun sur certains évènements. Ainsi, elle aborde la différence entre amitié et amour et la communication au sein d’un couple en devenir. Comme Gô projette ses idéaux sur Yutaka, populaire, beau et gentil, il n’arrive pas à gérer sa déception en découvrant la personnalité plutôt taciturne et maladroite de son ami. Ses amis Takumi et Kobayashi Akira le guident et le conseillent sans le ménager sur son comportement puéril. Ainsi, l’autrice s’intéresse au jugement sur l’apparence et à l’acceptation des imperfections. Elle questionne également sur la première fois, créant une relation consensuelle. La courte histoire en fin de tome « Parabola » reprend majoritairement les mêmes thèmes avec la vision de lycéens.

La mangaka a un trait épuré anguleux et découpé. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de son style graphique bien marqué, elle utilise des trames plutôt graphiques, créant des effets d’ombre et lumière particulier, même dans les ombres. De même, les trames d’ambiance accompagnent la narration. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les décors sont très présents. La mise en page est également très dynamique. Dans les scènes érotiques, amco sensei ne montrent pas les parties intimes, jouant sur les cadrages et les angles de vue. D’ailleurs, elle estompe leurs contours qui se fondent alors dans les trames. Sous la jaquette, elle présente plus en détail les personnage et offre quelques anecdotes en yonkoma.

En résumé

My dear strange man: Yamaoka Gô déclare enfin ses sentiments à son ami Nemoto Yutaka. Mais ce dernier reste complètement de marbre. Sur les conseils de son ami Hayakawa Takumi, Gô persévère alors pour lui transmettre au mieux ses sentiments. Et un soir, alors qu’il dormait chez Yutaka, ce dernier le prend enfin dans ses bras…
Parabola: Ayant suivi son père photographe à la campagne, Takahashi intègre son nouveau lycée et tombe sous le charme de Segawa, un camarade de classe solitaire et lunatique.

En conclusion

amco sensei a un graphisme rafraîchissant bien marqué et très expressif. Elle décortique avec délicatesse les émotions et les réflexions de ses personnages, mettant en avant leurs qualités et leurs défauts. La naïveté de Gô est à la fois déstabilisante et mignonne et les remarques parfois un peu rudes de Takumi et Akira apportent beaucoup de vivacité dans le récit. J’ai passé un moment de lecture sympathique. Du classique simplement efficace!

Here U are 3 – Djun

couverture de Here U are 3 de Djun, éditions Taifu

Djun
ISBN: 9782375064504
Taifu comics, 2025
Dongman, 2017 (CN)
Manhua
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« J’ai dû mélanger mes rêves et mes souvenirs flous. »

Djun développe un peu plus les questions sur la communication et le jugement sur l’apparence. Elle pointe certains clichés qui deviennent des critères de « classement » sociétal comme par exemple les effets de mode tels que les tenues assorties pour les couples et certains gestes amicaux confondus avec de l’affection amoureuse. Ainsi, le lecteur peut constater de possibles similitudes avec le couple de Lin Xiang et Yu Xiaogung qui affichent ouvertement son amour. Li Huan essaie de décrypter ses nouveaux sentiments tandis que Yu Yuang tente d’oublier son amour à sens unique. D’ailleurs, l’autrice révèle un peu son passé, dévoilant la relation compliquée qu’il entretient avec ses parents. Ainsi, elle dénonce les différentes réactions négatives face à l’homosexualité ainsi que la pression constante pour imposer une « normalité ». Xia Wangwang, malgré son comportement problématique, et Dabai détendent l’atmosphère.

Djun a un trait légèrement épuré. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques, se rapprochant du style SD. D’ailleurs, comme dans le tome précédent, elle ajoute Chu Huanwen, de la couverture, avec un adorable pyjama animal dans le sommaire. Les personnages ont des physionomies caractéristiques qui permettent de les reconnaître facilement. Les couleurs plutôt réalistes utilisent différents dégradés de tons pour les ombres. De même, les trames d’ambiance se font très discrètes. Les décors soignés situent principalement l’action. La mise en page est par ailleurs dynamique.

En résumé

Après une soirée trop arrosée, Yu Yang se réveille le lendemain dans sa chambre. Il réalise alors que ses souvenirs de la veille sont complètement flous et décide donc d’ignorer ce vague baiser avec Li Huan. Chu Huanwen lui apprend alors que l’étudiant en première année a pris soin de lui et qu’une bagarre a éclaté dans une des chambres du dortoir. Quand Yu croise la bande de Wang Ming en piteux état, il est surpris de les voir s’excuser. En retrouvant ensuite Li, il tente alors de se réconcilier…

En conclusion

Djun passe d’un sujet à un autre avec fluidité, sans se perdre, introduisant au fur et à mesure les nouveaux personnages. Elle maintient le lecteur en haleine avec des moments comiques imprévisibles et des révélations au compte-gouttes. En plus son magnifique graphisme, à la fois expressif et mignon, est un pur bonheur. Beaucoup d’émotions et de surprises dans ce tome!

Long period 2 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 2 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765036
Hana, 2025
ISBN: 9784829686805 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Si je n’abats pas la barrière qu’a érigée Yûsei, on sera séparés pour toujours. »

Furuya Nagisa sensei révèle au fur à mesure le passé de ses personnages, dévoilant ainsi l’origine du malaise entre les deux frères Hayakawa. Elle montre comment un trop grand talent peut devenir un complexe, entre les jalousies, les remarques blessantes et les frustrations. Ainsi, elle met en avant la dépendance qui s’est construite entre Itsuki et Yûsei. Grâce à leur entourage, les deux amis prennent conscience de leur stagnation générale aussi bien sur leurs décisions d’avenir que sur leur sentiments. Ils comprennent la nécessité de se confronter aux problèmes. Ainsi, l’autrice met en avant la maladresse des deux lycéens pour mieux communiquer. Elle aborde l’acceptation de soi, du sentiment de culpabilité, de la peur de perdre une amitié.

La mangaka a un trait épuré qui se simplifie encore plus dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames en aplat, avec une palette restreinte. Ainsi, elle marque principalement les ombres fortes par des hachures. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Comme dans le tome précédent, Furuya sensei renforce l’aspect aéré de sa mise en page par des pages aux tons majoritairement clairs. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle s’arrête aux préliminaires et s’attarde plutôt sur les sentiments. En fin de tome, elle offre une postface en images.

En résumé

Hayakawa Itsuki s’introduit dans le lit d’Arima Yûsei, en prétextant avoir froid. Alors que son ami proteste et le menace de lui sauter dessus, il répond favorablement à ses petites provocations. Soudain, Yûsei l’embrasse avant de fuir de peur de ne pas résister à ses pulsions. Mais depuis, les deux amis ne se parlent plus. Alors qu’Itsuki était poursuivi par Matsushita du club d’athlétisme, le professeur Doi lui vient en aide mais en profite pour lui confier une tâche à faire. En réalité, il essaie également de discuter un peu de son orientation…

En conclusion

Furuya Nagisa sensei développe d’autres thèmes en parallèle de la romance, mettant en avant les vicissitudes de l’adolescence. Elle analyse avec finesse les différentes réflexions et émotions des personnages. Son graphisme accompagne avec douceur ses propos. Comme d’habitude, la maîtrise de la narration et les personnages vibrant de réalisme permettent une parfaite immersion dans ce récit pourtant classique. J’aime lire les œuvres de cette mangaka car je sais que je rencontrerais une palette d’émotions agréables durant ma lecture. Coup de cœur confirmé!

Long period 1 – Furuya Nagisa

couverture de Long period 1 de Furuya Nagisa, éditions Hana

FURUYA Nagisa 古谷渚
ISBN: 9782382765029
Hana, 2025
ISBN: 9784829686799 (JP)
France shoin, 2023 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« Les sentiments peuvent-ils s’effacer à force de clamer le contraire de ce qu’on ressent? »

Furuya Nagisa sensei narre une romance entre deux amis d’enfance qui cachent leurs sentiments pourtant réciproques. Elle montre comment une relation amicale devient de plus en plus bancale quand l’amour s’en mêle. Ainsi, elle s’attarde particulièrement sur les comportements ambigus, la fragilité des liens, le poids des silences. Malgré des caractères différents, les deux amis ont tendance à fuir et à attendre une action de l’autre. Tôji et Tsugumi soutiennent leurs amis tandis que Matsushima, du club d’athlétisme, apporte une touche comique. Shinohara Riho et Minami Yûka donnent un autre regard sur la relation entre les deux lycéens. L’autrice dépeint avec finesse les sentiments ambivalents et la peur de se confronter. Ainsi, elle aborde la question des choix d’avenir, la difficulté à trouver une passion quand on excelle en tout ou à reprendre une passion abandonnée. Avec Nayakawa Ichiya, elle installe un peu de suspense.

La mangaka a un trait épuré, de style shôjo, qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle utilise les trames avec parcimonie. Toutefois, les trames d’ambiance parfois très graphiques appuient les émotions. Par ailleurs, les décors apparaissent sur les plans larges. Furuya sensei espace beaucoup les vignettes, créant une mise en page aérée.

En résumé

Amis d’enfance depuis la maternelle, Arima Yûsei en a assez de se faire traîner n’importe où par Nayakawa Itsuki. Ce dernier, aussi doué en sport qu’en études, vise pourtant la même université que lui alors qu’il peut prétendre à mieux. Comme ils passent leurs temps à se chamailler, leurs amis Tôji et Tsugumi se demandent alors s’ils s’apprécient vraiment ou se détestent. Mais en réalité, Yûsei pense ne plus pouvoir côtoyer son ami pour lequel il nourrit un amour à sens unique.

En conclusion

Furuya Nagisa sensei excelle comme à son habitude à dépeindre avec sensibilité les émotions de ses personnages, leur cheminement de pensée ainsi que leur évolution. Malgré un scénario au premier abord classique, elle traite des sujets différents, créant des personnalités réalistes avec ses défauts et ses qualités. Son graphisme dégage énormément de douceur mais reste néanmoins très expressif. Je trouve la relation entre Yûsei et Itsuki touchante. Un petit coup de cœur pour une valeur sûre.

La ville à ta couleur – Umeda Miso

couverture de La ville à ta couleurs d'Umeda Miso, éditions Hana

UMEDA Miso 梅田みそ
ISBN: 9782382765111
Hana, 2025
ISBN:‎ 9784403667114 (JP)
Shinshokan, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: si on s'ennuie

« Mes sentiments ne le regardent pas. »

Umeda Miso sensei propose une romance classique entre deux amis d’enfance dont l’un est secrètement amoureux de l’autre. Toutefois, elle aborde avec finesse la question de l’orientation sexuelle, de la communication et du doute qui persiste dans une relation avec un hétérosexuel. D’ailleurs, elle reprend ces thèmes dans la courte histoire « Tes sentiments en cage ». La narration alterne entre Chika et Miyamori, présentant leurs interrogations. Ne voulant pas briser son amitié, Yoshiyuki fait tout pour cacher ses sentiments tandis que Daiki prend un certain temps pour les comprendre. L’entourage des deux amis permet d’ajouter quelques tensions mais également de faire bouger le couple. Miyuki ajoute toutefois une note humoristique par ses réactions. L’autrice s’intéresse également aux choix d’avenir et à la difficulté à entretenir une relation à distance aussi bien amicale qu’amoureuse.

La mangaka a un trait fin et épuré légèrement anguleux. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. En plus de l’utilisation de trames aux tons plutôt clairs, elle dessine des décors soignés mais dans une palette de gris plus clairs que celle du premier plan, donnant ainsi une impression diffuse. De même, les trames d’ambiance très graphiques appuient les émotions. La mise en page est dynamique. Umeda sensei met souvent en avant les paysages de la ville entre mer et montagne, ajoutant une note poétique au récit. Par ailleurs, dans les scènes érotiques, elle joue sur les angles de vue pour ne pas montrer les parties intimes.

En résumé

La ville à ta couleur / Retour à la maison: Quand il a emménagé il y a dix ans, Miyamori Yoshiyuki a immédiatement subi le harcèlement de Miura. Comme il résistait, il a vite sympathisé avec Chiba Daiki venu également à son aide. Ils sont ainsi devenus inséparables. Maintenant en dernière année de lycée, Yoshiyuki, secrètement amoureux de son ami, hésite encore pour son orientation, d’autant plus qu’il est bon élève. Héritier d’un fabriquant de tissus pour kimonos, Daiki, quant à lui, va apprendre la teinture à Yamagata. Il propose alors à son ami d’intégrer une université là-bas. Que va décider Miyamori?
Tes sentiments en cage: Sagisawa et Ozaki sortent ensemble depuis le lycée. Homosexuel, Ozaki complexe un peu sur ses traits féminins et s’interroge encore sur la sincérité des sentiments de son partenaire qui le compare souvent à une fille…

En conclusion

Umeda Miso sensei propose une tranche de vie des passages importants de l’évolution de la relation entre Daiki et Yoshiyuki. Elle va à l’essentiel mais détaille avec soin leurs différentes interrogations. Son graphisme assez classique reste agréable. Toutefois, je trouve que les quelques moments poétiques et nostalgiques s’intègrent avec maladresse. Le couple est touchant, même si parfois j’avais envie de claquer les deux amoureux. J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture.

House backer – Natsume Isaku

Couverture de House backer de Natsume Isaku, édité par Hana

NATSUME Isaku 夏目イサク
ISBN: 9782382765128
Hana, 2025
ISBN: 9784403667374 (JP)
Shinshokan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« C’est mon travail de m’occuper de toi. »

Natsume Isaku sensei propose un recueil d’histoires courtes publiées chez différents éditeurs. Malgré le format, elle maîtrise parfaitement le développement des scénarios, allant à l’essentiel et diffusant les informations complémentaires via la narration à travers quelques remarques. Elle crée des relations plutôt consensuelles, malgré la présence de quelques baisers volés. L’histoire principale qui donne son titre au manga, représente la moitié du tome. L’humour se base principalement sur l’imagination débordante de l’écrivain ainsi que ses réactions immatures. Le couple apprend à mieux communiquer entre deux chamailleries. La deuxième, la troisième et la cinquième histoire abordent l’amour secret réciproque et la difficulté à transmettre ses sentiments. Dans « Une douce odeur », l’autrice s’intéresse également aux stéréotypes genrés et au jugement extérieur. Par ailleurs, elle offre un court récit sur son chien en bonus.

La mangaka a un trait légèrement épuré qui se simplifie dans les passages humoristiques. Elle a un style graphique assez constant bien que certaines histoires datent. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance plutôt graphiques, appuient les émotions. Le fond noir indique aussi bien les flash-back que les cauchemars. Par ailleurs, les décors situent principalement l’action. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Natsume sensei joue sur les cadrages pour cacher l’essentiel. D’ailleurs, elle ne détaille pas trop les parties intimes sans pour autant les censurer.

En résumé

House backer / Après le travail: Le romancier Azumi (27 ans) fait souvent appel à une femme de ménage pour gérer ses tâches ménagères. Mais à cause de son comportement capricieux qui les fait toutes fuir, l’agence lui a envoyé le jeune Wakui (21 ans). Toutefois, le très doué homme de ménage oblige le négligent écrivain à manger équilibré, n’hésitant pas à le traiter comme un enfant.
La jeunesse et l’amour: Depuis le collège, Sano Wataru admire le génie de la course, Shimizu Kenta. Ils sont ainsi devenus amis en fréquentant le même club d’athlétisme et sont actuellement colocataires à l’université. Toutefois, depuis que Wataru a abandonné le club, un malaise s’est installé entre eux.
L’amour en fuite: Le solitaire Oikawa Mitsuya reçoit toujours du réconfort auprès de Yamana qui sait l’encourager à chaque fois qu’il stresse. Malgré des caractères opposés, ils ont vite sympathisé, devenant même voisins à l’université. Toutefois Micchi trouve vraiment Yamana trop tactile!
Une douce odeur / La Saint-Valentin du pâtissier: Depuis son enfance, Ishikawa aime la pâtisserie et il en a même fait son métier. Durant son apprentissage, il a aidé Hashimoto qui bavait devant la vitrine, affamé. Depuis, ce dernier a également intégré la pâtisserie et ne le lâche plus. Serait-il amoureux?
Avec toi, à jamais: Un étudiant universitaire trouve chez lui son ami lycéen qui déborde d’amour pour lui mais ne le lui dit jamais directement.

En conclusion

Natsume Isaku sensei maîtrise vraiment n’importe quel format. Avec son graphisme expressif, il est facile de comprendre les émotions des personnages. Et le découpage des planches montre l’essentiel. J’adore les bouilles des personnages dans les passages humoristiques, avec leur air un peu niais mais si mignon! Bien que j’ai apprécié tous ces récits, j’ai une préférence pour « House backer » et « Une douce odeur » qui semblent plus abouties. Une lecture divertissante et une valeur sûre.

Salad days 6 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

Couverture de Salad days 6 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400399
Nazca, 2025
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Vous êtes les protagonistes, et nous, les figurants. »

Jing Shuibian interroge sur la différence entre talent inné et progrès rapide grâce à un entraînement intensif. Ainsi, elle s’attarde sur les compliments qui prennent une connotation sarcastique quand des sentiments négatifs tels que la jalousie ou l’envie, transparaissent, déniant les efforts incommensurables fournis. Les chamailleries entre Luoyun et Xingzhi apportent une note d’humour. De même, le côté protecteur des membres du club de boxe de Bai envers Jiang contraste avec l’ambiance habituellement électrique. Comme Jinyi se montre de plus en plus tactile, Shen s’interroge sur ses sentiments. Par ailleurs, à travers l’histoire de Chen Qingling et Maoxiu, l’auteure s’intéresse au sacrifice de soi pour autrui. Elle montre la place des fans et leurs différents comportements avec, par exemple, le Petit cygne qui idolâtre son ami. Elle aborde également l’échec, la question de la gratuité des places de spectacles, le stress des auditions et la recherche thématique en danse.

Tang Liuzang a un trait épuré et fin qui s’arrondit dans les passages humoristiques. Les couleurs réalistes s’adoucissent grâce aux dégradés et aux ombres en ton sur ton. Par ailleurs, les trames d’ambiance colorées ou graphiques, appuient les émotions. Les décors bien que soignés, sont parfois réduits à l’essentiel pour ne pas surcharger les pages. D’ailleurs, la mise en page très dynamique joue beaucoup sur les chevauchements, les pleines pages et des vignettes de différentes formes qui s’adaptent au contenu. Comme dans le tome précédent, il y a des fiches personnages sur le rabat de la couverture. De même, la jaquette, réversible lors de la première publication, utilise un vernis sélectif qui met en relief les personnages.

En résumé

La rentrée scolaire approche. Jiang Shen se demande alors comment s’organiser pour les cours avec ses entraînements intensifs de danse. Jing Luoyun le rassure d’abord mais lui apprend également que Liu Xingzhi, studieux, aurait pu quant à lui intégrer une grande école. D’ailleurs le meilleur danseur de l’école met un peu la pression au jeune élève. En classe de cours général, Zhang Zhi, du 3e étage, aborde Shen pour le complimenter mais ses remarques semblent surtout insister sur leurs différences. Pendant ce temps, Bai Jinyi se prépare pour un match et compte absolument sur la présence de son ami pour se motiver.

En conclusion

Jing Shuibian maîtrise parfaitement le rythme de son récit. Elle continue d’exploiter différents sujets autour de la passion. Tang Liuzang alterne avec finesse les ambiances colorées, facilitant la lecture. J’apprécie particulièrement de pouvoir découvrir l’évolution des personnages secondaires. Mais j’adore par dessus tout voir Jinyi se heurter constamment au mur d’innocence de Shen malgré toutes ses tentatives de rapprochement. Une merveilleuse lecture!

Salad days 5 – Jing Shuibian et Tang Liuzang

couverture de Salad days 5 de Jing Shuibian et Tang Liuzang, édité par Nazca

JING Shuibian
TANG Liuzang
ISBN: 9782494400382
Nazca, 2024
2019 (CN)
Webtoon
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« En continuant de se soutenir dans leur travail et leur passion, ces deux étoiles vont continuer à se rapprocher. »

Jing Shuibian met en avant les entraînements intensifs et contraignants ainsi que la différence de niveau importante entre les élèves. Elle montre également l’influence à double tranchant du soutien externe sur le moral, entre les encouragements bénéfiques et le poids des attentes des villageois. Ainsi, elle aborde la confiance en soi, l’impatience à réussir, la pression ressentie, la jalousie entre élèves. De nouveaux personnages entrent en scène: Liu Xingzhi, meilleur danseur de l’école Lai-Yi, considère Shen comme un rival tandis que Jing Luoyun a tendance à le couver. Par ailleurs, le Petit cygne découvre les médisances des autres élèves. L’escapade à la campagne de tout le groupe d’adolescents permet de détendre l’atmosphère intense du récit et de découvrir leurs projets d’avenir. L’auteure montre l’importance de la passion dans l’investissement personnel. Elle s’amuse également avec le comportement ambigu de Bai Jinyi, dont certaines remarques et taquineries se rapprochent de la drague.

Tang Liuzang a un trait fin et épuré qui s’arrondit dans les passages humoristiques, déformant les personnages en SD. Les couleurs réalistes sont sublimées par les dégradés et les ombres. De même, les trames d’ambiance jouent principalement sur des contrastes colorés. Les décors soignés mettent surtout en avant les paysages de la campagne ainsi que la beauté des immeubles de la ville. Comme dans le tome précédent, la mise en page est très dynamique. Toutefois, on peut rencontrer quelques hésitations sur le sens de la lecture, mais ce n’est pas gênant. La manhuaga présente les personnages sur le rabat intérieur de la couverture. A noter que l’éditeur propose une jaquette réversible lors de la première édition.

En résumé

Durant sa visite du studio Lai-Yi, Jiang Shen reçoit finalement son premier cours avec le professeur Shen Junyi. Ce dernier lui donne déjà des exercices pour améliorer son équilibre corporel et lui explique également toutes les modalités de fonctionnement de son école, dont les frais conséquents comprenant les cours d’enseignements généraux, la nourriture, les vêtements ainsi que le dortoir. Inquiet pour les frais, le Petit cygne appelle son père qui l’encourage pourtant à continuer sa passion. Pendant ce temps, Bai Jinyi a aménagé rapidement la moitié de sa salle de sport en salle de danse pour son ami.

En conclusion

Jing Shuibian commence tout doucement à amorcer la romance dans son récit. Comme à son habitude, elle maîtrise son scénario, alternant entre comique, tension et moments paisibles du quotidien. La présentation des nouveaux personnages va à l’essentiel tout en étant précise. Le graphisme de Tang Liuzang s’affine et ses ambiances de couleurs subliment le récit. Si comme moi, vous avez dû quitter votre foyer pour vos études très tôt, vous trouverez sûrement dans cette série toutes les émotions que vous avez ressenties à cette époque. Une lecture « bonbon »!