Bienvenue chez Ginmokusei 2 – Mamita

bienvenue chez ginmokusei 2 mamita

Mamita マミタ
ISBN: 9782382761656
Hana, 2023
ISBN:‎ 9784199609008 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Titre original: ギンモクセイの仕立て屋 下
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Tout ce que je voulais, c’était protéger cet endroit… »

Mamita sensei délaisse un peu les techniques commerciales pour développer la romance. Elle révèle le passé de Théo ainsi que ses motivations. De même, elle maintient un certain suspense en reconstituant au fur et à mesure les souvenirs d’Ubuki sur la nuit de sa première rencontre avec son associé. La narration alterne entre les deux héros. Le chat Gin-san continue de détendre l’atmosphère avec ses remarques pertinentes. De même, la rivalité entre Nakamura et Nishijima apporte une touche comique. Takabayashi doute encore et s’interroge de plus en plus sur sa relation avec son associé, réalisant son attachement et sa peur de la solitude. Toutefois, il prend enfin des initiatives. L’auteure dépeint avec finesse l’évolution des sentiments des personnages. Elle montre quelques idées pour fidéliser une clientèle.

La mangaka a un trait légèrement épuré et anguleux qu’elle simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine quelques personnages dans un style caricatural. Les décors, soignés, apparaissent sur les plans larges. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que les autres trames, abondantes, apportent une touche réaliste. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur la variation des angles de vue. Dans les scènes érotiques, Mamita sensei ne détaille pas trop les parties intimes et utilise parfois un contour blanc. Toutefois, elle ne censure pas celles du bonus. Comme dans le tome précédent, elle montre le charme des costumes dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

Takabayashi Ubuki ne comprend pas pourquoi Nakamura Théo abandonne ses projets personnels pour l’aider à sauver sa boutique. En effet, le maître d’hôtel avait obtenu un prêt pour ouvrir un nouveau restaurant. Enfant, il vénérait son père qui gérait le restaurant « Vincent » à Ginza et a donc travaillé dur pour intégrer ce restaurant et monter les échelons. Malheureusement, à cause d’un incident avec le chef Yoshida, suite à des remarques homophobes, il a dû démissionner. Un soir, il croise alors Ubuki passablement éméché. Comme ce dernier refuse de le lâcher ou de prendre un taxi, il l’emmène dans un hôtel…

En conclusion

Mamita sensei semble un peu précipiter la conclusion en cumulant les révélations dans un seul tome. Le mélange des styles graphiques est toujours aussi efficace. Quel plaisir de voir Théo et Ubuki se rapprocher et se parler enfin franchement. Et j’adore le gentil Gotô qui veille sur eux. Coup de cœur confirmé! Mise à jour: Ce tome se classe à la cinquième place du meilleur manga profond au Chill chill BL award 2023.

Bienvenue chez Ginmokusei 1 – Mamita

bienvenue chez ginmokusei 1 mamita

Mamita マミタ
ISBN: 9782382761649
Hana, 2023
ISBN: 9784199608995 (JP)
Tokuma shoten, 2022 (JP)
Titre original: ギンモクセイの仕立て屋 上
Manga
Ero-mètre: soft
Recommandation: beaucoup

« Je voulais recommencer de zéro, mais je ne sais pas si je peux te faire confiance… »

Mamita sensei développe une romance qui se construit suite à une collaboration atypique. Elle s’intéresse à la difficulté que rencontrent les commerces de luxe actuellement, à l’évolution du métier de tailleur, aux diverses techniques pour relancer un commerce comme le marketing, le relooking, le changement de clientèle. La narration se base principalement sur le point de vue de Takabayashi. Ce dernier, pleurnichard, a tendance à fuir les difficultés. Plus qu’une promesse à son grand-père, il apprécie sincèrement ce nouveau métier. Malgré ses doutes, il se laisse convaincre par la prestance de Nakamura. D’ailleurs, l’auteure maintient un certain mystère autour de Théo et de ses réelles intentions. Elle détend un peu l’atmosphère avec les réflexions du chat Gin-san. De même, elle apporte une touche humoristique grâce aux amis de l’ancien maître d’hôtel, Beniko et Akino Kazuhito. L’introduction de Nishijima, l’ex d’Ubuki, permet de secouer un peu l’essayeur.

La mangaka mélange à la fois un graphisme esthétique avec un style caricatural. Ainsi, elle simplifie son trait légèrement épuré et anguleux dans les passages humoristiques. Elle dessine des corps sveltes finement musclés ou complètement disproportionnés. Par exemple, le chat Gin-san et Gotô sont simplifiés à l’extrême. Les décors sont soignés et certains bâtiments de Ginza sont même reconnaissables. Il y a beaucoup de trames. D’ailleurs, Ubuki a une peau hâlée. Les trames d’ambiance appuient les émotions. Et les flash-back se repèrent immédiatement à leur fond noir. La mise en page est très dynamique. Dans les scènes érotiques, Mamita sensei ne montre pas les parties intimes. Par contre, elle met en avant le charme masculin qu’amplifient les costumes en les détaillant ou dans les illustrations en début de chapitre.

En résumé

A 35 ans, Takabayashi Ubuki a quitté son travail en entreprise pour reprendre la boutique de costumes sur mesure Ginmokusei gérée par son grand-père décédé. Malheureusement, les clients se font rares et au bout d’un an, il est au bord de la faillite. Alors qu’il se rue sur un beau client qui vient d’entrer dans la boutique suite à ses prières, ce dernier le recadre immédiatement face à son manque de classe. Nakamura Théo (30 ans) lui propose alors de l’aider à relancer son commerce. Mais peut-il faire confiance à cet inconnu, ancien maître d’hôtel?

En conclusion

Mamita sensei alterne avec finesse drame, humour et romance. Malgré des styles graphiques différents qui se côtoient, le récit reste réaliste. De même, la relation prend son temps et est plutôt consensuelle, à part des baisers volés. Je suis complètement sous le charme de Théo et Ubuki. Un coup de cœur!

I want you 2 – Momose An

i want you 2 momose an

MOMOSE An 百瀬あん
ISBN: 9782382761700
Hana, 2023
ISBN: 9784796415019 (JP)
Kaiohsha, 2022 (JP)
Titre original: ナカまであいして 2
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: un peu

« Prends tes responsabilités pour m’avoir excité. »

Momose An sensei continue sa romance sexy entre Yuzuriha et Tokiwa. Elle concentre la narration sur Ikumi. Même si elle reprend les poncifs des romances comme l’anniversaire, Noël, le rendez-vous sans les parents, elle ne s’attarde que sur les sentiments des personnages. Le couple continue donc de se chamailler mais évolue petit à petit. En effet, les deux lycéens restent maladroits en exprimant leur jalousie malgré leur confiance mutuelle. D’ailleurs, Yuzuriha fait beaucoup d’efforts pour se montrer plus honnête et prendre quelques initiatives. En introduisant la sœur de Tokiwa, Miu, et son amie Yumi, l’auteure oblige le couple à s’interroger sur la perception de leur relation. Elle joue sur les quiproquos pour déclencher des jeux coquins. Une histoire bonus présente l’enregistrement du drama CD.

Le trait épuré et tout en rondeur de la mangaka dégage beaucoup de douceur. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Les trames d’ambiance appuient les émotions tandis que le reste des trames, avec une dominante claire, donnent un peu de couleur et de volume. Par contre, les décors situent principalement l’actions. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page très dynamique abuse des superpositions de cases mais la lecture reste agréable. Momose sensei ne censure pas les scènes érotiques. Elle en dessine même une par chapitre. Quand il y a une illustration en début de chapitre, elle l’intègre directement au récit. Comme dans le tome précédent, sous la jaquette, il y a un croquis apportant une anecdote sur le couple et la présentation des nouveaux personnages.

En résumé

Bien que Yuzuriha Ikumi et Tokiwa Sôji sortent ensemble, Yuzuriha a encore du mal à montrer ses sentiments avec sincérité. D’ailleurs, il ne sait comment réagir dans leurs moments intimes. Surprenant une conversation entre son petit ami et Sakai, il s’interroge alors sur le sens du mot « dorloter ». Mais surpris dans l’escalier, il préfère fuir. Le week-end, ayant rendez-vous chez Tokiwa, il perd toute sa nervosité en apprenant que ses parents sont absents. C’est le moment idéal d’essayer de montrer son affection…

En conclusion

Le caractère de Yumi crée une énorme surprise, apportant une touche amusante et rafraichissante. Le succès étant encore au rendez-vous, Momose sensei annonce encore la suite des aventures du couple. Malgré les clichés des romances et les nombreuses scènes érotiques, elle crée suffisamment de dynamique entre les personnages pour retenir les lecteurs en haleine. Une lecture toujours aussi divertissante, à condition de supporter les constants changements d’humeur de Yuzuriha. Mise à jour: Ce tome obtient la sixième place de la meilleure série au Chill chill BL award 2023.

Only one – Moegi Yuu

only one moegi yuu

MOEGI Yuu 萌木ゆう
ISBN: 9782351809051
Taifu comics, 2015
ISBN: 9784864363402 (JP)
Core magazine, 2012 (JP)
Manga
Ero-mètre: juste ce qu'il faut
Recommandation: si on s'ennuie

Coup de foudre dans le métro.

Moegi Yuu sensei narre des romances ayant pour thème principal la différence d’âge avec une relation enseignant et élève. Elle ancre ses scénarios dans la réalité, toutefois certaines situations ont pour base les clichés du BL comme par exemple la poursuite d’un premier amour, un triangle amoureux avec des frères. A cause du format court, les couples se forment un peu trop rapidement mais la majorité des relations reste consentie. D’ailleurs, l’histoire principale occupe la moitié du tome qui est complété par trois autres récits anecdotiques. Malgré une bonne maîtrise du développement qui va à l’essentiel, l’auteure inclut un peu abruptement les passages érotiques. Elle base principalement la narration du point de vue des uke. Ainsi, elle aborde le manque de confiance en soi, la jalousie, la peur de la solitude, les fantasmes de l’adolescence, la difficulté à exprimer ses sentiments.

La mangaka a un trait légèrement épuré et plutôt réaliste. Elle le simplifie dans les passage humoristiques. Elle dessine plutôt des personnages basiques, simples mais avec du charme, que l’on distingue facilement par leur physique. Les trames sont variées tandis que les trames d’ambiance appuient les émotions. Par contre, les décors situent principalement l’action. La mise en page très dynamique joue beaucoup sur l’agencement des cases, rendant la lecture agréable. Toutefois, la transition du temps se fait rapidement en une case ou une ellipse. Dans les scènes érotiques, Moegi sensei censure les parties intimes par un cache blanc, des languettes et ne dessine pas les contours. Malheureusement, cela gâche un peu l’esthétique de l’image.

En résumé

Only you / Only one: Mochizuki, simple employé de bureau en instance de divorce, tombe sous le charme d’un jeune inconnu qu’il croise tous les jours dans le métro. Mais un jour, alors qu’il est accusé d’attouchement par une passagère, ce dernier lui vient en aide, ayant attrapé le vrai coupable. Il découvre, en le retrouvant par hasard le soir, qu’ils habitent le même immeuble. Nagakura, jeune avocat, ne semble également pas indifférent à son voisin.
La distance de la gentillesse: Yuzuki Takase est amoureux de son ami d’enfance et voisin Kôta mais se contente de rester à ses côtés. Par contre, il n’apprécie pas le frère aîné de ce dernier, Kanata, qu’il trouve trop tactile. En plus, Kanata enseigne dans son lycée et s’occupe même du conseil des délégués. Or, Yuzuki, devenu délégué, se retrouve donc obligé de le côtoyer souvent.
Un prix de rêve: Shino Yutaka fantasme sur son professeur particulier Akio depuis qu’il lui a promis de faire ce qu’il voulait s’il avait de bons résultats…
17 paradox: Le professeur Mizushiro est gentil avec tous ses élèves mais n’hésite jamais à leur rappeler la discipline. Pourtant, son comportement insupporte le voyou Kuroe…

En conclusion

Moegi sensei propose un recueil qui se laisse lire, avec une certaine maîtrise scénaristique mais plutôt classique. J’aime beaucoup l’histoire principale mais je me demande l’utilité du secret entre les deux héros, qui transforme presque Kanata en stalker

Sasaki et Miyano 5 – Harusono Shou

sasaki et miyano 5 harusono shou

HARUSONO Shou 春園ショウ
ISBN: 9782382124208
Akata, 2023
ISBN: 9784040657790 (JP)
Kadokawa, 2019 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: beaucoup

« J’attendrai autant de temps qu’il le faudra. »

Harusono Shou sensei fait avancer un peu plus la romance entre Sasaki et Miyano. Ainsi, Mya analyse sincèrement la nature de ses sentiments, prenant son temps, car il ne souhaite pas blesser son ami. Sasaki patiente et fait beaucoup d’efforts pour réfréner ses pulsions, réfléchissant aux limites de ses gestes pour ne pas gêner, ni influencer son ami. Le festival est prétexte à quelques passages humoristiques mais également romantiques, reprenant les clichés des romances lycéennes. Les amis soutiennent à leur manière le couple, comme Hanzawa Masato et Hirano qui sont de bons conseils et Ogasawara Jirô qui les guide indirectement par ses questions. Kuresawa apporte une touche humoristique en se spécialisant dans les BL pour sa petite amie. L’auteure continue de présenter l’univers du BL avec les adaptations cinématographiques. Elle offre une histoire bonus sur Kagiura et Hirano durant le festival.

La mangaka a un trait épuré et fin de style shôjo. Elle donne tout de même du relief grâce à des contours très épais et simplifie son trait dans les passages humoristiques. Elle dessine de grands yeux expressifs et utilise de larges hachures envahissant le visage pour les rougissements. Les décors alternent avec les trames d’ambiance tandis que les autres trames sont équilibrées. Harusono sensei alterne entre yonkoma et mise en page classique. Elle offre parfois quelques vignettes au style audacieux, par exemple la scène au cinéma avec un découpage cinématographique des mouvements et des bandes de film sur les côtés. Comme dans le tome précédent, elle présente les personnages à la fin. Les illustrations en frontispice reprennent la même palette de couleur que la couverture. Sous la jaquette, deux planches complètent l’histoire du rencard entre Sasaki et Miyano, à lire donc à la fin.

En résumé

Alors que le festival culturel du lycée approche, Sasaki Shûmei demande à Miyano Yoshikazu de ne pas participer au concours de cross-dressing puis l’enlace. Même s’il demande à son ami de ne pas tenir compte de ce qu’il vient de dire, Mya s’interroge de plus en plus sur les sentiments profonds de Sasaki et sur ce qu’il ressent lui-même. Toutefois, il n’arrive toujours pas à distinguer l’amour de l’amitié. Désirant participer au concours, il en fait part à son ami et en profite pour l’inviter à une balade à deux durant le festival. Shûmei confie alors à Hirano Taiga qui a surpris leur conversation, qu’il souhaite encore patienter…

En conclusion

Harusono sensei excelle pour décortiquer les sentiments de ses personnages. Elle incite le lecteur à réfléchir avec eux et développe d’ailleurs une relation bienveillante. J’adore voir Sasaki et Miyano s’interroger sans cesse puis accepter simplement l’évidence après une mûre réflexion. Une lecture aussi douce que du miel, aussi tendre que de la guimauve et qui fait du bien au cœur!

Le rossignol rêve de printemps – Nago Nayuta

le rossignol reve de printemps nago nayuta

NAGO Nayuta 那梧なゆた
ISBN: 9782382761441
Hana, 2022
ISBN:‎ 9784864425018 (JP)
Tokyo mangasha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: beaucoup

« Entre l’élève nonchalant et le professeur au regard glacial, l’amour s’exprime avec les poings! »

Nago Nayuta sensei narre la romance entre un lycéen impulsif et un enseignant posé, sur fond de bagarres. Elle transforme l’intérêt de Haruka pour son professeur en attirance au fur et à mesure qu’il apprend à le connaître. Ainsi, elle base d’abord la narration sur l’étudiant puis donne le point de vue de Narumi, développant leurs réflexions et hésitations. Les amis du bagarreur et le professeur Satô apportent une touche humoristique. Shirakawa utilise tous les moyens possibles pour arriver à ses fins, trouvant toujours des arguments convaincants. Pourtant, bien qu’il se rapproche de lui, son professeur garde un comportement droit, n’hésitant pas à lui faire la morale. L’auteure développe donc une relation consentie et réfléchie sur le long cours. Elle interroge d’ailleurs sur l’influence de l’autorité d’un enseignant, l’admiration qui peut se confondre avec l’amour.

La mangaka a un trait épuré et fin avec des contours parfois dédoublés. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, n’hésitant pas à déformer les personnages presque en SD. Les trames d’ambiance alternent avec les décors tandis que les autres trames sont équilibrées. De même, les flash-back se repèrent à leur fond noir. Par ailleurs, les lignes de mouvement accompagnent les mouvements dans les combats tout en gardant de la lisibilité. La mise en page est dynamique. Nago sensei ne censure pas les scènes érotiques. Sous la jaquette, elle offre des croquis des personnages et donne quelques renseignements supplémentaires. Elle dessine les têtes SD en forme de gland, trop chou!

En résumé

Comme le veut la tradition de son lycée, Shirakawa Haruka, considéré comme le plus fort des premières, affronte le plus fort des élèves de terminale. Mais depuis qu’il est passé dans la classe supérieure, il a perdu toute motivation, ne trouvant aucun adversaire à son niveau. Ses amis Takase et Iguchi découvrent alors que leur nouveau professeur de littérature, Narumi Kazuyuki, n’est autre que la légende de leur lycée, un terminale invaincu ayant résisté aux assauts des premières. Ils incitent donc Haruka à l’affronter…

En conclusion

Ce one-shot obtient la treizième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. La dynamique entre les deux héros, l’équilibre entre action, humour et moments tendres offrent une lecture très agréable et passionnante. En plus, Nago sensei a un graphisme très expressif. Elle dessine de ces bouilles adorables et craquantes à Haruka! De même, elle développe une relation consentie où l’éthique et la morale reste un frein logique. J’adore les réactions de Narumi face aux simagrées de Shirakawa. Un coup de cœur pour moi!

Love me love my dog – Nago Nayuta

love me love my dog nago nayuta

NAGO Nayuta 那梧なゆた
ISBN: 9782382761458
Hana, 2022
ISBN: ‎9784864423847 (JP)
Tokyo mangasha, 2020 (JP)
Manga
Ero-mètre: hot
Recommandation: un peu

Deux visions différentes de la relation amoureuse mais une attirance réciproque.

Nago Nayuta sensei propose de suivre une romance entre un écrivain qui refuse de s’attacher et son éditeur qui ne souhaite qu’une relation sérieuse. Elle aborde ainsi deux points de vue différents de la relation amoureuse, la distinction entre le plaisir et l’amour et la peur de faire confiance au partenaire. Elle base la narration principalement du point de vue d’Akihiko. Malgré des tensions, les deux hommes développent une relation consentie, négocient et apprennent à faire des compromis. En effet, sous ses airs adorables, Aiichirô se montre plutôt capricieux et têtu. Yamabushi, quant à lui, cache sa vraie personnalité. Ainsi, l’auteure s’intéresse à la différence entre image publique et image privée, mais également les interrogations lors de la recherche de l’orientation sexuelle. En introduisant Minohara, elle montre comment des quiproquos peuvent entrainer de mauvaises expériences et déclencher des traumatismes.

La mangaka a un trait épuré légèrement anguleux. Elle le simplifie dans les passages humoristiques, arrondissant les visages donnant un côté mignon. Par exemple, Aiichirô se transforme parfois en wanko. Et cette forme adorable contraste avec sa carrure grande et musclée. Les décors situent l’action. Les trames sont équilibrées tandis que les trames d’ambiance accompagnent les émotions. Par ailleurs, la mise en page à la fois dynamique et classique donne un certain rythme agréable à la lecture. Les passages entre les chapitres ne se remarquent pas, créant une continuité sauf lorsqu’il y a un changement de temps. Dans ce cas, une page avec le titre fait la transition. Dans les scènes érotiques, Nago sensei censure les parties intimes par des bandelettes blanches. Sous la jaquette, elle offre quelques croquis de recherche.

En résumé

Suite à la promotion de son éditrice Adachi, l’écrivain Yamabushi Akihiko est confié à Enomoto Aiichirô, fan de ses romans. Appréciant les soins attentionnés du jeune homme très sérieux, il préfère lui cacher sa vie plutôt dissolue. En effet, il refuse de s’enfermer dans une relation amoureuse et cumule donc les coups d’un soir avec indifféremment une femme ou un homme. Mais un matin, l’éditeur le surprend au lit avec un homme. Ne pouvant retenir ses larmes, il en conclut nourrir des sentiments pour l’écrivain. Persuadé qu’Ai confond son admiration à de l’amour, Akihiko lui propose alors de coucher ensemble.

En conclusion

Malgré le format one-shot, Nago sensei équilibre avec justesse humour, romance et même un peu de drame. Comme j’adore les uke entreprenants, je craque complètement pour l’histoire. Et Ai est tellement chou en wanko. Une lecture intéressante, qui confirme mon intérêt pour la mangaka.

Caligula’s love – Michinoku Atami

caligula s love michinoku atami

MICHINOKU Atami みちのくアタミ
ISBN: 9782375063460
Taifu comics, 2022
ISBN: 9784344848450 (JP)
Gentosha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: absolument

« Ce n’est pas un hasard si nos chemins se sont recroisés. »

Michinoku Atami sensei propose une romance SM. Elle base la narration sur Naruse. Elle construit des relations consenties qui se développent dans des jeux érotiques. Ainsi, un équilibre s’installe entre endurance et plaisir. Le solitaire Dôyama s’accepte tel qu’il est, bien que conscient qu’il ne se conforme pas au sens commun. De part son statut, le professeur a au contraire du mal à assumer son penchant jugé pervers. Sa curiosité et son attirance pour son élève lui permettent de s’accepter petit à petit et surtout d’affronter la situation paradoxale dans laquelle il se trouve. En effet, bien que soumis à son maître, il se retrouve en position autoritaire à l’école. Ainsi, l’auteure aborde, sans pour autant l’approfondir, les questions de moralités et d’éthiques de l’enseignant, les risques des relations avec un mineur, l’acceptation de soi. Elle montre les différents sentiments qui assaillent Makoto au fil de ses réflexions.

La mangaka a un trait épuré, léché et légèrement anguleux. Elle utilise beaucoup de trames. De même, les trames d’ambiance appuient les émotions. Les décors apparaissent sur les plans larges. Les tons et l’environnement très réalistes contrastent avec la situation particulière dans laquelle se retrouvent le professeur et son élève. La mise en page plutôt classique varie tout de même les angles de vue, créant une certaine dynamique. Michinoku sensei ne censure pas les scènes érotiques. D’ailleurs, elle détaille les parties intimes et dessine même des coupes intérieures. Toutefois, elle arrive à construire une ambiance toujours sensuelle et érotique, sans vulgarité malgré des moments très crus.

En résumé

Le professeur Naruse Makoto va bientôt enseigner dans un lycée très réputé. Il décide donc de mettre fin à son petit plaisir. En effet, il se rend environ deux fois par mois dans un club SM où il se soumet à son maître bien-aimé. Comme il ne pourra plus venir, il lui demande une dernière faveur: voir son visage. Mais le lendemain, en cours, il croit reconnaître le maître à travers les traits de son élève Dôyama Kiyotaka…

En conclusion

Ce tome obtient la dixième place du meilleur manga érotique au Chill chill BL award 2022. En effet, c’est chaud et beau! Michinoku sensei arrive à construire une histoire très érotique et pourtant emplie de sentiments. Elle réussit par ailleurs à gommer la position autoritaire de l’enseignant grâce à son penchant de soumission, installant une dichotomie intéressante. Ainsi, le couple devient rapidement attachant. Un énorme coup de cœur!

L’amour le plus lointain au monde 1 – Asou Mitsuaki

l amour le plus lointain au monde 1 asou mitsuaki

ASOU Mitsuaki 麻生ミツ晃
ISBN: 9782382763247
Hana, 2022
ISBN: 9784796414579 (JP)
Kaiohsha, 2021 (JP)
Manga
Ero-mètre: pudique
Recommandation: absolument

« Tu es bien arrogant de croire que tout le monde peut faire l’effort de te comprendre. »

Asou Mitsuaki sensei développe une douce romance débutant par une amitié qui se noue malgré la différence d’âge. A travers Isuzu, elle met en avant les difficultés rencontrées par les personnes atteintes de surdité dans leur quotidien ainsi que leurs efforts pour s’intégrer. Par ailleurs, elle révèle le passé de ses personnages au compte-gouttes, permettant de mieux comprendre leurs personnalités. Mibu ayant appris la musique en autodidacte, rencontre des problèmes de compréhension au conservatoire. Il n’arrive pas à s’intégrer, attire l’animosité et ne gère pas sa frustration, se renfermant dans sa propre musique. Grâce à Ayumu, il réalise les efforts à faire pour mieux communiquer et s’ouvre petit à petit. En effet, l’investisseur privé préserve au mieux son autonomie malgré son handicap. L’auteure dévoile au fur et à mesure les points communs entre les deux héros qui les rapprochent. Elle installe un récit empreint de réalisme.

La mangaka a un trait légèrement épuré, très fin et léché , avec un style propre. Elle varie les trames qui restent toutefois équilibrées malgré des tons proches. De même, les trames d’ambiance, rares, sont très discrètes. Les décors détaillés et soignés s’estompent parfois autour des personnages, évitant de surcharger la page. Les flash-back se repèrent à leur fond noir. La mise en page dynamique varie les angles de vue. D’ailleurs, Asou sensei porte attention aux petits gestes et aux regards. Elle installe une relation claire dans le couple, dans laquelle un baiser volé est immédiatement recadré.

En résumé

Atteint d’une surdité profonde, Isuzu Ayumu (29 ans), investisseur privé, préfère travailler chez lui en indépendant. Un matin, alors qu’il faisait son jogging dans un parc, il trouve un homme endormi et affaibli qui tient un violon. Comme Mibu Tôka (19 ans) refuse qu’il appelle la police, il le recueille chez lui. Quand le jeune violoniste se réveille, il croit que son hôte est trop concentré par son travail pour l’entendre et s’éclipse donc discrètement en abandonnant son violon pour le remercier du repas. Durant un appel vidéo de son ami Kumai Tetsu qui essaie de le débaucher, Ayumu lui raconte son aventure et se fait alors sermonner pour son imprudence. Pourtant, quand Mibu revient chercher son violon passablement paniqué, Isuzu lui explique son handicap. A sa demande, le jeune homme accepte de lui montrer son instrument. Mais il repart aussi vite en laissant cette fois en échange ses chaussures…

En conclusion

Ce tome obtient la cinquième place du meilleur manga au Chill chill BL award 2022. Asou sensei dépeint avec finesse les sentiments de ses personnages, construisant des personnalités réalistes. Elle prend tout son temps pour développer la romance, pour notre plus grand plaisir. En plus, son magnifique trait très expressif transmet parfaitement les émotions. Je suis complètement sous le charme du couple en devenir et attend avec impatience la suite de leurs aventures. Un énorme coup de cœur!

Il y a méprise! – Si Mitsuru

il y a meprise si mitsuru
SI Mitsuru S井ミツル
ISBN: 9782382763186
Hana, 2022
ISBN: 9784801972209 (JP)
Takeshobo, 2021 (JP)
Titre original: はやとちりは埒があかない?
Manga
Ero-mètre: hard
Recommandation: si on s'ennuie

« Une comédie cynique où le déni et la confusion règnent en maîtres! »

Si Mitsuru sensei propose une comédie romantique entre deux collègues et amis. Elle joue sur les quiproquos et les différences de caractères. En introduisant le chirurgien orthopédiste, Odagiri Jun, tactile et harceleur, elle bouscule le couple fraichement formé en provoquant leur jalousie. En effet, les deux héros sont un peu lents pour décrypter leurs sentiments et leurs horaires ne les aident pas à mieux communiquer. La seconde histoire est un peu plus problématique car l’humour s’appuie sur une relation complètement déséquilibrée, avec Taira qui trouve normal de manipuler et abuser de la détresse de Kai. Il impose son désir et ses sentiments en harcelant. L’auteure intègre assez maladroitement des personnages ayant clairement des troubles psychologiques et de comportement. Toutefois, elle met suffisamment en avant les sentiments de ses personnages pour faire passer leur lourdeur.

La mangaka a un trait épuré aux contours gras. Elle le simplifie dans les passages humoristiques. Elle dessine des visages plutôt longs mais des corps musclés. Les trames d’ambiance renforcent les émotions tandis que les autres trames sont équilibrées. De même, les fonds noirs se repèrent à leur fond noir. Les décors situent principalement l’action. La mise en page est plutôt classique mais les changements d’angles de vue donnent du dynamisme. Si sensei ne censure pas les scènes érotiques. Toutefois, elle simplifie légèrement les parties intimes.

En résumé

Sur un malentendu / Bonus – Une conclusion sexy: L’infirmier Mushanokôji Tetsuo demande souvent à son collègue aide-soignant Kanô Taichi, en plaisantant, de l’épouser. En effet, devant remplir les dossiers à la main, il ne supporte pas le temps perdu à inscrire à chaque fois son nom trop long. Alors que son stylo n’écrivait plus, Kanô lui prête le sien. Quelques jours plus tard, l’aide-soignant arrive à l’hôpital exténué. Il travaille de nuit, or il y a des travaux dans sa rue toute la journée durant une semaine. Mushanokôji lui propose alors de venir chez lui en attendant. Kanô apprécie d’abord les petits plats faits maison et les petites attentions de son collègue. Mais en trouvant son stylo précieusement rangé dans un tiroir, il commence à se demander si son ami ne serait pas amoureux de lui…
Trop sincère pour être honnête: Taira Mizuki est fan de Kai et le suit tout le temps comme un stalker. Après avoir ramassé le porte-clé de son idole, il y ajoute ses coordonnées avant de le lui rendre. Mais la petite amie de Kai se méprend et le quitte après l’avoir violemment giflé à son travail. L’étudiant perd même son petit boulot. Déprimé, il cherche un compagnon de beuverie et appelle alors son ami Iketani. Mais ce dernier arrive accompagné de Taira et s’éclipse immédiatement. Le stalker, trop heureux d’entrer dans l’appartement de celui qu’il aime, perd alors tout contrôle et se jette sur lui…

En conclusion

Ce recueil regroupe en fait les premières histoires de Si sensei. On le remarque assez rapidement dans le style graphique pas encore maîtrisé. De même, il y a quelques maladresses scénaristiques. En effet, les remords de Kanô suite à un rapport non consenti sont appréciable mais semblent un peu légers. D’ailleurs, l’éditeur a ajouté un message d’alerte au sommaire pour avertir les lecteurs du contenu susceptible de froisser la sensibilité de certaines personnes. Ceux qui adorent Megumi & Tsugumi risquent d’être un peu déçu car même si on retrouve le style de l’auteure, il manque la petite touche attachante des personnages. Mais cela reste une lecture divertissante, en tout cas pour l’histoire principal. Et puis je suis contente de découvrir la mangaka dans un autre registre.