Bitter drop – Shinomiya Suzu

bitter drop shinomiya suzu
SHINOMIYA Suzu 四宮和
ISBN: 9782382763032
Hana, 2022
ISBN: 9784813032830 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: un peu

« Sentir son cœur battre tantôt de frustration, tantôt d’excitation… Serait-ce ce qu’on appelle l’amour? »

Shinomiya Suzu sensei offre une romance entre deux lycéens, abordant les premiers émois de l’adolescence. Elle joue sur les caractères opposés. Par ailleurs, elle révèle au fur et à mesure les sentiments que Kazama nourrit depuis longtemps sans trop en dire afin de maintenir le suspense. Bien que taciturne, Sôsuke se montre direct et franc. Sa patience et sa persévérance sont touchantes. Haru quant à lui, s’interroge sur son attirance et ses sentiments, découvrant également l’origine de son comportement superficiel. Il évolue et assume enfin son complexe envers Kô. L’auteure décrypte les doutes et les hésitations des personnages. Elle fait avancer très lentement leur relation.

La mangaka a un trait épuré, fin, de style plutôt shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle détaille les petits gestes et les regards. Les corps sont sveltes. De même, les décors sont soignés. Par ailleurs, les trames sont équilibrées malgré des tons similaires. Et les trames d’ambiance se font discrètes. Pourtant, Shinomiya sensei privilégie les contrastes noir et blanc. La mise en page est dynamique.

En résumé

Un jour, Kuze Haru aperçoit son frère jumeau, Kô, enlacer Shiba, son senpai du club de base-ball. D’abord surpris de découvrir cette nouvelle facette de son frère, il ne peut ensuite résister à la curiosité. En effet, souvent comparé à son jumeau, il représente totalement son contraire, menant une vie superficielle et profitant des facilités. Pour essayer d’avoir plus de renseignement, il feint d’avoir besoin d’un livre de mathématiques et va l’emprunter à son frère. Mais c’est Kazama Sôsuke, du même club de base-ball, qui le lui prête. Plus tard, quand Shiba vient chez eux, Haru comprend immédiatement que les deux garçons nourrissent des sentiments réciproques même s’ils les gardent pour eux. Pourtant, à sa surprise, il ne peut alors s’empêcher de jalouser Kô…

En conclusion

A partir d’un synopsis simple et classique, Shinomiya sensei propose un développement original avec un amour silencieux à sens unique nourrit depuis longtemps qui se réalise enfin. Elle reste très pudique dans ce gakuenmono et se rattrape un petit peu dans l’histoire bonus. Mais cela apporte une touche très réaliste et mignonne au récit. Le lecteur devine facilement les sentiments de Kazama mais cela ne gâche pas pour autant la découverte de la suite de leur romance. Un one-shot mignon, doux et qui peut être lu par tout le monde.

Sugar dog life – Yoriko

sugar dog life yoriko
Yoriko 依子
ISBN: 9782382763056
Hana, 2022
ISBN: 9784758020909 (JP)
Ichijinsha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Une rencontre, une rapide amitié puis de l’amour?

Yoriko sensei propose une comédie romantique classique mais efficace entre un policier un peu naïf et un étudiant tsundere. Elle développe une relation franche et consensuelle avec des personnages qui s’interrogent sur l’évolution de leurs sentiments. Isumi, habitué à la solitude, aime cuisiner et apprécie les moments partagés avec le policier. Il comprend très vite son attirance. Mais le comportement d’Amasawa porte à confusion avec sa tendance à traiter l’étudiant comme un enfant. La narration se base principalement sur Sakuraba mais le policier donne son point de vue dans l’histoire bonus. Ainsi, l’auteure aborde la question de la différence d’âge, la solitude, le jugement de l’apparence. Elle intègre des évènements classiques comme la cohabitation, un passé douloureux, pour augmenter l’émotion à la lecture. Yôhei et Shôji, les amis de l’étudiant, apportent une touche humoristique tout en poussant un peu le couple à leur manière.

La mangaka a un trait épuré et légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine de grands yeux expressifs. Les décors alternent avec les trames d’ambiance. Malgré un palette de teintes restreintes, les trames sont équilibrées. La mise en page dynamique rythme la lecture. Même si Yoriko sensei ne censure pas les scènes érotiques, elle ne détaille pas les parties intimes. Au début de quelques chapitres, elle présente le quotidien des personnages dans des illustrations.

En résumé

Après une soirée étudiante très arrosée, Sakuraba Isumi (20 ans) rentre chez lui, éméché. En chemin, il est interpelé par un policier qui le prend pour un mineur à cause de sa petite taille. Ce dernier préfère tout de même le raccompagner. Quelques jours plus tard, l’étudiant recroise à nouveau Amasawa, récemment muté dans le kôban en face du konbini où il travaille. Le policier lui demande alors de devenir son ami. Il prend également l’habitude de lui demander conseil pour ses repas. Mais inquiet pour la santé du policier qui ne consomme que des bentos, Isumi lui propose un jour de lui préparer à manger…

En conclusion

Yoriko sensei arrive à transmettre les sentiments de ses personnages et à créer une dynamique agréable malgré un scénario très classique. J’aime beaucoup le caractère des personnages, leur approche contemporaine et le développement de leur histoire. Une romance divertissante et mignonne à croquer!

Kachô fûgetsu – beauties of nature 7 – Shimizu Yuki

kacho fugetsu beauties of nature 7 shimizu yuki
SHIMIZU Yuki 志水ゆき
ISBN: 9782375063279
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784403666407 (JP)
Shinshokan, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Un champ de fleurs inoubliable, flottant sur le dos de Zaizen… »

Shimizu Yuki sensei dévoile la relation particulière entre Kiriya, Zaizen et Hitomi. Elle s’intéresse aux relations entre des garçons adolescents, analysant leurs émois mais également l’évolution de leurs sentiments confrontés à divers évènements tragiques. Ainsi, Kiriya ne partage jamais sa souffrance mais trouve du réconfort auprès de Zaizen. Il s’interroge sur ses sentiments sans pour autant réussir à déterminer leur nature exacte. La narration alterne entre l’avocat et le yakuza. L’auteure dresse également le portrait sombre de certains adultes, dénonçant la pédophilie ou le rejet d’un enfant hors mariage, quelque soit leur milieu social. Elle met en avant la charge ressentie par ces adolescents isolés qui se démènent pour survivre.

La mangaka a un trait fin et légèrement épuré et anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont équilibrées malgré une palette restreinte. Les trames d’ambiance renforcent les émotions. La mise en page très dynamique propose également des angles de vue variés. Shimizu sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle compense leur rareté grâce à l’histoire bonus avec Yômei et Hizuru, permettant de découvrir ce qu’ils deviennent depuis le tome précédent.

En résumé

Pour se faire pardonner de les avoir mêlés aux affaires du clan Hiraoka, Kiriya Shun invite Zaizen Masumi et Masataka Hitomi dans un grand restaurant. Même si l’avocat réprimande le yakuza, le médecin s’inquiète que son ami finisse toujours par céder aux caprices du chef de clan. Alors que Hitomi s’empresse de rejoindre son hôtel espérant accueillir Itokawa Kazuto qui est à un dîner familial, Kiriya retient Zaizen. Il a réservé une chambre d’hôtel mais l’avocat étant débordé par le travail, n’accepte que de rester à ses côtés jusqu’à ce qu’il s’endorme. Quelques jours plus tard, le yakuza est convié par l’avocat Hoshikawa Kyôichirô, hospitalisé dans l’hôpital de Ranko. Ce dernier lui demande alors de ménager son collaborateur en évitant des interventions futiles…

En conclusion

Ce tome obtient la quinzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2019. Malgré leur brève apparition, Sano Hizuru se classe treizième meilleur uke tandis que Tsujimoto Yômei est cité parmi les meilleurs seme super darling. Tout en découvrant le passé de Kiriya et Hitomi, Shimizu sensei plonge les lecteurs dans un flot d’émotions et de révélations. Impossible de ne pas craquer pour Zaizen!

Sasaki et Miyano 4 – Harusono Shou

sasaki et miyano 4 harusono shou
HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124055
Akata, 2022
ISBN: 9784040651866 (JP)
Kadokawa, 2018 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’ai déjà vu cette situation dans un boy’s love… »

Harusono Shou sensei continue de développer les spécificités du BL, comme par exemple le langage spécifique parfois incompréhensible par les non-initiés. Par ailleurs, elle aborde différentes formes d’amour à travers les couples de la série. Ainsi, elle montre l’amour dévoué de Kuresawa pour divertir sa petite amie hospitalisée, les disputes amoureuses d’Ogasawara avec sa petite amie Eimi, l’amour à sens unique de Kagiura pour Hirano Taiga. Miyano s’interroge et prend petit à petit conscience de ses propres sentiments pour son nouvel ami. D’ailleurs, il réalise qu’il surmonte son complexe grâce à lui. Sasaki Shûmei, quant à lui, exprime maintenant franchement ses sentiments, dont sa jalousie, tout en restant bienveillant. L’auteure met également en avant Hanzawa Masato qui cumule les fonctions dans le lycée. En introduisant Makimura Nao, elle révèle un peu le passé de Mya. Elle offre également trois histoires bonus mettant en avant les personnages secondaires.

La mangaka a un trait épuré et doux au contour plus épais, dont la rondeur donne une touche shôjo. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Comme dans le tome précédent, elle alterne entre les yonkoma et une mise en page plus traditionnelle mais dynamique. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont variées et les trames d’ambiance renforcent les émotions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond gris. Sous la jaquette, Harusono sensei révèle la première rencontre entre les deux héros. Par ailleurs, elle présente les personnages en fin de tome. Les illustrations en début de chapitre montrent le quotidien des personnages. Il y a parfois des petites anecdotes en fin de chapitre. La première page débute par un yonkoma en couleur qui se démarque un peu du reste du récit.

En résumé

Pour la fête culturelle du lycée, Miyano Yoshikazu participe au cross-dressing, élu par sa classe. Mais le lycéen qui complexe sur son visage efféminé se montre d’abord réticent. Toutefois, il cède à condition que la tenue ne soit pas trop féminine. En plus, ses camarades Kuresawa Tasuku puis Tashiro Gonzaburô lui proposent leur aide pour surmonter cette épreuve…

En conclusion

Dans sa postface, Harusono sensei annonce la sortie d’un roman sur Kagiura et Hirano. Elle prend son temps pour développer cette romance. C’est lent, très lent, et pourtant j’adore! En effet, avec tous les couples d’adolescents, aussi bien hétérosexuels que homosexuels, qui s’interrogent sur le sentiment amoureux, cette série s’inscrit un peu plus dans la réalité et leurs relations bienveillantes deviennent passionnantes. Bref, une lecture douce et entrainante qui réchauffe le cœur.

My pretty policeman 3 – Niyama

my pretty policeman 3 niyama
Niyama にやま
ISBN: 9782382761007
Hana, 2022
ISBN: 9784801973688 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

Malgré une routine qui s’installe, encore des surprises dans le couple de Seiji et Shin.

Niyama sensei propose encore quelques tranches de vie sur le couple de Seiji et Shin, ainsi que des aventures avec Chiko-chan. Comme dans le tome précédent, elle partage leur quotidien et leurs interrogations. Ainsi, elle s’intéresse à divers sujets comme par exemple, la construction de la vie de couple et l’envie de continuer à plaire à son partenaire. Leurs amis et leurs collègues apportent, avec une touche bienveillante, quelques conseils. L’auteure allie parfaitement érotisme, humour et quelques moments romantiques. D’ailleurs, elle montre encore les petits moments de gêne entre les deux hommes. Elle aborde également les niveaux différents d’importance pour eux d’officialiser leur union. L’histoire bonus donne des anecdotes sur la suite des deux derniers chapitres.

La mangaka a un trait légèrement épuré, plutôt léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle n’hésite pas à faire des jambes poilues. Shin a un corps musclé tandis que Seiji possède du charme avec son petit ventre légèrement rebondi. Les trames d’ambiance participent à l’humour et aux émotions. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par contre, les souvenirs furtifs sont représentés dans des cadres aux coins arrondis. Les décors apparaissent sur les plans larges. La mise en page dynamique rythme la lecture. Niyama sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre une histoire amusante sur Chiko-chan, en deux planches.

En résumé

Les cerisiers commencent à fleurir avec l’arrivée du printemps. Donc Chiko-chan perd beaucoup de poils avec sa mue. Tajima Seiji retient Nakamoto Shin qui se rendait exceptionnellement au kôban, pour lui enlever tous les poils sur ses vêtements. Il se lance ensuite dans un grand ménage. Mais poussé par la curiosité, il fouille la chambre de son petit ami, à la recherche de vidéos ou magazines pornographiques. Toutefois, il met la main sur un tout autre objet. De retour à la maison, Shin découvre alors les vêtements de Seiji éparpillés dans la maison, comme s’il avait fait un striptease…

En conclusion

Ce tome obtient la dix-neuvième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2022. Niyama sensei offre une conclusion plutôt classique mais qui permet de confirmer la relation entre les deux amoureux et rassurer le lecteur sur leur avenir. Les personnages sont tellement attendrissants que j’avais le sourire aux lèvres pendant toute ma lecture. Un plaisir de retrouver cet adorable couple qui déborde d’amour et un pincement au cœur de les quitter!

Sans attaches – Nakagawa Kaneko

sans attaches nakagawa kaneko
NAKAGAWA Kaneko 中川カネ子
ISBN: 9782382761243
Hana, 2022
ISBN: 9784813032854 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Une romance sexy, pleine de secrets et de malentendus! »

Nakagawa Kaneko sensei propose une romance mature sur la différence d’âge. Elle alterne la narration entre Shû et Yukiya, permettant ainsi au lecteur de découvrir les secrets qui entourent les deux personnages. Le suspense augmente donc au fil des chapitres jusqu’au climax de l’éclatement de la vérité. Adachi s’interroge sur son orientation sexuelle et développe d’abord une relation de sex friend avec Moroboshi. Le salaryman, quant à lui, préfère se voiler la face devant les indices indiquant que son partenaire est plus jeune qu’il ne laisse croire. Leurs sentiments naissent au gré de leurs échanges. Par ailleurs, l’auteure apporte des touches d’humour avec les personnages secondaires qui jouent les guides. Elle s’intéresse également aux personnalités à double facette. Shû présente un visage totalement différent entre le travail et la vie privée. De même, Yukiya, franc, peut se montrer manipulateur.

La mangaka a un trait anguleux, légèrement épuré, jouant sur les pleins et les déliés. Elle le simplifie et l’arrondit dans les passages humoristiques. D’ailleurs, les personnages affichent parfois une tête hilarante rappelant les mangas comiques. Yukiya a un corps finement musclé, mis en avant. La palette des trames est variée tandis que les trames d’ambiance sont très graphiques. Les décors situent principalement l’action. La mise en page dynamique met particulièrement en valeur les expressions des visages et les scènes érotiques. D’ailleurs, Nakagawa sensei détaille ces dernières, très nombreuses, et joue beaucoup sur la décomposition des mouvements et les gros plans, intégrant également des coupes intérieures. Néanmoins, elle censure les parties intimes avec de fines bandelettes blanches. Elle donne des renseignements complémentaires dans les illustrations en début chapitre. Par contre, la première page en couleur ne rend pas grâce à son graphisme.

En résumé

Moroboshi Shû, gay, préfère les aventures sans lendemain. Il cherche ses futures conquêtes via une application mobile mais il impose trois conditions: pas d’attaches, pas de discussion inutile, une seule nuit et c’est tout. En effet, parlant toute la journée au travail, le salaryman apprécie des partenaires peu bavards. Il a donc du mal à trouver un profil adéquat. Il rencontre pourtant une jeune homme taciturne, Adachi Yukiya, avec qui la compatibilité sexuelle est très haute. Shû décide alors de briser sa troisième règle, ayant envie de le rencontrer à nouveau. Au bout de trois mois, Yukiya, devenu son unique partenaire, lui révèle enfin son prénom. Et pourtant, ils discutent toujours peu…

En conclusion

Ce one-shot obtient la deuxième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. Pourtant, Nakagawa sensei aborde avec délicatesse les relations sexuelles consenties avec un mineur. En effet, pour rappel, la majorité au Japon est à 20 ans. Le développement de l’histoire est bien rythmé et entrainant. Le graphisme est expressif et efficace. J’ai donc lu avec beaucoup de plaisir ce récit, appréciant particulièrement l’évolution de la relation entre les deux amoureux. Un coup de cœur!

Daisy jealousy – Ogeretsu Tanaka

daisy jealousy ogeretsu tanaka
OGERETSU Tanaka おげれつたなか
ISBN: 9782375063309
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784799748589 (JP)
Libre, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: absolument

« Il est maladroit, c’est crado chez lui et il est insensible, mais ça fait plus de cinq ans qu’il n’aime que moi. »

Ogeretsu Tanaka sensei narre une relation complexe et ponctuée de hauts et de bas entre deux otaku à la fois rivaux et amis. Elle présente la dureté du milieu du dessin numérique qui ne jure que sur la qualité et la rapidité, avec les places restreintes, les abus de certaines entreprises, l’exploitation de compétences en dehors de ses fonctions principales. Elle base la narration principalement sur Misaki. Ce dernier se retrouve prisonnier de ses sentiments contradictoires, entre admiration et jalousie du talent de Kaname, développant un complexe d’infériorité. Ainsi, il s’interroge et culpabilise constamment sur son comportement. Kaname, quant à lui, exprime maladroitement ses sentiments. L’auteure aborde le problème du travail en équipe quand on est en froid, les difficultés à gérer ses sentiments, les pertes d’objectifs quand la pression de fait sentir. Elle met en avant la fatigue psychologique d’une passion débordante non aboutie.

La mangaka débute son récit avec de magnifiques pages couleurs. Elle a un trait légèrement épuré, fin et léché qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle illustre graphiquement les humeurs de Misaki. Par exemple, le verre qui se remplit en même temps que sa jalousie augmente, est très explicite. De même, les trames d’ambiance transcrivent les émotions. Par ailleurs, les trames très variées rendent les couleurs et les ombres. Les décors sont soignés. La mise en page dynamique joue beaucoup sur les ellipses et les superpositions de vignettes. Dans les scènes érotiques, Ogeretsu sensei censure les parties intimes par de larges bandes blanches. Elle offre une fiche de vocabulaire en fin de tome très pratique pour ceux qui ne connaissent pas le milieu du dessin numérique. J’apprécie la barre de sentiments en couleur irisée, en haut sur la couverture, du plus bel effet.

En résumé

Misaki a toujours rêvé d’intégrer la société de jeux vidéo Gold games en tant que graphiste. Il travaille dur dans une école spécialisée, venant même le week-end en dehors des cours. Mais dans la classe, il y a Kaname, un élève asocial, qui le surclasse. Les deux garçons qui s’investissent à fond dans leur travail se rapprochent pourtant suite à un incident survenu à Kaname. En effet, son devoir presque abouti a été effacé. Misaki l’a donc aidé, lui permettant de passer en deuxième année avec lui. Mais d’abord admiratif du talent de son ami, il le jalouse de plus en plus et finit par se disputer avec lui alors que Kaname cherchait seulement à l’aider. Pourtant, à la remise des diplômes, ce dernier l’embrasse…

En conclusion

Ce one-shot obtient la cinquième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2021. Ogeretsu sensei offre une relation réaliste, adulte et tendre. Elle décrypte parfaitement les états d’âme de ses personnages. L’amour unique et fidèle de Kaname est touchant. Comme d’habitude, je craque complètement pour le récit de cette auteure. J’apprécie les personnages tellement humains, leurs sentiments contradictoires que l’on a l’impression d’effleurer et les palpitations que procurent leurs aventures. Un coup de cœur!

Hidamari ga kikoeru 5 Limit 3 – Fumino Yuki

hidamari ga kikoeru 5 fumino yuki
FUMINO Yuki 文乃ゆき
ISBN: 9782382760390
Hana, 2022
ISBN: 9784829686331 (JP)
Printemps shuppan, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

Est-ce que l’engagement pour une cause est forcément un sacrifice?

Fumino Yuki sensei continue d’analyser les différents sentiments de ses personnages. A travers les activités de sensibilisation de l’entreprise Sign, elle montre les différentes réactions des personnes valides face à la mise en situation de handicap. Ainsi, comme dans le tome précédent, elle aborde la condescendance qui existe parfois inconsciemment chez les valides. Entre apitoiement, imposition d’un jugement de niveau de bonheur et surenchérissement des flatteries, ces derniers deviennent alors blessants. Par ailleurs, grâce à son entourage, Kôhei prend conscience de sa jalousie et de son sentiment d’impuissance. Tout en proposant quelques réponses aux questions levées jusqu’à présent, l’auteure invite les lecteurs à réfléchir désormais sur leur comportement. Elle révèle également les motivations de Chiba et Sagawa et laisse deviner celles de Sai en dévoilant un peu son passé.

La mangaka a un trait épuré plutôt fin, dégageant de la rondeur et de la douceur. Elle exagère les expressions dans les passages humoristiques. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les trames sont très variées tandis que les trames d’ambiance se font discrètes. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Les angles de vue variés renforcent la dynamique de la mise en page. Fumino sensei développe sa conclusion sur 340 pages, soit un tome très épais. Sous la jaquette, elle offre des petites anecdotes sur le dernier chapitre, à lire donc de préférence à la fin.

En résumé

Depuis que Sugihara Kôhei a pris ses distances avec lui, Sagawa Taiki, déconcerté, reste plongé dans ses réflexions, ne mangeant presque plus. Ayant cassé son téléphone portable, son chef, Chiba Yûichi, l’emmène en acheter un pendant la pause déjeuner. Tendô en profite alors pour les accompagner. D’abord inquiets pour leur jeune recrue quand ce dernier refuse une invitation à manger, ils croisent par hasard leur supérieur Sai accompagné d’Ôkami Maya. Tendô s’arrange alors pour laisser les deux jeunes ensemble. Après son achat, Taichi confie naturellement ses soucis à Maya qui essaie ensuite de lui faire comprendre ses qualités, l’incitant donc à parler franchement avec Kôhei…

En conclusion

Ce tome obtient la onzième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2021. Fumino sensei décrypte parfaitement les problèmes que rencontrent les personnes malentendantes dans la société actuelle et met en avant l’effort individuelle à faire, en plus du travail déjà existant de certaines entreprises, organisations, associations. Elle fait avancer doucement sa romance mais cela la rend encore plus réaliste et poignante. J’ai bien sûr pleuré!

Tokyo – quatre saisons 2 – Haru

tokyo quatre saisons 2 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761212
Hana, 2022
ISBN: 9784813032984 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: beaucoup

« Je te prenais pour un type innocent mais en fait, tu es une vraie bête… »

Haru sensei continue directement la romance de Yagami débutée dans le tome précédent. Elle alterne la narration entre les deux héros. Elle maintient un certain suspense sur l’identité de Matsubara puis révèle au fur et à mesure ses desseins. En effet, Hiromichi est prisonnier de son statut social et de ses obligations familiales mais va tenter sa chance pour changer son destin tout tracé et réaliser l’amour d’un coup de foudre. Ryûnosuke, quant à lui, refuse de s’attacher et a du mal à accepter ses sentiments. Sa tendance à parler sans filtre apporte une touche humoristique. Les sentiments des deux hommes explosent avec les révélations. L’auteure aborde les arrangements possibles entre couples homosexuels pour répondre à la pression familiale. Dans le chapitre « Printemps », elle s’intéresse à la question du mariage et de son image plus pratique que romantique, en rebouclant sur le couple de Takizawa Kazuma et Ishihara Ren.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. D’ailleurs, elle n’hésite pas à transformer les têtes en SD tout chou. Les décors soignés apparaissent sur les plans larges. De même, les trames très variées apportent une touche réaliste. Par ailleurs, les trames d’ambiance très rares appuient plutôt les passages comiques. Les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. Ainsi, la mise en page dynamique rythme la lecture. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par de fines bandelettes blanches.

En résumé

Yagami Ryûnosuke couche tous les vendredis avec un homme qu’il a rencontré dans un bar gay. Il ne lui a jamais demandé son nom, ni son métier. Comme il l’apprécie vraiment, il ne fréquente d’ailleurs personne d’autre. Il refuse donc de rencontrer l’employé de Sany que sa patronne cherchait à lui présenter, d’autant plus que lui et son équipe travaillent actuellement sur le concours publicitaire organisé par cette entreprise. L’ayant raté l’année dernière suite à un incident, ils comptent bien réussir cette année. Comme Yagami supporte mal la chaleur de l’été et encore moins la climatisation qui lui provoque des migraines, il fait subitement un malaise. De repos chez lui, il reçoit la visite de son sex friend le soir. Ce dernier décide alors de s’occuper de lui. Refusant d’avoir d’autres aventures malgré les conseils de son amant actuel, il lui révèle enfin son nom: Matsubara Hiromichi.

En conclusion

Dans ce tome, nous retrouvons ce qui a fait le charme de Tokyo en avril, avec l’analyse des sentiments des personnages ainsi que les confrontations avec leur entourage. Haru sensei offre une belle surprise dans l’histoire bonus. J’ai adoré la romance de Yagami que je trouve très mature et réaliste.

Tokyo – quatre saisons 1 – Haru

tokyo quatre saisons 1 haru
Haru ハル
ISBN: 9782382761205
Hana, 2022
ISBN: 9784813032977 (JP)
Taiyohtosho, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

« Je vais te dévorer en entier de la tête aux pieds. »

Haru sensei propose un spin-off de Tokyo en avril, narrant les romances de différents couples en les suivant selon les saisons. Elle s’intéresse d’abord au frère de Ren qui tombe entre les griffes d’un stalker. Elle aborde donc la manipulation psychologique et les relations contraintes. Ainsi, Jingûji impose son amour obsessionnel à son partenaire, prenant plaisir à détruire sa fierté. Saotome, complexé et affaibli moralement, cède donc petit à petit et s’attache même à son bourreau, malgré son esprit de rivalité. La narration alterne entre les deux héros. Les flash-back révèlent au fur et à mesure les circonstances ayant amené à cette situation. L’auteure fait évoluer la relation. Toutefois elle laisse en suspens la conclusion, se contentant de disséminer des indices à travers les paroles et les expressions, laissant l’imagination du lecteur. L’histoire bonus ajoute également d’autres indices. Par ailleurs, le chapitre de l’été introduit l’histoire de Yagami.

La mangaka a un trait épuré et léché. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle détaille les petits gestes, les regards, invitant les lecteurs à construire leur propre interprétation. Par exemple, Jingûji affiche constamment un sourire narquois en phase avec son caractère tordu. Les corps sont sveltes. Celui de Yuito est d’ailleurs mis en valeur avec tous ses tatouages. Les décors précis et soignés permettent même de reconnaître certains quartiers de Tokyo. De même les trames très variées et les trames d’ambiance très discrètes renforcent l’aspect réaliste du récit. Les flash-back se repèrent immédiatement grâce à leur fond noir. La mise en page est dynamique. Dans les scènes érotiques, Haru sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches ou noires. De même, elle les détaille peu sur les plans larges.

En résumé

Saotome Kyôhei a raté ses examens d’entrée dans l’université qu’il visait. Ses notes continuant à baisser malgré les cours de soutien, il ne supporte plus la pression familiale. Sur le quai, exténué, il s’apprête à se suicider en sautant mais il est stoppé par Jingûji Yuito. Ce dernier a d’ailleurs eu les meilleures notes dans la section universitaire que visait Saotome. Il lui propose alors de l’aider à réviser en échange d’un remboursement en nature…

En conclusion

L’éditeur avertit en début de tome les lecteurs sur le « contenu susceptible de froisser la sensibilité de certaines personnes ». En effet, Haru sensei aborde un registre surprenant, plutôt dramatique et psychologique. J’apprécie beaucoup l’impression malaisante qui s’installe à la lecture mais qui retient tout de même en haleine. Par contre, certains lecteurs risquent de ne pas apprécier.